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Merci.
Je te lis ce que j'ai mis.
Elle s'appelle Jeanne, je suis sans ressources, aimez-la.
Ça va ? Mais, qu'est-ce qu'on fait si elle se réveille ? Non, t'inquiète pas,
j'ai donné la moitié, là, ça me diffère.
Michel ! MICHEL !
Merci à vous.
C'est parti.
Hé mamie, c'est le vent qui vous a poussé jusqu'ici ? Vous allez où ? Y'a
rien par là ! C'est quoi, c'est pour moi ?
Elle s'appelle Jeanne, je suis sans ressources,
aimez-la.
J'ai beaucoup marché, j'ai mal aux jambes. On est arrivés à la maison.
Allez, venez.
J'y sois.
Comment tu t'appelles ? Robinson Houla.
J'ai perdu ma valise avec toutes mes affaires.
J'ai plus rien du tout.
Vous l'avez perdue où ? Je sais pas.
Vous avez pas de famille ?
Je sais pas.
Je peux rester avec toi ?
Bien sûr, tu peux rester.
Tant que tu veux.
Fais-moi des coquillettes.
Avec du beurre.
Michel... Michel...
Qu'est ce que c'est que cette chose qui dort dans la cuisine?
Qu'est-ce que c'est que cette chose qui dort dans la cuisine ? C'est mamie.
Mamie de qui ? Mamie.
Qu'est-ce qu'elle fout là ? Elle a été abandonnée. Elle n'a personne.
Je ne veux pas qu'elle reste.
Gaspard.
Gaspard, ne sois pas cruel.
Elle n'a personne au monde.
On lui a saisi sa maison, on lui a saisi ses meubles. Elle voulait mourir dans la
mer.
Il est mort.
25.
2.
26, 27.
28.
J'ai failli le manquer, celui-là.
29.
Bon feu.
Bon feu.
Bonne.
Bonne.
On l'a abandonnée comme une vieille chaussette. J'ai trouvé au bord du
fossé. Bonne.
Elle était toute seule au milieu de la tempête.
À côté des mouettes, elle avait une enveloppe sur son bar dessus.
Tu sais, comme les gosses qu'on abandonne au pied des églises. Je sais,
je sais.
Bonne. Elle a eu deux cancers.
Un du sein et un du genou. Oh, oh, oh, le tableau.
Je ne te dis pas tout.
Tu ne peux pas savoir si elle m'a raconté. Bon, ça va, ça va.
Bonne.
Elle est bonne.
Bonne aussi.
Au feu.
Bonne.
Au feu.
Non, pas au feu. Elle est bonne, celle-là.
Elle est bonne.
Il n'y a pas de vin ? Non,
il n'y a que de la bière.
La cuisse ? Y'a Caspar qui arrive, lève-toi, fais quelque chose, n'importe
quoi. La bain-bolle ! La bain-bolle ! J'ai sorti le poulet, mais si tu
préfères, y'a un steak.
Non, non.
Assieds-toi, je vais le faire.
Si, laisse-moi le faire.
T'as beaucoup travaillé, allez, assieds-toi. Non.
Si, ça me fait plaisir.
Laisse-le faire.
L'engueule pas, toi, pourquoi tu l'engueules ?
Tu viens de faire des choses ?
Qu'est-ce que t'as mis dedans ? De l'huile, c'est tout.
Mais quelle huile ? Celle-là, là.
Lumière citron.
Ça fait que mon steak est avec lumière citron.
Ne bouge pas, tu m'attends là.
Ne bouge pas.
Ils vont l'enlever, ils vont... Viens ici, viens ici.
Viens ici, viens là.
Ils enlèvent la voiture de Robinson.
C'est pas grave, c'est pas grave, tais-toi, c'est pas sa voiture, de toute
façon il a emprunté.
Allez, avance, avance.
Tu connaîtrais pas la rue Jeanne d'Elmas ? Non.
Pourquoi ? C'est une rue qui porte mon nom.
J'ai fait de la résistance pendant la guerre.
Mamie, ne m'étale pas tes malheurs.
Les histoires des gens qui me ramènent l'autre curé de Robinson, c'est toujours
triste. C'est encore pire que ça, si tu savais ce que j'ai vécu. Tais-toi, ne me
dis rien, tais-toi.
Moi, je sors d'une gigantesque crise de cafard aussi.
Toi, c'est ton fils qui t'a largué.
Robinson, c'est sa mère.
C'est un enfant martyr de l'assistance.
On est tous des abandonnés.
On ne peut pas s'occuper de toi.
Tu comprends ?
Je peux encore me rendre utile.
Je sais tenir à l'intérieur, tu sais.
T'es mal tombée, mamie.
Quand tu seras malade, on ne pourra pas te payer le docteur ni t'acheter les
médicaments.
Je ne suis jamais malade, alors.
Mais Robinson, lui, il veut... Oui, Robinson, Robinson, il a un cœur de
gosse. Il n'est pas dans la réalité.
Je lui rappelle sa vie de malchanceux.
Si je l'écoutais, il me ramènerait tous les pauvres du département à la maison.
Tu vois, tu me dis que t'as pas de soupe et tu m'achètes une glace.
Je lâche ta crédit.
Tu veux goûter ?
Goûte, c'est bon. Non, mais j'ai pas envie.
J'ai pas envie.
Bon. Mais je reviens.
Ne bouge pas, je vais chercher mon copain.
Si, je vais chercher mon copain.
Il a une voiture, je reviens.
Bouge pas.
Dans les bazanées, ils sont gentils avec les vieux d'habitude.
C'est moi que tu traites de bazanée ?
Mamie ! Il a pas fait ça ?
C'est con, Jasper. Non.
J'ai fui ma famille, c'est pas pour en avoir une que je connais pas.
La famille c'est la merde, c'est un sac de noeuds, c'est un nid à problème.
C'est ça la réalité, c'est pour ça qu'elle a été abandonnée.
Comment tu vas ? Je vais la virer.
Non, arrête Jasper, fais pas le con, fais pas le con ! M'impose pas une
mamie, j'en veux pas ! Arrête, je te dis ! Des gaz ? Avec ta dingue !
Je te préviens.
Si tu la touches, ça ira très mal.
Amis ou pas.
Arrête !
Chez tous.
Les problèmes d'identité, d'argent, de pauvreté, de mélancolie.
Faites chier.
Compliqué tout ça.
Calme-toi.
Excuse-moi, Gaspard. Mais tu me l'imposes.
Tu ne me demandes pas si je veux vivre avec elle. Tu me l'imposes.
Tiens, cours, elle reste.
Blanc, elle part.
Celle-là.
C'est quoi ? Cours, elle reste, n'en parlons plus.
Quand je te dis top, tu mets une croix.
Non, pas maintenant, quand je te le dis.
Bon, efface.
Top ! Là, t'as mis une croix, là ? Oui.
Tu m'achèteras une aura ? Et puis tu pourrais peut-être me trouver une
salopette si je peux vous donner un coup de main.
Et puis un vélo, pour mon anniversaire, c'est bientôt.
Tu sais Mamie, on n'est pas très riches, on n'a pas beaucoup d'argent.
Top ! Déjà on retarde toute la maison avec du matériel de récupération.
Pourquoi vous n'avez pas d'argent ? Vous êtes jeune, vous n'avez pas de travail ?
Si. Vous n'avez pas de métier ? Si, si. Enfin, on travaillait dans une boîte qui
faisait des serrures et puis elle a déposé le bilan la dernière. Alors
Gaspard et moi, on s'est retrouvés sans... Top !
On s'est retrouvés sans boulot.
Alors moi encore, ça va, mais Gaspard, tout a explosé. Il a perdu sa femme, sa
maison, sa voiture, tout.
Top ! Lui et le gymnaste, c'était un peu comme la famille, tu sais.
Et la maison ? Vous payez pas le loyer ? Attention aux huissiers, hein ? Mais
elle est à nous, la maison, mamie, t'inquiète pas.
Elle est à nous.
Quand on l'a trouvée, elle était en ruine. Et puis alors après, avec tout
notre argent, on a tout construit. Top !
Bon, ça fait combien ? Attends, faut que je calcule.
Combien t'as mis de croix ? Toutes celles d'en haut, c'est les morts.
Mais où s'arrêtent les morts et où commencent les tops ? C'est les maths
modernes ou quoi ? Attends voir, laisse, laisse.
Je t'avais dit de les séparer par un petit trait.
Bon, alors laisse tomber, t'as qu'à marquer 837 mètres.
Pourquoi 837 ? Mais environ.
J'espère.
Ça va ? Ça va, ça va.
Est-ce que...
Tu vas te casser une jambe putain ! T'es con toi
!
Tu te demandes jamais pourquoi les gens laissent tomber les maisons en ruines
comme ça ? Elle est bien celle-là, hein ?
Et la nuit sans casser les trucs ici, hein ?
Eh oui.
Ils se sont connus par hasard, il est 14 juillet, il avait sa petite chambre, et
puis ils sont élevés d'amour tard.
Tiens, c'est elle qui l'a amenée ici, 1er janvier.
C'est la maison de ses parents.
Ah, les parents, t'es braves, Jean.
Ils ont fait fortune avec la mère.
En 44, ils ont même caché des juifs dans le grenier.
Ils se sont mariés à l'église parce qu'elles voulaient être en blanc.
Là, c'est la chambre.
Le lit, juste à côté de la fenêtre.
Ils n'ont pas eu de gosses.
Il a quitté pendant dix ans.
Parce qu'il aimait plus que tout au monde.
Un
soir,
elle était penchée près de la fenêtre.
Elle regardait tomber la neige.
Lui, il s'est senti trahi.
Il avait tous ses rêves.
Il plaisait.
J'aime pas gratter les mails comme ça.
Faut pas gratter les mails.
On va s'en sortir, non ? On va monter la buvette.
On monte la buvette.
On se rend à 7000, on déjeune. Viens.
Il a mangé, j'ai fait du gaspacho.
Non, j'ai pas faim.
Gaspard, ça va ? Tu vas pas aller mal, hein ?
Va dîner avec ta copine.
Chine ! Chine !
... ...
...
... ... ...
On voit pas qu'il va travailler froid.
Il pleure comme une madeleine maintenant.
Oh là là, il a mis la musique de Gina. Chaque fois qu'il la met, il va mal.
Rentre à la maison.
C'est parti bien ? Fous le camp.
Arrête de pleurer, ça me fait de la peine.
Ma vie n'a plus aucun sens.
J'abandonne tout, je vais épouser ma vie.
Tu veux qu'on aille faire à Nouba ? Il n'y a plus de bière, j'ai tout bu ! Tout
! Mais pourquoi tu as plongé comme ça ? Je ne sais pas.
Je suis parti tout seul.
Comme d'habitude, je suis Casper, à pastis !
La Marie-Louise, elle a ramené la barbu.
C'est pour ça qu'elle n'a pas fait les courses.
Ils ont dû aller au resto.
Je suis content pour elle.
Moi aussi.
Hé, on va passer chez les patrons. On n'est pas mardi, vous êtes là.
Jasper, ça va ? Mais arrête de me demander si ça va !
Je t'aime, Gaspard.
La grand-mère.
Amine ! Amine ! Michel, qu'est-ce qu'il y a ? Regarde, c'est pour toi.
Qu'est-ce que c'est ? Les chaussures aussi.
Il fallait pas.
C'est parce qu'on t'aime.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle me va pas.
Si, elle te va.
Je suis trop stressé comme ça, moi.
Non, regarde.
Puis c'est la couleur qui me va pas.
Gaspard, elle aime pas la couleur. Je te l'avais dit, ça va pas avec ses cheveux.
Comment tu la trouves, toi, sur moi ? Très bien.
Très, très bien.
C'est vrai ? Oui.
Alors, je la garde, s'il te plaît.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Et c'est une bonne raison, parce que c'est l'amour.
Tu préfères le lever ou le coucher du soleil ? Le lever, c'est plus tendre.
Moi aussi, c'est l'aube que je préfère.
Le jour où ma mère allait partir avec son Norvégien, c'était le soir, à l
'heure du loup.
Elle avait une valise, et elle marchait en se retournant.
Et son Norvégien, il lui tirait le bras.
Et il me faisait au revoir, avec la main.
Depuis mon enfance, j'ai toujours pensé que les gens qui s'aiment pas, ils se
quittent au coucher du soleil.
Si je meurs avant toi, je veux qu'on m'enterre dans la fosse commune avec les
pauvres.
Même si un jour on devient riche. On dit pas ça, on parle pas comme ça.
Je vais dormir à la maison.
Il fait froid là.
Viens.
Toutes les femmes du Vaucluse ! Salut mamie ! Bonjour les abeilles ! Bonjour
mon jardin ! Et bonjour ma maison ! Bonjour mon lit ! Bonjour Gaspard !
Bonjour Robinson !
Ça fait pas mal ? Non.
Robinson !
Aide-moi un peu merde !
du camion.
Vire-moi cette oile, elle m'a mordu déjà deux fois, elle est hystérique.
Elle a chié partout, j'en peux plus.
Il faut que je débarrasse, elle vire.
Oh putain, elle est foule, elle est foule.
Doucement.
Doucement.
Doucement, doucement, doucement.
Tu m'as fait peur, regarde.
Qu'est-ce qu'il y a ? Les poules là-bas, les poules.
Viens nous ménager.
Elle est là.
Elle a chié partout.
Regarde, ça te fait peur. Arrête.
Allez, tire.
Fais-moi ça, putain.
Je déteste ça.
C'est lui qui va nettoyer, donc.
Allez, l'autre.
Attends.
Je vais la prendre. Je vais la prendre.
Je les amène ici à cause du renard.
Voilà.
Regarde, tu leur fais peur.
Ouf !
Ouf
!
C'est une fille qui vit seule, ça.
Bon, tu le sais, ça.
Quoi, comment je le sais ? Je le sens, c'est tout.
Il y a peut-être un mec à la maison, je sais pas, qui est malade ou paralysé,
allez savoir.
un peu aveugle aussi.
Elle a peut-être pas eu de papa ni de maman.
Peut-être un peu orpheline.
Hein ? En passant, ça suffit, maintenant, retourne là.
Arrête un peu.
Qu'est-ce que je fais ? Oh, qu'est-ce que tu fais ? Fuis des fleurs ! Fuis des
fleurs !
Allez, tu vas. Non, je peux pas y aller. Tu l'offres un verre. Non, mais j'ai
jamais... J'ai jamais de rire à la rue. C'est ça, tu l'offres un verre et tu...
Un verre, te fais voir comme t'es. Regarde comme t'es beau comme tout. T'as
mon costard, ça va te porter l'honneur. Allez, vas-y. Non, mais j'ai pas envie.
Robinson, vas-y, putain. Là, c'est pas difficile.
Ça va, ça va, ça va. Allez, oh.
Va pas.
Ça va ?
C'est moi qui vous remercie.
Alors ?
Je lui ai donné l'argent.
Pourquoi ? Elle a besoin d'aide. Je l'avais dit, je le sentais.
C'est pas possible.
Tu ramasses une vieille, tu tombes amoureux d'une mendiante. Tu les attires
ou quoi ?
C'est l'argent des clous, ça, on les ricra, Cro-Vinçon.
C'est pas grave, on peut continuer à aller manger chez Marie-Louise.
Marie-Louise, Marie-Louise, elle a rien, Marie-Louise, elle fait son régime,
Marie-Louise, t'es sérieuse.
Faut que t'assoies pas !
Joli
! Et si on mettait tout pour
voir ? Allez !
Il est beau, c'est un oiseau ? Non.
Non, c'est un cervelin.
C'est un cervelin ? Comment il s
'appelle, ta soeur ? Je ne l'ai pas, toi.
C'est qui la fille qui est avec toi ? C'est ma maman qui s'appelle Rose.
Tu ne vas pas à l'école ? Non, ma maman ne veut pas.
Comment tu t'appelles ?
Est-ce que tu le sais, là,
Gaspard ? Il vit seul là-dedans avec sa fille. Tu te rends pas compte, toi ?
Elle doit être dans une sacrée merde, je peux te dire.
On dirait pas à la voir comme ça, mais moi, je connais.
Bon, écoute, Robinson, moi, je veux ni veuve, ni orphelin à la maison.
Tu m'as déjà ramené un coq, une oie hystérique qui mord, une mamie à moitié
folle, ça suffit. Tu vas pas me ramener tout ce qui traîne à la maison.
Ça va, j'ai rien dit. Je te vois venir avec ton côté curé, toi.
J'en ai marre que tu me traites de curé tout le temps.
Robinson, on monte une buvette.
Pas l'armée du salut.
Je suis désolé, mais j'arrive pas à me boucher les yeux. Je suis comme ça, j'y
arrive pas.
C'est ma nature, c'est plus fort que moi. Non, mais qu'est-ce que tu te mets
dans cet état ? Pourquoi ? Mais t'es pas responsable de toute la misère du monde,
Robinson. Mais je me mets dans quel état ? Mais elle existait avant toi, elle
existera après, alors ça va.
Eh ben quoi ? On peut faire quelque chose, c'est pas une raison.
Ben demande au boulanger, tiens.
J'en ai rien à foutre du boulanger. C'est moi qui ça regarde. Oui, mais c
'est lui qui fait le pain.
Et toi, t'es rien tiré du tout, toi. Toi, t'es à la moitié d
Je te jure, j'ai fait une erreur grossière en m'associant avec toi.
Parce qu'avec cet exprès-là, le moindre pèlerin qui va passer sur la plage, à
côté de la buvette, tu vas lui filer nos frites.
Putain.
Ça me fait un drôle d'effet, t'entendre parler comme ça, en tout cas.
Je sais pas ce que c'est, toi, d'être à 12 ans sur une route seule, sans endroit
pour dormir.
T'as jamais dormi sur un banc dans un jardin public.
Jamais t'as passé trois jours à te cahier les couilles d'aller à un casino
merdique. Quand t'as vingt-dix largués, c'est moi qui t'ai récupéré.
Tu sais pas ce que c'est, toi ? Marcher la nuit seul dans la rue, et puis voir
les lumières allumées, les portes fermées, tous les barrières grillagées,
les frigides à barricader, les terrasses, les restaurants, et tous les
gens qui bouffent aux terrasses, tout ça.
Moi, c'est toujours fermé pour moi. Alors j'en ai rien à foutre de tes
frites, je comprends pas de quoi tu me parles. Je m'en branle de tes frites !
Je m'en branle ! C'est de me brouter avec ta humaine chansonne. Hein ? Tu me
broutes avec ta vie d'enfant malheureux ! Voilà ! Pauvre con.
Oh, dis, oh, oh, oh, poil de carotte ! Hein ?
Dans un autre genre, tu sais pas ce que c'est que l'air pas de famille, toi, à
Noël, quand on te force à bouffer alors que t'as plus envie, hein ? Moi, quand j
'étais môme, je haïssais le vendredi parce que le vendredi, c'est le jour du
hachis parmentier.
Et je le haïssais parmentier, c'est ton culet d'avoir inventé le hachis.
Alors ça va, hein ? Fallait que je me lave trois fois par jour.
Moi, j'adorais les enfants gitans parce qu'ils se lavaient quand ils étaient
vraiment sales.
Ils avaient des fringues déglinguées, ils étaient libres. Moi, j'étais obligé
de me lever pour dire bonjour, me lever tôt aux aurores.
aller à l'école chargé comme un baudet, avec mon cartable rempli de bouquins,
tout ça, pourquoi ? Pour en arriver où ? Tu peux me dire ? Oh ! Tiens, alors
hein, tu me broutes avec ta vie de malchanceux. Et là, le camion.
Je t'emmerde ! Toi, le camion, tous, je vous emmerde ! Robinson !
Allez, Robinson !
Merci beaucoup !
une épicerie chez lui.
Regarde ! Regarde ! Regarde comme c'est beau ! Tiens !
Oh
le cerveau là ! Allez tu
t'envole ! Tu le lâches quand je te dis ! Cours un peu avec moi ! Voilà ! Lâche
-le !
Viens ! Bonjour.
Tu viens jouer au cerf-volant avec nous ? On te le prête.
Viens.
Viens.
Guippo, Guippo ! Allez, va, file, file, va, va, qu'on bat sur le bas.
Viens avec moi.
Oui ! Tu vois, si on lâche le fil, comme ça, on part dans le ciel.
Tu veux qu'on la voit dans le ciel ? Oui, au-dessus des nuages.
T'as vu ? Oh, le cerveau là ! Mais il est beau
! Tiens, je te le prête. Tu joues avec pendant qu'on mange ? Ouais. Tu le
gardes, hein ? Ouais.
Sûr ? Oui.
On a les gâteaux, le pain, le tisson, voilà.
Tiens, un poireau.
Avec ouvert.
Tu le lâches pas. Tu le lâches pas, le cerf-volant.
Alors, fromage. Voilà, comme ça.
Tu veux du miel ? Non.
C'est bon, le miel, comme ça, regarde.
Tiens, tu vois, t'en veux pas.
Allez.
Qu'est-ce qu'on va faire de tout ça, là ? On laisse tout là.
Allez, viens.
Oui, oui, mais il faut laisser.
Si tu connais tes doigts, tu en veux, il peut en prendre.
Je te laisse tout.
Qui importe tout, hein ? Ouais, d'accord.
Tu gardes le cerveau là aussi.
Je te l'offre.
Qu'est-ce qu'il y a ? Descends, j'ai besoin du camion.
J'y fous plus rien ! J'ai tout tout seul !
Qu'est-ce que t'as fait de la nourriture d'hier ? T'as distribué à tes pauvres ?
Monsieur le curé ? On l'a mangé ! Tu dis à ta copine de pas me prendre pour un
con, hein ? Ok ?
Où tu vas ? Elle m'énerve.
Elle m'énerve !
Je
vais encore se saouler et pleurer comme une madeleine.
... ... ... ...
La rumba de la roquette, c'est la rumba flamenca, que tout le monde peut
danser. La rumba de la roquette, c'est la rumba.
C'est parti !
Mais qu'est-ce que tu fais là ? Elle est où ta maman ? Où ça
? Elle est où ta...
Le médecin va arriver.
Je veux pas aller à l'hôpital.
T'inquiète pas.
Je suis là.
Robinson, réveille-toi.
Allez,
réveille-toi.
Il faut pas savoir la nuit que j'ai passée.
Il est arrivé un truc à Rose. J'ai ramené sa fille.
Qu'est-ce qu'elle a été faire chez Rose ? Mais j'ai pas été chez elle. Allez,
lève-toi. Elle pleure. Y a que toi qui peux la consoler.
Tu te souviens de mamie ? Mon agenceur volant avec toi.
Tu te souviens quand on a joué au cerf-volant ? Tu te souviens pas ? Elle
va revenir, ta maman.
Elle va revenir.
Elle va revenir, ta maman.
Elle va revenir, maman.
Ne pleure pas, mon petit bout de chou.
Tu vas faire pleurer Gaspard.
Fais-lui un bon petit déjeuner. Tu veux un petit déjeuner ? T'as faim ? Fais-moi
un petit bébé.
Elle est chez nous, elle.
On vous a dit quand vous deviez sortir.
Vous avez dû vous causer des embêtements, Jean-Baptiste.
Non, non.
Le docteur m'a demandé votre adresse, j'ai donné la nôtre.
Je me sens pas bien, Jasper.
C'est l'odeur de l'éther, je me sens pas bien.
Madame.
C
'est
quoi le gilet, n'est-ce pas ? L'endocardite.
C'est grave, ça ? Non, c'est rien du tout. C'est un machin au cœur. Le
médecin m'a dit que c'était rien du tout.
Allez, viens.
Je te jure, c'est rien.
Elle dégage.
Elle a une pureté, elle dégage quelque chose. Ouais, ouais.
Ouais, mon petit gars.
Allez, allez, viens.
Comment ? Rien.
Tu peux me couper l'élastique, s'il te plaît ? Attends, je termine et je te
fais ça.
Alors,
montre-moi ça.
Qu'est-ce que c'est que cette poupée-là ? Comment elle s'appelle d'abord ?
Missouquette ? Non.
On va l'appeler Boucluline.
Comment tu dis ? Boucluline.
Boucluline.
Il est où ton papa
?
Je vais travailler, moi.
Je vais passer avec Aucleline.
Tonnevis ? Vins ?
Marteau ?
Y'a rien à la télé cet après-midi ?
Mets-moi le gâteau.
BING!
Voilà, c'était chaud.
C'est ta maison, tu peux rester tant que tu veux.
Mais où il est passé, le grand ? Gaspard ? Gaspard
?
Sous-titres par Jérémy Diaz
Gaspard, ça va ? Oui, ça va.
T'es sûr que ça va ? Oui, mamie, ça va.
Hé, Gaspard ! Il est complètement bouffé. Parle-toi de ton camion, là, si
vous voyez par là. Il m'arnaque pas, hein. Dis-moi, il a dormi toute sa vie
au garage, ce camion.
Alors ? Allez, j'achète, j'achète. J'achète ?
A Robinson, Mamie et à Vérose.
Un jour, je passerai prendre un pastis et une tranche de mozzarella dans votre
buvette.
Viens, reste là.
Qu'est-ce qui l'a renversé ? Viens, rentre.
Pourquoi il est parti, Gaspard ? Est-ce que c'est à cause de moi qu'il est parti
? C'est à cause de personne.
Viens.
Arrête de me suivre.
Arrête de me suivre, je te dis ! Fou le
camp !
Je veux être seul.
Seul.
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