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Original subtitles

Musique rythm�e

...

...

...

...

- Tu vas trop vite.

- Jamais trop vite quand nous rentrons chez toi.

- Nous n'habitons pas dans un arbre.

Tu l'as touch� !

- Fr�l�. C'est du grand art !

Sifflet

- Les agents !

- Oh ! �a, c'est un comble, il devrait m'applaudir !

...

- Ton chapeau !

- Pour eux ! Je suis comme saint Martin, moi.

- Et le num�ro ?

- Qu'ils le gardent pour la loterie.

- Tu es vraiment fou.

- Allez, vas-y. Tu passes.

- Je sais comment �viter les accidents...

...cet �t�. Si tu m'achetais un yacht ?

- Comment ?

- II y a des occasions.

Oui. Toujours Cannes, Biarritz, les casinos... C'est la barbe.

On passerait les vacances en mer, chez nous.

On ne le prendrait pas trop petit pour les amis.

On serait tout le temps en maillot, on ne s'habillerait jamais.

On regarderait le ciel.

On s'aimerait...

- Tu crois ?

- J'aurais la peau brune, on dormirait sur le pont...

Et je n'aurais jamais froid.

- Florence !

Tu vois, �a n'est rien.

- II s'en est fallu de peu.

- Oh !

- Tiens ? De la lumi�re.

Ils entrent.

- Je vais voir.

Vous ?

Mais qu'est-ce qui se passe ?

- M. Martel, il fallait que je vous voie ce soir.

- Qui est-ce ? - Le secr�taire.

- II nous ennuie, ton secr�taire.

- C'est important.

- Deux minutes, ma ch�rie. Alors ?

- M. Rolain est arriv� de Lille. Il r�clamait le r�c�piss� de ses titres.

Le patron est entr�.

J'ai dit qu'il se trouvait dans votre tiroir.

- Qu'y a-t-il ?

- M. Rolain criait, le patron a voulu ouvrir.

J'ai protest�. Mais c'�tait d�licat.

Enfin, il a fait sauter la serrure et...

- Et les r�c�piss�s n'y �taient pas.

- Vous savez ? - Oui.

Ils sont dans mon tiroir ici.

Il n'y a rien de dramatique.

- Eh bien, j'ai cru...

- Vous avez cru... Vous avez cru quoi ?

- Martel.

- Mon cher. Un financier garde son sang-froid.

Pour r�ussir, arr�tez de vous affoler.

L�-dessus, bonsoir.

Tenez. "L'�cho" de la Bourse vous bercera.

- Que voulait-il ?

- Des ordres pour demain.

- Pourquoi tu te laisses emb�ter ?

- Que veux-tu...

Il faut que je gagne notre vie.

Bonnes nouvelles ?

- Des factures, toujours des factures.

Tu es pr�occup� ?

- Oh non...

- Vivement les vacances, que tu m'appartiennes.

Tu sais que demain, nous allons chez Fran�oise.

Tu l'as dit.

- Non. Je vais � Saint-Cloud, chez mon oncle.

- Ton oncle ?

- Enfin, nous avons des int�r�ts � r�gler.

- Naturellement.

Et Fran�oise qui m'a gard� des tissus d'�t� �patants.

J'aurais aim� que tu les voies.

- Combien de tissus ?

- Huit.

- Huit ?

- II faut bien que je m'habille sur le yacht.

- Je croyais que tu n'aurais pas besoin de robe.

- Imb�cile.

- Je vous ai montr� les documents.

Il serait inutile de nier l'�vidence.

- �a n'est pas notre habitude.

- �vitons es sentiments.

Les 700000 francs qu'a d�tourn�s votre neveu...

- "D�tourn�s." Mettons, sp�culations malheureuses.

- Si vous voulez.

Si je porte plainte, il sera arr�t�.

- �a n'arrangerait en rien vos affaires.

- Nous avons les m�mes int�r�ts.

- Pas les m�mes int�r�ts.

- Nous ne sommes pas coupables...

...des erreurs de notre beau-fr�re.

- Et moi donc ! - Pardon ?

- Passons les belles formules. L'argent ou je porte plainte.

�a serait trop beau qu'il s'en sorte si facilement.

- Pas d'emportement.

- Non, Non. Si vous pr�f�rez...

...que les Martel soient en 1re page des journaux, libre � vous.

A votre place... - Nous ne vous avons rien demand�.

- Parfait, messieurs.

Je me retire.

J'attends votre r�ponse sous 48 heures.

Messieurs.

- H� ! Veux-tu...

Veux-tu bien l�cher !

Johnny !

Chameau, va !

Johnny ! Alors l�...

Il parle au chien.

- Pierre.

Peux-tu venir ?

Voil�...

Tes beaux-fr�res et moi avons d�cid� de reprendre ton passif.

Nous le faisons par respect du nom que tu portes.

- Bien que vous ne respectiez rien.

- Seulement nous y mettons une condition.

Il faut que tu t'expatries.

Cela te para�t-il acceptable ?

- II n'a pas le choix.

- Nous liquidons tout contre ta parole.

Eh bien, r�ponds-moi.

- Je vous donne ma parole.

- Pierre.

C'est absurde !

C'est impossible !

- Chaque jour...

...j'esp�rais un miracle. Aujourd'hui, c'est fini.

- Voyons. �a n'est qu'un ennui passager. Tu...

- Non. Ne crois pas �a.

C'est sans espoir.

Alors... je vais partir.

Pour quel bled ?

Je ne le sais pas exactement.

Mais loin, certainement.

Oh ! Tu sais, je n'ai pas peur.

Seul, je l�cherais tout. Mais avec toi...

Tu comprends. Quelle force !

Quel courage, j'aurai !

II pleut, tu es l�. Il fait chaud, tu es l�.

Tout manque mais tu es l�.

Tout devient facile et gai.

Tu m'�coutes ?

- Oui.

- Tu me comprends ?

Tu sais, je me d�brouillerai...

T�l�phone

- �a doit �tre le coiffeur.

All� ?

Oh ! C'est toi, Gis�le.

Oui.

Tu peux mettre ta robe rouge, je serai en vert.

Entendu.

Au revoir. A tout � 'heure.

- Comment ? Tu comptes aller � ce d�ner ?

- Toi, pas ?

- Oh moi...

- Tu esp�rais que je parte ce soir pour ton bled ?

- Non, �videmment...

- Tu as des choses � r�gler.

- Je pars dans 48 heures.

Alors ?

- On ne part pas sans savoir o�.

- Tu refuses ? - Je ne dis pas �a.

Je pense que si tu partais d'abord tout arranger...

Pierre. Nous nous aimons, c'est entendu.

Ce que tu aimes, c'est ma fa�on de me servir du luxe.

Mais si, ch�ri. Quand tu me verras avec des robes � 4 sous...

...je suis s�re que tu me d�testeras.

Sans tout �a, je serai un poids mort.

- Non. Tu seras la femme dont j'ai besoin.

- Tu me fais mal !

- Tout m'est �gal, mais il faut que tu sois avec moi.

- Je viendrai.

- Mais quand ?

- Quand tout sera arrang�.

Pierre. Soit raisonnable.

Je pense � ton int�r�t autant qu'au mien.

Je ne te reproche pas la situation dans laquelle tu me jettes.

- Tu es g�n�reuse.

- Mais non, Pierre. Mais non.

Tu reviendras vite, je t'attendrai.

- Ne te donne pas tant de mal.

J'ai bien compris.

- Pierre.

- Adieu.

- Pierre !

Ne pars pas comme �a !

- Qu'est-ce donc ?

- C'est une pi�ce de mon pays. V�ridique !

- Voil� 100 sous.

- Combien de cognac ?

- Quatre.

Il parle � ses amis.

- �a, table.

- Table. - Oui.

�a, chaise. - "Ch�se".

- Non. Chaise.

- Chaise. - Oui.

�a, bon pinard.

Il r�pond en �tranger.

- On ne te demandait rien et tu viens.

Vous allez voir les m�mes, la vie l�-bas.

Ah ! Maladie... service.

Et les grad�s bouffent du tigre � tous les repas.

Vous allez en baver !

Les camps, la colonne, les postes � construire, les pistes...

Avec seul le baroud.

- Qu'est-ce ?

- Qu'est-ce que c'est ? Tu as le temps de voir �a.

Quand tu auras hiss� une pi�ce de 75, � 3200 m�tres, on en recausera.

Ah, vache de m�tier !

- Qu'allez-vous faire dans le civile ?

- Ne t'en fais pas pour moi. Vous partez quand ?

- Apr�s-demain.

- Apr�s-demain ?

Avec "Sel dal Piaze", bon bateau.

�a serait marrant que vous me voyez radiner avec un nouveau bail.

- Tu remettrais �a apr�s ce que tu as dit ?

- Non mais tu m'as regard� ?

En reprendre, moi ?

Ah ! Ah l� l�...

- L'eau, s'il vous pla�t.

- Tr�s volontiers.

- Merci.

- Pierre Muller.

- Nicolas Yvanoff.

- Connaissez-vous le Maroc ?

- Non. Mais bien l'�gypte

J'ai voyag�. Et vous ?

- Oui. En Europe.

- Je la connais bien.

Moscou, Londres, Ath�nes...

...Paris !

- La plus belle ville.

- Sans discussion.

Chant allemand

...

...

Brouhaha Rires

... ...

On chante au loin

... ...

...

Discussions

- Encore combien, caporal ?

- 4 km jusqu'au baraquement.

- 2 mois de colonne sans bobos...

...voil� ma cheville qui se met � enfler.

- Demande un mulet.

- Pour qu'ils m'envoient � l'infirmerie ! Ce soir, je sors.

- 15 jours de perm, on va s'en mettre.

En plus les poules sont arriv�es.

- II faudra se d�p�cher. - Je crois.

- Moi, je boirai un grand verre de bi�re bien fra�che.

Discussions

...

Il siffle.

Brouhaha

...

- Quoi ? - J'en ai marre !

- Fais pas l'idiot !

...

Sifflet

- Mohamed, F�lix, Aicha !

O� est F�lix ?

- Je ne sais pas.

- La colonne arrive !

(Tous) Ah !

II s'agit d'en mettre un coup, que �a brille ! V�rifiez les ampoules.

D�barrassez qu'on puisse astiquer !

Je veux des robes repass�es.

Louise et vous, vous vous coifferez.

On n'a pas le temps !

�a n'est pas une pension de famille ici.

- Mais qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ?

- Alors, les civils. Ce soir, la colonne.

- On s'en fout !

- Pas moi !

Je reviens dans 10mn.

- On �tait si tranquilles !

- Salut.

- Salut.

- Alors, Cl�ment ?

- Alors quoi ?

- Tu exag�res !

�a fait 5 semaines que les femmes devraient �tre l�.

- Je n'y peux rien.

- Tu y vas fort !

Que foutent-ils...

...� Barcelone ?

- C'est pas facile de trouver de la gonzesse...

...qui sache faire boire et tout !

Et qui soit artiste !

- Fallait pas t'engager.

Moi, je m'en tiens au contrat !

Je te pr�viens...

...si dans 8 jours personne n'est l�, tu m'entendras !

- Vous allez transpirer.

- Mme Blanche ! Je ne vous voyais pas.

Mes hommages.

- Un verre ?

- Non, merci.

- Une cigarette ?

- Si. Une cigarette, si.

C'est vrai ! Je repeins ma bo�te et les dames ne changent pas.

C'est vexant !

Les hommes rentrent aujourd'hui.

- Apr�s 3 mois, ils seront pas difficiles.

- Toi, tu fais le maximum ?

- Ne croyez pas �a. Une maison se renouvelle.

- Mais oui. Tu t'y connais en maison comme moi en contrebande.

- Je suis r�gulier, moi. - Oui.

- Je t'ai vers� 2 sacs par t�te en acompte !

Je pense que j'ai le droit d'�tre curieux.

- Crie pas, t'augmentes la temp�rature.

Elles vont arriver, c'est tout.

Tu m'excuses, je vais donner � manger � mes pigeons.

- II n'est pas bavard, votre mari.

Et la peau jaune, ces temps-ci.

- C'est la lumi�re.

- C'est des belles mains comme des grandes dames de Florence.

- Tiens ?

- Et quelle peau !

- Oui. C'est le Normandie ici, pas les Folies parisiennes.

- Oh ! C'est des plaisanteries. - Oui.

- Des plaisanteries. - Mais oui.

- Mes hommages. - Au revoir.

- II a foutu le camp ?

Apporte-moi de la glace.

R�ponds quand je te parle !

Saloperie va !

Musique rythm�e

...

...

Ils sifflent en rythme. ...

... ...

... ...

...

...

...

- Le 4 a pay� ?

Et le 7 ?

On tape.

Oh !

C'est complet, je regrette.

Le 9 est libre ?

- Non. Mais le 7 descend.

- Mais oui, c'est juste. Grouille-toi, voyons.

- Nous voil� ! - Enfin.

Oh !

Si c'est pas malheureux !

Oh !

Tournez-vous un peu, qu'on vous voie.

Ce qu'ils sont bruns !

�a me fait plaisir de vous voir, Pierre.

Viens un peu ici, toi.

Tu n'as pas bonne mine. - Oh !

- Tu sens dr�le.

- 63 jours sans se laver.

- C'est pas �a.

- Si. On se d�barbouille � la gazoline, �a sent.

- Ah, alors !

- Tu as les cl�s ?

- Oui.

Tiens. - On a touch� l'armoire ?

- Personne, lieutenant.

- J'y vais le 1er.

- Oui. D�p�che-toi.

- Quand on sera ras�s, frott�s, bichonn�s, vous verrez !

- Et toi ?

�a va ?

Soupir

- Sauf que j'ai soif.

Moiti� Pernod.

- Moiti� Mandarin.

�a a �t� dur l�-bas ?

- Pas plus que d'habitude.

- Ils vont faire du raffut ce soir.

- Oh ! Tr�s peu pour moi.

Je veux juste roupiller.

- Toujours le cafard ?

- Et toi ?

- Oh, moi !

- Tu ne prends rien ?

- �a me rend malade.

Alors, c'est encore pire.

- Et tes boulettes, c'est mieux ?

- Je sais...

- La m�me chose.

Il chante.

Il chante.

...

- Oh !

- Oh, nom de Dieu !

Les mites ont bouff� ma culotte.

Ah, quelle saloperie !

Les mites !

Regarde-moi �a ! II y en a plein.

Encore une mite !

Encore une !

Encore une mite !

J'ouvre l'armoire pour a�rer.

Referme-la quand tu partiras.

Il chantonne.

...

N'oublie pas de la fermer.

- Oh ! J'en ai marre !

Marre !

Marre !

Je dis: "Marre !"

- Je n'avais pas entendu.

- Je ne te comprends pas.

Toi, en as-tu marre ou non ?

...

J'ai pourtant fait ce qu'il fallait.

Hier, j'ai r�par� la ligne t�l�phonique.

�a siffle tant que �a peut.

Je me balade les mains dans les poches. Rien !

J'allume une cigarette...

...�a dure longtemps, mon briquet marchait mal...

Rien !

Alors face aux salopards, je pisse...

Encore rien !

R�sultat. Ils vont me citer et me proposer comme sergent !

II rit.

Je suis un h�ros, Nicolas... Oui !

Ils me prennent pour un h�ros !

- Avec ta solde de sergent...

...on pourra boire de la fine 3 �toiles !

- Nicolas.

- Quoi ?

- Ce briquet...

...c'est elle qui me l'a donn�.

C'est lui qui me porte la poisse !

Verre bris�

Tu es cingl� ?

II chantonne.

- Ce jour-l�...

Un jour d'automne...

Elle portait une robe, tu sais une robe comme...

- Assez !

- Quoi ? �a ne t'int�resse pas ?

Et tu es mon meilleur ami...

Il y a des moments o� on voudrait au moins...

...des conseils.

- Ta gueule !

Je suis un ami � condition qu'on ne parle pas de tout �a.

C'est convenu entre nous.

Je t'interdis de me questionner.

Et encore moins de m'imposer tes aveux.

Tu n'en as pas le droit.

- Ah... le droit !

- Parfaitement.

J'ai achet�, en venant ici, le droit d'effacer l'ardoise !

Voil� tout.

- Et voil� tout...

- Je t'empoisonne, moi ?

Quand j'ai le cafard au travail !

Alors ?

- Alors ?

Tiens. Passe-moi la bouteille.

Il parle en russe.

Que dis-tu ?

- Je dis que...

Ah ! Je ne dis rien !

II s'�loigne en chantonnant.

Musique rapide

...

Brouhaha ...

... ...

...

... ...

Hurlement Cris

...

... ...

... ...

On tape.

- H� !

...

Muller !

Tu es dedans ?

- Oui.

- Muller.

J'ai l'adjudant avec une poule et je n'ai pas de place.

- L'adjudant. Ce que j'en pense...

- Comme moi. Mais � moi, tu me rendras service.

Va faire un tour.

- J'ai une chambre pour �tre tranquille.

Ferme ! Que je ne les entende plus.

- Va chez Blanche. C'est pas elle qui t'emb�tera.

C'est pour 1 heure.

Allez. Je te revaudrai �a.

Il soupire.

Change les draps.

Et donne un coup par ici.

- Tu peux dire que tu t'y entends � nous empoisonner la vie !

- Tiens, ta cl�.

Grouille-toi ! Tu sais pas faire un lit ?

Hein ? Allez !

Qu'est-ce que c'est !

- Tu me fais les cartes ?

- A toi ?

- Tu les as faites � Nicolas, il me l'a dit.

- Justement. Je ne veux plus les faire.

- Pourquoi ?

- Car j'y crois...

- Tu te les fais bien � toi-m�me.

- Oh oui ! Mais...

...ce qui va m'arriver... je m'en fiche tellement.

- Si tu crois que je tiens � quelque chose, moi...

- Allez.

Pose-toi l�.

- Tu es gentille.

- Oh ! �coute, non. Ce que tu sens l'alcool !

- Moi ? Tu blagues !

- Assieds-toi, tu vas tomber.

Allez, coupe.

L'autre main.

Vers toi.

Alors... je te fais le grand jeu ?

- Bah... pendant qu'on y est.

Vas-y pour le grand jeu !

Tu sais, je n'ai pas peur.

Je suis pr�t � tout entendre.

Ah... la nuit, le facteur...

Dans ma maison, une femme... sans vous d�laisser.

Un homme de la campagne sous un tas...

Et � ma pens�e, une femme brune...

...qui m'aimait de tout coeur.

- Elle �tait blonde et elle ne t'aimait pas.

- O� tu vois �a ?

- L�, tu vois ?

Elle te tourne le dos et toi, tu la regardes.

Tu l'aimes encore ?

- Moi ?

- Ne mens pas.

- Oh, si tu y tiens.

Dis-moi... je la reverrais ?

- Si tu parles...

- Bon. Je me tais.

- Un, deux, trois, quatre, cinq.

Tu as une blessure, mais l�g�re.

Ou une petite maladie.

Enfin, c'est pas grave. Un, deux, trois...

...quatre, cinq.

Cette femme, tu la reverras.

- Hein ?

Ici ou en Europe ?

- C'est elle qui vient vers toi, par la route, l�.

- Par la route ?

Quelqu'un entre.

- Je vois une bonne p�riode pour toi.

Oui. Une p�riode d'amour.

- Avec elle ?

- Je ne sais pas.

Un, deux, trois, quatre, cinq.

Ah oui. Mais �a ne dure pas. S�paration.

- Ah ?

- C'est dr�le...

On dirait que tous les ennuis viennent de toi.

Un, deux, trois, quatre, cinq.

Tu vas toucher une somme d'argent.

- Ah !

- Importante !

- �a, �a m'�paterait.

- L'argent est l�. - II l'aimerait dans sa poche.

Rire

...

- Couvre tes cartes.

Oui. Couvre-moi celle-l�.

Celle-l�.

- Voil�.

- Eh bien, cette femme, tu la reverras s�rement.

- Ah ?

- Couvre-moi celle-l�.

�a y est. La maladie qui revient.

Mon petit...

...il faut faire attention � ta sant�.

- Dis donc, je cr�ve bient�t ?

- Non.

- Tu ne veux pas le dire.

- Mais non !

�coute La mort, c'est le 9 de pique...

...� c�t� du 9 de carreau. Elle n'y est pas.

- Le 9 de pique � c�t� du 9 de carreau ?

- Couvre-moi l'ennui.

Un ennui grave...

On dirait que tu vas tuer un homme.

Tu vas tuer un homme brun.

- Quoi ?

- Si tu commences � y croire, tu n'as pas fini.

Blanche m'a dit que je serai tu� par un homme blond.

Il rit.

Ah ?

C'est peut-�tre toi !

...

C'est toi qui vas me tuer !

...

Sacr�e Blanche !

...

Donne-nous un truc � boire, je lui dois une tourn�e.

- Je vais prendre l'air.

- Laisse-le, il a assez bu.

- A demain. Et merci !

Musique orientale rythm�e

...

Hurlements

...

- Au secours !

- A moi a l�gion !

A moi a l�gion !

Cri

A moi !

Bagarre

... ...

... ...

...

... ...

Il crie d'arr�ter.

...

Sifflet

...

- Caporal Muller.

- Caporal Muller.

- Caporal Muller.

Je vous cite � l'ordre des bataillons, et l�, vous cr�ez des ennuis ?

Deux tirailleurs � l'h�pital ! Vous �tiez so�l ?

- Oui.

- Je vous donne 8 jours.

Et �a n'est pas cher.

Je vous ai propos� pour le grade de sergent.

- Mon colonel... je n'y tiens pas.

- Pourquoi ?

- Je suis bien l�.

- Vous ne voulez pas des galons de sergent ? Vous ferez 15 jours.

Muller.

Tu donneras tes effets au tailleur pour qu'il couse tes galons.

Compris ?

- Oui.

- O� �a ?

- Aux Folies.

- Dommage qu'on soit en cabane !

- On a ri.

- Je finis ce soir.

- Ah ! Et toi ?

- Encore 8 jours.

- Oh, mon vieux ! II y a un arrivage de gonzesses chouettes !

Tu sais. Et fringu�es !

On dit que c'est des chanteuses de Paris.

Garde � vous !

- �a sent le tabac.

Vous sentez ?

- Non, monsieur.

- Vous avez fouill� ?

- Oui, monsieur.

- Levez le bras droit.

Je vous conseille d'ouvrir l'oeil, caporal.

Il continue de parler.

- Passe-moi des allumettes.

Alors, veinard. Qu'est-ce que tu vas t'envoyer ?

- Sait-on jamais.

- Oh, �a !

Je suis tranquille !

Brouhaha

...

Piano

Chanson fran�aise

...

- Plus fort !

...

- Gueule pas tant.

...

Quelqu'un crie.

... ...

Applaudissements

...

La foule r�clame Dauville.

- Pas fameuse.

- Ils n'en veulent pas. Il n'y a rien � faire.

Elle est triste.

...

...

Taisez-vous, elle arrive.

- Pas toi... - Ta gueule !

Mesdames et messieurs...

...dernier num�ro. A a demande g�n�rale..

...Dauville dans son r�pertoire.

Acclamations Applaudissements

... ...

Brouhaha

...

- Chopin, vas-y. "Je ne suis pas comme elles."

Piano rythm�e

�nerve-toi, mimi !

...

Il y a des femmes compliqu�es Difficile � mettre en train

II y a les dames distingu�es Qui veulent �tre trait�es en catin

D'autres ont besoin d'�tre drogu�es Au champagne, � la coco

D'autres ont besoin d'�tre ross�es

Toutes ces femmes-l� c'est du frigo

Moi, je ne suis pas du tout comme elles

Quand un gars me regarde bien en face

Et qu'il me cale les omoplates

En 2 mouvements, je monte au ciel

Moi, je prends facilement le d�part Et toi, l�-bas ?

Et toi ?

Oh, dommage !

L'important quand on fait le voyage

C'est que la dame n'arrive pas en retard

(Tous) L'important quand on fait le voyage

C'est que la dame n'arrive pas en retard

- La chanson de la m�me Dauville.

- Ah !

- Tu vas voir �a...

Quelle paire de roberts !

J'vais pas m'�trangler avec le reste.

- Dis donc, Blanche. Une autre.

- Aichouch ?

Aichouch ! Qu'est-ce qu'elle fabrique ?

O� vas-tu comme �a ?

- Je veux vous parler. - Elle manque pas d'air.

- Je veux mon argent, je pars.

- Pourquoi ?

- Monsieur est un cochon.

Une fois, oui. Tous les jours, non. C'est pas mon ouvrage.

- Tu te rends compte ?

On se d�bine.

- Oh ! Ce que tu es press� !

La m�me Trouville t'attend.

- Dauville.

- Trouville, Dauville...

- Allons. - Pourvu qu'on boive !

- Pourriez dire bonsoir.

- Un tour seulement.

- T�che de ne pas revenir avec 15 jours.

- Ne t'en fais pas.

Brouhaha

...

- Sergent.

...

T'as la permission ? C'est pour les "permissionn�s".

- Gar�on !

...

Fine. Et toi ?

- Fine.

- 2 fines.

Musique rythm�e

- La voil�.

...

Elle est balanc�e !

- Bonjour, mon chou. �a va ?

- Mon copain. Le copain !

Notre copain !

- C'est vous qui fichez...

...les gars dans les lustres ?

- Tu me fais de la r�clame !

- II ne parle que de vous.

...

...

Caporal Muller ?

- Sergent. - Oh, pardon.

...

- Eh bien.

Comment le trouves-tu ?

- Pas bavard. - Hein ?

- Pas bavard.

...

Il va bien ?

...

Mais si.

- Mais non.

- Gar�on !

Un verre d'eau.

...

- II est souvent comme �a ?

- II pense. C'est son temp�rament.

- Je vois. C'est encore un cingl� !

...

- Dis donc.

T'as... Tu n'as pas l'impression que je suis so�l ?

- Mais non. Pourquoi ?

- Heu... pour rien.

Patron !

Patron !

- Qu'y a-t-il ?

- Cette femme, l�. Qui c'est ?

- Celle-l� ?

Gentille. Mais pas d'embruns

Juste bonne pour les civils.

- Demande-lui de venir.

- Si tu veux.

Irma.

- Tu nous l'enl�ves ?

- Un instant seulement.

- C'est vous qui m'avez demand�e ?

- Non. C'est moi.

- Ah !

Enchant�e, monsieur.

Alors ?

Je m'assois ?

- Si tu veux.

- Vous allez bien ?

C'est peut-�tre la chaleur ?

Vous m'offrez un verre ?

- Si tu veux. Gar�on !

- Un rose.

J'ai des cachets pour la t�te.

C'est gentil, cette musique.

Musique douce

...

Vous venez des fois, ici ?

- �coute..

Reste un moment... sans parler.

- Sans parler ?

- Oui. Oui... heu...

...un moment.

...

- Pardon. Madame vient avec nous.

- Et alors ?

- Nous l'avons engag�e. Laissez-la.

- Tout est permis ! - C'est un ivrogne.

- Je ne vais pas me laisser marcher sur les pieds.

Laisse-moi !

Bagarre

- Voyons ! Doucement !

Allez vous asseoir.

Je vais arranger �a.

- Allons !

- Voyons sergent !

- Personne !

- C'est entendu.

Est-ce que c'est s�rieux ? Asseyez-vous.

Et voil�.

- Allons.

Pr�pare la m�me chose.

- Voil�.

- Eh bien, mes pigeons. Vous voil� mari�e.

Allons !

Soyons gais !

- Soyons gais !

- Embrassons-nous.

- Moi, je veux bien.

En plus le douanier n'est pas int�ressant.

Comment vous vous appelez ?

- Ne parle pas.

- Ah ! Quel dr�le de type vous faites, quand m�me !

- Laisse.

- Que lui prend-il ?

- Ne t'en fais pas, il travaille du k�pi.

- Pierre ?

H�, Muller !

Muller !

- Nicolas.

- Qu'est-ce que tu fous ?

- �coute Je crois que je deviens fou.

- En effet.

- II ne faut plus que je la revois.

- �a n'est pas difficile.

- Seulement...

Je veux la revoir juste une fois.

- C'est pas difficile.

- Tiens.

Arrange-toi avec elle. Qu'est-ce que tu attends ?

- T'es s�r ?

- D�p�che-toi.

- Un quoi ?

II chuchote.

Oh... A cette heure-ci, �a n'est pas commode.

Enfin, je vais voir.

- Alors ? O� va-t-on ?

- Chez toi ?

- Si vous voulez.

- Je te suis.

D'o� viens-tu ?

- Barcelone.

- Et avant ?

- Bordeaux.

- Et avant ?

- Qu'est-ce que �a change ?

- Pourquoi tu ne r�ponds pas ?

- Je veux bien mais je ne sais pas exactement.

- Tu veux pas !

Qu'est-ce que tu as ?

- C'est rien.

- On dirait une cicatrice de balle.

- Oui.

- Tu ne te souviens pas ?

- J'aime mieux pas y penser.

Tu ne te couches pas ?

Viens donc.

- Quand tu as �t� bless�e, tu as �t� tr�s malade ?

- On m'a dit que oui.

- Tu ne t'en rendais pas compte ?

- Non.

J'avais beaucoup de fi�vre.

Il para�t que j'appelais quelqu'un � mon secours.

- Qui ?

- Pourquoi tu ne te couches pas ?

Quand on a beaucoup travaill�... Alors, si je m'endors...

- Tu connais Paris ?

- Non. - Tu es s�re ?

Et un quartier avec des jardins et des arbres ?

Neuilly. Tu ne connais pas non plus ?

�videmment, tu viens de Bordeaux.

Tu es s�re que tu viens de Bordeaux ?

R�le

- Je t'avais dit que j'allais m'endormir.

Ch�ri, viens m'embrasser.

Je ne parlerai pas, ch�ri.

Puisque c'est �a que tu aimes.

C'est pr�t.

- Ah, merci.

- Deux ?

- Oui, oui.

- Tu sais, je d�pense tr�s peu pour moi.

Ici. J'ai d�j� 2200 francs.

- Ah. Eh bien ?

- C'est pas encore beaucoup.

Mais...

- C'est vrai. Passe-moi ma veste.

- Non. Je ne voulais pas dire �a.

C'est quoi, ton nom ? - Pierre.

- Pierre...

- Oui.

- Moi, on m'appelle Irma.

Tu sais que je n'ai pas d'homme.

Il est en prison.

Je te l'ai dit cette nuit.

Alors...

- Quoi ?

- Alors...

Pierre.

Si tu voulais, on pourrait se mettre ensemble.

- Pourquoi ?

- Mais j'ai pens�...

- Pourquoi avec moi ?

- Mais...

- Hein ? Pourquoi tu dis �a ?

- Tu as dit cette nuit...

- Moi ? Mais qu'est-ce que je t'ai dit ?

- Beaucoup de paroles. - Et quoi ?

- Je ne sais plus bien.

- Hein ?

Tant mieux.

Clairon

...

- Des paroles douces.

- Des foutaises, oui.

- Alors ?

Tu ne veux pas ?

- Non. Je ne veux pas.

Tiens.

...

Alors ?

- �a va s'arranger.

- Allez. Il a dit oui ?

Hein ?

Alors. Qu'est-ce qu'il a dit ?

- II a dit non.

Mollement.

J'entends d'ici les boniments d'Aziani.

Les frais de voyage, les robes...

- Oui. �a fait beaucoup ?

- Dans les 4000.

- Alors, �a ! Je n'aurai jamais assez.

- Je peux t'avancer la diff�rence, j'ai une planque.

- Dis donc, tu n'es pas folle ?

Je demanderai � Nicolas, il en a.

- Tiens, parbleu.

- Ah oui ?

- Mais non !

- C'est toi qui lui changes ses roubles.

- Voil�.

Ne t'en fais pas. Tout �a, c'est du pareil au m�me.

- Toi, tu es chic. Je t'aime.

- Oh oui ?

- Oui. Je t'aime comme une m�re.

- Oui. Oh... un fils comme toi !

- Mais dis donc !

- En tout cas, elle sera bien ici, cette petite.

Tu sais � par le samedi, on est tranquille.

Tu es content ?

- Je ne sais pas.

- Quoi ? �a te travaille toujours ?

- Je ne sais pas.

- Enfin, c'est fini Florence. Irma te pla�t comme elle est !

Alors, alors !

Sonnerie

Vous pouvez dire que vous �tes des types faciles � vivre !

Qu'est-ce que �a sera ?

- Un Pernod Suze.

- Bon.

- II n'y a personne.

- En semaine...

- Oui, c'est tranquille.

- �a, pour la tranquillit� !

- Je vous dois ?

- 22 et 26.

46 sous.

- Combien ?

- 48.

- Voici.

- Merci, monsieur.

Au revoir, messieurs. Au plaisir.

On mange ?

- Non.

- Tu n'es pas bien ?

- II ne vient pas ?

- Je ne sais pas.

- H�, Muller !

Tu ne d�nes pas ?

- Non. Je n'ai pas faim.

Bonsoir.

- II a quoi ?

- Qu'est-ce que �a peut te faire ?

- Oh... apr�s tout !

Tiens, passe-moi les haricots.

- Non, merci.

- Tu ne manges pas ?

- J'ai fini.

- Si tu veux monter...

- Bonsoir.

- Bonsoir.

- Charmante atmosph�re !

- Tu veux boire ?

- �a te fait de la peine ?

- C'est pour toi.

Tu es contrari� ?

Les choses sont bien arrang�es pour qu'on soit bien.

Les autres ne savent pas.

Je suis si contente.

- On t'ennuie ?

- Non.

La journ�e est longue mais je t'attends.

Il fait trop chaud...

...tu vas venir.

Il pleut...

...tu vas venir.

- Mais...

Qui t'a dit ces mots-l� ?

- Mais personne.

- �coute, Irma. On n'oublie pas comme �a qui on est !

- Alors ? - Souviens-toi !

- Je ne peux pas.

- Tu ne veux pas !

Tu veux peut-�tre te venger !

Et alors ?

Tu as honte ?

- Non, mon ch�ri.

Quand tu es rest�e seule, la vie est devenue difficile...

...alors, tu as perdu pied.

Et puis la d�veine, le d�go�t...

...alors, tu as gliss�, gliss�...

Dis-moi que c'est �a.

- Oui, mon ch�ri.

- Cette balle, c'est que tu as voulu te tuer ?

Hein ? Hein, c'est �a ?

Avoue que tu t'en souviens !

Tu vas me r�pondre ?

Elle pleure.

...

- Attention.

La balustrade ne tient pas bien.

- Tu �coutes aux portes maintenant ?

- Ne fais pas l'idiot.

Rentre.

Et ne la tourmente plus.

- Je la tourmenterai, si je veux !

...

- Tu chiales encore ?

- Non.

C'est fini.

- Je t'ai fait mal ?

- Non.

- Quoi ?

Mais n'aie pas peur, Irma.

Je ne suis pas fou !

Non, non.

Non, je... Je t'aime bien, tu sais.

- Oh !

- Si, si !

- Tu m'aimes comme je suis ?

- Oui.

Oui. Comme tu es.

- Si tu es malheureux avec moi...

...je peux partir.

- J'ai besoin de toi.

- C'est vrai ?

- Je te demande pardon.

Tu entends, Irma ?

Je veux que tu sois heureuse !

- Et alors il m'a m�me dit:

"Je veux que tu sois heureuse."

- Tu vois !

Repousse tes peaux avant de couper. Comme �a.

- Moi, je voudrais qu'il soit heureux aussi !

Aux Folies, j'aurais gagn� plus.

Eh bien, non.

Il me veut rien que pour lui.

- Voil�.

- J'ai peur de ses questions et je ne sais pas ce qu'il me veut !

- Comme tous les hommes, il veut qu'on lui bourre le cr�ne.

- Blanche ! - Oui ?

- Pas d'eau min�rale ?

- Rien cette semaine. Merci.

Au plaisir.

Puisque tu es s�re qu'il te pla�t et puisqu'il tient � toi.

Tu n'as qu'� dire comme lui.

Laisse-le dans ses r�veries sans le contrarier.

Comme �a...

Il ne se tourmentera plus et il gu�rira.

- Pas facile.

- Mais si.

- Puis �a n'am�ne rien de bon...

...de parler du pass�.

- II est fier !

- Pourquoi il ne m'aime pas comme �a ?

- �a viendra peu � peu.

Bient�t, il ne fera plus de diff�rence et il n'en parlera plus.

En attendant, il veut que tu aies connu Paris. Donc tu connais !

- J'y ai habit�.

- Tu vois. C'est pas compliqu�.

Elle s'appelait Florence.

On n'a pas id�e, un nom pareil ! Enfin...

Appartement tout ce qu'il y a de chic...

...des bijoux. - Des pierres vertes.

- Ah ? Je ne sais pas �a. Des masses de robes...

Un grand fourreur, un couturier...

- Une �norme voiture toute verte.

Elle adorait, le vert.

- Ah ?

Quel dr�le de go�t !

Mais comment tu sais �a, toi ? Qu'il avait une voiture verte ?

- II a d� le dire.

- Ah ?

- Alors, mon vieux Gustin.

Cette colonne ?

Tu en es ?

- Ferais beau voir que j'en sois pas !

- Tu es content ?

- Content, content. Inapte � faire campagne m'a dit le toubib.

Tu te rends compte ? Moi, Gustin, inapte !

C'est peut-�tre parce que je suis vieux...

...ou que j'ai eu la diarrh�e...

Bon Dieu, de bon Dieu... Inapte !

Je vais voir le vieux, il sait de quoi je suis capable.

Je ne me g�nerai pas de lui dire.

Ce qui permet au l�gionnaire de tenir, c'est le moral.

Tu vois ? - En avant. Fixe.

On l'appelle.

- 1er clairon, Gustin.

- Eh bien Gustin ?

- Mon colonel, je proteste. Je proteste de toutes mes forces.

S'il n'y a plus de justice � la l�gion, o� va-t-on ?

- Approche.

Qu'y a-t-il ?

- II y a que moi, je ne veux pas rester avec les fain�ants.

�a va plus du tout.

Avant on ne demandait pas si on �tait apte ou inapte !

M�me bless�, c'est mort qu'on nous relevait de notre service.

- Alors moi, 17 ans de service...

...je veux...

Enfin, je demande...

Enfin, si c'�tait possible, mon colonel... Hein ?

- Et moi ?

Oui, moi.

Tu crois que �a m'amuse de rester ici, au milieu de tout �a ?

Seulement, il faut former ceux qui arrivent.

Qui leur communiquera l'esprit du corps si les anciens ne sont plus l� ?

- Si c'est pour �a... - Oui.

J'ai entendu les nouveaux clairons, il y a encore beaucoup � faire.

T�che de les dresser et dans l'esprit !

- Pour �a, mon colonel...

- Bon. Tu peux disposer.

Cl�ment. Vous avez demand� le rapport par la voie hi�rarchique ?

- Colonel, c'est que...

- Vous me ferez 4 jours.

- Colonel.

- H�, Gustin !

Alors ? Tu y vas ?

- Non, impossible. Le vieux a besoin de moi.

- Voulez-vous me passer l'autre ?

- Je veux de la glace dans ma chambre.

- Votre chambre ?

- Oui. Puisque je te le dis !

Soupir

- Un petit blanc ?

- C'est pas de refus.

Oh l� l� !

A�e, a�e, a�e !

- Oh !

Irma !

Irma !

Et toi, tu en veux ? Non ?

- A a v�tre, Banche !

- A a v�tre.

Irma !

- Comme plat, aujourd'hui, �a peut compter.

Dire qu'on en a encore pour 1 mois de ce temps !

- Comment ?

- On en a encore pour 1 mois de chaleur.

- Oh, s�rement !

- Allons, au plaisir. Merci.

- Oui.

- Bonjour au patron.

- Merci.

Irma ?

Irma ? - Quoi ?

Elle va descendre.

- Oh !

- Salut !

Quoi ? - Oh, par exemple !

- Je t'ai fait peur ?

- Tu m'as saisie ! - Ah ?

- Qu'y a-t-il ?

- Nous partons en renfort cette nuit, il para�t que �a r�chauffe

- Ah ?

- J'ai d�gott� une combine pour pouvoir voir Irma.

- Un verre ?

- Elle est l� ?

- S�rement. Tu ne prends rien ?

- Non, merci. O� est-elle ?

- J'�tais � la cave pour des bouteilles qu'on a livr�es. Je...

Elle doit �tre en haut, je vais voir.

- Cl�ment ?

- Cl�ment ? - Oui.

- II se rase.

Assieds-toi un moment. Je vais voir en haut.

- Non. J'y vais.

- C'est bon.

- J'y vais !

- Qu'est-ce qui te prend ?

Pierre, tu es fou !

Pierre ! Ne fais pas l'idiot !

Pierre ! Pierre !

- Cl�ment !

Ne fais pas l'idiot !

Ils se disputent.

...

- Salaud, va !

...

- Pierre !

Hou l� !

- Oh ! Qu'est-ce que tu as fait ?

- Et toi !

- II m'a menac�e. - Pourquoi n'as-tu rien dit ?

- Voil� ce qui serait arriv�.

- Allez, viens.

- Allez, viens.

Mettez-vous l�. Ne bougez pas et laissez-moi faire.

Arrange tes cheveux !

Et puis toi, �a.

Et pas un mot.

Au secours ! Mon mari est tomb� ! - O� �a ?

- II est tomb� du 1er. Un m�decin !

- II est tomb� ? - Oui. Dans la cour.

O� on peut trouver le m�decin ?

- Oh, un m�decin, voyons. Il faut vite un m�decin.

Brouhaha

- A cause de a balustrade !

- Quelle balustrade ?

- Elle ne tient pas. - Je m'en rappelle pas.

Il le savait pourtant !

...

- La balustrade a c�d�.

- Une hauteur pareille !

Tenez. Elle �tait pourrie.

- Oui...

- �a devait arriver, il �tait toujours so�l.

- Allons, madame Blanche.

Il est tranquille, maintenant.

Avec son foie malade, il n'en avait plus pour longtemps.

Il n'a pas souffert, au moins.

Ne pleurez pas comme �a.

- Est-ce qu'on sait, pourquoi on pleure ?

Coup de pioches Vent

... ...

Brouhaha

...

- Salut. Jean-Pierre me manque.

...

- Encore un d'amoch�.

- Ils sont pas contents de nos routes.

Il leur faut quoi ?

- Notre peau !

La terre. - II n'y pousse rien.

- La terre ! C'�tait autre chose...

- Cette �quip�e comprendra un sergent, un caporal et 10 voltigeurs.

Aucun tour n'est pr�vu, j'ai besoin de volontaires.

- Moi. - Commen�ons par le sergent.

- Moi.

- Sergent Weil.

Caporal Yvanoff.

Les voltigeurs, vous les aurez ?

Ou je les nomme ?

- II faut d�signer ceux qui n'en sont pas.

- Vous avez 1 heure.

C'est tout.

Il chante.

...

- Alors ?

Tu es content de tes hommes ? - Tu parles ! �a ne tra�nera pas.

- Tu sais...

Tout � l'heure, si je n'ai pas r�pondu, c'est que...

- J'ai bien compris.

Maintenant que tu tiens � quelque chose...

Un l�gionnaire heureux n'est plus un l�gionnaire. Tout le monde le sait.

- Ils sont bien retranch�s.

- Sinon �a ne serait pas amusant. Au revoir.

- J'aurai d� venir. - Une autre fois !

- A mon commandement, en avant !

Coups de pioches

...

- Ce qu'il pouvait r�ler, ce pauvre Nicolas...

Rien qu'� l'id�e qu'on pourrait toucher � son armoire !

Tiens.

Tiens. Un cheval ?

- Son cheval...

Qu'est-ce que c'est ?

- De la terre.

- De la terre ?

- De la terre...

- Encore de vieux journaux russes.

Encore des vieux roubles.

C'est tout.

On y va ?

- Oui.

On sonne.

- J'y vais. Vous avez assez de bois ?

- Oui, merci.

- Regarde.

Tiens, l�.

- Qui �tait-il, l�-bas ?

R�volt� ?

Artiste ?

Criminel ?

- On pourrait le faire traduire.

- Non.

- Je voudrais garder �a.

- Non. Rien.

Il a pay� le droit d'effacer l'ardoise.

- Tu crois ?

- Oui. Il le disait toujours.

- Quand il est mort...

...il n'a rien dit ?

- II a dit: "Je m'en fous !"

- Et il est mort... expr�s ?

- Oh ?

Je ne crois pas.

- Sans y para�tre...

...c'�tait peut-�tre le plus malheureux de nous.

- Mais... Qu'est-ce que tu en sais ?

II n'en parlait jamais, lui.

Jamais...

- Si.

- Pardon.

Musique douce

...

Alors ? Tu n'es pas press�e de conna�tre la nouvelle ?

- Tu m'as dit d'attendre.

- Et si je changeais d'avis. Hein ?

Si je ne te disais rien.

- Tu aurais tes raisons.

- Tu as tellement confiance en moi.

- J'ai tort ?

- Tiens. Lis.

"J'ai l'honneur de vous informer...

"...que le testament, d�c�..."

II est mort ? �a te fait de la peine ?

- Oh, tu sais, mon oncle �tait vieux, 70, 72 ans...

Mais lis !

"La somme. Je ne vois pas tr�s bien.

"La somme de 5... 5000...

"...500..."

- 550000 francs.

- 550000 francs ?

A toi ?

- Oui, � moi !

- Alors, tu vas partir ?

- Nous allons partir.

- Nous ? - Oui !

C'est la d�livrance et tout et tout !

- II est bien mort ?

- Voyons !

�coute, Irma.

Encore 42 jours et j'aurai boucl� mes 5 ans.

Adieu, les copains ! Adieu le Normandie !

II y a dans Casablanca...

...un grand bateau qui va partir...

Et sur le pont...

...tu ne vois rien ?

Tu ne vois rien ? - Si.

Mais j'aime quand tu m'expliques !

- Eh bien, il y a une femme et un homme qui sont heureux.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Pierre. C'est trop beau en une seule fois.

Il rit

Sir�ne de bateau

...

- Oui. Oh !

Enfin, provisoirement...

- Moi, je le trouve tr�s bien.

Tu as l'air d'un monsieur.

- Je vais retirer nos billets. Et toi ?

- Moi, je vais � l'essayage.

- A tout de suite.

Sir�ne de bateau

...

Brouhaha

...

- 2045 francs.

...

Voici vos 2 premi�res simples.

...

Vos coupons.

...

- On part � 6 h ?

- Oui. Demain, 18 heures.

...

Circulation

...

- Martel !

Martel !

Pierre ! �a par exemple ! Moi qui vous croyais mort.

- Florence ! - Vous n'avez pas honte...

...de dispara�tre sans un mot, sans une carte !

Jerry. Je vous pr�sente Pierre Martel, un vieil ami.

Vous connaissez s�rement...

...son excellence, le pacha Djebel Adad.

Pierre !

Vous �tes dans une forme splendide. Vous n'avez pas chang� !

Un peu plus de carrure, �a vous va bien. Il faut qu'on se voie.

N'est-ce pas ?

Vous restez ?

- Quelques jours.

- Voyons. Demain, c'est mardi. Voulez-vous 11 heures ?

Je suis son invit�e. Je serai ravie de vous revoir.

A demain. Vous me raconterez.

Au revoir.

Venez, cher ami.

Bye-bye !

- �a, c'est plus habill�. C'est pour d�ner sur le paquebot.

Tu aimes les perles ?

II en manque mais �a ne se voit pas.

Puis ils m'ont fait une r�duction, 100 francs.

Elle ne te pla�t pas ? - Oh, si.

- Vraiment ? - Oh oui.

- J'avais si peur.

- Tout est tr�s bien. - N'est-ce pas ?

Et puis...

...j'ai aussi pens� � toi.

Elle te pla�t ?

- Oui.

Elle est tr�s bien.

- Tu as chaud ? Tu es fatigu� ?

- Non, je...

J'ai un ennui.

Un petit ennui. J'ai nos billets mais il manque des papiers.

Il faut que j'aille arranger �a.

Je ne sais pas si �a sera pr�t pour le d�part.

- Nous partirons plus tard.

- C'est que les billets ne seront plus valables.

Tu comprends, je pr�f�rerais n'en perdre qu'un.

- Ha...

Tu veux que je parte seule.

- Oui, et puis moi...

...j'arriverai 2 ou 3 jours apr�s.

Je te rejoindrai � Marseille.

- Bien s�r... oui.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Moi, tu sais... C'est beaucoup plus banal.

- Enfin, tu as r�ussi. - Pas mal...

- Tu as des projets ?

- J'en avais. Mais...

- Je n'ai jamais eu d'inqui�tude � ton sujet.

Tu es d�brouillard.

- Je n'ai pas chang�.

Non...

Je n'ai pas du tout chang�.

Tes yeux non plus.

Ton sourire non plus.

- Je n'ai pas eu � me plaindre de la vie.

Parfois, je m'ennuie un peu. Mais �a n'est pas grave.

- Tu ne t'ennuierais peut-�tre plus si tu me suivais.

- O� �a ? - O� tu voudras.

C'est comme autrefois. Tu m'attendais chez toi et me voici !

- Mais...

Je ne suis pas chez moi.

- �coute, Florence Maintenant que tu es devant moi, je vois clair.

Pour moi tout est simple et rien ne compte que toi.

Je suis s�r. Je ne peux vivre qu'avec toi ou seul.

Ou...

Pas du tout !

- C'est tr�s gentille � entendre... Mais la vie a march�.

- J'ai de l'argent !

- Oui. Et un soir au moindre ennui...

...tu m'annonceras qu'il ne reste rien et tu dispara�tras.

- Au moindre...

- J'ai d� me tirer d'affaire seule.

Si tu m'avais aim�e...

- Tais-toi !

J'ai tout fait pour toi !

Demande-leur si je ne me suis jamais plaint...

Quand j'ai cru te retrouver, j'ai pens� devenir fou.

- Comment ? - Oui.

Ces jours, ces nuits...

...� chercher ton visage. Tu ne peux pas comprendre, mais moi je sais.

C'est pour toi que j'ai tout accept�.

- Tu me fais peur.

- Oui...

Pour toi, j'ai vol�...

Pour toi, j'ai tu� un homme.

Pour toi, j'ai sacrifi� le seul �tre qui m'aime.

C'est trop peu ?

- Tuer, sacrifier...

Sacrifier qui ?

Le soleil d'Afrique ne t'a pas r�ussi.

J'esp�rais te trouver raisonnable.

Je voulais t'offrir mon amiti�.

- Ton amiti� !

Je n'en veux plus.

- J'ai cru...

...que mes amis t'aideraient.

- Non, non. Ne les d�range pas.

Florence.

Pour te voir...

...une minute...

...l�-bas...

Qu'est-ce que je n'aurais pas fait !

Maintenant, tu es l�, devant moi...

C'est dr�le.

Et �a m'est �gal !

Et je m'en vais tranquillement.

Tu ne m'int�resses plus.

Je ne regrette rien !

- Pierre !

- Allez, va !

Musique rythm�e

...

...

...

...

- Votre livret.

Excellent �tat de service.

J'esp�re que vos nouveaux 5 ans seront aussi brillants !

Votre feuille de route.

Vous partez pour Marrakech, demain � 20 heures.

- Mon capitaine.

- Eh bien, Muller. Je n'ai plus qu'� vous f�liciter.

Vous n'�tes pas rest� longtemps civil. - Non.

- Je sais... Quand on a le m�tier dans le sang...

- Oui. Mon capitaine.

Brouhaha

...

- Jeudi, vendredi...

Samedi... Tu pourras peut-�tre arriver avant dimanche !

- Oui. A 1 ou 2 jours pr�s.

Voyons. Sois raisonnable.

- Tu te soigneras ? - Oui.

Tiens, ouvre ton sac.

- Autant ?

- Je ne pr�f�re pas garder �a sur moi. Tu vois. Tu es ordonn�e.

- Oui. J'ai mis les cl�s des malles et les billets ici.

A mon arriv�e, je d�balle tout.

Sir�ne du bateau

...

Fou rire

...

- Tu l'as trouv�e !

- Voil�.

- Tout ce qui tombe arrive !

C'est une autre !

- Une autre !

- Tu te rends compte ?

Tu as les 4 as !

Quelle r�ussite merveilleuse !

- Ne rigole pas ! II y a du vrai l�-dedans.

- II y a pas de poule.

- Alors �a. Termin�, les poules !

- Tu ne les regrettes pas ?

- Celle qui rit et celle qui pleure.

La 1re est balanc�e. Et hop !

Et la seconde...

Je sais pas qui c'est.

- Elle �tait gentille.

Oh l� l� !

Qu'on me fiche la paix.

Qu'on nous laisse �tre heureux !

- Ha ! Ha !

- Tiens.

- Attention, tu pourras plus marcher.

- T'occupes pas !

Je me suis arrang� avec mon chauffeur.

Oui. Au coin, je saute dans le camion.

Maintenant, je fais le baroud en taxi.

- Oh non ! Je suis ronde.

- Et bien, comme la terre !

- Non, non. Allons.

Non.

Voyons.

- Alors, apr�s ?

- Eh bien, tu vas avoir une m�daille.

- Tu m'int�resses...

- Tu vas faire quelque chose d'�patant.

Quelque chose d'exceptionnel.

Dont on parlera !

- Et alors ?

- Et alors...

J'ai trop bu, je ne vois plus clair.

Et puis tout �a, �a veut rien dire.

- Tu crois que je ne l'ai pas vu ? Le 9 de pique � c�t� de...

- Non ! Je te dis que je me suis tromp�e.

Je me suis tromp�e pour tout.

Pour... pour ta m�daille et ta r�ussite merveilleuse.

- C'est dr�le...

Dans ma main, c'est �crit que je vivrai 100 ans.

- C'est tout ce qu'il y a de vrai.

Montre ?

Tu finiras dans une voiture.

- Que tu pousseras doucement.

- Pour te mener au bistro, vieux poivrot !

- Vieille bique !

Rires

Tambour

...

- D�j� ?

- Eh oui...

Il fait jour.

...

- Sors par la cour, c'est ferm�.

Musique rythm�e

...

- Alors... Il faut que j'aille gagner ma m�daille.

- Tout est faux !

- Oui.

Bien s�r...

H�, dis.

Tu n'as rien � leur dire, aux Schleus ?

Non ?

Je t'enverrai des cartes.

- �coute !

II vaut mieux ne pas toujours faire le fou.

Enfin...

Sois prudent.

Musique rythm�e

...

- Ne t'inqui�te pas.

...

...

...

Sous-titrage: C.M.C.

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