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Il est sûrement encore ivre.
Il vient par ici.
Qu'as-tu dit ?
J'ai dit que nous avons besoin...
Comme je disais, nous avons besoin d'essence.
Désolée. C'est de ma faute, chéri.
Ces routes font tant de détours, on s'y perd.
Ce n'est pas ta faute.
J'aurais dû vérifier le niveau d'essence bien avant.
Plus une goutte.
J'ai bien peur de devoir aller chercher de l'aide.
- Quelqu'un pour nous remorquer. - Je viens avec toi ?
Non, ça ira plus vite si j'y vais seul.
D'accord.
Reste dans la voiture, tu seras en sécurité.
Gérald...
tâche de faire vite.
J'essaierai.
Arrêtez de courir.
Retournez à votre voiture.
- Vous m'entendez ? - Oui.
Retournez à votre voiture.
Vite.
Gérald, j'ai eu si peur.
Non, ne la laissez pas là.
Quelqu'un pourrait vouloir entrer.
- Non, Monsieur. - Non ?
- Personne ne vient ici, maintenant. - Pourquoi pas ?
Pourquoi pas ?
Bonsoir, Monsieur.
- Qu'en penses-tu, Gérald ? - Eh bien...
Nous ferions mieux de nous abriter.
Ne pouvez-vous pas nous laisser tranquilles ?
Nous nous demandions si vous aviez une chambre.
Une chambre ? Vous voulez une chambre ?
Oui, pour la nuit.
Alors, vous êtes des étrangers ?
Eh bien, oui.
S'il vous plaît, entrez.
Entrez, je vous prie.
Oh, vous êtes mouillés !
Entrez pour vous sécher.
Anna ! Nous avons des gens... des invités. Viens vite.
Excusez-moi.
Quelle soirée.
- Vos chevaux sont dehors ? - Nous sommes venus en voiture.
En voiture ?
Vous devez être très riche, jeune homme.
Elle est à mon père, nous l'avons empruntée pour notre...
- voyage. - Vraiment ?
Anna, regarde. Nous avons des invités.
Pourrais-tu leur donner une chambre pendant que je rentre leurs bagages ?
Je vais rentrer vos bagages.
Vous allez être trempé. Attendez que la pluie cesse.
J'ai un parapluie.
Vous voulez bien signer ceci ?
Quelle chambre voulez-vous ?
- Je vous demande pardon ? - Quelle chambre ?
Elles sont toutes libres.
Toutes, sauf une.
Rien qui soit trop cher.
Nous avons encore un long voyage à faire.
5 marks ?
Oui, c'est parfait.
C'est notre meilleure chambre.
Par ici.
Je vais vous amener des draps propres et de l'eau chaude.
Voulez-vous autre chose ?
- Du thé, peut-être. - Certainement.
Mon mari va vous allumer un feu,
dès qu'il reviendra avec vos bagages.
Eh bien...
Anna, regarde. Regarde ça.
Et alors ?
Ne vois-tu pas ? C'est du riz.
Je l'ai trouvé sur leurs bagages.
Ne vois-tu pas ce que ça veut dire ? Ils viennent de se marier.
C'est leur lune de miel.
Écoute, nous devons tout faire pour qu'ils soient confortables.
Je vais leur amener de l'eau chaude. Que puis-je de plus ?
Anna, essaie d'oublier.
S'il te plaît, seulement ce soir ?
Pour eux. S'il te plaît.
- Le thé, chéri. - J'arrive tout de suite.
Ça a l'air bon.
Un instant.
Tiens, nous avons de la visite.
Qu'est-ce ?
Quelqu'un vient de livrer une lettre.
Quelqu'un d'important, à en juger par l'apparence du carrosse.
- Quoi ? - Viens là.
- Qu'y a-t-il ? - C'est ton oreille.
Arrête, chéri.
- Le thé va refroidir. - Je sais.
Entrez.
- Une lettre pour vous, Monsieur. - Pour moi ? Impossible.
Non, elle vous est adressée. "Le gentleman anglais, au Grand hôtel."
C'est nous.
- De qui ça peut venir ? - Ravna.
Oui, c'est Herr Dr Ravna. Un homme remarquable.
Il vit au château depuis des années.
Celui que nous avons vu sur la montagne, là-bas ?
Oui, Madame.
- Il veut que nous soupions avec lui. - Quoi ?
C'est ce qui est écrit.
"Je compatis avec vous
"et je vous invite à souper avec moi ce soir.
"C'est que la nourriture à l'hôtel"...
Je vais sauter cela.
Ma femme est bien bonne, mais ses talents de cuisinière...
"Mon carrosse ira vous chercher à 20 h, ce qui, j'espère, vous conviendra."
Qu'en dis-tu ?
- Je n'ai rien à me mettre. - Il a anticipé.
"Venez tels que vous êtes. Ce n'est pas un souper officiel."
Je pense que nous devrions y aller.
Vous devriez y aller, Madame.
Herr Docteur est un charmant gentleman,
et sa table est l'une des meilleures au pays.
Ce sera une expérience agréable, Madame.
Très bien.
Bonsoir. Dr Ravna nous attend.
D'autres surprises.
Des surprises agréables, j'espère.
Vous pensiez que l'intérieur de ma maison serait aussi laid que l'extérieur ?
Si ça l'était, je ne pourrais pas vivre ici.
J'aime n'être entouré que de belles...
choses.
Et puisque je suis assez chanceux pour avoir les moyens de satisfaire mon...
Voilà que je recommence. Excusez mes mauvaises manières.
Nous avons si peu d'invités, ici, que j'oublie parfois comment me comporter.
Je m'appelle Ravna.
Gérald Harcourt. Et voici ma femme, Marianne.
Bienvenue chez moi.
C'est très gentil à vous de nous inviter.
En effet.
Je ne comprends pas comment vous avez entendu parler de nous si vite.
À vrai dire, j'épiais votre voiture.
De tels engins sont rares par ici,
alors en entendant le bruit, j'ai pris mon télescope pour vous voir.
Mais la voiture est tombée en panne.
C'est vrai.
Et avant que j'aie pu vous aider,
vous en aviez déjà pris l'initiative, M. Harcourt.
Venez, je vais vous présenter au reste de ma famille.
C'était très beau.
Merci, Madame.
Puis-je vous présenter mes enfants ?
- Ma fille, Sabena. - Comment allez-vous ?
- Et mon fils, Carl. - Enchanté.
- M. et Mme Harcourt. - Comment allez-vous ?
Pourriez-vous jouer autre chose ?
Plus tard, Carl. Après le souper.
Pourquoi n'es-tu pas venue nous voir, chérie ?
Pourquoi as-tu attendu si longtemps ?
Tu dois savoir comme nous nous sommes ennuyés de toi.
Tu ne devrais pas rester seule ici.
De la physique à la métaphysique,
de l'étude du prévisible à l'imprévisible.
Il y a quelques années, j'ai fait une série d'expériences,
et l'une d'elle a mal tourné.
C'était de ma faute, bien sûr. J'ai fait une erreur, comme d'autres scientifiques.
Mais c'est pour cela que je ne pourrai jamais regagner ma ville natale.
C'est pour cela que je vis ici,
enfermé dans ce beau cercueil.
Mais c'est beau, ici.
Il arrive en fait souvent
que les plus belles choses soient faites des matériaux les plus laids.
Vous ne trouvez pas ? Ce vin que nous avons bu au souper...
- Vous l'avez aimé, j'espère ? - Il était délicieux.
Il a été fait de raisins écrasés par les pieds d'un paysan.
Des pieds sales, sûrement.
- Papa. - C'est vrai, non ?
Le faisan que nous avons mangé était mort depuis cinq...
Papa, je t'en prie.
Peut-être que madame Harcourt voudrait t'entendre jouer, Carl.
Oh, s'il vous plaît.
Peut-être l'une de tes compositions.
Certainement, Papa.
Une de vos propres compositions ? Comme c'est excitant.
Merci.
Votre femme est particulièrement charmante, M. Harcourt.
Merci.
- Marianne, tu te sens bien ? - Ne vous arrêtez pas.
Papa ?
C'est tout pour l'instant, Carl.
Désolé.
J'ai cru...
Marianne ?
- J'ai cru que tu allais t'évanouir. - Peut-être fait-il trop chaud.
Non, ce n'est pas ça. C'est que la journée a été assez longue.
- Si vous voulez bien nous excuser... - Bien sûr.
- Sabena, peux-tu faire venir le carrosse ? - Oui, Papa.
Vous rejouerez une autre fois, n'est-ce pas ?
Ce sera mon plaisir, Madame.
Bonsoir, Carl.
Qu'allez-vous faire pour votre voiture, M. Harcourt ?
Il nous faut de l'essence.
Nous voulions aller à Korneuburg ce soir. Ils en vendent, là.
Mais c'est à 50 km, et en terrain montagneux en plus.
Vous étiez vraiment perdus.
J'ai bien peur que ma femme ne sache pas déchiffrer les cartes.
Si vous voulez bien demeurer à l'hôtel un ou deux jours de plus,
je ferai volontiers venir de l'essence.
- Merci beaucoup. - De rien.
Je vous inviterais à demeurer ici, mais j'attends beaucoup d'invités.
Non, l'hôtel est parfait, merci beaucoup.
La nourriture n'est pas si mauvaise.
La soirée a été magnifique. Je ne l'oubIierai jamais.
Pourquoi l'as-tu laissée partir ?
Ils ne peuvent pas s'en aller. Leur voiture est en panne.
Pas d'essence.
C'est ça.
Ils ne peuvent pas s'en aller avant que je le décide.
Qu'est-ce que c'est ?
Sûrement les autres invités.
Oui.
J'arrive.
J'avais raison, non ? Vous êtes contents d'y être allés ?
- Oui, merci. - Et la nourriture était bonne, non ?
Vous aviez raison. C'était excellent.
Et Herr Dr Ravna, charmant, non ?
Aubergiste, du brandy !
- Bonne nuit, Monsieur. - Bonne nuit.
- Bonne nuit, Madame Harcourt. - Bonne nuit.
Du brandy ! Aubergiste !
Du brandy !
Deux.
- Trois. - Il fait un temps affreux.
Quatre. Vraiment ? Cinq.
- Tu me pardonnes d'avoir perdu la route ? - Six.
On verra. Maintenant...
Merci.
S'il te plaît.
Eh bien...
Désolé, mais la porte était ouverte.
Anna et moi nous demandions si vous voudriez déjeuner avec nous.
Vous pourriez aussi aller dans la salle à manger, mais c'est humide.
- Nous préférons manger avec vous, non ? - Et de loin.
Dans cinq ou dix minutes, alors.
Nous serons là dans dix minutes.
Ou quinze.
Anna
tu as encore mis une assiette de trop.
Chérie, je te l'ai dit si souvent.
- Rebonjour. - Bonjour.
Entrez, je vous prie.
Est-ce que l'autre invité mange avec nous ?
Non, il ne mange jamais.
- Comment survit-il, alors ? - Avec du brandy et de la crème sure.
Oui, je sais.
Ce temps n'est pas bon pour vos affaires.
Les affaires ne sont jamais bonnes.
Mais sûrement, avec la vue magnifique que vous avez par bon temps...
La route n'est pas fréquentée par les voyageurs.
Je suppose que votre bar est assez achalandé le soir,
par les gens du coin, les fermiers.
- Il l'était. - Personne ne vient ici, maintenant.
Pourquoi ?
Du pain, Madame ?
Merci.
Tu m'as vraiment fait peur.
Regarde ça.
"Tania, âgée de 14 ans."
Elle ressemble beaucoup à Anna, non ?
Pourquoi cache-t-elle ça ?
Pourquoi l'assiette pour quelqu'un qui ne mange jamais ?
C'est sûrement l'autre invité. Je vais aller lui dire deux mots.
Bonjour.
- Herr Zimmer, c'est ça ? - Professeur Zimmer.
Je m'appelle Harcourt. Je loge ici aussi.
Quand partez-vous ?
- Dans un jour ou deux... - Bien.
Pourquoi voulez-vous que nous partions ?
Pourquoi tant de mystère ?
Quel mystère ?
Cet hôtel. Pourquoi personne ne vient ici ?
- Excusez-moi, j'ai du travail. - Allons, je ne veux qu'une information.
Je vous conseille de ne pas poser de questions aux gens de la région.
Voilà qui me remet à ma place.
Carl.
Comme c'est bon de vous voir. Votre sœur est ici ?
Dans le carrosse. Nous ne resterons pas.
Mais vous le devez. Marianne sera enchantée de vous voir.
Je vais l'appeler.
Nous ne pouvons rester longtemps. Regarde, le temps change.
Marianne, viens voir qui est là.
Entrez.
Laissez-moi vous offrir à boire.
Sabena, quelle belle surprise.
J'appelle l'aubergiste. Il a peut-être du champagne.
Vraiment, nous n'avons pas le temps.
J'ai des nouvelles au sujet de l'essence.
Mon père a pu confirmer qu'il y en a à Korneuburg.
Merveilleux.
Ce sera long. Nous avons envoyé un char à bœufs la chercher.
- C'est moins rapide qu'une voiture. - Mais plus sûr.
Elle n'arrivera pas avant lundi, j'ai bien peur.
En attendant,
mon père veut savoir si vous voudriez bien venir à une fête
qu'il organise samedi soir.
Dites oui. Les autres invités sont si ennuyeux.
- On a de la musique. - Et on danse.
- Ce sera amusant. - Dites oui.
C'est une soirée officielle ?
Je sais exactement ce qu'elle va dire. "Je n'ai rien à me mettre."
Et là, ça s'applique aussi à moi.
Si vous ne trouvez pas cela impoli de ma part,
je pourrais vous prêter un habit, Gérald.
Et j'ai la robe la plus merveilleuse. En mousseline rouge et en dentelle.
Et je vous enverrai ma cape de velours rouge.
Elle sera superbe sur vous, Marianne.
S'il vous plaît, dites oui.
- Alors, oui. - J'en suis si heureuse.
Je viens aussi.
Parlez-nous de cette fête.
Un cuisinier va venir de Paris simplement pour préparer le buffet.
- C'est fantastique. - Et un orchestre va venir de Vienne.
Bonjour.
Il commence à faire beau.
On dirait qu'il va faire soleil.
Veuillez nous excuser.
Conduisez. Aussi vite que vous pouvez.
- Ça me va, Bruno ? - Comme un gant. Ajoutons un petit détail.
Merci, Bruno.
Qui est ce bel homme ?
Chérie.
C'est tout ?
J'en ai le souffle coupé.
- Tu es splendide. - Merci.
Madame, permettez-moi de vous offrir mes compliments.
- Vous êtes ravissante. - Merci, Bruno.
Elle me fait comme un gant.
Grâce à Anna. Elle a fait des merveilles.
Merci, chère Anna.
Anna, vous pleurez.
Oh, Madame.
Prendriez-vous un verre, Monsieur, au bar ?
Bonne idée, Bruno.
Aviez-vous une fille, jadis ?
Pourquoi dites-vous ça ?
Ce n'est pas vrai.
Pourquoi avez-vous dit ça ?
Je suis désolée, c'est que...
Voilà le carrosse, Madame.
Tu es superbe, chérie.
Madame.
Je vous en supplie, faites attention.
De quoi parlez-vous ?
Au nom de Dieu, faites attention.
- Que voulait-il dire, Gérald ? - Ne t'en fais pas. Il est ivre.
Marianne, laissez-moi vous regarder. Oh, elle vous va parfaitement
- et vous êtes resplendissante. - Bienvenue à vous.
Carl.
On amène vos masques.
Mais pour vous, Marianne, ce sera une profanation.
Mais une amélioration dans mon cas, c'est ça ?
Vous savez que je ne voulais pas dire ça.
Puis-je vous le mettre ?
Je pense que c'est bien une amélioration.
Voudriez-vous du champagne ou préférez-vous danser ?
- Je préfère danser. - Du champagne pour moi.
Alors, vous permettez ?
Carl, je dois me reposer.
- D'autre champagne ? - Non, je me sens déjà étourdie.
Je me demande où est Gérald.
Vous devez avoir faim. Je vous amène à manger.
Non, il faut que je trouve Gérald.
Je vais le chercher.
Pouvez-vous veiller à ce que Mme Harcourt mange un peu ?
Ça ne prendra qu'un instant.
Gérald.
Gérald, où vas-tu ?
Gérald, c'est une blague ?
Qu'est-ce que c'est ?
Je ne crois pas que vous soyez Gérald.
Carl !
Et un pour Marianne. Où est-elle, en passant ?
Je ne sais pas.
Peut-être est-elle au bar avec votre frère. Venez !
Où d'autre pourrait-elle être, Sabena ?
Peut-être qu'elle se repoudre le nez.
Oui, c'est ça.
Elle se poudre le nez.
Un autre verre de champagne, pendant que vous êtes ici ?
Quelle idée merveilleuse.
Amenez-moi un verre de champagne spécial pour mon ami.
Du champagne spécial ? Ça a l'air bon.
- Du champagne spécial pour vous aussi ? - Plus tard.
À nous tous.
Délicieux.
Peut-être que Marianne est dehors.
Je ne me sens pas très bien.
Peut-être que vous avez un peu trop bu.
Un peu trop ?
- Plutôt beaucoup. - Venez en haut vous allonger.
Vous vous sentirez mieux.
Un instant...
vous n'essayeriez pas de me séduire, n'est-ce pas ?
Je suis un homme marié, vous savez.
C'est votre chambre ? C'est très beau.
Après vous.
Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous présenter une nouvelle disciple.
Où est la fête ?
Marianne ?
Carl. Dieu merci.
Que voulez-vous ?
Ce que je veux ?
Comment ça, ce que je veux ? Je veux Marianne.
Je ne sais pas de quoi vous voulez parler.
- Si c'est une blague, c'est... - Ce n'est pas une blague.
Vous venez ici, vous vous soûlez, vous cuvez votre vin.
Et maintenant, vous voulez quelqu'un qui s'appelle Marianne.
Mais oui, je veux la voir. C'est ma...
Comment, quelqu'un qui s'appelle Marianne ?
Vous la connaissez.
Non, je ne la connais pas.
- Quoi ? - Vous êtes venu seul.
Et vous repartirez comme ça.
- Je suis venu seul ? - Exactement.
Et nous commençons à regretter de vous avoir invité.
- Hans, faites sortir cet homme, d'accord ? - Oui, Monsieur.
Vous m'avez vu venir avec ma femme, n'est-ce pas ?
La dame avec la robe rouge et la cape de velours.
Vous nous avez ouvert la porte !
- Vous êtes venu seul, Monsieur. - Mais...
- Qu'est-ce qui se passe ? - Hans.
Éloignez-vous d'ici, sinon nous devrons relâcher les chiens.
Marianne ?
Bruno !
Ma femme. Est-elle revenue ?
Quelle femme ?
Ma femme, vieil idiot !
Vous savez de qui je parle !
Non, Monsieur.
Alors à qui appartiennent ces vêtements ?
Qu'en avez-vous fait ?
Où avez-vous mis ses affaires ?
Mon Dieu.
Alors vous voulez que j'écrive un mandat. C'est cela ?
- Oui. - Contre Herr Dr Ravna et sa famille,
du Château Ravna ?
Oui.
La résidence la plus importante de la région ?
Je crois bien.
Savez-vous que Herr Dr Ravna est un gentleman des plus respectables ?
Quel est le rapport ?
C'est très important, jeune homme.
Vous arrivez ici en tant qu'étranger,
d'un autre pays, qui plus est.
Vous êtes ici depuis moins d'une semaine
et vous accusez l'un de nos meilleurs citoyens
d'avoir enlevé celle que vous dites être votre femme.
Elle est ma femme.
L'aubergiste dit que vous êtes venu seul. C'est écrit ici.
Et que dit sa femme ?
Elle est étrange, Monsieur. Elle refuse de dire quoi que ce soit.
Je pense qu'elle est un peu...
Écoutez, je ne suis pas venu seul.
Je suis venu avec Mme Harcourt, ma femme.
Pouvez-vous le prouver ?
Par exemple, où sont ses effets personnels ?
- Ses vêtements. - Ils ont disparu.
Ils ont disparu, Monsieur ?
Oui, disparu. Ou plutôt, ils ont été volés.
Vous voulez un mandat contre le voleur ?
Non. Je veux simplement...
Le registre.
Il n'y a rien dedans, Monsieur.
Professeur Zimmer, je vous prie de m'aider.
Ma femme. Elle a disparu.
Je sais. Ils la gardent au château.
Dieu merci.
Dieu merci, vous savez où elle est.
Êtes-vous un homme religieux ?
- Pas vraiment. - Croyez-vous en Dieu ?
- Oui. - Et au Diable ?
Pas celui avec les cornes et la queue qu'on voit en dessin.
Je veux dire, le vrai diable. Le mal fondamental.
Il existe, vous savez.
Je suppose que oui. Je n'y ai jamais pensé.
La corruption des hommes par le Diable prend bien des formes,
certaines si immondes qu'on a peine à y croire.
Mais ce n'est pas parce qu'on n'y croit pas qu'elles n'existent pas.
Savez-vous ce qu'est un vampire ?
Oui, je connais les chauves-souris vampires.
Non, pas les chauves-souris. Les vampires. Les vampires humains.
Des êtres qui vivent du sang d'autres humains.
Quand le Diable attaque un être humain avec cette exécrable maladie du vampire,
le malheureux être humain a deux choix devant lui.
Soit il peut se confier à Dieu et prier pour recevoir l'absolution,
ou alors, se persuader
que sa sale perversion est une expérience nouvelle et merveilleuse
qui doit être partagée avec certains.
Alors, il convainc d'autres humains de se joindre à son nouveau culte.
J'avais une fille.
Je n'avais qu'elle au monde.
Je l'idolâtrais.
Mais elle était très jeune.
Elle s'est enfuie de la maison.
Enfuie vers la ville.
Elle s'est liée au soi-disant cercle des beaux esprits
et elle a fini par habiter avec un certain homme.
Elle est finalement revenue.
Ce qui restait d'elle est revenu.
Son corps était envahi par la maladie.
Et elle était un vampire.
Ils ont même essayé de la suivre après sa mort.
Dieu merci, je suis arrivé à temps. Son âme repose en paix.
Le nom de l'homme qui a corrompu ma fille est Ravna.
Mon Dieu ! Et Marianne est avec lui !
- Je dois y aller ! - Non.
- Pas maintenant. - Oui, maintenant.
- Maintenant ! - Non, venez ici.
Regardez. Le soleil.
La seule chose qu'un vampire ne peut tolérer.
Votre femme est en sécurité jusqu'au crépuscule.
Et alors, je ferai ce que j'ai à faire.
Vous, mon ami, devez rester ici.
- Qu'avez-vous mis dans ce verre ? - Une drogue.
Ça vous fera dormir.
Ça vous redonnera des forces.
Vous en aurez besoin avant la fin de la nuit.
Zimmer ?
Tania.
S'il vous plaît, écoutez-moi. J'ai besoin d'aide.
Et je pense que vous pouvez m'aider. Vous êtes bien Tania ?
Et votre père est Herr Bruno, n'est-ce pas ?
Tania, ma femme est quelque part ici.
Ils l'ont prise, elle aussi.
Savez-vous où elle est ?
Oui.
Pouvez-vous m'amener à elle, Tania ?
Je sais que ça pourrait être dangereux pour vous.
Mais je promets de donner ma vie
avant de les laisser vous faire du mal à nouveau.
Je vous en prie, Tania.
S'il vous plaît. Amenez-moi à elle.
J'ai cru comprendre que mon fils vous a dit de ne pas revenir, M. Harcourt.
- Où est-elle ? - Votre charmante femme ?
Elle est ici, heureuse et en sécurité.
Qu'allez-vous faire, M. Harcourt ?
Ne pensez pas que votre code de conduite anglais soit à l'honneur ici, M. Harcourt.
Alors, au sujet de votre femme.
- Vous... - Laissez-moi le dire à votre place:
"Si vous avez touché à un seul de ses cheveux..." C'est bien ça ?
Au sujet de votre charmante jeune femme, M. Harcourt.
Je suppose que vous voulez la voir.
Sabena, sois gentille, pourrais-tu aller la réveiller pour l'amener ici ?
Je ne dirai pas qu'elle n'a aucunement changé, M. Harcourt.
Comme qui dirait, elle a évolué.
Elle a fait l'expérience de choses plus sophistiquées et exotiques.
Oh, mon Dieu.
Dieu n'a rien à y voir, M. Harcourt.
De plus, puisqu'elle a fait l'expérience de ces nouvelles choses,
je doute fort qu'elle veuille rentrer en Angleterre avec vous.
Marianne.
Marianne, ton mari est là.
Ne veux-tu pas le voir ?
Non, je ne veux voir que toi.
Vous l'avez hypnotisée. Elle est en transe.
Marianne, cesse de le regarder !
Regarde-moi, Marianne !
Au nom de Dieu, regarde-moi !
L'aimes-tu, Marianne ?
Non, c'est toi que j'aime.
Ne veux-tu plus de lui ?
Non, je ne veux que toi.
Prouve-moi que tu ne l'aimes plus.
Bravo, ma chérie.
Assieds-toi.
Tania...
je veux que tu...
inities M. Harcourt à notre société.
Comprends-tu ce que je veux dire ?
Vas-y, Tania.
Essuie-la.
Nous devons nous débarrasser du gros serviteur. Ils ne peuvent rien sans lui.
Bruno ?
Bruno, venez ici.
M'avez-vous entendu ?
Allez. De quoi avez-vous peur ?
Vous connaissez le prêtre, père Xavier ?
- Oui ou non ? - Oui.
- Amenez-lui ceci. - Maintenant ?
Maintenant.
Eh bien, qu'attendez-vous ?
Je ne peux pas.
De quoi avez-vous peur ?
- Je n'ose pas le dire. - Alors je le dirai.
- C'est Ravna, c'est ça ? - Non.
Vous avez peur de ce qu'il pourrait faire à votre fille.
Vous savez qu'elle est avec lui au château, n'est-ce pas ?
Ils me l'ont dit hier soir.
Voulez-vous qu'il lui arrive la même chose ?
Non.
Alors livrez ce message.
- Je vais y aller, ce sera plus rapide. - Non.
La lune va bientôt se lever.
Ce sera une nuit de pleine lune. Allons, nous avons du pain sur la planche.
J'ai préparé cette nuit depuis que j'ai déniché Ravna dans ce château.
Grâce à ces livres médiévaux,
j'ai reconstitué les détails d'une cérémonie.
Une cérémonie qui doit avoir lieu quand la lune est pleine
et que Capricorne est en conjonction avec Saturne, comme ce soir.
- Quelle cérémonie ? - Celle du Corpus Diabolo Levitum.
"L'évocation des forces du mal."
Une manière de forcer le mal à s'autodétruire.
Ravna et ses acolytes sont emprisonnés dans le château.
Ce soir, je les détruirai tous.
- Ne se sont-ils pas encore enfuis ? - Non.
J'ai scellé toutes les issues avec une distillation d'ail.
Aucun vampire ne pourrait les franchir.
Alors, qu'a-t-il dit ?
Qu'est-ce que le Maître a dit que nous devrions faire ?
- Vous devez rester calmes. - Rester calmes ?
- Comment rester calmes ? - Nous sommes enfermés là !
- Dis-lui que nous exigeons de le voir ! - Vous exigez ?
Oh non. Tu ne pars pas d'ici sans nous promettre de nous l'amener.
Où est-il ?
Alors ?
Nous voulons savoir la vérité.
- Pourquoi sommes-nous enfermés ici ? - Quelle est la force...
Sommes-nous en danger ?
Oui, vous l'êtes. Ils veulent nous détruire.
Vous devez nous sauver !
Vous devez me faire confiance.
Alors dites-nous ce que vous allez faire.
Ils sont venus cette nuit pour enlever la fille,
parce qu'ils ne voulaient pas risquer sa vie
en essayant de nous détruire.
Elle était notre protection.
Elle doit revenir nous protéger à nouveau.
Je commence en dessinant un simple cercle,
dans lequel j'inscrirai le Pentacle de Salomon.
Comme ça.
Je laisse un espace ici pour pouvoir entrer plus tard.
Et maintenant...
Cela nous protégera pendant la cérémonie.
L'épée, la bague, le liquide et la corne.
La bague, l'épée, le liquide
et la corne.
Tournez.
La première incantation.
"Je vous prie,
"sans que mal soit fait à ma personne ou à mon compagnon,
"au nom de votre maître et du mien,
"par les quatre mots
"que le grand dieu Agla a dits de sa propre bouche,
"par les neuf paradis où vous demeurez,
"par la force du soleil et de la lune,
"et par la force du feu et de l'eau."
Elle est partie.
Vite, venez avec moi.
La fille revient.
Corpus diabolo levitum.
Je vous conjure,
au nom du grand dieu Alpha,
au nom du puissant Belzébuth,
apparaissez !
Ça a fonctionné.
Regardez.
Gérald.
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