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Original subtitles

Il ne s'agit que d'altérations

de l'amour.

Des sortes de névroses...

C'est ainsi que le Saint-Père les définit.

On se connaît ?

Vous êtes...

Sofia Dubois.

La femme de Tomas Altbruck. Tout le monde vous connaît.

Et moi,

je suis Léopold Essence,

et personne ne me connaît.

De quoi parliez-vous ?

Cherchez l'amour,

voilà ce que je disais.

Et vous trouverez

l'échec.

Pardon,

mais qui êtes-vous ?

Je suis le deuxième homme le plus intelligent du monde.

Et puisqu'on en parle,

est-il possible d'appeler

Tomas Altbruck

"un homme" ?

Cherchez l'amour,

Sofia.

Qui préfériez-vous ? Pie XIII ou François II ?

J'ai mieux connu Pie XIII.

Donc, c'est lui que vous préfériez. Pourquoi ?

Il avait foi en moi.

Moi aussi, j'ai foi en vous.

Reste à savoir si vous aurez foi en moi.

Je donnerai ce que je te dois à Fabiano.

Donnez-le-moi.

Fabiano n'existe plus.

Ni pour moi ni pour vous.

Et c'est moi qui fixerai le montant.

15 000 par visite.

Comme il se doit.

Avant ton arrivée,

Attanasio criait toutes les nuits.

Pendant 20 ans, personne n'a dormi dans cette maison.

Maintenant, il dort comme un bébé.

Grâce à toi.

Et toi, Ester ?

Comment vas-tu ?

Es-tu calme, commeAttanasio ?

Ou agitée, comme la mer ?

Agitée.

C'est parce que

tu vois le danger.

Quel danger ?

Le plaisir.

Un plaisir que tu n'avais jamais connu

avant,

que tu n'attendais pas,

et dont tu ignorais jusqu'à l'existence.

Un plaisir inattendu t'inonde.

Une sensation

que tu n'avais pas anticipée.

Je sais de quoi je parle, Ester.

Je le sais.

Une mère est prête...

à tout afin de...

J'ai quelque chose à te demander,

mais je ne trouve pas les mots.

Attanasio n'est pas le seul.

Je ne comprends pas.

Attanasio

n'est pas le seul,

et je ne suis pas la seule mère à souffrir.

Nous sommes nombreux, Ester.

De nombreux parents riches et malheureux

dont les enfants doivent vivre cachés,

car la nature s'est retournée contre eux.

Ils t'attendent tous, Ester.

Tu as un don.

Et tu commences enfin à l'admettre.

Quel don ?

Celui de la chaleur humaine.

Tu es une sainte.

Je suis une pute.

Sais-tu quelle est la différence

entre une pute et une sainte ?

Il n'y en a aucune.

Pardonnez-moi, Votre Eminence, il est tard.

Je vous dérange ?

Qu'avez-vous découvert

à propos de Spalletta, Guicciardini et votre mari ?

Tous trois fréquentent la même jeune fille mineure.

En même temps.

Je vois.

Cela ne semble pas vous perturber.

J'étais déjà au courant pour Spalletta.

Guicciardini et votre mari étant des laïcs,

ils ne m'intéressent pas particulièrement.

C'est tout ce que vous trouvez à dire ?

129 respirations, puis un soupir.

Ils continuent à le diffuser ?

Ce n'est pas la seule nouvelle.

J'en ai une autre.

A propos d'un certain trio

qui agit de manière éminemment opaque.

Sur le plan financier, d'abord.

J'ai eu vent de diverses opérations crapuleuses

menées par notre propre organisation financière.

Mais également sur le plan privé.

Sur le plan moral, plus précisément.

Voulez-vous

que je développe ?

Je déteste tout autant la politique que les commérages.

Mais dans notre petit Etat,

il semble que même le pape ne puisse échapper

à ces sujets d'une vulgarité sans pareille.

Je suis ravi d'être là pour vous aider.

Ca tombe bien, Votre Eminence,

car il n'y a que vous qui puissiez m'aider,

puisque c'est de vous qu'il s'agit.

Nous devons tout repenser.

Certains comportements, s'ils étaient divulgués,

me mettraient dans l'embarras.

Les gens diraient que Jean-Paul III ne fait rien.

Permettez-moi de vous expliquer, Très Saint-Père.

Altbruck et moi rendons Guicciardini heureux.

En échange, il a dissuadé le Premier ministre

de prendre des mesures qui nous seraient fatales.

L'abrogation du huit pour mille

n'était pas leur unique projet.

Ils envisageaient également

de taxer les propriétés foncières de l'Eglise.

Avec effet rétroactif.

Je me permets de vous rappeler que nous n'avons jamais payé d'impôt

sur nos propriétés.

Avez-vous la moindre idée

de ce que cela signifierait pour les finances de l'Eglise ?

Ce serait une catastrophe.

Et l'Eglise souhaite l'éviter.

Et, évidemment,

ceux que cela concerne directement partagent ce souhait.

Seules

deux personnes sont en mesure de divulguer

l'accord que nous avons passé, Guicciardini, Altbruck et moi.

Vous.

Mais vous et moi,

nous sommes...

déjà assurés de notre affection mutuelle

et avons exclu tout recours au chantage.

Reste le secrétaire d'Etat qui, lui,

s'autorise depuis toujours l'autonomie la plus totale,

même vis-à-vis du pape.

Et qui poursuit des objectifs mystérieux

que nul ne connaît, sauf lui.

Donc, en ce qui concerne le secrétaire d'Etat,

la situation est bien plus explosive.

Et vous,

Votre Sainteté,

vous êtes le seul à pouvoir la désamorcer.

TomasAltbruck et Spalletta blanchissent de l'argent.

Ils paient Guicciardini en passant par des entreprises offshore

et en siphonnant les fonds de notre organisation financière.

Je ne porte aucun jugement de valeur sur ces opérations.

Ils ont vu une opportunité qu'ils ont saisie.

Mais un jour ou l'autre,

un journaliste ambitieux fourrera son nez

dans nos affaires

et découvrira le pot aux roses.

Vous serez éclaboussé

par le scandale qui s'ensuivra.

Les scandales m'indiffèrent, de même que les réputations.

Ce sont des préoccupations de la petite bourgeoisie,

classe à laquelle je n'appartiens pas.

On m'a enseigné

qu'une posture convenable, parfaitement lissée,

relevait du mystique.

Comme vous voudrez, Votre Sainteté.

Vous savez,

Votre Eminence,

et je dis cela dans votre intérêt...

Peut-être

qu'il est temps de vous mettre en retrait.

Je ne comprends pas. Où voulez-vous en venir ?

Je vous en prie, ne m'obligez pas à le dire clairement.

Vous avez parfaitement compris où je voulais en venir.

Personne n'a occupé ce poste aussi longtemps que moi

dans l'histoire de l'Eglise.

Il doit bien y avoir une raison.

Il y en a sûrement des centaines.

Et puisque vous détenez le record

de longévité au service de la papauté,

vous pourriez réunir le réseau que vous avez construit avec soin

pendant ces dernières décennies,

ainsi que les trésors de savoir et d'expérience que vous avez acquis

et les offrir à la nouvelle génération,

représentée par un nouveau secrétaire d'Etat.

Pourquoi pas quelqu'un comme le cardinal Assente ?

Est-ce une demande ou un ordre ?

Je n'aime pas choisir

et je n'aime pas donner des ordres.

Moi, si.

J'adore donner des ordres.

C'est toute ma vie.

Vous pouvez planifier l'interview.

Je suis prêt.

Je venais justement vous voir.

- Ca va ? - Je suis nerveuse.

Essence a mis un cafard dans ma voiture.

Vous pensez qu'il veut m'intimider, Votre Eminence ?

Sa méthode manque de raffinement, mais oui,

ils veulent s'assurer que vous ne direz rien.

Que dois-je faire ?

Ne dites rien.

Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous n'êtes pas vous-même.

Vous semblez éteint.

Naples a perdu.

Vous avez demandé à me voir ?

Oui, c'est assez urgent.

Vous allez être muté.

Départ immédiat.

Je vais être promu ?

Mieux que ça.

Je vous nomme missionnaire.

Où m'envoyez-vous ?

A Kaboul.

Il n'y a pas de catholiques à Kaboul.

Précisément.

Quel est le rôle d'un missionnaire ? Initier.

Pourquoi faites-vous ça ?

Parce que, à Kaboul, il n'y a pas de prêtres pédophiles

dont il faut étouffer les péchés.

Adieu, Hernandez.

Il faut qu'on parle.

De manière impérieuse et au mépris de vos exigences,

j'ai pris des décisions vous concernant.

Soeur Mélanie,

vous recevrez une aide psychologique

deux fois par semaine, gratuitement.

C'est inadmissible.

Soeur Mélanie

est cleptomane.

Soeur Ivanka, quant à elle,

sera mutée auprès de soeur Suree.

- Elle travaillera auprès du pape. - Pourquoi ?

Car elle subit des maltraitances et du harcèlement sexuel

de la part de trois soeurs dont je tairai le nom.

La discrétion, que les siècles s'en souviennent,

a toujours été une des plus grandes qualités

d'un bon secrétaire d'Etat.

Ma mère,

vous n'avez jamais remarqué la souffrance de soeur Ivanka,

mais je ne vous en fais pas le reproche.

C'est parce que vous êtes préoccupée par une grosseur sous votre sein.

Vous ne pensez qu'à ça,

mais vous n'avez pas le courage de vous y confronter.

J'ai donc décidé

de vous forcer la main.

Vous avez rendez-vous

à l'hôpital Gemelli, mardi matin à 9h,

avec le docteur Vilar.

C'est un des meilleurs oncologues de Rome.

Comment allez-vous ?

Bien.

Mais j'ai peur.

Il n'y a pas de quoi. Je ne vous ai pas oubliée.

J'ai fait croire

que vous m'aviez demandé la permission de recueillir

des orphelins au sein du couvent.

Je vous l'ai accordée.

Le bébé de Caterina sera le premier orphelin

que vous recueillerez.

De temps en temps, en faisant très attention,

Faisal pourra rendre visite au bébé dans la cabane du jardinier.

Pas ici, ce serait trop dangereux.

Comment savez-vous toutes ces choses ?

Car personne n'a occupé ce poste aussi longtemps que moi

dans l'histoire de l'Eglise,

et que j'ai passé ma vie à m'informer.

A votre tour, soeur Lisette.

J'ai quelque chose à vous dire, d'abord.

Votre Eminence.

Le wifi est lent, car vous l'avez délibérément ralenti.

De peur que notre combat soit repris.

Je le savais,

vous faites une adversaire redoutable.

Et où en est notre demande de rendez-vous avec le Saint-Père ?

Au point mort.

Car à partir d'aujourd'hui,

je ne suis plus secrétaire d'Etat.

Après être parti d'ici, je présenterai ma démission.

Et elle sera acceptée.

Il vous faudra faire une nouvelle demande

auprès du nouveau secrétaire d'Etat, le cardinal Assente.

Que nous conseillez-vous de faire,

Votre Eminence ?

Poursuivez votre combat.

Vous avez mille bonnes raisons

de le faire.

Merci,

Votre Eminence.

Vous savez le pire,

avec ces batailles interminables pour les droits ?

Elles ne laissent pas de place à la poésie.

Comment allez-vous l'appeler ?

On ne sait pas encore.

Pourriez-vous l'appeler Angelo ?

Comme moi ?

Et si c'est une fille ?

Angelo aussi.

C'est un prénom mixte.

Don Mimmo,

si ça ne vous ennuie pas, peut-on rester un peu avec vous ?

J'aime les fleurs autant que vous.

Et aujourd'hui, Don Mi',

je vous ai apporté la plus belle de toutes.

A jeudi ?

Non, Ester.

Notre partenariat s'achève aujourd'hui.

Comment ?

Pourquoi ?

Attanasio et les autres ont décidé qu'ils en avaient assez.

Eux aussi, la routine les ennuie.

Attanasio n'en a pas assez de moi.

Tu n'es plus une enfant, Ester.

Nous avons trouvé des Africaines

qui nous coûteront bien moins cher.

Et qui sont bien plus jeunes que toi.

De toute façon, tu dois réfléchir à ton avenir.

Tu étais pauvre,

nous t'avons rendue riche.

Maintenant, tu as une belle maison

et une baby-sitter.

Trouve-toi un mari normal.

Un métier normal.

Qu'imaginais-tu ?

Que cette situation durerait toujours ?

Ce n'est pas de ça qu'il s'agit.

De quoi s'agit-il, alors ?

Il s'agit...

du fait que j'ai besoin d'Attanasio.

C'est exactement pour ça que ça ne peut pas fonctionner.

Comment ça ?

Le sexe, oui,

l'amour, non ?

Précisément.

Je ne comprends pas.

Ne sois pas stupide, Ester.

Le sexe n'a aucune valeur.

Il vit et meurt dans le présent.

Mais pas l'amour.

L'amour est dangereux,

car il est tourné vers l'avenir.

Quelle sorte d'avenir envisages-tu, pour toi etAttanasio ?

Tous les jeudis, quand je viens ici, c'est notre avenir.

Je ne vous demanderai pas un centime.

Si c'est ça, le problème.

C'est terminé.

Attanasio ne partage pas ton amour.

Je vois.

Il n'y a que vous qui puissiez l'aimer.

C'est tout à fait ça, Ester.

Il n'y a que moi qui puisse aimerAttanasio.

Dans tous les sens du terme.

Très Saint-Père,

je vous en supplie,

par pitié,

arrêtez-moi.

Désirez-vous votre boîte, Monsieur ?

Je pense pouvoir m'en passer.

Merci, Danny.

Vont-ils me regarder à la télé ?

Mes parents.

Oui.

J'en suis sûr.

Vous tremblez.

Moi aussi.

Très Saint-Père, merci.

Les mots ne suffisent pas pour exprimer ma gratitude.

Vous interviewer devant le monde entier

est pour nous un honneur incommensurable.

C'est une grande première, un souverain pontife

qui accepte d'aborder tous les sujets, en direct.

Et si nous commencions ?

Nous avons appris à connaître Jean-Paul III.

Mais nous voudrions aussi faire connaissance

avec sir John Brannox.

Très Saint-Père, qui est John Brannox, exactement ?

Un prêtre qui a eu... ou plutôt qui a

la chance

d'être davantage aimé par Dieu que par lui-même.

Où avez-vous grandi ?

J'ai passé presque toute ma vie dans le domaine familial,

dans la banlieue de Londres.

J'ai vécu avec mon père, ma mère

et, fut un temps, mon frère jumeau, Adam,

ainsi qu'environ un millier de daims.

Votre frère Adam.

Votre jeunesse, Très Saint-Père, a été marquée

par une tragédie.

Un jour, alors que vous skiiez ensemble,

votre frère a brusquement fait un malaise

et est décédé.

Vous étiez très proches, paraît-il.

En quoi

votre vie a-t-elle changé suite à ce drame ?

Ma douleur,

comme toute grande souffrance,

est indicible.

Le dictionnaire

ne renferme pas

les mots adéquats.

Ma vie a changé, mais surtout,

ma foi a changé.

Avant la mort d'Adam,

la vie était un long fleuve tranquille

que je tenais pour acquis.

Quelque chose de pur, presque ritualiste.

Mais presque immédiatement après le décès d'Adam,

une religiosité secrète et brûlante

m'a saisi.

Quelque chose de rocailleux et de caché.

Je me suis retiré du monde.

Mais cette retraite...

a fait naître

comme une vie secrète dans mon coeur.

Ce que le cardinal Newman aurait pu appeler

"les actes secrets du coeur".

Et lorsque le Saint-Esprit m'a inspiré

et que ma vie a changé à nouveau,

quand j'ai été nommé pape et évêque de Rome,

j'ai compris

qu'il était temps que je partage

avec tous les catholiques du monde

ma dévotion secrète.

Une dévotion active.

Une...

dévotion active.

En quoi consiste-t-elle ?

Et quelles sont vos priorités ?

Vous dites ?

En quoi consiste-t-elle ?

Et quelles sont

vos priorités ?

Ma priorité est le mal.

Le mal

qu'il faut regarder

en face.

Sans hypocrisie.

Sans distinction.

Sans échelles de valeurs.

Le mal est le mal.

Dans ce cas, si vous êtes d'accord,

j'aimerais que nous discutions, les uns après les autres,

de tous les aspects du mal

qui assaillent l'Eglise.

Nul doute

que vous serez heureux de partager votre plan d'action.

L'un des sujets les plus urgents à traiter

est la vague

de scandales d'abus sexuels

qui éclaboussent tous les échelons...

Il faut arrêter l'interview.

Vous êtes fou ? C'est en direct dans le monde entier.

...pour y mettre fin ?

Croyez-moi, il n'y arrivera pas.

Mais si. Il est simplement nerveux.

Le Saint-Père n'a pas son pareil pour tenir la scène.

Vous ne comprenez vraiment pas ?

Quoi ?

Qu'il est en manque, bon Dieu !

Veuillez m'excuser.

Pardonnez-moi, Seigneur,

d'avoir été aimée.

Et d'avoir aimé.

Pardonnez-moi, Seigneur,

car j'y ai pris du plaisir.

Adaptation : Joanna Levy

Sous-titrage TITRAFILM

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