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- Mme Millaud ?
Mme Millaud ?
- Je pourrais venir Ă un autre horaire la prochaine fois ?
Ça va pas le matin à cause du Valium du soir.
- On verra ça après la séance.
- Dr Zimman l'avait compris, on se voyait après le déjeuner.
- J'ai entendu.
- C'est pas de veine,
Zimman qui fait un AVC, lĂ , juste maintenant.
Comment ça se passe dans ces cas-là ?
Faut tout reprendre depuis le début ? Je vais me répéter…
- On ne se répète pas forcément.
On exprime les choses différemment, sous un autre angle.
Vraiment, ça peut être très profitable, ce changement.
On dirait que vous avez envie de m'interroger sur ma fonction.
Non ?
Sur ma pratique.
- Vous êtes Catherine Bormans, diplômée en médecine,
vous avez un DESC en psychiatrie et êtes psychothérapeute.
Vous effectuez depuis plus de 20 ans des vacations
et venez d'intégrer la clinique Val Dracy
pour remplacer le Dr Zimman.
VoilĂ , c'est tout ce que j'ai pu trouver sur Google.
Cela dit, je vous imaginais pas comme ça.
Plus jeune.
- Vous avez l'essentiel.
- Je commence par quoi ?
- Par quoi vous vous voulez commencer ?
- Euh…
Ludo.
Le mieux, c'est que je vous parle de…
De Ludo.
Un nouveau chantier ?
- Projet de bar en front de mer.
- Pas mal, ces photos.
- Ouais, c'est Alex.
- Alex euh…
- Un pote que j'héberge. Il est photographe.
- Je croyais que t'aimais pas avoir de la visite.
- Mais lui, on se connaît depuis… On jouait au rugby ensemble.
Il vient de se faire larguer.
- Je t'aime bien sur cette photo.
- Ah ouais ?
Allez, je suis à la bourre. J'ai commandé un Uber.
- Tu repars déjà ?
- Oui, le patron du bar veut me voir.
- T'avais promis qu'on passerait le weekend ensemble.
Hein ?
- Tu boudes ?
Tu crois pas que t'as passé l'âge ?
HĂ©.
Tu boudais pas tout Ă l'heure.
- Je comprends pas pourquoi tu fais ça.
- Je fais quoi ?
- Pourquoi tu m'appelles
si t'as aucun plaisir Ă passer du temps avec moi.
- Ah j'adore, moi, prendre du plaisir avec toi.
Quoi ?
Qu'est-ce que t'imaginais ? Que tallais me présenter tes fils ?
Je pourrais être leur frère.
Si tu préfères qu'on se voie plus… - Non.
C'est pas ça que je voulais dire.
- Parce que tu me dis, hein.
Vous pouvez me déposer là , s'il vous plaît ?
- Bon…
- Allez, on s'appelle ?
- Que devient
Laclos après la publication scandaleuse des Liaisons dangereuses ?
Car cet homme de lettres est d'abord un homme d'action,
un militaire, un ingénieur, et finalement un homme de conviction.
La Révolution française,
est pour lui une occasion formidable de faire l'histoire.
Soutien du Duc d'Orléans, il est précipitamment arrêté à …
Il est arrêté en…. En…
il est arrêté en…
- En 1793 ?
- En 1793, merci.
Et emprisonné à La Force, puis à Picpus.
Pouvez-vous imaginer qui s'y retrouvera enfermé un an plus tard ?
- AllĂ´ ?
- Bonjour, c'est… C'est qui ?
- C'est euh… Le mec de Ludo. Et toi ?
- Vous… Tu peux me le passer, s'il te plaît ?
“-Euh non, il peut pas, il ouvre des huîtres.
- C'est Claire.
- Claire. C'est qui, Claire ?
Ludo, ça te dit quelque chose Claire ?
- Je connais pas de Claire.
- Pardon ? - Je pense que c'est une erreur.
- Euh… Non… Est-ce que tu peux me le passer, s'il te plaît ?
“-Je vous explique. Je suis Alex, l'assistant de Ludo…
- Non… - Il reviendra vers vous…
- Ça va, merci. Est-ce que je peux parler à Ludo ?
- Il est pas lĂ !
- Je viens de l'entendre !
- Bah… !litres vient de partir.
- Écoutez, c'est pas drôle… - Oh là là !
- Vous êtes sur les réseaux sociaux, docteur ?
Pour les gens comme moi,
c'est à la fois le…
Le naufrage et le radeau.
On surnage dans le virtuel.
Tantôt on est l'araignée, tantôt on est le…
moucheron.
Euh…
Clara Antunès.
Née le…
24, 25.….
Euh…
C'est pas du tout Alex
que je visais au départ.
Je le connaissais pas, il m'intéressait pas.
Je l'ai demandé en ami sur Facebook
uniquement pour atteindre Ludo.
Litres m'a pas fallu attendre très longtemps.
C'était comment ?
- Ça va.
- Mais vous avez fait quelque chose de…
de spécial ?
- Ouais, un bowling.
- Ah ?
Ah bah c'est bien ça, hein ?
- Ouais.
- Et elle, euh… Elle était là ?
Oh !
Vous savez ça me fait plus rien.
- Oui… Bien sûr.
- Bah oui.
- Pourquoi tu demandes ? Ils étaient collés comme des siamois.
- C'est vrai qu'ils sont chiants.
- Alors, qui a gagné ?
- Euh…
Elle, la première et papa la deuxième manche, je crois.
- Mmm…
Pas toi ?
- Bah… - Dernier, comme un crevard.
- Ferme ta gueule, toi.
- On peut parler français, hein, ça mange pas de pain.
Max, pas Ă table.
-"Enfin, n'enviez rien
"de notre âge de douleur où le cœur tour à tour est esclave et rebelle,
"oĂą le rire est souvent plus triste que vos pleurs.
"Oh ! Ne vous hâtez point de mûrir vos pensées !
"Jouissez du matin, jouissez du printemps,
"vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées,"
"ne les effeuillez pas plus vite que le temps."
Ça m'inspire rien. Désolé, mais c'est un truc de vieux.
- Bah…
T'as compris la thématique, c'est déjà ça.
- Je fais quoi comme plan, du coup ?
- C'est pas Moi qui passe
mon bac à la fin de l'année.
Les…
Quelles sont les figures de style ?
Les rimes, elles sont comment ?
Hein ?
- C'est sympa.
- Je veux bien t'aider, mais il faut y mettre un peu du tien.
- D'accord !
- Bah te vexe pas, enfin !
Ce sont des rimes croisées, A-B-A-B.
Et les figures de style, y en a trois.
La métaphore, ça te dit quelque chose ?
Cette petite lumière verte…
Qui indique que l'autre est en ligne, qu'il est lĂ , tout comme vous.
Devant son écran…
- Qu'est-ce que vous ressentiez quand cette lumière s'allumait ?
- Bah du réconfort.
Une bouffée de Ventoline, je respirais mieux.
Suis…
très moche…
et très vieille.
De l'excitation.
Le fait qu'il regarde ce que vous faites,
les photos commentées,
les musiques que vous écoutez…
C'est fou, quand on y pense, tout ce qu'il peut savoir sur vous…
Insta ?
Insta…
Réseau social,
un service de partage de photos et de vidéos.
Suis pas du genre
Ă faire comme tout le monde.
- Parce que tu refuses de te mettre Ă Internet.
Tu peux prendre tes billets Ă l'avance. Sois moderne.
- MĂŞme en les prenant Ă l'avance,
tu fais la queue aussi. - Mais c'est plus rapide.
- En France, on est Ă la ramasse.
- Ça va, t'as des soucis ?
- Non. Oui, enfin bon…
Un mec un peu… un peu lourd.
- Vas-y, raconte. C'est qui ?
- Rien ! C'est un jeune qui s'emballe.
- Un élève ? - Ça l'excite de jouer avec le feu. Non !
Peut-être…
- Tu vas pas jouer les cougars ?
- Mais je joue pas.
C'est très sérieux.
- On dit cougar, mais c'est quoi le mot pour un homme ?
- On dit un homme, non ?
- Les mecs avec des femmes plus jeunes, ça a toujours existé,
on en fait pas un fromage. - C'est pas pareil.
- Si. - C'est pas le mĂŞme registre.
- L'avocat du diable.
- Ah ?
Si l'on devait retenir au XXe siècle
une figure de femme écrivain indépendante,
il faut s'arrêter sur la personnalité de Marguerite Duras.
"Très vite", écrit-elle,
"dans ma vie il a été trop tard.
"À 18 ans, il était déjà trop tard.
"Entre 18 et 25 ans,
"mon visage est parti dans une direction imprévue.
"Je sais pas si c'est tout le monde, je n'ai jamais demandé, mais…
"il me semble qu'on m'a parlé de cette poussée du temps
"qui vous frappe quelques fois"
"alors qu'on traverse les âges les plus jeunes,"
"les plus célébrés de la vie."
Chaque mot était choisi avec soin.
Une toute petite erreur de ma part, une…
une seule faute de langage et…
La magie risquait de disparaître.
Je pouvais pas lui refuser cette photo.
- Pourquoi ?
- J'imagine qu'il se serait douté de quelque chose.
Je pouvais plus reculer.
Ça m'excitait, je crois.
C'est là que…
la spirale a commencé.
- Une spirale ?
- J'allais donner un vrai visage à Clara Antunès.
- AllĂ´ ?
- C'est Clara.
- Tu m'appelles en numéro masqué ?
- Je vérifie que t'es pas…
un psychopathe.
- Je comprends, OK...
“Et… Ça va, j'ai pas la voix de Dexter ?
- Non.
- Ta voix à toi, elle est…
C'est bizarre, elle est différente de ce que j'imaginais.
- Bah je…
Je suis désolée.
- Non, non, sois pas désolée, t'es…
“T'as une très jolie voix.
Personnellement, je trouve que ma voix à moi.…
est très irritante, mais…
- Je trouve pas.
- C'est gentil.
Ouais, t'as une voix…
Très jeune.
T'as quel âge exactement ?
T'es majeure, j'espère ?
T'as 24 ans, c'est ça ?
- Presque…
Presque 25 maintenant.
- Tu fais plus jeune.
- On me le dit souvent.
Euh…
J'ai posté une photo.
Elle te plaît pas ?
- Si. J'adore.
- Je te plais, alors ?
- Ouais, vite fait.
T'as lu mon commentaire ?
- Merci.
- Bon.
J'ai le droit d'avoir ton numéro de téléphone, maintenant ?
Waouh ! D'accord.
Donc non seulement l'es cachée, mais…
T'es muette ?
Clara ?
- Qui était sur cette photo ?
- Aucune idée, je l'ai choisie au hasard.
- Ça vous faisait rien de savoir qu'Alex,
quand il pensait à vous, avait dans la tête…
Bah une…
une autre femme ?
- Non, pas vraiment, non.
Il disait qu'il aimait ma voix,
mes paroles, ma façon de penser. Ça, c'était bien moi.
Si j'avais…
Si j'avais dit la vérité et mis ma vraie photo sur Facebook,
Alex m'aurait pas acceptée comme amie.
Il aurait pas eu envie de lier intimement connaissance avec une femme comme moi.
- Ah ?
"Une femme comme moi" ?
- Oui, une femme…
aux paupières un peu lourdes et au teint qui se fane.
- C'est important pour vous qu'on vous trouve belle, jeune ?
Non ?
- C'est un plaisir auquel j'ai jamais voulu renoncer.
J'aime qu'on me regarde, qu'on me trouve jolie. Pas vous ?
- Et pourtant, c'est Ă cet homme-lĂ que vous envoyez
la photo d'une autre.
- Oui, c'est vrai, j'ai fait tout le contraire.
Comme si…
Je m'étais pas donné la chance d'exister à ses yeux.
Baudelaire, dans son analyse,
voit en la marquise de Merteuil un Tartuffe au féminin,
ayant toujours un coup d'avance, supérieure à Valmont.
Ce qui l'intéresse le plus,
c'est pas tant sa supériorité sur Valmont,
mais sa révolte de femme,
sa révolte contre une société hypocrite.
Ouvrez vos livres et prenez la lettre 81.
Quand j'étais avec lui, je…
Je me sentais vivante.
Très tôt, Mme de Merteuil a résolu de se créer un moi unique.
Je me suis jamais sentie aussi vivante.
Je faisais pas semblant d'avoir 24 ans.
J'avais 24 ans.
- T'as connu beaucoup de mecs ?
- Euh… Sur Facebook ?
- Non, je veux dire…
Des mecs qui ont compté pour toi.
- Un seul homme a vraiment compté pour moi.
“-T'as même pas 25 ans, t'as le temps encore.
Tu penses encore Ă lui ?
- Euh… J'aimerais…
me rappeler juste des moments heureux mais…
C'est difficile, hein.
- Vous parliez de quoi ?
- De….
De spectacle, d'art,
de…
de livres.
- Waouh, d'accord, tu sortais avec un intello, en fait.
- Ouais !
- H ! était plus âgé que toi ? - Un peu.
Tu dois te faire chier avec un mec comme moi.
- Est-ce que j'ai l'air de m'ennuyer ?
- Pas vraiment.
- Il y a longtemps que…
Que je me suis pas sentie aussi bien avec quelqu'un.
- OK, tu m'as calmé, là .
Clara ? - Oui ?
Oui ?
“-Je crois qu'il nous arrive quelque chose, là .
- Ça arrive pas comme ça en…
en un jour.
- Parfois, si…
La preuve.
- Salut, ça va ? - Salut. Oui.
Ça te va bien, cette coupe. - Merci.
- T'as l'air en forme.
Toi aussi.
- Ouais. Je m'entretiens.
10, 11, Caluire. 12, Lausanne. 14, Genève.
- Gilles, stop. Ta tournée, je m'en fous.
- Je t'explique. Je rattraperai ces semaines plus tard.
- Hors de question de changer le calendrier.
Si t'as un problème, gère ça avec ta meuf.
Elle bosse pas, elle a que ça à foutre.
- Ma "meuf" ? Et t'es prof de français.
Tu les voulais pas seuls avec elle. - J'ai changé d'avis.
C'est tellement bon d'être égoïste.
Il m'a fallu plus de 20 ans avec toi pour…
m'en rendre compte.
Pourquoi ? Je sais pas.
- Toi, t'as rencontré quelqu'un.
- T'aimerais savoir ! - Je voudrais savoir comment tu vas.
- Ouais, j'ai rencontré quelqu'un si tu veux savoir.
Il est beau, il est…
Il est tendre.
Et avec lui, tout est…
Tout est récréation.
- Félicitations.
- Je crois que je me libère de toi.
Un véritable kif !
...
"Dogs" (HVOB)
- Alors cette soirée ?
- Oh...
C'était tout pourri…
- Pourquoi ?
- Ouais… Moyenne d'âge 55 ans, franchement…
- Tu déconnes ? - La galère !
Tu m'étonnes. - Oh oui.
T'as dĂ» te faire brancher.
- Ha ha, peut-ĂŞtre.
- Bon, et t'es rentrée ?
- Ouais. Déjà au lit même.
- Qu'est-ce que tu portes ?
- Euh…
Un sweat échancré…
Un shorty.
- Et t'es nue sous ton sweat ?
- Ouais.
- Enlève-le.
“Je pose ma main sur ton ventre, tu la sens ?
- Oui, je la sens.
- Je remonte fout doucement.….
Sur ton sein.
- Oui…
- Ils sont tellement jolis, tes seins.
Tout ronds…
Bien fermes…
J'ai envie de les embrasser. - Embrasse-les.
- J'embrasse le bout de tes seins.
Tu sens que je suce chacun de tes tétons ?
Tu sais ce que tu me ferais plaisir pendant que je te bouffe les seins ?
- Hou…
- C'est que tu glisses une main dans ton short.
- Oh oui…
J'ai envie, moi aussi.
- T'en as envie aussi ? - Oui.
- Dis-le-moi.
- J'ai envie de…
de me glisser un doigt dans ma culotte.
- Vas-y.
- Oh oui !
- Comment c'est ?
- Oh, c'est chaud.
- C'est humide ?
- C'est tout chaud et très humide.
Tu sens ta chatte, lĂ ?
- Oh oui…
- Vas-y.. Comme ça.
- Oh...
“-J'aime tellement quand tu te donnes du plaisir. Continue.
“Je veux t'entendre gémir.
Tu me fais bander.
“Je te pénètre.
Vas-y.
Oh. - Oh.
- Vas-y.
- C'est bon.
Oh, c'est très…
Oh.…
Alex…
Oh.…
Oh mon amour.
Oh Alex…
Oh.…
Mon amour…
Ça me manque de plus faire l'amour.
Pas seulement…
Mais d'embrasser, de caresser…
De toucher.
Ou plutôt d'être touchée.
L'amour, c'est quoi sans le désir ?
Vous pourriez me parler de vous pour une fois.
Moi, je vous parle de tout et vous…
vous ne dites rien.
- Je ne suis que le dépositaire provisoire
d'un message qui ne m'est pas réellement destiné.
- Vous êtes donc complètement inflexible ?
- Non, je suis médecin. Votre médecin.
Pas votre amie.
- Vous n'avez jamais couché avec un patient ?
Ça arrive souvent que…
Qu'on ait du désir pour son thérapeute, non ?
- Oui, on dit que…
ça fait parfois partie du…
du processus.
- Du processus…
- De guérison.
- Oui, pour le patient, mais pour le médecin ?
- On apprend quelque chose de soi-mĂŞme
avec tous nos patients.
C'est parfois des bénéfices…
théoriques, et puis parfois c'est…
Ce sont des bénéfices personnels.
- Ça vous a excité ?
Ça vous excite cette scène dans la voiture avec Alex au téléphone ?
- Y a des limites, Claire,
qui sont définies par la déontologie de ma profession.
- Ça nous empêche de nous voir ?
- La semaine prochaine, je dois m'occuper de ma petite nièce.
- Tu m'avais promis. - J'aurais pas le temps.
Je suis désolée, je…
Clara… (-J'arrive.)
- J'ai besoin de te voir.
- Ma vie est pas simple, faut que tu comprennes.
- Je te jure que j'essaie mais…
Au moins,
dis-moi que t'en as envie aussi.
- Mais quoi ?
- Tu crois qu'elle se souvient de nous ?
- Je t'adore. Alex, je t'adore.
Je me sens tellement bien avec toi.
Moi aussi, j'ai besoin de te voir, de te sentir…
Que plus rien d'autre n'existe. Bon, je suis en voiture,
je te rappelle, d'accord ?
- Ouais, ouais.
- C'était votre père ! Voilà !
...Allez, les bleus !
- Allez, les rouges ! - Allez !
- Allez !
Y a faute, lĂ !
Y a faute !
HĂ© !
C'est quoi cet arbitre de merde, achète des lunettes !
- Assieds-toi.
- Il me regarde avec des yeux noirs. C'est vrai !
Vous avez des enfants, docteur ?
Je suppose un mari brillant.
Ou pas !
Ça doit être frustrant, à la longue, de jamais donner son opinion.
- Et pourtant, si vous saviez ce qui me passe par la tĂŞte, parfois.
Vous tomberiez de votre chaise !
Vous me parlez des enfants.
- Oui, mes fils.
Mes fils.
Quand ils étaient chez leur père,
ça devenait plus difficile.
- Pourquoi difficile ?
- Je me laissais aller.
- Jusqu'Ă ?
- Jusqu'à …
me sentir plus Clara que Claire.
Toi, tu crois que je suis comme toutes les autres filles.
- Clara.
- Mais tu me connais pas.
- Je sais que t'es unique.
- Ouais…
On peut pas brûler les étapes.
MĂŞme si c'est difficile pour nous deux.
- Ça va me rendre fou.
- OK, alors un petit cadeau pour monsieur l'impatient.
- Vous m'avez pas dit
d'oĂą provenait cette photo.
Et cette vidéo.
- Si, je vous l'ai dit, relisez vos notes.
Je l'ai trouvée au hasard sur Google.
- Au hasard, vraiment ?
- Comment ça ? Pourquoi je mentirais ?
- C'est ce visage qu'il aimait, la photo de cette jeune fille.
Bah c'est quand même….
Non, c'est pas…
C'est pas rien, c'est pas insignifiant.
- C'était une inconnue.
- Oui…
Et vous aviez accès à ses photos et vidéos aussi facilement ?
- Dans quel monde vivez-vous ? Évidemment que c'est facile !
Facebook, Instagram… Tout le monde y étale sa vie. Y a qu'à se servir.
- Un, c'est pas un interrogatoire.
Et deux, je peux pas vous aider si vous me dites pas la vérité.
- Oh, et puis merde.
Vous allez vous régaler, alors.
C'était une photo de ma nièce Katia, voilà .
Vous ĂŞtes contente ?
Ça vous fait une belle jambe.
- Votre nièce ?
- Une jolie blonde.
Alex avait l'air de préférer les blondes, c'est tout.
- C'est tout ? - Oui, c'est tout !
- Vous pourriez me parler de cette nièce ?
- Euh oui… J'ai pas grand-chose à dire, hein.
Euh…
Katia est la fille de mon frère.
Quand il a eu cet accident d'hélicoptère avec sa femme,
elle s'est retrouvée orpheline, du jour au lendemain. Voilà , c'est tout.
- Je comprends pas ce que vous voulez dire.
- J'ai fait venir ma nièce Katia.
Je me suis occupée d'elle comme ma fille,
mais avant cela, elle était presque une inconnue.
- Et elle sait que…
que vous avez utilisé sa photo ?
- Non, Katia n'a rien su. De toute façon, on se voit plus…
Dès que la succession a été réglée, euh…
Katia est partie vivre en Norvège.
- Vous vous appropriez
son visage, son âge, son histoire…
Qu'est-ce que vous vous cherchiez ?
Vivre une autre vie ?
- Non, pas une autre vie, la mienne !
Enfin !
- Moi, hier, je suis même pas sorti. Il a plu toute la journée.
- Ici aussi.
- Je me disais : "Peut-ĂŞtre qu'elle va m'appeler ?"
- Faut que je dorme.
- Tu veux que je te laisse ?
- Je tombe de fatigue.
- Des fois, tu parles comme une daronne.
- Tu m'aimeras encore quand…
Quand je serai vieille ?
- Vieille comment ?
-50 ans ou…
-50 ? Waouh ça va !
On a toute la vie !
- Tu m'attendais ?
- Bah ouais.
- C'est mignon. Tu faisais quoi ?
- Je prépare mon voyage.
- Quel voyage ?
- Je pars Ă Goa Ă la fin du mois.
- Ah ? Tout seul ?
- Non, j'y vais avec mon coloc.
Tu sais, Ludo, je t'en avais parlé.
- Ah !
Combien de temps ?
- Deux mois. T'as peur de pas pouvoir te passer de moi ?
Clara ?
Clara ?
- C'est prévu depuis quand ?
- Depuis longtemps.
- Et tu me le dis seulement maintenant ?
- Je t'ai pas vue venir, beauté.
Tu sais quoi ? Viens avec moi.
- Bah je peux pas.
- Si, tu quittes ton stage, tu…
On a qu'une vie.
De toute façon, ça change quoi que je sois à Goa ?
- Ça me fait peur de t'imaginer loin, tu vois.
Si loin.
- Chut.
- C'est pas comme si on pouvait se prendre dans les bras.
- Je te… Je te manque ?
Je veux dire, t'as envie de me voir ?
“Évidemment !
Évidemment ! Pas toi ?
- Si, mais je…
J'ai tellement peur de…
J'ai peur que tu sois déçu.
- Mais non.
Je suis certain que non.
Moi aussi, je flippe un peu que tu sois déçue.
Clara…
- Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
- On va dehors ? J'ai envie de prendre l'air.
- Bon, allez.
- J'arrive pas Ă l'oublier.
- Qu'est-ce que vous n'arrivez pas Ă oublier ?
- Euh…
Il était devenu le centre de mon univers.
Pendant son voyage Ă Goa, on se parlait tous les jours.
Plusieurs fois par jour, mĂŞme.
J'aurais voulu que ça reste comme ça.
Puis après son retour de Goa,
Alex est devenu très insistant. C'était…
de plus en plus difficile de le calmer.
- J'étais là .
Dans la mĂŞme ville que toi.
- Je pouvais pas… Pas aujourd'hui.
- Attends, lĂ , c'est flippant.
T'es une psychopathe ?
Tu me prends pour un con depuis le début ?
T'es une folle ?
- Non, je…
- AllĂ´ ?
- Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
- On est dimanche.
- Bah oui, oui, je vous attendais… J'étais même un peu inquiète.
- Laisse tomber.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je mets la table.
- AllĂ´ ?
- C'était qui, ça ? Tu fais quoi ?
- J'ai des potes qui débarquent à l'improviste, là .
“-Pourquoi tu chuchotes ? Tu fais une fête ?
Cool, waouh. - Faut que je te laisse, je te rappelle.
- Tu te fous de ma gueule ?
Ça me gonfle qu'on fasse fout le temps comme toi tu le sens.
On peut plus se parler au téléphone ?
- Y a plus rien dans le frigo. - Je vais faire des crĂŞpes.
- Y a pas d'œufs.
- De quoi ?
- Hein ? Alex…
Il faut que je te dise quelque chose.
- Quoi ? - Euh…
Je suis avec quelqu'un. Je…
J'ai un mec, on vit ensemble.
- Depuis longtemps ?
- C'était quelques mois avant toi… Je sais plus bien.
- Tu m'annonces ça comme ça ?
T'aurais pu m'en parler.
- J'ai essayé.
- Tu lui as parlé de moi, à ton mec ?
- Euh non.
Non, Gilles est très jaloux. Il est très parano…
Puis ça marche plus très bien entre nous, donc…
- Du coup, je…
“je comprends pourquoi tu voulais pas qu'on se voie.
Je t'attendais comme un con depuis des semaines.
- Excuse-moi, Alex.
Je suis mal, lĂ .
- Excuse-moi.
“Euh je vais… Je vais raccrocher, je crois…
Faut que je digère. - Excuse-moi.
Ouais, Clara…
“Euh…
“Je sais pas où t'en es, toi.
Mais je me sens perdu.
Je comprends pas l'emprise que t'as sur moi.
“Je… J'arrive plus à rien faire.
“Je deviens dingue.
“Je monte à Paris jeudi prochain.
“Mon train arrive à Montparnasse à 15h02.
“N'essaie pas de m'appeler ni de m'écrire d'ici la.
Si tu tiens à moi.…
“bah simplement, sois là .
Tu sais pas Ă quel point j'ai envie de te rencontrer enfin.
- C'était devenu intenable,
il fallait trancher, y avait pas d'autre issue.
Ça m'a arraché le cœur.
Mais après l'avoir vu si jeune et si vulnérable,
j'ai compris que le moment était venu, que…
ça me faisait trop de peine.
Alex, il s'est passé quelque chose de tout à fait inattendu.
Hier…
Gilles m'a demandée en mariage.
“J'ai dit oui.
On part vivre au Brésil.
Il a accepté un nouveau poste là -bas.
Je sais que j'ai fait le bon choix.
Toi et moi, on a vécu un rêve.
Un rĂŞve les yeux ouverts.
C'était merveilleux,
“ mais c'était qu'un rêve.
M'en veux pas trop, Alex.
Sache qu'il y aura toujours un peu de toi en moi.
J'ai repris mon ancienne vie comme on referme un roman.
Meurtrie.
Terrassée.
Vieille.
Quand j'ai voulu renouer contact, c'était trop tard.
Sa page n'existait plus…
En disparaissant, Alex avait été plus radical que moi, plus…
Plus fort aussi.
Salut.
J'étais très occupée, c'est tout.
VoilĂ .
Quelle sagacité !
J'ai pas hésité très longtemps.
C'était le seul moyen d'obtenir des informations sur Alex.
- Je te trouve magnifique.
- C'est gentil.
Pourtant, j'ai pas arrêté entre mes publications et les cours.
Et tes chantiers, ça avance comme tu veux ?
- Tranquillement.
- T'as l'air fatigué, ça va ? - Ça va.
C'est un peu difficile en ce moment, mais…
- Difficile ?
- Tu te souviens de mon pote Alex ?
Le photographe.
- Oui, vaguement.
- Il a eu un accident de voiture.
Litres a foncé dans le vide.
T'imagines ?
Il s'est foutu en l'air Ă cause d'une psychopathe
qu'il a jamais vue.
Y avait pas de trace de freinage.
Il est mort.
Ă€ 28 ans, quoi.
Excuse-moi.
AllĂ´ ?
- Quand quelqu'un meurt,
Qu'est-ce qu'on doit faire de son identité virtuelle ?
La laisser telle quelle ? La supprimer ?
Quel choix a-t-on ?
Attendez !
Je l'ai… Je l'ai écrit ici.
C'était… C'était vital.
Nécessaire.
J'aimerais avoir votre avis pour une fois. C'est important.
- Je lirai.
- Longtemps, l'idée que rien n'aurait jamais lieu entre nous
m'avait été insupportable.
Rompre, c'était comme renoncer à vivre.
Après tout, cet homme me plaisait follement.
Pourquoi abandonner ?
Qu'est-ce qu'il m'aurait coûté d'essayer ?
La crainte de ne pas ĂŞtre capable de prendre la place de Clara ?
Alex allait ĂŞtre malheureux ?
Eh bien moi, je serai lĂ pour le consoler.
Excusez-moi. J'ai l'impression de vous connaître.
- Pardon ?
- J'ai l'impression de vous connaître.
Vous seriez pas un ami de Ludo ?
- Ludovic, oui.
- Ah ouais, j'en étais sûre.
Je suis son ancienne… Enfin, une ancienne amie.
Vous vous rappelez pas ?
Les huîtres…
Vous savez, au téléphone.
- Ah oui !
Ouais.
- Vous habitez toujours avec lui ?
- Il m'a pas foutu Ă la porte. Pas encore !
- Vous devez avoir bon caractère, alors.
Vous êtes photographe, c'est ça ?
- Si on veut, ouais.
J'essaie de monter une expo, lĂ .
- Ludo m'en avait parlé…
Il m'avait montré des photos de vous. Enfin, des photos faites par vous.
Elles m'avaient beaucoup plu !
- Merci.
Je descends Ă la prochaine.
- Vous faites des portraits ?
Pas seulement des photos prises sur le vif mais des portraits de…
- Euh ouais, je fais des portraits, je fais des books…
Je fais tout, je crois. Sauf les mariages.
- Parce que j'ai besoin d'une photo pour mon livre.
En général, ils envoient un photographe, mais là …
C'est drôle comme rencontre. Peut-être que vous pourriez…
- Ah bah, carrément, ouais ! Je.…
Je cherche du boulot donc…
Ce serait cool. Super.
Je prends votre numéro ?
- Si vous voulez.
- J'ai oublié votre prénom.
- Claire. Claire ! Je m'appelle Claire.
- Claire ?
Merci.
- Mais il y a surtout Nora
dans Une maison de poupée d'Ibsen. La poupée,
la bonne épouse,
la mère responsable.
C'est elle !
La pièce met en scène l'éveil de sa conscience.
L'émancipation d'une femme hors du rôle prédéfini par la société.
Et aujourd'hui, on peut dire que cela nous interpelle encore,
ce refus de se conformer.
De se soumettre aux normes dans lesquelles on nous enferme.
- Comment il a fait ?
- Hein ? Qui ?
- Non… Euh Ludo.
Comment il a fait pour sortir avec une belle femme comme toi ?
T'es hyper photogénique.
Très bien.
Est-ce qu'on peut juste…
- Hein ? - Déboutonner ton bouton ?
- Le chemisier ? - Oui.
- Ce livre est destiné au lectorat universitaire,
je sais pas si…
Si on peut…
- Raison de plus pour appâter le lecteur.
C'est bien.
Super.
Et euh……
Vas-y, mets-toi Ă l'aise.
- Plus décontractée, comme ça ? - Oui.
- Pardon, j'ai bougé. - C'est pas grave.
- Et.…
T'es mariée ? T'as des enfants ? Divorcée ?
- Tout ça à la fois.
- Tiercé gagnant.
- Dans l'ordre, mĂŞme.
- Et tout ça à même pas 30 ans ?
Tu me caches quelque chose.
Je peux…
J'essaie un truc.
Tu veux faire une pause ? - Non, au contraire, continue.
J'ai rien Ă cacher.
J'ai été mariée 20 ans à un homme qui était tout pour moi.
Avant lui, j'avais connu d'autres garçons
mais c'était il y a si longtemps que je les ai presque tous oubliés.
J'ai mis au monde
deux garçons. Ouais…
Je pensais que les allaiter ferait de moi une bonne mère.
Après ça, mes seins et Mon ventre n'ont plus jamais été pareils.
Mon mari m'a quittée pour une femme qui pourrait être ma fille.
Quand ça s'est passé, j'ai cru que…
J'ai cru que j'allais mourir de chagrin.
Ouais, je crois que je suis trop passionnée. C'est le mot.
Mais je sais
que je peux être très heureuse.
Voilà , je crois que…
Tu sais à peu près tout.
- C'est fou.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Bah…
Rien. Notre rencontre.
C'est fou.
En paysage, mais tu peux recadrer pour que ce soit en portrait, plus net.
Ça, j'aime bien. Je la trouve belle.
La même en plus souriante. C'est ma préférée.
Non ? - Oui.
- Nous faisions l'amour jour et nuit.
Fallait bien rattraper le temps perdu !
Nous nous sommes très vite installés ensemble ou plutôt…
il est venu aussitĂ´t habiter chez moi.
- "Éteins-moi les yeux : je saurai te voir,
"bouche-moi les oreilles : je saurai t'entendre,
"et mĂŞme sans pieds, saurai venir Ă toi"
"et mĂŞme sans bouche, t'invoquer encore."
Vas-y, lis, toi.
- Non, toi. - S'il te plaît.
- Allez. - Allez.
- "Brise-moi les bras, je te saisirai avec mon cœur comme avec une main.
"Obstrue ce cœur, mon cerveau battra. Embrase ce cerveau,"
"mon sang te portera."
Je t'aime.
Je t'aime tellement. - Moi aussi, je t'aime.
Tu sais ce que j'aime le plus chez toi ?
C'est bizarre.
C'est ta voix.
- La voix de Claire, celle de Clara.
Évidemment qu'il pensait encore à elle.
Étais-je si naïve de croire que mon visage remplacerait le sien ?
Comment ignorer que je n'étais
sans doute qu'une consolation
de l'avoir perdue, elle.
Pire…
Qu'Ă travers moi, c'est elle qu'il aimait.
Y a pas de pire rivale
que celle qui n'existe pas.
(J'ai pas pu t'oublier. C'est fini avec Gilles, je suis de retour.)
(Tu me manques trop.)
(Je ne sais pas oĂą tu en es, mais si tu m'aimes, )
(rejoins-moi aujourd'hui au Café français entre 18 et 20h.)
(Ne m'appelle pas. Si tu ne viens pas, )
(tu n'entendras plus parler de moi, c'est promis.)
(Ta Clara.)
- T'es prĂŞte ?
- Oui.
- On y va ?
- Oui.
- Tu veux pas rester ici ?
- Je préfère qu'on déjeune dehors. C'est mieux.
- C'est toi que j'ai envie de bouffer.
- On a peut-être le temps de se faire un ciné.
- Carrément !
- Regarde les séances.
- Je vais chercher un pull.
J'ai froid, lĂ .
- Dans un film, ça pourrait finir comme ça.
- Oui, et dans la réalité ?
Pourquoi ne pas envisager une fin heureuse ?
MĂŞme dans un monde imaginaire, vous vous interdisez le bonheur,
comme si vous vouliez vous blesser.
Encore.
Encore et encore.
Qui vous a blessée, Claire ?
Qui vous a fait du mal ?
- Vous savez, ce que j'ai volé à Katia…
J'ai mis un certain temps à le comprendre, mais…
l'attitude de Katia, ma nièce…
vis-à -vis de moi, était de plus en plus hostile,
au fil du temps.
Gilles est
son oncle par alliance.
Il me l'a suffisamment répété : "aucune consanguinité".
"Elle m'aime, je l'aime."
"Pas de circonstance aggravante, seulement amoureuse”" sont ses mots.
En fait…
27 ans d'écart contre 20 ans de vie commune.
Katia n'est pas partie en Norvège,
elle s'est installée avec mon mari.
J'ai pas réussi à vous le dire.
Ni même à l'écrire.
Ils m'ont détruite. Elle m'a détruite.
- Mais…
Mais c'est elle, votre rivale,
que vous avez choisie pour vous incarner.
- Oui.
Je voulais sa beauté, sa jeunesse.
J'enviais son bonheur. Elle m'avait bien volé le mien.
J'étais jalouse, je…
- En fait,
c'est comme si vous refusiez la réalité,
comme si vous fuyiez une vérité.
Le désir d'éternité,
l'illusion d'éternelle jeunesse, oui.
On veut tous s'éloigner…
de la perspective de notre mort.
- Je veux bien mourir.
Mais pas abandonnée.
Y a pas d'âge pour être petite.
J'avais besoin qu'on s'occupe de moi, qu'on me berce, mĂŞme d'illusions.
- Ça fait combien de temps ”?
- Elle est entrée en clinique y a…
à peu près 9 mois.
- C'est allé assez loin.
Alex était complètement sous son emprise.
Au point qu'un jour…
il m'a fait écouter un message.
Je…
J'ai tout de suite reconnu sa voix.
Au début, je voulais pas y croire.
J'ai cru que c'était un petit jeu.
Un truc un peu pervers.
J'ai rien dit à Alex mais j'ai essayé de lui faire prendre conscience
que cette fille, cette Clara,
elle était un peu trop parfaite.
Il a fini par avoir des doutes.
Quand Clara a disparu, il a supprimé son profil.
Quelques mois après, elle m'a téléphoné.
Je lui ai dit qu'il était mort à cause d'elle.
Qu'il s'était suicidé.
Mon pote devenait dingue et moi, j'ai…
J'ai pas trop le profil d'un cocu, alors…
J'ai menti.
- Je comprends pas.
Vous voulez dire qu'il n'est pas mort ?
- Non.
Non…
Il vient mĂŞme d'ĂŞtre papa.
Sous-titrage : HIVENTY
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