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Professeur Winckler, nous avons un incr�dule.
Qui est-ce?
Un moment, je pense.
Je vous dis d�s que j'aurai re�u les ondes t�l�pathiques.
Pensez fort.
Monsieur est notaire.
�... Montlu�on.
Vous �tes notaire? Oui.
- Je ne dirai pas le nom pour ne pas faire d'ennuis.
Applaudissements.
Qui est-ce?
Mais le Pr Winckler. ll est fameux, hein?
Voulez-vous conna�tre votre avenir?
Non, non!
On a peur d'apprendre des choses?
J'ai dit non!
Allons, viens.
"Mister" Gordon partira tout seul, vers une destination inconnue.
Vous vous appelez bien Gordon? Oui. �a alors, c'est formidable.
Et j'ajoute que votre montre est une Warrison.
Un cadeau d'anniversaire.
Le jour de votre naissance,
c'est le 22 septembre 1885.
Exact?
"Exact. "
Tu n'as pas 40 ans? �a va, �a va.
Allez, viens!
N'oubliez pas de payer les consommations.
Mesdames et messieurs, excusez-moi,
mais depuis un moment, il y a une influence n�faste,
et je ne re�ois plus d'ondes t�l�pathiques.
Merci bien pour votre attention et au revoir.
Applaudissements.
Je m'en occuperai plus tard. Bien, monsieur.
Tu es assommant. Pour une fois que je m'amuse.
On ne nous suit pas?
Non. On dirait que tu as peur. "Peur"? Moi?
Tu connais ce Winckler? �a te regarde pas.
Musique jazz.
Professeur...
pouvez-vous me dire ce qu'il y a dans le sac de Mademoiselle?
Je vois...
le mouchoir rose qu'elle ne m'a pas rendu
et plusieurs billets de 100 francs qui n'y �taient pas tout � I'heure
et qui viennent directement de... mon cale�on.
Si tu en faisais autant, tu pourrais payer ta propri�taire.
Mais Mademoiselle r�ve d'�tre amoureuse de ses clients.
Tu seras bien avanc�e quand on t'aura foutue dehors.
Le professeur ne vous comprend pas.
Si tu savais ce que je dis au professeur...
- Ce que tu es grossi�re, ma petite.
- "Et n'oubliez pas de payer les consommations. "
Vous perdez votre rouleau mystique.
On blaguait, quoi.
Mais vous n'en avez pas besoin, avec des yeux pareils.
Oh si.
Tiens. Les voil�, tes cent sous.
Vous permettez? Je vous en prie.
Whisky.
Encore deux types cet apr�s-midi pour saisir tes appointements.
ll te restera 25 sous � la fin de la semaine.
Vous voyez, hein?
Non.
Je sens votre chance qui commence.
J'esp�re que vous �tes vraiment bon, comme sorcier.
Une nouvelle chance.
Je crois que tu plais, dans ce coin.
Tu me laisses tomber?
Rendez-vous � Londres, dans 8 jours, au Savoy.
Tu demanderas M. Herbert Jones.
Tu penses?
Je pourrai toujours t'attendre. Une fois parti...
Au Savoy, dans huit jours. Et pas d'histoires.
Qu'est-ce qui se passe?
Excuse-moi, je n'ai pas le temps de te raconter ma vie.
Laisse-moi de I'argent.
�a, c'est impossible. J'ai besoin de tout ce que j'ai.
Mais est-ce que tu t'imagines... Pas de sc�ne.
� Londres, les sc�nes, dans 8 jours. Mais pas maintenant.
Qu'est-ce que tu as?
Accent anglais. Oh, G�rard, j'ai le trac.
Mais... tu as d�j� dans�?
Partout. London, Berlin, New York, mais j'ai le trac.
Marvellous.
Et s'ils sont m�chants avec toi, je suis avec toi.
OK.
Musique.
Toute seule? Oui. Comme d'habitude.
Je te raccompagne?
�a te fera faire un d�tour. �a t'�vitera de mauvaises rencontres.
Tu es un chic copain, toi. Et toi, une brave fifille.
Les 50 francs, je te les ai pas rendus.
Ben, tu sais, �a presse pas!
Coup de feu.
On frappe.
Qu'est-ce que c'est? C'est moi. Winckler.
Qu'est-ce que vous voulez? Je d�sire parler avec vous.
� cette heure-ci? Oui.
Vous �tes tr�s sympathique � moi. Je sais, papy.
Pas comme vous croyez.
Sympathique camarade, sympathique amie.
On dit �a.
Je veux vous proposer une affaire.
Pour les affaires, c'est trop tard ou trop t�t.
Rassurez-vous.
Vous �tes tr�s gentille physiquement,
mais vous n'�tes pas mon type de femme.
Ben, tant mieux.
Voil�.
Voulez-vous gagner 20000 francs?
"20000 francs"?
Si c'est une blague, elle est de mauvais go�t.
Et que faudrait-il faire? Presque rien.
Mais encore?
Oh...
Vous �tes rentr�e avec moi, hier soir, ici.
Et nous sommes ensemble depuis.
C'est tout? Absolument tout.
Et j'aurai pas d'emb�tements?
Je ne dis pas �a.
Mais vous n'en aurez pas pour 20000 francs.
Mais pourquoi me demander �a, � moi?
Parce que je vous connais.
Parce que vous avez une r�putation excellente,
et jamais d'histoire avec la police.
La police s'occupera de �a?
Peut-�tre. Un peu.
Mais de quoi s'agit-il? Oui ou non?
C'est une histoire de drogue?
Peut-�tre.
Non, non. Non, je regrette.
Vingt mille francs.
Et tout ce que vous avez � dire,
c'est: "ll est rest� avec moi de 2 h � 7 h du matin. "
Tant pis. J'en ai trop besoin.
Mais pas de blague.
ll est bien entendu que je peux compter absolument sur vous?
Oui.
Absolument? Mais oui.
Mais qu'est-ce que vous faites?
Je vais dormir.
Vous allez dormir tout de suite?
Je pense pouvoir. Vous permettez?
Je vous en prie.
Vous ne prenez pas le lit?
Non, figurez-vous.
Alors... je peux? Voyons!
C'est tr�s gentil.
Mademoiselle H�l�ne,
je vous dois une des plus charmantes nuits de ma vie.
Vous �tes bien aimable.
N�anmoins, ch�re petite, il est bien entendu
que j'�tais ici vers 2 h, n'est-ce pas?
Oui.
Que je n'ai pas boug�. Oui.
Et n'oubliez pas.
Parce que...
J'ai des serviteurs tr�s fid�les.
Et si vous me donniez des ennuis, ils ne vous �pargneraient pas.
Merci bien.
Bonjour, mon fils. Bonjour, monsieur.
Comment �a va?
Combien, tout �a? "Tout �a"?
50 francs, �a va?
Merci, monsieur.
Monte-les � Mlle H�l�ne.
Num�ro 10, deuxi�me �tage.
Compris.
J'ai vu qu'il y avait eu un accident.
En effet, on a souvent des accidents
quand on prend deux balles.
ll a pris deux balles?
� quelle heure?
ll �tait 8 h 05. 8 h 10 au soleil.
- On a trouv� �a sur lui, brigadier.
Une note de I'Imperial Hotel. Y a du bon. Allez, venez.
- Alors? Vous ne savez rien?
Un homme avec qui vous vivez depuis trois mois.
On le tue, et vous n'avez rien � dire?
C'est ce Winckler qui I'a tu�.
�a ne tient pas debout! J'en suis s�re.
D�s qu'il I'a vu, Jean est devenu tout p�le.
ll avait peur qu'on nous suive.
Pas mal, I'histoire Winckler.
Et votre dispute d'hier soir?
C'est toi qui I'as descendu.
ll voulait pas vous emmener, et pan! Vous avez tir�.
Mais avoue donc.
Je n'avoue rien. Je vous d�fends de me tutoyer.
ll ne voulait pas vous emmener.
Oui. C'�tait � cause de Winckler.
� deux, pour se cacher, c'est plus difficile.
On pourrait I'interroger. ll me semble, en effet.
On y va?
En tout cas, vous restez � notre disposition.
On n'en a pas fini avec vous.
Compris?
On frappe � la porte. Entrez.
Bonjour, Mme Bretonay.
Bonjour, ma petite H�l�ne.
C'est aujourd'hui que tu me payes? Oui. Plus 3 mois d'avance.
C'est pas une vie pour une femme, d'�tre toute seule.
ll est tr�s bien, ce monsieur. Oh, c'est un homme du monde.
�a va.
Je ne vous ai pas entendus rentrer.
Oh, c'est une telle cachotti�re. Tu viens, Dany?
Ah, j'oubliais.
Un monsieur t'a demand�, un ami de ton fr�re.
ll est correct. C'est un ami de Fernand.
Je lui ai dit de monter. � ce soir, ch�rie.
� ce soir.
Mlle H�l�ne?
Vous �tes un ami de Fernand? Oui. Je suis �mile Bouquart.
ll ne vous a pas parl� de moi? Non.
Ah...
ll va bien?
ll va bien. Seulement... Seulement quoi?
Vous savez, quand on est militaire... Non. Pas tr�s bien. Asseyez-vous.
ll m'a dit qu'il vous aurait bien coll� une blague:
qu'il avait perdu la cl� du champ de tir ou qu'il �tait malade.
ll m'a dit de vous demander carr�ment
de lui envoyer un petit quelque chose.
Je viens de lui envoyer un mandat. Alors �a, c'est dr�le.
C'est la voix du sang qui aura parl�.
Vous �tes arriv� quand? Hier soir.
J'ai �t� � votre palace, mais c'est chic.
J'ai pas os� entrer. C'est b�te.
J'ai demand� apr�s vous, tout de m�me.
J'esp�rais qu'on boirait un verre � la sant� de Fernand.
Vous �tiez d�j� sortie.
�a, c'est b�te. J'aurais justement �t� libre.
Y avait pas de client, et je suis rentr�e.
Ah, �a!
�a alors, c'est rageant. Ce sera pour un autre jour.
Demain? Si vous voulez.
17 h. 17 h.
Je suis content. Au revoir, mademoiselle H�l�ne.
Au revoir, monsieur �mile.
Bien. Suivante.
C'est une lettre qui vient de...
Pr�fecture de police? Oui.
C'est une... Convocation?
Oui. Pour aujourd'hui, 17 h.
C'est tr�s, tr�s d�sagr�able.
Servez-moi un autre caf�. Bien, monsieur.
J'ai une convocation pour le commissaire Calas.
Suivez-moi.
Asseyez-vous.
Vous �tes bien Mlle H�l�ne Ardouin?
C'est ce bon �mile.
Eh oui.
On n'a rendez-vous que demain.
J'�tais tellement press� de vous revoir.
Que voulez-vous? Presque rien.
Je voudrais que vous me signiez votre d�claration?
Une "d�claration"?
Et qui �tait tout � votre honneur.
Vous m'avez d�clar� que vous �tiez rentr�e seule avant-hier.
Je cite vos propres termes.
Ah, �a!
Seulement �a.
Et j'aurais qu'� la signer?
C'est tout.
Seulement voil�, mon bon �mile, je peux pas la signer.
Et pourquoi?
Je ne vous ai pas dit la v�rit�, tout � I'heure.
Ah.
Je ne suis pas rentr�e seule, avant-hier.
Je n'allais pas le raconter � �mile Bouquart.
C'est un ami de mon fr�re, �mile Bouquart.
Et mon fr�re m'aime, mon fr�re me respecte.
ll ignore mon m�tier.
Je comprends.
� I'inspecteur Calas, je peux me confier.
Un policier, c'est presque un confesseur.
On ne saurait mieux dire.
Vous permettez?
Merci.
Eh bien, voil�.
Avant-hier, mercredi 12... C'est de cette nuit qu'on parle?
Tr�s exactement.
Alors, avant-hier, mercredi 12,
j'ai pass� la nuit avec le Pr Winckler.
ll fait un num�ro � la bo�te.
J'en ai entendu parler.
Y a pas de quoi se vanter. ll est pas joli.
J'ai des petits ennuis avec ma propri�taire.
A.i. e, a. i.e, a. i.e. Je vous le fais pas dire.
Toute la nuit ou une partie de la nuit?
Toute la nuit.
Sinc�res condol�ances. De quelle heure � quelle heure?
D�s qu'il a eu fini son num�ro, vers 2 h, jusqu'� 8.
ll est sorti du cabaret avec vous?
Oui, il est sorti avec moi.
ll avait peur que vous vous ravisiez.
Sans doute.
ll ne vous a pas quitt�e de la nuit? Voyons...
J'ai failli �tre insolent. On ne peut pas vous quitter.
N'est-ce pas? Voil� qui est parfait.
Par ici.
Et excusez-moi aupr�s de Fernand de mon petit d�guisement inutile.
Je vous le promets.
C'est �gal. Vous �tes mieux en uniforme.
Au revoir.
Mademoiselle!
Vous nous �vitez un faux pas �pouvantable.
Sans vous, nous allions arr�ter Winckler
comme �tant I'assassin d'un nomm� Gordon.
Au revoir et encore merci.
Monsieur Winckler!
Cette personne a confirm� vos dires. Votre alibi est exact.
Je suis tr�s... Content?
Non, pas content. Je suis tr�s...
Soulag�?
Pourquoi "soulag�"? Je ne suis pas soulag�.
Je suis tr�s... Habile.
Vous ne m'aidez pas.
J'ai mon dictionnaire. Vous permettez?
Je vous en prie.
"D�sol�. "
C'est le mot que je cherchais. Je suis d�sol�.
Je ne vous crois pas.
Oh, M. le commissaire, je suis tr�s, tr�s d�sol�
d'avoir d� dire le nom de cette jeune fille,
parce que ce n'est pas "gentleman".
Non, mais c'est habile.
"Habile"... Vous dites toujours �a.
Je ne suis pas habile.
Seulement, d'habitude, avec les dames, je suis...
Comment dites-vous en fran�ais "discrete"?
Discret.
Oh, c'est facile. "Discrete", discret.
Je suis discret.
L�, vous ne pouviez plus I'�tre. Vous risquiez votre t�te.
Vous voulez me parler?
- Mlle H�l�ne?
- Vous pouvez tout me dire. La police sait prot�ger ses t�moins.
Je n'ai rien � vous dire. Enfin, rien de plus.
Pourquoi �tre revenue?
"Pourquoi"?
Je vais vous le dire, moi.
Vous avez menti. On vous a grassement pay�e.
Et vous ne trouviez rien de mal � mentir.
Mais on n'avait pas jou� franchement avec vous.
ll s'agit d'un crime, et vous ne voulez pas �tre complice.
Moi? Pas du tout.
Je voulais vous demander de ne pas mettre mon nom dans les journaux,
� cause de mon fr�re et de mes parents.
Je disais justement � M. le commissaire
que je suis tr�s d�sol� de vous avoir m�l�e
� cette vilaine affaire.
Mais malheureusement, j'�tais oblig�,
parce que M. le commissaire croyait que c'�tait moi
qui avais tu� "Mister" Gordon.
Et il le croit peut-�tre encore.
Attendrissante, cette sc�ne.
Le gentleman am�ricain et la fille de famille. On dirait une fable.
Au revoir, mademoiselle Ardouin.
Au revoir, M. le commissaire.
Vous devez rester � ma disposition. Bien entendu.
Pas de voyage subit en avion. ll faut rester ici.
Bien s�r.
D'ailleurs, en ce moment, Paris est superbe.
Voil� donc John Gordon.
5 ans de prison � Sing Sing, lib�r� en 1923.
Ex-bagnard, ex-gangster du district nord de Chicago.
Et maintenant, ex-Gordon.
lls �clatent de rire.
Oh, messieurs, �a n'est pas si dr�le que �a.
John!
Mon John!
C'est bien lui. Je le craignais.
M. le commissaire, je suis I'avocat de Madame.
C'est horrible.
Horrible.
ll n'avait pas de message pour moi?
On ne lui a pas laiss� le temps de prendre des dispositions.
Mon pauvre John!
Comme il m'aimait.
Curieuse douleur.
Oh!
Qu'y a-t-il?
Sa bague. On lui a vol� sa bague.
ll avait beaucoup d'argent sur lui.
� qui le dites-vous?
Qu'est-ce que c'�tait que cette bague?
Un serpent platine. Avec une si belle �meraude.
Demandez au professeur de me recevoir.
ll y a du monde avant vous. Dites-lui que c'est Mlle H�l�ne.
Suivez-moi.
Mlle H�l�ne est ici.
Bien. Faites-la entrer.
Bien, monsieur.
Suivez-moi.
Comment �a va?
Ne comptez plus sur moi.
Oh si.
Tenez. Voil� votre sale argent. Je n'en veux plus.
Les 2000 francs qui manquent, je vous les rembourserai.
Trop tard.
Vous auriez d� me dire qu'il s'agissait d'un crime.
Vous n'avez pas cru � cette histoire de drogue?
Vous savez bien que si!
Tant pis pour vous.
Vous �tes ma complice, ma petite.
Je leur dirai. Vous entendez? Je leur dirai.
Je ne crois pas. Je leur prouverai, m�me!
Quelqu'un m'a raccompagn�e ce soir-I�. G�rard, le petit chasseur.
"G�rard"?
ll sait que je n'�tais pas avec vous.
Pourquoi vous ne I'avez pas dit? Pourquoi?
G�rard n'a pas peur, lui.
M�me si moi, je n'ose pas,
lui, il dira que je n'�tais pas avec vous.
Je ne crois pas qu'il parlera.
Musique jazz.
Cris.
Musique, musique! Vite!
Musique jazz.
Bonjour.
C'est vous?
Quoi? G�rard.
C'est vous qui I'avez tu�.
Qu'est-ce que vous dites? Vous �tes folle!
ll est mort.
G�rard est mort?
Comment? ll est tomb�.
Oh, c'est terrible.
Horrible.
Rappelez-moi que je fasse envoyer...
une couronne de roses blanches
pour son enterrement.
Quelle t�te tu fais. G�rard �tait son copain.
- Un peu de tenue, voyons.
Et tu te foutais du type de Montlu�on.
ll �tait mieux que Winckler.
- Y a des jours o� je me demande si tu n'es pas cingl�e.
Je vais acheter des tas de trucs avec toi,
tu les choisis avec soin, et tu en fais cadeau?
Ce n'est pas naturel.
La t�te que tu fais non plus.
Barman, whisky.
Musique jazz.
Oh! C'est une amie � toi?
C'est ma meilleure amie. Alors pr�sente-moi.
H�l�ne, viens que je te pr�sente. Vous permettez?
Mon amie H�l�ne. Un homme en habit.
Laurent. Andr� Laurent.
ll faut que je m'en aille? C'est pas � ce point-I�.
Whisky pour tout le monde.
On va danser celle-I�?
Je suis gentil avec toi, mais t'exag�res.
Faudrait vous occuper un peu des clients, les Trois Gr�ces.
- Oh, �a va! Allez, allez!
H�! Tu vas pas m'abandonner, toi?
Voulez-vous me permettre? Non.
C'est I'homme du monde qui vous parle.
C'est un d�guisement que vous ne pouvez pas prendre.
Ce n'est pas en fr�quentant ces gens que vous ferez la diff�rence.
Allons.
Tu vois? Elle est partie.
Ben, pleure pas. Tu la retrouveras, ton H�l�ne.
Allez, whisky. Mais c'est le sixi�me, monsieur.
Tu vois double, toi aussi. Whisky, je te dis.
Roulement de tambour.
La direction a le plaisir et I'honneur de vous pr�senter
le plus c�l�bre des t�l�pathes et sorciers des temps modernes.
J'ai nomm� le professeur Winckler.
Applaudissements.
Le professeur va commencer.
Je lancerai dans la salle un jeu, et il devinera les cartes ramass�es.
Quelle carte Monsieur a-t-il ramass�e?
Ce type-I� a vraiment du g�nie.
ll est impossible. Laissez-le donc tomber.
Pour me laisser tomber, faudrait d'abord qu'on me rel�ve.
Attention. Vous perdez votre argent.
Merci, ma petite H�l�ne.
Tiens. �a, c'est pour toi.
S'il se met � donner des bagues, il devient int�ressant.
Et Monsieur?
Le professeur a devin� que Monsieur a la dame de pique.
ll est n� � Vienne, en Autriche. ll est marchand de saucisses.
ll est mari�, mais ne I'avait pas dit � la dame assise avec lui.
Prends �a, que je te dis!
Vous le regretteriez demain. Non.
C'est tout platine avec une �meraude �patante.
Prends �a ou je me recouche par terre.
Je la prends, I�.
Donne ton doigt. Je vais te la passer.
- Professeur Winckler...
Oh, il est pas bon, votre tonneau.
Qui est la personne dont je touche la main?
Monsieur est un inspecteur de police.
Est-ce exact? Oui, je suis inspecteur de police.
ll n'est pas besoin d'�tre t�l�pathe pour le deviner.
Vous permettez? Je vous en prie.
Sinc�res compliments.
J'esp�re faire un jour mon m�tier aussi bien.
ll est plus difficile de deviner un coupable qu'un policier.
C'est la m�me chose.
Cherchez toujours celui qui en a le moins I'air.
� votre sant�. C'est ironique?
Oh non! Tant mieux.
� I'arrestation de I'assassin de Gordon.
Volontiers.
Vous n'�tes pas superstitieux. Oh, jamais.
Dans mon m�tier...
Encore un mot.
Non. Non, ce n'est pas moi.
Ah, �a, je sais.
Vous avez connu Gordon en Am�rique.
ll �tait mon ennemi.
Ah, c'�tait un grand ennemi? Le plus grand.
ll vous a fait quoi?
Oh, c'est une longue histoire.
Je n'aimerai plus personne comme �a.
Vous devez trouver �a dr�le,
que le Pr Winckler parle d'amour � un inspecteur de police.
Non, je ne trouve pas �a dr�le.
Nous vivions � New York. Tout allait bien, mon num�ro marchait.
En somme, vous aviez beaucoup de raisons de le tuer.
Toutes.
Mais je suis tr�s content que quelqu'un ait eu la m�me id�e.
J'aurais �t� oblig� de le faire. Naturellement.
Je vous remercie. Pas de quoi.
� bient�t. Avec plaisir.
Vous ne me dites pas bonsoir?
Toujours homme du monde? Plus que jamais.
C'est quoi, cette bague?
�a vous regarde pas. Oh que si.
On vous I'a donn�e? Oui.
Qui? Un client.
Quelqu'un que vous ne connaissez pas, sans doute.
ll �tait I� il y a deux minutes. Suivez-moi.
ll a dit qu'il s'appelait Laurent.
Un nom comme �a, c'est presque anonyme.
Le voil�.
Tiens, �a c'est pour toi.
Vous lui avez donn� cette bague?
Alors c'est votre petite amie. Ne vous f�chez pas.
Voulez-vous me suivre? Pourquoi?
Je vous donnerai toutes les explications.
Je vous attends demain � la pr�fecture, � 14 h.
Vous maintenez vos d�clarations? Oui.
C'est bien.
Faites entrer le prisonnier. "Le prisonnier"?
Vous vous d�cidez?
Taisez-vous.
Vous allez pas me foutre au bloc sans que je vous parle.
Silence.
C'est tout ce que vous savez dire.
Vous savez � qui vous avez affaire? Oui.
C'est quoi, tout �a? Silence. Asseyez-vous.
Vous reconnaissez cet homme?
- Allez-y, j'ai rien fait de mal.
Oui, je le reconnais.
Vous lui avez donn� cette bague?
Oui, en effet.
Cette bague appartenait � John Gordon,
qui a �t� assassin�.
Le saviez-vous? Non.
Comment I'avez-vous obtenue?
Ah, voil�.
Je vous conseille moins de d�sinvolture.
Je suis pas d�sinvolte, mais idiot.
ll est trop t�t pour plaider la folie.
Je suis idiot parce que je ne me souviens plus.
Quelqu'un que vous ne connaissez pas vous a donn� cette bague?
Pardon, "vendu".
Et vous, vous I'avez donn�e � Madame.
Voil�.
Donc �a s'est pass� entre inconnus.
Tel que! Vous vous foutez de moi?
Mais pas du tout.
J'�tais saoul. lls en ont profit�.
Oui, c'�tait dans un bar. Quel bar?
Je ne me rappelle plus.
Vous devez rechercher ce que vous avez fait dans la soir�e du 12.
Je ne peux pas vous arr�ter. Quoi?
Je n'ai pas de preuves suffisantes, mais je serai heureux de le faire.
Vous �tes coinc�, Laurent. �coutez...
Mon m�tier est de savoir, et je saurai.
Je veux vous voir dans mon bureau tous les deux jours. Compris?
Je ne vous retiens pas. Ni vous non plus.
ll est impossible d'avoir une pierre plus grosse.
Impossible. Ce qu'elle est lourde.
Si on re�oit une gifle de cette main, on est knock-out.
Elle est jolie. Vous m�ritez mieux.
Elle est moins dangereuse que I'autre.
ll est idiot, ce commissaire.
Pourquoi aurais-je tu� Gordon? Et dans la for�t de Marly, encore.
Votre situation est critique.
ll faut que vous prouviez votre innocence.
Vous avez fait quoi, le 12?
Le 12? Ben, j'ai bu. O�?
Faisons un effort.
Non, je ne vous ai pas vendu de bague, mercredi.
Un de vos clients? Pas que je sache.
Vous me reconnaissez? Pas du tout.
T�chez de vous souvenir. J'�tais "saoul".
Mais je n'en doute pas.
Vous ne le reconnaissez pas?
Pas du tout.
ll �tait "saoul".
C'est un vrai d�sastre. Oui.
Comment personne n'a pu me remarquer?
Vous avez �t� dans tous ces bars?
Oui. Pourquoi?
Vous n'essayez pas de sauver quelqu'un?
Une femme mari�e?
Ce que vous �tes gentille. Alors?
Rassurez-vous, je m'en serais plut�t vant�.
Que faire? Mais que faire? �a, je ne sais pas.
Mais vous promettez de me revoir.
Parce que si j'ai un coup dur, vous savoir avec moi,
�a me permettra de tout encaisser. D'accord.
Vous ne me croirez pas coupable? Jamais.
Alors � ce soir, H�l�ne. � ce soir, Andr�.
Vous voulez me parler? Pourquoi?
Vous �tes all�e � la police.
Vous le savez.
Pour emp�cher qu'on condamne un innocent.
Charmante id�e. Vous n'y �tes pas parvenue, j'esp�re?
Eh, non.
Tant mieux,
car ce Laurent a tout � fait une t�te d'assassin.
La bague, c'est vous qui I'avez vendue � ce malheureux.
Non. Mais je r�p�te: c'est une id�e que j'aurais d� avoir.
Vous en voulez? Non.
�coutez...
Je sais que vous avez
une grande sympathie pour ce gar�on.
Si cette sympathie allait jusqu'� vous faire
oublier votre serment...
Pauvre Laurent!
Alors, H�l�ne? Encore � r�fl�chir? Tu vas te rendre malade.
Je n'ai pas la t�te vide comme toi.
Merci. Tiens, H�l�ne, regarde.
Qu'est-ce que c'est que ce type? Un copain.
Ah ben, �a sera pas le mien.
L'inspecteur vous interroge aujourd'hui?
Oui.
�videmment, la police est mal faite,
mais le courrier de Lyon, c'est du pass�.
ll a I'air d'�tre s�r.
Dites donc, il vous tutoyait. Qui?
Ben... Ah, Guy? C'est un fr�re.
Je n'ai pas le sens de la famille. Jaloux?
Allez, venez prendre I'ap�ritif.
Dites donc, H�l�ne...
Je trouve que nous le voyons souvent.
J'ai pas remarqu�.
J'ai I'impression que nous le rencontrons partout.
C'est peut-�tre une id�e que j'ai. S�rement.
C'est le domestique de Winckler?
"Son domestique"? Son homme de confiance, oui.
ll n'y a que lui pour avoir confiance dans une gueule pareille.
ll est 16 h, il faut partir. Oui. Gar�on!
Maintenant que j'y pense, Winckler,
dans I'affaire Gordon, avant de me distinguer,
il ne le croyait pas un peu coupable?
Si.
Alors pourquoi m'ont-ils pr�f�r� moi?
ll avait un alibi. Je pense bien.
Winckler sans alibi, c'est un corps sans �me.
Pourquoi dites-vous �a?
Je serais curieux de savoir ce que c'�tait, son alibi.
Allons-nous-en.
� ce soir, � la bo�te. Si je leur plais pas trop.
Laurent est I�, M. le commissaire. Faites entrer.
Alors?
Toujours rien, chef.
Je ne demande pas de miracle, mais �a avance tout de m�me?
Pas pr�cis�ment.
J'ai peur que vous fassiez fausse route.
Je vais te dire une bonne chose.
Cette fille ment, Winckler I'a pay�e.
Elle n'�tait pas avec lui pendant la nuit du 12.
Je crois que si. Tu es un enfant.
As-tu essay� de la faire parler?
Oui, mais c'est difficile. Elle est forte.
Travaille dans le charme.
C'est que voil�, chef: elle est terriblement sympathique.
Tant mieux. Je me d�go�te un peu.
Mon vieux,
la v�rit� ne sort pas d'un puits,
mais d'un marais.
Nous devons aller la chercher I� o� elle est.
Mais... Tu lui as dit que tu I'aimes?
Pas encore. Tu attends quoi?
Un jour ou deux, pour la vraisemblance.
Je te donne jusqu'� apr�s-demain.
C'est un peu juste.
Elle t'a dit qu'elle �tait I'alibi de Winckler?
Non.
Alors il y a du bon, tu plais. C'est dommage.
Tu vas lui faire une sc�ne de jalousie terrible, ce soir.
C'est pas chic. Et ce qu'elle fait, elle, c'est chic?
Tu lui diras qu'�tre avec un homme comme lui,
c'est horrible.
Montre de la grande douleur concentr�e.
D'accord.
Et puis, il faudra peut-�tre que je t'arr�te et que je te torture.
Je n'ai pas mont� cette histoire de bague pour rien.
Quand elle te verra en danger, elle finira par parler.
Mais, chef... Pas de commentaire.
Faites votre devoir. Je dois avoir la peau de Winckler.
Et pas d'amour. Ceci est une histoire de police.
� ce moment-I�, il se retourne,
et il se trouve en face de la baleine.
Elle est bien bonne. Tr�s dr�le.
Je dois m'en aller. Au milieu de la danse?
Excusez-moi.
Tu as vu Andr�? Non.
Mais qu'est-ce qu'il a? Je m'inqui�te pour lui.
Je vois ce que c'est: I'amour.
Pr�viens le patron, dis-lui que je suis malade.
ll faut que je sache.
Alors!
Alors, alors, H�l�ne.
Bien content de vous voir.
Asseyez-vous pour prendre un verre.
ll faut boire. ll y a rien de tel pour oublier.
Venez avec moi.
Je veux bien, mais j'emm�ne ma petite amie.
Gar�on, combien? Non, pas �a.
Gardez. Allez, debout.
ll ne faut plus boire. Tout m'est �gal.
C'est � cause de ce qui s'est pass� � la police?
On ne peut rien vous cacher.
Qu'est-ce qui s'est pass�? Rien.
Allez.
C'est pas du lait
que t'as mis dans ton biberon, c'est du gros rouge.
Allez, venez, maintenant. Venez.
Qu'est-ce qu'ils vous ont dit? Rien.
J'ai vu le commissaire Calas. Et alors?
Alors j'ai appris o� Winckler avait pass� la nuit du 12.
Ah.
Une femme comme vous avec un homme comme lui...
C'est horrible.
Je ne vous connaissais pas.
H�l�ne...
Vous croyez vraiment � mon innocence?
Je sais...
Comment pouvez-vous le savoir?
Enfin, je le sens, j'en suis s�re.
Vous �tes tr�s chic, H�l�ne.
Allez, venez vous coucher.
Je vais vous raccompagner � votre h�tel.
On frappe � la porte.
Qu'est-ce que c'est? C'est moi.
Bonjour, vous. Bonjour.
Je me suis couch�e � I'aube.
Moi aussi. On va � la campagne.
� la campagne? Qui?
Nous.
La campagne entre copines...
On emm�ne les hommes, naturellement.
Jo est � la porte. On ira chercher ton D�d�.
"D�d�"? Laurent s'appelle Andr�, non?
Eh ben, va pour D�d�.
Ne t'habille pas en duchesse.
Une jupe, une blouse...
Un pantalon, si tu y tiens. Et pas de bas.
J'ai pas pris mon bain. On plongera dans la rivi�re.
Je dois me refaire les ongles.
Tu as raison, �a, c'est important.
Emm�ne ce qu'il te faut.
Tu les travailleras dans I'auto.
Jojo, H�l�ne. Charm�.
Mais dis donc? Tu te crois au bal musette?
Vous en avez, une voiture. Vous I'avez depuis longtemps?
Depuis hier soir.
Mais c'est un mod�le de I'ann�e derni�re.
Oh, alors...
O� on va? Chercher D�d�.
C'est qui, �a? C'est un ami � moi.
Viens.
Vous ne devez pas venir ici. Je sais.
Avec un nom comme le v�tre, on sait � qui on a affaire.
Seulement... Je risque d'�tre rep�r�.
L'affaire Gordon, c'est joli. Mais mes voleurs d'autos?
Je m'en fiche, de vos voleurs d'autos.
Qui est I�? C'est moi, H�l�ne.
Je viens vous chercher. On va � la campagne.
Bonjour.
C'est gentil de venir me voir.
Vous vivez ici depuis longtemps? Pas tr�s.
�a se voit. ll n'y a pas de vie, ici.
C'est une chambre comme les autres.
J'aurais esp�r� qu'elle m'aurait expliqu�
votre caract�re, des souvenirs...
Je ne suis pas sentimental. Enfin, je ne I'�tais pas.
lls nous ont s�rement oubli�s. lls auraient pu attendre un peu.
ll n'y a rien entre eux. Quoi? Je vais arranger �a.
Si tu peux.
C'est dr�le, les hommes.
Voil� un type qui a �t� �patant.
ll a descendu Gordon, hop, hop et hop,
et �a se laisse �pater par un petit bout de femme.
Toi, tu ne te laisses pas �pater. Tr�s peu.
On emb�te toujours D�d� avec I'affaire Gordon?
Toujours. Forc�ment, ils n'ont personne d'autre.
Voil� enfin une indication.
Vous portez le melon? Je ne I'aurais jamais cru.
C'est dr�le. Mettez-le.
Vous allez vous moquer de moi. Faites-moi plaisir.
ll n'est pas � vous. ll est trop grand.
Ah, c'est un policier qui est venu m'interroger ce matin.
ll a d� prendre le mien. Ah non, gardez-le.
Pas pour aller � la campagne.
On sera seuls. Ah non. ll y aura Dany et Jojo.
Qui c'est, �a? ll doit �tre gentil.
ll a une Hispano, et Dany I'aime quand m�me.
Je savais pas qu'il y avait la TSF.
C'est pas votre auto? Non. Je I'ai un peu emprunt�e.
Mais je la rendrai lundi. Elle bouffe trop d'essence.
La Packard de la semaine derni�re me plaisait bien.
Madame danse? Non, je ne travaille pas aujourd'hui.
Allez, mes enfants, � table.
Et vous, vous faites quoi? Oh...
Le coup de Marly, c'�tait superbe.
Hop, hop et hop. Superbe.
Mais c'est pas de I'argent, �a.
"Le coup de Marly"? L'affaire Gordon.
Mais c'est pas moi.
Oui, c'est compris, c'est pas vous.
ll ne faut pas aller le claironner,
mais moi, je vous le dis: vous me plaisez.
Voulez-vous entrer dans mon affaire?
ll ne s'agit pas de les emprunter, c'est � moi. J'aime �a.
Mais vous, vous avez plut�t une �me d'artiste,
alors il y a tout un travail de peinture et de d�coration.
On n'est pas � la campagne pour discuter affaires.
T'as raison.
Mais pensez-y tout de m�me, monsieur Andr�.
Allons faire un tour en barque.
D'accord.
Quand je pense qu'il vous a tenu dans ses bras...
Vous ne me le pardonnerez jamais? Je ne crois pas.
Je vous jure qu'il n'est rien pour moi.
Mais oui, mais oui.
Mais je vous le jure sur ma vie, qui ne vaut pas grand-chose.
Alors il ment quand il dit qu'il est chez vous de 2 h � 8 h.
Et vous le laissez mentir, vous d�shonorer.
Mais non, il ment pas.
ll est rest� dans votre chambre? Oui.
Vous avez jou� � la belote.
Je vous demande pardon.
De quoi? Qu'est-ce que je suis? Qu'est-ce que je peux esp�rer?
Je ne suis pas digne de vous. Je ne m�rite qu'un Jojo.
ll est peut-�tre meilleur que moi.
Pardon. Je suis une brute et un imb�cile.
Ce n'est pas toi qui m'offrirais un tour en barque.
La po�sie et toi...
Je veux bien si tu rames, ch�rie.
Mettez votre t�te sur mon �paule.
ll n'y a jamais rien eu, il n'y a plus rien.
Nous recommen�ons.
Une gentille petite H�l�ne, tr�s sage,
et un Laurent un peu b�te, mais qui I'aime bien.
J'en ai assez, chef. Assez. Je laisse tomber.
Vous faites fausse route. Cette petite est sinc�re.
Et moi, je me sens moche.
Je me d�go�te de plus en plus.
Vous �tes sentimental. C'est excellent,
mais il ne faut pas exag�rer.
Elle m'aime, comprenez-vous? J'y comptais bien.
Elle aimerait pouvoir nier I'histoire de Winckler.
C'est la honte de sa vie.
Mais quoi? Elle �tait avec lui, ce soir-I�.
Cette fille est peut-�tre exquise, elle est peut-�tre redoutable,
mais si c'est Winckler qui vous emp�che de I'�pouser,
allez-y.
Elle n'est rien pour lui. ll n'est rien pour elle.
Vous croyez? Je vous le prouverai.
Mais j'ai besoin qu'on me joue bien mon dernier acte.
Comment �a?
Nous allons le r�p�ter. "Le r�p�ter"?
Eh oui, comme au th��tre.
C'est tr�s d�licat et tr�s pr�cis, ce qu'il vous reste � faire.
Aucune erreur n'est permise.
Laurent, je vous pr�sente votre vieille maman.
Hein? Quoi?
Je sais, vous �tes jeune fille. Voil� la situation:
je viens d'arr�ter Laurent devant H�l�ne.
Vous �tes sa m�re. Vous �tes d�sesp�r�e.
Je veux une sc�ne tellement d�chirante
qu'H�l�ne ne puisse pas y tenir et vienne m'avouer la v�rit�.
Compris? Oui.
Pr�sentez-le-moi, s'il vous pla�t.
Monsieur Laurent, professeur Winckler.
Enchant�.
Vous permettez? Faites.
Je peux?
Vous avez du feu?
Merci.
Elle est tr�s charmante, mon amie H�l�ne, n'est-ce pas?
Charmante.
Vous avez bon go�t.
D'ailleurs, nous avons eu le m�me.
Je n'ai cess� de le regretter.
Nerveuse?
C'est si aga�ant, la police.
Toujours des questions et on ne sait pas toujours r�pondre.
Mais vous, vous savez tr�s bien.
Merci.
C'est parce que vous savez si bien qu'ils m'emb�tent tout le temps.
J'ai un alibi. Heureusement pour moi.
Et malheureusement pour vous.
C'est entendu.
Mais j'ai pas tu� Gordon.
Et tout ce qu'il faudra faire pour retrouver I'autre, je le ferai.
C'est dangereux.
ll est peut-�tre moins b�te que moi.
Mais il commettra certainement une erreur, un jour.
C'est possible. Je veux danser.
Vous permettez? Naturellement.
Partons ensemble. O�?
N'importe o�, quelque part o� je puisse oublier votre pass�.
Si vous voulez.
Et vous quitterez tout?
"Tout" quoi? Je n'ai rien.
Mais je suis pauvre.
Nous travaillerons. Mais � quoi?
Je faisais des robes du soir, avant de les porter.
Allons-nous-en. Chiche?
Mais tout de suite! "Tout de suite. "
Je t�l�phone � ma m�re. Va au bar, je te rejoins.
Je m'en vais.
Pour de bon? Oui.
Tu fais aussi bien.
Tu n'as pas le sens des bo�tes de nuit.
Au revoir, donc. Au revoir, toi.
Attends.
Tiens, voil� 100 francs. C'est tout ce que j'ai.
C'est mon cadeau de noces.
T'es gentille, toi. Embrasse les copines.
Pas la peine. C'est des vaches.
Allez, allez.
Je t'aimais bien, tu sais.
Au revoir.
Au revoir.
All�, all�?
C'est vous, patron?
Dans 20 minutes � la gare du Nord.
Entendu.
Beaucoup plus que n�cessaire.
Bien, monsieur.
Votre m�re a dit quoi?
Rien, la pauvre vieille. Du moment que je suis content...
Hep, taxi!
Les valises.
M. Andr� Laurent? Je vous arr�te.
C'est impossible. ALLEZ, ALLEZ.
Pas d'histoires!
L�chez-le. Voulez-vous le l�cher?
Ce sont nos ordres.
lls sont idiots, vos ordres. Cet homme est innocent.
Andr�, dis quelque chose.
Vous devriez faire taire cette femme.
Je t'en prie, H�l�ne, ne dis rien. Tout s'arrangera.
Vous avez oubli� votre valise.
ll faut rentrer chez vous. ll ne faut pas vous d�soler.
Allez, rentrez.
Quai des orf�vres.
Taxi!
Suivez cette voiture.
Ne faites donc pas cette t�te-I�.
Dans 5 minutes, vous saurez une v�rit� qui vous fera plaisir.
Vous croyez qu'elle va venir? J'en suis convaincu.
J'ai confiance en votre sex-appeal.
Baissez votre voilette.
Attention, la voil�.
- Mon fils.
Mon petit. Maman, ma petite maman.
Toi, ici? Toi? Oh, mon enfant.
S'ils te condamnent, je n'y survivrai pas.
Mais je suis innocent, maman. Innocent.
J'ai � vous parler.
Ce n'est gu�re le moment. Au contraire.
C'est � propos de Winckler. Je vous ai menti.
Quoi?
Excusez-nous.
Emmenez le prisonnier.
Demandez � votre m�re de me pardonner.
Allez.
Je vous �coute, mademoiselle.
All�? Ici Kretz.
Allez chercher le Pr Winckler, c'est urgent.
Comment? ll est en sc�ne?
Qu'il vienne tout de suite � I'appareil.
C'est Kretz. Kretz!
- Allez, enlevez-moi �a. �a te va pas mal.
Je suis navr�, j'ai perdu la cl�.
Ce n'est pas dr�le.
Quand t'es avec, t'as une t�te de crapule.
En tout cas,
de tous les premiers de la bo�te, t'es le meilleur.
Tu t'es pas emb�t�, pendant la mission.
Elle est gentille, la petite.
Foutez-moi le camp.
J'esp�re que tout est bien en r�gle,
que vous avez tous les renseignements utiles.
Je ne crois pas que Winckler me laissera t�moigner encore.
La police sait prot�ger ses t�moins. Je sais quel danger vous courez.
Restez ici jusqu'� ce qu'il soit sous les verrous, ainsi que Kretz.
Ici, vous serez prot�g�e. Et ne vous inqui�tez pas.
Le faux t�moignage n'est poursuivi que devant les assises.
Monsieur a la rancune tenace. Monsieur boude.
�a va, �a va.
La petite a parl�. Winckler est fait. Filez � la bo�te de nuit.
Et t�chez de me I'avoir vivant. Bien.
Mademoiselle, vous n'auriez pas un verre d'eau?
Oh. C'est vous, la maman d'Andr�?
Mademoiselle, je vais vous expliquer...
Pas la peine, j'ai compris.
lls m'ont refait le coup du contr�leur.
Comment? Vous ne vous f�chez pas?
Me f�cher? Mais pourquoi? Elle est bonne. Elle est excellente.
Vous m'avez bien eue.
Et plus que vous ne le croyez.
F�licitez �mile, c'est du beau travail.
O� est-elle?
Elle vient de se sauver.
H�l�ne!
H�l�ne!
Ce que j'ai fait est ignoble. Je suis un malheureux.
Mais c'�tait mon devoir. ll m'en a co�t�, croyez-moi.
Vous allez me pardonner, il le faut.
Oui, j'ai menti, j'ai fait des choses atroces,
mais je n'ai pas cess� de vous aimer.
Allez toucher votre prime.
Merci.
All�?
Coup de feu.
Suivez-nous.
Vous m'entendez, oui?
Je t'ai dit de ne pas t'en faire. C'est une tr�s jolie cicatrice.
Ce n'est pas �a qui m'inqui�te.
Seulement ma vie finissait I�, vois-tu.
J'aime toujours ce sale type. Incroyable.
Je vous demande pardon. Une course urgente.
Mais qu'est-ce qu'il a?
Bonjour, H�l�ne. C'est vous.
Je comprends pourquoi Jojo est parti.
Et vous osez venir me voir?
Je suis venu tous les jours. Tu I'entends?
Un type qui se sert de I'amour d'une femme pour faire son m�tier...
Mais vous m'aimiez.
Beaucoup, mais maintenant, c'est fini.
Vous me d�go�tez profond�ment.
Mais vous n'�tes pas �patante.
ll a toujours �t� dans votre chambre.
Mais il a dormi tout le temps.
"Dormi"? Oui.
Laisse-le donc. C'est un sale flic.
�a alors...
Non, je ne veux pas. L�chez-moi!
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