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LES COLLINES NUES
DE L'OR EN CALIFORNIE
Vous n'imaginez pas comment c'�tait quand on a appris
que de l'or avait �t� trouv� en Californie.
Les gens sont presque devenus fous.
Ils ont pris leurs affaires et sont partis pour l'ouest.
Ils �taient des milliers, des jeunes comme des vieux.
Par bateau, � pieds ou � cheval,
tant que �a les menait � l'or.
Ce n'�tait pas aussi facile qu'annonc� sur les affiches.
Il y avait des fleuves � traverser, des montagnes � franchir,
et les Indiens.
Certains n'y sont pas arriv�s.
Mais la plupart ont r�ussi, car ils partageaient tous le m�me r�ve.
Celui de l'or.
J'aimerais vous parler d'un ami � moi.
Un type un peu fou.
Lui et moi avons quitt� le Missouri au tout d�but de la ru�e.
Nous �tions jeunes, alors, la vingtaine.
La fi�vre nous avait atteint tous les deux. Gravement.
Je m'attendais � une ville plus d�velopp�e.
Aucun commerce, m�me pas de rues.
Mais nous avions suivi les indications, et parcouru plus de 3000 kilom�tres.
Cet or peut �tre � toi, gamin.
Il te suffit de creuser.
Garde ces p�pites pour toi, pas de probl�me.
Elles valent pas plus que quelques cents.
Difficile de gagner plus en une journ�e.
Tu t'en rendras vite compte.
Je savais pas o� j'allais, M'sieur.
Personne ne sait o� il va, dans le coin.
Surtout les premiers jours.
Tout va bien, Tracy ?
C'est bien �a. Un fleuve d'or.
Il y a beaucoup de monde ici.
Dites-moi, combien de temps avant d'�tre riche ?
Deux semaines ? Trois ?
Vous ne creusez pas, M'sieur ?
Non, je reste assis. C'est plus simple.
� force de rester assis, tout ce que vous aurez c'est de la corne.
Peut-�tre bien.
Regardez-les, entrain de se casser le dos.
Tout �a pour manger.
Ils sont comme ces fourmis.
Des milliers, tous � faire la m�me chose.
Grimper la colline, descendre la colline, et ainsi de suite.
Ils n'iront nulle part comme �a.
Vous inqui�tez pas, M'sieur, on vient de loin, on y arrivera.
Qu'est-ce qui vous fait croire que vous �tes si diff�rents ?
On n'est pas des fourmis.
Viens, Bert, on a du travail.
Si vous avez besoin de mat�riel,
ou de changer votre poussi�re d'or contre de l'argent,
je m'appelle Willis.
Willis Haver.
Plus que six de ces bo�tes chercheuses d'or, mes amis,
ne passez pas � c�t�.
Tout ce que vous avez � faire, c'est la regarder � l'�uvre,
et vous vous battrez pour l'avoir.
Je sais ce que vous vous dites.
S'il sait comment trouver de l'or,
pourquoi il n'en cherche pas pour lui-m�me ?
Et c'est ce que j'ai fait. C'�tait pas mon truc.
Mais pensez-y juste une seconde mes amis,
plus de terre � gratter ou � creuser,
cette petite bo�te trouvera l'or � votre place.
Et non seulement elle trouvera l'or,
mais elle gu�rira aussi vos rhumatismes.
Oui, mes amis, une fois que vous aurez trouv� pour un million de dollars d'or,
vous n'aurez plus de rhumatismes.
Je vais vous dire ce que je vais faire.
Je vous en demande pas 200... Je vous en demande pas 100...
H�, doucement, �a nous a pris toute la journ�e pour d�nicher cette poussi�re.
Et �a m'a pris toute la journ�e pour cuisiner cette bouillie.
Tu te rends compte, Tracy ?
Le travail de toute une journ�e juste pour un repas.
Bonsoir, M. Haver.
Tu sais quoi ?
Les deux hommes qui travaillaient juste � c�t� de nous,
ils se sont fait 80 dollars aujourd'hui.
Je les ai vus.
Et tu sais quoi ? Plut�t que d'utiliser des b�t�es,
ils ont une esp�ce de bo�te qu'ils balancent d'avant en arri�re.
C'est comme ce que disait l'affiche.
"Partez pour l'ouest, trouvez-le, ramassez-le".
Je suis bien content qu'on ait fait �quipe, Tracy.
80 $. Il faut trouver un moyen de se faciliter la t�che.
En attendant, c'est toujours mieux que le Missouri.
Il est temps de faire mieux que �a.
� quoi tu penses ?
80 $ par jour, c'est rien.
Il y a des moyens de vraiment s'enrichir, Bert.
- Comment ? - On va le d�couvrir ce soir.
Bonsoir M. Haver.
Mon partenaire et moi, on se demandait
si vous aviez de ces bo�tes qu'on balance d'avant en arri�re.
On s'est dit qu'on s'en sortirait mieux avec.
O� est-ce que tu te trouves, fiston ?
Dans votre tente, M'sieur.
- Comment tu t'appelles ? - Powell. Tracy Powell.
Tracy n'est pas comme les autres.
Il va y arriver, lui. Pas vrai, fiston ?
Quoi de neuf aujourd'hui ?
On s'est fait environ 80 $.
Tu as entendu, Sam ? C'est pas mal pour un premier jour.
Allons-y, Haver, j'ai besoin d'un verre.
Votre or, M'sieur..
Il faut pas �tre n'importe qui pour amasser autant d'or.
Excusez-moi de vous demander, mais tout cet or vient du fleuve ?
Tu ferais mieux de partir, fiston, avant de fourrer ton nez o� il ne faut pas.
Je voulais pas vous mettre en col�re, M'sieur.
C'est une simple question, vous �tes pas oblig� de r�pondre.
M�me si je sais que vous n'avez pas trouv� cet or dans le fleuve.
Il sait que tu n'as pas trouv� cet or dans le fleuve.
La psychologie, c'est pas ton truc, Sam.
Wilkins est toujours un peu mal lun� quand il n'a pas eu son verre.
Powell n'insinuait rien, pas vrai fiston ?
Il est juste curieux. Je serais pareil � sa place.
Il n'y a aucun mal � nous dire o� tu trouves ton or.
Qui sait, Sam ? Powell pourrait bien �tre le partenaire que tu recherches.
Je ne voulais pas vous d�ranger.
Je respecte ceux qui sont assez malins pour s'en tirer mieux que les autres.
Que diriez-vous d'un verre, M. Wilkins, qu'on parle un peu tous les deux.
Bonne id�e, gamin.
Rien de mieux qu'un bar pour apprendre � se conna�tre.
- Venez avec nous, M. Haver. - Je vais rester l�, j'ai du travail.
J'avais tort � votre sujet, M. Haver.
� force de rester assis, vous allez devenir riche.
J'avais peut-�tre tort � ton sujet, moi aussi.
File avant que Sam ne vide le bar.
Je vais boire un verre.
Le type qui avait tout cet or, c'est Wilkins,
Sam Wilkins. Jamais vu autant d'or...
- Tu ne bois pas. - Il est temps de m'y mettre.
- Je vais parler affaires pour nous deux. - Ce sera sans moi.
Le type qui m'a montr� l'esp�ce de bo�te,
il dit que Wilkins est un sale type, et que tout le monde le sait.
�loigne-toi de lui, Tracy, tout ira mieux quand on aura cette bo�te.
Et finir comme tous les autres ?
J'ai vu l'argent. Plus d'argent que dans toute ma vie.
Et je veux ma part.
Le dernier qui a suivi Wilkins s'est fait tuer.
Tu n'es pas comme �a, je te connais depuis qu'on est petits.
On n'est plus des enfants.
Tu n'es pas comme �a, je le r�p�te.
Peut-�tre. Mais une chose est s�re.
Je suis pas venu de si loin, me briser les reins, juste pour manger.
Ce sera avec ou sans toi.
Sans. Tracy...
- Fais attention � toi. - J'y compte bien.
Powell, cette gn�le va te filer des frissons dans le dos.
Y a pas mieux pour tuer un homme.
Ainsi a commenc� la chasse � l'or pour Tracy.
Il ne savait alors pas ce que les collines lui r�servaient,
mais il n'allait pas tarder � le d�couvrir.
Jolie mine que vous avez l�.
Beaucoup d'or.
Cigare ?
- Merci. - Tu as une allumette ?
Allez, vamos !
Vamos !
Tu t'en tires bien, gamin.
Regarde ces idiots le long du fleuve.
� gratter la terre pour un peu de poussi�re.
Observe plut�t les Mexicains,
ils t'indiqueront les coins qui en valent la peine, sur la colline.
Voler des concessions, c'est pas �a que j'avais en t�te.
O� est le probl�me, tu voulais de l'or, non ?
Il faut du cran pour devenir riche.
Si �a te pla�t pas, je te retiens pas.
- Je vais au travail. - Ah, tu commences � comprendre.
Ici, pas de repos sauf le dimanche.
� cause du Seigneur pour certains.
Et pour les autres, �a fait au moins un jour o� ils peuvent vraiment boire.
Tracy comprit vite jusqu'o� certains pouvaient aller pour s'enrichir.
Il n'�tait pas devenu mauvais, m�me s'il suivit le mouvement.
Parfois, l'or fait faire de choses �tranges � un homme.
- Bert, laisse-moi t'offrir un verre. - Non, merci.
Et vous, M. Haver ?
Je sais ce que vous vous dites, sans vous, j'aurais jamais rencontr� Sam.
J'aurais jamais rencontr� Sam.
J'aurais jamais trouv� toute cette poussi�re d'or.
Allez, Bert, laisse-moi t'offrir un verre.
- Oh, Tracy, je... - Ne sois pas en col�re.
On est amis depuis le d�but, pas vrai ?
C'est vrai, j'ai saisi ma chance. C'est pas une raison pour �tre en col�re.
Je t'ai parl� de M. Haver ? Il a une grosse bo�te.
Une grosse bo�te en acier, peine d'argent.
On va vider cette grosse bo�te pleine d'argent,
avec ce que Sam et moi, on a trouv�.
On va payer un verre � tout le monde.
Oui, M'sieur, avec ce que Sam et moi on a trouv�.
On a juste eu � se pencher, � les ramasser � m�me le sol.
Ces grosses p�pites, magnifiques,
qui �clairent ton visage quand tu les tiens au soleil.
Comme des milliers de petits miroirs.
Pas comme tous les autres, M. Haver.
J'attends de voir.
Wilkins et toi vous �tes d�j� donn� vos parts ?
On va payer un verre � tout le monde.
Je vais aller voir M. Wilkins et lui dire :
"il est temps de partager, qu'on paie notre tourn�e".
Ne bougez pas.
C'est mon petit partenaire tout droit venu du Missouri, Tracy Powell !
On va payer notre tourn�e avec l'argent. Si tu me donnais ma part ?
Bien s�r, fiston. Tout de suite.
Un sacr� salaire pour deux semaines de boulot.
J'ai droit � la moiti�, Sam.
Prends �a et tire-toi, gamin.
J'ai droit � la moiti�, M. Wilkins.
Hors de mon chemin.
Pourquoi on a quitt� le Missouri, Bert ?
Pourquoi on a parcouru plus de 3000 kilom�tres ?
- Pour l'or. - Exactement.
Et j'en ai trouv�. J'en avais plein les mains.
La moiti� de cet or est � moi, M. Haver. On a fait un march�.
� quel point tu y tiens ?
Je vais devoir prendre votre arme, M. Haver.
Tu vas y laisser la peau.
Arr�te, Tracy, �a n'en vaut pas la peine.
J'ai encore jamais tu� un homme.
On vient changer sa poussi�re, M. Powell ?
Tu devais �tre trop occup� pour voir l'expression sur le visage de Wilkins.
Je crois bien que tu as raison....
Tu vas t'en sortir.
Aujourd'hui, je te donne tout ce qui te revient,
tu t'es bien d�brouill� avec Wilkins.
D'habitude, je prends ma part.
T�che de t'en souvenir.
Du calme.
Nous y voil�.
Voici 1900 dollars.
Pas mal pour un d�but.
Vous auriez d� me dire que Wilkins travaillait pour vous.
Je te le dis maintenant, qu'est-ce que �a change ?
Tu n'as peut-�tre pas compris.
On veut que tu te joignes � nous.
Tu me plais. Tu as du caract�re.
Un type comme toi avec un type comme moi,
on peut faire fortune. Ne joue pas les idiots, fiston.
C'est peut-�tre juste que je vous aime pas, Haver.
Tr�s bien, tu finiras le nez dans la terre, comme les autres.
Peut-�tre. Mais j'ai pas fait tout ce chemin pour finir comme un voleur.
Je pensais que tu �tais diff�rent, mais je me suis tromp�.
Sans rancune.
Vous inqui�tez pas pour moi, Haver. Je retombe toujours sur mes pattes.
Si vous avez du souci � vous faire, c'est plut�t pour Wilkins.
Il va �tre votre partenaire.
Wilkins travaille pour Haver. Il veut que je me joigne � eux.
Qu'est-ce que tu as r�pondu ?
Je crois que tu avais raison, Bert. Je suis pas comme �a.
Partons, Tracy. Oublie cet or.
Le monde est en train de changer, il n'y a pas que l'or.
Personne ne devient riche dans le coin,
� moins de vouloir �tre comme ce Haver ou...
� moins de vouloir l'or au point que presque rien ne l'arr�te.
Pas besoin d'une montagne pour �tre heureux.
Tu n'as pas vu ces collines comme je les ai vues, Bert.
C'est comme ils disaient.
En une journ�e, on peut se faire assez
pour vivre comme un roi le restant de ses jours.
Tu es malade, Tracy. Tu ne t'en rends pas compte ?
Si tu continues comme �a, tu auras le diable comme partenaire.
On ferait mieux d'aller boire un verre.
Parce que tu as en face de toi un homme qui court droit dans les bras du diable.
Le temps passa.
Je me lan�ai dans le commerce de v�tements et �a marchait plut�t bien.
Je n'ai pas beaucoup vu Tracy, pendant ces ann�es.
La plupart du temps, il �tait dans ses collines,
descendant en ville de temps en temps,
lorsqu'il avait besoin d'argent.
Je l'aidais volontiers. Les affaires allaient bien.
C'est � cette �poque que Tracy a rencontr� Julie.
Ils sont tout de suite tomb�s amoureux.
Je n'ai jamais compris comment une fille aussi extraordinaire que Julie
avait pu attendre toutes ses ann�es, mais c'est ce qu'elle fit.
Un jour d'�t�, il est revenu.
Une pierre dans la main et l'amour dans les yeux.
Je viens chercher mes chemises, elles sont pr�tes ?
Tracy !
J'avais peur que tu aies rencontr� quelqu'un,
je pensais que tu �tais partie, mais non. Tu as attendu.
Oui, j'ai attendu. Encore et encore.
Oh, Tracy, je t'aime.
Cette fois �tait la plus difficile.
C'�tait interminable.
Je travaillais jusqu'� �puisement,
tant que �a m'emp�chait de penser.
La nuit, je m'allongeais par terre,
je devenais fou � force de penser � toi.
J'ai dit que je n'attendrais pas, puis j'ai pens�,
il va s'en sortir,
et alors il reviendra vers moi.
J'ai essay� de me mentir � moi-m�me...
Si tu savais les choses que je me racontais � ton sujet.
J'ai toujours voulu fonder un foyer.
L'Ohio, le Kentucky...
Dans le Tennessee,
je me souviens quand ma m�re et moi avons eu cette ferme.
Mon p�re est apparu avec une charrette,
et des histoires sur la Californie.
Il avait l'air d'�tre un bon p�re.
Il avait de l'ambition.
Il s'est assur� que ta m�re et toi aviez tout ce qu'il fallait.
Je n'ai jamais compris pourquoi elle s'est accroch�e � lui.
Elle l'aimait.
Oui, elle l'aimait.
Je veux ce foyer, Tracy.
Celui que ma m�re n'a jamais eu.
J'ai travaill� dur pour �a.
Pour un endroit � moi,
pour aimer un homme et �lever des enfants.
Tu comprends, Tracy ?
Tu comprends ce que je veux ?
Je vais te le donner, Julie.
� chaque fois que je suis sur le point de laisser tomber, je pense � toi.
Je me dis "c'est pas juste pour moi,
c'est pour Julie, tout �a c'est pour Julie".
Alors je regarde la pente devant moi
et la mont�e semble bien plus facile.
Maintenant que j'ai trouv� ce que je cherchais,
je vais t'offrir tout ce qu'une femme comme toi devrait avoir.
Je te tiens enfin dans mes bras.
On va se marier.
Tu ferais mieux d'aller me chercher cette chemise propre.
Aucun homme ne peut se marier sans chemise propre
Cette loi est apparue en m�me temps que la civilisation.
J'y vais.
Une chemise neuve serait encore mieux,
sinon le pr�tre pensera que j'�pouse un ours.
Je n'ai jamais vu autant de salet�.
F�licitations, Tracy.
Bert.
- Comment vont les affaires ? - Bien.
Mon Dieu, tu vas �tre fier de moi.
Comment ne pas �tre fier.
- �pouser une fille comme Julie. - Oui, mais je ne parlais pas de Julie.
Je parle de pierres et de terre, et du plus beau ruisseau dor�
qui ait jamais couru au travers.
Croyez-moi, M. Killian,
vous d�tenez 25% de la concession la plus riche
jamais d�couverte dans les 300 km � la ronde.
C'est tr�s g�n�reux de ta part, Tracy.
C'est normal, tu me finances, tu as ta part.
Attends de la voir, tout est r�gl�,
les papiers sont remplis, je l'ai appel�e Julie.
Je ne t'aiderai pas cette fois, Tracy.
Bert, tu ne comprends pas.
Attends de voir la pierre, tu viendras travailler avec moi.
Elle doit faire dans les 40 m�tres de profondeur.
Tout ce qu'on a � faire, c'est suivre cette veine.
Tu as dit � Julie que tu partais encore ?
Ne sois pas b�te, Bert, je sais ce que j'ai trouv�, cette fois.
Tu le savais aussi la derni�re fois.
Je ne t'attendrai pas, cette fois.
Il va falloir faire un choix.
Bert, finance-moi encore, juste une derni�re fois.
Si �a ne fonctionne pas, j'arr�te, je le jure.
Julie, il faut que tu voies �a, je veux te donner ce foyer dont tu r�ves.
Alors reste.
Tu n'arr�teras jamais, tu as perdu la raison.
Je t'avais pr�venue, Julie, il a perdu la raison.
Julie est � moi, tu avais oubli� ?
Non, et c'est pour �a que tu n'auras pas mon argent cette fois.
Je vais lui prouver que tu n'es pas fait pour elle,
et que tu as perdu la raison.
Je n'ai pas besoin de toi.
Je trouverai l'argent ailleurs.
C'est comme �a que tu as attendu.
Avec lui,
Dehors.
Dehors !
Une minute, Monsieur.
C'est bon, vous pouvez attendre dehors.
Une minute, mon ami.
Cette mine a du potentiel, Sam.
Jettes-y un �il.
Comment vas-tu, Tracy ?
�a fait longtemps.
Sam me dit que tu as enregistr� une concession pleine de potentiel.
Dans les quarante m�tres de profondeur, il m'a dit.
C'est bon, tu peux parler devant Sam.
Il ne t'en veut pas, pas vrai Sam ?
Comment avez-vous su pour la concession ?
L'essayeur travaille pour moi, tout comme le responsable des registres.
Dans ce milieu, il est n�cessaire de savoir tout ce qui se passe.
Que puis-je faire pour toi, Tracy ?
Si je peux t'aider, je le ferai.
Je suis content que tu sois venu me voir.
L'exp�rience finit toujours par servir.
J'ai besoin d'argent, Haver. Cette concession a de la valeur.
Je ne m'attends pas � ce que vous m'aidiez sans contrepartie,
je vous paierai.
Tracy, tu ne comprends pas....
Je dirige une banque, maintenant.
�a change un peu la donne.
Il ne s'agit plus que de moi,
je dois rendre des comptes � d'autres personnes � San Francisco.
Je ne peux pas financer une concession sans savoir ce qu'elle contient.
Comment le savoir si je n'ai pas le mat�riel pour l'exploiter ?
Un vrai cercle vicieux.
Pas d'argent si tu ne connais pas la valeur de ta concession,
et impossible de conna�tre la valeur de ta concession sans argent.
Je le r�p�te, c'est les affaires.
Impossible de s'en sortir tout seul,
� moins de suivre les r�gles.
Combien en voulez-vous ?
La totalit�.
C'est comme �a que �a marche, d�sormais.
Si tu �tais sorti de tes collines, tu le saurais peut-�tre.
On investit l'argent, tu exploites la mine,
et on te donne ce qu'on estime �tre sa valeur.
Tous les jours quelqu'un vient ici avec une pierre, pas vrai, Sam ?
On ne peut donner plus de mat�riel que celui qu'on a.
C'est les affaires, Tracy, comme je t'ai dit.
Powell.
Sam n'aura aucun probl�me � te mettre des b�tons dans les roues.
Tu n'auras ni eau, ni rien.
Si tu ne te joins pas � nous, ta concession ne vaudra pas un cent.
On se fera un malin plaisir de te surveiller, Tracy.
Pas vrai, Sam ?
Au nom du bon vieux temps.
Je te laisse partir cette fois, Tracy.
Personne ne te touchera, je vais m'en assurer.
Ce qui est dr�le chez toi, Tracy, c'est que tu es diff�rent.
Diff�rent de Sam et moi.
Le probl�me, c'est que tu tiens tellement � cet or,
que tu reviendras en rampant.
Et je serai l� � ce moment.
Ouvre. Ouvre !
Je sais que tu es l�, je dois te parler.
Ouvre !
Ne me touche pas.
Je ne laisserai aucun homme me toucher,
et surtout pas toi.
Regarde-toi...
Qu'est-ce que tu vas devenir !
Tu avais raison.
Tu ne finiras pas comme les autres.
Tu finiras comme un animal.
Un animal sauvage.
� gratter la terre, sans plus rien d'humain.
Laisse-moi tranquille.
Je ne veux pas te voir.
Aide-moi, Julie. Aide-moi, s'il te pla�t.
S'il te pla�t.
Aide-moi.
Je vais travailler. Je vais trouver.
Je vais nous construire un foyer.
Je vais arr�ter de chercher de l'or, mais aide-moi, Julie.
Je n'en aurais jamais cru Tracy capable, mais il essaya
de construire un foyer et de vivre comme les autres.
Ce n'�tait pas simple,
car Tracy �tait un homme qui voulait �tre roi.
C'est juste des collines.
Tout va bien, Tracy.
La r�colte ne va pas tarder.....
On ach�tera des vaches, on construira notre maison.
Tu vas voir, �a va venir.
Nous aurons tr�s vite un ranch comme les autres.
Comme les autres.
Je te vois travailler et je pense � ma m�re.
� peine �tais-je n� qu'elle s'�tait remise � travailler.
Courber le dos, gratter la terre.
Travailler ne me fait pas peur si c'est pour une raison.
Si seulement on avait 2000 dollars, on pourrait se lancer.
Commencer sur de bonnes bases, se donner une chance.
Arr�te de r�ver, Tracy.
Combien de temps as-tu cherch�, sans jamais trouver ?
C'est le cas de beaucoup d'hommes.
Mais ils vivent et travaillent, et ont une famille.
Et s'aiment les uns les autres.
C'est �a qui est important.
Je ne change pas d'avis, Julie, c'est juste que.....
Je ne comprends pas pourquoi on se fatigue comme �a.
Je n'y peux rien, je revois encore ces gros idiots,
hurlant de bonheur � l'entr�e de leur concession.
Capables de trouver assez d'or en une semaine
pour nous payer le plus gros ranch du coin.
Ne t'en fais pas, je ne vais pas m'en aller.
Mais je te dis ce que je ressens.
J'essaie, Julie, tu sais que c'est vrai.
Mais ce n'est pas juste,
rester l� � rien faire avec tout cet or dans les collines.
Barman ! � boire.
Je bois � la sant� du chercheur d'or le plus tenace
le plus dur � cuire qui ait jamais travers� le Sacramento.
Allez, Tracy, dis-moi.
�a fait combien de temps
qu'on cherche l'or � l'autre bout de l'arc-en-ciel ?
�a fait combien de temps qu'on a de la poussi�re plein les mains ?
Dix ans, neuf ou dix ans.
Tu te souviens du temps o� j'avais 25% de ce trou � rats ?
Je prenais des bains dans un tonneau rempli de whisky.
�a s'est av�r� une belle arnaque.
Mais je m'en suis sorti, et avec le foi intacte.
Et j'�tais l� !
Avec un tonneau plein de Bourbon,
et aucune trace d'or !
Tracy, je veux qu'on fasse �quipe.
Vraiment.
Personne ne ferait un meilleur partenaire.
Qu'est-ce que tu en penses ? �coute-moi.
J'ai un �il d'aigle et le flair d'un chien de chasse.
Je peux d�nicher de l'or � 30 kilom�tres � la ronde.
Je serais fier de faire �quipe avec toi.
Fier d'associer mon nom au tien.
Que dirais-tu d'encore un peu de ce tord-boyaux ?
Montre-la-moi.
- Montre. - Bien s�r. Elle est l�.
- Regarde-la bien. - Combien elle vaut ?
Dans les 115 dollars.
Et tu ne l'as pas d�clar�e ? Personne ne sait o� elle se trouve ?
Non, bien s�r que non.
Ils te la prendraient. C'est les affaires qui comptent, maintenant.
L'or, c'est les affaires.
On transpire, Haver r�colte tout.
Pas pour Jimmo McCann.
Tracy, je connais des gens importants � San Francisco,
� la soci�t� mini�re.
Haver n'en saura jamais rien.
Tout ce qu'on a � faire, Tracy, c'est trouver la veine.
Et si quelqu'un dans le monde est capable de faire �a
mieux que Tracy Powell, qu'on me le pr�sente.
� part moi.
On ferait �quipe, on partagerait tout ?
Exactement, Tracy.
Il n'y a que l'or qui compte.
Tu ne crois pas que je vais passer ma vie comme �a,
� me finir au Bourbon ?
Pas ce vieux Jimmo.
Je vais traverser la rue principale � bord d'une voiture en or,
et tirer la langue � tous les passants en leur disant
"C'est moi, Jimmo McCann !
"Je suis venu pour l'or et je l'ai trouv� !
"Vous feriez mieux d'�couter,
"parce que c'est pas des mots dans le vent.
"C'est l'histoire d'un grand homme qui en avait dans le ventre."
Que voulait Jimmo, Tracy ?
Il veut que tu partes avec lui ?
Il a trouv� une concession. J'ai dit non.
Je suis enceinte, Tracy.
Il n'y a pas de mariage sans enfant.
C'est ce que j'ai toujours dit.
Quand j'avais ton �ge,
j'ai eu le cran de lui tenir t�te et de lui dire, face � face,
"Ch�rie, je suis un homme libre et j'aime suivre le vent
"mais un jour je reviendrai les poches pleines de p�pites,
et je me rattraperai."
Je veux te poser une question.
Qui suis-je ?
Suis-je quelque chose, ou ne suis-je rien ?
Tu n'es rien.
Absolument rien.
Tracy, fiston.
Ce que tu vis...
Aucune femme ne peut le comprendre.
Tu as raison. Elle ne comprend pas.
Aucune femme ne comprend.
Je dois y arriver.
Je le dois.
Bien entendu, Tracy comptait rentrer rapidement.
Avant la naissance du b�b�, m�me. Mais il n'en fit rien.
Les semaines devinrent des mois, les mois des ann�es.
Des ann�es � grimper, � creuser, � gratter la terre.
En 1869, presque tout le monde avait oubli� l'or.
L'Ouest se civilisait.
Notre ville prosp�rait.
La plupart menaient une Vie ordinaire,
� travailler, entretenir leur ferme, monter des affaires.
Il en restait quelques-uns, comme Tracy et Jimmo,
qui n'avaient jamais abandonn� le r�ve.
Alors, Tracy, qu'est-ce que t'en dis ?
On pourrait creuser ici.
Soyons logiques.
On sait que quelque part, dans cette �tendue sauvage,
se cache une belle veine dor�e.
La question est la suivante :
cette veine sort-elle ici
ou dans cette colline plus loin ?
Peut-�tre n'y a-t-il m�me pas de veine.
Tracy, je dirai plus ce genre de chose.
- On creuse ici. - D'accord, on creuse ici.
C'est pas bon d'h�siter.
Pour �tre s�r, on va la jouer � pile ou face.
Mon dernier dollar honn�tement gagn�.
Je l'ai gard� pour une occasion comme celle-ci.
Alors, Tracy, pile ou face ?
Je me fiche de ton dollar, j'ai dit qu'on creusait ici.
�coute, un homme a d�couvert la plus grosse concession � Coloma.
Quand le type s'est lev� le matin, il �tait tellement ivre
qu'il a mis son pantalon � l'envers et ne savait pas comment marcher.
- Alors, pile ou face ? - Oh, pile.
Pile.
Maintenant que la science est de notre c�t�, au travail.
Qu'est-ce que tu fais ?
�a fait un moment que le Seigneur et moi n'avons rien � nous dire,
il est temps de renouer.
On va avoir besoin de lui.
On aura tout le temps pour �a, dimanche.
On a un tunnel � creuser. Allez.
L�che �a. L�che !
Voici la pire fouine que l'humanit� ait jamais engendr�e.
Qu'est-ce que tu fais l�, Sam, tu travailles dans le coin ?
Ne crois pas que tu me fais peur avec ce bout de ferraille.
De si pr�s, le coup te sonnerait � vie.
- Arr�te de le pointer vers moi. - Je suis l� pour les affaires, Jimmo.
Je r�cup�re cette concession.
Oh, Sam, me fais pas rire.
Le vol de concession, c'est reparti ?
Mon pauvre, qu'est-ce qui s'est pass� ?
Qu'est devenu ce boulot honn�te que t'avait offert cette ordure de Haver ?
Nos chemins se sont s�par�s.
Allez, vieil homme, ramasse tes affaires et va-t'en.
Tracy.
Je ne savais pas.
Vraiment, Tracy, si j'avais su que cette concession �tait � toi,
j'aurais rien fait.
Je crois que ma bonne �toile m'a quitt�.
Je m'en vais.
Tu ne travailles plus pour Haver ?
Il m'a mis dehors.
C'est quelqu'un d'important, maintenant.
Il n'a plus besoin de moi.
Alors je suis parti dans les collines,
c'est la seule chose que je pouvais faire.
Les choses ont beaucoup chang�, Tracy.
Toutes les concessions ont �t� r�cup�r�es,
celles qui restent ne valent rien.
- Tracy, je peux travailler pour toi. - On a besoin de personne.
Tracy, on ferait mieux de l'embaucher.
C'est mieux que de le laisser retourner en ville
pour qu'il raconte � tout le monde ce qu'il a vu.
Tout le monde accourrait.
Comment �tre s�rs que tu ne vas pas courir voir
Haver dans quelques jours pour nous trahir ?
Plut�t mourir, Tracy.
Tu sais ce qu'il m'a oblig� � faire ?
Il a une grande maison, maintenant.
Il me chargeait de r�parer les objets cass�s.
Je veux �tre loin de lui plus que tout autre chose.
D'accord, Wilkins.
Si je me rends compte que tu essaies de nous trahir, je te tue.
Merci, Tracy.
Je le fais pas pour toi, Wilkins.
C'est que j'ai une faible pour les ennemis de Haver.
Et un homme de plus serait pas de trop.
Regarde �a, Sam.
Il faut montrer �a � Jimmo.
- Montre-la-moi, Tracy, sois gentil. - Tiens, Jimmo.
Je le savais.
Il y en a pour 10 millions.
20 millions !
C'est �norme.
�a vaut un milliard.
Une mine d'un milliard.
Que Dieu la b�nisse.
Il faut que je voie �a.
J'y vais. J'y vais.
O� est la lampe ?
Je reviens.
Un milliard !
Un milliard !
Jimmo !
Tracy !
Tout va bien, mon vieux.
On va t'emmener aux mules avec Wilkins, puis on reviendra.
On va te retaper.
Dis, c'�tait comment ?
J'ai pas eu le temps de voir.
C'�tait comment ?
On est riches, Jimmo. Vraiment riches.
Dis-moi, Tracy.
Il a raison. Elle fait plus de 40 m de profondeur.
J'ai vu l'or briller � travers.
C'est comme tu disais,
une montagne d'or.
Je sens plus mes jambes.
Je vais pas m'en sortir, Tracy.
Ne t'inqui�te pas.
Tu marcheras mieux que moi, comme toujours.
Plus besoin de marcher, Tracy,
j'ai trouv� ma montagne.
Je vais me prendre un lit dans une auberge,
me reposer toute la nuit,
et je me baladerai dans une voiture en or,
en tirant la langue.
Jimmo, Jimmo, tiens bon.
Tu vas pouvoir avoir tout ce que tu veux,
faire ce que tu veux, le tour du monde,
dormir dans un lit moelleux, comme tu disais.
J'ai du mal � parler, Tracy.
Dis-moi.
Comment �a va �tre,
quand tu vas rentrer chez toi.
Ce sera bon de retrouver Julie et notre enfant.
On va arriver l�-bas, de l'argent plein les bras.
Et je vais serrer Julie contre moi.
On va acheter la plus grande maison de San Francisco,
et tu vas vivre avec nous.
Tu auras ta place attitr�e � table,
tu fumeras de gros cigares, les plus gros du Sacramento.
J'arrive pas � y croire.
C'est ce qu'il a cherch� toute sa vie.
Jimmo a eu de la chance.
Certains hommes cherchent toute leur vie sans jamais trouver.
J'imagine que Jimmo �tait plut�t chanceux.
C'est moi, Sam Wilkins.
Propri�taire de la plus grosse concession de la ville, les amis.
Little Jimmo, elle s'appelle.
Et elle contient assez d'or pour acheter tout le whisky
de ce c�t� des Rocheuses jusqu'� la fin de nos vies.
C'est pas tous les jours qu'un homme a la chance
de boire autant qu'il veut
sans avoir � payer un dollar pour �a.
Parce que c'est moi, Sam Wilkins,
copropri�taire de la plus grosse concession d'or de cette ville,
qui invite ! Alors tout le monde au bar.
Et alors, remplis donc ces verres.
Jamais eu aussi soif de toute ma vie.
C'est toujours le premier endroit o� je viens en rentrant en ville.
Je comprends.
�a a bien chang�.
Je vous parie qu'il n'y a pas de mule � 20 km � la ronde.
Une concession aussi prometteuse que celle de Jimmo, c'est rare.
Nous sommes ravis que vous vous soyez adress�s � nous,
avant quiconque.
Jimmo vous faisait confiance, alors moi aussi.
Que diriez-vous d'un toast ?
Au premier jour de fouilles. Que cette concession prosp�re.
� Jimmo.
Voici les papiers pour finaliser la transaction.
Tout est pr�t.
Et voici les 5000 dollars d'avance comme vous le vouliez.
Vous comprenez que nous faisons l� une exception.
Nous n'avan�ons g�n�ralement aucune somme
avant que la valeur de la concession soit v�rifi�e.
M. Powell, vous comprenez que nous ne connaissons
pas la valeur exacte de la concession Jimmo.
Le prix de la transaction n'est donc qu'une estimation pour le moment.
- Cependant, nous pensons que.... - Je reviens.
Elle refuse de te voir.
Tu lui as dit ce que je t'ai dit ? Que j'avais r�ussi ?
Que j'�tais revenu comme promis ?
La ville enti�re est au courant de ta r�ussite.
Tu ne peux pas traiter une femme de la sorte, et
t'attendre � ce qu'elle t'accueille � bras ouverts.
Surtout Julie.
Elle a �lev� seule cet enfant, tout en travaillant � la blanchisserie.
Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas te voir.
Il faut qu'elle accepte. Je dois me racheter.
Je vais lui apporter l'argent, je vais lui montrer.
Quand elle le verra, elle y croira.
Cet argent sera pour elle.
Toujours l'argent....
Je reviens.
Voici, Mme Ross, � bient�t.
Tiens. Pour toi, comme promis.
J'ai dit � Bert que je ne voulais pas te voir.
C'est ce qu'il m'a dit.
Alors va-t�en.
Tr�s bien.
Pourquoi ne t'es-tu pas trouv� un autre homme ?
Ose me le dire, apr�s tout ce temps, si tu ne m'attendais pas.
J'ai attendu que tu changes.
Que tu reviennes � la raison.
J'ai esp�r� chaque jour, chaque jour, que tu reviennes.
Je suis revenu, comme tu dis.
Oui, tu es revenu.
Mais rien n'a chang�.
Je ne veux pas de cet argent.
Tu ne comprends pas ? Je n'en veux pas.
Je n'en ai jamais voulu.
Je voulais un mari qui m'aime et me respecte,
qui soit un p�re pour mes enfants, pas ton argent.
Tu crois que �a va racheter toutes ces ann�es ?
Le p�re que notre gar�on n'a jamais eu ?
Tu vas racheter tout �a ?
Maman, qu'est-ce qui se passe ?
J'ai jamais vu autant de monde.
Regarde tout cet argent.
Il est � vous, Monsieur ?
Je vais vous aider.
Des billets de 100 dollars.
Il doit y avoir 5000 dollars, l�.
Billy.
C'est ton p�re.
Tu es revenu. Tu es revenu !
J'avais dit � maman de pas s'inqui�ter.
Je lui ai dit que tu reviendrais.
Tout le monde disait le contraire.
Tu vas rester, maintenant ?
Tu vas rester ?
Je ne sais pas, fils. �a ne d�pend pas de moi.
Excellent, Billy. J'ai h�te qu'on chasse ensemble.
C'est la premi�re fois que je tiens un fusil.
Il est magnifique.
�a me rappelle le jour o� Jimmo et moi
�tions tomb�s sur ce chat sauvage. Je t'ai parl� de Jimmo ?
Tu m'as parl� de la concession, qui porte son nom.
Mais pas du chat sauvage. Alors ?
Tu l'as tu�, ou alors c'est Jimmo ?
Voil� comment �a s'est pass�.
C'�tait il y a � peu pr�s neuf ans.
Jimmo et moi on avait....
Julie laissa Tracy rendre visite � leur gar�on.
Allait-elle le laisser revenir dans sa vie ? Elle ne pouvait se d�cider.
Elle avait besoin de temps.
Comme je t'ai dit, Bert, si un homme croit en lui
et qu'il veut sortir du lot....
Ne t'en fais pas pour moi, Tracy, les affaires se portent bien.
Oui, oui, bien s�r.
Si tu avais �t� l� quand Wilkins et moi
l'avons enfin trouv�e, qu'on a pos� la main dessus...
Je te le dis, �a vaut tout ce que j'ai endur�
depuis qu'on a quitt� le Missouri, toi et moi,
Et tu sais � quel point elle est grande ?
Plus de 40 m de profondeur.
Qu'est-ce que t'en dis ? Plus de 40 m�tres.
Qu'est-ce que tu veux ? Quel est le probl�me ?
Jimmo...
C'est Baxter qui m'envoie.
- Quel est le probl�me ? - Elle ne vaut rien !
La concession est vide, ils n'ont rien pu faire. L'or a disparu.
- Tu es fou. - Je suis pas fou, il n'y a rien.
Qui t'a dit �a ?
- Qui t'a dit �a ? - Eux
Ils m'ont dit de te dire qu'il n'y a rien.
Leurs hommes sont all�s v�rifier.
- On n'a rien. - Ils mentent.
On a vu cet or. Sam, on a vu l'or tous les deux.
Je l'ai vu.
Je l'ai vu !
Tu ne peux pas y aller dans cet �tat.
Wilkins dit que Jimmo ne contient pas d'or.
Qu'est-ce que....
Je veux r�cup�rer les papiers que j'ai sign�s, j'annule le contrat.
C'est bon, Baxter, donne-lui,
�a va, Baxter, donne-lui les papiers.
�a fait un moment, Powell.
Baisse ce fusil.
Personne ne va t'escroquer.
Ne t'en prends pas � Baxter, il ne fait que suivre les ordres.
Si tu �tais venu me voir, je t'aurais dit qu'aucune transaction
ne peut avoir lieu sans mon aval dans le coin.
Tu mens. Assez de tes petits tours malhonn�tes.
Dis-lui.
C'est la v�rit�, Powell.
On est all�s sur la concession, et la veine s'est tarie.
Je vais creuser, je vais vous montrer.
C'est juste la veine. Il y a de l'or, je le sais.
C'est vrai, il y a de l'or.
Comme tu disais, la plus grosse d�couverte depuis Coloma.
La veine principale �tait dans la colline voisine.
On y est all�s apr�s que la tienne s'est vid�e.
Tu mens.
Tu essaies de me voler mon or.
C'est moi qui l'ai trouv�, avec Jimmo.
On s'est bris� les reins � force de creuser.
Personne ne me prendra mon or, je vous tuerai avant.
Mettez-le dehors.
Qu'il rampe.
Tracy !
- Tu ne peux rien contre eux. - Tracy, rentre � la maison.
Je vais te dire ce qui s'est pass�.
Jimmo me dit d'aller sur la colline voisine,
je dis non, celle-ci est tr�s bien.
Tu m'entends, Bert ? On �tait tout pr�s, juste l�.
Quelques pas et on avait tout. � une colline pr�s !
Tracy, �coute-moi.
Il n'y a pas de honte � �chouer.
Pas de honte, je te dis.
Jimmo avait raison.
Si tu as le courage n�cessaire, tu peux y arriver.
Le courage !
Tu appelles �a du courage ?
Je vais te dire ce que tu es vraiment.
Un l�che. Tu m'entends ? Un l�che.
Qui a peur de vivre et de se battre comme un �tre humain normal.
De ressentir des choses.
Non, il faut que tu sois mieux que tout le monde !
Que tu trouves assez d'or pour t'�touffer avec.
Et moi par la m�me occasion !
Oh, Tracy...
Tracy, rentre � la maison.
Il n'est pas trop tard, rentre.
Que je rentre ?
Tu crois que je veux rentrer � la maison ?
Mais comme �a, les mains vides ? Sans rien ? Rien ?
Haver, �coute-moi !
Je vais y arriver, je laisse pas tomber.
Dis � notre fils, dis-lui que ce n'est qu'un contretemps.
Je vais revenir vite, dis-lui.
- Tracy ! - Laisse-le, Julie, laisse-le,
il n'apporte rien de bon. Pas m�me � lui-m�me.
Il n'y a plus rien � faire pour lui,
Plus rien.
Ainsi les ann�es pass�rent, et Tracy arriva � l'hiver de sa vie.
On ne peut pas en vouloir � un homme d'essayer.
Certains ne savent pas quand s'arr�ter.
D'autres arr�tent trop t�t.
Tout va bien, juste un petit rhume.
Bois �a, tu te sentiras mieux.
Je peux pas te perdre,
tu es la meilleure mule que j'ai jamais eue.
Tu peux �tre fier du nom que je t'ai donn�,
c'�tait quelqu'un, ce Jimmo.
Il disait que j'avais untel flair pour l'or,
que je pouvais trouver un dentiste � deux kilom�tres � la ronde.
Repose-toi, mon beau.
Essaie donc �a.
C'est bien.
Il n'y a pas de honte � �tre malade.
�a arrive � tout le monde.
Tu te sens d�j� mieux, pas vrai ?
Je vais t'en redonner.
C'est bien, Jimmo, c'est bien.
Continue comme �a !
Debout, l�che rien, allez Jimmo !
Tu peux y arriver, mon beau, tu peux y arriver.
On va retourner dans la grotte.
On va rester au chaud et faire un feu,
on va rester jusqu'� ce qu'il n'y ait plus de neige.
Tu peux y arriver, mon beau, tu peux y arriver.
Il faut que tu te l�ves, j'ai besoin de toi.
Regarde o� tu vas, vieil idiot.
Vous �tes un clochard, Monsieur ?
Laisse le monsieur tranquille, Timmy.
Je suis affreusement d�sol�e, il ne sait pas ce qu'il dit.
Je suis sale, je viens des collines,
j'exploite une concession.
Tu entends, Timmy ?
Ce vieux monsieur est un chercheur, il cherche de l'argent.
De l'or, Madame.
Il doit �tre riche, hein, maman ?
Vous �tes riche, Monsieur ?
Papa dit qu'il y a beaucoup d'or dans la r�gion,
�a vaut des milliards.
Vous �tes millionnaire, Monsieur ?
Je suis vraiment d�sol�e.
Pas de probl�me, Madame, il ne voulait pas �tre m�chant.
Puis-je vous aider, Monsieur ?
Je cherche Bert. M. Killian est un vieil ami.
M. Killian est � l'h�tel, le nouveau.
Les dirigeants de la ville ont organis� un repas.
C'est � quelques rues d'ici, vous ne pouvez pas le rater, il est tout neuf.
Merci, Madame.
Tracy.
Comment �a va, Bert ?
Je n'en crois pas mes yeux.
Je n'y crois pas.
Comment vas-tu ? Tu vas rester cette fois ?
Tu veux un verre ? Viens.
Je parie que tu n'as pas bu un verre depuis la derni�re fois.
Whisky, Charlie.
C'est bon de te retrouver, Tracy.
Vraiment.
�a fait du bien, Bert, t'as pas id�e.
Tu ne comptes pas retourner tout de suite dans tes collines ?
Quelle question... Je dois m'occuper de certaines choses.
Je vais t'en parler cette fois, Bert, au nom du bon vieux temps.
Je ne devrais pas t'en parler,
mais puisque tu es concern�, autant que tu saches.
Tu sais cette cr�te dont je t'ai toujours parl� ?
Je suis dessus depuis P�ques.
Tu sais que j'ai toujours eu le flair pour les veines et l'or.
Ce coin est encore mieux que la Jimmo.
Plein de potentiel.
Tu n'es pas encore vieux, Tracy.
Tu es encore assez jeune pour faire tout ce que tu veux,
c'est l'affaire de quelques mois et....
Tu mourras si tu retournes dans ces collines.
Ce serait pas juste de mourir avant l'heure.
Je trouverai l'argent ailleurs.
Ne te mets pas en col�re.
Tu comptes aller voir Julie et ton fils ?
Ils ne veulent pas entendre parler de moi.
Tu n'en sais rien, tu ne les as pas vus.
�a fait longtemps, Tracy.
Les choses changent, les gens aussi.
Regarde-moi, je ne t'en veux pas.
Je sais que tu as fait ce que tu devais faire et....
C'est tout.
Je vais te dire.
Je vais chercher ton fils.
Il s'en sort bien, tu serais fier si tu voyais.
On va voir s'il ne veut pas entendre parler de son p�re.
On va voir.
Comment �a va, papa ?
Et toi, mon fils ?
Rentre � la maison, papa.
J'ai trouv� une concession, je sens que le but est proche.
Je dois y retourner avant l'automne.
Il faut �tre le premier sur une concession si on veut y arriver.
Je sais.
Mais peut-�tre que si tu attendais juste un peu,
qu'on passe un peu de temps ensemble,
tu pourrais y retourner au printemps.
Je sais pas si ta m�re a tr�s envie de m'accueillir.
Viens.
Ainsi, Tracy rentra enfin chez lui.
Il lui fallut bien du courage pour agir ainsi.
Julie attendait, comme toujours.
Car... elle l'aimait.
Tracy a d� finir par r�aliser qu'un amour comme celui de Julie
valait bien plus que tout l'or du monde.
Adaptation - Vanessa H�lain
Sous-titrage - Artus Films +++/
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