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LE DERNIER MONDE CANNIBALE
Ceci est le récit fidèle des événements
qui ont permis de découvrir une tribu de l'âge de pierre
sur l'île de Mindanao.
Les cérémonies et les rituels dépeints dans ce film
sont tels qu'ils ont été vécus ou observés par Robert Harper.
Non.
- Vraiment? - Oui.
Robert, dis-lui de lâcher sa bouteille.
C'est un excellent pilote, ne t'en fais pas.
Nous pilotons en équipe depuis longtemps.
Cette saleté de jungle est trés dangereuse.
Je me donne du courage.
La jungle est dangereuse mais fascinante.
Elle est impitoyable avec ceux qui la dérangent.
Elle détruit toujours les faibles et souvent les forts.
C'est donc un endroit hospitalier.
Les gars du camp de base sont courageux.
Ils sont venus à coups de machettes.
- Ils ont mis trois mois. - Vous ne savez pas ce que c'est.
- Oui. - C'est dur à imaginer.
Demain, on rentre à Manille.
Il faut être dingue pour faire ce travail.
Je ne le ferais pour rien au monde.
- Ça n'a pas de prix, ça. - C'est ce qu'ils pensent aussi.
J'ai dû leur promettre un pactole pour les convaincre.
Mais ils sont à la hauteur.
Ils ont déjà travaillé pour moi à Bornéo.
Si tu les as amenés ici, c'est que tu sais qu'ils trouveront du pétrole.
OK. Je le reconnais, c'est pour ça.
- Ils ont découvert un gisement? - Oui, un bon gisement de pétrole.
Apparemment.
Mais je n'en serai certain qu'aprés les premiers sondages.
Romeo X-3 appelle le camp de base 26.
Romeo X-3 appelle le camp de base 26.
Vous m'entendez? Répondez.
Ils ne répondent pas.
Leur radio est peut-être en panne.
C'est la seule explication.
Cette foutue jungle...
Romeo X-3 appelle camp de base 26.
Vous m'entendez?
Ici Romeo X-3, j'appelle le camp 26.
Romeo X-3 appelle le camp de base 26.
Répondez.
- Que se passe-t-il, Charlie? - J'en sais rien.
Pas besoin de radio pour atterrir.
Ces idiots se moquent de la radio.
Ils vont m'entendre.
Ils n'y sont peut-être pour rien.
Avec cette maudite jungle, allez savoir.
Attachez vos ceintures, on va atterrir.
Vous avez peur?
Pas du tout.
Swan, Rolf, rien de cassé?
- Non. - Non.
Vous avez vu l'état de la piste?
Personne. C'est bizarre, ils devraient être là.
Ils ont dû nous entendre arriver.
On a fait plus de bruit qu'un bombardier.
Taisez-vous.
- Tu as entendu du bruit? - Ça venait de par là.
Rien ne vaut un fusil de chasse.
Des dégâts?
Rien de grave.
Le train d'atterrissage est intact.
Si je retrouve la roue, je pourrai réparer.
Tu auras besoin d'aide?
J'y arriverai tout seul.
Au milieu de la piste, il y avait...
- Tu joues les médecins? - Il faut désinfecter.
On va voir?
Oui, j'arrive tout de suite.
Rowland?
Wolinski?
C'est mieux que rien.
Ce silence commençait à me peser.
Wolinski!
Regarde ce qu'on a heurté.
La radio. Voilà pourquoi ils ne répondaient pas.
Elle a l'air d'être là depuis un moment.
- Que s'est-il passé? - Je me le demande.
La roue.
- Charlie! - Oui?
On a retrouvé la roue.
Je viens la prendre.
Rolf, le camp de base est par là.
On va voir ce qu'ils font?
Je ne veux pas manquer le savon que tu vas leur passer.
Ça a l'air abandonné.
Partons.
Attends une minute.
Tout a disparu.
Provisions, armes...
effets personnels...
Il ne reste rien.
Comme s'ils avaient été obligés à... quitter les lieux à toute vitesse.
S'ils en ont eu le temps.
Comment ça?
Regarde.
Ça a été fait par un homme.
Et on dirait bien que...
ça a servi à tuer.
Mais c'est...
Du sang.
Tu crois... ce sont des tribus sauvages?
Oui.
S'ils n'étaient que sauvages...
mais d'aprés la facture de cet objet,
ils semblent en être encore à l'âge de la pierre.
Harper!
Harper!
Rowland...
Wolinski...
Harper!
Harper!
Rowland!
Wolinski!
Qu'est-ce qui t'a pris?
On ne s'aventure pas ainsi dans la jungle!
La paix!
Tu peux garder tes foutus conseils!
On n'est pas à la fac, M. L'anthropologue!
Excuse-moi.
Ça n'est rien.
Se disputer ne nous aidera pas à résoudre le mystére.
Tâchons de retrouver l'avion.
On ne doit pas être loin.
Tu te rappelles de quel côté on est arrivés?
- De là, je crois. - Ah oui?
Pourquoi pas de là, de là, ou de là?
Tu comprends ce que je disais?
Qu'est-ce qu'ils font? Ils sont longs.
Ça devient inquiétant.
J'ai fini, l'avion est prêt.
S'ils veulent qu'on décolle, qu'ils se dépêchent.
Charlie!
- Une minute. - Que fais-tu?
Je vais essayer de les repérer de là-haut.
Tu vois quelque chose?
Là! Je vois les sacs!
On y est, Rolf!
On a de la chance.
Mon Dieu...
Ils les ont massacrés.
Viens. Dépêche-toi.
Il faudra décoller demain matin.
Il est tard, je ne peux pas voler de nuit par ici.
Je sais.
Je ne peux rien assurer, bien sûr...
mais on sait que cette jungle...
est habitée par des Tajados.
Des Tajados...
Des hommes...
pratiquement préhistoriques.
De véritables sauvages.
- Et cannibales! - Chut...
Parle moins fort, ça vaut mieux.
Inutile qu'ils l'apprennent.
Des cannibales...
Les seuls qui existent au monde,
à part certaines tribus d'Amazonie...
Cesse de... parler de cela.
Avec toutes ces histoires, je commence à avoir la frousse.
Laissons tomber.
J'ai soif.
Tu en veux?
Robert.
Que faut-il faire?
Attendre le lever du jour et ficher le camp.
La roue tiendra, Charlie a fait du bon boulot.
Je ne veux pas m'éterniser par ici.
Pardon, Swan. Je vous ai réveillée?
Non.
Il faudrait que je sorte. Excusez-moi.
Ce n'est pas prudent.
Je n'ai pas le choix.
Bon... ne vous éIoignez pas.
Prenez ça.
- Reste là. - Swan!
- Je vais l'aider. - Ne sors pas, Charlie!
Lâchez-moi!
Lâchez-moi! Ils sont en train de la tuer!
- Ça suffit! - Swan!
C'est bientôt l'aube.
- On ira à sa recherche. - Swan...
Calmez-vous.
Nous la retrouverons.
Je vais regarder de là-haut.
Un bout de la veste de Swan!
Charlie!
Rolf...
Rolf!
Rolf!
Je t'en prie. Léve-toi, viens.
Il faut s'en aller, viens vite!
Et Charlie?
Il est mort. On ne peut plus rien!
- Charlie... - Il est mort!
Réveille-toi, idiot!
Mais...
C'était un piége.
- Ils l'avaient préparé pour nous. - Je le sais!
Retournons vers l'avion.
Qu'est devenue la pauvre Swan?
Tu crois qu'elle vit encore?
J'en doute.
C'est ma faute, quelque part.
Je n'y arriverai pas.
Il faut qu'on s'en sorte.
Notre seule chance, c'est de repérer l'avion.
Laisse-moi rire.
Tu ne vois pas que c'est foutu?
Ferme ta gueule!
Rolf, tu sens?
Ça sent le brûlé.
Viens.
Pauvre Swan...
Rolf! Regarde!
- La riviére qui passe prés du camp. - Tu es sûr?
Certain. Crois-moi.
Dieu soit loué!
Ça y est, nous sommes sauvés.
Hourra!
En tout cas, je peux te le jurer,
si le bon Dieu veut bien qu'on s'en sorte,
je ne veux plus entendre parler de la jungle!
Robert...
il y a une chose qui me tracasse.
J'espére que ces sauvages n'ont pas détruit l'avion.
Tu as raison.
Rolf, attention!
Le courant nous entraîne!
Prions!
Eh, Rolf! On file droit vers ce maudit rapide,
alors remue-toi!
C'est ce que je fais!
Rolf!
Rolf...
Rolf!
Non!
Non!
Non!
Non!
Foutez-moi la paix!
Non!
Lâchez-moi.
Lâchez-moi!
Ça suffit.
Faites-moi descendre.
C'est ça, oui.
Oui!
Oui...
Non!
Ouais... ouais.
L'oiseau...
Le vol!
L'avion!
Ils croient que je sais voler.
Qu'est-ce qui vous prend?
Fichez le camp, bande de vauriens!
Foutez-moi la paix!
Là.
Viens.
Non!
Non...
Ne t'en va pas.
Viens.
Ne t'en va pas.
A manger. J'ai faim.
Tu comprends?
Dis?
Quelque chose à manger.
Je meurs de faim.
Non...
Non.
Ce n'est pas...
Ce n'est pas ça...
pas ça que je veux.
Non.
Non.
Non.
J'ai faim...
Arrêtez!
Mais arrêtez!
Arrêtez!
Assez!
Arrêtez!
Ecoute.
De l'eau.
Pour moi.
Cours.
Cours.
Ils veulent m'utiliser comme appât, moi aussi.
Même un poisson!
C'est fantastique.
Merci.
Rolf...
Rolf!
Rolf...
- Eh, Rolf! - Ouais?
Comme je te le disais, c'est une maison fantastique.
Je te la ferai visiter dés qu'on sera rentrés.
Elle est à une heure de route de Los Angeles,
sur la côte, prés de Malibu.
Le type qui l'habitait avant moi travaillait à la Bourse.
Mais il avait un boulon desserré.
Je lui ai acheté la maison une bouchée de pain.
Robert...
Il aurait pu en tirer trois fois plus.
Rien que la clim avait dû coûter bonbon.
Robert.
- Il a tout plaqué, comme ça. - Robert!
Il était marteau, tu comprends.
Une bicoque où tu n'as rien à faire, rien du tout.
Tout est électronique.
Pour ouvrir les portes,
ou faire couler une douche à la température voulue,
ou te faire un bon steak sur le gril.
Robert...
Voilà ce qu'on mange, mon vieux.
Des chauves-souris cuites sur un feu tout simple.
Ce n'est pas ton fichu palace,
on est perdus dans cette jungle maudite!
C'est mon réfrigérateur.
Trés ingénieux.
Tu penses y arriver?
J'en sais rien.
Je n'ai pas songé à ce probléme.
Tu réussiras.
Il faut faire comprendre à la fille que l'avion est vital pour nous.
J'ai essayé. Je connais certains dialectes,
mais j'ai renoncé à me faire comprendre d'elle.
Selon les manuels de survie en forêt vierge,
la terre nous fournit tous les antibiotiques nécessaires.
Il n'empêche que le mal empire.
S'ils croient que je peux voler, ils ont dû voir l'avion.
C'est peut-être une sauvage, mais elle arrive à parler.
N'abandonne pas.
- Insiste. - Elle ne parle pas vraiment.
Pas ce qu'on appelle une langue.
Un hélicoptére!
Nous sommes là!
Attendez!
Attendez!
On est là!
Revenez!
Revenez!
Attendez!
On est là! Attendez!
On a retrouvé l'avion.
Il est en état de voler, mais il n'y a pas âme qui vive.
Nous pensons aux tribus Tajados.
Le probléme, c'est qu'on ne voit rien.
C'est trop dense, on ne voit que la cime des arbres.
Attendez!
Luzon 612 appelle la base. Le carburant
va manquer, on ne peut plus survoler la zone.
Nous allons devoir rentrer.
Les probabilités de les retrouver vivants sont nulles.
Abandonnons les recherches.
Ici!
On est ici!
On est ici, je vous dis!
SOS!
Cette eau sent la pourriture.
Jusqu'à présent, on a de la chance.
Avec tous les microbes qu'on a dû ingurgiter dans cette forêt vierge,
nous sommes encore en vie!
Je pense à quelque chose.
Cette riviére est peut-être celle qui passe prés de la piste.
Va savoir. Cette jungle est pleine de riviéres.
Je commence à ne plus sentir ma jambe.
Il y a bien un moyen de sortir de cet enfer...
La seule qui pourrait nous indiquer la sortie,
c'est la fille.
Mais jamais elle ne voudra nous montrer la bonne direction.
- Même si on se faisait comprendre. - Pourquoi?
Retrouver notre appareil n'est pas le seul probléme.
Il faut avant tout
rester en vie.
- Les cannibales? - Exactement.
Ils sont par ici.
Et ils sont plus forts que nous.
La jungle est leur élément.
Et nous leur offrons la chance
de faire un bon repas.
Guére réjouissant comme perspective.
Ça peut nous sembler terrible,
mais pas à eux.
C'est la loi de la chaîne alimentaire.
Robert!
Ne bouge pas!
Maintenant, cette lance est une arme mortelle.
Ce venin a un effet foudroyant.
Robert!
On doit aller de ce côté-là.
Elle nous conduit
à l'opposé.
Elle a peur.
Elle sait que les cannibales sont par là.
La riviére...
- Oui. - Oui, tu as raison.
L'hélicoptére a abandonné les recherches.
Désormais, nous ne devons compter que sur nous.
Okay, Rolf.
- C'est la seule solution. - Attends.
Nous partirons aprés le coucher du soleil.
C'est plus sûr.
Rolf, regarde...
On y est.
On a réussi!
Le terrain...
On a trouvé le terrain.
- On va enfin rentrer chez nous! - Ouais.
Si Dieu le veut.
Bien sûr, qu'il le veut. Bien sûr!
Merci, mon Dieu!
Robert...
Va-t'en.
Laisse-moi ici.
Non... Non.
Je ne t'abandonne pas.
Aide-moi, Rolf.
Je n'y arriverai jamais.
Je t'en supplie.
A ma place, tu aurais fait la même chose?
Réponds.
Ne m'abandonne pas, Rolf.
Réponds.
Comprends-moi, Rolf.
Je l'ai fait pour toi aussi.
Regarde-les, Rolf. Regarde-les bien!
Je t'en prie, regarde-les bien.
Tu ne vois donc pas que j'ai eu raison?
Emméne-moi...
chez moi... Robert.
Oui... Oui.
On est presque arrivés, mon vieux.
Ecoute-moi. Ecoute-moi, vieille branche.
Il faut que tu comprennes
que sans toi, je n'y serais jamais arrivé.
Nous sommes arrivés, Rolf.
Nous sommes arrivés.
Oh oui, Rolf...
Je te raméne à la maison.
Sois tranquille.
Je te raméne à la maison.
Ceci est le récit fidèle des événements
qui ont permis de découvrir une tribu de l'âge de pierre
sur l'île de Mindanao.
Les cérémonies et les rituels dépeints dans ce film
sont tels qu'ils ont été vécus ou observés par Robert Harper.
Robert Harper sera hospitalisé quatre mois, à Manille,
avant de repartir aux Etats-Unis.
Après avoir démissionné, il s'est marié
et vit désormais avec sa femme
dans une petite ferme au Mexique.
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