Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
On m'a souvent demandé pourquoi je m'étais engagé dans la Légion.
Mais je n'ai pas vraiment de réponse.
J'errais en me pressant.
Je n'ai avoué à personne que l'armée britannique m'avait refusé.
Je ne savais plus où aller.
J'ai donc cherché un autre destin.
- Murray ? - Simon Murray.
Je viens m'engager dans la Légion.
C'est pas un camp de vacances pour hommes d'affaires ratés.
- Vous voulez changer d'identité ? - Je n'ai rien à cacher.
Cinq ans, monsieur Murray :
c'est le minimum, sans sortie possible.
Sauf être capturé par les rebelles, ce qui est pire que mourir au combat.
Signez ici.
Vous partez en Algérie demain.
- Tu n'as que ça ? - Oui, chef.
Ouvre.
T'as pas besoin de ça.
C'est quoi ?
- Mon journal, chef. - Tiens.
Des poèmes ?
T'aimes la poésie ?
Suivant.
Oui, j'aimais la poésie. Et j'aimais les livres.
J'avais pour héros de jeunesse Nelson, Burton, Speke, Stanley et Livingstone.
Ils ont nourri mes rêves.
J'avais aussi lu sur la Légion.
Rêvé de traverser le désert à dos de chameau,
me reposer dans un oasis et porter le képi et son couvre-nuque.
Beaucoup de jeunes Anglais avaient cette vision romantique de la Légion.
Même Errol Flynn s'y est engagé.
Une excellente recommandation à mes yeux.
Luisa m'a écrit.
Elle me pardonne. Je peux rentrer.
C'est trop tard.
Ma femme, c'est un taureau.
On se dispute et...
Et t'as rien d'un matador.
Mon chéri, je peux pas vivre sans toi. Je te jetterai plus comme un chien.
Oh, Luisa...
Continue, je t'en supplie. J'aime quand tu me cognes.
C'est bon !
T'as fini ?
T'as un accent français.
- Tu devrais pas être dans la Légion. - Attention, l'Angliche.
Mon pote Dupont,
il aime pas trop les questions.
Asseyez-vous.
Bienvenue à Mascara.
Je suis le lieutenant Thiebaud, votre commandant.
Le sergent Crepelli. Le caporal Müller.
Vous allez être formés pour servir le meilleur corps d'armée du monde.
Ces légionnaires,
il y a 8 mois, ils étaient comme vous.
Aujourd'hui,
ils sont prêts à combattre avec fierté et honneur.
L'entraînement sera dur.
C'est la guerre.
Ne soyez pas faibles, ne mourez pas,
devenez invincibles.
Devenez des légionnaires.
Plus fort, vous êtes quoi ? Des déserteurs !
Ce sont des rats ! Répétez : bande de rats !
Ça pue.
Il les a fait ramper dans les égouts, mais ils ont échappé à Colomb-Béchar.
- C'est quoi ? - L'enfer sur terre pour un militaire.
Murray, grouille-toi ! On dirait une vieille dame !
Plus vite ! Marche-lui dessus s'il faut !
Plus vite, Murray ! Plus vite !
L'Angliche ? T'as le vertige ?
C'est facile, regarde pas.
Accroche-toi, mon vieux. Un, deux, trois !
- Qui est celui qui l'aide ? - Murray, chef.
Deux, un...
Deux. Un, deux...
C'est bien.
Qu'est-ce qu'on fout ici ?
Je suis fermier. Je veux rentrer chez moi.
Dis aux chefs que tu regrettes.
Tu crois que j'essaie pas ?
Ils peuvent pas te lâcher.
Sinon, la caserne va se vider.
Regardez-moi ce bordel.
Regarde ton pieu.
Regarde !
Tu trouves ça propre ?
C'est propre ?
Non, chef !
Alors, range ! Magne-toi !
- C'est à toi ? - Oui, sergent.
- C'est à toi ? - Oui, sergent !
Oui, sergent !
Dans la Légion, on enterre nos morts avec les honneurs.
Rangez-moi ça !
Un légionnaire enterre ses frères.
Quand il y a des moustiques,
les tombes
doivent être profondes.
Creuse, Murray.
Vous, rangez-moi ce bordel !
Oui, sergent !
Caruso.
Viens là.
Arrête de chanter.
Crepelli, on se fait une bière ?
Creuse, Murray.
J'ai fait quoi ?
Je comprends pas.
Ils sont tarés.
Faut soigner ça.
- J'appelle le toubib. - Non.
- Je rentre chez moi. - T'es pas en état de filer.
- Je m'en fous. - Attends.
J'ai eu beau lui parler, je n'ai pas convaincu Vasco.
Mes rêves d'aventures héroïques à la Errol Flynn tombaient en poussière.
Heureusement, Dupont était là pour nous remonter le moral.
Bonjour, M. Murray.
Vasco, je reviens de la ville
et j'ai trouvé un super café avec des jolies nanas
qui adorent la Légion.
Par deux, fusil en main.
Interdiction de le laisser tomber.
Votre fusil est votre talisman contre les Fellaga.
Perdez-le et vous perdez la vie.
T'es bouché, ou quoi ?
Bon sang, c'est pas un Fellag !
Un problème, Murray ?
Attrape.
Beau lancer, Murray.
Rendez-vous ce soir. J'ai un boulot pour toi.
Ramène-moi de l'eau de mer.
Bien joué, Murray...
La mer ? C'est à 4 heures de marche.
T'inquiète, j'ai une idée.
Ça, c'est pour parfumer.
Encore une goutte... Tiens-moi ça.
J'ai piqué du sel au réfectoire.
Tiens...
Secoue.
Maintenant, écoute-moi bien.
Tu te planques dans un fourré.
Tu laisses passer 4 heures
et tu cours comme un dératé jusqu'à chez Müller.
Tu dois avoir l'air de suer comme un porc.
Tu rigoles, ça marchera jamais.
Entre, Murray.
Soldat Murray.
Passé une bonne soirée ?
Excellente, mon caporal.
Tant mieux.
Tu as mon eau ?
Merci.
Pas si vite.
Rompez.
Dupont.
T'es un génie, putain.
Il a tout gobé.
Tout bu, plutôt.
Non ? Ça a marché ?
Espèce d'enfoiré.
À terre !
Tous !
Les gamins commencent par ramper avant d'apprendre à marcher. À plat ventre !
Je vous dirai quand vous pourrez marcher.
Rampez !
T'es nul ! Tu sais pas ramper.
Connard !
Viens là.
Permission, chef !
Murray !
Laisse-toi faire.
Tu sais que t'as du bol ?
Le règlement dit que Crepelli peut te foutre une grosse branlée
si tu n'obéis pas aux ordres.
Donc je pense
que Murray et moi, on t'a fait une grosse fleur.
Je dois dire merci ?
Je bouffe pas cette merde.
Donne ton assiette.
On a jamais assez à bouffer.
Vasco, c'est un de leurs trucs pour nous casser,
Nous affamer pour nous affaiblir.
Pour qu'on se tienne à carreau.
Ils nous traitent comme des voyous.
Il y en a ici.
Parle pour toi, Rodriguez.
Les journaux l'appellent Casanova Capone.
Ton Picasso est bien planqué ?
L'art, c'est pas pour les ploucs.
Je suis pas un voyou.
Je vais parler à Müller.
Ils doivent me laisser partir.
À la tienne.
Et toi, Dupont, pourquoi t'es là ?
Pour m'entraîner.
Où veux-tu te former pour une croisade ?
Arrête. Je veux la vraie raison.
Disons que je devais me faire oublier pendant un moment.
Mon frère a fait la Légion.
L'idée m'a semblé bonne.
Et toi, ta famille sait que tu es ici ?
Mon père ne m'a jamais reconnu.
On m'a dit qu'il était mort à la guerre.
J'ai imaginé que c'était un grand héros.
À 15 ans, j'ai appris qu'il était vivant.
Mais je l'ai jamais vu.
Tu parles d'un héros.
Un jour, j'aurai un fils.
Et je l'aimerai comme un fou.
D'un autre côté,
j'aime trop les jolies jambes.
Aux femmes.
Et à leurs jambes.
Je m'en doutais.
Il est retourné à ses taureaux.
Tant qu'il évite Colomb-Bechar.
Ouais, ou pire que ça.
Je vais me recoucher.
Et venez plus m'emmerder si d'autres gars font le mur.
J'arrivais parfois à écouter la BBC.
C'était émouvant d'entendre sonner les cloches de Big Ben.
J'avais l'impression de manquer plein de choses dans ces moments.
On traversait tellement de périodes de solitude.
"Qu'est-ce que je fous là ? Quand ça va finir ?"
Chacun de nous a songé à déserter
ou, face à cette brutalité aveugle, a ressenti une peur profonde.
Mais déserter était pire que tout.
On nous l'avait gravé dans la tête.
Déserter, c'était pour les téméraires ou pour les fous.
J'ignore dans quelle catégorie ranger Vasco.
Vous avez tué mon ami.
Sans l'écouter !
Il voulait juste rentrer chez lui.
Gaspille pas ta salive.
Vasco a déserté et il a été pris
par les Fellaga.
Ils l'ont torturé et laissé pour mort.
La Légion ne peut vous protéger que si vous suivez le règlement.
Vasco s'est trompé.
Ne faites pas comme lui.
- C'est quoi, votre nom ? - Dupont.
Votre émotion est compréhensible, mais vos actes sont inacceptables.
Caporal Müller ?
Foutez Dupont au Tombeau.
Punition de groupe pour Murray et les autres.
Exécution.
Bourrez vos sacs, prenez vos casques,
vos fusils et mettez-vous sur deux rangs.
Vos casques, vos fusils et sur deux rangs.
On se met comment ?
On va faire la Pelote. Dites merci à Murray et Dupont.
Plus vite !
Tu vas creuser ton lit et tu vas te coucher dedans.
Creuse.
Deux !
Plus vite.
Murray !
Vous méritiez Colomb-Bechar.
Mais vous êtes là : pourquoi ?
Parce que je crois que vous et Dupont, vous ferez de bons soldats.
Ne me faites pas mentir.
Reprenez.
Tu bouges plus.
Tu parles plus.
Sympa, comme cadeau d'anniversaire.
- C'est ton anniversaire ? - Ouais, je prends 20 ans.
Eh, rosbif.
Merci pour la Pelote.
Eh, Dupont !
Tiens.
Merci, Murray.
À demain, mon pote.
Vasco aurait adoré.
Ouais.
Dire que je les ai laissé le maltraiter sans rien faire.
Qu'est-ce que ça fait de moi ?
Un mec prudent.
Aucun de nous n'avait le choix.
Il aurait jamais dû s'engager.
Mais Vasco s'enflammait toujours.
Il a même voulu assassiner Franco.
Vous étiez terroristes ?
Non, on était que des gamins à l'époque.
Jusqu'à ce que Dupont nous présente à des Basques.
Honnêtement, Vasco était meilleur sur un tracteur que dans un char.
Bon sang...
Comment annoncer ça à Luisa ?
- Tu dois lui écrire. - Je vais le faire.
T'es marié, Benito ?
Ah, les femmes...
elles m'aiment toutes.
Pourquoi choisir ?
Elles l'adorent.
Moi, j'en veux qu'une.
Elle s'appelle Jennifer.
"Jefer".
Elle est si belle.
À tomber par terre.
Elle m'épousait ou je m'engageais.
Je bluffais.
Mais t'as tenu parole !
Tu t'es fait avoir.
Bon sang...
Si les Fellaga pouvaient être aussi nuls que vous...
Allez, plus vite !
Félicitations, légionnaire Murray.
Merci, mon lieutenant.
Désolé, j'ai pas d'argent de poche !
Il est où, ton bar ?
À faire bourré !
C'est mon pote Simon.
Champagne offert. C'est impressionnant !
Pas autant que vous, mademoiselle.
Nicole !
Viens voir ce gentil Anglais.
Il peut peut-être t'aider. Elle fait de l'anglais au lycée.
C'est vrai ?
Magnifique.
J'étais prof à la Sorbonne avant la Légion.
Elle a dit quoi ?
Que tu lui plais.
Ah bon ?
Les gars, cette Patricia,
elle mettra ses jambes à mon cou !
Et sa copine est d'enfer.
Dommage que tu parles pas français.
On s'en fout. Je connais le langage international de l'amour !
T'as pas la tête assez plate.
Sérieusement,
j'y retournerai demain.
Murray, tu viendras avec moi ?
Murray ?
Non, merci.
Les nouvelles d'Angleterre me donnaient le sentiment de rater des choses.
De cette vie normale, laissée derrière moi.
Jennifer et mes amis ne pouvaient pas comprendre ma vie,
ce que je traversais,
et surtout mon quotidien en Algérie.
Moi-même, je saisissais mal ce qu'il s'y passait.
La situation était floue.
On ne m'en donnait qu'une version, qui suscitait déjà trop de questions.
Je voulais comprendre.
Je voudrais un thé.
Mais ne restez pas.
Anglais ?
Oui.
Les Français nous traitent comme des bêtes pour qu'on soit à leur botte.
Asseyez-vous.
Mais sans les Français, où en seriez-vous ?
Il y a une part de vérité.
Mais mon peuple, qui est né ici, n'a rien.
Alors que les Français, que vous protégez, ont tout.
Vous trouvez ça juste ?
Je vous comprends.
Si je pouvais rentrer en Angleterre, je n'hésiterais pas.
Celle que j'aime va en épouser un autre.
Et je suis coincé ici.
Au moins, vous n'aurez plus d'attaches.
Tant mieux.
Rendez-moi service.
- Vous pouvez lui envoyer ça ? - Non.
C'est à elle, je ne peux pas le garder.
Vous l'aimez ?
Voici l'adresse.
Merci.
Que votre cœur guérisse.
Ça commence par là.
Si Dieu le veut.
J'en comprends, des choses.
Nous sommes tous humains.
Les gens de la rue sont la clé de ce conflit.
S'ils lâchent la France, la guerre est perdue.
Ça finira par arriver.
Que faîtes-vous là ? C'est dangereux pour un Européen.
Tu parles anglais ?
Viens.
Cet endroit est incroyable.
- Comment tu le connais ? - J'y venais petite.
On jouait au papa et à la maman.
Et tu y joues encore ?
Non, je n'ai plus le temps de jouer.
Tu es sûre ?
Tu ne jouais pas avec moi, hier ?
Si, désolée.
Que faisais-tu dans le quartier arabe ?
Je ne sais rien de ce pays.
Je voulais voir les gens vivre.
Je serai ton guide, si tu veux.
Avec plaisir.
Pieds Noirs. Noirs comme la terre africaine où je suis née.
Dur d'être rejeté par le pays qu'on prétend sien.
C'est une opinion : on est en France.
Et on se battra pour que ça reste le cas.
Mais à quel prix ?
Cette bombe vient de tuer des innocents.
Mon premier souvenir, c'est une bombe.
J'étais dans un dortoir pendant le Blitz avec vingt autres gamins.
Tous les autres hurlaient, sauf moi.
J'étais muet de terreur.
Il y a des grands espaces ici.
Pourquoi ne pas les partager avec les Arabes ?
Ils étaient là avant.
C'était pareil avec l'empire romain. On est en France désormais.
Ça nous appartient.
Qui a construit cette route ?
Si tu veux me connaître, tu dois l'accepter.
Je vais essayer.
Alors, répète...
Magne-toi, on doit partir.
Des soldats arabes à nous ont tué leur commandant.
Ils se planquent dans le coin.
On doit les buter.
Enfin un peu d'action. On va se défouler.
On en emmène toujours en opération.
Elles ont leur tente.
Alors, l'Angliche ?
Y a pas ça dans l'armée de Sa Majesté, hein ?
Vous cachez des hommes qu'on cherche.
Ils ont tué leur officier.
Tu comprends pas ?
Rentre, grouille-toi !
Rentrez !
Allez, plus vite !
Dupont, fous le feu.
Je vais vous aider.
À couvert !
À couvert !
Traversez la rivière !
Les autres, en avant !
Feu ! On avance !
Müller, couvre-moi !
Debout, avance !
Prends ça, connard !
Avance !
Avance !
Avance, Rodriguez !
Avance !
Putain ! Ça va aller.
Reste avec moi, respire !
Rodriguez ! Tu vas pas t'en tirer comme ça.
Tu m'entends ?
Reste avec moi, respire.
À l'aide, les gars !
On avait arpenté ces montagnes pendant des jours, des mois.
J'avais passé du temps dans la Légion
et mûri comme je ne l'aurais jamais fait en Angleterre.
J'avais trouvé mes marques dans un monde étranger,
une nouvelle famille.
Dans une camaraderie que seule l'expérience de l'enfer peut cimenter.
Et j'ai aussi connu mon enfer personnel.
Qu'est-ce que tu fous ?
Elle est enrayée ?
Pardon !
Excuse-moi !
Merde !
J'arrête pas de repenser à la grotte.
Et donc tu veux nous faire tuer ?
Il y avait des armes dans cette grotte ?
C'était possible.
C'est arrivé si vite.
"Possible".
Je pensais pas qu'un gamin puisse garder une cache.
Merde !
Je le prends en pleine gueule.
Qu'est-ce que je fous là ?
Si tu trouves la réponse à cette question,
tout ça aura servi à quelque chose.
On essaie de rallier le village.
Ennemis en embuscade, ils tirent à feu nourri.
Je répète : feu nourri.
Vas-y, je te couvre.
Un officier du 2e Bureau vient ce soir
pour vérifier qu'on a eu les bons.
Les deux tireurs abattus sont ceux qu'on cherchait. J'en suis sûr.
Je veux des photos.
Müller, il faut les identifier.
Envoyez Murray.
T'attends quoi ?
Tu te chies dessus, le rosbif ?
T'as entendu Müller ? C'est un boulot d'homme.
Non, d'animal !
Tu t'occuperas du deuxième,
Fraü Murray.
Montrez-nous ça, Murray.
Remballez. Rompez.
Je vais m'en occuper.
On est des bêtes, Dupont ?
Des légionnaires.
Un conseil, Murray.
Refoule tes sentiments.
C'est trop dangereux.
Ça te fait perdre la boule.
Enterre-les
et arrête de réfléchir.
Lave-toi les mains.
Ça donne faim, ton truc.
Tiens, Schreiber !
De la soupe.
Bien chaude.
Goûte ça.
Merci.
C'est bon ?
On appelle ça la soupe des morts.
Ressers-toi, mon pote.
Merci, vieux.
Une annonce surprise après un an de violences soutenues dans la région
et sans doute plusieurs milliers de victimes.
De Gaulle va rendre l'Algérie aux Arabes.
Il serait temps, non ?
Toutes les colonies britanniques sont indépendantes.
Ici, c'est un bout de la France.
Je peux comprendre les deux points de vue,
mais c'est pas bien d'opprimer les Algériens chez eux.
Certains Français traitent mal les Arabes.
Tu es dans la Légion étrangère française, Murray.
De Gaulle était venu en Algérie expliquer pourquoi les Musulmans
devaient pouvoir décider eux-mêmes de leur destin.
Il cherchait une solution, non pas pour la paix,
mais pour la santé de l'économie française.
La guerre asséchait ses finances et menaçait la France de faillite.
De Gaulle voulait une Algérie libre, mais attachée à la France.
Était-ce possible ?
Allah te protège.
Viens-tu prier ?
Non, Votre Sainteté.
Je ne sais rien de vos coutumes.
Je viens visiter ce bel endroit.
Suis-moi.
Cela n'a pas toujours été un lieu de culte.
Naguère, c'était une université, remplie de jeunes hommes comme toi.
Quelle quiétude.
J'aurais aimé aller à l'université.
J'ai tant de choses à apprendre.
La présence des étudiants me manque beaucoup.
Mais ils ont mieux à faire, ils combattent les Français.
La folie passée, ils reviendront. Car la folie ne dure qu'un temps.
Seule la vie spirituelle est éternelle.
Il faudra s'entendre avec les Arabes.
Ils ne partageront jamais le pouvoir. Ils viendront nous égorger chez nous.
Le général aux grandes oreilles va déclencher une guerre civile.
Contre 9 millions d'Arabes, bon courage.
Tu n'es pas Pied Noir, tu ne comprends rien à la situation.
Alors ferme-la, l'Angliche.
Excuse ma cousine, le discours de De Gaulle l'a rendue folle.
C'est pas grave. C'est toi que je viens voir.
Tu habites ici ?
Tu comprends pourquoi j'aime ce pays ?
C'est magnifique.
Nous avons des ordres du commandement.
Nous devons empêcher à tout prix que De Gaulle accorde l'indépendance.
La Légion occupe déjà des lieux stratégiques de la capitale.
Les fusiliers marins sont à l'aéroport.
Nous devons le reprendre avant qu'ils le contrôlent.
Chef, on participe à un coup d'État ?
La Légion a reçu des ordres.
Des rumeurs disent que la Légion va assassiner De Gaulle.
Vous n'êtes pas là pour donner votre avis sur la politique mais pour obéir.
Oui, chef.
Et moi aussi.
Thiebaud avait raison. Mais comment ne pas s'interroger ?
Sur ce qui était bien. Ou mal.
Voire complètement fou.
Les Pieds Noirs avaient beau nous acclamer,
je doutais du bien-fondé de notre action.
Ils croient qu'on va les sauver.
On est suffisamment pour mettre De Gaulle à genou.
Comme Marie-Antoinette.
Vous voulez vraiment participer à ce putsch ?
Même si la Légion échoue, l'OAS ne laissera pas faire.
J'ai pas signé pour tuer des Français.
Ce sont des traîtres.
Si vous ne quittez pas les lieux, nous devrons employer la force.
Quittez les lieux !
Vous n'avez rien à faire là ! Dégagez !
Rentrez chez vous !
- Et maintenant ? - On attend.
Ils nous parachutent sur Paris et on fout De Gaulle dehors.
Puis on dîne chez Maxim's. Ça me va.
Tu voulais dire quoi ?
Sur l'OAS.
Rien, juste que...
Ils sont comme nous.
Ils veulent garder l'Algérie française.
En faisant sauter la Casbah ? En tuant des civils ?
Je crois que c'est plus compliqué que ça.
Ce pays se libérera de la France. Ça se sent dans ses rues.
C'est inévitable.
L'OAS ne fera que l'entraîner
dans un bain de sang.
C'est comme avec cette fille que je voulais épouser.
Enfin...
Je la vénérais.
Elle était tout pour moi.
Tu comprends ?
Il faut faire son deuil et avancer.
Pareil pour "l'Algérie française".
Tu parles avec sagesse, Murray.
Peut-être que les Arabes gagneront leur indépendance.
Mais c'est pas à nous de discuter du pourquoi et du comment.
C'est bien que tu t'en mêles pas.
Cette bouffe est ignoble.
Nous sécurisons cet aéroport jusqu'à nouvel ordre.
- On risque la peine de mort. - Faut bien mourir un jour.
- Tu as les mitraillettes ? - Oui, deux.
Je m'interrogeais sur la loyauté de la Légion,
alors que la pire traîtrise avait lieu à mes côtés.
Mon meilleur ami avait choisi son camp.
Et cette trahison me meurtrissait profondément.
Et toi, Dupont, pourquoi t'es là ?
Pour m'entraîner.
Où veux-tu te former pour une croisade ?
Mon pote Dupont, il aime pas trop les questions.
Les Français nous traitent comme des bêtes pour qu'on soit à leur botte.
On est des bêtes, Dupont ?
Des légionnaires.
Refoule tes sentiments.
C'est trop dangereux.
On est en France. Et on se battra pour que ça reste le cas.
Ils ne partageront jamais le pouvoir. Ils viendront nous égorger chez nous.
La présence des étudiants me manque beaucoup.
Mais ils ont mieux à faire : ils combattent les Français.
Tu voulais dire quoi, sur l'OAS ?
Ils sont comme nous : ils veulent garder l'Algérie française.
Ce pays se libérera de la France.
La politique et le positionnement de nos chefs posaient question.
Mais malgré la confusion, il devenait clair que je devais affronter Dupont.
T'es somnambule, non ?
J'ai eu du mal à croire ce que j'ai vu.
Salaud de traître !
Salaud !
Arrête !
Arrête, Dupont !
Vas-y ! Dis-leur ce que tu fais !
Et toi, dis-leur que t'es un lâche.
Du calme !
Qu'est-ce que tu fous ?
Les putschistes se sont rendus.
C'est fini.
On rentre à Mascara.
Faites vos paquetages.
Le putsch était terminé.
Mais ceux qui voulaient continuer à défendre cette cause perdue
désertaient en masse pour rejoindre l'OAS.
Ils s'accrochaient à l'Algérie française.
Difficile de dire qui allait rester fidèle à la Légion.
Tout va bien ?
Heureusement que t'es pas Müller.
Murray,
c'est quoi, l'embrouille avec Dupont ?
Tu savais pas qu'il piquait des armes pour l'OAS ?
Avec Schreiber comme associé.
Je suis censé faire quoi ?
Le balancer ?
Tu le ferais ?
Je connais Dupont.
S'il fait ça, c'est qu'il a ses raisons.
Je te connais aussi. Tu feras le bon choix.
Ouvre l'œil, soldat.
Chef ?
Vous pouvez m'accorder une minute ?
Murray, qu'est-ce qui vous arrive ?
Bon, Murray.
Vous avez jusqu'à ce soir, pas plus.
S'ils manquent à l'appel,
ils seront considérés comme déserteurs.
Et j'ai ordre
de localiser et d'abattre à vue tout déserteur.
Compris, chef.
D'ailleurs, Murray, je ne pourrai pas vous protéger.
Nicole, tu as vu Dupont ?
À la mosquée.
- Où vas-tu ? - En France.
Tu pars ? Tu es chez toi, tu voulais lutter jusqu'au bout.
Tout est fini.
- Je t'aide. - Laisse-moi !
Où est Patricia ?
Elle est morte. Et mon tour risque de venir.
Morte ?
Mais comment ?
Les Fellaga. Ils ont enfin compris qui mettait des bombes dans la Casbah.
L'autre jour,
c'était toi ?
Je croyais que tu comprenais.
Mais tu m'as laissé tomber. Dupont a raison : tu ne t'engages pas.
Adieu, Simon.
D'accord.
Je te repose la question une dernière fois.
Qui a mis la bombe dans le café ?
Pitié ! J'y suis pour rien !
Qui a tué ma Patricia ?
Salut, Murray.
J'ai envoyé ton livre !
Aide-moi ! J'ai envoyé ton livre !
Tu le connais ?
Alors, finis le boulot.
Il faut qu'on parle, Dupont.
Lâche-le, Schreiber.
C'est une pourriture, Simon.
T'as pas le droit.
Ils doivent payer.
C'est horrible, pour Patricia.
Nicole m'a dit, mais réfléchis.
Ça ne résoudra rien.
Violence aveugle et torture ?
Tout ce que tu as combattu ?
Dire qu'on avait rien vu !
Parfait !
Dénonce-les et tu seras décoré.
Murray, tu sais bien que la Légion
me fera la peau.
De toute façon,
je veux rejoindre l'OAS.
Tu es français.
C'est ça, le problème. T'en fais une affaire personnelle.
Réfléchis bien.
C'est pas une croisade.
Schreiber te suit pour le fric.
C'est bien de faire de ces gars des hors-la-loi ?
De les mettre en danger de mort ?
Non.
Laissez tomber et il n'y aura pas de conséquences.
Je n'arrive pas à comprendre comment tu peux justifier
que les Arabes aient le droit de profiter d'un siècle
d'efforts de notre part !
Rendez-vous ou vous serez abattus pour désertion !
Murray ! Dupont !
Rendez-vous ou vous serez abattus pour désertion !
Tu es un type bien, Murray.
Dernier appel !
Rendez-vous ou vous serez abattus !
Suivez Murray.
Je rassemble les prisonniers et je vous rejoins dans une minute.
C'est tout ? Où sont les autres ?
- Dupont ? - Il rassemble les Fellaga.
Je lui laisse deux minutes.
La Légion a un vieux poème :
J'avais un camarade
De meilleur il n'en est pas
Dans la paix et la guerre Nous allions comme deux frères
Marchant d'un même pas
Mais une balle siffle
Qui de nous sera frappé ?
Le voilà qui tombe à terre
Il est là dans la poussière Mon cœur est déchiré
Ma main il veut me prendre Mais je charge mon fusil
Et je tire avec honneur
Adieu, mon frère
Dans le Ciel et sur la Terre Soyons toujours unis
Capitaine Thiebaud.
Sergent Murray.
Des regrets ?
Je t'ai manqué ?
Pas vraiment.
Viens boire un coup.
Et le perroquet répond : "Je tombe, crétin !"
J'ai un truc qui t'appartient.
Comment tu as eu ça ?
On me demande souvent pourquoi je me suis engagé dans la Légion.
Ça m'a pris du temps de digérer ces 5 années,
mais je réponds
que ce n'était pas pour explorer mes limites.
Ni me mettre à l'épreuve mentalement.
Je voulais surtout sonder mon âme.
Quitter le chemin tracé, pour chercher la liberté.
J'en ai conclu qu'il faut s'écarter du chemin
pour tailler sa propre route
et ouvrir la voie.
Sous-titres : Sylvain Gourgeon VIDÉODIO
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.