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Original subtitles

Les Corps sauvages

Fais pas sortir la chaleur, mon pote !

Je suis étonné de te voir là. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Son père nous a surpris dans le parloir.

"Son père nous a surpris dans le parloir." Tu as besoin de cours, mon fils.

Sally est une brave fille.

Sympathique et simple.

Simple comme la saleté, comme moi.

Ma chère femme a passé la soirée à écrire chez elle.

Viens, petit.

- Entre, Arnold. - Bonjour, Mlle Drury.

Méchant chien.

Cet imbécile les a fait se tremper, M. Lewis.

- C'est à moi, je crois, M. Lewis. - Pardon. Merci, Mlle Drury.

Un peu de lecture avant l'église.

PILULES SEXUELLES

par une mère dont la voix s'est enrouée et qui a perdu le goût du tricot

Je vais t'arracher les oreilles.

J'essaie de m'améliorer. Laisse-moi continuer, méchant homme.

Donne-moi ça. Allez, donne-moi ce journal !

Donne-le-lui, s'il te plaît. Jimmy, je n'arrive pas à réfléchir.

Elle n'arrive pas à réfléchir.

- Ça fait des années que t'as pas réfléchi. - Ouais.

Pourquoi tu ne viens pas t'asseoir ?

- Tu as l'air fatiguée. - Je n'en ai plus pour longtemps.

- Elle est splendide, n'est-ce pas ? - C'est ce qu'ils disent tous.

Arrête, tu veux, avec ces cloches !

On devient fou ici ! Je ne veux pas les entendre !

Arrête de crier. Mlle Drury va monter dans un instant.

Je me fous de Mlle Drury.

Elle est sans doute à l'église à danser au rythme des cloches.

Pourquoi te moquer des gens qui vont à l'église ?

Ecoute, cette gentille femme ne me trompe pas,

même si elle y arrive avec vous deux. C'est une voleuse sans vergogne.

Elle nous saigne assez comme ça.

Et maman ? Que fait-elle le dimanche ?

En général, on fait...

"Merci, chère vicaire, pour ce doux sermon."

Puis elle piétine les tombes de quelques hommes,

et elle rentre s'empiffrer de curry.

Maman, papa, et son frère Nigel s'il est de passage.

- Tu connais son frère Nigel ? - Non.

On n'a jamais entendu tant de banalités

sortir du même chapeau melon.

Une platitude extra-terrestre...

Voilà le frère Nigel. Pourquoi tu ne te sèches pas ?

Ce n'est pas privé, ça ?

J'aime savoir quand on me trompe.

Des lettres de sa mère.

Elle ne parle même pas de moi, parce que mon nom est un gros mot.

Et qu'est-ce qu'elle fait ?

Elle répond à sa mère en ne parlant pas de moi non plus,

parce que pour elle aussi, mon nom est un gros mot.

Sa petite famille.

Je vais devenir dingue s'il n'arrête pas.

Et alors ? Ça changerait un peu.

Ne te laisse pas avoir par les manières de la marquise.

Ils prétendront t'être agréables, et tu recevras un coup de pied.

Arrête.

Ce sont des militants, comme maman et papa, arrogants, malveillants,

ou alors flous, comme Nigel. Et elle.

Nigel et Alison.

Ils sont comme ils en ont l'air...

Flagorneurs, flegmatiques, et pusillanimes.

Quels qualificatifs !

- Je t'explique ce que ça veut dire ? - Pas la peine, merci.

Lèche-bottes, crétins et abrutis.

On dirait un numéro musical.

Mesdames et messieurs, vos chers amis,

Lèche-bottes, Crétin et Abruti !

Ici pour vous plaire.

Nous avons peut-être tort, chérie, mais nous sommes aussi malades.

Je suis arrivé au théâtre, à l'entrée des artistes,

- un homme s'avance... - Vous avez vu personne ?

- Si j'ai vu qui ? - Personne ?

Ne me faites pas perdre mon temps.

Mesdames et messieurs, une petite récitation :

C'était la fille d'un fossoyeur, elle aimait s'allonger sous la terre.

Vous êtes sûr d'avoir vu personne ?

Je n'ai vu personne. Voulez-vous me laisser ?

Vous ne voyez pas que je tiens compagnie à madame ?

Madame Pusillanime.

- Je trouve personne nulle part. Je... - Virez-le.

On danse ?

- Vous venez souvent ? - Seulement en saison.

Très drôle. Laissez-moi !

Pas avant de vous être excusé de nous avoir ennuyés.

Vous pensez que la poitrine sera à la mode ?

Vos dents ne seront pas à la mode, en tout cas.

- Voyons voir. - Attention, enfin !

- Cet endroit devient un zoo. - Un vrai lâche. Vous voyez ?

- Ça va ? - J'ai l'air d'aller ?

Elle s'est brûlé le bras.

- Désolé. - Sors.

- Tu crois que j'ai fait exprès ? - Hors de ma vue !

Viens t'asseoir.

Voyons ça.

Ça va faire mal. Que dois-je faire ?

Ce n'est pas grand-chose. Un peu de savon et ça ira.

Il y en a dans la cuisine.

- Mon Dieu. - Voilà.

Fais voir ton bras.

Je vais le faire très doucement.

Ça va mieux ?

- Tu es courageuse. - Je ne me sens pas courageuse.

Je me fiche bien de...

Je n'en peux plus.

Je me sens plutôt mal.

C'est terminé.

Je ne pourrais plus vivre seul, malgré tout.

C'est plutôt dur et plutôt banal.

Ça serait pire si j'étais seul.

Et on s'attache aux gens, en plus. C'est le pire.

Je ne veux plus entendre parler d'amour.

Je n'en peux plus.

Tu es trop jeune pour ça.

Trop jeune et trop jolie.

D'aussi loin que je me souvienne,

je ne sais plus ce que c'était d'être jeune. Vraiment jeune.

Jimmy m'a dit la même chose l'autre jour,

j'ai fait semblant de ne pas écouter,

parce que je pensais que ça lui ferait de la peine.

Mais je comprenais ce qu'il voulait dire.

J'aurais facilement pu dire :

"Oui, chéri. Je sais ce que tu veux dire. Je te comprends."

Ces choses faciles sont impossibles avec nous.

Je me demande combien de temps je pourrai supporter ça.

De vous voir vous déchirer sans arrêt.

Tu ne penses pas à nous quitter ?

Qu'y a-t-il, ma jolie ?

J'ai peur.

Bonjour, Roger.

- Bonjour, Mike. - Salut, Jim.

- Bonjour, Ted. - Salut, mon vieux.

- Ça marche ? - Pas terrible.

Allez.

J'ai tout ici, l'ami. Des pastilles à la menthe, des bonbons acidulés...

Quatorze livres de bonbons. C'est pour quoi ?

- Les gosses adorent ça. - Ils ont intérêt.

Bonjour, M. Hurst.

Bonjour, Porter.

- Bonjour, Hurst. - Qu'est-ce que c'est ?

Vous connaissez les règles. Toute la nourriture à 18 pouces du sol.

- Il déchargeait, c'est tout. - C'est de la nourriture.

Je pourrais vous faire fermer pour ça. Facile, hein ?

Je ferais attention, si j'étais vous...

Et pas trop le malin.

Camarade Hurst.

Commissaire du District Urbain de Kinley.

Je lui mettrais bien mon poing sur le visage.

- Monsieur ! - Oui ?

Six pennies de bonbons, s'il vous plaît.

- Trois pour moi. - Deux.

Tu vois, il faut étudier le marché.

Venez par ici.

J'espère qu'elle n'a pas abîmé ton manteau.

Non, ça va. Quel âge a-t-elle ?

15 mois.

- Mais elle est énorme. - Suivant !

Vous entrez, mademoiselle ?

Elle ne l'a pas aimée, c'est fou comme les enfants sentent ça.

Détends-toi un instant. Je vais soigner ta brûlure.

- Comment as-tu fait ça ? - Avec le fer. Je n'ai pas fait attention.

- Ton mari sait pour le bébé ? - Non.

Dans les prochains mois, tu vas beaucoup dépendre de son aide.

- Que fait-il ? - Il vend des bonbons au marché.

Tu ne m'avais pas dit qu'il était diplômé ?

Docteur.

Il est trop tard pour intervenir ?

Je n'ai pas entendu.

- Pardon. - Ne demande plus jamais ça. A personne.

N'essaie rien d'insensé.

- J'ai faim. - Tu es un vrai cochon.

- Je ne suis pas un cochon. J'aime manger. - Tu aimes ?

Tu es comme un obsédé sexuel, mais de la nourriture.

Tu vas finir dans les journaux à sensation.

"James Porter, 25 ans, a été arrêté la semaine dernière

"après avoir avouè ses relations

"avec un petit chou et deux poignées de haricots.

"L'accusé a dit qu'il ne se sentait pas bien

"et avait des trous de mémoire."

Voilà Ma Tanner.

Jimmy, mon vieux. Contente de te voir.

Tu as l'air en pleine forme, Ma.

- Bonjour, mon fils. Ça va ? En forme ? - Oui, ça va. Merci.

C'est bien, ici.

- Ça te plaît ? - Oui.

- Ça te fait honneur ? - Absolument.

- Tu es là jusqu'à quand ? - Pour la journée.

- Je suis venu voir la tombe de mon mari. - Prenons un verre.

- Tu peux ? - Oui, et on va manger un morceau.

- Il a faim. - Parfait.

- Il s'en va avec moi. - Surveillez-le bien.

C'est qui, la vieille femme ?

C'était sa propriétaire, c'est elle qui l'a installé ici.

J'adore le porto...

C'est la boisson des femmes de ménage.

Comment ça va ?

- Le magasin va bien. - Je sais.

Tu vas finir de me rembourser,

et je vais pouvoir m'installer dans le sud de la France.

- Je te dois beaucoup, Ma. - Tu ne me dois rien, mon fils.

Tu sais,

parfois je me demande si j'ai fait le bon choix.

Regarde qui est là. On parlait justement de toi.

Comment ça va, ma chère ?

- Jimmy, je voulais te parler. - Laisse-moi t'offrir quelque chose.

- Non, merci. - Non, c'est mon tour.

Ton mari a offert jusque-là.

- Allez, ma chère. Ça te fera du bien. - Je ne veux rien boire, merci.

- Peut-être... - Sers-lui un gin.

D'accord, un gin.

C'est ce qu'elle prend.

Typique.

- Prends-la encore de haut... - Je ne supporte pas qu'on me touche.

- Tu l'as bien embarrassée. - Vraiment ? Désolée.

Elle n'est là que pour quelques heures.

Tu veux les lui gâcher complètement ?

Merci, ma chère.

Et vous, Ma ? Vous ne prenez rien ?

Non, il vaut mieux pas. Ça me suffit.

Merci.

Je vais voir la tombe de mon mari,

voir si elle est bien entretenue.

Si on n'est pas vigilant,

les gens piquent les vases, et l'herbe pousse de partout.

Je ne voudrais pas qu'il pense que je l'ai négligé.

C'est une sacrée marche, jusqu'au cimetière.

Oui, surtout avec mes pieds, ma chère.

Vu l'heure, je ferais mieux d'y aller. Tu as bien fait de m'y faire penser.

Ce n'est pas la peine. Il y a tout le temps.

Je dois encore acheter des fleurs,

et j'ai promis à ma sœur que je rentrerais tôt.

Assieds-toi et finis ton verre.

- Elle signe le gage. - Sage fille.

- J'aurais dû faire ça il y a des années. - Par ici.

- Qui a de belles fleurs ? - Je vais les prendre pour toi.

- Non, je dois les acheter. - D'accord.

- Je te verrai dans une minute. - J'ai été voir le médecin ce matin.

Je vois.

- Tu lui as dit ce qui s'est passé ? - Je n'ai pas...

Tu lui as dit que j'ai fait exprès ?

"Il me terrifie. N'y a-t-il pas un asile tranquille,

"où on puisse l'enfermer ?"

Mais il faut deux médecins pour ça.

Il faut en trouver un autre avant que ça ne guérisse.

- Qu'y a-t-il, ma jolie ? - Rien.

J'ai dit : "Qu'y a-t-il ?"

Tu sais,

je suis enceinte.

Deux glaces au chocolat, s'il vous plaît.

On n'en vend pas. Essayez là-bas.

Merci.

- Tu l'as dit à Jimmy ? - Je viens d'essayer.

Il faut lui dire.

Tu as fait des merveilles, mon fils.

Quelle heure est-il ?

Tu as encore le temps.

On s'est bien amusés, tous les deux,

à vivre, tu sais, juste à vivre.

C'est assez pour une vieille femme comme moi,

de parler beaucoup et de boire un bon verre.

Ça n'irait pas si on était tous comme ça, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas ?

Que veux-tu vraiment, Jimmy ?

Tout.

Rien.

Mince, il va pleuvoir. Et je t'ai fait rester dehors.

Je suis désolé.

On se relève.

Il ètait heureux à sa manière, tu sais.

Il faisait ce qu'il voulait.

Il n'a jamais èté Henry lrving,

tu vois ce que je veux dire.

Helena ?

Oui, ça ira très bien.

Oui, venez dans une demi-heure. A tout à l'heure.

Merci, Mlle Drury.

Ne me remerciez pas. Si ça ne gêne pas M. Lewis de donner sa chambre.

Non. Ça va très bien.

Personne ne semble se soucier du dîner du pauvre Arnold.

Viens.

C'est gentil de ta part.

T'en fais pas. J'ai toujours voulu dormir sur le palier.

- Qui est Helena ? - Helena Charles. Une vieille amie.

Elle va travailler au théâtre les deux prochaines semaines.

- Une actrice ? - Oui. Alors, quand elle a appelé, j'ai...

Je devais parler à quelqu'un. Tu comprends, Cliff ?

Très bien, chérie.

- Jimmy connaît cette Helena ? - Oui. Il la déteste.

- Je t'ai pris beaucoup de ton temps. - Au revoir, Ma.

Prends soin de toi.

Au revoir, mon fils.

- Ça ira ? - Très bien.

Je ferais mieux d'enlever les posters. Si elle est un peu traditionnelle.

Merci.

Ça va, maintenant ?

Ça va. Ce n'était rien.

Je suis désolé.

- Il n'y a pas de quoi. - Sincèrement.

Je sais.

J'ai fait exprès.

Oui.

Il ne se passe pas un instant sans que je te désire.

Deux ans dans la même chambre, et je transpire encore

quand je te vois faire une chose aussi simple que

te pencher sur une planche à repasser.

Le problème...

Le problème, c'est qu'on s'habitue aux gens.

Même leurs côtés triviaux deviennent indispensables.

Indispensables,

et un peu mystérieux.

Je dois être très vieux jeu.

Personne ne veut de ça.

- Qu'est-ce qu'on fait ce soir ? - Qu'est-ce que tu veux faire ?

- On boit ? - Je sais ce que je veux faire, là.

- Il faut attendre le bon moment. - Il n'y a pas de bon moment.

Tu es splendide.

Splendide.

De grands yeux d'écureuil.

Un écureuil mangeur de noisettes avec une fourrure rutilante

et une queue en plume d'autruche. Comme je t'envie.

Et tu es un grand ours jovial. Un ours magnifique !

Les ours et les écureuils sont magnifiques.

- Magnifiques et mignons. - Qu'est-ce que c'est que ça ?

La danse des écureuils heureux.

Qu'est-ce qui te fait penser que tu es heureuse ?

Tu sais, j'ai quelque chose à te dire.

- Alison. - Quoi ?

Ton amie... Elle est arrivée.

En bas.

Quelle amie ?

Helena Charles. Je voulais t'expliquer. Elle a appelé.

Elle va jouer au théâtre la semaine prochaine.

Je vois. Elle a dit : "Je peux venir ?"

Et tu as répondu : "Mon mari, Jimmy,

"pardon d'employer un gros mot,

"sera ravi de te voir. Il te cassera la figure !"

Je lui ai proposé de rester.

- Tu as quoi ? - Elle n'avait pas où aller.

Je n'y crois pas.

J'ai dit qu'elle pouvait venir en attendant autre chose.

Tu lui as conseillé de porter son armure, j'espère.

Tu ne veux pas te taire ?

Ma chère femme, tu as beaucoup à apprendre.

Si quelque chose pouvait se passer

et te réveiller.

Si tu pouvais avoir un enfant, et qu'il meure.

Laisse-le grandir. Qu'un visage humain émerge

de cet amas de caoutchouc indien et de rides.

Si je pouvais te voir affronter cela.

Tu sais, je n'ai jamais eu le plaisir de faire l'amour

sans l'avoir désiré.

Ce n'est pas qu'elle ne soit pas passionnée.

Elle me dévore entièrement chaque fois, comme si j'étais un gros lapin,

et puis elle s'allonge comme un python endormi.

C'est moi. Cette bosse près du nombril.

C'est moi, si tu te le demandes.

Tu t'imagines que cette masse indigeste subirait quelques secousses

dans ces tripes bombées et suralimentées, mais pas elle !

Elle va continuer à dormir et à me dévorer jusqu'à ce qu'il ne reste rien de moi !

- Bonsoir. - Bonsoir, Mlle Charles.

- Ça a été ? - J'y prends plaisir.

Je ne m'habituerai jamais à descendre à la salle de bains

chaque fois que je veux de l'eau.

C'est primitif, n'est-ce pas ?

S'il pouvait arrêter avec cette trompette.

- C'est sans doute pour m'embêter. - Mlle Drury va nous prier d'y aller.

Je sais. Ecoute-le.

Tu sais qu'elle a emmené ce chien dans la salle de bains ?

- Elle allait lui faire prendre un bain. - Tu veux dire Arnold.

C'est mieux.

- Il boit ? - S'il boit ?

Il n'est pas alcoolique, si c'est ce que tu veux dire.

Cette trompette !

On dirait qu'il veut tuer quelqu'un avec, moi en particulier.

Je n'ai jamais vu des yeux aussi pleins de haine.

C'est un peu terrifiant. Ça va ici ?

Terrifiant.

Pas très emballant.

- Dis-moi, pourquoi ? - Pourquoi je l'ai épousé ?

Il y a au moins six réponses.

Je l'ai rencontré à une fête.

Il y était allé à vélo, et il y avait de l'huile sur sa veste.

La journée avait été splendide. Tout semblait brûler en lui.

Son visage, ses cheveux,

ses yeux étaient pleins de bleu, et clairs.

Et tu l'as pris.

Je n'ai pas eu l'impression d'avoir le choix.

Il t'aimait ?

Ma famille a été outragée.

Tu imagines pourquoi.

Et ça l'a encouragé à m'épouser.

Il est entré en conflit, une hache à la main,

fragile et bouillonnant à la fois.

- Je n'avais jamais rien vu de tel. - Un chevalier en armure.

Mais son armure ne brillait pas.

Mon Dieu, il l'a énervée.

M. Porter !

Arnold fait une crise cardiaque !

Range-nous ça loin d'ici, tu veux ?

Tu aimes ça, bien.

Les gens qui n'aiment pas le jazz n'ont aucun sentiment.

- Foutaises. - Tu vois ce que je veux dire ?

J'ai pensé à une nouvelle chanson aujourd'hui.

Elle s'appelle Arrête de traîner autour de mon comptoir, Mildred,

parce que je suis fermé.

- C'est bien ? - Très bien.

Content que ça te plaise.

En l'abordant sous un angle religieux,

ça peut être un gros succès, tu ne crois pas ?

- Pourquoi essaies-tu d'être désagréable ? - Comment ?

- Tu es obligé d'être désobligeant ? - Désobligeant ?

Je suis désobligeant, là ?

- Elle me sous-estime, non ? - Tu es un jeune homme fatigant.

"Chers amis de ma femme.

"Passez à Lady Bracknell les sandwiches au concombre."

Je vais au club de jazz. Tu viens ?

- D'accord. - Il y a Chris Barber.

Et toi ? Tu veux venir ?

- Je sors avec Helena. - C'est pas une sortie, c'est une corvée.

Je suis épuisée.

- J'ai peur qu'il entre. - Ecoute, chérie, tu dois le lui dire.

Ou il apprend à se conduire comme tout le monde...

Ou ?

Ou tu dois sortir de cette ménagerie.

Il ne sait pas ce qu'est l'amour, ni rien.

Tu vois cet ours et cet écureuil ?

C'est lui, et c'est moi.

Tu veux dire qu'il est un peu précieux, en plus ?

Jimmy n'a rien de précieux.

C'est notre manière de nous protéger.

Une sorte de symphonie pour les gens

qui ne supportent plus la douleur d'être des êtres humains.

- Ça ne marchera pas ? - Seulement si tu fais tout foirer.

Pourquoi tu ne rentres pas essayer d'arranger ça ?

Ce qui est drôle, c'est que je comprends

ce qu'a pu ressentir le père d'Alison en rentrant d'lnde.

Les soldats coloniaux ont dû faire un portrait tentant de leur petit monde.

Un bel été, de longues journées de soleil,

des volumes de poésie,

de belles idées, de beaux uniformes.

Un tableau romantique.

Et un peu faux, aussi. Il a bien dû pleuvoir un peu.

C'est un peu fade de vivre à l'époque de l'Amérique,

sauf si on est Américain bien sûr.

Nos enfant seront peut-être tous américains. Sacrée pensée, non ?

J'ai dit : "Sacrée pensée !"

Laisse tomber Helena. Elle essaie juste d'aider.

Cette mère supérieure célibataire.

Mauvais fond, mauvais coeœur et vicieuse.

Je n'aurais pas dû te laisser.

Tu dois prendre soin de toi maintenant.

Tout est très différent maintenant que tu es là.

- Vraiment ? - Avant, j'étais seule.

- Maintenant, tu es avec moi. - Oui.

- Tu regrettes de m'avoir dit de rester ? - Bien sûr que non.

Remets-toi.

Tu ressembles à une publicité pour un laxatif. Avant.

On s'est levé tôt, aujourd'hui.

Je voulais que tout soit prêt avant d'aller répéter.

Alison ne doit pas se fatiguer.

S'occuper d'un homme, c'est assez, deux, c'est une entreprise.

- Cliff se prend en main. - Je n'ai pas vraiment remarqué.

Mets-toi à ta juste place, sale Galloise.

Es-tu une bonne actrice ?

- Vraiment... - Puisqu'on est coincés avec toi

deux semaines, j'espère que ce sera productif,

que ça ajoutera au bonheur humain.

Mon oeœuf est dur. Et le tien ?

- Je n'ai pas encore vu. - Tu ne sais pas cuisiner non plus ?

C'est quoi, c'est quoi ta pièce, déjà ?

Le Coeœur oublié.

Ah oui, je me souviens.

"Une introspection profonde des relations humaines."

Elle s'est jouée deux ans. Tu pourrais faire ça ?

Le type qui a écrit ça n'a jamais été dans la chambre d'une femme...

Pas même celle de sa mère, une fois qu'elle a découvert.

- Tu viens à la répétition, ce matin ? - J'ai des choses à faire.

- Elles attendront. - D'accord.

Vous complotez ?

Tu ne crois pas qu'on a assez vu le méchant ?

Tu vas te laisser avoir par cette femme frivole ?

Tu veux que je te dise la vérité sur elle ? C'est une vache.

Ça ne me dérange pas, mais elle est en passe de devenir une vache sacrée.

Je vais t'aider à faire la vaisselle.

On voit ta culotte.

Regarde la balle perdue par Ben Hogan.

- Bonjour. - Bonjour, je m'appelle Johnny Kapoor.

- Je suis Jimmy Porter. Voici Cliff Lewis. - Bonjour.

C'est un joli marché.

J'ai demandé une licence.

Voyons ta marchandise.

- Ça se vendra à ce prix ? - Oui.

C'est bon marché. Tu as eu ça où ?

- D'un entrepôt. - Ah oui ?

C'est pas volé.

Voilà ta licence. Remplis-la.

Et fais pas d'histoires, c'est tout.

Je surveille certains rigolos parmi vous.

N'est-ce pas, Porter ?

- Un de ces jours... - L'ami, voyons ce que tu as.

- Regarde, et cette chemise rouge ? - Assortie à tes yeux.

- Bonjour, Cliff. - Bonjour, ma jolie.

- Je peux avoir un peu d'argent ? - Pourquoi ?

- Je déjeune avec Helena. - Laisse-la payer.

Ne me fais pas sentir comme une pauvre.

Je te présente un nouvel ami. M. Kapoor, ma femme.

Sa famille a passé des années en Inde, elle a appris à aimer le pays et les gens.

- Je suis enchanté. - Bonjour.

Vous devez avoir beaucoup de choses à vous dire.

Oui, peut-être.

Toujours la race supérieure.

Emmène Memsahib déjeuner.

Et ça, alors ?

- Cliff, comment va ton cœur ? - Comment ça ?

Tu veux regarder dame Helena répéter à mort ?

- Oui. - On y va.

- Tu peux garder mon magasin ? - Oui.

A plus tard, Johnny.

Regarde ça. Vraiment bon marché.

Vous voulez acheter ?

Il y a d'autres boutiques.

Mais vous êtes dans votre belle maison invraisemblable de Somerset

enterré dans votre Trollope.

- Qui a écrit ce truc infect ? - Jimmy, qu'est-ce que tu fais là ?

Mais, Ann, j'ai essayé de comprendre.

On pourrait faire des choses utiles, ensemble.

- Tu ne vas pas revenir ? - Allez, Annie.

Jimmy, n'interromps pas encore.

Tu ferais mieux de partir, Henry.

Au revoir, Ann.

Au revoir, Henry.

Coupez.

Alors que j'arrivais au théâtre ce soir,

à l'entrée des artistes, un homme s'avance...

C'est à moi.

- Vous avez vu personne ? - Si j'ai...

- Vous avez vu... - Qui êtes-vous ?

Ne me faites pas perdre mon temps.

Une petite récitation intitulée C'était juste la fille d'un singe,

mais comme elle savait y faire avec les noisettes.

C'était juste... Voulez-vous bien partir ?

Je trouve personne nulle part, et je dois lui donner cette valise.

- Personne ? - Oui.

Sortez !

Vous devez donner cette valise...

Laissez-moi comprendre, mon petit,

vous dites que personne n'est venu.

- Non. Non. - Laissez-moi comprendre.

Vous dites que personne... est venu.

Non.

- Bonjour. - Qui est-ce, là-bas ?

- Personne. - Donnez-lui sa fichue valise, alors.

Vous vous prenez pour...

Je m'en occupe. Que voulez-vous dire ?

- Qui êtes-vous ? - Son propriétaire.

Non !

Elle nous a promis une audition, elle a dit : "Venez..."

- Non ! - C'est votre propriétaire ?

- Non ! J'habite chez eux. - Reste en dehors de ça.

Au lieu du loyer, elle nous a promis une audition.

On arrête là.

Si vous préférez payer le loyer, c'est votre affaire.

Je sais qu'ils paient peu ici, mais il faut être honnête.

- Ce n'est plus drôle. - Non, non.

J'exige mon dû ! Je veux mon argent !

En tant que membre de la classe délinquante, je veux mon argent !

- Sors. - Pauvre tordue.

Tu fiches la vie des gens en l'air, sans rien en savoir.

Pour ton bien, ne refais jamais ça.

J'ai aucun scrupule d'aristo à frapper les filles.

Si tu me gifles, je te casse la figure.

Sûrement. C'est ton genre.

C'est mon genre, oui. Le genre qui déteste la violence.

Jimmy, sors de là, vite.

Un de ces jours, j'écrirai un livre sur nous tous.

Il sera écrit en flammes d'un kilomètre de haut,

et il ne sera pas composé dans le calme,

à ramasser des jonquilles avec Wordsworth.

Il sera écrit en feu et en sang.

Mon sang.

Tu sors ?

Exact.

Un dimanche soir, dans cette ville ? Et tu vas où ?

Elle vient à l'église avec moi.

Où ça ?

Quand je pense à ce que j'ai fait, à ce que j'ai dû supporter...

Oui, on sait tous ce que tu as fait pour moi.

Tu m'as sauvé des griffes de ma famille et de mes amis.

Des griffes de maman, du moins.

Tu sais, maman et moi, on s'est lancé un bref regard,

et l'âge de la chevalerie était mort.

Ne nous battons pas. Ça ne sert à rien.

Pourquoi pas ? C'est tout ce que je sais faire.

Mon petit Jimmy.

Il n'y a aucune limite à ce qu'une mère de la classe moyenne

ferait contre des brigands comme moi.

Elle est sans doute dans cette citerne, à boire nos paroles.

Tu m'entends, maman ?

lmagine-la là-dedans.

Tu es une vieille peau, tu fais bien d'être morte !

Tais-toi ! Tu n'as aucun droit à parler de sa mère comme ça.

J'ai tous les droits, non ?

C'est une vieille peau, et elle fait bien d'être morte.

Eh bien, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu ne voles pas à son secours ?

Si quelqu'un disait ça sur moi, elle réagirait.

Elle bondirait sur sa célèbre léthargie et ne dirait rien.

Et qu'est-ce qui t'arrive ?

Je suis malade, c'est tout.

Malade de mépris et de haine.

On ferait mieux d'y aller. Je prends mes affaires.

Qu'est-ce que tu essaies de me faire ?

Tu essaies de me mettre sous pression par ton silence ?

Je t'ai tout donné.

Sale Judas. Sale traître.

Elle t'emmène avec elle, et tu es si faible que tu te laisses faire.

Tout ce que je veux, c'est un peu de paix.

La paix. Elle veut la paix.

L'un de nous est fou.

Méchant, idiot et fou. Qui est-ce, moi ?

Debout comme une hystérique, incapable de prononcer mes mots ?

Ou est-ce elle, assise là, à mettre ses chaussures, prête à sortir...

Un de ces jours, tu voudras peut-être revenir.

Je veux être là ce jour-là.

Je veux marcher sur tes larmes, les écraser, danser dedans.

Je veux être là quand tu ramperas. Aux premières loges.

Je veux être là quand ton visage sera plein de boue.

Je n'espère rien d'autre. Je ne veux plus rien d 'autre.

Il y a un appel pour toi en bas.

Ça ne peut pas être bon, non ?

Qu'est-ce que c'est ?

Qu'est-ce qui lui arrive maintenant ?

Comme si tu l'avais maltraité.

Et tu restes là à ne rien faire !

C'est ça. Je reste là.

Quelle sorte d'homme es-tu ?

Je ne suis pas le commissaire, tu sais.

Ecoute, Helena, ça a toujours été un champ de bataille,

et je suis certain que sans moi,

tout serait fini entre eux depuis longtemps.

Je les aime beaucoup tous les deux,

et j'ai pitié de nous tous.

Je ne te comprends pas, ni rien de tout ça.

Ecoute, Alison, je vais appeler ton père.

Je vais lui demander de venir et de te ramener.

- Je vois. - Tu iras quand il viendra te chercher ?

Oui.

Il devrait arriver vers 16 h.

Après ton départ,

Jimmy recouvrera peut-être ses esprits, et saura faire face.

Viens. On va être en retard si on ne se dépêche pas.

Qu'y a-t-il ?

Ma Tanner.

Elle a eu une attaque.

Je suis désolée.

C'est grave ?

Ils n'ont pas dit grand-chose.

Je crois qu'elle va mourir.

Mon Dieu.

Tu as déjà vu quelqu'un mourir ?

Non.

Pendant 12 mois, j'ai vu mon père mourir, quand j'avais 10 ans.

Il était rentré de la guerre d'Espagne.

Ma mère se disait qu'elle était mariée

à quelqu'un qui était toujours du mauvais côté.

Elle avait peut-être pitié de lui.

J'étais le seul à m'en soucier.

Heure après heure,

je m'asseyais dans cette petite pièce.

Il parlait, tu sais.

Il exprimait tout ce qui lui restait de vie à un petit garçon effrayé

qui comprenait à peine la moitié de ce qu'il disait.

Je ne ressentais que le désespoir et l'amertume.

La douce odeur malade d'un mourant.

J'ai appris très jeune ce que c'est que d'être en colère.

En colère.

lmpuissant.

Le train part dans une demi-heure.

Tu viens avec moi, n'est-ce pas ?

J'ai besoin que tu viennes avec moi.

On y va.

Je t'ai amené ça.

Tu sais ce qui

a causé ça ?

Trop

de porto.

Tu n'es pas censée parler, tu sais.

Ecoute,

tu dois faire

des choses.

C'est pour ça que tu es là.

Infirmière.

Ne te laisse pas

abattre.

Infirmière. Venez vite !

Ne te

laisse pas abattre.

Attendez dehors.

Chef-infirmière.

Bon sang. Bon sang, bon sang !

Tu sais ce qu'il dit de maman ?

Qu'elle était une vieille peau trop nourrie et trop privilégiée.

Je vois.

Et sur moi ?

Il n'a pas l'air de penser grand- chose. Je crois même qu'il t'aime bien.

"Pauvre vieux papa.

"C'est juste une vieille plante solide rescapée de la vieille Angleterre

"qui ne peut comprendre pourquoi le soleil ne brille plus."

Pourquoi a-t-il fallu que tu rencontres cet homme ?

Papa, ne me mets pas sur le gril.

J'y suis jour et nuit depuis deux ans.

Mais pourquoi a-t-il dû t'épouser, vu ses sentiments sur tout ?

Peut-être par vengeance.

Mais pourquoi toi, ma fille ?

Peut-être suis-je une... comment ?

"Une vieille plante rescapée de la vieille Angleterre."

La dernière fois que le soleil a brillé,

c'est quand ce sale petit train

est sorti de cette gare indienne surchargée et suffocante,

et que le groupe jouait, pour ce que ça valait.

Je savais au fond de moi que tout était fini... tout.

Tu as mal parce que tout a changé,

et Jimmy a mal parce que rien n'a changé.

Il y a eu un problème en route, non ?

On dirait, ma chère.

C'est un grand pas à franchir.

Est-ce vraiment ce que tu veux ?

Pardon.

Je voulais venir t'aider à faire tes bagages,

mais on dirait que tu as tout terminé.

- Merci. - Helena, on peut y aller.

La mère d'Alison va s'inquiéter. Elle ne va pas très bien.

Désolée. J'espère que je ne l'ai pas inquiétée en l'appelant.

Non. Nous t'en sommes reconnaissants.

- Fais attention à la deuxième marche. - Merci.

Helena, et ta valise ?

Elle ne vient pas avec nous. Elle joue toujours au théâtre.

- Je ne peux déménager que demain. - Je vois.

Bonjour, Cliff.

Bonjour, ma jolie.

Papa, voici Cliff.

- Enchanté, Cliff. - Enchanté, monsieur.

Je ferais mieux de mettre ceci dans la voiture.

Au revoir, Cliff.

Au revoir, monsieur.

Attention. Ils arrivent !

- Tu pars vraiment, alors ? - Vraiment, Cliff.

Jimmy va sans doute rentrer bientôt.

- Tu n'attends pas ? - Non.

Qui va le lui dire ?

Tu ne devrais pas lui dire toi-même ?

C'est un peu conventionnel, non ?

Je suis une fille conventionnelle.

Cet endroit va devenir bizarre.

S'il te plaît, Cliff.

Occupe-toi de lui pour moi.

Au revoir.

- Prends soin de toi. - Merci pour tout.

Chérie, attention.

Ne t'inquiète pas. Tout se passera bien.

- J'espère que tu as raison. - Comment ça ?

Pauvre fou !

Pantin imbécile !

- Jimmy. - Quoi ?

C'était Jimmy.

C'est lui, en effet.

Tiens. Donne-le-lui.

- Il est tout à toi. - Non, Cliff.

Et j'espère qu'il t'attaquera avec !

C'est un de ceux-là ?

Comment peut-elle être si faible ?

"Chère partie de moi adorée..."

Elle peut dire : "Pourceau pourri, je te hais.

"Je m'en vais, puisses-tu pourrir."

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu ferais mieux de disparaître de ma vue, ou je te casse la figure.

Si tu arrêtais de penser à toi un instant,

je te dirais une chose que tu devrais savoir.

Ta femme va avoir un enfant.

Ça ne veut rien dire ?

Même pour toi ?

Si tu me permets d'interrompre ta sagesse féminine,

il y a quelque chose que tu devrais savoir.

Je m'en moque.

Je me moque de savoir si elle va avoir un enfant.

Il peut bien avoir deux têtes.

Je te dégoûte ?

Vas-y. Gifle-moi.

Je viens de voir quelqu'un que j'aime passer par le processus sordide de la mort.

Tu veux que je m'émerveille parce qu'une fille stupide et cruelle

va avoir un enfant ?

Le spectacle est terminé.

Laisse-moi tranquille et va-t'en, et va-t'en, petite vierge malfaisante !

Que l'Esprit du Seigneur, Jésus-Christ, l'amour de Dieu

et la force du Saint-Esprit soient toujours avec nous. Amen.

- Eteins. C'est bon. - Merci.

Merci, chérie, bon week-end.

Comment était-ce ?

C'était un enterrement.

Ni fleurs,

ni mots,

ni signe.

Comment ça ?

Je parle d'Alison.

L'injustice est presque parfaite.

Les mauvaises personnes ont faim,

les mauvaises personnes

sont aimées.

Les mauvaises personnes meurent.

Je n'en ai pas pour longtemps.

Pourquoi passer la moitié du dimanche à lire les journaux ?

As-tu entendu parler des pratiques grotesques et malfaisantes des Midlands ?

A savoir ?

"Il y a une semaine, une aristocrate

"a raconté comment, au cours d'une orgie à Market Harbor,

"elle a tué un petit coq et sucé son sang."

Je parie que les magasins font un tabac avec les coqs de sacrifice.

Ça a l'air tordu.

Oui. C'est tout à fait "nous", n'est-ce pas ?

- Tu fais ce genre de choses ? - Pas récemment.

Ça a l'air de te plaire. A mort, même.

On peut essayer si tu veux.

Pour commencer, on pourrait le faire rôtir au gaz.

Le but d'un sacrifice

est de se débarrasser d'une chose dont on n'a jamais eu besoin.

Tu ferais un admirable sacrifice.

Puis on pourrait boire une coupe de son sang.

Je ne peux pas dire que j'aime. J'en ai vu. C'est comme de la sauce tomate.

Le tien serait meilleur, n'est-ce pas ?

Un peu bleu pâle.

Pourquoi ris-tu ?

Pour rien. Je ne sais jamais

quand il est sérieux et quand il ne l'est pas.

Il ne le sait sans doute pas lui-même la moitié du temps.

Quand tu n'es pas sûr, compte ça comme une insulte.

J'ai trouvé un nouveau titre de chanson aujourd'hui :

Ma mère est à l'asile, c'est pour ça que je t'aime.

Allez, maestro. Emmène ça.

"Il y a une certaine petite femme, vous voyez tous de qui je parle.

"Elle a peut-être été à Rodean, mais pour moi,

"c'est toujours une reine.

"Un jour, je l'épouserai

"Quand les temps ne seront pas difficiles

"Sa mère ne m'apprécie pas

"Il faudra donc que je demande à son père ! Deux, trois, quatre,

"N'ayez pas peur de dormir avec votre bien-aimée

"Juste parce qu'elle est meilleure que vous

"Ces classes moyennes oubliées

"Sont peut-être tombées sur le... nez

"Mais une fille dont le cœur est pur

"Aura toujours quelque chose pour vous

"Les anges au-dessus de nous

"Sauront que vous aimez

"Alors n'ayez pas peur de dormir avec votre bien-aimée

"Parce qu'elle est meilleure

"On m'appelle Sidney ! Juste parce qu'elle est meilleure que vous"

Attention maintenant.

Je vais te montrer ce qu'est la destruction !

Ma serviette.

J'envoie certaines affaires à elle aussi.

"Ma chère Alison,

"J'espère que ma précédente lettre ne t'a pas fait trop de peine.

"Je sais maintenant que c'est vrai. Malgré moi...

"Malgré moi,

"je l'aime."

C'était une belle poupée, n'est-ce pas, Dinah ?

Elle a 15 ans. On devrait la faire endormir.

Pas question, mon cher. Elle n'a aucun problème.

Elle a juste besoin d'une promenade.

Tu veux venir ? Peut-être pas. Je ne veux pas ennuyer le Dr Blair.

Il avait l'air plus heureux la dernière fois que tu l'as vu.

Je crois.

La conférence habituelle sur comment prendre soin de moi,

mais ils ne poseront plus de problème.

Il n'arrête pas de cogner aujourd'hui.

Il ?

Oui, je dis toujours "lui".

Je me demande s'il sera comme son père.

Maman le détesterait ?

Tu sais,

j'ai souvent pensé que ta mère a été trop loin avec Jimmy.

Mais tu ne l'approuvais pas.

Bien sûr que non. C'est juste que...

Je crois que tu tiens de moi. Tu ne te mouilles pas,

c'est plus confortable et plus tranquille.

Je ne me mouille pas.

Je l'ai épousé, non ?

Ils sont forts ?

Ce sont des pastilles pour la toux, pas un remède miracle.

Et vous n'avez pas la tête d'une guérisseuse.

Jimmy, je peux avoir un peu d'argent pour les courses ?

- Mais bien sûr. - Ça marche doucement ?

- C'est plutôt calme. - Tu veux aller au cinéma ?

Cliff s'occupera du magasin. N'est-ce pas ?

Pourquoi pas ?

D'accord.

On se voit là-bas dans 10 minutes ?

Ils ne veulent pas reprendre les bonbons. J'en ai trop.

Les gamins adoraient.

Tu n'aimes pas Helena, n'est-ce pas ?

Tu n'étais pas très enthousiaste, non plus.

- Ce n'est pas pareil, non ? - Bien sûr que non, imbécile.

A chaque jour sa nouveauté.

D'une femme à l'autre, ça change.

Inspecteur !

Il appelle ça des bas, inspecteur. Regardez.

Impossible d'y mettre un pied.

Inspecteur, je n'ai jamais vu cette femme.

- Ce ne sont pas mes bas. - Je t'ai prévenu, l'ami.

- Je vous en prie. - Donne-moi ta licence.

- Un instant. - Tais-toi.

- Ecoutons ce qu'il a à dire. - Sortez !

Ecoutons-le !

- Vous êtes sûr de les avoir achetés ici ? - Oui.

- Quand était-ce ? - Il y a deux semaines, jour de marché.

Il y a deux semaines ? Mais j'étais malade. Vous vous rappelez ?

- Que veut-il dire ? - Qu'il n'était pas là pour les vendre.

Vérifiiez dans vos livres.

Si ce n'était pas lui, c'était un de ses amis. Ils sont tous pareils.

Tenez.

Pauvre idiot. Les laisser lui marcher dessus comme ça.

- Qu'est-ce que tu veux ? - Des bonbons, monsieur.

Merci.

Je ne crois pas que je vais rester longtemps.

Pourquoi ?

Je ne sais pas.

Les bonbons, c'est bien,

mais je voudrais essayer autre chose.

Vous avez beaucoup d'éducation, et ça vous va, mais il me faut mieux.

C'est votre commerce.

Et autre chose.

Ça serait plus simple pour Helena, juste vous deux.

Tu devrais y aller, non ? Elle t'attend.

D'accord.

Je reviendrai pour t'aider.

On en reparlera.

Quelque chose ne va pas ?

Cliff veut partir.

Je sais, il me l'a dit hier soir.

Vraiment ?

Je suis toujours le dernier à apprendre les choses.

Je suis désolée qu'il s'en aille.

Moi aussi.

Il est sale et énervant, mais il a un grand cœur.

On peut presque tout pardonner à quelqu'un comme ça.

Je t'aime.

Peut-être.

Ça veut peut-être dire quelque chose d'avoir ton général dans tes bras,

même s'il est écœuré par la campagne.

Fatigué, affamé, assoiffé.

- Ne laisse pas les choses se gâcher. - Mon chéri.

- Tu es pour moi, ou contre moi. - Je t'ai toujours voulu...

Dis à sa majesté qu'elle envoie une canonnière.

Si vous ne voulez pas voir le film, ne le gâchez pas pour ceux qui regardent.

Je n'aime pas ce pays, pourquoi ils ne sortent pas ?

- Je vais faire ça. - Bien.

Mon Dieu, Jimmy, qu'est-ce qui va nous arriver ?

Je ne sais pas.

Tu sais ce qu'a dit Alison, un jour ?

Tu es né à la mauvaise époque.

Je vois ce qu'elle veut dire.

Parfois j'ai l'impression

que tu te crois en pleine Révolution française.

Tu ne peux pas laisser tomber ce magasin et faire autre chose ?

Comme ?

Je ne sais pas. Tu pourrais faire tant de choses.

Comme écrire ? Porter, le lion du club des écrivains ?

Porter, le présentateur de la télé ? Porter, qui sort de chez le premier ministre ?

Le culte de la personnalité de Porter.

Examinons cette météorite brillante.

Alors que le reste du monde est réduit en cendres,

qu'est-ce qui compte le plus ? Moi ! Moi ! Moi !

- Bonjour. - Bonjour.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - C'est Kapoor.

Il a été renvoyé du marché.

Il faut les affronter. Hurst-le-coincé, l'huissier,

le maire... toute la bande de fascistes.

Pourquoi ? Il y a plein d'autres villes.

Enfin, tu ne veux pas que justice soit faite ?

Je m'intéresse beaucoup à la justice,

mais je ne m'attends pas à ce qu'elle s'applique à moi.

Hurst t'a eu par technique.

Il a essayé cet après-midi, sans succès, et...

Continuez. Qu'est-ce qu'il a fait ?

Vous avez pris sa licence sans vraie raison.

Depuis qu'il a débarqué, vous l'avez pris en grippe.

- Ecoutez, monsieur, je... - J'ai vu !

Avant de vous ridiculiser, vous devez savoir quelque chose.

C'est une plainte,

de certains de vos amis.

Ils l'ont dénoncé ?

Exactement.

Pourquoi ? Quelle est la raison ?

- On ne veut pas de lui. - Qu'est-ce qu'il a fait ?

Tu as vu ses prix, non ? On doit manger.

Tu as de la chance, mon vieux. Il aurait pu vendre des bonbons.

Kapoor.

M. Hurst, venez prendre un verre avec nous.

Ce sera quoi ? Un alcool ?

Je dois y aller. Comme je disais, au revoir.

Qu'est-ce qui t'a amené dans ce maudit pays ?

Je suis venu parce qu'en Inde j'étais un paria.

Un intouchable.

Tu sais ce que tu vas faire ?

Pas trop.

Ça te ressemble.

Tu ne vas pas survivre cinq minutes sans que je sois là pour te guider.

Je ne pense pas.

Tu es une bête enragée.

Je suis sûr qu'une dame respectable va te mettre le grappin dessus,

t'épouser, t'envoyer travailler, et tu seras comme neuf.

Je suis assez stupide pour ça.

Je passe ma vie à dire au revoir.

J'ai mal aux pieds.

Essaie de laver tes chaussettes.

Voilà ton train.

Tu sais,

le plus drôle,

c'est que tu étais loyal et généreux, un bon ami.

Je suis prêt à te laisser partir fonder ton foyer,

juste parce que j'attends de cette fille une chose

dont je sais au fond de mon cœur qu'elle ne me la donnera pas.

Tu vaux une dizaine de Helena pour moi, tu sais ?

A ma place, tu ferais pareil, n'est-ce pas ?

Tiens, Cliff.

Merci, Helena. C'est très gentil de ta part.

Au revoir, Cliff.

Ecris de temps en temps, pas juste des cartes cochonnes.

- Donne quelques chocs à Mlle Drury. - Oui.

Au revoir, Cliff.

Chérie, que dirais-tu de laisser tomber ce commerce

et de repartir à zéro ? Hein ?

Ce serait merveilleux.

Faisons ça, alors. Allons boire un verre. On s'enivre un peu,

puis je t'emmène à la maison et je te fais l'amour au point que tu oublieras tout.

- Pourquoi pas du champagne ? - Cuvée spéciale de British railways.

Deux doubles whiskys, s'il vous plaît.

Bonjour.

Des amis pour vous voir.

Faites attention.

Mademoiselle, voulez-vous ces verres ?

Dix shillings.

Voilà ce qu'il te faut... ce qu'il nous faut.

Merci.

Tu es là depuis quand ?

Je ne sais pas, une heure ou deux.

Je dois être fou, de venir ici comme ça. Pardon, Helena.

Si souvent, j'ai réussi à m'empêcher de venir

à la dernière seconde.

Même aujourd'hui, en montant dans le train,

j'ai paniqué. Je me suis senti comme une criminelle. Je me suis dit

qu'en arrivant ici, je ferais demi-tour.

Alison, que s'est-il passé ?

J'ai perdu mon enfant.

J'ai tellement honte.

- Helena, pas de morale. - Tu es sa femme, non ?

Ne me fais pas me sentir comme un maître-chanteur.

Quoi qui m'ait conduite ici,

je n'ai jamais voulu interférer entre toi et Jimmy.

- Tu dois me croire. - Je te crois.

C'est pourquoi tout me semble pire que d'habitude.

Tu parles comme si tu m'avais trompée.

Comme s'il était un livre que tu passes à qui le veut, pour cinq minutes.

Tu l'aimais, n'est-ce pas ?

Tu me l'as écrit, et dit.

Et c'était vrai.

Helena, c'est inutile.

Retourne auprès de lui. Ça ira pour moi.

Je prendrai le prochain train.

Kitty, prends-le avec nous.

- Va-t'en. - Et ton ami.

Alison, je n'aime pas te quitter comme ça.

Ça ira. Au revoir.

Alison, est-ce que...

Tu n'avais pas de billet retour.

J'ai oublié. Je voulais le prendre.

Alison, c'est terminé.

Je pars.

Je suis juste venue prendre mes affaires.

Je vois.

Elle t'a convaincue cette fois ?

Pas du tout.

Elle est très malade, Jimmy. Elle a perdu...

C'était mon enfant aussi, tu sais.

Rien de tout cela n'aurait marché, je pense.

Mais je t'aime, Jimmy.

Je n'aimerai jamais personne comme je t'ai aimé.

Mais je ne peux pas continuer.

Je ne peux pas prendre part à toute cette souffrance.

Je ne peux pas.

Il ne faut pas plaisanter avec l'amour.

On ne peut pas s'en tirer sans se salir les mains.

Il faut de la force et du courage.

Si on n'est pas capable de souffrir,

il vaut mieux abandonner la vie et devenir un saint,

car on ne sera jamais un être humain.

C'est soit ce monde,

soit le prochain.

Je ne savais pas pour le bébé.

Je ne prends pas de plaisir à la souffrance,

mais ce n'était pas ma première perte.

Pour moi, si.

Tu te souviens quand on s'est rencontrés,

à cette fête sanglante ?

Tu ne m'as pas du tout remarqué.

Je n'ai pas pu décoller mes yeux de toi.

Tu semblais avoir une telle paix de l'esprit.

C'était ce que je voulais.

Après notre mariage, j'ai découvert que ce n'était pas une paix.

Pour pouvoir se détendre, il faut d'abord se battre.

Tu n'avais jamais un cheveu de travers.

Je ne changerai pas, mais si tu m'aimes,

ce n'est pas grave.

C'est grave !

J'avais tort.

Je ne veux pas être neutre.

Je veux changer.

Tu ne comprends pas ?

Il est parti, ce petit être impuissant à l'intérieur de mon corps.

Je croyais qu'il était en sécurité,

mais il est mort.

Je voulais mourir.

Je souffrais,

et je ne pouvais penser qu'à toi et à ce que j'avais perdu.

Je me disais, s'il pouvait me voir,

si laide, stupide et ridicule.

Je me disais : "Voilà ce qu'il voulait,

"les larmes qu'il voulait piétiner.

"Je suis en feu, je brûle, et je ne veux que mourir.

"Ça lui a coûté son fils et les autres que j'aurais pu avoir."

Non.

Je t'en prie. Je ne peux...

Je t'en prie.

Ça ira.

Ça ira.

On sera ensemble dans l'antre de l'ours, la cachette de l'écureuil,

on vivra de miel et de noisettes... beaucoup de noisettes.

Tu veilleras sur ma fourrure et tu me feras rentrer mes griffes,

parce que je suis un ours un peu maladroit et décharné.

Et je veillerai à ce que tu gardes cette queue svelte

bien brillante, parce que tu es un écureuil splendide.

Tu n'es pas trop brillante non plus, il faudra faire attention.

Il y a des pièges cruels partout,

qui attendent les ours un peu fous, légèrement sataniques,

et même les petits ours timides.

D'accord ?

Pauvres écureuils.

Pauvres ours.

Oui, pauvres ours.

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