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TEMPĂTE SUR LA COLLINE
Comté de Norfolk - Angleterre Début de l'inondation
OĂč est Edward '? OĂč est mon mari '?
Le Dr Jeffreys est Ă l'hĂŽpital.
Vous l'avez eu au téléphone, rappelez-vous.
Oui, c'est vrai. L'inondation...
Le nombre de blessés risque d'augmenter.
J'ai pris presque toute ma pharmacie :
sulfamide, pénicilline, attelles et plùtre !
DĂ©pĂȘchez-vous, M. Harmer. Je n'en peux plus.
Voilà des semaines que je suis alitée.
Couvent et HĂŽpital Notre-Dame de Rheims
Posez vos affaires...
- SĆur Helen ! - Oui, MĂšre supĂ©rieure.
Accueillez les villageois. Prenez cette table lĂ -bas.
OĂč est sĆur Mary ?
Je l'ignore...
Donnez-moi ces couvertures.
Faites une liste des arrivants et relevez le nom de ceux qui sont lĂ .
Il faut enregistrer toutes les personnes présentes.
VoilĂ ! Vous pourrez pousser du coude M. Evans s'il ronfle.
Il lui en faut plus que ça!
Willie, tout ça va dans la salle de repos.
L'infirmiĂšre Phillips ne veut pas.
Mais que fait-elle lĂ -bas ?
Elle essaie de voir comment on peut installer les dames.
Qui lui a permis de...
Suis-moi, Willie.
Cette fois, elle a raison.
Cette fois ? SĆur Mary a toujours raison !
C'est une des rĂšgles de cet hĂŽpital.
Que se passe-HI '?
C'est au sujet de la salle de repos.
SĆur Mary !
Combien serons-nous pour dĂźner ?
On ne sait pas. Préparez tout ce que vous pouvez.
Et votre soupe Ă l'oignon !
Elle mijote déjà . Un peu de ragoût aussi.
Faites cuire toute la viande que nous avons.
Comme ça, sans rien peser, j'ajoute des légumes ?
Et ce que vous avez de nourrissant.
C'est parfait !
Je ne vous ai pas autorisée à sortir.
En effet. Cette agitation fait oublier les formalités.
Il n'y a d'agitation que si nous le voulons.
L'infirmiÚre m'a demandé la permission de sortir.
TrĂšs bien, docteur. Cette salle sera le dortoir des enfants
pour les éloigner des contagieux.
SĆur Mary a raison.
Tout ceci était mon idée. Je suis si inquiet pour ma femme.
Elle sera bientĂŽt lĂ et il lui faut du calme.
Bien sûr. Nous isolerons son lit.
Laissez, je ferai installer un lit dans mon bureau.
Dr Jeffreys, ne soyez pas vexé. Cela n'a rien de personnel.
Je me dois de veiller au bon déroulement des choses.
Je comprends.
Le bon déroulement! Dites plutÎt "votre" déroulement.
VoilĂ ce qu'il y a de personnel.
Vous agissez toujours comme bon vous semble!
Veuillez retourner Ă l'hĂŽpital.
TrĂšs bien.
Mais je sortirai Ă la premiĂšre occasion !
Vous méprisez la volonté des autres.
Si je volais comme Willie,
vous m'approuveriez !
Vous m'en voulez !
Voleur, vous avez dit!
Mes mains sont propres. Elles n'ont commis aucun péché.
Willie...
va au clocher.
Fais sonner la cloche.
Nous devons avertir ceux qui sont encore en bas.
Nous sommes tous un peu nerveux. L'infirmiÚre n'a pas voulu dire ça.
Je pensais ce que j'ai dit
et plus encore !
Que se passe-HI '?
J'en ai assez ! J'ai eu mon compte !
Elle est contrariée.
Laissez-la s'exprimer.
Vous avez réponse à tout pour défendre vos protégés !
Laissez-moi vous dire ceci.
Ăa vous ferait du bien d'avoir un peu tort.
Si vous n'étiez pas aussi sûre de vous,
votre sĆur serait encore en vie!
Elle ne le pense pas.
Docteur, Mme Jeffreys et M. Harmer sont arrivés.
Merci. Excusez-moi.
On ne peut faire confiance Ă Willie.
DĂšs que la situation sera redevenue normale, il doit partir.
Oui, MÚre supérieure.
Nous préparons cette salle pour les enfants.
Ils doivent ĂȘtre Ă©loignĂ©s des autres salles.
Ils seront en sĂ©curitĂ© ici et ne gĂȘneront pas les patients.
C'est certain.
Vous prévoyez tout.
Je n'avais pas prévu de perdre Phillips.
Sous le coup de la colĂšre, on dit des choses qu'on ne pense pas.
Ma sĆur, sachez que je n'ai pas trahi votre confiance.
J'ignore comment Phillips est au courant pour votre sĆur.
Phillips ne m'a jamais acceptée.
On ne peut ĂȘtre aimĂ© de tous. MĂȘme nos saints ne l'Ă©taient pas.
Nous devons admettre que nous ne sommes pas des anges
et donner le meilleur de nous.
MÚre Supérieure...
Ai-je donné le meilleur de moi ?
Bien sûr.
Et vous avez eu la vocation bien aprĂšs les autres.
Parfois, je pense que c'était trop tard.
Il n'est jamais trop tard pour servir Dieu et les malades.
Vous en ĂȘtes l'exemple parfait.
De novice, vous ĂȘtes devenue infirmiĂšre en chef en huit ans.
Les souvenirs de la vie passée ne meurent pas facilement.
Ils finiront bien par mourir.
Si seulement en changeant de vie je réussissais à me changer, moi.
Ne vous tenez pas responsable de ce qui est arrivĂ© Ă votre sĆur.
J'aurais dĂ» la laisser tranquille.
Elle tenait Ă cet homme, je n'avais pas Ă intervenir.
Mais il ne lui convenait pas. Votre devoir était de la protéger.
Quand je pense que c'est moi qui...
Le suicide est un terrible péché.
Vous devriez faire une retraite.
Il n'y a rien de plus réconfortant qu'une semaine de méditation.
J'ai essayé. Je ne trouve aucun réconfort, aucune paix.
Ăa viendra, d'une façon ou d'une autre.
Vous le ressentirez.
De la soupe chaude!
La soupe chaude arrive !
Dr Jeffreys veut que je m'excuse mais je ne le ferai pas...
Avec les compliments de M. Evans, du pavillon deux.
Le "Sunday Times"! Comme c'est gentil.
Rien ne vous empĂȘche d'en collecter.
Si j'en avais 1000, je leur trouverai 1001 utilisations.
Il ne faut jamais jeter un journal
...ou un bout de ficelle.
Il doit bien y avoir un gésier quelque part. En voilà un!
'Rai si faim...
Servez-vous.
Non, pas celui-lĂ . C'est pour le gentil M. Evans.
J'aime le "Times". Les pages ont un si bel effet sur mes étagÚres.
Pour l'instant, nous sommes 72 adultes et 25 enfants.
Soixante-douze et vingt-cinq...
Il y a bien du bruit, ici.
- 97. - C'est juste.
Ajouté aux 85 personnes habituelles, ça fait...
182 personnes.
Oui, 182, c'est exactement ça.
On vous attend dans la grande salle.
- C'est urgent ? - Un homme et deux femmes sont lĂ .
SĆur Helen va s'en occuper.
Ils veulent emprunter de l'essence et une voiture.
Ils auront bien le temps de manger une soupe chaude.
Envolé, le gésier de M. Evans !
L'amener dans un couvent, quel blasphĂšme !
Elle a toujours été gentille avec moi.
Ma SĆur...
C'était une bonne cliente...
Je ne veux pas que mon bĂ©bĂ© naisse sous le mĂȘme toit qu'elle !
Bonsoir, Mme Smithson.
N'entrez pas.
C'est le diable qui est lĂ .
Ouvrez la porte, s'il vous plaĂźt.
Otez votre manteau, il est trempé.
Vous ne pouvez pas me laisser tranquille!
Ils s'en fichent que j'éternue.
Ils me diront juste "A vos souhaits".
Je veux que vous soyez Ă l'aise. Nous allons bientĂŽt repartir.
Je vous ai apporté de la soupe.
Vous avez entendu ?
De la soupe bien chaude, nourrissante.
Vous n'étiez pas trois ?
Le sergent Melling est lĂ , avec la sĆur responsable.
Vous voulez dire MÚre supérieure.
J'espĂšre que vous aimez notre soupe.
SĆur Josephine a manquĂ© sa vocation.
Elle dirige aussi les sĆurs converses.
Je n'en veux pas.
Ăa vous rĂ©chauffera.
Je n'ai pas froid !
- Donnez-moi votre manteau. - Laissez-moi.
Vous vous fichez de tomber malade, mais pas nous.
Pourquoi ?
Parce que nos salles sont combles.
Je ne prendrai pas votre précieux espace.
Pourquoi est-il si long ? Je veux partir d'ici.
Pourquoi ĂȘtes-vous si pressĂ©e ?
Ce n'est pas moi, c'est eux.
- Puis-je vous aider ? - Vous ne pouvez rien faire.
Vous ne pouvez rien pour elle.
Donnez-moi une cigarette.
Je suppose que fumer est interdit.
En général, mais en pareille Situation...
- Quelle situation ? - Vous le savez.
J'ai dit, quelle situation ?
Presque tout le village est ici, nous ne pouvons ĂȘtre trop stricts.
Alors, fumez si vous voulez.
Vous savez bien qui je suis. Ils le savent tous.
Vous ĂȘtes gentille avec moi car ça fait partie de vos devoirs.
Si je ne puis vous ĂȘtre d'aucun secours,
alors j'aurai échoué dans mon travail.
Comme c'est astucieux.
S'abaisser devant le pécheur. Faire appel à sa conscience.
C'est l'astuce infaillible. Avec moi, ça ne marche pas.
Je n'ai plus de conscience.
Et moi, je n'ai aucune astuce.
Je vous demande juste d'ĂŽter votre manteau.
Tenez ! Je ne veux pas que vous échouiez à cause de moi.
Si vous acceptiez ma soupe, mon succĂšs en serait grandi.
Vos Chaussures...
Ne vous agenouillez pas devant moi ! Et ne me touchez pas !
Quand ?
Ils sont tous sortis.
Ils savaient Ă quoi s'en tenir.
AllĂŽ ?
Je parlais avec l'ingénieur en chef de la digue. J'ai été coupée.
Pouvez-vous rappeler. Comment ?
MĂšre supĂ©rieure nous prĂȘte l'ambulance.
Nous devrions ĂȘtre Ă Norwich dans 1 h-.
- Je crains que non. - Pourquoi ?
Qu'y a-t-il ?
La digue a Ă©tĂ© abandonnĂ©e. Elle est prĂȘte Ă s'effondrer.
J'appelle Norwich pour qu'on envoie un bateau.
Le téléphone est coupé.
Toute communication est impossible.
Mais nous devons ĂȘtre Ă Norwich avant demain.
Impossible.
Il y en a pour 2 ou 3 jours.
2 ou 3 jours !
Je ne pourrai pas le supporter.
Que le personnel se tienne prĂȘt. La digue a cĂ©dĂ©.
On nous apporte des blessés. Pourquoi ont-ils continué à ...
Valerie !
Comment ĂȘtes-vous arrivĂ©e ici ?
Valerie Carns, bien sûr.
C'est exact. Valerie Carns, la meurtriĂšre.
En route vers la prison de Norwich, oĂč elle sera pendue au matin.
Mais ce ne sera pas demain matin ! Ils devront attendre !
Vous imaginez la nouvelle!
"La sentence est ajournée pour cause de pluie !"
Comme pour un match de cricket !
Conduisez-la dans mon bureau et installez-la sur le lit.
Je vais lui chercher un sédatif.
Ne la laissez pas seule, Pierce. MĂȘme une seconde.
SĆur Mary !
Ma Molly se sent toute bizarre.
Qu'y a-t-il ?
Prendrez-vous soin d'elle ?
Vous vous en occuperez quand le bébé sera né.
Cette meurtriÚre va mettre la marque de Caïn sur le bébé.
Votre femme sera rentrée à la maison avant d'avoir le bébé.
Voulez-vous le lui dire. Ăa la rĂ©confortera.
Evidemment.
C'est vous, sĆur Mary. Je suis si contente de vous voir.
Quelque chose me dit que le bébé va arriver avant terme.
Prendrez-vous soin de moi quand il arrivera ?
Oui, bien sûr.
Merci, ma sĆur.
Mme Jeffreys !
Le petit-déjeuner !
Le Dr Jeffreys vient ?
Dans une minute. Il n'a pas tout Ă fait fini.
- Isabel ? - Oui, Edward.
Viens, ma chĂ©rie. C'est prĂȘt.
- Tu l'as vue ? - Qui?
Valerie.
Oui, la nuit derniÚre. Comment as-tu su qu'elle était là '?
L'infirmiĂšre me l'a dit. Je te jure qu'elle est innocente.
Parle moins fort et sois raisonnable.
L'idĂ©e d'ĂȘtre sous le mĂȘme toit qu'elle m'est insupportable.
Allez, viens. Ressaisis-toi. Ăa va ĂȘtre froid.
Bonjour.
Assieds-toi lĂ .
M. Harmer!
Commencez, Dr Jeffreys. Pas de formalités ce matin.
Ăa sent bon, hein ?
Bonjour, Mme Jeffreys.
Laisse-moi aller la voir.
Tu ne peux pas. Elle est en état d'arrestation.
Oui, ma sĆur ?
J'aimerais voir ces courbes avec vous, mais ça attendra.
- OĂč la gardent-ils ? - Chez la MĂšre supĂ©rieure.
Fais-moi plaisir...
Mlle Carns a été transférée dans mon bureau.
Nous avons jugé qu'il valait mieux la tenir à l'écart.
L'opinion publique est contre elle.
Elle a tout de mĂȘme tuĂ© son frĂšre, aussi mĂ©chant qu'il fĂ»t.
- Connaissiez-vous Jason Carns '? - TrĂšs peu.
Dr Jeffreys le connaissait bien car il le soignait.
Qu'avait-il ?
Une attaque l'avait laissé presque entiÚrement paralysé.
Les suites d'un alcoolisme chronique et d'une vie dissolue.
SĆur Mary va penser que la cuisine te dĂ©plaĂźt.
Au contraire. Elle est excellente.
Toute cette agitation, c'est trop pour toi.
Quand tu auras terminé, je te donnerai un sédatif.
Je n'en ai pas besoin. Je ne suis pas fatiguée.
J'en suis seul juge.
Quel regard il m'a lancé quand j'ai quitté la barre des témoins.
J'ai une faim de loup!
Je n'ai fait que dire la vérité, il le fallait.
J'ai juste suivi l'ordonnance.
On l'a inculpée d'empoisonnement, non '?
Elle lui a fait prendre 3 cachets d'un coup. De quoi tuer un cheval!
Elle a dĂ» ĂȘtre mĂ©contente de vous voir.
En effet.
- Pourquoi ? - J'étais un témoin-clé.
Il a fait tout son possible pour la sauver.
Ah, si Willie n'avait pas tout entendu.
Notre Willie ?
Oui. Il travaillait chez les Carns.
Qu'a-t-il entendu ?
AprĂšs une nuit difficile, oĂč Jason avait beaucoup souffert,
j'ai trouvé Valerie complÚtement affolée.
Elle divaguait.
Elle répétait sans cesse : "Si seulement il était mort".
Je suis désolé, ma chérie.
Nous avons tous été bouleversés par cette affaire tragique.
Le témoignage de Willie a été retenu comme preuve ?
Non, le mien. Mais il a dit la vérité.
La vĂ©ritĂ©, c'est la vĂ©ritĂ©. Et vous aviez prĂȘtĂ© serment !
Je vous laisse les courbes.
Il est interdit d'entrer !
Je pensais que je pourrais voir Mlle Carns.
A quel propos ?
Je l'ai un peu connue... avant que tout cela n'arrive.
Je pensais la réconforter.
On ne peut pas grand-chose pour elle.
A moins de la sauver du gibet.
Le gibet...
Vous ĂȘtes la femme du Dr Jeffreys ?
Oui. Vous ne lui direz rien, n'est-ce pas ?
Je ne suis pas trÚs bien et il serait fùché d'apprendre...
Je ne dirai mot!
Veillez Ă ce que chacun reste dans son dortoir.
Avertissez-moi immédiatement en cas de problÚme.
Vous serez relevées avant la messe.
Je ferais mieux de partir.
Ce n'était pas Mme Jeffreys ?
Si, elle voulait voir Mlle Carns.
Et vous ne le permettez pas ?
Vous pensez que je suis trop dur '?
Si je puis me permettre, ne vous mĂȘlez pas de tout ça.
Ce n'est pas bien de l'encourager Ă s'apitoyer sur son sort.
Ăa complique tout pour elle
et pour nous.
Qui joue ?
Mlle Carns. Elle est bonne musicienne.
Son piano lui manque beaucoup.
A-t-elle été difficile ?
Pas plus que ça.
Ces derniers jours ont été les pires, aprÚs le rejet de l'appel.
Ils pensent tous pareil.
- Quoi '? - Qu'ils sont innocents.
Je vois.
Depuis le temps que je veux faire rĂ©parer cette fenĂȘtre.
Quand ĂȘtes-vous entrĂ©e ?
Il y a peu de temps.
Continuez. Ăa ne me dĂ©range pas, bien au contraire.
Comment va Willie ?
Imprévisible, comme toujours.
Et toujours aussi apeuré.
Il ne m'a pas regardée une seule fois durant le procÚs.
Mais il ajuste répété ce qu'il a entendu.
Pourquoi j'essaie de deviner, je m'y connais si peu.
C'est du Debussy ?
Non, c'est du Cams.
Vous composez '?
Jason Cams composait !
Jason ? Votre frĂšre ?
Oui, celui que j'ai tué !
- Vous n'aimez pas, hein '? - Mais si.
Non, vous n'aimez pas!
Pauvre Jason... Toute sa vie,
il a dû faire face à la réprobation.
Mais vous avez tous tort!
La musique de Jason a de la valeur et ne sera pas oubliée.
Je ne crois plus qu'en elle.
Vous ne voulez pas vous changer ?
J'ai oublié ma garde-robe. Quelle étourdie !
Pardonnez-moi.
Ceci vous tiendra chaud.
Ăa ne vous dĂ©range pas qu'une meurtriĂšre derme dans votre lit ?
Vous n'avez pas tué votre frÚre, j'en suis sûre.
C'est gentil à vous. Comme ça, nous sommes deux!
MĂȘme si vous l'aviez tuĂ© par pitiĂ©,
sa mort serait sur votre conscience et vous ne seriez pas en paix.
Vous l'étiez en jouant.
Rappelez-vous, je n'ai pas de conscience.
Je ne le crois pas.
Peut-ĂȘtre qu'en jouant sa sonate, les jurĂ©s m'auraient acquittĂ©e.
J'ai la conviction que...
Ne parlez pas d'inspiration divine !
Je n'allais pas le faire.
Dites-moi pourquoi vous ne me croyez pas coupable.
Parce que je sais ce qu'on ressent alors.
Vous me croyez innocente ! Et puis aprĂšs ?
Ce ne sont que des mots! Que pouvez-vous faire ?
Prier pour vous.
Encore des mots !
Si vous voulez vraiment que je vous croie, agissez !
Aidez-moi Ă vivre mes derniers jours.
Je le ferai.
Amenez-moi la seule personne qui tienne réellement à moi.
Il s'appelle Sidney Kingham.
- Est-il ici ? - Il est Ă Norwich.
A seulement 12 km d'ici.
Vous savez qu'il est impossible d'aller lĂ -bas.
Vous ĂȘtes une sainte femme,
faites donc un miracle!
Ne fais pas tant de bruit et garde ta bouche fermée.
Mais je m'étrangle.
Mets la nourriture dans ta bouche et non l'inverse.
Mlle Carns a demandé de tes nouvelles.
PlutĂŽt gentil.
Oui. Elle n'est pas fùchée contre toi.
Elle est gentille, et douce comme un oiseau.
Finis de dĂźner et va te coucher.
Une longue journée nous attend demain.
Avez-vous mangé un peu ?
Sans doute. Mais je n'ai pas trĂšs faim.
Vous n'ĂȘtes pas fatiguĂ©e ?
Je suis si fatiguĂ©e que je n'arrive pas Ă m'arrĂȘter.
Certains tricotent pour se détendre. Moi, j'épluche des patates !
Quand elles sont petites, et qu'on dirait des grains,
je dis des priĂšres comme avec un chapelet.
J'ai bien dĂ» vous le dire une centaine de fois.
Que dites-vous '?
Quelque chose vous travaille. Votre regard est ailleurs.
S'agit-il de cette malheureuse ?
Cette inondation,
ça ne peut ĂȘtre que la volontĂ© de Dieu !
Certainement, comme le déluge qu'a subi Noé.
Ăa doit ĂȘtre Sa volontĂ©,
de nous encercler par les eaux, de bloquer tout le monde.
Si seulement je pouvais aller Ă Norwich !
A Norwich ?
Je ferais n'importe quoi pour y aller ce soir.
C'est la 1Ăšre fois que je vous entends dire une bĂȘtise !
Demain, nous aurons une soupe de légumes.
Bonne nuit, mes sĆurs.
Bonne nuit, Willie.
Sois lĂ Ă 6 h, pour allumer le feu.
D'accord.
Je crois que ça a assez trempé.
Vous avez oublié l'eau.
Je parle de mes pieds !
La nuit derniĂšre,
dÚs que je l'ai vue, quelque chose est passé entre nous.
Elle n'est pas plus coupable de meurtre
que vous!
Vous ne pouvez pas ĂȘtre si affirmative.
Mais j'en suis certaine!
C'est comme si une force intérieure me poussait à agir.
J'ai besoin de votre aide.
Je veux tout savoir du procĂšs.
Pourquoi moi ?
Et ces journaux que vous gardez! Trouvez-moi
tout ce qui date de janvier.
Est-ce bien raisonnable ?
S'il vous plaĂźt!
Mais je les ai peut-ĂȘtre utilisĂ©s.
- On doit les trouver! - Demain.
Non, ce soir!
VoilĂ ! 14 janvier.
"Le procÚs Carns se poursuit. L'accusé nie les faits."
C'est tout ce qu'il y a.
Voyons... Que faisions-nous en janvier ?
Les armoires Ă pharmacie !
Ecoutez un peu. Accusation :
"Si vous étiez seule dans la maison,
"qui d'autre que vous a pu donner Ă votre frĂšre les 3 cachets ?"
Carns : "Je vous l'ai déjà dit cent fois,
"je n'ai pris qu'un cachet de la boĂźte.
"Je n'ai pas remplacé les 2 cachets manquants par de l'aspirine.
"Je lui ai donné un cachet. Un seul cachet !"
Pas si fort !
La photo de Jason Carns. On en a besoin ?
Qu'est-ce que cela signifie ?
OĂč as-tu trouvĂ© ça ?
Je l'ai trouvé... sur cette table.
J'ai entendu du bruit...
Tu mens. Tu m'as caché cette photo.
Je l'ai trouvée ici. Je suis sortie...
Je n'ai vu personne. Tu me mens.
Edward, plus jamais je ne te mentirai.
Retourne te coucher, Isabel.
On a changé les papiers sous les pots de framboises et de pommes.
Novembre.
En voilĂ un !
"Le pharmacien, M. Harmer, témoigne."
On a ça dans un autre journal.
Il vaut mieux s'en assurer.
Qui est lĂ ?
C'est moi, Willie.
Mais tu es trempé !
Je suis venu vous chercher.
Qu'as-tu fait, Willie ?
Vous vouliez aller Ă Norwich. Eh bien, vous irez.
A Norwich ? Ce soir ?
Willie a trouvé un moyen. Lui seul pouvait y arriver.
Le brouillard est épais mais n'ayez pas peur, la lune va nous guider.
La pluie semble s'ĂȘtre arrĂȘtĂ©e pour de bon.
Dire qu'il y a une digue juste dessous, engloutie par l'eau.
Connais-tu un homme qui s'appelle Sidney Kingham ?
Oui, ma sĆur. Il emmenait Mlle Valerie se promener.
Sais-tu oĂč il habite ?
Oui. J'ai eu à lui porter un colis et il m'a donné une piÚce.
Je me suis acheté des bonbons. Au retour, j'avais mal au ventre.
C'est bien... Enfin, tant mieux que tu saches oĂč il habite.
VoilĂ la colline du prunellier. DerriĂšre, c'est le marais.
Restez bien derriĂšre moi.
Je n'irai pas trĂšs vite, mais faites attention
Ă ne pas glisser sur la boue.
Ăa va aller, Willie. Ne perdons pas de temps.
M. Kingham vient souvent voir Mlle Carns ?
Non. Son frÚre, M. Jason, détestait M. Kingham.
Et Pourquoi ?
Il avait peur qu'il emmĂšne sa sĆur loin de lui.
Il était méchant. Il aimait faire du mal aux autres.
M. Jason était trÚs malade.
Il m'a jetĂ© un pot Ă la tĂȘte. Ăa m'a coupĂ© et j'ai pissĂ© le sang !
Pourquoi a-t-il fait ça ?
Il a dit que mes mains avaient volé ! il attendait une lettre.
Mais Willie n'a pas volé la lettre.
Tu l'as vraiment prise ?
Oui, aprÚs, quand il m'a coupé.
Il a puni Willie de l'avoir prise, alors Willie l'a prise.
Qu'as-tu fait de cette lettre ?
Je l'ai. Elle est cachée dans ma chambre.
Tu l'as cachée... Tu sais ce qu'elle dit ?
Non. Je la sens juste chaque soir avant de m'endormir.
Quand on reviendra, Willie, je veux que tu me la montres.
Oui, ma sĆur. Elle sent vraiment bon,
comme les lilas au printemps.
Et ma biĂšre ?
On ne sert plus Ă cette heure.
Rentrez, M. Kingham, vous serez mieux qu'Ă traĂźner ici.
Ils se sont peut-ĂȘtre tous noyĂ©s.
Ils sont partis de nuit, avant que la digue ne cĂšde.
Elle n'aura peut-ĂȘtre pas Ă affronter demain.
Je vais vous servir.
M. Kingham...
Willie ! Comment es-tu arrivé ici ?
Suivez-moi dehors. C'est tout ce que je peux dire.
- Qui est dehors ? - Venez avec moi.
Par lĂ .
Je pensais que...
M. Kingham ! Je suis sĆur Mary Bonaventure,
du couvent Notre-Dame de Rheims.
Que voulez-vous ?
Mlle Carns est au couvent.
Quoi '? Mais comment le savez-vous ?
J'en viens.
Malgré l'inondation ? C'est impossible.
Willie a montrĂ© le chemin et la sĆur n'a pas eu peur.
Elle ne désire qu'une chose : vous revoir.
Ils risquent de rester bloqués.
Vous ĂȘtes bien sortie, pourquoi pas eux ?
Je n'y ai pas pensé. Elle a besoin de vous
et Willie a pu trouver un bateau.
Vous vous exposez Ă de graves problĂšmes.
- Il est trop tard pour y penser. - Non !
Si vous repartez sans moi, ils ne sauront rien.
M. Kingham !
Ou vous ĂȘtes un homme trĂšs prĂ©venant,
ou vous refusez de nous suivre.
Je ne suis pas prévenant.
La pauvre enfant !
Elle qui m'a dit que vous seul teniez Ă elle.
C'est vrai.
Je l'aime.
Nous allions nous marier.
Mais cela n'empĂȘche pas que je la croie coupable.
J'ai essayé de ne pas y croire.
J'ai revu les témoignages des milliers de fois.
Vous croyez que c'est facile d'aimer une meurtriĂšre ?
Vous croyez que c'est facile de penser au lendemain ?
C'est Ă elle qu'il faut penser. Il lui reste peu de temps.
Vous n'avez pas à me dire ça. Je pense à Valerie.
Et si elle savait ce que je pense d'elle '?
Cela rendrait-il ses derniĂšres heures plus douces ?
Bien sûr que je veux la revoir.
Autant qu'elle veut me voir.
Et si elle comprenait tout ?
Prendriez-vous la responsabilité de cette nouvelle souffrance '?
Vous vous y entendez en pitié et charité.
Alors parlez. Dites-moi ce que je dois faire.
Revenez avec nous.
TrĂšs bien, ma sĆur.
Willie, mais que fais-tu ?
Je le détruis pour qu'on n'emmÚne pas Mlle Valerie se faire pendre.
Willie est plus sensé qu'on pourrait le croire.
Attendez plutĂŽt ici.
- Qui est-ce ? - SĆur Mary.
Une minute !
- Quelle heure est-il ? - Je ne sais pas.
Ah, c'est vous-.
Je suis allée à Norwich.
Vous avez dĂ» marcher sur l'eau !
Willie a pu trouver un bateau.
Sidney !
SĆur Mary.
Allez prendre votre petit-déjeuner, je reste avec elle.
Est-ce vrai que vous ĂȘtes allĂ©e Ă Norwich, dans la nuit ?
Oui, sergent.
Vous avez dû signaler notre présence.
Je n'y ai pas pensé.
C'est regrettable.
De toute façon, Willie va nous conduire à Norwich.
Je crains que ce soit impossible. Il a détruit le bateau.
Il l'a dĂ©truit ? Pourquoi vous ne l'avez pas arrĂȘtĂ© ?
Elle ne pouvait pas.
Voici M. Kingham.
Kingham ? Sidney Kingham ?
Son fiancé !
VoilĂ pourquoi vous deviez aller Ă Norwich.
Je vais en avertir les autorités.
Faites votre travail.
C'est ma faute. Je n'aurais rien dĂ» vous demander.
Je savais ce que je faisais.
Attendez, ma sĆur.
J'ai un cadeau pour vous.
Nous n'acceptons pas les cadeaux.
Vous avez agi pour une innocente.
Je vous le jure.
C'est tout ce que j'ai.
Je vous fais Cadeau...
de mon innocence.
Je vous en remercie.
Je n'arrive pas Ă y croire, Sidney.
Je n'arrive pas Ă croire que tu es lĂ .
Il y a tant de choses que je veux te dire et te demander.
Mais à présent, je ne sais plus quoi.
Je suis si fatiguée.
Valerie, mon amour.
C'est dur de parler, je sais, mais les mots ne comptent pas.
Je veux juste poser ma tĂȘte sur ton Ă©paule
et tenir ta main.
Bonjour.
SĆur Mary !
Nous vous cherchions. Je crains qu'il soit trop tard.
- Qu'y a-t-il '? - Mme Smithson a accouché.
Nous avons passé de durs moments.
Comment vont-ils ?
J'y arrive.
Mme Smithson vous demande. Vous aviez promis d'ĂȘtre avec elle.
Le bébé respire à peine. C'est un cas désespéré.
Vous avez laissé ma Molly seule.
Je suis désolée, j'ignorais que...
Vous deviez ramener l'amant de cette femme.
C'était plus important que ma femme et mon bébé.
De toute façon, vous ne pouvez rien faire.
Mon bébé va mourir! Mon premier garçon !
Bonjour, ma sĆur.
Atélectasie ?
Les deux poumons.
Nous avons pu aspirer du mucus
mais il a encore du mal Ă respirer.
Avez-vous utilisé de l'oxygÚne ?
Oui. il était encore en couveuse il y a 1 heure.
Il me faudrait un bronchoscope.
Est-ce si grave ?
Ăa ne pourrait ĂȘtre pire.
Vous voulez que je vous remplace ?
- Vous ĂȘtes plus fatiguĂ©e que moi. - Non.
J'aurais aimĂ© ĂȘtre informĂ© de votre sortie.
Vous n'auriez pas pu me faire changer d'avis.
Ne vous mĂȘlez pas de cette affaire.
Appelez-moi en cas de changement.
Dans toute communauté, il y a toujours un Judas.
Mais il faut condamner celui qui a péché.
Vous auriez dû voir ce qui est arrivé ce matin.
En voyant sĆur Mary, les villageois ont brandi le poing.
Je n'y crois pas, ils ne feraient pas ça à une sainte femme.
SĆur Mary n'est pas sainte, elle est moralisatrice.
Vous la détestez, hein ?
Je déteste ceux qui ont un complexe de supériorité. Donc je pars d'ici.
C'est inutile. Lorsque l'Ă©vĂȘque le saura,
sĆur Mary sera vite transfĂ©rĂ©e !
Vous croyez ?
SĆur Mary est lĂ ?
Non ! Tu n'as pas mieux Ă faire que de venir ici, tout crasseux.
Il y a un temps pour tout...
ArrĂȘte de marmonner, imbĂ©cile. Que veux-tu '?
Je veux parler Ă sĆur Mary.
C'est impossible.
Elle est occupée en salle de travail.
Pourriez-vous lui dire que Willie a la lettre bleue
qui sent comme les lilas au printemps.
Les lilas ?
Les lilas sont mes fleurs préférées.
Je crois que nous n'en aurons pas au printemps,
pas aprĂšs cette inondation.
La lettre sentait bien bon. Si sĆur Mary me la laissait...
De quoi parles-tu ?
Du charabia !
Dites-le-lui, elle est au courant.
C'est la lettre que M. Jason cherchait.
Quel M. Jason ?
- Jason Carns ? - Oui.
Tu ignores qu'il est mort ?
Et comment qu'il est mort!
En voilà une façon de parler.
SĆur Mary m'a demandĂ© de lui donner cette lettre.
Donne-la-moi. Je lui remettrai.
Je ne l'ai pas. Elle est cachée dans ma chambre.
Il n'y a qu'un voleur ici,
c'est toi !
Comment oses-tu ?
Quitte cette piĂšce.
Je le dirai Ă sĆur Mary.
InfirmiĂšre, il faut que j'aille m'allonger.
Faites appeler mon mari, je dois lui parler.
Plus tard. Il est encore avec le bébé des Smithson.
"...AprĂšs quoi Willie Pentridge, de sa propre initiative,
"a détruit ledit canot,
"empĂȘchant ainsi de conduire le prisonnier Ă la prison de Norwich."
Veuillez signer, lĂ oĂč est Ă©crit "tĂ©moin".
Ai-je mal rapporté un fait ?
Il s'agit de bien autre chose.
Alors vous refusez !
Pardon pour ce retard.
Docteur,
comment va le bébé '?
Il est en couveuse. Il faut attendre.
Le sergent m'a demandé de signer ce rapport.
Vous devriez d'abord le lire.
C'est inutile, je suis sûre qu'il est exact. Signez-le.
Puis-je le lire, sergent ?
SĆur Mary et moi nous connaissons bien.
Je souhaite faire tout ce que je peux pour elle.
Je n'y vois pas dbbjection.
Je regrette de déposer ce rapport
mais il y a bien eu obstruction Ă la justice.
Ne vous en faites pas, sĆur Mary.
Ils abandonneront les charges portées contre vous aprÚs...
Je veux dire...
Vous voulez dire : aprÚs l'exécution.
Je suis désolé.
J'aurais souhaité que votre jugement soit plus avisé.
Mais mon cĆur est allĂ© vers cette pauvre enfant.
Elle a été reconnue coupable de meurtre.
Jason Carns a mérité son sort.
Il était mauvais et dépravé,
bien qu'ayant été son médecin, je ne devrais pas dire ça.
Pourquoi ?
C'était un alcoolique invétéré.
Il maltraitait sans cesse Valerie.
Cessez de la croire coupable,
vous deux !
Regardez les faits.
Je lui avais prescrit des SomnifĂšres.
Harmer lui en avait donné pour 3 semaines.
Soit 21 cachets emballés individuellement dans une boßte.
J'avais bien prévenu Valerie
de ne lui donner qu'un cachet par soir,
mĂȘme en cas de forte douleur.
4 jours aprÚs, Jason était retrouvé mort d'une overdose.
Le coroner a ordonnĂ© une enquĂȘte.
AprĂšs 4 jours, combien de cachets devait-il rester ?
-17. - Il yen avait 17.
Mais deux étaient de l'aspirine.
Cela ne prouve pas qu'elle les ait mis.
Mais Jason ne pouvait attraper la boßte, il était paralysé.
Sinon, pourquoi aurait-il remplacé les cachets par de l'aspirine ?
Ma sĆur,
si Jason Carns était paralysé et que Valerie était seule...
Je vous ai raconté ce qu'elle m'avait dit.
Qu'elle souhaitait sa mort. Mais elle ne le pensait pas,
m'avez-vous dit, hein ?
J'avais raison de le croire.
AprÚs sa 2Úme attaque, qui l'a laissé paralysé,
si elle ne m'avait pas appelé à temps, il serait mort.
Elle aurait donc pu le laisser mourir.
Elle aurait pu, n'est-ce pas ?
Elle l'a sauvé d'une mort naturelle
et ensuite elle l'a empoisonné.
Quelle étrange logique.
La patience d'une personne a des limites.
Ce n'était pas le cas de Valerie.
Je l'ai suppliée de l'envoyer en maison de santé
afin qu'elle puisse m'épouser, mais elle a refusé.
Diriez-vous qu'elle perdait patience ?
Nous n'allons pas refaire son procĂšs.
De telles discussions ne changeront pas son sort.
Cessez de la voir, vous vous ferez du mal.
Ma sĆur, venez dans mon bureau.
Vous vous mĂȘlez de choses qui ne vous regardent pas.
Elle est innocente.
Jamais de ma vie je n'ai eu une aussi intime conviction.
Ne vous obstinez pas.
Vous n'aurez plus de contact avec elle.
Vous ne lui parlerez plus. Vous ne la verrez plus.
Elle s'est préparée à mourir. Ne lui donnons pas de faux espoirs.
Ce sera tout, ma sĆur.
Le bébé des Smithson va un peu mieux.
Son état est encore critique.
Vous n'avez pas arrĂȘtĂ© depuis hier. AprĂšs les vĂȘpres, reposez-vous.
C'est bien que Mlle Carns ait quitté votre bureau.
Vraiment ?
Willie m'a remis une lettre pour vous.
C'est vrai, j'avais oublié.
Je crois l'avoir. Oui, la voilĂ .
Pauvre Willie, il dormait debout.
Je lui ai dit d'aller dĂźner, puis de se coucher.
Mon testament est resté chez mon avoué, à Londres.
ArrĂȘte, tu ne fais que te torturer.
Non. Nous savons ce qui va arriver. Pourquoi ne pas en parler ?
TrÚs bien. Alors tu as laissé ton testament à Londres...
Je veux le modifier pour lĂ©guer la moitiĂ© de mes biens aux sĆurs.
Le reste servira Ă promouvoir la musique de Jason.
Je vais le rédiger et tu rapporteras à Londres aprÚs...
Viens rasseoir, Sidney.
Je ne veux pas que tu m'oublies,
mais je veux que tu oublies nos projets.
Ils ne doivent pas l'empĂȘcher de vivre ta vie.
Oublie nos projets de mariage, de maison...
Chérie, ne me parle pas de ça.
Il le faut.
Si tu rencontres une gentille fille, ne la rejette pas.
Si tu aimes de nouveau, ne crois pas que tu trahiras...
Mais tu es tout ce que j'ai.
Je ne veux pas d'une autre.
Tu ne dois pas ĂȘtre mon mĂ©morial vivant.
Tu dois vivre une vie normale.
Je le ferais si tu mourais.
Et surtout,
ne culpabilise pas si tu ne me crois pas innocente.
Comment peux-tu dire ça ?
Tu as si bien essayĂ© de le cacher, depuis l'enquĂȘte du coroner.
Mais ce n'est pas vrai.
Je te l'ai souvent dit,
ferme les yeux quand tu mens
parce qu'ils te trahissent.
SĆur Mary t'a-belle parlĂ© ?
Personne ne m'a rien dit.
Je suis plus observatrice que tu crois.
Mais situ es innocente, seule une personne
avait une raison de tuer Jason. Moi. Et je ne l'ai pas fait.
Moi non plus. Alors personne ne l'a tué !
Tout ceci n'est peut-ĂȘtre qu'une farce !
Jason attend son dĂźner, Ă la maison !
Rentrons, il fait froid.
Je ne veux pas!
Et il ne fait pas froid !
C'est beau, ici.
Cette soirée, le grand air...
Ce n'est pas moi. Je suis innocente, je suis jeune
et je t'aime.
Je veux vivre. Je veux ĂȘtre ta femme et habiter notre maison.
Je ne veux pas que tu touches une autre femme!
Je ne veux pas mourir!
Ma chérie...
Mon amour.
Mon seul amour!
Mlle Carns, il y a un fait nouveau important.
Qu'est-ce que c'est '?
Cette lettre, adressée à votre frÚre.
- Comment l'avez-vous eue '? - Par Willie.
Votre frÚre Faccusait de l'avoir volée et l'avait puni.
Alors, quand Willie l'a trouvée, il l'a gardée.
Sa façon à lui de montrer sa rancune.
C'est l'écriture d'une femme. La reconnaissez-vous ?
"Cher Jason, j'ai longtemps hésité avant de t'écrire.
"J'ai trĂšs peur
"de prendre contact avec toi, pourtant il le faut.
"On nous soupçonne.
"On ne m'a pas questionnée et je n'ai pas fait d'erreurs.
"Mais je le sens.
"Nous devons faire comme si nous ne nous étions jamais connus.
"Si on te pose des questions, nie.
"Prends soin de toi et surtout guéris vite.
"Je ne changerai jamais, je ne le pourrais pas..."
Aucune signature. Tu reconnais l'écriture ?
Savez-vous qui cela peut ĂȘtre ?
Non. J'ai connu certaines de ses amies, Ă Londres,
mais je n'ai vécu avec lui qu'aprÚs sa premiÚre attaque.
Il habitait Londres depuis déjà 1 an.
Voyons le cachet.
Elle a été postée à Norwich-.
Norwich '? Je n'ai pas la moindre idée.
Pourquoi Willie ne l'a pas montrée ?
Il avait peur. De plus, il ne l'a jamais lue.
Il l'a gardée parce qu'elle sentait bon.
Votre frÚre ne vous a parlé de personne ?
Il ne recevait pas d'appels, de messages ?
SĆur Mary, vous ne deviez plus voir la prisonniĂšre.
Je sais, je suis désolée.
Vous vous ingérez dans mes affaires.
Vous avez à maintes reprises violé la loi. Je dois le signaler.
Pierce, conduisez Valerie dans sa chambre. Je dois sévir.
Dorénavant, plus de faveurs ni de visites !
Emmenez-la.
Abandonnez, il est trop tard.
Vous ne pouvez rien faire.
Qui est lĂ ?
Asseyez-vous, ma sĆur.
Encore une fois je vous demande de justifier votre conduite.
- Je peux expliquer... - Laissez-moi finir.
Je sais que vous tenez Ă la discipline.
C'est une rĂšgle que vous imposez.
Pourtant, vous m'avez désobéi.
J'aurais dĂ» vous demander la permission de parler Ă Mlle Carns.
Je devais la voir. Cette lettre aurait pu apporter du nouveau.
Ăa montre juste que M. Carns avait une liaison.
Ăa montre bien plus que ça. Ne voyez-vous pas ?
Une 3Úme personne est impliquée. Elle aurait pu chercher vengeance.
Ce n'est qu'une hypothĂšse.
A cause de votre ingérence,
vous avez nui Ă cette femme!
Et cela en faisant naĂźtre chez elle de nouveaux espoirs...
en attisant sa passion et son désir de vivre !
J'ai fait tout ça parce que je me sentais obligée de l'aider.
Vous vous sentiez surtout obligée
de montrer que vous avez raison !
Vous ne pensez pas...
J'ignorais que vous pouviez vous entĂȘter Ă ce point.
Ce n'est mĂȘme pas une idĂ©e, c'est un instinct primitif !
Ce n'est pas qu'une idée. Et cette lettre '?
Vous étiez sûre de son innocence bien avant cela. Admettez-le !
Je Padmets !
J'en ai été convaincue dÚs que je l'ai vue.
Et tous les moments passés avec elle ont renforcé ma foi.
De la foi ! Appelez ça par son vrai nom.
Une prĂ©monition, une drĂŽle d'idĂ©e. Que vous ĂȘtes tĂȘtue !
Vous vous reprochez la mort de votre sĆur
et pourtant vous recommencez !
Vous imposez votre volonté à tout prix !
Vous avez raison.
Ce n'était qu'une drÎle d'idée
et toute ma vie, j'ai eu ce besoin impitoyable !
C'est pourquoi vous avez une si mauvaise opinion de vous.
Vous en faites toujours trop.
Vous oubliez qu'une Puissance Supérieure nous guide
et que Ses méthodes sont autres.
De mĂȘme, vous croyez ĂȘtre venue ici Ă cause du vide du monde extĂ©rieur.
- C'est vrai. - Mais vous avez tort.
Vous n'ĂȘtes pas venue ici, c'est Dieu qui vous a conduite.
Rappelez-vous Ses paroles.
"Vous ne m'avez pas choisi, c'est moi qui vous ai choisis
"et vous ai établis pour que vous portiez du fruit..."
Si vous acceptiez ceci, la paix serait dans votre cĆur.
Si seulement je pouvais croire que Dieu veut que je sois ici.
MÚre supérieure !
Willie a été assommé.
Nous l'avons trouvé inconscient, dans sa chambre.
Qui a pu faire ça ?
Avez-vous appelé le Dr Jeffreys ?
Ses affaires étaient éparpillées, comme pour le voler.
C'est ridicule, il n'y a rien Ă voler chez lui.
- Sauf la lettre ! - Quoi ?
La lettre que vous venez de lire.
Que vient faire Willie lĂ -dedans ?
Ăa date de l'Ă©poque oĂč Willie travaillait pour M. Carns.
Il a trouvé cette lettre et l'a gardée. Vous le connaissez !
Vous ne comprenez pas ?
Quelqu'un ici a tout découvert et a voulu voler la lettre.
C'est absurde ! Tous les villageois lui en veulent
parce qu'il vous a aidée et qu'il a détruit le bateau.
- Mais si jamais..- - Je vous l'interdis.
Cessez de jouer Ă Scotland Yard.
Vos patients doivent ĂȘtre votre seule prĂ©occupation.
Je veux que vous brûliez cette lettre.
Je ne peux pas.
De grĂące, pour votre bien.
Non, je ne peux pas!
Essayez de me pardonner.
Tu l'as, Edward ?
Quoi ?
Ma lettre, bien sûr. Celle dont je t'ai parlé.
J'ignore de quoi tu parles.
Mais je te l'ai dit!
Willie cache dans sa chambre la lettre que j'ai écrite à Jason.
Encore un de ces rĂȘves qui te semble vrai.
Je te croyais guérie.
- Ce n'Ă©tait pas un rĂȘve. - Comment le sais-tu '?
M. Harmer a entendu Willie et l'infirmiĂšre en parler.
Es-tu sĂ»re que ce n'Ă©tait pas dans ton rĂȘve ?
Ce n'Ă©tait pas un rĂȘve ! Demande-leur !
Pour qu'ils sachent combien tu es malade.
Je ne peux t'aider que si tu me fais confiance.
Tu ne voudrais pas aller en maison de santé.
Non, pas ça, Edward !
C'Ă©tait un rĂȘve, un mauvais rĂȘve !
Seuls les idiots et les enfants parlent de leurs rĂȘves.
Toi, tu es Isabel Jeffreys, ma femme.
Et je suis ton mari... ton tendre mari.
Isabel Jeffreys...
ta femme.
Comment vous montrer notre reconnaissance !
Le mĂ©rite en revient Ă sĆur Mary.
C'est elle qui a poursuivi le combat.
Ne laissez pas trop longtemps le bébé ici.
Dire que nous avons été si cruels envers elle.
John, va la remercier et demande-lui pardon.
Elle a demandĂ© Ă ne pas ĂȘtre dĂ©rangĂ©e.
Demain, alors. Dors maintenant, il va te falloir des forces.
John, es-tu au courant ? On nous envoie de l'aide !
L'eau recule, a dit la sĆur!
Tu entends, Molly ? Tu vas rentrer avec ton fils demain.
Je vous ai préparé un bon dßner, rien que pour vous!
Rien que pour moi ?
Alors c'est mon dernier repas.
Il ne faut pas y penser. N'ayez pas peur, mon enfant.
Savez-vous quelque chose ?
Ils viennent me chercher, c'est ça '?
Mangez avant que ça ne refroidisse.
L'aumĂŽnier lit un texte quand l'heure est venue.
Je l'ai entendu venant d'une cellule prĂšs de la mienne.
"Je suis la Résurrection et la Vie, dit Dieu...
"celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra...
"et quiconque vit et croit en moi
"ne mourra jamais."
Indique-moi le chemin Ă suivre carje suis perdue.
Accorde-moi la paix et pardonne mes péchés.
- Qui est-ce ? - Kingham. Je dois vous parler.
Je suis désolée, M. Kingham...
C'est trĂšs important. J'ai besoin de votre aide.
Le téléphone est rétabli. Le sergent a appelé la police.
Elle envoie sans tarder un bateau.
Alors, tout est fini.
Je ne les laisserai pas la tuer!
Je vais l'emmener avant leur arrivée.
Nous irons sur la cĂŽte et lĂ , je louerai un bateau de pĂȘche.
- C'est impossible. - Pas avec votre aide.
Si Mlle Pierce pouvait quitter la piĂšce de Valerie juste 5 mn...
Je ne peux pas faire ça. Et vous serez pris, vous le savez !
Je m'en sortirai sans votre aide.
Vous ne savez rien.
Mais si !
Je vois maintenant que j'ai eu tort.
Je n'ai fait que nuire. Seul le mal en ressortira.
Vous avez perdu votre foi.
Et la lettre, et l'attaque de Willie ?
Elles ne prouvent rien. Pas vraiment.
Je vous croyais seule.
Je ne vous laisserai pas partir. Vous n'y arriverez pas.
OĂč allez-vous, M. Kingham ?
Il s'agit de Mlle Carns.
Je viens de lui apporter Ă dĂźner. Ăa m'a brisĂ© le cĆur.
Ce joli visage, si jeune et si courageux.
Quel idiot je fais ! Tous ces mois de perdus.
Pourquoi n'ai-je pas cru en elle avant ?
Revoyez ces journaux. Vous n'en avez pas vu certains.
Inutile. Je les ai déjà parcourus des milliers de fois.
Ăa ne sert Ă rien.
On peut les brûler.
Il ne faut jamais brûler un journal ou jeter un bout de ficelle.
Lisez-les tous, vous ne pouvez pas abandonner.
Saviez-vous que Jason Carns a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© une fois
pour avoir brutalisé un homme ?
Il se disputait souvent, mais jamais rien de sérieux.
Et qu'on l'a jeté hors d'un bar un soir qu'il était soûl ?
Je l'ai lu, mais ça n'a aucun rapport avec sa mort.
M. Kingham, promettez-moi de ne rien faire d'imprudent.
Saviez-vous que M. Harmer avait 2 porte-clés ?
Défense : "Pourquoi avoir 2 porte-clés ?"
"En cas de perte. Les clés sont identiques.
"Elles sont rangĂ©es dans le mĂȘme ordre. Je suis trĂšs minutieux."
Vous connaissez bien le témoignage.
- "Reconnaissez-vous les clés ?" - "Oui."
"Quelles sont-elles '?"
"Maison, garage, grange, officine,
"armoire à poison, réserve."
Attendez, quelque chose ne va pas.
Comment ça ?
Ecoutez. Défense : "Quelles sont les clés du 2Úme trousseau '?"
M. Harmer: "Mais ce sont des doubles !"
Rien d'étrange à cela.
"S'il vous plaĂźt, M. Harmer."
Harmer : â'Maison, garage, grange,
"armoire à poison, officine, réserve."
M. Harmer est méticuleux.
Vous ne voyez pas ?
En nommant le 1er jeu de clés, il a dit :
garage, grange, officine, armoire Ă poison,
et pour le 2Ăšme : garage, grange, armoire Ă poison , officine.
Faites voir.
Vous avez raison.
Il ne faut jamais brûler un journal ou jeter un bout de ficelle.
- M. Harmer! - Qu'y a-t-il ?
Suivez-moi, c'est urgent.
M. Kingham... que voulez-vous ?
Je vous le dirai en route, venez.
Excusez-nous, M. Harmer_
Je suis habituĂ© Ă ĂȘtre rĂ©veillĂ© en pleine nuit dans mon mĂ©tier.
Je lui ai dit pourquoi nous voulions le voir.
C'est absurde. Je ne fais jamais d'erreurs, je peux m'en vanter.
Lisez ce passage de votre témoignage.
J'étais sûr que mes lunettes étaient dans mon manteau.
J'avais bien entendu des voix.
J'allais voir comment allait Willie.
J'aurais fait une erreur dans mon témoignage.
En nommant mes clés !
Vous auriez fait une erreur! Difficile Ă croire. Excusez-moi.
C'est écrit noir sur blanc. Ecoutez.
Je prĂ©fĂšre lire moi-mĂȘme. Je vous fais confiance,
mais c'est une affaire sérieuse et je veux m'en assurer.
Tiens... C'est ridicule ! Quelqu'un s'est trompé.
Peut-ĂȘtre le greffier ou le journaliste.
Vous ĂȘtes bien sĂ»r de vous!
AprĂšs 50 ans, on se connaĂźt bien.
Et en 50 ans,
pas une erreur ?
Je vais vous paraĂźtre vantard, mais non.
Mais vous venez Ă l'instant de faire erreur.
Vous plaisantez, bien sûr.
Vous étiez sûr d'avoir mis vos lunettes dans votre manteau
et elles n'y étaient pas.
Sapristi !
Il faut que j'aille voir ces 2 porte-clés.
Ăa ne sera pas long.
Docteur, comment va Willie ?
Je ne l'ai pas encore vu.
J'ai réalisé que ma femme n'avait pas eu son sédatif.
Le tribunal a saisi les clés.
Quand je les ai récupérées, je n'ai pas regardé...
Voici le premier porte-clés et le deuxiÚme.
Maison, garage, grange,
armoire Ăą poison !
Ce n'est pas le bon ordre.
Quelqu'un a pris une clé
pour ouvrir l'armoire à poison, puis l'a mal rangée.
Quelqu'un a touché à la boßte de cachets de Jason !
Ăa saute aux yeux !
Mais qui avait accĂšs
à ces clés, à part vous ?
Je n'ai jamais cru que Mlle Carns avait tué son frÚre.
Alors qui l'a tué ?
Celui qui a pris la clé et l'a mal rangée.
Peut-ĂȘtre mon apprenti ou Willie.
Ou les médecins et les infirmiÚres qui ont accÚs à mon officine.
Il faut le dire au sergent sans plus attendre.
Non, Edward, non !
J'ai eu un sédatif, je n'en veux pas d'autre.
Il y en a trĂšs peu.
Comme ça, tu dormiras bien.
Non, Edward !
Toute une seringue !
Je n'en veux pas d'autre..
Mme Jeffreys, vous connaissiez Jason Carns !
Je n'ai pas le droit de dire...
Parlez ! Vous pouvez sauver la vie d'une innocente.
Vous ne voulez pas que Valerie meure ?
Pauvre Valerie, elle aussi aimait Jason.
Si seulement il était en vie, je ne serais pas là ...
Vous l'aimiez ! Vous lui avez écrit cette lettre
car votre mari avait tout découvert.
Oui, je l'aimais.
Il voulait m'emmener...
Essayez de rester éveillée. Racontez-moi tout !
Vous devez tout dire au sergent. Il faut que nous sortions d'ici.
Non, je ne veux pas...
S'il vous plaĂźt, venez avec moi. Tenez-vous Ă moi.
Luttez contre votre Somnolence. Ne vous laissez pas aller!
Nous devions prendre le bateau ensemble Ă Southampton.
Restez éveillée ! Nous ne sommes plus trÚs loin.
A la gare Victoria, Ă la consigne,
il y a une valise pleine de choses qu'il m'avait achetées.
Dites tout ça au sergent.
Il voulait que je porte de si belles choses...
Tu as tué Jason !
Je t'ai toujours soupçonné, maintenant je sais.
Retourne dans ta chambre.
Tu l'as tué !
Parce que je l'aimais, tu le détestais
et il fallait qu'il meure.
Retourne dans ta chambre.
Pourquoi avez-vous fait ça ?
C'était un infirme, condamné à mourir!
Non, ce n'est pas vrai.
Son état allait s'améliorer.
Isabel allait partir avec lui.
Il n'y a qu'une chose Ă faire.
Dire la vérité au sergent Melling.
Vous avez raison.
Il n'y a pas moyen de s'échapper
et je suis fatigué.
OĂč allez-vous ?
Voir le sergent Melling.
Il est monté au clocher pour guetter la police.
Inutile de venir.
Vous ĂȘtes un malade, Dr Jeffreys.
Vous le découvrez ?
Je le sais depuis longtemps.
Mon amour pour Isabel est une maladie
qui est incurable.
Vous auriez laissé Valerie Carns mourir ?
J'ai mis les aspirines pour détourner les doutes.
C'est tombé sur elle.
Comme vous le voyez, je suis prĂȘt Ă tout pour garder Isabel.
Pourquoi ne pas avoir suivi mon avertissement ?
Pourquoi vous ĂȘtes-vous mĂȘlĂ©e de tout ça '?
OĂč est le sergent Melling ?
OĂč est-il ?
Laissez-moi redescendre.
- Laissez-moi redescendre ! - Jamais.
Nous allons aller en haut.
LĂ oĂč personne ne peut nous entendre.
Non, ils le sauront.
Personne ne saura jamais.
Ils le découvriront.
Vous ĂȘtes venue pour ĂȘtre seule, aprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©primandĂ©e.
Vous Ă©tiez bouleversĂ©e. Il faisait nuit, vous ĂȘtes tombĂ©e.
Vous ne pouvez pas faire ça, réfléchissez !
Pensez Ă votre Ăąme.
Il n'y a pas qu'à la loi que vous devrez répondre,
mais à une Autorité Supérieure.
Jaffronterai ma damnation lorsque le moment sera venu.
Vous devez avoir des sentiments, pour Valerie, pour moi !
Je suis désolé pour vous deux.
Pourquoi avez-vous si peur de la mort ?
Vous ne priez pas !
Votre AutoritĂ© SupĂ©rieure vous entendra peut-ĂȘtre.
Mme Jeffreys, que s'est-il passé ?
Je vais vous aider.
SĆur Mary...
La cloche !
Qui peut bien sonner la cloche ?
Pitié, je vous en supplie!
M. Smithson, prenez soin de ma femme.
Elle n'est pas responsable de tout ça.
Retourne te coucher, Willie.
SĆur Mary !
Vous avez fait preuve de courage.
Je regrette d'avoir compliqué les choses.
Merci, mais je ne mérite pas vos louanges.
C'est sĆur Josephine qui a sauvĂ© Mlle Carns.
Moi ?
Elle a voulu que je lise ses journaux quand j'avais renoncé.
J'ai insisté parce que j'ai vu Mlle Carns sereine,
priant Dieu tout-puissant.
Maintenant, je sais. C'est Lui qui nous a choisies.
Vous avez trouvé la réponse.
L'humilité permet de ne pas gùcher le don d'avoir raison.
Adaptation : Virginie Darmangeat
Sous-titrage TVS - TITRA FILM
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