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Studios Maxime Gorki de Moscou Films pour l'enfance et la jeunesse
3ème Groupement
LA PRINCESSE AU PETIT POIS (Printsessa na gorochine)
D'après le conte d'Hans Christian ANDERSEN
Sur la musique d'Antonio VIVALDI
Scénario : F. MIRONIER
Réalisateur : B. RYTSARIEV
Directeurs de la photographie : V. IÉGOROV et A. MATCHILSKIY
Décors et costumes : O. KRAVTCHÉNIA
Son : A. GOLYJIENKOV
Sous-titres français : A. KARVOVSKI
Dans les rôles :
La princesse au petit pois : I. MALYCHIÉVA
Le prince : A. PODOCHIAN
Le roi son père : I. SMOKTOUNOVSKIY La reine-mère : A. FRIÉYNDLIKH
Les princesses : I. IOURIÉVITCH, M. LIVANOVA, S. ORLOVA
Les rois visités : IOU. TCHIÉKOULAÏEV, A. KALIAGIN
Le Troll : I. KVACHA Le porcher : V. KOUPRÏANOV
La Fille-tremble : G. BIÉLOZIÉROVA
Le maître de cérémonies : V. ZELDIN Le peintre : N. LAVROV
Le poète : IÉ. STIÉBLOV Le Vainqueur : I. CHIÉBIÉK
ON DEMANDE UNE PRINCESSE
Enfin, une !
Permettez !
- Qui es-tu, ma fille ? - Je suis une princesse.
- Une vraie princesse ? - En existe-t-il qui ne sont pas vraies ?
Mais elle est trempée ! La pauvre, à quoi elle ressemble !
Si vous permettez, Altesse.
Comme tout est beau ici. Je serai bien dans ce château.
Pauvrette, elle tient à peine sur ses jambes.
Allons, Altesse.
- Est-ce le prince ? - C'est le prince.
Je le voyais ainsi dans mes rêves. Je te salue, Prince !
Tu as belle allure, je te dirai.
Et qu'est-ce qui te fait sourire ?
Devine
Mais assez bavardé ! Venez, Altesse.
Il est grand temps de dormir !
Comme ceci, voilà !
Bizarre, cette petite. Elle se prend pour une princesse !
Cela arrive, à son âge.
Elle dort déjà.
Une enfant délicieuse, n'est-ce pas ?
Si, si, mon cœur me le dit, une vraie princesse.
Attendons demain, qu'elle nous conte son histoire.
Les princesses ça ne tombe pas du ciel.
Ça se cherche, ça se conquiert.
Vous êtes prête à marier votre fils à la première venue,
pourvu qu'il reste dans vos jupes !
Eh bien, nous la mettrons à l'épreuve.
- Comment cela ? - Vous le verrez demain.
Debout, Prince !
Debout !
- Si tôt ? - Vous partez en voyage.
- Où donc ? - À la recherche d'une princesse.
Mais quelle princesse ?
Bien, Père !
Votre cheval est sellé. Attendre au château n'a plus de sens.
Vous n'avez rien à espérer ici. Sinon ma mort, sans doute...
En tout cas pas un bon mariage.
Je vous obéis, Père.
Que dieu vous garde...
En route !
Adieu !
Malheureux, qu'avez-vous fait !
Mais rien de particulier.
Sautez immédiatement sur votre cheval, faites-le revenir !
Le prince l'a pris, je n'en ai pas d'autre.
Seigneur, est-ce possible ! Sans lui le château est désert !
Mon pauvre petit ! Mon fiston adoré !
Voyons, que dites-vous ? Votre fils est déjà un homme !
Il nous reviendra d'ici peu, et avec une jolie princesse.
Avec une intrigante, oui ! Oubliez-vous comment...
Je n'oublie jamais rien, Madame !
Un garçon qui a de l'éducation. Honnête, brave, intelligent !
Certain qu'il fera le bon choix.
Lui qui a failli vider les étriers à la vue d'une drôlesse sur la route !
Madame, mon oreille !
Mon pauvre, pauvre petit... ce château a perdu son âme.
C'est fini, jamais plus je ne le reverrai...
Le prince est parti ?
Allons, ne pleurez pas ainsi...
Porcher, es-tu de ce royaume ?
De quel autre pourrais-je être ?
Ce royaume, maudit soit-il !
Et vous avez une princesse, ici ?
On a ça et bien d'autres choses, mais ce n'est point pour nous.
Veux-tu me rends service ?
Fais-moi la courte-échelle, je monte sur ce mur.
Tu auras la pièce pour ta peine.
Les princes on les a toujours sur le dos quand on est porcher.
- Votre royaume est riche, je vois ! - Tu parles, moi je suis pauvre.
Et ce gros-ci, qui est-ce ?
Le roi, je suppose.
À se demander comment la terre le supporte...
Mes Demoiselles !
Oh, mignonne, la princesse ! Gracieuse ! Légère !
Parce que vous, pardon !
Continuez à vous trémousser comme ça, et je deviens bossu.
Voici une vraie princesse !
J'en suis fou !
Pour sûr.
Des cadeaux !
J'adore recevoir des cadeaux !
- Des cadeaux, mon papa chéri ! - Votre Grandeur, des cadeaux.
Princesse, je serai ravi s'ils vous plaisent,
dès l'instant où je vous ai aperçue...
Que je voie vite ce que c'est ! Vite, j'ai dit !
Cette rose ! Une merveille !
Un travail d'artiste !
Et un grand ! Si, remarquable !
Mais en quoi est-elle donc faite ? Moire ? Satin ?
C'est une rose de notre jardin, mon père le roi l'a fait pousser.
- Lui-même, pour vous. - Elle n'est pas artificielle ?
- Une vraie rose ? - On ne peut plus vraie.
Papa chéri, une vraie rose...
Mais c'est épouvantable !
Laissons !
Peut-être qu'ici nous nous rattraperons ?
Charmant !
Quelle prononciation ! Il faut dire " Charma-a-ane " !
- L'oiseau, au moins, n'est pas un vrai ? - Un rossignol on ne peut plus vrai.
D'un vulgaire !
D'une banalité !
Alors, Prince, vu ? On se tire ?
Je t'interdis de me parler ainsi, porcher !
Oh, c'est fini le porcher.
C'est à vous qu'ils montrent la porte. Moi, je les envoie paître, tiens.
Les cochons, j'en fais des cauchemars.
Je n'attends que l'occasion pour jeter ces hardes aux orties.
Si ça presse tant, ôte-les donc.
Quoi, ici ?
Ici ! Et mets ça à leur place.
Que pourrions-nous faire aujourd'hui ?
Une partie de cricket, Altesse ?
C'est bien trop fatiguant !
Le roi n'a qu'à y puer xi-même !
Jouons à nous rendre visite, alors ?
Moi, vous rendre visite ?
Vous oubliez qui je suis !
Non, trouvez autre chose ! Vos gages, c'est pour quoi faire ?
Et dépêchez, ou je me fâche !
Tiens, qui joue ma musique ?
C'est le nouveau porcher, Altesse.
Je sais jouer ça au piano, moi !
- Avec un doigt... - Elle sait toujours tout...
Voyez cela...
Que quelqu'un lui demande ce qu'il veut pour son instrument.
Seigneur, elle tournera longtemps autour de ce porcher crasseux !
Altesse, un petit pot, une merveille !
Combien en demande-t-il ? Je n'ose dire...
Le rustre, comment ose-t-il !
C'est ça, le petit pot qu'on me vante ?
Pourquoi le vanter. Il est bon sans cela.
C'est qu'il sent la côtelette de porc !
Du tout ! L'odeur vient des cuisines.
Vous avez des côtelettes au menu ce midi.
J'adore ! Mais comment le sais-tu ?
C'est mon pot.
Je lui demande ce qu'on mijote par là,
puis je le flaire et je sais tout.
Bien vrai ? Tu ne te joues pas de moi ?
Voyons, petit pot, qu'aurons-nous...
Ah, non ! Il faut payer d'abord !
Et tu en veux combien ?
Juste dix baisers de votre bouche.
- Il a perdu la tête ! - Le porcher est devenu fou !
C'est un bon prix, Altesse.
Ne te contenterais-tu de dix baisers de mes demoiselles ?
Dix baisers de la bouche de la princesse ou je garde le pot.
Je suis bien contrariée.
Vous, faites cercle, pour que personne ne voie.
Un, deux, trois, quatre, cinq,
six, sept, huit, neuf, dix baisers.
Voilà !
À présent nous pouvons flairer et tout savoir !
Mais gare aux bavardes ! N'oubliez pas que suis la fille du roi !
Dites, si on voyait ce que le Magistre des Écritures
aura ce soir pour son souper ?
De la soupe d'encre à la plume d'oie, je parie.
Pouah, ces odeurs de cuisine me soulèvent le cœur.
Et le Cordonnier du roi, qu'aura-t-il demain au dessert ?
Des bottes crème chantilly.
Quelle scie ! Toujours la même chose. J'en ai la migraine.
Le détestable petit pot.
Et qu'a-t-il encore trouvé, le porcher ?
Un autre instrument ? Il me le faut.
Mais pas question d'autres baisers.
Il coûte combien, celui-ci ?
- Cent ! - Cent quoi ?
Cent baisers de votre bouche.
Tu en auras dix. Mes demoiselles donneront les autres.
Ah non, embrasser ce manant !
Si moi j'y condescends, eh bien vous autres...
- Et n'oubliez pas... - Que nous sommes à vos gages !
Vous ne prétendez pas devancer la fille du roi !
C'est cent baisers de la princesse, ou personne !
Allons, mettez-vous en rond !
Un !
Deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit...
Neuf, dix...
quatre-vingt-dix, quatre-vingt-onze...
quatre-vingt-treize, quatre-vingt-quatorze...
quatre-vingt-dix-huit, quatre-vingt-dix-neuf...
cent !
C'est un scandale ! Hors d'ici !
Mais que je suis malheureuse !
Moi qui rêvais d'un prince merveilleux,
être mariée à un porcher bouseux...
Comment, vous êtes prince !
Voilà qui change tout. Emmenez-moi vite dans votre royaume.
Non ! Je n'ai plus aucun amour pour vous.
C'est lui que vous épouserez.
Mais je n'en ai rien à faire !
Je suis libre, à présent. Comme un prince !
Où vas-tu, pauvre enfant ? Reviens !
Pauvre prince !
Tu es perdu, reviens !
Sois raisonnable !
Il va se jeter dans la gueule du loup.
Ah, heureux de te voir !
Comme tu es grand, mon petit...
sans manières, n'est-ce pas. Nous sommes parents, pas vrai ?
De toute façon tu es prince
et tous les rois sont de la famille. Ça fait beaucoup.
Allons, viens,
que je te fasse goûter de mon pain d'épice.
Mange, la route t'aura fatigué.
Moi je n'ai plus de dents.
- Merci Majesté ! - Alors, une partie d'échecs ?
Une partie d'échecs c'est merveilleux !
Les blancs sont en sucre, les noirs en chocolat.
Tu peux manger n'importe quelle pièce. Même le roi.
Ou non, allons tirer les corbeaux !
Tu n'imagines pas combien j'en ai dans mon parc.
Toi, va-t'en !
Ou non, la fontaine ! Nous allons y faire trempette !
Merci de tout cœur...
mais je préfère être présenté à la princesse.
À ma fille ? Laisse, sans intérêt !
- Majesté, je suis ici pour... - Pour me demander sa main, je sais.
Voilà, tout allait si bien les derniers temps...
J'avais même cessé de prendre mes gouttes.
Une catastrophe...
Mais enfin, Majesté,
je vous produis une si mauvaise impression ?
Tout le contraire, excellente.
Excellente, justement !
Je t'ai dit de disparaître !
Comment vous comprendre, Majesté ?
- Veux-tu dire que tu ne sais rien ? - Non !
Viens ici !
Ma fille, cet agneau si doux, si bien élevé...
ce démon demande à chacun de ses prétendants
de trouver trois énigmes.
Et s'il échoue... tiens, regarde.
Et vous ne lui interdisez pas ses jeux cruels ?
Hélas, je ne peux rien lui refuser...
ces cinq-là ont donné une seule bonne réponse.
Celui-là...
ce fort en thème en a deviné deux.
Mais trois, personne, jamais.
Tu m'es tellement sympathique...
fais-moi plaisir, pars vite, fuis !
- Je crois bien que je vais m'en aller. - Voilà, parfait !
Oui, votre fille a cessé de me plaire.
C'est ça, marie-toi d'abord. Tu reviendras me voir après.
Voilà, très bien ! Dépêche-toi...
Cette sortie te conduira aux portes de la ville.
Après, après. Nous jouerons aux échecs, nous tirerons les corbeaux...
Ma fille ? Bonjour, ma chérie !
Le grand air t'a donné des couleurs...
Malheureux, tu n'es pas parti ?
Qui est-ce ?
Euh... un voyageur de passage...
Je vous salue. Vous venez donc de loin ?
Je serais venu d'encore plus loin pour pouvoir vous parler...
Laisse, mon cher, la princesse doit se reposer.
Daignez me pardonner, je me retire.
Princesse, ne me taxez pas d'audace...
Tu dépasses les bornes, mon cher !
Votre main, je vous en conjure !
Malheureux, qu'as-tu fait !
Certes, vous ne me déplaisez pas.
Et j'aurais accepté,
mais il y a là certaines règles fort strictes.
Toutes vos conditions me vont !
Dans ce cas, ne perdons pas de temps.
Demain à midi dans cette salle
vous aurez à deviner ma pensée, ceci à trois reprises.
Réjouissez-vous, bonnes gens !
La princesse a un nouveau prétendant !
Votre Altesse, je me permettrai de vous souhaiter une bonne nuit.
- Croirais-tu que je puisse dormir ! - Mais certainement...
Si vous voulez m'écouter : Fermez les yeux et n'y pensez plus.
Ceux qui ont passé la nuit à réfléchir n'ont jamais pu deviner.
Dites-lui n'importe quoi,
certains ont réussi comme ça... à la première tentative.
Mais voyez donc quelle nuit !
Et votre cheval qui ronge son frein !
- Dis-moi plutôt où est sa chambre. - Juste au-dessus de la vôtre.
Comprends-tu ?
La revoir, une seule fois, et je mourrai heureux.
Je vous assure qu'on meurt bien mieux quand on a dormi.
- Me voici, Troll... - Je te salue, ma Princesse.
Que mes journées sont longues sans toi.
Et les miennes sans toi. Dans la forêt, sur la montagne,
partout je crois te voir. Bruissent les feuilles ?
C'est ta cape !
Un oiseau crie-t-il ? Tu m'appelles !
Soudain je t'ai vue, souriante,
mais ce n'était qu'un jeu de lumière sur les eaux.
Oh ! Un nouvel esprit de la forêt ?
Comme tu es beau !
D'où es-tu ? De la châtaigneraie ? Ou de l'autre côté de la montagne ?
Comment as-tu deviné ?
Parce que je suis ta voisine, de la Tremblaie.
Dansons, veux-tu ?
Volontiers !
Nous n'avons que la nuit pour nous,
pourquoi ne règne-t-elle pas éternellement sur la terre ?
- Sais-tu, j'ai un nouveau prétendant. - Je le sais !
Laisse-les !
Ils trouveront sans nous comment s'en débarrasser.
Regarde-moi, inconnu...
- Il a ensorcelé la princesse. - Comme tu m'as ensorcelée.
Que devra-t-il deviner ?
Trouve quelque chose de simple. Tiens, pense à ton soulier.
- Et ensuite ? - Pense à ton gant.
- Et pour la troisième épreuve ? - La troisième ?
Tu sais bien qu'il n'y en a jamais.
Votre Altesse, vous êtes attendu.
As-tu passé une bonne nuit ?
Aussi bonne que la vôtre, Princesse.
Commençons alors ! Devine à quoi je pense.
Réfléchis, prends ton temps.
Voyons, serais-tu sot !
Mais laisse-le réfléchir !
Vous pensez à votre soulier.
- C'est exact. - Il a deviné !
Que tu es perspicace !
Maintenant, dis-moi donc ce qu'est ma deuxième pensée ?
Permettez que je baise votre main, cela me donnera la force de vaincre.
Est-ce qu'on refuse la dernière volonté du condamné...
Fais !
Ce à quoi vous avez pensé touche souvent cette main.
Votre gant !
Il a deviné !
Princesse, je vous délivrerai.
Apportez du pain d'épice !
Des liqueurs ! Du chocolat !
La dernière énigme... demain.
Mon amour,
il a deviné par deux fois, et cela fait mon désespoir...
mais... s'il échoue à la troisième... non, je ne veux pas qu'il meure !
Il vaut mieux qu'il devine, alors ?
S'il devine, je mentirai.
Toi ? Tu ne sais pas mentir. Pense donc à ma tête.
Je dois te quitter.
À demain !
Que fais-tu ici ? Que veux-tu ?
Je veux ta tête, esprit.
Mais c'est le prétendant...
Je vais en finir de tes sorcelleries, maudit Troll !
Je vais trancher ton horrible tête.
La porter au château dans un sac.
Ce sera ma réponse à l'énigme.
Ah oui ? Il faudrait voir d'abord
de nos deux têtes laquelle tient le mieux sur les épaules !
Je n'ai pas besoin de ta tête, Prince.
Toi mort, viendra un autre.
Tranche-moi plutôt la mienne. Je suis si las de la porter.
Mais je doute que tu y gagnes.
Quand tu ouvriras ton sac, elle en mourra de douleur.
Nous nous aimons depuis longtemps.
Mais alors, mariez-vous !
Comment une princesse épouserait-elle un troll ?
Cet être que tout le monde maudit ?
Son père en mourrait de saisissement.
Car nul ne sait que moi aussi je suis prince.
On m'a jeté un sort.
Il faudrait que la princesse avoue son amour,
alors seulement le charme serait brisé.
Mais jamais la princesse ne le fera,
elle aime trop son père.
Dans ce cas, dis-lui qui tu es.
Impossible. La malédiction persisterait.
Je te le dis : Nul n'est plus malheureux que moi.
À quoi bon conserver ma tête ?
Elle ne m'apporte que du chagrin.
Tranche-la.
Pour la troisième et dernière fois,
essaie de deviner à quoi je pense.
- Pourquoi reste-t-il muet ? - J'attends.
Bourreau ?
Voici une tête coupée...
Ne vous évanouissez pas.
Ce n'est celle à laquelle vous avez pensé.
Assez de vos maudites devinettes !
Il fallait le pendre dès le début !
Non, c'est une bestiole de la forêt.
Pas celui à qui vous avez pensé.
Celui-là, le voici !
Quelle nouvelle diablerie ?
Elle l'aime d'amour.
Il faut qu'elle l'épouse.
Elle l'aime d'amour ? Mais elle devrait avoir honte !
Voyons, tu aimes un troll ?
Mon Dieu, quel déshonneur !
Tu gardes le silence, Princesse ?
Pourquoi ? Puisque tu l'aimes !
L'emprise des démons !
Oui, c'est vrai, je l'aime.
Donc, j'aurai des petits-trolls ?
De chers petits-enfants.
Finalement, c'est mieux ainsi. Qu'on mette au chômage le bourreau !
Qu'on prépare le mariage !
Qu'on ouvre mes caves à vin !
Mes théâtres et mes prisons !
- J'ai fait un drôle de rêve... - Et moi j'ai rêvé d'un squelette...
- D'une princesse, moi... - Bizarre, tout cela...
Bonsoir, mon bel esprit inconnu.
N'accepterais-tu pas d'unir mes trembles et tes châtaigniers ?
Tu es vivant, tu as donc gagné !
Hélas, ma forêt a brûlé, il n'en reste rien. Je pars.
Arrière, toi ! N'approche pas !
Halte, ou je tire !
Je vise mal, mais je t'aurai !
- Calmez-vous, je me suis égaré. - Arrière, bandit, te dis-je !
Tu viens me voler mon chef-d'œuvre !
Voyons, si vous êtes peintre...
ne faites-vous pas des tableaux pour que les gens les admirent ?
- Surtout comme celui-ci ! - Oui ? Vous aimez ?
Beaucoup.
En fait, c'est mon meilleur travail...
Si la princesse pouvait m'apprécier à ma juste valeur !
De quelle princesse parlez-vous ?
Vous ne la connaissez donc pas ?
Quel visage racé, spirituel, bon !
Un visage sans égal.
Merci, merci beaucoup.
Vous voulez dire que ce n'est dû qu'à l'habileté de votre pinceau ?
Ça oui, merveilleux !
Qu'est-ce que j'entends ? Comment osez-vous !
Quel pinceau saurait rendre la perfection de la princesse.
Sans elle, nous aurions tous péri !
- Tous péri ? Qui ? - Nous ! Les peintres, les poètes, tous !
Oui, de faim, de froid, tous les serviteurs de l'Art... couic.
Elle est si sensible à la beauté,
si généreuse, et quel goût !
C'est notre petit soleil.
Je n'ai que mépris pour l'argent, la célébrité.
Je n'ai d'amour que pour l'art. Ce qui sort de l'ordinaire.
Et je sens qu'on peut attendre de vous des choses surprenantes.
Mettez-vous à l'œuvre, faites pour nous des miracles !
Je vais tenter, Princesse.
Ainsi, vous allez participer à notre tournoi ?
Voilà. Je vous inscris sous le numéro...
quatre-vingt-dix-sept.
Quelle muse vous inspirera-t-elle ? Allez-vous déclamer, peindre, ou...
Qu'il nous surprenne !
Mais n'avez-vous rien de plus près ? Je suis si impatiente de voir !
Mais oui, j'avais tout à fait oublié.
Le romancier de chevalerie s'est décommandé.
Les dix volumes ne seront pas terminés avant vos noces d'or.
Voici, vous avez le numéro six.
À la bonne heure. J'aime mieux.
Si vous avez besoin de quelque chose...
s'il vous manquait... adressez-vous à notre chambellan.
Je tiens à vous voir triompher.
Ma Princesse ! Je crois l'avoir trouvée.
Amis, c'est un grand jour pour moi...
je vais enfin voir ce qu'il y a de plus beau,
de plus raffiné sur la terre.
Désigner celui qui est le plus digne
de prendre place dans mon cœur...
Et sur le trône.
Mais je vous aime tous. Que les vaincus le sachent.
Ainsi, Chevaliers des Arts, je déclare ouvert le tournoi !
Le concurrent le plus extraordinaire deviendra l'époux de la princesse.
Notre première invitée...
la Poésie !
Une seconde... Dette de jeu... Facture du tailleur...
Où est-il donc passé... Voici !
Première partie !
Rrrose rose... si morose... Et voilà !
Très structuré, concis. D'une élégance achevée.
L'idée manquerait d'espace, mais pas d'émotion !
Entendrons-nous la deuxième partie ?
Elle est incluse dans la première.
Il suffit de lire dans l'autre sens.
Euh, si morose... arrrose...
Incroyable ! On peut lire dans les deux sens !
Un virtuose, un magicien des vers !
Bouleversée !
Vraiment !
Sa parole est si brève
et la vie si longue...
aura-t-il assez de talent pour toute une existence conjugale ?
Nous y réfléchirons.
En attendant, je vous nomme Poète de la cour !
Pantomime !
Allons, levez-vous. J'ai goûté ce que vous faites.
Il a pris le poison d'amour, succombé au désespoir.
Mais le chaton de sa bague était vide.
Ce sera le trop-plein de son âme.
Une fin géniale ! L'Art demande des sacrifices.
Je suis atterrée cependant.
Le concurrent suivant : Peinture !
Dévoilez le tableau.
Comme il plaira à votre Altesse.
Tout à fait saisissant !
Quelle maîtrise ! Un coup de pinceau !
- Le coloris ! - Positivement fantastique !
Oui, mais vous m'avez flattée.
Princesse, vous êtes merveilleuse !
Il n'est de pinceau sur la terre...
mes jours, mes nuits à faire votre portrait,
à m'entretenir avec vous.
J'ose vous l'avouer, je suis fou de vous !
Je crois que vous aimez votre œuvre plus que l'original.
Digne amour,
et je m'en voudrais de lui faire obstacle.
Continuez de même,
j'ouvre une Académie des Beaux-Arts,
vous en serez le Président.
Vous avez raison, Princesse. Les rois passent, l'Art est immortel.
Numéro cinq : Ballet !
Vous serez mon partenaire à la vie.
Mais où est-ce qu'il va ?
Il vole à l'autre bout de la terre,
sera de retour dans deux ans.
Est-ce dommage !
Le numéro six.
Quel mystère nous a-t-il préparé ?
Je brûle de savoir...
Voulez-vous m'assister, Princesse.
Absolument incroyable !
Simplement prodigieux !
Oui, mais j'ai encore quatre-vingt-onze numéros !
Votre Altesse, nous renonçons...
Cela, extraordinaire ?
Ma petite Princesse, ça oui !
ON DEMANDE UNE PRINCESSE
Mais entre donc, voyageur !
Mon enfant !
- Père ! - Mon fils !
Tu es vivant ! En bonne santé !
Je ne vois pas de princesse... Tant pis, nous nous en passerons !
Votre Altesse, nous sommes tous heureux de vous voir de retour.
Si heureux, vraiment ?
Votre père, votre mère,
et ceux qui habitent ce château.
- Mais qui est-ce ? - Tu ne te souviens pas ?
Elle est venue frapper à notre porte le jour de ton départ.
C'était si vide sans toi, et la pauvrette n'avait où aller.
Nous l'avons gardée.
Assez travaillé, mignonne, venez avec nous, boire le thé.
- Je ne voudrais pas vous... - Non, non, venez.
Je vous prie, asseyez-vous.
Ce thé est excellent.
Et je sens qu'il y a gâteau au four !
Oh ! Il va être trop cuit !
Je vous aide.
Une tarte aux poires ! Ma préférée !
- Je le sais. - Vous le savez ?
Nous ne parlons que de vous ici.
Aurais-je eu tort de quitter un toit où l'on pense tant à moi ?
Un prince doit connaître le monde !
Le monde d'un homme c'est sa terre natale, son foyer.
- Mes voyages ne m'ont rien apporté. - Je le sais aussi.
Que n'est-elle princesse...
Qui vous dit qu'elle ne l'est pas.
J'en suis certaine, la fille d'un roi.
Elle a dû fuir son pays, c'est elle qui me l'a dit.
Balivernes !
Le conte de la pauvrette chassée par l'odieuse marâtre.
Tous les contes devraient-ils broder ?
Quand vous étiez mal, je ne sais, j'étais malheureuse avec vous.
Quand cette coquette se moquait.
Quand vous avez risqué votre vie pour cette princesse aux énigmes.
Quand cette autre vous a trahi.
Mon cœur, pourquoi ne m'a-t-il pas arrêté ?
Pourquoi bat-t-il si fort à présent ?
- Vous êtes souffrant ? - Non, au contraire. Heureux...
Je vous l'ai dit cent fois, Sire : Une authentique princesse !
Pendant vos voyages, savez-vous de quelle aide elle me fut ?
La compétence, la beauté, la dignité d'une vraie princesse.
Certes, une brave petite.
Mais une princesse c'est fragile, délicat.
Regardez un peu ses mains !
Regardez les miennes et dites si je ne suis pas la Reine !
Tenez, faisons-lui subir une épreuve.
Quel genre d'épreuve ?
Celle-là même à laquelle me soumit Madame votre mère
avant notre mariage.
Et ne faites pas mine d'avoir oublié.
Des sottises, mon amie.
Mettez des clous, une bûche, elle ne remarquera rien.
Elle dort sur une paillasse sans être dérangée le moins du monde.
Elle a le tact et la délicatesse de toute vraie princesse.
Bien ! Faites comme vous voudrez.
Doucement, Sire, où allez-vous donc ?
- C'est par où ? - Par ici.
- Vous êtes encore vivant, mon ami ? - Suis-je tombé ?
Peut-être cela suffit ?
Non. Un, deux, trois,
quatre, cinq, six, sept, huit, neuf,
Il faut vingt édredons, vingt matelas.
Autrement n'importe qui le sentirait.
- Où sont mes pantoufles ? - Ici, père, devant vous.
Allons-y.
- Le voilà... - Pas possible...
Tant d'années, et comme d'hier.
Par tous les dieux, je le reconnais !
C'est lui.
Chut, pas de bruit.
Elle vient. Ne restons pas là.
Il ne faut pas qu'elle nous voie !
Votre Grandeur, venez ici !
Pouvons-nous entrer, mignonne ?
Vous le voyez, elle n'a pas pu dormir.
Maintenant, en tout cas, elle dort.
- Elle dort, mais pas dans son lit. - Une princesse, pas dans son lit !
Bonjour, mon enfant.
Bonjour, Majesté.
Avez-vous bien dormi, mignonne ?
Merveilleusement ! Ce lit est très confortable.
Le contraire m'aurait étonné...
Ce matin j'ai voulu tricoter,
le soleil chauffait fort, je me suis rendormie.
C'est donc cela...
Et pourquoi avez-vous les yeux rougis ?
Vous faites erreur.
Je fais erreur ?
J'ai honte à vous l'avouer,
mais je n'ai pu fermer l'œil de la nuit...
courbaturée, comme si on m'avait battue.
Vous entendez, Sire,
comme si on l'avait battue.
Évidemment !
Comment trouver le sommeil sur cette monstrueuse pyramide !
Enfin, Monsieur mon fils !
Qui vous a enseigné pareilles façons !
Un vôtre parent. Et un vôtre.
Et un vôtre. Un tien, je veux dire.
Bonjour à tous !
J'ai ouï dire que dans ce château on s'apprête à célébrer un mariage.
J'ai des alliances en or ! Des soieries des quatre coins du monde !
Des colliers pour tous les goûts !
Et tout cela, vous entendez,
je vous l'échange contre un simple petit pois.
On le mettra sous vitrine, au musée de la ville.
Et toutes les princesses du monde pourront dormir sur les deux oreilles,
car aucun prince ne pourra plus savoir
laquelle est une vraie princesse.
Fin du conte
® Le 22/06/2015
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