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attends tes fringues
enfin, t'en fait une tĂȘte, on dirait que tu n'es pas content
si mais il faut que je reprenne l'habitude
tu t'y feras vas..je suis heureux mon vieux Victor.
mon vieux, je ne sais pas pourquoi tu sors
Ăa m'embĂȘte de te laisser ici, toi derriĂšre moi
ah pense d'abord un peu à toi, puis je te suis de prés
eh bien un mois c'est long, surtout ici alors
sans toi ça me paraĂźtra encore plus long tout ce que jâai dĂ©jĂ tirĂ© oui
je ne te laisse pas seul et puis, il y a bien un autre qui va venir me remplacer vas
tu n'es pas remplaçable dans une prison Victor
on se connaĂźt, la clientĂšle, tu sais, tu es le premier de ton genre ici
mais qu'est-ce que tu fous
moi, le jour oĂč tu me lĂącheras, je ne perdrai pas mon temps Ă dĂ©bloquer
qu'est-ce que tu attends pour te fringuer, tu ne peux jamais rien faire comme tout le monde alors?
pensé, juré dans un mois jour pour jour, on dßne ensemble
tu verras ma femme, elle est chouette ah! ça c'est juré, je te l'ai prouvé
et puis j'aurai besoin de toi
on travaillera ensemble
ah non t'es gentil, mais alors lĂ je peux pas accepter le bienfait
Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi et tu sais moi, je juge personne.
et en plus, tu es mon ami alors
et alléluna et l'estime et la confiance et tout
on se croirait jamais des taulards, la confiance ça te connaßt toi et surtout l'abus de confiance
et toi le faux dur, tu crois que c'est fini parce que l'état t'a libéré sous conditions
pourquoi t'as plaidĂ© coupable alors, c'est vrai avec tes maniĂšres d'honnĂȘte homme
tout le monde te pend un monsieur ici
écoutes Victor je t'ai jamais rien demandé mais tu peux accepter vas
je ferai plus que des affaires honnĂȘtes
voyons enfin, tu l'espĂšres quoi
non, je te dis moi tu sais les affaires c'est pas mon boulot, mon boulot moi c'est... tiens c'est ça lĂ
que je puisse travailler avec mes mains quoi
tu peux pas me les passer mes dessins si,
tu gagneras ce que tu voudras un jour avec ton accumulateur léger
à rien qu'à l'idée, ça vaut de l'or or s'il marche, tu parles
oh bien il marchera dis donc j'ai le temps d'y réfléchir ici
tout c'est de vendre le brevet quoi
tu as eu le temps de faire le mariole Ă l'atelier
ah si c'est pas malheureux pour cette demande Ă travailler
dis donc, ça va te gĂȘner ça, pour caresser ta pĂ©pĂ©
sûrement elle t'attend à la sortie
pas quoi on peut plus rigoler alors
le tailleur sport madame non, non, cette robe lĂ
j'ai pensé que madame allait aux voix
et puis il ne fait pas chaud
le vison non non, le lynx
quelle heure est il ?
presque dix heures oh dĂ©pĂȘchons Martine
on m'attend Ă onze heures
Jumbo
tenez signez lĂ
oh mon vieux, ils ne sont pas pressés
j'en peux plus d'attendre, la petite doit se manger le sang
t'es sûr qu'elle t'attend
vas savoir s'ils payent, ça me rend dingue
toi on t'attend Ă dix heures oui
vous allez vous taire
Victor Lestrang oui
libération conditionnelle
bon votre levier d'Ă©crous, tenez signĂ©r lĂ
la montre, les clefs
le briquet
stylo, les papiers, signĂ© lĂ
vous avez gagné en un an
par votre travail retenu déduite
seize cent trente francs, signĂ© lĂ
Gaton Blaseti
Ă emporter c'est pour vous si tu n'en veux pas moi je sais quoi en faire
signes lĂ
ah tu sors
il parait
faudrait te demander oĂč tu vas
tu le sais trĂšs bien
c'est aujourd'hui que ah c'est vrai, ah ça j'avais complÚtement oublié, alors
tu oublies vite parole d'honneur
parole de quoi
l'autre jour, j'ai voulu t'accompagner
ce serait bien loin
il suffit que tu eusses cette pensée délicate
oh! je suis attendu, une grosse conférence d'affaires du brésil
il comprendra, tu lui expliqueras
comptes sur moi
et puis vous prĂ©fĂ©rez sans doute ĂȘtre seuls, un mari premier effusion, c'est toujours un peu gĂȘnant.
amuses-toi bien
je dis, amuses-toi
mais ne prends pas cette histoire au tragique, tu as beaucoup trop pensé depuis un an
tu m'embrasses pas
de tout mon cĆur
Victor Lestrang
oui c'est moi un mot seulement
derriĂšre cette porte, vous attendent le monde et ses tentations
c'est probable, si rien n'est changé
oui, mais vous, il faut que vous ayez changé
déjà votre excellente conduite vous a valu une remise de peine, persévérer
et quelle que soit la faute qui vous a amenée ici
ne vous donnez pas tant de peine, j'étais innocent
innocent
un grand rouge et un paquet de bleu non merci
tiens, c'est rare
alors donnez moi un petit café
dit donc on n'est pas venu demander Victor Lestrang
non pas encore
si ça vous intéresse
je vois que vous ĂȘtes sorti la veille du coiffeur, vous pouvez vous raser ici en attendant
ah non pas la peine
attention celui lĂ il est chaud merci
ça ira comme ça, allez ne vous en fait pas
vous pouvez compter sur moi
ah te voilĂ toi, alors es-tu sage ?
va bien votre pendule lĂ
au poil ma pendule, vous pouvez ĂȘtre sĂ»r
salut un martini
au revoir monsieur
salut
bonjour
je crois que le monsieur que vous cherchez est parti
il y a longtemps
oui un instant, ah madame vous l'avez fait causer
j'étais mal renseigné sur l'heure de sortie, excusez-moi
vous ĂȘtes revenu, ben j'ai reconnu votre voiture et je vous ai vu arriver
oh Victor
non, non, ne me touchez pas, il y a que je suis sale comme tout
asseyons-nous ici oh oui
vous ĂȘtes blessĂ©
oh non c'est rien, c'est en bricolant, je m'embĂȘtais tellement lĂ -dedans
tu as mauvaise mine Victor
je me suis mis dans la glace tout Ă l'heure, j'ai une bonne minable
je vous soignerai
salut Victor, t'en était sorti, t'aurais pu dire au revoir aux copains
bah maintenant tu auras plus besoin de me demander la permission pour rester cinq minutes de mieux Ă la douche
tu la prendras chez toi au revoir, on se reverra peut-ĂȘtre
tu tiens absolument Ă rester lĂ vous oh! non allons oĂč vous voudrez
ça me fait drÎle de voir tous ces gens qui vont et qui viennent là comme ils veulent
puis le bruit ça me donne le vertige
vous ne voulez pas rentrer tout de suite
ah non j'ai encore l'impression d'ĂȘtre enfermĂ©
mĂȘme avec moi
comment va Marc, je croyais que c'était lui qui viendrait
oui il n'a pas pu, il est tout occupé, il va trÚs bien
ah bien tant mieux
tant pis, je le déteste
il faut pas parler comme ça Françoise, alors
c'est Ă cause de lui que vous ĂȘtes allĂ© en prison non non, non, non
Ă sa place, ce n'est pas la mĂȘme chose.
personne m'a forcé, c'est moi qui ai accepté
j'ai accepté pour vous et pour lui aussi
c'est une crapule
ah peut ĂȘtre mais, c'est mon copain, quoi
on a passé tellement de choses ensemble pendant la guerre les bons et les mauvais moments
alors pour moi c'est toujours un type bien, quoi
voyons, vous ĂȘtes quitte maintenant
sans vous, il est terminé, déshonoré
écoutez Françoise, tu peux savoir comme je vous aime
j'étais amoureux de vous du premier jour ou je vous ai vu
j'Ă©tais prĂȘt Ă tout pour vous sans espoir d'ailleurs, je l'ai prouvĂ©
et quand vous m'avez écrit en prison, j'ai compris dans vos lettres que vous tenez à moi, quoi
j'aurai tellement que tout soit net
ne pensez plus Ă Marc
je vous accompagne non, non, pas maintenant Françoise
je vous assure, je me sens sale et voulant me décrasser
vous avez besoin d'une bonne douche et d'une chemise propre
tous ça vous attend là -haut, allez vener
non mais je vais partir partir quand, vous ĂȘtes fou
si je vous assure, je vais partir parce que je me sens mal
pour recommencer dans la vie comme ça, je me sens handicapé
vous parlez trop Victor et vous ne me regardez pas assez
vous voulez partir longtemps
beh j'avais pensé un mois oui
je vais partir chez des cousins Ă moi, des braves gens des paysans Ă la compagne
qui vous soigneront mieux que moi
non, mais vous savez quand je reviendrai, je me sentirai plus en forme
sentirai plus fort pour arranger tout ce qui nous sépare, quoi
ce qui nous sépare, c'est vous Victor, vous seul, pourquoi ?
vous ne voulez plus de moi
mais si voyons, mais si
laissez-moi monter chez vous
à présent ce sera mon vrai chez moi, je viendrai vous voir tous les jours
ah oui, cinq à sept comme dans les romans...c'est ça le grand amour
Victor jâattends cette seconde depuis un an
et maintenant sous des prétextes idiots vous gùchez tout
non parce que quand je vous prendrai ce sera pour ne plus vous lĂącher
vous voulez que je vous dise, vous ĂȘtes trop honnĂȘte, vous ĂȘtes trop propre
surtout maintenant
embrassez-moi
non Françoise, écoutez regarder moi
alors donnez moi la main
merci
qu'est ce que c'est
tiens
bonjour Victor, on sent qu'il y a quelque chose de te revoir, tu as fait beau voyage.
tu appelles ça un voyage toi, embrasse-moi, quoi
je pensais que tu te serais arrĂȘtĂ© devant la loge, mais j'ai bien vu, t'Ă©tais prĂ©occupĂ©
un petit peu, oui
ce sont eux qui ont fait mal Ă ta main ah non penses-tu, c'est rien
alors ça n'a pas été trop dur, là -bas
parlons pas ça, va
dis donc mais ça, ça a drÎlement changé ici, c'est un peu plus joli que quand je suis parti
ça t'étonne plutÎt oui quoi
elle t'a rien dit
qui est ce oh je t'en prie
tu la quittes voilĂ deux secondes, ah! mes compliments
dis donc c'est elle qui a tout arrangé là , le téléphone, les fleurs
la dame, c'est pas moi, elle a l'air de bien t'aimer cette femme lĂ
oui enfin, j'espĂšre quoi
et toi?
quoi moi? tu l'aimes?
dommage, c'est pas une femme pour toi
ah ben ma vieille, il faudra bien te faire Ă ce style lĂ , parce quâelle va venir vivre ici alors
tu parles comme elle montera tes six étages dix fois par jour
quand je voudrais
bonne chance
t'es pas fùché Victor
penses tu
tu dĂźnes au restaurant ce soir, je pourrais te monter du navarin
ah non ce soir je serai Ă Dijon
oui, oui, voilĂ
oui, oui, oui
ah mon petit vieux, mon vieux, enfin
ah! mon petit pÚre, ça me fait du bien de te voir, ça me fait plaisir que tu sois le premier
oh! tu sais, je suis venu comme ça en passant parce que je suis plus débordé que jamais
sans blagues oui
Ă soit beau
tu vas encore travailler pour Marc
oh ça alors, ça m'étonnerait, tu sais
non, je te dis ça parce que ce que je t'ai écrit là -bas, ça tient toujours
t'as pas peur d'employer un repris de justice
imbécile, si tu penses que je te crois capable d'avoir mérité cette condamnation
t'es bien trop bĂȘte ou trop honnĂȘte c'est la mĂȘme chose Ă toi aussi
bon alors, tu passes me voir au bureau demain hein
ben écoutes, si ça ne t'ennuie pas, j'aimerais mieux dans un mois parce que tu vois, j'allais me reposer un peu, tu vois.
non, non, fais comme tu voudras
parce que tu comprends, j'ai des tas de projets à étudier, mais pas sur le papier
avec des piĂšces en main, alors j'ai besoin d'un bricoleur comme toi, tu me feras des rapports.
tu veux dire écrits non, je t'enverrai quelqu'un
ah bon parce que l'écriture, moi tu me connais oui
et dis donc, d'ici lĂ Victor, t'as pas besoin d'argent
ah non mon petit vieux, tu es gentil non, non pas encore.
parce que remarque t'es un trĂšs bon camarade de l'escadrille, j'ai peut ĂȘtre tort de dire ça,
mais, j'aimerais mieux que tu m'en demandes Ă moi, plutĂŽt qu'Ă Marc
parce que l'argent de Marc moi, je trouve qu'ils sont pas trĂšs bon
qu'est-ce que tu veux
alors je peux compter sur toi
je te dis d'accord, je rentre Ă la Noel
eh bien tu te sens bien toi et alors
t'as rajeuni de vingt ans moi, je t'aurais jamais reconnu
on gĂšle ici tu trouves
oh t'as pas froid
ah dis c'est le printemps tu parles oui dans deux jours noël
pas possible, t'es amoureux
oui mon bonhomme non
madame d... oui
tu es content d'un moment un peu
dis donc Jacques, t'as déjà vu un crétin intégral
oui toi c'est exact mon gars
aprÚs un an de taule, et je me suis privé d'un mois de bonheur
pourquoi par excĂšs de scrupules hein
tu crois pas si bien dire, en fait je croyais que la femme d'un copain c'était sacrée
je le pense toujours d'ailleurs
mais lĂ oĂč je me trompais c'est sur le copain
Ce n'en était pas un ah non alors, ah non.
tu comprends, je voulais que, tout soit honnĂȘte entre nous quoi je vais tricher pas mĂȘme une dizaine de fois
alors il m'a répondu qu'un b.. qui t'offrait une bonne voie à mon retour que
et alors
alors, alors, alors les scrupules, tu comprends
et que Françoise n'était pas libre pour le réveillon,
alors, on a décidé que ça serait ce soir-là , le réveillon pour nous deux, tu vois, quoi
ça me fait du bien de te voir heureux
et moi ça me rudement plaisir de te voir dehors, plutÎt que d'y rester
oh ben dis donc pour qui tu me prends
j'ai payé ma dette comme ils disent
maintenant je suis un homme impecçable
rien de tel que l'honnĂȘtetĂ©
off, tu peux comprendre que chez toi c'est naturel
alors tu es revenu dans le circuit
ah oui, j'ai repris contact avec des commanditaires sérieux, des gens qui j'ai toute confiance.
un mot de toi et je te mets dans le coup
ah oui, mais j'ai mon travail moi mon gars
ton travail, ça vaudra jamais les affaires
eh ben dis donc Gratien il me paie bien mon vieux.
ah oui, beaucoup
cinquante mille
par semaine
t'es fou par mois, et je travaille six mois, tu comprends, je suis mon maĂźtre
tant que tu toucheras, un salaire fixé à l'avance, tu seras un pauvre
et ton accumulateur qu'est ce que ça devient et bien, mon gars, pÚse
eh ben! dis donc, alors
c'est ça qui fait marcher tout mon truc lĂ
eh ben! pas vrai
et ton brevet bien protĂšge au moins oui, il n'y a plus qu'Ă le vendre maintenant
il faut s'en occuper, il y a de l'or dans cette petite boite là , des briques à gagner avec ça
moi madame Gaby ah! c'est ma concierge
il y a une dame qui te demande
c'est elle, fous le camp
pour une femme chic, elle est rudement en avance
entrez ma petite restez pas dehors Ă vous geler le nez non,non,non
monsieur Lestrang
c'est moi mademoiselle
je viens de la part du directeur, monsieur Gratien
ah oui oui parfaitement, mais pourquoi faire?
Pour que l'on prenne rendez vous, il me détache. comment ?
enfin, il me relÚve du bureau pour me mettre avec vous pour la sténo
ah bon ah! oui avec ses rapports écrits
oh! je prends pas beaucoup de place tu sais, et je me mets dans un coin avec mon petit crayon
et vous n'avez qu'Ă penser tout
le reste c'est mon affaire, alors quand voulez vous qu'on commence
oh ben! aprĂšs les fĂȘtes quoi, vers le 5 ou le 6 janvier
oui c'est ça merci, il fait toujours aussi froid chez vous
alors oui, on montera au sixiĂšme lĂ , chez moi
alors bon Noël et une petite bonne année, et je m'appelle Marianne
c'est gentil comme nom au revoir monsieur
elle est charmante cette petite, ta concierge aussi d'ailleurs
ah elle est chouette ma concierge, il y a trente cinq ans qu'elle est ici
alors tu penses elle m'a connu tout mÎme, puis elle au moins trouve ça naturel que j'étais en prison
c'est pas comme les gars de l'amicale eux ils m'ont rayé d'autorité
ah du coup, j'ai plus que deux copains, ma concierge et puis toi, il y a pas de justice
ah lĂ , modĂ©rez vos expressions, s'il vous plaĂźt lĂ
ben dis donc, je te remercie de ta visite et puis de tes offres lĂ , j'espĂšre qu'on se reverra bientĂŽt quoi
ah bon ben, j'ai compris et bien continuĂ© Ă ĂȘtre heureux, va vieux frĂšre
puis passes dßner un soir à la maison, ma femme est furieuse que je ne t'ai pas encore amené
bon d'accord, allez
Françoise....Françoise
oh! vous voyez, j'ai pas pu attendre
vous ne m'en voulez pas d'ĂȘtre en avance non mais
il y a des babioles suite
mais je vous ai vu pire ça ne fait rien
oh que c'est joli
c'est vous qui avez arrangĂ© tout ça ben oui, moi qui ai fait les petites lumiĂšres lĂ
vous permettez, je passe un veston hein
vous croyez que c'est la peine
oh grouille quoi
ah bon
oĂč allez-vous faire beau
mais vous n'ĂȘtes pas fantaisiste
comme vous ĂȘtes belle
c'était une nouvelle robe
demain je la mettrai pour les autres
et ce soir, vous ĂȘtes le premier Ă la voir Ă la toucher.
Françoise
tu m'aimes ou tu m'aimes pas
tu me désires ou tu me désires pas
ah tais-toi lĂ -bas, je marchais tout le temps Ă la compagne, en pensant Ă toi, je te cherchais partout
je le sentais dans tes lettres, tu vois pas que je t'aime
ce magnifique amour que tu m'as montré y est pour quelque chose
c'est merveilleux
enfin un peu de bonheur dans tes yeux
c'est Marc, eh bien tu ouvres
je te dis que c'est moi Marc
oh c'est idiot, j'ai entendu vos voix
tu ouvres oui ou non
bon, j'insiste pas
mais soit gentil Victor, dit à Françoise que je l'attends pour le dßne dans une heure
et sans faute
d'accord,
au revoir
je comprends pas, c'est bizarre
écoutes Françoise, ne te crois engager envers moi parce que
c'est drĂŽle moi je me considĂšre comme engager
non mais je te dis ça si des fois tu es inquiÚte mais non je suis pas inquiÚte
je suis stupéfaite, d'habitude Marc ne me pose aucune question
si l'un de nous deux ne rentre pas dĂźner Ă la maison il pourrait bien d'autres aussi c'est tout
non c'est incompréhensible, Marc n'ignore rien de nous deux
il sait trÚs bien que je t'écrivais à la santé
j'attendais ton retour avec une impatience folle que je te reverrai
il doit mĂȘme s'imaginer que
je te jure j'ai bien envie de dire ce que je pense
en tout ças s'il fait semblant de ne pas comprendre mes lettres
j'espÚre que cette fois ci, il n'y a plus de doute, j'aime mieux ça d'ailleurs
bien
assieds-toi lĂ , mets-toi tout prĂȘt, Ă©coutes moi bien
je ne veux plus vivre avec Marc
ah enfin
oui, il ya longtemps que j'y pense, mais maintenant c'est décidé
c'est trop beau ça, t'es certaine
quoi ? de ne rien regretter
mais,je peux plus supporter la vie avec Marc
et puis tu sais, je suis tout à fait indépendante
comment ça indépendante
oui j'ai des bijoux, j'ai des tas de robes, j'ai des fourrures, j'ai de l'argent
jâachĂšterai mon appartement, puis on se verra tant qu'on voudra, tu veux bien
c'est pas la peine, puisque tu vas venir ici avec moi
ah oui bien sûr
ce qui affreux sont les deux jours qui viennent, on pourra pas se voir
ah oui tu comprends, j'ai organisé tout ce gala, et demain j'ai une journée
tu es fùché
non je suis pas fĂąche mais je suis triste quoi, deux jours sans toi
si je te raccompagnais tout de suite
chez moi oui
tu me chasses
non mais je trouve que c'est pas raisonnable de défier Marc
au moment oĂč tu vas lui demander ta libertĂ© quoi lui demander
ah il faut bien compter avec lui, non
soit tranquille, il sera sûrement d'accord
peut ĂȘtre t'as raison, il vaut mieux que je dĂźne avec lui
ça me permettra d'amorcer ma petite négociation
hein va
pourvu que ça s'arrange va
je veux pas te perdre moi, j'ai que toi enfin l'espoir toi, pas mĂȘme tiens, l'espoir d'un espoir
ingrat
oh chéri j'ai soif, fais-moi goûter ton champagne
oh t'as qu'Ă parler
Ă notre couple Victor
nous sommes Ă jamais un couple, tu entends
comme si nous dormions ensemble depuis toujours
dis le, Ă notre couple Ă nous deux
c'est ravissant, mon joli tu as fait des merveilles
comme toi seul peut en réaliser, je saurai m'exprimer sur ton goût
allez viens vite finir par vous rhabiller, nous allons finir par ĂȘtre en retard
non, non, non, ne te saoule pas une fois de plus
j'ai Ă te parler de choses graves
il faut y aller, laissez-nous
non pas encore la sérénade ils auraient bien tort
si c'était la santé pour s'entendre
on ne le dirait pas, Ă table, ils se disent toujours des vacheries
oui, moi mon meilleur, c'est la chambre Ă coucher
mais si elle part, la boite ne sera pas drÎle tout ça c'est des mots, elle ne partira pas
je partirai Marc que tu le veuilles ou non
encore, écoutes moi chérie, ne me fatigues pas de tes caprices de petite fille
appelle ça comme tu voudras, mais j'exige une réponse
pardon pour petites filles, j'aurai dĂ» dire pour jeunes femmes rĂȘveuses et romanesques
parce que tu sais tout ça, se passe uniquement dans ta tĂȘte
tu n'es pas assez occupĂ©e, alors tu rĂȘves et tu crois que c'est arrivĂ©
soit, j'agirai comme bon me semblera
on n'en parlera veux-tu, nous avons toute notre vie pour ça
Marc, restes
la rĂ©ponse, ça doit ĂȘtre l'homme de ta vie
si, si, j'ai trÚs bien compris quoi, il n'accepte pas, enfin il se dérobe
un peu de temps encore
mais non pas trop longtemps
mais moi non plus, Victor, je ne suis pas heureuse d'ĂȘtre loin de vous
il n'a fait aucune allusion Ă hier soir
non mais comprenez-moi, je ne peux pas vous parler aussi librement que je le voudrais
et puis, il y a cette fĂȘte de ce soir
oui je sais bien que ça ne compte pas
tout de mĂȘme, essayez de vous mettre Ă ma place,
mais non, il n'y a rien de changer, oui, oui c'est ça
c'est ça jâessayerai de vous appeler demain matin, mais pas trop de bonne heure
ma biche, je suis un con
je sais Victor
tu te tracasses pour des choses qui te regardent pas
et c'est moi pauvre idiot, qui l'ai renvoyé chez elle
elle t'as rien fait mon gars, cette femme-lĂ et toi vous ĂȘtes pas de la mĂȘme race
elle ne t'a pas déjà amené ton bonheur
ça peut pas s'arranger, vous ĂȘtes pas assez pareil
t'es un homme normal toi
tu contiens des choses biens et des choses mal, chez ces gens-là , tout se mélange
mais, t'a peut ĂȘtre raison, mais pas la voir j'en crĂšve, alors
mais t'es pas assez patient, Victor
il refuse, il refuse, attendre
tiens, tu vas voir comme je vais attendre, moi
oĂč vas-tu la chercher
dĂ©jĂ prĂȘte bravo merveille, c'est moi qui vais ĂȘtre en retard
vite Martine, mon linge, mon bain
t'es trop belle tiens toi aussi
ah c'est l'avis général
et cette robe
allez vas vite, passer ton habit, files
ah! non, je suis le premier Ă la voir, je veux ĂȘtre le premier Ă la toucher
allons bon, entrée
monsieur Lestrang est lĂ , il insiste pour ĂȘtre reçu
faites le entrée à cÎté bien monsieur
tu le savais non pas du tout
et je regrette beaucoup son idée
moi aussi, c'était ni le jour ni l'heure
tu pourrais peut-ĂȘtre le recevoir demain ou aprĂšs-demain en t'excusant trĂšs gentiment non
non pas possible, je vais l'expédier
dis-moi Françoise, il n'y a rien eu entre vous?
si beaucoup de choses
mais figures, tu n'as pas couché avec lui
pas encore
Victor
tu dois douter de ce qui m'amĂšne
évidemment, tu vas me reprocher de t'avoir laissé tomber
mais il y a un mois quand tu as été libéré, je suis allé chez toi
tu es absent de Paris
oĂč est ta carte ben, assieds-toi mon vieux, je t'en prie
je suis revenu quelques jours plus tard, mĂȘme rĂ©ponse
je voulais te redire ma reconnaissance, qui dure autant que moi mĂȘme
tu aurais pu me l'écrire
voyons Victor, je n'Ă©coute mĂȘme pas prendre au sĂ©rieux les extravagances que tu m'Ă©cris au sujet de Françoise.
soyons raisonnables
t'en voici actif, il faut songer Ă tes intĂ©rĂȘts alors lĂ , Ă©coute moi bien
je ne veux pas de ton argent sous aucune forme que soit, c'est net
je suis navré mon vieux
et dis moi c'est pas deux fois que tu es venu chez moi, mais trois fois, hier
ah oui en effet
et je suppose que c'est pas avec moi que tu venais t'entretenir
si, ..j'aurais ensuite emmené Françoise
Marc, je vais te parler carrément
ah ben c'est parfait, tu es trĂšs franc moi aussi on me reproche souvent mon cynisme
seulement je te préviens mon vieux dans trois quarts d'heure le tout-Paris sera là , et je veux le recevoir
ça je m'en fous de tout de Paris alors, tu parles si je m'en fous
j'ai bien écopé une peine de prison pour des fautes commises par toi, jusqu'à là , nous sommes d'accord
oui je t'en remercie vivement
seulement ne comptes pas aujourd'hui tirer d'autres avantages de cette opération
tu me crois capable d'une chose pareille
oh tu sais mon vieux on est pas toujours difficile sur le choix des moyens, j'en sais quelque chose
mais je te préviens Victor, depuis un an j'ai maquillé notre accord de telle sorte
qu'il te serait complÚtement impossible de prouver que tu t'étais sacrifié pour moi
alors, aprÚs tout ce que l'on a vécu ensemble, tu me crois capable de revenir sur notre marché, de m'en servir contre toi
non mon vieux ce n'est pas mon genre, d'ailleurs c'est pas pour toi que je me suis sacrifié
c'est pour Françoise, elle est venue chez moi
et si à ce moment-là , amoureux d'elle comme j'étais
j'avais voulu profiter de la situation, je suis sur que tu t'aurais trouvé à dire
Ă condition toujours, que je me sacrifie
sommes toujours d'accord
mon mĂ©nage n'est pas des plus conformistes, oĂč veux-tu en arriver
eh bien je vais te le dire
c'est pas seulement mon amour pour Françoise qui m'a permis de tenir en taule avec les faussaires et les voleurs
c'est la tendresse que j'ai reçue d'elle
elle m'a écrit, et maintenant je suis sûr de son amour, comme j'ai toujours été sûr du mien
et pas plus que moi, elle n'acceptera le partage
sans offense de quoi te mĂȘles-tu ?
de quoi je me mĂȘle, du sort de Françoise que je vais Ă©pouser
si je comprends bien, tu viens me demander la main de ma femme
oh je t'en prie, j'ai pas envie de plaisanter, je préférais que tout se passe dans le calme
mais de quoi, il se passera exactement rien Victor
Françoise demeure ma compagnie, elle ne me quittera pas
elle aussi, elle te voit tel que t'es, et elle a choisi
c'est trÚs intéressant
moi aussi je te vois
je te revois surtout quand tu nous ramenais de mission
parce qu'Ă ce moment-lĂ , je t'aimais et tous les gars t'aimaient
pour nous t'étais notre exemple, t'étais un héros
seulement maintenant c'est le fric que tu chasses
avec la mĂȘme dĂ©licatesse et le mĂȘme cran, ah Ă©videmment tu es toujours un hĂ©ros
mais aussi un escroc et Ă l'occasion un macro
oh tu deviens trĂšs impoli, je te prie de te retirer
quoi je mens tu es en colĂšre,
pour ce que tu sens, tu vas te faire descendre
toi tout, est ce que tu vas répondre oui ou non ?
attention Victor
tu es ici chez moi en liberté conditionnelle
si tu retournes en prison ce sera pour de bon
quoi, quoi qu'est-ce que tu dis, qu'est-ce que tu dis
tu crois que je vais avoir peur, tu ne tireras pas un mot
si c'était pas toi tient, je te tuerais
d'ailleurs c'est grotesque, aprÚs tout c'est à Françoise de décider
j'ai vu le moment, il me tuait, ai je eu tort de répondre toi?
oui, il faut vite que tu m'écoutes à la fin
je veux m'en aller, avec lui
bon vas le lui dire toi mĂȘme
écoutes, je te demande pardon, j'aurai dû attendre mais je n'ai pas pu, je suis venu te chercher
tu as bien fais
mais ce soir ça tombe mal pourquoi
ah parce que le tout-Paris vient pour s'amuser, ben ça je m'en fous, alors viens
comme je suis
t'Ă©tais comme ça le premier soir oĂč t'es venu chez moi, non
allez viens parce quâil va revenir t'as peur de lui
peur de lui, peur de lui, pourquoi veux-tu que j'aie peur, hein.
épargnions-nous une scÚne ridicule Marc, laisse moi partir sans bagarre, soit beau joueur.
il s'agit pas de jeu, notre couple est libre, mais il n'est pas dĂ©suni loin de lĂ
notre intimité demeure tel qu'elle fut toujours, hachante trÚs vive,
ohh ! oui je pourrais t'obliger Ă l'avouer
oui, finissons en veux-tu
seulement ta nature veut que tu te crées de grandes obligations morales
que tu imagines des romans de l'inconscient dont tu es donc l'héroïne
oui je sais tu me l'as déjà dit
je t'affirme que tu n'aimes pas Victor, et tu n'as jamais aimé qu'un homme
Marc, séparons nous en amis non
soit alors en ennemi
pas davantage, tu n'existeras plus pour moi
part si tu veux, mais si tu pars tu ne reviendras pas, jamais, tu me connais
comme je ne chercherai pas Ă te revoir
oĂč vas-tu ?
je vais dans ma chambre!
et pourquoi tu viens me dire que tu veux t'en aller Ă l'instant mĂȘme
tu me donneras bien le temps dâaller faire emballer mes affaires, non
quelles affaires ?
comment, mais enfin ce qui est Ă moi
ah ça rien n'est à toi, et voici d'ailleurs les clés
de tes armoires, de tes penderies, de tes lingeries, à l'instant j'avais fermé toutes les portes
je ne te comprends pas mais c'est clair
tout ce que tu nommes tes affaires a été achetées par moi, payé par moi
puisque tu abandonnes notre domicile
sauf donc la robe que tu as sur le dos
au passage, tu prendras le manteau qui t'attendra dans le vestibule, je te l'offre
tu n'es pas horrible Ă ce point
non, je ne suis pas horrible, j'espĂšre t'empĂȘcher de commettre une chose stupide insensĂ©e
tu veux épouser Victor
mais tu ne comptes pas lui apporter en dot tout ce que je t'ai offert non
pour faire sans compter avec joie, il n'accepterait pas
ne t'occupes pas de ça, avec moi ça sera peut-ĂȘtre pas des millions, mais elle ne manquera de rien
et comment donc
et pour peu que tu sois une habile ménagÚre, que tu te charges de la cuisine, de la lessive
et que tu promĂšnes des enfants si toutefois Victor est plus heureux que moi, tout ira trĂšs bien
ah! puis ça suffit comme ça, allez viens toi. adieu
non, c'est pas possible
tu ne peux pas t'avilir ainsi, me voler comme tu voles les autres
tu m'as juré tout à fait gratuitement
mais tout ce que tu m'as donné pendant notre mariage, m'appartient
tout ce que j'ai fait c'était pour ma femme, pas pour la femme d'un autre
c'est infect, t'es infect pour moi c'est logique
tu es immonde, parce que je vais ĂȘtre libre tu me dĂ©pouilles, tu me rĂ©duits Ă la pauvretĂ©
je suis la femme de ta vie n'est ce pas oui
tu voulais me garder à tout prix, comme tout ce que tu possÚdes ou crois posséder
tu me perds alors tant pis faute de mieux, tu gardes les bijoux, le linge, ah c'est du joli
et dire que j'ai vécu toutes ces années à cote de l'homme qui est capable de ça, allez sauvons-nous
non quoi
c'est Marc qui dit la vérité tu es fou
si, si, si, la vérité, vous tenez à tout ce qu'il représente pour vous
votre discussion vient de m'ouvrir les yeux, vous tenez Ă son argent peut ĂȘtre
mais par-dessus tout vous tenez Ă lui
je le hais sur quoi veux tu que je te le jure
mais non c'est faux, vous ne le haĂŻssez pas
c'est en vous écoutant je viens de m'apercevoir que je me suis envoyé un an de prison
pour que vous conservez tout ce luxe-lĂ dont vous ne pouvez pas vous passer.
surtout pour sauver Marc que vous aimez
un amour Ă©trange peut-ĂȘtre, pas trĂšs pur, mais d'amour
et voila le tour est joué
avec sa parole d'avocat, il t'a roulé comme il roule tout le monde
mais non c'est lui qui a raison, vous montez la tĂȘte qui ne tourne pas rond
écoute moi voyons, pas la peine
fini, détruit, c'est mort
tu vas souffrir toi
ah pour ça, ça me regarde
amĂšne moi, amĂšne moi donc
trop tard
tant pis quoi, c'est la faute Ă pas de chance, tout le monde peut se tromper, voilĂ tout
Victor
tu as bien fait des saletés dans ta vie, mais celle-là c'est la pire
oh! une tache bien plus pénible m'attend ma chérie.
il faut que je me mette en habit
tu es content, tu es calme une fois de plus, tu n'en as pas fini avec moi
j'espĂšre bien, je veux pas te perdre
tu m'as rendu odieuse, jamais plus il ne voudra de moi
tu n'as jamais voulu de lui toi
seulement songe de plus, pauvre Victor
c'est bien d'ĂȘtre ton ami
tu en as fait un condamnĂ© de droit commun, maintenant tu lui brises le cĆur pour t'amuser
je l'ai sauvé d'une douleur bien plus affreuse dans deux ou trois mois
et moi aussi tu m'as sauvé probablement oui
tu es incapable de comprendre la moindre chose, un peu pure un peu élevées
tu n'as pas de cĆur si j'ai un cĆur
un cĆur fidĂšle, mais oui, au-delĂ des flirts, des coucheries
et je m'imaginais ton cĆur Ă toi mais tu as eu tort
je te déteste
pas toujours mĂȘme alors
ridicule, tu tiens Ă moi, personne te prendra
j'ai honte
tu vas tâabĂźmer les yeux
dans un quart d'heure tu seras furieuse si tu crois que je vais descendre
j'en suis sûr, tiens
c'est simple, tu es mon malheur
idiote, nous avons été fabriqués l'un pour l'autre
si c'est vrai tant pis pour moi
tu oublies des bons moments
ne te rĂ©sines pas Ă ĂȘtre toi- mĂȘme
toi tu te résines facilement, tu as de la chance oui j'ai de la chance
parfois au bureau au milieu d'une discussion difficile
je regarde ton portait
et un souffle de toi passe, me rafraĂźchissait
c'est ça, essaye de m'avoir mais je t'ai
tu vas ĂȘtre si belle ce soir
flatter ton amour propre et mon amour
pourquoi tu restes seul dans le noir, qu'est ce t'as?
rien, ah si casier judiciaire
à part ça j'avais un ami, eh bien je l'ai plus
il est mort
oh mĂȘme pas
et j'avais un grand amour, et je l'ai perdu aussi
pourquoi ?
parce qu'elle aime mieux ce qui s'achĂšte
je comprends pas
tu connais les millions d'Arlequin
avec des bijoux j'allais pouvoir avoir celle qui toujours, m'avait refusé son amour
mais ce qui m'arrive, c'est encore plus bĂȘte
tu vaux mieux que ça
t'as peut-ĂȘtre raison mais qu'est-ce que tu veux, elle est lĂ , et pour toujours
jamais toujours, on ne reparlera l'année prochaine
et moi je veux pas l'oublier et puis d'abord, je pourrai pas
une autre femme t'y aidera
oui
oui oui
mais il n'y aura pas d'autres de femmes aussi vrai, qu'on entend les cloches de Noël tiens
finies les femmes pour Victor
mais dis donc tu es en retard toi oh! cinq minutes
mais c'est encore de trop
je t'ai pas donné la permission de six heures avec tout ce qu'on à faire
tant que ça
mais qu'est-ce que tu crois
j'ai une lettre au moins de dix lignes lĂ Ă te dicter
alors tu vas la taper en vitesse et puis aprĂšs on montera au sixiĂšme
pourquoi faire ?
parce que il faut que je m'habille et que tu te changes
parce que ce soir je t'emmÚne dßner et danser, ah c'est comme ça
assez de privations ma belle, tiens, et il me reste encore ça pour jusquâĂ la fin du moi
mais avant de travailler, j'exige que tu m'embrasses, tout de suite
tâexige oui
tiens donc
ah je t'aime tant mon Vicky, oh pardon je t'ai juré de ne plus le dire
oh d'abord je ne te crois pas, alors
tu me crois parfaitement et toi tu m'aimes
moi, je t'adore
la preuve c'est que depuis un an et demi,que Gratien t'as envoyé ici pour travailler avec moi
j'ai pas cessé de te demander en mariage
et je récidive
est ce que tu veux m'épouser ?
quand il n'y aura plus de place dans ton cĆur pour une autre
je suis pas jalouse
es tu libre Vicky ?
quand l'un de nous deux en aura assez
ce sera sûrement pas moi d'ailleurs
j'ai pas peur des reproches et des larmes, je saurai organiser ma vie
tu n'auras mĂȘme pas besoin d'avoir de remords
mais pardon je crois que nous avions une lettre Ă taper monsieur, je suis prĂȘte
ah oui c'est vrai
alors notez mademoiselle
hé c'est pour les armateurs réunis
messieurs
l'offre de deux millions, que vous me faites, pour l'accumulateur léger
dont je suis l'inventeur, retient vivement mon attention
je vous confirmerai ou non, sous huitaine, mon acceptation
ci-jointe, la copie des brevets demandés
veuillez agréer etc. etc.
ah! deux millions c'est pas beaucoup
ah! t'es pas difficile toi
je presse pas trop
et si je suis grillé
je ne suis pas le seul Ă m'occuper de ce truc-lĂ non, mais deux millions, tu te rends compte
les vacances sur la CĂŽte d'Azur et tout, allez tapes et fais vite les copies hein
bon allez, je vais m'habiller moi et
tiens, je me demande mĂȘme si je vais pas prendre un bain
qui c'est ?
c'est le meilleur des amis de mon ami comment vous m'avez-vous reconnu ?
l'instinct, ah comme vous ĂȘtes beau
oui, oui, je dĂźne avec des industriels, je crois qu'il y aura Gratien votre grand patron
j'espĂšre y mettre quelque chose sur pied avec lui d'ailleurs.
mais vous ĂȘtes l'air rudement en forme
ah oui, Victor est lĂ -haut eh oui
bon je monte, il va bien Victor
ben, vous l'avez vu il y a huit jours eh oui évidemment
Marianne, je voulais vous remercier
de quoi, j'ai de spécial
oh! d'ĂȘtre toujours si gentille si gaie si jolie, d'aimer bien Victor et lui avoir rendu le goĂ»t du bonheur
Victor n'est pas heureux
oh vous rĂȘvez ou alors c'est le gai fou il n'est pas malheureux, comprenez-le bien
souvent trop souvent, il est comme noyé dans la tristesse
pourquoi ça ? vous, vous le saviez bien
à cause de cette histoire, mais c'est vieux ça, depuis dix-huit mois
depuis le jour oĂč il l'a vu pour la derniĂšre fois, Victor pense Ă cette femme
on s'est arrangé avec la vie bien sûr mais
il regrette encore cette merveilleuse occasion manquée
non vous vous faites des idées
ah vous croyez, venez
non ne dites pas de bĂȘtises, tout ça c'est d'un autre monde oĂč Victor n'a rien Ă foutre
c'est trop tordu pour lui
Victor il va tout droit
peut-ĂȘtre, mais il me cache ces revus
et je sais bien Ă quoi il pense, quand il est triste
d'ailleurs depuis un certain temps, on ne la voit plus nulle part la belle madame Pélissier
Paris semble avoir perdu sa plus belle fleur
et son mari Ă de gros ennuis
il a un peu trop mélangé les affaires des autres avec les siennes
il s'est fait beaucoup d'ennemis, et il est fort l'animal
Marianne, il faut que votre bonheur Ă tous les deux soit complet parce que..
ah vous ĂȘtes trĂšs gentil Jacques, et si vous voulez voir Victor dĂ©pĂȘchez-vous, nous allons sortir
tout de suite
eh bien mais tu es rutilant toi je le sais
j'ai une bonne nouvelle Ă t'annoncer
eh bien assieds-toi d'abord, quoi
non, non, ton brevet est vendu
j'aurais meme pu le vendre il y a huit jours, l'offre était tentante, quarante mille dollars
je t'ai présenté comme un vrai as, j'ai demandé des royalties en plus
tu sais ce que c'est ?
ah la oui c'est un pourcentage c'est ça
j'ai obtenu aujourd'hui mĂȘme 1% sur chaque appareil, alors comme ça, ça peut marcher
ah ben ça alors
c'est l'internationale Motors qui achÚte, c'est une boite assez sérieuse
ah ben dit je connais tu penses et voilĂ mon vieux
ah merde alors, mais dis donc, quarante mille dollars ça fait combien ça ?
ça fait quatorze millions et quelques centaines de mille
c'est pas une blague, non
eh ben soit spirituel, non mon vieux, tu signes demain Ă 17 h 30
et dans les trois jours tu recevras un chĂšque de 14 millions et quelques poussiĂšres
et quand ton accumulateur commencera Ă sortir, tu toucheras des royalties
jusquâĂ la fin de ta vie, enfin jusquâĂ la fin du monde, c'est la mĂȘme chose
je nage j'en baille je te l'avais dit, je le vendrai
ah vous en faites une drĂŽle de tĂȘte
pas possible
mais tu es émue toi, et qu'est ce qui se passe?
il vous expliquera tout Ă l'heure, allez je vous laisse
je passerai te prendre demain au revoir ma belle au revoir Jacques au revoir
mais quel est ce mystĂšre? ton brevet vendu?
mystĂšre Ă part, oui
mais vendu vendu
oui il parait quoi vendu, vendu
oh la la, que je suis heureuse, que je suis heureuse pour toi, mon chéri
tu sais qui c'est qui l'a achĂšte non
l'international Motors rien que ça
tu me demandes mĂȘme pas le prix eh bien j'y pensais pas combien
devines
en dollars ou en francs en francs
mais 4 millions
dites, est ce que j'ai une tĂȘte Ă vendre mon brevet quatre millions
ben alors six montes
bah dix
montes encore douze
puisqu'on dis de monter oh tu m'essouffles vingt
pas possible, vingt millions
plus la royaltie
vingt millions, mais tu es riche mon Victor, tu es un archi millionnaire
eh oui eh oui archi millionnaire, sans compter les revenus futurs hein
hei hei pourvu, qu'il y a pas de coup dur
enfin je veux dire, d'embĂȘtements internationaux, parce que les nouvelles sont pas si fameuses
enfin ne fait pas cette figure
je fais pas la figure mais je réfléchis quoi
enfin, tu vas ĂȘtre malheureux parce que ton invention t'a rapportĂ© une somme colossale
je me rends pas malheureux seulement, l'argent c'est une plaie quoi
si tu refusais oh! ne me mets pas en boite, non
d'abord, je vais t'avouer quelque chose
toi, tu m'as inventé un bateau, tu n'as pas vendu ton brevet
si je l'ai vendu
mais pas vingt millions, quatorze millions quoi ?
quatorze millions et quelque centaine de milles francs quoi.
pourquoi m'as tu dis vingt ?
c'est pas moi c'est toi, tu as sauté de douze à vingt
alors je te voyais tellement heureuse, j'ai pas voulu revenir en arriĂšre
tu vois je t'ai menti l'argent peut rouler les plus belles Ăąmes
allez fiches nous la paix, je voudrai que tu rigoles
eh, viens ça viendra vas, allez maintenant, on va dßner
et puis boire un bon coup, on va arroser ça, on verra bien quoi
j'ai faim moi et toi mais un dĂ©but mais en principe j'ai faim oui oĂč va-t-on
je ne sais pas, on verra aller va t'habiller et taches d'ĂȘtre Ă la hauteur
parce que maintenant n'oublie pas que t'es la compagne d'un parvenu
idiot allez vas
mon dieu qu'est ce que qu'il y a, mais qu'est ce tu as encore trouvé pour te tourmenter
tu vois, tes millions t'empĂȘchent d'admirer ma combinaison, elle est toute nouvelle
aie aie quoi je pense que c'est pas encore signé quoi
mais qu'est ce qu'a dit Jacques
ah ben il a dit que c'était fait ben alors
alors alors alors
il veut me faire plaisir, alors il est trĂšs optimiste
non, tu comprends moi je trouve que cette histoire-là , ça tourne trop rond
parce que demain il pourrait y avoir une difficulté, qui arrive et puis
ça peut ĂȘtre retardĂ© d'un ou deux jours et puis un autre retard et puis peut ĂȘtre un ratage
enfin Jacques s'y connaßt dans les affaires, c'est un monsieur sérieux
qu'est ce qui sonne?
mais vas voir vas y toi
et comme ça?
c'est toi ah, je m'en doutais va, allez rentre
mais t'étais trop vite mon vieux
tu veux un petit coup de
de quoi te remonter c'est important
bah Jacques ça ne va pas si
six étages n'ont pas de cause
je me suis rappelé dans la voiture, les fonds n'étaient pas
il faut que j'aille voir un mĂ©decin demain vous ĂȘtes essoufflĂ©s
les fonds n'étaient quoi tu dis ?
je n'ai plus vingt cinq ans vous savez
si mon vieux t'es jeune t'es jeune
les fonds n'étaient pas quoi tu dis ?
que les fonds n'étaient pas trÚs importants chez vous
j'ai que quatre vingt mille balles sur moi
les enfants me laissent soixante mille pour le petit frĂšre
oh! t'es trop chouette mon vieux
tu peux le dire
non, mais Jacques écoutes, je peux pas accepter
pas accepter quoi, tu es un homme riche à présent
oui mais ça me gĂȘnerait mon vieux te gĂȘnerait mais tu me les rendras, j'y compte bien
et en attendant commence par les dépenser
merci Jacques ben, une autre fois je suis pressé
mais au fait si vous voulez, je vous emmĂšne, j'ai la voiture en bas, oĂč allez-vous ?
oh mon vieux, moi je ne sais plus, tu sais, je rĂȘve
un pareil bonheur ça me creuse en route je vous pose à Montmartre
Victor je suis heureuse
demandez France soir, éditions spéciales, le scandale des cinq millions francs
oh la la, je n'aime pas ça, édition spéciale.
et qu'est ce que ce peut nous faire Ă nous deux?
le scandale des cinq millions, demandez France soir
édition spéciale, le scandale des cinq millions
France soir édition spéciale, le scandale des cinq millions
eh dis donc, je peux pas parce que son compteur il va trop vite
allez tais-toi je le sais moi
mademoiselle, n'ayez pas peur mademoiselle, il faut absolument que je parle Ă Victor
je crois que vous ne perdiez votre temps
c'est urgent trĂšs urgent bon ben, venez
Lestrang lui saoul
encore une fois mademoiselle, je suis navré
mais je crains surtout, que vous ne perdiez votre temps
ah mais c'est Marc
ah ben, dis donc, mais qu'est ce que tu fous dans mon atelier Ă ..
quel heure il est trois heures vingt
Ă trois heures vingt, du matin encore
il s'agit d'une chose grave ah oui mon vieux mon vieux mais
il faut me demander un rendez-vous moi, parce que.
non mais écoutes Victor
enfin, t'es drÎle toi, on s'est quitté il y a un an et demi, définitivement tous les deux
eh bien puis, je le retrouve lĂ dans mon atelier Ă trois heures vingt
Va-t-en mon vieux, fous le camp Victor, ne sois pas ridicule
je ne suis pas ridicule parce que je demande Ă Marc de foutre le camp tout de mĂȘme
écoute ton ami, il en a pour trÚs peu de temps
mais non je te dis parce que il est trop tard mais si allez assieds-toi pour me faire plaisir
enfin vous ne voyez donc pas que je saoul non si ça je le vois
eh bon eh ben! mon vieux, ça m'arrive jamais,alors
enfin tu vas te ressaisir oui.
je me ressaisis, je me ressaisis, c'est pas le moment, c'est pas le jour
vous n'aviez pas le choix vous
ou la nuit je sais pas moi
et puis, je suis fatigué, écoutes mon vieux, je t'en supplie, j'ai sommeil.
écoute-moi mon vieux
mais non demain si tu veux, je te donne un rendu si tu veux
Ă©coutez je reviens je vais faire du cafĂ© peut-ĂȘtre.. avec ça tu mets un peu d'ammoniac surtout
ah non pas l'ammoniac eh eh l'ammoniac
oh dis, dis, c'est froid ton truc lĂ
ça va mieux oui
ça va mieux ça va mieux mais qu'est-ce que tu veux de moi, qu'est-ce que tu veux
Victor je suis fait
le scandale a Ă©clatĂ©, la police compte m'arrĂȘter ce matin
supposer rentrer chez moi, j'ai mĂȘme trouvĂ© plutĂŽt plus prudent de ne pas faire les cent pas dans ta rue
tu n'as pas l'intention de t'installer chez moi non ? pas question
ah non, c'est pas pour moyen de me tirer d'affaire
j'échapperai à une sévÚre condamnation, quatre, cinq ans, je ne sais pas
eh dis, ce coup-là , tu vas pas me demander de les faire à ta place, une fois ça suffit mon vieux
rassure toi va
ah le cafĂ© lĂ
j'ai rempli la tasse et tu dois la boire tout de suite
je vais me brûler là d'un coup mais non
mais elle est bouillante tiens ça ne fait rien, bois
ah non je veux pas bois encore un peu quoi
une demi tasse non, en veux-tu toi ?
non, j'ai de quoi de me tenir réveillé, tiens
va te coucher mon petit va, va
tu as une cigarette toi oui
tu te sens plus lucide
enfin tu te rappelles ce que je t'ai dit
ben oui, on tâallait t'arrĂȘter quoi
ils m'arrĂȘteraient s'ils me trouvaient, ils me trouveront pas
en tout cas pas entier
tu vas t'amuser à m'expédier ici ce matin à huit heures
pourquoi tu ferais ça parce que
mais écoutes
mĂȘme si t'attrapes quatre ans
avec ta libération conditionnelle, ben quand tu sortiras, tu seras encore jeune
gardes ta peine, mon vieux
ah bah! si c'est l'honneur qui t'inspire une telle connerie, permets-moi de te dire
non, il n'est pas question d'honneur, mais d'orgueil
oh! un orgueil stupide, plus fort que tout raisonnement, mais passons
Victor je suis préoccupé du sort de quelqu'un
mais d'abord, tu trouveras lĂ -dedans une lettre aux Gardes des sceaux
non, j'y donne la preuve avec piĂšce Ă l'appui de ton innocence
franchement je te devais bien ça
et à présent qu'est ce je risque ?
ce pli je voulais te le faire porter demain
mais l'idée de Françoise m'a poussé vers toi
dis donc, elle est au courant de tes intentions
non, j'en ai pas soufflé mot mais elle a dû deviner que j'étais serré de prÚs, traqué
seulement mon vieux, je crains que ma visite ne soit inutile.
pourquoi ?
ah! je le crains, dĂšs que je t'ai vu entrer en compagnie de cette jolie jeune femme
je comprends pas, qu'est ce que tu dis ?
tu dois tenir Ă elle, elle est charmante ? oui
donc le passé est oublié
quel passé ?
t'aime toujours Françoise?
je crois oui
je l'aime aussi, elle m'est trĂšs chĂšre
j'ai la conviction, dans sa tĂȘte, elle remue sans cesse votre histoire, ton mĂ©pris d'elle
mais pardon, moi j'ai, j'ai pas de mépris pour Françoise
mais elle le croit, elle souffre moi je la plains
Victor, tu peux me donner un instant de tranquillité tu sais, un instant trÚs utile
tu veux me dire si Françoise le souhaite, tu seras pour elle un compagnon dévoué
ah tu pourras lui faire de mal, je vais te fournir un bon prétexte
alors mon vieux j'ai besoin de savoir, c'est d'accord ?
d'accord oui
mais tu auras le courage de quoi ?
de faire du mal Ă la gosse lĂ oui
ah mais, j'ai toujours Ă©tĂ© trĂšs honnĂȘte avec elle, elle est au courant de tout et puis
une fille trĂšs droite elle est trĂšs bien
oh bon mais écoutes Marc moi je trouve que tu prépares un crime stupide là mon vieux, tu te fous dedans
tu redresseras ton existence comme t'as dressé des plus.
non, non, ça suffit vieux, tu sais
la police n'est pas loin
j'ai ta parole
mais écoute, pourquoi tu fous pas le camp à l'étranger avec elle
nous pourrions te planquer tout de mĂȘme
j'ai pensais évidemment, mais j'en ai marre, il faut me laisser
Marc, Marc, Marc, tu vas pas faire une bĂȘtise non, Ă©coute-moi je suis ton copain, bah bon Dieu
alors penses Ă moi
penser Ă moi
oui, oui, oui, il vient de partir
pourquoi ne remontes-tu pas tout de suite, tu ne te sens pas bien
Victor, viens, viens vite
je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression, qu'il vient de se passer quelque chose de
couches toi donc mon petit, tu as l'air gelé, voyons
quelque chose de trĂšs mauvais pour moi
mais non, mon petit, mais non
il faut me parler trĂšs franchement, dis-moi tout, Vicky
mais pourquoi ne veux-tu pas remonter, quoi? Marc va se tuer
oui, j'avais bien compris, je descends
non je prendrai pas froid
allÎ allÎ Marc c'est toi Marc, oh pardon, non monsieur Pélissier n'est pas chez lui
oh je ne sais pas, oui c'est ça
c'est ça demain matin, comment c'est déjà six heures
vous ne pouvez pas faire attention, un peu plus jeune qu'eux
Ă©coutez monsieur PĂ©lissier, moi Ă votre place j'attendrai, parce quâil y a longtemps qu'il n'ait pas tournĂ© ce moulin, vous savez
ne vous inquiétez pas Maurice, je ne reste pas longtemps.
bon
allĂŽ allĂŽ
l'aérodrome oui madame
monsieur Pélissier
attendez je vais voir
je ne peux vous le passer parce que
rien pour moi
depuis ce matin ça fais dix fois que tu me le demandes non il n'y a rien
ça marchais trop bien vous deux
depuis qu'elle est partie, t'en fait une gueule, depuis que tu es millionnaire
oh mais tu y es pas ma pauvre vielle
alors fiche moi la paix avec ton courrier mais, dis donc, je fais parti de tes locataires non
et nous ferons, monsieur le directeur, tout ce qui est en notre pouvoir
pour satisfaire au but du gouvernement
Post-scriptum
si ça vous ne plaĂźt pas, c'est le mĂȘme prix, non, ne met pas ça, c'est une pensĂ©e personnelle
voila c'est tout pour aujourd'hui
bien monsieur
dites-moi ma petite Marianne, vous n'aviez pas besoin de prendre des vacances par hasard
oh non non au contraire
vous avez l'air rudement Ă plat
non, je vous dis ça parce que j'ai peur que votre travail n'en souffre
vous me comprenez bien
oui monsieur Gratien, je sais que vous ĂȘtes trĂšs dur avec votre personnel
vous ĂȘtes seule dans la vie
absolument, enfin j'ai ma mĂšre en province
dommage que je sois un homme déborder, autrement je m'intéresserai à vos petites histoires
tu n'es pas heureuse n'est ce pas
trÚs heureuse oui oui oh! ça ce voit tout de suite
bon allez au travail et gaiement
ah dites moi si vous avez quelques choses Ă me demander
je tacherai de trouver un moment pour penser Ă vous
monsieur Gratien, je voudrais justement vous demander quelque chose tout de suite.
accordé
vos ingénieurs qui partent au carrouga
vous leur donnez une secrétaire non un secrétaire le jeune Barrere
ça l'ennuie de partir, vous ne pouvez pas me donner sa place
non, non, sous aucun prétexte pourquoi ?
et parce que c'est trĂšs loin, puis je ne vous vois pas seule, non, non, j'ai dit non c'est non
mais d'abord, pourquoi voulez-vous, vous en allez
vous ne voulez pas me le dire, c'est pas la peine, je le sais
alors laissez-moi partir
bon ben! c'est d'accord
mais ne vous avisez pas de changer d'idée
j'ai d'autres choses à faire que de me traçasser pour vous
enfin prévenez moi, j'aimerai autant que vous restiez
il vaut mieux que je m'en aille
vous n'avez rien Ă mon compte
quatorze millions 6332 francs
je prends six mille hein
monsieur Lestrang oui
j'ai un petit mot Ă vous dire
qu'est ce qui a, qui ne va pas ? j'aimerais vous suggérer quelques placements
vous n'allez pas laisser dormir éternellement votre capital
voyez, pour ce je n'ai pas, j'en ai bien assez, moi
vous dites ça parce que, vous ĂȘtes seul dans la vie, mais vous ne le serez pas toujours
attendez qu'une jolie femme aimant le luxe vous aide à dépenser votre argent, vous verrez
les jolies femmes, le luxe, notez bien
vous avez raison faudra que j'y pense quand mĂȘme.
presses pas.
non mais, quand mĂȘme il faut y penser quand vous voudrez
je veux bien te donner des conseils, mais pourquoi veux-tu ĂȘtre encore plus riche que tu ne l'es
mon vieux on sait jamais moi, je ne sais pas, je peux peut-ĂȘtre vivre dans un autre milieu
ah tu vas ĂȘtre Ă ton aise tiens, je me marre d'avance
non Ă©coutes Victor, je veux pas me mĂȘler de ta vie intime d'ailleurs j'ai du boulot par-dessus la tĂȘte
mais j'ai quand mĂȘme un mot Ă te dire sans dĂ©tour, c'est au sujet de Marianne
oh! toi aussi mais qu'est ce que vous avez tous, Jacques hier ma concierge ce matin toi maintenant
je suis pas un mĂŽme bon Dieu, je sais ce que j'ai Ă faire, quoi
si tu t'étais tellement sûr, tu ne gueulerais pas si fort.
bon allez je fous le camp, j'aime mieux ça au revoir
allĂŽ passez-moi Jacques Genoust
Marianne
bonjour, tu vas bien
je vais bien et toi tu vois ça va
madame gaiby va bien oh oui, oui, oui alors au revoir
veux tu que je te raccompagne, j'ai ma voiture ah non merci
on t'attend non mais j'ai encore du travail, au revoir Victor
au revoir
Françoise
asseyez-vous
je suis rentrée ce matin
j'avais reçu votre lettre le lendemain de la mort de Marc, je vous en remercie
merci de m'avoir envoyé cette clef mettant votre studio à ma disposition
c'est naturel voyant
je vous remercie aussi d'avoir écrit
je le quitterai aussi longtemps qu'il vous plaira d'y rester seule
j'ai tardé à répondre, j'ai quitté Paris, pour une sorte de retraite
vous ĂȘtes lasse hein non
et vous Victor, comment vont vos affaires ?
moi off, ça n'a aucune importance à coté de tout ce qui vous est arrivé à vous
moi j'ai vendu mon brevet, dans conditions inimaginables d'ailleurs
ça me fait plaisir merci
c'est si bon de penser, qu'ils n'y a pas que les salauds qui réussissent
et vous, vous ĂȘtes si tenace si courageux
j'ai travaillé, j'ai fais comme tout le monde
dites moi Françoise, est-ce que vous attendiez enfin, à ce qui est arrivé
je m'y attendais Ă tout moment
Victor, mon chéri, nous n'allons rien, nous dissimuler de nos pensées
il faut ĂȘtre honnĂȘte, elle m'a Ă©tĂ© douce, elle m'a aidĂ©
vous aviez souffert vous
voici ma réponse, et ce que j'ai lu entre vos lignes
deux fois j'ai trahi Ă fond votre tendresse, pas volontairement non
à cause de manager misérable de mes illusions
je ne suis pas aveugle sur moi-mĂȘme, aujourd'hui je vous dis la vĂ©ritĂ©, Victor
je n'ai aimé qu'un homme, Marc
oui, malgré les erreurs, notre façon de vivre, et je l'aime encore
comme si je devais le retrouver ce soir, comme s'il Ă©tait encore lĂ
vous savez maintenant
oh je le sais depuis longtemps, mais
vous pouvez compter sur mon dévouement trÚs sincÚre
non, il faut pas nous revoir, avant Dieu sait quand
Victor, vous ĂȘtes courageux, dĂ©barrassez-vous de mon souvenir, un fantĂŽme
il ne peut vous faire que du mal oĂč vous diminuer
et puis, je pars pour longtemps
et je vais trĂšs loin vous partez
oui, je vais essayer de servir enfin trĂšs modestement
comment ça servir rien de dangereux non et puis si c'est trop pénible
aussi me prouvais que la solidarité n'est pas mon affaire
tant pis je planterai tout lĂ , et je reviendrai
Marc m'a laissé de l'argent, mal acquis auquel, je voudrais, ne pas toucher
si je ne suis bonne qu'à le dépenser, j'ai qu'à perdre tout scrupule
mais non, mais non non, ne vous tracasser pas
je crois que je pourrais tenir le coup
et puis ce serait chic de trouver enfin le repos dans un travail fatiguant
Victor, vous allez prendre ma main, la serrer trĂšs fort
et cette bonne main signifiera que j'ai votre pardon
je n'ai rien Ă vous pardonner
mais que dans l'absence et le silence, vous resterez mon ami, comme je resterai votre amie trĂšs fidĂšle
qu'allez-vous devenir
je verrai bien
savez-vous Victor que vous me donnez une grande envie de me moquer de moi.
pourquoi ?
et cette peur que j'avais de vous blesser, de vous dĂ©sespĂ©rer, mais câĂ©tait comique
je comprends pas ?
mais, Victor mon refus ne vous a faits aucune peine
comment ça aucune, vous ne m'aimez plus, quel bonheur
ça c'est parce que non,non,non, inutile mon vieux
malgrĂ© tout je n'ai pas cessĂ© d'ĂȘtre une femme
et ma coquetterie je pense qu'elle ne m'a jamais trompé
non, l'hombre d'amour ben non
si nous ne sommes pas sincĂšres aujourd'hui, ce sera jamais
alors, vous vouliez Ă tout prix m'abandonner vos chances de bonheur
oh, non, non c'est beaucoup plus simple que ça
quand Marc est venu me trouver et qu'il m'a demandé si je vous aimais toujours
je lui répondu que oui, je le croyais d'ailleurs, j'ai tellement vécu avec vous, enfin
sans votre présence mais avec vous
et vous me détestiez
quelques fois oui
et puis, brusquement vous avez su que vous vous trompiez
assez brusquement oui
depuis environ un an il y a une jeune femme qui habitait ici avec moi, une fille trĂšs gentille
j'aurai bien l'épousé, mais elle voulait du mariage qu'avec un homme libre
enfin libÚré quoi
et vous l'aimez je crois
elle vous aime
et oĂč est -elle ?
ici toujours non non non
depuis cette fameuse nuit, on ne s'est pas revu Ă sa demande
alors parce que Marc n'était plus là , vous avez rompu avec cette femme.
rompu non
enfin tout a été fini, c'est d'une cruauté
rien n'est commode, j'ai dĂ» dire Ă Marianne que vous seriez seule et que je voulais vivre pour vous
ah oui alors elle est partie, et je dois dire avec une dignité une gentillesse, vraiment, vraiment bien
ah ce Marc
et puis, qu'est ce Marc Ă faire lĂ -dedans
il avait joliment bien réussi son dernier tour
il est arrivé à vous passer son souci de moi ah non pardon, ça c'est faux
j'ai pris tout seul un engagement sacré
mĂȘme ça
vous avez aimé une autre, elle était là chez vous
et Marc est arrivĂ© quand mĂȘme Ă vous arracher ce serment et Ă l'emporter dâoĂč il est
ah! si c'était un jongleur
tu as du chagrin
je suis stupide aujourd'hui
et si je vous avais dit d'accord, j'accepte, marions-nous, quelle tĂȘte auriez-vous faite
je sais pas trĂšs bien
vous vous seriez sacrifié une fois de plus
et puis en mĂȘme temps, vous auriez sacrifie un autre ĂȘtre, c'est pas trĂšs malin
ah non, il est probable, qu'un jour ou l'autre, je vous aurai dit, enfin
non parlons pas de ce qui aurait pu arriver allez bravo vous voyez Victor
vous voyez enfin, je pars contente
allez maintenant courez vite chez elle, lui annoncer que vous avez congédie le fantÎme
tout Ă l'heure vous l'affirmez dans vos voix, rien de meilleur, croyez-moi
allez dĂ©pĂȘchez-vous, qu'est ce que vous attendiez ?
c'est trop tard Françoise, elle est partie loin
oui et pour longtemps
deux ans oh Victor
pauvre Victor cheri, me pardonniez-vous jamais tout le mal que je vous ai fait
mais j'y pense vous ĂȘtes riche maintenant pourquoi n'iriez-vous pas la rejoindre
et qui vous dis qu'elle voudra encore de moi, elle est fiĂšre
la fierté en amour
vous avez une photographie oui
voila oh quelle est jolie
l'amour de ta vie.
tu lui diras que je l'embrasse
au revoir Françoise bonne chance merci
Victor, Victor ça y est
les salauds, ils m'ont donné du mal mais j'ai réussi moi.
tais-toi une seconde toi, tais-toi, allĂŽ, allĂŽ Gratien, oui c'est moi
dis moi sais-tu, si Marianne est partie ? Marianne mais tais-toi
tu connais l'aérodrome
comment tu l'envoies lĂ -bas par un avion militaire?
mais tu es culotté toi, et l'heure du décollage tu connais ?
tu sais pas non plus? tu sais rien quoi tu sais ce que c'est ça ?
ta voiture toi il n'y a pas le feu
regarde, c'est ton casier judiciaire vierge, t'es réhabilité.
mais je m'en fou, je m'en fou de tout lĂ
si j'avais un copain comme ça je ne serais pas le dégoûté, mon vieux
quoi, t'as des millions, une place un honorable qu'est-ce que tu veux encore ?
Marianne là ce que je veux là mais ne me bouscule pas comme ça, appelle là !!
mais oĂč ça bougre couillon ? chez moi, elle est auprĂšs de Jeanne
elle attend qu'on lui téléphone l'heure du départ sans blague
allĂŽ madame Genoust, c'est Victor
oui passez-lĂ -moi, Marianne
quoi t'es si pressée ?
mais non écoutes il faut que je te parle
rien n'est changé enfin je veux dire non plutÎt tout est changé
mais si je l'ai vu, je l'ai vu, tout va bien, tout va bien
ah
et puis c'est comme ça
allez-y
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