All language subtitles for Martin Roumagnac

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Original subtitles

-C'est vos éclairs M. Ferrand.

-Combien de fois faut-il te dire : je ne suis pas M. Ferrand !

-Pourquoi ? -M. Ferrand est mort.

Il ne mange plus de gâteaux. -Ah bon, M. Ferrand.

Au revoir, M. Ferrand.

-Alors vous me disiez que vous êtes nouveau venu ?

-Oui, je viens d'être nommé surveillant au collège.

Je suis pas d'ici, je suis de Brest, à l'autre bout de la France.

-Moi non plus je ne suis pas d'ici. -Ah non ?

-Je suis né ici. -Ici ?

-Oui, juste en dessous, de l'autre côté de la Terre, en Australie.

Des petits compatriotes. -Bonjour, mon cher.

Ne vous dérangez pas. Blanche est là-haut ?

-Elle est sortie. Elle avait des courses urgentes.

-Mais elle savait que je venais ! -Oh, les femmes !

La tentation des magasins ! -Vraiment, c'est pas gentil.

Vous lui direz que je lui téléphonerai à l'heure du dîner.

N'oubliez pas. -J'y manquerai pas.

-Au revoir. -Au revoir.

Alors, vous les prenez ?

-J'hésite. -Je vous comprends.

Les oiseaux, je les déteste, c'est salissant, bruyant.

-Bruyant ? -C'est vrai, je n'ai aucune..

..culture musicale. C'est un caprice de ma nièce.

Avant, on ne vendait ici que des graines potagères.

-Je prends le plus petit. Il a l'air plus éveillé.

-Je crains que ça soit pas possible. Attendez.

Blanche !

Blanche, tu pourrais descendre ?

-Un instant, j'arrive !

-Vous désirez monsieur ?

Vous désirez monsieur ? -C'est-à-dire que...

J'aurais voulu...

J'aurais voulu...

-Monsieur n'aurait voulu prendre qu'un des oiseaux.

-Ceux-ci ? Ah ! Je regrette monsieur, mais c'est impossible.

C'est une espèce qui ne peut vivre que par couple.

Si on les sépare, ils meurent.

-Bon, alors, je prendrai les deux. -Très bien.

Ils sont très frileux, donnez-leur beaucoup de soleil.

Je suis toujours un peu triste quand je me sépare de mes oiseaux.

-Je suis désolé.

-Monsieur !

C'est 100 F.

-Oh pardon.

Merci.

Excusez-moi madame. -Si.

Monsieur ! Vos oiseaux.

-Alors, c'est cassé avec l'adjoint ?

Que s'est-il passé au juste ? -Il n'aime pas le téléphone.

-Hein ?

-Dès que le téléphone sonne ici, il devient blanc. Il se figure que..

..c'est sa femme. -Mets-toi à sa place.

-Tout ça est ridicule. J'en ai assez de cette petite ville,

..de cette vie mesquine, ces meubles, ce magasin...

-Et le consul ? Le magasin, c'est notre façade, ne l'oublie pas.

-Ah ! Façade, façade !

-Il faut sauver les apparences.

Si tu vends le magasin, tu perds le consul.

Après 2 ans de patience, ce serait trop bête de..

..tout gâcher par un coup de tête. -Je n'en peux plus, j'étouffe ici.

-Je te comprends, bien sûr. Mais réfléchis à ce que représente..

..le consul. La fortune ! La sécurité définitive !

Où vas-tu ?

Tu sors ? -Oui, je vais prendre l'air.

Hurlements.

-Relève-toi Milou ! Relève-toi !

-Tu vois pas qu'il est fini ?

Cris et sifflements.

-Il est fini !

Cris et sifflements.

-René Ribeau,

..vainqueur par KO. Cris et applaudissements.

Brouhaha.

-Alors mon petit gars ?

-Il est bien sonné. -Je l'avais dit.

Ton Milou n'est pas sérieux. Il s'entraîne dans les marguerites.

-Je lui porte mes condoléances. Garde ma place, Martin.

Brouhaha.

Acclamations et applaudissements.

-Dupuy, défends nos couleurs ! -T'en fais pas.

-Eh dis donc, vise au coin de l'escalier.

-C'est pas pour nous.

-Mlle, au 3e rang y'a une place, si c'est ça que vous cherchez.

-Merci.

-J'en étais sûr. Je l'ai vu boxer quand ils ont vu ceux de Breteuil.

-La place est libre ? -Non...

Mais vous pouvez vous asseoir quand même.

-Grand combat, en 6 reprises..

..de 3 min, entre Joseph Redeuil du boxing club de Laval, 65 kg,

..et Etienne Dupuy du ring de Clairval, 66 kg 200.

Joseph Redeuil ! -C'est lui !

-Etienne Dupuy. Cris.

-Vous avez perdu quelque chose ? -Un trèfle à quatre feuilles.

-Quoi ? -Le trèfle à 4 feuilles en argent.

-Ah !

Le voilà !

C'est joli, mais c'est dommage que ce soit en argent.

-Pourquoi ?

-Car on dit que l'argent fait pas le bonheur.

-L'épingle veut pas tenir.

C'est quoi le bonheur ?

-Alors là, je pourrais vous répondre.

Cymbales.

-Le gars Dupuy est en forme. -Oui, mais le Redeuil est méchant.

-Méchant ! Mais l'autre boxe.

Vous aimez ça la boxe, Mlle ? -Je ne sais pas encore.

-C'est la 1re fois que vous venez ? -Oui.

-Vous avez vu le jeu de jambes ?

-Allez vas-y ! -Vas-y Dupuy !

-Allez môme Dupuy !

T'as vu si c'est beau, ça ? Regarde ce qu'il prend ton Redeuil !

Allez !

Cris.

-T'as vu ton Redeuil ce qu'il prend comme correction ?

-C'est pas fini. -Oui.

Qu'en dites-vous ? -Je dis plus rien.

Cris.

-Allez Dupuy, t'attends quoi ?

Vas-y !

Cris. -Bravo. Allez ! Ah !

Cris.

-Debout ! -Debout !

Cris.

-Six, sept, huit...

Applaudissements.

Brouhaha.

-C'est écoeurant, c'est de la boucherie !

-De la boucherie ! Si vous aimez pas ça, allez aux enfants de Marie.

C'est vrai ! Il a jamais été à la boxe.

-Je peux reprendre ma place ? -Si tu veux.

-Je t'ai cherché partout. Où t'étais ? Je te vois plus.

Je t'ai fait quoi ? -Rien. Ça fait un mois..

..que je quitte pas le chantier. J'arrive.

-Il a quoi Martin ?

-Je sais pas. Tu me demandes ça, à moi. Je sais rien !

-Tiens ! Bonsoir Roumagnac.

-Bonsoir M. Ribot. -Je ne suis pas le seul en retard.

Il faut que je vous voie demain pour cette adjudication de travaux.

-Oui. -Rendez-vous au café, 11 h.

-D'accord. Bonsoir M. Ribot.

-Bonsoir M. Ladjouan.

-Alors, l'oiseau s'est envolé ? -Oui, elle a laissé une plume.

-Oh, un trèfle à 4 feuilles !

-Oh Paulot ! Oh !

T'as plus besoin de moi ? -Non.

-Je vais à Clairval pour voir Ribot pour l'hospice.

-D'accord.

-Dis donc, ça ronfle ! -Ça marche, je suis content.

Quand j'ai fait ma 1re maison, j'étais pas fier.

-Une cabane à lapin. -Oui.

-Ça te semblait la mairie. -Oh là !

-T'as progressé. -Oui, grâce à vous.

Sans vous, je serais encore compagnon. Je vous donne l'argent.

-Y'a rien qui presse. On réglera ça comme d'habitude.

Que mon argent soit chez toi ou à la banque, c'est pareil. Au revoir.

-Au revoir, à bientôt. -Au revoir mon vieux.

-Dis donc ! -Hein ?

-Je fais quelque chose que t'aimes bien.

-Oui ? -Des tripes.

-T'as rangé mes chaussures ? Je descends à Clairval.

J'ai rendez-vous avec l'adjoint au maire.

Je les ai mises à sécher hier soir, elles étaient boueuses.

Bah alors !

-A quelle heure tu rentres déjeuner ? C'est commode..

..de te faire la cuisine.

-T'en fais pas pour les tripes, c'est meilleur réchauffé.

Qu'est-ce que j'ai pu faire de mes godasses ?

-Regarde sous le buffet. -Ah !

Oh ! Bravo pour l'astiquage ! C'est pas une soeur que t'es pour moi,

..c'est une vraie bonne à curé. -En tout cas, t'es mon purgatoire..

..sur Terre. Tu vas à Clairval, prends de la moutarde.

-D'accord.

-En somme, l'enfant se présente bien. Les plans donnent..

..satisfaction. Bonnemain ! Remets-nous ça.

Vos devis sont raisonnables.

-Je peux le faire pour moins cher, mais y'a du travail et..

..des matériaux. Je ne suis pas d'accord avec votre architecte.

-Pour quoi ? -Pour vos fenêtres. Regardez.

Des vraies lucarnes ! C'est pas parce que les vieux voient rien,

..qu'il faut pas leur donner de lumière !

Tiens, le trèfle à 4 feuilles !

Je vous demande pardon.

Mademoiselle !

Vous allez à la salle des fêtes. -Oui, hier soir...

-J'ai pas mon pareil pour trouver les trèfles.

-Oh, merci. J'y tenais beaucoup. Quel plaisir, ça me fait !

-Faites-moi un plaisir, venez prendre l'apéritif avec nous.

-Volontiers. -Vous permettez ?

M. Ribot, Mlle...

-M. Ribot pourrait nous présenter.

-Vous vous connaissez ? -Vous ne vous connaissez pas ?

-Oui et non. -Martin Roumagnac,

..entrepreneur de construction, Mme Blanche Ferrand.

-Vous prenez quoi ? Il paraît qu'ils ont un bon porto,

..je préfère le Pernod. -Un Pernod.

-Pernod. Oh, Bonnemain ! Un autre Pernod, là !

-On s'est rencontrés hier à la boxe.

-Tiens, vous aimez la boxe ? -Non.

Les soirées sont si longues en province.

La solitude ! -Oui, je vous comprends.

Tiens, voilà ma femme.

-Un petit porto, Mme ? -Je ne bois jamais.

Nous allons être en retard chez le procureur.

-Le rendez-vous n'est qu'à midi. -Je sais ce que je dis. Dépêchons !

Au revoir M. Roumagnac. -Au revoir Mme.

-Excusez-nous. -Je vous en prie.

-Si tu te plais dans la compagnie des veuves joyeuses,

..aie au moins la pudeur de ne pas aller au café.

-L'adjoint n'a pas fini son verre. Il doit encore avoir..

..des ennuis du côté du foie.

Tu vas le construire cet hospice ? -Oui.

On te gardera un lit pour quand t'auras fait faillite,

..empoisonneur. -Farceur, va !

-Eh bah, je suis belle ! -Forcement en vélo.

Vous habitez loin ? -A l'autre bout de la ville.

Je tiens un magasin d'oiseaux avec mon oncle.

-Je vous voyais pas tenant un commerce. Vous êtes étrangère ?

-Non, je suis née en Australie. -C'est loin. Vous êtes ici depuis ?

-Trois ans. -Trois ans !

Il aura fallu 3 ans pour que je vous rencontre. 3 ans et..

..un trèfle à 4 feuilles. Quand je quitte le chantier,

..c'est pas pour aller dans des magasins d'oiseaux.

-Vous n'aimez pas les oiseaux ? -Ah si, mais...

Sur l'arbre comme les fruits. J'aime bien les choses naturelles.

-Ça, c'est vrai. -Je suis pas un compliqué.

Je pense que la vie est belle, pas vous ?

-Oui, mais... Je trouve les gens tristes.

-Oh, le fait est que des fois ! Souvent, ils ne savent pas quoi..

..faire de leurs 10 doigts. J'ai mes mains. Avec mes briques,

..je suis heureux comme un gosse. Vous savez, c'est beau une pierre,

..une belle pierre. -Oui, je vous comprends.

-On dit que c'est froid, dur, mais c'est doux, c'est chaud.

-Et ça embellit en vieillissant. -Pour dire ça,

..vous avez une maison à la campagne.

-Non. -Vous devriez.

-Je compte pas me fixer dans ce pays.

-Vous voulez partir ? Y'a pas plus beau que par ici.

Y'a des coins épatants par ici. -Oui, je sais.

Cloches.

-Je dois rentrer, on m'attend pour déjeuner.

-Déjà ? Je vous accompagne un peu ?

-Oui.

-Oh dis donc, je te laisse l'argent là.

Ça me ferait plaisir de vous bâtir une jolie villa avec une belle vue.

-De notre maison en Australie, on voyait les collines.

Y'avait un étang entouré d'arbres, c'était joli.

-En France aussi, on a des étangs. Je connais un coin magnifique.

Si vous le voyiez... -Vraiment ?

-Oui et c'est près d'ici. Un quart d'heure en auto.

On y va après le déjeuner ? -J'ai un magasin.

-C'est un paysage à se mettre à genoux devant. On y va ?

-Ça ne peut pas attendre un jour ? Il ne va pas s'envoler le paysage.

-Bon, voulez-vous que je vous prenne dimanche à 2 h chez vous ?

-On ne peut pas vous résister. Alors, à dimanche.

Rires d'enfants.

-Alors, au revoir et merci encore pour le trèfle.

-Faites-y attention. N'oubliez pas dimanche !

-Non.

-Vous cherchez quoi ?

-Un trèfle. Il n'a que 3 feuilles. -On fait ce qu'on peut.

Alors cette villa ? Laissez-vous tenter.

-Je n'ai pas le sens de la propriété.

-Ça vient en possédant, comme l'appétit en mangeant.

-Il fait une chaleur. -Terrible. J'enlève mon veston.

-Si on s'asseyait à l'ombre là ? -Oui.

-Vous qui n'aimez pas les oiseaux en cage, une maison, ce n'est pas..

..aussi une espèce de cage ?

-Non, une cage, c'est quand on n'a pas la clé, c'est comme une prison,

..une caserne, une école.

Le plus comique, c'est que je n'ai pas de maison. J'ai pas le temps..

..d'en bâtir pour moi. A force d'en bâtir pour les autres, j'imagine..

..qu'elles sont à moi. -Tiens.

On dirait un nid là-haut.

Oui, c'est bien un nid.

Là, regardez, sur la dernière branche.

-Ah oui. Oh, il y a longtemps qu'il n'y a plus de locataire.

C'est un nid de mésange, ça.

-On respire mal, même à l'ombre.

-C'est l'orage.

-Dites donc, il vient sur nous.

-Oui et ça monte vite.

-Il serait plus sage de partir.

-Vous avez raison, ce serait plus sage.

-Allons vite à la voiture.

-Il vaut mieux se mettre à l'abri dans la grange.

Dépêchons-nous.

-Vous m'avez fait courir. C'est que je n'ai pas l'habitude.

Vous êtes entraîné, vous.

Pourvu que cet orage ne dure pas trop longtemps.

A quelle heure ça va nous faire rentrer ?

Non, parce que... Là déjà, il doit être au moins...

-Il n'a pas plu.

-Non, ça s'éloigne.

Jean ! -Oui.

-Quand t'auras fini, t'iras là-bas. -Bon.

-Les gars, grouillez-vous un peu. Va falloir couler bientôt.

-Bonjour.

-Oh !

-Bonjour.

-Ça alors ! Comment t'es venue ? -Par le car. Je te dérange ?

-Ça alors ! Comment t'es venue ? -Par le car. Je te dérange ?

-Pas du tout, mais je suis pas présentable.

-C'est énorme ce travail. -Je fais pas tout.

Je suis sous-traitant. Puisque t'es là, on va voir les plans pour..

..ta villa ? -Tu veux vraiment m'en bâtir une ?

-Viens voir.

-C'est la marchande d'oiseaux. La cliente pour la villa.

-Ah oui ? Martin ne pense plus qu'à ça.

C'est pourtant pas la cathédrale de Chartres cette villa ! Merci.

-Je retourne au travail maintenant. -Pas encore, reste un peu.

Je te vois presque plus. Je vais finir par être jalouse de la villa.

-Pourquoi ?

-Je t'ai encore attendu hier soir. -Faut pas m'en vouloir.

Je travaille tard. Regarde, elle avance ta maison. Demain,

..je démolis le pigeonnier. -Pourquoi ?

-Il va pas avec la villa. -Oh ! C'est dommage !

-Il tient plus debout à l'intérieur.

-Laisse-moi voir.

Oh, il y a un lit. Quelqu'un couche là, sans doute un vagabond.

-Hé ! Soyez polie ma jolie ! Le vagabond, c'est moi.

-Toi ? -Oui, parce que...

Le soir, quand tous les gars sont partis, j'aime rester pour..

..travailler moi-même à la villa. Quand il est trop tard,

..je couche là. Alors ? Tu vas la voir ta maison ?

Après le casse-croûte, vous irez au port retrouver Paulot.

-Oui patron.

-Là, tu vois, salon avec les 2 baies de chaque côté.

Ici, le grand escalier qui mène aux 3 pièces. Tu sais, vue sur l'étang,

..soleil, bien. Là, la salle à manger, la cuisine, par derrière.

-C'est grand. C'est merveilleux.

-Hein ? Mes affaires, elles attendront. Je prends jamais..

..de vacances. Hein ?

Ça me fait plaisir de partir avec toi quelques jours.

Oui, entendu. Hein ? Oui, à ce soir comme d'habitude. Au revoir.

Jeanne !

-Quoi ? -J'ai besoin de ma valise.

Celle qui a l'air en crocodile.

-Pas besoin de crier comme ça. -Je sais pas où elle est.

-Sous le hangar.

-Tu peux pas le dire tout de suite, non ?

Où c'est qu'elle est ?

-Là, dessus. C'est pour quoi faire ?

-Je vais à Paris demain. -C'est quoi cette histoire ?

-Il faut que j'achète des fournitures pour la villa,

..des appliques, des bricoles. -Manquait plus que ça.

-Qu'est-ce tu veux dire ? -Je me comprends.

-J'aime pas beaucoup les allusions.

-Tu deviens complètement fou. -Quoi ?

-M. offre un terrain, M. offre une villa !

Et maintenant, M. va à Paris.

Tu te crois milliardaire ! -Ah, c'est ça !

-Tu le vois pas filer l'argent. Y'a rien de trop beau pour elle.

-Je sais ce que je fais. -Oui et le porte-monnaie sera vide.

-Tu le garnis ? C'est celui qui le remplit qui a le droit de dépenser.

-C'est ça, avec le torchon propre ! -L'argent, tu penses qu'à ça !

-Tout ça pour une... -Pour une quoi ?

-Imbécile ! -Toutes les mêmes quand il s'agit..

..d'une autre femme !

-Toutes les mêmes.

-Ton problème, il faudra le revoir.

-Oui, monsieur. -Au revoir.

-Vous avez du feu ?

-Attention. S'il vous plaît.

-Oh là là ! C'est plein comme un oeuf.

-Si nous partions ?

-Hé Martin ! -Tiens !

-Salut Martin. Ça va ?

-Ça va-ti ?

-Il faut que je te voie pour les radiateurs de l'hospice.

-Ça presse pas. Vois l'architecte.

-Alors, on s'en va ? -Tiens !

-Avec ses toilettes excentriques, elle est ridicule.

Ce n'est peut-être pas ton avis ?

-Complètement ridicule.

-Roumagnac se refuse rien.

-La veuve joyeuse donne dans la maçonnerie.

-Ça s'appelle acheter une villa à tempérament.

-C'est gai. Toute la ville va être au courant.

-Et après ? -Comment après ?

Eh bah, le consul ! Sa femme va bien se décider à mourir.

Espérons-le. Alors, à ce moment-là...

-Entrez jeune homme. Pardon.

Tiens ! -Alors, on ne te voit plus.

-Bah, le boulot. -Hé ! Hé ! Tu t'uses la santé.

-Con, va !

Je croyais que vous buviez jamais.

-Je ne bois pas. J'aime la grande musique.

-Et cet hospice ? Quand tape-t-on dans la butte ?

J'ai vu Lepreux au sujet du chauffage.

-Je suis désolé, mais l'adjudication a été donnée..

..aux chantiers réunis. -Je comptais dessus.

J'ai refusé un autre chantier. -Je vous ai appuyé.

Mais vous avez du travail, cette villa que vous bâtissez pour..

..Mme Ferrand. Très belle, dit-on. -Oui, je l'espère.

-Si tu le trouves décoratif ! Je le trouve voyant.

Quand le consul apprendra ça. Ou dis-moi qu'il t'intéresse plus,

..le consul ! -Ne dis pas ça, tu exagères.

Tu es là pour les convenances et Roumagnac me bâtit une villa.

C'est normal qu'on se voie.

-Les étrangers n'ont aucun goût !

-Ils ne sont pas bâtis comme nous.

-Vous êtes un homme populaire. -C'est les copains, je m'excuse.

Vous avez commandé ? -Non.

-Émile -Tout de suite M. Roumagnac.

-Bon, reviens.

-Ils font un curieux couple.

-Il sera pas long à porter les cornes.

-Comme tous les imbéciles qui se sont frottés à elle.

-Voilà le paquet que tu m'as demandé. J'espère que ça ira.

-Je te remercie. Bonnemain qui s'engraisse de la sueur du peuple.

-Vous allez faire un tour à Paris ?

-On part demain faire des achats pour la villa.

-Pour les magasins, il n'y a que Paris.

-Parlons-en des magasins de Paris. Ils vont chercher les nouveautés..

..en province !

Tu regardes quoi ?

-Rien. Paris.

-Ah ! Ça, y'a de la pierre, alors !

-Vois-tu là-bas ? C'est Montparnasse.

-Oui.

Tu connais bien ce coin-là ?

Il faudrait se presser..

..si tu veux qu'on aille au Casino de Paris.

Oh, 8 h déjà ! On n'aura même pas le temps de dîner.

A quoi penses-tu ?

-A rien. A tout ce qui peut passer comme gens dans un hôtel.

-Des gens pressés qui ont beaucoup de choses à faire.

-Ou plus rien à faire.

Rien à espérer.

Des pauvres types qui ne laissent rien d'eux, que des vieux journaux,

..et des mégots.

-Et après ? Ça ne veut rien dire.

-Tu ne sais pas ce que c'est Paris. -Non, Paris...

Et toi, tu connais pas la province. La province, c'est la patience.

La patience, tu comprends.

Parce que ici, on passe. Tous ces murs-là, ça n'a rien à raconter.

-Une empreinte, ce n'est pas une question de temps.

-En tout cas, on est d'accord : on n'a pas trouvé ce qu'on voulait..

..pour la villa. Regarde-moi ça.

-Tu dis quoi ?

-Rien, je voulais...

-Qu'est-ce que tu voulais ?

-C'est fini le Casino de Paris, c'est trop tard. On va souper..

..dans une petite boîte rigolote. Hein ? Si tu me regardes comme ça,

..on va aussi manquer le souper.

T'as l'air d'une princesse comme ça.

Tu trouves pas que je suis drôle. Bonnemain l'a emprunté à..

..un copain pour moi. -Non, t'es très bien.

-Moi, je me trouve pas... -T'es très bien.

Musique.

-C'est gai ici ?

-Ce que tu peux être belle.

-Pardon M. Excusez.

-On ne vous a pas vue depuis longtemps.

-Je ne vis plus à Paris.

-Tu t'ennuies. On n'aurait pas dû venir.

-Mais non ! Penses-tu !

Tous les gens qui sont ici, ils doivent s'embêter dans..

..la journée pour se donner tant de mal à essayer de s'amuser la nuit.

Il fait une chaleur !

-Madame, avez-vous un désir musical ?

-Jouez donc "J'ai 2 grands boeufs dans mon étable", ça rafraîchira.

-Vous tenez absolument à faire dégouliner votre musique dans..

..mon café ? Vous trouvez qu'il est pas assez sucré ?

-Ils font ça pour gagner leur vie. Ils sont pas ici pour s'amuser.

-Nous, on était venus pour ça, non ?

Je te demande pardon, je te gâche ta soirée.

Je suis une brute.

-Voyons.

-Tu me fais danser ?

-Tu sais bien que je ne sais pas danser. Danser à la mode..

..de Clairval. -Mon Dieu, tu t'en fais des idées.

-Monsieur, madame danse ?

-C'est bien moi. -Aussi, je me disais...

Ça s'est tassé l'affaire de l'arrivée ? Vous n'avez pas eu..

..trop d'ennuis ? -Pas du tout.

Je me suis mariée. -Non ! Avec ? Ce monsieur ?

-Oh non. Avec un autre qui est mort depuis.

-Ah oui. Et alors ? -Alors, je suis veuve.

-Mlle. Vous avez des gauloises bleues, s'il vous plaît ?

-Je n'en ai pas. Chesterfield, Players, le tabac de Rio...

-Je fume pas ces trucs-là. Vous avez pas chaud, ici ?

-Je suis habituée.

Rires.

-Préviens le chauffeur de la Delage que ses patrons l'appellent.

-Au moins ici, on respire, c'est pas comme dedans.

C'est toi qui as la meilleure place. Tu gagnes bien ta vie ?

-Oh oui ! Mais c'est pas un métier. Avant, j'étais dans l'horlogerie.

-Ah ! -J'ai dû arrêter : les yeux.

J'ai fabriqué un chronomètre qui tient dans un noyau de cerise.

-Sans blague ? Ce que je fabrique, ça tiendrait pas dedans.

Je suis maçon, je construis des maisons. Bâtir des maisons,

..ou faire des chronomètres, faut travailler avec ses mains.

Y'a que ça de vrai !

T'aurais pas une gauloise bleue ? Dedans, ils n'ont que..

..des étrangères. -Avec plaisir.

-Ah, merci.

-Mon rêve à moi, ce serait d'en avoir une de maison.

A la campagne, avec un jardin et un petit atelier pour bricoler.

-T'as bien raison, c'est toi qui es dans le vrai.

Je suis sorti pour respirer. Tu t'amuses ?

-Pas du tout. -On va ailleurs ?

-Non. Retournons à l'hôtel.

-Je vais payer la note. Oh, dis donc !

La voilà l'applique pour la villa. Je vais demander où..

..ils l'ont achetée. Elle est bien.

-Elles sont jolies.

-Elles font bien ?

-La maison, les meubles, la vue,

..tout est merveilleux !

-C'est grâce à toi. T'as été un peu mon architecte.

Maintenant, je vais te dire.

Ici, je te retrouve car à Paris je croyais t'avoir perdue.

T'étais une autre.

-Je te remercierai jamais assez. -Pourquoi ?

Faire quelque chose qu'on aime..

..pour quelqu'un qu'on aime. C'est moi qui voudrais te remercier.

-Tu y crois aux trèfles à 4 feuilles ?

-Non, mais celui-là, oui. -Moi aussi.

Il nous a vraiment porté bonheur. Tiens.

-Non, tu y tiens beaucoup. -C'est pour ça que je te le donne.

-Toi ou moi qui l'aie, c'est pareil.

-Justement ! Comme il travaille pour nous deux.

On frappe.

-Vous pourriez frapper. -J'ai frappé.

Mme, votre oncle a envoyé ça. Il a besoin de vous après déjeuner.

-Merci Annette.

Catalogue de graines, revue d'oiseaux.

Tiens, un décès.

-C'est pas de ta famille ?

-Non. La femme d'un diplomate, un consul.

Un vieil ami de mes parents.

Oh ! Il est touchant.

-Ah ça ! Je parie que c'est ton amoureux, le collégien.

-Ce n'est pas un collégien, il est surveillant.

-Il doit se ruiner en timbres. Quand il t'écrit pas,

..il rôde autour du magasin en rêvant. Il est drôle.

-Quel ennui !

-Pourquoi ? Tu dois aller à l'enterrement ?

-Non, mais le consul va venir voir mon oncle.

-Et alors ?

-On ne sera plus tranquilles nous deux.

-Il restera peut-être pas longtemps, hein ?

Horloge.

-Oh ! 11 h déjà ! Oh là là !

-Je te fais négliger tes affaires ? -Ne dis pas de bêtises.

Mais avant de partir, tu vas me mettre une petite signature..

..là-dessus. -C'est quoi ?

-C'est pour le notaire. Ce petit papier, chère madame,

..vous fait propriétaire.

-Mais je n'ai encore rien payé, ni le terrain, ni la villa. Je veux...

-Je veux ! Le roi dit : Nous voulons !

Signe.

-La chambre est prête pour M. de Laubrie ? Il arrive ce soir.

-Oui, Mme. -J'apporterai moi-même les fleurs.

-Bien madame.

Un chien aboie.

-Mme, je vous demande pardon.

Je sais... Je me rends compte de mon audace et de mon incorrection.

Mais il fallait que je vous parle. Depuis si longtemps...

Je voudrais vous dire... -Ne le dites pas.

D'abord, je le sais, vous m'avez écrit.

Il ne faut plus m'écrire.

-Depuis le 1er jour où je vous ai vue...

-Vous m'aimez.

Et moi, je ne vous aime pas.

Faut pas être triste.

Ce qui compte, ce n'est pas tant d'être aimé, c'est d'aimer.

Vous pensez à moi.

Quand vous êtes seul, vous me parlez.

Vous rêvez d'être capable pour moi de faire des choses merveilleuses,

..des choses extraordinaires. Alors ?

Pourquoi être triste ?

Vous avez beaucoup de chance.

Y'a si peu de gens qui aiment.

-Je vous trouve si belle.

-Maintenant, il faut partir. Non, non, ne dites plus rien.

Allez.

-Bonnemain, t'as pas vu Gargame ?

-Si, il est au billard. -Je l'avais pas vu.

C'est un coup de champion, ça ! Bonjour M. Gargame.

-Bonjour. Ça, c'est pas du billard. Il faudrait pouvoir s'entraîner..

..tous les jours, mais j'ai autre chose à faire.

-Ah oui. Je suis passé chez vous, on m'a dit que vous étiez ici.

-Ça y est, encore trop fort.

Tu voulais me parler ?

-C'est au sujet de notre échéance de fin de mois. Vous pouvez pas..

..reculer d'un mois ?

-Cette question ! Deux mois si tu veux.

T'as fini là-bas au pont ?

-J'ai bientôt terminé et je suis même embêté car j'ai rien de..

..bien intéressant derrière.

-Ça, c'est un joli coup, oui !

-On me propose le chantier des magasins réunis.

-Quoi ? Tu vas pas faire ça ? -Pourquoi ?

-Le chantier que tout le monde a refusé : Richard et Patterson...

Ils ont les reins plus solides que toi.

-C'est des gars qui ont peur de tout.

-Allons donc ! Ils sont pas fous. C'est pas un chantier,

..c'est une catastrophe.

Tu sais ce que ça a donné les sondages qu'on y a fait ?

Des infiltrations partout.

-Si je le reprends pas, je vais devoir débaucher mes ouvriers.

-J'ai pas l'habitude de me mêler de ce qui me regarde pas.

C'est pas mon genre de faire la morale, mais tu fais des bêtises.

-Qui risque rien n'a rien.

-Ah bon ! Je veux bien, si ça t'amuse de faire le Jacques.

Voilà, tu m'as fait louper ma série. T'es content ?

-Allô Blanche ?

Oui, oui.

Comment qu'est-ce qu'il y a ? Bah !

Depuis 8 jours que ton consul est arrivé, y'a pas moyen de te voir.

Y'en a que pour lui. Hein ?

Chérie, évidemment, je peux comprendre, je suis pas fou.

Mais y'a des limites.

Hein ?

A 8 h ce soir à la villa ?

Bon d'accord.

-Alors, à ce soir.

-Tu l'as invité à dîner ?

Dis-moi carrément que tu es folle.

-Je fais ça pour le calmer sinon Dieu sait quelle bêtise il ferait.

Et après tout, si j'ai envie de le voir, moi !

-A propos, il s'est décidé à te parler..

..de mariage ? -Roumagnac ?

-Non, le consul ! -Non, pas encore.

-Pour l'instant, il me parle politique.

-Le même soir, le ministère a été renversé et je n'ai pas réussi..

..à être ambassadeur. Rires.

-Mais... Je bavarde et il est tard.

-Oui. Vous avez fait une promenade cet après-midi.

Vous devez être fatigué. -J'avoue que...

Heureux de vous connaître.

-Moi de même. Excusez-moi, je ne vous ai pas présenté..

..mes condoléances. -Oui. La mort de ma femme..

..a été un grand malheur pour moi. Cela a créé un vide immense.

Elle était condamnée depuis longtemps par les médecins.

Certaines morts sont une délivrance.

-Hélas !

Au revoir. -Bonsoir.

-Bonsoir. -Je vous accompagne.

-Oui.

C'est quelqu'un, votre consul. J'aime pas trop sa mentalité,

..mais il a de l'éducation et il n'en abuse pas.

-La discrétion est ce qui caractérise les gens bien élevés.

-Ah ! Allez bonsoir tonton. -Tonton ?

-Tonton gâteau.

-Intéressant ce Roumagnac, c'est un tempérament.

Bonsoir chère amie. Comme dit Shakespeare :

.."Que d'heureux songes bercent votre sommeil".

-Merci. -Blanche.

-Excusez-moi, je ne vous ai pas dit bonsoir.

-Bonsoir M. le consul.

-Bonsoir.

-Le choc n'a pas été trop rude, mais faudrait pas recommencer.

Tonton gâteau, tonton gâteau !

-Te voilà !

J'étais inquiet, je croyais que tu viendrais pas.

Viens.

Tu peux pas savoir ce que tu me manques !

Quand je te vois plus, je suis perdu.

-J'ai froid.

-Serre-toi, je vais te réchauffer.

-La prochaine fois, fais un feu.

-Vivement qu'il retourne à son consulat, ton consul.

-Tu es tellement mieux que tous les autres.

-Non, mais... Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Ça y est !

Voilà. -Merci M. Roumagnac.

-C'est rien, juste une bougie.

-Vous allez à la villa ? -Oui.

-Mme Ferrand est partie. -Oui ?

-Oui, avec un M. en voiture. Ils m'ont demandé la direction..

..du moulin des Charmettes. -Ah bon, je vous remercie.

Au revoir Mme Percheron.

-Ces gâteaux sont exquis, votre oncle les aimerait.

Ravissant ce bouquet.

Dans le langage des fleurs, la marguerite dit : M'aimez-vous ?

Le bouton d'or : Ne vous moquez pas de moi, la pâquerette : Profitons..

..de la jeunesse. -Ce langage fait aussi partie..

..de vos études ? -Le devoir d'un diplomate est de..

..parler un langage fleuri.

Que diriez-vous d'unir nos deux veuvages ?

Vous plairait-il d'être Mme de Laubrie ?

-Mais vous ne m'avez jamais dit que vous m'aimiez.

C'est un peu brusque.

-Depuis 2 ans, je vous attends, vous le savez.

Malheureusement depuis 2 ans il y avait un obstacle, ma pauvre femme.

On a tout fait pour la sauver. Les médecins ne font pas de miracle.

A présent, me voilà libre.

Et riche. -Oui, je comprends.

-Songez à la partie que nous jouerions en réunissant nos atouts.

L'ambition vaut à elle seule les 7 péchés capitaux.

-Quel plaisir y a-t-il à dominer ce qu'on méprise ?

-C'est la maxime :

..diviser pour régner. On gouverne avec des rapports policiers,

..en s'appuyant sur ce qui sépare les êtres, les dresse les uns..

..contre les autres, les haines.

Le vice. -Mais vous êtes terrible.

-Ne plaisantez pas. Je ne parle pas à la marchande d'oiseaux.

Je n'y ai jamais cru. -Vous auriez pu le dire plus tôt.

Car les oiseaux, c'est bien joli, mais les graines...

-Je parle à une femme qui a vu et connu beaucoup de choses.

Aussi intelligente que belle.

Vous pourriez m'aider en apportant la grâce,

..la chaleur de votre séduction. Porte.

-Je vous offre mieux que l'amour. Il nous suit partout, décidément.

-Mais il ne savait pas que nous étions ici.

-Bonjour. Je passais par hasard et j'ai vu votre voiture.

-Le hasard fait bien les choses.

-J'ai des ennuis de moteur. Je vous dérange ?

-Aucunement. -Vous permettez ?

-Pardon.

Mademoiselle.

Du thé ? -Hein ?

-Du thé ?

-Non, le tilleul... Tu connais mes goûts, donne-moi un Pernod.

Ça va ?

-Oui, merci.

-Oh Lucette !

Tu perds ton instrument de travail.

-Merci M. Roumagnac.

-Il fait beau aujourd'hui. -Très belle journée.

-Ici, c'est agréable. -Très agréable.

-J'ai refait tous les communs ici.

-Ah oui ? -Oui.

Ah ! De l'eau bien fraîche.

Je ne sais pas si les buveurs d'eau sont méchants, mais moi...

-Oh ! Moi, je ne bois que de l'eau, alors jugez...

-Elle est bien bonne.

Vous avez l'air fâchée, qu'y a-t-il ?

-Moi ? Quelle idée !

-Tu fais quoi ici, toi ? Paulot, mon chef de chantier.

-Bonjour. La bonne de Mme a dit que tu serais là.

-Et alors ? -Y'a eu un accident au chantier.

-Quoi ? -La passerelle est tombée.

-Comment ça a pu se faire ? -Je sais pas. La fatalité.

-La fatalité, ça existe pas. Des blessés ?

-Un. -Qui ?

-Perrin. -C'est grave ?

-Le pauvre a l'air assez amoché.

-Bon Dieu ! Je vous demande pardon.

-J'espère que ce n'est pas grave. -Vous m'excusez.

-Il savait parfaitement nous trouver ici.

Il serait amoureux de vous que... -Roumagnac ? Oh ! Vous plaisantez.

-Oh ! Un chien a bien le droit de regarder un évêque.

Au fait, à cause de lui, vous n'avez pas répondu..

..à ma proposition. -Quand on parle au coeur,

..il répond tout de suite. Vous vous êtes adressé à l'intelligence.

Cela demande de la réflexion. -Exact.

-Puisqu'il s'agit d'une association.

A première vue, l'affaire paraît faisable.

-Tu vas voir, tu seras vite sur pied.

-Allez, écartez-vous.

-Je te l'avais bien dit que ça finirait comme ça.

-Vous irez doucement.

-On le sauvera ?

-Vous savez, la colonne vertébrale...

-T'en fais pas François, on va te tirer de là.

Je me demande comment ça a pu arriver.

-Oui. -Y'a quoi encore ?

-Rien, y'aurait trop à dire.

-On va voir ça. -Martin.

-Quoi ? -Viens un peu une minute.

-Y'a quoi ? -Une traverse a cédé.

Je la trouvais faible, je te l'ai dit.

-Arrête ! -J'appelle l'assurance.

-Merde ! -Quoi ?

-J'ai pas payé la prime. -T'as pas payé ?

S'il y reste ?

Avec ses 3 gosses. -Je le sais qu'il a 3 gosses !

On frappe.

-Oh, c'est toi ! Je dormais.

-Excuse-moi, mais j'ai passé toute la nuit à t'attendre.

Pourquoi t'es pas venue ?

-Parle pas si fort.

-Ah ! C'est vrai ! J'oubliais : le consul !

Sa majesté le consul, il dort, lui !

J'espère que le vent ne l'a pas dérangé. Y'a eu un drôle de vent..

..cette nuit.

Il était pas chaud. -Ne sois pas ridicule.

-Ridicule. Cette nuit,

..je l'étais en t'attendant. Pourquoi t'es pas venue ?

-Tu veux le réveiller ? -Eh alors ! C'est un monde, ça !

Depuis qu'il est là, je peux plus te voir. Pourquoi t'es pas venue ?

-Je n'ai pas pu. -Il aurait passé la nuit avec toi ?

-Tu es trop bête ! -J'ai pas l'éducation.

-Pars. Si tu as des ennuis dans ton travail, je n'y suis pour rien.

Je t'assure, il vaut mieux que tu partes.

-Vous faisiez ça à l'écurie. T'as raison, il vaut mieux que je parte.

-M. de Laubrie descend. -Merci Annette.

Bonjour.

-J'espère qu'il n'a rien entendu. -Entendu quoi ?

-Comment entendu quoi ? Moi, j'ai tout entendu, hélas.

-Et après ? -Je voudrais t'empêcher de faire..

..des bêtises. Ça me connaît, je n'ai fait que ça toute ma vie.

Y'a des bêtises qui sont ce qu'on peut faire de mieux,

..mais faut pas les faire bêtement. -Je sais.

-Ton maçon nous mène à la catastrophe.

-Tais-toi.

-Bonjour belle amie. -Bonjour.

-Bien dormi ? -Admirablement.

Pourtant, j'ai été réveillé très tôt par un bruit ressemblant à..

..un claquement de porte.

-C'est la bonne. Cette vieille folle ne se plaît que dans..

..les courants d'air. Rires.

-Il n'y a pas de servante sans défaut. J'ai même cru entendre..

..des éclats de voix. -C'était moi.

J'étais descendu lui faire des observations.

-C'est curieux.

J'aurais parié que c'était la voix de notre ami.

Roumagnac.

-Eh bien oui, c'était Roumagnac.

-Vous avez eu une discussion d'affaires.

-Laisse-nous.

-Tout ça est absurde, un absurde malentendu.

-Je t'ai demandé de nous laisser.

-Roumagnac vous tutoie ?

-Je croyais que vous m'aviez offert une association, il n'était pas..

..question de sentiment. -Exact.

-Alors ? D'autant que je ne suis pas encore Mme de Laubrie.

-Mais... Même si vous l'étiez, vous seriez libre.

Encore faut-il choisir vos partenaires.

Je vous accorde que Roumagnac est le meilleur des hommes,

..mais ce qui me gêne en lui, pardonnez-moi, c'est le maçon.

-Évidemment, ça déclasse.

-Il n'a que de bons sentiments, mais des bons sentiments,

..avec des fautes de syntaxe.

-Tous ne peuvent pas jongler avec le vocabulaire.

-Bien sûr.

Il a le coeur sur la main, mais les mains d'une propreté douteuse.

-C'est moins grave qu'une âme malpropre.

-Dans un salon, une âme noire est moins voyante que des ongles..

..en deuil. Parlons sérieusement. Cet ouvrier qui sent le vin rouge,

..et le mortier. L'odeur du mortier ne vous incommode pas ?

-Moins que celle d'un cadavre.

-Sérieusement, je ne comprends pas.

-Votre femme dont vous guettiez impatiemment les millions.

Cette mourante, que chaque jour durant 2 ans, vous avez enterrée..

..en pensées. Joli cadeau de fiançailles..

..que vous m'avez apporté là. Un cadavre !

-Voilà un entretien instructif ! Je vois le genre de partenaire..

..qui vous convient. Aujourd'hui, le bâtisseur de maison, demain,

..les gens de maison.

Le maître d'hôtel, le chauffeur.

-Goujat !

Roumagnac vaut 100 fois mieux que vous.

-C'est malheureux de passer avec un jeu pareil.

-A toi Bonnemain.

-Tu disais quoi de Roumagnac ?

-L'ouvrier accidenté sur son chantier est mort à l'hôpital.

-Quand on parle du loup...

-Bonjour Martin.

-Salut Roumagnac.

-Ça va ? -Ça va.

-Bonjour. -Je peux te dire un mot ?

-Oui. -Vous permettez ?

-Sers-nous 2 blancs.

-Je viens d'avoir un gros coup dur. Tu pourrais pas m'avancer..

..50 billets ? Pour un mois, le temps de me retourner.

Comme t'es un copain... -T'as bien fait.

Seulement, j'ai eu de grosses sorties cette semaine.

-Ah oui ? -Le commerce, y'a des traites...

L'argent n'est pas sitôt rentré. -Je comprends.

-On n'a jamais de liquide. -J'ai compris.

J'avais oublié que dans le commerce, on n'a pas d'argent.

Je te remercie quand même. Combien je dois là ?

-Tu veux rire. -Ah non.

-C'est pour moi. -Ce vin est bon.

Merci.

-Ah enfin !

-Le commerce ! La Ferrand aussi est dans le commerce.

Il n'a qu'à lui demander de l'argent. Je lui ai pas fait..

..bâtir une villa à l'oeil. -T'as pas de poitrine.

-Elle est avec lui par intérêt. Elle vend des oiseaux.

Les pigeons, elle les plume. Rires.

-Il paraît que le soir au-dessus du magasin, il y a de drôles..

..de réunions. Rires.

-On doit pas s'embêter ! Rires.

-Alors, t'y vas. -Oui.

-T'as dit quoi, toi ?

-Quoi ? -T'as dit quoi ?

-J'ai dit la vérité.

-Fumier, va ! Vous êtes tous des fumiers. Vous bavez sur ce que..

..vous pouvez pas avoir. Vous gueulez contre le bourgeois,

..mais quand c'est un comme vous qui touche à une fille comme ça,

..ça vous emmerde encore plus. Pourris !

-Qu'est-ce qui lui prend ?

On frappe.

-Qui est là ?

-Un revenant.

-Je ne crois pas aux revenants.

-Tiens ! Tu as changé la coiffeuse de place.

Blanche. Depuis que Roumagnac est dans ta vie, tu ne veux plus..

..me recevoir.

-Ce qui est fini, est fini.

-Mais je peux pas me passer de toi. Je suis marié, j'ai pas le droit..

..de demander plus que je ne peux donner. Tu ne m'écoutes même pas.

Je suis là, j'existe !

-Si peu.

-Au moins, suis-je dans le jeu ? Le valet de carreau,

..c'est moi peut-être ?

-Vous n'avez jamais été dans..

..le jeu, mon pauvre ami.

-Je sais que tu es très attachée à Roumagnac.

-Attachée ? Vous avez de ces mots.

-Il a des ennuis d'argent en ce moment.

C'est un homme que j'estime. J'ai du poids au conseil municipal.

Si je parlais pour lui... -Vous feriez ça ?

-Pour toi, oui.

S'il le faut, je suis prêt... A admettre...

-Le partage ?

-Tout, plutôt que de te perdre. Blanche !

-Rentrez chez vous. Vous n'êtes qu'un petit monsieur.

Un lamentable petit monsieur.

-Après tout, je suis bien bon !

Ma patience a des limites, en voilà assez !

Je vous promets que vous aurez de mes nouvelles.

-Oh voyons ! Cher ami !

-Allons bon, voilà le maçon, maintenant !

-Blanche est là-haut ? -Attendez, non.

Je crois que... -Je suis sûr qu'elle y est.

-Je descends.

-Avec qui étais-tu ? -Comment avec qui j'étais ?

-Oui.

T'étais peut-être seule là-haut. Ose donc le dire !

-Ça signifie quoi ? -Comment ?

L'oncle m'empêche de monter,

..tu descends vite. Me regarde pas comme ça, fais pas l'innocente !

Je sais ce qui se passe là-haut.

-Tu es fou. -Non. J'ai compris maintenant.

-Compris quoi ? Imbécile !

-Oui, ça commence ici et ça se termine là-haut dans la chambre !

-Tu es ignoble ! -C'est pas vrai peut-être ?

-Tu es ignoble.

Va-t'en.

Va-t'en et ne reviens plus.

Jamais !

-Garce, va !

-Qu'est-ce qui te prend ?

-J'en ai assez ! Je n'en peux plus ! J'ai assez de ces gens !

J'ai assez de cette vie stupide ! Je n'en peux plus !

C'est fini, on part ! -Et le magasin ?

-Fini le magasin. Je n'en peux plus ! On va tout vendre.

-Plus de magasin, plus de consul.

On recommence comme avant : les chambres d'hôtel qu'on ne sait..

..comment payer. -Ça m'est égal.

N'importe quoi mais partir.

-Que fais-tu ? Voyons, arrête ! C'est idiot, c'est de la folie !

-Partir ! Tu comprends ce que ça veut dire partir ?

-C'est de la folie. Ils vont mourir !

-Mourir peut-être, mais en liberté.

-Il faut être courageuse. -Oui, mais tout de même.

Trois enfants. C'est pas juste.

-Vous pouvez compter sur mon frère, il vous laissera pas.

-C'est gentil d'être venu. C'était un bon gars.

-Oui. Je veux te parler.

C'est vrai ce qu'on m'a raconté : t'as emprunté à Bonnemain ?

T'aurais pu penser à moi. -J'y ai bien pensé,

..mais je vous dois déjà pas mal, plus les coups de main...

Vous savez l'autre jour... -Je t'ai fait la morale, et après ?

Depuis 20 ans que je te suis, si j'ai pas le droit de te parler !

-Si, bien sûr, mais j'ai pas... -Quoi ?

Viens me voir pour l'argent. -Je vous remercie.

-Je ne me fais pas d'illusions, je te le prête à fonds perdu.

-Pourquoi vous dites ça ? -J'ai plus confiance en toi.

-Mais... -Laisse-moi parler.

Tu feras ce que tu voudras après. Tu es un imbécile.

-Quoi ? -Un couillon.

Elle te fait marcher. -Quoi ?

-Oui, B. Ferrand se fout de toi. C'est une grue. Tout le monde..

..le sait et tu veux pas le voir. On en rigole et on a raison.

Lamentable. -Les gens font des histoires.

-Des histoires ? Elle t'a dit qu'elle avait vendu son magasin ?

-Comment vendu ? -Tu vois, tu le savais même pas.

-C'est pas vrai. -Elle a signé hier.

-C'est pas vrai !

-Ça ne m'amuse pas de te raconter ça.

Je voudrais te voir réagir, être un homme !

-C'est impossible ! Funérailles.

-L'office est commencé, viens.

-Je reviens, j'ai oublié... -T'as oublié quoi ?

-Des papiers dans ma voiture. Je suis là dans 2 min.

-Vous demandez M. ?

-Rien monsieur.

Je passais... -Je suis le nouveau propriétaire.

J'ai racheté le magasin. Vous êtes sans doute un ami des Ferrand ?

-Oui, ce sont des amis.

-L'oncle de Mme Ferrand remonte tout de suite.

Nous faisons une estimation car je rachète aussi le mobilier.

Ils quittent la région, alors ça les intéresse pas d'emporter..

..tout ça.

-Ils quittent la région ? -Oui. Je ne compte pas faire..

..les oiseaux, c'est trop de soins.

Bruits.

-Ah !

Voilà.

Merci. C'est juste le compte. Jolie journée ?

-Oui, magnifique.

Un petit coup de main ?

Si je te dérange, t'as qu'à me le dire.

J'ai l'habitude.

J'espère que tu l'as vendu à un bon prix, ton magasin.

Pour la villa, te laisse pas empiler. Elle vaut de l'argent !

J'en sais quelque chose, moi.

Comme ça, tu te lances dans la politique. Tu vas le retrouver,

..ton consul ! -Tu es vraiment trop bête.

Non, je ne vais pas le retrouver. Je pars seule.

-Je te crois pas.

T'es bonne qu'à mentir. Tu fais que ça depuis le début !

Tu t'es bien foutu de moi. T'iras pas le retrouver ton consul !

-Pauvre idiot !

Ne me touche pas ! -Comment ça ?

-Ne me touche plus avec tes mains sales.

-T'as pas toujours dit ça. -Tu me fais mal !

-Je suis pas éduqué. -T'es qu'un pauvre type, ridicule !

-Tu vas te taire ? -Non ! Avec tes mots au Pernod !

-Tu vas te taire ? Elle crie.

-Tu vas te taire ! -T'es qu'un pauvre type !

-Fini le consul ! -Laisse-moi ! Tu me fais mal !

-Ni un autre ! C'est fini ! C'est fini !

C'est fini ! C'est fini !

Menteuse ! Saleté !

-D'où viens-tu ?

Ça fait presque 1 h que je suis rentrée par l'autocar.

C'est indigne ce que tu as fait là.

Tu quittes l'enterrement sans explication.

Ça fait une bonne impression.

Ce que j'ai pu avoir honte. -Fous-moi la paix.

-As-tu déjeuné seulement ? -Non, j'ai pas faim.

-Tu t'es fait quoi à la main ?

Tu es tombé ?

Tu t'es battu ? Enfin y'a quelque chose.

-Fous-moi la paix.

-Encore des ennuis à cause d'elle ? Sûrement.

Je comprends où t'as été.

Et t'as cogné.

-Ne me parle plus jamais d'elle. C'est fini maintenant.

-C'est pas possible ! Ce serait trop beau !

-Je l'ai tuée.

-Tu l'as tuée ?

Martin, c'est pas vrai, t'as pas fait ça ?

-Si, je l'ai tuée.

-Alors on va venir. On va t'emmener !

-Ne m'énerve pas ! C'est pas le moment !

-Martin. Raconte-moi comment c'est arrivé. Dis.

Vous étiez au magasin ? -Non.

-Alors à la villa ?

-Quelqu'un t'a vu ? -Non, on était que nous deux.

-Quand t'es parti ? -Non, personne. Et puis...

Ça commençait à brûler.

-Ah...

Mais alors, si personne t'a vu...

Reste pas comme ça. Faut te secouer !

-Je m'en fous ! -Y'en avait des tas autour d'elle.

Pourquoi te soupçonner plutôt qu'un autre ?

Les Roumagnac ne sont pas des assassins. Pense à ton père.

Sonnette.

-C'est rien, c'est le facteur qui fait sa tournée.

-Tiens, il descend de la passerelle, il vient par ici.

Mets-toi à ta place. Vas-y !

-Il est 1 h, tu comprends ?

T'es arrivé il y a longtemps et t'as mangé avec moi. Bois.

-Bonjour. -Bonjour.

Bonjour. Bon appétit.

-On a fini. Je te sers ton café tout de suite.

Un verre de vin ?

-Bah, ça n'a jamais tué personne !

Oh ! Oh mon Dieu qu'il fait chaud.

-C'est que vous avez fait vite.

-Comment, il n'est qu'1 h ?

-T'as jeté ton courrier dans la rivière ?

-A la vôtre !

-A la vôtre !

-On trinque pas avec du café.

-Je tiens pas à rentrer sur la tête.

Encore un que les Prussiens n'auront pas !

Au revoir. -Au revoir.

-Allez.

-Au revoir. -A demain.

-As-tu compris ? En cas de besoin, ça nous fera un témoignage.

C'est terrible ce qui est arrivé. Si tu m'avais écoutée...

C'était pas une femme pour toi.

-Ah toi aussi !

C'est pour ça que c'est arrivé. Tout le monde disait :

.."C'est pas une femme pour toi".

-C'est pas vrai ? -De son côté aussi, son oncle,

..le consul qui devait dire : "C'est pas un homme pour vous !"

-Si quelqu'un t'entendait. -C'est la faute à tous :

..Gargame, Paulot et toi ! -Moi ?

-Oui. Quand les gens sont heureux, faut que les autres gâchent tout.

-Elle a pas attendu..

..le consul pour se ficher de toi. Elle te disait que c'était un ami.

Elle se fichait pas de toi ?

Et le jour du faire-part, elle venait de te donner le trèfle.

J'invente pas, tu me l'as raconté.

Un fameux porte-bonheur ce trèfle !

En même temps, elle se disait : elle a quand même claqué,

..la femme du consul.

C'est pas vrai ça ?

-Bah oui, elle jouait la comédie ! Je l'aimais, moi !

-Elle devait bien rire. -Je le sais, elle m'a fait marcher.

Mes mains sales qu'elle disait ! -Si c'est pas ça..

..une garce ! Si on t'accuse, te laisse pas faire.

Tu vas te défendre. -Oui, je vais me défendre.

Ils m'auront pas. Je te le dis : ils m'auront pas.

-Eh bien Roumagnac, avez-vous changé d'avis ?

-Vous êtes un drôle d'avocat. Vous voulez que je sois coupable.

-Mais non, je voudrais agir au mieux.

Si nous pouvions plaider coupable, je suis sûr d'obtenir le minimum.

-Je peux pas vous dire que c'est moi puisque c'est pas moi !

-Vous pouvez dire que vous ne m'aurez pas facilité la tâche.

-Demandez La Dépêche ! Oui, madame. Merci madame.

La Dépêche ! Voilà monsieur.

-Merci. -Demandez La Dépêche !

Demandez La Dépêche !

Voilà monsieur.

Demandez La Dépêche ! Demandez La Dépêche !

-Vous croyez qu'il s'en tirera ? -Il est très fort.

-Une seconde M., je ne peux pas servir tout le monde à la fois.

Voilà, merci.

-"M. Roumagnac s'obstine à nier contre l'évidence."

-L'évidence ? Elle reste à prouver l'évidence.

-Pour moi, c'est prouvé.

*-Hier, victoire du belge Vonherbek dans le critérium de la route.

*Aujourd'hui à Clairval, 3e audience du procès Roumagnac.

*Le président a lu une lettre d'un des principaux témoins,

*..M. de Laubrie, consul à..

*..Rotterdam, qui retenu s'est excusé de ne pouvoir répondre à..

*..la convocation de la justice. La déposition du médecin légiste..

*..a été accablante pour l'accusé. Fin de nos informations.

-Le médecin ! Sans compter toutes leurs erreurs.

-Elle a bien été étranglée. Et les empreintes ?

-Y'en n'a pas puisque tout a brûlé et elle avec.

-Il fallait regarder les mains de Roumagnac !

-Ça fait 10 ans que je travaille avec lui, il n'a jamais eu 2 sous..

..de méchanceté.

-Mme Percheron, veuillez préciser pour les jurés, l'emplacement..

..de votre poste distributeur d'essence.

-C'est simple. Mon poste est juste à l'angle de la grande route,

..et du chemin qui mène à la villa.

-Vous certifiez avoir vu le jour du crime la voiture de Roumagnac..

..quitter la route..

..et aller dans le chemin ? -Oui, c'est la vérité.

-C'est pas vrai.

J'ai pas été à la villa ce jour-là.

-J'ai rien contre vous, je dis ce qui est.

-Il est en mauvaise posture.

-Le témoin a affirmé avoir vu la voiture de Roumagnac s'engager..

..dans le chemin de la villa, mais a-t-il vu repasser cette voiture ?

-Oh non. Je n'avais pas de raison de le guetter.

Je déjeune moi aussi !

-Excusez-moi madame,

..ce jour-là, j'ai pas été à la villa. Je dis pas que vous mentez,

..mais vous vous trompez. Combien de fois je suis passé là ?

-Ça, c'est vrai aussi. -Alors !

-Réfléchissez bien madame.

De votre réponse dépend le verdict. Pouvez-vous jurer que c'était..

..ce jour-là et pas la veille ?

-Oui.

C'était sûrement..

..ce jour-là.

-Il ne s'agit pas de savoir si c'était sûrement ce jour-là, mais..

..de le jurer sous la foi du serment.

-Du serment ? Tout le monde peut se tromper.

-Messieurs les jurés apprécieront.

-Vous pouvez vous retirer madame. L'audience est levée.

-Quelle tête de mule ! Il ne dit que non.

-Si c'est pas lui qui l'a tuée.

Chants d'oiseaux.

-Alors Roumagnac ? -Il nie bien sûr.

-Devant l'oncle, il ne pourra pas nier.

-On sait pas où il est. -La déposition de Mme Percheron..

..est claire, elle a vu Roumagnac. -Moi aussi, je l'ai vu.

Pas au même endroit. Je parlerai.

Je peux vous dire que le jour du crime à 1 h de l'après-midi,

..j'ai vu Roumagnac chez lui.

Il finissait de déjeuner avec sa soeur, j'ai même trinqué avec eux.

-M. Gardin, je ne veux pas vous désobliger, mais vous avez..

..la réputation d'un homme qui refuse rarement de trinquer.

-Je proteste contre ces insinuations..

..qui veulent affaiblir le témoin. -Je bois depuis 40 ans.

-C'est de l'alcoolisme.

-Non, c'est pas de l'alcoolisme, c'est de l'entraînement.

Rires.

-J'ai jamais été en retard d'une minute à cause de ça.

Le jour où vous mourrez,

..je boirai aussi. Ça ne m'empêchera pas..

..de distribuer vos faire-part à l'heure, si ça vous inquiète.

Rires.

-Bravo ! Bravo Gardin !

-Après l'enterrement comment êtes-vous rentrée chez vous ?

-Par l'autocar. -Que faisait votre frère ?

-Ce qu'il faisait ?

-Il n'avait pas suivi l'enterrement et il prétend être rentré chez lui,

..en auto. Donc il est arrivé avant vous ?

Forcément. Que faisait-il ?

-Oui, il est rentré avant moi.

-Pourtant vous ne pouvez pas dire ce qu'il faisait.

Votre hésitation le condamne.

-J'hésite pas, mais c'est une drôle de question.

Il était sur son chantier, bien sûr.

-Tous les ouvriers étaient à l'enterrement. Le chantier..

..était hors activité.

-C'était pas une raison pour qu'il y aille pas ! C'est toute sa vie.

Je vous le répète, y'a jamais eu d'assassin chez nous.

-Vous pouvez vous retirer.

-Je tiens à vous dire messieurs les jurés et même à vous crier,

..que j'ai la conviction totale que M. Roumagnac est coupable..

..du crime qui lui est reproché !

-Pourquoi, au lieu de chercher le criminel parmi tant de personnes..

..équivoques qui étaient attirées par elle, pourquoi voulez-vous..

..rejeter la responsabilité du crime sur Roumagnac ?

A l'heure du crime,

..Roumagnac déjeunait tranquillement chez lui.

J'irai plus loin : le jour du crime, Roumagnac a pris..

..de l'essence au poste distributeur.

Je veux vous montrer là, la meilleure preuve de son innocence.

Voilà un homme, dont le coeur est plein de sinistres desseins,

..dit-on. Un homme,

..frémissant d'une rage de meurtre. Sans se soucier..

..d'attirer l'attention..

..sur lui, il s'arrête pour faire de l'essence comme un touriste !

Est-ce vraisemblable ? Concevable ? Allons donc !

Mais il eût roulé jusqu'à sa dernière goutte d'essence et..

..il eût fini le chemin à pied, emporté par la haine,

..il l'eût fait en courant. Pensez aux Roumagnac que vous connaissez..

..depuis des générations ! MM. les jurés, fort de l'assentiment..

..de ma conscience, fort de la force de la vérité,

..je ne puis mieux terminer qu'en citant les mots de la soeur..

..de l'accusé : "Il n'y a jamais eu d'assassins chez les Roumagnac !"

Vous acquitterez M. Roumagnac ! Cris et applaudissements.

-Allons, voyons, silence !

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Roumagnac.

Désirez-vous ajouter quelque chose ?

-J'ai rien à dire, je suis innocent.

Brouhaha.

-Ah bon !

L'oncle de la victime,

..cité comme principal témoin à charge et qui n'avait pas répondu..

..à nos citations, se présente.

-Je proteste ! La dernière voix qui doit s'élever ici, est celle de..

..la défense. Or, j'ai prononcé ma plaidoirie.

-Oui, mais l'audition de ce témoin est d'un intérêt capital.

J'ordonne qu'il y soit procédé.

-Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité,

..rien que la vérité, levez la main droite,

..dites : Je le jure. -Je le jure.

-Pourquoi ne pas avoir répondu aux convocations envoyées ?

-Durant 5 mois, j'ai été entre la vie et la mort.

On ne me l'a remise qu'avant-hier,

..à ma sortie d'hôpital. -Apportez une chaise au témoin.

Environ 2 h avant le crime, Roumagnac s'est présenté..

..à l'appartement que vous occupiez avec votre nièce.

Il venait de quitter l'enterrement d'un de ces ouvriers.

-Et puis ?

C'était pas un crime ! Ma soeur vous l'a dit, j'étais au chantier.

-C'est une attitude suspecte.

Roumagnac vous a-t-il paru être dans..

..un état d'excitation particulière ?

-Non.

Je dois dire que Roumagnac..

..ne m'a pas donné l'impression qu'il méditait un crime.

-L'enquête faite à Paris sur votre nièce a établi que son passé..

..était assez trouble.

-C'est la triste vérité, M. le président.

-Vous dites ça maintenant,

..elle vous faisait bouffer !

-Je me laissais nourrir mais je l'aimais bien.

-Drôle de façon d'aimer ! -De la modération Roumagnac.

Voyons. Entraîneuse dans des boîtes de nuit, elle tirait..

..sa subsistance de compagnons..

..d'orgies ou de rencontres. -Il fallait bien vivre !

-Comment en arriver là ?

Elle était d'excellente famille. -Eh oui ! Malheureusement,

..parce que les excellentes familles ont une manie.

Elles aiment que les jeunes filles étudient les arts d'agrément,

..la peinture par exemple. Et à Paris, la peinture passe par..

..Montmartre ou Montparnasse. Elle y passe et la jeune fille reste..

..à une terrasse de café.

C'est là que nous nous sommes retrouvés Blanche et moi.

J'ai été un fameux bohème ! C'est même drôle comme on peut changer.

J'ai couru le monde durant 40 ans et à présent, je peux plus dormir..

..si on change seulement mon lit de place.

-Passons, continuez.

-Un soir, au quartier latin, elle a fait la connaissance de Ferrand,

..le grainetier de Clairval.

A un moment, je dois avouer...

Y'a des moments comme ça.

-En langage populaire, Ferrand lui a sauvé la mise et l'a épousée.

Pauvre naïf ! -Vous, je vous en prie !

Vous êtes pas là pour la salir, mais pour me défendre.

C'est déjà pénible... -Pour la 2e fois,

..modérez-vous !

-Qu'est-ce que j'ai à faire du passé ! Ma vie a commencé..

..le jour où je l'ai rencontrée ! Alors, le passé !

-Un homme qui parle comme ça, jamais je n'admettrai qu'il a pu...

-Allons, en voilà assez !

Donnez-nous des précisions sur les rapports de votre nièce avec..

..M. de Laubrie. -Le consul ?

Il voulait l'épouser, il lui offrait sa fortune.

-Voilà..

..la preuve du crime ! Vous avez assassiné votre maîtresse pour..

..l'empêcher de rejoindre le consul.

Brouhaha.

-Pas du tout. Elle n'allait pas le rejoindre,

..M. le procureur.

Au contraire, elle avait rompu..

..avec lui car il s'était livré à des attaques contre Roumagnac.

Elle lui a même jeté une insulte d'une violence !

Une insulte qui nous a coûté des millions.

De son vivant, on a dit assez de mal d'elle.

C'était la vérité, hélas.

Ce n'est pas parce qu'elle est morte qu'il ne faut pas continuer..

..à dire la vérité.

Surtout que pour une fois, elle est propre.

Ne serait-ce que pour le souvenir.

-Après une telle déposition, si je n'avais pas prononcé ma plaidoirie,

..je renoncerais à la prononcer. Quand a-t-on vu un amant tuer..

..sa maîtresse au moment où celle-ci vient de lui donner..

..une aussi belle preuve d'amour ? -Vive Roumagnac !

-Roumagnac est innocent ! Applaudissements.

-A l'unanimité, le jury a répondu "Non" à la 1re question qui lui..

..était posée.

Cris et applaudissements.

-M. Roumagnac, vous êtes libre.

-Bravo maître, c'est formidable.

Brouhaha.

-Vous venez ? On va au greffe. -Oui.

-Eh ! Voilà le pinard !

-Bravo ! -Quand y'en a plus, y'en a encore.

-Martin doit être relâché. -Y'a quand même une justice.

-Ma pauvre Jeanne, vous en avez vu de dures depuis quelque temps.

-Oui, faut plus y penser. Il va se régaler, je lui fais des truffes.

Y'a longtemps qu'il n'en a pas mangé.

-Heureusement y'a ton témoignage. -J'ai dit la vérité.

J'ai dit au procureur : "Quand je suis arrivé ici,

"..il était 1 h tapante."

-Bravo, bravo ! -J'ai les dépêches !

Qui veut les dépêches ? Édition spéciale !

Brouhaha.

-Qui veut des nouvelles fraîches ? Demandez La Dépêche !

-Moi ! -J'en ai plus.

-On dit quoi ? Lis tout haut.

-"Martin Roumagnac libéré." Voiture.

-Les voilà !

Brouhaha.

-Voilà Martin !

Brouhaha.

-Bravo Martin. Je suis content.

Ça fait plaisir de te revoir.

-Je peux même pas l'embrasser.

C'est fini, t'es chez nous. Faut oublier maintenant.

-On va arroser ça. -Il a raison.

Ça fait plaisir de retrouver la maison.

-Il a quoi ? Il a pas dit un mot.

-Que veux-tu qu'il ait ? C'est l'émotion.

-Allez, à la tienne ! -A la vôtre !

-Vous leur avez montré ce que c'est le Roumagnac.

-Secoue-toi ! -Lisez ça : "Roumagnac, libéré."

-Trinquons à la santé du procureur. -Il l'aurait bien fait condamner..

..pour cette poule-là. -Taisez-vous tous !

Foutez-moi la paix !

-Mais qu'a-t-il ?

-Parler ! -Calme-toi.

-Les gens qui parlent autour de moi, ça n'arrête pas.

Faut que tout le monde parle et personne connaît rien !

Tous parlent de ce qu'ils connaissent pas !

-C'est les nerfs. Faut pas lui en vouloir.

-Le mieux, c'est de le laisser.

Quand il aura dormi, ça ira mieux.

-Je t'amène sur ma moto ? -Oui, mais attention aux virages.

Rires.

-On trinque ? -A la santé de Roumagnac !

-A bientôt. -Au revoir.

Bonsoir.

Rires.

-Te gêne plus !

-Elle part pas à tous les coups.

Caquètements de poules.

Voiture.

Coups de feu.

On frappe. -Oh, Martin !

-Bonsoir Jeanne. -Faut le laisser se reposer.

La vie est belle maintenant, vous en faites pas.

-Martin, tes amis te disent au revoir.

Sous-titrage : MFP.

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