All language subtitles for The.Death.and.Life.of.John.F.Donovan.2019.24.fps.Fr

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Original subtitles

Plut�t que l'amour, que l'argent, que la gloire, donnez-moi la v�rit�.

Henry David Thoreau

John, c'est moi !

John, allez ! Ouvre la porte ! J'ai ta bo�te.

Oh, mon Dieu !

�a sent bon ici !

Quand as-tu ouvert une fen�tre pour la derni�re fois ?

John, o� es-tu ? Je n'ai pas beaucoup de temps.

Il fait sombre ici.

As-tu demand� pour l'endroit o� Sid Vicious est d�c�d� ?

John ?

John, es-tu l� ?

- Que disait la lettre ? - Ch�ri, je ne sais pas.

Comment �a ?

Tu as dit l'avoir rapport�e � la r�ception.

Je n'ai pas dit ne pas savoir.

Tu viens de le faire. Tu as dit : "Je ne sais pas."

Rupert, la lettre n'�tait pas pour toi.

La r�ception a fait une erreur.

Et la retourner sans me la montrer �tait juste irr�pressible ?

Rupert, �a suffit !

C'est ma premi�re occasion

de le rencontrer apr�s toutes ces ann�es.

Ch�ri, je sais, mais tu as une grosse journ�e.

- Tu as ouvert la lettre ? - Oui.

Tu as vu que c'�tait pas pour moi...

Oui, je me suis d�j� excus�e.

... et tu l'as juste rapport�e � la r�ception ?

- Oui. - Eh bien...

La r�ception n'aurait pas pu m'envoyer la mauvaise lettre

si elle n'en avait pas une pour moi.

Ils ont envoy� ma lettre � la mauvaise personne.

Alors, une lettre m'attend � l'h�tel.

Oui.

Oui, s�rement.

Prends-toi quelque chose � manger...

ce que tu veux,

et je les appelle tout de suite.

�coute, nous irons � l'h�tel,

et je suis certaine qu'une lettre t'y attendra,

et que vous vous rencontrerez cet apr�s-midi.

C'�tait �crit � l'encre verte ?

Quoi ?

C'�tait �crit � l'encre verte ?

Je ne me souviens pas.

Ch�ri, tout ira bien, d'accord ?

On nous a inform�s que l'acteur John Francis Donovan est d�c�d�

� l'�ge de 29 ans.

Il a gagn� en importance dans l'industrie t�l�visuelle am�ricaine,

d'abord en tant qu'Adam White dans Hellsome High...

J'ai oubli� de travailler sur moi.

C'est n'importe quoi.

Pas de r�seau. On est en quelle ann�e, putain ?

Fait chier.

Hal, c'est moi.

Ne me fais pas �a. J'ai un vol pour Londres � 14 h 30.

Mon rendez-vous � Paris a �t� d�cal�, non ?

J'ai eu ton mail ce matin.

J'ai pas pu r�pondre, mon routeur d�connait.

�coute-moi.

Je suis venue le saluer parce que je suis une femme civilis�e.

Mais tu peux pas m'obliger � �crire un article.

Je m'en fous, envoie un autre journaliste,

reporte l'interview.

Robert Turner de mes deux ne va pas s'envoler !

Je m'en tape d'�corcher son nom, je le ferai pas.

J'ai m�me pas lu son bouquin d�bile.

Comment je peux interviewer quelqu'un si je n'ai pas lu...

Tu me vois �crire sur un acteur tendance

qui exhume son pass� seulement pour booster sa carri�re ?

Je vaux mieux que �a.

D'accord.

Oui, je n'ai plus rien � te dire.

Je vais le faire.

Une heure.

Si ce petit morveux se permet la moindre arrogance,

je ne r�ponds de rien.

Ouais. Salut, Hal.

C'est dingue qu'ils aient encore des t�l�phones publics en 2017.

C'est assez coh�rent avec le reste de l'Europe de l'Est.

La production nous donne des portables pourris

qui d�connent tout le temps.

Je t�l�phone et je vous rejoins pour l'interview.

J'ai vraiment h�te.

Je vais m'installer...

pendant que vous t�l�phonez.

Un auteur et acteur anglo-am�ricain

Sa m�re s'est install�e en Angleterre en 2006

"En septembre 2017, Turner publie un m�moire

"contenant toute sa correspondance avec Donovan.

"Donovan est mort d'une overdose."

Donovan et Turner ne se sont jamais rencontr�s.

DE SON TEMPS AUJOURD'HUI, INTEMPOREL DEMAIN

LETTRES � UN JEUNE ACTEUR

S�lection de textes de Jonathan Francis Donovan

� LA M�MOIRE DE MA M�RE

Je vous en prie, prenez votre temps.

On ne vous nourrit pas, au Times ?

Simple curiosit�, bien s�r. N'y voyez aucune arrogance.

L'acteur arrogant s'engouffre dans le caf� Art Nouveau,

�chevel�, arborant une vieille veste de l'arm�e.

Je le sens bien.

J'avais oubli� qu'on pouvait fumer ici.

Ce sera interdit dans quelques mois, h�las.

Le livre vous a plu ?

Comme vous le savez, je ne l'ai pas lu.

Je n'�tais pas cens�e faire cette interview.

Mais puisque nous sommes l�,

commen�ons, j'ai un avion � prendre.

Hier apr�s-midi, quand on m'a dit que ce serait vous,

j'ai lu certains de vos articles.

Hier apr�s-midi ?

Vous �tes polyvalente pour une journaliste politique.

Vous avez co-�crit un article sur l'apocalypse �cologique.

Sur quoi, d�j� ? La c�te Ouest...

- La faille de Juan de Fuca. - C'est �a.

Un s�isme de 9,2 va d�vaster la c�te Ouest.

Et c'est pr�vu pour quand, d�j� ?

On a 50 ans de retard.

�a pourrait �tre dans 20 ans,

et on n'aura pas commenc� l'interview.

Vous n'enregistrez pas ?

S'il vous pla�t ?

Je voudrais un tr�s grand am�ricano.

Vous prenez quelque chose ?

Un double expresso, s'il vous pla�t.

Un double expresso d�ca pour ce triple idiot.

Merci.

Elle parla en langues �trang�res et il fut en son pouvoir.

J'ai eu peur que vous ne parliez pas de vous � la troisi�me personne.

Maintenant, j'aimerais qu'on commence,

et j'aurai peut-�tre mon avion.

Si vous le ratez, cet appareil vous emm�nera � Londres.

Vous voulez que j'�crive cet article ?

Oui ? Bien.

On se rappelle tous le scandale,

comment les lettres ont �t� rendues publiques, etc.

Pouvez-vous revenir au d�but,

quand tout a commenc� avec John F. Donovan ?

En fait, on le sait.

Il a r�pondu � une de vos lettres.

Et une correspondance improbable a suivi.

C'est la version conte de f�es.

On pourrait revenir...

� la fin du conte de f�es ?

Si vous voulez.

C'�tait en 2006.

L'�t� de mes 11 ans.

Je sens encore l'odeur du crayon-feutre qu'il utilisait.

J'entends encore le stylo gratter le papier.

Nos lettres �taient manuscrites, pas d'ordi, pas de mails.

Pour John, tout s'est �croul� quand il a commenc� � d�coller.

Tout le monde remarquait le petit nouveau

et disait qu'il allait cartonner.

Mais pour nous,

qui l'avions suivi depuis le d�but,

c'�tait �vident qu'il cartonnait d�j�.

Vraiment.

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

Non, envoie-moi un r�cap de notre discussion.

T'as �t� super.

On choisira les photos ?

Tu crois vraiment au P�re No�l.

Comment �a ?

T'es � Vanity Fair.

Tu dis que t'adores et t'arr�tes de faire chier.

- Rhonda ! - Oui, ma ch�rie.

Super, les bottes de foin. Merci, beaut�.

- J'ai de l'huile partout. - Crois-moi, c'est vendeur.

Le look mineur de fond un peu salope, �a marche dans le Midwest.

Prada a livr� le costume, et Mel l'a port� chez toi.

Miuccia te dit "merde",

et elle a baragouin� en italien, j'ai rien compris.

John ! La fin de saison �tait trop styl�e.

Les cam�ras cach�es, et tout. Trop bien.

C'est sympa.

Tu vas jouer Jack Harvest ?

C'est mon superh�ros pr�f�r� !

Je croise les doigts, c'est pas s�r.

Je t'adore !

C'est tout pour aujourd'hui.

Je t'aime !

Je vois Chris la semaine prochaine.

Il sait que George te veut pour jouer Jack Harvest.

�a se pr�sente bien, mon chou.

C'est pas seulement pour moi.

Larry aurait ador� que tu viennes.

- Tu lui dois bien �a. - J'�tais pas l�.

J'adore Larry, mais je peux pas me cloner.

Tant mieux, sinon t'aurais toujours ta bite dans la bouche.

Merci pour cette image.

Comme si tu n'y avais jamais pens�.

C'est la premi�re de la saison de Hellsome High.

J'ai vraiment une chance �norme.

Rupert !

Rupert ?

- Rupert ! - Pardon.

J'ai h�te de lire ce que tu as not�.

Je suis s�re que ce sera tr�s complet.

Il �tait sur la plan�te gay !

Cedric, cette obsession pour la sexualit�

de ton camarade m'inqui�te vraiment.

Ris pas.

Vous citerez trois �num�rations et quatre figures de style

dans la liste que je vous ai remise mardi.

S'il vous pla�t, j'aimerais vous rappeler

que vous devez pr�parer vos expos�s pour lundi.

N'oubliez pas de choisir un objet qui a une valeur �motionnelle

dans la vraie vie.

Ne me racontez pas votre week-end � Poudlard.

L'�cole a toujours �t� un refuge pour moi.

Au coll�ge, j'ai d�couvert la m�chancet� ordinaire des mecs.

Enfin, des gar�ons.

Pour survivre dans la jungle, il fallait devenir un animal.

Mais je pr�f�rais vivre dans ma t�te et devant la t�l�.

Encore un petit Blanc qui survit au harc�lement.

�videmment !

Non, pendant des ann�es, je ne m'int�ressais qu'� John

et � la s�rie dans laquelle il jouait,

mon univers tournait autour de �a, � l'�poque.

Avez-vous d�j� confi� cette obsession � quelqu'un ?

De quel genre d'interlocuteur vous parlez ?

Je ne sais pas, un professionnel.

Je n'ai pas vu... Comment s'appelle la s�rie ?

Bref... continuez.

Vous vous appelez comment, d�j� ?

- Pardon ? - J'ai oubli� votre nom.

Audrey Newhouse.

Oui, d�sol�.

C'est pas un nom courant, Audrey.

Vous semblez penser que je viens parler d'une ic�ne

ou d'une �uvre tr�s respectable,

ou pour promouvoir un �v�nement culturel.

Mais je pensais qu'on allait parler d'influence,

d'identit� et de t�l�.

Si vous cherchez des id�es artificielles

et des citations d�biles pour vous moquer de moi,

vous allez �tre d��ue.

�a ne parle pas du m�tier, �a ne parle pas d'art.

�a parle d'un homme qui a sauv� la vie d'un enfant.

�a m'est �gal que John n'ait pas eu de talent.

�a m'est �gal qu'il ait fait de la merde.

�a m'est �gal que son histoire,

aujourd'hui, vous paraisse consternante.

Je sais que je ne reconstruis pas Alep.

On est dans le m�me camp.

Et ce caf� est un d�ca, Audrey.

Bon, on avance.

Mon tr�sor,

je ne pouvais plus te voir souffrir.

Je devais comprendre.

Maman, j'ai 17 ans.

Plut�t 30.

J'ai rat� quoi ? Je veux rien rater d'autre.

Tes chaussures. La m�re est au courant.

Elle l'a vu utiliser ses pouvoirs secrets, elle l'a film�.

Tu pourrais dire bonjour.

Quoi ? Bonjour.

Mme White est au courant ?

Bien s�r, les cam�ras cach�es � la fin de la saison !

J'y crois pas ! T'as vu ce qu'il a fait ?

Il montre ses pouvoirs !

Regarde ! Regarde les cl�s ! Les effets sp�ciaux sont trop bien.

Tu as re�u un paquet.

�a doit �tre une affiche, elle est sur ton lit.

D'accord.

Tr�sor,

qu'est-ce que tu es ?

Tu avais raison, maman.

Je suis diff�rent.

Le g�n�rique de d�but arrive.

�a y est.

J'y crois pas !

C'est un nouveau pouvoir !

C'est carr�ment d�ment !

Rupert, pas si fort. On a des voisins.

J'y crois pas, j'y crois pas. La vache !

Je suis trop content.

Maman, tu regardes ? Attends, c'est Hellsome High !

Je suis n� pour voir �a.

Je suis sorti de toi pour �a !

Moins fort.

Mon p�re �tait parti quand j'avais 2 ans

et depuis, je vivais seul avec ma m�re.

Notre d�part des �tats-Unis avait pr�cipit�

une maturit� imp�tueuse.

Ma m�re et moi nous parlions � peine.

Mais depuis notre arriv�e ici, je ne sortais plus de ma chambre.

Au coll�ge, on se moquait de moi

parce que j'�tais le nouveau, et en plus, j'�tais acteur.

Mais de mon point de vue, tous mes r�ves s'�taient �vanouis.

Le seul qui avait surv�cu, c'�tait...

John.

C'est dur, bien s�r,

il a pas l'accent ou le caract�re d'un Anglais.

Donc, on cherche des r�les d'Am�ricain qui vit ici,

ou des personnages un peu � part.

Je te dirais pas que �a l'aide � dig�rer son arriv�e ici.

Mais il va s'adapter.

J'ai abandonn� beaucoup de choses en quittant pour l'Angleterre,

mais les lettres ont suivi.

Le soir o� j'ai vu le pilote de la s�rie dans laquelle il jouait,

j'ai �crit une lettre � John.

Et � ma grande surprise, il...

- Il a r�pondu. - Oui.

Et ce qui n'�tait au d�part qu'un �change unique

se poursuivit pendant des ann�es.

Jusqu'� sa mort, en fait.

"Le style, c'est de savoir qui on est."

Attendez une minute.

Et votre m�re n'en savait rien ?

Comment cela a-t-il pu passer inaper�u ?

Elle n'a jamais vu aucune de ces lettres dans le courrier ?

Beaucoup de choses ont �chapp� � l'attention de ma m�re � l'�poque.

Elle �tait d�pass�e, elle n'�tait jamais � la maison.

Je m'occupais du courrier, de toute fa�on.

Vous les interceptiez.

Oui.

Pourquoi ? Vous n'�tiez pas fier ?

Je l'�tais, mais plus encore, j'avais peur.

Peur que cette chose si sp�ciale me soit enlev�e.

C'�tait mon seul lien avec la vie dont je r�vais.

Alors, je l'ai prot�g�.

Jusqu'au jour o� je quitterais cet endroit pour devenir un acteur.

Travailler avec John.

Je savais qu'il existait quelque part un monde

dans lequel John vivait sa vie.

Tr�s, tr�s loin de la mienne.

Amy et John avaient grandi ensemble.

Ils avaient toujours �t� amis.

Amy partait � New York pour r�aliser son r�ve d'�tre actrice,

et il l'a suivie.

�a les �tonnait qu'on les croie ensemble depuis toujours,

mais ils jouaient le jeu.

Et les choses se sont encha�n�es.

Pour John, surtout.

Il �voquait souvent la solitude.

Je savais qu'il y avait des relations qu'il ne pouvait pas se permettre.

Comment �a, des relations qu'il ne pouvait pas

se permettre ?

Quand on a une vie comme la sienne,

toute chose et toute personne est un risque.

L'attention qu'on a tant d�sir�e devient omnipr�sente

et on voudrait fuir.

John dormait souvent � l'h�tel.

Dans une des premi�res lettres, je lui ai demand� pourquoi.

Il a dit qu'il se sentait moins seul.

Ce qui est bizarre, l'h�tel �tant synonyme de solitude.

Il a dit que le sentiment de solitude �tait relativis� par le fait

que les gens des chambres voisines �taient souvent seuls aussi.

C'est plut�t grand pour New York.

Tu sais, c'est modeste, c'est assez merdique,

mais c'est chez moi depuis un certain temps.

Ce n'est pas trop cher non plus.

Quand Amy et moi avons emm�nag� en ville,

nous vivions dans le Queens, pr�s de Flushing.

Un vrai trou � rat.

On ne pouvait pas se payer l'�lectricit� les premiers mois,

alors on devait �clairer le logement avec des chandelles.

- Merde ! - Oui.

Un des voisins se plaignait qu'il sentait de la fum�e.

Quand les pompiers sont arriv�s,

ils devaient penser qu'on sacrifiait des vierges.

Les vierges ne nous ont jamais int�ress�s.

Travailles-tu demain ? Es-tu en tournage ?

Je ne travaille pas en ce moment.

Je dois �tre sur le plateau de Hellsome � 7 h 00.

Une folle journ�e pleine de cascades.

Oui, oui.

Je prends une autre bi�re et je m'en vais.

Je dois commencer � �tudier, de toute fa�on...

J'ai auditionn� pour Hellsome...

Je ne peux pas.

Tu ne peux pas ?

Je dois me lever t�t demain.

Oui, tu devrais te reposer, de toute fa�on.

7 h 00 du matin, c'est t�t.

Oui, d�sol�.

C'est bon, je m'en vais.

Merci pour la bi�re.

Vous savez tout �a gr�ce aux lettres ?

Pas tout.

John n'�crivait jamais rien que je ne puisse pas comprendre.

Il parlait peu de sa vie priv�e.

Ni � moi, ni � d'autres.

Si certaines r�gles �taient viol�es, il disait que �a le d�truirait.

Maman, tu te l�ves ou tu te couches ?

Faith vient vendredi, si tu peux te lib�rer,

et je fais mon b�uf bourguignon que tu adores.

J'adore pas.

La 2.

Je d�teste pas...

Depuis quand tu n'adores pas le b�uf bourguignon, Jonathan ?

Depuis que tu n'�coutes plus les gens.

Et s'il te pla�t, m'appelle pas Jonathan.

Je ferai autre chose pour toi.

- Le b�uf, �a ira. - T'aimes pas "Jonathan" ?

C'est pas grave, je peux faire autre chose.

Je mangerai du b�uf.

Allez, raconte. Arr�te tes conneries.

T'as pas fait 140 km en pleine nuit pour passer un moment avec moi.

Il s'appelle Will.

- Ah, je vois. - Will Jefford Jr.

Je l'ai connu cet �t�. On s'est vus deux ou trois fois.

D'accord.

Je sais pas... Je l'aime bien.

Il est mignon.

Quoi ?

J'aurais d� dire bandant ?

Il est bandant. Un mec aussi bandant, c'est rare.

Ferme ta gueule.

C'est quoi, le plan ?

Il y a pas de plan.

Combien de fois tu vas me montrer des photos avec ton sourire r�veur ?

- J'ai pas un sourire r�veur. - Si, tu fais �a...

Et Amy ?

Elle a l'habitude.

Et elle continue � jouer le jeu ?

Oui, moi aussi.

On a l'habitude, James.

- �a va. - D'accord.

Vous avez toujours pas compris.

- Non ! - D�gage.

Jimmy ! Esp�ce de petite ordure.

D�gage. Tu sais comment �a finit.

T'es con, ou quoi ?

Will Jefford Jr.

Ce mec mourra au moins 4 minutes apr�s moi.

Ta gueule.

T'as vu les secondes qu'il gagne en contractant les mots ?

C'est bluffant. �a t'impressionne ?

- Il est intelligent. - C'est vrai ?

Je te le rends, mon prince.

Ou plut�t... "J'te l'rends", puisqu'on contracte.

John allait voir Jimmy � son garage pour leur rituel depuis des ann�es.

C'est Jimmy qui me l'a dit.

Je crois c'�tait un des seuls trucs qui rendaient John heureux.

Salut ! �a va ?

M�me si on se l'est jamais �crit,

John et moi avions atteint un point de non-retour dans nos vies.

Inviter Will dans son monde �tait une fa�on inconsciente

de saboter presque tout ce qu'il avait construit.

Bien s�r, il ne le savait pas encore.

Et vous ?

- Comment ? - Et vous ?

Vous dites que John et vous aviez chacun

atteint un point de non-retour.

J'aimerais savoir ce que c'est quand on a 10 ans.

�a peut �tre plein de choses. Mais c'est pas l'important.

Alors, c'est quoi, l'important, je vous prie, M. Turner ?

L'important, c'est qu'on dit

aux enfants qu'eux et leurs r�ves

n'existent pas ou ne comptent pas, parce qu'ils sont jeunes.

Et la plupart des enfants croiront celui qui leur dit �a.

Moi, on me le r�p�tait sans arr�t.

Mais j'ai d�cid� de ne pas le croire.

Bonjour, petite fille.

Rupert ! Que fais-tu l� ?

Maman est en retard.

Tu t'es fait mal ?

Je suis tomb�.

Je vois.

"Vous ne pouvez embarquer sans vos parents, jeune homme !

"Un autre navire part en Am�rique dans trois jours."

Quelle cruaut� !

Mais j'adore !

Tiens.

Vous jouez bien.

Arr�te, je suis nulle.

Continue.

"Je sais que vous ne laissez personne embarquer sans billet."

"En effet, personne !"

Pardon, c'est tomb�.

C'est pas grave.

C'est un collier de l'amiti� ?

J'en ai eu un.

Non, s�rement pas. Ma m�re a le m�me.

J'ai l'initiale de son pr�nom, et elle a la mienne.

Comme c'est beau !

Oui.

La f�te est finie.

Tu �tais o� ? J'�tais morte d'angoisse.

Tu �tais en retard, Mme Kureishi m'a ramen�.

Aucun probl�me, j'�tais rest�e pour corriger des copies.

Merci, Mme Kureishi.

- Tu t'es fait mal ? - Je suis tomb�.

Entre. J'arrive tout de suite.

� mon tour de me faire gronder, Rupert !

Non, pas du tout.

�a ne m'a pas d�rang�e, j'habite tout pr�s.

J'ai Rupert en cours d'anglais, l'apr�s-midi...

Je sais qui vous �tes, Mme Kureishi.

Merci beaucoup de vous �tre occup�e de Rupert.

Je veux savoir, Rupert. Qui t'a fait �a ?

Et arr�te de lever les yeux au ciel.

- Tu sais pas ce qui s'est pass�. - Je ne suis pas aveugle.

�a changera quoi ?

Eh bien, c'est simple,

si tu me dis les noms des gamins, j'appelle leurs parents.

Maman, c'est path�tique ! Tu d�barques.

Je suis petit, je suis nouveau, je suis acteur.

Un grand, qui a trois copines

et qui joue dans l'�quipe de foot, s'acharne sur moi.

J'admire l'originalit�.

Et Mme Kureishi dit que le m�pris est l'arme supr�me.

Elle devrait �crire un livre.

Elle aime ce qu'elle fait et c'est une adulte tr�s fiable.

Si je suis pas assez cool pour t'aider,

d�brouille-toi, d'accord ?

Quand on a des peurs, il faut les affronter.

Le p�re d'Alan Parrish a dit �a

et Alan a �t� aspir� par le jeu Jumanji.

Ce sera bient�t ton tour.

C'est toi qui dis qu'il faut affronter ses peurs ?

Tu es la premi�re � t'enfuir.

Tu as fui papa et ton m�tier de com�dienne.

Et le truc que tu m'as mis sur les l�vres go�te la pisse !

Sale gosse !

�a alors ! T'es devenu repr�sentant ?

- Je rigole. - On est en retard.

Quelle bonne surprise ! Je m'y attendais pas.

Faith, viens !

On avait un truc pr�vu, mais �a a �t� annul�.

Maman, pas dans le cou.

Je peux pas me retenir, tu sens si bon.

J'adore Swiss Army !

Amy, �a fait une �ternit� !

J'ai chang� de parfum.

Non ! Depuis quand ?

Depuis la pubert�.

Arr�te et embrasse-moi.

Je t'ai d�j� embrass�e.

Je sais, mais j'en veux encore.

Viens l�, toi.

Tu sens bon aussi.

Vous sentez bon.

C'est quoi, ton parfum, ce soir ?

L'Air du Temps.

Tu m'en as achet�, sur Canal Street ?

Ils vendent des parfums tourn�s.

On s'en fout, personne ne le sent.

Ma tante pr�f�r�e.

- Merde ! - Tiens, des fant�mes !

Adam White ?

Ne me jetez pas un sort !

Fais gaffe, il aime pas trop qu'on l'embrasse,

ou qu'on le touche.

Ravi de te voir, Anne.

Moi aussi, ch�ri.

- Tu sens bon ! - Merci.

Amy, quel beau manteau !

En route vers la r�ussite !

T'avais dit qu'ils venaient pas.

Je parie qu'il l'a fait expr�s, pour se faire remarquer.

Qui l'a d�j� vu arriver � l'heure ?

C'est l'histoire de sa vie, et celle de son p�re.

Je vais ouvrir le vin.

C'est parti.

Fee, fi, fo, fum,

je flaire le sang d'un b�uf bourguignon !

� la demande g�n�rale,

la recette d'Ina Garten du b�uf bourguignon

revisit�e par Grace.

John n'en mange pas, ce n'est plus assez chic pour lui.

Mais les autres, servez-vous,

j'apporte le gratin de pommes de terre.

Et je te r�chauffe un petit truc.

Je t'ai dit de rien faire de sp�cial.

T'en fais pas, c'est rien du tout.

Juste des spaghettis bolognaise, avec des brocolis

et des lardons.

Je t'en faisais quand tu jouais au hockey.

Faith ? Tu peux me dire s'il faut rajouter du sel ?

Je ne sale jamais assez.

Je suis pass� devant le stade de ta fac, l'autre jour.

Et je me demandais...

Tu penses encore au hockey, tu as des regrets ?

Excellente question. Examinons-la.

Tu regrettes d'�tre devenu riche et c�l�bre ?

J'imagine que oui.

Oui, alors que tu pourrais avoir un traumatisme cr�nien.

Pat, on te l'a dit cent fois, il s'est bless�.

T'�tais un grand joueur. Tu as une nature de sportif.

J'ai rien dit, maman.

Faith ?

Il faut du sel.

- Juste un peu. - J'en �tais s�re.

Il faut encore un peu de vin ?

�a va ? Non, je vais en chercher.

Alors, la grande nouvelle ?

Tu vas me faire rater ma sauce.

C'est pas officiel...

Il va jouer Jack Harvest.

Jimmy, merde.

�a int�resse qui ?

La terre enti�re.

�a porte malheur de le dire.

Non, putain, t'assures comme une b�te !

Jack Harvest, c'est qui ?

Je parie que c'est un c�l�bre d�mocrate,

qu'ils font un documentaire sur sa vie.

C'est un personnage de comics,

un genre de superh�ros.

Je vois.

C'est formidable !

Ces films-l� marchent bien en ce moment, non ?

Mais �a durera pas, si ?

Et �a se passe bien ?

Il se passe rien. J'ai pas encore le r�le.

- Le r�alisateur t'adore. - Il m'a choisi.

Le studio sera s�rement d'accord.

- On attend... - La terre enti�re, grave.

Ils vont n�gocier.

Rien n'est fait.

Tu vas l'avoir, c'est pli�, c'est bon.

J'ai rat� la sauce, c'est trop liquide.

Mais c'est bon.

Don ne savait pas que l'amant de Sissy

�tait cach� dans le placard.

Il rentre t�t, gonfl� � bloc,

� l'id�e de partir au ski.

Il ouvre la porte du placard pour prendre ses affaires

et partir au ski.

Sissy se souvient encore de la t�te qu'il a faite.

Et son petit copain est parti en slalomant.

La vache !

�a me rappelle quand t'as chop� ton salopard de mari

dans la cabane avec cette fille.

J'ai jamais eu confiance en lui,

mais l�, je me suis dit que j'avais vraiment eu raison.

C'est dingue.

Je vais boire un peu d'eau.

Bonne id�e.

Maman, si tu l�chais Jimmy

et que tu aidais tante Faith � apporter de l'eau ?

Jonathan, ne me prends pas de haut.

Je ne te prends pas de haut, Grace.

Si.

Qui veut de l'eau ?

De l'eau ? Tu te crois � l'�glise ?

Anne, un verre d'eau ?

Oui, merci.

T'es peut-�tre la seule � vouloir boire.

Je crois qu'on a assez bu.

On est adultes.

D'accord, alors...

tout le monde veut du whisky, sauf Anne et John.

Nul. Et Amy.

Nul.

C'est mieux que tu boives pas, avec ton traitement.

Malin.

On va arr�ter l�.

Pourquoi ?

Il reste du whisky, Jimmy.

Merci du soutien, Patrick.

Je t'emmerde !

J'ai une id�e ! Pourquoi vous restez pas dormir ?

J'ai des roul�s � la cannelle au cong�lo pour demain.

Je crois qu'on va y aller.

C'est une soir�e h�tel ?

Tu sais, Pat,

John adore aller � l'h�tel, de temps en temps.

Vous venez pas d'acheter un appartement

� un milliard de dollars ?

Si, mais tu sais, des fois, il a besoin de tranquillit�.

Pour quoi faire ?

Attention, Amy.

Tel p�re tel fils.

�a suffit, maman.

Grace, je vais y aller.

Tu peux faire attention aux gens ? � ta s�ur, � Jimmy,

� moi.

� tout sauf ce whisky de merde !

Je suis pas une gamine !

Je passe ma vie � t'accorder mon attention.

� part toi, tout le monde aime mon b�uf bourguignon.

Tout le monde aime mon caf�.

Alors, arr�te de faire ton snob et assieds-toi.

Tu te ridiculises.

Bon, doucement.

D�tends-toi, Brad Pitt.

Ferme ta gueule !

C'est toi qui vas fermer ta gueule !

Bon Dieu, comment tu parles � tes a�n�s ?

Tu me dis pas de fermer ma gueule,

et tu parles pas � ta m�re sur ce ton.

Apr�s ce que tu lui as fait subir.

Les cachets, les factures, les m�decins, les psys,

les bagarres � l'�cole.

Toi et ton hockey de merde,

sans parler de ton ordure de p�re.

Ta gueule !

Ce n'est pas mon genre de croire � la synchronicit�,

� la destin�e, aux horoscopes ou � ce genre de conneries.

Ah non ?

Mais ce soir-l�,

quelque chose dans l'univers...

a manifestement fait tilt.

Que voulez-vous dire, exactement ?

Ce genre de synchronicit� n'est pas une co�ncidence.

J'ignorais tout de la vie de John

et je n'aurais pas devin� que nos erreurs mutuelles

co�ncideraient de fa�on si spectaculaire.

Putain, c'est le keum de la s�rie qui d�chire !

Oh, mon Dieu !

Un caf� latte ?

Mon c�ur va exploser.

Non, je te le promets.

Merci.

Tu me reconnais pas, en fait ?

C'�tait il y a longtemps. Avant l'�t� dernier.

Bien avant.

Je viens de Pleasant Gap.

Pr�s du campus de University Park.

Tu d�connes ?

C'�tait ta fac, non ?

Tu jouais avec les Raging Badgers.

Moi, j'ai suivi tes exploits.

Je lisais des trucs sur toi dans les journaux.

Jusqu'� ce que tu exploses.

En fait, c'est un peu toi qui m'as donn� envie d'�tre acteur.

J'ai cass� avec mon copain. Enfin, mon ex, maintenant.

�a s'est mal pass�.

Je pensais pas te revoir un jour.

C'est marrant.

Ouais, c'est marrant.

Pourquoi tu me l'as pas dit ?

Je sais pas, j'ai pens�...

Je sais pas...

Que tu m'avais oubli�

ou que tu voudrais que je t'aie oubli�.

Je sais pas.

�a va, ta m�re ?

Elle venait te voir jouer.

Elle riait vraiment super fort.

C'�tait marrant.

Elle va bien.

Et ton fr�re ? Jimmy, c'est �a ?

Jimmy ?

Je peux pas.

Je peux pas continuer, l�.

�coute, Will...

T'es sympa, mais...

T'es vraiment sympa, mais...

je peux pas.

C'est pas bien, �a va mal finir.

Je peux pas me le permettre.

T'es adorable.

Toi aussi.

T'es sympa, mais...

Merci pour le caf�.

Je ne comprenais pas ses r�gles, mais maintenant, c'est clair.

Comment peut-on vivre constamment dans le mensonge ?

Il faut forc�ment s'�chapper.

Arrive un moment o� le masque

se fissure, non ?

Je suis d�sol�e, M. Turner...

Je rentre d'Islamabad. Je serai au Nigeria dans huit jours.

Toute cette conversation me semble

tr�s loin de mon monde.

C'est dur � supporter ?

Oui, tr�s dur.

Je suis... Comment le dire gentiment ?

J'ai beaucoup de respect pour vous, sinc�rement,

et j'aimerais tellement m'apitoyer sur le sort de M. Donovan.

Je trouve que ce sont des petits probl�mes de riches.

Que faites-vous � Prague ?

Je vis ici et � Londres.

Non, pardon, je voulais dire... Vous �tes d'o� ?

Vous ne venez pas du Congo, de la RDC ?

Je crois que j'ai lu �a, hier.

C'est dur de savoir qui interviewe qui.

Je suis n�e � Bukavu. Mais on s'�loigne du sujet.

Non, on arr�te le pipeau.

Vous pensez qu'on vient pas de la m�me plan�te ?

C'est faux.

Pourquoi vous lutteriez pour la v�rit�,

et moi, pour que dalle ?

Je vois que vous l'avez mal pris.

Vous croyez que les histoires ne voyagent pas ?

L'histoire d'un gamin.

Vous n'�tes plus un gamin...

Alors, me traitez pas comme un enfant.

C'est une histoire qui raconte l'intol�rance

d'une industrie si effray�e de perdre un public

qu'elle juge ignorant et obtus,

qu'elle le maintient dans cet �tat depuis des d�cennies.

�a parle de nous.

Quelle soci�t� veut-on ?

� quoi aspire-t-on ? En quoi c'est abstrait ou indigne ?

Je ne voulais pas vous contrarier.

Non, vous risquez votre vie pour la v�rit�,

et nous, on se la joue avec nos probl�mes de riches.

L'id�e qu'�tre privil�gi� d�termine ce qu'on peut dire,

et qu'il faut avoir une vie pourrie pour pouvoir compatir,

c'est un fl�au, putain !

Moi, je viens de l�.

Ici.

Vous et moi, nous voulons changer les choses,

avoir un impact sur les peurs des gens,

sur l'ignorance, le sectarisme,

le sexisme, le racisme, l'homophobie, etc.

Vous pensiez avoir le monopole de ces combats ?

On en �tait o� ?

On en �tait o� ?

Alors...

Vas-y, Rupert. On est tout ou�e.

J'ai commenc� � me documenter sur John F. Donovan il y a cinq ans.

Et j'ai d�couvert qu'on avait beaucoup de choses en commun.

Par exemple,

le fait qu'on ait des relations compliqu�es avec nos p�res,

et qu'on ait r�v� d'�tre acteur d�s l'enfance.

Je lui ai �crit une lettre.

J'�tais fou de penser qu'il me r�pondrait,

mais il l'a fait.

Parce que vous �tes tous les deux homos.

Cedric, deuxi�me avertissement.

Il a r�pondu.

Et c'est l'objet dont j'ai choisi de parler.

Depuis presque six ans,

John F. Donovan et moi, nous nous �crivons

une ou deux fois par mois.

Il me raconte tout sur ses tournages, sur le 7e art,

et m'explique sa complexit�.

Il raconte ses avant-premi�res, ses "press junkets"...

C'est une conf�rence de presse avec plein de journalistes.

Comment il a connu sa femme Amy,

ses difficult�s avec sa m�re,

et ce qu'elle pense de sa carri�re.

Mais c'�tait avant qu'il ne soit vraiment c�l�bre.

Il n'a jamais arr�t� d'�crire.

Je n'ai que 11 ans,

mais plus tard, je serai comme lui et on tournera ensemble.

John, que je pr�f�re appeler "J",

cite souvent Gore Vidal, grand auteur, critique et essayiste.

"Le style, c'est savoir qui on est."

John sait parfaitement qui il est

et je sais qui je suis.

Je suis acteur,

et je suis l'ami de John F. Donovan.

Gros bobards.

�a suffit. Tu sors.

Madame, reconnaissez-le,

c'est des gros bobards.

C'est pas des bobards, ducon.

Arr�tez ces grossi�ret�s !

Esp�ce de petite menteuse.

J'ai ses lettres ici, t�te de con. T'es juste jaloux.

Ta gueule, salope.

Dehors, vite.

En fait, je crois qu'elle te dit d'aller te faire foutre !

Rupert, tu restes ici.

Cedric, je te punirai demain.

Je ne tol�rerai pas l'incivilit� dans ma classe.

Allons !

On s'active.

Rupert, approche. Viens.

Tu sais, je vais te mettre une mauvaise note.

- C'�tait pas bien ? - Si, excellent.

�a aurait �t� parfait pour ta r�daction de septembre.

Tu as un vrai talent d'�criture.

Mais j'ai �t� tr�s claire quant aux crit�res de l'exercice.

- Une histoire vraie. - John est vrai.

Oui, tu as raison.

Mais tu as invent� cette histoire.

Pas du tout.

Tu sais que j'appr�cie ta cr�ativit�.

Mme Kureishi, c'est vrai !

- Rupert. - Je le jure !

J'ai les lettres,

mais �a a sonn� et j'ai pas pu les montrer.

Je peux les voir ?

Alors ?

Merde.

Trop bien, les lettres ! Merci beaucoup.

Magnifique !

Papa, tu m'�coutes, ou pas ?

Un instant.

Papa !

J�sus, Marie, Joseph !

Qui es-tu ?

Salut, Phil !

Comment �a va ? T'as pass� un bon week-end ?

- Ouais ! - Ouais ?

Gil, comment �a va ?

Content de te voir.

Je pense qu'on a termin�.

D'accord, parfait.

Je ne sais pas ce qui se passe.

Ils se seraient rencontr�s dans un bar.

�a fait des mois qu'ils sont ensemble.

Quoi ?

- �a fait longtemps que �a dure. - Mon Dieu !

Tu l'as rencontr� ! C'est le blond qui est venu sur le plateau.

Il para�t qu'il y a un article en ligne.

- Ah oui ? - Oui, je ne l'ai pas encore lue...

Voil�, Johnny.

"Je suis content. C'est vraiment un super r�le."

Vous n'avez pas le droit de lire les lettres.

T'en fais pas, mon pote.

On respectera ta vie priv�e.

Et mes droits fondamentaux. Merci.

Tu veux qu'on te les emballe ?

Pardon, monsieur...

Mon fils a �t� arr�t� ?

Liz, je peux te parler une seconde ?

Je vais � la cantine.

Oui, le truc, c'est que...

Moi aussi, il me faut un caf�. Viens.

Il se passe quoi, l� ?

Quoi ?

�a doit �tre du spam.

En plus, t'�tais pas avec Will Jefford Jr, ce week-end.

Si ?

Tu as r�ussi � me d�cevoir tellement en une seule soir�e

que �a force l'admiration, Rupert Turner.

Je suis bluffant.

Tu mens � tes profs.

Tu m'obliges � quitter mon boulot pour venir au poste de police

apr�s qu'on t'a arr�t� en flagrant d�lit d'effraction.

�a va pas, Rupert ?

Pardon, maman.

Non, c'est trop facile.

Je veux une explication tout de suite.

J'ai une correspondance avec John F. Donovan.

L'acteur de la s�rie ?

Oui, je lui �cris depuis cinq ans.

Il a r�pondu � la premi�re lettre, celle qu'on a �crite ensemble.

- Il a r�pondu ? - Oui.

Tu me l'as jamais dit !

Il t'�crivait quoi ?

Rien, des trucs sur les films, sa famille et ses amis.

Son jeu.

- Combien de lettres ? - Beaucoup.

C'est-�-dire ? 5, 10, 20, combien ?

Une centaine environ.

Quoi ? Putain, c'est pas vrai !

Qu'est-ce qui te prend ? Tu me d�testes � ce point ?

Pourquoi tu m'as menti ?

- J'ai jamais menti. - Arr�te.

T'es un menteur, comme ton p�re.

J'ai rien dit, c'est tout.

Pardon pour mon manque de vocabulaire.

Tu as menti pendant des ann�es.

Je refuse d'�tre trait�e comme une �trang�re, je suis ta m�re.

T'es s�re ?

Tu m'as jamais rien demand�.

Tu me demandes jamais rien sur mon jeu ou mes auditions.

Arr�te tes conneries, c'est la honte.

C'est la honte qu'on ait quitt� l'Am�rique pour venir ici.

Pour quoi ? Pour qui ?

Papa n'a m�me pas le temps de me voir.

Alors, �a sert � quoi d'�tre en Angleterre ?

� part que te mentir � toi-m�me sur ta nouvelle super vie

que tu m'imposes loin de mes amis, de ma vie, et de mon coll�ge.

Parce que tu t'es aper�ue que tu avais tout rat�.

Alors, non, j'ai jamais parl� des lettres

parce que t'aurais s�rement flipp� et tu m'aurais interdit

d'�crire � la seule personne qui semble s'int�resser � moi

dans cette vie pourrie d'une banalit� � pleurer,

et que j'ai h�te de quitter.

Loin de toi, loin de cet appartement,

loin de tes petits r�ves et de ta m�diocrit�.

Tu peux dire adieu � ton audition � Londres.

�a alors, quelle surprise !

Je dois tout rater, comme toi.

Rupert, tais-toi !

C'est s�rement Scotland Yard.

Depuis quand votre fils �crit � John F. Donovan ?

Il �crit souvent ? Il �crit quoi ?

Merde !

Tom, il se passe une histoire tr�s bizarre � Harrow.

Comment une star de la t�l� et un enfant de 11 ans

sont m�l�s � un incident obligeant la police � intervenir ?

Pouvez-vous nous �clairer ?

T'es s�r de l'�ge, Mike ? 11 ans, c'est des conneries.

Vas-y, Rhys. C'est Richard qui l'a �crit.

La vache ! �a m'en bouche un coin.

J'ai 18 ans, j'ai des besoins, j'ai besoin de toi.

J'ai des visions sans arr�t.

Celles que t'avais quand je t'ai gu�rie ?

Sarah... C'est normal.

Quand je t'ai sauv�e, nos �mes se sont li�es,

je sais pas pourquoi...

Merde !

Quoi ?

T'as eu un week-end charg�, Johnny !

T'es � fond, hein ?

Ouais.

- Billy ! - �a va, mec ?

On r�p�te.

Pardon, Mlle Jones.

Ce mec est vraiment un abruti.

Adam. Et Diego ?

Il pose des questions. Il est au courant.

On enverra Bella visiter ses r�ves et effacer sa m�moire.

Putain ! �a va pas s'arr�ter ?

On va voir le m�decin du plateau ?

Allons � l'hosto, ce sera discret.

T'as �crit ces lettres ?

- Parle plus fort. - Pardon.

C'est quoi, cette histoire de lettres ?

Quelles lettres ?

T'�cris des lettres � un gosse ?

C'est mignon...

R�p�tez, on a le temps.

Ils font les r�glages. Vous avez 20 minutes...

Merci.

Il a dit quoi ? J'ai rien entendu.

Entertainment Weekly

People Magazine

De Barbara : "Pas de b�tises. Je t'attends dehors."

Tu me lis le texto de Barbara ?

J'ai trop mal aux yeux. Fort, mais pas trop fort.

"Des lettres � un enfant et des rapports sexuels � risque

"l�vent le voile sur le grand secret de JFD."

On devrait r�p�ter.

"L'affaire a �t� r�v�l�e apr�s qu'une bagarre de coll�giens a d�g�n�r�

"� Harrow, pr�s de Londres, en Angleterre.

"Rupert Turner, 11 ans, s'est introduit dans une maison

"pour y reprendre des lettres qu'un camarade lui aurait vol�es.

"Des lettres qui auraient �t� �crites par John F. Donovan.

"Ceci survient peu apr�s l'annonce

"de son implication dans une affaire de prostitu�s masculins,

"avec l'acteur Will Jefford Jr.

"Aucun lien avec les lettres..."

T'as des cachets ?

- Quoi ? - Des cachets.

Du clonazepam, du xanax.

T'as pas...

du lithium, par hasard ?

- Quoi ? - Des cachets.

Il me faut des cachets, putain. T'en as ?

J'ai que des trucs naturels.

Fait chier.

Tu veux du Rescue ?

Sur 10, tu me mets quelle note ? Dis-moi.

Ces abrutis disent que tu me mettras pas plus de 5.

Billy, t'es vraiment p�nible, l�.

Dis, c'est quoi, ces conneries avec le gamin anglais ?

T'�cris � un gosse ? Wow ! Week-end occup�, hein ?

�a va ?

Tu ch�mes pas, Johnny ! �a m'en bouche un coin.

Tu veux savoir ce que j'ai fait ce week-end, connard ?

Tu crois que j'ai envie de te le dire ?

Putain, tu me touches pas !

Oh, mon Dieu !

Johnny, je suis d�sol�.

Putain, tu m'appelles Johnny ?

Tu me prends pour qui, putain ?

Putain, mais t'es qui ?

Viens, Brian. Johnny p�te un c�ble. Tais-toi.

Je croyais qu'on �tait amis.

Non, on est pas amis !

On est pas amis, putain !

Je viens ici, je dis mon texte, mais tu sais pas qui je suis.

Tu connais ni ma vie, ni mon pass�, ni mes secrets, putain !

Et je dois te raconter mon week-end

parce que sinon, tu vas aller raconter

que je suis un connard pr�tentieux.

"Il est comme nous, ce connard, il chie tous les matins !"

C'est vrai, Billy. �videmment qu'il chie.

Et il est si reconnaissant, si sympathique,

et surtout, il est tellement heureux

qu'il va tout te dire sur son putain de week-end !

Merde !

Ensuite ?

Le mot "correspondant", je crois.

- Celui-l�, c'est mon pr�f�r�. - Il est bien.

Il est si bien que je veux entendre la question.

Alors, avez-vous un correspondant ?

Un enfant, en plus. Faites votre boulot.

Correspondez-vous avec un enfant en Angleterre ?

Et pourquoi pas ?

Pourquoi pas l'Angleterre ? Il parle anglais, moi aussi.

On est faits l'un pour l'autre. Continuez !

�changez-vous des lettres

avec un enfant acteur, en Angleterre ?

Est-ce qu'on s'�crit depuis des ann�es ?

C'�tait dans l'article que j'ai lu, je les lis tous.

Vous avez int�r�t !

Oui, sinon comment je saurais ce que je fais ?

Et j'en fais, des trucs !

C'est terrible.

Oui, c'�tait pas super.

Et ensuite, il a �crit pour s'excuser, ou s'expliquer ?

Bien s�r que oui.

Mais qu'il m'ait ignor�, ce n'�tait pas le plus douloureux.

J'ai compris qu'il n'avait pas le choix.

M�me si c'�tait douloureux.

Mais les cons�quences,

avec les gar�ons et ma prof, allaient �tre horribles.

Vous allez rater votre avion ?

On peut finir par mail si vous pr�f�rez.

Non, ne vous en faites pas. �a va.

Combien je vous dois pour ce sourire ?

- Je vous emmerde. - Appelez une ambulance.

Pardon, excusez-moi. Y a-t-il un m�decin dans l'avion ?

Ce comportement est inhabituel, peut-�tre un d�but d'AVC.

Audrey, �a sent le br�l� ?

�a va ?

- Allez, au travail. - Au travail.

Que s'est-il pass�, ensuite ?

Vous allez � la maison de retraite, aujourd'hui.

Et j'ai lu dans ton agenda que tu dois porter l'uniforme.

Alors, je vais t'aider.

�a va �tre sympa.

Sympa et salutaire.

Tu vas faire une bonne action

et �a te changera un peu de toute cette folie.

Tes pieds.

Il a dit qu'il avait pas �crit les lettres.

Ils vont me fracasser.

Tout le monde va se moquer de moi.

Je veux rester ici avec toi.

S'il te pla�t, ne me fais pas �a.

Ne me laisse pas tomber.

Tu n'�criras plus jamais � cet homme.

C'est compris ? Que ce soit vrai ou non...

C'est vrai.

Tu vois ce qu'il te fait ?

Il t'a l�ch� sans h�siter et il le refera s'il le faut.

�a se passe toujours comme �a dans ce milieu.

Je sais que tu aimes ce m�tier.

Mais il faut redescendre sur terre.

Pense � tes notes.

Tu peux avoir une copine, ou un copain.

Tu dois oublier tout �a.

L'audition d'aujourd'hui pouvait tout changer.

Pour une fois, c'�tait un film am�ricain.

Tu passeras des auditions � la fin de l'ann�e, cet �t�.

Si tu disparais un moment, tu ne reviens plus jamais.

Comme toi.

C'est vrai.

Ce serait super

si tu me le rappelais pas sans arr�t.

Je sais que tu penses que je n'ai pas d'ambition,

et que je ne suis pas forte.

T'es content ?

Mais si un gamin se moque de toi ou te fait du mal,

ou si un adulte te ridiculise,

moi,

je serai la rabat-joie de service, minuscule,

qui viendra te prot�ger, d'accord ?

J'ai jamais eu peur de rater ma carri�re ou de perdre ton p�re.

Mais j'aurai toujours peur qu'on te fasse du mal.

Pas aujourd'hui, pas demain,

s�rement pas avant tr�s longtemps,

mais un jour,

tu comprendras.

Bonjour, Olga. All�, Catherine.

Timothy, Rodrigue, Kamal.

Celeste, jolie robe.

Cedric, requin g�ant.

Il manque quelqu'un ?

O� est Rupert ?

Rupert Donovan a disparu !

Cedric ! Premier avertissement.

Non !

Sarah !

C'est pas vrai...

Que se passe-t-il ?

Non, tout va bien.

Je peux entrer ?

D'accord, pourquoi pas ?

Rupert a d�pos� �a au coll�ge, ce matin.

Quoi ?

"Mme Kureishi, ne vous inqui�tez pas, je suis � Londres pour une audition."

Je lui ai interdit d'aller � cette audition.

Mme Turner,

je suis certaine que vous lui avez d�fendu...

�a va, je suis pas idiote, d'accord ?

�a va aller, n'est-ce pas ? Il a un portable ?

- Appelez-le. - Il en voulait un.

Mais c'est un petit gar�on.

Par contre, il conna�t Londres.

Il va voir son p�re tous les mois, tout seul.

Enfin, il y est all� souvent.

J'ai une conf�rence � Bracknell cet apr�s-midi,

je vais appeler son p�re,

il le remettra dans le train pour Harrow.

Bon.

Merci, Mme Kureishi.

Je vous en prie.

Je vais y aller.

- Mme Turner ? - Oui ?

Oui ?

Je regarde Rupert,

et il a un avenir tellement brillant qui l'attend.

Vous voyez...

Ce n'est pas le cas de la majorit� de mes �l�ves.

Disons que je vois un avenir pour eux,

mais je vois rarement

une destin�e.

C'est pour cette raison, je crois, que je suis venue,

au lieu de t�l�phoner.

Je sais que mon fils est diff�rent. Je ne suis pas aveugle.

Rupert doit avoir tellement honte de moi.

Il doit raconter des tas de trucs sur moi,

se foutre de moi avec tous ses copains.

Rupert est un enfant tr�s seul.

Il ne se confie pas tellement.

Avant, il se confiait.

Je parcourais leurs devoirs �crits, l'autre soir,

et j'ai vu que vous n'aviez pas sign� sa r�daction,

celle sur les mod�les.

Rupert a �chang� des lettres avec un type de 30 ans

pendant cinq ans sans qu'on le sache,

je comprends qu'il n'ait pas tenu � me faire lire sa r�daction.

Je ne vois pas pourquoi.

Bonne journ�e.

Choisir sa m�re ou son p�re comme mod�le

manque sans doute d'originalit�.

Mais la personne que je connais et admire le plus,

c'est ma m�re, Sam Turner.

Ces derni�res ann�es, on s'est �loign�s l'un de l'autre,

mais vous me direz, c'est la vie.

Sam a �t� enceinte de moi,

mon p�re l'a quitt�e pour une autre peu apr�s

et s'est install� en Angleterre.

Donc, elle m'a �lev� seule.

Et pendant un moment, �a a bien fonctionn�.

Mon fils Rupert avait un rendez-vous � 13 h 30.

Je m'occupais d'elle et je l'appelais m�me "mon amour",

�a me donnait l'impression d'�tre un adulte.

Mais en v�rit�,

c'�tait seulement ma meilleure amie.

Elle m'appelait Larry au lieu de Rupert,

et on regardait des films ensemble.

Je crois qu'on a vu Le Jardin secret un milliard de fois.

Elle a arr�t� le th��tre et j'ai commenc� � auditionner.

Je pensais qu'elle serait fi�re que je fasse une chose

� laquelle elle avait aspir�.

Au fil des ann�es, Sam a �t� d��ue de voir ses r�ves s'�vanouir,

et nous sommes arriv�s ici en qu�te d'autres r�ves.

Pardon, mon fils est l�...

C'est dur pour moi,

mais je comprends pourquoi elle voulait �tre quelqu'un d'autre.

C'est seulement dur de l'admettre.

Je sais que j'ai instaur� cette distance entre nous.

Parfois, je voudrais que nos probl�mes

et le mur invisible entre nous disparaissent.

Qu'on se retrouve tous les deux,

sans devoir s'inqui�ter de rien,

sans orgueil et sans mensonges.

Alors, je lui dirais la v�rit�.

Je lui dirais � quel point je l'aime.

Maman !

- Pardon ! - Pardon.

- Je suis b�te ! - T'es pas en col�re ?

- Je suis b�te. - Non, t'es pas b�te.

Ta prof est venue, je savais que j'avais eu tort.

Apr�s, j'ai lu ta r�daction.

C'est vrai ?

Je voulais pas te faire de mal

et je suis d�sol�e que tu me trouves born�e.

T'es pas born�e. Pardon.

On va le faire.

Toi, mon Rupy, tu seras acteur.

Je serai l� pour te soutenir, d'accord ?

J'imagine que tu t'y attendais, non ?

Barbara, c'est une blague.

On a v�cu tant de choses ensemble.

J'ai besoin de toi et...

Dis-le.

Moi, j'ai besoin de toi ?

J'ai besoin de personne.

J'�vite soigneusement d'avoir besoin des gens depuis 40 ans.

John, mon grand,

regarde autour de toi.

Regarde les tableaux aux murs, le tapis.

La chaise dans laquelle tu es assis.

J'ai choisi cette vie.

Elle aurait pu �tre diff�rente,

compl�tement diff�rente.

J'aurais pu tout avoir.

Si tu savais combien de fois j'ai refus� de travailler

avec des acteurs extraordinaires,

des artistes.

J'aurais pu m'associer � des agences prestigieuses.

Je n'en doute pas.

J'ai pas fini.

J'ai choisi cette vie.

Pas par manque d'ambition, j'aime l'argent

et tout ce qu'il apporte, j'aime �a.

Mais j'ai choisi cette vie, car c'est celle que je peux vivre,

celle o� je suis fi�re de bien faire mon travail.

Je pourrais pas g�rer des carri�res d'hommes d'affaires.

Pas par manque d'estime ou de respect.

Je peux les croiser, les c�toyer.

Mais je peux pas �tre eux.

Je suis pas une menteuse.

Et si tu deviens quelqu'un comme �a,

si tu engages des mannequins pour �tre vu dans les restaurants,

ou � des soir�es caritatives...

Si tu deviens quelqu'un qui m�prise les autres,

qui dit aux gamins qu'ils existent pas,

je te suivrai pas dans cette voie.

C'est une impasse, je le sais.

Je suis pas idiote,

je sais que tu en es capable, j'en suis s�re.

Si c'est ce que tu veux.

Mais je ferai pas �a avec toi.

J'ai vu trop d'amis se perdre dans cette spirale,

ce trou noir de l'esbroufe

qui est seulement un gaspillage de talent.

Et le temps ne se rattrape jamais.

J'ai fini.

J'ai Eileen O'Neal sur la ligne 1.

Tu trouveras un autre agent. C'est mieux pour toi.

Je dirai � tout le monde que tu m'as vir�e.

Passe-la-moi, Melanie.

Et si je veux pas changer ?

Parles-en � ton psy.

Eileen, comment tu vas ?

Je sais, je voulais t'appeler.

Je suis d�bord�e. �a va tr�s bien.

Les enfants, �a va ?

� Disneyworld ?

Non, je vais bien.

Non, �a va.

Merde, j'aurais d� appeler.

C'est pas grave.

Ils sont venus en car,

je les ram�ne demain pour l'anniversaire de mon fr�re.

C'est top.

Je peux passer plus tard.

S'ils dorment chez toi, on peut aller boire une bi�re.

J'ai besoin de parler.

Avec moi ?

Oui.

Non, tu dis rien.

�coute, je crois

que tout �a...

John, je t'aime bien,

mais tout �a, toute cette histoire,

ce truc des photos,

c'est un peu... je sais pas.

Tu as honte, c'est �a ?

Non.

Mais toi, oui.

J'aurais voulu que tu m'appelles.

C'�tait pas le moment.

C'est pas grave.

Connor a besoin de toi !

Une seconde, maman.

D�sol�, j'arrive.

Fais ce que tu dois faire.

Je suis jeune.

Je sais ce que je veux

et qui je suis.

�tre l'amoureux secret de quelqu'un,

�a fait pas partie de mes projets.

D'accord ?

Je te laisserais bien entrer, mais...

Je comprends.

Je suis d�sol�.

J'ai envoy� mon livre � Will, mais je n'ai jamais eu de nouvelles.

John parlait de lui avec affection dans ses lettres,

mais personne ne sait vraiment ce qu'il est devenu.

Il para�t qu'il est rentr� et qu'il fait tout sauf l'acteur.

Barbara Haggermaker a dit dans une interview

pour un article sur les femmes de pouvoir

que son grand �chec n'�tait pas d'avoir vir� John.

Non ?

C'�tait de ne pas l'avoir connu.

Quand sa maladie, son pass�, quand tout a �t� r�v�l�,

beaucoup de gens ont ressenti �a.

Mais doit-on conna�tre un artiste ?

Que doit-il r�v�ler sur lui ?

Pourquoi c'est important pour nous ?

Derek O'Brien d�croche le r�le de Harvest chez Disney.

Et John, qu'est-il devenu ?

Il a simplement disparu.

Ils ont vendu l'appartement.

Je crois qu'il a repris

la vie qu'il menait encore peu de temps avant.

Hellsome High a exp�di� Adam White en voyage spirituel en Afrique

au milieu de la sixi�me saison.

Je me souviens de cet �pisode.

�a s'appelait Le D�part.

C'�tait adapt�.

Le type que John avait agress� sur le plateau a port� plainte.

Il y a eu un accord � l'amiable et �a s'est arr�t� l�.

Il vous a �crit pendant ces mois de...

C'�tait quoi, vous savez ?

Ces mois d'isolement, de d�pendance, de d�pression ?

Aucune id�e, il n'a pas �crit � cette p�riode.

J'aurais aim� �tre l� pour John.

Je vivais loin, et on n'�tait pas dans le m�me monde.

La vie a continu�.

John avait gard� cette habitude

de manger dans la cuisine d'un resto qu'il aimait bien,

et d'o� il m'avait si souvent �crit.

Il n'avait pas coup� tous les ponts.

Apr�s l'�pisode de Londres,

ma m�re m'a permis de reprendre les auditions.

Une s�rie de hasards heureux et une audition

m'avaient valu d'�tre rappel� � New York.

Bien s�r, j'�tais ravi,

mais surtout parce que, comme nous l'avions pr�vu,

je verrais John pour la premi�re fois.

En cinq ans de correspondance.

Mais ce n'est pas Hellsome High ?

C'est bien vous, non ?

Pardon, je sais que ce n'est pas votre nom.

Non... c'est un lyc�e.

- Je m'appelle... - John F. Donovan.

Je ne suis pas si vieux.

�a doit vous �nerver, mais...

mon petit-fils est un de vos grands fans.

J'�tais avec lui dans Canal Street, l'autre jour,

il a vu l'affiche de votre s�rie, et il ne tenait plus en place.

Il est rest� plant� l� pendant cinq minutes.

Il veut �tre comme vous, quand il sera grand.

Pouvoirs magiques compris, bien s�r.

Ah bon ?

Je vous assure.

Je ne vous d�range pas plus.

Non, vous ne me d�rangez pas. Restez.

Vous �tes bien aimable.

Vous vous installez l� pour �tre un peu tranquille

et un vieux fou d�barque en braillant.

Non, vraiment, c'est...

On attend votre prochaine aventure extraordinaire.

Je ne sais pas, monsieur.

Quoi ?

Je ne sais plus.

J'ai l'impression... D�sol�...

J'ai l'impression...

Parlez-moi.

J'ai l'impression

que j'ai tout g�ch�.

Vous comprenez ?

J'arr�te pas de me dire...

Et si je n'avais rien � faire l� ?

Si j'avais vol� la place d'un autre ?

Dites quelque chose.

Moquez-vous de moi.

Oh l� l� !

Qui suis-je pour recueillir ces confessions ?

Je sais.

Navr�, vous devriez partir, je n'aurais pas d� vous d�ranger.

� mon avis,

les choses sont simples.

Les gens, par contre,

ont une myst�rieuse propension

� les rendre compliqu�es.

Vous savez d�j� que vous vous �tes tromp�,

ce qui vous distingue de la plupart des gens.

Personnellement, je vous regarde,

et tout ce que je vois,

c'est un jeune homme dont mon petit-fils appr�cie le travail.

Comment vous avez choisi de r�parer vos erreurs

est votre affaire et celle de Dieu.

Mais la question, c'est...

Comment pourriez-vous avoir vol� une place

qui a �t� cr��e expr�s pour vous ?

Pardon, mais je ne vous ai jamais vu ici.

Vous me voyez maintenant.

Fichtre, je crois que je devrais y aller.

Rentrez chez vous.

Vous �tes trop jeune pour manger seul dans des cuisines miteuses.

Maman !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je dois dire que c'est vraiment

la soir�e id�ale.

Alors, Amy va bien ?

C'est parce que tu as rencontr� quelqu'un ?

Quelqu'un d'autre ?

Non !

Tu vas pas me faire �a. Arr�te.

- Pardon. - Tu pars pas d�j� !

En pleine partie. Tu rigoles ?

Il faut que j'y aille. Pardon.

D�sol�.

D�sol�.

Je sais pas...

Putain, je suis pas dou� pour �a.

Tu sais, John,

je lis des tas de choses sur toi.

Tout le monde me passe des articles. Je lis tout.

Je vois tout ce que tu fais,

toutes les �missions, ton travail, tout.

Je suis ta carri�re et...

Il y a un truc que tu as dit...

Maman, qu'est-ce que t'as lu ?

Tu l'as dit plusieurs fois.

Tu as dit que...

Tu as dit qu'on...

qu'on ne venait pas de la m�me plan�te.

Moi, je viens de cette plan�te.

Et toi,

tu viens

de moi.

Et je sais que...

Je ne pense pas qu'une m�re soit cens�e �tre l'amie de son fils,

mais je te connais.

Et j'ai �t� la premi�re.

Alors, on joue aux cartes, d'accord ?

Maman ?

Tu pourrais me faire couler un bain

et me demander d'�peler des mots, comme avant ?

Si tu en as envie.

Je peux dormir ici ?

Mon ch�ri, tu peux rester toute ta vie.

Trop marrant !

Arr�te !

Tu devrais essayer.

Arr�te de sauter sur ce lit.

Tu vas le casser, tu vas tout casser, et tu vas te casser un os.

Qui peut se s�cher les cheveux dans cette lumi�re bleue ?

Tu veux rentrer en Angleterre ?

- Maman ? - Oui ?

Tu crois que John a r�pondu � ma lettre ?

La r�ception a promis d'appeler.

Vois le c�t� positif, ch�ri.

C'est la pleine lune.

C'est s�rement un signe.

J'imagine.

Ce sera dur d'�viter la fumette entre m�re et fils sur mon Myspace.

Celui-l� a l'air pas mal.

Prandrial ?

C'est quoi, ce truc ? Pr�prandial.

C'est facile.

P-R-�-P-R-A-N-D-I-A-L.

"Qui se produit avant le repas."

Quel nerd !

C'est �a ?

Pardon. Quoi ?

�a s'�crit comme �a, c'est bon ?

Ch�ri, comment tu vas ?

Je vais bien.

T'es s�r ?

Je vais bien.

Il y a quelques trucs qui vont changer, c'est tout.

�a fait un peu peur, mais tu sais, tu n'as qu'�...

tu n'as qu'� �tre toi-m�me.

Le truc horrible !

Ta gueule, petit con !

Putain, �a va pas ? Connard !

- Attention, les gar�ons ! - Monte le son.

- Cr�ve. - J'adore cette chanson.

- Vas-y. - S�rieux ?

Je connais.

C'est une super chanson !

Je crois que...

Mon histoire s'arr�te � peu pr�s l�, Audrey.

C'est vrai ?

D'apr�s ce que m'a dit Grace Donovan,

c'est la derni�re fois qu'elle et Jimmy,

et quiconque � leur connaissance, ont vu John.

Dans ce cas, si je peux poser une derni�re question,

comment avez-vous su ?

Oui ?

Oui, apportez-la.

Pardon.

Si mon fils voit la lettre maintenant,

�a va le rendre dingue.

�a vient de M. Donovan ?

Non, je ne pense pas, Mme Turner.

Un jeune homme l'a d�pos�e

en disant seulement de la remettre � Rupert Turner.

Je suis navr�e.

- D�sol�e. - Merci.

Bonne journ�e.

"Cher Rupert,

"Je n'ai pas dormi depuis longtemps, peut-�tre plusieurs mois.

"Il faudra que je trouve du temps pour dormir et pour r�fl�chir.

"Tu sais, je me suis donn� � fond dans ma vie.

"Je me suis occup� de mon m�tier, de ma carri�re, de ma r�putation.

"Je me suis occup� de mes amis et de ma famille.

"Et j'�tais tellement occup� que j'ai oubli� de travailler sur moi.

"Au moment o� les gar�ons sont devenus des hommes,

"je suis devenu c�l�bre.

"Rupert,

"je te souhaite de vivre une vie

"pleine de succ�s et d'accomplissements.

"Mais surtout, je te souhaite de vivre.

"Vivre avant de mentir.

"Tout se r�sume � �a, fatalement.

"Certains mensonges sont les plus belles interpr�tations d'un artiste.

"Et certains mensonges sont

"d'une pure beaut�.

"Mais tu es trop pur pour mentir maintenant.

"Parce que je connais tes r�ves,

"parce que je connais tes d�sirs,

"je connais aussi la d�ception,

"la solitude que tu �prouveras in�vitablement.

"Rupert,

"je ne peux imaginer un jeune homme plus impressionnant que toi.

"Je ne peux r�ver d'un confident plus attentionn�,

"un ami plus singulier.

"Je me disais

"que la plus grande r�ussite de notre amiti�,

"c'est que personne

"ne la comprendra vraiment

"jusqu'� ce que tu en d�cides autrement.

"Je trouverai un moyen de te rejoindre, promis.

"Bient�t, je referai surface."

John, c'est moi.

"Mais pour l'instant,

"je dois dormir,

"je veux dormir et tout recommencer.

"Ton ami.

"John."

Je ne vous le cacherai pas, apr�s tout �a,

je suis un peu curieuse de savoir si...

S'il s'est suicid� ?

On ne le saura jamais vraiment.

Je ne sais rien d'autre que ce qu'il m'a �crit.

Peut-�tre que...

il s'est suicid� parce qu'il avait plong�

dans un d�sespoir profond, etc.

C'est un peu facile, non ?

Soit il voulait vraiment dormir

et il a fait une erreur tr�s grave.

Dans sa derni�re lettre, il a l'air plein d'espoir.

Et vous comprendrez que, pour des raisons �videntes,

c'est la version que j'ai choisi de croire.

Tr�s bien, Rupert.

Merci.

Je suis d�sol� de ce mauvais d�part.

Ne vous en faites pas.

Je m'occupe de l'addition.

- On vient me chercher. - Allez-y.

- Bonne chance. - J'ai juste une sc�ne.

Non, je ne parle pas d'aujourd'hui.

Je veux dire...

dans votre carri�re,

votre vie.

J'esp�re que vous aurez ce que vous voulez.

J'ai d�j� ce que je veux.

Tant mieux.

� bient�t.

Adaptation : Isabelle Audinot

Sous-titrage : ECLAIR

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