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...
-T'aurais dû te mêler de tes affaires.
On n'aura plus à s'inquiéter de Jonas Gorlin.
Oui, comme Lebrac, je m'en suis débarrassée.
Dis à tes hommes de se mettre au boulot.
...
*Sonnerie.
-Coucou !
*-Salut. -Ca va, à Paris ?
*-Ne m'en parle pas. -Océane se remet
de ce mariage mouvementé ? -"Mouvementé" !
T'as un collègue qui est mort !
-Oui, c'est dur. Elle ne m'en veut pas,
qu'on ait dû décaler la cérémonie ? *-Tu plaisantes ? Elle est ravie.
-Ravie de quoi ? *-D'avoir "une belle-mère badass".
*Elle parle de toi à toutes ses copines.
-Ah oui ? C'est cool, ça.
-Et la recherche d'appartement ? *-C'est l'enfer.
*On doit en visiter un qui n'est pas trop mal demain.
*Mais j'attends de le voir.
-Hou là, je vois l'heure...
Il faut que j'y aille. -Déjà ?
-Je te fais des bisous. Regarde ! *-Elle est trop belle !
*Comme toi. Bisou, mon coeur. -Bisou.
-Je n'en peux plus, Thaïs.
Je passe mon temps à réparer ce vieux rafiot.
*-Tu dis toujours que c'est ton vieux rafiot chéri.
-Je vais le couler au large et en acheter un neuf
avec l'argent de l'assurance. *-Tu ne t'en séparerais jamais.
-Ouais... Et toi, Paris ? *-Ben... Le boulot, super,
*et je kiffe la formation de flic. -Mais ?
*-Là où je suis, c'est triste, c'est gris, il pleut...
*Pourquoi personne m'a prévenue ? -On t'a prévenue,
mais tu n'écoutes personne. Tiens le coup.
Encore quelques semaines et tu reviens avec nous au soleil.
*-Bon. Bisous, tatie. -Pareil, bisous.
Oh, je suis à la bourre ! Bisous.
*Sonnerie.
... Ah non, hein !
Je veux pas la voir, je veux pas l'entendre.
C'est vous qui choisissez. -Oui, c'est clair.
-Prenez votre temps, surtout. -Bonjour, commissaire.
Ca va ? -Pour une fois
qu'on arrive à l'heure ! -Comment ça, "pour une fois" ?
-Comment ça, "on" ? -Merci, la solidarité !
-Qu'y a-t-il ? -L'IGPN n'avance pas
sur l'affaire Lebrac. Alors, ils nous envoient un officier
pour participer à l'enquête.
-Vous avez refusé, j'espère. -Bien sûr !
J'ai même appelé le ministre pour l'engueuler, il s'est excusé.
Evidemment que j'ai accepté.
Comment voulez-vous que je refuse ? -Parce qu'on bosse jamais
avec les boeufs-carottes. C'est la base.
-La base de quoi ? Des emmerdes ? -Tout ce qui peut nous aider
à retrouver le meurtrier de Lebrac est bon à prendre.
-IGPN à la maison, emmerdes à l'horizon !
Texto. -Oui...
-Un meurtre nous attend. Andiamo.
-Allez, allez-y. -Oui, ben on y va, merci !
-Je compte sur vous pour la tenir face à l'IGPN.
-Oui ! Je la maîtrise parfaitement, c'est de notoriété publique.
Il baragouine.
-On cherche des indices. -J'ai déjà cherché.
-Je sais. -Et il n'y a rien.
-Bonjour. Brouhaha.
Bonjour,
Phil, Aurélien... -Bonjour, commandante.
-On a quoi ? -Rien. Pas de papiers,
pas de portable, pas de sac. -On n'a pas son identité.
-C'est ce que je disais. -Mais c'est...
C'est Jonas !
-Jonas ? -Oui,
Jonas... Gorlin, je crois. -Tu le connais ?
-C'est le patron de la marina où j'avais mon bateau, avant.
-Qu'avez-vous sur lui ? -Pas grand-chose, il est arrivé
peu de temps avant que je change de spot. Je vais me renseigner.
-Attendez.
-On ne va rien apprendre de plus ici.
-Gaëlle a raison. -Développez, alors.
-C'est un meurtre de sang-froid.
Une exécution sommaire dans un lieu isolé, sans témoin,
sans vidéosurveillance,
aucune trace. C'est du travail de pro.
-Je vais me renseigner à la marina. -Salut.
-Allez-y, Crivelli, n'attendez pas mon autorisation.
-Voilà, je vais faire ça. -Qu'est-ce qu'elle a, ce matin ?
-J'en sais rien,
on n'est plus ensemble. -Elle a pas parlé, dans la voiture.
-On est le 7.
-Le 7 ? -Ben oui, le 7.
-Ah ouais ! C'est l'anniversaire
de sa mère.
Chaque année, elle veut l'inviter à Paris.
-Pourquoi elle n'y va pas ? -Elles ne se parlent presque plus.
Chaque année, Gaëlle évite ses appels.
-Super, l'ambiance.
Vous me dénichez tout sur Jonas Gorlin
et vous prévenez sa famille. Merci. -OK. A plus tard.
A plus, Phil.
-Tu préviens la famille ? Je suis pas à l'aise avec...
-Oui, t'inquiète pas. -...ce genre de chose.
-J'enquête sur Jonas Gorlin. Vous le connaissez ?
-Pas du tout.
-C'est ça,
c'est Paulo ! -Ho ho ho ! Gaëlle !
Ca fait un bail ! -Mais ouais !
Que t'est-il arrivé ?
-Tu te rappelles ma passion pour la moto ?
-Merde ! Tu t'es gaufré ? C'est définitif ?
-Oui. -Mon pauvre !
-Pas de ça ! C'était il y a 3 ans,
ça va, j'ai remonté la pente. -Quand même...
-Non, je reste ton ex Paulo qui aime la vie, la rigolade...
C'est juste que je cours moins vite.
Ils rient. -Tout roule, quoi.
-Exact ! ...
-Tu fais quoi, maintenant ? -J'ai aménagé un bateau
et je bourlingue à travers le monde.
-Sérieux ? -Carrément sérieux.
Je prépare une transat mixte par équipe. Valide, non valide.
J'ai garé mon bateau juste ici. J'ai toujours mon cabanon,
si tu veux passer boire un verre. -Avec plaisir. J'enquête
sur Jonas Gorlin. Tu connais ? -Oui. Il a fait une connerie ?
-Il a été assassiné ce matin. -Merde.
Putain. Je l'aimais bien, il était réglo.
C'était un ancien militaire, si tu respectais les règles,
tout se passait bien. -OK. J'arrive pas à avoir d'infos,
ça t'embête d'être mes yeux ou mes oreilles ?
-Je deviens ton indic ? -Oui.
-Il y a un billet à se faire ? -Tu regardes trop de films.
Je te paierai un phô, tu me raconteras tes aventures
de pirate des Caraïbes. -Oui. OK. Deal.
Vas-y, c'est parti. -Tu veux faire la course ?
-Dégourdis-toi les jambes.
-D'après les témoins de la marina, Jonas était un patron normal,
exigeant mais honnête, et un bon camarade.
-Et d'après ses voisins, tout allait bien.
Il était sympa et impliqué dans la communauté.
Pourtant, il a été exécuté froidement et sans hésitation.
-Sûrement avec un bon mobile. On a cherché
côté jalousie, famille ?
-J'ai des infos sur sa dernière ex, Lia Boyle.
Gaëlle a raison,
ça pourrait être la bonne piste. -T'as dit quoi ?
-"Gaëlle a raison." T'es contente ?
-Oui. -"Violence,
"refus d'obtempérer, insulte à agent..."
-Elle a peut-être mal digéré la rupture avec Jonas.
-Sainte-Rose, Crivelli, l'IGPN vous attend.
-Oh... -Je compte sur vous
pour faire un effort. Je sais pas, un sourire...
Oui, d'accord. -C'est pas gagné.
-Trouvez l'adresse de l'ex de la victime.
Souriez.
-Ah !
Voici la commandante Clémence Gerfaut, qui va
nous aider à traquer
le salopard qui a tué Lebrac. -Commandante Sainte-Rose.
Enchantée. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
-Enchantée. -Capitaine Crivelli.
J'ai beaucoup entendu parler de vous aussi.
Ne vous inquiétez pas, je suis là uniquement
pour qu'on bosse ensemble. -J'ai des raisons de m'inquiéter ?
-Vous avez des choses à cacher ? -Non, mais ça vous empêche pas
de creuser comme des grosses fouille-merde.
-Voilà, voilà ! Les présentations sont faites, on va...
-Oui, c'est parfait. Allez.
-Je vous présente les lieux. -Voilà.
Hé...
Putain, elle fait chier, celle-là...
-Je vous propose... -On va se tutoyer, non ?
-Si tu veux. -J'y ai jamais eu droit en 7 ans...
-C'est pas une question d'ancienneté mais de grade.
-Je te propose de partager le bureau avec moi.
On a une affaire lourde ce matin, sur les bras,
on fait un point cet après-midi ? -OK pour le point,
pas pour le bureau, un coin de table, ça ira.
Pour ce meurtre aussi, n'hésitez pas, si nécessaire.
-Le boulot de vrai flic vous manque ?
-Oui. Je regrette souvent mes années passées à la BAC
et à la PJ. -Je te propose de rencontrer
le lieutenant Charlery. Il doit être avec Philippe Dorian,
le responsable de l'identité judiciaire, là-bas.
Gaëlle soupire. -Je vous écoute.
-Quoi ? -Clémence Gerfaut, l'IGPN,
tout ce que vous avez sur le coeur. -Elle sourit trop,
j'aime pas les gens qui font ça. -C'est concret, comme reproche.
Il y a autre chose ? -Non.
Aurélien a laissé l'adresse de l'ex de la victime. On y va ?
-Pff... -Pour tout vous dire,
concernant Thibault Lebrac, on a absolument tout creusé.
On n'a pas grand-chose.
-Nous non plus. On a appris qu'il allait
être affecté en Guadeloupe.
-Ne touchez pas à ça,
c'est fragile. -Un astrolabe.
-Euh... Oui.
-Début 18e, non ?
-C'est ça. 1721, pour être précis.
-Mon père m'en avait
offert un, quand j'étais petite. Mais c'était une réplique moderne.
-Oui. Là, c'est un vrai. Si vous pouvez le...
-Très bel objet.
Vous avez du goût.
-Merci.
-Concernant Lebrac, il attendait tranquillement
sa mutation ici et il n'a jamais eu de problèmes ?
-Non. Il suivait nos enquêtes, et voilà.
-Le plus plausible, c'est que le meurtrier
vienne de son passé. -Son père était
aux stups.
-Il faudrait checker avec les voyous qu'il a arrêtés
et qui sont sortis récemment. -Très bonne idée. On reprend
tous les vieux dossiers de Lebrac. -Pas sûr que les stups collaborent.
Ils aiment pas qu'on joue sur leur terrain.
-Ni que l'IGPN se mêle de leurs affaires.
Si je leur demande, ils nous aideront.
Hm ?
-OK.
-Magnifique. -Oui.
Hou !
Ces gens qui touchent aux affaires des autres sans demander, c'est...
Voilà.
-Pourquoi j'aurais tué Jonas ? -La rupture n'a pas
été facile, d'après vos voisins. -C'est lui qui a mal réagi.
-C'est vous qui l'avez plaqué ?
-Je l'aimais encore. Mais c'était juste
devenu invivable. -Il s'est passé quelque chose ?
-Au début, on se disait tout.
Et puis il y a quelque temps, il est devenu bizarre.
Il rentrait tard le soir. -Il voyait peut-être
une autre femme. -C'est ce que j'ai pensé,
mais je crois pas. Il devenait parano,
il avait acheté des mini-caméras. -Il vous surveillait ?
-Non. Il a refusé de m'en dire plus,
ça m'a soûlée, alors, je suis partie
et je ne l'ai pas revu. Je pensais que c'était juste un break.
-Vous dites qu'il a changé d'un coup, c'est arrivé quand ?
-Il y a deux mois.
-Merci.
Aurélien, creusez la vie de Jonas des 10 dernières semaines.
Il avait acheté des mini-caméras, j'aimerais savoir pourquoi.
-Ca avance bien.
-Oui, on démarre. Et vous ? -On épluche les enquêtes de Lebrac.
-Très bien.
Elle soupire.
-On a un problème.
-Je la sens pas. -Quoi ?
-Je la sens pas.
-Gorlin avait posé une caméra, je sais pas où elle est.
On repousse la livraison. *-Vous rigolez ? C'est trop tard.
*Nos contacts sont déjà en route.
-Vous pouvez annuler. *-Non. J'ai pas envie
*d'énerver des gars comme ça. -Bon. Je vais occuper la brigade
pendant 24h, le temps que la livraison se fasse.
Franchement...
Voilà.
Mon ex comprend pas que c'est fini. -Je vous ai rien demandé.
Marrant, votre vieux GSM à touches. Vous êtes dealeuse à mi-temps ?
-C'est mon portable personnel.
-Ah.
-Et...
Je vous prierais de respecter la hiérarchie
et la distance qui en découle.
-Je sens qu'on va pas se tutoyer. -Voilà.
Téléphone.
...
-Oui, Paulo. *-J'ai une info.
Il y a deux jours, Jonas a viré une nana
pilotant un bateau, le Doursa.
-Merci. Où est ce bateau ? *-A la marina du Marin.
-OK. Génial. Je passe te voir ce soir avec une bouteille ?
-Yes. De kombucha, alors. Je ne bois plus d'alcool.
*-T'as perdu ton sens du fun ! -Au départ,
c'était pour mon traitement, mais j'ai pris goût
*à la vie sans alcool.
-Waouh ! *-Ca va le faire,
passe à 20h, après ma méditation.
-Ta méditation ?
C'est qui, ce Paulo 2.0 ? *-Oui... Tantra,
plus exactement. J'ai découvert ça
pendant ma rééducation en Inde, ça a changé ma vie...
*sexuelle, notamment. Ciao ! A ce soir.
-On fonce à la marina. -Vous avez prévenu
le commissaire Etcheverry ? -Non. Pour quoi faire ?
-Pour faire les choses comme il faut.
-C'est vous qui dirigez le commissariat ?
Dites quelque chose !
-Ben, on doit rendre compte à la hiérarchie
avant toute intervention.
On va aller faire un point avec Etcheverry.
Très bonne idée, Clémence. Merci.
-Je rêve, elle dit merci, en plus.
Je vais chercher un sandwich en ville, vous en voulez un ?
-Non, merci. Ca ira.
-A tout de suite. -Oui.
...
-Pff... "Bonne idée, Clémence, merci."
On a juste soûlé Etcheverry.
-Au moins, on respecte la procédure.
-C'est si important ? -Quand l'IGPN le demande, oui.
Simplifiez-vous la vie !
-Ma vie serait plus simple, si j'avais pas perdu 15mn
dans ce bureau. Votre Clémence me doit 1/4h de vie.
Téléphone. Oh...
-Vous voulez qu'on parle de votre mère ?
-Non. -Ben... On a 10mn de route !
Ca vous ferait du bien. -Il n'y a pas grand-chose
à dire. On ne s'entend pas, elle veut toujours avoir raison.
-Oui... Elle n'est pas comme vous. -Non. Heureusement.
Vous savez ce que c'est, la méditation tantrique ?
-Oui. C'est basé sur l'harmonie
du corps et de l'esprit. Ca aborde
l'énergie sexuelle sous un angle spirituel.
Ca peut créer
des connexions dingues. Vous avez jamais essayé ?
-Genre vous, vous avez essayé ! -Ben oui.
Avec un ex-amant qui m'a initiée.
C'était très intense. -Mais enfin, ça va pas ?
-Ca demande du temps, de la patience,
je suis pas sûre que ce soit pour vous.
-Vous me connaissez si mal. -Ah oui ?
-La propriétaire
du bateau le Doursa ? -Marie-Jeanne Domenico.
-Merci. -Au revoir.
-La proprio s'appelle Marie-Jeanne Domenico.
-Il n'y a personne. On va demander
une commission rogatoire. -Attendez.
-Quoi ?
-Vous n'entendez pas ? -Non.
-Quelqu'un appelle au secours. -Non...
-J'arrive. -Crivelli, non !
-Je vole à votre secours.
-C'est pas vrai ! -Je suis là.
-Crivelli !
-Oh... -Je vous trouve pas !
Dans ce placard ? Non.
-Crivelli ! -J'ai trouvé
un truc. -Super...
-Ah !
Je devrais faire du théâtre, non ? -Pff...
-C'est celui de Jonas Gorlin.
-Comment s'appelle la proprio ? -Marie-Jeanne Domenico.
-Je lance un avis de recherche.
-Pourquoi elle aurait gardé le portefeuille de sa victime
bien rangé dans un tiroir ? -Peut-être qu'ils ont eu
une relation, qu'elle s'est mal terminée et qu'elle l'a tué...
Il y a mille raisons possibles. -Et quel est le rapport
avec les minicaméras ? -Je sais pas !
On peut pas nier les faits. -Ou quelqu'un a mis ce portefeuille
dans le bateau avant notre arrivée. -Personne savait qu'on venait.
-Si. Celle qui nous a fait perdre 1/4h chez Etcheverry.
-Vous soupçonnez Clémence ? -D'après Aurélien, elle est partie
juste après nous. C'est pas une coïncidence.
-Vous perdez la boule. -Elle a deux téléphones.
-C'est vrai que la loi l'interdit. -Et elle a pas voulu
parler devant moi au téléphone. -Ca, c'est au moins les assises.
-Je la sens pas, votre amie. -Vous êtes jalouse.
-Hein ? -Oui. Ah...
Une patrouille a retrouvé Domenico dans un restaurant. On y va.
-C'est allé super vite.
-Je peux savoir
ce que je fais ici ? Vos flics ne m'ont rien dit.
-Vous êtes là suite à la mort de Jonas Gorlin.
-Qui ?
-Jonas Gorlin,
le patron de la marina qui vous a virée.
-Merde. Je connaissais pas son nom. -Ca n'empêche pas de tuer, ça.
-Vous êtes sérieuse ? -J'ai l'air de plaisanter ?
-Aviez-vous une liaison
avec lui ?
-Non. Je n'aime pas les hommes.
-Pourquoi il vous a chassée ? -J'ai jeté mes déchets organiques
trop près du port. Il faut s'éloigner des côtes.
-Vous avez eu une dispute, ça a mal tourné...
-Non, je ne l'ai jamais revu après.
Ca vous parle, ça ? -Ben quoi ? C'est un portefeuille.
C'est pas le mien.
-Une minute.
Ca va, Phil ?
-J'ai un truc... dingue. L'assassin de Jonas Gorlin,
c'est le même que celui de Thibault Lebrac.
C'est le même revolver qui a été utilisé ?
-Non. Le tueur
est très prudent, il n'utilise pas la même arme à chaque fois.
L'angle de tir est le même, et le tueur a pris soin
de ne laisser aucune trace ADN ni empreinte
sur les balles. -C'est pas fréquent.
-Ca suffit à prouver
que c'est le même tueur ? -Pas sûr.
Mais ne le lancez pas là-dessus... -Suite à ma formation
en balistique judiciaire, l'année dernière,
dans le 55, la Meuse...
Il y fait froid, en novembre. Enfin, bon...
Je peux expliquer
que l'angle d'incidence et l'angle de réflexion sont similaires.
Et le chemisage influence beaucoup le coefficient d'élasticité
du projectile. Vous le savez, ça. -Oui !
-Oui ! Sauf que là, ça ne fonctionne pas,
parce que les armes sont différentes.
-Donc, c'est le même tueur avec deux armes différentes.
Bravo. -Merci.
Et on a retrouvé l'ADN de Lebrac
chez Gorlin. -Hein ?
-Oui.
-Donc ils se sont vus avant leur mort.
-Ah oui, oui !
-Vous n'êtes au courant de rien, vous, j'imagine.
-Vous imaginez bien.
Je vois pas pourquoi je saurais quelque chose.
-Hé...
-J'ai relâché Marie-Jeanne Domenico.
Quand Lebrac a été tué, elle n'était pas dans les Caraïbes.
-Demain, on croisera les données des deux victimes.
Ca vous dit, un verre chez moi, histoire de briser la glace ?
-Désolée, j'ai rancard avec un vrai pote.
-Oh...
-Avec plaisir.
-Je vais chercher mes affaires.
Voilà pourquoi
je suis provisoirement seule ici, en attendant Arnaud.
Et toi, les amours ?
-L'homme de ma vie est mort il y a plusieurs années.
Depuis, je me noie dans le boulot.
-Je suis désolée.
Et l'IGPN, c'est une vocation ?
-Non, pas vraiment.
J'y suis entrée après une sale affaire
sur le terrain. J'étais à la BAC.
On a voulu contrôler un gars, il était armé,
j'ai voulu me défendre... Il s'en est pas sorti.
-Je comprends. -T'as connu ça aussi ?
-Non. Heureusement.
Je reviens.
Tu veux du vin, quelque chose à grignoter ?
-Allez.
Non, c'est...
C'est un de mes hommes qui a vécu la même chose que toi.
Je te laisse nous servir.
-Ben oui... On fait pas des métiers faciles.
-Ca... -A tous ceux qu'on a perdus.
Et à ceux qu'on perdra encore.
-Tu es en avance. -Oui, désolée, mais vas-y, finis,
j'attends, tranquille. -Non, viens t'asseoir devant moi,
on va terminer ensemble. -Devant ? Comment ?
Comme ça ?
-Chut...
Donne-moi tes mains.
Comme ça. Tac.
Respire lentement.
Par le ventre. -Quoi ?
-Respire par le ventre. (Fff... Expire...)
Gaëlle inspire et expire. -C'est ça. Dépose-toi.
Gaëlle pouffe. Arrête.
-Je dois ouvrir mes chakras ? -Hm... Il n'y a rien à faire,
il y a juste à accueillir. -Hm !
-La clé, c'est la respiration. Respire...
Gaëlle inspire.
-C'est long. Il n'y a rien de sexuel, en fait,
dans ton truc. -Pas forcément.
Il faut beaucoup de patience pour pratiquer la méditation tantrique.
-Les préliminaires spirituels, c'est pas mon truc.
Ca marche toujours, là-dessous ? -Seules les jambes sont HS,
le reste fonctionne très bien. -Cool.
...
-Jackpot.
Ca, je me le garde.
...
-T'as rien perdu de ce côté-là. -C'est sûr que ça rend créatif.
-Je vois ça.
Téléphone.
... Ah... Ne bouge pas.
Excuse-moi.
Gaëlle rit.
Allô ? *-Je te dérange ?
-Un peu. *-C'est bon,
*j'ai pas besoin de savoir. C'est par rapport à Jonas.
*Il traînait pas mal du côté du port de commerce,
*peu avant sa mort. -Il allait
voir ses collègues ? *-Non,
*il allait sur les quais, le soir. -Attends-moi.
*-Dépêche-toi, je vais pas t'attendre des plombes.
Faut que j'y aille. On se voit demain ?
-Non, je pars faire ma transat.
-C'est aujourd'hui ? -Oui. Je reviens
dans quelques mois. -Profite.
Tu fais signe à ton retour ? -Grave.
Téléphone. -Oh, putain...
...
-Ta mère a appelé 4 fois. -Je sais, elle me soûle.
-Mon plus grand regret,
c'est de pas avoir dit je t'aime à mes parents avant qu'ils meurent.
-Merci
pour la culpa. -Il n'y a pas de quoi.
-A plus.
Elle est déjà là, celle-là ?
...
-Elle cherchait sans doute
un dossier. -Elle peut pas attendre Sainte-Rose
pour le faire ?
Vous m'écoutez pas, là ! -J'ai rien dit, moi.
-Tu me crois pas,
quand je dis qu'elle est bizarre. -Pour une flic de l'IGPN,
elle est sympa. -Elle veut nous embrouiller.
-T'es parano. -Je suis lucide.
-Que veux-tu qu'elle fasse ?
-C'est ça que je sais pas encore. -Ah ! Ben, super.
C'est quoi, ton plan ? -C'est :
on cherche, et si on trouve un truc, on en parle à Etcheverry.
-Pff...
-Vous pouvez pas me faire confiance juste une journée ?
Il parle en créole.
-Phil ? -Oui, moi, je vous suis !
-Bonjour, Dorian.
-Bonjour. -Rien de neuf sur le meurtre ?
-Rien... du tout. J'ai... rarement vu...
autant rien du tout de... -Ca va ?
-Euh... Oui.
-Où sont Crivelli et Aurélien ?
-Aurélie et Crivéllien... Non. Je... Le...
Pourquoi le saurais-je ?
Suis-je concierge ? -Que se passe-t-il ?
-Oh... Ils se sont remis ensemble, c'est ça ?
-Oui ! -Oh...
-Euh... Oui, oui. Ils veulent rester discrets, alors...
-De quoi on parle, là ?
-Aurélien et Crivelli vivent une histoire d'amour compliquée.
Un coup ils sont ensemble, un coup ils ne sont pas ensemble...
-OK... Je vais faire le point avec le proc. A plus tard.
Phil souffle.
-Vous avez une aspirine ? J'ai mal au crâne.
-Je vous donne ça. -Je n'ai pourtant pas
tant bu que ça. -Caféine et paracétamol.
Un comprimé toutes les 4h.
Ca fait des miracles. Attention, quand vous sortez dans les bars.
On ne sait jamais à qui on a affaire
et on se retrouve avec de la drogue dans son verre, sans le savoir.
-En l'occurrence, j'étais chez moi, et avec...
-Bon, oubliez ce que j'ai dit.
-Autant chercher une chaussette propre
dans mon bateau. On sait même pas ce qu'on cherche.
-Hé ! Regarde.
Tu penses que c'est une caméra
de Jonas ? -Oui.
C'est tout neuf,
pas professionnel, ça pourrait être la caméra de Jonas.
-On peut récupérer les vidéos. -Non, il n'y a pas de carte.
Ca devait être relié à son téléphone.
-Génial. On fait comment, du coup ? Ca filmait quoi, ça ?
"MS-EPOMEO".
-Tu vois qu'on fait une bonne équipe.
Oh, l'ambiance ! -J'envoie ça à Phil.
...
*-Oui, commandante ?
-Je sais où vous êtes, Phil m'a tout dit. Crivelli avait raison.
-2 fois en 2 jours ! -Vous êtes sur haut-parleur.
-Ben, elle a compris ! Pourquoi j'ai raison ?
-Il y a un truc pas net avec Clémence.
*-On fait quoi ?
-On va la jouer en finesse, on se retrouve au bureau de Phil.
-Ca marche. -OK.
-Phil ?
-PHIL ?
-Il est pas là... -Phil ?
-Oh...
Que faites-vous ? -Je me cache.
-Pourquoi ?
-Je ne peux plus mentir, si la commandante Gerfaut revient.
-Mais on est là. -Vous avez
trouvé quelque chose ? -Sous le bureau ?
-A propos du cargo.
-Oui. Grâce aux mots-clés "bateau", "port", "MS-EPOMEO",
j'ai su où chercher dans le cloud Jonas Gorlin.
-Qu'as-tu trouvé ? -Un mail envoyé
par Gorlin à Lebrac. Il aurait découvert un trafic de stupéfiants.
Par la marina,
le "MS-EPOMEO". -Clémence
couvrirait ce trafic. Et le meurtrier.
-Elle veut nous empêcher de découvrir tout ça.
-Il y aurait une livraison prévue cet après-midi.
-Génial, on peut les choper en flag.
-Allez-y, j'attends Clémence et je vous rejoins.
-Ca marche.
-On va la confronter à ses mensonges.
-On va faire ça, oui.
-Tu veux pas me dire où on va ? -Non, mais tu vas pas le regretter.
...
-Oui, commandante ? *-Crivelli...
Go.
-(Prêts.)
Go.
Je pensais pas que tu te grillerais aussi vite.
Tes complices vont pas tarder
à te balancer.
Rends-toi.
C'est fini.
Brouhaha.
... -Police !
Baissez vos armes. Tirs.
Baisse ton arme. ...
A terre !
... -Ne bougez pas.
Cris et tirs.
...
-Mains en l'air. ...
-Tu ne bouges plus ! -Baisse ton arme.
-Ca s'est pas trop mal passé. -T'appelles Sainte-Rose ?
-Oui. -C'était costaud.
-Oui.
Elle répond pas.
Où est la bagnole ? -Je la vois pas.
-Putain.
...
-Crie, si tu veux. On n'est pas loin du port.
En revanche, dans la zone, personne ne t'entendra.
Pas mal, Sainte-Rose.
Je t'ai pas vue venir. Tu as bien failli m'avoir.
Lebrac n'a pas été aussi fort.
-Tu as tué Lebrac !
Jonas Gorlin aussi, tu l'as tué ? Tu les as tués sans remords.
Pourquoi tu me tues pas, alors ? On est devenues trop copines ?
-Copines ?
Clémence rit.
Elle est énorme, celle-là.
Hm... Mais tout ça, c'est ta faute, hein !
-Je comprends pas. -Tu comprends pas.
Il y a 10 ans, j'étais aux stups, à Paris.
Et...
Je suis tombée amoureuse
d'un gros trafiquant.
Oui, c'est un peu cliché.
La flic qui tombe amoureuse d'un voyou.
Mais c'est...
le seul homme qui m'ait jamais comprise.
-Il y a 10 ans, moi aussi, j'étais à Paris.
Tu parles de mon interpellation
qui a mal tourné ?
Donc c'est une vengeance parce qu'un
de mes hommes a tué ton mec ? -Prends tes responsabilités !
C'est toi qui as donné l'ordre de mener l'assaut.
C'était ton groupe.
-Si je comprends bien... après la mort de ton homme...
t'as repris son business. C'est ça ?
Tu es venue t'installer ici
pour gérer la plaque tournante du trafic.
Lebrac l'a découvert.
Il a dû rencontrer Jonas lors d'une enquête précédente.
Tout se tient.
-Pour tout te dire,
c'est grâce à Lebrac que j'ai su que t'étais aussi sur l'île.
La cerise sur le gâteau.
-Et donc ?
Tu vas faire quoi ? Me tuer ?
C'est ça ?
-Euh...
Tu me prends pour une conne ? T'essaies de gagner du temps ?
Putain ! Tu me prends pour une conne.
Allez, on va s'amuser un peu.
La roulette russe. Tu connais ?
C'est un peu vieux jeu, mais c'est amusant.
Je te laisse une chance de t'en tirer,
prends-la.
-OK, OK...
...
Ben bravo, Sainte-Rose.
Allez, donne.
Donne !
Allez.
Mais si, c'est reparti !
Allez, on pimente un peu.
Attends, je vais t'aider.
Tu reconnais ?
Bien sûr, tu reconnais.
Ce qui est bien avec les gens qui perdent pas leurs habitudes,
comme toi... Là, j'ai toutes les coordonnées
de ceux que tu aimes. A commencer par tes enfants ou...
Arnaud aussi.
Je peux les tuer. -OK, OK !
-Alors, pense à eux.
Allez !
Tu vas pas me contrarier !
Quand je me serai occupée de toi, je les tuerai tous, un par un.
Clémence rit.
...
*-Crivelli...
*Je l'ai tuée. *-Où êtes-vous ? On arrive.
Je vous avais dit que je la sentais pas,
pourquoi vous m'écoutez jamais ? -J'aurais dû, oui.
-Vous avez failli
y passer, c'est n'importe quoi. Je ferais quoi, sans vous ?
-Euh...
Commandante, pour le rapport,
on a besoin de savoir ce qui s'est passé ici.
-Elle a voulu me tuer
et elle a eu un moment d'inattention.
-Vous en avez profité
pour saisir son arme et... -Oui.
-C'est de la légitime défense,
aucun flic de l'IGPN ne pourra contester ça.
Vous voulez le contact de mon psy ? Celui qui m'avait aidée
après mon trauma. -Ca va aller, merci.
C'est la première fois que...
-Que je tue quelqu'un ? -Oui.
-En tout cas, si vous avez besoin de parler,
on est là pour vous. -Oui.
-Merci.
Je vais rentrer chez moi.
-On va d'abord s'occuper de vous.
Doucement...
S'il vous plaît.
-Venez, madame. -Merci.
-J'espère qu'elle va pouvoir surmonter ça.
...
-"J'ai signé pour vous,
"comme d'hab."
"Office notarial, Maître Annu."
"M. Radcliffe Justin,
"né à Liverpool, décédé à Londres...
"Dispositions testamentaires..."
Mais c'est qui, ce Radcliffe ? Téléphone.
...
Oui, maman. *-Enfin ! Tu as reçu
*la lettre du notaire ? -Oui. C'est qui, Justin Radcliffe ?
*-Je t'expliquerai. J'arrive la semaine prochaine.
-Quoi ? *Tonalité.
Allô ?
Cette habitude de raccrocher au nez, ça me soûle.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
...
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