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Inspiration profonde
Vocalises
- Un, deux. Un, deux, trois. Un, deux. Un, deux.
Bonjour, madame. Bonjour, mademoiselle.
Bonjour, messieurs.
Vocalises
Un, deux. Un, deux. Un, deux, trois. Un, deux.
A, E, I, O, U, Y, A, E.
Vous voyez une différence, là ?
- Légère, oui. Pas vous ?
- Si, mais je pensais que ça serait plus flagrant.
- Vous êtes tous aussi impatients.
Allez, on arrête de parler deux minutes.
13/8. Parfait.
Vous avez pu en parler à votre mari ? - Oh, pas encore.
Je trouve pas le bon moment.
- Il n'y a pas de bon moment. - Je sais.
J'attends la fin de son mandat.
Téléphone
Quand on parle du loup.
-Allô ? - Oui ?
-Ça va, ma chérie ? Je risque de tarder un peu.
- Je suis encore à Boulogne. Je finis une course.
-On attend la mariée, pour changer, comme d'habitude.
À tout de suite. Je t'aime. -À tout à l'heure.
Vous avez raison. Ça peut pas durer.
Je dois lui dire la vérité. - Mais oui.
Ça vous soulagera.
Tenez...
Les coordonnées
d'un groupe de parole.
- Merci.
- Je vous ai connus comme ça.
Et vous, Sabrina, on m'a dit
que vous avez rencontré Kévin au carnaval de Dunkerque.
Ce carnaval est la meilleure
agence matrimoniale de la région.
Pour ceux qui s'en souviennent le lendemain.
Rires Allez, blague à part,
vous avez choisi le jardin du mariage pour y planter votre amour
et le voir s'épanouir.
C'est le plus bel engagement
qu'un homme et une femme
puissent prendre.
Je vais vous demander de vous lever.
Sabrina,
Kévin,
je vous déclare mariés !
Musique enjouée
Acclamations
Je l'ai trouvé émouvant, ce Kévin.
Je l'ai connu comme ça. Tu as eu ton logement, toi ?
- Au parti, ils sont furieux
que tu te représentes pas sous leurs couleurs.
Ils menacent de t'exclure. - Eh ben, qu'ils le fassent.
Ils sont déconnectés, à Paris.
- Bonjour, monsieur le maire. - Bonjour.
J'ai failli perdre avec leurs errements
sur le mariage pour tous
et ils en rajoutent une couche en restant flous sur la PMA.
Alors crois-moi, on sera beaucoup plus crédibles
sans aucune étiquette
pour défendre nos valeurs.
- Tu fais quoi, maintenant ? - Je dois déjeuner avec Édith.
- T'en profites pour lui dire que tu te représentes.
- Compte sur moi. -À tout à l'heure.
- Au revoir ! - Bonne journée.
-Ça va, Édith ?
Une petite coupe ?
- Non, merci, c'est gentil.
Si, je vais prendre
un whisky.
- Bonjour, monsieur le maire.
- Bonjour. Bon appétit.
Bonjour, ma chérie. - Bonjour.
- Monsieur le maire ?
- Monsieur Dufour !
- Je voulais vous parler du dos d'âne
en bas de chez moi. - Oui...
- Il fait un boucan d'enfer. On dort plus.
- C'est pour la sécurité des enfants.
Il faut choisir : sécurité, tranquillité.
- Je vais le détruire.
- Non, non. Je passe chez vous et on arrange ça.
Hein ? Bon appétit.
Ah là là !
Quelle journée ! T'imagines pas.
Ça va, toi ?
Ce matin, j'ai marié Kévin.
La semaine d'avant, c'était Mia, l'aînée des Dubois.
L'autre semaine, c'était Timéo.
Timéo...
Que des prénoms exotiques. Ils ont honte d'être français ?
Je vais choisir les plats. Là, au moins, pas de polémique.
- Bonjour, Jean.
- Tout va bien ? - Bien, merci.
- Tu bois du whisky ?
- C'est pas toujours facile
d'être la femme du maire.
- Heureusement, c'est bientôt fini. N'est-ce pas ?
- Je vais peut-être prendre un whisky, moi aussi.
Quand je pense que le fils des Vasseur veut prendre ma mairie...
Pour quoi faire ?
Pour nous obliger à rouler en trottinette électrique ?
C'est épouvantable, je t'assure.
Je t'ennuie ?
- J'ai quelque chose à te dire. Quelque chose de très important.
Vibreur
- Attends, je le ferme. Voilà.
Je t'écoute.
- Alors voilà...
Lorsqu'on s'est rencontrés, on était jeunes.
Et puis, Marie est arrivée, puis Pierre, Luc.
J'étais très amoureuse de toi, mais pour être tout à fait honnête,
je me cherchais encore.
Je ne savais pas qui j'étais.
Et pendant tout ce temps, j'ai rempli mon rôle de mère et d'épouse
du mieux que j'ai pu. - Je sais. Tu es formidable.
- Ce n'est pas ça que je voulais dire.
C'est... C'est juste que je me suis oubliée dans tout ça.
Pire, je me suis niée.
-"Niée" ? T'y vas pas un peu fort ? - Non, Jean.
Il est temps que j'assume mes désirs.
- T'as rencontré quelqu'un ?
Quand une femme déclare à son mari qu'elle veut assumer ses désirs,
c'est qu'un homme est derrière tout ça.
- Si tu veux. On peut dire ça comme ça.
- C'est qui ?
- Il est assis en face de toi.
- Il me gonfle,
avec ses petits airs...
- Dufour ?
- Mais non. Mais...
- Ben, qui, alors ?
- C'est moi, Jean.
Je suis un homme.
Et je l'ai toujours été.
- C'est une blague ?
- Non, je suis très sérieux.
- Tu me fais peur.
- Si ça peut rassurer, je t'aime toujours. Ça ne change rien.
- C'est gentil.
- Depuis que je suis toute petite, j'ai... j'ai lutté.
J'ai joué la comédie, j'ai refoulé ma vraie nature,
mais ça, ça bouillonne en moi.
Je n'y peux rien, c'est dans ma chair, dans mes veines.
Je suis un homme.
- Je m'en serais rendu compte. T'es une femme, enfin.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Mais tout. Ton prénom, tes seins... Je sais pas.
Peut-être le fait que t'as accouché, quand même, non ?
- Tu ne t'arrêtes qu'aux apparences.
C'est pas parce que j'ai un sexe de femme
que je ne peux pas être un homme. - Parle moins fort.
- Tu as peur de ce que pourraient penser tes électeurs.
C'est exactement pour ça
que j'ai voulu te le dire en public.
Comme ça, tu vas m'écouter, sans hurler.
- Ce que tu dis est délirant et c'est contre nature, en plus.
- Il y a plein d'exemples, justement, dans la nature.
Il y a des poissons
qui changent de sexe plusieurs fois.
Le mérou peut commencer sa vie en tant que mâle
et la finir en femelle.
Et je te parle pas des escargots, qui sont les deux.
- Tu te prends pour un mérou ?
- Le monde change, Jean.
- J'en ai assez entendu.
Tu vas prendre une douche, un calmant,
et tu vas arrêter avec ça.
Sinon, je t'envoie chez les dingues.
Un mérou...
-Ça va, Édith ?
Tout se passe bien ? - Très bien. Un autre whisky.
Musique rythmée
- Bonjour, monsieur le maire. Bien mangé ?
- Oui, Sylvie.
- Bonjour, monsieur le maire. - Bonjour.
- Je te dérange, Jean ?
- Entre, Francis. Entre.
- Venez.
Alors je te présente Thomas Gervais, dont je t'ai parlé, déjà.
Il va nous filer un coup de main sur la com.
Il maîtrise les nouveaux outils.
C'est un as, paraît-il, des... réseaux sociaux.
- Oui. Mais rien ne vaut
le contact humain.
Un bon serrage de paluche, et surtout, apéro chez l'habitant.
- Les deux sont complémentaires, Jean.
- Voilà, j'ai... J'ai étudié
le profil sociologique
de la commune et je pense savoir sur quel secteur
vous devriez vous positionner.
- Je pense connaître mes électeurs mieux que personne.
Alors les méthodes 2.0, on va se calmer. D'accord ?
- Jean, on a besoin de sang neuf.
Surtout cette année, la concurrence est coriace.
- Elle l'a toujours été et j'ai gagné.
- Ton électorat vieillit à vitesse grand V.
Beaucoup sont au cimetière, d'ailleurs.
Si tu veux passer,
tu dois séduire les jeunes.
- Et pour ça, il faut changer le logiciel.
- Le monde change.
- Vous me faites chier, avec votre monde qui change ! Merde !
-Édith a mal pris que tu te représentes ?
J'en étais sûr.
Faut jamais rien promettre à une femme.
- Je lui ai pas encore dit. C'était pas le bon moment.
- Elle risque de l'apprendre par La Voix du Nord.
Bon. Qu'est-ce que je fais de lui ?
- Tu l'engages si ça t'amuse,
mais moi, je te préviens, je parle comme je le sens.
- Mais oui, Jean. Je te connais. À tout à l'heure.
-À tout à l'heure.
Musique légère
Édith ?
Claquement
Musique intrigante
Qui est là ?
- Bonsoir, Jean.
- Putain ! Tu m'as fait peur.
- Je sais que c'est déstabilisant pour toi,
j'en suis désolé,
mais il va falloir t'y faire, Jean. Je suis un homme.
- Qui t'a foutu cette idée dans la tête ?
Qui t'a foutu ça dans la tête ?
C'est ton partenaire
de golf à la con ?
- Je n'ai besoin de personne. - Vous aimez foutre
ma campagne en l'air ?
- Quelle campagne ? Ton mandat se termine, non ?
- Je voulais justement t'en parler à midi.
J'ai décidé de me représenter.
Tes délires sont très malvenus.
- Et notre tour de France en camping-car ?
- Tu crois que je vais aller bivouaquer avec un travelo ?
- Pauvre type. Tu m'avais promis. C'est dégueulasse.
- Qu'est-ce qui est le plus dégueulasse, dans tout ça ?
Où tu vas ? - Digérer l'info.
- Je t'interdis de sortir
dans cette tenue !
- C'est pas la 1re fois que je sors comme ça.
- Comment ça ?
- C'est même ce qui m'a permis de tenir.
Une vraie bulle d'air.
Le regard d'inconnus, hommes ou femmes,
qui me voient tel que je suis vraiment : un bonhomme.
- Je vais te faire enfermer. - Une fois,
tu m'as bousculé et tu m'as dit : "Pardon, monsieur."
- Je vais te faire enfermer !
- Lâche-moi !
- Je t'interdis...
- Lâche ! Coup et cri étouffé
- Mais tu m'as frappé.
Je t'en prie !
S'il te plaît, Édith !
Édith !
Édith ! Édith, reviens tout de suite !
Bonsoir.
- Tout va bien, monsieur le maire ? - Non, c'est parce que...
Musique intrigante
- Que fais-tu là ? On a prévu une virée ?
- J'ai tout dit à Jean.
- Non !
Excuse-moi, mais je...
J'y croyais pas. Mais viens, on va fêter ça.
- Non, j'ai pas l'esprit à la fête.
Jean a très mal réagi.
- Tu m'étonnes.
J'aurais trop aimé voir sa tronche.
- J'entends un bruit, je me dis : "C'est un voleur."
J'ai fait toute ma campagne sur ça.
J'ai peur, une angoisse me prend, et qu'est-ce que je vois ?
Édith habillée en garçon.
En mec, avec moustache, tout. Tout.
Une dingue. Une dingue.
Je lui dis...
Ça te fait marrer ? - Oui. Enfin, non. C'est...
C'est cocasse, tu avoueras.
-"Cocasse" ? Pour moi, c'est un drame.
Tout ce que j'ai construit est en ruine.
Tout, mon couple, mon futur mandat, ma vie.
- Ne dramatise pas.
C'est sûrement passager. Je la connais, Édith.
Elle doit faire une espèce de burn-out de la femme au foyer.
- Mais depuis que les enfants sont grands,
elle s'occupe juste de son association
et elle va jouer au golf avec son copain pédé.
Alors ne me parle pas de burn-out.
- Ou alors, c'est la ménopause.
Tu sais, il y en a beaucoup qui pètent les plombs.
Regarde la femme de Pouillard, le notaire,
elle a tout plaqué pour aller s'occuper des girafes au Botswana.
- Il a du bol, Pouillard.
J'aurais préféré être plaqué pour une girafe.
Tu te rends compte ? Tout le monde va se foutre de ma gueule.
- Non, attends. Rien n'est perdu.
Personne n'est au courant.
- En 40 ans de vie commune, j'ai rien vu venir.
- Elle aimait les tripes, quand même.
Ça aurait pu... t'alerter.
Musique intrigante
-Oh là là ! Maman va transformer Marie en sirène.
-Tu lâches ta caméra ? Viens jouer.
-C'est pas ma faute si t'es belle. *-Arrête de dire n'importe quoi.
Allez ! Viens jouer.
Tu cherches un indice
qui t'aurait échappé ?
Musique douce
C'était à La Baule.
- Ouais, à La Baule.
À l'époque où je pensais qu'on était une famille unie
et où je croyais que t'étais une femme heureuse.
- Mais on est toujours une famille.
Jean, je ne peux pas m'imaginer vivre sans toi.
Je t'aime et je sais que tu m'aimes.
On peut vivre cette aventure ensemble.
J'ai un marché à te proposer.
- Quel marché ?
- Je suis prêt à mettre en veilleuse l'homme qui est en moi
le temps de ta campagne.
Mais attention, une fois les élections terminées,
je ne me cacherai plus et je reprendrai ma transition.
Comme ça, tu auras le temps de te faire à l'idée.
- Ta "transition".
Mais comment tu peux imaginer, même une seconde,
que je puisse me faire à cette idée ?
Non, mais, tu t'es regardée, là, comme ça, dans ton déguisement ?
- Tu comprends rien.
C'est quand je suis en femme que je me sens déguisé.
Dieu m'a conçu avec un vice de forme. - Un vice tout court.
- Il est temps... que je répare cette erreur.
- Laisse Dieu en dehors de tout ça.
Je n'accepterai jamais !
Voilà !
Jamais !
Et les enfants, qu'est-ce que tu vas leur dire ?
Qu'ils ont deux pères ?
- Mais ils comprendront,
tu verras.
- Moi, j'en ai marre.
Écoute ! Je vais te dire...
Rien.
Ronflements
- Bonjour, madame.
- Ah !
Bonjour, Brigitte.
Commencez par la chambre, Jean dort sur le canapé.
- Bien, madame.
- Brigitte ?
- Oui. - Arrêtez de m'appeler madame,
ça me gêne.
- Vous voulez que je vous appelle Édith ?
- Non plus, non.
- Ah... Mais alors comment ?
- Je vais réfléchir.
Musique légère
Ah ! Bonjour, Francis.
- Bonjour. Ça roule ?
- Je pète la forme. T'as toujours besoin d'une robe pour le carnaval ?
-À fond, oui. La mienne a pas survécu.
- Bon. Passe quand tu veux.
J'en ai plein à te donner. - Merci.
- Allez, viens.
Elle est complètement timbrée. J'en peux plus.
Musique rythmée
Il s'appelle comment, le fils Martineau ?
- Arnaud.
- On y va. - Tu l'as raisonnée, Édith ?
- Oui, oui.
J'ai obtenu qu'elle mette son délire de côté le temps de la campagne.
- Super. Et après les élections, tu fais quoi ?
- Après les élections ? Je divorce, quelle question !
Y a tromperie sur la marchandise. - T'es pas opposé au divorce ?
- Oui, mais là, c'est un cas de force majeure.
Je me suis marié pour le meilleur et pour le pire,
mais ce pire-là, l'Église l'a pas prévu.
- L'Église a bien évolué. - Pas moi.
Si ça se trouve, Madame est en train de se demander
si elle va pas se faire greffer une saucisse entre les jambes.
- Tu déconnes ? - Mais non.
- Tu devais aller voir un psy.
- C'est elle, la dingo. C'est pas moi.
- C'est pas anodin, ce qui t'arrive.
Parles-en à quelqu'un.
- Pour que ça se répande en ville ?
- Ils sont soumis au secret professionnel.
- Y a pas de secret professionnel quand ils ont un coup dans le nez.
Il s'appelle comment, le fils ? - Arnaud Martineau.
- Voilà.
Ça... Ah, ah, ah !
Bonjour.
Cloches
Condoléances.
Toutes mes condoléances. - Merci.
- On pourrait se voir au sujet de mon permis de construire ?
- Avec plaisir. Comptez sur moi. Toutes mes condoléances.
Bonne journée quand même.
- Monsieur le maire ? - Oui ?
- Vous allez vous représenter ? - Tout dépendra
de l'attente de mes administrés. Je veux pas faire le mandat de trop.
- Moi, je voterai pour vous.
On sait ce qu'on perd, mais pas ce qu'on gagne.
Elle tousse. - Couvrez-vous, rentrez vite.
Prenez un masque, on n'est pas à l'abri.
Faudrait qu'elle tienne jusqu'aux élections.
- Viens, on va boire un coup. - Allez, volontiers.
- On a quoi après ?
Musique rythmée
- Tu t'es pas coupé les cheveux ?
- J'ai passé un accord avec Jean.
Je repousse ma transition jusqu'aux élections.
- Tu te dégonfles, ouais ?
- Non. Je peux pas lui faire ça juste avant sa campagne.
- Tu le fais encore passer avant toi.
- C'est ça ou je le perds définitivement.
Puis 3 mois de plus ou de moins, qu'est-ce que c'est ?
J'ai bien attendu 50 ans.
- Ton traitement, t'en prends pas un peu trop ?
- Alors ?
- On va commencer par le commencement.
On va créer une page Facebook, des comptes Instagram, Twitter
et TikTok. - Comptez pas sur moi
pour faire mumuse avec ces conneries. - Vous inquiétez pas.
Vous aurez rien à faire.
- Jean, on en a parlé, hein ?
Il faut se mettre à la page, maintenant.
- Pour lancer votre campagne, il faut qu'on fasse une vidéo,
qu'on partagera derrière,
ça peut devenir viral.
- Excellent, ça. - Merci.
- Pour le côté proximité, on peut la faire chez vous.
On vous met en cuisine, vous préparez quelque chose.
Ça serait pas mal.
Comme ça, on voit l'homme dans son habitat naturel.
Ce serait cool que votre femme
soit avec vous sur la vidéo.
- Ah...
- Ma femme n'aime pas du tout s'exposer.
- C'est dommage
parce que c'est vrai que les gens, ils aiment bien
l'image d'un couple uni,
le côté "gossip" qui plaît beaucoup à l'électrice.
- Regarde Brigitte Macron, elle s'est investie dans la campagne.
- Je vais lui en parler, mais je ne vous promets rien.
- J'ai étudié vos adversaires.
Je pense que
le plus dangereux, c'est Cédric Vasseur.
Il représente la jeunesse,
le changement, la modernité...
- L'inexpérience, surtout.
- Mais oui, oui.
Il faut travailler là-dessus : l'inexpérience.
Peut-être qu'il a d'autres failles, ce Vasseur, si on cherche bien.
- Oui. - Vous le trouvez pas
un peu précieux, vous ?
- C'est-à-dire ?
- Il serait de la fanfare
que ça m'étonnerait pas.
- Enfin, homo.
- Oui, oui, je l'avais. - Oui. Alors ?
C'est tout de même une faille, ça, à exploiter.
Hein ? - Alors ?
- C'est pas une faille.
C'est pas un handicap.
- Peut-être chez vous, mais ici...
- La Gay Pride est pas encore arrivée. - Pas-de-Calais.
- Tout de même, c'est pas le Marais, ici.
- Pardon. J'ai pas l'habitude de parler en public.
- Personne te jugera. On est tous passés par là.
- Alors voilà, si je suis là,
c'est que... après des années
d'hésitation,
j'ai décidé de franchir le Rubicon et d'être ce que j'ai toujours été.
Un homme.
Claquements de doigts
- C'est quoi, un Rubicon ? - Je t'expliquerai.
- Merci. - Tu peux enlever
tes lunettes.
Ici, on est entre nous.
- Y a pas de tabou.
- Voilà.
- Je me pose des questions.
Euh, par exemple, je me suis toujours senti un homme
au plus profond de moi.
Mais paradoxalement, je n'ai jamais été attiré par des femmes.
C'est normal ?
- Il n'y a pas de normal ou pas.
Faut pas confondre l'identité de genre avec l'orientation sexuelle.
T'as des personnes trans qui sont hétéro, gay,
bi, pan... Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
- Il y a des personnes qui sont asexuelles,
aromantiques,
et des personnes trans non-binaires,
fluides, bigenres,
trigenres, polygenres...
- Oui, on sait. Rires
Mais pour le nouveau,
on va garder les choses simples.
- Bon. Donc moi,
je suis quoi ?
- Tu te définis comme un homme qui aime les hommes.
On peut dire que tu es gay, par exemple.
- Ah oui, gay. Oui, je suis sotte.
Enfin, idiot, je veux dire.
- Trop mignon, le bébé trans.
- Oui, euh...
Moi, c'est Carole.
T'as fait ton coming out auprès de ta famille, tes amis ?
- Oui, j'en ai parlé à un ami qui me soutient.
- Oui. - Et à mon mari, mais...
qui a très mal réagi.
- Ah. - Ah, ben, ça,
les hommes cisgenres...
Il faut du temps
pour qu'ils acceptent.
- Les hommes "cisgenres" ? - C'est les personnes dont
l'identité de genre correspond au genre qu'on leur a assigné
à la naissance. - C'est-à-dire ?
- Un homme qui se sent homme et qui a un zizi.
Comme ton mari, c'est un cisgenre.
- D'accord. J'apprends plein de choses.
C'est super.
- Tu vas prendre des hormones ?
- J'ai commencé. - Ah !
- Mais le problème, c'est que j'aimerais avoir un corps d'homme,
mais en même temps,
j'aimerais rester avec mon mari
et avoir des relations avec lui.
C'est bizarre, non ? - Non.
Toutes les combinaisons sont possibles.
- Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
- L'essentiel, c'est d'être en accord avec soi-même.
C'est ton corps, tes choix.
Et, je ne sais pas si tu veux en parler, Serge...
- Oui. Salut. Moi, je voulais avoir un enfant
et je voulais le porter. C'était important pour moi.
Du coup, j'ai gardé mon utérus et mes ovaires,
j'ai arrêté les hormones et je suis tombé enceint.
Et être un mec, ça ne m'a pas empêché de bien vivre ma grossesse.
Claquements de doigts
- Si je peux te conseiller pour te sentir mec,
adopte des attitudes plus viriles,
écarte les jambes quand tu t'assois,
fréquente les bars, tu peux cracher...
- Les clichés ! Il y a des hommes efféminés.
- Les mecs trans préfèrent ressembler à Brad Pitt
qu'à Stéphane Bern.
- C'est homophobe. - On est des mecs ou pas ?
- Adam ! - Je le trouve pas très viril,
Brad Pitt.
- On s'éloigne du sujet.
On essaie de donner des conseils ?
- Pour tes seins, tu peux mettre un binder
pour aplatir ton torse.
Si je peux me permettre,
trouve-toi un prénom masculin.
Ça, ce serait
une 1re étape.
- Bonne idée.
- Pour l'association, certains trouvent qu'En-Trans
est un peu trop connoté
négatif.
On pourrait changer
pour Air-Trans ?
- Et pourquoi pas
Trans Info ou Trans Culture ?
Rires
- Ou Trans-Mission.
-Ça fait voiture.
- Tu transmets les informations. C'est le but
de l'association. - Genre l'héritage.
- Merci, Karine.
- Et puis, voilà. Bienvenue. - BIENVENUE.
Claquements de doigts
- Merci.
Au revoir. - AU REVOIR.
Musique douce
Discussions au loin
-Édith !
T'es en voiture ? - Oui.
- Tu passes par Gravelines ?
- Je peux faire un crochet. - Super. Merci. Salut.
Il faut pas t'inquiéter pour ta transition.
Ça peut se passer dans la joie.
Moi, ça a été comme une seconde naissance.
- Ah oui ?
- Attention.
- Ton entourage, ça a été ?
- Ouais, à part mon mec, qui l'a très mal pris.
Plus binaire, tu meurs.
- Vous êtes toujours ensemble ? - Non.
Mais ça va, maintenant, on est potes.
- Tu travailles ?
- Oui. Je suis agente d'entretien à la centrale nucléaire.
- Et tes collègues, ils savent que tu es trans ?
- Oui, ils m'ont connue avant.
- Ils l'ont bien pris ?
- Au début, j'avais le droit aux grosses vannes salaces.
L'ambiance à la centrale, c'est comme dans une caserne.
Mais bon, maintenant, ça va. Je suis bien acceptée.
Il y en a même qui me draguent.
- Ah bon ? - Oui.
Les gens sont plus ouverts qu'on ne croit.
Pas au loin
Musique intrigante
- Comment ça va, monsieur le maire ?
- Bien.
Très bien.
- Les élections se présentent bien ?
- Oui. Tous les voyants sont au vert,
mais on ne peut pas contrôler le choix des électeurs.
- Il faut accepter que certaines choses nous échappent.
- Oui.
Justement, je... Je voulais vous parler de...
D'un ami. On peut peut-être s'éloigner de l'autel ?
- Bien sûr. - Voilà...
Mon père, j'ai un ami qui est en plein désarroi
à cause de sa femme.
J'aimerais beaucoup l'aider, mais... je n'y parviens pas.
Peut-être vous pourriez m'éclairer ?
- Mais je vous écoute.
- C'est pas très catholique. - Parlez sans crainte.
- Bon, alors... Comment vous dire ça ?
La femme de mon ami,
prétextant que Dieu l'a affublée d'un corps qui ne correspondait pas
à son identité sexuelle...
a décidé d'en changer
et de, de, de, de... devenir un homme.
Ça, je vous avais prévenu.
Et face à cette folie, et le mot est faible,
eh ben, mon ami est pris dans un atroce dilemme.
Moi, je lui conseillerais bien de divorcer, mais vous ?
- Non.
Ce n'est pas une solution. On ne soigne pas le mal par le mal.
Quant à la femme...
C'est une brebis égarée.
Dieu seul décide de notre apparence.
C'est la seule voie, mon fils.
À moins que cette femme soit possédée par le diable.
Il faudrait faire appel à un exorciste.
- C'est parfait.
Et puis après, tu peux te mettre là.
- Là ? - Oui, y a pas de souci.
Là, c'est parfait. Merci beaucoup.
- Mais tu loges à la centrale ?
- Non, je travaille de nuit.
- Ah, pardon. J'avais pas compris ça.
-Écoute, tu as mon numéro, t'hésites pas.
Si t'as la moindre question, pas de souci.
Faut qu'on s'entraide, c'est la base.
- D'accord.
-À bientôt, mon beau.
Air doux au piano
Édith crache.
- De mieux en mieux. C'est la grande classe.
Tu devais pas le mettre
en veilleuse, le type qui est en toi ?
- J'ai passé ce marché avec toi pour ne pas entraver ta campagne.
Ici, je fais ce que je veux.
À partir de maintenant, je m'appelle Eddy.
-"Eddy" ? On touche le fond, là.
- Peut-être que tu touches le fond,
mais moi, pour la 1re fois de ma vie, je sors la tête de l'eau.
- Je serai pas complice
de ta folie.
Mais c'est quoi, ça ?
- C'est la tombe d'Édith. Je l'ai enterrée tout à l'heure.
-Ça va. Ça va très, très bien. Tout est OK, tout est normal.
On mange quoi, ce soir ?
Tu sais comment on nous appelle ?
Tu sais ce qu'elle me sort ?
"Eh ben, toi, t'es comme moi, t'es un cisgenre."
- Un "cisgenre" ? Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un mec ou une femme qui sont contents de ce qu'ils sont.
Le mec qui est content d'être un mec.
Et une femme qui est contente d'être une femme.
- Il fallait un nom pour ça ?
- C'est ce que je lui ai dit.
- L'important, c'est de pas la braquer.
On a besoin d'elle.
- Tu te coltines pas ses délires. Elle est complètement timbrée.
Elle débloque totalement.
- Hé, tu sais quoi ? Fais comme elle.
Fais ta transition à toi.
Tu te mets dans la peau d'un type ouvert, cool, bien-pensant.
Laisse tomber, y a trop de boulot.
Ronflements
Musique légère
-Salut !
On se retrouve pour une nouvelle vidéo
sur comment on met un binder.
Alors, le binder, ça sert à quoi ? C'est un vêtement...
- Bonjour, Édith. Il reste du café ?
-...de donner l'illusion d'un torse plat.
Il y a plusieurs types de binders...
- J'ai dit : "Bonjour, Édith."
- Oh !
Mais je ne vois pas d'Édith, ici.
- Pardon, excuse-moi.
C'est nouveau pour moi. Il faut que tu sois indulgente.
-"Indulgent", Jean.
- Tu veux que je te dise ? Tu me les brises menu !
Voilà. Ça te va, comme accord ?
- Si tu veux que je m'implique, il va falloir faire un effort.
C'est donnant-donnant.
Interphone - On attend quelqu'un ?
- C'est mon coach.
J'ai décidé de me remettre en forme.
- Je vais ouvrir, madame ? Euh...
Je vais...
Je vais ouvrir ?
- Oui.
- Qu'est-ce qu'elle a, elle aussi ?
-"En avant comme avant !" Qu'est-ce t'en penses ?
- C'est très bon.
"En avant comme avant."
Dans "en avant", il y a la notion de volonté,
de modernité, de changement,
et dans "comme avant", eh ben, c'est la notion de continuité...
- On repart. Gainage. - Attends une seconde.
Vous pouvez pas baisser ?
Moi, je bosse, là, quand même !
Musique R'n'B - Excusez-moi.
- Mettez une musique française, au moins !
-T'es là ?
- Elle fait du cardio-training ou je sais pas quoi.
Elle est avec un mec.
Je sais plus ce qu'elle fait. Je te laisse.
J'ai ma fille sur l'autre ligne. *-Ça roule.
- Allô ? *-Coucou, papa. Ça va ?
- Bonjour, Marie. Ça va ?
-Pour la fête des mères, t'as une idée de cadeau ?
- Tu me prends un peu au dépourvu, tu sais.
Je suis pas sûr qu'elle ait envie qu'on lui fête cette année.
-Pourquoi ?
- Elle est fatiguée. Oui, elle est très fatiguée.
Et moi, j'ai ma campagne à gérer.
-Mais on a toujours fêté la fête des mères.
- Oui, mais le monde change, Marie. Tu comprends ?
Il faut... Il faut s'y habituer.
Le monde... change.
Claquement Halètements
- Chérie ?
Je viens d'avoir notre fille
au sujet de la fête des mères.
- Pourquoi tu souris ?
- J'ai hésité à lui dire qu'elle avait plus de maman mais deux papas.
- Je t'interdis
de leur annoncer.
C'est à moi de le faire.
Uniquement à moi. OK ?
- Je ne t'ôterai pas ce plaisir.
N'oublie pas que demain, nous avons
une vidéo.
Je compte sur toi pour être un minimum féminine, Édith.
- Oui, oui, t'inquiète.
- Qu'est-ce que je dois faire ?
- Montre les ingrédients, déjà, à la caméra.
- Ouais, bien inclinés,
qu'on voie bien ce qu'il y a dedans.
- Je suis pas Maïté, quand même.
- Non, mais c'est furtif.
- Et voilà !
Ça vous va ?
C'est assez féminin ?
- Oui, pour le coup, oui.
Mais c'est peut-être un poil trop, non ?
- Oui. J'imaginais quelque chose de plus discret.
- Je sais pas, mettez-lui un tablier.
Allez, un petit tablier. Tu te mets à côté de moi ?
Voilà. Tu enlèves tes lunettes, s'il te plaît.
Après, tu prends une pomme de terre et tu l'épluches.
-Édith... - Merci.
- Bon, allez, allez. On va pas y passer la nuit, quand même.
- Encore une petite minute...
Hop !
- Bon.
- Et voilà.
- Tu peux venir voir ?
Il y a comme un petit duvet, là. - Jean !
Tu peux venir ?
- Qu'est-ce qu'il y a, encore ? C'est pas possible.
- Une petite moustache, là.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Oui, ça se voit beaucoup. Attendez, je vais lui parler.
Édith, tu peux venir une seconde ?
Ton duvet, tu peux le décolorer ou l'épiler ?
- Tu rigoles ? Je ne m'injecte pas de la testostérone
pour raser le peu de poils que j'ai réussi à obtenir.
- Tu t'envoies des cochonneries qui vont bousiller ta santé ?
T'es cinglée ?
- Pas du tout, enfin. Je suis suivie par une endocrinologue.
- Putain de merde.
J'en ai marre.
Bon. Elle refuse catégoriquement.
On fait quoi ?
- On peut peut-être retoucher la vidéo ultérieurement ?
- Oui, on peut. Mais là, c'est image par image.
Ça va coûter un bras. - Filmez-la de dos ou dans l'ombre.
C'est votre idée, merde !
- Bon. Allons-y.
- On a le sourire. Hein ? Prêts ?
Ça tourne au son ? - Ouais, ça tourne pour moi.
- OK. Action !
- Bonjour.
Le dimanche, Édith et moi,
nous profitons du jour du Seigneur pour faire des moules frites.
C'est un moment très important,
d'une grande intimité.
- Oui, on échange
et je lui rapporte
l'humeur des Montreuillois que j'ai rencontrés dans la rue,
au café
ou au marché. Je suis ses yeux et ses oreilles.
- Nous formons une team de choc.
Et d'ailleurs, c'est un peu Édith
qui m'a... qui m'a...
qui m'a...
qui m'a donné l'idée de me représenter. Voilà.
- Coupez ? - Ouais, ouais.
- Bon, ça va, quand même. - Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est la communication...
- On y retourne tout de suite. Peut-être un peu plus de...
De joie, quoi.
- Allons-y, alors.
- Une bière, peut-être ? - Bonne idée, ça.
- On y va.
Bravo, Francis.
Et on montre notre détermination.
- Voilà. En avant comme...
- AVANT ! - J'entends rien !
- EN AVANT COMME AVANT !
- Super.
- Bonjour. Bonjour, madame Bruno.
- Bonjour, monsieur le maire.
- Lui, c'est ? - Gabriel.
- Et le petit ? - Timothée.
Musique légère
- Quand tu te rases,
tu utilises un rasoir électrique ou tu le fais à la main ?
-À la main, mais t'en es pas encore là.
- Regarde.
- Hé ! Ça pousse.
- Ah ! Voilà le charcutier.
- Monsieur le maire !
Vous goûtez ? - Eh ben ! Comment refuser ?
C'est remarquable.
C'est pour ça que je me bats,
pour ce savoir-faire. Vous allez voter ?
- Pas sûr.
Les gus de votre parti,
on sait plus s'ils sont de droite.
Votre concurrent !
"Cédric Vasseur, pour un monde meilleur."
- Ah !
Il paraît qu'il serait de la planète homo.
- Il est marié.
- C'est une couverture.
- Il peut claquer tout le budget de la commune pour la Gay Pride.
- Oh ! - Tout le budget.
- Pas de ça chez nous. Je suis donneur, pas receveur.
- Exactement. Bonne journée. Allez, au revoir.
Prenez des notes.
Ah ! Comment elle va ?
Musique douce
- Ah ! Ça sent fort. Ça pique.
- Maintenant, tu rases.
Regarde-moi. Et tu fais tout doucement.
Là, tu pars de la narine.
Vas-y. Non, dans ce sens-là. Doucement.
Tu m'épates. - Voilà.
-Édith, je peux te poser une question ?
- Je ne connais pas d'Édith.
- Oui, pardon, Eddy. Il faut que je m'habitue.
Si tu es un homme,
nos enfants n'ont plus de mère.
- Arrête de faire l'idiot. Ils ont toujours une mère.
Seulement, leur mère est un homme, c'est tout.
- Pas sûr qu'ils le prennent aussi facilement.
- Tu vas vite être renseigné.
- Tu vas leur annoncer aujourd'hui ?
Ah non !
Non, pas maintenant.
On a passé un deal.
- Oui, mais pas au sujet des enfants.
Je peux plus leur mentir. - Pas maintenant !
Ils vont pas
pouvoir le garder pour eux.
Je te parle même pas de ton gendre que je supporte pas.
Édith !
Je te l'interdis.
-C'EST NOUS !
-Édith obéissait, mais Eddy fait ce qui lui plaît.
Plaît, plaît, plaît.
Là !
- BONNE FÊTE, MAMAN !
- Santé, papa.
Maman... - Tchin, tchin.
- Bonne fête.
- Bonne fête... maman.
- Tiens.
C'est pour toi.
Tu mets toujours Shalimar ? Papa a pas su me dire.
- Non, je n'ai pas changé, non.
Merci. - Ben, je t'en prie.
-Ça, c'est nous. - Ah !
"Un week-end
"à l'hôtel de l'Abbaye de Chantelle." Oh !
- Papa m'a dit que t'avais
besoin de repos.
- Tu sais, papa, il exagère souvent.
"Valable pour une personne." C'est que pour moi ?
- C'est un couvent de bénédictines. C'est interdit aux hommes.
- Les hommes ne sont pas admis ? Ah, ben, il n'y a pas de problème.
- Je crois qu'il reste
un petit quelque chose.
- Je crois deviner.
Oh ! Houlà !
Ah ! Oh...
Ouh !
C'est superbe, Luc. C'est... C'est beau.
Merci.
Merci...
- Je me suis inspiré de la Vénus de Botticelli.
- Je vois, oui. - Gros talent, Luc.
- Regarde bien.
- Ah oui, c'est moi.
- Ta psy se régale avec toi, non ?
- Maman est une déesse, non ? - Ah oui, oui, tout à fait.
- Vous m'avez trop gâtée.
Vous m'avez gâtée...
- Maman, faut pas pleurer.
- Pardon. Pardon.
Excusez-moi, mais j'ai...
C'est une année particulière pour moi.
En fait... - On passe à table ?
Ça va, les mamours. On y va.
- Oui, il a raison. Allons manger.
-Ça va ?
- Oui, tout va bien. Tout va bien.
Musique légère
- Qu'est-ce que tu fais cet été, Luc ?
- Le chemin de Stevenson.
- C'est sympa. On avait bien aimé avec ton père.
Et toi, Pierre ? - De la plongée
dans le golfe d'Ajaccio.
Les fonds marins sont dingues.
- Il y a des mérous ? - Beaucoup.
Une zone s'appelle Mérouville.
-"Mérouville" ? Ça fait rêver. Tu trouves pas, Édith ?
- Et vous ?
- Nous, on va pas partir, parce qu'en fait, on a...
une nouvelle à vous annoncer.
Avec Alexandre...
on va devenir parents.
Cachez votre joie. Ça vous fait pas plaisir ?
Maman, tu rêvais pas
d'être grand-mère ?
- Je m'attendais pas à ça, je...
Jean rit.
- Pourquoi tu rigoles ?
- Je rigole pas.
Ça va faire bizarre à votre maman
qu'on l'appelle mamie.
Pas vrai, Édith ?
Mamie Édith.
- Et alors ?
- Moi aussi, j'ai quelque chose à vous annoncer.
C'est pas facile,
mais vous,
la jeune génération, vous comprendrez,
à la différence de votre père.
Voilà. Je suis...
- Qu'est-ce qui m'arrive ?
- Papa ?
- Je crois que c'est un vagal.
- Mais qu'est-ce que t'as ? - C'est un vagal.
C'est un vagal. Attendez. Il faut que ça ressorte.
- C'est à cause de mon annonce ? -Ça n'a rien à voir
avec toi.
Ton père est dérangé, en ce moment.
- La tension est basse, mais à part ça, tout va bien.
Il a juste besoin de repos.
- Guili-guili.
- Eddy Leroy.
Vocalises
Eddy Leroy.
Vocalises
- Dis-moi,
je peux te poser une question ? - Tu m'as fait peur.
- Quand on faisait l'amour,
tu simulais ? - Non, jamais dans ce domaine.
- Il y a un truc que je comprends pas.
Si tu es un homme, comment tu peux avoir envie de coucher avec moi ?
- Parce que je suis gay.
- Oui, évidemment, j'avais pas...
- Je sais que c'est difficile pour toi.
Je comprends.
Mais... On va finir par y arriver, non ?
Musique enjouée
- Salut, Eddy.
T'es carrément super bandant en mec, quoi.
Par contre, ta veste, ça fait maître d'hôtel.
C'est à ton mec ou quoi ?
- Regarde. T'as rien remarqué ?
- T'as mis un binder.
Ça te comprime pas trop ?
- Ben, faut pas que j'éternue.
- J'ai un cadeau pour toi.
Hop !
- Non ! Non !
Je fais quoi de ça ? - D'après toi ?
- Je vais y réfléchir.
- Arrête de faire ton "coinços".
Allez, viens, on va boire des coups.
- Même si c'est pas dans les prérogatives du maire,
vous faites passer que j'étais contre la PMA
et que je suis contre la GPA.
- Et on peut faire aussi
glisser l'idée que si tu célèbres le mariage pour tous,
c'est juste par respect des lois de la République.
- Exactement.
Très bien, Francis. Continuez. Je vous demande pardon.
Allô ? *-Oui, Jean. Je te dérange, là ?
- Un petit peu, oui.
-Je suis en panne, j'ai crevé.
- Eh ben, change ta roue. *-Je sais pas comment on fait.
- Tu sais pas ? *-Non.
- T'es incroyable, enfin.
Tu claironnes partout que t'es un mec.
Eh ben, un mec, ça sait changer une roue.
C'est même le b.a.-ba. *-J'ai peur. Je t'en supplie.
- Appelle un dépanneur. *-Il est pris sur l'A16.
Je t'en supplie, viens. J'ai un peu bu, en plus !
- T'es où ? *-À la centrale de Gravelines.
La route toute droite, là.
-Bon, allez, j'arrive. J'arrive.
Musique intrigante
Putain de merde ! Elle est là.
On peut savoir ce que tu fous ici dans cette tenue ?
- Je faisais du shopping avec une copine.
- Vous achetiez de l'uranium ?
Des combinaisons radioactives ?
Mais ça va de moins en moins bien, toi.
Allez, je me gare.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Ils font quoi, ceux-là ?
Hé ! Zoome un peu sur la 6 pour voir.
Mais c'est quoi, ça ?
- Attends.
Mais c'est Leroy. - C'est qui ?
- Ben, c'est le maire de Montreuil. - T'es sûr ?
- Ma main à couper.
Il a fait installer un dos d'âne devant chez moi.
Qu'est-ce qu'il fout là, ce gland ?
- Ben, écoute, je sais pas.
Il dépanne un pote.
- Allez. Voilà le boulot. Oh, putain !
- Merci. T'es un amour.
- Qu'est-ce que... Mais à quoi tu joues ?
- Mais tu mérites un petit bisou. - Mais...
- Il est pédé ?
- Oh, putain !
Musique enjouée
- Salut, Michel.
Brouhaha
Bonjour, tout le monde.
Salut, Polo. Tu me fais un petit café ?
Frisquet, hein, ce matin.
-À droite, à gauche, à droite, à gauche.
On revient. C'est bien.
Et là ! Et là !
Téléphone
- C'est encore ma fille.
- Non, on bosse.
- C'est urgent. - L'urgence, c'est les pecs.
On pense à la plage cet été.
Musique enjouée
- Bonjour, Sylvie. - Bonjour.
- Bonjour. Allez, les gars. En avant comme avant.
J-20
avant de renvoyer Vasseur dans son bac à sable.
C'est quoi, ces têtes ? Il y a un problème ?
- T'as pas vu la vidéo ?
- Quelle vidéo ?
- Ben, la vidéo, quoi. La vidéo de vous qui...
- Qui quoi ?
- Celle qui...
- Le mieux, c'est que tu la regardes. - Voilà.
Musique sombre
- On peut la faire effacer ?
- C'est un peu tard.
- Les gens disent quoi ?
- Il y a de tout. Il y a pas que du mauvais.
Certains se marrent, d'autres s'en foutent.
Après, je vous cache pas, il y a du "lopette",
il y a du "fiotte".
Ce qui revient, c'est gros "dèp".
- Vasseur ?
- Silence radio. -Ça ne m'étonne pas,
c'est du tout cuit pour lui.
Si encore t'avais trompé Édith
avec une femme... -Ça aurait pas changé grand-chose.
- Mais je suis pas pédé, putain ! C'est Édith qui m'embrasse.
Vous avez vraiment cru que j'embrassais un homme, là ?
Mais enfin, Francis !
Enfin, tu connais son délire,
quand même !
- Mais oui, j'y suis. Bien sûr. Mais oui.
- Moi, j'y suis pas du tout.
C'est votre femme, sur la vidéo ?
- Oui.
- Pourquoi elle est déguisée en homme ?
- C'est pas ça... Je sais pas comment dire.
Vas-y. - Elle a décidé de changer de sexe.
Elle est en pleine transition.
- En transition.
- Mais non !
- Si.
Ça vous fait rire ?
- Non, évidemment.
Pardon.
Maintenant que j'y repense...
- Gardez vos réflexions pour vous.
- D'accord.
C'est pas grave.
On va adapter notre discours. - Quel discours ? Je suis mort.
Soit j'avoue que ma femme est un trans, soit je laisse croire
que je la trompe avec un pédé.
- Monsieur le maire ?
Il y a Lambert, de La Voix du Nord.
Il insiste pour vous voir.
- Je suis mal.
- Il y a rien
de dramatique.
Personne ne parle aux médias.
- D'accord.
- Elle va parler aux médias.
- Il y a tout ? - Oui.
On va vérifier. - Oui. Merci.
Vibreur Désolée, c'est important.
Pardon. Allô ?
- Tu m'as appelé ? *-Je t'en supplie,
dis-moi que c'est pas possible.
- Comment tu l'as su ? *-Tout le monde le sait.
- La vidéo est sur les réseaux sociaux.
- De quoi tu parles ? *-Maman, la vidéo !
Papa qui embrasse un moustachu.
-Un moustachu ?
Je te rappelle.
- Elle l'a pas vue.
Musique intrigante
Interphone
- Oui ?
-Jacques Lambert, de La Voix du Nord. Le maire est là ?
Allô ? - Il est pas là.
-Sa femme est là ? - Non plus.
-Vers quelle heure je....
Interphone
- C'est mon Franck ? Oui, c'est mon Franck.
Téléphone
Eddy ! *-C'est l'angoisse !
- Je me suis bien bidonné. *-Ça me fait pas rire !
- Jean soupçonné d'être pédé. Quel délice !
- Il peut dire adieu à sa mairie.
Je peux venir ?
- Arrête de paniquer. Ramène-toi. Je t'embrasse.
- Et si on disait qu'Édith revenait d'un bal masqué ?
- C'est bien, ça. - Oui. Jean, t'en penses quoi ?
Le bal masqué.
- Il a pas l'air contre.
Sonnette
- Salut, Gérald. Je suis Carole, la copine d'Eddy.
C'est par là ?
C'est super, ici. C'est chez toi ?
- Oui.
- Ben, viens.
Waouh ! Chicos, hein ? Sanglots
Eh ben, alors ?
On m'appelle pas en 1er
quand on a un gros malheur ? - Je suis son meilleur ami.
- Sers-moi plutôt
un petit whisky, là.
Hé !
Assume. T'es un mec, merde !
- C'est pas la question. J'ai bousillé la réputation de mon mari.
- Moi, je vois qu'une solution, faut faire ton coming out public.
-Ça va pas, non ?
Je lui ai promis d'attendre. Tu veux qu'il me tue ou quoi ?
- Mais tu plaisantes ?
Il va te remercier. On le soupçonnera plus d'être pédé.
- Rouler une gamelle à un pédé, c'est plus grave qu'à un trans ?
- Oh, Gérald, sois pas
susceptible.
C'est juste que le trans, c'est Eddy.
Donc il n'y a pas tromperie.
- T'en penses quoi, Gérald ?
-Ça fait 10 ans que j'ai envie que ça se fasse.
Ça finira par se savoir.
- Et toi ?
- Si tu trouves les mots justes,
en expliquant la souffrance que c'est d'être né dans le mauvais corps,
les gens seront touchés.
Et puis ça fera avancer la cause.
- OK.
Musique douce
Mais pas n'importe comment.
- OK.
- On dit qu'elle essayait des costumes pour le carnaval de Dunkerque.
C'est bien, ça.
- C'est plus crédible. - Oui.
- On fait ça toute l'année, ici.
- Pourquoi devant la centrale ?
- Pour voir comment ça bouge, comment...
Dans l'espace... - Va falloir le vendre, ça.
- Plausible. Je le note.
-Ça fait longtemps qu'il est parti. - Oui.
Jean ?
Jean, t'es là ?
Jean ? Verrou
Jean, je sais que t'es là, enfin. Réponds-moi.
- Foutez-moi la paix ! Vous me faites chier !
- On est en train de trouver une solution.
On a des idées super avec Thomas.
- Je ne veux plus voir personne ! Vous me faites tous chier !
-J'ai choisi de vous parler...
- Il veut pas sortir des toilettes.
-...et celle de mon mari.
Vous êtes nombreux à avoir vu cette vidéo
sur laquelle mon mari embrasse un homme.
Mais je tiens à rectifier les choses. - C'est Édith ?
-Jean ne m'a pas trompé. - Non, c'est Eddy.
-L'homme qu'il embrasse,
c'est moi.
Oui, je sais, ça surprend,
mais c'est la réalité.
Je suis un homme et je l'ai toujours été.
J'avais prévu de vous l'annoncer après l'élection
pour ne pas entraver la campagne,
mais cet événement a précipité mon coming out.
Désormais, je m'appelle Eddy,
l'homme que j'ai toujours été au fond de moi.
J'espère que vous n'en tiendrez pas
rigueur à Jean, qui a toujours été un époux formidable.
- Jean, tu m'écoutes ?
- Casse-toi !
- Jean, il y a du nouveau, là.
Édith a fait une vidéo qui circule...
- Elle dit quoi ?
- Tout. Qu'elle est un homme...
Oh ! Arrête tes conneries !
- Alors, il y a pas de réactions ?
- Attends, on se connecte.
-Ça y est.
Hashtag "Eddy la femme du maire" est en top tweet sur Twitter.
Tu fais un carton. T'as des centaines de tweets.
- Mais ils ont rien compris, je suis plus une femme.
- Ouais, mais ils te soutiennent.
- Sur ton Facebook, il y a plein
de commentaires positifs : "Bravo Eddy pour ton courage.
"T'es un exemple pour toutes celles et ceux
"qui vivent cachés à l'intérieur d'eux-mêmes."
Un autre : "Obligé
"de nier son identité pour protéger la réputation de son mari.
"Démonstration implacable de l'intolérance de notre société."
- Waouh ! T'es la nouvelle icône LGBT.
- Laissez-moi, merde ! Je veux mourir !
- C'est un peu exagéré.
Il n'y a rien de grave. On peut encore inverser la situation.
- Ah bon ? Et comment ?
-Ça s'améliore sur les réseaux.
Les gens trouvent que votre femme a du courage.
- J'en ai rien à foutre, c'est pas mes électeurs.
- Peut-être...
On est persuadés que si tu mises tout sur l'amour et la fidélité,
on peut les renverser.
- Mais de quoi vous parlez ?
- On dira que vous avez menti pour protéger votre famille
et que vous assumez complètement que votre femme
soit...
un trans.
- Jamais !
- Hé ! Écoute, Jean. - Jamais !
- Tu vas leur dire qu'au début, t'étais décontenancé,
c'est contraire à tes convictions, et Édith...
- Eddy. - Oui, bon... Eddy.
Tu l'aimes, que ce soit un homme ou une femme.
- Jamais je n'accepterai de m'humilier en public !
- Alors il faut faire une croix sur la mairie.
- Tu peux émouvoir une partie de tes électeurs.
Par la même occasion, tu peux piquer ceux de Vasseur.
- Surtout que Vasseur, on peut lui faire mal,
parce que j'ai la preuve que la vidéo a été envoyée de son QG.
- C'est pas vrai !
Il a fait ça ? La fiente !
- Et on va pouvoir le détruire,
parce qu'on va montrer que c'est un cynique
qui utilise des méthodes pourries
pour disqualifier ses adversaires.
- On peut l'accuser d'homophobie.
- Je vais le broyer.
-Bonjour, c'est Eddy Leroy...
- Elle répond pas. Elle doit être chez son copain pédé.
- Il faut qu'on arrête avec ces expressions homophobes.
-Ça va, j'ai compris. N'en fais pas trop quand même, toi.
- On est avec toi. En avant comme avant.
- Bonjour, Gérald.
- Bonjour, Jean.
-Ça va bien ? - Oui.
-Édith est là ?
-Édith ?
- Eddy, bien sûr. Eddy. - Entre.
Pas d'histoire,
sinon je te fous dehors.
- D'accord.
Musique rythmée
Qu'est-ce qu'ils font là ?
- Ben, ils sont là, c'est tout.
- Ben... Qu'est-ce que vous faites là ?
- On est venus soutenir maman. - C'est courageux, ce qu'elle a fait.
- Même si on aurait préféré
l'apprendre autrement.
- Et Marie ?
- Elle l'a pas très bien pris.
- Elle a peur que ce soit génétique. - Ce qu'elle peut être vieux jeu.
C'est terrifiant.
Je vais y aller. Merci d'être venus.
- Enchantée. Carole, l'amie et coach d'Eddy.
- Ravi.
Je pourrais parler tranquillement...
à Eddy ?
- C'est bon.
- Viens, Carole. On va faire du thé.
- D'accord.
C'est bien que les garçons le prennent comme ça.
Et pour Marie, t'inquiète pas. Elle finira par s'y faire.
- Mais tu m'en veux pas ?
- De quoi ? D'être toi-même ? De t'assumer ?
C'est moi qui m'en veux d'avoir été aussi con.
J'étais en colère. C'était un choc.
Fallait que je digère.
- Attends, tu es en train de me dire que tu m'acceptes tel que je suis ?
- Oui.
- Et ton élection ?
- Mon élection ?
J'en ai rien à foutre, de mon élection.
Je la gagnerai ou je la perdrai, mais ça sera avec toi.
Ça te va bien, ces cheveux.
Ils t'ont bien coupé.
Musique légère
-Dans le cadre des élections, Jean Leroy,
le maire sortant, vient de publier sur sa page Facebook
une vidéo qui ne manquera pas de faire réagir...
-J'aimerais que les Montreuillois comprennent
que j'ai fait non seulement le choix de l'amour, mais j'ai fait
aussi celui de la famille.
Et c'est dans cet état d'esprit que je m'engage
avec Eddy dans la dernière ligne droite de ma campagne.
- Oh, la vache ! On a tout vu.
- C'est peut-être à cause des pesticides.
Ça crée des dérèglements hormonaux.
- Si c'est ça, je passe
direct ma femme au bio.
- Moi, je trouve que c'est une vraie preuve d'amour.
Ça ne change rien. S'il fait son boulot de maire, le reste...
- Y aura de l'ambiance !
- S'il vous plaît. - Merci.
Bonjour, tout le monde. - Bonjour.
- Alors, l'ambiance au PMU ?
- Super. Nickel.
- Vraiment ?
- Ouais. Votre déclaration a été globalement bien accueillie, ouais.
- Dégénérés !
- C'est pas un consensus non plus.
Musique rythmée
-Ça va. - Et Sophie ?
Bonjour. Bonjour.
Bonne journée.
Ça va ?
Comment ça va ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Que votre nom soit sanctifié,
que votre volonté...
- Pour Jean Leroy. - Non, merci.
- Bonne journée.
- En avant comme avant.
Jean Leroy. - Non, non.
- Entrez, entrez.
Allez.
Extinction des feux. Demain, c'est le grand jour.
Bonne nuit. - Bonne nuit.
Jean ? Je peux te poser une question ?
Il acquiesce.
Quand est-ce qu'on va refaire l'amour ?
-Écoute, Eddy...
Je sais pas si c'est... J'ai...
La tête... Ouh !
La campagne. Tu vois ce que... ? Allez, bonne nuit.
Extinction réelle des feux, hein. Dodo, dodo.
Musique rythmée
- Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour, monsieur le maire.
- Merci. Leroy Jean.
Vous y êtes ? Allez-y.
- A voté ! -À bientôt.
Eddy, à ton tour.
- A voté.
- Message de Francis.
"Le bureau de vote a fermé.
"Le dépouillement commence."
Musique de suspense
- Cédric Vasseur.
Jean Leroy.
- Cédric Vasseur. - Jean Leroy.
- Vasseur. - Cédric Vasseur.
- Comment ça se passe ? - Beaucoup de Vasseur ici.
- Jean Leroy.
- Jean Leroy.
Comment ça se passe ?
- Tout va bien.
- Oui ? - Oui, très bien.
- Beaucoup de Vasseur ?
- Un tout petit peu, oui.
- Jean Leroy. - Ah ! Jean Leroy.
Téléphone
- C'est Francis. C'est Francis.
Allô ? Alors ?
On a gagné ? - Ah non.
Pas du tout.
On les a écrabouillés.
- On a gagné !
Cris de joie
Youyous
- ON A GAGNÉ
ON A GAGNÉ ON A GAGNÉ
ON A GAGNÉ
Fanfare
- Merci beaucoup. Merci infiniment.
Merci beaucoup. Allez !
Un petit discours.
Merci beaucoup !
Merci. Merci.
- Eddy !
- EDDY ! EDDY !
EDDY ! EDDY !
EDDY ! EDDY ! EDDY !
- Viens, mon chéri.
- EDDY ! EDDY ! EDDY !
EDDY ! EDDY ! EDDY !
EDDY ! EDDY ! EDDY ! EDDY !
- Bravo et merci aux Montreuillois.
À travers votre vote,
vous avez fait preuve d'ouverture
et de tolérance.
Merci.
Applaudissements et acclamations
- Allez, fanfare !
- ON A GAGNÉ ON A GAGNÉ
ON A GAGNÉ
Les Rita Mitsouko : "C'est comme ça"
- Allez, viens danser, là.
Je suis heureux que tu sois là.
- Au fond, j'ai toujours rêvé d'être la seule fille de la famille.
Rires
- On a gagné !
- J'ai faim.
Je veux manger.
- On va aller dans la cuisine.
J'en tiens une, moi !
On a gagné !
Rires
Oh, je suis complètement bourré.
Complètement bourré.
Oh, mon chéri !
Oh, mon chéri !
Musique douce
Ronflements
-Ça va pas ?
- Je sais pas, je suis malade. J'ai une gueule de bois épouvantable.
-Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas rigolé comme ça.
- Mais on... On a couché ensemble ?
- Tu t'en souviens pas ?
Pourtant, t'étais en forme.
Dis donc,
je vais à Bricorama. Tu veux quelque chose ?
- Non.
- Non ? OK.
Sifflotement
Mes clés.
-Ça va, le winner ? - Moyen.
-Qu'est-ce qu'il y a ? - J'ai... J'ai couché avec Eddy.
-Ah ! Bon... Tu divorces plus, alors ?
- Je sais plus, là.
-On aurait dit que ça te plaisait d'embrasser la femme à barbe.
On s'est bien rattrapés aux branches.
- Francis, je te dis que j'ai couché avec un mec.
Eddy ! Eddy, non ! Non, tu te trompes, Eddy !
Eddy !
Eddy !
Eddy ! Eddy !
Eddy, s'il te plaît,
écoute-moi.
C'est pas ce que tu crois.
- Dégage ou je t'écrase.
-Écoute-moi ! - Dégage !
-Écoute-moi !
Attends ! Non !
Musique douce
-549 000 personnes vous suivent...
- Bonsoir, Jean.
- Bonsoir. - Eddy m'a demandé
de récupérer des bricoles. Je peux ?
- Oui, bien sûr.
- Tu donneras le reste à la femme de ménage.
Bon, j'ai fini. Au revoir.
Ah ! Si.
Je suis tarte. Eddy m'a dit de te dire que la femme à barbe
lance la procédure de divorce.
- Tu bâilles,
mon bébé ?
Tu veux ?
- Oui...
- Fais juste attention
à la tête, papa.
- C'est très étonnant, quand même.
Notification - Pardon.
Papa, il y a Eddy qui arrive.
Je lui ai dit que c'était l'occasion
que vous vous parliez, mais il veut pas.
C'est pas grave.
- Vas-y.
Voilà, attention à sa tête.
- Tu dis au revoir ?
- Bon. Eh ben, allez.
-À bientôt.
- Au revoir.
William Sheller : "Un homme heureux"
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes ?
Ils ont quand ils s'en viennent
Le même regard D'un seul désir pour deux
- C'est Eddy.
- Ce sont des gens heureux
Pourquoi les gens qui s'aiment
Sont-ils toujours un peu les mêmes ?
- Monsieur le maire...
- Quand ils ont leurs problèmes
Ben, y a rien à dire
Y a rien à faire pour eux
- Monsieur le maire ?
- Ce sont des gens qui s'aiment
- Oui ? Oui.
Non.
- Et moi, j'te connais à peine
Mais ce serait une veine
Qu'on s'en aille un peu comme eux
On pourrait se faire sans qu'ça gêne
De la place pour deux Mais si ça ne vaut pas la peine
- Je peux en avoir un autre ?
- Que j'y revienne
Il faut me le dire au fond des yeux
- Alors moi, je m'appelle...
- Quel que soit le temps...
- Jean Leroy.
- Quel que soit l'enjeu
Je veux être un homme heureux
- J'ai 63 ans.
Je suis... un homme.
Enfin, un cisgenre.
- Personne n'est parfait.
- Et je sais plus du tout où j'en suis. Mais plus du tout.
-Ça va aller.
- Tu manges pas ? - J'ai pas faim.
- Si même la tête de veau te fait plus bander, je peux plus rien faire.
- Francis...
Si je me confie,
tu me juges pas ?
- Pourquoi je te jugerais ?
- Promis ?
Eddy me manque.
- Mange.
Demain, c'est carnaval. Faut des forces.
- J'irai pas.
- Tu déconnes ?
- Je n'irai pas.
- Si tu viens pas, tu me revois plus.
- Je m'en fous.
Fanfare
- Au carnaval tout est permis
Tout est permis
Tu peux montrer ton bigoudi Ton bigoudi
Oh, Jean !
On va au bal des Acharnés. - J'ai mal aux pieds.
- Arrête de geindre un peu, là. Tu chouines.
- Je crois que j'ai vu Eddy. - Au carnaval ? C'est pas son genre.
- Je le vois partout. Tu crois que je deviens fou ?
- Mais non. Viens, on va danser.
Musique mélancolique
Fanfare
- Attention. Eddy ?
Eddy !
Je croyais que t'aimais pas le carnaval.
- Il faut croire que j'ai changé.
C'est ma robe, ça.
- Tu me manques. Tu peux pas t'imaginer.
- Je ne te crois plus, Jean. - Laisse-moi t'expliquer.
Je voulais te dire que... Que tu es...
très courageux,
que je t'admire.
Tu as une sacrée paire de couilles.
Je peux pas vivre sans toi.
Je peux pas vivre sans toi, Eddy.
Acclamations
Je t'aime, tu peux pas t'imaginer.
Je suis prêt à tout abandonner, tout ce que tu veux.
Je suis prêt à t'acheter le plus beau des camping-cars
et à faire le plus beau des voyages avec toi.
- Les amoureux !
- C'est ça que je veux te dire, parce que je t'aime.
Je suis rien sans toi. - Les amoureux,
vous vous êtes retrouvés !
Allez, faites-vous un "zot'che". - UN ZOT'CHE !
UN ZOT'CHE ! UN ZOT'CHE !
Cris de joie
Les Rita Mitsouko : "C'est comme ça"
- Je t'aime.
Sous-titrage : EVA France ST'501
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