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Julia ?
Qu'y a-t-il ?
Hé, la gouine !
Tu veux te taper ma soeur ?
Alors, la gouine ?
Chope-la !
Chope-la !
Vas-y !
Frappe-la !
Frappe-la !
Allez ! Vas-y ! Encore !
Laissez-moi !
Encore !
Arrêtez, s'il vous plaît !
Arrêtez !
C'est vrai ?
T'as embrassé Marta Kowalczyk ?
J'ai jamais eu aussi honte !
Automobilistes,
veuillez préparer vos papiers d'identité et documents de voyage
pour le contrôle frontalier.
Bonsoir, major Gudzovsky du SGBSU.
Vos documents.
- Le motif de votre visite ? - Je travaille pour une ONG.
Nous documentons les attaques de missiles qui ont lieu
sur le territoire ukrainien.
Nous venons ici régulièrement.
Valero !
J'en ai marre.
Je comprends que vous soyez débordés, OK ?
Mais je suis déjà venue.
Vos collègues me connaissent.
Chaque heure passée ici,
c'est une heure en moins consacrée à aider votre pays.
Je ne peux pas perdre mon temps comme ça, c'est clair ?
Donne-lui.
Merci.
Elle est géniale.
C'est la meilleure.
Evite de l'énerver.
On y va.
Bienvenue en Ukraine.
Nous sommes en guerre,
mais nous sommes unis.
Le président Toman, dont on connaît bien
les positions pro-russes, a surpris avec ce discours.
Viktor Toman a toujours montré l'image
d'un homme politique stoïque et pragmatique
qui se laisse rarement décontenancer.
Mais hier soir,
il a fait preuve d'une vive émotion,
réaction inhabituelle chez lui.
Selon toi, qu'est-ce qui a pu provoquer un tel changement ?
Les évènements de ces derniers jours ont certainement joué un rôle.
Cible d'un attentat, il a peur pour lui et ses proches.
Viktor Toman vient peut-être de révéler son côté humain.
C'était quoi, ce discours ?
Que se passe-t-il ?
Rien qui devrait t'inquiéter.
Tu as bien réfléchi ?
Aux conséquences, je veux dire.
Hier soir...
tu étais méconnaissable.
Tu dois être prudent.
Arrêter de les provoquer.
Tu aurais pu être...
Je sais que ça n'en a pas l'air, Anicka,
mais je sais ce que je fais.
Entrez.
- Je peux repasser. - Qu'y a-t-il ?
On a reçu ceci.
Qu'est-il arrivé ?
Papa ?
Quelqu'un a abattu Jakub Soukup hier soir.
Mon Dieu.
Mon Dieu.
Quand est prévu le rendez-vous avec l'ambassadeur russe ?
Aujourd'hui, à 15h.
J'annule ?
Je pense qu'il y aura
matière à discuter.
- Bonjour, M. le Président. - Bonjour.
Je veux parler avec lui.
Pas avec vous.
Je pense que la dernière fois, nous nous sommes mal compris.
Je vous ai très bien compris.
J'espère qu'à votre tour, vous allez me comprendre.
Si vous souhaitez continuer à nous menacer, moi et ma famille,
cet entretien s'arrête ici.
Je maintiens chaque mot de mon discours.
Vous devez comprendre
que vos propos ne nous enchantent guère.
Je maintiens chaque mot prononcé.
Néanmoins, ce ne sont...
que des paroles.
Mon discours d'hier
peut vous être bénéfique sur le long terme.
Bénéfique ?
Un discours dans lequel vous nous accusez de terrorisme ?
Nous faisons ce travail depuis longtemps, vous et moi.
Nous savons tous deux quel est notre plus grand problème.
Avec le temps,
nous devenons prévisibles aux yeux de tous,
que ce soit nos soutiens
ou nos opposants.
Vous entendez par là...
que de votre côté ce n'était...
qu'une comédie ?
On joue tous la comédie.
Vous vous cachez derrière votre ambassadeur
alors qu'en réalité, vous avez plus de pouvoir que lui.
Si l'on peut lire en vous,
vous êtes prévisible.
Chacun de vos mouvements se devine à l'avance.
Tous étaient certains de bien me connaître.
Un allié de la Russie.
Un collabo.
Un traître.
Il ne suffit que d'une...
tentative d'assassinat ratée,
de quelques mots bien choisis
et de quelques gestes diplomatiques qui ne coûtent quasi rien
pour ébranler toutes ces certitudes.
Je me trouve exactement là où je souhaitais l'être.
Je suis une énigme
qu'ils essaient à nouveau de résoudre.
Peut-on être sûrs
que vous ne jouez pas avec nous ?
Non.
Il se fiche que ça nous mette dans la merde.
Nous en avions parlé.
Il savait que la situation était délicate.
S'il m'avait consultée, au lieu de me prendre au dépourvu !
Je comprends votre colère, mais essayons d'être réalistes.
Nous devons adopter une réaction à la hauteur de telles accusations.
J'ai une liste d'étrangers coopérant avec les services secrets russes.
Expulsons-les.
Ce geste nous permettrait de garder la face.
Le problème, monsieur, est que votre geste
peut nous coûter cher, si les Russes le décident.
Nous dépendons toujours d'eux pour le pétrole,
que ça nous plaise ou non.
Merci, d'ailleurs.
Oh, c'est rien.
En tout cas, j'y allais
et ça peut rendre dingue de conduire seule.
Je suis contente d'être accompagnée.
On doit jamais s'ennuyer ici.
Malheureusement, non.
M. Braun ?
C'est moi.
On a quelques questions.
Ca vous parle ?
Elle est à votre nom.
Votre arme a servi à abattre Jakub Soukup,
un employé du cabinet présidentiel.
Connaissez-vous ce nom ?
Peut-on confirmer où vous étiez hier entre 21h et 22h ?
Je ne connais pas cette personne.
Pourquoi l'aurais-je tuée ?
Quelqu'un d'autre a accès à votre arme ?
Non.
Elle était rangée chez moi, dans un coffre-fort.
Vous êtes donc le seul à connaître le code de ce coffre ?
M. Braun,
votre fils aurait-il pu y avoir accès ?
Non.
Non ? Vous semblez très sûr.
- On ne se voit presque plus. - Pourquoi ?
Ca ne vous regarde pas.
Avez-vous entendu l'audio passé par votre fils pendant le débat ?
Comme tout le monde.
Mais vous connaissiez Karel Sudek.
Des témoins vous ont vus vous disputer au théâtre.
"Nous disputer"...
Il était clairement soûl et gueulait des conneries.
M. Sudek
s'est suicidé hier.
M. Braun,
on sait que l'audio vient de vous. Votre fils nous l'a dit.
D'où le tenez-vous ?
Je l'ai reçu par mail.
De qui ?
M. Braun,
qui vous l'a envoyé ?
Cette nuit, l'Ukraine a subi la plus grosse attaque de drones
depuis le début du conflit.
L'armée russe a lancé 273 drones au total,
dont 88 que la défense antiaérienne ukrainienne a pu abattre.
Les frappes ont touché la ville de Kiev,
où une jeune femme a été tuée.
Plusieurs personnes ont été blessées.
Des maisons et d'autres bâtiments ont été endommagés.
Martin t'a dit ce qu'on faisait ici ?
Oui, en gros.
Vous aidez les Ukrainiens à enquêter sur les crimes de guerre.
C'est ça.
On bosse principalement avec le SBU, leur service de sécurité.
Il a pour mission d'enquêter et de documenter chaque attaque
comme crime contre l'humanité, en cas de jugement de la CPI.
Ouais, désolée...
On est encore en train de s'installer.
On a dû quitter le local précédent,
donc c'est un peu le bazar.
- Salut ! - Hé !
Voici Kyril.
- Kyril, Julia. - Salut.
Lui, tu le connais.
Si vous avez des questions, demandez à Kyril.
N'hésitez pas.
On marque tous les endroits où on va.
Mais on commence à manquer d'épingles.
C'est comment ?
D'être sur place, je veux dire.
C'est merdique.
On comprend enfin certaines choses.
Le plus dur,
c'est de parler aux gens.
Quand il y a des survivants.
C'est ça qui est merdique.
Je ne veux plus recevoir.
En fait, c'est moi qui veux vous parler, M. le Président.
On s'est encore plaint de mon discours ?
La police a découvert qui a donné l'enregistrement à Martin Braun.
Qui donc ?
Son père.
Lukas Braun.
D'après la police, l'enregistrement lui a été transmis par...
votre femme.
La police voudra vérifier nos ordis pour voir si ça a été envoyé
depuis sa boîte mail.
Merci.
Kyril ?
- Je peux ? - Je t'en prie.
Merde.
Qui êtes-vous ?
Ma mère est au travail.
Je lui ai dit de prendre sa journée, mais...
elle dit qu'elle peut pas.
C'est pas plus mal.
Ca la fera penser à autre chose.
Quand la guerre a éclaté,
on s'est mises à venir ici
plus souvent, Olga et moi.
Ca...
faisait du bien à maman.
Je suis désolée.
Ca me fait bizarre
d'être assise là
avec quelqu'un
qui ne connaissait Olga qu'à travers
un écran.
Ouais, c'est étrange.
J'ai l'impression de l'avoir connue toute ma vie.
Et que j'étais...
Elle comptait pour moi.
Je crois savoir pourquoi.
Pour les filles comme elle,
grandir ici,
c'était pas toujours facile.
Mais Olga
ne s'est jamais laissée intimider par ce que les gens pouvaient...
raconter
ou penser d'elle.
Ce qu'elle faisait,
ce que tu fais...
C'est juste que...
avec tout
ce qui se passe autour de nous,
on vit dans la peur en permanence.
Et Olga...
est retrouvée morte quelque part dans...
un train pour Prague ?
Je suis désolée.
Je vais te laisser, que tu regardes tranquillement.
Et...
prends ce que tu veux.
Si quelque chose t'intéresse,
il y a plein de livres en anglais, elle adorait ça.
Ca l'aurait pas dérangée.
Merci.
Julia,
merci d'être venue.
Je vais retrouver ceux qui ont fait ça.
Je te le promets.
Excusez-moi, madame,
vous connaissez la famille Holovsky ?
Ils m'ont dit qu'ils habitaient ici.
- J'ai pas compris, navrée. - C'est pas grave.
Kyril, t'aurais pas vu Julia ?
La fille qui m'accompagne.
Si. Elle est partie y a une heure.
Où est-elle allée ?
Elle m'a pas dit.
Merci.
Tu l'as ?
Oui. Je pouvais pas la fouiller.
Je le fais dès qu'on s'arrête.
D'accord. On se retrouve où ?
A l'endroit habituel.
Merde.
Elle avait un plan de la ville.
Pas de téléphone, peut-être quelque chose dans ses poches.
Tiens-moi au courant.
D'accord. Je te dis dès qu'on s'arrête.
Beau boulot.
Merci.
Sale garce !
T'étais où ?
Je l'ai trouvée.
Quoi ?
Julia, tu vas bien ?
T'es pas blessée ?
Julia !
Pourquoi tu m'as rien dit ?
- T'entends ? - Attends.
Putain.
Des relevés de compte.
Des transactions personnelles liées aux services secrets russes.
Tout y est !
Là, les deux agents derrière Vilimovice.
C'est la première preuve concrète
que c'était planifié et qu'ils étaient là.
C'est énorme, Julia ! Enorme !
Faut prévenir la BIS.
Attends.
Reviens.
Stop.
C'est là.
C'est cette usine.
Les archives sont là-bas.
Salut.
C'est toi ?
J'espère que c'est toi, Julia.
Ce serait trop bizarre de dire tous ces trucs à un agent russe.
Et si jamais c'est toi, maman...
pourquoi tu fouilles dans mes affaires ?
Si tu es russe, alors...
va te faire foutre !
C'est bizarre de dire ça à voix haute, mais...
si tu regardes cette vidéo,
c'est que t'as une bonne raison.
Et cette raison,
c'est
très probablement...
ma mort.
Donc,
je peux pas te dire tout ça en personne.
Je voulais pas t'en parler par visio,
et même là,
j'ai pas du tout envie de t'en parler
parce qu'il semblerait qu'avec Egon,
mon contact à Prague,
on ait mis le feu aux poudres.
J'ai trouvé
des preuves de la présence d'agents du GRU à Prague et en Ukraine.
J'ai...
tout ce qu'il faut.
Désormais,
tout ça est entre tes mains,
sur cette petite carte SD.
Je crois qu'Egon ne se rend pas bien compte
de ce qu'il a découvert.
Enfin !
Maintenant, c'est à toi de finir le boulot.
Bonsoir, mesdames et messieurs,
je n'aime pas tourner autour du pot, alors je vais aller droit au but.
Hier, nous avons entendu un discours très enflammé du Président,
où il a lancé de graves accusations contre la Fédération de Russie.
Entre autres, le Président a désigné les Russes comme commanditaires
de la tentative d'assassinat dont il a fait l'objet.
La République tchèque a donc décidé de faire le nécessaire
pour garantir sa sécurité intérieure.
Après mûre réflexion,
nous avons choisi de prendre les mesures suivantes :
sans plus attendre,
8 employés de l'ambassade de Russie seront expulsés
et en parallèle, deux citoyens russe ont été arrêtés.
Nous connaissions leurs liens avec les services secrets russes.
Nous avons jugé trop risqué de leur permettre de rester sur notre sol.
Ils ont été notifiés
de leur obligation de quitter le pays
dans les plus brefs délais possibles
avec leurs familles.
Il va de soi que le gouvernement soutient pleinement
à la fois son président
et la souveraineté de son pays.
Les preuves sont indéniables
et seront rendues publiques dès que l'enquête en cours le permettra.
Merci pour votre attention.
Qui vous a envoyé ça ?
La Polonaise.
Elle a trouvé une carte SD cachée par la fille du train.
Ils sont en Ukraine ?
Ca suffira pour arrêter Vozentsov ?
J'en sais rien. Peut-être.
La Slovaquie indique qu'il est arrivé sur leur sol.
Il est malin.
Il sait qu'ici, on le choperait.
Allez-y en petite équipe, avec Mullerova
et quelqu'un pour commander.
Je contacte Interpol et la procureure générale
pour obtenir un mandat.
Entendu.
Passez-moi la procureure générale. Dites-lui que c'est urgent.
Un voyage en Slovaquie, ça vous dit ?
Vozentsov ?
Nous sommes au courant.
La Slovaquie a fait une demande de coopération.
- On part quand ? - Je vous récupère dans 10 min.
OK.
Non, ça peut pas attendre.
C'est lié à Vilimovice.
C'est une usine à gaz, aujourd'hui fermée.
C'est loin ?
- A 1h de route. - Tu nous déposes ?
- Maintenant ? - Ouais.
- De quoi tu parles ? - Julia...
On a ce qu'on cherchait.
On a tout envoyé à la BIS.
On peut rentrer.
Je dois essayer, c'est ma dernière chance.
Tout ce qui t'importe, ce sont les archives.
- C'est pour ça que je suis ici. - C'est faux.
C'est pas pour savoir la vérité sur ton père ?
Et c'est quoi, la suite ?
Vous allez enfin vous réconcilier, comme par magie ?
Tu me connais pas.
Je ne suis pas ton ennemi.
Et mon ami ?
Quand ?
Putain !
OK, envoie-moi ça.
Qu'y a-t-il ?
Les Russes savent que Braun et la fille sont à Kiev.
Le SBU vient de nous donner l'info.
Regarde.
- C'est le complice de Vozentsov ? - Oui, Ivan Borodine.
- Faut les alerter. - Ca risque d'effrayer Vozentsov.
Il va les attaquer.
J'ai pas l'autorisation de le faire.
On sacrifie deux innocents pour un bout de papier ?
Vozentsov est notre priorité.
Borodine est deuxième sur la liste.
Je t'envoie l'adresse d'une ONG, tu les trouveras là-bas.
Trouve le paquet et détruis toutes les copies.
Après ça, tu pars rejoindre Vozentsov à Minsk.
- Tout est clair ? - Oui.
Mesdames et messieurs, bienvenue à bord de notre vol DA432
au départ de Bratislava, à destination de Minsk.
Je te rappelle.
- Lansky, police slovaque. - Spacek.
Mullerova, bonjour.
On en est où ?
Ils embarquent. Le mandat ?
C'est en cours. On attend encore Interpol.
Mesdames et messieurs, le personnel de bord va procéder
aux consignes de sécurité.
Merci d'y prêter attention, même si vous voyagez souvent.
Oui ?
Oui, bien reçu.
On a le mandat.
- Merde. Quand ? - A l'instant. Je te file l'adresse.
OK.
Un missile a touché Kiev. Les archives devront attendre.
Police slovaque, veuillez nous suivre.
Pas de conneries.
Je comprends.
L'Arcadie est là.
Oui.
- Bonjour. - Bienvenue.
Martin. Nikola.
- Bonjour. - Enchanté.
Nikola bosse pour le SBU.
Kalibr ou Isklander ?
Un Kalibr, je dirais.
Classique.
Il y a 4 morts
et à notre connaissance, 2 personnes sont portées disparues.
Au début, j'y arrivais pas.
J'allais pleurer dans la voiture.
Je me disais que j'allais faire ma valise et jamais revenir.
Et tu l'as pas fait ?
Non, parce que ces gens-là n'ont pas le choix,
contrairement à moi.
Comment peut-on s'habituer à ça ?
On peut pas.
Si on est normal, on peut pas s'habituer à ça.
Je peux vous aider ?
Bonjour.
Ivan.
Kyril.
Que puis-je pour vous ?
C'est vous, ça ?
Non.
Ce sont ces porcs de Russes et leurs bombes.
C'est presque une oeuvre d'art.
Comment je peux vous aider ?
Vous venez voir quelqu'un ?
Oui. Je suis censé retrouver des amis ici.
Un Tchèque qui est très sympa,
et une Polonaise, une fille assez cool aussi.
Ils sont là ?
Un Tchèque et une fille ?
Désolé, ça me dit rien. Je les ai jamais vus ici.
J'ai dû me tromper.
Pardon. Je ne connais pas bien la ville.
C'est pas grave.
Hé, Kyril ! T'es...
Ukrainien ou Russe ?
Pardon ?
J'arrive pas à deviner, à ton accent.
Au début de la guerre, les Ukrainiens
des territoires occupés pouvaient reconnaître un ennemi
juste à sa façon
de prononcer un mot.
T'imagines ?
Un seul mot
te sépare de la mort.
Tu n'as droit qu'à un seul essai.
Et si tu échoues...
Palianytsia.
Tu le dis comment ?
T'aurais pas envie qu'on te prenne pour...
un de ces porcs.
Que voulez-vous ?
Palianytsia.
Monte dans la voiture.
Hein ?
Et Dominika ?
Ca ira, je lui expliquerai plus tard. Monte.
J'ai besoin de toi.
S'il te plaît.
Martin !
Arrête-toi !
Je sais où ils vont.
Je les suis ?
Oui. Termine la mission, quel que soit le prix à payer.
On a perdu contact avec Vonzentsov,
ça sent mauvais.
Karel Sudek, 68 ans, puissant lobbyiste
et proche du président, a été retrouvé mort chez lui.
Tout indique un suicide.
Sudek était soupçonné d'être mêlé à l'explosion de Vilimovice
à cause d'un enregistrement confidentiel rendu public.
Cette révélation a sans doute motivé
le discours accusatoire du Président.
Moscou a réagi en suspendant immédiatement
ses livraisons de pétrole.
M. le Président !
Que pensez-vous des mesures prises par la Première ministre ?
Vous a-t-elle consulté ?
La Russie a cessé de livrer du pétrole !
C'est lié au discours ?
M. le Président, un commentaire sur le suicide de Karel Sudek ?
Le Président souhaite lui parler.
Seul et sans enregistrement.
Navré, mais c'est pas possible.
Vos excuses ne nous intéressent pas.
Nous y sommes.
Viens.
Regarde.
C'était sûr !
Ouvre ça.
Elles sont forcément ici.
Ces camions ont servi.
Allons-y.
Je vais monter, OK ?
Appelle-moi si tu vois un truc.
On se retrouve ici.
Putain de merde !
C'est incroyable !
Je vous ai remarqué au moment où votre président vous a décoré.
Vous n'avez jamais vraiment eu honte d'être félicité
pour vos réussites.
Ils savent que Vilimovice,
c'est votre oeuvre.
Depuis longtemps.
Mais à présent, ils ont des preuves.
Vous en souvenez-vous ?
Où était-ce pour vous un jour comme les autres ?
Moi, je m'en souviens
parce que ce jour-là, j'ai ouvert les yeux.
Tout ce que je...
j'avais fait jusque-là,
travailler avec vous...
Vous m'avez contrôlé durant des années.
Je me suis laissé faire
car à l'époque, j'ignorais encore que tout cela...
n'était qu'une chimère.
J'étais convaincu que si je ne coopérais pas avec vous,
vous me détruiriez,
comme vous l'avez fait avec bien d'autres avant moi.
Seulement, jusqu'à maintenant, tout cela
me paraissait bien abstrait et intangible.
Des mots.
Des papiers signés.
Un soutien silencieux.
J'ai toujours eu l'impression...
que ces choses-là
se passaient loin de moi.
Quelque part ailleurs.
Et voilà que je me retrouve assis face à celui qui a tenté de me tuer.
C'est...
un sentiment étrange.
C'est la première fois que j'ai peur.
Vraiment peur.
C'est à un tel point que ça me retourne l'estomac.
Il ne s'agit plus d'un article de presse,
d'un dossier de police
ou d'un rapport annuel.
C'est devenu...
ma réalité.
Une réalité dans laquelle ma famille et mon pays ont sombré,
par ma faute.
Une réalité, je l'admets aujourd'hui,
dont j'ignore comment sortir car...
vous avez encore du pouvoir sur moi.
Et cela me terrifie.
On y va !
Martin ?
Apparemment, j'ai eu de la chance.
Vous aussi.
C'est la raison
pour laquelle vous êtes encore là.
Oui.
C'est pour ça que vous êtes en vie.
Les frontières de la Russie sont sans limites.
Et la Russie n'oublie jamais rien.
Toc toc !
Julia !
Réponds-moi !
Julia !
Putain !
Le sac à dos.
Va te faire foutre.
Le sac à dos !
Magne-toi !
Où est le disque ?
Quel disque ?
J'ai pas de disque.
Alors tu me sers à rien !
T'as fait quoi, là ?
Viens là ! T'as fait quoi ?
Espèce de salope !
T'as fait quoi ?
Tu vas crever, espèce de salope !
Sale chienne !
Confirmez le contact visuel.
Porte nord sous contrôle. Il y a un corps.
- Orlan 2, identifiez le corps. - C'est Borodine.
Il est mort.
Continuez à avancer,
les journalistes sont peut-être en vie.
T'es vivante ?
Sécurisez le périmètre. Orlan 2...
Ils sont là.
Contact visuel confirmé.
Deux civils.
Un homme et une femme correspondants à la description.
Martin !
- Ca va ? - Oui.
Ca va aller ?
Tiens bon.
Ca va aller.
Opération terminée.
La lutte est finie.
La commission électorale compte les dernières voix,
mais cela ne changera rien au résultat.
Il est très probable qu'à la tête de la Tchéquie
nous retrouvions le président sortant Viktor Toman
qui continuera donc d'assurer ses fonctions pour 5 ans.
Ces élections se classent parmi les plus dramatiques jamais connues
et le taux de participation record en témoigne.
Toman !
Toman !
Toman ! Toman !
Je croyais être le seul à avoir eu une semaine difficile.
Je suppose que vous n'êtes pas là pour me féliciter.
Je n'ai jamais soutenu qu'au cours de toute ma carrière
je n'ai
commis aucune erreur.
Ce sont ces erreurs qui vous ont précipité entre leurs griffes,
et fait vendre le pays.
Tout ce temps, je me suis demandé
pourquoi ils voulaient vous éliminer.
Ca n'avait ni queue ni tête. Vous étiez leur homme, après tout.
Leur loyal ami.
Ensuite, j'ai compris.
N'ayant pas de preuve, ce n'est que mon hypothèse.
Je pense que cet enregistrement avec Sudek...
vient de vous.
L'ennui, c'est que les Russes l'on su et ont décidé
de faire de vous un bel exemple.
Vous saviez très bien qu'à travers mon père,
il me parviendrait.
Puis, j'ai commencé à comprendre le sens
de notre conversation à l'hôpital.
Vous vouliez
que je continue à faire mon travail.
Après l'explosion de Vilimovice,
j'ai décidé de chercher une issue.
C'était risqué.
Mais ça a marché.
Ca a coûté la vie à trois personnes.
Que comptez-vous faire ?
Publier tout ça ?
Vous pensez sérieusement
que quelqu'un comme Urban peut diriger le pays mieux que moi ?
Surtout...
dans une période aussi difficile ?
Je ne publierai rien.
Vous avez gagné.
On vous a élu.
Vous n'êtes pas le président que ce pays mérite,
mais vous êtes celui dont il aura besoin.
Quelqu'un de courageux.
Qui n'a pas peur de se salir les mains.
Mais prenez garde.
Votre issue se trouve peut-être plus loin que vous ne le pensez.
C'est quoi ?
Votre empreinte.
Des transactions bancaires émises depuis l'Europe
vers des agents russes et leurs alliés.
Un nom vous parlera peut-être.
Non.
Non.
C'est...
faux, n'est-ce pas ?
"J'estime mes ennemis bien plus que mes amis."
C'est ce que vous m'aviez dit à hôpital.
Il est peut-être là, votre problème.
Bon.
Du calme, ça ne change rien.
Je vous garde à l'oeil.
Et tout le pays aussi.
Tous ces gens !
Pourquoi, Anicka ?
Pourquoi ?
Chers invités,
mesdames et messieurs,
veuillez tous accueillir
le nouveau président élu de la République tchèque,
Viktor Toman !
A la dernière page
de son livre de prières,
Anne Brontë avait écrit au crayon :
"Je suis...
"dégoûtée par l'humanité
"et ses infâmes manières."
J'ai lu ça dans la préface.
Et...
ça n'a pas du tout changé.
Nous tournons en rond.
Mais tu sais, je...
Je crois quand même que...
ce que nous faisons toutes les deux,
nous et les autres,
n'est pas vain.
Je pense...
que l'humanité sera toujours
un peu répugnante
mais ensemble,
nous pouvons la rendre
plus tolérable.
Ou quelque chose comme ça.
Je sais pas.
OK. C'est tout.
Au revoir.
Adaptation : Claire Marcel
Sous-titrage : IMAGINE
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