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Vous me la rendez ? Qu 'est -ce que tu me donnes ? Je vous dis merci.
Bien.
Vous habitez ici ? Oui.
Il y a eu la guerre ici.
Oh, partout là.
Anne ? Oui, chérie ? Viens ici.
Vous savez, c 'est très similaire au lieu où Ronald a été parachuté en 1944.
En fait, c 'est le même endroit.
Demain, c 'est le jour de Ronald's birthday.
Il aurait été 34.
34.
Dick.
Adrien, tu me suis partout, toi ? Oui, monsieur.
Je vais dormir là.
Ah ?
C 'est mieux là -haut.
Maman aime mieux ici.
C 'est seulement pour une nuit, Elizabeth.
Parce que là, dis donc, il faut que tu te sommeilles.
Ça fait quatre heures qu 'on vous attend.
Ça n 'explique pas toute cette foire.
Quel chantier.
Et vous avez laissé le monde courir là -dedans. Qu 'est -ce que vous voulez y
faire ? Allez, virez -moi tout ça de l 'autre côté de la route.
Allez, dégagez.
Messieurs -dames, s 'il vous plaît, dégagez la route.
Allons, dégagez de l 'autre côté, s 'il vous plaît.
En tout cas, on ne venait pas voler de l 'argent.
Faites -moi l 'inventaire.
Merci. Et c 'est qui, là ? C 'est le mec, là, et de l 'autre côté, c 'est la
bonne femme.
Commissaire.
C 'est ce que j 'ai trouvé en arrivant ce matin.
Arme de guerre ? Une quelque part à l 'avant de la voiture, là.
Et puis l 'autre par ici.
Et à côté des douilles, il y avait ça aussi.
Deux cartouches m 'ont percuté.
On a tiré coup par coup. Le tireur ne connaissait pas le fonctionnement.
C 'est intéressant, ça.
Merci.
Pardon.
Vous trouverez peut -être mes doigts.
Ici, sur la portière.
Comment ça ? J 'étais là et la serrure était coincée. Un gendarme ne pouvait
sortir, alors j 'ai aidé.
Mais qui êtes -vous ? Je suis Gustave Dominici.
J 'habite là.
Commissaire, j 'ai pris les tâches de sang sur la route, comme vous me l
dit, mais ce n 'était pas bon.
Par contre, celle du Puysard, là, épatante.
Excusez -moi, monsieur le commissaire, s 'il vous plaît.
Pour l 'empreinte du talon, qu 'est -ce qu 'on fait ? Allons -y.
On lui a pas dit de se tirer à celui -là ? Non, on m 'a rien dit à moi.
Tu te fous de moi ou quoi ? C 'est le petit -fils de la ferme.
C 'est pratiquement inutilisable. Ça vaut pas un cliché.
Commissaire, pour la petite, c 'est par ici.
Je retrouverai ce salaud.
Il paiera pour ça.
C 'est moi qui l 'ai couverte.
Comment ça ? Ben, c 'est les gendarmes qui me l 'ont demandé les premières où
commençais à la manger.
Qui êtes -vous ?
J 'habite là, c 'est à moi la grande terre.
En combien, là -dedans ? Oh là là, dedans et autour.
Tout le pays.
Alors de là, ils ont dû tout voir.
Tiens, regarde ça.
Oh, commissaire ! Oh ! Commissaire !
Une
recolla. Vous êtes arrivé en part, mais depuis, on peut dire que ça n 'a pas
traîné.
Commissaire, voici ce qu 'on a trouvé sous la tête de la petite.
C 'est l 'arme du crime.
Elle parlera.
Tu bois le pastis, docteur ? Donne -moi de l 'eau.
Oui, mais prends -le dans la cuvette de mon cheval.
Parce que quand les bêtes s 'emplaçant, elles ne boivent plus.
Je te demande de l 'eau, ce n 'est pas difficile.
Ce n 'est pas beau ce que je viens de voir.
Une belle petite ? Je prends mon bouillie.
Ce qui me semble bizarre, ce sont ses pieds.
C 'est ce qu 'a pensé Gustave ? C 'est pas possible.
Ils ont pas vu, ils ont dû entendre.
Si tu viens pour savoir quelque chose, je te préviens, nous on n 'a rien vu, il
faisait nuit.
Vous n 'avez rien entendu ? Si, j 'ai entendu les coups de feu.
J 'étais à peu près... Une heure, ça m 'a réveillé.
Le chien s 'est mis à gueuler, c 'est tout.
Regardez.
Vous en avez déjà vu des comme ça ? Ah, non, jamais.
Qui fait la lessive ici ? Quoi ? Qui fait la lessive ici ? Parce que tu veux
faire la lessive.
C 'est un sereiné qui fait le linge.
Et vous ? Moi, je fais le mien.
À mon mari, au petit.
C 'est Germaine qui vient chercher le mien toutes les semaines. Elle l 'a fait
chez elle.
Elle l 'a porte -mouillée, elle l 'a fait sécher ici ? C 'est tout pour fou.
Elle l 'a ramène sécher, repenser.
Ben, et ce pantalon ? Où ça ? Là, derrière vous.
Oh, ben, faut demander à Gustave.
Vous connaissez cette arme ? Non.
Non, j 'ai jamais vu.
Ce pantalon -là, c 'est à vous ?
Quel pantalon ? J 'en vois qu 'un.
Non, je ne porte que des bleus, moi.
Mon père qui porte des bleus.
On en est tombé.
On va à l 'hôpital.
Il faut savoir ce qu 'ils ont trouvé à l 'autopsie.
Sœur Jacques Drumond a pris une part importante dans le dernier conflit
en tant que savant et diététicien. Il a été tué par Balle ainsi que sa femme.
Leur fillette de 10 ans, elle, a été achevée à coups de poisse.
Quant au mobile, ce peut être un vol, un crime crapuleux ou une attaque de
maraudeur. Il est quand même impensable que des gens en jacquant s 'aient pu
choisir de dormir au bord d 'une route nationale, dans un virage, sur des
graviers. Si ce choix est vraiment dû au hasard, l 'enquête est simple.
Mais s 'il n 'est pas dû au hasard, alors...
Oui, je vais me coucher. Bonsoir.
Bonne nuit, Gaston.
Jamais vu.
Mais pourquoi vous me demandez ça ? Vous n 'êtes pas le père d 'Yvette Dominique
? Qu 'est -ce que ça a à voir ? On ne connaît pas cette arme -là.
Je sais que mon père a un vieux fusil gras.
Mais il ne braconne même plus.
Tant que tant, je dis pas.
Merci, Mme Kaya.
Alors, vous la connaissez ? Non, je la connais pas.
Si on avait des armes, il y a longtemps qu 'on les aurait rendues.
Ma grand -tère, on l 'appelait la grand -peur à cette époque -là.
D 'ailleurs, j 'avais eu un fritz pour s 'aventurer là -dedans.
Même nous, on la craignait.
Pourquoi ? Oh, il y a des lieux comme ça.
Et pourtant, elle servait à tous les réseaux, à tous les maquis.
Le vieux était le chef ?
Lui, il en foutait pas mal.
Seulement, c 'était notre boîte aux lettres.
Le vieux savait quand tout.
Il a toujours tout su.
Il y a des gens comme ça.
Ils gardent tout en eux.
Partout, tout autour, il y en a des gars qui sont tombés du ciel.
Avec des armes.
Et avec autre chose.
Et bien maintenant, ils sont tous là.
Enterrés sous les arbres.
Ça ne vous intéresse pas ? Vous avez tort.
Moi, je dis ça pour vous aider.
Tu verras comme témoins à sa plus tard.
C 'est bon, ça.
Pourtant, il allait tomber des mitraillettes pendant l 'occupation.
Vous aimez des vieilles histoires, monsieur le commissaire.
Avec trois cadavres bien frais. Vous avez des armes ? On en a tous reçues
on se les partageait.
On n 'était pas tous du même bord, mais on a fait notre devoir.
Je sais.
Vous chassiez l 'Allemand.
Et puis, vous nettoyez les uns les autres.
Alors ça, c 'était nos affaires.
Vous voulez dire que vous faisiez vos affaires ? Avec l 'argent tombé du ciel
parachute, on s 'est offert des bars et des épiceries à Marseille.
Pas moi, en tout cas.
On est restés pauvres, ici.
Donc, vous la connaissez pas ? Non.
Monsieur le maire, vous savez que s 'il y a des armes qui nous traînent, on sera
bienveillants quelques jours, mais...
Il faut les rendre.
La loi ne plaisante pas.
Je savais quelque chose et je vous le dirai.
Je me suis couché tôt cette nuit -là et je me suis levé à 5 heures.
On n 'a rien me reproché.
Et jamais j 'ai vu cette arme -là.
Et je suis bien placé pour le savoir.
Pendant la guerre, vous étiez chef des parachutages pour les ATP, hein,
? Oui.
Et je m 'en honore.
Et je suis toujours le secrétaire de la section du parti.
Ça y est.
Si j 'avais trafiqué avec de l 'argent le ravitaillement et les armes qui nous
tombaient, ils m 'auraient saqué.
On recevait des steins, des Anglaises, mais jamais d 'Américains.
Mais cette arme -là date pourtant d 'un résident.
Écoutez, si vous me cherchez, vous me trouverez.
Quand moi connage, je n 'ai pas d 'autre défaut.
Et surtout le sang biais, quand je le sens, il faut que je le suive.
D 'ailleurs, tout le monde le sait, et je réserve toujours un cuisson au curé.
Dis donc, Paul.
Le voilà, Clovis Dominici.
Vous êtes combien de Dominici, finalement ? Je suis le fils aîné.
Pareil que vous avez vu mes soeurs.
Il faut bien qu 'il voit tout le monde.
C 'est les amis, on pense pareil.
Jamais on ne s 'est rien caché.
Pardon, Clovis.
Ça n 'est plus ça ?
À qui elle appartient, Clovis ? Vite.
Allez, dites -moi vite.
Vite, vite.
Vite.
Je la connais pas.
Elle est tombée à genoux.
C 'est parce que j 'ai l 'habitude de travailler à genoux sur le bas -ferré.
Les vaches, ils ont culpété Napoléon.
Quelqu 'un ? Voilà, j 'arrive.
Qu 'est -ce que c 'est que tout ce bordel ? La routine, une perquisition.
Tu t 'emmerdes pas, toi, t 'as un bon métier.
Tu te promènes, tu manges bien et t 'encaisses à la fin du mois.
Promener des chèvres, c 'est pas mal non plus.
Et puis en plus, tu rentres dans la vie des autres. Tu fouilles, tu farrouilles.
Qu 'est -ce que tu cherches ici ?
Tu te figures que je vais tout foutre en l 'air pour deux femmes qui se
déshabillent au bout de mon champ ? Hein ? Fous -moi le camp.
Où est Gustave ? Il est couché.
Qu 'est -ce qu 'il a ? Un certificat.
Où est -il ?
Alors,
Gustave ? On me dit que vous n 'allez pas bien.
a besoin de la plus grande tranquillité morale.
Vous savez, avec tous ces journalistes, et les journaux... Les journalistes,
vous pouvez les flanquer à la porte.
En tout cas, je vous fais convoquer pour demain à 8h.
Vous me conseillez ?
Nous allons nous prendre en faute.
Mais tu n 'y arriveras pas.
Allez, fous le camp.
Une heure de plus et je crevais là -dedans.
Souris, voilà, c 'est ça.
Tu sais que tu vas être une vedette ? Ça va être formidable.
On va te voir dans tous les journaux.
Regarde -moi bien dans l 'appareil, c 'est ça.
Bouge pas, voilà.
Tu sais à qui tu ressembles ? On ne t 'a jamais dit ? A Spencer Stratton.
Tu connais ? Non, ça ne fait rien. Regarde -moi.
Non, bouge pas. Là, voilà, comme ça.
Tu sais que tu as une femme.
Comme ça.
Regarde -moi.
Et tâche de ne pas te faire mettre dans le placard.
Souris maintenant, souris. Vas -y, voilà, c 'est bon.
C 'est encore les copains de Gustave.
Mais ils ne le laisseront jamais tranquille.
On dirait que ça recommence comme en 44.
Rappelle -toi Mercadier, il y a deux ans.
Il parlait comme toi.
On l 'a traité de collabo et on l 'a retrouvé dans le canal d 'arrosage.
Ce petit con ne prendra pas qu 'il emmerde ton Gustave. Ça commence à bien
faire.
On lui a déjà conseillé.
Rove ne t 'a jamais demandé de passer au réveil voir l 'éboulement.
Jamais. Et il va le confirmer.
M. Rowe, avez
-vous donné à Gustave une consigne formelle pour qu 'il se rende sur la
ferrée au matin du 5 ? Jamais.
Gustave est venu me voir le soir du 4 pour m 'avertir qu 'il y avait un
éboulement sur la voie.
Mais il m 'a dit qu 'il l 'avait dégagé pour le train du soir.
C 'était au café que tient ma femme.
Merci, monsieur.
tu t 'es rendu de ton plein gré, à l 'aube, sur la voie ferrée.
Et tu as découvert le corps de l 'enfant.
Vous avez du mal à comprendre, alors ? Oui.
Je peux répéter que la même chose, j 'ai rien à dire.
Enfin... Quand t 'as entendu les coups de feu, t 'as pas été te pencher à la
fenêtre de ta chambre pour voir ? Et s 'il y avait eu un gars posté près de la
ferme ? Il m 'aurait tiré.
C 'est pourtant pas une faibleur, Gustave.
Ce que j 'ai dit aux gendarmes, je le maintiens.
Les coups de feu, c 'était à 1h du matin.
La pendule du père a sonné en bas.
Juste après le dernier coup.
Viens.
Et t 'as pas pensé aux parents de la petite ? Si.
J 'ai pensé que c 'était les parents qui l 'avaient tuée.
Ben quoi, on a vu des choses comme ça, non ? En effet, on... on a tout vu.
Bon, je peux partir ?
Je vais poser quelques questions
C 'est bon, c 'est bon.
C 'est elle qui fait ça.
Elle, la tête froide.
Excusez -moi, c 'est vous le commissaire ? Ma femme et moi voudrions bien vous
serrer la main.
On a pris deux jours sur nos vacances pour venir jusqu 'ici.
La radio vous écoute, vous parlez bien. Je sais que vous l 'arrêterez, là. C
'est le salaud, là.
Moi, je te dis que les Dominici ne sont pour rien, là -dedans. Moi, je te dis
que si.
Et que c 'est spécial.
C 'est pas de remords, déjà, que le commissaire s 'en empêche de dormir.
Deux bières, s 'il vous plaît.
Peut -être.
Mais le clan Dominici a quelque chose de mystérieux qui le protège.
Tiens, lis la Marseillaise et le Madier.
Ils sont pour Gustave.
Au -dessus de tout soupçon.
Les deux ministres sont de gauche, t 'as pigé ? Ça, c 'est pour fermer ta
gueule.
Rien ne sera fait si on ne l 'a pas tous décidé.
Je voudrais bien s 'y voir, moi, en face des filles. Tu l 'as beau.
Cette histoire -là, ce sera comme pour les autres.
Tu sais ce qui arrive à ceux qui parlent trop ? Un beau jour, ils parlent plus.
C 'est pas intelligent parce que ça est écrit dans les journaux.
Bande de fouilles de merde.
Vous vous foutez pas mal du crime.
Quand il y aura autre chose ailleurs, une belle saloperie, vous irez encore
amuser là -bas.
Emmerder les gens qui travaillent.
Mais ici, au moins, vous nous foutez la paix.
Donne la main. Moi, je sais ce que tu cherches, monsieur.
Non, non, merci. Ça va, tire -toi.
Tu veux que je te dise ?
C 'est lui le responsable.
Vous sentez votre chance ? Non merci, monsieur le divisionnaire, je pense.
Vous connaissez la dernière ? L 'histoire marseillaise ? Non, non, tout
'elle pubrique.
Cotendière doit se mettre sur le coup.
En trois jours dans la poche, qu 'ils disent.
Allez, sortez -nous cette affaire et on vous offrira une corbeille comme ça.
Des fleurs ? Oui.
Et dedans, la porte prime.
La légion d 'honneur et votre nomination comme commissaire principal.
Ça vous va ? Je préférerais un bon tuyau.
On ne va pas jouer souvent, Suzy ? Oui.
Zach, tu connais ? T 'as déjà vu ? Non.
Mais d 'autres, mon mari les a rapportés d 'un coup.
Alors, on s 'acharne sur nous.
Ils m 'en veulent.
C 'est à cause de la politique.
L 'éthème, c 'est de ma vie.
D 'accord.
On aime conserver les souvenirs, mais enfin, la détention d 'armes de guerre,
va chercher assez loin.
Je ne sais même pas si dans ton cas, ça ne peut pas chercher plus loin.
Si on veut t 'emmerder, on t 'emmerdera, ça fera confiance.
On va me poursuivre.
Mais sous les comptes des procureurs.
Dis -donc, en fait,
Le soir du crime.
Il paraît qu 'il y a eu une réunion à la grante.
Je suis sûr que vous n 'arrivez à parler uniquement de politique ce soir -là.
Papa réfléchit.
Tu voles aussi le courant de l 'État ?
Je passe l 'éponge sur toutes ces pécadilles.
Enfanté, on en est homme.
Tu nous aides.
Je demande que ça.
Comment dois -je m 'y prendre avec vous ?
Pour la cinquième fois, Gustave Dominici, racontez.
Faites entrer Maillet.
Monsieur Maillet.
Maillet est un menteur.
Que vous a dit Gustave Dominici le matin du drame à propos de la petite
Elisabeth Drummond ? Il m 'a dit qu 'il l 'avait vue bouger un bras.
Elle ronronnait.
Tu m 'as dit, elle ronronnait.
Et Clovis peut le dire aussi.
Alors ? Après le pont, j 'ai vu une tache blanche dans l 'herbe.
J 'ai entendu du bruit.
Je me suis approché.
J 'ai vu la petite fille.
Son bras gauche bougeait.
Même que je l 'ai entendu ronronner.
Et vous n 'avez rien fait ? Aucune aide, aucun appel ? Je l 'ai dit à ma femme
et à ma mère.
Et vous n 'avez porté aucun secours ? J 'ai pas voulu.
Mais pourquoi ? J 'ai eu peur.
Et puis je voulais pas laisser mes empreintes.
C 'est donc que vous saviez déjà que ce n 'était pas un accident, mais un crime
? Non, je savais pas.
Si, vous le savez.
Mais vous avez préféré laisser mourir cet enfant qui râlait, sans même lui
apporter un verre d 'eau.
Vous n 'avez pas eu envie de faire quelque chose pour cet malheureux enfant
'apprendre dans vos bras, n 'importe quoi ? Vous n 'avez même pas prévenu un
médecin.
Ben, j 'ai fait quelque chose.
J 'ai prévenu les gendarmes. Et c 'est la faute de notre client si les
ont mis deux heures à venir.
Et si la police, elle, est arrivée quatre heures après ? C 'est dans le
Comment se fait -il que les gendarmes aient trouvé le corps de la petite
Elisabeth Drummond, les bras croisés, alors que vous l 'avez vu, vous, remuer
encore un bras ? Je ne sais pas, moi.
D 'un côté, on demande à la rigueur de la loi, et de l 'autre, l 'impunité
totale. Que penser alors du traitement de faveur réservé à Paul Maillet ? Il
peut se féliciter de sa dénonciation, lui qui n 'a pas été inquiété un
malgré les deux mitraillettes trouvées dans sa cuisinière.
Je vous prie, M. le Président, d 'être infiniment généreux.
Notre client doit être acquitté.
Attendu que vous aviez le devoir de réclamer immédiatement le secours d 'un
médecin, que vous avez gravement manqué aux traditions françaises de charité
fraternelle, bien que l 'absence d 'antécédent judiciaire et compte tenu de
votre situation de famille vous condamne à deux mois de prison ferme.
Tu n 'as rien compris.
Mon colonne
Gustave, celui qui a tué, alors.
En toi, tu ne dis rien, mais Yvette, elle est mauve, parce qu 'elle est
Et si elle fait son petit chez les barbes, qui sait qui lui tiendra les
C 'est ici qu 'elle l 'offre à son petit.
Chloé viendra nous donner un coup de main pour les bêtes.
Je sais ce que tu penses.
Mais Maya fait pour le mieux.
Elle fait ce qu 'il fallait, et pour plus.
Clovis, à partir de demain, tu viendras coucher ici.
Oui, père.
Et toi, Yvette, tu feras ton enfant ici.
Tu feras un beau petit.
Qui sait, il m 'a dit que tout devait s 'arranger.
Où sont -ils, ceux qui devaient nous aider ? Père, il faut du temps.
Ah oui, mais moi, j 'en ai plus beaucoup.
Gustave est en prison, mais c 'est pas pour un crime.
À ton tour, Gustave.
À ton tour, Gustave.
On ne va pas lui laisser tous les frais du procès, non ? Ah, là, t 'es de riche
idée, Barthes. Marie la soupière.
Tu ne baies rien, Germaine ? Non, je n 'ai pas à payer les bêtises des autres.
Tu m 'en veux parce que j 'ai dit que tu avais la cuisse légère ? Je fais bien,
ça, ma fille.
Zézé, donne pour ta mère.
Dis -donc, Chloé, tu n 'as plus une tête ?
Hé, Chloé, deux mois ferme et puis tu gagnes une soupière.
Entrez.
C 'est encore toi.
Décidément, t 'as rien à foutre. Vous fâchez pas, grand -père.
Je t 'ai venu en passant.
Alors, comment ça va ? Quelle nouvelle ?
Oui, ben maintenant, fous -nous la paix. On a payé.
Je vais être obligé de déménager pour être tranquille.
Je pense que c 'est pour trinquer.
C 'est tout.
Bon, Normand, donne -lui un verre. Et vite.
Merci.
À votre santé.
à la vérité.
En dix minutes, vous coupez la 96 au -dessus de Ganagold. Je croyais que vous
alliez tirer ! Vous déviez les voitures de l 'autre côté du fleuve. Je ne veux
aucun piéton, aucun journaliste ! Compris ! Allez, vous isolez la grande
du reste du monde.
Dirait.
Dix ans de ma vie pour voir ce salaud.
J 'imagine que j 'allais rester là, c 'est sur mon cul. Le juge d 'instruction
veut vous parler.
Pardon.
Commissaire, nous sommes bien d 'accord.
Si un jour on m 'emmenait quelqu 'un, je fais en sorte qu 'en arrivant devant
moi, il ne se rétracte pas.
Je ne sais pas ce qui se passe, mais depuis une semaine, on n 'a vu personne.
Même ton père n 'est pas passé vite.
Vous venez encore m 'emmerder.
Attachez l 'être poli.
Sinon, je vous inculte d 'outrage à magistrat.
Alors, on ne peut même plus parler.
Justement, si vous nous donniez quelques renseignements.
Quels renseignements ? Au sujet du crime.
Oh ! Celui qui a fait ça est beaucoup trop malin. Beaucoup plus malin que toi.
En tout cas, il faudrait que tu sois plus vicieux.
Celui qui a fait ça, je l 'arrêterai.
Eh bien, si tu l 'arrêtes, on fera ribotte.
D 'accord, grand -père. Et on roulera tous les deux sous la table.
Oui, petit.
Oui. Gustave Dominici.
Venez avec nous.
Alors ? Il n 'était pas là.
Où était -il ? Ici, derrière le capot de la voiture.
Merci, M. Olivier.
Je vais te mettre derrière le capot de la voiture.
Mais pourquoi ? Pour une photo.
Alors, tu as vu une couverture des lits de camp ? Viens.
Place la couverture comme tu l 'as vue.
Et prends.
Tu vas le faire ou quoi ?
Perpendiculaire à la voiture ? Attention, tu dis bien perpendiculaire.
À 7h, M. Ricard a vu le corps parallèle à la voiture.
Toujours à 7h, M. Postin -Haraud et ton frère Clovis ont vu également le corps
parallèle à la voiture.
Je suis formel, le corps était le long de la voiture, enroulé dans une
couverture. Alors à 7h30, et quand les gendarmes sont arrivés, ils ont trouvé
effectivement le corps ici, mais perpendiculaire cette fois.
Tu sais ce que ça veut dire, Gustave ?
Mais ça veut dire que tu vas nous accompagner au palais de justice.
J 'interroge là -bas.
Mais il l 'emmène.
C 'est mon petit.
C 'est mon dernier.
S 'il y a autant de Gustave, j 'irai à sa place. S 'ils en veulent un, vaut
mieux que ce soit moi.
T
'en
es marre ? Je ne passerai pas une nouvelle nuit toute seule.
Je savais que Gustave était mort.
Allez, allez, t 'inquiète pour ma fille Gustave, c 'est ma graine, c 'est du
solide.
Et puis je suis là -haut.
Gaston.
C 'est pas bientôt fini, non ? On veut parler à votre belle -fille.
Descendez, je vous prie.
C 'est pour la peine, elle vous écoute.
Les Anglaises, la mère et la fille, sont venues ici le 4 août au soir.
Jamais de la vie ? Elles sont venues chercher de l 'eau.
Votre neveu Roger Perrin l 'affirme.
C 'est un petit menteur.
Elles sont venues avec un seau de toile. Quel seau de toile ? Votre mari le dit.
Ça, ça m 'étonnerait. Vous l 'avez dit vous -même à Germaine Perrin. Quel
Je n 'ai pas quitté ici toute la journée.
Si les Anglais étaient venus, je les aurais vus.
Si ça vous chante, dites qu 'elles sont venues, mais foutez le camp. Je vais le
mettre ici tant que je suis là.
Bonjour, oui Gaston.
J 'ai toujours tout, je suis tout.
Alors pourquoi vous ne dites rien ? Parce que j 'écoute.
C 'est Gustave où il est ? Il se porte comme un chat, Gustave.
Tu dis ça, mais moi j 'en sais rien.
Asseyez -vous, Père Dominici.
Là ? Oui.
C 'est un fauteuil de ministre, ça.
Nous ne sommes pas ici pour parler de fauteuil, ni de la pluie, ni du beau
temps.
Vos deux fils, Clovis et Gustave, sont ici.
Qu 'est -ce qu 'ils ont dit ? Ils ont répondu à mes questions, comme vous
me répondre.
Dis -donc, ça va durer encore longtemps, cette comédie ?
Je ne veux plus qu 'on me tutoie.
T 'as raison.
L 'éclat de crosse que vous avez trouvé sur le crâne de la petite Anglaise, vous
l 'avez bien remis aux gendarmes ? Oui, c 'est moi.
Menteur ! Ben, qu 'est -ce que tu lui prends ? Alors c 'est les gendarmes,
les gendarmes qui mentent.
Je peux leur arriver.
Merci, merci ! Oh, mais je suis pas sourd.
Oh là là là là là là là là là là là là ! Tiens, c 'est des beaux livres, ça. Ça
doit valoir de l 'argent.
Maintenant, ça suffit.
Décidément, tu commences à m 'emmerder. Je m 'en vais.
Reste ici ! Maintenant, vous avez respecté ces lieux.
L 'éclat de Croce a été trouvé par les faux soyeurs, non par vous.
Vous avez simplement recouvert le cadavre.
Oui. Parce que les fourmis allaient la manger.
Bien.
Et les Anglaises sont allées chercher de l 'eau à la ferme chez vous le soir du
crime.
Votre petit -fils des éperins l 'a confirmé.
Ah,
parce que tu crois ce fada ? Et pourquoi fada ? Bon, si tu l 'as interrogé, t
'as bien vu qu 'il est fada, ce gamin. Allons.
Une dernière fois, qu 'avez -vous fait dans la nuit du 4 -5 août 1952 ? Et toi,
commissaire, tu te rappelles de ce que t 'as fait ? Un salaud.
Ce salaud a tué un enfant.
Mais je connais ce salaud.
Et ce salaud, c 'est vous.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Ce que vos fils ont raconté, là à côté.
Ils ont dit ça, les bandits ? Oui.
Vous voulez lire la déclaration ? Tu veux me faire
marcher, mais tu m 'auras pas.
Vous passerez la nuit dans ce fauteuil.
Oh, c 'est un bon fauteuil.
Votre père vous a donc avoué être l 'assassin.
Oui.
Mon père l 'a dit à mon frère.
C 'est moi qui ai pété les Anglais.
Et il a parlé de la carabine ? Oui.
Mais j 'ai cru que c 'était son fusil gras.
Pourtant, vous avez reconnu la carabine.
Vous êtes tombé à genoux devant.
Quand j 'ai vu la carabine dans les mains du commissaire, ça m 'a mis un
Je pensais au crime.
Un crime si horrible.
Mais alors ? Pourquoi avez -vous pensé au fusil gras de votre père ? C
'est parce que la seule arme qu 'il a, c 'est un fusil gras.
Vous mentez, je ne vous crois pas.
Maintenant, je voulais la vérité.
Quand le commissaire m 'a montré l 'arme,
J 'ai reconnu tout de suite la carabine que j 'avais déjà vue sur une étagère
dans le hangar de la ferme.
Ce soir même, je suis allé à la grantaire.
La carabine n 'était plus à sa place.
J 'ai tout de suite pensé que c 'était l 'arme du crime.
Et puis j 'ai aussi pensé que c 'était Gustave qui a pu s 'en servir.
Mais j 'ai jamais eu l 'idée que ça pouvait être mon père.
Alors, en sortant du hangar, je vois Gustave.
Je lui dis...
T 'as vu, la carabine n 'est plus à sa place.
Et il m 'a répondu que lui aussi s 'en était rendu compte.
Je lui demande comme ça si c 'est pour lui qu 'il s 'en était servi.
Et il me dit non, c 'est pour moi.
Je n 'ai pas insisté, mais j 'ai été pris d 'un doute qui m 'est resté jusqu
ce que mon père me dise que c 'est lui qui avait fait le coup.
Quand Gustave est sorti de prison plus tard, on était à couper du bois dans la
montagne près de Saint -Ponce.
J 'y pensais toujours.
Alors j 'ai demandé à Gustave s 'il était au courant que c 'était le père
avait tiré sur les Anglais.
Et il me dit que oui.
Et vous avez gardé le secret à vous deux ? Ben oui.
Le père nous avait défendu d 'en parler.
Même à nos femmes.
Et même à nos autres frères.
Est -il vrai que vous détestez votre père ? Pourquoi vous me demandez ça ?
rien.
Bon, on aura encore besoin de vous.
Mais pour cette nuit, je vais vous trouver une chambre à l 'hôtel.
Où est mon frère ? Garde Gustave au palais.
Alors si vous permettez, je préfère rester avec lui.
Alors venez.
Il fallait bien en arriver, là.
Oui, c 'était plus une vie.
Maintenant, il n 'y a plus qu 'à attendre.
Si tu crois que c 'est mieux pour tout le monde, oui, il faut qu 'on risque les
doigts de la même main.
Sauf que la grande terre, il fallait bien avoir l 'ancien morceau.
Puis, il lui coupe un poil le cou, lui.
Dis -donc, un interrogatoire dans un palais de justice ? Je ne l 'ai jamais
mais c 'est légal.
Voilà,
messieurs. Gustave et Clovis accusent leur père du triple meurtre.
On est en train d 'interroger Gaston Dominici.
Nous n 'avons encore aucune explication sur le mobile du crime.
D 'après ses pistes, d 'après tout, Gaston Dominici aurait abattu d 'abord
Jacques Drummond, puis Lady Drummond, et enfin la petite Elisabeth.
Je n 'ai rien à vous dire de plus, et rien d 'autre à vous dire, n 'insistez
pas.
Oui, oui, tu as bien compris.
Oui, Gaston, Gaston Dominici.
Oui, c 'est ça, le père.
Le père, c 'est l 'épice qu 'il a créé. C 'est tout ce que c 'est pour l
'instant, je te rappellerai, salut.
Allez, Féfé.
Au -dessus.
Du pain sec et du lait en boîte, tu vas me faire crever.
Ah, t 'es déjà là, toi ? Ouais.
T 'as bien dormi ? Non.
Avant -temps, t 'avais un lit.
Oui, je me suis retourné sur vos mensonges à tous.
J 'en ai lisé des nouvelles.
Oh, les bondys, les salauds ! Vous venez chercher que je les ai devant moi pour
leur cracher à la figure que c 'est eux, les assassins.
Moi, j 'ai pas connu mon père, mais il m 'a fait dans l 'amour. J 'ai fait mes
deux fils dans l 'amour.
Moi, j 'aurais été... J 'aurais été un enfer pour mon père.
Et eux, ils me dénoncent. Je les hargne.
J 'ai donné le joie à des cochons.
Va me les chercher, ces charognards. Va me les chercher.
Je vais les chercher.
Je vous écoute.
Un soir, quand Gustave était en prison, on se trouvait tous les deux seuls dans
la cuisine.
Et tu m 'as dit que c 'était toi qui avais tiré sur les Anglais.
Il y avait beaucoup bu ce soir -là.
Je me souviens pas d 'avoir dit ça.
Si, père.
Tu m 'as dit, j 'en ai tué trois.
Et s 'il fallait encore en tuer un, je le ferais.
Vous pouvez vous retirer.
Vous voulez vous répéter ce que vous avez dit ? quand vous étiez assis là, à
cette place.
Le matin, quand mon père est sorti, je suis descendu et je lui ai dit, est -ce
que tu n 'as pas entendu des coups de feu ? Et il m 'a dit, oui, c 'est moi
ai tiré.
Alors je lui ai dit, sur quoi ? Il m 'a dit, sur les Anglais.
Je vous remercie, M.
Gustave.
Venez.
Je vous avais bien dit que je le prendrais, ce salaud.
Mais je n 'ai jamais dit à Plovis et à Gustave que j 'avais tiré sur des
Anglais, jamais.
Pourtant, vous les avez entendus comme moi.
Je ne comprends pas pourquoi mes fils m 'accusent. Cette nuit -là, je ne me suis
pas levé.
Je viens prendre la garde, monsieur le commissaire. Très bien.
Ne lui parlez pas de l 'affaire, ne lui posez pas de questions et ne prononcez
pas le mot « assassin ». Si il vous en parle, retenez bien ce qu 'il vous dira
et prévenez -moi aussitôt.
Tu viens me tenir compagnie ?
Oui, monsieur.
T 'as l 'air d 'un bon gars, toi.
Vous n 'avez pas mangé ? Non, je ne peux pas.
J 'ai mal aux pieds.
Tu sais, je commence à en avoir assez de leur affaire. De venir ici par -ci, de
venir ici par -là, c 'est pour ça qu 'ils donnent de l 'appétit.
Toi encore, tu t 'en fous. T 'es jeune et ton travail, c 'est d 'être ici. Mais
moi, à mon âge, je serais mieux dans mon lit.
Je regarde comme ça tous les deux, ça me fait penser à quelque chose.
Toi, dans ton métier, tu t 'occupes jamais de toi, tu gardes les autres.
Tu vois, je me suis toujours occupé de moi, même quand je travaillais chez les
autres.
Avec mes économies, quand j 'ai acheté ma terre, après le travail, même quand j
'étais crevé, elle a défriché, et puis j 'avais barré la maison qui était en
ruine. Et puis quand les volets et la porte ont été peints en verre, devine ce
que j 'ai fait.
Je ne sais pas, monsieur.
J 'étais cherché ma femme.
J 'ai marié, elle en a reconnu d 'autres avant moi, mais quand elle a été à la
grantaire, tout d 'un coup, j 'en ai paru le plus grand.
Vous savez, si vous avez quelque chose à dire, il vaut mieux le dire tout de
suite. À votre âge, ils vous en tiendront compte.
Ah, mais les comptes, c 'est moi qui les tiens.
Mais alors le crime, c 'est peut -être un accident ?
Dis le mot juste, petit. Un accident.
Oui, un accident.
Ils ont enlevé mon bribouin maraudeur. Alors ils m 'ont attaqué. J 'ai tiré.
Puis ça a bardé.
Il faut le dire au commissaire.
Il peut bien crever. Il y a trop longtemps qu 'il m 'emmerde.
Il ne saura pas.
Pas par moi, en tout cas.
Il va me chercher le président. Il me fera un brouillon. Je ne sais pas bien
écrire.
Allez, ramène -toi.
Le crime, c 'est un accident.
Je croyais que c 'était une histoire de cul.
T 'as raison, petit, c 'est une histoire de fesses.
T 'as dit le mot juste.
D 'abord, ils le savent déjà, c 'est marqué dans les journaux.
Les femmes, je les ai regroupées la veille. J 'ai parlé avec elles sur les
oliviers, la petite, elle jouait à la balle.
Tu sais, l 'amour, c 'est toujours le plus fort. Moi, j 'y ai toujours pensé.
J 'avais vu l 'anglaise.
J 'étais sous le murier, je la regardais se déshabiller devant moi.
Alors je me suis approché, mais elle n 'a pas été effrayée du tout.
Je lui ai dit, t 'es que moi, Laura. Et elle m 'a dit qu 'elle était d 'accord.
Alors je n 'ai pas hésité. J 'ai envoyé le mot au truc. Elle s 'est couchée,
puis je l 'ai sauté.
Elle en demandait, hein. Elle aimait ça.
On a fait du bruit, puis Marie s 'est levée. C 'était sur moi.
Alors comme je tenais la carabine, il a pris la carabine par le bout.
Le coup est parti.
Je te raconte ça à toi parce que les autres, c 'est les curés qui arrêtent
de m 'emmerder.
Alors, le bonhomme, il a foutu le camp. J 'ai tiré. Ils criaient tous.
J 'ai bien été obligé de faire taire.
Allez, tu vas.
Non.
Signe et tu auras la paix.
Non, je signe pas parce que je suis innocent.
Allez, dépêche -toi.
Et tu l 'auras ton vin.
Et on fera venir ton chien.
Je pourrais conserver la grande terre.
Oui, tu auras tout.
Bon.
Comme c 'est moi le plus vieux, c 'est à moi de me sacrifier.
Je signe, mais je suis innocent.
Alors, grand -père, si vous êtes innocent, il ne faut pas signer.
Ah, mon bon monsieur, si vous le saviez.
Si je ne t 'aime pas, il va arriver un grand malheur à la grande terre.
T 'as gagné.
Et je viens de commettre un péché d 'amour.
Oui, il est ici. Je vous le passe.
Commissaire, on vous demande de Paris.
Allô, oui.
Oui, ça va très bien, monsieur.
Mais c 'est pas Gustave qui a fait le coup, c 'est le vieux.
Qui ? Le père Dominici.
Écoutez, mon vieux, cette affaire a trop duré.
On a tous les jours les Anglais sur le dos et la chancellerie s 'énerve.
Alors il faut en finir. Vous avez un coupable, bouclez -le.
Un coupable, oui, mais pas de mobile et pas de preuve.
Qu 'est -ce que vous avez, alors ? La conviction profonde. Eh bien, ça fait l
'affaire, c 'est l 'essentiel.
Oui, mais qu 'on me couvre.
Vous dites ? Je dis qu 'on me couvre.
Oh, mais ça va de soi, mon vieux, ça va de soi.
Alors, encore bravo et bonsoir.
Merci, monsieur.
Où était cette carabine ? Montrez -moi
où était la carabine.
Où était la carabine ? Dites -moi où vous voulez qu 'elle soit.
Vous le savez très bien. Ah non, moi je sais pas, c 'est pour vous faire
plaisir.
On est là.
Allez, vous pouvez sortir.
C 'est là que j 'ai baisé l 'anglaise.
Prends -moi la gorge, toi.
Prends le bout.
C 'est là que j 'ai tué l 'anglais.
Et la femme ? Ben, là aussi.
À la coupe, il s 'était fini.
La petite Elisabeth ? Ici.
Non.
Non, c 'est pas là.
Elle a couru.
Ah bon ? Parce que vous voulez que je cours ? Détachez -la.
Vous vous faites Elisabeth.
Courez.
Allez.
Je vous ai bien fait peur. Ne recommencez pas.
Et vous tenez -le de près désormais.
Salaud ! Voyou ! Vous, gros la chasse, vous la tenez la carabine ! Allez,
embarquez -le ! Vous êtes plus brave, voyou.
Et mon chien ?
Vous avez déjà vu un cas en prison ? Vous me l 'aviez promis, non ? Allez.
Patience, Marie.
Par pour l 'île d 'Elbe.
Laisse ça, toi.
Allez, petit, roule. Et roule vite, j 'amènerai vite.
Alors, vous décidez quoi ? On inculpe ? Ça va de soi.
Je le retrouve ce soir, à mon bureau ? Ah non, je peux peut -être faire venir
son avocat.
Ah oui, oui, faites.
Écoutez, on vous parle au cul depuis des mois, on vous emmerde d 'accord. Mais
est -ce que je peux vous poser une question ? Non.
Vous savez, c 'est une belle affaire pour moi.
Prendre un soir, c 'est fini. Mon canard a déjà sa première page toute prête
pour demain. La fin, arrêtez.
Et vous êtes les bonnettes. Bravo.
Alors, le vieux est coupable, puisqu 'on en veut tous.
Entre nous, je ne suis pas convaincu.
Il s 'est bien foutu de nous, Pépé.
J 'aimerais pas être à la place du juge.
Pour moi, ça colle pas. Pourquoi ? Le vieux n 'a fait aucun compte de la
position des corps.
Il réarme la carabine comme à Lebel.
Il dit avoir tiré dans la main de l 'anglais. Faux !
Il dit une balle pour la femme. Faux.
Je sais, on en trouve trois. La petite.
Il dit qu 'il l 'a frappée dans le dos. Faux. Elle était de face.
Vous savez aussi très bien que la gosse n 'a pas été frappée à l 'endroit que
Dominici indique. Elle a été transportée, le médecin est formel. Pose
pose une égratignure sous les pieds. Qu 'est -ce qui vient nous faire chier, ce
mec -là ? Mettez -vous de vos affaires. C 'est notre boulot. Et Gustave, qu 'est
-ce qu 'il faisait sur les lieux du crime ? Et qu 'est -ce que vous faites
cet emballage vide de pellicule photo que vous avez trop près de la voiture ?
Écoutez, ça va bien.
L 'intelligence service, ça m 'a fait rigoler, mais trois mois pour un Kodak,
vous repasserez,
Il y a quand même quelque chose que j 'avale pas. Quoi ? C 'est pas possible
lui sauter l 'anglaise.
Le rapport d 'autopsie confirme. Pas de rapport sexuel.
Alors pour les avis, on peut se les mettre au panier.
Vous vous emballez pas. Vous êtes encore jeune.
Moi, je préfère des avis stupides à pas d 'avis du tout.
Allez, coulez.
Redressez -vous.
Tournez -vous par ici et regardez la cour.
Mais j 'ai pas honte.
Ah non, je ne vois pas ce qui peut faire rire quand on est accusé d 'un triple
meurtre.
Je ne vous demande que de répondre.
Marie, dis -leur quand je suis rentré si j 'avais mon pantalon plein de sang.
S 'il avait été mouillé, je l 'aurais lavé.
Y avait -il des taches de sang ? Non, il était sec et propre comme toujours.
Je n 'ai jamais été condamné, moi.
Juge de pêche, je ne sais même pas ce que c 'est. Je suis innocent.
Mais vous, monsieur le Président, vous me croyez coupable.
Je n 'ai pas à croire ou à ne pas croire.
Vous me le faites bien comprendre.
Oui, c 'est ça.
Dominici, et les accusations que vos fils ont portées contre vous ?
Votre fils.
Si c 'était faux, ce serait ignoble.
Vous pouvez le dire.
L 'année du crime, vous êtes sorti.
Vous vous êtes effrayé.
Comment ça, je me suis effrayé ? Je lis dans le rapport.
Pourquoi ? Expliquez -vous.
Là, vous m 'en demandez trop.
C 'est pourtant simple.
Vous êtes allé au bout de votre champ, vers les étrangers qui campaient.
Et là, par grogne, par curiosité, pour les chasser, peut -être aviez -vous trop
bu.
Vous buviez, paraît -il, 4 litres de vin par jour.
Selon le temps et ce qu 'on mangeait. Mais je suis pour un Yvonne, si c 'est
que vous pensez.
Les experts sont formels.
Quand les coups de feu ont été tirés sur Lady Drummond, elle n 'était ni à
genoux, ni courbée.
Alors, Dominici, êtes -vous couché ? C 'est moi qui étais couché.
Vous avez pourtant une mémoire fidèle.
Oui, mais je ne me suis pas levé.
J 'ai entendu des coups de feu et à minuit, je croyais que c 'était des
Et puis, je suis parti à trois heures et demie avec mes chèvres. Et puis, quand
je suis rentré le matin à huit heures, c 'est ma belle -fille, Yvette, qui m 'a
tout dit.
Tout quoi ? Oh, c 'est pas gentil de vous moquer des pauvres gens, monsieur
président.
Bon, alors, en somme, on fracasse le crâne d 'une enfant et ça vous laisse
lointain. Ben non, je ne suis pas lointain.
Si vous parlez de ce soir -là, j 'avais autre chose en tête avec les boulements
sur la voie ferrée.
Parce que si je ne m 'étais pas occupé des boulements, ce n 'est pas trois
qu 'il y aurait eu. Il y en aurait eu beaucoup plus.
Je ne me soucie que des trois cadavres de vos aveux.
Ce que j 'ai dit, je l 'ai dit et je ne l 'ai pas fait.
Vous êtes atteint dans cette famille d 'une étrange maladie.
Mais j 'en me sens bien.
Votre petit -fils aussi, regardez -le, il sourit tout le temps.
Vous avez dit, Dominique, si...
J 'ai des doutes sur mon petit -fils parce que c 'est un rouleur.
Ah, c 'est possible qu 'il soit le meurtrier.
Parce qu 'il courait toutes les nuits avec Gustave pour m 'acconner.
Alors c 'est peut -être Gustave le coupable.
Je dis pas non.
Ils étaient toujours tous les deux ensemble.
Alors le doute que vous aviez, c 'est sur l 'un ou sur les deux ? Je sais pas.
Roger Perrin, approchez.
Dites -moi, je voudrais comprendre.
La nuit du crime, vous étiez avec votre oncle Gustave dans la luzerne, sous le
murier, près des campeurs qui allaient mourir.
Puis vous avez dit que vous n 'étiez pas. Puis le contraire. Puis oui, puis
Alors ? J 'ai menti.
Pourquoi ? Je ne sais pas.
Je vous assure de dire la vérité.
Je vais la dire.
Vous me l 'avez déjà dite.
Et vous racontez le contraire.
Parce que j 'avais encore menti.
Pourquoi ? Je ne sais pas.
Vous en reusez avec vous toute la patience de la justice.
Jamais accuser ou soupçonner d 'un meurtre n 'aurait été mieux traité.
Mais prenez garde.
Alors, vous avez donc dit et pas fait.
Pourtant, votre fils Clovis, envoyant la carbine du meurtre, est tombé à genoux.
Mais pourquoi vous ne l 'avez pas arrêté, alors ? Vous l 'accusez ? Je ne
pas si c 'est lui qui l 'a fait, mais en tout cas, ce n 'est pas moi.
S 'il est avec une tête comme ça, il est coupable.
Je ne me crois plus à aucun visage, jamais.
Que tu le veuilles ou non, la mort est dans le dossier.
Je vous en conjure.
Sur le mémoire d 'une enfant, dites enfin la vérité.
Vous vous sacrifiez pour un autre.
Je suis bien malheureux.
Gustave Dominici, approchez.
C 'est mon fils et il m 'accuse.
Non, plus maintenant, il s 'est rétracté.
Gustave Dominici dit à messieurs les juristes que vous savez.
C 'est en allant voir s 'il...
L 'éboulement de mon champ n 'avait pas causé d 'autres dégâts que j 'ai
découvert le cadavre de la petite fille vers 5h du matin.
Non, j 'ai oublié.
Vers 1h10 du matin, j 'ai entendu des coups de feu.
Un coup de fils.
Puis des vagues de cris.
Et surtout, mon chien qui aboyait.
Voilà.
C 'est tout ce que je sais. Ah non ! Continuez, je vous prie.
Il m 'a semblé voir le bras gauche de la petite fille qui se soulevait.
Je n 'ai rien dit à personne.
Mais à partir de là, on n 'a pas arrêté de me tracasser.
Alors j 'ai commencé à dire mes mensonges.
Quels mensonges ? Le 12 novembre, les policiers m 'ont accusé de toutes sortes
de choses.
Ils m 'ont dit qu 'il fallait en finir.
Ils m 'ont frappé même.
Il voulait que j 'acquise mon père.
Aujourd 'hui, je suis là pour dire la vérité.
Mon père n 'est pas coupable.
Même le juge d 'instruction voulait croire qu 'il y avait un mensonge.
Mon frère Clovis m 'avait montré un plan pour que je me rappelle de l 'endroit
exact où devait se trouver la carabine.
Jamais cette carabine n 'a été à la grande terre.
Mon père n 'est pas coupable.
Cette nuit -là, je ne me suis pas levé. Je n 'ai rien vu, je ne sais rien.
Je vais lire vos derniers aveux. C 'est pas la peine, c 'est tout du mensonge,
alors j 'ai menti tout le temps.
Et puis c 'est mon frère Clovis qui m 'a forcé à raconter tout ça.
Après ses aveux à lui.
Gustave Dominici, je n 'ai jamais rencontré de témoin aussi vil que vous.
Avec un luxe de détails terrifiants, vous avez accusé votre père d 'un triple
assassinat. Aujourd 'hui, vous venez prétendre que vous avez inventé cette
monstrueuse histoire pour faire plaisir aux policiers et aux juges d
'instruction.
Messieurs les jurés qui vous écoutent, apprécieront.
La défense a -t -elle des questions à poser à ce témoin ? Non, monsieur le
président. Il faudrait être fou pour avoir devant cet homme une lueur d
'espérance.
Gustave, je t 'aimais et c 'est toi qui m 'as amené sur ce banc -là. Tu me
renies, mais tu commets un péché mortel. Tu sais très bien que je suis innocent.
Regardez -le. Il laisse les changeants travailler, il laisse pourrir la
Oh non, laissons les récoltes tranquilles.
Mais il en faut, des récoltes. Alors, il sait qu 'il en faut.
Comme la carabine, il sait très bien où c 'est qu 'elle était. Il sait très bien
qui c 'est qui la tenait.
Allez, Gustave, dis -le, dis la vérité. Qui c 'est qui était avec toi dans la
luzerne ? Dis -le, donc.
Je n 'étais pas dans la luzerne.
Mais dis la vérité pour l 'honneur de la famille.
J 'y pense, père. Vous êtes innocent.
Je ne te demande pas de dire si je suis innocent. Je te demande de dire la
vérité. Dis -le, qui c 'est qui était avec toi dans la luzerne quand tu as
entendu les cris.
Dis -le. Mais dis -le, Joe, mon Dieu, dis -le.
Audience est suspendue.
Un petit sourire, grand -mère.
Dis donc, tu t 'en tires bien ? Et ton père, ils vont le raccourcir.
Je vous parle, Gaston Dominici.
Je vous écoute, monsieur le président. Parlez toujours, dites toujours.
77 ans, marié, 9 enfants.
16 petits -enfants.
Raison de plus.
Vous avez été sévère et dur avec eux.
Oh non, vous savez, si un père n 'est pas sévère avec ses enfants, qui sait
le sera ? On sait que vous êtes brutal.
Et dites -donc, et vous, quand on vous marche sur les pieds ? Un jour, vous
même jeté des pierres à votre chien.
Oh, il avait volé mon manger.
Les psychiatres disent que vous êtes normal.
Oh, mais je ne suis pas fou.
Enfin, vous êtes dur.
Jusqu 'à accoucher votre femme, sans aide, neuf fois.
Ah non, trois fois seulement.
Dites que ce ne sont pas des façons de sauvage.
On était loin de tout, je ne pouvais tout de même pas la laisser mourir.
Et galant homme, étiez -vous réservé en galanterie féminine ? Quoi ? Enfin, avec
les femmes, comment étiez -vous ? J 'avais la miette.
Vous suffisez ? Oh, je comprends.
Étiez -vous heureuse avec lui ?
Je n 'ai jamais manqué de rien.
Et vous, le fils aîné, Clavis Dominici.
Approchez.
Encore un joli monsieur, ce salaud -là.
Laissez -moi parler.
Ah, mais laissez -moi parler moi -même, monsieur le président. Moi, je ne veux
pas passer pour un autre. J 'écoute ce que vous disiez, vous devez écouter ce
que moi je dis.
Non, en tant que membre de la famille, vous n 'avez pas prêté serment. La cour
vous en dispense.
Alors ils peuvent raconter tout ce qu 'ils veulent et en toute impunité.
Il a toujours comploté contre moi.
Et l 'honneur de la famille Brazène d 'y pense.
Il est bel, l 'honneur, après ce que t 'as fait.
Et puis en plus de ça, braconnier de jour et de nuit.
T 'es coupable, tu nous l 'as dit.
Accuser son père, c 'est pas une honte hypocrite.
Toi et ton frère, vous avez quelque chose sur la conscience.
Moi, j 'ai rien.
Écoutez -moi, Clovis Dominici.
L 'instruction nous a fait connaître au milieu de tous les mensonges de ce
procès que vous, vous n 'avez jamais menti dans cette histoire.
Je vous crois un honnête homme et un bon père.
Clovis Dominici, je vous adjure de dire la vérité.
Maintenez -vous sonalellement votre accablante déposition.
Votre père est -il l 'assassin ? Oui, c 'est mon père l 'assassin. C 'est
pauvre, tu mens, salaud ! C 'est lui, c 'est lui qui a tout machiné ! C 'est toi
!
C 'est pas vrai.
C 'est toi, Gustave, qui m 'a accusé le premier.
Oui, vous avez menti.
Puisque vous êtes revenu sur ce que vous avez dit.
Et vous, garçon d 'homme d 'ici, quatre fois vous avez dit blanc et quatre fois
noir.
Chacun dans cette famille ment comme il respire.
Le père, les fils, les neveux, les filles, les jambes, les amis.
Et j 'en parle.
On est tous des menteurs, alors.
Yvette Dominici, votre mari Gustave est sorti la nuit du crime.
Oui, pour voir.
C 'est en effet ce que vous avez dit au juge.
Par amour pour Gustave ? L 'amour.
Vous aimez bien tous, hein ? C 'est le juge qui m 'a dit, si vous n 'êtes pas
même chose que votre mari, il pourrait bien lui arriver des malheurs.
On aura tout entendu.
Alors j 'ai pensé, ils tiennent déjà un innocent, le père, il pourrait bien en
tenir un deuxième tant qu 'ils y sont.
Puis le juge nous a aidés pour nous faire dire, c 'est le père qui a tiré.
Nous on a dit ça, oui.
Mais c 'est pas vrai.
C 'est toi, là, qui a trahi tout le monde.
Je te lance.
Tu me lances, moi ? Tu es une mière. Arrête -toi, saloperie. Arrête -toi.
Arrête -toi.
Arrête -toi. Arrête -toi.
Arrête -toi. Arrête -toi. Arrête -toi. Arrête -toi. Arrête -toi. Arrête -toi.
Arrête -toi. Arrête -toi.
Arrête
-toi.
Arrête -toi.
Gustave, t 'es un faux témoin, et ton frère aussi.
À moi, ton aîné Clovis. Tu sais bien que t 'accuses le père faussement.
J 'ai dit la vérité. C 'est pas vrai.
Tu te rappelles ce que le père disait souvent ? Ils en ont tué trois ? Non, il
dit, j 'en ai tué trois.
Non, il ! Ils en ont tué trois.
Moi, je tuerai le quatrième. Et le quatrième, c 'est Paul Maillet.
Oui, mais c 'est moi qui paye pour quelqu 'un d 'autre.
Vous n 'avez plus rien à dire ? Merci, madame.
Introduisez le témoin suivant.
Paul Maillet.
Monsieur Paul Maillet.
Je jure.
Vous êtes mis au service de la justice.
Parce que le déshonneur planait sur mon honneur. Tiens, celui -là, on l 'appelle
l 'indicateur des chemins de fer.
Je vois que vous avez été rayé de votre parti.
Qu 'avez -vous contre l 'accusé ? Quand Gustave a été arrêté pour non
-assistance à une blessée, M.
Dominici a fait le geste de me coucher en joue. Pas du tout, je fais comme ça,
comme ça.
Tiens, Maillard, regarde -moi en face.
Maillet, t 'es un malhonnête homme, t 'as comploté ton coup avec Clovis.
N 'insultez pas un témoin ! S 'il disait moins de conneries.
Je te le dis, Paul, je suis innocent malgré ton complot. Et vous, vous aviez
besoin d 'un coupable, alors ils se sont réunis tous les uns chez les autres,
Clovis, Gustave, Maillet et compagnie, pour en sauver un autre.
Et puis c 'est moi qu 'ils ont désigné pour m 'amener ici.
Alors parlez, au lieu de jouer à cache -cache.
Oh, il y a bien longtemps que j 'ai joué à cache -cache. En tout cas, je suis
pour rien dans cette affaire.
J 'ai des doutes sur mon petit -fils.
Mais je me demande ce que faisait Gustave dans la luzerne la nuit du
Et puisqu 'il n 'était pas seul, on pourrait peut -être demander à Maillet.
comme pour cette maudite carabine, on pourrait demander à Clovis si c 'est
lui. Parce que c 'est pourtant lui qui l 'a prêté à Zézé Perrin pour aller à la
chasse. C 'est lui qui l 'a préparé, qui l 'a réparé et qui l 'a greffé.
Les experts l 'ont même dit ici.
Moi, je vous l 'ai déjà dit, mais ça n 'a pas paru vous intéresser.
Si vous êtes accusé à tort, et si vous connaissez la vérité, vous refusez d 'en
aider la justice ? Est -ce qu 'elle m 'aide, moi ?
C 'est non pour sauver Gustave que vous êtes accusé. Mais pas du tout.
C 'est la police qui m 'a fait devenir fou.
Il me disait, Gustave, on lui coupera le cou et toi tu risques rien.
Je pensais une nuit terrible, monsieur.
Je savais plus ce que je disais, je savais plus où j 'en étais, j 'aurais
'importe quoi.
Alors j 'ai dit des bêtises. Cette nuit -là, j 'étais pas au monde.
On m 'a pris comme un... comme un mouton dans une bergerie.
Monsieur le Président.
Oui, monsieur le premier juré. Monsieur le président, mes collègues et moi, on
voudrait que ce soit fini ce soir.
La parole est au représentant de la partie civile.
Messieurs de la cour.
C 'est les plaidoiries, alors je me tire. Ils vont la quitter, c 'est sûr.
Si je perds, je ne croirai plus jamais à la justice.
Accusé, levez -vous.
Avez -vous quelque chose à dire ?
Je veux dire simplement que je suis dans une prison depuis une année à la place
d 'un autre et que je ne veux remplacer personne.
Parce que je ne suis pas l 'assassin qu 'on accuse.
Vous n 'avez rien d 'autre à ajouter ? Non, rien.
Je déclare que les débats sont clos.
Les questions auxquelles la cour et les jurys auront à répondre sont celles
prévues par l 'arrêt de renvoi.
Première question.
Gaston Dominici est -il coupable du meurtre de Sir Jacques Drummond ?
Deuxième question, si oui, y a -t -il préméditation ? Troisième question,
Dominici est -il coupable du meurtre de Lady Drummond ? Quatrième question, si
oui, y a -t -il préméditation ? Cinquième question, Gaston Dominici est
coupable du meurtre d 'Elisabeth Drummond ? Sixième question, si oui, y a
préméditation ? Septième question, y a -t -il concomitance entre ces meurtres ?
Je dois vous donner lecture de l 'article 353.
dans la sincérité de leur conscience quelle impression ont fait sur leur
l 'épreuve rapportée contre l 'accusé et les moyens de sa défense.
La loi ne leur fait que cette seule question qui renferme toute la mesure de
leur devoir.
Avez -vous une intime conviction ? Garde, faites sortir l 'accusé.
La cour se retire pour délibérer.
L 'audience est suspendue.
Allez, c 'est pas le moment de craquer.
Ils n 'attendent que ça, vous le savez bien.
Oh ! On dit que j 'en ai tué deux, ou que j 'en ai tué trois, que je m 'en
mais...
Qu 'on dise que j 'ai tué la petite, ça c 'est pas vrai.
Monsieur,
la cour !
La réponse du jury et de la cour aux sept questions posées a été oui à la
majorité. Il n 'y a pas de circonstance atténuante.
En vertu de ce jugement, Gaston Dominici est condamné à mort.
Tout condamné à mort aura la tête tranchée.
Alors là, je ne comprends rien.
La voilà, cette arme.
Cette arme qui devait tout dire et qui n 'a rien dit, elle est seule, très
seule, sans autre preuve.
Car l 'extraordinaire de ce procès, c 'est que cet homme a été condamné sans
preuve, sur des mots, rien que des mots.
Mon père m 'a dit, mon frère m 'a dit, mon père a dit à mon frère, et c 'est
ainsi qu 'une condamnation est intervenue.
Frappant un homme...
dont j 'ai la conviction qu 'il était innocent, comme l 'avaient les
réalisateurs de ce film.
Et nous ne sommes pas seuls.
Il a dû être certainement très troublé, M. le garde des Sceaux de l 'époque,
qui, quinze jours après, ordonnait une nouvelle enquête.
Il a dû être profondément troublé, M. le président Coty, qui, en 1957, commuait
en réclusion criminelle la peine de mort qui a été prononcée, et aussi le
général de Gaulle qui, en 1960,
prononcer la libération de Gaston Dominici.
Cet homme a été condamné dans ces conditions -là.
Et pourtant, personne n 'a voulu la condamnation d 'un innocent.
Personne dans ce procès n 'a trahi les devoirs de sa charge.
Et de pareilles choses, cependant, arrivent.
C 'est une leçon qu 'il faut méditer.
Et je crois que la conclusion de ce débat, c 'est celle que donnait un jeune
homme que je défendais devant la cour d 'assises de Nîmes, qui a été acquitté.
après avoir été condamné à 18 années de réclusion criminelle lors du précédent
procès, et qui n 'ajoutait que quelques mots.
Je ne souhaite qu 'une chose, c 'est que ce qui m 'est arrivé serve de leçon
pour d 'autres que pour moi -même.
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