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Original subtitles

SHOKUZAI Celles qui voulaient oublier

Le frère et la sœur ours

Bonjour, Mme Adachi.

Ça fait longtemps.

Désolé pour le dérangement.

Ce n'est rien.

Comme je vous le disais au téléphone,

Akiko Takano tient absolument à vous voir.

Oui.

Par ici.

Vous aviez de ses nouvelles ?

Non, ça fait quinze ans que je ne l'ai pas vue.

Depuis le meurtre ?

Oui.

Je vois.

De temps à autre,

un meurtre est commis à Ueda et fait resurgir de mauvais souvenirs.

Je ne vous accompagne pas,

mais tout ce que dira la détenue sera enregistré.

Asako.

Ça fait longtemps.

Vous vous souvenez de moi ?

Bien sûr.

Tu as beaucoup grandi.

J'ai rempli ma promesse envers vous.

Je vois.

Ça met un terme à ma pénitence, non ?

Peut-être.

Je veux vous raconter comment j'ai fait.

La police refuse de comprendre.

Asseyez-vous.

Je t'écoute.

Par quoi je commence ?

Par le début. Je veux tout savoir.

Le début...

J'étais un ours.

L'animal, l'ours. Vous voyez ?

Tout le monde répétait que j'étais un ours.

Un ours ne réfléchit pas comme un humain.

Il a sa propre façon de vivre.

Cette pensée ne quittait jamais mon esprit.

Mais il y a 15 ans, ce jour-là...

Ma tante Yôko est venue nous rendre visite

et elle m'a offert un cadeau.

15 ans plus tôt

Regarde, Akiko. J'ai un cadeau pour toi.

Tu aimes ? Je l'ai acheté à Tokyo.

C'est trop, tu n'aurais pas dû.

Mais si ! Akiko peut bien se faire belle de temps en temps.

Fais attention à ne pas la salir.

Et ne fais rien d'embarrassant habillée comme ça.

On ne se moquerait pas de toi, mais de ta mère, si.

Oh...

Tu as une jolie robe. Elle vient de chez Tinkerbell ?

J'adore cette marque.

Juste après, Emili vivait ce terrible drame.

Vous vous souvenez que c'est moi qui vous ai prévenue ?

Tout est arrivé parce que j'avais porté cette robe.

Le message est bien passé.

Un ours doit se contenter de vivre comme un ours.

Allô, Takano à l'appareil.

C'est toi, Kôji ? Ça fait si longtemps.

Ah bon ?

Quoi ? Marié ?

Tu t'es marié ?

C'est si soudain.

Tu ne m'en avais jamais parlé.

Oui, je comprends, mais...

Quoi ? Ta femme viendrait aussi ?

Tu me prends de court...

Akiko, je compte sur toi pour bien te tenir.

Ne reste pas enfermée dans ta chambre.

Ça a beau être ta belle-sœur, ça reste une étrangère.

Ne fais rien d'embarrassant.

Bien, alors va faire les courses au supermarché.

D'accord.

Les voilà.

Bienvenue.

Bonjour.

Mais...

Enchantée, je m'appelle Haruka.

Qui est cette enfant ?

La fille de Haruka, Wakaba. Elle est mignonne, non ?

Wakaba, dis bonjour.

Bonjour.

Bonjour. Entrez donc.

Combien de temps tu vas rester dans la région ?

Un bon moment.

T'inquiète, on compte pas s'installer ici.

Je vois.

Tu as raison, c'est impossible.

La maison est trop petite et trop sale.

Tu comptes travailler ?

Oui, sur Internet.

J'ai loué un entrepôt, près d'ici. Ce sera mon bureau et notre maison.

Akiko, si t'as le temps, viens donc bosser avec nous.

Merci.

Comme d'habitude, je vais goûter.

Je vous l'ouvre.

Il a même la gentillesse de me l'ouvrir.

Je ne m'attendais pas à ça.

C'est un gâteau. On sent bien l'odeur de la prune.

Dans quoi il est enveloppé ?

Une feuille de shiso...

Akiko.

T'es là, non ? Ouvre-moi.

Désolé pour cette visite impromptue.

Mais je suis content de te revoir.

Je suis de retour.

Bienvenue chez toi.

Au revoir.

Au revoir.

Il va t'avoir... Il t'a eu !

C'est nous.

Bienvenue. Wakaba, tu n'es pas à l'école ?

Elle refuse d'y aller.

Je vois.

Elle s'intègre mal dans sa nouvelle école.

Où est Haruka ?

À Tokyo. Elle va y rester quelques jours.

Pour quoi faire ?

J'en sais rien.

En laissant son mari et sa fille ?

À quoi pensent les femmes d'aujourd'hui ?

Au fait, tu peux appeler papa ? II est dans son bureau, non ?

La valeur faciale est de 3M de yens. C'est que dalle.

Je ne peux pas l'endosser.

Je te le demande pas.

Regarde, j'ai déjà un garant.

T'as juste à apposer ton sceau, là.

Attends-moi un instant.

Akiko, ouvre-moi.

J'aborde un sujet délicat avec papa. Tu peux surveiller Wakaba ?

Entre, Wakaba.

Je compte sur toi.

Wakaba, tu sautes à la corde ?

À la corde ?

Oui. Parce que j'ai une corde à sauter.

Ça, c'est le double saut.

Vas-y, essaie.

D'accord.

C'est dur.

Si tu t'entraînes, tu y arriveras.

Tu veux bien recommencer ?

Bien sûr.

Petit à petit,

je me suis rapprochée de Wakaba.

Mais croyez-moi !

À ce moment-là, je n'outrepassais pas mes droits !

Takano.

Akiko.

Tu peux rester dormir, ce soir ?

Haruka est encore partie ?

Oui, elle passe deux jours à Tokyo.

J'ai trop de boulot pour m'occuper de Wakaba.

D'accord.

C'est vrai ? Merci.

Vivre à Tokyo, ça t'a changé.

Encore heureux. J'y suis allé pour ça.

Si j'étais resté le même, ce serait flippant.

Toi, faut pas que tu changes.

Vraiment ?

Reste comme t'es.

À la mort des parents, je veillerai sur toi.

Haruka est une étrangère, et Wakaba n'est pas ma fille.

T'es ma seule vraie famille.

Akiko !

Salut.

Pourquoi t'es là ?

Je dors chez vous.

Super !

Ça, c'est mon bureau.

Je fais du commerce sur Internet.

La partie logement est dans l'entrepôt. Fais comme chez toi.

On y va, Akiko ?

Akiko, on saute à la corde ?

Tiens.

Regarde-moi.

Bravo ! Tu as fait des progrès !

Oui. Je me suis beaucoup entraînée.

Akiko, t'es douée !

Ah, je vois...

Je pourrai pas en vendre autant.

Les ventes démarrent mal, ça décollera pas.

Je veux des produits rentables.

Oui.

Non, dix c'est trop.

J'en prends quatre. Oui.

J'attends votre livraison.

Akiko...

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je peux dormir avec toi ?

Oui, si tu veux.

Tu as peur de quelque chose ?

Ne t'inquiète pas, je suis là.

Akiko.

Regarde, c'est pour toi.

C'est très joli, regarde.

Haruka.

Akiko ne le mettra pas.

Ah bon, pourquoi ?

Que veux-tu, la mode ne l'a jamais intéressée.

C'est peut-être pas à moi de vous dire ça,

mais plus vous dévaloriserez Akiko,

moins elle brisera sa coquille.

Tu crois ?

Quand vous serez vieux,

il faudra bien qu'Akiko affronte la société.

Ces choses-là me dépassent.

Et puis, Akiko est une jeune femme.

Elle a le droit de s'apprêter, d'être amoureuse

et de sortir avec un garçon, non ?

Comme tu voudras, Akiko.

Mais si ça tourne mal, ce ne sera pas de ma faute.

Ça te va bien.

T'es très jolie !

Regarde, Wakaba. Tu trouves pas qu'Akiko est jolie ?

Et si vous alliez faire un tour en ville ?

Tiens, des chaussures.

Elles brillent ! Je les pose ici.

Je vais chercher celles de Wakaba !

On y va ?

C'est adorable !

J'adore les cœurs !

Pour l'autre jour.

Akiko, qu'est-ce qui va pas ?

Rien.

On rentre à la maison ?

C'est toi, Akiko ? Je t'avais pas reconnue.

C'est quoi, cette tenue ?

D'un coup, t'es devenue jolie.

Wakaba, va nous chercher 3 jus de fruits au distributeur.

Wakaba va devenir sexy, elle aussi.

Je vais plutôt prendre un café.

Quoi ? Toi aussi tu préfères un café ?

T'es vraiment devenue jolie.

T'as plus rien d'un ours.

Quoi ?

Arrête, t'as les idées mal placées !

Allez, on est partis.

Wakaba s'est adaptée à son école.

Tant mieux !

Oui, j'ai eu peur qu'elle y remette plus les pieds.

Mais non, les enfants s'adaptent vite.

Faut croire.

Akiko, t'as remis tes vieux habits ?

Elle trouve que tes vêtements ne lui vont pas.

Mais c'est faux !

C'est elle qui le dit.

Même dans ton style, y'a des choses plus jolies.

Pas la peine. Je suis un ours.

Quoi ?

Un ours doit s'habiller en ours.

Dès qu'il se déguise en humain, on le punit.

Je suis un ours, et ça me convient très bien.

Tu vois comme elle est sotte ?

Bonjour.

Akiko, je veux pas rentrer.

Akiko...

Hé, Wakaba.

On s'en va.

Non, je veux pas y aller.

Aide-moi, Akiko.

T'es où, Wakaba ?

Je sais que t'es là.

S'il te plaît, Akiko. Je veux pas y aller.

Allez, Wakaba. On se dépêche.

Akiko.

Que faire, que faire, que faire...

Qu'est-ce que je dois faire ?

Que faire, que faire...

Que faire, qu'est-ce que je dois faire ?

À ce moment-là,

j'ai senti que j'outrepassais mes droits.

Que si je continuais, ça finirait comme avec Emili.

Donc j'ai fait demi-tour.

Mais si ça devait se reproduire,

je m'étais jurée de sauver Emili.

Je m'étais jurée de la protéger du vilain monsieur.

Attention, le voilà. Attaque !

II s'est enfui.

Fatigué, fatigué.

On en reste là.

Akiko, j'ai besoin que tu ailles chez Kôji.

Ramène-lui la tenue de gym de Wakaba.

D'accord.

Ça va aller...

Ça va aller...

Oh hisse !

On tombe, on tombe !

T'es tellement mignonne.

Hé.

Qu'est-ce que t'as fait ?

Kôji, Kôji !

Kôji ! Kôji ! Ouvre les yeux !

Kôji !

Allô, venez vite !

Mon mari est inconscient !

Oui, il s'est étouffé.

Oui, Takano, au 3-5 Hirata.

Faites au plus vite !

Pousse-toi !

Kôji ! Kôji !

Tu considères avoir fait pénitence ?

Oui.

Tu dis que tu as fait tout ça pour Emili,

mais je n'y crois pas.

Quoi ?

Je pense que tu t'es servie de notre promesse comme prétexte

pour échapper

à une mère envahissante et te venger de ton frère

qui avait trouvé le bonheur sans toi.

J'ai eu tort ?

Non,

pas si ça t'a rendue heureuse.

Je t'envie.

Comme tu le sais,

l'assassin d'Emili n'a toujours pas été arrêté.

En quinze ans, on n'a pas trouvé une seule piste.

Le désespoir s'est emparé de moi jusqu'aux tréfonds.

Toi, tu as réalisé ton souhait.

Et moi, que dois-je faire ?

Moi aussi j'aimerais mettre la corde au cou de l'assassin

et l'étrangler jusqu'à la mort.

Akiko,

tu es si égoïste.

Tu as fait pénitence comme bon te semblait,

et maintenant tu te sens libérée...

En partageant ce bonheur futile,

tu croyais pouvoir me tirer de mon désespoir ?

Tu plaisantes, j'espère.

Je ne te pardonnerai pas pour si peu.

Dites, Asako.

Ils vont m'exécuter, n'est-ce pas ?

Vous signeriez une pétition qui exige la peine capitale, pour moi ?

S'il vous plaît.

Quand on capture un ours, on l'abat ! Je l'ai vu à la télé !

C'est à vous d'achever l'ours ! Asako, abattez-moi !

Takano, calmez-vous !

Asako, je vous en prie !

S'il vous plaît, Asako !

Asako, Asako !

Calmez-vous, Takano.

Asako !

Calmez-vous ! Takano !

Neuf mois

Pauvre petite. Tu as dû avoir peur.

15 ans plus tard

Oh, quelle adorable boutique !

Bienvenue, Mayu.

Cadeau d'inauguration.

Merci.

Yuka,

ça ne fait que 2 mois que tu es revenue de Tokyo ?

Je suis surprise que tu aies déjà ouvert ta propre boutique.

Je me suis lancée sans réfléchir.

Tu pourrais livrer un bouquet chez moi, la semaine prochaine ?

Bien sûr.

Désolée, je n'ai que ça.

Merci.

Quel genre de bouquet ?

Somptueux, autour de 10000 yens. C'est notre 1er anniversaire de mariage.

Ça fait déjà un an ? C'est un record !

Pourquoi tu dis ça ?

Keita est très patient. Normal, vu son travail.

Qu'est-ce qu'il fait ?

II est fonctionnaire.

Aucun intérêt.

Peu importe.

Tiens.

Garde-le.

Non, ça me gêne.

Ne sois pas stupide.

Sûre ?

Je te paie quand même. Je ne veux rien te devoir.

Dans ce cas, j'accepte. Livraison la semaine prochaine.

Tiens, mais c'est Yuka ?

Oh, Keita ! Ça fait longtemps.

Oui. Content que tu te souviennes de moi.

Bien sûr que oui.

Tu fais tes courses ?

Toi aussi ?

Oui, les ingrédients du dîner.

Tu es un bon mari.

J'ai juste débauché plus tôt.

Il paraît que tu es fleuriste ?

Oui.

Mayu t'envie beaucoup.

C'est vrai ?

Elle dit que ton indépendance fait de toi une parfaite commerçante.

Moi, j'envie ma grande sœur.

D'avoir trouvé un mari si charmant...

Ne dis pas de bêtises.

Alors, les affaires vont bien ?

Bonjour, M. Noguchi.

Montre-moi tes comptes.

Les recettes augmentent bien.

On va rentrer plus de roses Carpe Diem et de gerberas.

On peut se parler ?

Non, arrêtez ! Des clients pourraient entrer.

On dîne ensemble après-demain ? Ça fait un bail.

Je réserverai une chambre Luxe à l'hôtel de la dernière fois.

Et votre femme ?

Elle s'en fiche. Ce soir-là, elle voit d'anciens amis.

Elle va sûrement faire la tournée des clubs toute la nuit.

À après-demain, alors.

Tiens ?

Sur quoi sont basés ces chiffres ?

Les statistiques sont affichées dehors.

Allons voir ça.

Hé, Yuka.

Tu es policier, Keita ?

En quelque sorte.

J'appartiens à la cellule de prévention, je collecte des données sur le terrain.

Je ne poursuis pas les criminels.

Peu importe, c'est bien.

Impressionnée ?

Oui.

J'ai vérifié les chiffres.

Merci.

Je dois y aller.

Beau travail, messieurs. Continuez comme ça.

Bienvenue.

Tiens.

Elles sont magnifiques ! Merci, entre.

Avec plaisir.

Tu as l'air très en forme.

Difficile de t'imaginer enfant maladive.

Tu sais,

il m'arrive encore d'avoir des douleurs dans la poitrine.

Tu as croisé Keita au poste de police ?

Oui, quelle surprise. J'ignorais qu'il était policier.

Je ne te l'avais pas dit ?

Tu m'as dit qu'il était fonctionnaire. Je l'imaginais travailler à la mairie.

C'est tout comme, n'est-ce pas Keita ?

C'est vrai.

C'était très bon.

Merci.

Keita.

Pourquoi tu as épousé ma sœur ?

Comment ça ?

Autrefois, elle était maladive.

Il paraît.

D'ailleurs, tu sais qu'elle ne peut pas avoir d'enfant ?

Oui, je sais. Mais ça ne me dérange pas.

C'est admirable.

Non, ça m'est égal.

Keita, je peux te serrer la main ?

Oui, bien sûr. Mais pourquoi ?

Une main de policier...

Oui, et alors ?

On pourrait se voir rien que tous les deux ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

De quoi vous parlez ?

De rien.

Quoi ?

Tiens, quelle drôle de plante.

De quoi vous parliez ?

Oh, de choses et d'autres.

Dis-moi, Mayu. Comment tu as rencontré Keita ?

Pendant une sortie de groupe avec des collègues.

Pur hasard, qu'il soit policier ?

Oui.

C'est vrai ?

Pourquoi ?

Mayu...

Tu savais que j'étais amoureuse d'un policier, autrefois.

Non.

C'est pour ça que tu en as épousé un.

Je ne vois pas de quoi tu parles.

Et voilà.

Merci.

Je vous remercie.

Merci à vous.

Oui ?

Bonsoir.

Ah, Yuka. Mayu n'est pas là aujourd'hui.

Je sais.

Elle est en voyage jusqu'à demain.

C'est pour ça que je suis venue cuisiner pour toi.

Mais...

C'est bien meilleur que la cuisine de Mayu.

C'est vrai ?

Au fond, tu es très maternelle.

Je me suis toujours dit qu'épouser un policier me rendrait heureuse.

C'est quoi, ces flatteries ?

Parce qu'il accepterait tout de moi, et qu'il me protégerait.

On fait une bêtise.

Mais non.

Mais...

Promis, elle n'en saura rien.

Mayu ne va pas tarder.

Je repasserai, Keita.

Quoi ?

Tu as cuisiné chez moi, hier. En voilà la preuve.

Oui.

Pourquoi tu as fait ça ?

Tu étais partie en voyage.

J'ai eu pitié de Keita, donc j'ai pris soin de lui.

Tu fais toujours ça, tu me voles tout !

C'est toi la voleuse.

Qu'est-ce que tu lui as fait ?

J'ai juste cuisiné pour lui.

Tu mens.

Rends-le moi ! Rends-moi Keita !

Je te dis que je n'ai rien fait !

Voleuse !

II ne s'est vraiment rien passé ?

Désolée.

J'ai perdu mon sang-froid. Je suis toujours trop suspicieuse.

N'y prête pas attention. On fait la paix ?

À l'avenir, on devrait peut-être arrêter de se voir.

Ne dis pas ça, Yuka. Tu es mon unique sœur.

Il faut qu'on reste amies !

Navré pour l'attente.

Vous êtes enceinte de 5 semaines.

Voilà la photo du sac gestationnel. Ici, on aperçoit le bébé.

Félicitations. On se revoit bientôt.

Mlle Sakaki, le docteur va vous recevoir.

Merci, j'ai bien mangé.

C'était délicieux, merci.

Un peu de dessert ?

Volontiers.

Et toi, Keita ?

Oui, je veux bien.

C'est agréable de manger tous les trois, de temps en temps.

On remet ça ?

- Oui. - Oui.

C'est délicieux.

C'est vrai ?

Très bon.

Tant mieux.

Ah, j'ai une annonce à faire.

Quoi ?

Je suis enceinte. De cinq semaines.

Qui est le père ?

Bonne question.

Tu vas le garder ?

Évidemment.

Sans savoir qui est le père ?

J'ai mon idée.

Qui c'est ?

Peu importe ! Ça ne te regarde pas.

Tu pourrais me féliciter.

Félicitations.

Et toi, Mayu ?

- Bonjour. - Bonjour.

Pour Yuka Ogawa

De la part d'Asako Adachi

Chère Yuka Ogawa, cela fait si longtemps.

Je suis Asako Adachi.

Si je te dis "la mère d'Emili", ça te rappelle des souvenirs ?

J'ignore quel genre de vie tu mènes aujourd'hui.

Mais récemment,

Sae a été victime d'un terrible drame,

suivie de peu par Maki et Akiko sur qui le sort s'est acharné.

Je comprends ta surprise en l'apprenant.

Quand j'imagine que la cause de ces incidents pourrait être

la promesse qu'elles m'ont faite il y a 15 ans,

je me dis qu'il est temps

de rompre les liens funestes qui unissent nos destins.

"Pendant 15 ans après la mort d'Emili,

"j'ai ressenti un grand vide dans mon cœur.

"Aujourd'hui, je veux avancer

"et trouver une nouvelle direction au reste de ma vie.

"Accepterais-tu que l'on se rencontre ?"

Sache que si je veux te voir,

c'est pour te dire que je t'ai pardonnée.

J'attends de tes nouvelles.

Au plaisir de te revoir, Asako Adachi.

Votre bébé a bien grandi.

Continuez à prendre soin de vous.

Tu n'as pas fait un très bon mois.

Il faut relancer les ventes.

Oui.

C'est quoi, ce ventre ?

Je suis enceinte.

Ne me dites pas que vous n'aviez pas remarqué.

Ah oui, en effet...

Après tout, je suis un homme. Je vais gérer.

Ne vous en faites pas, il n'est pas de vous.

Ah bon ? C'est l'enfant de qui, alors ?

Ça ne vous regarde pas.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça ne vous regarde vraiment pas.

À ton avis, grâce à qui tu as ouvert cette boutique ?

Je raconte tout à votre femme ?

Suite à la tentative d'incendie à l'École Associative de La Fraternité,

nous avons interrogé le directeur de l'établissement, M. Aoki.

Dans notre établissement,

il n'y a ni grille ni limites.

Nous garantissons une totale liberté aux élèves.

En accord avec la méthode Steiner,

que vous ne connaissez probablement pas, nous éduquons des enfants surdoués.

Vous comprendrez que le fait d'être accusés...

Incroyable.

De maltraiter nos élèves...

Cette voix...

J'ignore ce qui l'a poussé à mettre le feu.

Peut-être qu'en effet,

son esprit est légèrement perturbé.

C'est pourquoi je discute avec lui...

C'est lui.

Pour libérer son esprit de ces tourments.

Allô, Asako ? Yuka Ogawa à l'appareil.

Ça fait longtemps.

Oui, j'ai reçu votre lettre.

Je me souviens bien de vous.

Je serai de passage à Tokyo la semaine prochaine.

Accepteriez-vous de me recevoir chez vous ?

J'ai quelque chose à vous dire.

Bienvenue.

Tu as grandi, Yuka.

Je t'en prie, entre.

Merci.

Tu attends un bébé ?

Oui.

Félicitations.

Je t'en prie.

Merci.

Parlons peu mais bien.

Je t'écoute.

J'ai retrouvé la trace de l'assassin d'Emili.

Quoi ?

Ça vous surprend ?

C'est vrai ?

Oui.

Mais je me fiche totalement de la promesse d'il y a 15 ans.

En revanche,

je suis prête à échanger l'information contre autre chose.

Comment ça ?

Mon information ne vous intéresse pas ?

Tu veux de l'argent, c'est ça ?

Je ne sais pas...

L'argent vous importe peu, n'est-ce pas ?

Quoi, alors ?

Si je vous renseigne sur l'assassin,

vous me donnez votre mari en échange ?

Directeur des Industries Adachi, c'est prestigieux.

J'aime les hommes qui ont une belle situation.

Si je séduis votre mari, vous croyez qu'il couchera avec moi ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

Est-ce qu'il divorcera pour se marier avec moi ?

Tu me fais du chantage pour une information ?

Et alors ?

Je ne suis pas comme Sae, Maki ou Akiko.

Je comprends que la mort d'Emili ait été un choc pour vous.

Mais ça, c'est votre problème.

Moi aussi, j'ai une vie.

Vous avez déjà réfléchi à ça ?

C'est une menace ?

Pas du tout.

Asako.

Vous dites que pendant 15 ans, votre cœur est resté vide.

Moi aussi, j'ai vécu ça.

Dès mon plus jeune âge.

Nous sommes donc quittes.

Échanger votre mari contre une information,

ce n'est pas cher payé.

C'est mauvais de s'énerver comme ça quand on est enceinte.

Appelez une ambulance.

À mon avis, c'est un accouchement prématuré.

Je le sais, je l'ai vécu.

Tu risques de faire une fausse couche.

Une ambulance...

Mon bébé...

Tu mériterais d'apprendre ce que ça fait

pour une mère de perdre son enfant.

Une ambulance, s'il vous plaît.

Il y a une femme enceinte qui risque d'accoucher prématurément.

Oui, c'est ça.

Ça va ?

Oui, ça va.

Je suis contente que ton bébé aille bien.

Merci, Mayu.

Je t'en prie. Tu peux compter sur mon soutien.

Et puis,

le père de ton bébé, c'est bien Keita ?

Alors j'ai autant que toi le droit de l'élever.

Normal que je m'inquiète.

Et si je te prenais Keita, aussi ?

Quoi ?

Je commence à avoir envie de récupérer

tout ce que tu m'as volé jusqu'ici.

Vous avez un nouveau message.

Je suis allée à l'hôpital,

on m'a dit que tu étais sortie.

Je suis désolée pour l'autre jour.

Est-ce qu'on pourrait se revoir ?

Ton information sur l'assassin m'intéresse.

Je te paierai autant que tu veux.

Je te rappellerai.

Yuka.

Ah, Keita.

On peut se parler ?

Mayu a pris trop de somnifères.

Tentative de suicide.

C'est vrai ?

Ce bébé n'est pas de moi, pas vrai ?

Dis-le lui, même si c'est faux.

Sinon, Mayu ne s'en remettra pas.

S'il te plaît.

D'accord.

Tu es incroyable !

Même pas né que tu rends tout le monde dingue.

Mais tu es à moi.

Grâce à toi,

le vide de mon cœur est enfin comblé.

Merci mon bébé.

Désolée, Mayu.

J'ai fait un test, et le père du bébé s'avère être quelqu'un d'autre.

Alors ma chère sœur,

j'espère que tu mèneras une longue vie heureuse avec Keita.

Merci.

Dis, Keita.

Vu son état, on va pouvoir faire l'amour quand on veut.

Comment oses-tu dire ça ?

Je t'en prie. Je suis la seule à pouvoir te rendre heureuse.

Je n'arrive pas à y croire. Va-t'en.

Va-t'en.

Non !

Je t'en prie, va-t'en.

Je suis désolé, Yuka,

mais je ne t'ai jamais aimée.

Tu es la sœur de Mayu, alors j'ai fait des efforts.

Mais je n'y arrive plus.

Et le bébé, alors ?

Cet enfant est à toi.

Je ne veux pas le voir.

Je vois.

Je suis vraiment désolé.

Laisse-moi te verser une compensation financière.

Vérifiez ses constantes.

Appelez le Dr. Kimura !

Mlle Ogawa, vous m'entendez ?

Tout va bien, vous êtes à l'hôpital.

Elle est à vous.

Liquide de Ringer.

L'accouchement est imminent. Prématuré, mais sans danger.

Vous lui direz que Keita Murakami est mort ?

Bien.

C'était un accident,

mais j'aimerais l'interroger à sa sortie de l'hôpital.

Entendu.

Merci.

Bonjour.

Il paraît que ton bébé est sain et sauf.

Oui.

Félicitations.

Merci.

Tu as l'air apaisée, Yuka.

Tant de choses ont pris fin.

Pour moi, c'est un nouveau départ.

C'est vrai.

Je t'envie.

Je ne ressasserai plus le passé.

C'est mieux comme ça.

Asako. Et si je vous donnais l'information sur l'assassin ?

Quoi ?

J'ai entendu sa voix à la radio.

Vous connaissez l'École Associative de la Fraternité ?

Le directeur est un certain Aoki.

Dès que je l'ai entendu parler, j'ai reconnu sa voix.

Aoki, de l'École de la Fraternité ?

Oui.

Rassurez-vous, je n'en ai pas encore parlé à la police.

Venger la mort d'Emili ou pas...

Le choix vous appartient, Asako.

Très bien.

Merci.

De rien.

Sois heureuse.

Oui.

Rédemption

École Associative de la Fraternité

Blog sur les écoles ordinaires et associatives de la région du Kantô

Interview avec Aoki

M. Aoki, on peut commencer ?

Dans votre école associative,

les élèves ne regardent ni TV ni mangas.

Comment les éduquez-vous ?

Masayuki, tes poivrons.

J'ai fini.

Bien.

Tu as l'air en forme, aujourd'hui.

Tu trouves ?

Oui, tu as bonne mine. Il s'est passé quelque chose ?

Non, rien de spécial.

Si malgré ça tu es en forme, tant mieux.

Masayuki aura l'âge d'Emili cette année.

Quinze ans... Ça m'a semblé si long.

École Associative de la Fraternité, adresse

École Associative de la Fraternité

Yoshida, Préfecture de Yamanashi

Asako, je peux te déranger ?

Je ne sais pas ce que tu prépares, mais...

Il est temps de tourner la page.

C'est toi, Asako ?

Nanjô, c'est donc bien toi ?

Ça fait longtemps. Qu'est-ce que tu fais ici ?

J'ai entendu parler de ton école aux informations, alors...

Tu m'as reconnu alors que j'ai changé de nom ?

Tu vois, j'ai enfin fondé ma propre école.

J'en parlais déjà à la fac, non ?

Dis-moi, Asako...

Si c'est moi que tu venais voir,

pourquoi t'enfuir ?

Tu espérais passer inaperçue ?

Je voulais juste savoir ce que tu étais devenu.

Oui, on n'a plus rien à se dire.

Je voulais revoir ton visage. Rien de plus.

Je vois.

Mais tu as un peu de temps, non ?

Je vais te faire visiter mon école.

Je te présente ma femme, Suzuka.

Enchantée.

Elle, c'est Asako. On était ensemble à la fac.

Vraiment ? Ravie de vous rencontrer.

Je vais faire un thé. Faites comme chez vous.

On s'est mariés il y a trois ans.

Son nom de famille est Aoki. Ses parents m'ont adopté comme gendre.

Je vois.

Surprise ?

Elle ressemble un peu à Akie, non ?

De l'eau a coulé sous les ponts,

et je sais qu'il est grand temps

que je tourne la page.

Mais je n'ai jamais réussi à vous oublier...

Ni toi, ni Akie.

Il s'est passé tant de choses.

Oui, on en a vécu des choses, à l'époque.

Finalement, tout ce que j'ai pu construire,

c'est cette école associative.

Tu pourrais me féliciter.

M. Aoki, nous sommes prêts pour le cours de gymnastique.

Désolé, j'ai un cours à donner.

Attends que je termine.

Tant qu'à faire, reste donc dîner.

Vous vous appelez Asako ?

Vous étiez à l'université avec mon mari ?

Je ressemble à quelqu'un que vous fréquentiez à l'époque ?

Quoi ?

Mon mari ne me parle jamais de son passé.

Mais je peux le deviner.

Un incident s'est produit, n'est-ce pas ?

Non.

Je vais vous laisser.

Lâche-moi !

Asako, pourquoi tu es venue ?

Tu n'as pas fait tout ce chemin pour voir ma tête.

Oh, je vois.

Tu m'aimes encore.

Ne sois pas ridicule !

Alors pourquoi ? Pour enfin t'excuser de la mort d'Akie ?

Pourquoi je devrais m'excuser ?

Akie s'est suicidée, comme tu l'espérais.

Mais rassure-toi.

Je ne t'en tiens plus rigueur.

Je te pardonne.

Alors, pardonne-moi aussi.

Chéri, tu ne dînes pas ?

Je vais en ville.

Ah bon ? Et le cours du soir ?

Je serai rentré avant.

C'est toi qui as tué Emili.

Tu mériterais que je te tue aussi.

Mais une simple vengeance ne suffirait pas à clore cette histoire.

Il y a un autre secret

que personne ne connaît, même pas toi.

Je ne sais pas si je dois t'en parler.

Car si tu l'apprenais,

toute ta vie passée en serait bouleversée.

Pour l'instant, je ne sais pas quoi faire.

Mais je n'en ai pas fini avec toi.

Je suis allée voir l'homme dont tu m'as parlé.

Alors, à quoi ressemblait-il ?

Comme tu le pensais, c'est certainement lui le meurtrier.

Qu'avez-vous l'intention de faire ?

D'un coup, je ne sais plus.

À ton avis, que dois-je faire ?

II s'avère que c'est un homme que je connais depuis longtemps.

Dans mon esprit, le présent, la mort d'Emili

et un passé encore plus ancien se mélangent.

Résultat, je suis perdue.

Peut-être que ça ne rime à rien de te consulter,

mais je voudrais avoir ton avis.

Je suis ridicule...

Même vous, il vous arrive d'être perdue.

Moi aussi, depuis notre rencontre,

je me suis souvenue de certaines choses.

De l'attitude de cet homme, il y a quinze ans.

À mon avis,

il n'a pas choisi Emili au hasard parmi nous cinq.

Dès le départ, c'est elle qu'il visait.

Ce qui revient à dire que moi et les trois autres,

nous n'aurions pas dû être impliquées dans cette affaire.

Asako.

Malgré ça, nous avons toutes fait ce que nous devions faire.

Votre tour est venu.

C'est pour ça que vous êtes allée là-bas.

Cet homme a troublé nos destins,

et il a assassiné Emili.

Tuez-le.

C'est votre pénitence, Asako.

Ça va ?

Oui, ça va.

Tu gardais précieusement cette bague depuis des années.

C'est ton ex qui te l'avait offerte.

Tu t'en souvenais ?

Bien sûr.

Tu m'as souvent raconté

que c'était un bon souvenir de la fac.

Tu la conserves depuis longtemps, inutile de la jeter maintenant.

Désolée d'avoir gardé le secret.

Quoi ?

Hier, j'ai croisé cet homme par hasard.

À l'École de la Fraternité ?

Tu savais ?

Tu as cherché des informations sur Internet.

Nous n'avons qu'une connexion.

Tout apparaît aussi sur mon ordinateur.

Je ne savais pas...

Je ne veux pas en savoir davantage.

D'ailleurs, nous n'en parlerons plus.

Bonne nuit.

Chéri !

Tu n'as rien fait de mal.

Je suis la seule fautive.

Ne te blâme pas pour ça.

Je mérite d'être blâmée.

Le père d'Emili,

c'est cet homme.

Quoi ?

J'en suis certaine. C'est mon corps, je le connais.

Ne sois pas ridicule.

Je suis désolée.

Mais alors...

Même après notre mariage,

tu as continué à le voir ?

Juste une fois. Je te jure que c'est vrai.

Mais une fois a suffi.

Je suis navrée.

Non, non, tu as tort.

Emili restera toujours ma fille.

Peu importe la vérité.

Ne me parle plus jamais de ça.

Nous sommes de la police. Tes parents sont là ?

Ma mère n'est pas là.

Mon père travaille.

Tu veux bien aller le chercher ?

Papa, la police est là.

Désolé. Sans ma femme, je suis perdu dans cette cuisine.

Ne vous dérangez pas.

Savez-vous quand votre femme va rentrer ?

Aucune idée.

Nous voulions lui reparler du jour du drame.

Mais nous repasserons.

Navrés pour le dérangement.

Merci d'être venus.

M. Adachi,

même le plus infime des détails peut nous intéresser.

Dites à votre femme de nous contacter dès que possible.

Entendu.

Merci de votre accueil.

Excusez-moi.

Je ne sais pas si ça peut vous aider, mais...

Dites toujours.

Je pense qu'Asako est allée à l'École Associative de la Fraternité.

Je vois.

Le directeur de cette école était à l'université avec Asako.

Vous le connaissez aussi ?

Non, je ne l'ai jamais rencontré.

Mais j'ai des soupçons sur cet homme.

L'École de la Fraternité. Je vais enquêter là-dessus.

Cet homme est louche. J'en suis certain.

Je suis sûr qu'il a des informations.

Et je crois qu'Asako cache aussi quelque chose.

J'en suis certain.

Entendu. Merci beaucoup.

Navré que mon mari soit absent.

Je vous en prie.

Il m'a demandé de vous remettre ceci.

"Nanjô, je t'aimerai toujours. Akie"

Que fait-elle ici ?

Vous connaissez cette lettre, Asako ?

Elle a longtemps été en ma possession.

Mais je l'ai égarée il y a fort longtemps.

Qui est Akie ?

Une amie d'autrefois.

À tout hasard, est-ce que cette Akie me ressemblait ?

Oui.

Je vois.

Comment...

votre mari a-t-il eu cette lettre ?

Je ne sais pas.

Il ne m'a rien dit.

Il me l'a subitement donnée avant de partir il y a 2 jours.

Je ne l'avais jamais vue avant.

De toute façon, ça ne me regarde pas.

Brûlez-la, jetez-la. Faites-en ce que vous voulez.

Officier Baba, vérifiez la présence de Hiroaki Aoki.

Bien. Allons-y.

Attendez !

Vous êtes bien Asako Adachi ?

Oui.

Enchanté.

J'ai pris les rênes de l'enquête du meurtre d'Emili.

Inspecteur Moriya, section 1 d'investigation.

Ravi de vous rencontrer.

Mme Adachi, que faites-vous ici ?

Vous avez caché un objet.

Non, rien.

Veuillez me montrer votre sac.

Vous n'êtes pas considérée comme suspecte.

Toutefois, si vous détenez encore des informations

susceptibles de nous mener à une arrestation,

nous sommes en droit de le savoir.

Vous permettez ? Nous allons vérifier le contenu de votre sac.

Aoki n'est pas là.

Très bien.

Veuillez nous accompagner.

Désolé pour l'attente.

Mme Adachi,

vous dites avoir détenu cette lettre.

Oui.

Dans ce cas, que faisait-elle chez Aoki ?

Je ne sais pas.

Je l'ai égarée il y a longtemps. Je l'avais même oubliée.

Longtemps, c'est à dire ?

Au moins quinze ans.

Avant le meurtre de votre fille ?

Probablement.

Jusque-là, c'est vous qui l'aviez, puis vous l'avez perdue.

Oui.

Permettez-moi d'être direct.

Cette lettre a-t-elle un lien

avec la mort de votre fille ?

"Nanjô, je t'aimerai toujours.

"Akie"

Ce Nanjô, c'est bien Aoki ?

Oui.

Qui est cette Akie ?

Akie Kubota.

C'était une amie de fac. Nous étions dans la même promotion.

Université Tôa, faculté des Sciences de l'éducation. Comme Nanjô.

Oui.

Quelque chose me chiffonne.

Cette lettre est adressée à Nanjô,

mais c'est vous qui l'aviez jusqu'à il y a 15 ans.

Pourquoi ?

Cette lettre est le testament d'Akie.

Son testament ?

Akie s'est suicidée.

Suivez-moi, je vous prie.

J'ai fait des recherches.

Akie Kubota est bien décédée

le 13 octobre 1985,

à l'Hôpital central de Shinjuku.

Cause du décès : Hémorragie due à la section de l'artère du poignet.

La police a suspecté un suicide,

mais aucun testament n'a été retrouvé.

Mme Adachi, ne me dites pas que...

Akie s'est suicidée. Je vous le garantis.

Aucun doute,

puisque j'y ai assisté.

Vous y étiez ?

Akie m'a appelée pour que je vienne en urgence.

Quand je suis arrivée chez elle,

Akie était au bord de l'agonie.

La salle de bain était maculée de sang.

Si j'avais immédiatement appelé une ambulance,

Akie aurait peut-être survécu.

Mais je ne l'ai pas fait.

Pourquoi ?

Parce que je la haïssais.

Sur le moment, j'ai hésité.

Une amie proche se vidait de son sang sous mes yeux.

C'est alors que sur son bureau,

j'ai découvert un testament.

Il s'agit de cette lettre ?

Oui.

En le lisant, j'ai pensé : "Je le savais !"

Puis je me souviens avoir été submergée

par un profond sentiment de jalousie.

Vous n'avez donc pas appelé d'ambulance.

Non.

Je voulais à tout prix éviter que Nanjô voie le testament.

Instinctivement, j'ai donc emporté la lettre.

Quand je suis revenue à moi,

je marchais dans la rue, l'air de rien.

Autrement dit,

j'ai laissé mourir Akie Kubota.

Je vois.

Si je comprends bien,

vous aviez des sentiments très forts à l'égard d'Akie.

Quelle était la relation entre vous, Akie et Nanjô ?

Nous étions meilleurs amis de fac,

au sein de la même université.

Où que nous allions, c'était ensemble.

Quoi que nous fassions, c'était ensemble.

Jusqu'en deuxième année de fac,

nous profitions de la vie.

Nous passions du bon temps ensemble.

Puis un beau jour,

j'ai eu une révélation.

À l'évidence,

Nanjô aimait Akie plus que moi.

Venez vous asseoir.

Après ça, j'ai tout essayé.

Je voulais à tout prix séparer Nanjô et Akie.

En apparence, nous étions toujours les meilleurs amis.

Mais chaque geste de Nanjô,

chaque réaction d'Akie en retour

me brisaient le cœur.

En d'autres termes,

à cette période-là, j'étais folle de jalousie.

Après m'être jetée de force dans les bras de Nanjô,

j'ai ruiné la réputation d'Akie dans son dos.

Résultat...

Comment a évolué votre relation avec Nanjô ?

C'était épouvantable.

Nanjô était bouleversé par la mort d'Akie.

On aurait dit une coquille vide.

De mon côté,

j'étais écrasée par la culpabilité,

sans parvenir à me séparer de lui.

J'ai laissé notre relation se déliter.

Jusqu'au jour où on m'a proposé un mariage arrangé.

Mon prétendant était l'héritier des Industries Adachi.

J'ai sauté sur la proposition.

Je pensais pouvoir tout oublier.

Il s'agit de votre mari actuel.

Oui.

Tout cela n'explique pas comment le testament que vous gardiez

est passé entre les mains de Nanjô.

Le mystère reste entier.

Oui.

Pouvez-vous élucider un autre mystère ?

Ceci.

Aujourd'hui, vous étiez à l'École de la Fraternité

dans l'intention de commettre un meurtre.

Est-ce parce que vous pensez que Nanjô est l'assassin d'Emili ?

Oui.

Pouvez-vous me dire pourquoi ?

Quelqu'un m'a dit avoir entendu

la voix du meurtrier à la radio.

Qui est cette personne ?

Yuka Ogawa.

Une ancienne camarade d'Emili qui était sur les lieux du crime.

C'est l'une des témoins dans l'affaire du meurtre.

Je vois.

Elle m'a dit qu'Aoki de l'École de la Fraternité

avait la même voix que le coupable.

J'ai donc rendu visite à cet homme.

Qui s'est avéré être Nanjô.

Oui.

Je ne l'avais pas vu depuis 25 ans.

Pourquoi fallait-il que ce soit lui ?

Vous imaginez ma surprise.

Du même coup,

j'ai compris que Nanjô

continuait d'être hanté par la mort d'Akie.

Nul doute qu'il a,

je ne sais comment, trouvé la lettre d'Akie que je gardais cachée de lui,

et qu'il a dès lors commencé à planifier

sa terrible vengeance à mon égard.

Ainsi, il s'en serait pris à Emili.

Merci beaucoup.

Vous nous avez été très utile.

Ce sera tout pour aujourd'hui.

Vous pouvez vous en aller.

Juste une chose.

La police n'entamera aucune poursuite

concernant le suicide d'Akie Kubota

et les détails que vous nous avez livrés.

Au revoir.

C'est moi.

Ah, te voilà.

Pour Asako Adachi

Dimanche après-midi prochain, rejoins-moi à la villa Miyama.

J'aimerais connaître ton ultime secret.

J'aurai moi aussi quelque chose à te montrer.

Masayuki.

Viens me voir.

Sois un gentil garçon. Un gentil garçon...

15 ans plus tôt

Vous avez amené votre plus beau trésor ?

Oui.

Allons-y.

Voilà le mien.

Le mien.

Ça, c'est le mien.

Et ça, le mien.

Moi, j'ai pris ça.

Oh, c'est joli !

C'est à ma mère. Elle la garde précieusement.

Et puis...

Cette enveloppe.

J'ai vu que ma mère la cachait au fond de l'étagère à livres.

C'est quoi, dedans ?

Aucune idée.

Mais c'est le secret de ma mère. Ni mon père ni moi

ne devons le découvrir.

Tu ne vas pas te faire gronder ?

Mais non.

On va les cacher ici seulement une semaine.

Et puis, si ma mère voit qu'elle a disparu, elle va paniquer.

Ce sera drôle.

Elle est toujours sur mon dos. Ça lui apprendra.

C'est sa punition.

Allez, mettez-les vite là-dedans.

Et si on n'arrive plus à ouvrir le coffre ?

À l'origine, ce bâtiment était un centre de formation.

C'est pile ce que vous cherchez.

Entrez.

Je vais jeter un œil au générateur.

Il devrait encore marcher.

Le générateur n'a pas fonctionné longtemps.

Euh... Monsieur ?

Comment trouvez-vous le produit ?

Si vous fondez une école, c'est l'endroit idéal.

Oui... Pourquoi pas.

Je peux vous poser une question ?

Oui.

À qui appartient le bâtiment ?

Aux Industries Adachi.

Aux Industries Adachi ?

Oui.

Le propriétaire s'appelle M. Adachi ?

Oui, Toshirô Adachi.

À tout hasard, connaîtriez-vous le prénom de sa femme ?

Pardon ? Oh, attendez un instant.

C'est écrit dans le dossier.

Oui, voilà. Mme Asako Adachi.

Asako Adachi...

Asako...

Très bien, merci.

J'ai compris.

J'ai tout compris.

Vite, vite !

II faut les ramener.

Ma mère va se fâcher !

Tiens, pourquoi ? La lettre a disparu...

Vite !

Emili, dépêche-toi !

Je savais que tu viendrais.

Il y a quinze ans, dans ce coffre-fort,

j'ai trouvé la bague que je t'avais offerte

et le testament d'Akie.

Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?

Je ne sais pas.

Ta fille a dû vouloir te jouer un mauvais tour.

Emili ?

Au départ, je pensais être arrivé ici par hasard.

Mais je me trompais.

C'est l'esprit d'Akie qui m'a guidé ici.

Aujourd'hui, j'en suis certain.

Moi aussi, j'ai été guidée par l'esprit d'Emili

jusqu'à ton école associative.

C'est ça, tu as tout compris.

Sauf que je ne me suis pas vengé de toi uniquement pour Akie.

Pour quoi d'autre ?

Après m'avoir quitté,

tu as tout obtenu.

Une position sociale, le confort matériel,

et une famille heureuse.

Et moi, qu'est-ce que j'avais ?

Rien.

Absolument rien.

Alors j'ai voulu te priver ne serait-ce que d'un de ces privilèges.

Donc tu as tué Emili.

Oui.

Je ne sais pas ce qui m'a pris.

Après tout, je n'avais pas à la tuer.

Tu dis ça maintenant !

Tu es inhumain.

Tu as agressé Emili, et en plus...

Quelle horreur.

Comment peut-on être aussi cruel avec une si petite fille ?

Si tu voulais te venger, tu n'avais qu'à me tuer !

Si j'avais pu le faire,

je ne m'en serais pas privé.

Puisque c'est ainsi, tu vas l'entendre.

Mon ultime secret.

Ah oui, c'est vrai.

Le père d'Emili...

C'est toi.

Quoi ?

C'est pendant notre dernière nuit, quand tu m'as violée,

qu'Emili a été conçue.

C'était donc ça...

Je comprends mieux, maintenant.

Pourquoi quand je l'ai approchée,

je me suis senti comme ça.

J'ai enfin compris.

Cette enfant...

était ma fille.

C'est pour ça que quand j'ai vu son visage,

j'ai eu envie de la tuer, et pire que ça encore,

j'ai eu envie de la déshonorer.

Au fond,

c'est parce que c'était moi.

Monstre.

Cela dit, je suis content de l'apprendre.

Je me sens un peu soulagé.

Moi aussi, j'ai quelque chose à te montrer.

Ce que tu as toujours voulu,

sans jamais pouvoir l'obtenir.

Suis-moi.

Comme c'est étrange...

Je me sens mieux.

Sur ce, je vais exaucer ton vœu

et mettre un terme à ta vengeance.

Sans qu'on ne t'accuse de rien.

Asako, ceci est mon dernier cadeau.

Tu as intérêt à l'accepter.

Mme Adachi, qu'est-ce que ça signifie ?

C'est moi qui ai poussé Nanjô sous les roues du train.

C'est moi qui l'ai tué.

Pourquoi avoir fait ça ?

Mme Adachi.

Ce n'était pas vous, n'est-ce pas ?

Grâce au témoignage du conducteur du train

et aux résultats de l'autopsie,

nous savons qu'Aoki s'est donné la mort.

Mais...

Nous ne pouvons en aucun cas vous faire porter ce crime.

Vous êtes libre. Vous pouvez rentrer chez vous.

Où suis-je supposée aller ?

Que dois-je faire

pour expier mes péchés ?

Dis-le moi, Emili.

Me serais-je trompée ?

Team KINeMA

Sous-titrage : M Adaptation française : Léa Le Dimna

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