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Tu n'as plus de sucre pour notre invit� ?
T'es pas foutue de tenir la maison !
Attends un peu. J'ai �t� trop gentil avec toi !
Calme-toi...
Tu veux partir ? Vas-y, personne ne te retient.
Tu veux partir � nouveau ?
Tu veux aller donner ton cul ?
- Alors d�gage ! - T'es compl�tement bourr�.
Allons, du calme.
Du calme.
Au mariage,
sa s�ur...
est all�e se faire sauter dans la grange.
Quand son mari l'a su, il a pleur�.
Ouais,
il fallait faire payer la passe !
Une salope ici !
Salope !
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La m�re de Janek est morte
quand il avait cinq ans.
Bozena...
je l'ai tir�e d'un rade.
La ferme !
J'avais besoin d'une femme.
Ceux qui se moquaient,
je leur ai p�t� la gueule.
Tous les hommes la reluquent.
Elle te pla�t aussi ?
� mon avis, je vais avoir mal aux reins demain.
Avec l'alcool du magasin peut-�tre,
mais pas avec le mien.
Zdzisiek, tu crois...
que je sais pas reconna�tre de la gn�le ?
Celle-l�, non.
� Mosty, on distillait aussi.
La gn�le puait, mais on s'est fait pas mal de fric.
La milice a tout d�couvert � cause d'une erreur.
Les amendes sont fortes.
C'est plus prudent de ne pas boire.
J'ai eu du bol :
j'�tais � Radom en train de cuver.
Putain de merde.
Merde...
Attends...
C'est un radiateur de bagnole ?
Les tuyaux sont en cuivre.
Un d�flegmateur !
Et c'est fort comment ?
Apr�s quatre distillations, j'arrive � 92 %.
La vache, c'est impressionnant.
Et l'ingr�dient de base ?
Si c'est pas un secret, bien s�r.
Des pois.
J'ajoute du citron.
�a neutralise l'odeur sans alt�rer le go�t.
Mais pas de pois hongrois.
C'est trop faible.
Franchement, tu devrais en vendre.
� qui ? Tout le monde distille, ici.
�a arrache.
Zdzisiek,
faisons �a ensemble !
On mettra une colonne ici.
Un m�tre, un m�tre et demi... Faudra l'enterrer.
Il y a des troupes russes dans le coin ?
C'est l'endroit id�al !
Je sais comment faire, �a marchait du tonnerre � Mosty.
Pourquoi on vous a chop�s, alors ?
Un gars en vendait aux miliciens.
Ils ont fait scandale en se saoulant en public.
On vendra qu'aux Russes, mais en quantit� industrielle.
Alors ?
D'accord ?
Zdzisiek.
D'accord ?
Tope l�.
Dans les dix mille zlotys de mat�riel.
�a inclut les radiateurs, bien s�r.
Dix mille...
- D'o� vient le cuivre ? - Une usine � Sanok.
En tout, j'en ai eu
pour deux mille.
- Quatorze mille. - Et mille pour le transport.
On peut pas trimballer tout �a en bus.
- Ma cuve est tr�s bien. - D�conne pas, c'est trop petit.
- Va chier. - Il faudra une pompe � eau.
Et des tuyaux en verre.
Le beau-fr�re de Madecki bosse dans une verrerie � Krosno.
Pour le sucre, j'en d�gotterai � la ferme d'�tat.
Ce sera pas �vident.
- Le Parti a la main dessus. - On s'en branle.
Il a dit que le cur� avait des contacts � la raffinerie
parce qu'il avait donn� la communion au fils du directeur.
D'apr�s lui, on pouvait s'arranger contre un peu de fric.
�a ne concerne pas notre affaire.
Ne le mentionnez pas.
Quant � vous, soyez bref. On va pas y passer la nuit.
Combien vous fallait-il ?
Deux cent.
- Des bidons de lait. - Janek !
Il en piquera � la laiterie.
Vingt pour la livraison, vingt pour l'�change.
Disons cinquante.
Pour arrondir.
Au pire, dix c'est bien assez pour livrer du lait.
Cinquante, quinze...
�a nous fait cinquante-neuf au total.
La premi�re livraison sera gratos, pour fid�liser le client.
En dollars : six, huit...
Et merde. �a fait cent mille pour commencer.
J'aurais dit moins.
C'est du s�rieux.
Y a combien de Russes, � la base ?
Dans les trois ou cinq mille.
- Peut-�tre plus, si �a se trouve. - Disons cinq mille.
Je retiens le cinq...
Je reporte le z�ro...
�a fait cinq briques la livraison.
�a fait vingt briques par mois.
Putain !
En seulement quatre semaines,
on amortit nos frais et on a dix briques de b�n�fice !
Et avec les stocks, le mois suivant co�tera deux fois moins.
Tu auras ta Polonez pour janvier !
Plus tard, on pourrait aussi livrer la prison
o� est le mec qui baisait la femme de Madecki.
Les taulards ont toujours du fric pour la picole.
- La Polonez... - Tu l'auras !
Pour seulement dix briques d'investissement !
- Polonez... - Putain, on va �tre plein aux as !
Edek !
- Eddie ! - Zdzisiek !
Edward !
Aide-moi.
Aide-moi.
- Quoi ? - Pousse.
Edward, sous ce plancher...
il y a exactement soixante mille zlotys.
J'�conomisais pour Janek.
Pour acheter la Polonez.
Soixante mille.
Zdzisiek, voil� tout ce qu'il me reste.
Quarante-trois mille zlotys...
Trente bons au porteur PKO, quatre-vingt-onze dollars,
et cinquante-deux deutschemark.
Zdzisiek.
Edward.
Je vais te dire...
�a va marcher du tonnerre.
Zdzisiek, dans cette valise...
Merde...
Mon vieux, t'as tout planifi� comme un chef.
Impressionnant.
Arr�tez.
Maintenant, allez dormir. Vous devez vous lever demain.
Bozena, ch�rie...
Je pensais pas ce que j'ai dit.
Allez, allez.
Et merde !
O� est Marysia ?
D�gage !
Du trafic d'alcool ?
On avait un coup dans le nez, vous savez ce que c'est.
Bourr�, on dit n'importe quoi.
Et � Mosty ?
- Quoi ? - En 76 ?
J'ai pas �t� inculp�.
Pause.
Il garde tout pour ce branleur.
Il a bient�t trente et un ans, il picole et d�laisse sa femme.
Il ne rentre que quand il a besoin de fric.
Il ratisse le moindre centime.
Il m'a tourn� autour et je lui ai fil� une baffe.
Alors, il a dit au vieux que je le trompais.
C'est vrai, non ?
Pourquoi tu dis �a ?
Qu'est-ce que tu fous dans mon lit ?
T'es venue jouer aux cartes ?
Encore un qui se conduit comme un porc quand il est bourr�.
Je veux bien baiser, mais si c'est pour parler, d�gage.
Que vous est-il arriv� ?
- Votre rapport sur Jasiak. - Je ne l'ai pas.
- Faites-le. - La politique ne m'int�resse pas.
Int�ressant.
D'apr�s Banas, il y a vos empreintes l�-dessus.
Je peux vous en mettre de c�t�.
C'est l'occasion.
On nous a contr�l�s trois fois !
Ils cherchaient autre chose.
Un d�tenu s'est �chapp� du camp, mais ils trouveront rien du tout.
Personne ne peut s'�chapper de l�-bas.
C'est encore une magouille de la police secr�te.
Ils racontent �a pour se couvrir.
Et ce vaurien de Jasiak.
Vous le prot�gez,
mais il vous implique
dans un d�tournement de vodka saisie.
�a vous parle ?
Przemysl.
L'affaire Bork.
Vous avez d�clar� que le chien avait fait tomber la caisse.
Quant � votre ami Zajdel,
il a suffi de lui promettre un passeport pour sa femme
pour qu'il vous accuse de boire pendant le service.
Entre nous, tu ne reviendras pas ?
Quand tu auras obtenu des passeports ?
Donne-moi une raison de revenir.
Il vous aurait vu deux fois. En 1976...
Qui d'autre ?
Tout le monde.
Je n'ai pas eu besoin de demander � Lisowski.
Il envoie r�guli�rement des rapports. Il ne vous aime pas.
Je cite : "� plusieurs reprises,
"j'ai pu entendre le lieutenant
"d�nigrer le syst�me de cong�s du service."
Je vous parle de sa femme ?
�a va ?
Que veux-tu que je te dise ?
Entre nous, qui est le p�re ?
Vous ou Lisowski ?
La v�rit�.
�a n'existe pas.
Ils n'ont pas eu cet appartement pour rien.
Tu te souviens du sergent Kania qui bossait aux empreintes ?
Et le sergent Kania ? Du service des empreintes ?
Tout le monde l'a bais�e.
Vous l'auriez viol�e lors de la tourn�e d'inspection.
Tout le monde l'a bais�e sauf moi.
J'�tais bourr�. Et aussi Tomala, mais il est p�d�.
Que pouvez-vous me dire...
Seul le b�b� compte.
- ... au sujet du procureur ? - Rien !
Vous refusez de d�noncer Jasiak ?
Parlons de la raffinerie de sucre.
Vous aviez raison, �a ne nous concerne pas.
Tant mieux.
Ce n'est rien.
Je me contenterai de parler d'homicide.
Sucre,
machines agricoles, mat�riel de construction,
fausses factures.
Rapports de sinistres.
Des noms de gens du Parti.
Des transferts de roubles et dollars...
sign�s par vous ou votre fr�re.
J'ai l'impression
que cette affaire sera votre derni�re, lieutenant.
- C'est quoi, cette merde ? - Cette merde ?
Le testament du zootechnicien.
Une autre affaire de meurtre.
Jan Stec.
Jan Stec. Il chantait � l'�glise.
Officiellement, il est mort dans un accident vers Nisko.
On se les g�le...
On va faire �a vite, t'�nerve pas.
D'autres gens sont morts de la m�me fa�on, au m�me endroit.
C'est un virage dangereux.
Lieutenant.
Revenons-en � la raffinerie.
Vous en savez sur moi,
et j'en sais sur vous.
Match nul.
C'est moi � Radom. En train de sauver le si�ge du Parti.
Sauver ?
J'essayais d'�teindre le feu.
Dehors.
Vous savez ce que c'est ?
- Un effet secondaire de l'Esperal. - Vous pouvez l'enlever ?
Avec quoi ?
Faisons un point de croix.
Pardon.
Putain de merde.
Normalement, c'est seulement apr�s 48 heures...
Mais je connaissais un type...
De quoi va-t-on m'accuser ?
Cachez �a, et rendez-le au cur�.
Wozniak.
Donnez-moi �a.
Voici votre t�moignage :
"Je ne trouvais pas le sommeil.
"Je n'�tais plus tr�s s�r pour la ferme d'�tat.
"J'ai fait des pompes." Pourquoi ?
C'�tait...
pour dessouler.
Apr�s, je suis sorti aux chiottes.
Pour prendre l'air.
- Et pour r�fl�chir. - � quoi ?
Tout allait trop vite.
Le projet avec Dziabas.
Et puis sa femme...
Le bonheur, �a n'existe pas.
- Ce soir-l� a mal tourn�. - Banas est revenu.
Elle accouche ou pas ?
Pourquoi ils l'ont ramen�e ?
Lieutenant,
je vous l'ai d�j� dit : vous connaissez la v�rit�.
La v�rit� ?
�a n'existe pas.
Le docteur de Krosno s'est fait enfermer,
il va falloir aller � Rzeszow.
Que faites-vous, lieutenant ? Arr�tez de boire.
On a en gros huit heures apr�s la perte des eaux.
Une heure ici, une heure et demie de route,
quatre heures pour l'h�pital. �a te va ?
Ouais.
Tu ne m'en veux pas, ch�rie ?
�a va aller ?
Attends dans le fourgon.
Banas.
Reste avec elle, c'est un ordre.
Il ment,
- il n'est pas all� dans les W.C. - Alors o� ?
L� o� on a trouv� la hache.
C'est faux.
Ne me filmez pas avec �a.
Ramasse-la.
Ramasse.
Bien.
Donnez-nous votre version, Srodon.
J'ignore combien de temps je suis rest� ici.
L'alcool m'�tait mont� � la t�te.
Je suis sorti de ma torpeur en entendant du bruit.
Je me suis dit qu'il devait encore la frapper.
Qu'elle lui avait tout racont�.
Le lit �tait vide. J'ai entendu un cri.
Srodon.
Le lit �tait couvert de traces de hache.
Quelle hache ? Vous essayez de me pi�ger ?
Vous aviez l'intention de les tuer.
C'est des conneries !
Il y avait du sang partout.
Elle �tait de ce c�t�...
et lui, ici.
Il tenait un couteau
au-dessus de la t�te.
C'est moi qu'ils visaient.
Ils voulaient mon argent.
Personne ne me connaissait. Personne ne m'avait vu.
Leur fils �tait rentr� du bal
et s'�tait �croul�.
Ils l'ont massacr�.
Ils l'ont �gorg� dans le noir.
Le couteau a disparu.
Les preuves sont compromises.
Reprenons une fois de plus.
O� es-tu, salopard ?
Le suspect a d�clar�
que Dziabas est tomb� par terre en poursuivant le renard ?
Oui.
Et que la hache est tomb�e pr�s du puits.
Exact ?
Encore cette hache ?
R�pondez.
Oui.
Alors comment Dziabas a pu sortir de la maison avec la hache ?
Je ne sais pas. Il avait d� la ramener plus t�t.
J'�tais sur les nerfs, j'ai pu me tromper.
Qu'est-ce que �a change ?
Ils l'ont assassin� !
O� est-il pass� ?
- C'est nous qui posons les questions. - O� est le lieutenant ?
Qu'attendez-vous ?
Prenez des notes. Reprenons.
O� et quand le suspect a-t-il perdu la hache ?
- C'est ta faute. - �a fait 15 ans que c'est ma faute !
Tu ne l'as jamais aim� parce qu'il n'est pas de toi !
Tu peux parler ! Au lieu de lui offrir une Polonez,
tu lui as tranch� la gorge ! Belle preuve d'amour !
Tu �tais avec moi !
Et tu n'as pas �t� foutu de le reconna�tre !
C'est pas plus mal d'ailleurs, c'�tait un vaurien !
Il terrorisait tout le village. Et toi avec !
Tu passais ton temps � l'aguicher !
Comme Srodon !
La valise.
Avec l'argent, on pourra toujours s'en sortir.
Et puis,
il y a tes �conomies pour la Polonez.
On n'aura qu'� accuser Srodon.
Il suffira de raconter la m�me histoire
quand la milice sera l�.
Comment �tes-vous sorti de la grange ?
Je vous l'ai dit. La foudre a d�clench� un incendie.
J'en ai r�chapp� de justesse.
Je suis sorti par le trou que le renard avait creus�.
Donnez-moi �a.
Donnez.
Vous le reconnaissez ?
Non.
Notez sa d�claration.
Voici vos empreintes, retrouv�es sur les lieux.
Et un morceau de votre manteau.
Ils voulaient me tuer.
Leur argent me revenait.
On se fait une petite sieste ?
Debout.
Coup port� � la t�te...
par un droitier.
Le corps �tait � cinq m�tres...
Madame, allez de c�t�.
L'autre aussi. Hawryluk, placez-les.
"Ceci prouve..."
�crivez.
"... que le suspect..."
Merde.
"... ne peut avoir vu
"tout ce qui se passait."
- Quoi ? - Emmenez-la.
Marysia !
- Wozniak, vite ! - � la cuisine.
Ils te tueront quand tu t'�chapperas.
Emmenez-la !
Dehors, maintenant.
Ils veulent te pi�ger.
Fous le camp.
- Allonge-la. - Faites fondre de la neige.
Tire-toi avec ta vodka !
Merde !
Respire doucement.
Pousse !
Non...
Encore.
Encore. Le voil� !
- Je peux pas ! - Encore !
Le voil� !
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