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- Bonjour. - Bonjour.
Eteignez-le moteur.
Posez vos mains sur le volant.
- Où ? - Sur le volant.
- Votre permis. - Mon permis ? Tout de suite.
Mais j'étais pas au volant.
Vous dites ?
J'étais pas au volant.
Ah bon ?
Qui conduisait, alors ?
Anders Berg.
D'accord. Où est-il ?
Il s'est enfui dans les bois.
Mais tout a changé, ici.
Si vous voulez bien souffler.
Oui.
Je sais souffler, moi.
Faites-le correctement.
Vous voyez bien !
Vous allez nous suivre au poste.
Fais gaffe, tombe pas.
Si ça te saoule, laisse tomber,
Jocke s'en chargera.
Ca va, toi ?
C'est mon pépère, ça.
T'es un bon chien, toi.
T'es le meilleur.
Papa, je peux te demander un truc ?
Quoi ?
Quand t'étais en service,
t'as pensé à changer de boulot ?
Non.
Jamais ?
Non.
T'as jamais douté ?
Jamais perdu la foi ?
La foi en l'humanité ?
J'ai jamais eu la foi en l'humanité.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Qu'est-ce qu'il nous raconte ?
- T'en veux ? - Je veux bien.
Qu'est-ce que tu veux ?
T'es un petit malin.
Ta bouteille de lait est périmée depuis quinze jours.
T'en as une autre ?
J'ai que ça.
Maman a fait les courses ?
Pourquoi il te faut du lait dans le café ?
C'est pour les mômes, le café au lait, non ?
Moi, j'aime ça.
Et maman aussi.
Elle est où, d'ailleurs ?
A la campagne, je crois.
Tu sais pas où elle est ?
Je viens de te dire qu'elle est à la campagne.
Elle s'est pas barrée, si c'est ce que tu crois.
Et tu te débrouilles comment,
pour tout faire,
si elle est pas là ?
Je me débrouille très bien.
Je bois pas de lait.
Et pour la douche ?
Je t'en pose, des questions ?
T'occupe,
elle va finir par revenir.
- Johanna Orrnas ? - C'est moi.
Leah et Jens, de la police de Malmo.
Nous aimerions vous interroger
à propos de votre entrepôt à Vintergatan.
Pas maintenant, désolée.
Nous avons une convocation à votre nom.
Nous avons essayé de vous joindre.
Ah oui ?
Je ne réponds pas aux numéros masqués.
D'ailleurs, la victime, c'est moi.
Ils sont entrés par effraction et ont squatté ma propriété.
Donc, je vous remercie pour votre dévouement,
mais je n'irai nulle part avec vous.
- Rasmus ? - Leah...
Vous devez nous suivre que vous le vouliez ou non.
- Je suis occupée. - Vous n'avez pas le choix.
Ne me touchez pas !
Chère collègue...
Un peu de respect,
des gens sont morts !
Viens, Leah...
- Elle est folle ! - Attention à la marche.
- Il s'est passé quoi ? - Rien, ma chérie.
Maman ?
Vous pouvez déposer les fleurs de l'autre côté.
Merci pour ce que vous faites.
Il est inacceptable que de nos jours,
la précarité soit exploitée, comme au 19e siècle.
Ensemble,
la police et les services sociaux et d'immigration
feront le nécessaire pour évacuer les locaux
où sont logés des travailleurs clandestins...
"Comment garder espoir quand 39 vies sont perdues ?"
"39 décès."
Jeppe !
Salut, Magnus !
- Ca va ? - Ca va.
T'as commandé ?
Non, je prendrai comme d'hab.
J'ai une heure d'attente, on est blindés.
- Je reviendrai. - La prochaine fois, je t'invite.
Merci.
Voilà pour vous.
"On ne peut pas éviter toutes les tragédies..."
"mais il faut continuer à se battre..."
"... continuer à se battre, continuer à se battre..."
Salut, vous deux.
Jamais, vous dites bonjour ?
Il est inacceptable que la précarité soit exploitée,
comme au 19e siècle.
Le gouvernement et les autorités doivent être fermes.
Ensemble, la police et les services sociaux et d'immigration
feront le nécessaire.
Mais en la matière, chacun doit prendre position
et s'engager moralement.
Nous sommes donc tous coupables ?
Je n'ai pas dit ça, chacun est responsable.
Lorsqu'on achète un bien ou un service à bas prix,
quelqu'un doit payer la différence.
Parfois, au prix de sa vie.
Nous ne pouvons l'accepter.
Ce qui est arrivé à Frihamnen
ne doit pas se reproduire.
Police.
La municipalité fait l'interface et les douanes gèrent la paperasse.
Sara, tu veux bien faire équipe avec Magnus et Faye ?
Super, Fanny et moi on couvrira vos arrières.
Bonjour, My Berg, je représente la municipalité.
Nous devons évacuer tous ceux qui vivent ici.
Personne ne vit ici.
Nous savons que vous hébergez du monde.
Merci.
Bonjour.
Je m'appelle My, nous allons fermer ces locaux.
Vous ne pouvez pas rester ici.
Qu'est-ce que ça veut dire, putain ?
C'est la maison de Dieu, vous n'avez pas le droit !
Partez, maintenant !
Installez-vous là-bas.
Asseyez-vous.
On se calme !
Ecoutez-moi ! Comment pouvez-vous faire ça ?
Ces gens sont en souffrance.
Pourquoi ne pas les laisser ici, en sécurité ?
Nous veillons justement à leur sécurité.
Dans ce pays, l'église doit offrir refuge.
Cette loi a 800 ans.
Calmez-vous, maintenant.
On fait notre boulot.
On n'est pas tous nés privilégiés, comme vous.
Calmez-vous et on va boucler ça dans la dignité.
Dans la dignité ? Quelle dignité ?
Sales flics !
- Honte à vous ! - Calmez-vous !
Je bosse sur les plannings.
Avec tous ces arrêts maladie et les gardes aux postes-frontières,
c'est une vraie galère,
comme trier des timbres pendant une tempête de neige.
Alors je me demandais...
Vous seriez OK pour rebosser ensemble ?
Aucun souci.
- Et toi ? - Pareil.
Donc vous pouvez faire équipe ?
- J'ai bien compris ? - Tu as très bien compris.
Merci.
J'avoue que ça m'arrange pas, les coucheries dans ma brigade.
Non, je rigole...
Les sentiments, ça se commande pas.
Il n'y a plus de sentiments.
On a une relation strictement professionnelle.
Y a que ça de vrai.
Les relations strictement professionnelles.
Ca m'évite un tas de soucis.
- Quoi ? - Rien.
J'en sais rien, j'ai pas eu d'infos.
Bonjour à tous, comment ça va, ici ?
- La forme ? - Ca va.
Voici Fanny, une nouvelle recrue.
- C'est joli, Fanny. - Merci.
- Irene. - Bonjour.
Manuel.
Je vous serre pas la main, mais le coeur y est.
Un salut militaire fera l'affaire.
C'est vous qui commandez ?
T'as tout compris.
- Je m'en souviendrai. - Où est Johnny ?
Cette saleté l'a emporté.
Ouais, il a clamsé.
Désolé.
Triste fin d'une triste vie.
L'alcool immunise.
L'alcool et le tabac.
Je vais m'y mettre, alors.
Non, fais pas ça.
Non ?
Si vous le dites, c'est un ordre.
- C'est vrai. - Ca me va.
C'est moi ou c'est très long ?
Oui, c'est très long.
- On est d'accord ? - Tout à fait.
En même temps, le café est si bon, ça vaut le coup d'attendre.
C'est vrai.
Au fait...
je voulais te remercier.
D'avoir pris le temps de me parler. après l'incendie.
De rien, ça m'a fait du bien, à moi aussi.
Mais je suis pas psy,
si tu en as besoin, tu peux le dire.
Non, je crois pas.
Comme je te l'ai dit,
c'est ce que j'ai vécu de plus terrible dans ma vie.
Moi aussi.
Mais j'ai eu l'impression de pouvoir cloisonner.
Je n'étais pas vraiment Fanny,
mais surtout... agent de police.
Heureusement, c'est différent.
Tu comprends ?
Très bien. C'est ce qu'il faut.
On le dit souvent, il faut séparer le personnel du professionnel.
C'est ce qu'on dit.
En effet.
Tu y arrives, toi ?
C'est le mien.
C'est mon café.
Non, tu crois ?
C'est sûr, c'est le mien.
Je vais t'en refaire un.
Chef, bonjour, chef.
- Je dérange ? - Absolument pas.
Je me demandais si tu avais eu des retours
sur mes exploits, rapport à l'incendie.
Dis pas de bêtises.
Un jour, je serai ton supérieur. Ou le tien.
T'as pas aimé l'interview ?
Quelle interview ?
Je l'ai accrochée au tableau d'affichage.
T'as autre chose à faire, je te l'envoie.
Tu l'as lue ?
Sympa.
Je te l'envoie par mail.
Et hop.
Comme vous le savez, l'opération EMIL
conjugue les efforts de plusieurs instances
afin d'en finir avec l'occupation illégale
de locaux présentant des risques d'incendies.
Un instant.
On peut dire un truc ?
En attendant ?
Bien sûr, on vous écoute.
Comme vous le savez, Khalid et moi on a continué
à distribuer des repas aux SDF et aux personnes âgées.
C'est grâce à vos dons, alors merci.
Oui, c'est super.
On voudrait faire une collecte
pour les victimes de l'incendie et leurs proches.
C'est le même numéro de compte,
indiquez juste "VINTERGATAN" sur le libellé du virement.
Ne vous sentez pas obligés, donnez si vous pouvez.
Bien sûr, pas de pression, mais ça peut faire du bien de...
d'aider comme on peut.
Le couple de l'année.
Vive Sara et Khalid !
Merci, merci.
On reprend !
Sara !
Je t'emballe tout ça.
T'es une bonne cliente.
- J'aime pas jeter. - Ca repart un peu ?
On a quelques habitués qui commencent à revenir.
Mais plein de gens font encore du télétravail,
je risque de fermer le midi.
Mais ça va s'arranger, j'en suis sûre.
Ferme pas, j'adore déjeuner chez toi.
Elle est trop gentille.
Il faudrait plus de gens comme elle,
avec le coeur sur la main.
Le monde irait mieux.
Vous êtes de la même espèce.
Non.
- Prenez ce pain, il est délicieux. - Non.
Je vois que vous êtes bon.
En plus, vous êtes beau.
Il ne mange pas de pain blanc.
Il va se régaler avec ce pain-là.
C'est pas ça qui va sauver son commerce.
Je sais bien.
Je vais pas bouffer ça...
C'est bon.
Ne dis rien, je sais que tu trouves que j'en fais trop.
J'ai rien dit.
Qu'est-ce que t'as, alors ?
Rien du tout.
Tu vas passer ta vie à me détester,
je peux pas t'en empêcher, je le sais.
Merci.
Pourquoi tu t'imagines
que tu as le pouvoir de tout changer ?
C'est pas le cas.
Ecoute, je...
Je suis crevé et j'ai la dalle.
J'arrive pas à être aussi positif que toi et Khalid.
Il a beaucoup d'estime pour toi.
Il dit que t'es un type bien et un super flic.
Tu veux manger un truc ?
Non.
Salut, Mackan.
Viens me voir.
Viens me voir.
Non, Mackan !
Reviens dans la cage.
Putain de piaf à la con.
Elle refait des siennes ?
Machine à café de merde...
Laisse-moi faire.
- J'en ai marre... - Attends.
- Il faut appuyer là. - C'est ce que j'ai fait.
Voilà.
Comme ça.
Réessaie, pour voir.
On y croit ?
Je vais m'acheter un café T'en veux ?
T'es au courant
pour l'hommage aux victimes de Frihamnen ?
Oui, j'ai entendu ça.
Café noir ?
Ce serait bien
que t'y ailles avec Tessan.
La brigade de médiation a besoin de monde.
Moi ?
T'es pas content de moi ?
Pour être sincère, t'es la meilleure de la brigade.
Et je regretterai toujours de pas avoir été là
quand tu avais besoin d'aide.
Pourtant, c'était gros comme un cul de babouin.
Un café noir ?
Je pense qu'elle aura vraiment besoin de ton aide.
Je peux compter sur toi ?
Non mais, sans déconner...
J'y crois pas.
Sérieusement ?
Dites-moi que c'est pas pour nous.
On est bien au commissariat ?
Ils ont déjà fermé nos toilettes,
on va avoir des sanitaires dans la cour.
Combien de temps ?
Aucune idée.
J'en sais pas plus que vous.
C'est la direction qui gère ça avec l'entrepreneur.
Il y a pas grand-monde, mais bon...
- Ils sont en règle ? - Je crois.
Il paraît que tout le monde a des contrats
et des titres de séjour.
Evitons quand même de parler de ça en dehors d'ici.
Simple précaution.
On a mieux à faire que gérer une polémique
sur du travail au noir au sein la police.
Ce qui, bien sûr, n'arrivera jamais.
Personne pense ça, quand même ?
Espérons que tout soit à nouveau opérationnel.
Très vite.
Il y a de l'eau, dans ces machins ?
Des mousses lavantes.
J'ai des copains qui jouent dans un orchestre.
Ils pourraient prendre la tête du cortège, non ?
Je trouve que c'est une super idée.
Qu'est-ce qu'ils foutent ici ?
De qui parles-tu ?
Le cortège serait plus digne sans les flics.
Ils étaient planqués à cause d'eux.
Que veux-tu dire ?
Qu'ils ont viré des gamins d'une église.
C'est honteux, putain.
Même pour des flics, ça va trop loin.
- Frans... - Calme-toi.
On a décidé d'organiser le cortège en collaboration avec la police.
Si ça ne te convient pas, Frans,
tu es libre d'organiser ton propre hommage.
On est là pour en parler, non ?
C'est super, tout le monde est constructif.
On reprend ? Que pense-t-on de l'orchestre ?
Vous arrêterez les sans-papiers
au rassemblement ?
- Ca la foutrait mal. - Ah ouais ?
C'est ça qui compte pour vous ?
- C'est faux. - Tu provoques.
Frans, tu te souviens pourquoi on est là ?
Frans, réfléchis.
Qu'est-ce qu'on fait ici ?
Ce n'est pas le moment de faire des histoires.
Je propose que tout le monde se reprenne.
Merci.
On pourrait commencer l'hommage
en lisant le nom des victimes.
Ca me paraît important.
Ils ne sont pas seulement "les 39".
Ce sont des individus,
avec un parcours, une histoire uniques.
Il ne faut pas les oublier.
Ils méritent une journée d'hommage.
Chacun mérite sa journée.
Une journée par victime.
Super idée.
Je suis pour.
Moi aussi.
Carrément.
Tout va bien ?
C'est pas super confort, mais...
Je ne parlais pas de ça,
mais de l'incendie.
Perdon, j'ai mal compris.
Ca va, je le gère bien.
- Tant mieux. - Et je gère ça aussi.
A toi l'honneur.
- J'ai le temps. - Sûr ?
Oui et je monte la garde
pour te protéger de l'Emmerdeur fou.
L'Emmerdeur fou.
Des festivals ?
T'as pas la réf, oublie, je veux pas te retenir. Fonce.
Je fais vite.
C'est qui l'Emmerdeur fou ?
Une légende urbaine, dans les années 1990.
C'est Katrin qui m'a parlé de lui.
La cheffe Katrin ?
Elle a un humour bizarre, non ?
C'est pas ça qui saute aux yeux.
C'est quoi, alors ?
Son côté autoritaire.
Et puis, elle regarde...
les filles.
Comment ça ?
Elle regarde les filles comme moi, je les regarde.
- J'ai un radar pour ces trucs-là. - Un radar ?
Sans déconner...
C'est comme les mecs homo...
C'est pas une surprise.
Ca se voit tout de suite.
Comment ça ?
Oui, précise ta pensée.
Vous vous foutez de moi ?
C'est sa posture, on dirait qu'elle monte un éléphant.
Elle fait tout comme un mec.
Certaines lesbiennes sont plus mecs que les mecs.
C'est la vérité.
Pas vrai, sister ?
- Je rêve. - Ma soeur de couleur ?
Allez, sans rancune. Bye.
Il nous fait quoi, lui ?
J'hallucine.
N'importe quoi. Tu vas où ?
- Pourquoi ? - Comme ça.
Tu savais que Katrin était gay ?
Elle est pas mal.
Si tu le dis.
Elle a soixante balais.
T'es un peu coincée.
Elle a 60 balais et c'est ma boss, je suis pas coincée.
Elle te plaît ?
Je constate qu'elle est pas mal.
Et toi, elle te plaît ?
Non.
Allez, salut.
Pauvre Sara.
Elle a un rhume.
Oui.
Rien de grave.
Elle a le nez qui coule, elle a préféré rester à la maison.
60 à 1320. A vous.
1320 à 60.
On est sur John Ericssonsvag. A vous.
Tapage sur le toit du parking de l'Emporia. A vous.
On y va. Terminé.
C'est nos amis de la dernière fois.
Eteignez la musique.
Montez dans vos voitures, ça suffit, maintenant.
Allez, la fête est finie.
Eteignez la musique.
Tout de suite !
Touche pas à ma caisse, sale bougnoule.
T'as dit quoi ?
C'est une voiture,
pas un chameau.
Répète ce que t'as dit, espèce de connard ?
Magnus, calme-toi.
Il a rien fait.
Recule, dans ta voiture !
C'est un enculeur de chameaux.
Tu t'attendais à quoi ?
Abruti de mes deux.
T'as la gueule en sang, t'aimes ça ?
T'aimes ça, hein ?
- Non. - Tu fais moins le fier.
Salopard...
Magnus ?
On va se prendre une bière ?
On va boire un coup ? Après le taf ?
Si tu veux.
Ca doit être du boulot, toutes tes vidéos.
Oui, avec les ateliers en plus, ça fait beaucoup.
On se pose là ?
Je fais du streaming pour rester dans le coup.
C'est pas de la télé,
mais au moins, ça parle aux jeunes.
C'est comme ton blog et ton club de hand.
Sauf que le club de hand,
ça s'est fini par un flop.
Je peux pas te laisser dire ça.
On sait jamais ce qui marche.
Dans 5 ans, peut-être qu'un gamin se dira :
Magnus a cru en moi.
Sur le coup, j'étais pas prêt, mais là, je comprends.
T'es un putain de grand frère, arrête de douter de toi.
T'es un flic génial, crois-moi.
Tu inspires les gamins,
mais tes collègues aussi, à commencer par moi.
Un truc est sûr,
tu fais bouger les lignes.
T'es pas d'accord ?
Putain, j'arrête pas de parler.
On se fait un selfie ?
Je le posterai ce soir.
Regarde-moi ça !
On est pas mal.
Tu vas faire exploser mon insta.
"Il faut croire en la bonté des hommes.
"On est pas seuls dans la vie, elle a un sens.
"On ne peut éviter toutes les tragédies.
"Mais il ne faut pas laisser tomber.
"Même si c'est dur,
"il faut continuer à se battre.
"Même si c'est dur, il faut continuer.
"Continuer à se battre.
"Il faut croire en la bonté de l'homme.
"On n'est pas seuls dans la vie, elle a un sens.
"Car sinon, comment garder espoir ?
"Comment croire que tout ira mieux ?"
Putain, pourquoi c'est si dur d'écrire ?
Sur place ou à emporter ?
Je ne suis pas là pour ça, j'ai déjà mangé.
Je cherche une de vos collègues.
Pourquoi ?
Perdon, je suis policier.
Et je l'ai rencontrée
lors de l'incendie.
Elle ne souhaite pas vous parler.
- Dites-lui que... - Elle ne veut pas.
Il faut l'emmener à l'hôpital.
On gère.
- On dirait pas. - Vous êtes sourd ?
Elle doit faire soigner son bras.
On gère.
Elle va avoir des ennuis avec le chef.
- Partez. - Quel genre d'ennuis ?
C'est pas vos affaires.
- Partez ! - D'accord.
Le relou !
- Pas la peine d'être agressive. - Partez !
- J'y vais, d'accord ? - Allez !
Quoi qu'on fasse,
il est souvent impossible de maîtriser les situations
auxquelles on est confrontés.
Il faut les accepter.
Ca fait réfléchir.
Il faut rester humble face à la vie et à ses défis,
si on ne veut pas perdre totalement la raison.
Surtout si on est policier.
On ne gagne pas à tous les coups,
mais il faut se nourrir des victoires qu'on remporte.
Laissez-nous tranquilles.
Il faut que je lui parle.
Elle veut pas vous parler !
Vous jouez à quoi ?
Vous voyez bien qu'elle a besoin de soins.
Elle va faire une septicémie.
La plaie n'est pas belle. Elle a de la fièvre ?
Oui.
Je vais m'occuper de ça.
Suivez-moi.
Par ici.
On est à l'hosto. Son bras est pas beau à voir.
Elle est pas en état de bosser.
Tout va bien ? Il se passe quoi ?
Je suis policier, je peux sûrement vous aider.
Mais donnez-moi un peu d'infos...
Vous ne pouvez rien faire, laissez-la.
Vous êtes qui, à la fin ?
On sait même pas votre nom !
Bonjour, je m'appelle Magnus. Et vous ?
On prendra pas trop d'appels, c'est moi, l'officier supérieur.
Du coup, j'ai de l'admin à faire, youpi !
- Tu m'écoutes ? - Oui.
"Supérieur, admin, youpi."
J'ai tout bon ?
Oui, à peu près.
Bonjour.
On ne sert plus...
Je sais, mais j'aimerais parler à votre chef.
Il est là ?
Il est en cuisine.
Bonjour.
- Magnus. - Je peux vous aider ?
Il s'agit d'une de vos employées. Kim N'Guyen.
Oui, elle travaille ici. C'est pour quoi ?
Elle a été brûlée lors de l'incendie.
Je l'ai accompagnée à l'hôpital.
On m'a dit ça.
Elle n'est pas en état de travailler.
Il lui faut un arrêt maladie.
Sinon, elle risque une amputation.
Rien ne l'oblige à travailler ici.
Elle ressent une certaine pression.
Elle a peur de perdre sa place.
Ou son argent.
Elle dit que vous gardez ses affaires et son argent.
- C'est elle qui vous envoie ? - Non.
Si c'est l'argent qui vous inquiète,
payez-la plus.
Je vous conseille de réfléchir avant de parler.
Allez donc chercher ses affaires tout de suite.
Avec son passeport et son argent.
D'accord ?
Très bien.
Oui, non.
L'opération EMIL
ne résoudra pas tout, bien sûr.
Mais nous avons déjà évacué pas mal d'immeubles.
Non, on ne les a pas mis à la rue.
Non...
Je sais que ce n'est pas une solution magique.
Mais on ne va pas baisser les bras pour autant, si ?
Exactement. Merci à vous.
Quelle pipelette, celui-là.
"Ca prendra cinq minutes." Tu parles, ça fait une demi-heure.
- Et toi, ça va ? - Pas mal.
C'est pour les objets trouvés ?
Oui, c'est ça. Je l'enregistrerai plus tard.
Ca marche.
Elle s'appelle Sara.
- Allô ? - Salut, c'est moi.
Ca roule ?
On peut essayer de...
C'est quoi, ce bruit ?
Attends, je te rappelle.
Oui, il nous reste une chambre.
On la prend pour une nuit, pour commencer.
Une chambre double ?
- Non. - Pour deux personnes ?
Non, non.
Pour une personne.
Attention, les visites sont interdites.
- Sinon, j'appelle la police. - Bien sûr.
Je ne mettrai pas les pieds dans la chambre.
Pour le paiement,
on prend les virements ou la carte.
Je paierai par carte.
J'en sais rien, putain...
Ma soeur s'appelait Thu.
Elle avait deux ans de moins que moi.
J'étais sa grande soeur.
Maintenant, elle est morte.
Elle me faisait rire.
On se chamaillait.
Vous avez des frères et soeurs ?
Rendons hommage à Thu N'guyen.
Elle avait 27 ans,
elle venait d'un village près de Can Tho au Viet Nam.
Pendant son enfance, elle aimait lire des mangas
et chanter.
C'était la petite dernière,
alors elle était un peu trop gâtée
par ses parents et sa grande soeur.
Elle ronflait beaucoup.
Sa grand-mère la taquinait...
J'ai pas compris.
Pourquoi tu m'as appelée ?
Pour rien, oublie.
D'accord.
J'avais besoin d'un conseil.
A propos d'une fille ?
En quelque sorte.
Oublie.
J'ai trouvé une solution.
... avec sa soeur, Kim,
qui a survécu à l'incendie.
Une de ses chansons préférées était
"Say everything will be all right."
L'interprète, Isak Danielson,
est parmi nous et va la chanter.
Du coup...
Félicitations.
Pour la fille.
Mais c'est surtout elle,
qui a de la chance.
Merci.
Il paraît qu'il faut le dire, de nos jours.
Ca suffit pas,
d'être sympa.
Non, il faut dire merci,
les dorloter, les chouchouter,
leur filer des médailles à tire-larigot.
Un peu de compassion, ça a jamais tué personne, je crois.
Laisse entrer Boris, il a horreur des portes fermées.
Tu m'entends ?
Oui.
Ils ont percé.
Qui ça ?
Khalid et Magnus.
"Les beaux gosses."
Au moins, ils s'entendent bien, je suis soulagée.
Hashtag BeauxGosses.
Quoi ?
Jesse s'est plaint ?
Oui, figure-toi.
Il a raison, je le comprends.
Il devrait ponctionner ton salaire, tu fous en l'air ses plannings.
C'est quoi, ce truc ?
Un souci ?
Ca marche pas.
J'essaie de poster un tweet pour informer
de la fermeture de l'autoroute E6, pourquoi...
Tu as essayé de...
Me dis pas ça.
Je te préviens.
Te dire quoi ?
Me dis pas de redémarrer.
C'est ce qu'on dit aux vieux.
Aux super vieux.
Je le dis à ma tante qui a 86 ans.
Donc...
Quand même...
tu as redémarré ?
Sérieux ? Tu l'as dit ?
T'as osé dire ça ?
Perdon.
Perdon.
Tu l'as cherché.
- Ca se tente. - C'est pas vrai.
- Donne, j'essaie. - Sûrement pas.
Je ferai ça chez moi, plutôt.
Super.
Quoi ?
Je me plante sûrement, mais je préfère prendre les devants.
Tu comprends bien que rien n'est possible entre nous ?
Pas comme ça...
Oui.
Dommage.
C'est top.
J'en ai acheté un nouveau.
Toi aussi ?
Avec quel fric ?
Tu l'as déjà vu.
Oui, mais je veux bien le revoir.
NE - Céline Bellini
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