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T 'es contente de retrouver Paris ? Oh, tu sais, sans Jimmy, ça n 'a pas
tellement de charme.
Mais je suis contente de te voir, toi, maman.
Oh, ben, dis donc, t 'as changé.
Tu nous aimais moins, autrefois.
C 'est toi qui m 'écrasais de ta supériorité.
Je t 'ai toujours admirée pour ton équilibre.
Enfin, tu sais, la famille, c 'est pas... Je la détestais plutôt qu 'autre
chose. Ah bon ? Ben, dis donc.
Et quand est -ce que t 'as commencé ?
Quand j 'étais toute petite, maman était toujours absente, alors c 'est grand
-mère qui s 'occupait de moi.
Puis grand -mère, elle ne m 'aimait pas. Je ne sais pas pourquoi, mais elle
avait une préférence pour les garçons.
Alors, pas de père, l 'affection de maman volée par ce beau -père, je ne
plus rien au lycée.
Comme je fichais rien au lycée, maman m 'avait mis au pensionnat.
Puis j 'ai rencontré Véro.
Tu sais, à cet âge -là, on a besoin de tendresse, de confidence, des petites
histoires, des choses innocentes, une amie qui comprenne.
Vous n 'avez pas honte ? Homosexuelle à votre âge ? On ne fait rien de mal.
Et puis là...
L 'interprétation mauvaise des adultes est arrivée. Ils ont tout sali, ils ont
tout détruit.
Tout le monde nous prend pour des lesbiennes.
J 'en ai pas tellement envie, mais... Et toi ?
Vous comprenez que nous ne pouvons pas conserver un tel élément de perturbation
dans un établissement sérieux.
Quant au travail, n 'en parlons pas, c 'est catastrophique.
Mais le plus grave reste le plan moral.
Nous sommes obligés d 'être très stricts sur les mœurs, sinon c 'est la porte
ouverte.
Elle sera mieux protégée avec vous.
J 'en redoute ce que va dire mon mari.
Je vais vous voir revenir avec elle à la maison.
Oh, il n 'était pas méchant, Bopin.
Mais je me sentais coupable chez lui, et puis je me sentais coupable de ne pas
travailler. Et enfin, je n 'étais pas bien.
Je me sentais vraiment de trop, et il ne se cachait pas pour me le montrer.
Julien est dans la maison.
Écoute -moi, Catherine.
C 'est déjà assez généreux de ma part de supporter ici.
Je ne vais pas en plus m 'empêcher de vivre comme je l 'entends à cause d
'elles. Elles ont leur chambre, non ? Viens.
Viens voir ici.
Je suis chez moi.
Rien d 'intéressant.
Oh, le vieux con ! Ah, il lui fait l 'amour.
Bah quoi ? C 'est pas la première fois que je lui vois.
Et après tout, ils sont mariés. C 'est normal.
Pas comme ça.
Et pas avec lui.
Tu te sens à l 'aise, toi, ici ? Enfin, tu te sens chez toi ? On est mieux qu
'au pensionnat.
Heureuse nature.
Tu te sens bien partout, toi.
Moi, je suis vachement mal dans ma peau.
Tu sais, mon prof de gym... Ouais ? C 'est bien, je t 'en ai déjà parlé.
Il est vachement sympa.
Après le cours...
J 'ai traîné un peu.
Je faisais semblant d 'attendre quelqu 'un.
Et il m 'a offert un coca. Je voudrais bien te le présenter.
Ça servira à quoi ? Comme ça ? Seulement à te le montrer.
Allez, dis oui.
Tiens, là.
Tiens.
T 'as les mains ?
Je suis
venue
prendre
un coup avec ma sœur Nadine.
De coucher avec le premier venu à mon âge, c 'était plutôt un défi, tu sais.
De toute façon, je savais qu 'il voulait coucher avec moi.
Et comme il fallait que ça arrive, je n 'attachais aucune valeur romantique au
début de l 'âge.
et t 'as plus de train pour rentrer dans ta cambrousse.
Ben non.
En plus, j 'ai pas du tout d 'argent pour t 'offrir le taxi.
Bon ben, tu vas dormir à la maison, ça te dérange pas, non ? Ouais.
De toute façon, t 'as pas à avoir peur, hein ? J 'ai pas peur.
Ben, allez rentre.
Ben, n 'aie pas peur.
J 'ai pas peur.
Tu n 'as pas de coucher ?
C 'est que ça.
Et t 'auras qu 'à tirer la porte.
Ah, c 'est pas vrai, mais je t 'aurais pas reconnu. Mais t 'as coupé tes
cheveux. Non, mais c 'est une perruque.
On m 'en reconnaît, écoute, quand même.
Non ? Ah, c 'est dingue.
C 'est là que j 'ai rencontré Véro.
Elle avait changé.
Peut -être la même.
Mais t 'as pas trouvé un titre depuis le pensionnat ? Je suis bien, quand même.
Bon, c 'était mieux ensemble.
Tu sais, ce truc -là, c 'est pas exprès avec un titre.
Il était folle. Pour moi, ça marche de première.
Je sais, Robert. Tu ne peux pas savoir. Robert, c 'était un type formidable.
C 'était terrible et tout. Je suis très douée.
Ça n 'a pas été dur ? Je ne sais pas.
Je n 'ai même pas du tout d 'hiver.
Moi, dis donc.
C 'était très chouette. Je ne peux pas savoir pourquoi je t 'essaye. Tant
C 'était terrible. C 'était dans les peaux. C 'était chouette.
C 'est pour toi ? Oui.
Alors, ce n 'est pas cher.
Qu 'est -ce que tu veux en faire ? C 'est pour mettre sur mon lit.
Alors, essaye -la.
Tu vas voir, c 'est très chaud.
T 'es plus saine, toi ? Pas de préconcernes d 'évêques.
Je suis pas amateur.
Allez, ça dégonfle pas.
Elle était heureuse, épanouie.
Elle m 'a dit que la première fois, ça avait très bien marché.
Faut bien qu 'il y en ait.
Tu m 'oublies déjà, ça, non ?
Oui. Oui.
Je t 'ai pas fait mal ? Oh non, c 'est plutôt le contraire.
La satisfaction sexuelle pour la première fois, tu sais, c 'est pas très
à rencontrer.
Puis je séchais les cours, j 'avais des problèmes avec maman, je me foutais un
peu de tout, ce qui fait que je pensais pas tellement à ça.
Je perdais tout mon temps dans les bistrots, dans des endroits sordides.
Puis là, j 'ai rencontré Jean -Luc.
Je vais te faire visiter le reste.
Tiens, prends.
Ça, c 'est la salle de bain, ça.
Pas mal, hein ? Là, c 'est la chambre des enfants.
Elle est petite, mais elle est bien.
Là, je vais te faire voir la chambre des parents.
Celle -là, c 'est la même fléau que ça.
Voilà. C 'est pas mal, hein ? Il est pas mal.
Tu peux enlever ton roteau, si tu veux.
Ouais, vas -y, fais comme chez toi.
Tu veux bouffer ? Oui, je veux bien.
Tu aimes la confiture ? Oui, oui.
Ça va, là.
C 'est que moi, je n 'aime pas.
Tu n 'en veux pas ? Non, pas du tout.
Tiens, on a tout ce qu 'il faut.
Voilà.
Tu as mon repas ? Oui, je veux bien.
Libère ? Oui.
Voilà.
Tu veux peut -être faire ? Non, non, tu te débrouilles.
Oh, ben, merci. Tu te connais sur quatre épisodes ? Non, tu connais pas ? Je t
'ai raconté.
Alors, premier épisode, c 'est un bonhomme et une bonne femme dans une
Ils sont arrêtés au feu rouge.
Puis la bonne femme, elle lui dit, tu peux passer, c 'est ouvert.
Ta gueule, c 'est moi qui conduis.
Deuxième épisode.
C 'est le même couple, ils sont dans une cuisine. Et puis la bonne femme est en
train de faire cuire un biftec.
Et puis le biftec est en train de brûler. Alors le bonhomme, il lui dit,
gaffe, ça brûle.
Ta gueule, c 'est moi qui cuisine.
Quatrième épisode.
Mais c 'est long, ton histoire.
Troisième épisode.
Ta gueule, c 'est moi qui raconte.
Elle est con, ton histoire.
Ouais,
t 'as rigolé. Tiens, je vais te faire une démonstration, tu vas voir, c 'est
mal. Une démonstration ? Ouais, ouais.
Tu vois ce canapé, je vais te transformer en lit, je vais t 'épater,
voir.
Voilà.
Alors, c 'est pas compliqué.
Tu tires ça, tu déplaces là -dessus, c 'est pour les pieds.
Tu pousses le tout et puis tu le trimbales.
C 'est bien ça, c 'est une vraie péniche, ça se balade comme on veut.
tires le tout comme ça, tu vois, c 'est pas difficile.
Oh la vache, merde.
Voilà.
Et puis tu remets tout là, comme ça, voilà.
Tu peux y aller, hein. C 'est très confortable. Voilà.
As -tu vu bien ?
C 'est malin, qu 'est -ce que je vais en faire de ça maintenant ?
Tu
veux ? Ouais.
On se revoit ? Oui, si tu veux.
Demain ? D 'accord.
Avec lui, c 'était autre chose.
Il n 'avait aucune expérience, moi non plus d 'ailleurs, alors c 'était plus
pur, il y avait... C 'était beau.
C 'est toi Nadine ? As -tu dîné ma chérie ? Non, j 'ai faim.
Mange mon chou.
Alors, mademoiselle rentre au moment où tout le monde est prêt à se battre au
lit et tout ce que vous lui trouvez de dire, c 'est mange mon chou.
Elle a encore séché les coups ? Mais non ! C 'est vrai ? Moi, ce n 'est pas
grave.
Ah, tu trouves ?
Eh
bien, je vois que je ne suis plus chez moi dans ma propre maison.
En tout cas, si on ne peut pas avoir l 'intimité à cause de cette demoiselle,
moi, je vais me coucher.
Catherine, ne tarde pas à monter.
Vous n 'êtes pas marrante, hein ? Pourquoi on serait marrante ? On le fait
chier, on le fera chier jusqu 'au bout.
N 'est -ce pas, grossière ? Justement, je voulais t 'annoncer quelque chose de
formidable, mais qui nous arrive grâce à lui.
Nous partons au Canada.
Petite rencontre ? Nous partons la semaine prochaine, toutes les trois,
arranger la maison. Mais vous êtes dingue ou quoi ? J 'en ai rien à foutre,
Pour une fois que ça marchait.
J 'en ai vraiment voulu à maman qu 'on parte en Amérique.
J 'étais mauvaise.
Elle avait le droit de baiser et nous pas.
Je sais pas, il fallait qu 'elle sache qu 'elle ne nous prenne plus pour des
gosses. Après tout, j 'avais fait l 'amour, moi aussi.
Elle ne cherchait même pas à comprendre, à découvrir ce qui n 'allait pas chez
moi. Elle s 'en foutait.
C 'est pas grave.
J 'en ai en masse, je suis... Oui, ça a bien du bon sens, parce que l 'autre, c
'est un bon gars, c 'est notre copain.
Il aime bien ça, par exemple.
Viens -tu, Patrick?
Non, non, non, mais Nadine, si vous voulez, moi, je rentre ça, je vais me
coucher avec ma petite Julie.
Ah, elle est lâcheuse.
Il y en a pas tout le monde, je sais pas.
Il y en a pas tout le monde, ça fait que... Allons, on joue.
Je m 'occupe du basse.
Tu sais qu 'on a gagné? Oui, on a gagné.
Non, non, je n 'ai jamais vu. Même pas un petit blanc ? En quoi ça dit un petit
blanc ? Non, un petit blanc.
Tu peux voir si c 'est fun.
C 'est tout vu.
Tu vas voir.
T 'as qu 'à y s 'en tourner.
Oh non ! Oh, putain, là, c 'est quoi ?
T 'es folle, il est 10 heures, tu vas pas sortir toute seule ? Qu 'est -ce que
je vais dire à maman ou moi ? Elle s 'est inquiétée de moi hier et aujourd
Elle s 'en fout.
Je sois là ou ailleurs, on n 'en a rien à branler.
Faut que je sorte, je peux plus supporter ma chambre.
Et moi ? Toi, c 'est pas pareil.
T 'es normale, t 'es comme les autres.
Allez, je file.
Les types du hockey m 'ont fait boire, mais alors boire du whisky.
L 'un me déshabillait, l 'autre couchait avec moi.
J 'étais complètement sourde.
Le lendemain, je me suis aperçue que j 'avais couché avec tous.
Il faut dire que je m 'en foutais aussi.
S 'il vous plaît, je peux avoir un café ?
Et tu viens ? Quand j 'ai rien d 'autre à faire.
Moi, je m 'appelle Lucien.
Je suis professeur à l 'université, en sociologie.
Tu viens souvent ici ? Non, c 'est la première fois.
T 'appelles comment ? Nadine.
Je sais pas.
Je sais pas.
Je cherchais peut -être l 'amour, après tout.
Je crois plutôt que c 'était le plaisir.
Je voulais plus rentrer à la maison.
J 'en avais marre d 'affronter la mère et son affection idiote.
Je suivais n 'importe quel type.
J 'ai même un jour rencontré un bourgeois taré qui se donnait des airs
hippie. Et con, mais alors complètement con.
Je m 'amusais à ses dépens.
Pourquoi réveiller Mme Boisvert ?
Je te ferai pas mal ? J 'ai pas peur, ça me fait chier, j 'ai envie de dormir.
Oh, est -ce que vous pouvez être chiants, les mecs ? Vous ne pensez qu 'à
C
'est la première fois, hein ? Oh là là, tu parles.
Alors, t 'es jamais arrivé à l 'orgasme ? Qu 'est -ce que c 'est ? L 'extase, si
tu veux.
Des clous.
Je comprends.
Tu es la victime d 'une société répressive.
Il y a un conflit.
Il y a un conflit entre la puissance de ta pulsion sexuelle et la
condamnation tacite de la part de la société de ton droit au plaisir.
Tu subis un blocage au niveau du subconscient.
D 'où ton inhibition.
Tu parles bien.
Maintenant que tu as compris...
On va essayer de surmonter.
Donne -moi ton manteau.
Lève -toi.
Lève -toi.
Voilà.
Détends -toi.
Laisse -toi faire.
Je ne vais faire que ça.
Éteins la lumière.
refus de l 'agression au mal, le retrait dans une position sécurisante.
Chaque fois que je sentais un petit plaisir, je me bloquais exprès.
Je ne sais pas pourquoi.
Les types, ça me dégoûtait.
Et moi, je me dégoûtais aussi.
En plus, je les regardais toujours au mauvais moment. Ce qui fait que ça n
'arrangeait pas les choses.
Enfin, ça n 'avait pas d 'importance.
Ce que je voulais, c 'était m 'affirmer contre mes parents.
Ah, c 'est bien.
Ça va ? C 'est bon ?
Fabien ?
Ça y est ? Tu y es arrivé, tu vois ? Oui.
Ça se voit pas, non ?
Tu ne me montres pas un bateau ? Viage ! Comment ?
Je ne parlerai pas de toi.
Pas que ce soit de ton âge. Quel âge que tu as ? Ça vous regarde.
Tu ne vas pas travailler, hein ?
T 'aimes pas ça ? Oh, ça ne me dérange pas.
Ça veut dire quoi, au juste ? Faites l 'amour avec moi, si ça vous plaît, mais
de toute façon, vous n 'obtiendrez aucun plaisir.
Je te ramène.
Où c 'est que tu restes ? Non, non.
J 'ai pas envie de rentrer chez moi.
Baise -moi.
Je t 'insiste.
Écoute -moi, Catherine.
C 'est déjà très généreux de me parler si vous êtes ici.
Je ne vais pas, en plus, changer mes habitudes. La nouvelle, voilà, ici, du
chien.
Tu joues jamais?
Pas vraiment.
C 'est plate à mort, une fille qui ne joue pas. Je m 'en fous.
On me reparlera de l 'amour à la française.
Nadine !
Je suis au poste de police.
Mon Dieu, un accident ? Non, maman, pour prostitution.
Mais tu es folle ! C 'est pas possible.
C 'est dingue, hein ? Ou tu viens de me chercher ?
Il
n 'avait pas le droit, il n 'avait aucune preuve.
Hey, pas de preuve.
Frise laver dans le sac.
Au prép et au figuré.
Au prép et au figuré. Au prép et au figuré.
Au prép et au figuré.
Je suis la mère de Nadine.
C 'est certainement un malentendu.
Ça m 'a fait vraiment une seule impression d 'être amenée au poste. J
un choc ce jour -là.
Ces flics grossiers, je me sentais diminuée.
J 'avais peur en plus.
Puis maman est arrivée.
J 'avais besoin d 'elle ce jour -là. Je crois que j 'aurais changé si elle avait
agi autrement.
Qu 'est -ce qu 'elle a fait ? Elle a souri.
Elle n 'a rien compris encore une fois de plus.
Mais je me serais peut -être assagie par peur des flics, mais je ne pouvais plus
rester à la maison.
Pensez à vous.
Pensez à moi.
J 'ai aussi un mari.
Il a tort.
Pourquoi ? Il a tort d 'envoyer un si joli ambassadeur à ses cousins qui lui
croient.
De toute façon, les absents n 'ont -ils pas toujours
tort ?
Puis j 'ai surpris maman avec un autre type.
Déjà avec le beau -père c 'était vraiment pas beau, mais alors avec n
qui. D 'une fille, d 'une telle mère d 'ailleurs.
Alors j 'ai plus eu de respect, je m 'en foutais.
J 'ai même eu besoin de la blesser, de lui faire mal, de me venger d 'elle.
Une seule satisfaction, le beau -père est cocu.
Bien fait pour sa gueule.
Viens Nadine, je te présente à nos amis.
Voici Nadine, ma grande -fille.
Elle rentre du collège. Tu parles ! Elle découche depuis deux jours.
Elle adore taquiner sa soeur.
Tu sais qui nous arrive demain ? Notre cher beau -père.
Quoi, ce vieux con ? Nadine, sois gentille.
Je ne vois pas pourquoi je serais gentille avec toi. Tu ne le mérites pas.
Tu ne mérites qu 'une chose, c 'est d 'avoir une gosse qu 'on va chercher au
commissariat à 6h du matin.
Veuillez excuser Nadine, elle est un peu surmenée en ce moment.
Je ne suis pas surmenée. Je ne fous rien. Je sais, je les cours depuis des
Ce que tu n 'as pas compris, c 'est que si je couche avec tous ces types, c 'est
pour ne plus te voir, toi et ta maison.
Tu t 'es bien démerdée pour rendre la vie avec ton mari insupportable.
Tu sais bien que Julie et moi, on ne le supporte pas. Alors tant pis pour toi.
Moi, je préfère foutre le camp.
Je fuyais.
Où ? Ça n 'avait pas d 'importance.
Ce que je voulais, c 'est être seule.
Ça réussit.
New York, c 'était grand, immense.
Je me sentais complètement paumée.
I want you to love me Right or wrong No one can stop me
loving you Walk right in Take over
Take everything I've got again
Steal me away Far away I want you to
hide me From the world
C 'était Jimmy.
Oh non, Giscard.
Qui est -ce ? Eh bien, vous riez.
Giscard Stam is the president of France.
Oh, great man, yes.
I'm grown.
Oh no.
Do you want me to tell you the story of Manhattan ? Je ne comprends pas.
Oh, you're a sweet little girl. Yes.
I'm Jimmy.
And you ? Nadine.
Have you got a piece of paper ?
Papier, Nadine ? Yes.
Let's see.
Do you remember the statue ? Ah bon ? Liberté, fraternité,
égoïté.
Nadine, do you want me to tell you the story of your wife ?
What? Quoi? Story of your life.
Ok. I can see very funny things.
Trade, trade draw.
Ah bon? C 'est ça. Hein?
Earth, you're French?
Je ne s 'entends pas.
Hein? Born in Paris?
Oui.
In a few months, you'll meet a nice guy.
American.
Voyons, dans Saint -Germain -des -Prés.
Oh, oui, Saint -Germain -des -Prés. Et vous ? Oui.
C 'était merveilleux.
Pour la première fois, quelqu 'un ne me parlait pas de coucherie, de sexe, de
jouir.
J 'avais l 'impression d 'être avec lui depuis longtemps et qu 'on le serait
encore éternellement.
J 'étais heureuse.
Plus rien autour de nous n 'existait.
Le rêve s 'est terminé quand on est arrivés au port.
Des amis et lui sont venus le chercher.
Puis il a disparu, je ne sais pas comment, parmi la foule.
J 'ai essayé d 'hurler, de crier, c 'était trop tard.
Alors j 'ai traîné, je suis allée à son rendez -vous le soir, mais il n 'y était
pas.
Je me suis sentie perdue au milieu de cette foule, j 'avais l 'impression d
'avoir tout perdu, l 'impression du vide autour de moi.
Alors je téléphone à maman pour rentrer au Berkley.
Allô maman ? Oui c 'est Nadine.
Oui je suis à New York.
Je n 'ai plus d 'argent.
Je cherchais dans tous les bistrots de Saint -Germain.
Je pensais que tout ce qu 'il avait lu dans les lignes de ma main, c 'était une
sorte de rendez -vous, qu 'il y viendrait.
J 'étais bien naïve d 'ailleurs.
Mais ça m 'aidait, ça me donnait courage.
J 'avais l 'impression qu 'il allait revenir, que je n 'avais pas tout perdu
qu 'on recommencerait ensemble.
Touche en spectacle familial.
Tu as retrouvé le chemin de ma maison ? Tu as des chèques ? Oui.
Tu veux un peu de café ? J 'ouvre le matériel. Pour ça, on peut compter sur
Tiens. C 'est la tienne ? Oui, mais ça ne fait rien. Je n 'en prends pas.
Viens.
Salut, toi.
On ne comptait plus sur ta présence.
On se croyait débarrassés de toi. À tel point que j 'ai répondu que tu ne
reviendrais plus au type qui t 'a demandé hier.
Quel type ? Un de tes nombreux clients, sans doute. Mais américain, cette fois.
Une autre séquelle de ce fameux séjour au Canada.
Un américain ? Grand ? Je n 'ai pas compris comment il avait retrouvé ma
au fond de sa poche. Une histoire de dessin, paraît -il.
Sur un bateau, de la Statue de la Liberté.
Je n 'ai pas cherché à comprendre avec les femmes.
J 'avais complètement oublié que sur le bateau, je lui avais donné la carte de
visite du beau -père pour faire son dessin.
Il ne t 'a pas laissé son adresse ? Je ne lui ai pas demandé.
Je ne tenais pas d 'ailleurs à faire l 'interprète. Étant donné le peu de cours
d 'anglais auquel tu as assisté dans ta vie, je pense que tu aurais eu du mal à
le comprendre.
Il est vrai que maintenant tu es devenue experte dans l 'art de te faire
comprendre avec tes petites cochonneries.
Alors je n 'ai plus supporté cette maison, j 'ai voulu partir.
Je ne pouvais plus voir ni le beau -père, ni maman, ni personne.
Je veux mourir.
J 'en ai marre d 'avoir peur.
Pourquoi on ne m 'achève pas ? C 'est bientôt fini, ma chérie.
On t 'a donné un cadeau.
Mais quand tu m 'aimes... Je t 'attends pour faire moi.
Maintenant, t 'es inquiète.
Reste, tu t 'en fous.
C 'est plus grave d 'avoir mal. C 'est encore plus mal que tout le reste.
Maman. Je vais m 'occuper de tout, mademoiselle Nadine.
Uniquement de toi et Julie.
J 'ai quitté ton beau -père.
Nous serons seulement toutes les trois.
Toujours.
Ça va mieux tout d 'un coup.
Tu m 'en as dit des choses dans ton délire. Je déconne.
Pas tellement.
J 'ai beaucoup appris sur moi.
Sur ma fille.
Au fond.
C 'est pour te venger de moi.
Parce que tu croyais mon indifférence.
Que tu couchais à droite et à gauche.
Tu voulais affirmer ton droit au plaisir.
Je n 'avais même pas.
Tu vas bien ? Oui.
Tu sais qu 'on est débarrassé du vieux ?
Donc, je
voudrais dire quelque chose.
Il y a quelqu 'un qui voudrait te voir.
Je ne veux voir personne.
C 'est un Jules.
Quelle horreur. Je sais que j 'en ai ma claque.
Ras -le -bol.
C 'est Jules et il insiste.
Là, il se fait foutre.
Il insiste, c 'est en anglais.
En américain. Quoi ? Tu ne pouvais pas le dire plus tôt ? Je ne sais pas, l
'émotion.
Bon, va le chercher.
Où est -il ? Non, attends, je ne suis pas prête.
Il va me trouver tort.
Mais non, je vais t 'aider.
Allez, va, Julie.
Tu ne me demandes pas comment j 'ai retrouvé ? Julie ! Eh bien, puisque vous
tenez, je vais tout vous dire.
Merde. Merde.
Heureusement qu 'il ne comprend pas.
You look magnificent.
Bonjour. Bonjour, madame.
Hi.
Très jolie.
You are too old. Oh, I'm sorry.
J 'oubliais.
That's too great.
You mean sweet.
Yeah, she is.
Jolie. Oui.
Merci.
Can't find what you're looking for?
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