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...
Musique mélancolique
...
-Elle nous a dit
de pas sortir, Margaux.
Je vais la chercher. Tu m'attends là.
-Je viens avec toi.
-OK, mais reste près de moi.
Circulation
...
Margaux !
-Maman !
-Qu'est-ce que tu fais là ?
Vous deviez m'attendre
dans la voiture.
-T'étais où ?
-Ben, je suis là.
Allez, viens.
-Elle a quel âge ?
Elle réfléchit. -Elle a 42.
42 ans.
-Elle a des rides ?
-Non, pas trop.
-Moins que toi ?
-Sympa.
Les enfants rient.
-Hm...
-Tu m'en donnes une ?
-Ça ? Je croyais que t'aimais pas.
-Je veux réessayer.
-OK, vas-y.
-Hm...
-Toujours pas ?
-Non.
-Moi, j'adore ça.
-T'as plus faim ?
-Pas pour des pêches.
-Et si c'était vous que je mangeais...
Cris Rires
... ...
...
-Non ! Arrête ! Maman !
-Pardon, je t'ai réveillée ?
-Tu t'en vas ?
-Oui, faut que j'y aille.
Soupir -Je vais te faire un café.
-Non, je digère pas le café.
C'est gentil.
Pardon, je pensais pas que tu te réveillerais.
Je suis un peu mal à l'aise.
-C'est pas grave.
Je te fais autre chose.
-Je préfère que ça reste simple.
C'est mieux si on prend pas de petit-déj.
Comme ça, on s'attache pas.
-On a dîné ensemble, hier.
-Mais le petit-déj, ça fait très couple.
Bon, salut.
Il essaie d'ouvrir une porte.
-Désolé.
La porte s'ouvre.
Grincements
On frappe à la porte.
-À dans 2 semaines ?
-Bonne soirée, Lucien.
-T'as toujours rien posé ?
-Non. Je ferai peut-être du télétravail,
mais là, j'avais pas envie de bouger.
-Je t'ai dit où on partait ?
Je t'ai raconté notre galère ?
-Euh... non.
Mais là, je suis sur une estimation.
-Ah.
-Faut que je reste concentrée.
-Pas de souci.
Bonsoir.
-Salut, bonnes vacances.
Tonnerre
-On est arrivés ?
-Oui.
Allez.
Sonnette
-Suzanne ?
-Salut.
-Salut. Qu'est-ce que tu fais là ?
-On voulait venir te faire une petite surprise.
-Ben... T'aurais dû m'appeler.
Ça va, les enfants ?
Vous êtes grands.
-Bonjour.
-Salut.
-On s'incruste.
Ça te dérange pas ?
-Vous voulez dormir ici ?
-Oui.
T'as un lit dans l'atelier ?
-Ben... C'est plus un atelier.
C'est une chambre d'ami.
-Très bien. On va se serrer.
-Ouais, bien sûr.
Tout va bien ?
-Oui, pourquoi ?
-Non, je sais pas, je...
-Je peux pas venir voir ma sœur sans rendez-vous ?
-Si, tu peux.
T'as raison de le faire. Je suis juste surprise. Entre.
Euh... Salut.
(-Viens.)
-Je vais préparer quelque chose. Je fais les courses le lundi,
donc j'ai presque plus rien, mais on va se débrouiller.
Télévision
Je te sers ?
-T'as pas une bière, plutôt ? -Si.
-Gaspard, baisse le son, s'il te plaît.
-Je vais faire des pâtes.
Ça vous va ? Elle en mange, Margaux ?
Petit rire
-Oui, elle mange des pâtes.
Ça a changé.
-Tu trouves ?
-Il y avait plus de trucs, la dernière fois.
-Il y avait pas mal de choses à elle.
Vous êtes pas revenus depuis ? T'as pas vu la maison comme ça ?
-Ben, non.
Ça fait combien de temps qu'on n'est pas venus ? 2 ans ?
-Oui. C'est ça, t'as raison, ça fait 2 ans.
Ça passe vite. C'est terrifiant.
-T'es pas venue nous voir non plus.
-Je te faisais pas un reproche.
Petit rire
(-Je sais.)
-Ils sont en vacances, les enfants ? Suzanne acquiesce.
-C'est pas pour ça qu'on est venus.
-Et toi, ça va ? Au téléphone, tu m'avais parlé d'un entretien.
-Ouais. Ça l'a pas... Ça l'a pas fait.
Vous vous voyez, parfois ?
-Avec qui ?
-Avec Nicole.
-Ça arrive.
On se croise, parfois. Pourquoi ?
-Je sais pas.
Tu m'avais dit qu'elle habitait pas loin, je me demandais.
Elle va bien ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-Pardon, je voulais pas te blesser.
-C'est pas grave.
-Je peux prendre une douche avant de manger ?
-Bien sûr.
-Je me sens crade.
Elle frappe à la porte.
-Suzanne, c'est prêt.
...
Je peux entrer ?
Suzanne ?
(Suzanne ?)
Suzanne ?
Suzanne !
-Quoi ?
-C'est prêt.
On mange.
(-OK. J'arrive.)
Elle soupire.
Musique triste
...
-Ça va ? Vous êtes bien installés ?
-Oui.
Ils dorment.
-Ça fait un moment que j'ai aménagé la chambre d'amis.
J'aurais dû te le dire.
J'ai pas vu le temps passer, je crois.
-Et de tout ce temps perdu
Dire qu'il y a
tant d'êtres sur la Terre
Tu te souviens ?
Petit rire
-Qui, comme moi...
-CE SOIR SONT SOLITAIRES
-C'est triste à mourir
-QUEL MONDE INSENSÉ
-Un peu...
-JE VOUDRAIS DORMIR
-Et ne plus penser
Jeanne fredonne.
J'allume une cigarette
Soupir
(Je suis fatiguée, Jeanne.)
-On se parlera demain ?
On prendra le temps.
(-Bonne nuit.)
Musique inquiétante
...
-T'es déjà debout ?
-Oui.
Tu bois quoi ?
-Du café.
Tu veux quelque chose ?
Tu veux pas te recoucher ?
Il est tôt.
-Elle est où, ma mère ?
-Comment ça ?
-Elle est pas avec toi ?
-Non. Elle dort pas ?
-Elle est pas en haut, je l'ai cherchée partout.
Tonalité
-Vous êtes bien sur la messagerie de Suzanne,
laissez-moi un message, je vous rappellerai.
Bip
-Il y a notre valise près du canapé.
...
Elle est partie où ?
-Tu l'as vue partir, Gaspard ?
-Quoi ?
-Elle t'a dit quelque chose ?
T'étais réveillé
quand elle est sortie de la chambre ?
-Non, elle était pas là à mon réveil.
-Elle était pas là ?
Je vais l'appeler, hein ? Je vais...
Tu restes là, tu m'attends.
Suzanne, je rigole pas. T'es où ?
Tu me fais quoi ? T'es folle ?
Tu peux pas partir comme ça.
Je comprends rien, c'est quoi cette valise ?
Je veux que tu me rappelles tout de suite. D'accord ?
Je veux qu'on se parle. Rappelle-moi.
...
-Gaspard ?
-Rendors-toi, Margaux.
Je viens avec toi.
-Non, vous m'attendez là.
-On la connaît pas !
-Mais si.
Tu t'en souviens plus, c'est tout.
-Tu vas revenir avec maman ?
-Laisse-moi venir.
-Gaspard, arrête ! J'ai dit non.
On prend les escaliers.
Gaspard, dépêche-toi, s'il te plaît.
L'ascenseur marche pas ? -Il est en panne. Ça va ?
-Pas trop, là.
-Tu veux un café, à manger ?
-Ça va, merci. Soyez gentils avec Nicole.
-Vous vous souvenez de moi ?
-Un peu.
-Allez, rentrez.
Tu m'appelles quand t'es là-bas ?
-Oui. Merci.
Klaxon
-Sinon, à l'école, t'as des copines ?
-J'ai Marie-Louise que j'aime bien quand même.
-Pourquoi "quand même" ?
-Parce qu'elle m'aime pas trop.
-Ah bon ?
-Elle dit que je suis chiante et elle me tire les cheveux des fois.
-C'est pas très gentil.
Tu l'as dit à ta maîtresse ?
-Non.
Elle m'a dit que si je lui disais,
ses parents, ils vont me virer de l'école.
Le papa de Marie-Louise, c'est le directeur.
Nicole soupire.
-Et en dehors de l'école ?
Dans ton quartier ? T'as pas de copines ?
-Non. Mais j'ai Lola que j'aime bien dans l'immeuble.
-C'est qui, Lola ? C'est ta voisine ?
-C'est le chien de la gardienne.
-Ah... OK.
-C'est toi qui dessines les tableaux là-bas ?
-Oui. T'es allé dans mon atelier ?
-Tu dessines que des gens tout nus ?
-Surtout, mais pas que.
Je fais aussi des commandes.
-C'est quoi des commandes ?
-C'est quand tu peins des tableaux
pour des gens,
pour des lieux, par exemple.
-Où ça ?
-Je sais pas... Les salles d'attente.
-Tu dessines des gens nus dans les salles d'attente ?
-Non, pas du tout. C'est deux choses différentes.
Vous avez pas faim ? T'as pas faim ? T'as faim ?
-Suzanne ?
...
Circulation
...
Elle soupire.
-Vous êtes bien sur la me...
Vous êtes bien sur la messagerie de Suzanne,
laissez-moi un message, je vous rappellerai.
Vous êtes bien sur la messagerie de Suzanne,
laissez-moi un message, je vous rappellerai.
Bip
Musique triste
Elle soupire.
...
-Il y a une odeur...
comme si on ouvrait jamais les fenêtres.
Puis c'est le bordel. Je sais pas comment ils peuvent vivre là-dedans.
-T'y étais pas allée depuis quand ?
-Je sais même plus.
Longtemps.
Mais maintenant que j'y pense,
depuis la mort de David, elle m'a plus réinvitée chez eux.
On se voyait toujours au restaurant.
C'était elle qui réservait, elle y tenait.
Comme pour me tenir à distance.
Comme si elle avait honte.
Tu crois qu'elle avait honte ?
-Je sais pas.
-C'est quoi, ce mot ?
Pourquoi c'est à moi qu'elle confie les enfants ?
Je suis censée faire quoi ?
J'attends ? Je la cherche ? J'appelle les flics ?
-Il n'y a pas de décision à prendre.
Ça fait pas 24 heures. T'as surtout besoin de dormir.
(Tu réfléchiras mieux demain, non ?)
-T'as raison. Je vais récupérer les enfants. On te laisse te reposer.
...
Nicole soupire.
(J'ose pas les réveiller.)
Jeanne expire.
Jeanne soupire.
(-Vous pouvez dormir ici.)
Jeanne l'embrasse.
(J'insinuais pas ça...)
-Pardon.
Excuse-moi, je sais plus ce que je fais.
(-Ça va ?)
-Je vous explique.
Dans le cas d'une personne majeure,
sa disparition doit avoir
un caractère suspect ou inquiétant
pour qu'on lance une enquête.
Jeanne acquiesce.
Je vous donne des exemples :
tendances suicidaires, violences conjugales,
une lettre contrefaite, ce genre de choses.
Vous comprenez ?
-Oui, enfin...
-Ce que je veux dire, c'est que là, et surtout avec cette lettre,
j'ai l'impression que votre sœur...
elle était à bout et elle est partie.
-Oui.
-Ça ressemble plus à une disparition volontaire qu'inquiétante.
-Donc vous allez pas aller la chercher ?
-Non.
On peut pas lancer de recherches en l'état.
On peut rester vigilants, voir comme la situation évolue,
ou si votre sœur se manifeste, mais à part être patients,
on peut pas faire grand-chose.
Ce que je vous recommande, si vous voulez
la contacter, c'est de vous renseigner via des proches
ou des sources ouvertes.
Les réseaux sociaux.
-Je vous parle d'une mère célibataire de 37 ans
qui vit dans une situation très précaire
qui vient d'abandonner ses deux enfants.
Ça vous inquiète pas, ça ? C'est pas suffisamment inquiétant ?
-Elle vous les a confiés, c'est écrit noir sur blanc.
-Il y a une vraie différence ?
-Oui.
Il y a une différence entre partir sans prévenir
et laisser ses enfants seuls dans son appartement,
ou les confier à sa sœur en lui demandant de s'en occuper.
-Vous pouvez pas lancer une procédure pour abandon d'enfants ?
-Non. Le Code pénal prévoit
une infraction pour abandon d'enfant
hors d'état de se protéger. Ici, c'est pas le cas.
Si votre sœur a décidé de partir,
ce qu'elle dit, c'est son droit.
-Je comprends pas,
vous laissez partir les gens comme ça ?
J'ai deux enfants qui me demandent
quand leur mère va revenir. Je leur dis quoi, moi ? Et vous ?
-Essayons de rester calmes.
-Vous voyez pas l'absurdité de la situation ?
-Je vous explique pourquoi on ne peut pas agir.
Je peux pas, c'est la loi.
-Je suis en train de vous
demander de l'aide.
Est-ce que vous comprenez ça ?
Et si je veux pas m'occuper des enfants ?
Si je suis pas capable ?
Vous allez la chercher ?
-Dans ce cas, je peux saisir le procureur
qui alertera les services sociaux
pour les placer dans un foyer, mais ils pourraient être séparés.
Je peux le faire, mais...
si je passe cet appel et que votre sœur décide de revenir,
il y a peu de chances qu'elle revoit ses enfants.
-Elle avait pas de petit ami, Suzanne ?
Il faut me le dire.
-Pourquoi ?
-Ils nous aideront que s'ils pensent que votre mère en a besoin.
Personne venait à la maison ?
-Non.
Je suis sûre que personne venait.
-Elle sortait parfois ?
-Elle était tout le temps dedans.
Des fois, on allait seuls à l'école parce qu'elle voulait pas sortir.
-On prend le bus, mais au moins, ça fait pas crier maman.
-Comment ça, "crier maman" ? Pourquoi elle criait ?
-Quand elle est fâchée
ou qu'elle est triste.
-Pourquoi elle était fâchée ?
-Pour rien.
Elle était fâchée pour rien.
Elle était en colère.
-On peut regarder la télévision ?
-Quand vous aurez fini, oui.
-On se croisait, parfois.
Quand je rentre du travail, Suzanne revient de l'école.
Quand ça arrive, on fume une clope.
-C'était quand, la dernière fois ?
-Deux, trois semaines. Peut-être un mois.
-Elle vous aurait parlé de quelque chose
qui pourrait avoir un lien avec sa disparition ?
-Un lien, je sais pas exactement.
On n'avait pas des discussions très longues ou très profondes.
Mais elle parlait d'un voyage. C'est pour ça que j'ai commenté.
-Un voyage ? C'est-à-dire ?
-J'ai pas rebondi sur le coup, mais elle parlait d'un voyage.
Elle avait encore rien prévu, même pas de destination particulière.
C'était plus une idée, une envie, je crois.
Peut-être que ça a rien à voir. C'était une conversation comme ça.
Mais je voulais vous le dire.
-Hm.
-Désolée, ça doit pas vous aider.
-Vous excusez pas.
-Les enfants sont avec vous ?
-Oui, elle les a déposés chez moi.
Je vous demande pas de surveiller,
mais si vous la voyez ou entendez parler d'elle, prévenez-moi.
-Bien sûr. Je vais faire attention.
-Merci.
Je peux vous poser une dernière question ?
-Oui.
-Elle allait bien ?
Quand vous vous croisiez, elle avait l'air d'aller bien ?
-Je sais pas.
Je crois pas qu'on puisse dire qu'elle était très heureuse.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
-Non, sa vie... Enfin, je sais pas, mais...
Elle se plaignait pas, mais ça se sent, ces choses.
Après, je dis ça, on n'était pas vraiment amies.
Je pense que vous la connaissiez mieux que moi.
Respiration paniquée
...
-Jeanne ?
-Oui, Gaspard ?
-Tu faisais quoi par terre ?
-Rien. J'avais chaud.
Coup
-Aïe.
-Ça va là-dedans ?
-Oui. J'ai tapé mon coude en enlevant mon t-shirt.
Mais j'ai pas mal.
-OK.
-J'aime pas dormir avec Margaux. Elle bouge trop.
-C'est provisoire.
-Ça veut dire quoi ?
Petit rire
-Ça veut dire que ça va pas durer longtemps,
que tu vas bientôt retrouver ton lit.
-J'ouvre la porte. Tu regardes pas, tu promets ?
-Promis.
-Tiens. C'est mouillé, c'est dégueu. Je suis désolé.
-Ça t'arrive souvent, ce genre d'accident ?
-Non.
-C'est la 1re fois ?
-Non, mais ça faisait longtemps.
Tu... Tu me passes ton t-shirt ?
Je suis tout nu.
-Ah oui. Tiens. Pardon.
-Merci.
-Je vais laver ton pyjama, tu l'auras demain.
-D'accord.
-T'es tout propre.
-On dirait que je suis en robe.
-Je vais changer les draps du lit.
-T'es obligée ?
-Ben, oui. Tu vas pas te recoucher dans ton pipi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je veux pas réveiller Margaux.
-On va faire ça discrètement.
Musique douce
...
Gémissements d'effort
...
Margaux gémit.
...
C'est bon, j'ai fini.
-Merci, Jeanne.
-Va te recoucher, maintenant.
-T'avais quel âge quand votre mère est partie ?
-10 ans. Mais elle est pas partie, elle est décédée.
-On dit pas comme ça ?
-Si, c'est vrai. Tu peux dire comme ça.
-C'est un peu pareil, alors.
-Elle va revenir, ta maman.
-Je vais me coucher.
-Gaspard.
-Bonne nuit.
Il ferme la porte.
Sonnette
...
-Bonjour.
Pardon, je vous dérange ?
-Vous l'avez retrouvée ?
-Non.
C'est peut-être pas le bon moment...
-Je peux vous aider ?
-Je voulais vous parler 2 minutes.
Vous avez le temps ?
-Dehors. Je veux pas que les enfants entendent.
-Je voulais m'excuser.
On n'a pas l'habitude de ce genre de situation, ici.
J'ai essayé d'être pragmatique...
-Je vous arrête.
Si vous venez vous excuser,
c'est pas la peine.
Je suis occupée, là.
J'ai compris, vous faites votre travail, vous obéissez.
Je me débrouille.
J'ai pas besoin de vos excuses.
-Non, justement. J'aimerais vous aider.
-Je comprends pas.
Vous avez le droit, maintenant ?
-Non, toujours pas.
Mais je peux faire les choses de façon moins...
moins officielle.
Si on peut dire ça comme ça.
J'aurai pas les ressources de la gendarmerie,
mais j'ai un ami à la PJ de Paris.
Je pourrai consulter ses relevés bancaires et téléphoniques.
C'est pas très légal, ça va me demander du temps, mais...
je vais le faire.
Je crois que c'est important. Je vais essayer.
-Merci.
C'est comment votre prénom ?
-Sébastien.
-Je peux te l'envoyer par mail ? Je suis en repos.
Si tu peux le prendre, c'est encore mieux. Il est sur mon bureau,
dans une pochette orange. Il y a son nom dessus.
Je te préviens, il est insistant.
Ça marche. Tu... Tu m'appelles quand tu l'as eu ?
OK, merci. Bonne soirée.
Toujours pas ?
Margaux. L'eau est glacée.
Faut que tu sortes, tu vas attraper froid.
Sonnerie de téléphone
Attends. Chut.
Oui. Je suis en plein rendez-vous, mais je voulais vous dire
que j'ai transféré le dossier à mon collègue. Il va s'en occuper.
Je viens de raccrocher avec lui.
Il va prendre connaissance du dossier et vous rappeler.
C'est ça. C'est ça.
Il vous rappelle
d'ici une heure, maximum. Je dois vous laisser.
Au revoir, monsieur Brunet.
Bon. Tu sors, s'il te plaît.
Fais ce que je te demande ou je vais devenir folle.
-Il a l'air nul, ton travail.
-Pourquoi ?
-T'es toujours sur ton téléphone ou ton ordinateur. Ça sert à quoi ?
-Là, c'est un peu différent. D'habitude, je fais pas que ça.
Je vais sur le terrain.
-Terrain de quoi ?
-Si je te réponds, tu sors ?
Bon.
Quand quelqu'un fait face à un sinistre,
je vais sur place,
j'examine les dégâts, j'évalue les pertes
dans le but d'activer les assurances.
-T'utilises des mots de grands. Ça veut rien dire quand tu parles.
Sonnerie de téléphone -Il est con, lui.
-Pourquoi t'as voulu faire ça ?
-Je sais pas. Je savais pas quoi faire, je me suis laissé guider.
-T'aimes bien ?
-Disons
qu'on se pose moins cette question, adulte.
-Je veux être dessinatrice, comme Nicole. J'aime dessiner.
-Hm.
-Tu vois, c'est pas compliqué ?
-Bon, allez. Tu sors, maintenant.
-Non.
-Margaux, je perds patience. Je t'ai répondu, tu sors.
-Non.
La baignoire se vide.
T'es méchante !
-Non. Je t'ai demandé 20 fois de sortir. J'ai des choses à gérer.
-J'aime pas ici, je veux rentrer chez moi !
-Arrête ça tout de suite. Je compte jusqu'à 3. Un.
Deux...
-Je préfère mourir de froid !
Je te déteste !
Sonnerie de téléphone
-Oui ? -Je peux te parler ?
-Oui, juste une seconde.
Oui ?
-Pardon, je te dérange ?
-Non, je suis au vernissage d'un copain. Tout va bien ?
-Oui, ça va.
-Les enfants vont bien ?
-Ça va.
C'est compliqué.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Je sais pas me comporter avec eux.
J'ai pas la patience.
J'y arriverai pas. Je vais pas tenir.
Il va leur arriver quelque chose...
-Jeanne.
Respire.
Jeanne soupire.
-Pardon, j'ignorais que t'étais occupée.
-Arrête de t'excuser.
S'il te plaît.
Tu veux me les amener samedi ? Je fais rien.
-Ça te dérange pas ?
-Pas du tout.
Amène-les.
Puis soyons honnêtes, ils me préfèrent.
Elles rient.
-Faut que t'y ailles, non ?
-Non, je peux rester encore un peu.
(-Merci.)
-Hé.
Je suis là.
Elle expire.
-Vous savez pourquoi vous êtes là ?
-Oui, parce que ma sœur a disparu.
-Je veux dire ici, au CIDFF.
-Ah, oui. C'est sur les conseils de Sébastien.
Il m'a dit que vous pourriez m'aider avec les enfants, en attendant.
-OK. En fait, ici,
on est dans une mission d'information, d'écoute et d'accompagnement.
Moi, par exemple, je suis juriste. Je m'appelle Leila.
Je vais vous accompagner dans les procédures pour les enfants.
C'est probablement pas votre priorité pour l'instant,
mais leur situation est compliquée aux yeux de la loi.
Leur père est mort ?
-Oui.
-C'est ça. Leur mère étant absente,
elle peut pas exercer son autorité parentale.
En tant que tante, vous n'avez pas cette autorité.
-Non.
Ce qui veut dire que...
-Sans ça, les enfants ne peuvent pas exercer leurs droits.
Il va falloir aller voir le juge des affaires familiales
pour demander une délégation
de cette autorité.
Si vous la souhaitez.
-Qu'est-ce qu'il se passe si je la souhaite pas ?
-Vous avez de la famille proche ?
Des parents, d'autres frères et sœurs ?
-Euh... Mon père, mais c'est impossible.
-Je peux vous demander pourquoi ?
-Il a jamais été capable de s'occuper d'un enfant.
Ça a été très compliqué quand ma mère est morte.
Ma sœur lui adresse plus la parole.
-Pourquoi ça a été compliqué ?
-Il était pas violent,
mais il s'est désintéressé de nous quand elle est morte.
Il était là, mais il s'occupait de rien, il s'occupait pas de nous.
-Vous êtes toujours en contact avec lui ?
-Moi, oui.
Il a fait un AVC il y a 2 ans,
je l'ai placé dans un institut médicalisé.
Ça a été très tendu avec ma sœur.
Elle m'en voulait. Elle comprenait pas pourquoi...
je m'occupais de lui. Elle disait que je lui pardonnais...
ce qu'il avait fait, ou pas fait.
Mais c'est pas ça. J'avais juste pas l'énergie d'être en colère.
Pardon, je vous raconte tout ça...
-Vous répondez à ma question.
Ce que vous me dites est très utile.
-C'était quoi la question ?
-Si vous aviez des proches.
-Ah, oui.
-Le juge privilégie la famille pour accueillir les enfants.
Vous vous questionnez sur cet accueil ?
-C'est très soudain.
-Hm.
-J'ai jamais voulu d'enfant...
-Par contre, juste,
l'autorité parentale ne fait pas de vous leur mère.
C'est important de faire la différence.
Vous prenez pas sa place.
-Oui, oui. Mais même temporairement,
je sais pas si je suis capable de les accueillir, de les élever.
Je sais pas si j'en ai envie.
-Vous vivez seule ?
-J'ai été mariée il y 2 ans, on s'est séparées.
Pour une question d'enfant, justement.
-La disparition est juridiquement complexe pour les enfants.
Suzanne est leur mère, elle le restera,
mais elle peut pas exercer son autorité.
C'est important de pallier à ce manque juridique,
ils vont vite en avoir besoin.
Ne serait-ce que pour les inscrire à l'école.
Je peux vous accompagner dans les procédures.
Vous pouvez prendre un avocat, mais vous pouvez saisir le juge sans.
-Vous me parlez de saisir le juge, de prendre un avocat,
mais la situation est temporaire.
J'ai besoin d'aide en attendant.
-C'est-à-dire ?
-Suzanne va revenir.
L'été va toucher à sa fin,
elle va prendre conscience de ce qu'elle a fait,
elle va redescendre sur terre,
elle va revenir.
-C'est un peu long, j'ai mal aux fesses.
-Ça fait même pas 5 minutes.
-Pourquoi tu nous peins pas tout nus
comme tes autres dessins ?
-On peint pas les enfants tout nus, déjà.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est pas normal et en plus, c'est pas légal.
-Ça veut dire quoi ?
-Ça veut dire qui est pas autorisé par la loi.
-Tu parles comme Jeanne.
-Tu trouves ?
-Un peu, oui.
-C'est un compliment ?
C'est quoi ces têtes ?
-Jeanne est un peu bizarre, quand même.
-Vous la trouvez bizarre ? -Ben...
Elle parle pas trop, quoi.
-Elle sourit jamais, aussi.
-Il faut lui laisser le temps de s'ouvrir.
-C'est pour ça que t'as arrêté de l'aimer ?
Elle se racle la gorge. -Vous êtes curieux.
-On peut pas bouger. Si on parle pas, on s'ennuie.
-Elle s'occupe bien de vous, quand même ?
-La cuisine, c'est pas trop son truc.
-Ça, je te l'accorde. Ils rient.
...
Droits. On se tient droits.
-Cherche celui avec deux 6. Là et là, il y a un 6.
On frappe à la porte.
La porte s'ouvre.
-Pardon, je suis en retard.
-T'inquiète, on vient de manger. Ça va ?
-Ils sont prêts ? -T'es pressée ?
-Je veux pas abuser de ton temps. -Pas du tout.
Faut que je te dise un truc.
Gaspard réclame un dessert, il dit que ton frigo est vide.
-Il dit pareil du tien.
-Ah bon ?
Margaux, Gaspard, on va chercher un dessert ?
-OUAIS !
-Une glace !
-Caramel, peut-être ?
-Mais dans le doute...
-Et ça ? Non.
Je vais prendre vanille.
-Moi aussi.
Conversation indistincte
...
-Il est où, Gaspard ?
-Je vais le chercher. Tu restes avec Margaux ?
Gaspard.
Préviens-nous quand tu fais demi-tour.
-Pardon.
-Tu veux plus de ta glace ?
-Non.
-Tu veux changer de parfum ?
-Non, je veux ça.
-Des pêches au sirop ? T'aimes ça ? Tu veux pas des fruits frais ?
On peut acheter des vraies pêches. J'en mangerai une avec toi.
-C'est pas des vraies pêches ?
-Ben, si, mais...
-Je prends ça, alors.
-OK, comme tu veux. Allez, viens.
Conversations entremêlées
Musique douce
... ...
... ...
Télévision
-Papa.
Tu te souviens
quand Suzanne avait fait le mur ?
Papa ?
-Quoi ?
-Tu m'écoutes deux minutes ?
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Quand j'avais 16 ans, à peu près. Suzanne devait en avoir 12 ou 13.
Elle avait fait le mur. Tu te rappelles?
-Pourquoi tu me parles de ça ? J'en sais rien, moi.
...
-Tu te rappelles ?
Il soupire.
Elle est partie longtemps ?
-Elle a pas fait le mur, Suzanne.
-Souviens-toi. On s'est disputés, toi et moi, très fort.
Elle a eu peur, elle est partie en pleine nuit.
Je l'ai cherchée tout le week-end.
-Je me souviens pas.
-Quand vous habitiez que tous les deux,
quand je suis partie, elle a recommencé ?
...
-Tu confonds pas la fugue de Suzanne avec la tienne ?
-Comment ça ?
-Il faisait pas encore jour quand t'es partie.
-Quand j'ai quitté la maison ? -T'es plus jamais revenue.
-J'ai pas fugué, j'avais fini le lycée.
Je suis partie, ça n'a rien à voir.
-T'as pris ta décision la veille au soir.
C'était en plein milieu de l'été. Ça, je m'en rappelle.
-J'ai avancé mon départ.
J'ai suivi des amis. Je pouvais pas prévoir.
Il soupire.
-C'est un peu comme une fugue. Tu crois pas ?
Tu nous as laissés.
Du jour au lendemain.
-C'est ce que pensait Suzanne ?
C'est ce qu'elle te disait ?
-Je t'en veux pas, moi, Jeanne.
Piano
...
-Encore combien de temps ?
-Elle a dit deux heures, Margaux.
Elle arrive à 18h. C'est bientôt.
-C'est dans combien de temps, maintenant ?
-Je te l'ai dit mille fois. Je te réponds plus.
-Dis-moi sur l'horloge quand c'est.
-Quand la petite aiguille est sur le 6.
Jeanne t'a expliqué, mais t'écoutes pas.
-Si. La preuve, j'entends que tu sais pas jouer du piano.
-Ça, c'est vrai.
...
Sonnerie de téléphone
-C'est qui ?
-Je sais pas.
-On décroche ?
-C'est peut-être privé.
-Décroche pour voir.
...
...
-Allô ?
Il y a quelqu'un ?
Oh, oh ! C'est une blague ?
Je raccroche.
-C'était qui ?
-Personne. Les robots qui appellent pour vendre leurs fenêtres.
...
...
Allô ?
Maman ?
C'est toi ?
Tu m'entends ?
-Maman ?
C'est Margaux.
Maman ?
Il y a rien.
(-Si, écoute bien. Ça respire.)
-Maman ?
Il y a rien. J'entends rien.
Arrête, c'est pas drôle.
(-Chut.)
-Gaspard, arrête. C'est pas drôle.
T'es un menteur, débile.
-Je mens pas.
-Si, tu dis n'importe quoi.
Fracas
C'est pas maman !
-Pourquoi t'as fait ça ?
-Elle est partie !
-C'était elle.
-C'était pas elle, c'était les robots. Tu dis n'importe quoi !
-C'est toi qui dis n'importe quoi !
Maman ?
Je sais que c'est toi.
(Maman.)
Bips
-Gaspard ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Gaspard, arrête-toi !
Musique triste
Gaspard !
Gaspard !
...
Gaspard !
...
Gaspard, arrête-toi. -Lâche-moi !
-Arrête-toi, s'il te plaît. Calme-toi.
Calme-toi. Calme-toi.
-Lâche-moi !
-Calme-toi. Calme-toi. Calme-toi.
-Elle a appelé, faut que j'aille la chercher.
-Arrête. Arrête.
(S'il te plaît.)
Qu'est-ce que tu racontes ?
-Elle m'a appelé. Faut que je vienne la chercher.
Je veux maman.
-Je sais.
Je sais.
...
-Son comportement présage rien de suspect.
Elle a pas vidé son compte d'un coup, elle a retiré des sommes raisonnables
avant d'arrêter d'utiliser sa carte.
-Et son téléphone ?
-Ça borne plus.
On a pu suivre les 3 jours après son départ
et puis elle l'a coupé ou détruit.
Elle était tout près de la Belgique, peut-être qu'elle s'y rendait.
Est-ce qu'elle va s'y arrêter ? Aller plus loin ? Impossible à dire.
-Mais si elle a toujours son téléphone
et qu'elle le rallume, on pourra savoir où elle est ?
-J'aurai plus accès à sa ligne, je pourrai rien faire.
Mais honnêtement,
je vois pas pourquoi ça arriverait.
Quand on veut pas être retrouvé,
on prend des téléphones prépayés, on crée des faux comptes.
-Et ça, c'est pas suspect ?
-Si.
Évidemment, si.
Mais pas aux yeux de la loi.
Tout indique qu'elle est en pleine possession de ses moyens,
seule, et qu'elle a choisi ce départ.
-Donc là, elle peut être n'importe où ?
Comment je peux la chercher
si j'ignore dans quel pays elle est ?
(Qu'est-ce que je peux faire ?)
-Vous faites déjà beaucoup.
Il y a des familles qui s'épuisent à chercher,
qui se ruinent sans jamais rien trouver.
Si je peux vous donner un conseil, c'est :
concentrez-vous sur le plus important, maintenant.
Pensez aux petits.
Ils ont besoin de vous. -Je leur dis quoi ?
Que leur mère est partie ? Qu'elle est partie sans eux ?
-Qu'il faut garder espoir.
On est incapables de dire où elle est,
mais rien nous dit qu'elle reviendra pas.
C'est ça, l'inconnu dans l'équation. Ça peut paraître fou,
vertigineux et même terrifiant, mais...
le fait que sa disparition soit volontaire
veut aussi dire qu'elle peut revenir.
-Je comprends pas. Ça arrive, les choses comme ça ?
-Que les gens reviennent ?
-Que les gens partent.
J'ai emmené les enfants voir l'océan.
Pas longtemps, quelques jours, mais ça nous fait du bien.
On étouffait un peu à la maison.
Il est long, ce mois d'août.
J'ai toujours trouvé que les étés passaient vite, mais celui-là...
il m'apparaît interminable.
On est au camping où maman nous avait emmenées
quand on est petites.
Tu venais à peine d'avoir 6 ans. Tu te souviens ?
On était parties toutes les 3. On s'était tellement amusées.
Ça a pas tellement changé depuis.
Nous, on fait du cerf-volant,
on se baigne,
on fait du badminton, on mange des glaces.
Beaucoup de glaces.
C'est affolant, la quantité de glaces que Gaspard peut avaler.
Et Margaux dessine tout le temps. Elle s'arrête jamais.
Nicole lui donne plein de conseils, elle fait beaucoup de progrès.
Tu serais fière.
T'es où, Suzanne ?
T'as pas envie de les voir ?
Je m'étais juré de pas finir le message comme ça. Pardon.
Écoute, on est là jusqu'à dimanche.
Après je dois rentrer, j'ai du boulot.
Hm... Je voulais te dire aussi,
j'ai eu ton propriétaire.
Je vais payer le loyer encore quelques mois.
Enfin, tant que je pourrais. Comme ça...
Enfin, tout est prêt. Tout est là.
Bon, je vais retrouver les enfants.
C'est le camping Le Rivage,
près du lac.
Je sais que tu te souviens.
Je t'embrasse.
Musique entraînante Brouhaha
... ...
On va sur la plage ?
-Ouais.
... ...
-On se met là ?
... ...
-On fait quoi, maintenant ?
-On attend.
... ...
Conversations indistinctes
...
...
Feu d'artifice -Ça y est, ça commence !
...
Musique douce
...
-Là, vous me posez une sacrée colle.
Vous n'avez aucune nouvelle ? Rien ?
-Non, aucune.
-On a besoin de l'accord d'au moins un des deux parents
pour inscrire les enfants à l'école.
C'est ça qui nous met dans l'embarras.
-J'ai un mot de Suzanne disant qu'elle me les confie.
-Mais vous n'avez pas l'autorité parentale. Si ?
-Non, je l'ai pas encore demandée.
-On en a besoin. Sans ça, il n'y a pas d'inscription possible.
On vous a pas mis au courant de ça ?
La juriste que vous avez vue vous l'a pas dit ?
-Si. Si, elle me l'a dit.
-Pourquoi vous l'avez pas fait ?
-Je... Elle souffle.
-En même temps,
l'école est obligatoire, on peut pas vous refuser les enfants.
Pardon, mais j'ai pas l'habitude
de faire face à cette situation,
donc je compose, là.
-Je me doute.
-Bon. Alors...
On se ressaisit. Elle réfléchit.
On va procéder par étapes. Les documents, d'abord.
On peut s'occuper de contacter l'ancienne mairie de votre sœur
pour obtenir les actes de naissance.
Vous avez bien les cartes d'identité des enfants ?
-Je les ai. Elle me les a confiées.
-OK. On a ça.
-Je crois qu'on a...
Attends, dessous...
-Il y a rien dessous.
C'est les chapeaux, ça ?
Elle acquiesce.
J'ai trouvé !
Ce que je cherchais. -T'as trouvé ou je l'ai trouvé ?
-J'ai trouvé. -Oh...
-Je rigole. -Sérieux...
-Sérieux... Ouais...
Rires
Musique douce Imprimante
... ...
...
-Les stylos ?
-Je les prends.
-OK.
-Je peux prendre celui-là ?
-T'en as besoin ?
-Pour dessiner, c'est joli.
-Bon, OK. Mais après, on s'en tient à la liste,
on arrête avec les gadgets.
Gaspard, tu prends 5 cahiers ?
-Un pour chaque matière.
-T'as autant de matières en CM2 ?
-Ben, oui.
-Et les fiches de couleur ?
-Non. C'est pour réviser le bac, t'en as pas besoin.
-Mais c'est beau.
-Il y a beaucoup de belles choses.
-T'es pas drôle.
-Gaspard, deux effaceurs ?
-Je fais beaucoup de fautes.
Suzanne le sait.
-"Suzanne" ?
Pourquoi tu dis Suzanne ?
-La colle.
-Prends-la. Pourquoi tu dis Suzanne ?
-Parce que je l'appelle comme ça.
-Tu trouves pas ça bizarre ?
-Je l'appelle comme je veux.
-J'ai dit quoi pour les feuilles de couleur ?
-S'il te plaît, elles sont belles. -Non.
T'as vu tout ce qu'on a, déjà ?
Gaspard, tu fais quoi ?
-C'est un cadeau pour Margaux.
-C'est toi qui le payes ?
-Maman me les aurait achetées.
-Tu dis pas ça.
-Maman l'aurait fait pour me faire plaisir.
-Margaux, ça suffit. Je veux pas entendre ça.
-S'il te plaît !
-Non. J'ai dit non.
-Suzanne les aurait achetées.
-Arrête de l'appeler Suzanne !
Tu vas me rendre folle. Je veux plus vous entendre.
-T'es riche, ça te fait quoi de lui acheter les fiches ?
Tu dis tout le temps non !
Il reste quoi sur la liste ?
(Margaux, faut se réveiller.)
(On va à l'école aujourd'hui. T'es contente ?)
(-Oui.)
(-Moi aussi.)
(-J'ai perdu une dent)
(cette nuit.)
(-Je la mets dans la boîte secrète pour maman ?)
(-Oui, s'il te plaît.)
(-Tu vas pas pleurer à l'école, aujourd'hui ?)
(-Non. Promis.)
-Ça va aller. Vous allez vous faire plein de copains.
-Je pourrai leur prêter mon style arc-en-ciel.
-Oui, c'est une bonne idée. C'est gentil.
Vous allez être en retard.
-Je peux te faire un câlin ?
-Oui, bien sûr.
À ce soir.
-À ce soir.
-À ce soir.
-À ce soir, Gaspard.
Sonnerie
Brouhaha
-C'est ta sœur ?
-Oui.
-Elle s'appelle comment ?
-Margaux.
-Et toi ?
-Gaspard.
-Moi, c'est Juliette.
-Salut.
-J'ai redoublé.
Tous mes amis sont partis au collège.
Vous êtes nouveaux ?
-Oui.
-Vous venez d'où ?
-D'une autre école.
-Dans quelle ville ?
-Là, mais d'une autre école.
-OK. Je savais pas qu'il y avait d'autres écoles.
-Ben, si, il y en a.
Musique triste
...
Les enfants discutent calmement.
... ...
-Allez, les enfants. La pause est finie.
On reprend la leçon. Chacun se rassoit à sa place.
Allez. On se reconcentre
sur sa photocopie. On reprend.
La transformation négative.
Toutes les phrases déclaratives sont... ou...
La forme négative... On frappe à la porte.
-Bonjour. Je dois t'emprunter Gaspard 5 minutes. Je peux ?
-Oui. Gaspard ?
Tu te lèves, tu suis la dame ?
-Je prends mes affaires ?
-C'est pas la peine.
-Bonjour, Gaspard.
-Bonjour.
-Elle est dans la salle de repos.
Je te laisse y aller.
-Ça va ?
Qu'est-ce qui se passe ?
-J'ai pas fait exprès.
-De quoi ?
-J'ai dit "maman" à la place de "maîtresse".
Tout le monde a rigolé.
J'ai dit ça parce que quand la maîtresse est de dos,
ses cheveux, ils ressemblent à maman.
-C'est pas grave.
-C'est pas sur moi qu'il faut crier. Je suis là pour vous aider.
Vous savez ce qu'on va faire ?
On va raccrocher et on se reparlera quand vous serez calmée.
Bon, je raccroche, madame.
Je raccroche. Au revoir, madame.
Elle soupire.
-Ils trouvent leur équilibre ?
-Je sais pas trop.
Ils me racontent pas.
Margaux, ça va, je pense.
Gaspard, par contre, je...
je sais pas du tout.
Peut-être que je pose pas les bonnes questions.
-T'inquiète pas. Tu verras.
Bientôt, t'en auras marre des histoires de l'école.
-Merci pour ton aide ces dernières semaines sur mes dossiers.
-C'est normal.
C'est la moindre des choses.
-Ta fille aînée fait toujours du babysitting ?
-Ça va ?
-Ça va ?
-Oui.
C'est très chic. Je me souvenais pas que c'était si chic.
-C'est bizarre, hein ?
Raconte-moi un peu.
-Te raconter quoi ?
-Tout.
Ça fait une éternité que je t'ai rien demandé.
-Je sais pas. Qu'est-ce que je peux te dire...
-Parle-moi de tout. Je veux tout savoir.
T'arrives à peindre ?
-Je peins beaucoup, oui.
-Des commandes ou des œuvres à toi ?
-À moi. Je vais y passer plus de temps, j'en ai marre des paysages.
Elles rient. Justement, c'est... Ben, c'est...
C'est arrivé là, ça vient de tomber, je...
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Rire nerveux
-Une super galeriste à Paris m'a fait comprendre qu'elle voulait
voire mes œuvres.
Je lui ai montré et on a pas mal discuté
et oui, elle va...
Normalement, elle va m'exposer.
-C'est génial !
-C'est une petite galerie.
C'est une double expo, je suis au 2e étage.
Il y aura un artiste au 1er.
-Arrête ! C'est super.
-Oui. Oui, c'est super. Je suis contente.
-Viens, on trinque.
-Non.
-Allez.
-On n'est pas obligées.
(-Allez.)
Elle soupire.
Bravo.
Je peux entendre les bonnes nouvelles.
-Pourquoi tu dis ça ?
-Je vois que t'es mal à l'aise.
Ça me touche beaucoup.
Mais t’empêche pas d’être heureuse quand tu me vois.
J'ai tant envie d'être heureuse pour toi.
Regarde, je suis heureuse.
Merci.
Je peux dire un truc... qu'il faut pas dire ?
-Quoi ?
-Ça me fait un bien fou, une soirée sans enfants.
J'ai l'impression d'en devenir une, parfois.
Je vis avec eux,
alors je me mets à parler comme eux,
j'ai envie de manger comme eux, donc tout le temps la même chose.
-Tu t'en sors quand même ?
-Je crois. Je sais pas. Tu leur demanderas.
Il y a tout le temps des choses à penser.
Ils ont tellement de besoins,
il faut tout anticiper, chaque catastrophe.
Je dis ça, mais ils sont super.
J'ai de la chance.
Je comprends presque pourquoi t'en voulais.
-J'en veux toujours.
-Je suis là. J'en ai deux pour le prix d'un, si tu veux.
Pardon, c'est pas du tout élégant.
-J'ai autre chose à te dire.
J'ai rencontré quelqu'un.
-Elle s'appelle comment ?
Elle a pas de prénom ?
-Si, si.
Elle s'appelle Emma.
Je t'en parle parce que
ça fait un moment qu'on se voit,
mais c'est que récemment que...
j'ai l'impression
que ça va quelque part.
Petit rire
-Je me suis bien plantée, moi.
-Comment ça ?
-Non, je...
Je me suis fait des idées, c'est tout.
-Jeanne...
Je devais faire quoi ?
On a partagé 12 ans de vie, j'allais pas vous laisser tomber.
La porte se ferme.
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Ça va ? Ça s'est bien passé ?
-Tout s'est très bien passé.
-Margaux, ça a été pour la coucher ?
-Oui, ça a été.
-Elle s'est endormie tout de suite ?
-Oui.
-Merci beaucoup.
-Merci !
-De rien. Bonne soirée.
Elle pleure.
...
-Jeanne ?
-Gaspard !
Qu'est-ce que tu fais là ?
-Tu pleures ?
-Combien de fois je t'ai demandé de frapper avant d'entrer ?
-Pardon. Je peux...
-C'est pas le moment. Il est tard.
Tu devrais dormir.
-Tu veux un mouchoir ?
-Je voudrais que tu ailles te coucher.
Elle soupire.
Gaspard.
Tu voulais quoi ?
-Rien.
C'est pas grave.
-Dis-moi.
Je vais vous acheter deux lits simples, vous serez mieux.
-Tu sens bizarre.
-J'ai bu de l'alcool.
-T'as pas pris ta douche ?
-Non.
-Beurk.
Elle rit.
Pourquoi toi et Suzanne, vous vous voyiez pas beaucoup ?
-Comment ça ?
-Ben, on te voyait pas beaucoup.
-Ah, oui.
On habite loin, déjà.
Et puis...
je travaille pas mal, tu sais.
-C'est tout ?
-C'est tout un tas de choses.
Parfois, on s'aime, on n'a pas le temps de se le dire.
On prend pas le temps de se le dire.
-C'est pas de notre faute ?
-Bien sûr que non. Pourquoi tu dis ça ?
-Je me suis dit que peut-être, tu voulais pas nous voir.
-Mais non, pas du tout.
-Ça se peut. La preuve,
Suzanne, elle veut pas nous voir.
-Ce qui se passe avec votre maman n'a rien à voir avec vous.
C'est pas à cause de vous.
-Elle est pas partie pour rien.
Elle avait pas de travail, c'est pas à cause de ça.
Elle avait pas d'amoureux, c'est pas à cause de ça.
Elle avait que nous.
-C'est peut-être de ma faute.
Si je l'appelais plus souvent, si je vous avais invités...
Si j'avais pris le temps de venir vous voir...
C'est peut-être la faute de notre père.
S'il avait fait les choses bien, s'il lui avait demandé pardon...
C'est peut-être de la faute d'un boulot qu'elle a pas eu.
C'est peut-être à cause du mauvais temps.
Je sais pas.
-Ou de la voiture qui était toujours en panne.
-Peut-être, oui.
-La machine à café qui débordait dès qu'elle l'utilisait.
-Aussi, oui.
-C'est peut-être la faute de tout le monde.
-Oui.
-Et...
c'est peut-être la faute de personne.
(-C'est peut-être la faute de personne.)
Musique douce
...
Brouhaha de cour d'école
... ...
-Touché ! -TOUCHÉ !
... ...
-Fais-moi la passe ! Fais-lui la passe !
... ...
-TOUCHÉE !
-Touchée ! -T'es éliminée.
... ...
-TOUCHÉ !
... ...
-Sur le côté, t'as plus de chances d'attraper la balle.
-T'essayes pas, toi ?
-Non, je suis bien ici. Je suis à l'abri.
Rires
Tu fais quoi comme activité à part l'école ?
-Cette année, j'en fais pas.
-Je fais du tennis. T'en as déjà fait ?
-Non. C'est bien ?
-TOUCHÉ !
-Attention !
-Tu sais, ma mère,
elle travaille à la gendarmerie.
Je le dirai à personne.
Je te le promets. Elle gémit.
-Il y a la bagarre dehors !
-Qu'est-ce qui se passe ? Doucement, les enfants.
Brouhaha
...
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Vibreur de téléphone
...
-Allô ?
Oui.
(-Vous savez que c'est compliqué, cette inscription provisoire ?)
(-J'en ai conscience.)
(Mais on peut pas remettre en question tout son début d'année)
(à cause d'un incident isolé.)
(-Ce qui est arrivé aujourd'hui n'est pas le seul problème.)
(D'après sa maîtresse, il a du mal à se concentrer, à s'intégrer.)
(Un jour, il est à l'écoute, gentil, disponible, et l'autre,)
(c'est l'inverse.)
(Vous avez remarqué ça à la maison ?)
(-Vous savez à quoi ressemble leur vie
en ce moment ?)
(-Oui, je sais ce qui leur est arrivé.)
(-Pourquoi vous en parlez au passé ?)
(Ça fait à peine
un mois qu'il est là.)
(Il aide sa petite sœur à faire ses devoirs,)
(il fait preuve de bonne volonté.)
(Il faut juste lui laisser un peu de temps.)
(-Bien sûr.)
(Mais en attendant,)
(il faut régulariser la situation au plus vite.)
(-Je comprends. Je m'en occupe, je vous l'ai dit.)
(J'ai fait la demande au juge, j'attends une date d'audience.)
Jeanne marmonne.
...
-Tu me fais mal.
-Et toi, alors ? Qu'est-ce qui t'a pris ?
Qu'est-ce qui t'a pris ?
Parle-moi !
Je vais pas te punir, je veux juste que tu m'expliques.
Tu me dois des explications, non ?
-Je te dois rien, t'es pas ma mère.
-Je sais.
Sonnette
-C'est la maman de Juliette ?
-Oui, sûrement.
-Elle est jolie.
Tu crois qu'elle va lui donner une baffe ?
Elle rit. -J'espère pas.
Elles rient.
-Non !
Allez, les amis, remontez.
Je vais tous les chercher.
Plouf !
(Emmenez-la.)
Il murmure.
...
-Le numéro que vous avez demandé
n'est pas attribué ou n'est pas accessible.
Votre appel ne peut aboutir.
Le numéro que vous avez demandé
n'est pas attribué ou n'est pas accessible.
Votre appel ne peut aboutir.
Tonalité
-Madame Manin, vous avez déposé une requête
en vue de l'obtention d'une délégation d'autorité parentale.
Vous nous avez saisis
car votre sœur, Suzanne Manin,
a disparu il y a bientôt 5 mois, le 10 juillet dernier,
en déposant ses deux enfants chez vous,
Gaspard, 9 ans, et la petite Margaux, 6 ans.
J'ai la photocopie du mot
qu'elle vous a laissé le matin du 10 juillet,
indiquant qu'elle vous confie la garde des enfants.
Ce que j'énonce est correct ?
-Oui.
-OK. C'est toujours d'actualité ?
Vous n'avez aucune nouvelle de votre sœur ?
-Non, aucune.
-Et vous n'avez aucune idée d'où elle se trouve ?
(-Non.)
-Bien.
Ça recoupe mes informations.
Notre temps d'audience est compté.
J'ai pas mal de questions,
donc je vais aller dans le dur tout de suite. Ça ira ?
-Oui.
-Très bien.
J'ai besoin de ces réponses pour rendre une décision.
L'audience sert à rendre une décision dans l'intérêt des enfants.
Je me doute que
c'est une situation exceptionnelle
et très difficile pour vous.
Alors, avant tout,
c'est la 1re question que je voulais vous poser,
allez-vous bien ?
-Oui, ça va.
Elle bégaie.
Je dois faire des réponses brèves ?
-Non.
Pas nécessairement. J'ai besoin de réponses claires.
Comment prenez-vous le départ de votre sœur ?
Comment vous sentez-vous ?
-Je me sens...
Pardon, je sais pas trop ce que vous attendez
et je suis un peu déstabilisée.
-Il n'y a pas de mal. Je comprends.
On a l'image de la justice pénale,
très solennelle, rigide.
Mais ici, on est au civil. Personne n'a commis d'infraction.
Le cadre de cette procédure oral laisse place à la spontanéité.
Il n'y a pas de bonnes ou mauvaises réponses.
Répondez honnêtement aux questions que je vous pose.
Tout ce que vous me direz servira à évaluer
si vous pouvez exercer le rôle confié par votre sœur.
C'est plus clair ?
-Oui.
-Donc.
Après quelques mois, comment vous sentez-vous
par rapport au départ de votre sœur ?
-Honnêtement...
Hm...
Je pensais qu'avec le temps, je finirais par comprendre, mais non.
Voilà. Je...
Je pense qu'elle était fatiguée, qu'elle...
qu'elle se sentait très seule.
Qu'elle se sentait pas considérée.
-Toutes ces raisons
ne sont pas des éléments de réponse pour vous ?
-Non. C'est moi qui essaie de rationaliser la situation, mais...
Il y avait d'autres solutions.
On prend pas une telle décision
sans considérer Gaspard et Margaux. Impossible.
C'est là où il me manque des choses.
Je crois que je la connaissais plus.
Mais si on savait
où elle était, si je pouvais lui parler, même par téléphone...
Si je pouvais lui poser des questions...
-Vous lui demanderiez quoi ?
-"Pourquoi ?"
Je lui demanderais simplement pourquoi.
-Une réponse de sa part vous suffirait à comprendre ?
-Comment ça ?
-Je ne connais pas
votre sœur,
mais imaginez qu'elle vous dise
qu'elle a fait ça
pour le bien des enfants, qu'elle...
est persuadée qu'ils sont plus en sécurité avec vous,
qu'elle a confiance en vous.
Ça vous aiderait d'entendre ça ?
À la lecture de son mot et en vous écoutant,
c'est une des interprétations que je me fais.
C'est purement spéculatif, je ne connais pas votre sœur, mais...
seriez-vous prête à accepter cette réponse si c'était la sienne ?
-Qu'elle justifie ce qu'elle a fait de cette façon ?
-C'est difficile à concevoir, mais...
parfois, on laisse les gens qu'on aime par amour.
Parfois, on ne voit pas d'autres choix
que de s'éloigner pour ce qu'on pense être leur bien.
Arrivez-vous à entendre ça ?
Madame Manin ?
-Je crois, oui.
(-OK.)
Bien. J'aimerais vous poser des questions sur les enfants.
Comment se sont passés les derniers mois avec eux ?
Sonnerie
-Gaspard, attends-moi !
Margaux rit.
Conversations indistinctes
Musique douce
...
Alarme
...
C'est bon, ça fait 2 minutes.
"2 jours plus tard, ils avaient amassé un incroyable bazar.
"S’entremêlaient portes cassées, fenêtres désuètes et vieux volets."
...
-Il neige !
...
-Bon anniversaire.
-Merci.
-Tu souffles ?
Bravo !
-Joyeux anniversaire, Gaspard.
(-Merci.)
-Il y a de la cire sur le gâteau.
-Ah oui. C'est pas très joli.
Ce soir, il y en aura un vrai.
-Ou des glaces.
-Ou les deux.
-Bougez pas, je vais faire pipi, je reviens.
-Tu veux faire quelque chose de spécial aujourd'hui ?
-Je sais pas.
-Je savais pas quoi t'offrir, mais si tu me dis ce dont t'as envie,
on peut aller le chercher ensemble.
-D'accord, mais je te le dis dans l'oreille.
...
-Bonjour. -Bonjour.
Vous êtes en forme ?
-C'est au 5e.
-On vous suit.
Il n'y a pas de problème avec l'ascenseur ?
-Il y a la cuisine, le salon,
et il y a deux chambres, juste là.
Euh... Voilà. Ensuite, ici,
il y a une première chambre, la chambre de la maman.
Je vais m'occuper de... de finir de vider.
Et... -OK.
-Ici, il y a la salle de bains. C'est pas très encombré.
-On jette tout, alors ? -Oui.
Propos indistincts
...
Ils emballent les affaires.
-Les gars, on enlève la table basse.
C'est fragile. -OK, ça marche.
Fracas
...
-Ça va ?
-Oui.
-T'as choisi ce que tu gardais ?
-J'ai mis dans le coin, là-bas.
-Tu veux me montrer ?
-Il y a pas beaucoup de choses.
Mais regarde, j'ai retrouvé ça.
-C'est quel jeu ?
-Le jeu des 7 familles.
-Ah !
On le met dans le carton ?
-Je peux le garder dans ma poche ?
-Oui, bien sûr.
Tu t'en sors, Gaspard ?
-J'ai presque fini.
-Tu veux qu'on te laisse ?
Tu viens m'aider ?
-C'est bon ?
-Un, deux, trois.
...
-Il est toujours dans la chambre ?
-Je vais voir ce qu'il fait.
J'ai laissé les verres d'eau là.
-Merci.
-Gaspard ?
Gaspard ?
-Quoi ?
-Ils ont fini leur pause, ils doivent venir dans la chambre.
Je peux entrer ?
-Je vais sortir. Je cherche un dernier truc.
-D'accord.
J'entre pas, alors ?
-Juste 5 minutes et j'arrive.
-Prends ton temps.
Il renifle.
...
Margaux parle toute seule.
...
-Tu comptes jusqu'à trois.
Un, deux, trois.
Ouh !
Bon, on se réconcilie.
-Margaux, viens, on y va.
La porte se ferme.
On verrouille la porte.
Musique douce
...
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