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L'OURS EN PELUCHE

-Bonjour, monsieur.

-Bonjour, docteur.

-Merci.

On y va.

T�l�phone.

-Les Tilleuls, la clinique du Dr Jean Rivi�re.

Vous patientez un instant ? Je vous passe la chambre.

-Le 26, la femme de l'ambassadeur.

Les contractions en sont � un intervalle de 15 minutes.

Le 25, Mme Reynaud. L'enfant se pr�sente par le si�ge.

Il faut d�cider ou non d'une c�sarienne.

-Madame Reynaud, bonjour.

-Concernant le rythme cardiaque du foetus, tout va bien.

-Le 22, Mme de Kermadek.

Elle nous quitte aujourd'hui. Si vous voulez la voir...

-Bonjour, madame de Kermadek.

-L'ut�rus est bien contract�. L'enfant est en pleine forme.

-Mais il a l'air en pleine forme. C'est bien.

C'est tr�s bien, petit Andrea.

-Cette nuit, Mme de Larivi�re pr�sentait des contractions.

� l'examen clinique,

on avait un col haut de 2,5 cm dilat� � un doigt serr�.

Au speculum, on voyait du sang venant de l'endocol.

Du point de vue foetal, les monitorings sont de classe 4.

� l'�chographie, le placenta est partiellement recouvrant.

-Ce n'est pas l'�chographie

qui vous fait d�cider du choix de l'accouchement,

mais la clinique.

-Nous ne sentons pas la pr�sentation au toucher.

-Pas de sang rose ou noir ? La poche n'est pas perc�e ?

-Non, c'est du sang rouge.

-Pr�venez Mme de Larivi�re et l'anesth�siste

qu'il y a possibilit� de c�sarienne.

Viviane.

Vous partagez mon avis, n'est-ce pas ?

-J'ai le sens de la hi�rarchie.

Vous avez forc�ment raison. -Tr�s bien.

Quoi de neuf, dans le courrier ?

� New York,

on vous offre la pr�sidence du congr�s de gyn�cologie.

La femme d'un ministre africain vous propose une fortune

pour son accouchement.

Et � Paris, l'Acad�mie de m�decine vous demande un article

sur les techniques d'anesth�sie p�ridurale.

Et aussi, j'ai le dossier que vous m'avez demand�.

Voil�.

-Oui.

Merci. -Je vous revois plus tard ?

-Je ne sais pas, je ne pense pas.

...

Le t�l�phone sonne.

...

...

...

...

-Oui, Jean Rivi�re, j'�coute.

All� ?

All� !

Un type qui a d� se tromper de num�ro.

-C'est s�rement �a.

Un type qui s'est tromp� de num�ro.

Tu penses vraiment sortir avec moi ce soir ?

On va au th��tre tous les deux, en amoureux ?

Mais non, Jean.

Tu ne r�sisteras pas.

Au moment de partir, tu la rejoindras.

Son lit, son cul, il n'y a plus que �a qui t'int�resse.

Elle a fait de toi un individu.

-C'est-�-dire ?

-Le mot signifie : "qui ne peut �tre divis�".

Propri�t� en indivis.

C'est ton cas.

Tu n'appartiens plus qu'� cette femme.

Avant, tu t'�parpillais, tu baisais � droite et � gauche.

Tu �tais un "dividu".

C'�tait mieux pour nous.

Enfin... Je n'ai pas � me plaindre.

Cette fureur sexuelle me rajeunit.

Elle me ram�ne aux premiers temps de notre mariage.

Le t�l�phone sonne.

-R�ponds, Jean.

...

-R�ponds.

Tu sais bien que c'est elle qui recommence.

...

...

...

...

...

-C'est toi ?

*Bips.

*-Professeur Jean Rivi�re ?

-J'�coute.

*-Vous allez mourir, professeur.

Vous allez mourir. Je vais vous tuer.

Le t�l�phone sonne.

...

...

...

...

...

*-Vous ne m'�chapperez pas. Vous �tes coupable.

-"Coupable" ? De quoi ?

*-Vous avez un meurtre sur la conscience.

Mais vous ne le savez pas.

*Tonalit�.

...

-Alors, o� tu en es ?

Tu cours chez elle ou je m'�tais tromp�e ?

-Je ne vais pas au th��tre.

-Je t'aime comme je t'ai toujours aim�, Jean.

Cette fille me fait passer un mauvais moment,

mais tu me reviendras.

La vie est longue.

*Musique.

...

*-Vous �tes pr�ts ?

Vous �tes chauds ?

Holly est ici pour vous,

pour satisfaire vos r�ves les plus secrets.

...

-Bonsoir, professeur. Une vodka, comme d'habitude ?

...

Votre vodka, professeur.

-Ciao.

Quel jour, on est aujourd'hui ? -Jeudi.

-D�j� 8 jours de pass�s,

et il ne m'est arriv� aucun truc exceptionnel.

Incroyable.

-Tu prends quelque chose ? -Tu m'�coutes jamais.

Je suis contente que tu sois venu me voir ce soir.

J'adore les surprises.

-Moi, je m'en passerais bien.

-Toi, oui, peut-�tre. Mais moi, non.

Je devrais peut-�tre consulter un de tes amis sp�cialistes.

Au fond, suis-je normale ?

-Chantal, moi, je fais na�tre des enfants.

-Mais je suis une petite fille. motive, sensible, fragile...

Et appelle-moi Holly.

-OK, Holly. On peut y aller, maintenant ?

On peut ?

-Je ferais n'importe quoi pour toi.

Je vais me changer.

...

-Mets un peu d'ordre.

-Non, je ne retrouverais plus rien.

-On dirait que tu es en plein d�m�nagement.

-C'est vrai.

�a serait excitant de changer tous les jours d'endroit, de peau...

-Un jour, tu t'arr�teras.

-Moi, je suis en transit ici. Tout comme Holly.

Tu te souviens du film avec Audrey Hepburn ?

-Je vais jamais au cin�ma. -Moi, j'adore y aller.

J'ai besoin de r�ver.

...

Le t�l�phone sonne.

-Oui, j'�coute.

*-Je voulais vous montrer que je ne plaisantais pas.

Un peu de patience. Dans quelques heures,

vous saurez pourquoi je vous ai condamn�.

-Si vous voulez dire quelque chose, dites-le, mais arr�tez vos conneries.

*Tonalit�.

...

...

Piano.

...

-T'as le trac ? -Tu parles.

Quand je pense que demain soir, je serai sur sc�ne...

-Il fallait bien que tu donnes ton 1er concert.

-Merci de l'avoir organis�.

J'esp�re que tu seras fier de moi.

-�a t'�tonne de me voir ici ?

-Un peu, oui. C'est la premi�re fois.

-Tu trouves que je m'occupe pas assez de toi,

que je ne suis pas assez attentif ?

-La clinique ne te laisse pas beaucoup de temps.

-Je suis venu pour t'�couter, Axelle.

Joue pour moi.

-Qu'est-ce que tu as ? T'es bizarre, ce matin.

-Mais non.

Ce concert, je veux en �tre le 1er auditeur.

Je suis impatient, c'est tout. Tu peux pas me refuser �a.

Hein ?

Allez, va.

Piano.

...

...

-Bonjour, professeur. -Bonjour.

-Venez. �a fera plaisir � ma femme.

-Bonjour, madame.

-Regardez comme il est magnifique, professeur.

-Il est magnifique.

Le portrait crach� de son p�re.

-Vous �tes trop gentil. -Voil�.

Eh bien, bonne journ�e. -Merci. Au revoir.

-Bonjour � tous.

Restez assis. Je vous �coute.

-Pour Mme Defaye, le terme est pr�vu le 24 de ce mois.

Elle est � 35 semaines actuellement. -Ensuite ?

-Mme Adami,

Or�par et Ustrogestan. volution favorable.

-Mme Vandela quitte la clinique demain.

-Tr�s bien.

Mme Denotte ?

-Qu'est-ce que vous avez d�cid� pour Mme Cartier ?

-On peut essayer une voie basse.

-Ouais. Ah, madame Jubert.

-Un paquet pour vous, monsieur.

-Ouvrez-le, madame Jubert.

-Je ne me permettrais pas.

C'est �crit : "� remettre en main propre au Pr Rivi�re."

-D'o� vient-il ? -Il n'y a pas d'adresse.

Le gardien l'a trouv� dans sa bo�te.

-Mme Wellman ? -Toujours aussi emmerdante.

-S'il l'avait confi� � la secr�taire, elle saurait ce qu'il y a dedans.

-Oubliez un peu ma secr�taire, voulez-vous, madame Jubert.

Commencez la visite sans moi.

-Ces dames vont �tre d��ues. J'y vais.

-S'il vous pla�t.

-Soyez sans crainte, je n'avais pas l'intention de rester.

...

-Une infirmi�re, 20 ans, plut�t rousse.

-Vous voulez une infirmi�re ?

-Non, elle a travaill� ici.

-Quand ? -Il y a 1 mois environ.

Sortez son dossier.

-C'�tait donc une int�rimaire. Le mois dernier, nous avons eu...

4 int�rimaires.

Celles-l�, �a va pas. C'�taient des brunes.

Ah, la voil�.

Ah oui, une peau d�gueulasse... -Non, s�rement pas �a.

-Vous parlez de Mlle Spinelli ?

-Celle-l� vous a laiss� un souvenir particulier ?

-Un peu, oui.

-Apportez-moi son dossier.

Le t�l�phone sonne.

...

...

-Oui, all� ?

C'est incroyable. Je pensais � toi.

-Je dois te voir.

-Je suis � peine r�veill�e et je dois me pr�parer.

-J'arrive.

On frappe.

-Oui ?

-En fait, on lui a fait signer un contrat d'un an.

Elle �tait gentille.

Tr�s douce, distraite, une r�veuse...

-Et alors ? -Un matin, elle est partie.

On lui a �crit, pas de r�ponse.

Elle n'a m�me pas encaiss� son ch�que.

-Et tu m'as rien dit ?

-J'ai pas l'habitude de vous parler des probl�mes du personnel.

-Il vous tutoie, maintenant ? -Parfois, madame Jubert.

Mais seulement pendant le service.

C'est ce que vous vouliez savoir, je suppose.

-Ciao.

-Que fais-tu l� ?

-Je voulais te faire une surprise.

J'ai achet� � manger, et maintenant, tout a fondu.

-T'as oubli� tes cl�s ?

-Je sais pas ce que j'ai, avec les cl�s.

C'est plus fort que moi.

Tu es venu pour faire l'amour ?

-Oui.

-Je le vois dans tes yeux.

T'es d�j� excit�.

-Mais qu'est-ce que tu fais, l� ?

-Quoi ? Je fais rien. -Quelqu'un pourrait venir.

Tu agis toujours sans r�fl�chir.

-C'est pour �a que je te plais, non ?

Une porte s'ouvre.

-Attends.

Viens.

Salut, Dee. Tu me pr�tes ton appartement ?

-Mon appartement ? -Oui. C'est urgent.

Juste pour un moment. -Attends, je...

-Allez, je t'en prie.

Sors. -Pas si vite, Holly...

-Nous savons que d�s le 6e mois,

l'embryon est dot� de facult�s auditives.

Il est dans une cellule.

De l�, il entend les bruits du monde entier.

Il re�oit tout, il per�oit chaque bruit,

chaque rumeur, chaque son.

Mais il y a une diff�rence entre lui et nous.

Vous me parlez

� travers cet espace qui nous s�pare

J'ai de vous une audition a�rienne.

Lui est prot�g� par le plasma de sa m�re.

Il a une audition aquatique.

Les bruits qui lui parviennent sont transform�s.

� quoi ressemblent-ils ? Quelle qualit� sonore ?

Quelle musique ?

Alors nos recherches nous ont permis de constater

que la perception de l'embryon

est semblable � celle d'un sujet en �tat d'hypnose.

Il entend un bruit confus, lointain, une rumeur...

Sans plus.

Et cette irruption du monde ext�rieur...

Cette irruption du monde ext�rieur,

cet �tre hypnotis� ne l'a pas demand�.

Il peut s'en accommoder, mais c'est n�anmoins une agression.

...

Ah, monsieur Lambert...

J'aimerais vous revoir bient�t. Merci.

-Tu as demand� � me parler ?

Tu as demand� � me voir ? Un probl�me ?

Professionnel ?

Dans ton service ?

Ta vie priv�e.

-Oui.

Ma vie priv�e, comme tu dis.

-Eh bien, vas-y.

Tu as besoin de me parler, n'h�site pas.

Si je peux t'aider, je le ferai.

-Non, �a va. �a va aller.

Je vais arranger �a. C'est rien.

Merci d'�tre pass�.

...

-Bonsoir, professeur.

-L'adresse de Mlle Spinelli.

-Vous cherchez � la r�cup�rer comme cliente ?

-Arr�te tes r�flexions.

-Tr�s bien, professeur.

...

-Claudia Spinelli ? -Au 2e.

-Merci.

...

S'il vous pla�t.

-Vous cherchez ? -Mlle Spinelli.

C'est bien la porte en bas, l� ?

-On dirait qu'elle est pas l�.

-Elle a d�m�nag� ? -Je pense pas. Pourquoi ?

-Vous l'avez vue r�cemment ? -Ah non.

J'�tais � la Martinique avec ma femme depuis un mois.

Charlotte ?

Demande-lui comment il s'appelle

et ce qu'il vient faire ici.

-Je suis m�decin. Je viens lui proposer un travail.

-Tu te m�fies de tout le monde.

Elle va �tre contente d'apprendre �a.

-O� est-elle ? -Elle doit pas �tre loin.

Vous avez peur qu'il lui soit arriv� quelque chose ?

-C'est vrai ?

-Non, non, pas du tout. Excusez-moi.

-Vous l'aimez, c'est �a ?

C'est ce qui lui manquait, un homme qui l'aime.

...

-Je suis le vicaire de cette �glise. Je peux vous aider ?

-Je ne sais pas pourquoi je suis ici.

Enfin, je dois rencontrer Mlle Claudia Spinelli.

-Sa grand-m�re, je suppose.

-Pourquoi sa grand-m�re ?

-Depuis cet horrible �v�nement, depuis un mois,

elle prie ici tous les jours, du matin au soir.

Son mari et une vieille cousine veillent sur elle.

-Un �v�nement ? De quoi parlez-vous ?

-Mais...

-Monsieur le professeur...

Je suis touch�e de vous voir ici. Quel honneur vous me faites.

Je suis s�re qu'un jour, vous pourrez savoir ce qui s'est pass�.

-Comment savez-vous qui je suis, madame ?

-Il s'est pass� quelque chose dans votre clinique.

Quand ma petite-fille est entr�e dans votre service,

elle �tait normale.

Et 15 jours plus tard, quand elle est partie...

Pourquoi elle a quitt� son emploi, comme �a, du jour au lendemain ?

15 jours plus tard, � son retour, on ne la reconnaissait pas.

Elle �tait comme... d�truite.

Elle souriait,

elle ne voulait pas le laisser para�tre devant moi.

J'ai bien vu.

Chez vous, quelqu'un lui a fait du mal.

Celui-ci est responsable de sa mort.

Je veux le conna�tre, monsieur.

-Vous voulez dire... -Ma fille vous estimait, monsieur.

Elle avait mis une grande photo de vous dans son appartement.

La couverture d'un magazine.

C'est moi qui l'ai �lev�e, monsieur.

Avec son fr�re, ils n'ont jamais connu leur p�re.

Vous vous rendez compte ?

Finir toute seule dans l'eau de ce canal...

Comment a-t-elle pu faire une chose pareille ?

Comment a-t-elle pu faire �a, en arriver l� ?

...

-Ouah...

Une bagnole comme �a, c'est rare dans le secteur.

Vous avez perdu votre chemin ?

-Vous venez souvent ici ?

-4 fois par jour. C'est mon m�tier. Je surveille la berge.

-Une jeune fille s'est suicid�e ici il y a quelques semaines.

-Ah oui, je me souviens.

-Vous l'avez vue ? -Bien s�r.

-Et alors ?

-Elle �tait comme toutes les noy�es.

Ce sont des cadavres bizarres, les noy�s.

-Pourquoi "bizarres" ?

-Pourquoi ?

Un type se jette � l'eau pour couler : il coule.

2 minutes plus tard, il remonte � la surface,

comme s'il souhaitait se remettre � vivre.

"Salut, me revoil�."

Ils savent pas ce qu'ils veulent, les noy�s.

Remarquez, cette fille,

son coup de chagrin pass�,

elle voulait peut-�tre revenir parmi nous.

-Merci. Laissez-moi, maintenant.

-C'est s�r qu'elle avait eu son chagrin, cette m�me.

Quand une fille de cet �ge-l� se donne la mort,

c'est rarement parce qu'elle rigole tout le temps

ou qu'on lui a fait un cadeau.

-Fous le camp !

-Vous f�chez pas.

Si vous vous int�ressez � cette gamine,

vous finirez par d�couvrir pourquoi elle morte ou pour qui.

Salut.

-Pas de nouvelles du docteur ? -Non.

-�a fait 1 heure que j'attends le docteur.

-Pas de nouvelles de Rivi�re ?

-Non, aucune.

Demandez � sa secr�taire.

Elle doit savoir o� il est. -Vous l'avez appel� ?

-Sa voiture ne r�pond pas et sa femme ne l'a pas vu.

S'il vous pla�t, monsieur.

-Vous m'emmenez Monsieur.

Dialogue en anglais.

...

-Vous l'emmenez en salle. Un Valium imm�diatement.

...

-Le premier, c'�tait quand ?

-Le premier quoi, monsieur ?

-Le 1er accouchement.

-En 1972, monsieur. C'�tait au printemps.

Je me souviens plus du nom, mais c'�tait une fille.

-On pense jamais � ces enfants, ce qu'ils sont devenus,

s'ils ont gard� les yeux bleus...

On oublie. L'habitude.

-Evidemment, je regrette.

Mais quand je l'ai vue arriver seule,

je pouvais pas la laisser entrer.

J'ai cru qu'elle venait harponner les clients.

Pas question.

Une pute chez moi, et les flics verrouillent ma porte.

-Elle avait l'air d'une pute ?

-Les apparences, �a veut rien dire.

Mais je regrette.

Je vous le dis.

Je la revois encore qui repart sur son v�lo, le long du canal.

Si j'avais devin�, je l'aurais retenue.

Mais on regarde toujours les autres comme des suspects.

Flamand.

...

-Et vous, par exemple, vous n'�tes pas l� par hasard.

Et vous ne dites rien. Pourquoi ?

C'est pas normal.

Vous �tes journaliste, peut-�tre.

Ou flic.

...

...

-S'il vous pla�t ! -Il en fait un bruit, celui-l�.

J'arrive.

C'est vous ? Il fallait le dire. -Pardon.

-Faites gaffe, mon mari est jaloux.

-Vous avez sa cl� ?

-Pourquoi je l'aurais ?

-�a se fait, entre amies.

-On n'�tait pas amies. "Bonjour", "bonsoir", c'est tout.

Qu'est-ce qui vous prend ?

Je vais appeler les flics, moi.

...

*-Mon r�pondeur est en d�rangement. Je n'entendrai pas votre message.

M�me si vous �tes une relation lointaine,

je vous souhaite tous les bonheurs du monde,

et surtout ceux qui n'existent pas et que vous inventerez.

...

-Elle pensait � moi, sans plus.

...

Je ne suis pour rien dans ce drame.

-Quel drame ?

-Elle n'�tait pas normale.

Enfin, vous la connaissiez !

-Quel drame ? Qu'est-ce qui s'est pass� ?

-Elle est morte.

-J'aimerais pas �tre � votre place.

-Parlez-moi d'elle. Je veux savoir.

-Elle avait une amie, Fran�oise.

Elles ont v�cu ici toutes les deux, l'ann�e derni�re.

Elle travaille dans un club de danse.

...

-Tu plonges. Oui, c'est �a. Maintenant, les bras...

Bien.

Tu ouvres...

1, 2, 3... Bien.

largis bien le mouvement. Un petit peu plus haut, les bras.

Tr�s bien. 1, 2, 3...

Tu reprends le m�me mouvement.

Voil�. Ce sera tout pour aujourd'hui.

Merci � tous. � demain.

-Claudia m'a tout racont�.

Infirmi�re de nuit,

elle vivait entre 2 appels dans une chambre de service.

Vous �tes pass�, vous lui avez fait l'amour,

elle a accept� le plaisir

et vous �tes reparti dans votre monde.

Mais elle, par contre...

Elle n'a plus jamais quitt� cette chambre.

J'ai tout fait pour qu'elle comprenne.

Je lui ai dit que vous �tiez comme tous les hommes, une ordure !

Que �a avait �t� pour vous qu'une s�ance de baise.

Elle a refus� de me croire.

C'�tait une r�veuse, Claudia, une romantique.

Elle attendait une passion extraordinaire

qui donnerait un sens � sa vie.

Elle �tait persuad�e que c'�tait vous.

Elle vous prenait pour le p�re qu'elle n'a jamais eu.

Je n'ai jamais vu une fille aussi amoureuse, folle.

Elle vous consacrait chaque seconde de sa vie, chaque pens�e.

Elle �tait certaine que vous l'aimiez, vous aussi.

Certaine, jusqu'� ce jour o� elle a compris.

-Quel jour ?

-Il pleuvait. Elle a cherch� � vous parler,

vous ne lui avez pas accord� une minute.

Pas m�me un regard.

Vous lui aurez dit des mots, des mensonges, n'importe quoi...

Mais avec un signe d'attention,

de tendresse,

vous lui auriez peut-�tre sauv� la vie.

-S'il vous pla�t ! -Que veut-elle ?

-Vous parler. C'est une fille de l'�quipe de nuit.

Une emmerdeuse.

Vous allez �tre en retard � votre d�ner.

*Vaya Con Dios : "Quand elle rit aux �clats".

...

-Ce soir, Holly est vraiment belle.

-Dites-lui que je l'attends au restaurant.

-Bien, monsieur.

-Finalement, �a y est.

-T'as faim ? -Non, je veux juste un peu de vin.

Si tu avais � choisir, que ferais-tu en ce moment ?

Je choisirais l'amour ou le Tibet.

-Le Tibet ?

Oui, le Tibet.

L�-bas, l'important, c'est d'�tre et non de faire.

Aucune complication, aucune question d'argent.

Rien de ce qui compte pour vous. C'est fantastique.

-Si tu le dis, toi.

-Tu es triste. Je peux faire quelque chose ?

-On veut me tuer.

-Quand tu es s�rieux, moi aussi, j'ai envie de te tuer.

Tu viens chez moi ?

-Non. Ce soir, non.

...

-Je suis Georges Spinelli.

Le fr�re de Claudia.

J'ai bien r�fl�chi depuis hier.

Ma soeur a choisi l'heure de sa mort, vous allez en faire autant.

Je vous tuerai demain matin, � 6 h.

Ici, devant le pont.

Si vous ne venez pas, c'est sans importance.

De toute fa�on, un jour de plus ou de moins,

vous ne m'�chapperez pas.

*-Laissez entrer. C'est la personne que j'attends.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Jean ?

Tu as demand� � me voir. Me voil�.

-Je te remercie.

-Je vais te montrer le bijou que j'ai re�u ce matin.

Depuis 10 ans, je cours apr�s ce chef-d'oeuvre :

cette Bugatti.

Une des voitures les plus rares au monde.

-Oublie tes voitures, je suis pas venu pour �a.

-Ah oui. C'est vrai, oui.

Tu as un probl�me. Tu as besoin de mes conseils.

-En quelque sorte, si on veut. Je ne sais plus o� j'en suis.

-Dis-moi, �a doit �tre tr�s grave.

C'est pas dans ton caract�re. -C'est grave, oui.

-Eh bien, �a m'est �gal.

L'ann�e derni�re, quand ma femme est morte,

moi aussi, j'avais besoin de toi,

de notre vieille amiti�.

Mais tu n'as pas trouv� 5 minutes.

Tu t'es toujours int�ress� � ta carri�re,

ta puissance, tes plaisirs...

Personne n'a jamais exist� pour toi.

Tu as toujours consid�r� le monde comme une parcelle de toi-m�me.

Si tu m'avais donn� 5 minutes,

tu aurais eu l'impression de faire un trou dans ton manteau.

-Ecoute-moi.

-Aujourd'hui, une tuile te tombe sur la t�te.

Et tu penses que je vais t'�couter ? Non, Jean.

Je te laisse seul, dans ta carcasse.

Une cellule d'1,80 m,

avec 2 yeux en guise de lucarnes.

Ne compte pas sur moi pour te tendre la main.

Tu m'as appris la vertu de l'indiff�rence.

Je t'en remercie.

Ren�.

Raccompagnez Monsieur.

...

-All� ?

Jean ?

*Vous pouvez bien parler ?

...

-Tu sais, Jean,

chaque jour, on commet des petites saloperies.

C'est la fonction principale d'un �tre humain.

Mais h�las,

elles ob�issent � des codes d'influence qui nous �chappent.

Une belle saloperie �norme

nous conduit aux honneurs.

Une petite salet� de rien du tout nous emm�ne dans une trag�die.

O� sont les verres ?

C'est ce qui t'est arriv�, Jean.

Tu n'es pas responsable.

Tu as gratt� une allumette,

cette fille a mis le feu,

et tu n'y es pour rien.

Regarde.

Viens voir.

Tu n'as pas envie de la partager avec moi,

comme � l'�poque o� on faisait nos �tudes ?

Oublie cette connerie et continue ta vie.

Sois heureux.

Les gens malheureux ont un d�faut : ils ne font le bonheur de personne.

Allez, bois un coup.

Tu as 2 ans de plus que moi,

et j'ai l'air d'�tre ton grand-p�re.

Tu ne t'es jamais demand� pourquoi ?

Parce que je suis un m�decin rat� et que tu as r�ussi ?

Non. �a n'est pas la raison.

On ne peut rester jeune qu'en se flattant soi-m�me,

en s'admirant.

Si un matin,

on ne croit plus aux compliments qu'on s'adresse,

alors ce jour-l�, on est vieux.

� jamais.

Si � cause de cette gamine, tu doutes de toi, t'es foutu.

Tu vas me ressembler.

Il faut que tu continues de croire en toi.

M�me si tu es

un peu m�galomane. C'est encore mieux.

...

Rien, personne ne doit changer ta vie.

Si tu t'installes en m�nage avec un remord,

vous serez deux. C'est lui qui d�cidera � ta place.

Et puis, merde.

Tes travaux sont indispensables � la m�decine.

-O� tu vas ?

-La m�me, tu es s�r qu'elle n'a pas parl� de cette histoire

avec sa famille, ses frangins, ses tantes, ses soeurs...?

-O� tu vas ?

-O� veux-tu que j'aille ? Au bistrot, comme tous les soirs.

Allez, viens.

Un bistrot, le seul endroit o� j'appr�cie la nuit.

Moi, je n'aime que la nuit.

Mais c'est une salope.

Elle nous quitte le matin,

et il faut attendre une journ�e enti�re avant qu'elle revienne.

Alors, tu viens avec moi ? -Non, je te laisse.

Brouhaha.

...

...

...

-Maman... -Oh, mon petit Jean.

Je te ruine. J'ai encore perdu beaucoup.

-C'est pas grave.

-Viens.

Tu gagnes beaucoup d'argent avec les b�b�s que tu mets au monde,

et cet argent fait vivre une incorrigible vieille dame.

Mais c'est amusant, non ?

Tu te souviens de mon amie Marguerite ?

-Oui, on la voit souvent.

-C'est affreux, ce qui lui est arriv�.

-Que lui est-il arriv� ?

-Son fils est mort la semaine derni�re,

renvers� par une moto.

Il avait ton �ge.

J'ai besoin de m'asseoir.

Tu te rends compte, si je te perdais ?

Je n'aurais plus aucune raison de rester sur Terre.

Je ne te survivrai pas une heure.

Sois prudent, mon petit Jean. Je ne te le r�p�terai jamais assez.

Fais attention, partout, dans les rues, en voiture...

Ne prends pas trop souvent l'avion.

Tu es venu pour me voir ou tu avais quelque chose � me dire ?

C'est dans 3 semaines que nous partons pour New York, tous les deux.

Tu vas encore recevoir un prix.

La fiert� que j'ai de toi va faire de moi une centenaire.

Jean ?

Jean ?

Mon petit Jean, qu'est-ce que...?

...

-Qu'est-ce que tu fais ici ?

Tu m'as fait peur, tu sais.

-J'avais envie de te regarder dormir.

Te voir, c'est tout.

-Qu'est-ce que tu as, Jean ? Tu es tout p�le.

-Rien. Tout ira bien.

-Tu restes avec moi ? -Non.

Je ne peux pas, vraiment.

-On se voit demain ? -Bien s�r.

Tu vas retourner te coucher, maintenant.

Et � demain. OK ?

Allez.

...

-Tu n'en peux plus. Hein, Jean ?

Tu as mal.

-On arrive au bout, Christine.

...

T'es d�j� lev�e ? -Je pensais au concert de ce soir.

Je suis angoiss�e. J'arrive pas � dormir.

Il est amusant, cet ours.

D'o� il vient ?

-C'est un porte-bonheur.

-Tu pars en voyage ou tu seras l�, ce soir ?

-Tu sais bien que je serai l�.

Allez, laisse-moi. J'ai besoin d'�tre seul.

...

Piano.

...

Sous-titrage : Eclair Group

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