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Original subtitles

Hier, ils ont branch� l'�lectricit� et le gaz.

Je t'avais dit qu'il arriverait aujourd'hui. En effet,

te voil� !

Salut, je m'appelle Siro Siri.

Michele, bonjour.

Voici mon amie, belle comme le jour. Michele, Chantal.

Il y a un type au troisi�me

qui tire sur tous les animaux.

Tu vois ces trous dans le mur ?

Ce sont des traces de balles.

�a suffit, j'en ai assez !

Ne me parle pas sur ce ton, je te l'ai dit mille fois !

Il faut mettre les choses au clair une fois pour toutes !

Bon, tu as raison.

Non, j'ai eu tort.

J'ai exag�r�, je l'admets.

Je te demande pardon. Tu es content ?

C'est moi qui ai tort. Pourquoi

tu te moques de moi ?

C'est vrai qu'il y a quelqu'un qui tire sur les animaux ?

Je n'ai vu personne.

Je viens d'arriver, alors...

Vous vivez ensemble ?

Et vous �tes mari�s ?

A quand le mariage ?

- On me l'a dit. - Quoi ?

Je dois apporter les �pinards.

Mais non, tu ne te souviens pas ?

Je dois te r�veiller. Ton premier jour d'�cole,

tu dois �tre � l'heure.

Tu es r�veill� ?

D�p�chons-nous.

Je peux m'en aller ?

- �a ira ? - �a ira.

Cher ami !

Je suis un peu en retard.

Bienvenue parmi nous !

D'autres diraient: dans notre famille !

Moi, je dis: dans notre tribu. Je dois rire ?

Vous voir me r�jouit.

Vous �tes jeune, non corrompu par l'institution,

pas encore atteint par la tristesse des cours,

la m�diocrit� des examens et l'ignoble farce des classements.

Vous �tes vierge, je le sens, je le devine.

J'ai un feeling infaillible pour ces choses. Alors ?

Je vais me plaire ici.

C'est certain.

Venez, que je vous montre notre cirque Barnum !

Don Limite, professeur Fame, le nouveau prof de math�matiques.

Voulez-vous boire quelque chose ?

C'est le professeur de musique ?

Non. C'est Edo, un esprit inexorable, un myst�re.

Quelle est la racine carr�e de 38 651 089 ?

6 217.

Vous voyez ? Bravo, Edo, continue � jouer.

Un vrai cerveau �lectronique.

Et dire qu'il ne sait ni lire ni �crire.

A sa fa�on, c'est un g�nie.

Il fait un peu de tout... c'est toujours beau mais inutile.

Comme les math�matiques: inutiles mais sublimes.

Le professeur d'histoire, remarquable.

Au dernier moment, Gino perd son emploi.

C'�tait en 1960 sous le gouvernement Tambroni,

lors des conflits � Reggio Emilia. 5 ou 6 hommes tu�s par la police...

Gino se sentait triste.

Il rencontre une belle fille et part avec elle en Sicile,

dans un petit village au coeur de la M�diterran�e.

Le soleil, l'amour...

l'iode, le corps.

Quand il rentre � Milan � la fin du mois,

il a, en poche, tout juste de quoi payer le bus,

mais aussi un feuillet...

sur lequel il a griffonn� quelques notes.

Les voici...

Quand tu es ici avec moi

Cette chambre

N'a plus de murs

Je vois des arbres

Des arbres � l'infini

Quand tu es ici tout contre moi

Le toit s'envole

N'existe plus

Je vois le ciel par-dessus nos t�tes

Restons toujours ensemble...

Vous n'�tes qu'un ignorant ! Ridicule et path�tique !

Dehors ! Sortez !

Silence, ou je vous fais tous consigner !

Venez ici, professeur.

Vous le savez, nous sommes pour le progr�s.

Mais que se passe-t-il ?

J'essaie de former ces jeunes gens.

Vous voyez !

Je vous l'ai d�j� dit: l'�cole ne doit pas former, mais informer.

C'est vrai, vous avez lu ici des po�mes d�di�s � votre femme ?

De petits sonnets...

sans pr�tention.

Directeur, renvoyez-le, nous ne voulons plus le voir.

Reprenez votre travail.

Et voici la perle, le joyau r�volutionnaire de notre �cole.

Un psychoth�rapeute, un psychologue.

Enchant�.

Les �l�ves ont s�rement besoin de lui.

A dire vrai, non.

Il est ici pour le corps enseignant, pour vous.

- Pour moi ? - Bien s�r, vous aussi.

Pour vous tous, ou plut�t, pour nous tous.

Except� le professeur Vassallo.

Oui, vous venez de le rencontrer...

Il ne veut rien savoir.

- Vous venez pour un rendez-vous ? - Je viens d'arriver.

Alors, voyez �a avec Edo, notre secr�taire. Au revoir.

Oh non... des fourmis !

Que dis-tu ? Arr�tons cette discussion.

Je veux qu'on me respecte !

Dis-moi la v�rit� !

Tu me dis la v�rit� ?

Je vous en prie, ne vous disputez pas.

Regarde-moi en face !

Arr�te, il nous regarde.

Je voudrais me faire faire un pull.

Bonjour. Je voudrais un pull, sport...

tr�s simple, mais il faudra me prendre les mesures car...

j'ai le sternum enfonc�, ce n'est pas facile.

Quoi ?

Le sternum enfonc�.

Tu vois...

Je peux venir un jour chez vous ?

La hauteur d'un homme est �gale � la distance entre ses bras.

D'ici � l�. Vous le saviez ?

Moi, je le savais.

- Depuis quand habitez-vous ici ? - Cinq ans.

- Pas d'enfants ? - Manquerait plus que �a !

Pourquoi ? Personne ne fait plus d'enfants !

- �a ne peut plus continuer ! - Bouge pas le bras.

J'ai compris. Vous vous �tes connus � l'�cole ?

Ah, ces histoires d'adolescents...

On grandit ensemble, on change...

Tu allais d�ner chez ses parents...

C'�tait pas � l'�cole.

Dommage. O�, alors ?

- A la plage. - Comment �a ?

- Il s'occupait des chaises longues. - Tu �tais plagiste ?

Cette ann�e-l�, pour me faire de l'argent.

Je comprends.

Et maintenant tu as un travail qui te satisfait...

Ce gris

me semble parfait.

Ce sera pr�t dans 2 semaines.

J'esp�re que vous aurez fait la paix, ce jour-l�.

- Je t'accompagne. - Non, c'est inutile.

Voyons, Lamberto...

L�onardo, Marco...

Maria, Marina, Marthe et Nicolas.

Marthe et Nicolas c�te � c�te ?

Ensemble ?

Pourquoi ?

Massimiliano et Aurora Giacomelli.

Marthe...

Pourquoi es-tu pr�s de Nicolas ?

Rencontr� � No�l, en 1980, chez Carlo avec Gabriella.

Est souvent avec son chien-loup place Mazzini.

Cherche toujours un logement.

A v�cu trois mois avec Anna, puis est retourn� chez sa m�re.

Nicolas devrait �tre � la lettre N...

All�, Marthe, �a va ?

Comment va Nicolas ?

�a fait un mois que je ne le vois pas.

Un mois, vraiment ? Tr�s int�ressant.

Il a pass� la nuit

chez toi ! Vous �tes plus que des amis !

Personne ne doit rien me cacher, personne !

- Il a raccroch�. - Qui c'�tait ?

Michele. Il est terrifiant.

Il ne nous laissera jamais en paix.

J'esp�re que vous aimez les maths

et que nous pourrons travailler ensemble sans probl�mes,

tout en r�solvant quelques probl�mes.

Faisons d'abord connaissance.

Des questions ? Ne soyez pas timides.

Je parle au nom d'un groupe pluridisciplinaire

qui �tudie les rapports

entre la science, l'art et la litt�rature.

Notre question concerne le carr� magique

du tableau d'Albert D�rer.

- La M�lancolie. - Oui, je vois bien.

A la Renaissance,

on disait que le carr� magique sur quatre lignes

pouvait �carter les sentiments de m�lancolie et de tristesse.

Ah oui ? C'est int�ressant. Donc...

Vous permettez ?

Le professeur nous a dit que D�rer

a sign� son tableau sous la date,

qui est 1514.

Vous me suivez ?

Nous voulons savoir comment on obtient toujours 34

sur chaque ligne, chaque colonne, chaque diagonale.

On obtient toujours 34 ?

Oui. Pouvez-vous l'expliquer ?

�a n'est pas le programme, il y en a que �a n'int�resse pas.

Si, �a nous int�resse.

�a vous int�resse...

Le jour de la rentr�e, ne vaut-il pas mieux s'acclimater...

Vous n'�tes pas oblig�, vous savez.

Comment �a va ?

- O� �tais-tu ? - J'ai fait quelques courses.

Pourquoi as-tu tard� ?

Je me suis arr�t�e en route.

Vous avez compris.

A l'infini, une droite

et une courbe se rejoignent.

Que fais-tu ?

Je change de place.

- Pourquoi ? - Comme �a.

Comme �a, par hasard ?

Oui, par hasard.

Ou par n�cessit� ?

Je ne sais pas. Je peux m'asseoir ?

Debout.

C'est quoi, la n�cessit� ?

Quoi ? Quelqu'un peut r�pondre ?

Je voulais me rapprocher du tableau.

C'est pour �a que j'ai chang� de place.

Qu'en dis-tu ?

Il voulait se rapprocher.

- De qui ? - Du tableau.

Alors, allez-y ensemble.

Au tableau ?

Non, chez vous. Au revoir.

D'ici, vous auriez pu tout voir.

- Oui, mais... - Mais vous n'avez rien vu.

Ces derniers jours,

pas de types curieux, d'all�es et venues inhabituelles,

de visites impr�vues, de cris, de disputes, de bruits ?

Rien de bizarre ?

Rien de bizarre, � mon avis.

Je descends avec vous.

Pourquoi toutes ces chaussures ?

Et toutes pareilles. Pourquoi ?

C'est vrai... pourquoi ?

�a vous regarde ?

Excusez-moi, la d�formation professionnelle.

Je monte voir vos voisins.

Bonne chance pour l'enqu�te.

Arr�te-toi un instant. Que fais-tu ?

Je pars.

Ah oui, o�, en vacances ?

C'est moi seule qui pars. On se quitte.

Nous en avons beaucoup parl�, c'est d�cid�.

Mais o� vas-tu ?

Chez des amis, le temps de trouver un chez-moi.

Mais c'est ici chez toi.

Ignazio...

Maria s'en va et �a te laisse froid.

Non, mais nous sommes d'accord.

J'avais m�me apport� des g�teaux !

Tu es gentil...

Et le mousseux ?

Il faut dire qu'avec tes week-ends en famille,

ta m�re et ta grand-m�re qui se m�lent de tout,

Maria a d� se sentir...

Encore tes id�es fixes !

Essaie de voir ce qui se passe r�ellement.

Et que se passe-t-il ?

On ne se supporte plus.

Neuf ans ensemble, c'�tait quoi, une erreur ?

Je t'en prie, r�fl�chis...

r�fl�chissez encore.

�a fait deux heures que je suis l�. J'en ai marre.

Continue. Tu es bizarre, tu es une curiosit�.

C'est inou�, lire Proust au milieu d'un lac sous une ombrelle !

C'est inou� parce que c'est con !

Ecoute, quelqu'un s'approchera s�rement, te parlera,

te demandera qui tu es, ce que tu fais l�.

Je te regardais, tu paraissais inqui�tant.

Attends, regarde.

- C'est une femelle ? - Oui, pourquoi ?

G�nial, c'est le destin ! Le mien est un m�le.

- Vous venez souvent ici ? - Tous les jours.

Qu'ils fassent connaissance. Ils auront envie...

peut-�tre de se marier.

Avez-vous l'heure, madame ?

17 h 20.

Mince alors ! C'est une montre � remontoir ?

La mienne est � quartz, elle marche si mal !

Puis-je vous raccompagner ? Je suis charmant.

C'est comme la vie, faut parfois la remonter !

Ne le prenez pas mal

mais je n'ai pas besoin de vous, je vais bien.

Je ne sais m�me pas pourquoi je suis venu.

Dites-le-moi, ce sera un bon d�but.

D�but de quoi ? C'est une fin. Au revoir.

Je dois �tudier,

pr�parer mon travail, mais chez moi...

je n'y arrive pas.

Pourtant, je dois travailler.

A l'�cole, au moins, j'y suis oblig�.

Chez moi, je me construirai un carcan

avec des horaires, des r�gles, des contraintes pour travailler.

Si vous le voulez, vous travaillerez.

On ne peut obliger personne.

C'est la chose la plus difficile.

Je m'attacherai � ma chaise et je le ferai,

pas pour devenir un de ces hommes solitaires mais courageux,

ind�pendants, efficaces, qui savent cuire des p�tes...

�a vous donne faim ? C'�tait une fa�on de parler.

Bref, voil� mon probl�me: je n'aime pas les autres.

Je vous l'ai dit. Donc...

Qui n'aimez-vous pas ?

La liste est longue !

Tenez, mon voisin...

il sort avec des filles de 40 ans plus jeunes que lui !

Peut-�tre que la peau d'une jeune fille, son corps,

sa fra�cheur, lui font de l'effet.

C'est sans appel, nous n'avons plus rien � nous dire.

A part son bureau, c'est aussi son logement ?

Il est mari� ?

J'ai encore un quart d'heure � prendre sur ma s�ance.

Vous n'allez pas le lui refiler !

Ce quart d'heure m'appartient !

Allez, montez...

Premier meeting � Urbino...

"La chanson italienne et l'�cole".

Tout le monde est l�.

La parole est au directeur, promoteur d'une initiative

que je qualifierais de fantastique !

Quelques recommandations.

N'oubliez pas votre carte personnelle

pour l'entr�e au Palais des sports.

Elle donne droit au self-service, � l'usage gratuit des toilettes et...

A un disque cadeau.

Un disque cadeau introuvable sur le march�:

Lucio Dalla qui chante

au festival de San Remo 1966:

"Paff-boum" !

Nous n'aurons qu'un arr�t de cinq minutes � Terni.

Ne vous �loignez pas du bus et n'importunez pas...

Les jeunes filles.

Repr�sentez dignement l'�cole Marilyn Monroe !

Dix filles pour moi

�a peut me suffire

Dix filles pour moi

Je veux oublier

Arr�tez !

Avec vous, notre programme de modernisation progresse.

Je l'ai dit � l'inspecteur: je veux...

de jeunes enseignants.

Je suis ravi de vous avoir dans notre tribu.

Bonjour. Toujours en retard ?

Je vous ai d�j� tout dit.

Pas tout. Que faisiez-vous chez Aurora Giacomelli...

le 7 ?

C'�tait pour un pull.

Ils s'entendaient bien ?

Je ne sais pas.

Demandez-le-lui.

Il dit oui. D'amour et d'accord !

C'est faux !

Vous ne m'aviez donc pas tout dit. �a n'allait pas ?

Non. Une fois, ils se sont disput�s.

C'est tout. Ils criaient...

Pourquoi ?

Je ne sais pas.

Ne me poussez pas � bout.

Vous me dites qu'un jour,

ces deux-l� ont eu quelques �clats de voix.

�a ne vous para�t pas normal ?

Non ! Pas du tout... Et puis, ils ne s'aimaient pas.

J'essaie de vous le faire comprendre.

Ah oui ? De quoi l'avez-vous d�duit ?

Je l'ai senti, pas d�duit.

Pas mal, pour un prof de maths.

Ils sont diff�rents, vous n'avez pas remarqu� ?

Vos lacets sont de couleurs diff�rentes.

Que c'est b�te ! �a ne vous arrive jamais ?

De faire des b�tises ?

Tr�s souvent.

La solitude. Ma femme aurait emp�ch� �a.

Ah, votre femme n'est pas...

On est s�par�s.

Vous vivez seul ?

�a m'int�resse. Vous faites le march� le matin ?

Vous d�nez chez vous ?

Presque toujours.

Et vos enfants, o� mangent-ils ?

Ils sont grands... ils sont partis.

Elle vous a quitt� ?

Votre femme.

Dites donc...

J'ai compris, �a fait onze ans... Vous la voyez ?

De temps en temps.

Aujourd'hui, elle vit seule ?

Je comprends.

Je m'excuse, j'ai �t� indiscret.

Mais non...

je n'avais jamais �t� interrog�, et avec tant d'insistance.

C'est que moi aussi, je vis seul.

Ah, vous voulez m'inviter � d�ner ?

C'est quoi, cette histoire d'ind�pendance ?

Personne n'est ind�pendant. Je le suis, moi ?

Pourtant, je vis seul.

Tu vas me chanter le couplet de la solitude ?

Quelle belle omelette !

Vous avez toujours v�cu ensemble.

Tu te rappelles quand vous parliez de cette maison de campagne...

on ne se serait jamais quitt�s...

on devait vivre tous ensemble...

R�ponds-moi, vous �tiez cingl�s ?

Je veux dire, vous �tiez s�rieux ?

Chacun est parti de son c�t�...

Mais ceux qui s'aiment ne doivent pas se quitter.

Toi et Ignazio...

Ecoute...

Ignazio ne t'a peut-�tre pas tout expliqu�.

Elle �tait sur le point de pleurer.

Je l'ai vue. Ne sois pas orgueilleux.

J'en suis s�r, si tu faisais le premier pas...

Pourquoi ? Tout va bien.

Non, tu aimes Maria et tu dois rester avec elle.

Moi aussi, j'ai besoin d'�tre un peu seul... d'avoir...

Toi ?

Seul, toi ?

Il y a une autre femme ?

Une autre femme... �a veut dire quoi ?

Si, �a veut dire !

Une amie. Y a rien d'exceptionnel.

Tu as fait l'amour ? R�ponds !

Mais non, �a fait peu de temps que...

Vous �tes encore amoureux, j'en suis s�r.

Elle aussi a un autre homme.

Ce n'est pas vrai !

Comment, je n'en savais rien ?

Toi et Maria...

R�ponds.

Dans une demi-heure... d'accord.

Non, n'apporte rien.

1968: r�p�tition g�n�rale de la destruction du monde.

Avant �a, nous vivions une �poque heureuse,

saine et pure, o� l'harmonie...

Claudia Cardinale.

La beaut�...

La Dino Ferrari.

L'intelligence collective...

L'�quipe de la Juventus.

L'homme dans sa perfection accomplie...

James Bond.

... ont atteint l'acm�,

le sommet de la culture occidentale.

Tu es ici ? Tu n'assistes pas � la conf�rence ?

Pas question. C'est pour les �l�ves, non ?

C'est que... tout le corps enseignant y assiste.

Pas vraiment.

On a m�me un psychologue. Tu le savais ?

Le directeur me l'a pr�sent�.

Tu vas le voir ?

Non, pourquoi ?

Ils y vont tous.

Pas tous. Tu y vas, toi ?

Moi, non ! Les coll�gues en disent du bien

mais je ne pense pas en avoir besoin.

Il n'y a pas une seule �dition fran�aise de...

Tes chaussures sont superbes.

Personne ne me l'avait dit.

C'est vrai, elles sont jolies.

Non, elles sont belles.

D'habitude, je n'aime pas les talons hauts.

Celles-ci...

Elles sont confortables.

J'aime beaucoup marcher.

Je sais.

Tu sais ?

Je l'ai senti.

Tu en veux ?

Tout est pour moi. Y en a 12 pour 100 g.

Ils ne durent pas longtemps.

C'est ton premier poste ?

J'�tais au coll�ge Albertelli.

Tu ne t'y plaisais pas ?

C'�tait trop loin de chez moi.

- O� habites-tu ? - Au 4e arr�t d'autobus.

Tu es mari�e ?

Des enfants ?

Tu vis seule ?

Avec tes parents ?

Une amie ?

Tu ne vis pas seule.

Non, je vis avec un homme.

Il a 32 ans,

un travail qui le satisfait,

il est tr�s gentil et tr�s discret.

C'est-�-dire ?

Il ne pose pas de questions.

Comment est-il, grand, petit,

beau, laid, maigre, gras ?

Vous �tes ensemble depuis longtemps ?

Je vois, c'est un homme tr�s s�rieux,

il sait choisir ses v�tements, ses relations...

Mais il a ses d�fauts.

Je suis s�r qu'il sort avec d'autres femmes,

mais se contente de les voir.

Heureusement.

Ne te moque pas de moi.

J'ai un don: � partir de petits d�tails insignifiants,

je peux construire...

Vous �tes monsieur Pioggia ?

Vous d�sirez ?

Votre femme voulait une encyclop�die.

Elle n'est pas l�, elle ne rentrera pas avant d�ner.

Bon, je l'attendrai.

Ah oui, voil�...

Vous �tes tr�s diff�rent de moi.

Vous �tudiez, travaillez, vous savez vous tenir chez vous.

C'est tr�s bien.

Et votre femme... ce n'est pas votre femme, mais...

Elle s'appelle Bianca.

Et... quand doit-elle rentrer ?

Je vous l'ai dit, tard ce soir.

Elle-m�me vous l'a dit ?

Bien s�r.

Pourquoi ? Elle vous dit tout ?

Oui, on se dit tout.

Ah bon. Vous n'avez pas de secrets.

Vous la voulez, cette encyclop�die ?

Non, je suis d�sol�. Je vous offre un verre.

Ah, parce que vous buvez aussi !

Oui... non... parfois, avec des amis.

Et vous avez appris � boire � votre femme !

Aha... vous faites la cuisine !

C'est quoi ?

Un rago�t d'agneau.

- Vous faites aussi le march� ? - Oui.

Je vois le genre, le boucher vous garde des morceaux de choix.

Quel mal y a-t-il ?

Apr�s vous, je n'ai droit qu'au second choix !

Et que faites-vous dans la vie ?

Attendez, je vais vous le dire... j'ai tout devin� de vous.

�a vaut mieux, j'en suis s�re.

Mais ne faisons pas comme les autres. C'est promis ?

Ils vont si bien ensemble.

Je ne pourrai jamais �tre comme eux.

Il n'y a rien d'autre � faire, n'est-ce pas ?

D'accord, mais on continuera � se voir ?

Non, il vaut mieux pas.

Peut-�tre plus tard.

J'ai vite compris, elle compte beaucoup pour toi, non ?

Eh oui, il me suffit d'un d�tail.

Mais il y a d'autres choses qui comptent.

Quoi ?

Tant de choses... la sinc�rit�. J'y tiens.

Martina est sinc�re avec toi ?

Je n'en sais rien.

Quoi ? Pourquoi doit-elle se moquer de nous, nous humilier ?

Comment peut-elle ?

Viens par ici...

Michele, tu prends le bus ?

Oui... non... j'ai encore � faire. Nous devons parler.

O� en �tait-on ? Non, tu ne dois pas lui pardonner.

Ne pas lui pardonner quoi ?

Tu ne dois pas, m�me si tu en as envie,

m�me si tu l'aimes...

Parce que tu l'aimes, n'est-ce pas ?

Elle me pla�t beaucoup.

Oui. Il faut tirer cette situation au clair.

Nous devons aller d�ner chez ses parents et voir.

Pour nous rendre compte. Moi aussi...

Elle s'est fait des boucles. Je l'ai remarqu�.

On croit toujours tout r�soudre avec des boucles !

Eh bien, non. C'est une mauvaise pente.

Les probl�mes se sont accumul�s, les boucles ne peuvent rien r�soudre.

Pens�e profonde, tr�s profonde.

Je dois partir.

Pourquoi ?

Martina et moi voulons...

On peut faire un bout de chemin tous les trois...

Non... je lui avais promis...

qu'on serait seuls tous les deux.

- Et le dessert, Matteo ? - Tout de suite.

Enrico, le journal... Federica...

Le dessert...

Matteo, coupe d'une main ferme et tranquille.

Va chercher de l'eau.

Ils sont autonomes, ind�pendants.

Pourquoi disent-ils Mario au lieu de "papa" ?

Cette familiarit� fait mauvais effet.

Sur ce point, ils ont raison.

Je ne suis pas leur p�re.

Quand j'ai �pous� Isabelle, elle venait de divorcer

de son premier mari.

Arr�tez !

�a suffit.

Que t'es-tu fait au bras ?

J'ai donn� un coup de poing � un salaud,

et je me suis cass� le bras.

Vraiment autonome. Bravo.

Qui est-ce ?

- C'est Marco. - Qui ?

Un de ses amis.

Une photo de Marco, je veux la voir. Que fait-il, ce Marco ?

Il est en 3e.

- Age ? - Seize ans.

�a ne me pla�t pas, deux ans de retard !

- C'est un bon footballeur. - Un footballeur ?

Il est dans l'�quipe " juniors" de son club.

Je vois le genre, muscl�, un sacr� culot, d'�normes jambes.

Creusez pas de tunnel !

Vous me volez toute la cr�me.

Les marrons tout seuls, �a ne vaut rien.

Le mont-blanc n'est pas un feuillet� fourr�...

rempli � ras bord comme un sac � dos.

Il tient en �quilibre fragile, pas comme la Sacher Torte.

La Sacher Torte.

Qu'est-ce que c'est ?

Comment, vous n'avez jamais go�t� � la Sacher Torte ?

Continuons. Faisons-nous du mal.

Maman, je peux en reprendre ?

Ce n'est rien, ils se disputent.

Et Federica, �a marche � l'�cole ?

C'est-�-dire que... c'est un moment difficile.

Elle veut arr�ter ses �tudes.

Pour passer la journ�e au t�l�phone avec son ami...

Et toi, tu as une petite amie ?

J'en avais une, je lui offrais des cadeaux,

je l'emmenais au cin�ma... J'ai d� arr�ter.

Les nanas co�tent trop cher. Tu as une amie, toi ?

Tu voudrais en avoir une ?

Je t'avais appel� parce que...

�a ne va pas, tu te sens seul ?

Viens chez moi, j'ai des amies. On fera des fettucines au saumon.

J'ai chang� d'avis. Tu me d�primes.

Tu ne m'es d'aucun secours. Au revoir.

Il y a du bon vin...

Appelle-moi, si tu en as envie.

Tu as trop de soleil, ou trop peu ? Que veux-tu ?

Plus d'eau, moins d'eau ?

Parle, r�ponds !

Bonjour, Bianca est-elle l� ?

Pas en ce moment.

Quand pourrai-je la trouver ?

Elle n'habite plus ici, voulez-vous son num�ro ?

�a ne fait rien. Au revoir.

Excusez-moi. Je voulais seulement dire une chose...

Le gardien prend sa retraite,

nous lui offrons une montre.

C'est l'habitude ici.

Tu es d'accord ?

Oui. Je signe ici ?

Oui, ici.

Et puis...

j'ai achet� cet �norme g�teau

et comme je n'arrive pas � le terminer...

et que chez moi, il se passe...

des choses incompr�hensibles.

Les plantes...

je les arrose, mais elles d�p�rissent.

Les fruits pourrissent, et on dirait que...

le plafond s'affaisse. Tu ne veux pas venir jeter un oeil ?

Avant que le g�teau pourrisse aussi ?

Oui, sinon...

Ce soir, �a ira ?

Je ne t'ai pas demand� si tu aimais les g�teaux.

Oui, beaucoup.

C'est trop.

C'est bon.

Viens, je veux te montrer quelque chose.

Le p�re perd toujours. Il le fait expr�s ?

Les enfants iront bient�t dormir.

Tu les observes souvent ?

Tr�s souvent.

Quel dommage !

On rentre voir la t�l�vision ?

Tu habites ici, � pr�sent ?

Oui, chez mes parents.

J'ai longtemps v�cu ici.

Bon, j'y vais.

�a n'a pas �t�, je crois, une soir�e inoubliable. N'est-ce pas ?

Pourquoi dis-tu �a ?

Dis-le, je ne me vexerai pas.

Pas du tout. Ce fut une belle soir�e.

C'est vrai,

le programme du vendredi � la t�l� n'est pas mauvais.

Alors, on pourra se voir vendredi prochain.

D'accord ?

Dans cette voiture, il y a quelqu'un.

Quelqu'un qui nous surveille.

Je voulais te dire...

Tant pis. Je te le dirai une autre fois.

Assez ! Passez-moi le commissaire.

Il y a un t�l�phone l�-dedans. Je connais ces engins.

Quel commissaire ? Quel t�l�phone ?

Ou j'appelle la police !

Vous me suivez partout, que voulez-vous ?

- Je ne sais rien. - Bien s�r !

Vous �tes le professeur Apicella ?

Alors, je suis fich�, hein ? R�pondez.

Vous me surveillez ?

Vous voulez me rendre fou � me pers�cuter ainsi ?

Car c'est une v�ritable pers�cution.

Toujours � m'espionner, � vous cacher derri�re un arbre,

un pilier, un kiosque � journaux.

Et il va dire qu'il n'a pas de t�l�phone !

Il en a un sous le si�ge et il vous dit tout !

Pourquoi espionnez-vous une de vos coll�gues

en vous faisant passer pour un vendeur de livres,

en la surveillant dans un parc avec son mari.

D'abord, ce n'est pas son mari

et puis �a me regarde.

Il s'agit de ma vie priv�e. Non ?

Il s'agit de mon travail. Je ne suis pas un simple employ�.

Je dois fourrer mon nez partout.

Pas chez moi.

C'est tr�s simple...

le coupable peut �tre n'importe qui.

N'importe qui ?

Je passais dans le quartier...

et j'ai achet� la derni�re glace de la saison.

Je peux entrer ?

- Pourquoi es-tu venue ? - Je ne devais pas ?

Quels parfums y a-t-il ?

Fraise, citron, pralin� et cr�me.

- Pour qui ? - Pour toi.

Ils vont mal ensemble.

Je ne crois pas. Tu as essay� ?

Comment le sais-tu, alors ?

Pas besoin de go�ter pour savoir.

Si on sait pr�voir, on ne fait pas d'erreur.

Go�te, au lieu de parler.

Tes �l�ves sont fortiches ?

Un peu trop. Je ne corrige rien.

Je note quelques sottises, pour montrer que je les ai lus.

Tu aimes les math�matiques ?

J'aime la clart� et la logique.

Un nombre est positif ou n�gatif.

Je n'aime pas les demi-mesures.

Tu as bien dormi ?

Pas vraiment.

D�p�che-toi, il est tard.

- J'ai dormi � merveille. - Je sais.

Tu sais ? Tu as pass� la nuit � me regarder ?

Non, je me suis lev�...

j'avais � faire � la cuisine.

Tu ne manges pas ?

Je n'ai pas faim.

Hier, il s'est produit quelque chose de nouveau pour moi,

un changement qui me pr�occupe.

Dans une liaison, on ne peut pas �tre un simple observateur...

il faut s'impliquer.

Et puis, je ne suis pas habitu� au bonheur.

Tu te moques de moi ?

Tu joues ?

Je ne comprends pas...

si ce que tu dis est beau ou moche.

Ecoute, il vaut mieux qu'on ne sorte pas ensemble.

J'ai un voisin tr�s indiscret.

On se retrouve � l'arr�t du bus.

Non, je prends le bus, toi, vas-y autrement.

Qu'on ne nous voie pas arriver ensemble.

Pourquoi ?

Tu ne les connais pas, ils se feront des id�es...

ils penseront qu'on est ensemble.

- Il n'y a rien de mal. - Ah non, tu te trompes...

Je ne supporte pas le regard des autres.

Et puis on commencera � nous inviter ensemble,

un jour, un couple dira:

allons tous les quatre � la plage dimanche.

Et puis d'autres couples. Non, je ne veux pas de �a.

D'accord. Je sors dans cinq minutes.

La m�me chose pour le retour.

Je sors le premier, tu n'as pas la cl�.

Alors tu veux que je revienne ?

De la confiture de m�res ! Edo, viens.

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Edo.

Il a fait une tarte aux m�res extraordinaire. Cuite au...

Au soleil.

... au soleil. Et naturellement, il nous invite chez lui.

Venez tous les deux, aussi.

Qui �a, tous les deux ?

Vous et le professeur de fran�ais, non ?

Pourquoi "tous les deux" ?

Parce que vous �tes...

Nos nouvelles recrues !

Es-tu amoureux de moi ?

Je crois que oui.

Comment est-ce arriv� ?

Un jour, je t'ai vue � l'�cole...

Et alors ?

J'ai aim� ta d�marche.

Tu te moques de moi ?

Non, pas du tout.

Et d'apr�s toi...

je t'aime ?

Je ne sais pas.

Aujourd'hui, le directeur niait, pourquoi ?

Attends, r�ponds-moi:

je t'aime, moi ?

Pourquoi m'aimerais-tu ?

Vraiment, pourquoi ?

- Tu veux le savoir ? - Au point o� on en est, oui.

Tout d'abord, parce que...

tu poses des questions insistantes et d�plac�es,

� une femme, comme si c'�tait naturel.

Ce serait qui, cette femme ?

Et puis...

parce que tu es bon.

Moi ?

Oui, tu es un homme bon.

Tu parles !

Tu es folle ! Bon... moi !

Attends, approche-toi.

Je ne sais pas comment te dire...

- Tu ne me feras pas de mal. - Qu'en sais-tu ?

Je le sais.

Moi, par contre, je n'en sais rien.

Ignazio et Maria.

Tu avais raison. On ne peut pas se passer l'un de l'autre.

Francesco et Luisa l'ont compris.

Francesco et Luisa ? Ah, bien s�r... Qu'ont-ils compris ?

Allons, ne recommence pas.

On ne peut pas nier ce qui s'est pass�.

Non, bien s�r.

Et on ne peut pas les �carter d'un seul coup.

Qui �a ?

Francesco et Luisa.

Maria veut dire qu'eux aussi �taient impliqu�s.

On ne peut pas tout � coup leur dire au revoir et merci.

- Ce n'est pas possible. - Dommage.

Et puis ce sont des exp�riences enrichissantes.

On ne doit pas reculer. On ne peut pas.

On ne veut pas.

Que voulez-vous dire ?

Personne ne peut appartenir totalement � l'autre.

Qui a dit �a ? Ce n'est pas vrai.

On s'est remis ensemble, mais on continue � voir...

Francesco et Luisa.

Comment s'appelait-il ?

Celui avant Pioggia.

Alessandro.

Tu ne le vois plus depuis quand ?

Neuf... non, huit ans.

- Je ne te crois pas. - Huit ans, vraiment.

Jure-le.

Je le jure.

Et la premi�re fois qu'il t'a embrass�e ?

Je ne m'en souviens pas.

O� �tait-ce ?

Chez lui, je crois.

Chez lui.

Il avait m�me un chez-lui !

- Et quand vous... - Quelle importance, � pr�sent ?

C'est important ! Et celui que tu voyais si souvent ?

Je ne le voyais pas.

- Tu l'as oubli�, celui-l� ? - Il ne me plaisait pas.

Il ne te plaisait pas... Tu es vulgaire, et brutale !

Cette expression contient...

son contraire. On ne dit pas: "il ne me plaisait pas"

si on ne s'est pas demand�: "il me plaisait ?"

Alors, pourquoi le voyais-tu ?

Je ne le voyais pas. C'est lui qui m'espionnait.

- Il t'aimait ? - Oui, mais moi...

Oui, je sais que tu l'�vitais. Mais c'est pire !

Il pense encore � toi, que vous pourriez vous retrouver un jour.

Il y a un homme qui pense encore � toi, tu comprends ?

Je trace la tangente T contre la courbe R...

qui rejoint l'axe X au point om�ga...

Au point om�ga...

Je vais m'asseoir ?

Qui rejoint l'axe X au point om�ga...

Tu n'as pas piti� de moi ?

Vous n'avez pas gym aujourd'hui ?

Le prof n'est pas venu. On sort plus t�t.

Tous avec moi au stade.

Les b�tons !

M�me la 4e B.

Allez, par ici !

On descend. Un...

Derri�re.

On descend.

Connard ! Y en a marre !

Je vais te tuer !

Vous avez envoy� cinq �l�ves � l'infirmerie !

Moi aussi, j'�tais � l'infirmerie.

Pour les battre ! Vous �tes une brute !

J'aurais mis ma main sur le feu, pour vous.

Vous m'�coutez ?

Faites gaffe !

Faites gaffe.

Je suis le seul � prendre votre d�fense.

Vous vous teniez � l'�cart, vous battez vos �l�ves.

Il ne faut plus se voir.

Je suis imparfait, mais pas incoh�rent.

On ne doit plus se voir.

Mais pourquoi ?

Le bonheur est une chose s�rieuse. Il doit �tre absolu.

Que veux-tu dire ?

Il doit �tre sans ombre, sans peine. C'est difficile pour tous.

Pour moi, il est impossible. Je n'y suis pas habitu�.

Mais les choses changent, les gens, les situations...

Je ne comprends pas cette d�cision, il ne s'est rien pass�.

Tu m'aurais quitt�, t�t ou tard.

Je ne veux pas penser qu'un jour, sur la terrasse,

alors que tu vis avec moi...

tu t'approcheras et tu me diras " je dois te parler".

Tu me diras que c'�tait tr�s beau,

mais que c'est fini, tu ne m'aimes plus.

Qu'en sais-tu ?

Je le sais.

Pour ne pas souffrir plus tard,

tu romps sans raison.

Tu t'�riges en juge,

tu d�cides, tu accuses, tu condamnes.

Je me juge, je peux donc juger les autres.

Les autres ne sont pas un th�or�me.

Tu es fou.

Ceux qui acceptent tout ne sont-ils pas fous ?

Moi, je tranche: ceci est sain ou malade,

beau ou laid, bon ou mauvais.

Tu es vraiment fou.

Tant de souffrance, �a te para�t juste ? Pas � moi.

Je dois me d�fendre.

�a fait des heures qu'on tourne en rond.

Tu as parl� d'un restaurant, je ne le vois pas.

Les voici !

Qui cherches-tu comme un forcen� ?

Tous les quatre...

Ignazio, Maria, Francesco et Luisa.

Toi qui es un expert, quels sont les couples ?

Assez ! J'entre ! Il est 23 h 30,

j'ai faim et tu joues aux devinettes ?

La fille � gauche...

au corsage blanc...

avec qui est-elle ?

Avec qui lui pla�t. J'en ai rien � foutre !

J'y vais. Et toi ?

Je les salue de ta part ?

Je les salue de ta part ? O� vas-tu ? Au revoir.

Salut, les amis. Je vous d�range ?

Je passais avec un ami.

8, 5 et 13. �a porte bonheur.

Je m'appelle Siro Siri, bonsoir.

Vive les mari�s !

Pour f�ter l'�v�nement...

Quel �v�nement ?

Martina et moi nous nous marions dimanche.

F�licitations. Quand l'avez-vous d�cid� ?

�a fait un moment qu'on y pense.

Puis-je vous parler un instant ?

Police !

Je vois !

Deux de mes �l�ves se marient... alors... salut.

Il y a une petite f�te.

Vous devez nous suivre au commissariat.

Pour quel motif ?

Je ne sais pas. Ce sera rapide. Le commissaire vous attend.

Dites-lui que je serai l� vers 14 h.

Non, tout de suite, �a vaudra mieux.

Mais alors, c'est s�rieux. Un moment...

Allons-y.

Horrible, n'est-ce pas ?

Depuis quand les connaissiez-vous ?

- On �tait � l'�cole ensemble. - Qui a pu les tuer ?

- Je ne sais pas. - Pourquoi ont-ils �t� tu�s ?

Comment, avec quelle arme ?

C'est � vous de me le dire.

Un meurtre a lieu dans votre immeuble,

puis deux de vos amis sont tu�s.

Rendez-vous compte, vous �tes le seul

� avoir connu les trois victimes !

Mais j'aimais Ignazio et Maria.

Et Aurora, aussi.

C'est moi qui dois demander pourquoi vous m'accusez !

Je ne vous accuse pas, je constate.

- Je sais certaines choses. - Vous ne savez rien.

Et vous, que savez-vous ?

Vous nagez. Mais vous avez une id�e fixe.

Trouver un unique assassin, un fou.

Vous comparez les faits comme un enfant,

et il vous faut trouver quelqu'un et le coffrer.

Je veux coffrer quelqu'un

mais pas n'importe qui. Le vrai coupable.

Un non-violent, qui ne vole pas, qui ne laisse pas de traces,

qui se pr�sente comme un ami, mais n'est pas un ami.

C'est tout pour le moment.

Vous vouliez prendre le train ?

Pour aller o� ?

Je ne partais pas.

Que faisiez-vous l� ?

Je regardais les gens qui partent, se saluent, s'embrassent.

�a me pla�t.

Vous la connaissez ?

Pourquoi est-elle ici ?

C'est votre amie ?

Vous la voyez parfois ?

Oui, c'est une coll�gue.

Elle couche chez vous. C'est l'usage entre coll�gues ?

Laissez tomber. Pensez plut�t...

D'accord, vous �tes respectable. Je pensais pourtant...

Mille excuses.

Elle a d�clar�...

qu'elle a pass� la nuit chez vous... la nuit du crime.

Je me suis tromp�.

Vous avez pass� un moment au poste, �a arrive.

Pourquoi Siro est-il venu ?

C'est lui qui a pr�venu la jeune femme. C'est votre ami ?

Oui. Lui avez-vous dit pour Ignazio et Maria ?

Tous les journaux en parlent.

Il les connaissait ?

On les avait rencontr�s au restaurant.

Il a bavard� un peu avec eux.

Ah oui ? Siro Siri...

Bon, vous pouvez partir.

Envoyez-moi votre ami, quelques instants.

D�sol�, professeur.

Tu viens ?

Appelez la police ou je me tue.

Durant l'�t� 1972, je crois...

des femmes ont commenc� � porter des sabots blancs hollandais.

Revenaient-elles de Hollande ? J'en sais rien.

Deux ans plus tard, il n'y avait que des imitations

avec talons hauts et d'horribles boucles de m�tal.

Les plus beaux �taient les noirs, tout simples, un peu us�s.

Des filles aux longs cheveux blonds les portaient

avec des jeans serr�s et des chaussettes rouges.

A pr�sent, je les vois seulement

� la porte des �coles maternelles. Vous y allez parfois ?

Allez-y.

Il y a cette atmosph�re

et ces merveilleuses mamans italiennes

qui attendent la sortie.

Elles se sacrifient pour eux.

Puis, quand ils grandissent,

elles vont demander au ma�tre: mon fils se d�brouille bien ?

Elles viennent me voir !

Une heure que vous �tes ici, et vous ne m'avez rien dit.

Vous me parlez de chaussures, d'�coles,

de l'�t� 1972,

bient�t, vous me parlerez de votre g�n�ration.

N'ayez crainte, je ne la connais pas, ma g�n�ration.

Il y avait Ignazio, Maria et moi.

Nous habitions encore chez nos parents.

Une ann�e, il a neig�, une autre,

il a failli y avoir un coup d'Etat.

Un �t�, nous sommes tous partis au Portugal.

J'ai oubli� pourquoi.

Oui, pour voir un colonel

qui s'appelait Othelo de Carvalho. Qui �tait-ce ?

Ne me poussez pas � bout. Je n'arrive pas � y croire.

J'esp�re que vous avez voulu faire une farce � la police, ce matin.

Vous m'�coutez ?

Pourquoi le rideau est-il toujours tir� ?

Il y a trop de va-et-vient. �a me g�ne.

Moi, j'aime bien observer les gens

quand ils regardent les vitrines.

Le samedi, je m'amuse

sur les escaliers m�caniques des grands magasins.

Tant de gens qui se donnent du mal pour �tre modernes:

secr�taires, employ�s de banque, m�nag�res...

toujours m�pris�s � cause de leur vie monotone.

Mes �l�ves me disent:

plut�t mourir que travailler dans une banque !

Pourquoi cette haine envers ceux qui travaillent ?

Et ce m�pris pour les petites gens qui vont � la plage � Ostie...

Arr�tez, professeur. Dites-moi...

Vous voulez savoir comment �a s'est pass�.

Je veux tout savoir.

Excusez, commissaire, c'est pour le professeur.

- Qu'est-ce que c'est ? - Une profiterole.

Le glacier � c�t� est le meilleur de Rome.

Et vous �tes all� lui acheter un g�teau ?

Mais o� sommes-nous ?

Le professeur l'offre � tous les coll�gues.

Vous aussi.

Sortez imm�diatement.

Je le laisse l�.

Gare � vous...

si vous y touchez !

Dites-moi ce qui s'est pass�.

Par o� commencer, il y a tant � dire...

Il faut commencer par les chaussures.

Allons-y pour les chaussures... par o� vous voudrez.

Vous voyez les espadrilles sans lacets ?

On les voit partout,

mais il y a quelques ann�es, certaines filles les portaient

comme des pantoufles.

�a me d�plaisait, cette allure sale, d�braill�e

mais en m�me temps, �a m'excitait.

Je peux tirer le rideau ?

Allez-y, vous ne verrez que...

Voil�... � chaque chaussure sa d�marche

et chaque d�marche refl�te une conception du monde.

Vous voulez �tre � l'aise chez vous ?

Mettez ce qui vous pla�t, sauf des pantoufles.

Les femmes peuvent mettre des chaussures chinoises,

bien que �a me laisse froid.

Ces couleurs tranch�es: rouge-rouge,

bleu-bleu, noir-noir...

et cette d�coupe qui laisse appara�tre les orteils.

Tu veux me provoquer avec tes orteils ?

Et les chevilles...

Je ne vais pas mal...

Et voici les sandales bleues � trous

que je portais enfant en �t�.

Qui peut bien �tre la m�re ?

Quand j'ai vu vos chaussures, j'ai tout compris.

Vous avez souffert. Vous n'avez qu'une paire de chaussures

qui s'usent peu � peu, et perdent leur couleur.

Quand je les ai vues, j'ai pens�: je vais lui dire.

Quoi donc ?

Je suis celui que vous recherchez. C'est moi.

Pourquoi ? C'�tait vos amis. Que vous avaient-ils fait ?

Ils m'avaient d��u. Les amis vous d��oivent.

Pas les gens normaux.

J'aime les couples heureux.

Je les aide, je leur indique le chemin dans la rue.

Mais pas quand ils font des erreurs.

Ils se disent des mensonges

puis se s�parent,

et se remettent ensemble, mais c'est trop tard

car ils sont bless�s, m�chants,

et alors, je ne veux plus les voir.

Autrefois, c'�tait facile de juger, comme les chaussures.

Il n'y avait que quelques mod�les pr�cis,

y en avait pas d'autres.

A pr�sent, tout est confus, les styles s'entrem�lent,

les choses ne sont plus nettes.

Nous parlions de vos amis.

Les amis ne doivent pas agir ainsi.

Je ne donne pas facilement mon amiti�.

Quand je d�cide d'�tre ami, je choisis, et c'est pour la vie.

D�sol� de vous avoir d��u.

Quel est mon id�al ? Le Sacr� Coeur ?

Oui, les jeunes filles du Sacr� Coeur:

mocassins noirs, tout simples,

jupe pliss�e bleue et chemisier blanc.

Il faudra se revoir pour le proc�s verbal.

Vous viendrez me voir, quelquefois ?

Comme �a pour bavarder...

Car vous �tes trop seul. Vous viendrez ?

Bonne chance.

Merci.

Vous avez des enfants ?

- Deux. - Deux ?

C'est triste de mourir sans enfants.

Sous-titrage TITRA FILM Paris

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