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Alors ?
Que peut-on dire de cette ligne ?
Vous n'avez qu'à regarder,
observer, et me dire ce que vous voyez.
C'est tout.
Salut, Maria !
- Dolores. - J'ai fini mes cours.
On va boire quelque chose ?
Je ne peux pas.
Il y a une soirée au café et je dois y aller.
- Bonjour, Diana. - Maria.
- Amy n'est pas là ? - Elle est dans son appartement.
Merci. Bonne journée.
Alors, ta journée ?
Ces cours de remplacement...
Si seulement je pouvais faire cours dans un parc.
Faire quelque chose pour les réveiller un peu.
Je ne veux pas t'accabler, mais...
Oh, non !
Sur ton bureau.
C'est quoi, cette fois ?
Toujours pareil.
Ce que je fais de ma vie, quand je rentre en Allemagne, etc.
Pour mener une vie normale, comme ta sœur.
Elle va plus loin, cette fois.
Elle m'appelle "l'échec de sa vie".
C'est méchant.
Tu vas lui répondre quoi ?
Que je ne sais pas ce que je fais de ma vie.
C'est faux.
Le fascisme se répand en Europe
Ça fait peur, ce qui se passe en Europe.
J'ai préféré partir.
Tu veux rentrer enseigner les maths à Dresde ?
Bien sûr que non.
Sois douce avec toi-même.
Pas de vieux os ce soir.
Quoi ?
Une expression allemande : je ne veillerai pas tard.
Tu évites toujours les soirées.
Il y a souvent des gens ennuyeux.
Concentre-toi sur les sympas.
Ce sont les ennuyeux qui t'accaparent.
Ils te trouvent peut-être ennuyeuse.
Tu es tellement sauvage, parfois.
C'est ce que j'aime chez toi.
Tu es tellement mondaine, parfois.
C'est ce que j'aime chez toi.
Je voudrais dire quelques mots.
Merci de votre présence ce soir.
C'est un privilège de pouvoir nous réunir,
alors qu'une partie du monde plonge dans les ténèbres.
Mais ce soir, nous faisons la fête.
Ce 14 juillet,
bienvenue aux Français à l'occasion de leur fête nationale.
J'ai décoré l'endroit en votre honneur.
Je vous souhaite une belle soirée et...
Je te présente George Smalley et sa femme, Ruth.
Le nouveau correspondant du New York Times à Lima.
Enchantée, M. et Mme Smalley.
Appelez-moi Ruth. Ça fait du bien de parler enfin anglais.
Tout à fait.
Je vous laisse un instant.
Je reviens.
Je vous donne ma carte.
Mon numéro à New York, celui à Lima est au dos.
- Depuis quand êtes-vous à Lima ? - Trois ans.
Comment vous faites ?
Attention !
Posez ça ici.
Merci.
Tu vas me donner un coup de main ?
Tu vas aider ta grand-mère ?
Madame...
C'est l'heure. On peut partir ?
Bien sûr.
Pizarro !
Récit de la découverte et de la conquête des royaumes du Pérou
"Récit de la découverte..."
Entre Lima et Arequipa, le désert de Nazca
- Ce n'est pas un peu précipité ? - Absolument.
Comment tu vas y aller ?
Où sont nos affaires de camping ?
Sur l'armoire.
- Ça t'embête pas ? - Mais non.
Comment tu vas y aller ?
Des taxis collectifs partent du centre-ville vers le sud.
Ces taxis sont affreux.
On voyage avec des inconnus, les uns sur les autres.
C'est le seul moyen.
Et avec des bêtes aussi.
Une chèvre a failli mettre bas sur les genoux de quelqu'un.
On a vu pire.
Comme parler à un couple d'Américains à qui je n'ai rien à dire.
Et tes cours ?
Dolores s'en occupe.
Tu vas dormir où ?
J'ai une idée, je crois que je vais aller...
Tu vas être au milieu de nulle part, dans la cambrousse.
Ce n'est pas la cambrousse, c'est le désert.
Ah, encore mieux !
Il y a un téléphone, au moins ?
Il y en a un à Nazca, à une heure de route.
Je vais écrire à ta mère.
- Ne te gêne pas. - Je vais le faire.
Tu resteras combien de temps ?
Une semaine ou deux.
- Promets-moi d'appeler souvent. - Oui.
On devrait se dépêcher, il se fait tard.
- On peut aider ? - Je vais voir quel est le problème.
Ici. Passez-moi ça.
Bonjour.
On s'est vues, l'autre jour. J'étais avec un monsieur.
Je pourrais camper par ici, près de votre ferme ?
- On lui dit quoi ? Elle peut rester ? - Non.
Pourquoi ? C'est une femme toute seule.
Il pourrait arriver n'importe quoi.
Seulement quelques jours.
Il pourrait arriver quoi ? Laissez-la passer la nuit ici.
T'as peur qu'elle te pique ton mari ?
Le gringo sera avec vous ?
Il n'y a que moi, je suis seule.
Installez-vous là-bas.
Sous le huarango.
Regardez la gringa. Elle est toute rouge !
On dirait une tomate sur pattes.
Bonjour.
Dégoûtant !
- Amy. - Maria ?
Oui, c'est moi.
- Comment tu vas ? - Bien.
- Tu aurais dû appeler avant. - Je sais.
Désolée, je n'ai pas pu te joindre avant.
J'étais inquiète.
Je sais, mais je t'avais dit de ne pas t'inquiéter.
Tu rentres quand ?
Tu n'imagines pas ce que j'ai trouvé ici.
Écoute-moi, ta collègue Dolores a appelé.
Elle veut savoir quand tu rentres.
Je ne sais pas. Je ne peux pas rentrer tout de suite.
Comment ça ?
Dis-lui que je dois rester un peu plus.
Des balais !
Maria, tu es là ?
Tu m'entends ?
Oui, je suis là.
Dis-lui que tu n'as pas pu me joindre. Je dois te laisser.
- Rappelle-moi. - Oui. Je t'aime.
Monsieur.
- C'est combien, les balais ? - 50 centimes pièce.
Je vous en prends trois.
Merci. Bonne journée.
On est arrivés !
Puisque la montagne ne vient pas à nous...
Il n'y a que des collines, par ici.
Je suis ravie que tu sois venue.
Quelle belle surprise !
On doit partir tout de suite, on va à une fête à Cuzco.
Mais on revient dans trois jours.
Bon voyage.
Attention sur la route.
- Je suis tellement heureuse. - Moi aussi.
Viens, je te fais visiter.
Comment tu m'as retrouvée ?
On est passés chez D'Harcourt.
Je t'aurais retrouvée, de toute façon.
Tu es célèbre dans les parages.
C'est un peu rustique,
mais on s'y sent très bien, tu verras.
- Tu veux du thé ? - Volontiers.
Tu as trouvé tout ça dans le désert ?
Oui.
Qu'en penses-tu ?
J'adore.
- Tiens. - Merci.
- Je t'ai fait mal ? - Non.
Je croyais que je t'avais perdue.
- Des ragots au café ? - Non.
En fait, si.
George Smalley, le journaliste, et son horrible femme.
Ils sont rentrés à New York. Lima, c'était trop dur pour elle.
À nous, Amy.
À nous.
Un peu de luxe ne fait pas de mal.
C'est un peu tiède, mais ça fait l'affaire.
J'étais un peu fâchée contre toi.
C'est vrai ? Pourquoi ?
Tu devais t'absenter une semaine.
Ça fait des mois.
Je t'ai appelée.
Une fois.
Je suis désolée.
Tu as l'air si détendue, ici.
Si paisible.
Je ne t'avais jamais vue si sereine.
Je suis en phase avec moi-même, ici.
C'est étrange, c'est la première fois de ma vie
que je me sens à ma place.
Tu ne ressentais pas ça à Lima ?
Si, mais Lima, c'est différent.
Lima, c'est nous deux. Ici, c'est moi face à moi-même.
Tu comprends ?
Oui.
Ça t'embête que je te dise ça ?
Non.
Qu'est-ce que tu aimes tant ici ?
Le calme.
La chaleur, dans la journée.
L'air frais, la nuit.
Tu ne te sens jamais seule ?
Jamais.
Je me suis sentie seule au milieu de la foule, en ville,
mais ici,
jamais, pas une seule seconde.
- Ça va, je te tiens. - Tu es sûre ?
C'est magnifique.
C'est incroyable, non ?
Regarde avec ça.
Tu as vu les détails ?
La façon dont ils ont fait les arrondis, comme c'est précis.
Allons voir l'autre.
Attends !
Attends-moi.
Maintenant, va à l'intérieur de l'autre main, s'il te plaît.
Bien. Tu peux aller à la tête, s'il te plaît ?
- Ici ? - Non, vers la tête.
- Sur la tête. - Je ne la vois pas.
Avance de trois mètres. Oui.
C'est la tête, les pieds ou la queue ?
Tu peux aller vers les pieds ?
Maria, il y a beaucoup de vent.
On peut y aller, s'il te plaît ?
Je n'en peux plus, je rentre !
Non ! J'en ai assez !
Je suis fatiguée, j'ai soif et je meurs de chaud.
J'en ai marre !
Amy, s'il te plaît !
L'école a appelé, tu as été remplacée.
Tu n'as qu'à rester ici.
Reste avec ton singe à la noix ou je ne sais pas quoi encore !
Tu es toujours fâchée ?
Je ne suis pas fâchée, je suis épuisée.
Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Une vie entière ne suffirait pas à balayer tout le désert.
J'arrêterai avant, alors.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Dis-moi.
J'ai peur que tu t'égares.
Qu'on s'égare.
Non.
Ça va.
- Rentre vite. - Promis.
Allez, je vous le répète, il faut bien creuser.
Au boulot !
Restez pas plantés là !
Dépêchez-vous,
on n'a pas toute la journée.
Allez !
Travaillez, bon sang !
Arrêtez !
- Arrêtez ! - Madame, s'il vous plaît.
Espèce de folle ! T'es qui ?
Que faites-vous ?
Qu'est-ce que tu fous ici ? Dégage !
Vous détruisez une figure, monsieur !
- Quoi ? - Vous pouvez pas creuser ici.
- Ta gueule ! - Arrêtez !
L'écoutez pas, continuez.
Ce sont les terres de Montoya !
Partez, madame !
- Dégage, espèce de folle ! - Laissez-moi tranquille !
Du calme.
Elle est folle.
Bonjour.
Je veux voir M. Montoya.
- Vous êtes ? - Maria Reiche.
Une seconde, s'il vous plaît.
M. Montoya.
Hallo, Lady Nazca !
On se connaît ?
L'Allemande qui balaie le désert.
Je sais tout ce qui se passe dans mon désert.
Sauf changement de dernière minute,
le désert ne vous appartient pas.
Non, bien sûr.
Il appartient à l'État péruvien.
Oui.
Les Européens, vous êtes tellement naïfs !
Détrompez-vous, mademoiselle,
ce désert est à moi.
Mais je suis ravi qu'une créature si charmante l'embellisse.
Vous savez quand le Pérou est devenu indépendant ?
En 1821.
Très bien, c'est ça, 1821.
Et à qui appartenait le désert avant ça ?
Cette baignoire, par exemple, elle appartenait à qui, d'après vous ?
À Francisco Pizarro.
Vous le connaissez ?
Où qu'il aille, ses hommes transportaient 200 kilos de roche.
Son nom doit être gravé dessus.
À quoi dois-je l'honneur de cette agréable visite ?
J'ai trouvé des figures dans le désert,
dessinées par la civilisation Nazca il y a 1 500 ans.
Et alors ?
Vos hommes en ont déjà détruit une. Elle a disparu.
À tout jamais.
Vos plantations les détruiront l'une après l'autre.
Vous êtes une légende.
Quand mes petits-enfants font des bêtises,
je leur dis : "Ça suffit !
Si vous continuez, vous irez balayer le désert avec la folle de Nazca".
Maria ?
- Maria, tu es rentrée ? - Oui.
Que se passe-t-il ?
Rien.
Il me faut la carte du journaliste du New York Times, George Smalley.
Pour quoi faire ?
Il me faut cette carte.
Il est tard. Qu'est-ce que tu fais ?
Je sais que je l'avais mise ici.
Où elle est passée ?
Tu as fouillé dans mes affaires ?
Non, je n'ai pas fouillé dans tes affaires.
La femme de ménage a dû la ranger.
J'ai horreur qu'on touche à mes affaires, tu le sais.
Pourquoi tu l'as laissée... ?
La voilà !
Il est rentré à New York, tu sais ?
C'est le seul qui puisse m'aider.
Peux-tu me dire ce qui se passe ? On est en pleine nuit.
Ils vont détruire les figures pour faire des champs de coton.
C'est un désastre.
Mais tu ne peux rien faire à 2 h du matin.
S'il te plaît...
S'il te plaît, va-t'en.
S'il te plaît, laisse-moi tranquille !
Va-t'en !
J'en ai assez. Tu débarques en pleine nuit, tu me réveilles...
Tu n'habites même plus ici.
Prends tes affaires et va-t'en !
T'es aussi sèche que ton foutu désert !
Qui a fait ça ?
Les hommes de Montoya.
Pourquoi tes ancêtres ont dessiné tout ça, d'après toi ?
Je ne sais pas.
Quand les Espagnols sont arrivés,
ils nous ont forcés à croire en leurs dieux.
Ils nous ont éloignés de nos racines.
Ils ont tout détruit, ils n'ont rien laissé.
Nous avons perdu trop de connaissances.
C'est comme si maintenant, il y avait un grand vide entre nous
et nos ancêtres.
M. Smalley, veuillez trouver ci-joint des cartes et des photos...
M. Bocanegra, vous devez comprendre le besoin de préserver le passé...
Député Alejandro Bocanegra
Monsieur le président...
Deux, trois, quatre.
Quatre.
Sept, douze.
Trente-et-un...
trente-deux...
La tête. Un, deux...
Le bras mesure 1,70.
D'ici à ici.
Ça ne va pas !
Ce n'est pas possible de ce côté. Pourquoi ?
Cher M. Smalley, avez-vous reçu ma dernière lettre ?
Cher M. Smalley, c'est encore Maria...
Reviens, Maria. Reviens.
Reviens, Maria.
Où es-tu allée ?
On va utiliser l'œuf.
Maria, pourquoi as-tu peur ?
Où es-tu allée, ma petite ?
Elle a peur.
L'œuf le confirme.
La Terre l'a emportée.
Si tu pars, les figures seront détruites.
Tout comme ton âme.
Elles vont être détruites, de toute façon.
Promets de rester jusqu'à la fête du Soleil.
Le jour le plus important pour nous.
C'est quand ?
Le 21 juin.
Le jour du solstice.
Tu vas où ?
Il faut que je voie quelque chose.
Ce calendrier pourrait donc prédire
les cycles lunaires, solaires et le mouvement des étoiles ?
Absolument.
Et certainement aussi les éclipses et d'autres phénomènes astronomiques.
Alejandro,
j'ai besoin de ton avis et de ton aide.
Comment pouvons-nous arrêter ce projet qui va tout détruire ?
- Écoute, Montoya est un homme puissant. - Je sais.
Il y a peu de solutions.
- En fait, il n'y en a qu'une. - Le Congrès ?
C'est ça, le Congrès.
Tu pourrais le faire pour moi ?
Je pourrais proposer à mon parti
de soumettre une motion de censure au Congrès.
C'est...
C'est quand, la prochaine séance du Congrès ?
Dans trois semaines.
Trois semaines.
On aurait trois semaines pour convaincre la majorité.
Ce serait génial.
C'est un service que je te demande.
Laisse-moi y réfléchir.
M. Smalley ?
C'est Maria. De Nazca, au Pérou.
Maria ! Comment allez-vous ?
Écoutez,
le Congrès péruvien va voter la vie ou la mort des lignes de Nazca.
Le Congrès ?
Mlle Maria Reiche, c'est à vous.
Le calendrier astronomique de Nazca en danger
M. le président,
les partisans du projet d'irrigation
prétendent que ces lignes sont de simples
traces de superstitions primitives.
Or il s'agit d'un réseau complexe.
Une véritable œuvre d'art.
C'est le témoignage d'une civilisation fascinante.
De sa façon de penser.
De sa culture.
Monsieur le président, messieurs les députés,
les habitants du Pérou ancestral
ont été coupés de leur passé pendant 500 ans.
Aujourd'hui, ce vestige de leur histoire peut être sauvé.
Et ce n'est pas qu'un vestige de la culture péruvienne.
C'est une œuvre unique qui appartient à l'histoire de l'humanité.
Une œuvre
qui questionnera le monde pendant des générations.
Monsieur le président,
messieurs les députés,
nous devons non seulement sauver cette œuvre,
mais aussi en prendre soin.
Tout comme nous devons prendre soin de notre propre monde.
Comme nous devons prendre soin de notre monde.
Nous allons procéder au vote.
Ceux qui sont pour le projet d'irrigation, levez la main.
Monsieur l'huissier, veuillez compter.
Ceux qui sont pour la préservation des lignes de Nazca, levez la main.
Monsieur l'huissier, je vous laisse compter.
Maintenant,
le comptage officiel.
49 voix pour le projet d'irrigation.
55 voix pour la préservation des lignes de Nazca.
7 abstentions.
Par conséquent,
nous ordonnons l'arrêt immédiat des travaux en cours.
Désormais, les lignes de Nazca
deviennent un site archéologique protégé.
Croix du Sud
Adaptation : Nelson Calderón
Sous-titrage : TELOS Adaptation
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