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Remettez ceci � votre attach� militaire.
- Par ici. - Merci.
Le major d�sire voir l'attach�.
L'attach� militaire va vous recevoir.
Colonel Von Schwarzkoppen ?
Oui, major.
Ferdinand Esterhazy,
74e R�giment d'Infanterie, bas� � Rouen.
Asseyez-vous.
Merci.
- Je vous en prie. - Merci.
Oui, major ?
J'ai des informations... � vendre.
Quel genre ?
Militaires. Des secrets militaires fran�ais.
Mais vous �tes un officier fran�ais.
J'ai aussi des dettes. Ma femme est malade.
Disons que mes affaires ne sont pas au beau fixe.
C'est le suicide ou notre affaire.
Et je pr�f�re vivre.
Mon gouvernement ne tient pas � corrompre un officier fran�ais.
Mais supposons... que l'officier soit d�j� corrompu.
Bonne journ�e.
Voici une liste des documents � vendre.
Le nouveau manuel d'artillerie.
Le sch�ma du frein hydraulique sur le canon de 120 mm.
Et les plans de d�fense...
des forts de la Meuse.
J'esp�re aussi �tre transf�r� � l'�tat-major.
Aux renseignements. Vous me suivez ?
On peut me joindre � cette adresse.
Colonel,
j'aspire � une association heureuse et profitable.
Esterhazy.
Capitaine,
appelez-moi Berlin.
Le colonel M�ller.
3e BUREAU MANOEUVRES
Tout �tait pr�t. On venait d'apporter le vin
et sa m�re est arriv�e.
Si elles ont mang� ? Comme deux ogres.
Bonjour.
Bonjour.
�a va aujourd'hui ?
J'ai du mal � ouvrir les yeux.
Bonjour, Dreyfus.
Bonjour, capitaine Brossard.
Sur quoi avez-vous pass� la soir�e ?
Sur les plans de manoeuvres.
Attention, Dreyfus.
Pas trop de z�le.
Vous allez devenir g�n�ral ?
G�n�ral ? Ou mar�chal de France ?
Entrez.
- Major Picquart. - Entrez, Dreyfus.
J'ai fini le rapport.
D�j� ? Vous avez travaill� toute la nuit ?
Beau travail.
- En si peu de temps. - Merci, major.
Comment �a va sinon ?
Bien, je crois.
Je fais de mon mieux.
- Je sais. C'est p�nible. - Pas vraiment.
Mais j'esp�re que �a ne fera bient�t plus de diff�rence.
Que je sois juif.
L'arm�e d�teste le changement.
Et c'est nouveau d'avoir un officier juif dans l'�tat-major.
Mais je suis heureux de vous avoir.
Merci, major.
- Major Picquart. - Major Henry ?
Tous vos officiers au rapport dans la salle des cartes.
D'urgence. Ordre du ministre.
Tr�s bien.
Je me demande ce qui se passe.
Pr�venez vos coll�gues et on y va.
Oui, major.
Votre attention, messieurs.
Le g�n�ral Mercier, ministre de la Guerre, veut parler aux officiers.
Repos.
Le colonel Sandherr du contre-espionnage
veut s'adresser � vous en ma pr�sence.
Le plan de d�fense des forts de la Meuse a disparu.
Depuis l'�t� dernier,
plusieurs documents ont disparu.
On craint que des informations vitales pour notre pays
soient aux mains des Allemands.
Une enqu�te secr�te nous a r�v�l�
que l'espion est parmi nous.
Un officier de l'�tat-major.
Si vous avez une raison, soit-elle anodine,
de suspecter un coll�gue officier,
dites-le-moi.
Vous �tes consign�s. Aucune permission ne sera accord�e.
A l'appel dans 24 h.
Rompez.
Pardon, je cherche le major Henry.
J'ai vu la lumi�re, je me suis permis d'entrer.
Bien s�r. Il doit �tre avec le colonel Sandherr.
- Je peux vous le trouver. - C'est gentil. Merci, Dreyfus.
Vous devez �tre tr�s occup� avec le d�but des manoeuvres.
Oui.
Vous �tes l� depuis longtemps ?
Non, pas vraiment.
- Apr�s vous. - Merci.
Esterhazy !
Henry.
- Tu es en retard. - Non, j'ai fouill� tout le b�timent.
�a fait un bail.
Trois mois � Rouen, �a m'a paru une �ternit�.
- Bonne nuit, messieurs. - Entrez, Dreyfus.
Venez go�ter le brandy du contre-espionnage. Il passe bien.
Je t'en prie, transf�re-moi � Paris sinon je vais mourir.
Dreyfus, ce vieil ami
est l'officier le plus d�bauch� de toute l'arm�e.
Ses dettes sont �normes, sa femme, �plor�e...
Ses amis, trop francs.
Mais on ne s'ennuie pas avec lui.
- Marguerite donne un souper. - D�sol�, je ne peux pas.
Je croyais qu'on allait jouer aux cartes.
Pas ce soir.
On comptait sur toi.
J'ai du travail. Sant�.
- Et vous, capitaine ? - D�sol�, je suis mari�.
Je veux dire qu'on m'attend chez moi.
Mon fr�re vient d'arriver � Paris. Il est en voyage d'affaires.
Je comprends.
- Sur quoi bosses-tu si tard ? - L'espion.
Sale histoire. C'est un officier.
Un officier ? Un espion ?
Je le crains.
- Vous savez qui c'est ? - Non, mais on br�le.
Un agent � l'ambassade allemande a capt� une lettre
avec l'�criture de l'espion.
Repos.
Henry, passez-moi la liste des officiers.
Colonel, voici le major Comte Ferdinand Esterhazy.
Dreyfus, vous connaissez.
Dreyfus, je connais.
Esterhazy. Hongrois ?
De naissance, mais je suis fran�ais.
On ne compte plus les officiers
qui viennent d'ailleurs.
Eh bien... Merci pour le brandy.
Quand vous voulez.
Ton colonel n'est pas tr�s agr�able.
T'occupe pas de Sandherr.
C'est un maniaque de la s�curit�. Il d�teste tous les �trangers.
C'est un malade.
Dreyfus est �tranger ?
Non, il est juif. C'est assez �tranger pour Sandherr.
- Un Juif � l'�tat-major ? - C'est le premier.
Sandherr y �tait oppos�, mais il a �t� re�u.
�a finit bien.
- On a une nuit charg�e, d�sol�. - C'est rien.
Tant pis pour ce soir.
- Et demain ? - Parfait, on se voit demain.
Henry... N'oublie pas mon transfert.
Je ferai au mieux.
- Oui, monsieur ? - Regardez � "D".
- Pardon ? - Les noms qui commencent par "D".
La lettre "D". Nous tenons presque l'espion.
- Comment ? - Regardez.
Un message allemand � l'attach� italien intercept� il y a une heure.
"D�sol� de vous avoir manqu�. A la semaine prochaine."
"Ci-joint, 12 plans de Nice que l'escroc "D"
"m'a donn�s pour vous." L'escroc "D" ?
C'est notre homme. Il est dans l'�tat-major.
Il est ou a �t� dans l'artillerie.
Cette lettre provient de l'ambassade allemande
et on sait que son nom commence par "D".
Darlan, non.
Derlain, je crois pas.
Dolbert, je connais pas.
Un bon �l�ment. Dans la cavalerie.
Dreyfus.
Dreyfus.
O� �tait-il avant ?
Excusez-moi.
Artillerie.
Artillerie. �a colle, �a colle.
C'est l'�criture de l'espion. Comparez-la � celle de Dreyfus.
Si c'est la m�me, c'est lui.
J'appelle le major Du Paty, l'expert en �criture.
Faites-le tout de suite.
- N'en parlez pas. - Bien.
Pierre, attention. Tu as failli casser le miroir.
- Sept ans de malheur. - Pourquoi ?
Bonjour, ch�ri.
Parce que c'est comme �a.
- Parce ce que tu ne te verras plus. - Sept ans sans miroir, �a me pla�t.
- Content de te revoir, Alfred. - Mathieu, on a pris du poids ?
Un vrai homme d'affaires.
Lucie.
Comment va le g�n�ral Dreyfus ?
- J'ai arr�t� le Kaiser. - Ah oui ?
- Ravitaillement intact ? - Oui, capitaine.
Communications �tablies ?
R�serves op�rationnelles ?
C'est bien, g�n�ral.
Ne l'excite pas. Il est presque 19 h 30.
C'est l'heure d'aller au lit.
- Tu l'as d�j� entra�n�. - Bien s�r, c'est un futur soldat.
- Comme Napol�on. - Oh non.
- Pourquoi ? - D'abord...
il �tait trop petit
et bien trop gros.
Comme moi.
On est des soldats et il est jaloux.
- Napol�on �tait petit comme moi ? - Bien plus petit.
G�n�ral, au lit.
Dis bonsoir � Oncle Mathieu.
- Bonsoir, Pierre. - Bonne nuit, fiston.
Viens.
Et Claire n'est pas venue au mariage.
Ils me manquent.
- Rentrez � la maison. - Impossible.
Je sais, l'arm�e.
Si tu ne viens pas � la maison, c'est elle qui vient � toi.
- J'ai des surprises pour toi ? - Surprises ?
Je vais te montrer.
J'ai des cadeaux de la famille.
Alfred, c'est pour toi.
C'est une tente.
Tante Miriam voulait t'offrir ceci.
Merci.
C'est le b�b�.
Essaie de la rendormir.
Que lui as-tu fait ?
A Alfred ?
Rien. Pourquoi ?
Il est plut�t humain.
Il l'a toujours �t� pour moi.
Tu vois ce que je veux dire.
Il est toujours si s�rieux, si absorb� par l'arm�e.
Au moins, il rit. Il est heureux.
Il a ce qu'il veut, je pr�sume. Il est dans l'�tat-major.
Et il t'a toi.
Regardez.
- Je ne pourrai plus la rendormir. - Regarde.
- Adorable. - C'est tout Lucie.
Une future Jeanne d'Arc � la t�te d'une arm�e.
Non, �a suffit.
Au lit.
- J'y vais aussi. Bonsoir. - Bonsoir.
- Bonsoir, Lucie. - Je monte tout de suite.
J'avoue que je t'envie.
Lucie, les enfants.
Tout sauf...
J'esp�rais qu'un jour, on serait r�unis.
Les fr�res Dreyfus travaillant ensemble.
Je suis heureux, ici. Tu n'as pas besoin de moi.
Pas besoin. Envie.
Tu trouves �a �trange, mais je pr�f�re �tre capitaine
que le pr�sident de la France.
- Major. - Bonjour, capitaine.
C'�tait Dreyfus.
Major Du Paty, Major Picquart.
Bonjour.
- Vous connaissez le major Picquart. - Un vieil ami.
- Bonjour, Henry. - Bonjour.
Alors, c'est son �criture ?
Eh bien...
Selon la th�orie de Bertillon,
sans oublier la mienne,
il y a une nette similitude.
Surtout dans la formation des lettres
"A" et "N".
Je traque un espion, pas un artiste. C'est son �criture ?
L'�criture de qui ?
Oui, �a l'est.
Nous avons d�masqu� l'espion de l'�tat-major, major Picquart.
Votre recrue, Dreyfus.
- Dreyfus ? - Oui.
Je vous ai appel�
car vous �tes son sup�rieur et vous �tes responsable
de sa nomination dans l'�tat-major.
Je n'y crois pas.
Approchez.
R�cemment, notre agent a trouv� ceci
dans le bureau de Von Schwarzkoppen,
l'attach� allemand. Tenez.
- Des documents militaires. - Vol�s � l'�tat-major.
Je les reconnais.
Hier, on a intercept� ceci entre Schwarzkoppen et l'Italie.
"Ci-joint, 12 plans de Nice que l'escroc...
L'escroc "D" ?
J'ai donn� la liste � Du Paty
avec un document �crit de la main de Dreyfus.
�a ne fait aucun doute, les deux sont de la main de Dreyfus.
J'admets que c'est troublant.
La s�curit� du pays exige une action rapide.
Bien s�r.
Mais je ne crois pas que Dreyfus soit un agent ennemi.
- Pourquoi ? - L'argent.
Il n'a pas besoin d'argent.
Souvenez-vous.
Je ne voulais pas de lui dans l'�tat-major.
On m'est pass� au-dessus.
Vous qui connaissez le mieux Dreyfus,
pouvez-vous nous �clairer ?
J'ai toujours du mal � y croire.
Tr�s bien.
N'en parlez � personne. On ne veut pas de publicit�.
Major Du Paty, appelez Dreyfus. Interrogez-le.
- Faites-le parler. - Oui, colonel.
Il sera enferm� jusqu'� la cour martiale. Ce sera tout.
Entrez, capitaine. Je suis le major Du Paty de Clam.
Vous vouliez me voir.
Simple routine.
Asseyez-vous.
J'aimerais que vous m'�criviez quelques mots.
Vous aimez �crire, non ?
- Oui. - Bien.
Je me suis bless� la main et j'aimerais vous dicter un message.
Bien s�r.
La plume et l'encre sont l�.
Pr�t, major.
Ecrivez comme suit :
"Rien n'indique que vous souhaitez me revoir.
- "Toutefois, je vous envoie... - Pardon. Un peu moins vite.
Pourquoi ? Vous avez oubli� ?
- Oubli� quoi ? - Peu importe.
"...souhaitez me revoir." Oui ?
"Toutefois, je vous envoie quelques informations int�ressantes.
"Num�ro 1, une note
"sur le frein hydraulique du canon de 120 mm."
Votre main tremble.
Il doit faire froid.
Froid ?
Vous avez froid, messieurs ?
Non. Moi non plus.
Vous devez �tre fragile.
Pourquoi suis-je ici ? Qu'est-ce que �a signifie ?
Identiques.
Allez-vous m'expliquer...
Alfred Dreyfus, au nom de la loi, je vous arr�te.
- Je vous accuse de haute trahison. - Trahison ?
Vous...
Ce doit �tre un test.
Vous pouvez avouer.
Avouer quoi ? Qu'ai-je fait ?
La preuve est accablante.
Je crains, Dreyfus,
qu'il n'y ait pas d'autre solution.
C'est la moindre des choses
pour l'uniforme que vous salissez.
Je n'ai commis aucun crime.
Emmenez-le.
Asseyez-vous.
- Alfred m'a souvent parl� de vous. - En bien, j'esp�re.
Et comment.
Chargez !
- G�n�ral Dreyfus, au rapport. - Continuez, g�n�ral.
Je suis pas g�n�ral, mais mon p�re est capitaine.
Ch�ri, ils connaissent papa. Va jouer.
- Je chasse le Kaiser. - Oui, va jouer.
Et fais moins de bruit.
Alfred n'est pas rentr�. Il est au minist�re.
On le sait.
- Que voulez-vous ? - On chasse aussi le Kaiser.
Il veut dire que nous avons un mandat de perquisition.
Ici ?
Allons voir.
O� est Alfred ?
Que cherchez-vous ?
Comment avez-vous les cl�s ?
- Il vous les a donn�es. - Il a �t� tr�s coop�ratif.
Et vous allez l'�tre aussi.
Vous voulez bien nous excuser.
Ne me touchez pas !
Attendez...
Alfred.
Laissez-moi le voir.
- Laissez-moi lui parler. - C'est impossible.
Au moins son avocat.
Non.
Pas avant que la date du proc�s soit fix�e.
Peut-on au moins savoir ce qu'il a fait ?
Il le sait. Nous le savons.
�a suffit.
Colonel Sandherr...
Qu'est-ce qui nous retient d'avertir la presse ?
Votre propre bon sens.
En cas de trahison, l'opinion est souvent violente.
Surtout si le tra�tre est...
comme votre fr�re.
Je vous conseille, pour aider votre mari,
de ne rien dire avant que la date et le lieu du proc�s soient fix�s.
Viens, Lucie.
Nous avons deux enfants.
D�sol�.
On se reverra, colonel.
On a rien trouv� de compromettant chez Dreyfus.
Il est malin.
Mais notre seule preuve est une lettre non sign�e.
- Et son �criture. - Elles ne sont pas identiques.
Il l'a d�guis�e. C'est naturel.
Je suis s�r que Dreyfus est coupable.
Le ministre aussi. Sa culpabilit� est �vidente.
Si vous n'y croyez pas, dites-le.
Je le crois coupable.
Mais a-t-on assez d'�l�ments � pr�senter devant la cour martiale ?
On trouvera des preuves.
On a une semaine devant nous. Interrogez-le.
Bien, monsieur.
Bonjour, Henry.
- �a va ? - Je suis tr�s occup�.
- J'arrive de Paris, ce matin. - Bien.
Quoi de neuf ?
- Du neuf ? - Pour mon transfert.
J'ai pas eu l'occasion d'en parler.
Capitaine Lauth, le dossier sur l'ambassade italienne.
Bien, monsieur.
On a trouv� l'espion.
Qui est-ce ?
Dreyfus. Le gars que tu as crois�, ici.
Dreyfus.
Notre agent a intercept� une lettre de Dreyfus
adress�e � l'attach�.
Une liste de documents secrets.
Soudain, mes probl�mes semblent d�risoires.
Je ferais mieux de repasser demain matin
quand tu seras moins occup�.
N'en parle � personne.
Bien s�r que non.
J'ai une info originale.
Un espion � l'ambassade allemande.
Ils ont intercept� un message que je vous ai envoy�.
Ils l'ont au minist�re.
- On vous suspecte ? - Non.
Ils ont arr�t� un officier nomm� Dreyfus.
- Dreyfus ? - Alfred Dreyfus.
C'est un de vos agents ?
Non.
Tant qu'ils pensent qu'il est l'espion,
je peux travailler en s�curit�.
- Et s'ils le jugent innocent ? - �a n'arrivera pas.
Je vais cr�er une petite diversion.
Un scandale.
Soulever l'opinion publique.
Laissez-moi faire.
Votre argent est � l'endroit habituel.
M. Drumont, certains me trouveraient d�loyal.
Me rendre ainsi chez un r�dacteur comme vous.
Pas d�loyal, major. Patriote.
Merci.
- Je vous en prie. - Merci.
- Cet officier est d�j� en prison ? - Oui.
Et vous �tes s�r qu'il n'est pas un agent allemand ?
C'est impossible.
Pourquoi l'arm�e ne le juge-t-il pas ?
Il a des amis puissants.
Le g�n�ral Mercier pense que �a d�teindra sur lui
si un de ses plus placides officiers,
son animal de compagnie,
se retrouve accus� de trahison.
Quel est son nom ?
Dreyfus. Alfred Dreyfus.
Allemand ?
Alsacien. Une famille juive.
Juive ?
Je ne sais comment vous d�dommager.
Je vous en prie.
"Et le capitaine Alfred Dreyfus
"est accus� d'avoir vendu des informations
-"� un gouvernement �tranger." - Et une attaque contre les Juifs.
L'arm�e a besoin d'un bouc �missaire. Votre fr�re est parfait.
Mme Dreyfus,
je vous ai dit que je d�fendrais votre mari
si je le croyais innocent.
C'est le cas.
Apr�s avoir parl� au colonel Sandherr, j'en suis s�r.
Merci beaucoup.
M. Demange,
pourrais-je voir Alfred ?
Juste lui parler.
Je vois le ministre, cet apr�s-midi. Je demanderai.
Il doit me laisser voir Alfred. C'est trop cruel.
Ce n'est s�rement pas leur intention.
Bient�t, ils admettront leur erreur et ils le rel�cheront.
Merci infiniment.
Mme Dreyfus.
Marie ?
Vous voulez bien payer ma semaine ? Je rentre.
Un probl�me ?
J'ai lu le journal. Je sais ce que le capitaine a fait.
Marie.
Vous le connaissez. Vous savez que c'est faux.
Je sais ce que je lis. Je rentre.
Partez imm�diatement.
Ne dites rien aux enfants. Compris ?
Ils sauront bien assez t�t.
Le g�n�ral ne peut pas vous recevoir.
- Ecrivez-lui. - Quand me recevra-t-il ?
La semaine prochaine. Il est tr�s occup�.
Ecrivez-lui une lettre.
De quoi j'ai l'air ?
De quoi l'arm�e a l'air ?
Un de mes officiers est un espion allemand.
Et qui a pr�venu la presse ? Qui leur a dit ?
C'�tait in�vitable.
Bien s�r, colonel Sandherr, avec votre s�curit� infaillible,
la presse saura tout de nous.
- L'ambassade allemande aussi. - Je veux �tre relev� de mon poste.
Ne me tentez pas.
O� en est-on ?
La cour martiale se r�unira lundi prochain.
- Et le dossier ? - En b�ton.
Bien.
Pardon, colonel, mais je ne pense pas.
Vraiment ? Pourquoi ?
La preuve contre Dreyfus est une simple lettre
- et l'�criture... - Quoi ?
Vous vous d�filez pour avoir amen� un espion � l'�tat-major.
Je ne suis pas son ami,
mais si on n'arrive pas � l'inculper,
nous serons la ris�e du public.
Exact.
J'esp�re que vous r�alisez
que l'honneur de l'arm�e et la s�curit� de l'Etat sont en jeu.
Nous aurons le verdict qui vous pla�t.
Il sera coupable.
Tr�s bien.
Vous insisterez pour un huis clos. Je ne veux pas de la presse.
A votre guise.
Du Paty...
Vous serez notre principal t�moin.
�tes-vous absolument certain que Dreyfus a �crit cette lettre ?
Oui, g�n�ral.
Selon la th�orie de Bertillon sur l'�criture,
et ma propre th�orie,
la fameuse boucle en spirale,
oppos�e � la pointe angulaire,
indique sans l'ombre d'un doute
que la lettre a �t� �crite par le capitaine Dreyfus.
Et comment le capitaine Dreyfus a-t-il r�agi en copiant la lettre ?
R�agi ?
Il a r�agi en coupable.
Il a trembl�.
Son �criture ressemblait � celle de la lettre ?
En effet.
Bien qu'il ait tent� naturellement de la masquer.
Merci.
M. Demange, le t�moin est � vous.
Vous pr�tendez que le capitaine Dreyfus s'est trahi
- en copiant cette lettre. - Non, je l'affirme.
Bien s�r, major.
Sous serment, vous jurez
que le capitaine Dreyfus a r�agi en coupable.
C'est exact.
Comment r�agit un coupable ?
J'ai affirm� sous serment
que Dreyfus avait r�agi en coupable.
Je n'ai rien � ajouter.
Il passait des heures � �tudier les rapports,
feignant de travailler sur les manoeuvres.
Il travaillait tard.
Il partait du bureau le dernier.
Maintenant on sait pourquoi.
Nous �tions � l'�cole de guerre.
Il �tait tr�s r�serv�.
Toujours hostile envers nous.
Il avait de l'argent, mais on ignorait d'o� il venait.
C'�tait le genre d'homme qui voulait tout apprendre.
Bien s�r.
Un espion veut tout savoir.
Le major Henry de la section des statistiques souhaite t�moigner.
Major Henry.
Jurez-vous de dire la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?
Je le jure.
Major Henry, nous vous �coutons.
La cour doit savoir qu'en mars et en juillet dernier,
un citoyen intouchable m'a contact�
pour m'avertir de la pr�sence d'un espion � l'�tat-major.
A-t-il donn� son nom ?
Oui.
Quel �tait son nom ?
Alfred Dreyfus !
Menteur. Vous mentez !
Qui l'accusait ?
Je ne peux le dire.
Je demande que le t�moignage du major Henry soit supprim�
pour ne pas vouloir citer ses sources.
Le major Henry est dans son droit.
D'autres int�r�ts sont en jeu.
Vous ne devez pas nommer l'accusateur
si vous jurez sur votre honneur d'officier
que cette personne a d�sign� Dreyfus comme le tra�tre.
Je le jure.
J'appelle le capitaine Dreyfus.
Jurez-vous de dire la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?
Je le jure.
Capitaine Dreyfus,
avez-vous �crit cette lettre ?
Non, monsieur.
Vos coll�gues officiers nous ont confi�
que vous travailliez souvent tard au minist�re.
Pourquoi ?
Le devoir m'appelle.
Une activit� louable qu'on a jug�e coupable.
Objection, l'interpr�tation d�teint sur la nature de l'arm�e.
Retenue.
On vous disait aussi indiff�rent, voire hostile envers vos confr�res.
- Le saviez-vous ? - Non, monsieur.
Mais je savais...
Vous saviez quoi ?
Je savais bien que...
je n'�tais pas tout � fait accept�.
�a vous a rendu m�fiant ?
Oui, je voulais �tre aimable.
J'ai essay�.
Donc, je pr�sume que votre famille est allemande.
- Non, fran�aise. - O� �tes-vous n� ?
- A Mulhouse. - O� est-ce ?
- En Alsace-Lorraine. - �a fait partie de l'Allemagne.
- Pas � ma naissance. - Mais �a l'est, aujourd'hui.
Oui, monsieur.
En fait, l'Alsace fait partie de l'Allemagne depuis 1870.
Ma famille est partie en France quand j'�tais petit.
Vous venez d'une r�gion
qui fait partie de l'Allemagne depuis presque toute votre vie.
Pourquoi avoir choisi l'arm�e fran�aise et non allemande ?
Je suis fran�ais. Je suis n� fran�ais.
Ma famille est fran�aise. Je consacre ma vie � l'arm�e fran�aise.
Bien s�r.
J'ai renonc� � une vie ais�e pour devenir soldat.
Pourquoi trahirais-je ? J'ai de l'argent.
La cour doit savoir
que l'usine Dreyfus a br�l� l'an dernier.
Elle �tait assur�e en Allemagne.
Comment savoir si les primes n'ont pas d�pass� les d�g�ts ?
Je proteste...
Comment savoir si l'Etat allemand
ne fait pas vivre la famille Dreyfus via cette compagnie d'assurances.
Ce n'est que pure supposition. Je proteste.
Retenue.
Merci, major Du Paty. Mais � l'avenir,
veillez � demander la parole.
D�sol�, mais je devais le souligner.
Votre affaire familiale est-elle assur�e en Allemagne ?
Je l'ignore.
Votre famille fait affaires en Allemagne ?
Je suppose.
Je ne sais pas.
Mais ils respectent la France comme moi.
Je suis s�r que c'est vrai.
Il appara�t clairement
que l'accusation a construit son dossier
sur un seul �l�ment de preuve.
Une lettre cens�e �tre de la main de Dreyfus.
Les charges retenues contre lui
se fondent sur un �l�ment irrecevable
qu'ils embellissent de d�tails
sur sa race et sa personnalit� qui n'ont rien � voir en l'esp�ce.
C'est un officier honn�te accus� injustement.
Je sais que vous le jugerez innocent.
Nous avons expos� sa vie tentaculaire.
Et ses relations avec l'Allemagne.
Son hostilit� fondamentale
envers ce que nous aimons.
�a ne fait aucun doute
que Dreyfus est bel et bien l'escroc "D"
cit� dans une communication entre deux grandes puissances.
Mes coll�gues estiment que la preuve pr�sent�e
est purement circonstancielle,
et je souhaite laisser l'accusation
reposer enti�rement sur ce document
dont on doute � peine de l'origine.
Messieurs,
voici la preuve tangible
de la trahison d'Alfred Dreyfus,
de son horrible fourberie
envers le pays qui l'a accueilli.
Alfred Dreyfus.
Qu'avez-vous � dire ?
Je suis innocent.
La s�ance est lev�e en attendant le verdict des jur�s.
Mme Dreyfus,
je pr�f�re vous dire
que votre mari a voulu se suicider hier soir.
Mais il est sain et sauf.
Juste quelques minutes, ordre du g�n�ral Mercier.
Ouvrez la porte.
Ils ne me laissaient pas te voir.
Les enfants sont au courant ?
Non. Pierre te croit en manoeuvres.
Ne lui dis rien. Jamais.
C'est promis.
- Hier, j'ai tent� de me tuer. - Je sais.
N'abandonne pas, ch�ri.
Je mourrais sans toi.
Tu aurais d� les entendre, mes pr�tendus amis.
Je n'en revenais pas. Et quand Henry a menti...
Ch�ri.
- Tu es innocent, tu gagneras. - C'est l'heure.
Laissez-nous juste une minute.
Laissez-la.
- Bonjour. - Repos.
L'Etat est content, la presse aussi.
Ils disent qu'on a �t� rapides, fermes et justes.
Il nous faut des aveux.
Tant qu'il clamera son innocence,
l'affaire peut resurgir � tout moment.
C'est un danger pour l'arm�e.
- Mais il refuse d'avouer. - Je sais.
Il faut lui expliquer que s'il avoue,
son exil sera moins p�nible.
S'il refuse,
�a pourrait devenir d�sagr�able.
- Qu'il en soit inform�. - Oui, monsieur.
Pensez au bonheur de votre femme, de votre famille.
Oui, pensez � votre famille.
Vous pourriez vivre normalement
en Martinique ou une autre charmante destination.
Il suffit d'avouer ce que nous savons d�j�.
Vous �tes un agent allemand, et nous pouvons le comprendre.
Appelons �a...
une absence passag�re, peut-�tre.
Je ne peux avouer ce que je n'ai pas fait.
C'est votre r�ponse au g�n�ral Mercier.
Oui.
J'esp�re que vous r�alisez
que vous finirez vos jours sur l'�le du Diable.
Ils sont pr�ts.
Pardon. Capitaine Lauth du bureau du major Henry.
Il est absent et �a vient de notre contact � l'ambassade allemande.
J'ai pens� que vous deviez voir �a.
"J'attends plus de d�tails sur la question que vous en avez donn�s.
"Ecrivez-moi que je poursuive ou non les relations avec la maison de HFA."
Je n'y comprends rien.
Ce doit �tre un code, mais regardez l'adresse.
"Major Ferdinand Esterhazy, 74e..."
- Un officier fran�ais ? - Tout � fait.
On a �crit �a � l'ambassade, mais sans l'envoyer,
notre contact l'a intercept�.
Esterhazy... Je connais ce nom, mais d'o� ?
Bien s�r, j'ai sa demande de transfert dans mon bureau.
Ne dites rien avant que j'appelle le ministre.
Bien, monsieur.
Elles sont identiques.
La m�me �criture.
Voil� la presse m�dicale.
Un duo dangereux.
Attention, Cl�menceau va profiter de la situation.
Etrange comme la mis�re des autres attire les foules.
- On vaut pas mieux, on est l� aussi. - En observateurs professionnels.
Je vous f�licite pour cette enqu�te remarquable.
- Merci, g�n�ral. - Mais l'affaire Dreyfus est close.
Close ? On vient de trouver l'espion.
Nous nous en chargerons en temps voulu.
Mais il faut distinguer �a de l'affaire Dreyfus.
C'est impossible.
Dreyfus va �tre d�shonor� en public
et emprisonn� � cause d'une preuve fallacieuse.
Pour moi, Dreyfus est un espion.
M�me si le proc�s n'�tait pas �quitable.
G�n�ral, vous devez arr�ter ce cirque.
Il n'y a rien que je doive faire.
Vous refusez de rouvrir le dossier ?
C'est exact.
C'est notre devoir.
Notre devoir est aupr�s de l'arm�e.
L'honneur de l'arm�e fran�aise
vaut bien plus qu'un soldat.
Je n'ai jamais entendu un officier parler ainsi.
N'en parlez � personne.
Je me charge de l'affaire Esterhazy.
Rompez.
Le major Picquart veut �tre mut� au front.
- Pr�parez son ordre de mission. - Bien.
Au Q.G. � Alger ?
Non, en Tunisie.
Il veut �tre en premi�re ligne.
Bien, monsieur.
C'est fascinant.
Regarde cette femme, d�figur�e par la haine.
Alfred Dreyfus.
Vous n'�tes pas digne de porter les armes.
Nous vous d�gradons au nom du peuple de France.
Rien ne serait arriv� si ce n'�tait pas pour vous.
Ou pour votre journal.
C'est extraordinaire.
Ce serait int�ressant s'il �tait innocent, non ?
La justice ne peut pas �tre aussi aveugle.
Je me le demande.
Soldats !
On a d�grad� un innocent.
Longue...
vie...
� la France !
Je suis innocent !
Vive la France !
Vive la France !
Je suis innocent.
Je suis innocent.
Je suis innocent.
Je suis innocent.
Tu aurais d� le voir.
Ne me dis rien.
Tu aurais �t� fi�re de lui.
Je l'�tais.
Quand ils ont bris� son sabre,
il a cri� : "Je suis innocent."
"Vive la France !"
Ils ont bris� son sabre.
Il r�p�tait :
"Vive la France !"
M�me ceux qui �taient venus le ha�r le respectaient.
Je vous confie ceci, vous �tes mon avocat.
Je peux me faire tuer en Afrique.
Si �a arrive, remettez-le au pr�sident de la R�publique.
�a explique comment...
les crimes imput�s � Dreyfus sont le fait de l'officier Esterhazy.
Esterhazy �tait un agent allemand.
Et comment le proc�s est fond� sur une fausse preuve.
Tout est l�-dedans ?
- Oui. - Il faut agir.
- Je suis votre avocat et... - Je suis soldat.
Je ne peux d�fier mes sup�rieurs.
Alors, d�missionnez.
�a demande trop de courage.
Je ne peux accepter.
- Pourquoi ? - Comment garder un tel secret ?
Pourquoi aider l'injustice ? Je suis avocat, pas soldat.
Je ne dois pas ob�ir aveugl�ment.
Trouvons un compromis.
Ne la montrez pas avant ma mort.
Mais si vous ressentez le besoin d'agir,
montrez-la � qui vous voulez. Je peux compter sur votre discr�tion.
Tant que je serai soldat, il ne faut pas citer mon nom.
C'est assez d�shonorant.
Selon moi, vous faites erreur, mais j'ex�cuterai.
Bon, je pars au combat.
Je m'en sors mieux que ce pauvre sur l'�le du Diable.
- Comment va-t-il ? - Il devient fou, le pauvre.
Personne lui parle, alors il cause tout seul.
Il se plaint que personne lui �crit.
Il para�t qu'il a re�u une lettre par jour pendant un an.
Mais il peut pas les lire.
Du courrier ?
Pas de courier.
Quel jour on est ?
Quel mois ? Quelle ann�e ?
Qui suis-je ?
Personne sait.
Personne r�pond.
Le silence.
Je suis Alfred Dreyfus, je crois.
Soldat, dites quelque chose.
Ou alors vous parlez, mais je suis sourd et je l'ignore.
Ou je suis mort et je l'ignore.
Bonne nuit, soldat.
Si c'est la nuit.
Ma ch�re Lucie,
une fois de plus, le jour s'ach�ve.
J'ignore depuis combien de temps je suis ici.
Personne parle.
Je suis seul.
Chaque jour est un si�cle de silence � endurer.
Les douleurs physiques, c'est rien.
Je n'aspire qu'� une chose.
Qu'ils me rendent l'honneur que je n'ai jamais sali.
Je vis parce que tu m'as convaincu
que l'innocence finit toujours par triompher.
Je ne prie pas seulement
pour mon propre salut,
mais pour celui des enfants, et le tien aussi.
Embrasse-les pour moi.
Et mille baisers pour toi,
dans cette lettre que je ne peux �crire.
Cette lettre que je ne peux envoyer.
Ton �poux.
Alfred.
Jeanne.
Reste tranquille. Tu es pleine de noeuds.
Tu rentres t�t, ch�ri.
C'est quoi l'�le du Diable ?
Qui t'a parl� de �a ?
Un gar�on a dit que papa �tait l�-bas
pour toujours.
- Il va rentrer, pas vrai ? - Bien s�r.
Il dit que c'est un vilain endroit.
Jeanne, va chercher ton nouveau ruban en velours.
Je monterai finir tes cheveux.
Viens.
Je vais te montrer o� est ton p�re.
Ici, c'est la France. L�, l'oc�an Atlantique.
Et l�, tout en bas.
Tu vois ce petit point ?
C'est l'�le du Diable.
C'est un bel endroit.
Avec de belles plages, des fleurs et des palmiers.
Papa est tr�s heureux l�-bas.
Pourquoi il reste si longtemps ?
Il a beaucoup de travail pour l'arm�e.
Il m'�crit tous les jours.
Il demande toujours apr�s toi.
Viens, Pierre. J'aimerais parler � maman.
Comment a-t-il su ?
Un gar�on de l'�cole.
�a devait arriver.
Pour moi, tout le monde avait oubli� Alfred.
Je dirais que non.
Regarde.
Evad� ?
- Lucie. - O� est-il ?
Toujours sur l'�le du Diable. J'ai invent� �a.
L'affaire �tait close.
Le pire serait que les gens oublient Alfred.
Et ils l'ont fait. C'est ce qu'ils voulaient.
Oui.
Des amis en Angleterre ont imprim� cet avis.
Le s�nateur Scheurer nous attend.
Il a toujours cru qu'Alfred �tait innocent.
Et le dossier est rouvert.
Viens.
D'accord.
Mme Dreyfus, entrez.
- M. Dreyfus. - S�nateur.
- Asseyez-vous. - Merci.
Mme Dreyfus.
Bien.
- C'est un joli coup. - Je l'esp�re.
L'affaire passera au S�nat, la semaine prochaine.
Bien.
Mais le plus important, M. Lebois me l'a apport�.
Mme Dreyfus, je suis l'avocat et l'ami
d'un officier qui d�tient la preuve de l'innocence de votre mari.
- Une preuve ? - G�nial.
- On peut le voir ? - Impossible, il est en Afrique.
- Pourquoi il n'a rien dit avant ? - Il en avait re�u l'ordre.
Il va parler ?
Je crains qu'il ne d�sob�isse pas � ses sup�rieurs.
Je ne comprends pas.
M. Lebois peut utiliser ses infos comme bon lui semble,
sans nuire � l'officier.
En d�couvrant son �vasion, j'ai d�cid� d'agir.
Mon ami a d�couvert le v�ritable espion.
Le major Esterhazy.
L'arm�e a les preuves, mais ils ne les l�cheront pas.
L'arm�e devra les sortir si on les accuse.
Nous sommes avec vous.
Et cette fois, vous aurez de l'aide.
Il nous faut toute l'aide possible.
D�sol� pour le d�guisement.
C'est rien.
Je voulais te voir.
Et cette cour martiale.
Que me r�serve-t-elle ?
Tu seras prot�g�.
�a nuirait � l'arm�e si tu �tais inculp�.
J'avoue que �a me rassure.
Apr�s le proc�s, tu devras quitter l'arm�e.
Apr�s �a, je te conseille de quitter le pays.
- Pourquoi ? - Mieux vaut apr�s ce que t'as fait.
T'es mal plac� pour faire le beau.
Je sais tout des preuves secr�tes contre Dreyfus.
Tu les as falsifi�es.
Je ne suis pas fier de moi,
mais je croyais Dreyfus coupable.
Je voulais prot�ger l'arm�e.
Laisse-moi te dire une chose.
Si un jour je deviens une g�ne pour l'arm�e,
je me tuerai.
- Et toi ? - Pourquoi je me tuerais ?
La vie me sourit magnifiquement.
Et je serais le dernier � y mettre un terme.
Tu es m�prisable.
Et je suis un idiot.
Major Picquart,
quand avez-vous soup�onn� Esterhazy d'�tre un espion ?
En comparant son �criture
avec celle suppos�e de Dreyfus, c'�tait pareil.
- Major. - M�me M. Bertillon
de la police de Paris est de mon avis.
Major Picquart !
Le g�n�ral Mercier l'�tait avant de m'envoyer au front.
Je ne parle pas de Dreyfus, mais de Esterhazy.
Quand ai-je d�couvert que Esterhazy �tait un espion ?
J'ai r�pondu.
Vous n'avez pas r�pondu. L'affaire Dreyfus est close.
- Comment dois-je r�pondre ? - Sinc�rement.
C'est fait, je vous dis qu'Esterhazy est un espion.
C'est notre travail de dire si le major Esterhazy est un espion.
- Vous avez des pr�jug�s. - Oui, j'en ai
contre les tra�tres.
Plus de 300 documents prouvent la culpabilit� de Dreyfus.
Et pas un seul n'indique
que le major Esterhazy soit un tra�tre.
O� sont ces documents, major Henry ?
L�, dans le dossier secret.
Pourquoi ne pas les avoir montr�s au proc�s Dreyfus ?
Car cela concerne d'autres Etats.
- Je voudrais les examiner. - Impossible.
L'affaire Dreyfus n'a rien � voir avec cette cour martiale.
L'affaire Dreyfus a justement tout � y voir.
Nous jugeons Esterhazy et non Dreyfus.
- Je crois... - Vous outrepassez.
Un dossier secret impossible � examiner.
Un juge qui nie l'�vidence.
...comme pour la lettre que m'envoie une dame de l'ambassade allemande,
je dirais que nos liens �taient peu politiques.
La galanterie m'interdit de dire son nom.
Mes ennemis...
et les amis du tra�tre Dreyfus
ont d�cid� de renverser le verdict
et de me rendre responsable.
Je suis un Fran�ais honn�te, d�vou� � son pays.
Et tout ce que j'ai pu dire pour ma d�fense...
est aussi vrai...
que je suis innocent.
Major Picquart.
Madame.
Merci pour ce que vous avez fait.
C'�tait peu de choses.
J'aimerais vous pr�senter Georges Cl�menceau
- et Emile Zola. - Enchant�.
Mme Dreyfus, Mathieu Dreyfus, Major Picquart.
Ils sont avec nous.
Apr�s aujourd'hui, plus que jamais.
Ce Esterhazy est un des plus beaux menteurs de toute la cr�ation.
Et son autorit�, son sang-froid.
C'est un g�nie.
- Major Picquard. - Qu'y a-t-il, Beno�t ?
D�sol�,
mais sur ordre du g�n�ral Mercier, je vous arr�te.
De quoi l'accuse-t-on ?
C'est militaire.
Je suis le vice-pr�sident du S�nat...
Suivez-moi, major.
Tr�s bien.
Merci, s�nateur.
On devrait peut-�tre laisser tomber.
On ne peut pas sacrifier nos amis.
Laisser tomber maintenant ? Jamais !
Il ne s'agit plus de votre fr�re,
mais de la France enti�re.
Qu'on le veuille ou non.
On ne va pas s'arr�ter maintenant, on va attaquer.
Mon journal, le public de Zola. Nous rameuterons le monde entier.
Et le monde nous soutiendra.
Faire appel au monde.
Attaquer.
Il est en retard.
Vous savez pourquoi il nous a fait venir ?
Aucune id�e.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour, chers conspirateurs.
Notre romancier savoure le drame.
On souffre et il tourne nonchalamment les pages.
Tourner les pages ? Mieux que �a.
Je les ai �crites.
- Une lettre. - A qui ?
Au monde. Et vous allez la publier.
Je vois.
- On ira en prison. - Plus que probablement.
Le g�n�ral.
- G�n�ral Mercier. - Oui.
Approchez.
Vous avez lu ceci ?
Tr�s vite.
Ce Zola nous a mis dans une position d�licate.
En quoi, monsieur ?
En quoi ?
G�n�ral, vous �tes publiquement accus� de faux,
d'incitation � la r�volte, et d'infraction � la loi.
Les romanciers minables gouvernent-ils la France ?
Non, mais ce romancier nous rend la t�che tr�s difficile.
Je sugg�re qu'on l'incarc�re.
"Ramenez Dreyfus de l'�le du Diable." "Dreyfus est innocent."
Puis-je lancer les soldats ? Je nettoie tout en 5 min.
Non, pas de soldats.
"Dreyfus est innocent."
Messieurs, cette phrase nous hante tous.
La cour martiale d'un simple officier divise le pays et secoue le monde.
Notre justice militaire est un vrai scandale.
En deux jours, j'ai �t� appel� par la reine Victoria,
le pr�sident am�ricain et l'empereur allemand.
L'avis des �trangers ne doit pas nous pr�occuper.
G�n�ral, laissez-moi parler.
Le Premier ministre et moi-m�me avons �tudi� le dossier Dreyfus.
Des choses �tranges nous sont apparues.
Les preuves ont �t� falsifi�es,
comme en a t�moign� le major Picquart.
- Le major Picquart n'est pas fiable. - Ne m'interrompez plus.
Venons-en au fait, la raison de cette r�union.
L'enqu�te nous a r�v�l�
que le major Henry a falsifi� les preuves,
et il est pass� aux aveux, ce matin.
Je ne sais rien de la falsification.
Je sais que Dreyfus est un tra�tre.
Vous avez toujours �t� clair sur ce point.
Je croyais aussi qu'il �tait un agent allemand.
Mais gr�ce � vos manigances, son proc�s �tait ill�gal.
Vous mettez en doute la justice militaire ?
Je la mets en doute
et je juge votre gestion globale de l'affaire
incomp�tente et ill�gale.
Puis-je me retirer ?
Vous ne pouvez pas.
Je pense,
et le Premier ministre est d'accord,
que Dreyfus doit revenir et avoir un nouveau proc�s.
Son proc�s sera des plus �quitables.
S'il est innocent.
Il n'y a pas de "si", M. le pr�sident.
Un jour,
dans quelques mois peut-�tre,
l'Allemagne attaquera. Il faudra �tre pr�t.
Mais si notre peuple se m�fie de son arm�e,
nous sommes perdus.
Une arm�e ne peut pas lutter sans son peuple derri�re elle
et je vous avertis
que si Dreyfus est d�clar� innocent,
l'arm�e est coupable.
Si l'arm�e est coupable, la France est sans d�fense.
Faites votre choix.
Un homme...
ou la nation.
Votre avis a �t� entendu, g�n�ral.
Et nous convenons de rapatrier Dreyfus � la maison
et de lui offrir un nouveau proc�s.
Pr�parez l'ordre, g�n�ral.
Capitaine Dreyfus.
Capitaine Dreyfus.
Vous rentrez en France sur ordre du pr�sident de la R�publique
Vous aurez un autre proc�s.
File-lui des v�tements.
Le bateau part � la premi�re heure.
Bonne chance, Dreyfus.
A la maison.
A la maison.
Mathieu...
J'ai fort chang� ?
Bien s�r que non.
�a fait cinq ans.
Vous pouvez entrer.
A toi l'honneur.
Alfred.
J'ai failli oublier.
Chaque jour, chaque minute,
je pensais � ton retour.
C'est pas facile de trouver les mots.
N'essaie pas.
Pas maintenant, mon ch�ri.
Voici tout ce que je d�sire.
Toujours le m�me.
Et tout sera comme avant.
Je suis vieux.
Mais non.
Tu vis sans montre ni miroir.
Sans personne � qui parler. Tu deviens vieux.
On a des ann�es devant nous.
Oui.
Je prie pour �a.
Alfred.
Mathieu.
Tu as pris un peu de poids.
C'est bon de te revoir.
�a va.
Je n'ai plus l'habitude.
Parfois, la fi�vre me rend malade.
C'est rien.
Laissons-le se reposer.
Ne me laissez pas.
Dis-moi pour ce proc�s.
Ce nouveau proc�s.
Eh bien...
�a s'annonce bien.
La plupart s'accorde sur la culpabilit� de Esterhazy.
Esterhazy ?
Qui est-ce ?
Le v�ritable espion.
Il est en Angleterre.
Le major Picquart a tout d�couvert.
Picquart ?
Picquart.
Tu te souviens ?
Ton ami du bureau.
Je n'avais pas d'amis.
Tu as des milliers d'amis. Des gens qu'on ne conna�t m�me pas.
Des gens qui te croient innocent.
On va gagner, cette fois.
Je crois que j'en mourrais
si je devais retourner l�-bas.
Tu n'y retourneras pas.
Le 16 novembre 1896,
le g�n�ral Mercier et moi convenions que Esterhazy
�tait l'auteur de la liste et...
Un instant.
Y avait-il des t�moins de la sc�ne ?
Non.
C'est donc votre parole contre celle du g�n�ral
quant � ce fait pr�cis.
Le g�n�ral a compris qu'on s'�tait tromp�.
Il trouva inopportun de rouvrir le dossier.
Dans la cour martiale initiale,
le colonel Sandherr pr�para un dossier de preuves contre Dreyfus.
Apr�s examen des preuves,
j'ai conclu que Dreyfus �tait coupable.
Je ne pense pas m'�tre tromp�.
Quelle �tait la nature de ces preuves ?
Je n'ai plus examin� cette affaire depuis un moment.
Nous avons du travail outre le capitaine Dreyfus.
Bien s�r, mais vous devez vous rappeler certains �l�ments.
Un tas de lettres entre les attach�s italien et allemand.
Dans ses aveux,
le major Henry dit en avoir falsifi� la plupart.
Laquelle vous a marqu� le plus ?
Je suis soldat, et non expert en faux.
Un grand soldat, que cette affaire semble d�ranger.
Oui, �a d�range de voir sa parole mise en doute.
D�sol� pour le manque de tact,
mais vos dires contredisent souvent le major Picquart.
M. Picquart.
- Il n'est plus officier. - Bien s�r.
Alors,
le 21 d�cembre 1894,
avez-vous pr�par� un m�mo secret pour les juges du proc�s Dreyfus
leur ordonnant de conclure � la trahison ?
Pas du tout.
Avant son arrestation, le major Henry avoua
avoir remis vos instructions en personne.
- Ce n'�tait pas des instructions. - Mais vous leur avez remis.
Avouez-vous leur avoir remis un m�mo secret ?
Ce que je dis � mes subordonn�s ne vous regarde pas.
G�n�ral, vous �tes sous serment.
Avez-vous communiqu� avec le jury de Dreyfus,
le 21 d�cembre 1894 ?
Oui ou non ?
Je ne r�pondrai pas.
Vous ne semblez pas r�aliser que vous �tes accus�.
Accus� ?
Vous utilisez ce mot-l� avec moi ?
Je vous rappelle que je suis l'accusateur
et que cet homme est l'accus�.
Ne l'oubliez pas.
Je suis choqu� de voir ma parole mise en doute.
Choqu� de voir des Fran�ais juger leur arm�e.
Cet homme s'est rendu coupable de trahison. Voil� tout.
Dreyfus a �t� d�lib�r�ment utilis�
pour salir la R�publique et l'arm�e.
Je m'adresse � la nation.
Alfred Dreyfus est un espion.
Il a trahi son pays.
Si j'avais le moindre doute sur sa culpabilit�,
je reconna�trais sur-le-champ
que j'avais tort.
Je vous dirais, Alfred Dreyfus,
que je me trompais.
Alors, dites-le.
Alfred Dreyfus, vous �tes un espion allemand.
Vous savez que je suis innocent.
Du calme, capitaine.
Il doit l'admettre.
C'est votre devoir.
Poss�diez-vous le manuel d'artillerie de 1893
en juillet de cette ann�e ?
- Non. - Je n'entends pas.
Non.
Non, je ne pense pas.
C'est l'un ou l'autre.
Oui ou non ?
D�sol�, je me rappelle pas.
Je ne pense pas.
Je ne l'avais pas.
J'en suis s�r.
Je pense...
Etiez-vous pr�sent aux manoeuvres militaires allemandes
en mars 1892 ?
Oui ou non ?
Non, je... je n'ai jamais �t� � aucune manoeuvre en Allemagne.
Pourquoi h�sitez-vous ? Ma question est tr�s claire.
Vous y �tiez ou pas ?
Je ne comprends pas, d�sol�.
Quand l'usine familiale a br�l�,
avez-vous touch� l'assurance ?
Je n'y connais rien.
Je l'ignore.
J'ai de la fi�vre.
D�sol�, j'ai �t� un pi�tre t�moin.
Alfred.
On a re�u un message non officiel du pr�sident.
Il promet que si vous �tes reconnu coupable, et ce sera le cas,
vous serez graci�.
Graci� ?
Sachez qu'en acceptant la gr�ce,
vous acceptez le verdict de l'arm�e.
Vous resterez un tra�tre.
Comme vous avez d�j� bien souffert, le gouvernement se montre charitable.
C'est un compromis parfait pour eux.
Pourrai-je r�int�grer l'arm�e ?
R�int�grer ? Tu veux y retourner ? Apr�s ce qu'ils t'ont fait.
Ils ont fait ce qu'ils pensaient �tre juste.
Ils ont vraiment cru que j'�tais un espion.
A leur place, j'aurais fait pareil.
Je ne veux pas d�battre avec toi.
Mais Cl�menceau, Zola et les autres
esp�rent que tu vas te battre, que tu refuseras la gr�ce.
Qu'en dites-vous ?
Il faut d�cider vous-m�me.
Quel dilemme.
L'�le du Diable
ou la libert� d'un tra�tre.
Alfred, si on se bat, on va gagner.
On s'opposera au verdict et on ira en appel.
Si tu avais �t� sur l'�le du Diable,
pour devenir moins que rien. Rien du tout.
Sans �tre mort.
Pour �tre seul.
Sans Lucie.
D�sol�, mais je ne me battrai pas.
Je ne peux pas.
Je rentre � la maison.
J'accepte la gr�ce.
Quand remettras-tu ton uniforme ?
En r�int�grant le service actif.
�a dure vraiment longtemps.
Tu crois que tu seras g�n�ral ?
Eh bien, on ne sait jamais.
- Je veux devenir g�n�ral. - Moi aussi.
Et aller sur l'�le du Diable. Tu m'emm�neras, dis ?
Bien s�r.
Raconte-moi encore.
Alors, voyons voir.
Les enfants, le d�ner est pr�t.
- J'�tudie la bataille d'Austerlitz. - Va �tudier ton assiette.
Je suis bient�t � cours d'histoires.
Un jour, je devrai dire � Pierre :
"Ton p�re est un tra�tre graci�."
"A cause de ton p�re, tu n'entreras pas � l'arm�e."
"Tu es le fils d'un prisonnier � vie."
- Tu es libre. - Libre ?
Deux ans dans cette maison.
Deux ans d'avocats. Deux ans de lynchage.
Tu es un symbole, dit Cl�menceau.
La nouvelle France, dit Zola.
Un espion, dit Mercier, qui a trahi son pays.
Je ne suis pas un homme, mais une cause, un parti,
un drapeau.
J'ai pas de vie.
- Et toi non plus. - Moi si.
J'aurais d� refuser la gr�ce et partir sur l'�le du Diable.
- Ou en Angleterre. - Tais-toi.
Au moins, tu serais bien et pas ici avec moi.
Je m'en fiche. Tu es tout ce que je d�sire.
Si je sors, je risque de d�clencher une �meute.
Alors, on reste l� � mentir aux gosses chaque jour
car j'ose pas dire � mon fils :
"Oublie l'arm�e, change de nom, renie ton p�re
"et l�, tu vivras en homme et non en monstre."
Ne dis pas �a.
Major Esterhazy.
Vous �tes le major Esterhazy ?
A votre service.
Sauf que je ne suis plus major.
Oui, je sais.
Alors, vous �tiez � Londres. Et que voulez-vous de moi ?
M'amuser.
J'�cris depuis quelques mois
et je me disais que cela pourrait int�resser un �diteur tel que vous.
J'ai besoin d'argent.
Ma femme est malade.
Mes affaires ne sont pas au beau fixe.
Je n'ai plus rien � vendre
except� ceci.
Je vous connais de r�putation.
�a ne m'int�resse pas de publier la d�fense d'un tra�tre.
Ai-je parl� de d�fense ?
J'ai juste parl� d'argent.
Et je parie que vous allez payer pour �a.
Alfred Dreyfus,
au nom du pr�sident de la R�publique,
je vous fais Chevalier de la L�gion d'Honneur.
On dirait qu'on s'en est sorti, major Dreyfus.
Merci,
g�n�ral Picquart.
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