All language subtitles for Un homme à abattre (Condroyer, Philippe 1967)_BDRip.720p.x264.AAC_FR

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Original subtitles

Alors, vous avez perdu la tête ?

Un seul passant et vous étiez pris.

On n'avait plus le choix.

Il ne fallait pas vous laisser surprendre.

J'aurais voulu que tu sois là.

C'est un miracle que ça ne soit pas arrivé plus tôt.

Tiens, tes papiers.

Tu penses à tout, hein !

- Maintenant ils seront alertés. - Pas tout de suite !

Le temps de recherches...

Deux, trois jours, pas plus.

Il faut vite prévenir Julius.

Je lui téléphone, nous prenons rendez-vous avec Fernandez.

C'est bien que ce type ait été tué hier.

Ça obligera Julius à décider de la liquidation de Schmidt.

Peu changé en 20 ans !

Il a exactement le même nez qu'il y a 20 ans,

mais juste le nez.

Moi, je ne trouve pas.

Allume !

Tiens Nils, ça te dit quelque chose ce nom ?

C'est l'homme tué ce matin.

Sûrement une connaissance de Schmidt, ça ne serve même pas.

Non.

Voici, pour Julius, des photocopies faites en Allemagne.

Papiers d'état civil.

Mais les photos d'Amérique du Sud sont chez vous.

Ça c'est 1940, ses débuts dans les SS.

Porto Alegre, 1955.

Celle-là, dur à l'avoir !

Un congrès d'architectes à Rio en 58.

Vous êtes sûrs qu'ils ne l'ont pas trouvé depuis hier ?

En tout cas pas ce matin, nous avons épluché tous les journaux.

C'est grave !

Très grave !

La police va s'en mêler.

- On ne pouvait pas faire autrement. - Je sais, je sais !

Julius, il faut faire vite.

On peut trouver le corps d'un moment à l'autre !

Le magnétophone.

Tu verras, il n'y a plus aucun doute.

Et je crois qu'il se méfie.

Qu'il s'enfuit ! Agissons vite.

Oui, Georges, mais il ne faut pas faire n'importe quoi.

Je ne veux pas me tromper.

Pour chaque prise

nous avons noté la date exacte, si vous voulez regarder.

J'ai laissé même ceux qui semblaient sans intérêt.

Le moindre détail, le moindre geste peut réveiller en toi un souvenir.

Voilà, je commence.

La première fois on l'a vu au stade, Nils nous l'a montré le 17 septembre.

Là, c'est lui !

On n'osait pas le filmer de trop près, pourtant,

on le reconnaît très bien.

Là ! Devant l'homme qui a la veste blanche.

Vous voyez, il est le seul à ne pas s'agiter.

Voilà son quartier, c'est un quartier populaire.

Ça bouge beaucoup, on avait pas une grande technique.

C'est l'immeuble où nous avons loué un studio pour surveiller Schmidt.

Voilà la vue qu'on a sur son appartement.

La porte d'entrée d'immeuble.

Ses revenus sont moyens.

C'est la Casa Santa Voce, il y a son bureau d'architecte.

Il rentre dans son bureau.

Il se retourne tout le temps.

Tu vas voir une journée-type.

7h30, il ouvre ses volets.

Nous avons ponctué son parcours de lieux d'observation.

Il est régulier dans ses habitudes,

ça permet de reconstituer, avec un montage, une journée rebours.

Une demi-heure après il est habillé.

- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il nourrit un animal.

- Quel animal ? - On ne sait pas.

8h15, il part à son bureau.

Une fois à pieds,

là il va se raviser et il va prendre l'autobus.

Voilà.

Il prend une correspondance et il traverse la Place del Liberator.

C'est un autre homme.

Il avait des cheveux blonds, un visage enfantin,

des mains toujours soignées.

Il descend sur le port près de son bureau.

Regardez sa poche. Il est armé ?

Non, c'est la poche gauche.

Il sentait tellement l'eau de Cologne quand il passait,

que ce parfum est resté longtemps pour moi synonyme de souffrance.

Il était le plus cruel de tous, le plus insensible.

Jamais il ne nous injuriait, il affectait d'être très poli.

Quelques fois, il m'appelait Monsieur, en français.

Il arrive à son bureau, il est 8h55.

Il finit son travail à 18h, il rentre chez lui.

Il est régulier, mais il y a toujours du monde. Impossible de l'enlever.

C'est pour ça qu'on a préparé le coup de la ville.

18h40, il arrive chez lui.

Avez-vous constaté un souci d'élégance chez lui ?

Élégance ?

Ah non, au contraire non. Il a ce manteau,

deux imperméables

et on l'a toujours vu avec le même costume.

Fernandez a commencé à le contacter,

il lui a dit d'envisager l'étude d'un projet.

Nous avons même enregistré sa voix au téléphone.

Dans ce quartier on ne peut pas construire plus de huit étages,

et le style de la construction est imposé.

Vous avez fixé une date ?

Mes clients sont naturellement pressés.

En ce moment, nous sommes très occupés.

Rien que dans cette ville, nous avons trois chantiers.

Nous ne pourrions commencer les travaux,

au cas où l'affaire se ferait, que dans un mois ou deux.

Mais pour le projet, c'est quand vous voudrez.

- Pouvez-vous venir sur les lieux ? - Mais bien sûr.

Vos clients ont-ils un programme déterminé ?

Ce sont des bureaux pour une société d'édition graphique.

Bien, il vous suffira de me fixer rendez-vous.

Quelques jours avant.

Je suis très souvent au Barrio Tabasco.

C'est lui, n'est-ce pas ?

Je ne sais pas.

Peut-être.

Je ne retrouve rien.

Je ne peux pas.

- Mais enfin, sa voix ! - Non.

Elle est trop déformée et il parle en français.

Vous l'avez connu dans le contexte qui ne s'oublie pas !

C'est vrai, mais il y a 25 ans.

25 !

Je me souviens bien d'un officier en uniforme

mais je vois maintenant un employé tassé, épaissi,

la cinquantaine dépassée.

- C'est lui, c'est évident ! - Je ne veux pas le moindre doute.

- On n'a plus de temps ! - Je sais !

Nous avons d'autres choses à vous montrer.

- Tout ça pour rien. - Non, il y a encore celle-là.

Tu es maladroit avec lui.

Tu veux le forcer à reconnaître Schmidt.

Il a connu le Schmidt d'il y a 20 ans, n'oublie pas.

C'est un autre homme qu'il a devant lui.

En un rien, un geste et...

Laisse-lui le temps.

Un jour, on a caché une caméra dans une valise.

C'est la première fois que je l'ai vu d'aussi près.

Regardez ses yeux.

Son regard ne se pose jamais, toujours absent.

Pourtant, regardez bien, ce jour-là j'ai cru

qu'il avait vu la caméra.

Je suis resté sans pouvoir faire un geste.

Et puis je l'ai regardé moi aussi,

son regard s'est relevé vers moi,

lointain, comme s'il reconnaissait un habitué.

Il n'avait rien vu.

Ce jour-là j'ai eu peur.

- C'est son voisin de palier. - C'est un musicien.

Maintenant, tu vas voir sa petite amie.

- La voilà, Olga. - Elle est professeure de dessin.

Là, on la voit mieux dans ce plan-là.

Là, elle vient chez lui.

C'est exceptionnel, le vendredi c'est lui qui va chez elle.

Il ne va jamais au théâtre, au cinéma.

Il ne se cache pas vraiment mais

il n'a aucun contact avec la vie qui l'entoure.

Ils viennent de passer 3 heures ensemble.

C'est son unique relation.

En dehors du réseau qu'on va voir tout à l'heure.

- Qu'est-ce qu'il a ? - Le téléphone sûrement.

Peut-être un appel avec le réseau.

Puis, il descend attendre dans la rue.

Arrêtez !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Peut-on revoir cette prise ?

Oui, bien sûr.

C'est le premier geste que je reconnais de Schmidt.

A Mauthausen il faisait pareil.

Cette insistance qu'il a pour écraser son mégot !

Pour que quiconque ne puisse en profiter !

C'est encore insuffisant pour décider.

Allez, continuez.

Il a des habitudes de solitaire.

Des images qui prouvent

qu'il fait partie d'un réseau.

Ce taxi a l'air anonyme,

après des mois d'observation nous avons pu remarquer ce qui suit :

Il attend un taxi devant son bureau, toujours le même.

Le chauffeur s'appelle Kuntz, il travaille dans un garage.

Souvent, Kuntz vient le chercher chez lui.

Quand Schmidt n'est pas déjà en bas, Kuntz monte le chercher.

Lui doit être sûrement armé.

Une fois, nous les avons suivis,

on les a doublés pour voir de plus près la tête de Kuntz.

On voit pas très bien, mais c'était trop risqué.

Jamais il ne va à un endroit précis, ils font plusieurs tours des maisons.

On a pu constater ce manège à diverses reprises.

Le taxi doit servir de boîte à lettres.

Une fois par mois, Kuntz l'amène ici.

Chez qui ?

Nous n'avons jamais pu le savoir, il ne reste que quelques minutes.

Tenez, là c'est le type à l'imperméable !

C'est lui qu'on a tué.

Juste après il y a un plan où on le voit beaucoup mieux.

Ici, c'est lui.

Nous attendions Schmidt,

et puis c'est ce type-là qui est arrivé.

Il a l'air d'attendre quelqu'un,

Schmidt, sans doute.

Là, il aperçoit la camionnette,

il s'en approche,

là encore, il n'a pas vu la caméra.

Il fait le tour de la camionnette.

Là, il a compris !

J'ai coupé.

Il y avait un danger immédiat.

Vous ne pouvez pas faire autrement.

Oui.

Oui, évidemment.

Alors ?

Enfin, c'est impensable, il ne s'est pas fait refaire le visage !

Tu sais, quelques fois, le temps est le meilleur des chirurgiens.

L'âge le maigrit encore un peu.

Je suis sûr, c'est lui !

Georges, ta conviction m'a toujours aidé, mais...

Tu as tout de même été face à face avec lui !

Face à face !

Tu sais,

les SS,

on évitait leurs regards.

Mützen ab !

Casquette à la main, les yeux baissés.

On ne regarde pas la mort en face !

En un signe, c'était la mort.

Julius, souviens-toi !

Nils a pu déterminer d'une façon parfaite

le moment où l'on perd la trace de Schmidt en Europe : juin 1949.

Deux mois plus tard

on retrouve un certain Fromm à Porto Alegre.

Schmidt, avant la guerre, faisait des études d'architecture.

Le soi-disant Fromm travaille dans une entreprise de construction.

Il écrase les cigarettes de la même façon que Schmidt le faisait.

Conclus.

Oui,

bien sûr.

Nous avons des indices, des probabilités,

je veux une certitude !

Ce visage, fait de morceaux, n'a pas de réalité pour moi.

Qu'y a-t-il ?

Schmidt est rentré dormir sagement comme d'habitude.

- Tu perds du temps. Il faut décider. - Je sais, Georges.

C'est moi qui déciderai.

Maintenant, je veux être seul.

Nous dînerons tous ensemble ce soir.

Je vais réfléchir à ce que nous allons faire.

Allô !

Allô ?

Allô !

Allô !

Allô !

Tu me téléphones toujours quand je suis occupée !

Je suis désolé, j'aurais dû le savoir.

Qui est à l'appareil ? C'est toi, Bernard ?

Non, non ce n'est pas Bernard.

Bonjour quand même.

Oh, ce n'est pas le moment ! Qui êtes-vous ?

Et qui êtes-vous ?

Ecoutez, arrêtez cette plaisanterie.

Non, ce n'est pas une plaisanterie.

Ne quittez pas.

Ne quittez pas, hein !

Excusez-moi une seconde.

Ne quittez pas surtout ! J'ai des tas de choses à vous dire, quittez pas.

Ah, c'est toi déjà.

Je viens te prendre.

Qu'est-ce que tu faisais ? Tu dormais ?

S'il te plaît, n'éclaire pas !

Non, éteins ! Éteins !

A quoi tu joues ?

Allô ?

Ah zut ! Elle a raccroché !

Tiens, regarde, ça va te détendre.

Quatrième étage, la fenêtre éclairée.

- Elle fait la même chose que nous. - Comment la même chose ?

Cette jeune fille s'est installée ici il y a une semaine

et depuis, chaque soir, elle tripote des photos.

Ça t'amuse de faire le voyeur à longueur de journée ?

Que veux-tu, je suis intoxiqué.

Et elle est plus mignonne que Schmidt !

On va voir ce qu'elle fait.

- Ça t'amuse, hein ? - J'en ai pour deux minutes.

217-14-18

Allô.

- Allô, c'est moi. - Vous êtes persévérant !

Oui,

dites-moi, je voudrais vous poser une question.

Que faites-vous ?

Et vous-même, qui êtes vous ?

Je suis grand,

brun,

frisé,

une sorte de Lord Byron, je m'appelle Georges.

Que tu peux être grossier !

Tu n'as pas l'intention de la revoir, n'est-ce pas ?

Voilà ce que j'ai décidé.

Ça va bien, nous nous servirons.

Merci.

Voilà ce que j'ai décidé.

J'irai chez Schmidt demain.

Chez Schmidt, pourquoi faire ?

- Vérifier certaines choses moi-même. - On a tout vérifié.

J'ai dit vérifier moi-même !

Je veux fouiller, essayer de trouver ce qui me manque.

C'est trop dangereux.

Pourquoi pas ? On est sûr de ses absences.

Vous ne trouverez rien, il a effacé tout son passé.

Justement,

je suis le seul à pouvoir retrouver un détail

qui vous échapperait à vous.

Il a pu garder une écaille,

une seule de son ancienne peau

pour des tas de motifs,

négligence, un goût morbide,

la superstition aussi

et l'intérêt.

Il y a prescription pour tout, même pour les crimes de guerre.

Et ce jour-là on peut reprendre sa vraie identité.

C'est important.

Il faut des preuves.

Il a raison.

- Allons-y nous-mêmes. - Non !

Il vous faudrait photographier, encore décrire, non.

Voilà comment tu fais, tu vois la maison là ?

Par ici, tu risques moins de te faire remarquer.

Voilà, tu vois, là ? C'est notre immeuble.

Tu descends ici, la camionnette t'attend en bas.

Puis, elle passe par là.

Elle fait le tour du pâté de maisons et vient s'arrêter juste en face.

Devant l'escalier de service.

Tu montes et Nils ne repart que lorsque tu es monté.

D'accord ?

Si tu n'arrives pas à ouvrir la porte, tu ressors tranquillement

et je te renvoie Nils avec la camionnette.

Tu prends le Talkie-Walkie pour rester en contact.

Ça c'est l'émetteur à ondes courtes que tu places dans le téléphone.

En principe, ça devrait marcher.

Ils viennent de partir.

Pendant qu'il fait semblant de faire le livreur,

j'ai juste le temps de monter et ouvrir.

Quel imbécile, il aurait pu remplir ce paquet !

Même d'ici ça fait vide.

- Georges, tu m'entends ? - Oui.

Ça y est, Julius est rentré dans l'immeuble.

Oui, j'ai vu, rien à signaler.

- Julius tu m'entends ? - Oui, je t'entends.

- Tout est calme pour toi ? - Ça va, je viens juste d'entrer.

Parfait, rien à signaler.

Pourquoi il nous regarde ?

Allô ? Il y a une femme dans votre immeuble qui me regardait.

Mais c'est rien, ne t'inquiète pas. Je m'occupe du téléphone.

- Raphaël ? - J'écoute.

Julius ne trouve plus les repères, donne-moi les renseignements.

C'est simple pourtant.

Dévisser le micro, répète après moi !

Dévisser le micro.

Retirer la membrane.

Retirez la membrane.

Mettre l'émetteur à plat.

Les condensateurs placés vers le bas.

Les condensateurs placés vers le bas.

Les condensateurs du côté de la marque américaine.

On dirait un horloger dans sa boutique.

- Georges, tu m'entends ? - Je t'entends.

- Georges ? - J'écoute.

On essaie, mets-toi à l'écoute.

D'accord.

Tiens.

Si, Hotel Continental.

Diga me, diga me.

Si ?

- Ça marche. - Diga ?

Formidable, on entend parfaitement.

- Georges, tu m'entends ? - Oui, j'écoute.

Il faudrait que Julius redescende maintenant, l'heure limite approche.

Allô, Julius ?

Julius, tu m'entends ?

Allô, Georges ?

Oui, j'écoute.

Qu'est-ce que vous faites ? Tu as prévenu Julius ?

Oui, je l'ai prévenu.

Enfin, est-ce qu'il descend maintenant ?

Il ne répond plus.

Bah, insiste !

Insiste !

Il ne répond pas !

Essaie encore une fois !

Allô, Georges !

Julius !

Julius, tu m'entends ?

C'est l'heure maintenant.

C'est l'heure limite, il faut descendre.

Encore un moment.

Georges, Schmidt !

Schmidt vient de descendre de l'autobus, préviens Julius !

Julius, Schmidt !

Tu as trois minutes pour te planquer, tu m'entends ?

Attendez mon ordre !

- Alors, tu l'as prévenu ? - Oui.

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Qu'est-ce qu'il a dit Julius ?

Joli carton !

Bouge pas surtout !

Bouge pas, il peut nous voir.

Puisque vous êtes rentré, je passe dans un moment.

J'ai déjà appelé, c'était occupé...

Occupé ? Impossible, je viens d'arriver.

Je vous assure. Il y a trois minutes, c'était occupé.

Vous avez dû vous tromper de numéro.

Je vous assure que non. À tout de suite.

Georges, qu'est-ce qui se passe ? Dis-moi quelque chose !

Réponds !

Ecoute, Schmidt attend quelqu'un qui vient de s'annoncer par téléphone.

Julius est seul, on y va !

On n'a plus le temps. Ne bouge pas, il peut arriver à tout moment.

- Oui, on devrait y aller... - Tais-toi !

Nils, ne bouge pas !

Allô, Georges ? Le taxi de Kuntz !

Le taxi de Kuntz, j'en étais sûr.

Qu'est-ce qu'on fait ? Il vient de descendre de la voiture.

Je ne sais pas, on attend. Je te préviendrai.

Vous ne pouviez pas attendre ?

La police a retrouvé le cadavre de Jürgen.

- Assassiné ? - Oui.

Écrasé. Son corps était dans le dépôt d'ordures.

- Vous n'avez rien vu ? - Non.

Je l'ai attendu pendant 1/2 heure.

Si c'est un piège, Julius est foutu.

Je me demande où il a pu se planquer.

Que dit Hortz ?

Il dit que c'est une saloperie.

- Il veut vous en parler. - On y va ?

Allons-y.

Julius, tu m'entends ?

Julius !

Ils partent !

Julius ! Allô, Julius ! Parle !

Julius, tu m'entends ?

Allô ! Allô, Julius !

Pars, pars vite ! Ils sont partis !

Julius, mais réponds-moi !

Oui.

Je suis toujours là.

Alors, c'est lui ?

Maintenant, je vais fouiller.

Surveillez toujours.

Il n'y avait que du courrier, au nom de Fromm.

Une seule photo,

celle d'un chien.

Oui,

une photo de chien.

Il a fait le désert derrière lui.

Pourquoi avez-vous attendu ? Vous vouliez le voir ?

Oui.

Et quand je l'ai entendu parler allemand, j'ai eu peur.

Il était si près de moi.

Georges a dû espérer un moment que vous alliez le tuer.

Sans doute.

Il vous soupçonne de ne pas vouloir reconnaître Schmidt.

Pendant les années après la guerre, je n'ai trouvé aucune trace de lui.

Puis, j'ai été si malade, je n'avais qu'une seule idée,

vivre normalement, plus souffrir.

J'ai élevé Georges.

Je lui avais dit comment nous avions été torturés.

Les souffrances qui duraient des jours entiers,

son père est mort des tortures de Schmidt.

Moi, il m'arrive d'oublier et ça,

Georges ne veut pas le comprendre.

Et toi ?

Je n'ai pas à vous juger.

Mais j'ai appris quelque chose.

Une mauvaise nouvelle.

On a retrouvé l'homme que vous avez tué.

Schmidt et son réseau le savent.

C'est drôle, je n'ai rien vu dans les journaux.

Tu ne me crois pas ?

Si, pourquoi je ne vous croirais pas ?

- Qu'est-ce que vous décidez ? - Tout de suite ?

Rien.

Nous nous retrouverons demain à la villa.

Il y aura sans doute du nouveau.

Je veux Schmidt, pas un autre !

Allô ?

Allô ? C'est moi, l'obstiné.

Vous avez dû me trouver stupide hier.

Quelle drôle de voix !

Vous avez déjà perdu votre gaieté ?

Je vous demande très peu de choses. Rien, une heure. Même pas une heure.

Mais où êtes-vous ?

Dans une cabine téléphonique.

Ah oui ? Et alors ?

Dites-moi quel appartement, j'arrive tout de suite.

Il n'en est pas question.

Bon, dans un bar, vous voulez ? Je ne sais pas moi...

Un café. Le Campari, vous connaissez ?

Je vous dis, pas question !

Dans 20 minutes, oui ?

Je ne sais pas.

Bon, alors vous êtes d'accord.

Je vous rappelle que je ne sais pas.

Bon, alors, à tout de suite.

J'étais sûr que vous viendriez !

J'ai beaucoup hésité.

Dites quelque chose pour que je vous connaisse vraiment.

Allô.

C'est tout ?

- Vous êtes économe. - Non.

Secret.

J'aime bien votre cape verte.

C'est moi que vous attendiez ?

Absolument.

Petite brune, qui rigole tout le temps,

gros yeux, gros pieds, grosse tête.

Il suffit de vous appeler et vous arrivez !

Bon, si c'est comme ça, tenez. Voilà,

vous allez dîner tout seul.

Gardez au moins le parapluie !

Je ne vais pas vous laisser aller comme ça sous la pluie !

- Vous ne dites pas qui vous êtes ? - Non.

Et comment vous avez eu mon numéro ?

Le hasard.

Vous vous êtes coupé, pas étonnant.

L'alcool est dans la salle de bain au-dessus du lavabo.

- Vous avez trouvé ? - Non.

Aïe !

Oh là, j'ai mes 175 francs qui brûlent !

- Combien pesez-vous ? - Vous êtes bien indiscret.

Et ça c'est vrai ?

Sait-on jamais.

Vous en voulez encore un peu ?

Depuis quand vous savez faire la cuisine ?

J'ai une grande expérience des conserves.

Arrêtez de me regarder comme ça !

Pourquoi ? C'est très agréable de vous regarder !

Allô.

Oui.

Vous vous appelez Raphaël ?

Oui.

C'est pour vous.

Allô.

J'arrive tout de suite.

Vous reviendrez ?

Oui, je reviendrai !

Peut-être pas ce soir.

Mais je vais absolument revenir.

- Comment m'as-tu trouvé ? - Comme toi du coup de fil !

Qu'as-tu de si important ?

Je suis sûr que Julius l'a reconnu, mais il veut encore attendre !

Ecoute, parfois j'aimerais bien penser à autre chose.

Tu t'en fous, hein ? Tu t'en es toujours foutu !

C'est quand même plus ton problème !

On dirait que tu es payé !

Oui, je suis payé, comme si tu ne le savais pas !

Que dis-tu ? Julius te paie ?

Ecoute, ça suffit, ça !

Tu penses ce que tu veux et tu me laisses.

La police a retrouvé le cadavre.

Tout le réseau de Schmidt est en alerte.

C'est pourquoi Julius veut attendre.

Ça fait des années que j'attends !

De toute façon, il aurait trouvé un autre prétexte.

Tu es injuste.

Tu crois que je suis dupe ?

Je vois bien que ce salaud de Nils freine ses recherches.

C'est vrai peut-être, mais Julius...

Julius aussi !

Mais pour d'autres raisons.

Tu te trompes complètement, Georges.

Ce temps et l'argent qu'il y a mis !

Pour avoir bonne conscience comme à la charité !

Au début, oui, il était sincère.

Mais là, il est plein de fric,

il ne va pas tout gâcher pour une vieille histoire !

Quel comédien, il y a longtemps qu'il l'a reconnu !

Non.

Si.

Qu'est-ce que tu écris ?

A ne lire que dans quelques jours.

D'accord.

- C'est ton numéro de téléphone ? - Oui.

Tu pars ?

Oui.

Tu reviendras ?

Peut-être.

- Nils n'est pas là ? - Il est à Porto.

Va le chercher.

Pourquoi tu fais cette tête ?

Qu'est-ce que c'est ?

Figure-toi qu'aujourd'hui c'est mon anniversaire.

Non, non. Merci.

Pas d'amateurs, alors ?

Mangeable.

Je n'ai pas faim.

Ça se mange sans faim, ça me fait plaisir.

Nils !

- Tu l'as acheté où ce gâteau ? - Là-bas, dans le quartier.

Georges, prépare le projecteur !

Tu peux me dire ce que tu fais ?

J'ai une idée.

Georges, passe-moi les cahiers, s'il te plaît.

On a déjà vu ça 100 fois !

Un moment s'il vous plaît, regardez bien.

Regardez bien ce paquet.

Vous voyez ?

C'est un gâteau !

C'est un gâteau d'anniversaire.

C'est la seule fois qu'Olga vient voir Schmidt.

Plan 238, tourné le...

16 octobre.

Julius, vous connaissez la date de naissance de Schmidt.

16 octobre 1911.

Fromm a eu ce gâteau le jour de la naissance de Schmidt.

Nous sommes bien d'accord ?

Vous êtes sûr du jour de la prise ?

- Je garantis même l'heure. - Alors, il n'y a plus d'hésitation !

J'appelle Fernandez tout de suite.

Fernandez ? Vous faites comme prévu pour demain, 3 heures.

Appelez-le tout de suite sur une autre ligne.

Comment ? Il vient de vous appeler ?

Très bien.

C'est pour demain.

Schmidt arrivera à l'heure prévue,

vous avez vu, c'est un homme ponctuel.

Toi Nils, tu l'accueilleras.

Vous commencez l'examen des lieux sans perdre de temps.

Pour Schmidt, nous sommes une société immobilière.

Cette villa est à démolir, nous construirons un immeuble à sa place.

Et que dois-je faire ?

Tu le laisses faire, c'est le technicien,

il commencera par le haut,

dans le sens de la démolition jusqu'à la cave.

Là, nous l'attendrons !

Je veux qu'il sache juste avant qui je suis.

Je veux qu'il se souvienne de mon frère !

Il faut que Kuntz soit retenu demain avec son taxi tout l'après-midi.

À l'aéroport par exemple.

Le voilà.

Hans Fromm.

- Oh, pardon ! - Bonjour, Monsieur.

Enchanté. Si vous voulez bien, nous allons commencer.

Nous aimerions que vous ayez une idée d'ensemble.

Savoir quand les travaux pourront commencer.

Un premier contact.

Oui, je sais, je sais.

Un de vos associés m'a communiqué le dossier.

Je suis au courant.

- La maison est inoccupée ? - Absolument.

- Par où voulez-vous commencer ? - Peu importe.

- Montons, si vous voulez bien. - Oui.

Vous n'allez pas répondre ?

Oui.

Si vous voulez bien.

Si vous mettez le feu à la maison, il ne me reste plus rien à faire.

Vous ne fumez pas toujours les mêmes ?

Nils ?

Rapido ! Rapido !

Stop yelling !

Kuntz !

Kuntz !

Kuntz !

Je voudrais voir M. Kuntz.

M. Kuntz a eu un client pour la journée.

La señorita Olga.

Señor Henrique !

Que désirez-vous ?

- Mademoiselle Olga... - Elle n'est pas ici.

Savez-vous où elle est ?

Elle est partie.

Elle revient bientôt ?

Elle a reçu un télégramme urgent hier soir.

Je ne sais rien de plus.

Voulez-vous lui laisser un message ?

On a crevé mes pneus.

Un monsieur est venu. Plus tard, il a téléphoné.

Qu'est-ce que tu espères ?

Il n'y a aucune chance pour qu'il revienne chez lui.

Il doit être loin à l'heure actuelle.

Toujours aucune nouvelle de Romain.

On aurait dû l'abattre tout de suite !

Au lieu d'attendre dans cette cave pour se faire reconnaître.

Encore une idée de Julius, tiens.

Fromm est passé ici, ce qu'il ne fait jamais.

J'ai eu un client toute la journée, ce qui n'arrive jamais.

Mes pneus crevés, ce qui n'arrive jamais.

Fromm n'est pas chez lui...

Le téléphone sonne...

Ça aussi, c'est anormal.

Vous n'avez pas de nouvelles de lui ?

Non ?

Excusez-moi.

- Hortz ! - Ah ! C'est vous !

Horst ! Écoutez...

Dites à Kuntz de passer me prendre tout de suite.

Ils ont essayé de m'avoir, j'en ai descendu deux.

Vous entendez ?

- Où êtes-vous ? - Chez moi.

Vous êtes devenu fou ?

Je suis revenu pour les documents.

Alors, disparaissez immédiatement.

Kuntz pourrait passer me prendre.

En aucun cas et encore moins chez vous.

Mais où alors ?

Dites-lui à Mar Plana. C'est...

Il connaît. Mais pas avant 4 heures.

- Vous n'auriez pas dû m'appeler. - Mais écoutez...

Horst ! Horst !

C'est pour vous.

Oui ?

D'accord.

Entendu.

Les documents.

J'attendrai.

Mar Plana ?

Il vient d'y acheter un appartement pour passer l'été.

Je vous attends.

Les documents seulement. Le porte-documents !

C'est toi qui l'as eu ?

Non, c'est Kuntz.

Seulement Kuntz.

Sous-titrage : Hiventy

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