All language subtitles for Dossier 137 (2025).1_mkv

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan Download
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified) Download
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian Download
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese Download
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Vous vous reconnaissez ?

Je repose ma question, est -ce que vous vous reconnaissez sur ces

images ? Oui. Vous pouvez me décrire ce que vous faites ? Je me baisse, je

ramasse un pavé et je le jette. En direction des manifestants ? Oui. Je ne l

'ai pas vraiment lancé sur eux, dans leur direction, oui, mais pas sur eux. On y

reviendra. J'ai touché quelqu'un ? Pardon, c'est moi qui pose les questions.

Sur ces images, est-ce que vous constatez des jets de projectiles de la part des

manifestants ? Pas à ce moment-là. Mais avant, oui, il y en a eu plein. On s'est

pris des projectiles et des insultes toute la journée. Et deux minutes avant,

mon commandant s'est pris un pavé dans la figure. Il avait soulevé sa visière pour

qu'on l'entende, il se l'est pris en pleine face. Et les manifestants ont

applaudi. D'accord. Revenons au moment où vous lancez le pavé. Comment vous

justifiez votre geste ? Je ne sais pas. Ça fait 15 ans que je fais du maintien de

l'ordre. J'ai toujours travaillé proprement. J'ai jamais été mis en cause.

C'est la première fois que je suis entendu par les GPN. Là, j'ai craqué. J

'en pouvais plus. Ok. Vous savez si je reste qu'une suspension ? Je ne sais pas.

La suspension dépend de l'enquête administrative. Vous serez entendu par un

autre enquêteur. Je ne sais faire rien d 'autre que la police. Il convient que ce n

'était pas un geste approprié. Il l'a fait sous l'impulsion de la colère et du choc

de voir son supérieur blessé. Vu la résonance de la vidéo, c'est dur de

laisser passer. Un CRS qui jette un pavé, ça porte atteinte à l'image des forces de

l'ordre. C'est un geste de représailles, avec une arme non réglementaire en plus.

C'est grave. Très grave même. Bien sûr. Mais il admet son erreur et il formule

des regrets. En plus, personne n'a été blessé. Il faut tenir compte du contexte,

de la fatigue. Son avocat appellera tout ça au procès. Vous me transmettrez le

rapport ? Oui, entendu. C'est votre cabinet qui est de permanence au week-end

? Non, c'est le cabinet 2. Bon, espérons que ce soit moins agité que le week-end

dernier. Au revoir, Madame Bertrand. Au revoir, Monsieur le Substitue. Petite

Norbert, comment le via- explanations humaine de fiquei- moi-même. On a encore

eu un samedi assez chaotique, avec déjà plusieurs saisines. La nouveauté, c'est

que le parquet a décidé que c'était à nous de gérer l'intégralité des plaintes

liées au gilet jaune, peu importe le degré de gravité. Même celle avec des ITT

inférieures à 8 jours ? C'est ça. Comme Christelle et son cabinet sont à

saturation, je vais dispatcher les prochaines saisines sur les cabinets 1 et

3. On gère déjà 40 dossiers. Je sais. Stéphanie aussi. Christelle en a 50. C

'est une infirmière de l'hôpital qui m'a dit de venir ici pour porter plainte. C

'est pour mon fils Guillaume. Il est mineur ? Non, il a 20 ans. D'accord.

Comme il est majeur, vous pouvez pas porter plainte à sa place. C'est lui qui

doit le faire. Mais il peut pas. Il est à l'hôpital et il est très mal en point.

Dans ce cas, je vais prendre... Je vais prendre votre déposition et puis on verra

par la suite quand les médecins nous autorisent à entendre votre fils. Comment

je dois faire ? J'ai jamais fait ça. Essayez déjà de me décrire simplement ce

qui s'est passé. C'est à la manifestation de samedi. Un policier qui lui a tiré

dessus avec un flashball. Un tir de LBD. D'accord. Vous avez été témoin de la

scène ? Non. J'étais pas avec Guillaume quand ça s'est passé. On était ensemble

juste avant sur les Champs-Élysées mais il y a eu une bousculade et on a été

séparés. Vous étiez venu manifester avec votre fils ? Oui. On est venus en

famille. Il y avait mes trois enfants. Antonin, c'est l'aîné. Et Sonia et puis

Guillaume. Et aussi Rémy, c'est le petit ami de Sonia. C'est lui qui était avec

Guillaume quand ça s'est passé. Donc vous avez été séparés et c'est Rémy qui était

avec Guillaume au moment des faits. Oui. C'est lui qui vous a raconté comment ça s

'est passé ? Oui. Il nous a retrouvés une fois que les pompiers ont emmené

Guillaume à l'hôpital. Oui. Il nous a retrouvés une fois que les pompiers ont

emmené Guillaume à l'hôpital. A quel hôpital se trouve votre fils ? A l

'hôpital Bichat. Ce sont les pompiers qui l'ont emmené là-bas ? Oui. C'est ce que

Rémy nous a dit. D'accord. Il faudrait que j'entende ce Rémy. Vous avez son nom

de famille ? Cordier. Où est-il actuellement ? Il a été arrêté. Il est en

garde à vue. Il a été interpellé par les policiers qui ont tiré ? Non, non. Il a

été arrêté plus tard. Il a été devant un juge. En comparution immédiate ? Oui. Il

a été condamné ? Je sais pas. J'ai pas beaucoup dormi. Ça fait deux nuits que je

suis à l'hôpital. Je comprends pas pourquoi ils ont tiré sur mon fils comme

ça. En pleine tête. Mon fils c'est pas un casseur. Au contraire. Il a un métier. Il

est apprenti électricien. On est venu manifester pour les services publics. À

Saint-Dizier, ils ferment tout. Vous êtes de Saint-Dizier ? Oui. Vous connaissez ?

Oui. Non. Peu importe. Saint-Dizier ou ailleurs, c'est partout pareil. Pareil

que ? Pareil qu'on s'en fout de nous. On va mettre tout ça par écrit. Allô ?

Maman, c'est Stéphanie. Ah bonjour ma grande. Tu vas bien ? Oui. Avec tout ce

qui se passe ? Ça va. Dis-moi maman, ça dit quelque chose ? Une famille Girard ?

Ils sont de Saint-Dizier. Girard ? Oui, Joëlle Girard. 48 ans. Elle a trois

enfants dans la vingtaine. Non. Ça me dit rien du tout. Oh, y a sûrement plein de

Girard par ici. C'est un nom courant. Je peux demander à ton père ? Non, non. C

'était juste par curiosité. Savoir si tu la connaissais. Pourquoi ? Rien. C'est un

truc lié au boulot. Tu enquêtes sur eux ? Non, maman. Moi j'enquête sur les

policiers. Ben ça pourrait être des policiers. Pfff. Laisse, c'est pas grave.

C'est qui ces parents ? J'en sais rien. Laisse tomber. ... ... ... ... ... ... T

'es qui toi ? Comment t'es arrivé là derrière ? ... ... ... ... ... Viens là.

... Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Comme ils le peuvent, le travail d'une

vie. Reste à savoir si les plaques de bois suffiront à empêcher les pillages.

La préfecture de police de Paris tente de les rassurer en insistant sur les moyens

policiers exceptionnels qui ont été mis en œuvre. Il est vrai que sur le terrain,

la démonstration est impressionnante. Oui mon chéri ? Je te dérange ? Non, ça va.

Et toi t'es où ? Je suis dans la voiture de papa. Il y a des gens qui se battent.

Comment ça ? Bah, il y avait deux types qui se prenaient la tête et d'un coup ils

se sont mis à se taper dessus. Regarde. Tu vois ? Oui. Oh putain ! Bon, tu bouges

pas de la voiture. Il est où ton père ? Attends. Tu m'as pas répondu. T'es tout

seul ? Il est où ton père ? Il court. Il court ? Mais t'es où toi ? Au lac de

Choisy. Papa voulait que j'aille courir avec eux pour le marathon mais... J'en ai

marre. Je les attends dans la voiture. Il est avec qui ? Noëlie, sa nouvelle

copine. Ah ! Elle est aussi dans la police. Ah bon ? Elle est au stup avec

lui ? Non, je crois pas. Mais je sais qu 'elle est fille et qu'elle en parle tout

le temps. J'ai fait des photos d'elle. Tu veux la voir ? Oh non non non. Qu'est-ce

que tu veux que je fasse de ces photos ? Bah, je sais pas. Pour voir à quoi elle

ressemble. Je lui dirai pas. Mais non. Pfff. Ça se fait pas. Et puis ça m

'intéresse pas. Attends, quitte pas. Moi aussi j'ai un nouveau copain. Il est trop

mignon. Tu l'as acheté ? Non. Je l'ai trouvé dans le garage de l'immeuble. On

va le garder ? Ah non, je pense pas. C 'est une responsabilité de s'occuper d'un

animal. Mais je m'en occuperai. Tu parles. Allez, on en reparle lundi. Et tu

restes dans la voiture. J'appelle ton père. Oui ? C'est Steph. Oui, salut. Dis

-moi, tu laisses poireauter Victor sur un parking ? Franchement, ça craint. Ça

craint pas. Il a couru avec nous pour se faire du bien. Il s'est arrêté parce qu

'il fatiguait. En attendant, il y a deux types qui se sont battus près de la

voiture. Quoi ? C'est quoi ces conneries ? Je lui ai dit de m'appeler s'il y avait

le moindre truc. Pourquoi il t'appelle toi ? Peut-être qu'il voulait pas vous

déranger. Ah ok, d'accord. Je vois. Ah non non. Tu vois rien du tout. Moi je m

'en fiche de savoir avec qui tu cours. Par contre, tu laisses pas Victor seul sur un

parking au milieu de nulle part. Bon écoute, je retourne à la voiture pour

voir ce qu'il se passe. Ciao. Ciao. Nous, Stéphanie Bertrand, commandant de police

à l'IGPN, prions et aux besoins requérons l'hôpital Bichat de nous communiquer les

informations concernant l'état de santé de monsieur Girard Guillaume, admis dans

vos services le 8 décembre 2018, notamment de nous indiquer quand son état

de santé permettra une audition par nos services. Prions et aux besoins requérons

monsieur ou madame le capitaine de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris de

bien vouloir nous communiquer en retour tous les éléments en sa possession

relatifs à une intervention de secours en date du 8-12-2018, impliquant un sujet

masculin de 20 ans dont le nom est Girard Guillaume sur le secteur Triomphe 75-008.

Prions et aux besoins requérons le bureau de l'exécution des peines de nous

indiquer en quel établissement pénitentier a été transféré monsieur Rémi

Cordier suite à sa condamnation en comparution immédiate. Prions et aux

besoins requérons le bureau de l 'exécution des peines de luca et les

conseils médicaux. Prions et aux besoins requérons à la main nous indiquer l

'identité de la kuvane qui est alors assezodenée de la fois que nous avons

oublié le classement des sapeurs qui ont été ignorés. � societat informatique en

sciences qui hebt- değilde Match ber- vait , Mme la пров relatif aux션s du

département s'est Воil phBrway 3 fpv2 de la fraude uneeck dite pour of ruralie qui

y v später. � corps eon ma τηςent m' começar obtenir le Android partice easty.

écorent m'écouter ici et ensuite à l huile à morion de cri de communication

sur outre laочь. Les constatations sont les suivantes. Quintuple fracture

crâniofaciale gauche avec embarrure étendue à l'os temporal, plaie crânio

-cérébrale avec forte hémorragie sous -arachnoïdienne. L'hématome et les lésions

sont compatibles avec un impact de munitions type LBD40. M. Girard souffre d

'aphasie et de stress post-traumatique aigu et n'est pas audible pour une durée

indéterminée. Vous prions de trouver si joint une autorisation du parquet pour

entendre en qualité de témoin le détenu Rémi Cordier et vous prions de nous

proposer une date et une heure que vous jugerez appropriée pour son audition à

votre établissement à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Bonjour M. Cordier, je

suis le commandant Bertrand de l'IGPN, l 'inspection générale de la police

nationale, mon collègue le Major Guérini. Nous enquêtons sur les circonstances qui

ont mené à la blessure de Guillaume Girard samedi dernier. Sa mère nous a dit

que vous étiez avec lui au moment des faits. Est-ce exact ? Ouais. Nous

souhaitons vous entendre en qualité de témoin. Je ne sais même pas comment il

va, je n'ai aucune nouvelle. Son pronostic vital n'est plus engagé mais

les médecins ne le jugent pas. Il ne se juge pas en état d'être auditionné. Pas

en état, ça veut dire quoi ? Il va avoir des séquelles ? Je ne sais pas. Putain,

mais il n'a rien fait. Ses fils de pute, ils l'ont défoncé alors qu'il n'a rien

fait. Tu baisses d'un ton là. Et tu parles correctement s'il te plaît. Et

vous les avez retrouvés ? Les flics là qui ont fait ça, vous les avez retrouvés

? M. Cordier, c'est nous qui posons les questions. Parce que vous allez me

croire. Au tribunal, ils ne m'ont même pas écouté. Ça a duré cinq minutes,

montre en main, tout ce qui comptait, c 'était... une fiche d'interpellation

rédigée. Par les flics, qui disaient que je leur avais tapé dessus. C'est

complètement faux. M. Cordier, nous ne sommes pas là pour enquêter sur votre

interpellation, mais sur ce qui est arrivé à M. Girard. Votre témoignage peut

nous aider à comprendre ce qui s'est passé. Mais si c'est ma parole contre la

leur, ça ne sert à rien. Avec qui êtes -vous venu manifester à Paris ? Sonia, ses

deux frères et sa mère. Sonia, Antonin, Guillaume et Joël Girard, c'est ça ? Oui.

On arrivait de Saint-Dizier le matin. C 'était... Antonin. C'était toi et moi qui

avions lancé l'idée. On n'est pas particulièrement gilets jaunes, mais ma

mère et Rémi sont des soignants, moi je suis brancardier, et on a marre qu'on

soit payé une misère. Alors on voulait participer. Puis c'était l'occasion de

venir à Paris. Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline De l

'attendre avec un petit bouquet d 'églantine J'ai écrit une fleur et j'ai

sifflé tant que j'ai pu J'ai attendu, attendu et je n'ai jamais venu Zaï, zaï,

zaï, zaï Joël ! Zaï, zaï, zaï, zaï Allez maman ! Zaï, zaï, zaï, zaï Zaï, zaï, zaï,

zaï Oh ! Oh ! Oh ! Allez ! Allez ! À Paris ! Vous participez souvent à des

manifestations ? Non. C'est la première fois que je monte à Paris. On a laissé la

voiture d'Antonin apprenu une porte. On était un peu perdus, on ne savait pas

vraiment où était la manifestation. On a longé la scène. On s'est fait contrôler

plusieurs fois. Vous ne voulez pas venir avec nous ? Non, vous ne voulez pas ?

Bonsoir. Monsieur, arrêtez de fumer. On a vraiment beaucoup marché, moi j'avais mal

aux pieds. On en a profité. On est venu pour faire un petit peu de tourisme. C

'était l'occasion. C'est sûr que ça nous changeait de Saint-Dizier ? On a fini par

rejoindre des gilets jaunes qui voulaient aller sur les Champs-Elysées. Ils nous

ont dit que ça se passait là-bas. Et quand on est arrivé sur les Champs

-Elysées, il y avait beaucoup de monde. Je suis allée tout décembre, ça c'est la

terre ! On sentait les lacrymos. Ça avait l'air de chauffer près de l'Arc de

Triomphe. Il y avait même un hélico qui volait au-dessus. On n'était pas trop

rassuré. Au bout d'un moment, on a voulu repartir. Et on s'est retrouvé bloqué par

des policiers. Ils volent pour nous, on peut pas, nous on est là ! On est là ! On

est là ! Même si Macron ne veut pas nous, on est là ! Ils voulaient pas nous

laisser passer et ils ont fini par nous balancer des lacrymos. On s'est réfugiés

dans une laverie. C'était très chaotique. En manifestant, on s'est fait arrêter. C

'était flippant. Puis il a commencé à faire nuit. On a essayé de repasser par

les Champs-Elysées pour pouvoir repartir. C'était pas possible. C'est... Les

lacrymos tombaient de partout. C'était la... La panique, les gens couraient dans

tous les sens. Et c'était... ... ... ... À un moment donné, on s'est rendu compte

que Guillaume et Rémi étaient plus avec nous. On savait pas où ils étaient

passés. Et Guillaume et moi, on s'est retrouvés dans des rues je sais pas où et

là on a vu qu'on avait perdu les autres. D'accord, continuez. Après on a essayé de

retourner vers les Champs-Elysées pour retrouver les autres. Et puis des flics

ont surgi et nous ont tiré dessus avec leurs flash-balls. Comme ça, ils ont

surgi et ils vous ont tiré dessus, sans raison ? Oui. On descendait une rue, ils

sont arrivés à un croisement par la droite. Moi je suis parti en courant, je

pensais que Guillaume me suivait. Et quand j'ai vu qu'il était plus avec moi,

je suis revenu sur mes pas. Et je vois... Les flics ils étaient plus là. Guillaume

il était par terre. Il avait la tête en sang. Et moi j'étais en panique, j'ai

appelé les pompiers. Les policiers étaient en tenue ou en civil ? En civil

je crois. Ils portaient des brassards de police ? Je sais pas, j'ai pas vu. Qu'est

-ce qui vous permet d'affirmer qu'il s 'agissait de policiers ? Mais c'est quoi

cette question ? Evidemment que c'était des flics, ils avaient des flash-balls.

Avez-vous vous-même ou Monsieur Girard eu une attitude hostile envers les policiers

? Non. Quand vous les avez vus, vous n 'avez rien dit, pas fait de geste ? Non. J

'ai juste couru et crié à Guillaume de se casser avec moi. Pourquoi ? Mais comment

ça pourquoi ? J'avais peur. Ils avaient levé leur arme. Aviez-vous vous ou

Monsieur Girard commis auparavant des dégradations matérielles, des pillages ou

des violences contre les forces de l 'ordre ? Non. Vous êtes sûr ? Oui. Dans

votre téléphone, nous avons trouvé des vidéos de voitures en feu. Avez-vous

participé à ce type de vandalisme ? Non. Est-ce que vous êtes attirés ou fascinés

par la violence ? Non. Pourquoi avoir filmé les voitures alors ? Je sais pas. C

'était... C'était quoi ? C'était... Je sais pas. Est-ce que vous êtes politisé ?

C'est-à-dire ? Est-ce que vous faites partie d'un mouvement politique ? Extrême

droite, extrême gauche ? Non. Je m 'intéresse pas à la politique. C'est la

première fois que je viens de manifester. Monsieur Cordier, vous avez été

interpellé vers 19h40, soit une heure après les faits, pour outrage, rébellion

et violence. Est-ce que vous pouvez nous expliquer les circonstances de cette

interpellation ? Je suis resté dans les rues pour essayer de retrouver les flics

qui lui avaient tiré dessus. Pourquoi ? J 'étais en colère. Je voulais les

retrouver. Pour les prendre en photo, les filmer. Pour avoir une preuve. Une preuve

de quoi ? Qu'ils étaient eux, qu'ils étaient là. Et ensuite ? À un moment

donné, je me suis retrouvé face à des CRS avec d'autres manifestants. Ils

bloquaient à nouveau le passage, ils nous balançaient des lacrymos. Moi, j'étais

tellement vénère que je me suis mis à les insulter. Et à ce moment-là, il y a des

flics qui se sont remis vers moi et ils m 'ont plaqué au sol. Sur votre file d

'interpellation, il est précisé que vous avez porté des coups aux policiers. C'est

fou. C'est eux qui m'ont mis des coups. Parmi les vidéos retrouvées dans votre

téléphone, nous en avons une qui montre les pompiers qui s'occupent de Monsieur

Girard. Pourquoi avez-vous filmé ça ? Je voulais montrer comment les flics, ils

avaient massacré Guillaume. Monsieur, vous savez ce qu'il s'est passé ? Un

flashball, il s'est pris un flashball ! Dans la tête ? Dans la tête ! Ok, merci.

Les gars, c'est un tir de flashball. On reste pas là, on y va, on embarque. Ok,

reçu. Attention pour lever. Levez. S'il vous plaît, Monsieur, laissez-nous

travailler. C'était par là, non ? Ouais, le camion de pompier était là. On voit

plus de traces de sang. Le service propreté a dû passer dès le lendemain.

Ils ont nettoyé tout le quartier. C'est sûr qu'ici, ça traîne pas. Faut que ce

soit bien propre. C'est l'arrière de quel hôtel, ça ? Prince de Gagne. Prions et,

au besoin, requérons la direction opérationnelle des services techniques et

logistiques de nous faire connaître. On va faire parvenir l'enregistrement vidéo

des caméras PZVP suivantes sur la journée du 8 décembre 2018 de 16h à 20h. Caméra

08021, avenue George V, rue de la Trémoaille. Caméra 08371, Champs-Élysées,

angle rue Bassano. Caméra 0815, avenue Pierre Ier de Serbie. Caméra 073 532,

Champs-Élysées, angle George V. Caméra 08118, rue Marbeuf, avenue George V. C

'est la caméra 0815, avenue Pierre Ier de Serbie. À l'arrière de l'affrontement, au

fond là-bas, tu peux apercevoir un petit groupe de 5 personnes qui s'engagent dans

la rue George Bizet. Évidemment, on ne distingue pas grand-chose, mais on les

récupère juste après sur la caméra d'une clinique privée rue George Bizet. Le

redatage correspond. 18h17 pour la PZVP, 18h18 pour George Bizet. Voilà, on voit

qu'ils sont en civil et casqués. Les deux premiers semblent porter des LBD. Au

moins le premier. Le deuxième a possiblement des protège-tibia. Tu vois,

là ? Hum hum. Finalement, à 18h22, je les récupère sur la caméra d'un DAB à l'angle

avenue Marceau, rue de Chailloux. On ne voit pas leur tête, mais c'est le même

groupe si tu compares les baskets et les pantalons. On distingue bien les protège

-tibia. Et là, on voit qu'ils sont 3 à être équipés de LBD. Les deux autres ont

des matraques télescopiques, regarde. LBD, LBD, télesco, télesco, LBD. Si on

suit leur progression sur une carte, ils viennent de Pierre Ier de Serbie, puis

George Bizet. Puis ils ont dû bifurquer rue de Chailloux jusqu'à l'avenue Marceau

avec le DAB. Ce qui veut dire qu'ils se retrouvent en face de Quentin Beauchard.

Il est donc tout à fait possible qu'ils se soient engagés dans la rue Quentin

Beauchard, qui mène à la rue Magellan où Guillaume Gérard a été blessé. Tu peux

revenir sur George Bizet ? On sait quels effectifs civils opéraient dans cette

zone à cette heure-là ? C'est là que les choses se compliquent. Avec Marc, on a

épluché le télégramme opérationnel, l 'OPT, le rapport de synthèse Pégase, les

serres du trafic radio. Bon, pour les unités en tenue, c'est relativement

carré, mais pour la BAC, la BRI, la CS, la CSI, enfin toutes les unités en civil,

laisse tomber. En fin de journée, ils se déplaçaient plus que de leur propre

initiative. La préfecture et le gouvernement étaient tellement en panique

qu'ils ont fait appel à tout le monde, mais ça manquait clairement de

coordination. Encore, je suis gentille, en vérité, c'était le bordel complet.

Quel était votre grade et votre fonction lors de la manifestation du 8 décembre ?

Je suis capitaine de police. J'avais sous mon autorité les équipages BAC 11, 12, 19

et 20. Je suis major de police et j'avais sous mon commandement les 9 sections

civiles de la compagnie de sécurisation et d'intervention, sous les ordres du

commandant Baron. Commissaire divisionnaire. Je dirigeais sur le

terrain les effectifs de la BRI. La DGPA nous avait demandé, à titre exceptionnel,

de prêter main forte aux forces mobiles, qui ne maîtrisaient plus la situation. J

'étais chef d'un des détachements d'action rapide nouvellement créé, le DAR 5,

composé de 25 fonctionnaires provenant des BAC 93 et 92 et différents

commissariats. J'étais major de police et j'avais sous mon autorité les équipages

de la BAC 92. Pouvez-vous préciser quelles étaient vos missions ? On nous a

demandé d'empêcher les pillages et d 'impacter les individus violents. Cibler

les casseurs et les individus qui s'en prenaient aux collègues en tenue ? On

nous a dit que la République était en danger, qu'il fallait stopper l

'insurrection. On nous a demandé de participer à l'effort de guerre. C'était

les instructions que vous aviez, sauver la République, participer à l'effort de

guerre, en ces termes ? Oui. Le maintien de l'ordre fait partie de vos

attributions habituelles ? Non. Non. Quelles sont vos missions habituelles ?

Vous ne connaissez pas les missions de la BRI ? Répondez à ma question, s'il vous

plaît. Mission d'intervention dans le cadre du grand banditisme, prise d'otages

et terrorisme. Lutte contre les violences urbaines, flagrant délit sur la voie

publique. Aviez-vous reçu une formation spécifique pour le maintien de l'ordre ?

Non. C'était fait dans une certaine précipitation. Le gouvernement est en

panique. On nous a demandé d'intervenir du jour au lendemain dans une

improvisation totale. Certains de mes hommes ont dû s'équiper eux-mêmes chez

Décathlon. De quelles armes disposez-vous ? LBD40, des grenades Jem 2L, nos armes

de service. Des grenades de désencerclement et des gazeuses dans le

sac à dos. Avez-vous fait usage de vos LBD40 ? Oui. On était souvent face à des

casseurs très déterminés. Oui, bien sûr. A de nombreuses reprises. Oui. J'ai

validé une soixantaine de tirs. Avez-vous rempli des fiches TSUA pour les tirs ?

Non. J'ai dispensé mes hommes de le faire. La situation ne s'y prêtait pas.

Dans un tel contexte, les fiches TSUA sont remplies en fin de vacation ou même

le lendemain, en indiquant un créneau horaire à un périmètre géographique

large. On les a remplies le lendemain, mais pas pour chacun de nos tirs. Vous

êtes pourtant tenu de le faire ? Tenu de le faire, oui. Sauf que là, c'était

impossible. Je vous dis que c'était impossible. La situation était quasi

insurrectionnelle. On n'était pas du tout dans un contexte de maintien de l'ordre

classique. Y a-t-il eu de la part de vos hommes des tirs qui ont provoqué des

blessures et l'intervention des sapeurs -pompiers ? Pas que je sache. De mémoire,

non. Les individus impactés partaient en courant. J'ai pas vu de blessés. Je vous

montre une image prise le soir du 8 décembre. Pourrait-il s'agir d'une unité

de vos effectifs ? On distingue pas grand -chose, là, mais... Non, je pense pas,

non. Non. Avez-vous croisé des unités qui pourraient correspondre au groupe qu'on

aperçoit sur ces images ? Non. Ça me dit rien. Pas dans mon souvenir, non. Non.

Eric, du cabinet 3, a trouvé des images qui correspondent à nos gars. On

travaille sur une autre affaire du 8 décembre. Il a trouvé une vidéo d'un

journaliste qui filmait une intervention de pompiers à l'angle de la rue Vernet,

rue Bassano. C'est à 18h29. Donc 7 minutes après leur passage devant le

distributeur de l'avenue Marceau. Tu vois, ils apparaissent là. C'est le même

groupe. Même nombre, mêmes armes, même détails. On les distingue beaucoup mieux

que sur les autres vidéos. Ouais. Prends les voix plus... Je te les repasse de

plus près. Le premier, ils ont des LBD. Le troisième, ils baissent sac à goule.

Le dernier aussi, il a un LBD. Et le troisième, quand il baisse sac à goule...

Là. Voilà. On voit plutôt bien son visage. Et là, voilà. S'ils étaient

avenue Marceau à 18h22, ils ont pu passer à l'angle Magelan, quand un beau char ou

Guillaume Gérard a été blessé, remonter l 'avenue Georges V et se retrouver à l

'angle Vernet-Bassano à 18h29. Je fais des captures d'écran. Là où on les voit le

mieux. T'as vu leur casque ? C'est bien, ça. Mais merde ! Yes ! Ouais ! On va dire

à mon équipe. Ouais, ouais. Merci. Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ouais !

Ouais ! Ouais ! Non, non ! Une ! T'es énervant, parce qu'elle a vraiment un

style dégueulasse, tu vois. Quoi, quoi ? Bah elle le met dedans. Non, mais je

parlais pas de toi. Je n'oserais pas. Je pourrais pas parler de toi comme ça.

Allez ! Non, c'est l'autre main, c'est l 'autre main. Attends, attends, attends.

Concentration. Concentration. Concentration. ... Je vais au

ravitaillement. Bienvenue. Moi, je viens de Paris. ... On va en prendre quatre

autres, s'il vous plaît. ... Salut ! Salut, ça va ? Super. Et toi ? Enfin,

vous. Bonjour. Noëlie, Stéphanie. Son ex. La maman de Victor. C'est ça. Victor. ...

Je peux te poser une question ? Oui. Tu travailles à l'IGPN ? Oui. La bonté de Le

Sup. Oui, c'est ça, avec Jérémy. ... Comment on peut passer l'un à l'autre ?

Comment on peut préférer enquêter sur des collègues plutôt que sur des criminels ?

Ça m'intéresse. Ça se pose pas tout à fait en ces termes. Ah non ? Non. Mais j

'ai pas envie de parler de ça ici. OK ? On est là pour se détendre. Oui, bien sûr. T

'étends très bien. ... Nous, avec le syndicat, nous sommes là pour se serrer

les coudes. D'accord. Ça te dérange pas que je sois au syndicat ? Pas du tout.

... Nous, on est là pour défendre les collègues. On a tous ras-le-bol du police

-bashing. Et vous, avec vos enquêtes, à la mormoineuse, vous vous jetez la suspicion

sur tout le travail de la police nationale. Je crois exactement l'inverse,

mais bon... ... Ah, c'est bon, ça ! ... ... ... Ça fait deux fois en deux mois

que vous me convoquez ici, pour une affaire dont je doute qu'elle concerne la

BRI. Vous perdez votre temps, ce qui n 'est peut-être pas très grave, mais

surtout, vous me faites perdre le mien, alors que nous avons des missions

autrement plus importantes. Personne n'a envie de perdre du temps, commissaire. Si

vous coopérez, ce sera très rapide. ... Je vous montre des captures d'écran

provenant d'une vidéo prise par un journaliste le soir du 8 décembre 2018.

... Ces hommes pourraient-ils faire partie de la BRI ? ... Je sais pas. Il y

en a un dont on distingue le visage. Oui, mais je sais pas qui c'est. Que pensez

-vous des casques que portent ces hommes ? J'en pense rien. Trois de ces casques

sont des casques Wendy, dont est dotée la BRI. Je ne suis pas spécialiste de

casques. Les deux autres portent des casques personnels non réglementaires.

Donc vous me faites venir ici pour savoir si des casques sont réglementaires ou pas

? ... Lors de votre dernière audition, vous avez déclaré, je cite... ... ... On

nous a demandé d'intervenir dans une improvisation totale. Certains de mes

hommes ont dû s'équiper eux-mêmes chez Decathlon. Confirmez-vous cette

déclaration ? Je me souviens pas. Je vous montre la fiche de produit du casque de

skateboard Oxelo vendu par Decathlon. Qu 'en pensez-vous en le comparant au casque

figurant sur ces deux captures d'écran ? J'en sais rien. Il y a peut-être une

certaine ressemblance, mais ça me permet pas d'affirmer que ce sont les mêmes. Mes

hommes ne sont pas les seuls à utiliser leur propre casque. Ils ont été obligés

de s'équiper eux-mêmes chez Decathlon. ... Nous avons fait des réquisitions

auprès des Decathlon d'Ile-de-France pour savoir qui a acheté des casques Oxelo

dans les jours précédant la manifestation. ... On pourrait tous les

deux gagner du temps si vous nous fournissez les noms de vos effectifs

figurant sur ces images. ... Je peux aussi convoquer un par un tous les

membres de la BRI jusqu'à ce que nous ayons identifié ceux qui figurent sur la

vidéo. ... Mais ça m'embêterait de perturber vos missions. Je vous laisse

revenir vers moi. ... Constatons que les noms des membres de la BRI fournis par le

commissaire divisionnaire Frédéric Picard sont les suivants. Clément Garcia, Michel

Brzezinski, Arnaud Lavallée, Sébastien Jacquet, Michael Fage. ... Monsieur

Garcia, vous reconnaissez-vous sur cette image ? ... Oui. Confirmez-vous qu'on

vous voit ici en compagnie de Michael Fage, Sébastien Jacquet, Arnaud Lavallée

et Michel Brzezinski. ... On les reconnaît pas vraiment. ... Je reconnais

Clément Garcia et Arnaud Lavallée. Pour les autres, je suis moins sûr. ... Vous

étiez bien ensemble le soir du 8 décembre ? Oui. ... Un grand moment pour la BRI.

... On voit que vous vous déplacez en petits groupes. Ce n'est pas risqué dans

un contexte aussi conflictuel. ... C'est plutôt inhabituel, non ? Nous nous étions

séparés du groupe principal pour utiliser les toilettes d'un café. Et ensuite, nous

avons mis un certain temps pour faire la jonction. Quel café ? Je me souviens pas.

Où a eu lieu la jonction avec le groupe principal ? Sur les Champs-Élysées. À

quelle hauteur ? Plutôt vers le haut. Vous vous souvenez des rues que vous avez

empruntées pour rejoindre les Champs -Élysées ? Plutôt des petites rues. Je

saurais pas dire lesquelles. Sur les enregistrements, on vous voit avenue

Pierre 1er de Serbie, rue Georges Bizet, avenue Marceau et rue Vernet. Qu'en dites

-vous ? Je suis pas familier de ce quartier. J'ai pas fait attention aux

noms des rues. Mais c'est bien votre groupe qu'on voit sur ces vidéos ? Oui.

On dirait, oui. Monsieur Brzezinski, confirmez-vous que vous étiez porteur

dans LBD 40 ? Oui. À part vous, qui était équipé dans LBD ? La Vallée et Fage. En

avez-vous fait usage lors de votre progression vers les Champs-Élysées ? C

'est possible. Je me souviens qu'à d 'autres occasions, nous avons dû tirer

pour tenir des individus hostiles à distance. Certains individus étaient très

violents et avaient envie d'en découdre. Les voitures ont-ils causé des blessures

parmi les manifestants ? C'est certain. Il y a des manifestants, ils ont dû avoir

des bleus. Je parle de blessures nécessitant l'intervention des pompiers.

Pas dans mon souvenir. Je crois pas, non. Vers 18h30, un jeune homme de 20 ans a

été blessé à la tête par un tir de LBD rue Magellan. Qu'en dites-vous ? Ça me

dit rien. Je sais pas, ça m'évoque rien. Vous ne vous souvenez pas d'une situation

impliquant deux manifestants qui ont amené un de vos collègues à effectuer un

tir de LBD ? Non. Pourtant, vous étiez dans ce secteur à cette heure-là. C'est

possible, mais je me souviens pas d'un tel incident. C'était une journée très

mouvementée, je me souviens pas très bien de tout. Vous n'avez pas vu de

manifestants blessés ? Non. Non. Non. Non, je me souviens pas de manifestants

blessés. Ils disent qu'il y a eu des situations conflictuelles et possiblement

des tirs, mais sans pouvoir les situer ni les décrire précisément. Et aucun d'entre

eux dit ce soir Je me souviens d'un manifestant blessé par un tir de LBD. Il

y a quand même des chances que l'un d 'entre eux soit à l'origine du tir qui a

blessé Guillaume Girard. Oui, mais on sait rien des circonstances. Vous avez pu

entendre Guillaume Girard ? Seulement par écrit. Il commence tout juste à retrouver

l'usage de la parole. Sa version correspond à celle de Rémi Cordier, que

tout s'est passé très vite et qu'il n'a pas eu d'attitude hostile. Bon. Quel est

votre sentiment personnel ? Je n'ai pas de sentiment personnel. Les collègues de

la BRI ne sont clairement pas très coopératifs, mais rien ne prouve pour

autant qu'ils ont agi en dehors du cadre légal. En l'état, il est impossible de

connaître la vérité. On reste combien de jours à Saint-Désir ? Toute la semaine.

Il n'y a rien à faire là-bas, c'est nul. Il y a les Rafales. Super. Mamie va te

bichonner. Je parie qu'elle nous a préparé son gratin de macaroni pour ce

soir. Qu'est-ce qu'il fait, yaourt ? Je crois qu'il en a marre d'être enfermé. Tu

peux mettre le gilet jaune, là, devant ? Il doit être dans la boîte à gants. ...

... ... ... ... ... ... Victor, tu aides ? Laisse-le, il s'amuse avec le chat. Tu

devrais faire des vidéos. Il y en a plein sur Internet. Je suis sûre que Yaourt

aurait beaucoup de succès. Tu ne veux pas tâcher à la vaisselle ? J'aime bien faire

la vaisselle. Ils sont mignons. Ils sautent. Celui-là est rigolo. Ta mère

passe plus de temps à regarder les vidéos de chatons qu'à parler avec moi. Mais

alors ? C'est mieux que les horreurs que tu regardes à la télé. Si tout le monde

faisait comme moi, le monde irait peut -être mieux. Au moins, ce n'est pas

violent. Ces vidéos font des milliards de vues. Le monde est toujours aussi

violent, je te rassure. Au contraire, ça empêche les gens de réfléchir. Mais pas

du tout. Ça fait réfléchir à d'autres choses. Quand plus personne aura de

cerveau et que la démocratie aura disparu, tu te demanderas si tu n'as pas

trop regardé les petits chats. Toi, de toute façon, tu n'as pas de cœur. L'autre

fois, il a tué une taupe avec sa pelle bêche, comme ça. Ah bon ? Avec sa pelle,

comme ça. Eh bien, ça que ma pelouse. Ta pelouse ! De violent. De violent, Gérard,

c'est tout. C'est tout. C'est tout. C'est tout. C'est tout. Que s'il reste à part

les croquettes et la litière ? Les porcs. Et c'est l'eau minérale pour maner. Je

vous en occupe. On va chercher les croquettes pour yaourt et puis du sable à

char. C'est au fond à gauche. OK. Alors, on va voir. Allez. Excusez-moi. Excusez

-moi. Je suis là. Vous êtes là. Excusez -moi. Excusez-moi. On vous connaît. Qu'est

-ce que vous faites, là ? Vous nous suivez ? Non, pas du tout. Qu'est-ce que vous

faites ici, alors ? Je fais mes courses. Ici, à Saint-Dizier ? Oui. Ne nous prenez

pas pour des idiotes, on a bien vu que vous nous observiez. Pourquoi je vous

observerais ? Je sais pas. Pour nous espionner ? J'ai aucune raison de vous

espionner. Ah ouais ? C'est peut-être pas vous l'enquête de moralité que vous avez

faite sur Guillaume ? Toutes les saloperies qui ont été publiées sur les

réseaux sociaux. Comme quoi il méritait ce qui lui était arrivé, que c'était bien

fait pour lui. Vous essayez de le faire passer pour un criminel ? J'ai rien à

voir avec ça. Je suis pas ici pour vous espionner, je suis venue rendre visite à

mes parents. Qu'est-ce que vous racontez ? La vérité. Je suis née ici, à Saint

-Dizier. Vous êtes en train d'inventer un truc. Non. J'ai grandi ici. J'ai avec mon

fils, on fait les courses. Vous êtes là pour nous ? Montrez-moi vos papiers.

Pardon ? Votre pièce d'identité. J'ai pas mes lunettes, vérifie toi. À Saint

-Dizier. C'est qui vos parents ? Sylvie et Gérard Bertrand. Sylvie Bertrand ? Oui. À

Marneval ? Oui. Tu la connais ? Bah oui, il y a deux ans, elle s'était cassé le

poignet, je venais l'aider pour les soins. Vous voyez que je mens pas. Vous

pouvez nous dire où en est l'enquête ? Personne nous dit rien. Elle est en

cours. C'est une enquête préliminaire, c 'est un processus long. Excusez-moi, je

suis vraiment pas censée communiquer avec vous en dehors des auditions. Pourquoi ça

prend tellement de temps ? Alors que pour Rémi, il a suffi dix minutes pour le

condamner. Il a fait trois mois de prison. Il a perdu son emploi. Avec un

casier judiciaire, il trouvera plus jamais rien. Ça vous en fichez, hein ? Qu

'est-ce que ça peut vous faire ? C'est vrai que c'est long, mais on s'en fiche

pas. Il faut que vous soyez patient. Mais ça fait des mois qu'on est patient. Dites

-nous au moins si il y a des avancées sur l'enquête. Je suis désolée, je peux rien

vous dire. Ha ! Bien sûr. Viens, Sonia, on y va. C'est mon petit bout. Je serais

vous, je pourrais même pas me regarder dans la glace. C'est pas la peine, viens.

C'est qui ? C'est des Gilets jaunes ? Non. Tu vois bien qu'elles avaient pas de

Gilets jaunes. Ça pourrait être des Gilets jaunes en Suisse. Je t'avais

demandé si tu la connaissais. Oui, je sais. Tu m'avais dit que tu les

connaissais pas. Ben oui. Je me souvenais plus du tout qu'elles appelaient Gérard.

Vous me l'avez peut-être pas dit, d 'ailleurs, je sais plus. Je crois que je

connaissais que son prénom. Gisèle, c'est ça ? Non, Joël. Tu vois, je m'en souviens

même pas. Pari que son fils s'est fait salement amoché pendant les

manifestations. Non, mais maman, tu le fais exprès, là, ou quoi ? Tu fais pas le

lien avec mon boulot ? C'est vous qui inquiétez. Qui inquiétez-tu ? Ben oui,

qui veux-tu que ce soit ? Je sais rien. Pourquoi tu t'énerves ? Je m'énerve pas,

mais ça me paraît dingue que tu fasses pas plus attention que ça à ce que je

dis. Je fais attention. En tout cas, j 'espère qu'ils vont pas étouffer l

'affaire. Non, mais attends, tu vas pas t 'y mettre, toi aussi. Tu te rends compte

de ce que tu dis ? Tu parles de mon travail, là ! Tu crois que je suis là

pour étouffer les affaires ? Non, c'est même le contraire ! Tu sais combien d

'auditions on a menées, combien de réquisitions, les PV à rédiger, tu n'as

pas preuve ? Des enquêtes comme ça, on en a des dizaines. Mais j'ai rien dit. Si, t

'as dit quelque chose. Tu dis tout ce qui te passe par la tête. Tu réfléchis même

pas, c'est insupportable. T'as une idée de ce que c'est, toi, le boulot des

policiers qui font le maintien de l'ordre ? Non, aucune. Tu sais combien il y a eu

de policiers blessés pendant les manifestations ? C'est pas une raison

pour mutier les gens qui n'ont rien fait. Mais qu'est-ce que t'en sais, toi, qui n

'ont rien fait ? T'étais là, t'as vu quelque chose ? Non. Donc tu sais rien,

tu te tais. J'aime, t'es. J'avais le droit d'avoir de la peine pour ce jeune.

Moi, j'aimerais bien aller à la Direction nationale. Ils ont des belles affaires de

probité, là. Pas le boulot ingrat qui nous balance ici. T'es sûr que tu vas

être sous les ordres de De Croly ? Non, je vais pas tenir une semaine. Je suis

venu à l'IGPN pour coincer les ripoux, moi. Pas les collègues qu'on envoie aux

casse-pipes. À chaque nouvelle manif, y a de nouvelles plaintes, ça n'arrête pas. C

'est vrai qu'en ce moment, on fait plus que ça. Non, c'est vrai. Plus que moi, au

début, j'étais plutôt d'accord avec les Gilets jaunes. Franchement, sur le fond,

ils ont raison. Mais bon, après, ils ont vrillé. Vraiment vrillé. C'est normal que

les collègues et les boules, les balancent en première ligne en exigeant d

'eux qu'ils rétablissent l'ordre, soit disant qu'il faut sauver la République,

mais là, boum, au moment de dérapage, ils sont montrés du doigt. Le problème aussi,

c'est qu'on les infantilise, on leur parle comme à des gamins. Et encore, y a

plus personne qui parle à ces gamins comme les chefs parlent à leurs hommes.

Ça aussi, ça tape sur les nerfs. Du coup, quand ils sont en mission, ils se

défoulent. L'autre jour, j'ai entendu un commissaire dire en se marrant que ces

gars se lâchaient comme dans un jeu vidéo. T'as vu les images des collègues

de la BAC qui tirent au LBD en disant « À voter, à voter ! » Déconnez complètement,

les mecs. À chaque tir, « À voter ! » Victor, tu es tard ? Il s'est pris un

flashball ! Dans la tête ? Dans la tête ! OK, merci. Bonne bonne journée. Les gars,

c'est un tir de flashball. On reste pas là, on y va, on embarque. OK, reçu.

Attention, pour lever, levez. Victor ! S 'il vous plaît, je te laisse aller

travailler. Victor, tu es tard ? Oui, j 'ai fini mon chapitre. Après, tu es tard.

Allez, bonne nuit. Merci. Merci. Maman ? Oui ? Oui ? Pourquoi tout le monde

déteste la police ? Quoi ? Mais non. Tout le monde la déteste pas, qu'est-ce que tu

racontes ? Ben si. Papa et toi, vous vous en rendez même pas compte parce que vous

vous connaissez que des policiers. Mais personne aime la police. C'est des

bêtises, ça. Quand il y a eu les attentats en France, les gens nous

applaudissaient dans la rue. C'était il y a longtemps. Non. Merci. Tes copains te

disent qu'ils aiment pas la police ? Seulement mes copains. Il y a des tags.

Quels tags ? A CAB. Je veux dire, tous les flics sont des bâtards. Je sais ce

que ça veut dire. Les gens qui écrivent ça sont des imbéciles ? Qu'est-ce que tu

veux que je te dise ? Pff. Bon. Euh... OK. T'as raison. Y a pas mal de gens qui

disent qu'ils aiment pas la police. Mais je peux t'assurer que c'est pas une

majorité et que même ceux-là, ils sont contents qu'elle existe. Oui, mais c'est

pas ça, le problème. C'est quoi, alors ? Ben... Je te l'ai déjà dit. Personne aime

la police. Le problème, c'est pas que la police, elle soit aimée ou pas aimée. C

'est pas un boulot hyper aimable. Si tu fais respecter la loi, tu te fais pas que

des amis, forcément. La question, c'est de savoir si les gens ont confiance dans

les policiers et dans leur travail. Tu comprends ? Bon. Tu finis ton chapitre et

puis t'états ? Bon. ... ... ... ... ... C 'est celle-là, hein ? Oui. ... Bonjour.

Monsieur, bonjour. Nous sommes enquêteurs de police. Nous aimerions parler à quelqu

'un de la direction. Oui, bien sûr, madame. Un instant, s'il vous plaît. Deux

de vos collègues sont déjà passés il y a quelques mois. On leur avait fourni les

enregistrements des camarades extérieurs et ils avaient parlé à plusieurs clients.

Oui, nous avons les PV. Monsieur Santoni ? Oui. Madame et monsieur sont de la

police. Bonjour. Ils s'intéressent aux événements du 8 décembre de l'année

dernière. C'est notre directeur de la sécurité. Nous avons une question

concernant une fenêtre qui donne sur la rue Quentin-Bouchard. Celle-là, là. Oui,

c'est au troisième. Ça doit être la 316. Oui, oui, c'est bien la 316. Une junior

suite. Nous pensons qu'il y avait un témoin à cette fenêtre. Vous pouvez nous

dire qui occupait la suite ce jour-là ? Oui, on peut regarder. Madame Gaziorek ?

Oui ? On peut vérifier ? On peut vérifier si la 316 était occupée le soir du 8

décembre dernier, s'il vous plaît ? Bien sûr. Oui, elle était occupée par un

couple de Monaco. Ils sont repartis le lendemain. Il y a moyen de savoir si ces

clients étaient dans la chambre autour de 18h30 ? Oui. Quand un client swipe sa

carte pour entrer, c'est enregistré ? Alors oui, on a plusieurs entrées des

clients dans la première partie de la matinée. La dernière est à 10h30. Après,

ils ont l'air d'avoir été absents toute la journée. Ils sont revenus à 21h32. Et

pour le personnel, on a une entrée à 13h44. Ça doit être la femme de chambre

pour la recouche. Ensuite, 15h07. Et une dernière à 18h19. Service couverture. C

'est quoi ça ? Les femmes de chambre du deuxième shift qui préparent la chambre

pour la nuit. Elles rabattent la couverture, déposent des pantoufles à la

descente du lit, un chocolat sur l 'oreiller. Vous avez moyen de savoir de

quelle femme de chambre il s'agit ? Oui. Chaque badge a son code personnel. Madame

Gaziorek ? Bien sûr. Alicia. Maddy. Elle est en service aujourd'hui ? Oui. Oui,

oui. Deuxième shift. Midi, 19h. On aimerait lui parler. Aller voir la 316, c

'est possible ? Si la suite est libre, oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui.

seja bon en tout cas on va rechercher celui que tu smallbrothers achètent à

Charles de Soumique. Wala. Artchanging. Madame Madine va pas tarder. Sans

indiscrétion, c'est combien le prix d'une suite comme ça ? Ça varie un peu selon l

'appareil, mais une junior suite, c'est dans les 2000 euros. 2000 euros ? Oui.

Service. Pardon. Oui. Des balles, putain. Bonjour. Je suis monsieur Santoni, le

security manager. Je sais pas si on s'est déjà croisés. Ces personnes sont de la

police. Ils font une enquête. Bonjour, madame. Je vous laisse poser les

questions ? Oui, s'il vous plaît. Si ça ne vous dérange pas, c'est même mieux que

vous nous laissiez. Ok, très bien. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n

'hésitez pas. Merci. Allez-y. Nous sommes enquêteurs à l'IGPN, la police des

polices. Vous savez ce que c'est ? Non, pas vraiment. Nous enquêtons sur les

fautes que peuvent commettre certains policiers. Pour être plus clair, on n

'enquête pas sur vous. On n'a rien à vous reprocher. Nous enquêtons sur un incident

qui a eu lieu dans cette rue en bas, le 8 décembre dernier, pendant la

manifestation. Aux alentours de 18h30. À la direction, ils nous ont dit qu'à cette

heure-là, vous étiez dans cette suite pour le service couverture. Vous

confirmez ? Je m'en souviens pas, mais s 'ils le disent, c'est que ça doit être

vrai. Suite à cet incident, il y a eu un blessé grave. Et une plainte a été

déposée. Nous cherchons à savoir ce qui s 'est exactement passé. Vous comprenez ? Je

comprends très bien. Vous avez été témoin de quelque chose ? Non. Non ? Quand vous

étiez à la fenêtre, qu'est-ce que vous avez vu dans la rue ? Qui a dit que j

'étais à la fenêtre ? Nous avons une vidéo où on vous voit à cette fenêtre. Dites

-nous simplement ce que vous avez vu. J'ai vu les pompiers. Mais avant ? Vous

regardiez avant l'arrivée des pompiers ? Non. Écoutez, c'est très important que

vous nous parliez. Nous cherchons à reconstituer la réalité des faits. Votre

témoignage peut nous aider à le faire. J 'ai vu les pompiers et j'ai vu que la

personne dont ils s'occupaient était blessée. Vous avez vu comment il a été

blessé ? Je suis allée vers la fenêtre quand j'ai entendu la sirène des

pompiers. Je comprends que vous soyez méfiante. Mais on essaie pas de vous

piéger. Je sais pas quoi dire. J'ai pas inventé quelque chose que j'ai pas vu. D

'accord. Je vais vous donner ma carte si... si jamais quelque chose vous

revient. Je mets mon numéro personnel. Et vous pouvez me joindre à n'importe quelle

heure. Je vais vous donner mon numéro. On vous laisse retourner travailler. On s'y

est mal pris. Je crois pas. Y a un truc qu'elle dit pas. Ah ouais ? Ouais. Quand

vos clés au bureau, ça fait sur son petit effet. Je sais pas. Elle risque de se

fermer encore plus. Regarde. Qu'est-ce que c'est ? Du savon. Tu l'as piqué ? C

'est un savon. Je vais pas le passer à du vol. Oh, elle sent bon. Tu veux ? Ah non,

merci. T'es sûre ? J'en ai deux. Oh ! Ça te dit toi. T'es sûre qu'elle est sûre Et

que l'oubliera ? Pas vraiment. S Unterberg. Sur ces journalistes, on s'en

va. Bon, allez. Qui 땰 ? Là, vas tu 죄 pas ? Visite زبین Là, j miejsce. Puis,

halluck. Est-ce que tu fais la crème du déjeuner ? Haenez. ... Oui, Victor ? Je

suis à la maison. T'es où ? Tu rentres bientôt ? ... Je suis toujours au boulot.

Je rentre un peu plus tard. Quoi ? J 'entends rien. ... Je vais rentrer plus

tard. Allô ? Attends. ... ... Victor, t 'es toujours là ? Oui. Qu'est-ce qui se

passe ? Rien. Je vais rentrer plus tard. J'ai préparé à manger et ça refroidit.

Vas-y. T'as fait quoi ? La quiche et les nuggets. Fallait pas faire les deux. C

'est pas grave. C'est très bien. Je t 'attends. Non, j'en ai encore pour un

moment. Commence si on voit. D'accord. Je mange la quiche, les nuggets. Comme tu

veux. Tu fais ce qui te fait plaisir. Je te laisse. Bisous. A tout à l'heure. ...

... ... ... ... Non, d'accord. dope. On est unethren. Je peux danser. On peut

seader dans tout ce qui sót. On peut aller dans un café, peut-être ? J'ai pas

le temps. J'ai besoin que vous m'aidiez. Je vous ai dit que j'avais rien vu.

absurde d'av 제� Word greed Je sais, mais je vous crois pas. Je suis pas une

menteuse. Je pense pas que vous soyez une menteuse, mais vous ne dites pas tout.

Excusez-moi, j'aimerais rentrer chez moi. Je suis pas une menteuse. Je suis pas une

menteuse. Vous allez me suivre jusqu'à chez moi ? S'il le faut, pourquoi pas.

Vous avez le droit de faire ça ? Non, pas vraiment, non, mais c'est important. Il

faut que vous me disiez ce que vous avez vu. Je comprends que vous ayez peur. Vous

vous dites que votre parole ne comptera pas face à celle de policier. Vous avez

peur qu'on ne vous croit pas. Non, je veux pas d'ennuis avec la police. Donc

vous avez vu quelque chose. Vous n'aurez pas d'ennuis. Qu'est-ce que vous en savez

? C'est pas contre vous qu'il y aura des représailles. Vous avez bien réussi à me

trouver, vous y ferez comme vous. Mon travail, c'est de faire en sorte que les

policiers qui sont hors des clous ne recommencent plus. Vous êtes d'accord que

ce genre de policier doit être sanctionné ? Ça n'arrive jamais. Pourquoi vous dites

ça ? Parce que c'est la vérité. Je le vois bien ici. Les types de là-bas, ils

arrêtent pas de contrôler les jeunes. Ils les provoquent jusqu'à ce qu'ils s

'énervent. Et après, ils les embarquent, ils les humilient, ils les frappent. Ils

rédigent de faux PD tout le temps. Tout le temps. Et ils sont jamais sanctionnés.

Je vais vous dire ce qui s'est passé. J 'ai filmé ce qui s'est passé. Vous avez

filmé ? Oui. Il y avait du bruit dans la rue. J'ai vu des types autour d'un

scooter qui brûlaient. J'ai filmé avec mon téléphone. Comme ça, par curiosité.

Et après, des policiers sont arrivés. Vous avez toujours cette vidéo ? Oui. Je

vais la mettre en ligne. Et puis finalement, je me suis dit que non. Quand

c'est des Noirs et des Arabes qui se sont tapés dessus, ça intéresse personne. Et

là, maintenant que ça arrive à des Blancs, tout d'un coup, ça intéresse et

il faudrait que moi, je fasse quelque chose. Vous seriez venu me chercher,

vous, si c'était pas arrivé à un Blanc dans un beau quartier ? Oui. L'IGPN

enquête aussi sur des policiers en banlieue. Ah oui ? Et combien ont été

condamnés ? C'est pas l'IGPN qui décide des condamnations, mais il y a eu des

policiers condamnés. Condamnés à rien du tout. Oui. Au niveau du sursis, personne

ne se mettra d'eau à la police. Combien ont été renvoyés ? Combien ? Renvoyés,

aucun. Aucun. Vous voyez, aucun. Vous voulez bien me faire confiance et me

remettre cette vidéo ? Je l'ai pas avec moi, elle est chez moi. Je peux vous

accompagner. Vous me demandez de vous faire confiance, mais vous, vous me

faites pas confiance. D'accord. Vous avez toujours ma carte ? Oui. Oui. Oui. C'est

pas moi que tout ça change à rien. Je vais vous faire confiance. Allez, dis

donc. Ok, pas toi. Non, non, non, non, non, non, non, non. C'est pas pour toi,

ça. Allez. Allez. Allez. Aller. Aller. Aller. Aller. Aller. Aller. Salut. Salut.

Salut. Salut. Benoît, tu viens ? J'ai quelque chose à te montrer. J'arrive. Je

suis venu te voir. Je suis venu te voir. Salut. Salut. Salut. J'arrive. Je suis

venu à te voir. Alpha ! Je suis venu te voir. Je safeguarde toi. Ok. Tu peux

repasser depuis le début ? Ils sont où, là, Girard et Cordier ? Ils arrivent d'en

haut. Regarde. Ils sont pas avec les autres ? Non, ils descendent

tranquillement la rue. Tu vois ? Ils arrivent ! Ils arrivent ! Là, ils se

retrouvent face au BRI. Rémi est à gauche, Guillaume à droite. On voit qu'il

a son téléphone à la main. Au cours ! Au cours ! T'entends, ils sont tous là. Ils

sont deux à tirer, là ? Oui. Regarde, il y a le BD. Ils tirent en même temps. Deux

tirs, mais un seul impact. C'est ça. OK, donc ils sont deux à tirer sur un type

qui part en courant. Ça va être compliqué pour eux de plaider la légitime défense.

Ils se sont pris une canette de bière juste avant. Mais c'était avant. Là,

personne les menace. Guillaume Girard se retourne dans sa course. Ah bon ? T'es

sûre ? Oui. Je vais voir. Au cours ! Au cours ! Ah d'accord, ils se retournent.

Mais ils se retournent pour voir ce qu 'ils font. N'empêche qu'ils se retournent.

Pour toi, ça justifie un tir. Ils sont en train de partir en courant, là. Il n'est

pas menaçant. J'ai pas dit ça. Mais ils pourront s'en servir. Pour moi, c'est un

tir de représailles. Il y a un crétin qui les chauffe, qui leur lance une canette

et eux, ils tirent sur le premier type qu 'ils croisent. Il y a le coup de pied

aussi. Mais franchement, qu'est-ce qu'il fout, le mec ? Je suis d'accord, il

déconne. Mais ils sont bons. Tranquillement. Ça craint. T'arrives à

savoir qui fait quoi ? Oui. Le coup de pied, c'est Fage. La vallée est à côté.

En bas, Jacquet et Garcia. Brzezinski est plus bas dans la rue. Donc les deux

tiers, c'est Fage et la vallée ? Oui. Yo ! Yo ! La vidéo est sur les réseaux

sociaux. Non, le témoin l'a pas mis en ligne. Tant mieux. On va pouvoir

travailler plus sereinement. Vous avez reconvoqué les policiers ? J'attendais de

faire le point avec vous. Trois sur les cinq sont pas en métropole actuellement.

Ils sont où ? Ils ont été envoyés à Mayotte. Brzezinski, Jacquet et Garcia.

Ah. On ne va pas attendre le retour. Vous entendez déjà la vallée et Fage. Ce sont

les principaux mis en cause. Je les mets en garde à vue ? Ce n'est pas ce que j

'avais envisagé. Ils ont clairement menti. Si on perd l'effet de surprise, ils vont

se concerter. Qu'est-ce qui vous arrive, Madame Bertrand ? Vous inversez les

rôles. D'habitude, c'est le parquet qui demande les gardes à vue et les

enquêteurs qui freinent. Pour l'instant, ils savent pas que la vidéo existe. Je

peux les mettre face à leur contradiction. Si vous les entendez

simultanément en audition libre, ils ne pourront pas se concerter. Organisez-vous

avec vos enquêteurs. Entendu. Au revoir, Madame Bertrand. Au revoir. La vallée est

arrivée. Elle est à l'accueil, en bas. Et Fage ? Il viendra pas. Pardon ?

Certificat médical. Il est en arrêt maladie. Il se fout de notre gueule ? Qu

'est-ce qu'on fait ? Tu ou je renvoies la vallée et je la reconvoque tous les deux

quand Fage sera revenu de son congé maladie ? Oh putain. On va le chercher. D

'accord. Monsieur la vallée, lors de votre première audition, vous avez déclaré ne

pas vous souvenir d'un manifestant blessé par un tir de LBD. Maintenez-vous cette

déclaration ? Oui. Vous n'avez pas effectué de tir qui aurait blessé un

manifestant aux alentours de 18h30 ? Non. Ni aucun de vos collègues ? Pas que je

sache. Je vous montre une vidéo. Vous avez vu ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se

passe ? Vous n'êtes pas fatigué ? Il faut revenir d'abord. Tu as peur de quoi ?

Viens, viens, allez-y. On va te ramener là. Non. Ils arrivent ! Ils arrivent !

Percez-vous ! Percez-vous ! Au cours ! Au cours ! Est-ce que ces images vous aident

à vous souvenir de cet incident ? Pas dans tous les détails. Pouvez-vous

décrire ce qu'on voit sur la vidéo ? On voit des émeutiers qui profèrent des

insultes et lancent un projectile. Ils s 'enfuient en nous voyant. Notre groupe

arrive au coin de la rue et nous nous retrouvons face à deux individus

hostiles. Fage et moi effectuons un tir de LBD pour protéger nos collègues. Qu

'est-ce qui vous fait dire que les deux individus ont un comportement hostile ?

Tous les manifestants que nous avons croisés étaient hostiles. Évidemment, eux

vont vous dire le contraire. Si on les écoute, on se demande qui a commis des

violences contre les forces de l'ordre. Qui a pillé des commerces ? Qui a saccagé

des rues ? Je vous parle de ces deux individus-là spécifiquement, ceux qui se

retrouvent face à vous. En quoi leurs comportements présentent-ils une menace

qui justifierait un tir ? Je vous rappelle qu'un tir doit être nécessaire

et proportionné. Ils partent en courant, ce qui indique clairement qu'ils ont des

choses à se recrocher. Et l'un d'entre eux se retourne pour nous lancer un

projectile. Où voyez-vous qu'il arme son bras ? Dans son retournement. C'est peut

-être pas flagrant sur la vidéo. Mais j 'avais pas le même angle de vision. Dans

mon angle de vision à moi, son geste était sans équivoque. Il était menaçant.

J'ai pas voulu prendre le risque que moi ou un de mes collègues nous prenions un

boulot en pleine face. Quand vous êtes en situation de légitime défense, il faut

réagir en une fraction de seconde. Certainement. Et vous n'êtes pas ici en

intervention face à des terroristes armés jusque-dans, mais face à deux

manifestants désarmés. C'est vous qui le dites. Non, c'est ce que montrent les

images. Beaucoup de manifestants se sont transformés en bêtes sauvages. Et un

boulot peut tuer. Il me semble exagérer de qualifier l'attitude de Monsieur

Girard comme étant celle d'une bête sauvage. Il part en courant en vous

tournant le dos. Qu'avez-vous fait après le tir, une fois que Monsieur Girard

était au sol ? Je me souviens pas. Nous avons probablement poursuivi notre

progression. Vous savez que Monsieur Girard a été impacté à la tête ? Il était

grièvement blessé ? C'est pas l 'impression que j'avais. D'autant que j'ai

pas visé la tête. Donc c'est le tir de Monsieur Fage qui aurait atteint Monsieur

Girard à la tête ? Ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit. Tout ce que je sais,

c'est que j'ai pas visé la tête. Et autant que je sache, mon collègue non

plus. Ok. Donc vous déclarez qu'après le tir, vous avez poursuivi votre

progression. Oui. Monsieur Lavallée, je vous montre la suite de la vidéo. Que

voyez-vous ? C'est pas très lisible. Les images peuvent donner l'impression que

mon collègue le repousse un peu du pied. C'est un coup de pied ? Je sais pas. Peut

-être. Je me souviens pas de ce geste. Et là, en voyant le geste de Monsieur Fage

sur la vidéo, vous semblez le justifier ? Monsieur Girard présente-t-il à ce moment

-là une menace ? Je sais pas. Peut-être mon collègue a cru que l'individu allait

se saisir d'un objet au sol et qu'il a pas voulu prendre de risques. Faudrait

lui demander. Je peux pas répondre à sa place. Alors ? Il est en train de relire

le PV. Il dit que son tir est légitime, qu'il a pas visé la tête. Et qu'il a pas

vu que Guillaume Girard était blessé. Et le coup de pied ? Il dit qu'il a rien vu.

Mais dès qu'il sortira d'ici, il va appeler Fage pour lui dire ce qu'il y a

sur la vidéo ? C'est ça. Pour le mettre en garde à vue et aller interpeller Fage.

J'appelle le parquet. Commandant Bertrand, IGPN pour Monsieur Langlois.

Ah. Il faudrait qu'il me rappelle d 'urgence. J'ai un policier en fin d

'audition que je souhaite placer en garde à vue. J'ai besoin de son feu vert.

Entendu, j'ai c'est sur son portable. Merci. T'as bien la peine d'avoir une

ligne dédiée. Il a une urgence familiale. Oh putain, le répondeur. Monsieur le

substitut, c'est le commandant Bertrand de l'IGPN. Merci de me rappeler à propos

de Lavalais et Fage dans le dossier 137. Rappelle le parquet. Il va avec le

magistrat de permanence. Le temps que je lui explique tout. C'est bon ? Je peux y

aller ? Non. Et pourquoi ? Parce que je vous place en garde à vue. Pardon ? Je

vous place en garde à vue pour violence volontaire par personne dépositaire de l

'autorité publique. Vous avez le droit de vous faire assister par un avocat de

votre choix. Ou commis d'office. Vous avez également le droit à une visite

médicale si vous le souhaitez. Vous rigolez ? J'ai l'air de rigoler ? Nous,

Stéphanie Bertrand, commandant de police étant au service, poursuivant l'enquête

de préliminaires, vu les articles 75 et suivants du code de procédure pénale,

assistés du major Benoit Guérini et du brigadier chef Carole Delarue, munis de

la réquisition au fin de contraindre à comparaître de l'article 78 alinéa 2 du

code de procédure pénale, nous transportons aux 5 rue Pasteur, 94 450

Limey-Brévan, où étant à 13h15, constatons qu'il s'agit d'un pavillon.

Sonnons à la porte qui nous est ouverte par un individu masculin correspondant à

M. Fage-Mikaël. Porteur de nos brassards et qualité déclinée, nous étant assurés

de l'identité de M. Fage, procédons à son interpellation, il est 13h30. Informons

M. Fage que la garde à vue, ainsi que les droits afférents, lui est notifié par

procès verbal distinct immédiatement. Dont acte. Partie mobilière ROBIN FRANCE

IV他的 Stéphanie ! AGADEMIE C'est quoi cette histoire de garde à vue, sans

accord du parquet ? J'ai dû anticiper pour la valais, Langlois était ingénie

Lao, il a fini par me rappeler. Et m'a donné le feu vert pour l'interpellation

de Fage. Ok, donc tout est en ordre ! Absolument. Non. Au cours ! Au cours !

Monsieur Fage, confirmez-vous que c'est vous et monsieur Lavallée que l'on voit

tirer sur monsieur Girard ? Oui. Votre tir a-t-il touché monsieur Girard ? Je

sais pas. Sur la vidéo, vous constatez bien qu'il est impacté ? Oui. Il a été

grièvement blessé à la tête ? J'ai pas visé la tête. C'est pas autorisé. D'après

vous, quelle est la distance qui vous sépare de monsieur Girard ? Je dirais une

vingtaine de mètres. Il y a 14 mètres. A cette distance, la marge d'erreur du LBD

40 est de 4 cm. Donc l'un de vous a bien dû viser la tête. Il faudrait vérifier

les lanceurs de balles de défense. Peut -être qu'ils étaient déréglés. Ça

expliquerait une déviation de la trajectoire. Vous avez effectué de

nombreux tirs dans la journée. Vous vous en seriez aperçu avant, non ? Peut-être

un défaut de munitions, alors ? Moi, je sais que j'ai pas visé la tête. Je

rappelle que rien ne dit que c'est le tir de mon client qui a touché monsieur

Girard. Monsieur Fache, qu'avez-vous fait lorsque le manifestant est tombé au sol ?

Je me souviens pas. Faites un effort. Très bien. Je vous montre la suite de la

vidéo. Pouvez-vous me décrire ce que vous voyez ? Je vous écoute. Je vous écoute.

Je vois que je fais un mouvement pour me dégager. Parce que l'individu tente de me

saisir la jambe. Probablement pour me faire chuter. Ou voyez-vous que monsieur

Girard tente de vous saisir la jambe ? Mais sur les images, on voit pas bien. Ah

bon ? Il me semble au contraire qu'on voit très bien. C'est toujours facile de

refaire le match après. Moi, sur le coup, j'ai clairement senti qu'il allait me

saisir la jambe. Monsieur Girard est prostré au sol. Il ne fait aucun geste. C

'est vous qui vous approchez de lui. Vous lui donnez un coup de pied. Alors qu'il

est à terre et visiblement blessé. Pour moi, il est pas blessé. Simplement

déséquilibré parce que... possiblement touché au torse par nos tirs. Il se tient

la tête et n'arrive pas à se relever. Je vous rappelle qu'après un tir, il

convient de vérifier si la personne atteinte par un projectile ne présente

aucune lésion. Je répète que pour moi, il est pas blessé. Il a pas crié. J'ai pas

vu de sang. Si j'avais pensé qu'il était blessé, j'aurais porté secours. ... ...

... ... ... ... ... Il est déjà passé ? Encore. ... ... ... ... ... ... Tonio m'a

dit que c'est toi qui as mis les gars de la BRI en garde à vue, c'est vrai ? C'est

obligé qu'on en parle maintenant ? Bah oui, c'est vrai ou pas ? C'est pas moi

toute seule, c'est une décision qui se prend avec le parquet. Tu joues sur les

mots, c'est ton enquête ou non ? Oui. T 'es complètement folle. Les gars de la

BRI, t'as vu ce qu'ils ont fait au Bataclan ? Oui, merci, je suis au

courant. C'est des héros, les mecs. Ils mettent leur vie en jeu pendant que vous

faites vos petites enquêtes bien au chaud, derrière vos petits bureaux tout

blancs. Franchement, c'est la honte. Tu veux pas changer de disque ? J'entends

les mêmes refrains à longueur de journée. Peut-être que tu devrais te poser des

questions. Et eux, ils s'en posent ? C 'est pas parce qu'ils sont de la BRI que

ça leur donne le droit de se comporter comme des cow-boys. Des cow-boys ? C'est

peut-être des cow-boys, mais c'est pas quoi inventer le Far West. Vous êtes

devenus complètement dingues. Comment vous pouvez donner plus de crédit à des

voyous qu'à des mecs de la BRI ? Tu connais le dossier ? Si j'ai bien

compris, le principal témoin a été condamné pour violence. Je veux pas

parler de ça avec toi, et puis arrête de faire le perroquet. C'est pas parce que

tu couches avec les syndicats que tu dois répéter tout ce qu'ils disent. Ne mets le

panneau, il y a ça. T'es... C'est que Victor a peur de dire qu'on est policier.

C'est la vérité. Le père d'un de ses copains m'a demandé dans quel

établissement j'enseignais. J'ai pas compris tout de suite. Votre fils Victor

m'a dit que vous êtes prof de... Je suis prof de sport, j'enseigne le français,

blablabla. J'ai même pas osé rectifier. Il te rend compte ? Il raconte que je

suis prof, mais a honte de dire que je suis flic. Dans quel monde on vit ? Et

toi t'alimentes la détestation de la police ? N'importe quoi, je fais juste

mon travail d'enquêtrice, comme je l'ai toujours fait. Quand t'étais au stup, t

'étais pas pareil. Tu sais quoi, t'avais qu'à postuler à l'IGPN à ma place, et moi

je serais restée au stup. T'étais bien content que j'y aille, hein, pour qu'un

de nous deux ait des horaires réguliers, et puis s'occuper de Victor, moi aussi ça

me plaisait les stups. Alors oui, à l 'IGPN j'enquête sur des collègues, ça m

'enchante pas tous les jours, mais quand y en a qui font de la merde, il faut qu'ils

assument. T'as vu tout ce qu'on leur demande ? Tu peux pas te mettre un peu à

leur place ? Je fais que ça. Mais à force de trouver des excuses à ceux qui

déconnent, et de s'écraser devant les gros bras des syndicats, les flics

sérieux qui essaient de bien faire leur boulot, ils vont tous se barrer de la

police. Et il restera que les connards. Liliane Victor ! Hey, un délâme ! Il faut

se rendre compte que ça fait des mois que le gouvernement demande aux policiers de

risquer leur vie face à des voyous qui veulent détruire la République. Ça fait

des mois que nos collègues affrontent des situations qui sont proches du chaos et

de l'insurrection. Et aujourd'hui, on apprend que nos collègues de la BRI, dont

je crois que le courage est quand même plus à démontrer, sont placés en garde à

vue comme de vulgaires délinquants. Inutile de vous dire que cette décision

ne va pas contribuer à apaiser le malaise qui sévit déjà dans nos rangs. Je vous

dis, les policiers sont écoeurés. Il faut que le gouvernement comprenne que nous

sommes proches d'un point de rupture. Et quand nous serons plus là, il n'y aura

plus personne pour protéger la République. Il se passe quoi, là ? La

garde à vue vient d'être levée. La garde à vue vient d'être levée. Merci, Mme

Bertrand. Je connais le code de procédure pénale. J'ai bien compris votre souhait

de prolonger la garde à vue. Mais rien ne vous empêche de les reconvoquer en

audition libre. Ça n'a rien à voir. Ça change complètement le rapport de force.

Et vous le savez très bien. Il s'agit de faits graves. Nous avons une vidéo qui

montre qu'il ne s'agissait ni d'un cas de légitime défense, ni même de riposte. Et

si la vidéo est suffisamment parlante, il n'était peut-être pas indispensable de

les mettre en garde à vue. Il reste à déterminer lequel des deux a causé la

blessure de M. Girard. Il était important de maintenir la pression. Pourtant, la

garde à vue... La garde à vue est levée. J'espère que vous avez d'autres moyens de

faire avancer l'enquête. Vous avez fait appel à un expert balisticien ? Oui, une

mise en situation est prévue la semaine prochaine. Très bien. Ça vous permettra

sûrement d'avancer. Je vais être très claire. On ne peut pas se permettre de se

mettre toute la profession à dos. C'est aussi le point de vue du DGPN et du

ministère. ... L'expert balisticien conclut en disant... En accord avec le

médecin expert, que vu la taille similaire des deux fonctionnaires, vu les

angles de tir très proches, et vu le mouvement de retournement de M. Girard,

il est impossible de déterminer lequel des deux tirs a impacté M. Girard à la

tête et est à l'origine des blessures ayant entraîné une ITT de plus de 60

jours. ... ... ... ... ... ... ... ... ... Madame Girard. Bonjour. Je voulais

vous parler, même si je ne suis pas censée le faire. Je peux entrer ? L

'enquête préliminaire est clôturée. Votre avocat vous fera bientôt part des

conclusions du parquet, mais je tenais à vous en parler moi-même avant. Pourquoi ?

Pour pouvoir vous donner quelques explications. L'enquête a permis d

'identifier les policiers qui ont tiré. Elle était... Elle établit aussi qu'ils

ont tiré sans respecter le principe de nécessité, de proportionnalité. Ils sont

donc fautifs. Le problème, c'est qu'il a été impossible de déterminer lequel des

deux tirs a blessé votre fils à la tête. C'est forcément un des deux. Ils vont

inculper les deux. Non. Je comprends pas. Il y a eu deux tirs simultanés, mais un

seul a touché Guillaume. Les expertises balistiques et médicales n'ont pas pu

déterminer lequel avait atteint sa tête. Ils ont tiré tous les deux. Ils sont tous

les deux responsables. Légalement, c'est plus compliqué que ça. Donc personne n

'est puni parce qu'on sait pas lequel des deux a blessé Guillaume ? Je comprends

que ce soit difficile à entendre. Mais Guillaume aura décerquel toute sa vie.

Ils ont foutu sa vie en l'air. Et personne ne sera puni ? Le policier qui a

donné un coup de pied à votre fils devra répondre de violence. De violence n'ayant

pas entraîné d'interruption temporaire de travail. Pas d'interruption temporaire de

travail ? Oui. Et leur chef ? Il y a bien des responsables quand même. Il n'y a pas

eu d'ordre qu'on pourrait considérer comme illégitime. La préfecture a

demandé, en force de l'ordre, de contenir les manifestants. Et de les faire en

violent avec les moyens dont ils disposaient. Mais Guillaume n'était pas

violent. Je sais. Et ça change rien ? Non. En fait, je comprends pas pourquoi

vous êtes venu. Je voulais vous dire que j'ai fait de mon mieux pour établir la

vérité. Vous avez bien fait votre travail. Mais votre travail, il sert à

quoi ? Il sert à quoi ? ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

... ... ... Vous vouliez me boire ? Oui. Fermez la porte, s'il vous plaît. Merci.

J'ai un problème. Oui ? Vous auriez dû me signaler que vous connaissez la famille

Girard. Je les connais pas. Vous avez un lien de famille avec eux. Non. Nous

sommes originaires de la même ville, c 'est tout. Mais je les connaissais pas

avant de commencer à travailler sur ce dossier. Vous êtes sûre ? C'est un désir

d'une petite ville. C'est pas un village non plus. Vous n'aviez aucun lien avec

eux ? La mère de Guillaume Girard s'est occupée de ma mère comme aide-soignante,

il y a trois ans. Mais je le savais pas au début de l'enquête. C'est ce que j

'appelle un lien. Si vous voulez. Mais ça n'a pas influencé l'enquête. Je dois vous

croire sur parole ? Je me suis concentrée sur la recherche de preuves. Les fautes

commises par ces fonctionnaires de la BRI sont objectives et graves. Peu importe.

Vous avez un lien avec les Girard et ça a créé un biais. Un biais ? Oui. Il y a des

principes d'impartialité et d'égalité devant la loi. Si on la connaît, ça a un

effet. Si on ne le respecte pas, il n'y a plus de justice. Déontologiquement, vous

comprenez bien que ça pose un problème. Même inconsciemment, ça a joué sur votre

perception de l'affaire. Ça a orienté vos choix. Vous aviez plus d'empathie pour le

plaignant, vous le compreniez mieux. Ne serait-ce que de venir du même patelin,

ça a sans doute joué. C'est humain. Vous avez raison, c'est humain. Ça a sans

doute modifié mon approche. Si je ne venais pas du même patelin, si il n'y

avait pas eu ce lien, comme vous dites, j 'aurais sans doute lâché l'enquête plus

tôt. Je n'aurais sans doute pas trouvé la vidéo incriminante. Je me serais sans

doute contentée d'avoir deux versions contradictoires. J'aurais sans doute

moins cru la victime et sa famille. Et sans doute davantage accepté la version

des policiers. Vous avez raison, je suis née à Saint-Dizier. Et la mère de

Guillaume Girard a effectivement croisé la mienne. Mais je suis policière depuis

20 ans. Le père de mon fils est policier. Mes collègues sont policiers. J'enquête

sur des collègues. Je connais leur vie, le manque de considération, quand c'est

pas le mépris qu'ils subissent. Les difficultés que pose le maintien de l

'ordre, la complexité et l'ingratitude du boulot. Mais ça c'est pas un biais. C'est

une question de point de vue. Si tout le monde pense qu'un autre point de vue que

le sien est hostile, qu'est-ce qu'on fait ? Comment on tient ensemble ? Je sais

plus moi. Je suis née à Saint-Dizier, comme la famille Girard. Et je suis flic.

Comme les gars qui ont tiré sur le fils Girard. Je suis les deux. Et j'espère que

je suis aussi d'autres choses. Une enquêtrise sérieuse. Une bonne copine.

Une mère pas trop nulle. Voilà. Je comprends dans un sens, vous avez raison.

Mais quand on prend les choses trop à cœur, on commet des erreurs. À partir de

quand on prend les choses trop à cœur ? Écoutez-moi, s'il y a un procès, la

défense pourrait avoir vent de ce lien qui pour vous paraît ténu. Il pourrait s

'en servir pour discréditer l'enquête. Et au-delà, c'est tout le travail de l'IGPN

qui serait atteint. Même dans votre logique, c'était pas une bonne idée. Vous

deviez m'en parler. Et vous auriez confié l'enquête à quelqu'un d'autre ? Oui. Qui

n'aurait sans doute pas pris les choses trop à cœur. Ne le prenez pas comme ça,

ça sert à rien. Je ne sais pas si la victime va se constituer partie civile et

si un juge sera saisi. Mais quoi qu'il en soit, s'il y a une suite, ce ne sera pas

vous qui suivrez ce dossier. Il faut être absolument exemplaire sur la déontologie.

Ne vous inquiétez pas, je me suis arrangée pour vous éviter une enquête

administrative. Vous n'avez rien à craindre de ce côté-là. Une enquête

administrative ? Oui. Je pourrais être sanctionnée ? Vous ne le serez pas, je m

'en porte garante. Vous êtes sérieuse ? Je ne sais pas. Je suis désolée. Je suis

désolée. Je suis désolée. Je suis désolée. Je suis désolée. Pourquoi tu ris

? Je regarde des vidéos. Ça va, maman ? Oui, tout va bien. Merci. Bonjour, je m

'appelle Guillaume Girard. Il y a un an, des policiers m'ont tiré dessus avec leur

LBD. Un des tirs m'a touché à la tête et a enfoncé ma boîte crânienne. Je suis

resté longtemps à l'hôpital. Je n'ai pas pu parler pendant plusieurs semaines. J

'ai dû... tout réapprendre avec de l 'orthophonie. Les médecins disent que mon

cerveau restera abîmé. J'arrive plus à me concentrer. J'arrive plus à réfléchir. J

'oublie tout. J'ai des migraines. Parfois, j'ai les nerfs qui lâchent. Je deviens

agressif. Je suis devenu un poids pour ma mère. Je ne comprends pas pourquoi les

policiers m'ont tiré dessus. Ils disent que... j'allais lancer quelque chose,

mais c'est pas vrai. Ils mentent. J'ai rien fait. Je pense tout le temps à eux.

J'essaie de pas les détester. J'essaie de rester positif. C'est pas facile. Tout

est abreoncé. Je戻s le reste et sors l 'alterne. ku dzai Saint Ноch le goss ról

Native encore 5 ans après... Allez maman ! Sous-titrage Société Radio-Canada Sous

-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société

Radio-Canada Sous-titrage Société Radio -Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous -titrage Société Radio-Canada Sous-titrage

Société Radio-Canada

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.