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-J'ai demandé
la nationalité française. -Non, David...
C'est trop tôt. -J'aurai jamais d'enfant.
-Je suis désolée. -Si je peux te faire du bien...
*-Bisous.
Halètement. -Respire. On y est presque.
-J'étais avec ceux qui négociaient avec les terroristes.
J'étais là. -C'est pour ça que c'est facile
de vous parler.
-C'est le patron. -Faut des règles. C'est la BRI ici.
-Je suis engagé chez Dassault.
-Mais non !
...
-Ca se passe bien ?
-J'apprends pas grand-chose
mais c'est bien ça le cadre. -Sortez !
Cris.
...
-Mon mari !
-C'est moi, ça ?
-Regarde ! J'ai trouvé des chemises de ton frère. Essaies-en une.
-Maman, elle est très bien, celle que j'ai.
Je ne vais pas me déguiser.
Mais le collier, c'est un peu trop.
-Il est très joli ! Elle le met car elle est fière de toi.
Ca devrait te faire plaisir.
-Ils ont raison.
-De quoi ?
-D'être fiers.
T'as préparé un truc ? -Non. Personne ne parle.
-OK...
Je trouve que tu devrais y penser. Hein ?
-N'importe quoi.
-Stéphane, comment ça va ?
-Ca va ? Vous allez bien ? -Super.
Très bien.
-Ca va ?
Alors ?
-Ca y est. Je crois que c'est aujourd'hui.
Les autres devraient pas
tarder. -Regarde.
-Oh... -Salut !
-Ca va ?
-Ca va ?
-Ca devrait bien se passer.
-Comment ça va ? -David... Ca va. Et toi ?
-Salut, les amis. Ca va ?
-Bonjour ! Vous allez bien ? Ca fait plaisir de vous voir.
-Ca va ?
Prêt ? -Je sais pas.
Heureux que vous soyez là.
-Bonjour, ça va bien ? -Ca va. Et vous ?
*-En signant la charte des droits et devoirs du citoyen français,
*vous adhérez aux principes et valeurs de la République française
*rappelés dans notre devise nationale :
*liberté,
*égalité,
*fraternité.
*Vous venez d'Ouganda, de Pologne,
*de Chine ou du Chili.
*Nous sommes fiers de vous accueillir.
*Fiers de la richesse que vous nous apportez.
*Fiers du dialogue maintenu entre toutes nos cultures.
*Fiers de la diversité qui fait notre force et notre dignité.
*-Mme Olga
*Wislawa.
Applaudissements nourris.
...
-Félicitations. -Merci.
...
*-M. Mohamed Sardakyo.
...
-Bienvenue. Félicitations.
...
*-M. David
*Fritz Goeppinger.
...
*-Je tiens à préciser que M. Fritz Goeppinger a été pris en otage
*au Bataclan lors de l'attentat du 13 novembre 2015.
*C'est l'honneur de la France
*de l'accueillir.
M. Fritz Goeppinger, félicitations.
Vous devriez dire quelques mots. -J'ai rien préparé !
-Ce qui vous vient.
*-Merci beaucoup.
*Je...
*C'est beaucoup d'émotion.
*Je remercie les présidents de Life for Paris et ceux de 13onze15.
*Et aussi les hommes de la BRI qui nous ont sortis de ce couloir,
*moi et les autres otages devenus entre-temps des amis proches.
*Je veux aussi remercier mes parents car je me souviens, petit,
*de ces heures interminables, voire des nuits entières
*à attendre que les portes de la préfecture d'Evry s'ouvrent
*afin d'y renouveler nos cartes de séjour.
*Je suis heureux que ce soit fini.
*Définitivement.
*En France, on m'a toujours appelé "le Chilien",
*et au Chili, on m'appelle "le Français".
*Aujourd'hui, plus que jamais, je me sens français dans ma tête,
*mon coeur et mon âme.
*Et je remercie la France.
...
*-C'est la France qui vous remercie.
*-Mme Ana Maria Garza.
...
-Doris ! -Ouais ?
-Viens voir.
-Waouh !
-T'en penses quoi, mis là ? -C'est impressionnant.
En face de la BRI...
-Quand t'arrives, tu tombes dessus direct. Ca a de la gueule, non ?
-Carrément.
David Fritz Goeppinger.
Et on ferait ça où ?
-Quoi ?
-Chez mes parents, dans les Cévennes ? Le village est joli.
...
-Tiens. -Merci.
-Tiens.
-Merci !
-Servez-vous, c'est gratuit.
-Non...
-C'est gratuit ?
-Ben... Merci ! -Merci !
-C'est cool.
*"It's OK", Tom Rosenthal.
*...
-C'est pour moi, la musique ?
-C'est pas ta chanson préférée ?
-It's OK, one day I'm gonna be with you.
*...
-T'es magnifique.
Encore plus belle que sur les images.
-T'es gentil.
Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir en vrai.
On va pas précipiter les choses. -Non...
*...
-Le pire, c'est la solitude.
Personne ne peut comprendre ce que tu traverses.
C'est pas qu'ils veulent pas t'écouter, ils peuvent pas.
Tu les effraies trop.
Tu les renvoies à leurs angoisses. Tu portes la noirceur du monde.
En fait, on t'en veut... d'avoir autant souffert.
On voudrait te faire taire.
Puis les autres, les puissants, profitent de cette peur
que t'engendres.
Ils en rajoutent, parce que c'est sur la peur qu'on gouverne.
C'est...
C'est affreux, quand t'y penses.
D'un côté tu fais peur et de l'autre on te manipule.
Je sais pas, tu fais quoi ? On fait comment ? Hein ?
C'est ça qui se passe, non ?
On doit rester entre nous.
Parce qu'après les attentats, toi, moi, tous ceux qui sont pas morts,
on a atterri sur une autre planète.
"Beggin'", The Four Seasons.
...
-Vous êtes contents ? -Ta mère n'arrête pas de pleurer.
-Ah ouais ? T'as pas pleuré ?
-Il se trame quoi ?
-Mais rien !
-Non, y a rien là...
...
-Ouh hou !
...
-Je crois que c'est à toi qu'elle parle. Ca te concerne.
...
-Venez !
-Allez !
...
-C'est la vie, quoi. C'est reparti !
...
-Après le pont de Londres,
j'étais si seule ! Je suis heureuse de vous avoir rencontrés.
-C'est la bonne occasion.
-C'est pas tous les jours, ça. -C'est joyeux !
-Y a 3 ans, on était pendus dans le vide. Là, on est à mon mariage !
C'est fou !
-T'as raison, mon gars. C'est complètement ouf.
Bon mariage.
-C'est dingue.
-Je suis tellement content pour vous ! Bravo...
-Allez, venez danser. Venez !
-...d'écrire mes mémoires, d'écrire mon histoire à l'encre bleue.
Laissez-moi danser.
Laissez-moi.
Laissez-moi danser, chanter en liberté
tout l'été. Laissez-moi danser.
Laissez-moi.
...
-Et tout m'est égal, tout à part toi.
Je t'aime.
Fais-moi une place dans ton avenir
pour que je ressasse moins mes souvenirs.
Je serai jamais éteint, hautain, lointain,
pour que tu sois bien.
Fais-moi une place dans tes urgences,
dans tes audaces, dans ta confiance.
Je serai jamais distant, distrait, cruel,
pour que tu sois belle.
Je veux pas que tu t'ennuies, je veux pas que t'aies peur.
Je voudrais que tu oublies le goût du malheur.
Je t'aime.
...
Une petite place ici, maintenant...
Gémissements.
...
-Maman !
Maman !
-(Putain...)
-Non, laisse.
Laisse, laisse... C'est mon tour.
J'y vais.
...
Maman !
Maman, viens !
Maman !
Maman !
-Ca va, chérie. Ca va.
Chérie...
Ca va.
-Non.
-T'as fait un cauchemar, mais ça va.
...
-J'ai peur. -Je sais.
Je sais. Viens, viens, viens.
Chérie, regarde-moi. Chérie...
...
Hé ! Regarde-moi... Regarde-moi ! T'es dans ta chambre, je suis là.
Je suis là. Viens me voir. Viens...
Viens, viens, viens...
Viens, viens... Ca va.
Tiens, prends Pipou.
...
Je suis là,
papa est là...
...
-Maman ! Maman !
-Ca va, Zoé.
Tu peux faire dodo, chérie. C'est fini. Tout va bien.
-Ah ! Touchée !
Touchée !
...
-Tiens.
-Il a pas eu peur.
-Non.
De moins en moins.
-C'est courageux de se livrer comme ça.
-Y en a qui sont incroyables...
-Au fil des dessins, avez-vous l'impression que ça s'atténue ?
-Heu... Ecoutez, ouais... Non, c'est obsessionnel, c'est sûr.
Après, une obsession, je sais pas si à force de l'entretenir,
elle se renforce ou elle s'émousse. C'est une sacrée question.
Je ne sais pas y répondre, c'est pour ça que je continue.
Excusez-moi, on peut reprendre dans un instant ?
Maître... Je suis hyper touché que vous soyez venue. Je vous embrasse.
-Bravo, c'est magnifique. Je suis très touchée.
-Merci. Ouais, c'est un peu la 1re fois, donc un saut dans le vide.
-Ah...
T'es venu...
Ca fait plaisir. -Oui.
-Ca va ? -Oui. Et toi ?
-Super. Je vais te présenter à Arnaud. Viens.
C'est cool que tu sois venu. Tu te souviens de David ?
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Je vais lui présenter l'artiste.
-Dépêche-toi ! Tu viens ?
Personne nous regarde. On va sous la cabane ?
Moi, je prends ça.
Tu viens ?
-Et celui-là. Fais un fixe. Devant la pierre, c'est joli.
-C'est mon papa qui a fait ça. -Ah oui ?
-Oui. Il était au Bataclan.
Et... il a failli mourir.
-Hum, hum...
-Heu... Il est pas mort.
-Ouais ?
-Après, il est revenu, il a peint ces tableaux, et voilà.
-Tu veux bien redire ça devant la caméra ?
Oui ? -Hum.
-Tu te mets là, comme ça...
Tu prends les tableaux derrière ?
Je mets le micro, et quand tu veux, tu répètes la même chose.
Quand tu veux. -C'est mon papa qui a fait ça.
Il était au Bataclan, il a failli mourir mais il est pas mort.
-Pardon, vous faites quoi ? Ne filmez pas ma fille !
Laissez-la tranquille.
-On pensait pas à mal.
-C'est des enfants. Il faut au moins demander l'autorisation !
-Oui... Bonne soirée. Au revoir.
-Non mais... Attends...
Ils chantent "Jimmy" de Moriarty.
...
-Attention, la BRI...
-Allez...
-Non, non, non... -Allez !
-Ils n'ont pas assez bu.
...
-Le pont !
...
-C'était bien !
C'est vachement mieux que la dernière fois.
-C'est quoi ?
-Une conférence à New York avec ceux du 11 septembre.
On y va avec d'autres du 13 novembre.
-Pour certains jours, pas besoin de donner l'année.
-On en a quelques-uns.
-J'ai mon dernier entretien dans une semaine. Ca me plairait bien.
Pas que pour le salaire. Pour le job.
-Quel genre de boîte ? -Grande distribution.
Directrice de création. -Pas mal !
-Caroline !
C'est Caroline ! -Non...
-Y a Caroline ! -Incroyable !
-Bonjour. -T'as pu venir, finalement.
T'es là...
C'est trop bien.
-Je vous présente Djibril.
Mon ami Djibril.
-Bonjour. Marie, la femme d'Arnaud. -Eh ben donc Arnaud.
-Salut. -Enchanté.
-Stéphane. Enchanté.
-Sébastien...
Hé...
-Tu le savais, toi ? -Ben oui !
-Bonjour. Vous étiez tous dans le couloir ?
-Non. Je suis la compagne de Stéphane.
-Et moi, de Sébastien.
-Vous buvez quoi ? -Je veux bien de l'eau. Pétillante.
-C'est la fête.
-Pareil. -M. Molmy...
Très contente de vous voir. -Moi aussi, Caroline.
-Oui, enfin... Bien sûr, moi aussi, mais c'est autre chose...
J'ai une question. Vous voulez pas qu'on s'assoie ?
-Oui, bien sûr. -Installe-toi.
Tiens, Djibril. -Merci.
-Quelqu'un veut autre chose ?
-Quel plaisir de te voir ! -Moi aussi.
-Personne veut rien d'autre ? -Une question
me trotte dans la tête depuis longtemps.
Une question pas facile.
-Je vous écoute. -A l'hôpital,
quand je dormais pas, j'essayais de revoir toute la soirée du 13,
minute par minute, en détail,
des 1ers tirs jusqu'à l'assaut. -Moi aussi, je l'ai fait.
-On l'a tous fait. -Et souvent, je me suis demandé
comment vous aviez pris la décision de donner l'assaut dans ce couloir.
-C'est ma décision la plus difficile.
11 otages et 2 kamikazes dans un tel endroit...
-Nous, on n'avait pas très envie de vous voir débarquer.
-C'est déjà miraculeux que ça n'ait pas dérapé avec eux.
-Ca a bien failli.
Plusieurs fois, même.
Tirs en rafale.
...
-Putain !
...
Cris de douleur.
Putain ! Tu vas marcher ou quoi ?
...
Sirènes.
...
C'est vraiment de la merde, ce truc...
Tir.
Sirènes.
...
C'est une kalach de merde.
Il parle arabe.
-Vous 4, debout !
A la fenêtre. Debout !
...
Vous 3, sur cette fenêtre.
Allez, allez, allez !
Vous voyez quelque chose, vous me dites.
Toi,
toi et toi, assis
derrière la porte.
Vous entendez quelque chose, vous me dites. Compris ?
-(Oui...)
...
-Alors...
T'entends quoi ?
-Les gens qui meurent. -Plus fort.
-Les gens qui meurent !
-Plus fort !
-Les gens qui meurent.
-Ecoutez-les. Ils meurent
pour nos frères que vous tuez en Irak,
en Syrie... Mais le califat va continuer
de grandir, vous verrez. -Il est partout.
A Al-Hartha,
Mossoul,
Falloujah... Avec le grand Aboubakar al-Baghdadi
et tous les combattants de l'Etat islamique.
...
-Rentrez chez vous ! Tout de suite !
-On est des otages, allez-vous-en ! -Wow ! Tu fais quoi, toi ?
-Quoi ? Tu m'as dit de te prévenir. -Vas-y, dégage !
...
-Reculez ! -On recule !
...
-Reculez !
-T'as vu comment ils ont eu peur ? -Reculez, les gars.
Sirènes.
...
-C'était qui les policiers dans la rue ?
-Le RAID. -Il y avait d'autres services.
-Le GIGN, le RAID, la BRI. On s'est coordonnés.
-On est arrivés à la porte du couloir par hasard.
-Dans la salle, c'était le RAID.
-On nous reproche d'être intervenus tard.
-Pas nous.
-Fallait d'abord sécuriser
la fosse. Il aurait pu y avoir d'autres terroristes.
On a été rapides de l'alerte à l'intervention.
-Et sans jouer aux cow-boys.
...
-Y a quelqu'un juste derrière. -Tais-toi... Tais-toi.
Coup.
-Cassez-vous ou je tire ! Cassez-vous !
Toi là... Hé, toi ! Dis-leur !
Vite ! -On est des otages !
Ils ont des gilets d'explosifs ! Reculez ou on va exploser !
-Voilà, on a reculé.
-Reculez plus ! On va tous péter !
Gémissements.
...
-Couvre-toi, toi.
-Quoi ?
-Couvre-toi !
-Pardon... Excusez-moi.
Excusez-moi.
...
Un des terroristes parle en arabe.
Lève-toi !
Lève-toi !
On veut des talkies-walkies !
Des talkies-walkies !
-Ils veulent des talkies-walkies !
-Mais... mais... mais prenez nos téléphones portables, plutôt.
-Le tien !
Dépêche-toi !
Dépêche !
C'est quoi, le numéro ?
C'est 06 39... -Plus fort, c'est pour les keufs !
-Ils ont pris mon portable !
Le numéro, c'est
06 !
39 !
88 !
-J'ai pas compris ! 37 ou 39 ? -39 !
-06
37...
-39 ! -39 !
-OK, j'ai compris. Donnez-moi la suite.
-16 !
35 !
-06 39 88 16 25.
-35 !
-06 !
-06 ! -39 !
-39 !
-88 !
-88 !
-16 !
-16 ! -35 !
-35 !
-C'est pas clair ! -Putain !
-06 !
39 !
88 !
16 !
35 !
-06...
39...
88...
16...
35.
-Voilà ! -C'est ça ! C'est ça ! C'est ça !
-OK, ça va. On appelle très vite.
Sirènes.
...
-J'ai un numéro.
-Vas-y.
-Vas-y.
-06
39
88
16
35.
-J'y vais.
06...
-39 88 16 35.
Tonalité.
...
...
*-Bonjour, c'est Marie.
*Laissez-moi un message. -Putain. C'est quoi, ton numéro ?
-Nico l'a donné.
-Recommence. 06... -39 88 16 35.
...
-Putain ! BFM ils répondent pas. -Essaie I-Télé.
-C'est quoi, le numéro ? -Ton téléphone, toi.
-J'ai plus de batterie.
-Hein ? -J'ai plus de batterie.
-Donne ton téléphone, j'ai dit.
Donne le tien.
Plus vite. Plus vite ! Donne !
-Cassent les couilles. -I-Télé, c'est bloqué.
Ils sont vraiment nuls aux standards. C'est un truc de fou.
Vibreur.
...
-C'est qui ?
...
-Mon beau-frère.
...
-Elle vous rappelle.
-Je peux mettre ma veste ? J'ai froid.
...
-Toi, tu parles trop. Fais attention à toi, le Libyen.
-C'est toujours
occupé. Vous faites quoi ? -Ils appellent.
...
Ils appellent !
...
Répondez !
...
-Qu'est-ce qui se passe ?
...
-On demande le retrait des forces de l'ordre
*du Bataclan et des rues autour. -On va pas pouvoir.
Y a beaucoup de victimes. Au moins, libérez les femmes.
-Rien à foutre. Dégagez. Je veux plus de keufs.
-Je rappelle dans 5mn.
-Si j'ai pas de réponse dans 5mn, j'égorge un otage.
Rappelle BFM.
Vous faites quoi comme métiers ?
-Journaliste.
Pigiste.
-Je suis étudiant.
-Toi ?
-Graphiste.
-Chef de projet.
-Chef de projet informatique.
-Ingénieur informatique.
-Office manager.
-Barman.
-Ah, l'alcool...
-La salle est sécurisée.
La colonne est en place. Ils veulent notre avis.
-Ils le connaissent.
-On essaie une dernière fois.
Tonalité.
...
*-C'est pas trop tôt.
-Libérez deux otages et on commence la négo.
*-Non, rien.
On veut que F. Hollande s'engage à retirer les troupes en Syrie.
Et on veut BFMTV devant.
-On peut discuter de tout mais il y a des choses compliquées à...
*-Non !
Tais-toi. C'est moi qui parle.
Y a des télés, là, devant la salle ?
*-La police leur bloque l'accès. -Laisse-les ! On veut la télé !
*-Pour l'instant, y a personne. Ni photographes ni journalistes.
-Tu te démerdes. On veut la télé.
-Je vais voir ce que je peux faire.
T'es d'accord avec moi ? -Evidemment.
Ils attendent les caméras pour se faire sauter.
Ca va être un carnage.
-Faut prévenir le patron en direct, pas par radio. Tu vas le chercher ?
-J'y vais.
...
-Alors ? -On doit y aller, M. le Préfet.
C'est un couloir : la pire des configurations.
Mais si on veut les surprendre, c'est maintenant.
-Si c'est ce qu'il faut faire, allez-y.
Christophe ! Ca va bien se passer ?
-Non. Il y aura des hommes à terre chez les otages et chez nous.
Mais si on peut en sauver...
-Merci, Christophe.
Merci.
-Monsieur, monsieur ! Réveillez-vous ! Monsieur !
-Bon. Je devrais pas vous le demander mais vous êtes sûrs
de vouloir y aller ? -Oui. Aucun doute.
-Plus que jamais.
-On y va.
*-Allez...
*-20s.
10s.
5s.
4.
3.
2.
1.
Top !
*-Top.
Vibreur.
*-Oui ? -Le périmètre
*n'est pas assez sécurisé. -Rien à foutre. Tu te démerdes,
je veux des caméras. *-Oui, mais...
Coup.
...
...
-Non, non...
... Reculez !
-Non !
-Non, non, non ! ...
N'entrez pas, ils vont tout faire sauter !
-Ils vont tout faire péter ! -Non ! Non !
...
-Tout le monde au fond ! Allez !
Tout le monde
au fond ! Tous au fond ! -Tout le monde au fond !
...
-Au fond !
Au fond !
-Tirez pas !
Ils vont tout faire péter !
-N'entrez pas ! ...
N'entrez pas !
-Aaah ! Aaah ! -Allez !
...
-Ah !
Cris indistincts de la BRI.
...
-On y va !
-Pousse !
...
Les sons sont assourdis.
...
Tir.
-Ah !
Ah !
Sons assourdis.
...
Hurlements.
...
Cris et ordres indistincts.
...
-Non mais attendez !
Attendez !
Mais attendez !
-Attendez ! Attendez ! Y a quelqu'un ! Y a quelqu'un !
-Mon mari !
-Venez par ici ! Sortez !
-Mon mari !
-On avance ! -Mon mari !
Voix éloignées.
...
...
france.tv access
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