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Original subtitles

2001 - DEUX ANS APRÈS LE MEURTRE

Les premiers jours, je m'attendais à me faire arrêter à tout moment.

À chaque sonnerie de téléphone.

Chaque coup de sonnette.

La police à la porte.

Une question de temps.

Juste après, on a une montée d'adrénaline.

Lentement, l'angoisse de la réalité nous rattrape.

Je savais que l'adrénaline finirait pas redescendre...

qu'il s'ensuivrait une terrible gueule de bois.

J'ai essayé de retarder ça au maximum.

Bonjour.

- Lukas est déjà parti ? - Oui.

Anneke n'est pas rentrée.

Le beurre.

Trésor ?

Trésor, Dinie est au téléphone. Elle demande si Anneke a dormi ici.

Oui, elle vient de partir.

Bon. Dinie ? Oui, elle a dormi ici.

Elle vient de partir.

Ne t'inquiète pas.

Jeroen, c'est moi. Passe-moi Anneke.

- Elle est pas là. - Arrête.

Sa mère vient d'appeler. Je t'ai couvert...

Kim, elle est pas là.

- Comment ça ? - Elle est pas ici.

- Elle est où, alors ? - J'en sais rien, moi.

Tu dois travailler ?

Oui.

Journée chargée.

Tu peux laisser faire, mais celle-ci passera pas l'année.

Moi, je l'abattrais maintenant.

Non.

Non, laisse-la ici.

Elle vivra peut-être.

- Tiens-moi au courant. - Oui.

À plus tard.

Tu es gentille.

Anneke Boorsma a été retrouvée morte.

Je me souviens m'être dit : "Pourquoi tu es si triste ?

"Tu la connaissais pas. Pas vraiment."

Si ça avait été sa fille, là, d'accord.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Ils savent pas trop.

Mais elle est morte ?

C'est ce qu'ils ont dit.

Bonjour.

Papiers, s'il vous plaît.

- Vous vivez par ici ? - Oui, un peu plus bas.

- Soyez prudent. - Merci.

Pauvre bête.

Oui.

Tu peux rien faire ?

Non.

On essaie de mettre une distance entre soi et le meurtre.

De reprendre une vie normale aussi vite que possible.

On ne fait plus de différence entre le normal et l'étrange.

Trop bouleversé ? Étrange.

Pas bouleversé du tout ? Encore plus étrange.

Soudain, les autres nous apparaissent comme une espèce à part.

- Je te croyais au lit, malade. - Salut.

Ouais.

Je commence à me sentir un peu mieux.

Ouais, ma femme est triste aussi quand elle y repense.

Oui.

Passe ce soir. On va pas se barricader.

Ça sert à rien.

C'est pas tous des criminels.

J'aimerais bien le croire.

N'empêche, ils sont bizarres.

Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans notre village ?

Mais qui voilà ?

Je reste pas longtemps.

Ma femme a dit ça, y a 20 ans.

Cherchez pas, c'est le réfugié.

Elle a été massacrée façon halal.

- Merci, Onno. - J'ai pas le droit de dire ça ?

Ça fait pas un pli.

Je me réjouis que tu ne sois pas juge et partie dans cette affaire.

On peut parler d'autre chose ?

Je veux dire...

les horreurs, y en a partout, tout le temps.

Bref, je...

Je sais pas.

Evert trouve l'ambiance un peu lourde.

Pas vrai ?

On joue ?

- À toi. - Oui.

Carreaux.

Ma chérie...

Anneke !

Non ! C'est pas possible !

Ma fille.

Anneke.

Anneke. Ma fille.

Non.

Ma fille.

Ma fille.

Ma fille...

- Bonsoir. - Bonsoir.

J'aimerais parler à quelqu'un au sujet du meurtre.

D'accord. Vous pouvez m'en dire plus ?

J'aimerais voir un agent.

Ils sont tous partis.

Un dernier verre ?

Non, ne décroche pas. Il est 22h30.

Allô ?

À cette heure-ci ?

Quelqu'un voulait me voir ?

Oui. Il vient de partir.

Vous avez pris son nom ?

Il l'a pas donné.

Les semaines passent, on essaie d'oublier.

J'ai testé plein de trucs.

Je voulais m'en débarrasser.

2001 - DEUX ANS APRÈS LE MEURTRE

- Voilà le gâteau. - OK.

- Voilà le gâteau. - Fait maison ?

Oui, fait par moi.

ROBBIE 9 ANS

Elle a beaucoup cuisiné.

Il y a trop de vent, je crois.

Regardez-moi tous ces cadeaux.

- Ça se passe bien ? - Au top !

- Attention ! - Tu as bu ?

- Berk ! - On a le droit, on a plus de 16 ans.

- Toi, oui. Toi aussi ? - Oui.

Va-t'en.

Tu veux dire un truc ?

Non.

- Non. - Une jupe ou un vœu...

Oui, joli.

Les voilà. Tu les vois ? Ça fait...

Coucou !

La police de Tilburg veut renvoyer l'agent qui a refusé d'honorer

les trois minutes de silence pour les victimes du 11 septembre.

L'accusé a justifié sa décision

en disant que les USA l'avaient bien cherché.

Apparemment, il a refusé de condamner publiquement les attaques...

C'était chouette !

Salut !

Tu sors avec Fenna ?

Non, avec Nienke.

L'autre.

Sympa.

Tu étais un assistant magicien charmant.

Merci.

Tu viens ?

J'ai de nouveau un rhume. Je vais dormir dans le bureau.

Sinon, tu dormiras pas.

Ça revient sans cesse.

De diverses façons.

Sous différentes formes.

On s'en rend pas toujours compte,

mais c'est toujours pareil.

Il faut que ça sorte.

Tu vois une fille qui te plaît ?

Elle est polonaise. Elle parle à peine anglais.

Elle est nouvelle.

Fais attention avec elle.

Alors...

Bon appétit.

On a entendu le procureur général.

Ça fait maintenant 24 mois.

Notre dernière piste, Jeroen, n'a rien donné.

On va donc revenir à la méthode "et puis merde".

On recommence du début.

On récapitule les faits qu'on a pu vérifier.

Le 24 avril 1999,

Anneke Boorsma est rentrée chez elle après une soirée au Sombrero.

On sait qu'elle est partie seule et qu'elle a fait une rencontre en chemin.

On a retrouvé son vélo abandonné près d'une prairie.

Anneke et l'assassin ont marché 20 mètres à travers le champ de blé.

Elle n'a pas dû trop se débattre.

Le chemin était étroit,

personne ne les a entendus.

Non, pas tout de suite.

Garde-le.

Le choix de l'endroit était avisé,

personne à la ronde qui puisse entendre.

Ce qui renforce l'hypothèse que l'assassin connaissait bien la zone.

Tu es si belle.

Tu dois me résister. Défends-toi.

Résiste-moi.

Lutte. Défends-toi.

OK, plus fort.

Défends-toi. Oui.

Défends-toi, salope.

Aïe ! Putain !

Maintenant, cesse de résister.

Laisse-toi faire.

Maintenant, joue la morte.

Anneke a été étranglée.

Ce n'est qu'ensuite qu'elle a...

Le viol a eu lieu ensuite.

Le pathologiste-anatomiste a pu démontrer

qu'Anneke était déjà morte.

Toi...

Tu es à moi.

Anneke.

Anneke a d'abord été étranglée.

Puis on lui a tranché la gorge, sans doute avec un petit couteau.

Les premiers jours, je m'attendais à me faire arrêter à tout moment.

À chaque sonnerie de téléphone.

Chaque coup de sonnette.

La police à la porte.

Une question de temps.

Bon...

Merci.

Au revoir.

Tu es dans la douche ?

Oui. Tu as besoin d'un truc ?

Oui, de mes lentilles.

- J'en ai pour une minute. - OK.

- Tu as retiré beaucoup d'argent. - Quoi ?

J'ai vu que tu avais beaucoup retiré.

Cette semaine.

Oui.

Je préfère un petit cadeau qu'un truc ridiculement cher.

D'accord. Je m'en souviendrai.

- Toujours rien ? - Non.

Elle devrait pas être encore en vie.

Deux cas de fièvre aphteuse tout près d'ici, l'été dernier.

Ça se propage très vite.

Si tu tiens à la garder, isole-la au moins, d'accord ?

- Oui. - Bon.

- J'y vais. - Salut.

Le bowling, je pige pas.

C'est très puéril, non ?

Non, papa, pas du tout. C'est ironique.

- Oh, ironique ? - Ciao.

- Attends, tu viens ? - Bien sûr.

Repasse dans deux heures.

- Ça vaut pas la peine de rentrer. - Papa !

Bonsoir.

- Bonsoir. - À plus.

- Allez ! - Parfait.

Salut, les jeunes.

Amuse-toi bien.

- Aïe ! Papa ! - Et gagne !

Bonsoir.

Je peux avoir un Coca ?

Je ferais pas ça. J'ai le droit à combien d'essais ?

Encore un et c'est terminé.

- Sympa, une soirée avec les filles. - Oui, hein ?

Comment ça va avec Frank ?

Pas super. Il paraît qu'il m'a encore trompée.

Le salaud. On peut pas lui faire confiance.

C'est la quatrième fois.

Il faut que tu le largues.

Fenna. Désolé, on doit filer.

- Quoi ? - Un souci à la maison.

Désolé, on doit rentrer.

- Non, papa. Tu fais quoi, putain ? - Viens !

- C'est quoi, ce délire ? - Fais pas d'histoires, pour une fois !

Quoi ?

Pourquoi tu es si chelou, putain ?

Fait chier.

Fait chier !

C'est pas cassé. Ni gonflé. Alors, mets-les.

Contente de te revoir, mais on n'est pas encore ouvert.

Non, je sais.

Je voudrais juste poser une question à la fille.

- Zofia ? - Zofia, c'est ça.

Elle a démissionné ce matin.

Elle est rentrée en Pologne. Un souci avec sa mère.

On ouvre dans dix minutes.

- Tu peux rester. - Oui.

- À bientôt. - Oui, merci.

- Je comprends pas. - C'est très simple.

Tu apprendras vite.

Tu disais que c'était un truc impie.

Oui, c'est vrai.

Ce sera utile pour tes devoirs.

2002 - TROIS ANS APRÈS LE MEURTRE

Ça va ?

Oui.

Tu sais quoi ?

C'est presque une sorte de...

soulagement.

Je sais.

LES ARDENNES

- Pardon, je ne... - Vous venez pour la visite ?

Non. J'attends ma famille.

Il fait très chaud.

Oui.

- Vous voulez un café ? - Non, merci.

Quoi que...

Si, je veux bien, en fait. Juste une tasse. Merci.

J'ai arrêté tout ce qui est mauvais.

De boire, déjà.

Vous êtes catholique ?

Non.

Je vous le recommande.

Ça aide beaucoup.

Tout est pardonné.

Il y a des choses qui ne peuvent pas être pardonnées ?

Non.

On est puni,

ça, c'est sûr.

Toutefois,

à chaque bonne action,

un peu moins.

Papa !

Hé ! Vous voilà.

Allons faire les fous.

J'ai faim.

Je suis le fantôme de Lapinie.

Je vais t'attraper !

- Il a dit "merde". - Non.

Bientôt endormis ?

- Non, heureusement. - Bonne nuit, papa.

- Dors bien, ma puce. - Dors bien, papa.

- Non ! - Si !

OK...

Ça faisait longtemps.

Une petite, ça va ! C'est les vacances.

Tu sais ce que Fenna m'a dit ?

"Dors bien, papa."

Ben ça alors !

Comment elle va ?

Elle a décidé d'abandonner la criminologie pour travailler avec les enfants.

C'est super.

C'est n'importe quoi, la criminologie.

C'est du genre : "Mon père me frappait, alors je braque des banques."

Avant, on était puni quand on faisait un truc mal.

C'est la bonne solution, de punir ?

Quoi d'autre ?

Comprendre, peut-être ?

On a la belle vie, non ?

Maison !

Je te tiens !

Papa !

2009 - DIX ANS APRÈS LE MEURTRE

Le problème avec l'ADN, c'est qu'on n'est pas prêts.

À part pour trouver quelqu'un grâce à une goutte de sang.

C'est ce qu'on nous a dit.

Un coupable viendrait volontairement donner un échantillon d'ADN ?

Pas besoin du coupable. Un membre de sa famille suffit.

- Un père, un oncle. - Donc pas volontairement.

Surtout, il faudrait réécrire tout un pan du droit à la vie privée.

Notre seule chance de boucler cette affaire, c'est l'ADN.

Adressez-vous à quelqu'un du gouvernement.

Des contacts au gouvernement ?

Je sais que Rinus connaissait plein de gens dans la politique,

mais pas sûr qu'il nous reçoive.

Oui.

Papa, je vais coucher la petite dans la chambre d'Anneke.

Oui.

Allez, au dodo. Viens.

LES RÉFUGIÉS VOLENT SUR DEMANDE

LES PAYS-BAS AUX BLANCS

PAS D'AUTRE ANNEKE

- Ça va ? - C'est rien.

Mon cœur.

Vous en faites pas pour moi.

Une méthode toute nouvelle nous permettrait d'attraper le coupable.

Mais elle n'est pas encore strictement légale.

- On le coincerait. - Vous le coincerez jamais.

Vous en aviez l'occasion.

Vous l'avez laissé filer.

C'est quoi, ça, Rinus ?

- De l'activisme. - Oui ?

Oui. Pour que ça ne se reproduise plus.

- Pas d'autre Anneke. - Bon...

Quel genre d'activisme ?

Une vitrine pour ces cons d'extrême-droite ?

- Joanna. - Quoi ?

Il n'est pas en sucre.

Vous vous laissez embarquer par un néonazi xénophobe ?

- Bon, écoutez... - Toi, tu m'écoutes, Lukas.

Je parle à ton père.

Tais-toi quand les adultes discutent.

C'est du solide.

On a besoin de vous.

Je dois faire quoi ?

- Jonne et Lieve peuvent monter ? - Oui, bien sûr.

Lieve ! Tes parents savent que tu dors chez nous ?

- Oui, je les ai prévenus. - OK.

- Jonne, je te dépose où ? - Burgemeester Vlieringstraat 2.

Ça va ?

Je m'arrête ?

Non, ça va déjà mieux.

OK.

Coucou !

- Ça s'est bien passé ? - Bien sûr.

- Oh, tu es là ? - Pourquoi ?

Notre joyeux duo est déjà monté ?

Oui, ils se sont endormis direct.

Ça va, toi ?

La télé est venue.

- Pourquoi ? - À l'école.

On m'a filmée aussi.

Mais pourquoi ?

La recherche génétique a reçu le feu vert.

La quoi ?

- Tu vis sur quelle planète ? - Ils en parlent.

Une percée dans l'affaire Anneke Boorsma.

La police a annoncé lancer une enquête génétique révolutionnaire.

Ses détracteurs y voient une atteinte à la vie privée.

Le père d'Anneke Boorsma, Rinus Boorsma,

fait preuve d'un optimisme prudent.

J'ai bataillé dur pour ça.

Je me suis entretenu plusieurs fois avec le ministre. Ça a été productif.

Je me réjouis d'une telle avancée, que justice soit enfin faite

r ma fille.

À mon avis, il y en a un chez lui qui est train de paniquer, là.

Sous-titres : Louise Monge

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