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SALON FUNÉRAIRE JAPONICA
J'espère qu'il ne fait pas jour.
Lève-toi.
Pas encore.
J'ai une crise cardiaque.
C'est tous les jours pareil : crise cardiaque, cancer.
Lève-toi.
Je suis morte.
Est-ce que je peux bouger les bras ?
Petite paresseuse, vas-tu te lever ?
Vas-tu te lever ? Vas-tu te lever ?
Petite paresseuse, vas-tu te lever ? Tu seras en retard...
- Quoi ? - Ecole.
Bonjour, Rachel chérie.
Bonjour, maman.
Je me demandais si tu passerais chez Shabab
en rentrant de l'école, ce soir ?
Je n'en ai pas l'intention pour l'instant, mais c'est possible.
Tu pourrais me ramener une tablette de chocolat.
D'accord.
Juste la petite.
Celles à 5 cents me vont parfaitement.
Bonjour, Hector.
Bonjour, Rachel.
Vous êtes au boulot de bonne heure.
J'ai fait d'horribles cauchemars toute la nuit.
Conscience pas tranquille ?
J'aimerais bien.
Ne le prend pas au lait, prends le noir.
- Moins de cholestérol. - Quoi ?
Le chocolat.
Que faisait-elle là-haut ?
Elle pense à tout le monde et maintenant tous les autres...
Quelle pensée idiote.
Morbide.
Je ne devrais jamais penser à ce genre de choses.
Muriel Simpson dit qu'elle va mourir
Pour l'amour de la Cité d'or
Elle est mignonne, elle est belle
Elle est la reine de la Cité d'or
Rentrez, les onzièmes.
Tout le monde à son siège avant que la cloche ne s'arrête.
Allez.
Mlle Cameron ?
Quelle journée, non ?
Il fait frais pour l'instant, mais il va faire chaud.
Oui, on dirait bien que l'été est là.
Angela a déjà un rhume.
C'est comme ça tous les ans à cette saison.
Vos yeux sont aussi un peu rouges.
Je n'ai pas vu le marchand de sable hier soir.
Vous devriez prendre des tranquillisants, comme moi.
Une fois que la tension a disparu,
le sommeil peut être quelque chose de très sensuel.
Leighton, vous vouliez me dire quelque chose ?
Angela et moi aimerions vous inviter à dîner chez nous ce soir.
Ça lui ferait plaisir.
A moi aussi. On voulait vous inviter depuis longtemps,
mais la famille d'Angela était venue nous rendre visite.
L'été est là, et on n'a pas invité notre petite Rachel...
La famille d'Angela était venue nous rendre visite.
L'été est là, et on n'a pas invité notre petite Rachel
pour un seul repas.
Si vous aviez le temps,
vous nous donneriez bonne conscience.
Ce soir, ma mère joue au bridge.
Je suis désolée, Leighton.
Je dois lui préparer le café et des sandwiches.
Dommage.
On va bien s'amuser.
Un de vos amis sera là aussi.
Que nous quatre.
Qui est-ce ?
Trop tard.
Sauf si vous changez d'avis.
James Doherty, descends de cette balançoire.
Ou tu vas voir.
James.
Tu es le tireur le plus rapide de l'ouest, et le coureur le plus lent.
Allez, vite. Un, deux, trois, quatre.
C'est bien.
Par là.
Mlle Cameron.
Une minute. Mets-toi en rang.
On va à la bibliothèque pour voir des châteaux et des donjons.
Qu'allez-vous faire ?
On va jouer aux fées et aux papillons.
Devine qui m'a invité pour dîner ? J'ai refusé.
Le Tripoteur.
Il doit servir du rat.
Monte plus tard. Je t'ai acheté un petit cadeau.
Quoi ?
Un compagnon dont il faut s'occuper,
mais il ne répond pas, comme ta mère.
Bon.
Tous mes Walter Raleigh sont morts ?
Les pont-levis ne s'ouvrent pas d'eux-mêmes.
Merci.
Dehors.
Fermez la porte.
J'ai regardé les absences dans votre classe
parmi d'autres choses.
James Doherty est bien trop souvent absent.
3 semaines en mars.
10 jours en mai.
Et cette semaine de nouveau.
Oui, c'est une angine.
James ne ferait pas l'école buissonnière.
Je veux juste lui parler, Rachel.
Vous voulez bien l'envoyer me voir, s'il vous plaît ?
C'est la faute de sa mère. C'est elle qui écrit les mots d'excuse.
Vous voulez vous occuper de cette question ?
James.
Tu veux bien aller voir M. Siddley ?
Il t'attend dans le couloir.
James, prends tes affaires. Viens.
- Où va-t-on ? - A la maison, chez moi.
Mlle Cameron.
Quoi ?
Je dois toujours vous appeler Mlle Cameron ?
Tu peux m'appeler tout ce que tu veux, mon chéri.
Lâche.
J'aimerais tellement partir d'ici.
Mais non.
Si tu voulais partir, tu partirais.
Tu ne partiras jamais, Rachel.
Rachel Cameron dit qu'elle va mourir
Pour l'amour de la Cité d'or
Elle est mignonne, elle est belle
Elle est la reine de la Cité d'or
Elle est belle, un, deux, trois
Reine de la Cité d'or
Petite.
Calla, je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler "petite".
C'est ridicule.
Désolée, c'est l'habitude.
Tu montes ?
Je descendrais bien, mais j'essaie de remettre mon aigle dans sa cage.
Jacob, tu veux bien descendre ?
Ignore-le.
Où est mon cadeau ?
J'espère qu'il te protègera jusqu'à l'automne.
C'est celui qu'on a vu chez le fleuriste.
Naturellement.
Je ne peux pas accepter.
C'est trop.
Je te l'emprunterai.
Arrête. Regarde.
Quand tu te sens triste, mets-le dans la lumière.
Tu auras l'impression d'être assise dessous.
Tout devient calme, tranquille.
C'est trop.
J'aimerais avoir quelque chose à t'offrir.
Que feras-tu entre maintenant et la fête du travail ?
Tu vas rester sur la véranda avec maman ?
Sans doute.
Je vais repeindre mon appartement couleur lilas.
On a acheté plein de peinture couleur lilas
pour le temple.
Mais ça ne plaît à personne sauf à moi.
Je vais me faire bronzer.
Non.
Chaque été j'achète de la crème solaire bronzage,
et à la fin de l'été, je suis toujours aussi blanche.
On ne doit pas s'attendre à trop des vacances d'été.
Ce n'est qu'une saison comme une autre.
Une douzaine de journaux du dimanche.
Je suis exactement au milieu de ma vie.
Quoi ?
Je suis exactement au milieu de ma vie.
C'est mon dernier...
été ascendant.
A partir de maintenant, tout le reste
n'est plus qu'une descente vers ma tombe.
Ma vie n'a commencé que l'an dernier.
La vieille du 4 juillet fut ma fête de la dépendance.
Indépendance.
Ne me corrige pas. C'est le jour où j'ai mis ma confiance en Dieu.
Calla, on avait fait un marché. On ne parle pas de ça.
Les amis sont plus importants que les marchés.
Je ne t'écouterai pas.
Je vais juste siffler.
Ne veux-tu pas t'ouvrir à la vie, à l'amour ?
Si je voulais voir des gens crier et se ridiculiser,
j'irais dans un asile de fous.
Tu parles comme une experte, mais tu n'y connais rien du tout.
Je ne sais pas si tu parles de Dieu ou de LSD.
C'est la 2e fois que tu es vache aujourd'hui.
"Je t'ai demandé de ne pas m'appeler petite. C'est ridicule."
Tu m'as fait penser à la façon dont on parle, c'est tout.
Comme Sidony Travis, tu l'as déjà entendue ?
"Rachel, ma chérie, sois gentille, passe-moi un de ces délicieux gâteaux."
Calla, je ne voulais pas te blesser.
Retournons à nos cages.
Je veux juste te dire une chose.
Chaque fois qu'on est allé manger une glace,
tu as pris de la vanille.
Il n'y a pas que ça, Rachel.
Il y a 30 autres parfums, plus celui du mois.
Et il n'y a pas que toi sur terre.
Calla.
Quand aura lieu le prochain...
- Comment dit-on ? Service ? - Demain. Pourquoi ?
Si tu veux, j'irai.
Ne le fais pas pour moi.
Tu veux ton arbre ?
Bon, je vais le planter.
Ici, dans l'asphalte.
Bonne nuit.
Massacre, massacre Fille des pompes funèbres
ATTENTION AUX ENFANTS morts
Massacre, massacre
Fille des pompes funèbres
Rachel, c'est toi ?
Tu devrais être en haut, avec ta maman.
C'est toi, Stevie ?
Non, je m'appelle Nick.
Tu ressembles à Stevie.
C'est parce qu'on est jumeaux.
Papa l'a mis dans le panier ?
Tu l'as regardé faire ?
Ils ne voulaient pas.
Je t'ai dit de monter, ou est-ce que je rêvais ?
Papa, qu'est-ce que tu vas lui faire ?
Je vais le rendre heureux et le faire sourire de nouveau.
Fais ce que je dis, je vais compter jusqu'à trois. Un.
De quoi est-il mort ?
D'une maladie d'enfant, comme tous les autres. Je compte.
Tu sais ce qui arrive quand j'arrive à trois.
Deux.
Deux et demie.
Deux et trois quarts.
Deux et sept huitièmes.
Trois.
Tu arrives tard ce soir, ma chérie.
Je ne t'attendais plus.
Je suis désolée.
Je n'aime pas rester seule parmi les casseroles.
- Où es-tu ? - Je suis là, maman.
Ne m'embrasse pas.
J'ai du blanc d'uf sur la figure.
Je suis épuisée.
Quand j'ai vu qu'il était 6 h et que tu n'étais pas là,
je me suis dit que tu devais faire des corrections,
que Shabab serait fermé et je parie que tu as oublié mon chocolat.
Oui. Je suis désolée.
Je ne te critique pas.
On oublie tous parfois.
Je suis allée en acheter une.
J'ai fait une belle ballade dans la chaleur.
Va te reposer, je vais préparer les sandwichs.
Non, ma chérie. Je vais bien.
Vraiment.
J'espère juste que tu n'as rien attrapé.
Je le devrais ?
Tu peux te mettre ici pour faire ça ? Je ne te vois pas.
Tu as de la fièvre ?
Montre ton front.
Il est juste un peu chaud.
Maman, j'ai toujours chaud.
J'ai entendu une chose horrible sur la petite Stewart, aujourd'hui.
Cassie Stewart était, dirons-nous, partie.
Partie, avec des guillemets ?
De doubles guillemets. Des jumeaux.
Et pas un mari en vue.
Tu imagines sa pauvre mère ?
Elle est gentille, vraiment.
Pas très cultivée, mais gentille.
Ça doit lui briser le cur.
Des jumeaux.
Oui, je suppose que ça doit doubler son chagrin.
C'est ça.
Continue à te moquer.
La vie n'est qu'une comédie pour toi.
Elle va les garder ?
C'est ce qui est terrible, elle va les garder.
J'ai tout appris.
C'est Mme Barnes qui me l'a dit.
Je l'ai rencontrée ce matin aux obsèques de M. Shoemaker.
Et je lui ai dit...
"J'ai eu de la chance,
je n'ai jamais eu à m'inquiéter avec mes deux filles."
Verla, pas du sans atout.
N'est-elle pas méchante ?
Ne sois pas mauvaise perdante, May.
Tu pourrais gagner quand tu viendras chez moi.
3 curs.
Puis-je être gourmande, et avoir la boîte à bonbons ?
Je vais essayer un bonbon à la menthe.
Ne les touche pas tous, Florence. Tu touches toujours tout.
Je me demande
pourquoi ils mettent ces verts au citron.
S'ils ressemblent à de la menthe, ils devraient être à la menthe.
Non ?
Pardon. Je dois aller me coucher.
A la prochaine, ma chérie.
Ma chérie. Merci beaucoup.
Ça, c'est vrai.
Ces élégants sandwichs étaient délicieux.
Contente qu'ils vous aient plu.
S'ils m'ont plu ?
Je ne vais plus pouvoir me lever.
Bonne nuit.
Rachel est merveilleuse.
La façon dont elle fait les choses.
Et il faut être une sainte pour enseigner.
Elle a toujours été merveilleuse.
Non, Rachel.
Non.
C'est juste pour pouvoir dormir.
Non.
Bon, rentrez. Allez.
Vous n'êtes pas encore en vacances. Ne poussez pas.
Au revoir, James.
FEU D'ARTIFICE DU 4 juillet ICI
TOUT POUR LE 4 JUILLET
"Des relations à 2 poids, 2 mesures."
Qu'est-ce que ce sera, Rachel ?
Des cigarettes,
et du chocolat.
Je prends de la crème solaire bronzage ?
Prends une petite bouteille.
Je vous paie tout par chèque, d'accord ?
Rachel Cameron.
Nick.
Nick Kazlik.
Mon frère était dans le cercueil.
- Tu me fixes. - Désolée.
Je ne t'aurais pas reconnu.
On ne s'est pas vus depuis le lycée.
Je pensais te voir chez Leighton.
C'était toi ?
Je vais te donner encore une chance.
- Tu veux aller voir un film ? - Quel film ?
C'est important ?
Ça fera 4.02 $, Rachel.
Merci, Lee.
Je ne peux pas ce soir.
J'ai promis à une amie d'aller quelque part avec elle.
En fait, je devrais rentrer chez moi tout de suite.
Pardon.
Merci.
Tu habites toujours au même endroit ?
Oui, j'habite avec ma mère.
Depuis la mort de mon père.
J'ignorais qu'il était mort.
Les condoléances sont inutiles.
Il est mort, il y a 14 ans.
C'est une grande maison.
Tu n'es pas allée à la fac ?
Si, mais je suis revenue quand il est mort.
Ma mère a vendu l'affaire à Hector Jonas,
pour presque rien.
On peut donc vivre en haut à perpétuité.
Ou jusqu'à ce qu'on ait besoin de ses services en bas.
Quelle était ta question ?
Je suis institutrice.
Je ne te l'ai pas demandé.
Mais j'enseigne aussi.
En ville ?
Au lycée.
Tu enseignes au lycée, en ville ?
Pourquoi es-tu revenu ici ?
Pour voir mes parents.
Ils prennent de l'âge.
Pour les revoir.
C'est tout.
J'espère que ça se passera bien.
Pardon.
Tu veux aller voir un film demain soir ?
Je n'aime pas beaucoup le cinéma.
Je vois assez de films à la télévision.
Et ta sur ? Elle est occupée ?
Stacey ? Elle est mariée. Elle n'habite plus ici.
On ne la voit plus beaucoup depuis qu'elle a eu des enfants.
Et on t'a laissée là ?
J'ai oublié mes bottes.
- Merci. - Je ne voulais pas te blesser.
Je voulais juste m'amuser. Je pensais que ça t'intéresserait.
On se reverra peut-être, Nick.
Pardon.
Allez, Rachel, on va manquer le début.
Je suis une somnambule.
Tu n'aurais pas pris un petit verre en cachette ?
C'est ça.
D'abord cette rencontre à Shabab.
Et puis le vin à la maison, c'est bien moi.
Rien n'est réel.
Rien n'est maintenant.
Si on me pinçait, je ne sentirais rien.
Mais je n'ai qu'une vie.
Je me dis : "La prochaine fois, j'accepterai."
Mais il n'y a jamais de prochaine fois, non ?
Ne crains rien. Tu n'as pas à avoir peur.
Je me connais. Je ne...
Tu ne te connais pas si bien. Fais moi confiance.
Bienvenue, mon frère.
Faites confiance à Dieu.
Calla, je suis content de vous voir.
Voici mon amie, Rachel Cameron.
Comment allez-vous ? Il y a 2 sièges là-bas.
L'amour, chérie.
- Quoi ? - L'amour.
C'est pour toi.
Je suis désolée.
Je ne sais pas pourquoi je ris.
Le rire est une belle chose. Ris.
Frères et surs !
Calla.
Je suis là.
Frères et surs...
je suis ici...
et je me sens si...
heureuse.
Je dois vous dire pourquoi.
Je ne peux pas garder cette joie pour moi.
Ecoutez-moi.
Ceux qui étaient ici un soir de l'hiver dernier
se souviennent qu'on avait eu un visiteur.
Un homme qui a amené Dieu dans cette pièce.
Qui a amené la voix du Dieu vivant
dans cette pièce, comme un vent tout puissant.
- Dieu soit loué. - Dieu soit loué.
Il est de nouveau parmi nous.
- Alléluia. - Dieu soit loué.
Cet homme est assis là.
Dans cette sombre cuisine.
Mon Dieu. Je suis si reconnaissante.
- Calla, qui est-ce ? - L'aimez-vous ?
Il est superbe. Je ne peux pas le décrire.
Il a le don des langues.
Il fait quoi ?
Il a le don des langues.
Fermez les portes.
Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Je suis allé dans bien des endroits, et il se passe quelque chose.
Quelque chose va bientôt arriver.
Pas qu'avec les enfants, mais...
Toutes sortes de gens, de tous les âges.
Partout.
Peut-être pour la 1ère fois depuis Jésus-Christ.
Vous voyez, il y a...
ce désir...
ardent...
d'être...
des mots.
Des mots et des murs. Murs.
Entre nous, gouffres...
Les animaux sont moins seuls
avec leurs rugissements que nous avec nos mots.
Comme nous souffrons.
Comme...
nous nous languissons dans les donjons profonds que nous sommes,
coupés les uns des autres,
coupés de Dieu.
En nous.
Que pouvons-nous faire ?
Ne pouvons-nous pas être ce que nous sommes ?
N'est-ce pas notre 1ère et dernière obligation ?
D'être...
ce que nous sommes ?
D'être, de plus en plus, à l'image
de Dieu ? La Sienne ? La mienne ? Celle de l'homme ?
Regardez votre voisin.
L'être humain inconnu, devant ou à côté de vous. Regardez dans ses yeux.
Qui est-il ?
C'est vous.
Et vous êtes lui, et tout deux vous souffrez.
Vous ne pouvez pas vous dire ce que vous voulez. Que voulez-vous dire ?
Que ressentez-vous ?
L'amour.
Répétez.
Dites-le.
Dites-le.
Dieu soit loué.
De tout votre cur. L'amour.
Vous savez ce que c'est de dire ça ici ?
Dans cette vie ?
Dans ce monde ?
Ça arrive.
L'amour que Dieu nous donne au travers des autres,
son plus grand cadeau, vous le ressentez ?
N'aimez-vous pas Dieu de tout votre cur ?
- Oui. - J'aime Dieu.
Approchez, vieil homme.
Aidez-le, s'il vous plaît.
Et vous, aidez-la.
Et vous, venez ici.
Et vous, madame.
Allez.
Et vous ?
N'ayez pas peur.
Une main vous fait si peur ?
Ce n'est qu'une main.
Elle ne vous fera pas de mal, vous le savez bien. Cinq
doigts pour vous tenir.
Vous voulez bien me donner la main ?
Je crois que vous le voulez. Dites oui, s'il vous plaît.
Acceptez ce que vous ressentez.
La porte est ouverte.
L'amour.
Dites-le en même temps que moi. L'amour.
Ce n'est qu'un mot. Ne soyez pas gênée. Dites-le.
Encore.
Levez-vous tous, s'il vous plaît.
Donnez-vous la main.
Faites une chaîne par laquelle notre Dieu vivant pourra passer.
Mes amis,
je crois que Dieu est ici, en ce moment, pour nous aider.
S'il vous plaît, mon Dieu,
libérez ces gens de toutes leurs souffrances.
L'Eglise des Apôtres,
cette église même, a profité
et a mis en pratique chacun des talents offerts pas le Saint-Esprit.
Chacun des talents qu'il a offerts.
Il y a bien des talents qui furent donnés par le Saint-Esprit.
La sagesse est donnée par le Saint-Esprit.
- Dieu soit loué. - Un autre sait guérir.
Un autre sait faire des miracles.
Un autre reçoit le don des langues.
- Dieu... - Aimez-moi.
- ... du ciel. - Dieu soit loué.
Dieu du ciel !
Aimez-moi.
Ça va ?
Je t'en prie. Dis-moi quelque chose.
Parle-moi.
Dis mon nom.
Que s'est-il passé ?
Rien.
Rien de mal.
J'étais par terre.
Il ne s'est rien passé de mal.
Je t'assure, Rachel.
Ai-je fait du bruit ? Ça a duré longtemps ?
Quelques minutes, peut-être.
Je faisais du bruit ?
On pouvait à peine entendre ta voix.
Je ne te crois pas.
Je ne suis pas une menteuse.
Et si tu crois que Dieu avait quelque chose à y voir, tu as tort.
Mon Dieu, je suis désolée.
Je ne voulais pas m'énerver...
Ne fais pas ça. Je me sens responsable.
Je me suis ridiculisée.
On est tous ridicules.
Quand on fait partie de la race humaine, on est parfois ridicule.
Je ne peux plus me faire confiance. Je ne sais pas...
Chérie. Ma petite chérie.
Ma pauvre petite chérie.
Ça a failli me tuer de te voir comme ça.
Je ne voulais pas faire ça.
Mon Dieu.
S'il te plaît. C'est moi qui suis ridicule.
Je suis ridicule.
Le vent souffle bas, le vent souffle haut
La neige tombe d'en haut
Rachel Cameron dit qu'elle va mourir
Pour l'amour de la Cité d'or
Elle est mignonne, elle est belle
Elle est la reine de la Cité d'or
Elle est belle, un, deux, trois
Dans la Cité d'or
Rachel.
C'est toi, Nick Kazlik ?
Que fais-tu ? Tu te ballades ?
Je vais à la rivière pour lire un livre.
Comment vas-tu ?
Je te le dirai ce soir si tu veux aller voir un film.
Je vais voir avec ma secrétaire.
C'est ça. On se retrouve à 20 h.
Merci.
Quoi ?
J'ai dit d'accord.
- Bonjour. - Bonjour.
Comment vas-tu ?
Comment ça s'est passé ?
Raconte.
Vous resterez avec moi ?
Vous le promettez ?
Les docteurs ne font pas de promesse.
Attendez que le sédatif fasse de l'effet.
Jim, mon cur sera entre vos mains,
vous le tiendrez dans vos deux grandes mains.
N'ai-je pas toujours fait ça ?
Bonsoir.
Je ne me suis pas garé dans l'allée.
J'aurais eu l'impression d'être le suivant derrière le corbillard.
Je sais.
Monte doucement.
Mets ton visage contre le mien.
Regarde.
Là. Dans le coin.
Mon Dieu.
Ce n'est...
Ce n'est même pas humain.
- Merci. - C'est parce que ça a pris du temps.
Tu as pris quelque chose pour toi ?
Il faut connaître la technique pour ne pas faire de bruit.
Si le manager l'entendait. On n'a pas le droit de boire ici.
Ce genre de choses.
Si c'est une comédie, on attend que quelqu'un rie.
Mais si c'est tranquille, comme maintenant,
il faut que tu te débrouilles.
Voilà.
Désolé, il est interdit de boire ici. Dehors.
- Dehors ? - Dehors.
C'est ce que je disais, dehors.
Allez, toi aussi.
- Santé. - Santé.
A la tienne, à la mienne, et si on se dispute, à la mienne.
Nick, ton père est passé, il te cherchait.
Il criait le nom de ton frère. Steve.
La prochaine fois, dis-lui d'aller voir dans le cimetière.
Nick.
Il m'a appelé Steve 3 fois cette semaine.
C'est horrible.
Ne perds pas ton temps.
Le salaud est aussi lucide que moi.
C'est un complot.
Il veut que je reprenne la ferme.
C'est toi le salaud.
Je le plains.
Je déteste les vaches, c'est tout.
Je ne suis pas mon frère.
Vaches.
Je déteste leur façon de se balader nues devant tout le monde.
Elles devraient porter des soutiens-gorges ou aller en prison.
Et toi ?
On s'en prend
l'un à l'autre comme des mastodontes parfois.
On se marche l'un sur l'autre.
Toi et ton père ?
Eh bien...
Les gens qui s'aiment normalement...
S'aiment ?
C'est moi qui aurais dû être dans le cercueil.
Des pères araignées, des frères araignées.
On a tous notre part.
Parfois, ceux qu'on croit morts, sont toujours avec nous.
Quand tu marches sur une araignée, elle se tortille jusqu'au soir.
Je ne crois pas. Ce sont les serpents qui font ça.
C'est pareil.
Tu me plais, Rachel.
Merci.
Don, tu peux me donner une autre bière ?
Quand tu regardes quelqu'un, tu ne fais pas semblant.
Je te fixais ?
Jusqu'aux mauvais quartiers du coin.
Que pensais-tu de nous ?
Nous, les immigrés d'Europe centrale ?
Je vous enviais.
Pourquoi ?
Tu croyais qu'on baisait tout le temps ?
Qu'on dansait des danses slaves joyeuses ?
Je t'ai encore gênée.
Comme quand j'ai dit que je voulais m'amuser. Pardon.
C'est juste que parfois tu ne parles pas comme un prof.
Il n'y a pas d'enfants ici.
Si on dansait ?
Je ne connais que le box step.
Tu veux qu'on aille quelque part ?
Quelque part ?
Ma mère a des problèmes de cur,
et elle s'inquiète quand je ne rentre pas à temps.
Je crois qu'il vaut mieux que je rentre.
Les mères araignées tissent aussi des toiles très collantes.
CHAPELLE FUNÉRAIRE JAPONICA HECTOR JONAS, DIRECTEUR
"Je veux y aller, je veux rester.
Il m'aime, il ne m'aime pas."
Tu veux que je décide pour toi ?
S'il te plaît.
Merci.
Tu es si polie et bien élevée.
Merci. S'il te plaît. Pour tout.
C'est gentil de ta part d'avoir amené ça.
Je suis comme ça.
Toujours galant.
Assieds-toi.
Tu as une très belle peau.
Merci.
Touche-moi.
Je peux voir le cimetière à la lumière de la lune.
La tombe est un endroit bien et privé Mais personne n'a envie d'y aller
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je veux que ce soit...
Ne t'inquiète pas, ma chérie.
Ce n'est jamais génial la 1ère fois.
C'est si évident ?
Quoi ?
Que c'est la 1ère fois pour moi ?
Tu n'as pas à jouer les vierges.
Je ne vais pas aller raconter que tu es une pute.
Qui est-ce ?
Cendrillon est rentrée du bal ?
Tu rentres tard, tu as dû passer une bonne soirée.
On s'est baladés en voiture.
J'ai passé une bonne soirée.
J'espère que tu n'as pas attrapé un rhume. Le vent était froid.
J'ai ouvert la fenêtre et l'ai refermée tout de suite.
As-tu dû prendre tes cachets pour le cur ?
Non.
Et j'ai oublié de prendre mes somnifères aussi.
Je suis bien éveillée et en pleine forme.
Est-ce que ça se voit ?
Est-ce qu'on pourrait ne pas voir un miracle ?
Rachel.
Chérie, je ne suis pas fort quand il s'agit de m'exprimer.
Il n'a pas dit ça. Il n'a pas dit chérie.
Il a dit : "Fais ce qu'il faut quand tu rentres."
C'est tout.
Mais comment ?
Je ne peux pas aller à la pharmacie demander ce dont j'ai besoin.
Mais maman a peut-être quelque chose.
Une antiquité en caoutchouc qui sent toujours le désinfectant.
Nick,
je sais que je n'étais pas très douée.
Ça n'a pas dû être bien pour toi.
S'il vous plaît, mon Dieu.
Qui que Vous soyez,
faites que je le revois.
Je pourrais me rattraper.
Pour annuler ma maladresse.
Vous avez vu cette horreur au cinéma cette semaine ?
"Pas moi", dit la petite poule.
Florence, tu es assise sur le crayon.
J'ai toujours dit que Claudette Colbert était naturelle et adorable.
Elle était toujours bien coiffée.
Marguerite Clark aussi était adorable.
C'était il y a bien des années, Holly.
Des années et des années.
Je n'ai pas cette impression.
- Je passe. - Trois curs.
Oui ?
Qui est-ce ?
Nick ?
Tu n'es pas vraiment invisible, Calla.
Je t'ai laissé un mot mais il est tombé près des escaliers.
Je m'inquiétais car je ne t'ai pas vue depuis un moment.
Non, j'étais occupée.
Je ne faisais que passer.
J'ai été si malheureuse.
C'est la soirée de bridge de ma mère.
J'aimerais bien rester pour te parler, mais je dois rentrer.
Tu ne sais pas ce que c'est.
Je regarde le téléphone tout le temps.
Je sais qu'il ne sonnera pas et je n'ai pas le courage d'appeler.
Tu en fais des montagnes.
Je ne te demande pas de sortir avec moi,
ou juste de me voir,
mais si on pouvait se parler.
Tu sais...
Si le silence continue, ce sera impossible à l'école.
Je ne vois pas pourquoi.
Autant que tu me rendes mon mot.
Je t'ai presque tout dit,
et tu n'as pas besoin du reste de ma confession.
Tu as bonne mine.
Toi aussi.
Je vais prendre cette vielle reine.
Tu as aimé les pommes ?
Tu vas les jeter ?
Regarde, c'est Hector.
Comment vont mes joueuses préférées ?
On suffoque.
Pouvez-vous faire quelque chose avec cette humidité ?
Un ami ferait quelque chose.
J'ai ici 2 boîtes de glace au chocolat
et j'aimerais partager avec vous avant que ça ne fonde.
Merci, Hector, mais je n'aime que la vanille.
Ou je n'aimais que la vanille.
Les choses riches et froides ne font que vous réchauffer, Hector.
J'aurai essayé.
Qu'est-ce qui te fait rire ?
J'ai fini pas le lui faire dire.
Pourquoi il sent bien meilleur que ton père.
Il sent le pin.
Il m'a dit qu'ils mettent du parfum
dans le fluide d'embaumement, maintenant.
Pin, cèdre, rose, tout ce que tu veux.
Ton père sentait toujours le formol.
C'était dans ses vêtements, dans tout ce qu'il touchait.
Comme ces gloutons dont ils parlent dans le National Geographic.
Ils laissent leur odeur sur tout ce qu'ils attrapent.
Quand il est mort et qu'on a aéré la maison,
j'ai réalisé que je n'avais pas bien respiré depuis 25 ans.
Croyait-elle qu'il amenait la mort, en haut, avec lui ?
Croyait-elle que ça s'attrapait ?
Et moi ?
Je vais en laisser 3.
Comment ça "aimais" ?
Tu n'aimes plus la vanille ?
Non, je crois que je la déteste maintenant.
- Allô. - Qui est-ce, maman ?
Maman ?
Non, je suis désolée. Elle prend une douche.
- Qui est-ce ? - J'arrive.
Qui est-ce, s'il vous plaît ?
Une minute. J'arrive.
Il dit que c'est le docteur Timothy Leary.
- Allô. - Allô.
Mes parents sont partis pour le week-end.
J'ai pensé que tu aimerais venir jouer avec moi.
On a 3 chambres,
on pourrait se poursuivre d'une chambre à l'autre entre...
Oui, j'aimerais lire ce livre. Il m'a l'air intéressant.
Je peux le trouver à la bibliothèque ?
Tu ne peux pas parler ?
Oui, je suis comme Venus Observée.
Je passe te prendre dans une heure. On peut aller faire des courses.
Tu pourras me cuisiner de gros repas entre deux extases.
J'aimerais voir cette pièce à l'université.
Les critiques sont bonnes.
Mais tu crois qu'on pourra revenir à une heure décente ?
Je n'ai pas l'intention de te ramener.
On pourra appeler ta mère pour la rassurer. On lui dira
que la voiture est tombée d'une falaise.
Très bien.
Et que tu étais dedans.
On ne voudrait pas être trop dur pour son cur.
Tu es horrible.
Alors, pourquoi ris-tu ?
Au revoir.
Tu veux qu'on monte ?
D'accord.
Essaie de te décontracter.
J'essaie. Désolée.
Nick.
C'est un rire intéressant.
Tu vas me dire ce qui te fait rire ou pas ?
Je me
souvenais
d'un poème que mon père avait gardé.
Il gardait les choses amusantes que les gens voulaient sur leur tombe.
Celle-ci disait :
Ne passe pas tes jours A pisser toute la saison
Une fois passée la moitié de tes jours Tu es plus mort que vivant
C'est horrible, non ?
Je trouve que c'est très juste.
Un type qui meure en faisant pipi mérite
qu'on n'oublie pas ce moment.
Je veux te dire quelque chose que je n'ai jamais dit avant.
Quoi ?
Je suis heureuse.
Tu es juste fière de toi parce que tu as fait des progrès.
Tu sais ce que j'aimerais ?
Pour ton bien.
Pour que tu ne t'inquiètes pas toujours pour ton père.
As-tu pensé à revenir ici ?
Pour vivre et enseigner et...
Nick ?
Tu ne respirais plus.
J'ai cru...
Quoi ?
Quand j'aime bien quelqu'un,
j'ai peur. Parfois...
Je rêve d'eux. Ils sont déjà embaumés.
Dans tes bras, rien ne peut arriver.
Quelle heure est-il ?
Il est 22 h.
Je ne t'ai pas encore donné à manger. Quel hôte.
Je peux descendre
te faire une omelette.
Ou ce que tu veux.
Je ne sais pas ce que tu manges.
Je suis désolée, je ne voulais pas t'étouffer,
je rigolais.
Je ne casse pas.
Tu vois ? Je suis toujours en un morceau.
C'est nouveau pour moi d'avoir un contact avec quelqu'un.
Juste te sentir...
est...
Il n'y a que quelques sous de produits chimiques et de l'eau sous ma peau.
On est fait de 90 % d'eau.
Ce n'est pas tout ce qu'il y a sous ta peau.
Tu es une personne affectueuse, Nick Kazlik.
On ne s'est vus que 2 fois. Tu ne me connais pas.
J'en sais assez.
J'en sais assez pour te dire...
que je t'aime.
Je veux un enfant. Je...
Ecoute, je vais te montrer quelque chose.
Tu dois voir ça.
Je ne suis pas Dieu.
Je ne peux rien arranger.
Je peux emprunter ta robe de chambre ?
Je suis désolée. Je ne t'ai pas fait d'omelette.
Tu pourras en faire une la prochaine fois.
Tu es sérieux ?
Je ne dis pas ce que je ne pense pas.
Bonsoir.
A la prochaine, d'accord ?
Appelle-moi avant que les ufs ne pourrissent.
Je suis là, maman.
Qu'y a-t-il ?
J'ai eu une attaque.
Voilà.
Le docteur a dit que j'aurais pu mourir d'un tel choc.
Quel choc ?
Il est sur ton lit.
Pourquoi ne t'es-tu pas mariée comme une femme normale ?
Tu aurais pu avoir des enfants, comme ta sur Stacey.
Elle surveille la rue comme un capitaine surveille la mer.
Elle espère voir des funérailles pour se remonter le moral.
Et j'attends,
comme Calla,
que le téléphone sonne.
Nick.
Allô. Qui est-ce ?
Puis-je parler
à M. Nick Kazlik, s'il vous plaît ?
Nick pas ici.
Pourriez-vous... Quand reviendra-t-il ?
Peut-être à Noël, ou l'an prochain.
Mon fils est parti dimanche.
Comment puis-je le joindre ? Est-il avec sa famille ?
Nick n'a pas de famille.
Il ne s'est jamais marié.
Qui est à l'appareil ?
Qui est à l'appareil, s'il vous plaît ?
C'est pas grave. Je suis désolée.
Maman.
Je vous offre un verre ?
Quoi ?
Un verre vous ferait du bien.
Ça va ?
Oui, ça va.
Maman aussi ?
Oui, elle va bien.
Je demande parce que je ne vous entends pas beaucoup parler.
J'allais aller sonner, mais j'ai entendu des pas,
et le bruit de la chasse d'eau.
Je ne voulais pas vous ennuyer.
C'est rassurant de savoir que vous êtes là, Hector.
Eh bien...
Du whisky ou du sherry, comme vous voulez.
Du whisky.
Attendez. Vous voulez entrer ? J'ai la climatisation.
Non, dehors.
Je ne suis entrée qu'une fois, et...
Ne bougez pas. Restez là, je reviens tout de suite.
Vous êtes entrée. C'est un honneur, Rachel.
Tenez.
Dites-moi si ça vous va.
Oui, ça va.
C'est la 1ère fois que je vous vois boire.
Je vous connais, vous savez.
J'observe les expressions des gens.
Il le faut dans cette affaire.
C'est moi qui les mets là.
Je voulais vous dire
que quelque soit le problème...
Je ne demande rien.
Vous savez à quoi vous ressemblez ?
A une de ces bougies d'anniversaire
sur lesquelles on souffle mais qui ne s'éteignent pas.
Vous avez du cran, Rachel.
Vous aimez ce que j'ai fait ici ?
Vous avez chassé la mort, c'est sûr.
Ce n'est qu'une question de...
présentation.
Qu'est-ce que je vends ?
Je vends du soulagement.
Je vous ai parlé de soulagement ?
- Pas encore. Ce sont des cendres ? - Oui.
Vous ai-je dit que j'ai acheté un orgue magnifique
qui joue tout seul ?
- Quoi, Rachel ? - Rien.
Quoi ?
Je ne savais pas que ça s'achetait.
C'est bien pour toutes les épouses.
Je suis désolée.
Vous savez me faire perdre le fil de ma pensée.
Hector, si une femme mourait
alors qu'elle est enceinte, que feriez-vous ?
Que voulez-vous dire ?
Seraient-ils embaumés
ensemble ou séparément ?
Vous me choquez, Rachel.
C'est une terrible question.
J'espère que c'était dans un but scientifique.
J'aimerais voir où vous le faites.
CONTAGION ENTRÉE INTERDITE
Bon Dieu, qu'est-ce que tu fais ?
Lève-toi. Allez. Lève-toi.
Sors de là. Allez. Lève-toi.
May.
Viens la chercher. Elle est allée dans la salle.
Ne reste pas là, il faut la laver tout de suite.
Vous voulez bien m'entourer l'épaule ?
Bien sûr.
Seigneur.
J'aimerais ne pas perdre mes cheveux.
Hector, ça n'a pas d'importance.
- Mais si. - Non.
Si vous devenez chauve,
c'est important.
Hector, aidez-moi.
Comment ?
Parfois je ne peux même pas attacher mes lacets.
Je crois que j'ai fait quelque chose qui pourrait tuer ma mère.
Vous ne devriez pas me dire des choses comme ça.
Je ne sais pas. Je ne sais rien.
Imaginez si je vous donnais de mauvais conseils.
Mais vous savez.
La seule chose que je peux vous dire
c'est où aller pour le faire...
vous savez...
Tuer ?
Qui est-ce ?
C'est moi, Rachel.
Tu sais l'heure qu'il est ?
Il est 3 h du matin.
Tu es gonflée.
Je suis soûle, je suis enceinte et j'ai besoin d'une amie.
Je n'ai plus de saccharine, tu veux du sucre ?
Je ne prends que du lait.
Quand je pense...
à l'avoir...
sans penser à qui que ce soit d'autre,
ça a l'air...
Quoi ? Termine ta phrase.
C'est plus que tout ce que je pourrais souhaiter de toute ma vie.
Sans Nick ?
Il n'était pas réel.
Je l'ai inventé.
Mais il vit tout seul là dedans.
Dans mon corps.
Je ne pensais pas que quelque chose
de vivant pourrait grandir en moi.
Tu crois que je pourrais ?
Que j'oserais ?
Si tu le faisais...
ce serait une décision qui montrerait que tu as un peu d'amour-propre.
Mme James ?
Vous êtes en bonne santé, votre tension est normale.
Votre cur bat toujours.
C'est bien.
On n'a plus besoin du coton.
Chicago ? Je connais Chicago.
Où est la rue Cannon ?
C'est...
C'est près du lac.
Un de ces quartiers riches, au nord ?
C'est ça.
Vous avez eu des complications ?
- Non, il le faudrait ? - Non.
35 ans, c'est juste un peu tard pour un premier.
Etendez-vous.
Ça va aller. Etendez-vous simplement.
Voilà.
Pensez à l'université où il ira.
Détendez-vous.
Oui. Je suis désolée.
Essayez de vous détendre, Mme James.
Vous pouvez vous asseoir maintenant.
Ça va ?
Le petit n'est pas prêt à vous rendre visite,
mais vous avez bien fait de venir.
- Que voulez-vous dire ? - Ce n'est pas ce qu'on pensait.
Quelque chose provoque ces symptômes et on doit l'enlever.
Qu'est-ce qu'on doit enlever ?
Ce n'est qu'un petit kyste.
Il ne faut pas vous inquiéter.
C'est tout ?
Ça ne peut pas être autre chose.
Je suis désolé. Vous voulez que je vous laisse une minute ?
Seigneur.
Rachel Cameron dit qu'elle va mourir
Pour l'amour de la Cité d'or
Petite paresseuse, vas-tu te lever ?
Vas-tu te lever ?
Rachel, c'est toi ?
Allez, réveillez-vous.
Bonjour, ma chérie.
Tu veux toujours mener ta vie,
mais avec elle et toi, c'est toujours la soirée du bridge.
- Où es-tu ? - Je compte. Ça fait une en moins.
C'est bien. Allez.
Tu sais ce qui arrive quand j'arrive à trois.
Deux.
Deux et demie.
Trois et trois quarts.
L'opération est finie.
Vous n'êtes plus en danger.
Comment est-ce possible si je ne suis pas morte ?
Ça va aller.
Regardez-moi ça.
Bien nourrie et reposée.
Ce que j'aimerais changer de place avec toi.
J'allais oublier. J'ai amené le papier et les enveloppes comme promis.
J'ai oublié quelque chose. Quoi ?
Maman, je n'aime pas te le dire comme ça,
mais je ne sais pas comment faire.
Calla m'a aidée à chercher un travail d'enseignante en Oregon,
et j'ai été acceptée. Je déménage le mois prochain.
Mince. J'ai oublié les timbres.
- J'ai oublié les timbres. - Arrête avec ton sac,
et regarde-moi pour une fois, s'il te plaît.
Tu as entendu ce que je t'ai dit ?
C'est trop bête pour que j'écoute.
Ce n'est pas bête.
- Si tu veux un peu de changement... - Je ne veux pas un peu de changement.
Tu n'as pas à déménager.
Déménager. Pourquoi ?
Parce qu'il est temps.
J'ai déjà mon billet.
Si tu veux venir avec moi, je te donnerai de l'argent pour le tien.
On en parlera quand tu rentreras.
Tu verrais tes petits-enfants.
Je ne veux pas déménager, Rachel.
Ne le fais pas, alors.
- Je ne peux pas rester seule... - Alors, viens avec moi.
Le docteur ne veut pas que j'en fasse trop.
Tu n'as qu'à monter dans un bus.
Je ne veux pas, Rachel.
S'il te plaît !
Tu ne veux pas quoi ? Tu ne veux pas y aller ou tu ne veux pas rester ?
Je ne veux pas.
Tu es si cruelle.
Ne t'inquiètes-tu pas de ce qui pourrait m'arriver ?
Après tous ces cachets pour dormir,
ces tablettes de chocolats, ces sandwichs, ces ballades,
tu peux encore me demander ça ?
Oui, je m'inquiète.
Mais je ne peux pas te garder en vie.
Ce n'est pas de mon ressort.
Ça ne l'a jamais été.
Je devrais vendre mes meubles ?
Pourrais-je emmener les meubles de ma chambre ?
Oui, tu peux prendre les meubles de ta chambre.
Tu peux prendre tout ce que tu veux.
Mère. Maman.
Depuis toujours.
Une époque si longue, si triste, horrible.
Le moment est venu.
Je pousse toujours tout hors des cages.
Calla.
Parfois j'aimerais avoir été différente vis à vis de toi.
Oui, ne te ridiculise pas.
Tu sais ce que tu penses des gens ridicules.
Je suis fière d'en faire partie.
Calla.
Prends bien soin de toi.
J'espère que tu trouveras ce que tu veux.
Ne t'inquiète pas. Je m'en remettrai.
Le vent souffle bas, le vent souffle haut
La neige tombe d'en haut
Rachel Cameron dit qu'elle va mourir
Pour l'amour de la Cité d'or
Elle est mignonne, elle est belle
Elle est la reine de la Cité d'or
Elle est mignonne, un, deux, trois
Dans la Cité d'or
Le vent dit : "Quand ?" Le vent dit : "Bientôt"
Les rêves volent en venant de la lune
Rachel Cameron chante l'air
Aux portes de la Cité d'or
Ils sont heureux, ils sont beaux
Tous ceux qui demeurent dans la Cité d'or Ils sont heureux...
N'importe quoi peut arriver où je vais.
Il pourrait ne rien arriver.
Je pourrais trouver un ami.
Je pourrais épouser un veuf cinquantenaire
et avoir des enfants.
Je n'ai pas grand chance que ça arrive,
mais j'en ai quelques-unes.
Peut-être que mes enfants seront toujours temporaires,
jamais dans mes bras.
Comme ceux de tout le monde.
J'aurai peur.
Toujours.
Je me sentirai peut-être toujours seule.
Qu'est-ce qui va se passer ?
Qu'est-ce qui va se passer ?
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