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"Ne laissez rien vous abattre".
Je pars en Californie
"EN ROUTE VERS LA GLOIRE"
Je couche dehors tous les soirs
Car les femmes d'Oklahoma
Eh bien, elles me traitent mal
Je pr�f�re boire de l'eau boueuse
Ou dormir au creux d'un tronc
"Pampa, Texas - Juillet 1936"
Qu'�tre ici au Texas
Trait� comme un sale chien
L'eau de Californie
Eh bien, elle a go�t de cherry
L'eau de Californie
Elle a juste go�t de cherry
Oui.
De cherry.
Bon sang, Woody.
J'ai presque envie de larguer les amarres et d'aller en Californie.
J'ai pens� descendre vers le Golfe du Mexique...
ou la vall�e du Rio Grande.
Quelque part o� je pourrais faire pousser des fruits, des p�ches.
Des p�ches Sang Indien, avec cette chair rouge.
Et merde Carl, en Californie...
tu colles une graine dans le sol, et tu trouves une pousse le lendemain.
Eh bien, on dirait qu'il faut vraiment que je fasse quelque chose.
Je sais vraiment pas ce qui va arriver � tout le monde, par ici.
Vous �tes vraiment d�primants, les amis.
Eh bien, en voil� un.
- Pour un dollar, papa. - Oui, monsieur.
Un dollar de la meilleure essence au Texas.
Vous avez des nouvelles, les gars ?
Rien d'int�ressant, sauf que les gens partent d'ici.
Je m'appelle Collister.
J'ai parcouru tout l'�tat � la recherche des diseurs de bonne aventure...
et aucun d'eux ne m'a dit la moindre chose, bon sang.
Que quelqu'un me dise quelque chose qui vaille la peine d'�tre entendu...
et je paie un dollar en bon argent am�ricain.
- Y'a eu pas mal de poussi�re, par ici. - �a vaut rien.
Diable Woody, �a vaut rien, pour s�r.
Eh bien, je suis pas un tr�s bon diseur de bonne aventure...
mais vous �tes avec une compagnie.
Vous avez un bon boulot � la raffinerie.
Comment tu peux savoir �a ?
Personne d'autre n'aurait de l'argent � gaspiller pour la bonne aventure...
et le soda.
Continue.
Eh bien, ces plis entre les sourcils me disent...
que vous �tes probablement un homme qui prend son travail au s�rieux...
cherchant toujours un moyen de faire mieux les choses.
Tu as 50 cents. Continue.
Eh bien, vous avez probablement un genre d'id�e...
un genre d'invention.
Une grande compagnie veut vous l'acheter.
Tu as un billet d'un dollar, si tu me dis quand le faire.
Diable, je sais pas lire dans les pens�es.
Tu es le seul que j'ai rencontr� qui ne pr�tende pas tout savoir.
- Comment tu t'appelles ? - Woody.
Woody Guthrie.
Eh bien Guthrie, je le ferai savoir.
Tu vaux chaque penny.
Merci beaucoup.
Voil�, papa. Voil� 5 cents pour le Coca et un dollar pour l'essence.
"Entrez pour en Parler" Alors la Maman Ours dit...
"Personne ne mangera de mon porridge impun�ment".
Alors, elle saisit une tondeuse pour les moutons...
et elle tond tous les cheveux de la t�te de cette gamine.
- Elle fait comme �a ? - Oui. C'est pas quelque chose ?
Et la vieille Boucles d'Or...
repart donc dans la for�t...
et s'endort pendant environ 20 ans...
et quand elle se r�veille, tous ses cheveux ont repouss�.
- C'est pas mal, n'est-ce pas ? - C'est vraiment tr�s bien.
Mais personne par ici ne te paiera pour lui parler.
Eh bien, le type � la station-service...
il a dit que j'�tais le meilleur diseur de bonne aventure qu'il ait jamais vu.
C'�tait un coup de chance, et tu le sais.
Tu gagnerais r�guli�rement de l'argent, si tu voulais peindre des enseignes.
Inutile de rab�cher �a, Mary.
�a ne sert � rien.
Tu pourrais le faire, Woody.
Tu pourrais le faire si bien, que les gens en voudraient s�rement.
Entrez donc, et--
Parlons-en
Poser votre t�te sur mon �paule
C'est ma ch�rie aux belles boucles
Venant du soleil du Tennessee
Je suis pas vraiment docteur.
Eh bien, elle est pas vraiment malade.
Sa fille a�n�e est morte en respirant la poussi�re il y a presque une semaine.
Elle n'a pas bu une goutte d'eau depuis. Elle n'arrive pas � avaler.
- Je vois pas ce que je-- - Certains voyants ont le don.
De gu�rir, d'imposer les mains, de voir les esprits.
Je suis pas vraiment voyant.
La pauvre petite, on peut pas la laisser d�p�rir.
Allez-y, allez-y.
M'dame ?
Vous avez foi que vous gu�rirez ?
Eh bien, �coutez.
Votre fille-- Vous croyez pas qu'elle est au paradis ?
Eh bien...
�a veut dire que vous croyez en Dieu.
Et s'il y a un Dieu, alors c'est Lui qui vous a donn� le cerveau.
Eh bien, tout le monde sait...
que le cerveau gouverne tout le corps.
Il dit aux nerfs et aux muscles que faire.
Vos bras, vos mains, votre dos...
votre gorge.
Vous ne voulez pas mourir, n'est-ce pas ?
Laisser votre mari et vos enfants tous seuls ?
Votre mari veut que vous lui parliez, n'est-ce pas ?
Et vos enfants, encore plus.
Il n'y a pas deux solutions.
Je pourrais avoir un peu d'eau ?
Arr�tez toutes ces b�tises, et envoyez donc un message...
� votre gorge...
et � votre bouche...
et dites-leur juste d'avaler cette eau.
Merci.
C'est du g�teau. Faites-le donc.
Et ensuite, vous me direz combien c'�tait chouette.
Maintenant, vous avalez. Avalez !
C'�tait facile.
Vous avez bu. Vous pouvez boire encore un peu.
Maintenant, ces deux prochains jours, je veux que vous deux, mesdames...
vous versiez de l'eau dans la gorge de cette dame.
Vous pouvez faire de temps � autre un concours d'ingurgitation d'eau.
Parlez-lui donc, maintenant, de tout.
Parlez-lui donc.
Tout ira bien.
Non, vous ne me devez rien.
Soyez b�ni, M. Guthrie.
J'ai r�ussi.
Je crois que j'ai r�ussi.
- Bonjour, Donna Jo. - Bonjour, Woody.
Mary et vous auriez besoin d'une chambre � coucher ?
"� Louer" Elle est tr�s jolie. �a s'appelle Style Cascade, ou une chose comme �a.
Je d�teste de la laisser l�.
Comment va, Jessie.
Bien s�r.
Bien s�r. Je suppose qu'on pourrait en faire quelque chose.
Bien. Il y a aussi une vieille chaise.
- On a pas assez de place pour tout. - O� vous allez, les amis ?
En Californie.
Je sais pas, on dirait que tout s'est arr�t� ici...
quand Jessie a �t� licenci�.
Je vous en prie, prenez tout ce que vous trouverez dont vous avez l'usage.
Merci beaucoup, Donna Jo. Prenez soin de vous, les amis.
Ils pourraient avoir du boulot, au nouveau grand magasin d'Amarillo.
Diable Papa, je veux pas �tre vendeur de chaussures.
Il pourrait y avoir autre chose.
C'est bien trop loin, de toute fa�on.
Tu lui diras �a, quand elle demande du lait, le matin.
Dis-lui que c'est trop loin.
Mary, c'est � 93 km.
Eh bien, peut-�tre que tu pourrais lui chanter une de tes chansons...
ou lui pr�dire son avenir.
Ne commence pas.
�a ne sert � rien de continuer ainsi. L'�poque et le climat sont assez moches.
�a sert vraiment � rien.
Je veux pas commencer.
Je veux pas �tre toujours sur ton dos, Woody...
mais �a semble injuste.
M�me ton fr�re cherche quelque chose, et c'est juste un gamin.
Et si je peignais de nouvelles lettres sur votre camionnette ?
Pas aujourd'hui, Woody.
Que diable es-tu en train de faire ? J'ai dit que je voulais blanc sur noir.
J'ai pens� que vous pr�f�reriez le rouge. �a se voit � 1,5 km.
J'ai demand� blanc sur noir, et tu me fais cette salet� de rouge ?
Tu esp�rais �tre pay� pour �a ?
- Eh bien, je l'esp�rais. - Va esp�rer plus loin, Guthrie.
Et qu'est-ce que je suis cens� faire avec cette salet� de rouge ?
Pourquoi ne pas la plier en cinq...
et vous la fourrer l� o� le soleil ne brille pas.
Je n'ai pas non plus besoin de ta fichue arrogance.
Voil� ce dont je n'ai pas besoin.
Vous n'avez rien de mieux � faire que de tra�ner par ici, les gamins ?
C'est ma ch�rie aux belles boucles
Elle s'asseyait sur les genoux de son papa
C'est ma ch�rie aux belles boucles
Venant du soleil du Tennessee
Je vais vous parler des femmes
Je vais vous dire ce qu'elles font
Elles posent la t�te sur votre �paule
Tu as vraiment �crit cette chanson pour moi ?
Oh, bien s�r. Bien s�r que c'est pour toi. Absolument.
Tu te souviens de ce que tu m'as demand� ?
�a n'a pas quitt� mon esprit une seconde.
- Je m'en fiche. - Tu te fiches de quoi ?
- Si on le fait. - Si on fait quoi ?
Tu sais.
Viens.
Je suppose que cette ville n'est pas encore compl�tement morte.
Je sais pas si vous le savez...
mais vous avez devant vous un homme cingl�.
Eh bien...
pourquoi ne pas enlever un ou deux chandails, et vous asseoir ?
Je suis vraiment cingl�.
Eh bien diable...
moi aussi, de temps � autre.
J'ai entendu parler de vous dans la ville d'� c�t�...
et j'ai pens� que je ferais bien de venir.
Je suis all� deux fois � l'asile d'ali�n�s.
Vraiment ?
Ils feraient bien de faire attention. Vous allez diriger l'endroit.
Je n'�tais pas fou quand ils m'ont envoy� l�-bas...
mais ensuite, j'ai frapp� deux gardes dans le carr� des petits pois...
et maintenant je suis l�...
et m�me s'ils m'attrapent rapidement, eh bien, je voulais vous dire...
que j'ai des actualit�s dans la t�te.
Des actualit�s ?
Oui, depuis que je suis gamin.
Et ma maman m'a toujours dit que j'�tais fou.
- Elles n'arr�tent jamais. - Quel genre d'actualit�s ?
Que l'expansion est finie, que le bl� dispara�t...
que les temp�tes de poussi�re sont plus intenses, que les gens se battent...
et se tuent, et qu'il y a des enfants malades.
Votre t�te n'a aucun probl�me.
Je vois ces formes et ces dessins...
et je vois comment construire de meilleures routes et--
C'est vos pinceaux ?
Bien s�r.
Oui.
Je suis un genre de peintre.
J'aimerais vraiment m'asseoir, et peindre toutes ces images que je vois.
Parfois, je pense que je pourrais passer l'�ternit�...
� peindre, et peindre, toutes ces images.
Eh bien...
pourquoi ne pas prendre �a ?
Les prendre ? J'ai pas d'argent.
Vous n'avez pas besoin d'argent. Prenez-les donc.
J'en ai plein d'autres. Prenez un peu de cette peinture.
Prenez ces id�es...
et trouvez-vous une endroit o�--
o� personne ne vous d�rangera...
et peignez donc toutes ces choses.
Couchez donc ces choses sur le papier.
Voyez ?
Une temp�te de poussi�re ! Une temp�te de poussi�re arrive !
Tu ferais bien de rentrer, Woody.
- Rentre � l'int�rieur, Woody. - D'accord.
Eh bien, on dirait que les choses ne vont pas �tre trop agr�ables par ici.
Non, en effet. �a va vraiment d�coiffer.
- Je peux t'aider ? - Je m'en occupe.
D�pla�ons le canap�, Papa.
Tu vas ab�mer cette guitare, � jouer avec cette poussi�re.
Un peu de terre ne lui fera pas de mal.
Bonjour, Jimmy.
Bonjour, Woody.
On a d'autres bals de pr�vus ?
J'en ai pas entendu parler.
Et l�-bas, � Catersville ?
Ils faisaient un bal par mois.
Oui, avant.
Ne t'en fais pas, Jimmy.
- Laisse-moi te pousser. - Tr�s bien, Woody.
- Que crois-tu que c'est, Joe ? - Je sais pas, Woody.
- C'est cette poussi�re. - Merci beaucoup, malgr� tout.
C'est la poussi�re, voil� ce que c'est.
Au revoir, Woody.
On dirait...
que les choses ne vont pas trop bien, par ici.
Pas de la fa�on dont �a va.
"� Louer"
"Parti en Californie. Je vous enverrai tous chercher. Baisers, Woody".
Salut, tr�sor.
Salut, tr�sor.
� plus tard, Woody.
"Plains Oil Transport"
- Bonjour. - Baisse-toi, mon gars !
Ce train va en Californie ?
Il va dans cette direction.
J'en demande pas plus.
- Vous allez attraper ce train ? - Oui.
- �a vous ennuie, si je viens ? - Non.
Comment �a se fait qu'on attend l� si longtemps ?
Bienvenue � bord, les gars.
�a t'ennuierait de te pousser un peu, l'ami ?
Bien oblig�.
Je m'appelle Guthrie.
- Slim Snedegar. - Slim.
- L�-bas, c'est Pauvre Steve. - Comment va, Steve.
- Je suis Whitey l'Estropi�. - Whitey.
- Whitey l'Estropi�, hein ? - Whitey rep�re les bagarres.
- Rep�re les bagarres ? - Oui.
Je peux rep�rer une bagarre dans la rue trois p�t�s de maisons avant d'y �tre.
Je peux rep�rer une bagarre de bande, une heure avant que �a arrive.
Alors, j'avertis les gars, et ils savent comment placer leurs paris.
Tu as rep�r� une bagarre maintenant, Whitey ?
J'ai un monstre.
Quand �a va arriver ?
Dans moins de dix minutes.
Oh, conneries.
Surveille ta langue, jeune bourricot, ou je te mets en morceaux.
Eh Whitey, si elle commence pas d'elle-m�me...
tu vas en provoquer une toi-m�me, hein ?
Quand elle commencera, je m'assurerai de te casser...
une caisse sur la t�te, mon gars.
- Acari�tre, n'est-ce pas ? - Oui.
Mais c'est comme �a, des fois.
Voyager dans ces wagons peut te rendre plus m�chant que 52 crotales.
C'est mieux que de marcher, cependant.
N'est-ce pas ?
Eh ! Ne me pousse pas dehors !
On ralenti. Sautons hors de ce sale train.
- Sautons ? - Saute !
- Allez, saute ! - Attends une minute.
Quand tu toucheras le sol, reste sur tes pieds.
Comme �a, tu te briseras pas le cul.
Viens.
Monte ici.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Mes pinceaux. Bon sang. J'ai perdu mes pinceaux.
Tu vas perdre ton cul, si tu montes pas ici.
Tu pends � mi-chemin entre le ciel et l'enfer.
Monte donc ici.
- Avan�ons sur la voiture. - Bon sang.
Avan�ons.
C'�taient les meilleures pinceaux qu'on puisse acheter.
Tu es peintre ?
Oh, j'esp�rais me faire un peu d'argent en peignant des panneaux en route.
Je suis assez bon, pour peindre les panneaux.
Peintre de panneaux, hein ?
Je pense que tu t'en sortiras tr�s bien en Californie.
Tu sais pourquoi ?
Parce qu'ils ont des panneaux, l�-bas, et des b�timents et tout.
- Tu y es all� ? - Moi ? Non.
Mais j'en ai beaucoup entendu parler.
On dit...
que la Californie est vraiment un endroit o� il fait bon vivre.
C'est ce que j'ai entendu dire.
Que vas-tu faire, en arrivant ?
La premi�re chose que je vais faire...
c'est de regarder longuement l'Oc�an Pacifique.
Parce que toute ma vie, j'ai toujours voulu voir ce bougre.
Puis j'esp�re trouver tranquillement un de ces vergers...
o� trouver du boulot � cueillir des fruits.
On dit que les fruits attendent d'�tre cueillis, l�-bas.
Tu vois ce que je veux dire ?
Tu poses une graine dans le sol...
et tu clignes des yeux...
et tu as un arbre couvert de fruits.
Tout ce dont un homme a besoin...
est l�-bas en Californie.
- Tu vois ce que je veux dire ? - Tout ce dont un homme a besoin.
Ouais.
Allons voir �a, les gars.
Merde ! On arrive � Acomita !
Sortez de l�, esp�ces d'abrutis ! Allez !
Sortez de l� tout de suite, bon sang !
Sortez de l�.
- Non ! - Sortez-la de l�.
Eh, esp�ce d'enfant de salaud !
D'accord, les gars.
Pauvre gars. La glace ne l'a pas aid�.
� l'odeur, �a doit faire une semaine qu'il est l�.
"Vergers Express" Vous n'avez pas compl�tement profit� des avantages du chemin de fer, messieurs.
On veut que vous voyagiez avec le maximum de confort...
alors on va vous mettre dans les wagons...
o� vous pourrez �tendre vos jambes...
et poser vos t�tes sur un appui-t�te.
Ce ne serait pas agr�able ?
Combien d'argent vous avez ?
1,50 dollar, 1,08 dollar. Je sais pas.
Il peut aller jusqu'� Holden avec �a.
Pr�parez-lui un ticket.
Combien tu as ?
Je n'entends rien tinter. Je ne sens rien de pli�.
Mon gars, t'as l'air d'�tre un vagabond.
On a un couvre-feu pour les vagabonds.
Tu ne le savais pas ?
Je ne crois pas. C'est quand ?
Une heure toutes les heures.
� quatre pattes, fiston.
Je pourrais te tirer dans la main, si je voulais.
Ou dans la cuisse, dans la partie tendre.
Ou je pourrais t'emmener dans les herbes quand tout le monde sera parti.
Et ta m�re attendrait longtemps...
les lettres que tu as promis de lui �crire.
Allez, bougez-vous. Montez � bord.
Avancez.
Maintenant le reste d'entre vous, bougez-vous le cul sur cette route.
Repassez par ici, messieurs, et ce sera 30 jours.
Trente bons jours.
Allez, bougez-vous !
� bient�t, Guthrie.
On se verra en Californie.
Prends-le � l'aise, Slim.
Mais prends-le !
"�glise du Christ"
Comment va, Pasteur.
Je m'appelle Guthrie.
Si vous aviez du travail, pour que je puisse faire...
juste un petit repas...
eh bien monsieur, je ferais tout pour le gagner.
Fils, j'ai �t� pasteur toute ma vie...
et j'ai vu des milliers d'hommes comme toi pr�ts � travailler pour un repas.
Cependant pour l'instant, il n'y a aucun travail � faire.
Donc, si je venais � te nourrir...
ce serait un acte de charit�...
ce qui serait peut-�tre tr�s bien pour l'instant...
mais qui pourrait � la longue te causer du tort.
Tu sembles avoir gard� ta fiert� et ta dignit�...
puisque tu ne demandes pas d'entr�e un repas gratuit.
Et c'est tout � ton cr�dit.
Mais pour r�pondre � ta question...
il n'y a pas de travail � faire.
Donc, tu ne peux pas te gagner un repas.
Bonne chance, fils.
On est all�s partout : les Chutes du Niagara...
Washington, D.C., la Nouvelle-Orl�ans, Chicago.
On a pass� deux semaines l'hiver dernier � Miami Beach.
- �a a d� �tre vraiment int�ressant. - Vous parlez.
Rencontrer tous ces gens diff�rents, leur parler, voir tous ces paysages...
aller dans des restaurants peu communs.
J'ai d�couvert quelque chose sur la nourriture, depuis que je voyage.
Qu'est-ce que c'est ?
J'ai trouv� que plus on mange, plus on chie.
Eh bien, il a dit aux riches
Donnez vos biens aux pauvres
Et ils ont allong� J�sus-Christ dans Sa tombe
J�sus �tait un homme
Un menuisier de m�tier
Ses adeptes �taient fid�les et braves
Un jour un petit l�che nomm� Judas lscariot
Allongea J�sus-Christ dans Sa tombe
Range ton argent. C'est la maison qui r�gale. Tu chantes vraiment bien.
Tu sais celle que je pr�f�re ?
Tu sais celle que tu chantes sur le cow-boy mort ?
Elle me pla�t. Elle est bien.
J'ai �crit cette chanson sp�cialement pour toi.
Et mon cul c'est du cochon, Guthrie.
"Mary Guthrie - Pampa, Texas"
Alors qu'il marchait et parlait.
� qui tu parles ?
� l'homme qui marche.
Pourquoi il parle ?
Continue de marcher.
Marcher et parler, parler et marcher.
"Eau � Vendre"
"Bienvenue en Arizona Comment va, Partenaire"
Oui ! La Californie !
Eh, regardez �a. La Californie.
Tout ce dont un homme a besoin est l�.
- Oui ! - Oui, monsieur.
"Stop" La fronti�re d'�tat de la Californie.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je sais pas.
On dirait un genre de bouchon.
Peut-�tre un accident, ou autre.
Un accident, diable. Ils font repartir les gens.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ils v�rifient tout le monde, pour voir si on a de l'argent.
Il faut avoir 50 dollars pour passer la fronti�re.
- Cinquante dollars ? - Oui, en esp�ces.
C'est vrai.
La Police de Los Angeles est venue jusqu'ici pour pr�parer ce blocus.
- On est pr�s de Los Angeles ? - Oui.
Environ 450 km.
J�sus.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
�a n'a pas de sens, de faire la queue toute la journ�e pour se faire renvoyer.
Je peux aussi bien repartir tout de suite. Tu viens ?
Non, je suppose qu'il y a...
plus d'une fa�on de passer la fronti�re...
si on n'a pas une famille qui suit.
�coute. Pourquoi ne pas prendre �a ?
C'est pas 50 dollars, mais tu as les gamins, et tout.
Merci. J'appr�cie, l'ami.
On sera peut-�tre fils de millionnaires, la prochaine fois qu'on se verra.
- Peut-�tre bien. - Je l'esp�re en tout cas.
- Prends soin de toi. - Merci beaucoup pour le voyage.
Comment va ?
Eh, pourquoi ne pas venir partager ma couverture.
Viens.
Bien s�r.
- Merci, monsieur. - Je souffre pas les dents qui claquent.
Tu ferais bien de faire attention, parce quand elle va arriver ici...
elle avancera comme un chat enduit de t�r�benthine.
Tu es s�r que tu sais ce que tu fais ?
Ces gars ne feront rien, une fois qu'elle aura d�marr�.
On sera � L.A. avant de savoir ce qui s'est pass�.
C'est pas une salet� ?
J'ai jamais vu un train d�marrer si--
Tu l'as eu, Sam.
Ce mur est aussi propre qu'il soit possible.
Tu es nettoy� l�-haut ? Tout en haut ?
Ouais, bien s�r. O� est mon chili ?
�a devient vite graisseux, l�-bas. Comment tu t'appelles ?
Oui, monsieur. Le meilleur chili de la ville.
Au revoir, les gars.
Le meilleur au monde...
en ce qui me concerne.
Voil�. Prends un peu d'oignon et des biscuits sal�s.
Mets beaucoup d'oignon dedans. C'est bon, comme �a.
Regarde-moi ce g�chis.
Un seul bol de chili, et tout ce g�chis.
Tu sais o� un gars pourrait trouver du boulot par ici ?
Tu viens d'arriver en ville ?
- Ce matin. - Tu ferais mieux de rentrer chez toi.
Un bol de chili et des biscuits sal�s--
- C'est pas si lourd. - Pousse-la vers le bas.
- Tu veux dire la laisser descendre ? - Tu sais tr�s bien. Fais pas le malin.
�a descend pas plus.
- Si je la l�che, �a ne-- - Je peux m�me pas soulever--
Elle ne va pas sur le moyeu. Va par l�.
- �a n'arr�te pas de glisser. - Il faut soulever. Voil�.
Tu veux le faire toi-m�me ?
�a m'a l'air d'un pneu vraiment t�tu.
C'est comme tout.
Je serais content de vous aider.
On appr�cierait vraiment.
Oui.
Cette roue est tordue.
Tordue ?
On dirait que tout est tordu, en Californie.
J'esp�re qu'on trouvera quelque chose, ici.
Oui.
- Elle a vraiment besoin de lait. - Tout ira bien.
Que diable se passe-t-il, ici ?
Comment se fait-il que tous ces gens vivent comme �a ?
C'est pas diff�rent.
C'est exactement pareil que partout, bon sang.
Les cultivateurs, ils ont besoin de 300 ou 400 ouvriers...
et ils mettent des tracts et des affiches, en demandant un millier.
1 200 arrivent.
Ils entassent les premiers arriv�s dans ces cabanes, l�-bas.
Eux travaillent assez r�guli�rement.
Tous les autres, on reste le cul par terre tous les matins...
en esp�rant qu'ils auront besoin d'ouvriers suppl�mentaires.
Diable, j'ai travaill� trois jours ces deux derni�res semaines.
La paye, �a permet pas d'acheter--
La paye--
Je sais pas.
�a me rend malade, rien que d'en parler.
Qu'est-ce qu'on va faire, alors ?
Il nous reste rien.
On n'a pas le choix.
Vous pouvez passer la nuit dans le camion, si vous voulez.
Il me semble qu'il faut faire quelque chose.
Il n'y a rien � faire.
Il y a toujours quelque chose � faire.
On a parl� de...
former un syndicat...
et de faire la gr�ve, mais--
Diable Woody, peu peuvent se permettre de manquer un jour de travail.
Quand ils finissent par nous appeler pour la cueillette...
on est plus qu'heureux de travailler pour quatre cents le boisseau.
Que diriez-vous si j'allais en ville...
avec cette vieille petite guitare ?
Peut-�tre que je pourrais...
gagner dix ou vingt cents ?
Vous reviendrez ?
J'ai pas d'autre endroit ou dormir, en dehors de votre camion.
Diable oui, prenez-la.
Je suis pas trop d'humeur � en jouer, de tout fa�on.
Merci.
� plus tard.
"Association d'Entraide des Dames"
Comment �a va ?
Je vais vous dire. Je vous peins une nouvelle enseigne pour un bol de soupe.
Eh bien, je vais vous dire.
Ce n'est pas n�cessaire. La nourriture est gratuite.
Eh bien, supposez que je dise que je veux pas de nourriture gratuite.
Eh bien, supposez que je dise...
que c'est tout ce qu'on a.
Eh bien, je suppose que je devrais dire...
passez-moi la soupe, s'il vous pla�t.
Vous savez jouer ?
Ouais.
J'ai �tudi� le piano. Il y a des ann�es.
- Je n'ai jamais eu la patience. - C'est vrai ?
Oui.
Vous voudriez vraiment nous peindre une enseigne ?
Pour de la nourriture ?
Comme une faveur.
Il faut que j'y pense.
On n'a pas de peinture ici, pour l'instant.
Alors, comment je pourrais peindre une enseigne ?
Je pourrais en amener demain.
Eh bien, je verrai...
si je peux revenir.
Merci pour la soupe.
De la peinture rouge et blanche...
c'est tr�s joli.
Rouge et blanche.
J'�tais dans le poulailler
� genoux
J'ai cru entendre un poulet �ternuer
Ce n'�tait qu'un coq
Disant ses pri�res
Remerciant son Dieu pour les poules l�-haut
Le prenant juste � l'aise
Du calme, l�-bas ! Du calme maintenant !
On a besoin de 30 hommes de plus pour la cueillette, aujourd'hui !
Calmez-vous !
On paie quatre cents le boisseau !
Quatre cents !
Alignez-vous sur une seule file pr�s de l'entr�e.
Arr�tez de pousser et de vous entasser !
On peut pas nourrir nos familles avec quatre cents le boisseau.
Alignez-vous sur une seule file pr�s de l'entr�e !
Alignez-vous par ici ! Du calme par l� ! Arr�tez de pousser !
Du calme ! Du calme !
On cherche des cueilleurs, pas une bande de fichus mangeurs !
Si vous continuez de pousser, on prendra personne.
Radins !
Salauds.
Bande de salauds !
C'est tout ce qu'ils prennent, ces 30 personnes ?
C'est tout. Ils n'en prennent jamais plus.
Pourquoi rester ici ? Pourquoi ne pas aller dans un autre camp ?
Peut-�tre qu'ils embauchent davantage, l�-bas.
�a ne fait pas de diff�rence. C'est partout pareil.
C'est le quatri�me qu'on fait...
et ils sont tous pareils.
C'est tous des salauds.
C'est magnifique ! J'ai eu du mal � faire le mien.
Oui, �a m'en a tout l'air.
J'appr�cie vraiment.
Je peux vous offrir quelque chose � manger ?
Pas ici.
Que voulez-vous dire, "Pas ici" ?
Eh bien--
vous pourriez me pr�parer un d�ner chez vous.
Non, je ne pourrais pas.
Pourquoi ? Vous avez un homme ?
Non. Mon mari est mort.
- Comment vous vous appelez ? - Pauline.
Moi, c'est Woody.
- Pourquoi pas dimanche apr�s-midi-- - Je ne vous pr�parerai pas � d�ner.
Pourquoi ?
Parce que je peux tout simplement pas.
Oui. Bien s�r que non.
"Nourriture Gratuite - Association des Dames"
- Je peux pas dire que je vous bl�me. - C'est pas la raison.
C'est une tr�s bonne raison.
�coutez.
Attendez deux heures avant de la toucher, d'accord ?
Au loin, vers Columbus Stockade
Je veux retourner au Tennessee
Au loin vers Columbus, G�orgie
Je veux retourner au Tennessee
Pars et laisse-moi si tu veux
Que je ne t'embarrasse pas l'esprit
Si ton c�ur
Appartient � une autre
Pars, mon ch�ri Je m'en fiche
Je pense
� ma Sally aux yeux bleus
Ma jolie petite que j'ai laiss�e derri�re
Au loin, vers Columbus Stockade
Je veux retourner au Tennessee
Au loin, vers Columbus, G�orgie
Je veux retourner au Tennessee
- C'est Ozark ! - Qui est Ozark ?
Ozark Bule. Il chante � la radio.
Parfois, il vient nous divertir.
Je jure que tu deviens plus jolie chaque jour.
Eh Jed, regardez un peu ce que je vous ai amen�, les gars.
Vous allez le manger sans le cueillir, pour une fois.
Je vois en vous regardant, que vous vous �tes pas organis�s comme j'avais dit.
Vous laissez toujours ces patrons vous pi�tiner...
et rien vous payer pour vous crever toute la journ�e dans les champs.
Si vous voulez que je chante, il faut tous crier "Syndicat", d'accord ?
Maintenant, un, deux, trois--
Syndicat !
C'�tait pitoyable.
On va essayer encore une fois, et si vous n'�tes pas plus nombreux � crier...
je remonte dans cette voiture, et je repars.
Tr�s bien, maintenant. On va encore essayer.
Je veux en entendre davantage. Maintenant, un, deux, trois--
Syndicat !
Tr�s bien.
Maintenant, c'�tait pas parfait...
mais j'estime que c'est un d�but.
D'accord, on va jouer un peu de guitare et chanter.
Les pr�dicateurs aux cheveux longs sortent tous les soirs
Ils essaient de nous dire ce qu'est le bien et ce qu'est le mal
Mais quand on leur demande quelque chose � manger
Ils r�pondent avec des voix si douces
Que vous mangerez bient�t
Quand vous aurez appris � cuisiner et � frire
Coupez du bois �a vous fera du bien
Il y aura des g�teaux dans le ciel quand vous mourez, c'est un mensonge
Avec la famine
Salut, les voisins ! Venez par ici !
Je veux que vous �coutiez ce couplet ! Il a beaucoup de sens !
Les travailleurs de tous les pays s'unissent
C�te � c�te on se battra pour la libert�
Quand on aura conquis ce monde et ses richesses
On chantera ce refrain aux escrocs
Tout le monde !
Vous mangerez bient�t
Sur cette terre glorieuse au-del� du ciel
Travaillez, priez vivez de foin
Il y aura des g�teaux dans le ciel quand vous mourez
Et c'est un sale mensonge
Une autre ! Une autre !
Non. Je vais vous dire quelque chose de m�me mieux.
Que tous ceux jouant d'un instrument-- je sais que beaucoup ici en jouent.
Allez chercher cet instrument, et revenez ici.
On va faire la f�te la plus incroyable que vous ayez jamais vue de votre vie !
En rond et en rond, Ole Joe Clark En rond et en rond, je dis
J'ai fait environ 15 000 km pour entendre jouer ces violons
En rond et en rond, Ole Joe Clark En rond et en rond, je dis
J'ai fait environ 15 000 km pour entendre jouer ces violons
La vall�e
La vall�e si profonde
Tard dans la soir�e
Entendez souffler le vent
Entendez souffler le vent
Seigneur
Entendez souffler le vent
Tard dans la soir�e
Entendez souffler le vent
Les roses aiment le soleil
Les violettes aiment la ros�e
Les anges au paradis
Savent que je t'aime
�cris-moi une lettre
Envoie-la par la poste
Faisons retourner ces gens dans leurs cabanes.
Envoie-la aux bons soins
De la prison de Birmingham
De la prison de Birmingham
Seigneur
De la prison de Birmingham
Envoie-la aux bons soins
� bient�t Ce fut un plaisir de vous conna�tre
La vieille temp�te de poussi�re a tu� mes ch�vres
Et je vais partir � la d�rive
� la d�rive
Vraiment bien.
- �a pourrait aider. - �a pourrait, en effet.
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train ne contient pas de joueurs Ce train
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire
Personne � bord En dehors des justes et des sacr�s
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train ne contient pas de menteurs Ce train
Ce train ne contient pas de menteurs Ce train
Ce train ne contient pas de menteurs
Oh, pas d'aventure de minuit
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train ne contient pas d'escrocs Ce train
Ce train ne contient pas d'escrocs Ce train
Ce train ne contient pas d'escrocs
Aucun de ces magouilleurs qui sont l� puis disparaissent
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire Ce train
Ce train est en route vers la gloire
Personne � bord En dehors des justes et des sacr�s
Ce train est en route vers la gloire
Que diable est-ce que vous fabriquez ?
Que diable a-t-on l'air de faire, vous pensez ?
Je vous avais averti de rester loin d'ici.
Oui, eh bien j'ai oubli�.
D'accord, �a suffit !
Fichez le camp d'ici, Ozark !
Ozark, filez !
Laissez-le passer, tout le monde !
Enlevez-le de cette voiture !
Je vais t'�clater la t�te !
Syndicat !
Ce genre de chose arrive chaque fois que vous allez divertir les gens ?
�a m'en a bien l'air.
Je suppose que du moment que j'�nerve ces gorilles, je fais mon boulot.
Je vais vous dire, ces gars n'ont pas l'air de beaucoup vous aimer.
Oui. Ils n'avaient pas l'air non plus de t'aimer beaucoup.
Je n'essayais m�me pas.
- Peut-�tre qu'il faut commencer. - Commencer quoi ?
- � essayer. - Essayer quoi ?
Diable, c'est s�r que t'as pas l'air de grand-chose.
Comment tu chantes ?
- �a me rend heureux. - Attendez de l'entendre, M. Locke.
D'accord Guthrie, chante-nous quelque chose.
J'aimerais chanter une chanson sur--
Guthrie, allons-y, s'il te pla�t.
L'endroit o� j'ai grandi.
�a s'appelle...
"Dans Ces Collines d'Oklahoma O� Je Suis N�".
Beaucoup de mois ont pass�
Depuis que j'ai quitt� ma maison
Dans ces collines d'Oklahoma o� je suis n�
Beaucoup de pages de vie ont �t� tourn�es
Beaucoup de le�ons j'ai apprises
Et je garde le sentiment de toujours appartenir � ces collines
Au loin l�-bas dans la Nation Indienne
Chevauchant mon poney dans la r�serve
Dans ces collines d'Oklahoma o� je suis n�
Au loin l�-bas dans la Nation Indienne
Ma vie est la vie d'un cow-boy
Dans ces collines d'Oklahoma o� je suis n�
Eh bien, �tant ici � L.A., loin, � des kilom�tres
D'accord, Guthrie. On va te faire faire un essai.
J'ai chevauch� mon poney par les ravins
O� les ch�nes embrassent la brise enjou�e de la prairie
Guthrie, tu as le boulot.
Au loin l�-bas dans la Nation Indienne
Chevauchant mon poney dans la r�serve
Dans ces collines d'Oklahoma o� je suis n�
Au loin l�-bas dans la Nation Indienne
Ma vie est la vie d'un cow-boy
Dans ces collines d'Oklahoma o� je suis n�
Voil� une avance.
Je veux que t'ailles t'acheter des v�tements d�cents.
Et montre-toi ici jeudi prochain !
Ce sera 20 dollars par semaine !
Puisque je suis presque � moiti� respectable, maintenant...
vous pourriez peut-�tre m'inviter � d�ner chez vous.
C'est pas pour �a que je ne vous ai pas invit�.
- Eh bien, c'est pourquoi ? - Je ne vous connais pas.
Eh bien.
Je pense que j'aimerais du poulet avec de la farce.
Alors endors-toi
Mon vagabond fatigu�
Laisse les villes filer lentement
N'entends-tu pas
Le chant des rails d'acier
C'est la berceuse du vagabond
Les amis, on a un vrai cadeau pour vous ce soir.
On a un gars d'Oklahoma...
qui non seulement chante des chansons, mais aussi les �crit.
Il s'appelle Woodrow Wilson Guthrie, mais on l'appelle juste Woody.
Et sa chanson s'appelle "J'ai pas de Maison".
Eh bien, j'ai pas de maison
Je tra�ne juste de-ci de-l�
Je suis un homme qui travaille dur et qui tra�ne � la d�rive
Et je vais de ville en ville
La police me rend la vie dure La vie dure, partout o� je vais
Et je n'ai plus de maison dans ce monde
Je travaillais pour une part Il semble que j'ai toujours �t� pauvre
D�posant mes r�coltes devant la porte du banquier
Ma femme est morte de maladie
Sur le plancher de notre baraque
Et je n'ai pas de maison
- Comment va, Ozark ! - Salut, voisins !
Bonjour, Ozark.
Je peux vous parler, juste un moment ?
- Bien s�r. - Bien s�r que oui.
Il me semble que si je devais me tra�ner � la maison...
avec 75 ou 80 cents dans la poche, apr�s avoir travaill� toute la journ�e...
je commencerais � me demander si les choses ne vont pas un peu de travers.
Ce serait peut-�tre agr�able d'avoir assez d'argent...
pour mettre de la nourriture sur la table, � la fin de la journ�e.
Vous �tes-vous jamais arr�t�s pour vous demander...
si vous pourriez pas faire quelque chose pour la fa�on dont vous vivez ?
Parce que vous pouvez, les amis.
Allez ! Je vous aurai ! Vous feriez bien de quitter cette vall�e !
Esp�ce d'enfants de salaud, restez loin de cette vall�e !
Et vous, retournez au travail !
Syndicat !
J'ai voyag� dans des voitures rapides je croyais que vous le saviez
J'ai voyag� sur des wagons plats jusqu'au bout du chemin
J'ai voyag� dans des wagons ferm�s soulevant des escarbilles
J'ai voyag� � la dure, Seigneur
J'ai march� sur Lincoln Highway je croyais que vous saviez
J'ai parcouru la Route 66 jusqu'au bout du chemin
Je suis bien charg� et bien inquiet Cherchant une femme difficile � trouver
J'ai voyag� � la dure, Seigneur
Tr�s bien ! �coutez-donc !
Les ouvriers agricoles ont besoin de votre aide.
Je m'attendais � voir le maire.
J'ai cru que c'�tait l'h�tel de ville, pendant une seconde.
Entrez donc, Woody.
Combien vous �tes pay�e, pour travailler l�-bas ?
Je ne suis pas pay�e. Je suis volontaire.
Excusez-moi, mais je pourrais vous poser une question ?
Bien s�r. Quoi ?
Eh bien, vous n'�tes jamais embarrass�e ?
"Jamais embarrass�e ?" � quel sujet ?
Eh bien...
vous n'�tes jamais un peu embarrass�e de poss�der autant...
quand tant de gens n'ont rien ?
Eh bien, "Embarrass�e", je ne pense pas.
Je suis vraiment d�sol�e qu'il y ait tant de gens...
qui n'ont rien.
Bien s�r.
Bien s�r que oui.
�tre d�sol�e ne fait pas rentrer le foin.
Alors, on leur sert la soupe...
et on fait un peu de charit�.
On n'est pas tous aussi dou�s que vous.
Certains d'entre nous font juste du mieux qu'ils peuvent.
Laissez-moi vous dire une chose.
Quand j'�tais sur la route, j'ai rencontr� beaucoup de gens diff�rents.
Il y a des clochards et des parasites.
Il y a des familles d�chir�es...
et des pauvres d�sireux de trouver un travail quelconque.
Et des hommes qui essaient juste d'aller quelque part.
N'importe o�.
Ils ont tous quelque chose en commun.
Chacun d'eux a quelque chose � me donner.
Puis on rencontre un homme qui a un peu d'argent...
et il est pingre et anxieux...
et l'aspect humain a disparu.
Il a disparu parce qu'il a peur.
Il a peur de perdre quelque chose.
Quoi, il a peur de sourire car quelqu'un pourrait...
lui enlever les dents de la bouche.
Vous ne croyez pas vraiment que parce quelqu'un a de l'argent...
il perd compl�tement contact avec la vie.
Parce que c'est faux.
Je me sens aussi vivante et humaine que n'importe qui.
�a ne me donne rien.
Que diable je suis cens�e vous donner ?
Pourquoi �tes-vous venu ici ?
Votre allure me plaisait...
et je pensais que vous aviez des possibilit�s.
"Des possibilit�s".
Eh bien, qu'est-ce que vous en pensez, maintenant ?
Eh bien, je pense que je regarde...
une personne riche.
Et alors ?
Alors, vous �tes la seule qui ait jamais regard� en arri�re.
Vous savez, Samson s'en est all�...
et il a tu� un lion...
de ses mains nues.
Mais il a fallu
Une jolie femme
Pour montrer � Samson qu'il n'�tait qu'un agneau
Allez. On n'a pas toute la journ�e.
J'ai une r�putation � d�fendre.
S'ils nous attrape, ils vont �tre un peu en col�re.
"Les Visiteurs Sont les Bienvenus" �a n'a pas � avoir l'air d'avoir �t� fait par Rembrandt.
- Le prochain, c'est moi qui peins. - C'est pas mal.
�a n'a aucun sens de le faire, si on ne peut pas le lire.
- Autant peindre les panneaux en blanc. - Je vois que t'as jamais �t� pris.
Je voudrais pas �tre pris par ces gars...
avec un panneau aussi moche.
"Entrez Remplir vos Vent--" V-E-N-T--
R-E.
Voil�. "S".
"Entrez--" On peut le lire. Partons.
Bonsoir � tous. C'est Woody...
qui vous parle pendant qu'Ozark reprend son souffle.
J'aimerais d�dicacer une chanson ce soir...
� vous tous les amis qui �tes l�-bas...
dans les camps pour la cueillette des fruits.
Je sais que vous �tes accroupis l�-bas, affam�s.
Vous avez ou sacrement trop chaud, ou sacrement trop froid.
Et vous vous demandez si vous avez bien fait de quitter la maison.
Eh bien, voil� pour vous tous.
Si on ne s'organise pas, si on ne s'unit pas dans la lutte...
les agriculteurs nous garderont pour toujours � genoux.
- Et une gr�ve ? - On doit continuer de travailler.
- Il nous faut faire la gr�ve. - Et nos familles ?
Des gens travaillent pour nous ! On a de la nourriture et des v�tements...
qui viennent de tout l'�tat !
- Pas la charit�, on veut du travail. - �coutez-moi !
Personne n'aura de travail tant que vous ne nous �couterez pas, bon sang.
Vous n'�tes qu'une bande de Communistes !
- Asseyez-vous ! - Vous, asseyez-vous !
Attendez une minute ! Ce n'est pas le moment de vous asseoir !
C'est le moment de vous dresser pour vos droits !
- Asseyez-vous et la ferme ! - �coutez-le.
Attendez ! Je vous en prie. Attendez.
C'est sur l'air de "Jolie Aile Rouge".
Il y avait jadis une bonne au syndicat qui n'avait jamais eu peur
des gorilles et des mouchards des patrons
Et des adjoints du sh�rif qui faisaient les rafles
Elle allait � la salle du syndicat quand un meeting s'y tenait
Quand les types de l'entreprise arrivaient, elle tenait toujours bon
Oh, vous ne me faites pas peur je reste avec le syndicat
Je reste avec le syndicat
Je reste avec le syndicat
Oh, vous ne me faites pas peur Je reste avec le syndicat
Je reste avec le syndicat jusqu'au jour de ma mort
Cette bonne du syndicat connaissait les trucs des espions des patrons
Organisant les gars, elle fut jamais bern�e par les mouchards des patrons
"Joignez le Syndicat" Elle r�ussissait toujours, quand elle exigeait des salaires plus �lev�s
Elle montrait sa carte � la garde nationale, et voil� ce qu'elle disait
- Je t'ai dit dehors. - Ne me touchez moi.
J'ai dit dehors, cueilleur de fruit !
Excusez-moi.
Tu as jamais pens� � devenir peintre ?
J'estime que je me ferais prendre en faisant �a...
aussi facilement qu'en faisant autre chose.
Je l'estime, en effet.
Je suis heureuse.
Je suis vraiment heureuse de te conna�tre.
Oui.
Oui, quoi ?
Oui...
je suis mari�.
J'ai une femme, et j'ai des enfants.
Je suppose que j'aurais pu te mentir, avant...
mais je ne peux plus te mentir maintenant...
que tu commences � avoir des sentiments.
J'avais aussi des sentiments.
Juste d'�tre pr�s de toi...
de te conna�tre.
La plupart de ce courrier est favorable.
Oui. Tr�s favorable, vraiment.
Je n'avais pas id�e qu'autant de gens �coutaient.
Eh bien, apparemment ils �coutent.
Woody, je vais vous donner avec Memphis Sue...
votre propre show d'une demi-heure chaque soir.
Qu'en pensez-vous ?
Et bien s�r, �a veut aussi dire plus d'argent.
Disons 35 pas semaine ?
- Cependant-- - Cependant, quoi ?
Cependant...
vous avez maintenant de nouveaux annonceurs...
et ils ont insist� pour qu'il n'y ait rien de controvers� dans leur �mission.
Alors contentez-vous de chansons connues depuis quelque temps...
et tout ira bien.
Cela veut-il dire...
que je ne peux pas chanter mes propres chansons dans le show ?
Bien s�r, que vous pouvez chanter vos propres chansons...
du moment que �a n'irrite personne.
�a me semble tr�s bien, M. Locke.
Bien s�r. Je suppose que �a me semble aussi tr�s bien.
Tr�s bien. Alors disons qu'on commence lundi ?
Standardiste ?
J'aimerais parler � Mary Guthrie � Pampa, Texas.
Il vous faut parler � M. Jenkins, et il ira la chercher.
�a fait tellement du bien d'entendre ta voix.
Je vais t'envoyer de l'argent.
Il faut que tu viennes ici, et je te trouverai une petite maison...
dans laquelle on pourra vivre.
Oh bien s�r, tr�sor. Comme tu en parlais toujours.
Je t'aime, Mary.
- Regarde �a. - Qu'est-ce que c'est ?
- L'�cole des champs. Qu'en dis-tu ? - Bien s�r.
La chose merveilleuse, c'est qu'on n'a pas � savoir jouer d'une de ces choses.
Pour faire de la musique, on peut juste chanter.
Allez-y, et chantez la chanson que vous voulez.
Vous pouvez cr�er une chanson et vous la chanter � vous tout seul.
Ou vous pouvez la hurler tr�s fort.
Vous pouvez chanter vos probl�mes...
ou vous pouvez chanter votre bonheur.
Chanter sur votre professeur, ou sur l'avion de pulv�risation de pesticides.
Il y du chant en nous tous.
Il faut juste apprendre � le laisser sortir.
Eh bien, tends ta petite main
Vers chaque femme, chaque enfant, ou chaque homme
Et agite-la de haut en bas fais "Comment va", fais "Comment va"
Oui, agite-la de haut en bas fais "Comment va"
Je suis heureux quand tu te sens bien
Tu �gayes mon quartier
Avec un "Dodly didee deedee" fais "Comment va", fais "Comment va"
Avec un "Comment va - hodee" "Comment va - hedeedo"
Il a tous les droits d'�tablir des limites.
Il ne va pas permettre de pr�cher sur ton show.
Je suppose tu as raison.
Mais ils ont chaque soir une heure du gospel du dimanche matin...
et c'est s�r que ce type pr�che.
C'est pourquoi Locke le paie.
Il te paie pour divertir.
Que ferais-tu ?
- Je ferais ce qu'il dit. - Vraiment ?
Parce que c'est ainsi que je gagne ma vie. C'est ainsi que je mange.
�a n'a rien � voir avec aller dans les champs...
ou les concerts de bienfaisance, ou autre.
Tu peux s�parer les deux choses, juste comme �a ?
Je peux les s�parer, juste comme �a.
L�chez tout ce que vous faites
L�chez votre travail et vos soucis
Asseyez-vous et d�tendez-vous
Voici Woody et Memphis Sue
Envoyez juste
Une carte ou une lettre
On chantera une chanson pour vous
On est des gens de la campagne faciles � vivre
Tout simplement les vieux Woody
Et Memphis Sue
Bonsoir � tous. Ce soir Woody et moi...
avons 30 minutes de vos chansons favorites que vous mourez d'entendre...
et on va commencer avec "Cimmaron Spoonin"'.
Un, et deux--
Je viens de d�cider de chanter autre chose.
Eh bien, on dit que beaucoup de gens � l'est
Quittent chaque jour la ville
Et essaient d'atteindre malgr� la poussi�re la fronti�re de la Californie
Eh bien, ils roulent dans le sable du d�sert
Essayant de sortir de ce vieux bol de poussi�re
Ils pensent se diriger vers un bol de sucreries
Mais voil� ce qu'ils trouvent
Car la police au point d'entr�e leur dit
Vous �tes le num�ro 14 000 aujourd'hui
Si vous n'avez pas de bl�, les gars
Si vous n'avez pas de bl�
Vous feriez mieux de rentrer vers le beau Texas
Oklahoma, G�orgie Kansas, Tennessee, Sud Dakota
La Californie est un jardin d'Eden
Un paradis o� vivre, ou � visiter
Mais croyez-le ou non Vous ne trouverez pas �a si bien
Si vous n'avez pas de bl�
Locke m'a parl�, et il est emb�t�.
Je m'y attendais.
Il dit qu'� partir de maintenant, il te faut faire une liste chaque semaine...
de toutes les chansons que tu envisages de chanter.
Autant qu'ils me virent, car je ne ferai pas de liste.
Bon sang Woody, tu ne vas pas g�cher ce travail.
Dieu sait ce qu'il va t'arriver si tu es vir�--
Vas-tu arr�ter de l'�clabousser quand j'essaie de te parler ?
Arr�tez, bon sang ! C'est pas dr�le ! Arr�tez !
- C'est pas quelque chose ? - Toute la ville est quelque chose.
Tu n'en as vue qu'une petite partie.
Tu sais ce qu'on devrait faire, c'est pr�parer un panier de pique-nique...
et emmener les filles � la plage.
Ce sera une autre fois.
Mary et moi, on ne s'est pas vus depuis des mois.
- Tu comprends ? - D'accord. �coute.
- Tu as besoin d'aide pour �a ? - Non, je peux m'en occuper.
- Merci pour le voyage. - Tu parles.
D'accord tr�sor, laisse-moi te montrer l'int�rieur.
Viens ici. Laisse-moi te montrer �a.
- Electrique. - Un r�frig�rateur !
- Je veux te montrer la chambre. - J'ai pas fini de voir la cuisine.
Oh, mon Dieu.
Notre propre chambre.
La broche de maman.
C'est si joli. C'est tellement parfait.
C�l�brons �a. Dis "Whoo-wee" !
- Allez. - J'ai pas � le faire.
- Allez. - Non.
Allez, ou je te fais mourir de chatouilles.
Qu'y a-t-il ? Tu n'es plus chatouilleuse ?
Allez. Vas-y vraiment.
- On s'est mouill� les chaussures. - Oui !
- Je crois que j'�tais horrible. - Tu �tais formidable.
- Je n'�tais pas formidable. - Mais si.
M. Guthrie, excusez-moi. Je m'appelle Baker.
Je suis un agent et je sais que vous travaillez ici sans contrat.
Maintenant, si vous �tiez pr�t � voyager un peu...
je crois pouvoir doubler, peut-�tre tripler ce que vous gagnez maintenant.
Comment vous feriez �a ?
Eh bien, de meilleurs spectacles, pour une chose.
Je crois que je pourrais vous obtenir une �mission au niveau national.
Je connais beaucoup de gens importants � qui j'aimerais parler de vous.
Eh bien, j'y penserai.
Eh bien, d'accord. Je ne veux pas vous presser.
Pourquoi je ne reviendrais pas en parler quand j'aurai quelque chose de pr�t ?
Bien s�r.
Vous serez en route avant de le r�aliser.
Woody, un moment s'il vous pla�t. Je veux vous parler.
- Je n'ai pas encore vu la liste. - La liste ?
Oui, la liste des chansons que vous avez pr�vues pour la semaine prochaine.
Oh, oui. Je ne l'ai pas encore faite.
Eh bien, j'ai besoin de cette liste...
parce que les annonceurs insistent--
Que diable est-ce ?
C'est un artichaut.
Un artichaut.
Qu'est-ce qu'on en fait ?
On le mange.
C'est la chose la plus incroyable que j'aie jamais vue.
�a n'a pas l'air tr�s app�tissant, n'est-ce pas ?
- On me paie pour ramasser, pas manger. - Vous avez raison.
Je parie qu'ils vous paient pas beaucoup pour ramasser ces affreuses choses.
- N'est-ce pas ? - Pas beaucoup.
Vous pensez jamais � tout ce travail le dos courb�...
juste pour des pennies ?
Vous �tes un de ces hommes du syndicat ?
Vous �tes un de ces types qui parle de gr�ve ?
Je parle de ce qui marche.
Je n'ai pas le temps de vous parler, monsieur.
On est morts sous vos arbres et on est morts dans vos buissons
Des deux c�t�s de la rivi�re on est morts pareil
Est-ce la meilleure fa�on de cultiver nos grands vergers
Est-ce la meilleure fa�on de faire pousser nos bons fruits
De tomber comme des feuilles mortes qui pourrissent sur mon sol
Et de n'�tre appel�s que du nom
De d�port�s
Au revoir, mon Juan Au revoir, Rosalita
Adios mi amigos, Jesus y Maria
Vous n'aurez pas de noms quand vous monterez dans le grand avion
Ils ne vous appelleront
Que d�port�s
L'Oklahoma, le Texas, c'est rien en comparaison de la Californie.
�a n'a pas l'air normal, que ce soit aussi joli ici, et tout.
Non, c'est pas normal.
C'est pas normal du tout.
Il semble que c'�tait plus facile d'avoir � faire...
� la nature et aux temp�tes de poussi�re et tout...
que d'avoir � faire � la cupidit�.
Oui, je suppose.
Tu as fait la liste pour M. Locke ?
Non, pas encore.
Il ne la veut pas tout de suite ?
Je suppose que si.
C'est pas si facile pour moi de le faire. De faire une liste.
Non, je suppose que non.
Je nettoyais, hier...
et ce vieil homme-- Il devait avoir 70 ans.
Il n'avait plus de dents.
Il ne portait pas de chaussures.
Il est venu � la porte mendier de la nourriture.
Je lui ai donn� du poulet frit.
Son visage rid�--
Son vieux visage rid� s'est �clair�.
Alors j'ai commenc� � m'inqui�ter pour nous.
Je me suis vraiment inqui�t�e, me demandant...
"Allons-nous �tre � nouveau comme �a dans deux semaines ?"
Je ne peux m'emp�cher de penser aux moments difficiles.
Je ne veux pas qu'ils recommencent.
C'est moi. Johnson.
Mais bien s�r. Que diable t'est-il arriv� ?
On a eu quelques probl�mes, l�-bas.
Les propri�taires ont fait charger leurs hommes dans notre piquet de gr�ve.
Et ils ont frapp� de leurs matraques dans toutes les directions.
Ils m'ont eu.
- Ils t'ont fait �a. - Oui.
C'est pire pour certains autres, j'ai bien peur.
Et ta famille ? Ils vont bien ?
Oui, ils vont bien.
Le fait est...
que j'ai terriblement appris avec mon b�b�.
- Tu as appris, n'est-ce pas ? - Oui.
Oui, j'ai appris...
que quand ce b�b� veut quelque chose...
elle va pleurer et continuer � �tre horrible...
jusqu'� ce qu'elle obtienne ce qu'elle demande.
Alors, j'ai commenc� � penser...
� tous ces milliers de gens...
qui travaillent dans les champs...
et qui n'ont jamais ce qu'ils veulent.
Ils abandonnent.
Ils ne disent jamais rien.
Je ne veux pas finir comme �a, Woody.
Je ne veux pas finir juste � rester assis.
Alors, j'ai pris la d�cision de parler.
Juste comme mon b�b�.
Je vais faire comprendre aux gens ce que je veux.
Que pense Liz de tout �a ?
Eh bien, elle a tr�s peur. Tu sais comment sont les femmes.
Elle dit qu'elle est fi�re de moi.
Je le parie.
Oui.
Peu importe, je suis venu te dire...
de continuer avec ta musique...
car tout le monde l'�coute.
Eh bien, Luther.
Continue le travail, hein ?
Je veux cette liste, et je la veux tout de suite.
Ce n'�tait pas si-- Un moment, s'il vous pla�t.
Ce n'�tait pas si douloureux, n'est-ce pas ?
"Enterrez-moi sous le Saule".
"Douce Perle".
"Longue et Verte Vall�e". Qu'est-ce que c'est ?
C'est pas sur San Fernando Valley...
ou les cueilleurs, ou les vergers, ou quelque chose comme �a ?
C'est sur un homme qui tue sa ch�rie parce qu'elle le trompe.
- Oh, bien. - Du moins, il le pense.
C'est bien, Woody. C'est tr�s bien.
Merci.
C'est une bien lourde t�che
Que ces pauvres mains ont accomplie
Mes pauvres pieds ont parcouru
Une route br�lante et poussi�reuse
On a quitt� la cuvette de poussi�re
Et on a roul� vers l'ouest
Et vos d�serts �taient br�lants
Et vos montagnes
�taient glac�es
De verts p�turages abondants
Sur les plateaux du d�sert
Vers le barrage du Grand Coulee
D'o� coule l'eau
Je d�fendrai cette terre au prix de ma vie s'il le faut
Car ces p�turages abondants
Doivent toujours
Rester libres
Ces d�serts de diamant
Tout autour de moi
Vous et moi
Cette terre
Un meilleur monde arrive Je vais vous dire pourquoi
Un meilleur monde arrive Je vais vous dire pourquoi
Un meilleur monde arrive Bient�t
Un meilleur monde arrive Ne voyez-vous pas, ne voyez-vous pas
Un meilleur monde arrive Ne voyez-vous pas
Quand on fera tous partie du syndicat et qu'on sera tous libres
Un meilleur monde arrive Ne voyez-vous pas
Je suis un homme du syndicat dans la guerre du syndicat
C'est le monde du syndicat pour lequel je me bats
Car un meilleur monde arrive Je vais vous dire pourquoi, pourquoi
Un meilleur monde arrive Je vais vous dire pourquoi
En manifestant et en se battant On fera tomber les cha�nes
- Qu'est-ce que vous faites, les gars ? - File d'ici.
Quand je serai pr�t, et je ne suis pas encore pr�t.
Si, tu l'es !
Tenez-le !
Je vagabonde, depuis ces derniers mois.
- Je pensais maintenant aller � L.A.. - Tu es d'o� ?
Merde, je pense que je suis n� quelque part dans une orangeraie.
Je sais pas.
Tes parents savent o� tu es ?
� moins qu'ils aient compt� les t�tes, ils savent m�me pas que je manque.
- Papa ! - Eh, Sue.
Salut, Papa !
- Embrasse-moi. - Papa !
- Qu'est-ce que vous faites l� ? - Les gar�ons nous l'ont dit.
Leurs m�res, leurs p�res, et leurs s�urs les ont fait appeler.
Oui, ce qu'on pourrait faire, c'est de les manger pour le d�ner.
Devine qui est � la maison.
Salut, tr�sor.
O� �tais-tu ?
Il fallait juste...
que je me replonge un peu parmi les gens, tr�sor.
Eh bien, bon sang...
pendant que tu �tais parti en train de te battre...
tu pourrais avoir perdu ton travail.
M. Locke a appel� tous les jours, et il est vraiment contrari�.
Et cet agent a appel�, et il est furieux.
- Oh, qu'ils aillent au diable. - Tu peux pas dire �a.
Tu peux vraiment pas dire �a.
M. Locke te fais gagner plus d'argent que tu n'en as jamais gagn�.
Tu peux pas dire que tout �a aille au diable.
C'est pas important.
Eh bien, si c'est pas important, qu'est-ce qui l'est ?
Je sais que c'est pas moi et les enfants.
�a ne te d�range pas de filer quand l'envie t'en prend.
Ne parle donc pas comme �a.
Je me soucie vraiment de toi et des enfants.
- Je m'en soucie vraiment. - C'est s�rement pas ce qu'on dirait.
Tu passes toute ta vie � essayer de refaire le monde !
Tu ne fais rien pour aider ta famille.
- Je vous ai fait venir ici, non ? - Et puis, tu es parti !
Diable Mary, c'est juste que--
qu'on dirait que je peux pas--
je peux pas rester tranquille. J'ai toujours envie d'�tre ailleurs.
- Quelque part ailleurs ! - Et moi ?
Qu'est-ce que je suis cens�e faire ?
Rester assise et attendre...
pendant que tu te balades dans tout le pays ?
C'est �a ?
Je suis cens�e rester assise...
� m'inqui�ter de savoir si les enfants auront un p�re...
car tu risques de te faire d�foncer le cr�ne ?
C'est �a ?
Je suis cens�e rester assise � la maison et prier Dieu...
que mon mari ne soit pas quelque part en train de saigner � mort ?
Continue comme �a, et notre famille sera � genoux...
suppliant les cultivateurs pour une journ�e de travail !
� genoux !
- Arr�te de parler ! - Me faire taire n'arrangera rien !
- Arr�te de parler ! - J'ai pas fini !
Encore un mot de plus !
Tu es s�re que t'as pas autre chose en t�te ? Tu es certaine ?
Et je jure que si quelqu'un d'autre m'avait laiss� ainsi sans un mot...
il se retrouverait � la rue !
Je vais vous donner une derni�re chance, une seule !
Mais je veux que vous soyez responsable--
Non, je n'enl�verai pas mes gants en daim
Ils sont faits de cuir d'Espagne
Je suivrai ma route au jour le jour
Et je chanterai avec Davy le Gitan
Je chante avec Davy le Gitan
Cette chanson avec Davy le Gitan
Car j'aime
Davy le Gitan
J'aimerais d�dicacer la prochaine chanson � vous tous les cueilleurs...
qui avez le c�ur en peine, et le ventre qui gronde.
Et souvenez-vous que si vous voulez chanter avec moi...
et que vous ne connaissez pas toutes les paroles...
inventez-les donc.
Je suis s�r que vous avez tous beaucoup � dire sur l'�tat des choses.
Vous me forcez continuellement � vous traiter comme un enfant !
Qu'est-ce que je dois dire pour vous atteindre ?
Vous pouvez me dire que vous n'aimez pas comment je chante.
Ce n'est pas ma d�cision. Il y a des annonceurs.
- Si ce n'�tait que moi-- - Alors vous aimez comment je chante ?
Ce n'est pas le propos ! J'essaie de vous dire quelque chose.
Il y a des annonceurs. Ils paient pour entendre ce qu'ils veulent entendre !
Peut-�tre que vous aimez en partie comment je chante, mais pas tout.
S'il vous pla�t ! �coutez-moi donc.
Ils pensent que ce genre de chansons ne devrait pas--
J'aime trop comment je chante pour recevoir des ordres...
d'un petit morveux bien gras qui ne sait m�me pas ce qu'il pense !
Alors il n'y a pas grand-chose � discuter, n'est-ce pas ?
Vous voulez ce boulot, ou vous ne le voulez pas ?
Vous pensez que je ne pourrais pas vous remplacer en dix minutes ? Cinq ?
J'ai pas besoin d'�tre ici. Je peux chanter dans la rue, si j'en ai envie.
- Fichez le camp de mon bureau ! - Je n'ai pas besoin de vous.
Je peux chanter en marchant.
- Que diable fabriques-tu ? - Laisse-moi. J'ai pas envie de parler.
- T'as �t� vir�, n'est-ce pas ? - Pour s�r !
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ? - Il ne m'a rien dit.
Il n'a rien dit au sujet de Baker ?
- Qui ? - Cet agent.
- Diable, non. - Non, bien s�r.
Tu vois, Baker t'a appel� 20 fois par jour.
Il a commenc� � faire bouger les choses, pour toi.
Que veux-tu dire ?
Il t'a fait engager pour une �mission � CBS ! Au niveau national !
- Au niveau national ? - C'est bien �a.
- Bon sang. Au niveau national. - Et c'est pas tout.
Il a arrang� une audition avec un grand h�tel, en ville.
Un tel spectacle pourrait t'amener cent dollars de plus par semaine !
Bon sang.
Diable, Woody. Tu vas finir par chanter pour tout ce fichu pays !
Allez, mon gars. On a des choses � c�l�brer.
Bon sang. Au niveau national.
Viens, Woody.
Le P�re No�l arrive !
O� est tout le monde ?
C'est l'anniversaire de tout le monde.
Et il n'y a personne--
Mary est partie.
Elle a pris les enfants.
Elle est retourn�e � Pampa.
Oh, diable.
Tu ne penses pas qu'elle soit partie parce que tu as �t� vir� ?
Elle est partie avant.
Elle laisse toujours un mot avec l'heure.
4 heures 30.
4 heures 30, hier apr�s-midi.
Au diable cette femme, de toute fa�on !
Qui diable se soucie de l'heure � laquelle tu �cris un mot ?
Je suis d'humeur amoureuse
Simplement parce que tu es pr�s de moi
C'est dr�le
Mais quand tu es pr�s de moi
Je suis d'humeur amoureuse
On peut gagner de l'argent r�guli�rement, au Grove.
Je vais vous faire engager ici pour six semaines...
puis je vous ferai engager dans tous les meilleurs h�tels et club du pays.
Il faut faire attention, cependant, � CBS.
Il faut faire attention aux chansons que vous choisirez.
Merci.
On a d�j� un chanteur de ballades.
Je pense qu'on devrait le voir.
J'ai eu de bons �chos sur Guthrie.
C'est une bien lourde t�che que ces pauvres mains ont accomplie
Mes pauvres pieds ont parcouru
Une route br�lante et poussi�reuse
Aux abord de votre ville
Vous nous verrez attendre
Je suis venu avec la poussi�re et je m'en suis all�
�a suffit.
Avec le vent
�a suffit.
Merci !
Vous avez beaucoup de qualit�s.
- Il est merveilleux. - J'ai dit que j'avais de bons �chos.
Dans quel style on pourrait le mettre ?
Je veux dire, Western ?
Et tout simplement une pr�sentation Country ?
Grande salopette, peut-�tre un chapeau de paille.
- Le mettre devant une meule de foin. - �a pourrait marcher.
On pourrait le faire accompagner par les Benton Brothers.
Je pense.
Peut-�tre qu'ils pourraient l'utiliser en solo dans une chose comme--
Excusez-moi.
Pendant que vous discutez, les amis...
je me demandais si vous pourriez me dire o� sont les toilettes ?
Apr�s la porte, tournez � droite, et la premi�re porte � droite.
C'est une grande chance. Tu peux te permettre de la g�cher ?
- O� vas-tu ? - Hors de ce fichu h�tel.
Je n'ai aucun d�sir de chanter pour des gens qui boivent des martinis...
et s'empiffrent de c�tes d'agneau.
Et l'�mission de CBS ? Tu vas aussi g�cher �a ?
Je vais te dire, �tre dans une station de radio...
� faire ce qu'ils me disent, je trouve pas �a amusant.
Arr�te une minute. Parlons-en. C'est important.
C'est pas important, Ozark. Je vais te dire ce qui est important.
Le pire qui puisse arriver...
c'est de se couper des gens.
O� diable vas-tu ?
- Dis-moi donc o� tu vas. - Diable, je sais pas.
L'Europe, New York, la Chine.
New York.
Je vais peut-�tre venir avec toi ! Quand pars-tu ?
- Maintenant ! - Bon sang, Woody !
Pourquoi toujours agir comme si tu tuais des serpents avec une binette ?
- Et pourquoi New York ? - Diable, pourquoi pas ?
Il y a des gens, n'est-ce pas ? Il y a des syndicats.
En outre, je peux chanter en marchant.
� bient�t, Woody !
Je d�teste une chanson qui vous dit qu'on ne vaut rien.
Je d�teste une chanson qui vous dit qu'on est n� perdant.
Destin� � perdre. Bon � rien pour personne.
Bon � rien, pour rien.
Parce qu'on est trop vieux ou trop jeune ou trop gros ou trop mince...
ou trop laid ou trop ceci ou trop cela.
Les chansons qui vous d�nigrent ou se moquent de vous...
parce qu'on a eu de la malchance ou qu'on a voyag� � la dure.
Je suis l� pour me battre contre ce genre de chansons...
jusqu'� mon dernier souffle et ma derni�re goutte de sang.
Je suis l� pour chanter des chansons qui prouveront que c'est votre monde...
m�me s'il vous a frapp� durement et d�moli une douzaine de fois.
Peu importe la duret� avec laquelle il vous a frapp� et �cras�...
peu importe votre couleur, votre taille, votre allure...
je suis l� pour chanter des chansons...
qui vous rendront fiers de vous !
Aucun �tre vivant
Ne pourra m'arr�ter
Alors que je marche
Sur la grand-route de la libert�
Aucun �tre vivant
Ne me fera revenir en arri�re
Cette terre a �t� faite pour vous et moi
"Woody continua � parcourir les routes d'Am�rique et du monde...
visitant les villes, les usines, les fermes...
offrant sa musique � tous ceux qu'il rencontrait.
Il f�t hospitalis� en 1954...
victime de la Maladie d'Huntington, une maladie g�n�tique.
Woody est mort le 3 Octobre 1967".
"Jouer est ma nature. Me balader est mon jeu.
Jetez-moi votre pire carte. Je gagnerai ce fichu jeu".
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