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Depuis que l'homme a commencé à penser, il a voulu voler.
Mais seuls les oiseaux le pouvaient.
Il en fut ainsi des millénaires.
Eternel optimiste, l'homme poursuivait ses tentatives.
Encouragé par ses nombreux succès,
l'homme persévérait.
Par son génie inventif,
il put faire quitter le sol à ses engins.
Et il put même les y ramener.
Les pionniers écrivaient le prologue de l'histoire de l'aviation.
En Italie, le comte Emilio Ponticelli
réussit le 1er vol sur une longue distance.
En 1910, l'avion était dans le vent!
L'homme avait conquis les airs, et l'on ne parlait plus que de...
"ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines".
CES MERVEILLEUX FOUS VOLANTS
DANS LEURS DROLES DE MACHINES
OU...
Commentj'ai volé de Londres à Paris
en 25 heures et 11 minutes
Richard, emmenez-moi en avion!
Pas aujourd'hui. Il y a trop de vent.
On le tourne.
D'ailleurs, je suis encore en service.
Il n'y a pas trop de vent pour vous.
Aidez-moi.
Regardez cet oiseau!
II va où il veut. Vous avez de la chance.
Oui, je sais.
Comme j'aimerais planer au-dessus de la terre!
Ça ira.
Je ferais un merveilleux oiseau.
Probablement.
L'ossature ne tire-t-elle pas sur l'entoilage?
Bravo! Rien ne vous échappe.
J'espère bien.
Après tout le travail que m'a donné cet engin!
Patricia, avez-vous exposé mon idée à votre père?
Elle l'a intéressé. Mais parlez-lui-en vous-même.
Je le ferai.
Dites-lui qu'il augmentera le tirage de son journal.
Que les Britanniques ont la maît rise des mers, mais pas des airs.
Je connais le couplet!
Votre idée acceptée,
demandez-lui si vous pouvez m'emmener en avion.
Peut-être.
Cet après-midi?
Pas maintenant, je suis en uniforme!
Ne soyez pas stupide!
Suivez-moi en voiture.
Je n'irai pas trop vite!
En panne?
Non, Père n'est pas au courant.
LE DROIT DE VOTE AUX FEMMES?
Alors?
Très joli.
Vous êtes enfin féminine!
Votre père découvrira votre cachette.
C'est tout l'attrait de la chose!
Dommage que tant de bonnes idées se perdent dans tant d'appareils.
S'il était possible de réunir les modèles du monde entier,
on se rendrait tous service.
Du monde entier?
Pourquoi pas? La France et l'Amérique nous devancent.
J'ignorais.
C'est de notre faute.
Il n'y a que 3 ans qu'un Anglais a pu voler.
Nous avons la maît rise des mers, mais pas des airs.
Pas encore, en tout cas.
Vous n'avez pas fini.
Nous devrions avoir la maît rise des airs.
Vous allez avoir la passion du vol.
Je vous emmène en avion?
Si le Seigneur avait voulu que je vole,
il m'aurait donné... des ailes!
Vous prenez bien le train, et vous n'avez pas de roues.
Il n'y a que 3 ans qu'un Anglais a pu voler?
Revenez dans quelques jours.
Je vais soumettre votre idée à mes collaborateurs.
Merci beaucoup, monsieur.
Je veux vous demander une faveur.
Celle d'emmener Patricia cet après-midi?
L'emmener? Où?
Dans les airs. En avion.
Je t'interdis formellement de voler.
Quant à vous, vous n'emmènerez jamais ma fille en avion! Compris?
Certainement, monsieur!
"Quant à vous, vous n'emmènerez jamais ma fille en avion! Compris?"
"Certainement, monsieur!" Pleutre!
Votre père pense que l'avion est dangereux, et c'est vrai.
Mais quand il se sera enthousiasmé, il changera d'avis.
Vous verrez.
Non, vous êtes en uniforme!
Si vous ne m'emmenez pas en avion,
quelqu'un d'autre le fera.
Venez-vous déjeuner chez Windsor?
Vous pourrez conduire.
Messieurs, voilà mon idée.
Il s'agit de quelque chose qui enflammera le monde entier.
Un prétexte pour réunir tous les modèles de machines volantes.
Et pour moi, l'occasion d'augmenter mon tirage.
Une course aérienne.
Lancée, parrainée et primée par le Daily Post.
Qui prouvera que si Britannia est maît resse des mers,
elle entend aussi, à l'avenir, être maît resse des airs.
Une course aérienne entre les 2 plus grandes capitales du monde!
Londres
et Paris.
Il faudra survoler la Manche!
C'est tout l'intérêt de cette course.
Un Français l'a fait l'an dernier.
L'aviation a dû progresser depuis.
Bien sûr.
Mon journal organisera cette course
ainsi que l'Aéro-Club Royal.
Gascogne, vous serez mon officier de liaison et mon envoyé spécial.
Envolez-vous aussi souvent
que possible.
Quel sera le montant du prix?
Dix mille livres.
De quoi attirer les pilotes du monde entier!
C'est le but.
Toutefois, j'espère que c'est un Anglais qui gagnera.
"Course aérienne Londres-Paris". Le Daily Post offre £10000.
"Les concurrents survoleront la Manche".
Pas mal du tout!
Demandez que la presse étrangère reproduise ce texte.
C'est porté en bas de la page.
D'autres invitations.
Notre appel devrait parvenir
aux hommes volants du monde entier.
"Emilio Ponticelli. Italie".
"Pierre Dubois. France".
Suis-je mort ou rêvé-je?
Vous êtes charmante. Quel est votre nom?
Commotion!
C'est peut-être important.
Ça vient d'Angleterre.
250000 francs!
Décrochons ma machine.
Lisez.
"Sa Majesté Impériale, le Kaiser,
"exige qu'un officier allemand gagne la course.
"Prenez vos dispositions."
Rumpelstoss!
Une autre machine volante!
Oui, Herr Colonel.
Mais personne ne saura la piloter.
Winkler pilotait, donc c'est facile.
Il n'était pas doué!
Vous la piloterez.
Et comment apprendrai-je?
Comme tout le monde dans l'armée allemande,
avec le manuel!
Que tu coures les filles, c'est normal.
Mais que tu lâches le manche à balai pour les saluer, pas d'accord!
J'ai perdu la tête.
Et mes crédits aussi!
Je réparerai l'engin.
On devrait en rester là, Orvil.
Tu ferais mieux de travailler, comme tout le monde.
Tu n'as pas l'avion dans le sang.
Tu ne sais pas ce que c'est que de s'élever dans les airs.
Quand tu montes, ça va encore. Mais quand tu descends!
Là-haut, on se sent libre et fort
comme nulle part ailleurs.
Je n'abandonnerai jamais le vol.
Orvil, écoute-moi ça!
"Course aérienne Londres-Paris". Premier prix:
50000 dollars.
"Tous les détails page 6".
Quelque part dans ce désert est la page 6!
Où est le grand Ponticelli?
Emilio! Abandonne!
Promis, cara.
Je ne volerai plus.
Vous n'êtes pas blessé?
Tous mes os sont brisés.
Vous avez vu ceci?
Je vais m'y inscrire.
Je gagnerai
pour l'Italie!
- Et ta promesse? - Je la reporte.
Viens. On va faire des projets.
J'achèterai la meilleure machine volante.
Comme César, j'irai en Angleterre.
10000 livres.
83 inscriptions pour la course.
Elle soulève un intérêt mondial.
C'est la meilleure idée que j'aie eue.
Un autre inscrit, de Phoenix.
Arizona, Milord.
Pour venir de si loin, il est ou très riche ou très sûr de lui.
Les deux! II est américain.
Tu n'as pas invité ce rasta de Sir Percy!
Alors, que fait-il ici?
Je n'en sais rien.
J'aimerais être des vôtres pour faire la noce à Paris.
Si c'est une inscription officielle que vous sollicitez,
voyez mon bureau.
En tant que pionnier,
j'aurais aimé m'éviter cette démarche.
Si vous tenez votre maillet ainsi,
votre jeu en sera meilleur.
Je le tiendrai comme d'habitude.
Vous heurterez l'arceau.
Je vous l'avais dit!
Eh bien, à très bientôt. Content que vous disputiez la course.
Je la disputerai etje la gagnerai.
Croiriez-vous en un heureux hasard?
Je ne laisse rien au hasard.
Regarde, Orvil!
C'est donc ça, Brookley?
Voilà ce qu'il te faut battre.
Prends le volant. Je reviens.
Ça va?
Evidemment!
Voyez ce que vous avez fait!
Qui? Moi?
Vous n'avez donc jamais vu de jambes?
Si, très souvent.
Surtout quand on emmène des filles en avion, comme moi.
Des jambes... et des pantalons!
Mais les vôtres sont d'une beauté!
Si c'est un compliment,
je n'en suis pas flattée.
Ainsi, vous emmenez des passagères?
Oui, dans mon pays. Je suis ici pour la course.
Oh! Vous êtes américain.
Tout s'explique. Ma bicyclette, je vous prie.
Vous travaillez par ici?
Pourquoi?
J'aurais aimé
vous connaît re plus en détail.
Vous avez de ces expressions!
C'est impossible.
Nous n'avons pas été présentés.
C'est nécessaire?
Nous autres Anglaises, on ne nous "emballe" pas!
Aussi, jusqu'à des présentations en règle,
adieu, Monsieur!
Ah! Vous êtes là, Mays.
J'aimerais vous parler.
Dedans ou dehors?
Dehors.
Vous savez à quel sujet, n'est-ce pas?
Oui, de la course.
Non, de Patricia.
Elle vous porte un grand intérêt.
Allez-vous la demander en mariage?
Oui, avec votre permission.
Mon cher garçon, je vous l'accorde.
Votre père était à Oxford avec moi.
Il y a un petit ennui.
Nous n'aurions pas de vie conjugale.
Je fais mon service, et toutes mes soirées sont prises.
Le lundi, pas de sortie.
Le mardi, bridge.
Le mercredi, billard avec l'adjudant.
Le jeudi,
on va chez Romano. Il ne reste que le vendredi.
Et les week-ends?
Les week-ends, je vole.
Je peux laisser tomber le bridge.
Non. Ne gâtons pas Patricia.
Vous l'aimez, n'est-ce pas?
Oh oui, monsieur.
A la bonne heure! Content de vous savoir sérieux.
C'est si rare de nos jours.
Les hangars sont là-bas.
Vous mettrez votre appareil dans le hangar le plus proche.
Avion de première classe! Vous allez voir ça!
Je me sens très heureux ici.
Alors, moi aussi.
C'est quoi, cette eau?
Des champs d'épandage.
Les égouts. C'est très sale, mais très utile.
Pour les pilotes qui y tombent.
On n'est pas un vrai pilote sans ça.
Je vais vous donner votre horaire d'entraînement.
Le matin, à 7 h 1/2. L'après-midi, à 16 h. Ça vous convient?
Vous suivrez le Français.
Pas question.
Italie, première, ou rien. On s'en va!
Entendu, vous passerez avant le Français.
Sofia, je passe avant le Français.
Qui est-ce?
Lord Rawnsley.
Le Milord anglais.
Il a amené toute sa famille.
Qui est-ce?
Ponticelli. Un grand pilote et une des grosses fortunes d'Italie.
Il achète avion sur avion.
C'est un passionné.
Quand je vous vois, mon coeur chante.
Pas Brigitte, Ingrid. Je suis suédoise.
Vous n'étiez pas en Normandie?
Si, c'est possible.
Venez. Apprenez-moi à voler.
Il lui apprend à piloter.
Cette jeune personne n'est pas du tout douée pour la mécanique.
Il vole à 60 km à l'heure.
10 m par coup d'aile.
Quand vous aurez atteint 40 battements à la minute,
votre machine décollera.
Et elle volera?
Evidemment! N'allez pas faire d'omelette.
Cet engin a la puissance d'un aigle, la grâce d'un cygne
et il vaut 350 guinées.
Il est de première classe!
Mets ça!
Jamais. N'insiste pas.
Tout le monde peut se tromper.
Tes mains sont propres?
Allons, Courtney.
Contact.
Tiens bon, Courtney.
Je n'ai pas mis les gaz à fond.
Hé, l'ami, donnez-nous un coup de main.
Il n'est pas censé transporter des passagers.
Tenez-vous prêts, les gars. C'est Sir Percy.
Aux champs d'épandage!
Descendez!
Que faites-vous?
Votre postérieur, Monsieur!
Je perds le contrôle!
Aux champs d'épandage!
II va s'écraser!
Regardez ce que vous avez fait. Je vais vous tuer!
Pousse, fainéant!
C'est le hangar du Yankee?
Effectivement.
Il est bien moins fort que moi?
Vous êtes là, le Yankee?
Vous voulez me voir?
Et comment!
Par votre faute, mon avion s'est écrasé.
Je vais vous corriger.
Prêt?
Et vous trouvez ça drôle!
Ça peut vous servir pour d'autres corrections!
Enrhumé?
En retard!
Vous empestez l'huile de ricin!
Vous avez réparé le 2e réservoir?
J'ai aussi vidangé. Il en avait besoin. Vous aviez raison.
Bien sûr. J'ai toujours raison.
Vous allez m'aider à graisser le châssis.
Graissez ici, pour commencer.
L'essieu.
Belle machine que vous avez là!
Vous désirez?
Pourriez-vous me prêter une clé à molette?
Clé à molette!
Vous voulez dire une clé anglaise?
C'est vrai qu'on est en Angleterre!
Vous êtes Orvil Newton?
Richard Mays.
Je vous apporte la clé.
Puis-je vous présenter Miss Rawnsley?
Les présentations sont faites.
Oui, c'est indéniable.
Vous recommencez!
Votre clé à molette, M. Newton.
Je vous la rends dès que j'ai fini.
Vous le connaissez?
Depuis tout à l'heure.
Beau garçon!
Je n'ai pas remarqué.
Reprenons le graissage.
Une petite goutte, ça réchauffe, pas vrai?
Ingrid, vous ici!
Marlène. Je suis allemande.
Mais je vous ai déjà vue...
C'est possible.
Peu importe.
Je vous vois maintenant etj'adore les Allemandes.
Je peux m'asseoir?
Oui, à condition que ce ne soit pas sur ma robe.
On n'a que des côtelettes-frites.
Eh bien, apportez-m'en.
Que prenez-vous?
Rien, merci. Je m'en vais.
Pas mal, hein?
Oui, c'est un très bel aéroplane.
Je parlais de moi.
Oh, c'est vous?
Je dois remettre ma photo au Daily Post.
Mangez, je vous en prie.
C'est un biplan Wright, non?
C'est un Curtiss.
C'est l'avion des passagères?
II a un moteur Anzani, de 70 CV.
Vous l'avez amené de l'Arizona?
Vous devez être très riche.
Désolé de vous décevoir. Un bateau à bestiaux l'a transporté.
J'ai tout mis au clou.
Si je ne gagne pas,
je perds mon avion et le reste.
Savez-vous que vous êtes très belle?
Oui, je le sais. J'ai aussi une très jolie ligne.
Je suis riche.
Etj'aime un homme follement beau.
Et lui, il vous aime?
- Je le crois. - Il ne vous l'a pas dit?
Non. Pas exactement.
Je veux dire... si.
Parlons de vous.
Que voulez-vous savoir?
M'emmèneriez-vous en avion?
Oui, n'importe quand.
Demain?
D'accord.
A la première heure?
Vous avez déjà volé, n'est-ce pas?
Oui, des centaines de fois.
J'adore ça.
Je dois partir. A demain.
Je vous attendrai avec impatience.
Pardon de mon retard. La voiture est devant la porte.
Vous causiez avec l'Américain?
Oui, il me parlait de l'Arizona.
Vous aviez raison. Il est très beau garçon.
Il vous dévorait des yeux.
Vous êtes jaloux!
Je ne l'ai jamais été.
S'il vous regarde encore ainsi,
je le rosse.
Quelle suffisance!
Qui décolle le 1er, Courtney?
M. Dubois.
Il est dangereux.
Il a une meilleure machine volante que la vôtre.
J'en doute.
Mais si oui, on la "trafiquera".
Vous n'allez pas la saboter?
Moi, certainement pas. Toi!
Va-t'en!
Le Français va décoller.
J'alerte l'équipe?
Non. Il fait beau.
Et c'est un bon pilote.
Ça va, Chef?
Aujourd'hui, nous volons.
Vous roulerez au sol. Décollage.
Tour de circuit. Atterrissage.
Montez dans votre machine, immédiatement.
Vous allez montrer à ce Français ce qu'un Allemand peut faire.
Machine prête?
Au trot.
Rumpelstoss, revenez!
Cessez cette plaisanterie!
Je ne peux pas arrêter cet engin!
Ecartez-vous!
Ce mode d'emploi!
Plus vite!
Laissez mes hommes tranquilles!
Tu vas où?
Et ton entraînement?
Que dois-je faire, colonel?
Regardez le manuel.
C'est fait.
Que cherche-t-il à faire?
L'arrêter, je suppose.
Quel courage!
On va droit sur le mur.
Un ban pour l'Américain.
Qu'est-ce qui t'a pris?
Je ne peux pas l'arrêter!
Que fais-tu? Quelle est cette invention?
C'est un compresseur.
Il pourrait faire exploser le moteur.
Et ton cigare, non?
J'ai besoin de plus de vitesse. Les autres sont plus rapides que moi.
Depuis mon arrivée, j'y réfléchis.
Je peux entrer?
Que vous êtes jolie!
Je vous ai attendue ce matin.
Désolée, je n'ai pas pu venir.
Mon père a voulu assister à votre entraînement à tous.
Et alors?
Mon père est Lord Rawnsley.
Vous ne le saviez pas?
II a organisé cette course.
Alors, il a bien le droit de la surveiller!
Ah, j'ai compris.
Il vous a interdit de voler, n'est-ce pas?
En me demandant de vous emmener, vous vouliez me faire radier?
Pourquoi ne pas vous adresser à votre petit ami?
II refuserait! II a donné sa parole à mon père.
Richard a des principes.
Je vous l'ai demandé
parce que vous m'êtes sympathique.
Très sympathique.
Etj'ai une envie folle de voler.
Il faut que je parte.
Je veux gagner. Ai-je une chance?
Ça dépend de vous.
Oui, ça dépend de moi.
A demain, à Douvres.
Premierjour: Étape Londres-Douvres.
Atterrissages d'urgence prévus ici et là...
Postes de secours...
Essence...
Pourquoi tant de manières?
Pourquoi aller à Douvres par la route et non en avion?
Quoi? Voler sur 100 km d'une traite!
II faut reconnaît re le parcours.
Vous ignorez quelle voie suivre.
A ma gauche, le repère n°7.
Passage à niveau à Tunbridge.
Suivez les rails jusqu'à Douvres.
C'est long comme traversée!
Qu'en dis-tu?
Et toi?
Tu sais nager?
On voit la France.
Oui, mais de l'autre côté de l'eau!
Cette traversée est impossible.
Pas pour le Vaterland.
Vous ne craignez pas de vous noyer?
Désolé de vous décevoir,
mais si quelqu'un doit se "mouiller", ce ne sera pas moi.
Ils s'amusent!
J'espère bien! Ça me coûte assez cher.
Vous buvez à ma santé?
De l'eau de mer?
Non, du champagne.
Très chevaleresque!
C'est bizarre,
j'ai été sur toutes les plages du continent
sans voir un Allemand plonger.
Ils ont peut-être la tête fragile.
Rumpelstoss, nous allons plonger.
Venez, colonel. L'eau est bonne.
Vous n'avez pas goûté la blague?
Je peux vous parler?
A quel sujet?
Si vous persistez à faire des avances à ma fiancée,
je vous rosserai.
Vous n'êtes pas officiellement fiancés?
C'est tacite entre Lord Rawnsley et moi.
Mais Patricia n'est pas d'accord.
Je peux donc continuer.
Vous êtes assommant!
Que faites-vous?
Vous vous battez pour moi?
Le Japonais est arrivé.
C'est Yamamoto.
Il est venu en avion du Japon.
On n'en a pas la preuve.
Ne discutez pas.
Allons l'accueillir.
Lieutenant Parsons. Marine Royale.
M. Richard Mays, Garde Royale.
Vous avez une machine de première classe!
Contre le Jaune, personne n'a une chance.
C'est l'homme à battre.
Dans ce cas, on va le droguer.
Une bonne purge dans son chop-suey?
Puis-je avoir quelques détails sur votre voyage?
16000 km... En avion tout du long?
Bien entendu.
D'abord train Yokohama.
De là, bateau Vladivostok. Puis Transsibérien.
Ensuite express Moscou-Paris, puis Dieppe.
Ensuite ferry jusqu'à Folkestone.
Quel périple!
Puis monté dans l'avion et volé jusqu'ici.
6 Km! Sensationnel!
Je vous ai cherchée partout.
J'ai une idée.
Savez-vous ce qu'on pourrait faire?
J'ai bien aussi mon idée là-dessus,
mais oserons-nous?
La moto va plus vite que l'auto.
En partant maintenant, on serait de retour avant les autres.
Et alors?
Vous pourriez m'emmener en avion.
Vous vous êtes juré de m'attirer des ennuis!
Je n'en vaux pas la peine?
Votre témoin!
Qui est mon témoin?
Le CI. Von Holstein demande réparation.
Demain, à l'aube.
Quand vous voudrez.
Vous plaisantez! On est en 1910.
Je ne l'ignore pas!
Dis à cet idiot que j'accepte.
Il est d'accord.
Vous avez le choix des armes.
Pistolets, sabres ou rapières?
Ballons.
Et tromblons.
Vous voulez qu'on soit ridicules?
Au contraire! II y a un précédent historique.
Un duel semblable a eu lieu entre un Français et un Allemand en...
1870.
Le Français a gagné.
Dans ce cas, j'accepte.
Retournons aux voitures.
Bon vol-retour, Monsieur!
Où est Patricia?
Je la croyais avec vous.
Où diable va ma fille?
A Brookley.
Il va l'emmener en avion!
Je le lui ai interdit. Arrêtez-le!
Plus vite!
Je roule à plus de 60!
Atterrissez immédiatement!
- Merveilleux! - Amusant, non?
Regardez! C'est Père!
Faisons-lui peur.
Un montant est cassé.
Prenez les gouvernes.
Je ne sais pas.
Gardez l'avion stable!
Orvil, au secours!
Je ne garde pas le cap.
Je n'y arrive plus! Vite!
Ça va, Patricia?
Vous avez de l'audace!
Ne l'accusez pas.
Cette course doit servir l'aviation.
Et non les aventures galantes d'un simple d'esprit!
Mais c'est de ma faute.
Un accident avec une femme à bord retardait l'essor de l'aviation!
Vous auriez pu la tuer.
Je sais ce que je fais.
Moi aussi.
Patricia, viens avec moi.
Radiez-le de la course.
Pas devant tout le monde.
Tout est de ma faute.
Je sais. Tu ne monteras plus en avion.
Ni sur une moto.
Surtout sur celle que tu caches dans le jardin.
En voiture!
Elle a repris sa moto!
Elle me désobéit.
Non, c'est l'Américain.
Que fait-il dans mon parc? II est armé?
II vient du Far-West, non?
II est en moto.
Il vient essayer de vous faire revenir sur votre décision.
Vous avez peut-être changé d'avis. Moi pas. Il ne courra pas.
Eh bien, allez le lui dire! On dirait que vous en avez peur.
Désolé, Newton, Lord Rawnsley est inébranlable.
Non seulement vous ne courrez pas, mais vous devez quitter Brookley.
Il sait que je veux le voir?
Si je ne cours pas, je perds tout.
Je n'ai pas l'argent pour retourner à Londres, encore moins en Arizona.
Il fallait y penser avant.
Lord Rawnsley n'a qu'une fille.
Merci d'avoir voulu m'aider.
Qu'allez-vous faire?
Je n'en sais rien.
Vendre ma machine volante.
Brookley est l'endroit idéal.
Bonne chance!
Je suis profondément désolée.
Vous valiez ça.
Gagner vous importait, n'est-ce pas?
Oui, j'aurais été quelqu'un.
Pour n'importe quelle femme.
Même une femme belle et riche.
Je lui aurais dit ce que je voulais.
Et demandé ce que je voulais.
Ça n'arriverajamais.
Pardonnez-moi.
J'ai été très égoïste.
Je ne vous oublierai jamais.
Non, attendez!
Je vais parler à Père.
Ce ne sera pas facile.
Je vais vous faire réinscrire.
Père changera d'avis
quand il saura que l'ambassadeur américain est au courant.
Il le connaît?
Non, ni moi non plus.
Mais Père l'ignore.
Les concurrents ont rivalisé d'ingéniosité.
Prenez le lieutenant Parsons, de la Marine Royale.
Il a trouvé un merveilleux moyen pour arrêter son engin:
Qu'est-ce que c'est?
Une machine volante.
Oui, elle a des... hélices.
D'autres questions?
Elle volera mieux que l'autre?
"L'ornithoptère" était au point.
Votre pilotage l'était moins.
Celle-ci vous plaira.
Elle ne demande qu'à décoller.
Préparez vos armes.
Je compte jusqu'à 10.
A dix, feu!
Reprenez vos positions!
Ce n'est pas réglementaire.
Si, c'est réglementaire.
Je compte jusqu'à 5.
Sabotage!
ENTRACTE
A 16 heures du départ de la plus grande course de tous les temps,
Brookley est en effervescence.
Des concurrents de tous les pays vont s'affronter.
L'incident technique
dont fut victime M. Newton, est réglé.
Ce soir, tous les participants
sont réunis en cette veille de course,
à l'occasion d'une réception qui, espérons, favorisera le bon esprit parmi les aviateurs.
Tournez-vous vers moi.
Mains dans la main, par-dessus l'océan!
Un beau sourire, je vous prie.
Je croyais navement au "fair-play" britannique.
Et vous aviez raison.
Je suis prêt.
Vous m'avez frappé en traît re.
Si vous courtisez encore qui vous savez,
je vous préviendrai avant de vous mettre K.O.
A mon tour de vous prévenir
que je vais épouser qui vous savez.
Ce serait fâcheux: Je vais l'épouser aussi.
Un petit sourire!
Un verre de vin?
Merci. Je ne bois que du whisky.
C'est pour moi? Merci.
A la tienne, Etienne!
On a un travail à faire.
Les hangars sont gardés.
Les pilotes dorment près des avions.
Non, pas tous. Yamamoto est encore là
etj'ai donné au Français l'adresse d'une jeune personne.
J'espère qu'elle estjolie.
Oui. C'est ta fille.
C'est une innocente jeune fille!
Non, Courtney,
elle l'était!
Conduis-moi au hangar du Yankee. Toi, va chez Yamamoto avec ça.
Qu'allez-vous faire?
Ce n'est pas votre affaire.
Je vais m'arranger pour que le Yankee perde une roue.
C'est un sale tour!
S'il court, il doit savoir atterrir sur une roue.
Mais il peut se tuer!
Ce ne sont pas les Américains qui manquent.
Une tête nue.
Non. Je suis un marin.
Alors, un sourire.
Entendu. Un léger sourire alors.
Lieutenant Parsons, on vous a attendu.
Aucun de vos papiers n'est prêt.
Nelson, mon passager.
Pas question.
Jamais personne n'a emmené de chien en avion.
Je ne pars qu'avec lui.
Très bien, remplissez cela.
14 partants.
Il en manque.
Où sont les Allemands?
Près des hangars.
Rumpelstoss, le grand moment est arrivé.
Ça ne va pas.
Je suis malade.
Je ne peux pas piloter.
Vous piloterez.
Pour le Kaiser et le Vaterland.
L'équipe aura du travail.
Ecartez-vous des machines volantes.
Je veux souhaiter "bonne chance" aux concurrents.
Comment le dit-on en japonais?
Je regarde.
Ouste!
Vous n'êtes pas assis à l'envers?
Je ne suis pas idiot!
C'est ma dernière invention.
L'idée m'en est venue dans mon bain.
J'étais dos aux robinets.
La résistance de l'air est moindre sur la queue que sur les ailes.
Je serai à Paris avant qu'ils n'arrivent à Calais.
Pathétique, n'est-ce pas?
Rien compris!
Lui non plus.
Comment dit-on "Où est le prix" en français?
C'est l'autre bonhomme.
J'ai été transporté!
L'ambiance du moment,
l'Entente Cordiale.
Beaucoup trop cordiale à mon goût.
Cette course internationale attire trop d'étrangers.
N'est-ce pas Rumpelstoss qui pilote?
Je le remplace. Il est souffrant.
Vous savez piloter?
Un officier allemand sait tout faire.
Primo...
s'asseoir.
Vous n'emmenez pas votre famille, n'est-ce pas?
Très drôle! Mes enfants viennent me dire au revoir.
Une nouvelle machine volante!
Elle m'a été offerte par le roi d'Italie.
Général Pouloni.
Bonne chance, à vous et au roi d'Italie.
D'où venez-vous, Monsieur?
De Phoenix, Arizona.
Vous ne devez qu'à ma fille
et à mon amour du sport d'être encore dans la course.
Je me suis raisonné.
S'il s'écrase, ma fille ne sera pas avec lui.
Vous verrai-je à Paris? Je voudrais vous parler.
C'est important.
Oui, j'y serai.
Père m'emmène dans son yacht.
Je ne vous dis pas bonne chance.
Vous gagnerez sans cela.
Je ferai de mon mieux.
Bonne chance, Richard.
A Paris, j'aurai à vous parler de quelque chose d'important.
Vous y serez?
Oui, j'y serai.
Mission accomplie.
Maintenant, va à Douvres faire le reste.
Je ne peux pas voir décoller le Japonais?
D'accord.
Mais je ne te paie pas pour t'amuser.
Le vent se lève.
On a 20 mn de retard.
Donnons le départ.
Il faut attendre Lord Rawnsley.
Lancez le départ dès son arrivée.
Quand il sera là, je ferai comme ça...
Partis!
Je n'en ai pas donné l'ordre.
Un couteau!
Vous voulez faire "hara-kiri"?
Non, je veux me libérer.
Allez, décampe. Tu as assez ri.
A vous!
II monte!
II faudra aussi qu'il redescende.
C'est un sabotage!
C'est une intrusion!
Repartez, vous et votre machine.
Retournez à vos tâches.
Qu'y a-t-il?
Je ne peux pas repartir
si des hommes ne m'aident pas.
Je dois décoller.
Il n'y a pas d'hommes ici.
Pas d'hommes,
pas de décollage.
Peut-être...
les Soeurs?
Certainement pas!
Dommage.
Nous sommes les premiers aviateurs à voler de Londres à Paris.
Le temporel nous indiffère.
Je comprends.
Dommage! La course sera gagnée par un protestant.
Mes soeurs, ce bon catholique a besoin de notre aide.
Que signifie ceci? Vous êtes fou!
Vous avez fait peur à ma femme!
Désolé. Je n'avais pas le choix.
L'essence n'arrive plus.
Auriez-vous un cure-pipe?
On n'a pas ça, n'est-ce pas?
Ça irait?
Parfaitement. Merci, Madame.
Je fais la course du Daily Post. Vous êtes au courant?
Je ne lis que le Times.
J'en achèterais bien un.
Tu casseras bien ta pipe sans ça!
Une photo, Monsieur.
Voilà le Français!
On s'occupera de votre machine.
Tout va bien?
C'est ma machine qui m'inquiète.
- C'est fini pour vous. - Pas encore.
Il n'y a pas une roue de secours sur ce terrain?
Si, mais la réparation prendra toute la nuit.
Le règlement m'interdit-il de travailler toute la nuit?
Bonne chance!
On en attend d'autres?
Sur 14 partants, 8 ont atterri.
2 se sont écrasés au décollage.
3 en vol.
Et un...
se dirige vers l'Ecosse!
Marlène! Que faites-vous ici?
Pas Marlène, Françoise. Je suis bulgare.
On ne s'est pas déjà vus?
C'est possible.
Je vous offre un verre?
J'ai une nouvelle sensationnelle.
Sir Percy est reparti pour la France.
Il survole la Manche, de nuit.
C'est un grand honneur de vous avoir à bord!
Attention à l'aile!
J'espère que la mer n'est pas agitée?
Plate comme une limande.
Vous avez l'argent?
Voyez mon valet pour cette question.
Ils sont de confiance?
S'ils ont 10 guinées chacun.
Les gages annuels d'une camériste!
Serai-je en France avant l'aube?
Mais Courtney, ils sont 10!
Tu te rends compte que je vais débourser 100 guinées?
110!
Vous me payez au même tarif.
Tu as un fier toupet, espèce de rustre!
Cesse ton chantage, ou je te jette à la rue!
Déguerpis!
C'était pour rire.
On en reparlera à mon retour de France.
Sir Percy survole la Manche en ce moment.
Dans la nuit?
II ne peut pas voir les rails!
Quels rails?
II m'épate.
Si on va sur le pont, on pourra l'entendre passer.
Où tomber à l'eau!
5 guinées chacun, n'est-ce pas?
10, ou on fait demi-tour.
Scandaleux!
Je ne relouerai plus votre bateau!
La marée.
Elle sera basse dans quelques heures.
Je ne tiens pas à être vu par les Français.
Il faut vous mouiller les pieds.
Chameau, va!
Je pensais avoir affaire à un gentleman.
Moi aussi.
Ce sont de valeureux pionniers.
Ils défient les éléments.
Ils défient les dieux.
Leurs machines vont voler sur 35 km.
Je dis bien:
35 km de mer!
Bienvenue à Calais!
Laissez-moi! Allez-vous-en!
Je dois aller à Paris pour terminer la course.
Reposez-moi, crétins!
Je n'ai pas le temps!
Ça va, lieutenant Parsons?
On va vous tirer de là.
Vous savez nager?
Un officier allemand sait tout faire.
La course n'est pas finie.
Après le plein, ils repartiront.
Richard Mays...
part de Calais à...
8 h 15.
Ni l'Américain ni les autres ne gagneront.
Sir Percy est parti pour Paris il y a 2 heures.
Désormais, plus rien ne peut l'arrêter.
Je suis fou! II est ignoble.
Mécanicien!
Arrêtez le train!
Regarde!
Où pourrais-je trouver...?
Que faites-vous là?
- Vous n'êtes pas Françoise? - Non, Yvette. Pourquoi?
Où puis-je trouver de l'essence?
A Amiens, à 5 Km.
Rapportez-m'en le plus possible.
L'honneur de la France est en jeu.
Vas-y, file!
J'en aurai pour une bonne demi-heure.
On a une demi-heure.
Vous voyez les concurrents?
Ponticelli est à la Tour Eiffel.
Deux autres le talonnent.
Le dénouement approche.
Ponticelli est en tête.
Suivi de Orvil Newton
et de Richard Mays.
Les voilà!
Le vainqueur!
Richard Mays, Angleterre.
Préparez-vous à sauter.
Vous n'êtes pas blessé?
Tout va bien.
Richard, vous avez gagné!
Vous avez gagné! Je suis si heureuse.
Et Ponticelli?
Son avion a pris feu. Orvil l'a recueilli en vol.
Il aurait pu gagner.
Félicitations!
Vous avez accompli une chose extraordinaire.
Vous en auriez fait autant.
C'est vous qui l'avez fait.
Partageons le prix.
Paris salue le brillant vainqueur.
Voilà Dubois.
Vous vous souvenez de moi?
Oui, bien sûr. Vous vous appelez...
Betty, oui! Comment ai-je pu l'oublier?
Je vous regarde et mon coeur chante.
Excusez-moi.
Je vais voir mon train d'atterrissage. Il a été secoué.
Une photo à côté de votre machine, Monsieur?
Cette fois, fini le vol!
II le faut. Par pour moi, pour bambinos.
Ils sont habitués.
Un autre?
D'accord, j'abandonne.
Tournez-vous!
Ainsi pris fin la course aérienne de 1910.
Temps du vainqueur: 25 h 11 minutes.
De nos jours, les "jets" couvrent la même distance en 7 minutes.
Mais ça peut prendre plus longtemps.
Le départ des avions de Londres pour Paris a dû être retardé
à cause du mauvais temps.
Des autocars vous reconduiront à votre hôtel.
Par ici, s'il vous plaît.
Veuillez me suivre.
Ces merveilleux fous volants
et leurs dames étaient...
Sous-titrage DVD: Visiontext
FRENCH
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