All language subtitles for Akelarre.2020.MULT.1080p.WEB.H264-EXTREME

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

C'est atroce.

Combien de morts seront encore n�cessaires, Monsieur ?

Que faire contre une telle d�termination ?

Lucifer scelle leurs l�vres si fort

que, m�me en les d�pe�ant lentement, elles tairaient les secrets du sabbat.

Et si le sabbat n'existait pas ?

Si ce n'�tait qu'un r�ve ?

Si ce n'�tait qu'un r�ve,

pourquoi tant de femmes feraient-elles le m�me r�ve ?

Avec les trois d'avant-hier soir,

cela fait un total de 77 ex�cutions, Monsieur.

Il ne nous reste d�sormais que les villages de p�cheurs.

Des p�cheurs...

Nous n'en avons pas vus depuis des lieues.

Que des femmes.

Monsieur le Juge.

P�re Crist�bal de Azpilikueta, � votre service.

Monseigneur d'Urtubie m'a charg�...

Monsieur le Juge, p�re Crist�bal de Azpilikueta...

Chirurgien.

Je m'excuse.

Monsieur le Juge, je suis le p�re Azpilikueta, � votre service.

Le Seigneur d'Urtubie m'a charg� de me mettre � votre service...

Mon P�re...

Monsieur le Juge est fatigu�.

J'esp�re que ses appartements sont pr�ts.

Allez-y.

- Monsieur le Juge... - O� loger tout ce monde ?

Les soldats, dans l'�table.

Mais ils mangent !

Qui paiera toutes ces d�penses ?

Sa Majest�.

Ainsi est mon esprit

Si tu pars en me laissant ici

Ainsi est mon esprit

Prends celle de droite.

Ton p�re t'a d�j� emmen�e � Terre-Neuve ?

- Il ne peut pas. - C'est lui qui commande, non ?

Les femmes ne peuvent pas naviguer !

Bien s�r qu'elles peuvent ! C'est toi qui ne sais rien !

Tu as d�j� navigu� ?

Moi, non. Mais Mar�a, si.

- Tu as navigu� ? - Non,

pas moi.

Pas ma s�ur, l'autre Mar�a.

La blonde ? C'est mon amie. Je lui demanderai de me raconter.

Mar�a, la mouette ! On l'appelait comme �a

parce qu'elle courait toujours en bord de mer.

Elle courait et criait... Comment, Olaia ?

Je veux aller � Terre-Neuve !

Ana, comment fais-tu pour dire tellement de b�tises par jour ?

- Passe-moi le rouleau de chanvre. - Ton p�re l'a emmen�e dans la clairi�re.

- L� o� on fait du feu ? - Oui.

Ton p�re lui a dit : "Grimpe sur la plus haute branche."

"Grimpe plus haut, mouette."

"Plus haut."

"Encore plus haut."

Ana, Mar�a, rentrez � la maison.

Nous cherchons Ana Ibarguren,

Mar�a Ibarguren,

Maider Aguirre

et Olaia Isasi.

Pourquoi ?

- Qu'est-ce qui se passe, mamie ? - Toi, comment tu t'appelles ?

Bouge pas !

Attrape-la !

Courez !

Allez, soldats ! Attrapez-les !

Viens ici !

Cours-lui apr�s !

Elles s'�chappent ! Par l� !

Ses yeux !

On n'a rien fait !

Baissez les yeux ! Contre le mur !

Bouge pas !

Je vais le faire.

- Laisse-moi faire ! - Ne me regarde pas !

Du calme, �a y est.

O� est Katalin ?

C'est une erreur. Ils cherchent d'autres gens.

Non. On est ici � cause de toi.

- Quoi ? - Toi et ta satan�e ch�vre !

- La ch�vre ? - Quoi d'autre ?

�a ne peut pas �tre � cause de la ch�vre.

C'est quoi alors ?

Contre le mur !

Baissez la t�te ! Toutes contre le mur !

Contre le mur !

Maider Aguirre.

C'est elle.

Baisse les yeux !

Katalin, o� �tais-tu ?

- Je ne sais pas. - Comment �a ?

Dis-moi ce qu'ils t'ont fait.

Ils m'ont interrog�e.

Sur quoi ?

- Sur vous. - Sur Ana et moi ?

Sur vous toutes.

Tu leur as dit quoi ?

- La v�rit�. - Quelle v�rit� ?

Ils veulent savoir quand on est all�es � la clairi�re,

ce qu'on y a fait, o� on �tait.

Quoi d'autre ?

Ils veulent savoir comment y aller.

Je leur ai expliqu� plusieurs fois et je leur ai montr� sur une carte.

Tout le village conna�t le chemin. Pas besoin de nous enfermer pour �a.

Apparemment, quelqu'un nous a vues y aller.

Qui ?

Je ne sais pas.

O� est le probl�me ?

Je ne sais pas.

Katalin.

Apr�s, ils m'ont pos� des questions...

un peu...

Un peu quoi ?

Je ne sais pas.

Fais un effort.

Comment on est rentr�es de nuit.

Quoi d'autre ?

Je ne sais pas.

"Je ne sais pas"... Qu'est-ce qu'ils t'ont demand� ?

Je l'avais dit. Quand ils se rendront compte qu'on n'a rien fait,

- ils nous laisseront partir. - Tu as fait quoi, Ana ?

- Ils nous laisseront partir. - Pourquoi moi ?

Du calme, ils vont nous laisser partir.

Katalin, qui t'a interrog�e ?

- Je ne sais pas. - Si tu r�p�tes "je ne sais pas"...

Tu �tais devant eux, tu devrais savoir.

Non. Je ne les voyais pas.

Ils �taient cach�s ?

Non.

Mais si je les regardais, ils me frappaient.

Ici.

Contre le mur ! Vous toutes !

Monsieur, vous faites erreur.

Je n'ai rien fait. Je suis Olaia Isasi, tisserande...

Olaia Isasi.

Non, non...

Si c'est pour la ch�vre, on l'a rendue. On voulait du lait.

Attendez ! Qu'est-ce qui se passe ? On n'a rien fait.

Arr�te, Maider !

Calme-toi !

Calme-toi !

Calme-toi !

Maider !

Que je me calme ?

Que je me calme ?

Cette ordure nous a d�nonc�es !

- Qu'est-ce que tu dis ? - Maider, s'il te pla�t !

Ce que tu as entendu.

Alors pourquoi elle est ici ?

Elle a avou�...

un crime.

Quel crime ?

Ils ne m'ont pas dit.

Et tu les as crus ?

Demandez-vous donc pourquoi, tout � coup, cette fille si sage

veut devenir l'amie de pauvres tisserandes ?

Elle y gagne quoi ? �tre enferm�e avec nous ?

Supposons que Katalin ait fait quelque chose de mal,

de terrible.

Avant d'�tre d�couverte, elle se joint � nous,

pour dire qu'on est coupables ou qu'on l'a forc�e.

Et toi ? Pourquoi tu es revenue si vite ?

Tu leur as dit quoi ?

Tu m'accuses ?

On se conna�t depuis l'enfance. Combien de fois je t'ai d�fendue ?

Je ne t'accuse de rien, Maider.

Regarde cette pauvre petite.

Tu crois vraiment qu'elle est capable du pire ?

Avec cette t�te d'ange...

N'�coutez pas Maider. Elle nous a d�nonc�es.

- Qu'est-ce que tu dis ? - Ana Ibarguren.

Maider a dit quoi ?

Olaia ! Maider a dit quoi ?

Qu'on �tait...

Quoi ?

Des sorci�res !

Des sorci�res...

P�re Crist�bal.

Vous nous connaissez. On n'est pas des sorci�res.

Ici, on parle chr�tien.

P�re, s'il vous pla�t.

Vous savez qu'on n'est pas des sorci�res.

- Je suis pas une sorci�re. - Tes yeux !

Je suis pas une sorci�re.

Alors comment savais-tu que je te demanderais �a ?

Vous l'avez dit aux autres.

Et qu'est-ce qui te fait dire que si elles le sont, toi aussi ?

Je n'ai pas dit �a.

Pourquoi ?

C'est un secret ?

Parce que je n'en suis pas une.

Et qu'est-ce que c'est...

qu'une sorci�re ?

- Vous ne le savez pas ? - C'est � toi que je demande.

Si tu ne sais pas ce que c'est, comment tu sais que tu n'en es pas une ?

C'est quelqu'un qui fait du mal aux autres.

Et tu ne fais jamais de mal aux autres ?

Pas de cette fa�on.

De quelle fa�on leur fais-tu du mal ?

Je n'ai jamais ensorcel� personne.

Je t'ai demand� de quelle fa�on.

Pourquoi vous dites que je suis une sorci�re ?

J'ai dit �a ?

Qui a dit qu'elle en �tait une ?

Moi ?

Non, Monsieur le Juge.

C'est toi qui l'as dit.

L'une de tes camarades, Olaia Isasi, a d�j� avou�.

Tu veux lire ?

Deuxi�me paragraphe.

Non ?

D'accord, je te le lis.

Ana nous a ensorcel�es

en nous obligeant � invoquer Belz�buth, Satan, Astaroth,

Abaddon, B�lial...

- Sourire pervers. - C'est not�, Monsieur le Juge.

�a m'amuse que vous vouliez nous faire croire �a.

Position obsc�ne des jambes.

C'est not�, Monsieur le Juge.

C'est peut-�tre l'inverse.

Tu es la victime et elles t'ont ensorcel�e, non ?

Je n'ai jamais ensorcel�, ni �t� ensorcel�e.

Jamais ?

- Non. - Qu'as-tu donc fait ?

- Rien. - Tu ne fais rien de ton temps ?

- Je fais d'autres choses. - Lesquelles ?

- On aime se promener. - Oui...

- Comme tout le monde. - Quoi d'autre ?

On aime aussi la for�t et la falaise.

Parfois la nuit tombe et on revient sous le clair de lune.

- C'est facile si on conna�t. - Et vous dansez ?

- Parfois. - Avec qui ?

- Entre nous. - Sans hommes ?

- Ils sont tous en mer. - Alors vous dansez pour Lui ?

Pour qui ?

Bien... Reprenons du d�but.

Tu m'as dit les faits, mais pas la v�rit�.

Si.

Non.

Je l'ai d�duite de tes silences.

C'est quoi "d�duite" ?

Monsieur le Juge conna�t tes pens�es mieux que toi-m�me.

Maintenant raconte-moi en d�tail

le rituel du sabbat.

- Je ne sais pas ce que c'est. - Mais si !

Tu viens de l'avouer.

Vous parlez du rituel des Juifs ?

Le sabbat des sorci�res.

- Vous invoquez qui ? - Quoi ?

Vous invoquez qui ?

Vous louez Dieu ?

Oui.

C'est Dieu que vous voulez r�chauffer du feu de vos baisers ?

Ez dugu beste berorik nahi...

"Nous ne voulons d'autre chaleur que le feu de tes baisers."

C'est une vieille chanson.

- Qu'y a-t-il de mal ? - Chante-la.

Chante l'invocation.

- Ici ? - S'il te pla�t.

Les �chos des mouettes arrivent

Excusez-moi.

M'expliqueriez-vous ce qu'est au juste le sabbat des sorci�res ?

Non.

Car personne ne l'a vu.

Tu fais ta maligne ?

Chante l'invocation, la vraie.

Il vous a parl� aussi du sabbat ?

Non. On m'a ramen�e quand j'ai crach� sur le p�re Crist�bal.

Il me criait : "Sabbat, sabbat !"

- C'est ce qu'il m'a dit. - Quoi ?

D'essayer de me souvenir du sabbat.

Comment te souvenir de ce que tu ne connais pas ?

La m�moire ment.

La t�te ment.

Il dit que l'une de vous a ensorcel� ma m�moire

pour que j'oublie que vous m'avez emmen�e au sabbat,

que vous m'avez livr�e � Lucifer.

- Mais qui est Lucifer ? - Le diable.

Il dit que vous m'avez fait vivre des choses merveilleuses au sabbat.

C'est vrai ?

Ana, Ana.

Mar�a.

Ana.

Ana.

Ana.

Mar�a.

Ana.

Ana.

Ana, �coute. Viens.

- Ana, vite. Viens. - Tais-toi !

- Tu fais quoi ici ? - Vous devez sortir.

Va-t'en ! Ils vont t'entendre.

- Vous devez sortir maintenant. - Oui, mais comment ?

Je ne sais pas, mais il faut trouver un moyen.

Ta grand-m�re...

Qu'est-ce que t'allais nous dire ?

Oneka.

Oneka.

Votre grand-m�re m'a accueillie chez elle.

Elle est venue vous chercher,

mais on l'a chass�e � coups de pied.

Elle est bless�e ?

Non, rien de grave.

C'est tout ce que tu voulais dire ?

Votre grand-m�re m'a dit que...

une amie � elle lui avait dit au march� que...

des femmes ont �t� arr�t�es dans tous les villages.

On les conduit en haut d'une colline,

on les attache � une poutre,

et on les br�le...

vivantes.

Prends soin de toi, ma ch�rie.

Sois sage.

Il n'y a plus qu'� attendre la prochaine pleine lune.

Autant que je me souvienne,

les marins reviennent juste apr�s la pleine lune.

Ils ne ratent jamais cette mar�e parfaite.

L'an dernier, mon p�re est revenu deux semaines apr�s.

Si Mar�a le dit, c'est comme �a, c'est tout.

Katalin a l'impression que c'est plus

parce que son p�re lui manque beaucoup.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Que ma t�te me trompe ?

C'est pour �a que j'ai oubli� le sabbat.

Ce repas...

c'est de la merde.

C'est infect.

Madame de Lara vous �coute.

Tant mieux, elle se donnera plus de mal.

On y est depuis quatre mois

et cela semble faire des ann�es.

Cela finira-t-il un jour ?

Vous savez, mon P�re, nous en avons assez.

Dans certains villages, nous avons d� confisquer

des greniers et des moulins, car les prisons �taient pleines.

La corruption morale d�passe les limites.

Nous avons d� ex�cuter

trois cur�s.

Le jour, ils c�l�braient la messe chr�tienne

et la nuit, la messe noire.

Pourquoi, dans ce pays des Basques,

y a-t-il plus de sorcellerie que partout ailleurs ?

Les gens d'ici sont inconstants comme la mer.

La mer, ce chemin sans chemin o� s'�garent les hommes.

Mon p�re �tait marin.

- De... - La mer l'a pris.

Depuis, on pr�f�re la viande au poisson.

C'est normal.

Mais il me battait.

Les corrections sont bonnes � apaiser les vices.

La mer, ce chemin sans chemin o�...

Quels vices ?

Ceux de la chair.

Les v�tres, les miens.

Tr�s peu...

Et par n�cessit�.

Les femmes sont seules la moiti� de l'ann�e,

vuln�rables � toute influence.

Nous sommes dans une zone frontali�re

entre trois royaumes, la montagne, la mer.

Nous avons subi l'invasion des Musulmans, des Juifs marranes.

Toutes ces fausses religions

tirent profit de la mis�re et de l'ignorance

pour venir corrompre le village. Et ce n'est pas le pire.

Les d�mons pa�ens,

que les �vang�lisateurs ont expuls� des Indes,

se cachent dans les baleiniers

pour envahir les terres chr�tiennes et entrent juste par ici.

C'est pour �a que je tiens � b�nir chaque barque qui part ou arrive.

Mon P�re.

Oui ?

Demandez du pain, �a passera peut-�tre mieux avec.

Un peu de pain.

Du pain.

Combien de temps pour trouver les preuves mat�rielles ?

On en a six ou sept...

- Jours ? - Non, des infid�les.

Et tr�s poilues.

- Donnez-moi deux jours. - Deux jours.

- Il faudra r�diger le Jugement. - � votre service.

Deux jours pour chercher les preuves,

le lendemain, l'annonce du verdict et le surlendemain, l'ex�cution.

Qu'on pr�pare la cal�che pour ce soir-l�.

Des mouches basques.

Je ne doute pas de vos m�thodes, Monsieur le Juge,

mais vous ne les avez pas interrog�es sur les mal�fices.

Je ne les ai pas vus de mes yeux,

mais de pauvres villageois ont d�nonc� ces faits :

les brebis qui arr�tent de donner du lait,

les r�coltes du Seigneur d'Urtubie, g�ch�es

les grossesses interrompues volontairement.

Sa Majest� ne nous a pas envoy�s

r�gler des probl�mes de voisinage, mon P�re.

Nous combattons une secte satanique.

Connaissez-vous l'histoire de Frau Troffea ?

En l'an de gr�ce 1518, dans la ville de Strasbourg,

Frau Troffea se mit � danser.

Dieu avait maudit cette ville

car elle s'�tait livr�e � l'h�r�sie de Luther.

Les gens survivaient � peine, plong�s dans la mis�re.

Et ce matin-l�,

Frau Troffea alla sur le bord du Rhin avec son fils

et le noya de ses mains

pour lui �pargner une mort lente, mal nourri et rong� par la gangr�ne.

Puis, l'apr�s-midi,

elle se mit � danser, danser, danser...

Jour et nuit, jusqu'� mourir.

Et les gens, avides de spectacles effrayants,

se r�unirent autour d'elle.

Ce qu'ils ignoraient,

c'est que les spectateurs deviennent parfois

des protagonistes... de l'horreur.

Et c'�taient bient�t 153 personnes

� danser jour et nuit sur cette place.

Les soldats ne pouvaient pas les arr�ter, car eux aussi s'�taient mis � danser.

Les autorit�s �taient impuissantes, car elles dansaient aussi.

Et les exorcistes ne pouvaient pas c�l�brer leurs rituels,

car ils dansaient

comme des femmes de mauvaise vie.

Et cette �pid�mie dansante de Strasbourg co�ta 359 vies.

Rien n'est plus dangereux qu'une femme qui danse.

Mais les danses les plus macabres, les plus obsc�nes,

sont celles c�l�br�es dans les bois,

car elles sont secr�tes,

car elles ne sont connues que de Lucifer et ses servantes,

car ce sont les seuls

� c�l�brer les rituels du sabbat.

Si on ne les arr�te pas � temps,

ces sorci�res perverses inverseront l'ordre de l'univers.

Plus haut.

Plus haut.

Plus haut, mouette.

Plus haut.

Papa...

prends soin de toi.

Sois sage.

Baisse les yeux !

Baisse les yeux !

Baisse les yeux !

Baisse les yeux !

Baisse les yeux !

Sorci�re !

Bande de sorci�res !

Oui, sabbat !

Je suis une sorci�re.

Je suis une sorci�re.

Je suis une sorci�re.

Olaia a raison.

On doit le distraire.

Faire les folles ?

- Nous moquer de lui ? - On doit lui raconter le sabbat.

Tu n'as pas compris ? Si on avoue le sabbat, on sera br�l�es.

Si on ne l'avoue pas, aussi.

Il est convaincu qu'on l'a fait.

Comment en es-tu si s�re ?

Il l'a dit, l'a fait �crire et j'ai d� le signer.

S'ils nous croient coupables, qu'attendent-ils pour nous tuer ?

Il veut en savoir plus, il faut lui dire tout ce qu'il veut.

On gagnera du temps.

On n'a plus le temps de gagner du temps.

Si, on l'a. La pleine lune est dans une semaine.

Le distraire une semaine rien qu'en parlant ?

Impossible.

Pas tant que �a. Je t'assure.

Et tu sais quoi du sabbat ?

On sait qu'on y danse, qu'on y chante...

Et on y sacrifie des enfants.

On t'a dit �a ?

On invoque le diable.

Lucifer !

Je connais une seule personne capable

de parler sans cesse pendant des jours.

Ah bon ?

Combien d'histoires faudrait-il raconter ?

On est six.

Si on parle un jour chacune, on est sauv�es.

Je ne pourrais m�me pas une heure.

Si, on peut le faire !

On va inventer une histoire pour chacune.

Toi, par exemple, tu pourrais avoir fait sombrer

tous les marins qui ne t'ont jamais regard�e.

Quoi ? Alors je serai la seule sorci�re !

Non. On fera toutes pareil.

Mar�a dira qu'elle a des lucioles dans le ventre.

Et qu'elle a bais� Lucifer !

Tu crois ?

Vous avez vu comme il nous regarde ?

Ana...

Je ne me souviens de rien. Qu'est-ce que je vais raconter ?

L'histoire de Mar�a la mouette.

Quand elle se plaignait

de ne pas pouvoir suivre les marins jusqu'� Terre-Neuve,

ton p�re lui disait :

"Tu es encore trop petite pour avoir des ailes.

"Mais l'an prochain, tu pourras. Maintenant, fiche-moi la paix."

Elle demandait � ses amies de regarder son dos

pour savoir si ses ailes poussaient.

Mais un jour, je lui ai dit :

"Viens, petite."

Je l'ai emmen�e dans la clairi�re.

Mais c'est un secret.

Un secret entre nous.

Je l'ai fait grimper � l'arbre le plus haut du monde.

Sur la branche la plus haute.

Je lui ai dit :

"L�che une main."

Et Mar�a a l�ch� une main.

Puis, je lui ai dit :

"L�che un pied."

Puis : "L�che l'autre main."

Et Mar�a a l�ch� l'autre main...

et...

Elle est tomb�e ?

- Elle est morte ? - Non.

Elle s'est envol�e.

Elle est all�e au sabbat ?

Venez, �coutez !

Elle va le rendre fou.

Elle respire ?

- Olaia ? - Une toile d'araign�e, vite !

Vite !

Qu'est-ce que tu as dit, Olaia ? Quoi ? Quoi ?

Aucune question ?

- On ne t'a rien demand� ? - Ana, je t'en prie !

Je le fais pour nous !

Calme-toi.

Mar�a Ibarguren.

C'est moi la sorci�re.

Moi aussi.

- Montre-moi la marque de Lucifer. - Allez, petite.

�pargne-toi des souffrances inutiles.

Il ne m'a pas marqu�e.

C'est une marque insensible � la douleur.

Si tu cries quand ils te piquent, ils continueront jusqu'�...

Pourquoi je devrais vous �couter ?

As-tu le choix ?

Si vous parlez cette langue d�moniaque, vous passerez du c�t� des accus�s.

Quelle �trange langue !

Ce sont des langues rustiques pour parler avec les b�tes.

Des dialectes.

Les dialectes sont des langages de dissimulation.

Bien, Monsieur le Juge.

Ici.

O� ?

Ici.

Il m'a marqu�e ici.

Faux espoir.

Pardon, pardon. Je me suis tromp�e. Pardon.

C'est toujours pareil, P�re. Le Malin aime cacher sa marque.

Quand ce n'est pas sous les cheveux, c'est sur les parties honteuses.

Voire dans le nez ou ici, par exemple.

Sur le bras.

O� ?

Ici ?

Les �chos des mouettes arrivent

En partant vers Terre-Neuve

Ce n'est pas l�, elle souffre.

Non, elle ne souffre pas.

Elle se tord de plaisir.

De grands p�rils en mer

Plus grands encore dans le c�ur

Tout comme l'arbre Les racines dans la terre

Et les branches vers la mer

Ainsi est mon esprit

Si tu pars en me laissant ici

Ainsi est mon esprit

Si tu pars en me laissant ici

Dans le puits profond de mon �me

Tu navigues, mon amour

Viens me voir chaque nuit

�coutez.

Elle invoque son ma�tre.

Viens me voir chaque nuit

Je t'ouvrirai la porte

Depuis Terre-Neuve jusqu'� notre port

Depuis le bois jusqu'aux falaises

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Nous ne voulons d'autre chaleur

L�ve-toi.

Jure de renier ton ma�tre.

Oui, monsieur.

D�sormais, tu diras toute la v�rit�.

Assieds-toi.

C'est moi la sorci�re.

Je suis la seule sorci�re.

Je les ai toutes ensorcel�es, seule.

Elles ne savent m�me pas ce qui leur est arriv�.

Comment est-ce possible ?

Vous ne me croyez pas ?

Pour te croire, je dois conna�tre les faits en d�tail.

Baisse les yeux !

Regarde-moi.

C'�tait une nuit profonde.

Je me baignais dans une baignoire en cuivre.

Une horrible vieille femme a surgi des flammes.

Je ne l'avais jamais vue.

- Elle t'a appliqu� un onguent ? - Oui.

Alors...

J'ai senti quelque chose en moi.

Une force.

C'�tait l'appel du sabbat.

Comme ma s�ur ne voulait pas venir avec moi,

je l'ai transform�e en...

Il fait froid.

...en agneau.

Un agneau du diable ?

Ta s�ur, un agneau ? C'est �trange.

Sans doute voulait-elle satisfaire le Malin

en incarnant le symbole m�me de l'innocence.

Continue.

J'ai transform� Maider en �ne.

Katalin !

Habill� en cur�.

- Blasph�me ! - P�re...

J'ai transform� Oneka en ch�vre,

habill�e comme le Seigneur d'Urtubie.

S'il vous pla�t, les filles. Moi aussi, je veux faire la f�te !

Et j'ai transform� Katalin en porc.

Tu �tais la seule de forme humaine ?

Tu �tais nue ?

Non.

Je portais une robe, une belle robe jaune.

Car je suis la seule �lue de Lucifer.

Et o� est cette robe ?

Apr�s le sabbat, je l'ai offerte � Izaro.

Qu'on me l'apporte.

Aucune d'elles ne voulait venir.

Olaia, Olaia !

Olaia !

- Bonjour. - Bonjour.

Je suis all�e les chercher et je les ai ensorcel�es.

En jouant de la fl�te.

Dis quand j'arr�te.

Oui ! Allez, � toi.

Dans le bois, pr�s de la falaise, j'ai organis� un grand festin.

J'ai fait appara�tre des jambons grands comme des troncs d'arbre,

des dizaines de fromages,

des cruches de cidre � foison,

et du vin,

beaucoup de vin.

Tu veux des champignons ?

- Pour toi, un entier ! - Non !

Un, deux, trois !

C'est bon ?

Et on avalait des hosties noires

faites de ce champignon noir qui pousse sous les ch�nes.

- Avez-vous c�l�br� une messe noire ? - Pas elles. Seulement moi.

Mais tu viens de dire qu'elles y �taient aussi.

Parce que je leur faisais croire que c'�tait une vraie messe

et qu'elles recevaient de vraies hosties de la main du cur�,

mais ce n'�tait qu'une illusion.

Comment as-tu cr�� cette illusion ?

Avec de la fum�e.

Et dans cette fum�e,

apparaissaient des d�mons.

Je n'ai qu'� fermer les yeux pour voir mon fianc�.

Moi je le regarde toujours les yeux ferm�s,

tellement il est laid.

Mais sa t�te ne me d�range pas,

parce qu'il a une tr�s grande...

Et quoi d'autre ? Verte et �pineuse ?

On les avalait, on les crachait et on les ravalait.

Vous avaliez les d�mons par la bouche ?

Par le cul.

J'ai fait appara�tre un tambour �norme, un violon,

un cr�ne de bouc et des grelots pour toutes.

Depuis Terre-Neuve jusqu'� notre port

Depuis le bois jusqu'aux falaises

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu...

Voulez-vous que je chante l'invocation ?

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur Que le feu de tes baisers

Transcrivez cette m�lodie.

Monsieur le Juge.

Oui ?

C'est une �chelle chromatique.

Une �chelle chromatique ?

Elle peut se r�p�ter � l'infini.

Et Lucifer ?

D�cris son apparence physique.

V�tu de noir.

Barbe,

yeux clairs.

Tr�s beau.

Avait-il une queue ?

Oui.

Devant ou derri�re ?

Devant.

Comment �tait-elle ?

D�cris-la.

Verte et �pineuse.

Du plaisir par devant et du mal par derri�re.

Il a essay� de l'introduire en toi ?

Lucifer a arrach� mon corset et...

Et ?

Et...

C'est indescriptible.

- Dis-le dans ta langue. - Vraiment, c'est impossible.

C'est trop, je ne peux pas.

Je suis...

Je suis tr�s fatigu�e. Je ne peux pas penser.

On peut continuer demain ?

Connaissez-vous la Transverb�ration et l'Extase de Sainte Th�r�se ?

Bien s�r, Monsieur le Juge.

Elle dit qu'elle voyait un ange

sous forme corporelle

qui avait un long dard d'or

et, � l'extr�mit�,

un peu de feu.

Il transper�ait mon c�ur jusqu'aux entrailles.

Et en le retirant, il paraissait les emporter avec lui.

Mais si excessive �tait la suavit�...

que je me sentais embras�e d'amour de Dieu,

d'un amour de Dieu tr�s grand.

La douleur �tait si vive...

La douleur �tait si vive

qu'elle m'arrachait ces g�missements.

Ce n'�tait pas une douleur corporelle,

mais spirituelle.

Quoique le corps y participait un peu.

- Bien s�r. - Oui.

Oui, oui.

C'�tait tout � fait �a, mais c'�tait...

C'�tait beaucoup plus...

C'�tait tellement plus...

C'�tait comme... comme...

C'�tait... comme �a.

- Que faites-vous ? - Monsieur le Juge, d�sol�.

Mais cette catin essayait de vous ensorceler avec ses yeux.

D�couvrez-la ! Sortez !

Continue.

Et...

on s'est envol�es.

Comme des mouettes.

Vous allez bien, Monsieur le Juge ?

Oui, bien s�r.

Dois-je lui faire signer la confession ?

La nuit est tomb�e.

Proc�dez.

Je n'ai pas fini.

Tu dois signer, petite.

Signe, Ana.

Ils vont lib�rer les autres ?

Tu as fait ce qu'il fallait.

Maintenant, signe.

�a y est ?

C'est fini ?

On va me tuer ?

Signe.

- Qu'est-ce qui s'est pass�, Ana ? - Sois tranquille.

Tout va bien.

Il croit tout ce que je lui dis.

Croyez-vous que les sorci�res mentent toujours ?

Comme elles respirent. Ne le savez-vous pas ?

Cette fille a avou� �tre une sorci�re.

Si, comme vous dites, les sorci�res mentent toujours,

alors elle n'en est pas une.

Salazar, n'�tes-vous pas las d'inventer des syllogismes ?

Ce que je veux dire, c'est...

que nous avons entendu des aveux in�dits et merveilleux,

mais seulement des paroles, des paroles de sorci�re.

Tant que nous n'aurons pas vu le sabbat de nos yeux,

nous ne saurons pas s'il est r�el ou s'il n'est qu'un r�ve.

Il se passe quoi ? Dis-moi ! On me pr�pare pour me br�ler ?

Personne ne me dit rien.

Qu'est-ce qu'on va me faire ?

Personne ne te fera du mal.

- Comment le sais-tu ? - Parce que tu as du pouvoir.

Il dessine quoi ?

Ce que tu as et que j'ai d�j� perdu.

Tu n'as rien perdu, pas m�me la virginit� !

Voil� ce que j'ai perdu.

J'�tais comme toi.

Jeune,

insolente

et �cervel�e.

Mais �a m'a co�t� tr�s cher.

Alors j'ai appris.

Cette coiffe couvre parfaitement nos cheveux,

comme ils nous l'ont ordonn�.

Mais...

tout le monde voit bien que c'est une sorte de grosse bite.

Mais personne n'ose le dire.

Les hommes ont peur

des femmes qui n'ont pas peur.

Pourquoi tu ne m'aides pas au lieu de raconter des histoires ?

C'est ce que je fais, ma petite.

Mais � quoi sert ma voix

si tu n'as pas d'oreilles ?

Retournez � votre place, Madame.

Vous pensez exposer ces dessins devant Sa Majest� ?

Je ferai faire une gravure de chaque �tape du sabbat.

Les gens doivent voir pour croire.

Cette premi�re gravure repr�sente

la sorci�re appliquant l'onguent sur la jeune initi�e.

Elle illustre parfaitement l'arme principale de Lucifer.

Laquelle, � votre avis ?

Le mensonge.

Non.

La beaut�.

Si le diable voulait semer le vice en vous,

comment ferait-il ?

Aurait-il recours � cette femme-l� ?

Non.

Lucifer a d'autres moyens.

Lucifer ne choisit pas ses servantes au hasard.

Il sait bien que seules les femmes au physique charmant et d�licat,

tout juste sorties de l'enfance,

peuvent nous envo�ter au point de faire de nous des animaux voraces,

des chiens vou�s au plaisir.

Habillez-la.

Je veux voir la sc�ne o� elle ensorcelle...

la sc�ne o� tu ensorcelles tes amies.

Pourquoi faire un faux sabbat si on peut faire le vrai ?

Ferais-tu le sabbat pour nous ?

Bien s�r,

mon Seigneur.

Monsieur le Juge...

Mais je ne peux le faire qu'� l'appel de Lucifer,

les nuits de pleine lune.

Monsieur le Juge.

Monsieur le Juge.

Magie !

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Regardez ce que j'ai obtenu.

�coutez.

Cet idiot veut voir comment je vous ensorcelle.

Quand la pleine lune appara�tra, il viendra et on le rendra fou.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Lucifer !

Lucifer !

Lucifer !

Lucifer !

Nous ne voulons d'autre chaleur Que le feu de tes baisers

Nous ne voulons d'autre chaleur Que le feu de tes baisers

Nous ne voulons d'autre chaleur Que le feu de tes baisers...

Lucifer.

Tr�s bien. Tambour,

violon, vin,

jambon...

- Vous lui avez dit ? - Non.

- Quand comptez-vous le faire ? - Je ne peux pas lui dire �a.

Ni le lui cacher.

Ce cr�ne vous convient ?

- C'est une vache ! - D�sol�, Monsieur le Juge.

Nous n'avons pas pu trouver de cr�ne de bouc.

Alors cherchez encore.

L'�ne est dehors.

On cherche la soutane pour l'habiller.

Champignons noirs...

Monsieur le Juge,

deux de vos gardes ont fui le village.

Hier soir ?

Je les ai vus. Pourquoi fuyaient-ils ?

Les m�res et grands-m�res des prisonni�res

ont fait courir la rumeur d'une vengeance sanglante.

- Une vengeance de qui ? - Des marins.

Il y a trois ans, pour un conflit bien moins important,

plusieurs gardes du Seigneur d'Urtubie ont �t� poignard�s.

Ils ont peur de quelques pauvres p�cheurs ?

J'ai le devoir de vous avertir :

Si vous retardez encore le verdict, vous vous exposez � un danger r�el.

Les marins reviennent toujours peu apr�s la pleine lune.

La pleine lune.

Oui, � cause de la mar�e.

Cette sorci�re gagne du temps.

Annoncez l'ex�cution.

Oui, Monsieur le Juge.

En ce jour glorieux

du jeudi 6 novembre de l'an de gr�ce 1609

prend fin un jugement exemplaire

qui marquera l'histoire de la science d�monologique.

Gr�ce aux t�moignages insolites d'Ana Ibarguren, sorci�re repentie,

nous avons reconstitu� pour la premi�re fois

la chronologie compl�te et d�taill�e du crime le plus atroce,

un crime de l�se-majest� divine : le sabbat des sorci�res.

La c�r�monie d'ex�cution aura lieu demain, � l'aube.

Les accus�es Ana Ibarguren, Mar�a Ibarguren,

Oneka Albisu, Olaia Isasi,

Maider Aguirre et Katalina de Ugalde,

d�clar�es coupables de participer au sabbat,

seront br�l�es sur le b�cher.

Leurs cendres seront dispers�es au vent

et leurs biens, confisqu�s par la Couronne.

Ana... Je l'ai vu !

- Qui ? - Lucifer.

- Quand ? - Cette nuit.

- O� ? - Ici.

Il est venu illuminer tes r�ves.

Il �tait exactement comme tu l'as d�crit.

Barbu aux yeux clairs ?

Oui.

Je l'ai ensorcel� !

Il ne permettra pas qu'on nous tue.

Il attendra la pleine lune et viendra nous chercher.

Je vous jure !

Il est plus fort que nous. Il s'est moqu� de toi.

Non, non, je t'assure !

Il ne pourra plus vivre sans avoir vu le sabbat.

Il veut que je danse pour lui.

Je l'ai vu dans ses yeux, Mar�a.

Ana dit la v�rit�.

Lucifer viendra nous chercher.

Contre le mur !

Que faites-vous ?

Contre le mur !

Appelez le Juge imm�diatement !

Elles sont comme des b�tes !

Monsieur le Juge...

Tout �a n'est pas un peu ridicule ?

Peut-�tre.

Il veut voir le sabbat.

Lucifer !

Dites donc,

elles m'ont transform� en porc !

Alors ? Qu'en dites-vous ?

Si le sabbat est un r�ve, nous faisons tous le m�me r�ve.

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Depuis Terre-Neuve jusqu'� notre port

Depuis le bois jusqu'aux falaises

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Depuis Terre-Neuve jusqu'� notre port

Depuis le bois jusqu'aux falaises

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Nous ne voulons d'autre chaleur

Depuis Terre-Neuve jusqu'� notre port

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu de tes baisers

Lucifer !

Nous ne voulons...

Que le feu...

Nous ne voulons d'autre chaleur

Que le feu...

Lucifer !

Lucifer !

Monsieur le Juge.

Ramenez les prisonni�res !

Vous n'avez pas autorit� pour donner des ordres ici !

- Au nom de Dieu ! - Au nom de Sa Majest�,

je vous exige d'ob�ir !

Laissez-moi ! Laissez-moi !

Poussez-vous ! Que faites-vous ?

Laissez-moi !

Regardez-les dans les yeux !

Dans la derni�re pleine lune de l'automne

Mar�e haute

Et vols de mouettes

Dans la derni�re pleine lune de l'automne

Mar�e haute

Et vols de mouettes

Sautons.

Vole, vole, vole...

On va s'envoler, pas vrai, Ana ?

Oui.

Elles volent !

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.