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Ayant �t� t�moins

De nos yeux et de nos oreilles

De tout ce que notre m�re a accompli

D�s l'instant o� elle a ouvert les �vangiles

Et jusqu'� ce qu'elle chante sa derni�re note

Il nous semble juste d'acc�der

� la requ�te de nos fr�res et s�urs

En contant fid�lement l'histoire de M�re Ann Lee

LE TESTAMENT D'ANN LEE

OU

La femme v�tue du soleil

LA FEMME REV�TUE DU SOLEIL LA LUNE SOUS SES PIEDS

Comme il sied

� une personne miraculeuse,

Ann Lee est n�e le 29 f�vrier

de l'an 1736.

Cadette d'une fratrie de huit,

elle �tait la fille d'un forgeron de Toad Lane et de son �pouse.

Elle grandit � l'ombre de Christ Church,

la s�v�re �glise la plus fr�quent�e de Manchester.

Vite, William, on n'aura pas de place.

Partout o� elle allait,

William la suivait avec adoration.

Apr�s quelque temps,

Ann et le jeune gar�on marcheraient d'un m�me pas.

Recommence. Comme �a.

B�nis notre repas, Seigneur. Merci.

Amen.

Durant son enfance,

son esprit s'�prit de la chose religieuse,

si bien que pour elle, des visions divines rempla�aient les jouets.

Vite, William.

L'�glise anglicane, froidement intellectuelle,

s'int�resse bien plus aux rites

et au pouvoir qu'� la d�tresse des pauvres gens

� la merci de lois brutales.

Un enfant de dix ans

peut �tre condamn� � mort !

� mort !

Ann �tait habit�e par la foi et convaincue

de la nature p�cheresse et d�prav�e de l'humanit�.

Elle d�dia alors ses bras au labeur et son c�ur � Dieu,

travaillant inlassablement sans se plaindre.

Ann.

Une place pour chaque chose et chaque chose � sa place.

George Whitefield insistait pour faire ses sermons

sur les marches de Christ Church.

Ann r�vait de se mettre au service de Dieu

avec la m�me ferveur.

Nous pr�chons

pour faire conna�tre aux travailleurs leurs droits !

Quel est votre nom ?

Parce que nous pratiquons notre foi avec ordre et m�thode,

certains nous nomment les M�thodistes.

Les enfants vont t'entendre.

Le d�go�t d'Ann pour la "cohabitation charnelle"

remontait � sa plus tendre enfance.

Ann, qu'est-ce qui te prend ce matin ?

Vous.

Articule, Ann Lee.

Ce que vous lui avez fait.

Elle ne sait pas ce qu'elle dit.

Les mains sur la table.

� plat.

Assez.

Allons, �a suffit.

LE PREMIER CHANT EST CELUI D'UNE FILLE

Est-ce d�j� l'heure d'aller au moulin ?

Le jour n'est pas lev�.

Je veux passer sur la tombe de ma m�re en allant � l'h�pital.

Oncle William t'accompagnera au moulin.

Et Nancy,

si oncle William peine � se lever,

pince-lui le nez.

De la part de tante Ann.

Pour �chapper au labeur harassant du moulin,

Ann travaillait comme cuisini�re

� l'h�pital voisin.

Durant son rare temps libre,

elle r�vait de trouver sa voie et d'�chapper � la monotonie de sa vie.

Non !

Pardon.

Les malades semblent tous faire une crise, Mlle Ann.

Mes compagnons m'attendent.

D�p�che-toi.

- N'ayons pas l'air de lambiner. - Ce n'est pas de mon fait.

Il y a eu un terrible incident � l'h�pital.

- Des bless�s ? - Un patient. Par lui-m�me.

Tout �tait barricad� en attendant l'arriv�e des autorit�s.

Tenez, vite.

J'ai pris �a � la cuisine.

J'ai fauch� deux �ufs et du pain.

"Fauch�" ?

Non, j'ai emp�ch� qu'ils se perdent.

Mangeons tandis que nous cheminons � travers champs.

- Tu n'as pas pu te laver, Nancy ? - Non, ma tante.

Constamment en qu�te d'un accord plus harmonieux

entre sa foi en Dieu et la religion traditionnelle,

elle assista � plusieurs r�unions revivalistes

organis�es par Jane et James Wardley.

Bonsoir.

Je voudrais commencer par remercier M. John Townley

de nous accueillir chez lui.

Les nouveaux parmi vous

ne sont peut-�tre pas accoutum�s � entendre la voix

et � voir �voluer une femme pr�tre.

James et moi-m�me avons pens� que ce passage pourrait vous �clairer.

Du livre de J�r�mie.

"Jusques � quand seras-tu errante, Fille �gar�e ?

"Car l'�ternel cr�e une chose nouvelle sur la terre :

"La femme recherchera l'homme."

L'esprit du Christ nous est d'abord apparu sous la forme d'un homme, J�sus.

Mais Il r�appara�tra,

pour tenir sa promesse d'un retour,

sous la forme d'une femme.

Si nous avons tous �t� cr��s � Son image,

alors Dieu doit �tre � la fois m�le et femelle.

Vous, l�.

Nous ne vous avons jamais vus.

Qu'est-ce qui vous am�ne ici ?

Je m'appelle Ann Lee. Voici mon fr�re, William,

et la fille de ma d�funte s�ur, Nancy.

Oui ?

Nous venons car...

"Celui qui se confesse met fin � toute hypocrisie

"et se voit pour ce qu'il est.

"Il fait face � sa corruption."

Dites-nous vos raisons.

Livrez-vous � nous.

Eh bien...

Tr�s souvent, quand j'accomplis mon travail,

je sens le chagrin envahir mon �me.

Je le cache aussi longtemps que je le peux, puis, je cours

pour m'abriter des regards

qui me prendraient en piti� quand Dieu s'y refuserait.

Bienvenue dans la Wardley Society,

Ann,

William et Nancy.

Oui, bienvenue.

Je suis le p�re James Wardley et voici mon �pouse, M�re Jane.

Lorsque vous confessez vos p�ch�s,

vous devez vous souvenir

du lieu et du moment m�me o� vous les avez commis.

Apr�s quoi, vous implorez Dieu

pour lui demander s'Il accepte votre confession.

En implorant Dieu,

votre sentiment de perte finira par s'estomper.

James Whittaker, levez-vous,

et t�moignez devant nous sans d�tour.

Allez-y, James.

Livrez-vous � Dieu.

Il y a quelques ann�es, en surprenant ma s�ur dans son bain,

j'ai �t� saisi d'intenses frissons

qui ont secou� mon �tre tout entier.

Mon corps

s'est mis � trembler en la voyant,

comme une p�che qu'on tranche.

C'est ind�cent car c'est une enfant.

C'est mal parce que nous avons le m�me sang.

Les Wardley �taient d'ardents Quakers,

convaincus que la foi v�ritable s'appuyait sur une exp�rience personnelle.

Mais ils avaient fond� de leur c�t�

une communaut� religieuse plus dynamique.

On les appelait les Shaking Quakers,

ou "Shakers" comme disaient les locaux,

en raison des tremblements et danses caract�ristiques de leur culte.

Ann Lee avait enfin trouv� une communaut�

qui �pousait ses croyances,

et, � son tour, elle adopta pleinement ses principes.

Elle attira l'attention d'un homme du groupe,

Abraham.

Forgeron, comme son p�re.

Plus tard, elle �pousa Abraham.

Mary Partington fut son t�moin lors de la c�r�monie

et s'av�ra finalement plus fid�le

qu'Abraham, malgr� son v�u solennel.

J'ai confisqu� ce texte d�routant,

voire souvent perturbant, � mon nouvel apprenti.

Il regorge d'images affligeantes,

mais il n'est pas sans valeur philosophique

dans son attaque directe du clerg� traditionnel.

C'est peu fr�quent dans ce genre de livre.

Qui en est l'auteur ?

Il est anonyme, que je sache.

De quoi parle-t-il ?

C'est l'histoire d'une jeune femme, Th�r�se,

confront�e � une institution religieuse corrompue.

Dans la partie que j'ai lue, elle est cach�e dans un placard.

Elle �pie une novice, �radice,

que son confesseur initie � la pri�re.

Que fait-elle dans le placard ?

Peu importe.

Je poursuis ?

Il explique � �radice qu'elle a �t� choisie par Dieu

pour vivre Sa pr�sence tout enti�re.

Il lui demande de soulever son jupon.

Il lui donne alors du "cordon de Saint Fran�ois"

lui faisant conna�tre l'extase d'une exp�rience religieuse exalt�e.

Ce livre �tait � votre nouvel apprenti ?

C'est exact.

"Un signe grandiose apparut au ciel :

"une femme, v�tue du soleil, la lune sous ses pieds

"et douze �toiles couronnant sa t�te.

"Elle est enceinte

"et crie dans les douleurs de l'enfantement."

Apocalypse 12 : 1.

- Prenez-moi en bouche. - Non.

�cartez les jambes.

Elle donna naissance � quatre enfants.

Tous moururent avant d'atteindre un an.

Si beaux sont les tr�sors

Pour ceux qui ont la foi

Tant de valeur r�unie

Une r�compense en soi

Plus �clatants que les diamants

Que portent les souverains

Plus pr�cieux que la couronne

Dont leur front est ceint

De si beaux tr�sors

- Allons, donnez-la-moi. - Non !

Ann !

Elle saigne beaucoup.

� l'aide.

Dieu, donne-moi la force de continuer.

Apr�s la mort de son dernier enfant,

elle fut admise � l'h�pital o� nagu�re elle cuisinait.

Ann.

Ma m�re, parfois, je m'endors le soir

et au r�veil, je ne suis plus habit�e par la parole de Dieu

comme je l'�tais au coucher.

Cela me plonge dans un grand d�sarroi.

Alors, j'implore Dieu

et je Lui promets que s'Il m'accorde de retrouver cette ferveur,

je suis pr�te � enfanter de nouveau.

Je fais cela nuit apr�s nuit.

Je vois.

Nos insupportables trag�dies, c'est Dieu qui me juge.

J'ai p�ch� en laissant mon p�re et Abraham

me convaincre de renoncer � ma nature et de prendre �poux.

Le mariage n'est pas un p�ch�.

J'ai connu bien des �preuves et des malheurs

du fait de partager la couche de mon mari.

C'est le sexe qui nous a men�s � la catastrophe.

J'en suis s�re.

James et moi dormons ensemble,

mais nous sommes aussi chastes que deux enfants.

Vous pourriez en faire de m�me.

Je dirai � James d'en parler � Abraham.

Revenez-nous, tr�s ch�re Ann.

Vous �tes un pilier de notre communaut�. Une vraie meneuse.

N'ayant plus rien � perdre,

Ann transforma sa souffrance avec un pr�che enflamm�.

Mes fr�res !

Trois jours durant,

elle mena avec ardeur les pri�res des Shakers.

Mes fr�res !

Mes s�urs !

La puissance du t�moignage d'Ann provoqua la rage

et l'hostilit� des �rudits comme des simples,

si bien que sa propre vie, sa propre existence

semblait constamment menac�e.

Jamais

Je n'ai cru

Pouvoir �tre sauv�

Sans tout donner

� Dieu

Au bout de trois jours, et apr�s de nombreuses plaintes,

la municipalit� se vit tenue de faire cesser le bruit.

"Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer

"Les b�tes des champs

"Et tous les reptiles qui rampent sur la terre

"Et tous les hommes

"� la surface de la terre seront �pouvant�s par ma pr�sence."

Bienvenue !

Jamais

Je n'ai cru

Pouvoir �tre sauv�e

Sans tout donner

� Dieu

Alors, je donne de mon plein gr�

Assez !

Tout mon corps

Toute mon �me

� l'�ternel, Dieu

Amen

Ma s�ur ?

Nous avons des provisions.

Ann ?

- Mon fr�re ! - Nous sommes tous l�.

Entends-tu ma voix ?

Abraham est-il parmi vous ?

Les circonstances ne lui ont pas permis d'abandonner ses obligations.

Alors, laissez-moi � mes pri�res.

Nous t'apportons du pain et du vin.

Bien, vous l'avez entendue.

Voici ce qui arriva � Ann Lee

durant son temps en prison.

En je�nant, pleurant, en implorant sans cesse Dieu,

Ann endura de telles souffrances que son enveloppe terrestre se rabougrit

jusqu'� �tre aussi faible que celle d'un nouveau-n�.

J'ai faim et j'ai soif.

Une fois de plus,

elle implora passionn�ment l'aide de Dieu.

Mon Dieu, aide-moi.

Cette fois-ci,

ses pri�res furent entendues.

Elle eut une �blouissante apparition.

Les visions les plus saisissantes,

et des manifestations divines se pr�sent�rent � elle

d'une mani�re si claire et puissante

que c'�tait comme si tout le monde spirituel �tait l�, devant elle.

J'ai faim et j'ai soif

De v�ritable justice

J'ai faim et j'ai soif

J'ai faim et j'ai soif

De ce que j'ai obtenu

Dans ce que j'obtiens

Mon �me reste vide

J'ai faim et j'ai soif

J'aper�ois un oc�an sans rivage ni sable

Nourris-moi, moi l'affam�e

Enrichis-moi, moi la mis�rable

J'implore Dieu

Jamais je ne cesserai

Jusqu'� ce que mon �me d�borde

D'amour et de paix

J'ai faim et j'ai soif

De v�ritable justice

Un signe grandiose apparut au ciel :

une femme v�tue du soleil, la lune sous ses pieds,

et douze �toiles couronnant sa t�te.

Piti�, monsieur, je meurs de faim.

Que lui avez-vous fait ?

Tu es chaude, tu respires !

R�veille-toi.

M'entends-tu ? C'est William.

Tenez, buvez �a.

Tu devrais te couper les cheveux.

Je dois voir les Wardley s�ance tenante.

J'�tais recouverte d'un mince duvet que je perdais,

tandis que je renaissais dans les plus saisissantes des visions,

et des manifestations divines

se pr�sent�rent � moi d'une mani�re si claire et puissante

que c'�tait comme si tout le monde spirituel �tait l�, devant moi.

Dans ce moment de r�v�lation,

j'ai senti que la cause de toutes les souffrances

et la racine de tous les maux m'�taient r�v�l�es.

Qu'avez-vous vu ?

J'ai d'abord vu Adam et �ve dans le jardin d'�den.

Je les ai vus

d�fier Dieu et commettre l'acte de chair interdit.

J'ai assist� ensuite � leur expulsion du Jardin par une divinit� furieuse.

Tout � coup, j'ai compris

que la cause unique

de la s�paration entre l'humanit� et Dieu

�tait la fornication.

Ann.

Je suis contrit de ne pas �tre venu plus t�t.

L'atelier a obtenu un gros contrat pour la fabrication de cl�tures.

Nous avons �t� envahis de fer et d'acier de la forge.

Ann Lee nous racontait que ses soup�ons ont �t� confirm�s.

Il n'existe pour l'humanit� qu'une fa�on de retrouver l'�tat originel.

Je comprends que pour entrer dans une nouvelle �re spirituelle,

les hommes et les femmes doivent renoncer aux gratifications de la chair.

Le sacrifice de soi, par la chastet�,

serait essentiel pour les hommes

et les femmes qui souhaitent d�velopper la force spirituelle

d'atteindre Dieu.

Nous sommes de votre avis,

M�re Ann.

"M�re" ?

J'aime ma m�re.

C'est ma s�ur, mais elle est aussi devenue ma m�re.

L'�ternel m'a mis au monde pour l'aimer.

Lors de mon incarc�ration,

j'ai �t� submerg�e par un sentiment de lib�ration.

Mon �tre tout entier

�tait impr�gn� d'harmonie et de paix int�rieure.

Je sens

que tous mes p�ch�s m'ont �t� pardonn�s.

Et qu'il s'agit...

de la vision que je porterai en mon c�ur

pour le restant de mes jours.

Fr�re Abraham,

agenouillez-vous devant notre m�re.

Nous devrons nous faire nos adieux ce soir.

Tu as �t� un ami pr�cieux, Jacob.

Alors, je donne de mon plein gr�

Tout mon corps

Toute mon �me

� l'�ternel, Dieu

Amen

Dieu est fid�le et juste.

Il nous pardonne nos p�ch�s et nous lave

de tout manquement...

Ils se mirent alors � pr�cher avec ferveur dans tout Manchester

qu'elle, Ann,

�tait l'incarnation du Christ parmi eux,

et qu'elle venait les sauver des d�faillances morales

et de l'oppression de l'�glise anglicane.

Ce n'est pas moi qui parle.

Mais le Christ qui vit en moi.

Descendez !

J'ai travers� des vall�es avec le Christ � mes c�t�s.

Je suis mari�e � notre Seigneur J�sus.

Il est ma t�te et mon �poux et je n'en ai point d'autre !

J'ai march� main dans la main avec Dieu au Ciel.

Descendez de l� tout de suite !

Vous serez pendue pour �a.

Au blasph�me !

De quoi est-elle accus�e ?

- D'agression. - Mensonge !

Elle veut la paix !

Et d'avoir perturb� le service � Christ Church.

Mensonge.

Elle pr�tend �tre mari�e � J�sus !

Silence !

Puis-je m'exprimer, monseigneur ?

Allez-y.

Je vis dans la chastet�

et je suis mari�e au Seigneur, comme une nonne dans votre �glise.

Nous avons rejet� les plaisirs du p�ch� de chair

et ne partageons notre amour qu'avec J�sus.

J�sus m'a parl�.

Une l�gende voudrait

que ce soir-l�, elle se soit exprim�e en douze langues

dont le grec, le latin, l'h�breu et le fran�ais.

D'autres t�moins affirment qu'elle aurait parl� en 72 langues.

Mais il y a un fait sur lequel l'histoire s'accorde,

c'est que M�re Ann �tait tellement habit�e par la pr�sence de Dieu

que les quatre hommes de clerg� jug�rent bon de la lib�rer.

J'ai pay� votre amende, vous pouvez sortir.

L'amende est � nous tous, M. Townley, c'est notre mission.

C'est indigne. Honte � vous !

Que voil� une critique inventive, mon fr�re.

Si certains accueillirent le verdict avec joie,

l'id�e d'une femme pr�tre en r�voltait d'autres.

Ne courez pas !

Honte � vous !

- Sale sorci�re ! - Sale sorci�re !

Merci, mon fr�re.

O� est ton mari ?

� la forge, jour et nuit.

Chaque fois que ma s�ur est en danger,

Abraham se trouve soudain occup� ailleurs.

T�che d'�tre plus compr�hensif.

Il a beaucoup souffert.

Tout comme toi.

Lis-moi le journal, veux-tu ?

On mentionne George Whitefield, le pr�cheur de Christ Church.

Qu'en dit-on ?

Lis-le-moi � voix haute.

De la part d'un corbeau.

Qu'est-ce l� ?

Un article sur le r�v�rend George Whitefield.

Le M�thodiste ?

Il rentre de son cinqui�me voyage aux Am�riques.

"Avec une �loquence enflamm�e, Whitefield �voque

"une possible renaissance de l'esprit en Am�rique.

"Les colonies, dit-il,

"gagneront un jour leur ind�pendance,

"et la libert� religieuse sera garantie � tous ceux

"qui souhaitent v�n�rer Dieu sans l'entrave..."

Dois-je poursuivre ?

Vous ne comprenez donc pas ?

J'ai vu un peuple �lu en Nouvelle-Angleterre.

Je sais que Dieu

veut que nous amenions notre �glise en Am�rique

et qu'Il nous assistera dans cette t�che titanesque.

Vous �tes folle ?

M. Townley !

Fr�re James,

vous ne pensez pas que je vais financer cette exp�dition ?

Ni entreprendre un tel voyage � mon �ge !

Toute ma vie, ainsi que mes affaires, sont ici � Manchester.

Je ne peux, h�las, pas �uvrer

aupr�s des Mancuniens.

Leur c�ur et leur esprit sont corrompus.

Je ne peux pas pr�cher sans �tre harcel�e.

Et agress�e, violent�e.

Ils finiront par me tuer.

Ma m�re,

vous avez mon respect et mon admiration...

Ce n'est pas le fait de mourir qui me d�range.

J'ai perdu quatre enfants que j'ai h�te de retrouver.

C'est le temps que l'on perd.

Sans pr�cher la bonne parole.

La parole qui se perd, voil� ce qui me d�range.

Je vous remercie

de nous avoir re�us � votre domicile, M. Townley.

James.

P�re James.

�coutez, mon beau-fr�re est paysan.

Il a assist� � plusieurs de nos r�unions, ici, � la maison.

C'est un homme timide et peu raffin�, peut-�tre,

mais l'argent n'a pas d'odeur, vous savez.

Oui ?

Il m'a parfois demand� en priv�

comment il pourrait aider notre cause.

Pourquoi n'avoir jamais mentionn� ce m�c�ne potentiel ?

� l'�poque, nous avions assez.

Vous parlez de John Hocknell.

En effet.

Vous le connaissez ?

Il nous a contact�s, M�re Jane et moi.

Mais vous �tiez d�j� notre m�c�ne.

Notre qu�te n'est plus ici.

Ma m�re.

Il fut d�cid� que James et Jane Wardley

poursuivraient leur �uvre � Manchester

mais leur c�ur se serra lorsque M�re Ann partit.

LE DEUXI�ME EST CELUI D'UNE FEMME

PETIT VOYAGE � TRAVERS L'ATLANTIQUE

Leurs places � bord du Mariah furent obtenues � bas prix,

le navire �tant interdit de naviguer.

Il �tait consid�r� comme dangereux,

mais pas par ceux qui �taient guid�s par l'Esprit.

Il quitta le port de Liverpool

le 19 mai 1774.

Les moyens de leur nouveau m�c�ne, John Hocknell, �taient modestes,

mais son d�vouement, sans bornes.

Il aurait d�plac� des montagnes pour M�re Ann. Il s'exila sans peine.

Il avait suffi de tr�s peu

pour qu'il quitte tout et tout le monde

except� son bon � rien d'h�ritier, Richard, et son portefeuille.

Abraham semblait n'�tre gu�re plus qu'un observateur perplexe

des prouesses th�ologiques de son �pouse.

Il s'�tait montr�, en effet, tr�s h�sitant

vis-�-vis du voyage en Am�rique,

mais s'�tait laiss� convaincre par la promesse d'innovations

dans le travail du m�tal � New York.

Ma m�re ?

Il y a une chose que je voulais vous dire.

Je t'�coute, Mary.

Notre dernier soir � Manchester,

apr�s avoir parcouru 13 km depuis chez Fr�re Hocknell

pour porter ses bagages jusqu'au port,

James Whittaker et moi-m�me nous reposions

lorsqu'il a eu une vision.

Vraiment ?

Il a vu un grand arbre dont les feuilles, a-t-il dit,

brillaient d'un tel �clat

qu'il ressemblait � une torche enflamm�e.

Il y a vu un signe qu'il devait planter l'arbre de la foi au Nouveau Monde.

Nous planterons un grand arbre avec des racines profondes et solides.

Dors maintenant, Mary.

Je veillerai � ce que M. Hocknell ne te fasse plus porter ses bagages.

Aujourd'hui m'appartient

J'ignore de quoi demain sera fait

Et rien ne ram�nera le pass�

Tant de choses � regretter

Chaque jour, laissez-moi m'am�liorer

Et en tirer une joie

Qui ne s'alt�rera jamais

Mais au contraire, restera avec moi

Arrisez le hunier !

Chaque jour, M�re Ann dirigeait la pri�re sur le pont sup�rieur,

malgr� les protestations des autres passagers et de l'�quipage.

Ma m�re, excusez-moi. Je suis malade.

Tu es excus�e.

Quatre semaines.

Si le ciel reste en notre faveur.

Essaie de te retenir un peu, tu vas t'affaiblir.

Affalez le grand perroquet !

Tout est musical, tout est estival

La ferme, la grognasse !

- Ferme-la, qu'on te dit ! - Tais-toi.

Quelles foutaises !

Tais-toi !

H�, les troubadours !

Bouclez-la !

Arr�tez de chanter !

Fr�res et s�urs, arr�tez.

Nous allons prier pour les marins.

Ferme ton clapet, la grognasse.

Pauvres �mes ! P�cheurs par accident !

Ils ignorent ce qu'ils disent.

Je sais tr�s bien ce que je dis :

ferme-la !

Ils ignorent ce qu'ils font.

Prions pour eux.

Arr�tez !

Taisez-vous, qu'on vous dit !

Affalez le perroquet !

Affalez le cacatois !

Je vous ordonne de faire cesser cet intol�rable vacarme sur-le-champ !

- Capitaine ! - Vous avez entendu.

Restez o� vous �tes, capitaine. Nous sommes d�v�tues.

Si vous n'arr�tez pas ce raffut,

j'ai promis � mes hommes

de jeter tous les r�calcitrants par-dessus bord !

Nous craignons davantage Dieu que vous,

et nous ferons nos pri�res comme d'habitude,

avec une pens�e pour les marins.

Et pour vous aussi, capitaine.

Mary, prends ma main.

Mettez-vous � l'abri ! Ma s�ur !

Ne sortez pas de vos cabines

tant que vous n'en avez pas la permission.

Pr�parez le jeu de voiles temp�te !

Affalez les voiles !

N'y allez pas, la mer vous emporterait !

Vous devriez vous en r�jouir, alors.

Cunningham.

Capitaine !

Fermez les �coutilles !

� vos ordres !

Une planche s'est d�tach�e de la quille.

Je suis mont�e observer le pont � travers le hublot.

Impossible de r�parer.

Nous allons tous p�rir cette nuit.

Reprenez-vous, capitaine.

Nous ne perdrons pas un cheveu de nos t�tes.

Nous arriverons � bon port.

Ann expliqua qu'elle avait vu deux anges de Dieu

debout pr�s du m�t,

qui lui avaient assur� qu'ils en r�chapperaient.

Je vais dire � mes compagnons d'aider vos hommes.

Ann !

Peu apr�s, une puissante vague frappa le navire

et remit la planche en place, refermant la voie d'eau.

Les Shakers aid�rent ardemment les marins � �coper

ce qui, comme le nota le capitaine, eut un effet miraculeux.

Ils purent prier en paix durant le reste du voyage.

Bien au-dessus des vagues, nous planons

Debout sur les ailes d'un ange

Rien ne peut troubler notre chanson

Ici, rien ne nous d�range

Tout est musical, tout est estival

Tandis que nous voguons vers le paradis

Mais dans le d�sert que nous quittons

La temp�te rugit

Bien au-dessus des vagues, nous planons

Debout sur les ailes d'un ange

Rien ne peut troubler notre chanson

Ici, rien ne nous d�range

Tout est musical, tout est estival

Tandis que nous voguons vers le paradis

Mais dans le d�sert que nous quittons

La temp�te rugit

Cunningham.

Nous d�butons les ench�res � 150.

Sans attendre, voici le plus beau du troupeau, messieurs.

Nous ne trouverez pas meilleure qualit�.

Ils les vendent ?

Qui pour 150 ?

C'est aussi immoral qu'incompr�hensible.

170 !

Tout �tre humain est un enfant de Dieu.

Ma m�re, les femmes sont fatigu�es.

- Dois-je nous chercher un logis ? - Ce serait gaspiller votre argent.

Gardez vos sous.

Honte � vous !

Honte � vous !

En ce chaud apr�s-midi d'ao�t,

les Shakers cherch�rent une large avenue du nom de Broad Street

o� M�re Ann �tait convaincue de trouver ce qui lui �tait apparu en vision.

Pardonnez-moi, c'est chez vous ?

En effet.

Mme Cunningham ?

Veuillez m'excuser,

je sortais un instant pour me rafra�chir.

Je vous connais ?

Je suis envoy�e par Dieu tout-puissant pour pr�cher l'�vangile en Am�rique.

Un ange m'a envoy�e ici m�me, dans cette maison,

pour m'y �tablir avec mes compagnons.

Elle m'a donn� ce nom, Cunningham.

Mme Cunningham �tait une femme simple

qui rencontrait des difficult�s financi�res

et proposait depuis peu un h�bergement chez elle.

Bien qu'elle ne soit que peu pieuse,

elle portait sur le monde un regard curieux.

Elle fut honor�e d'avoir �t� choisie par une force sup�rieure,

ce qui l'encouragea � proposer des tarifs r�duits

ainsi qu'un accueil chaleureux � ses h�tes.

- Voulez-vous bien m'excuser, ma m�re ? - Oui, Nancy.

Les cabinets sont dehors,

vous verrez la porte pour y acc�der au bout du couloir.

Merci, Mme Cunningham.

Veuillez m'excuser �galement.

Je vais sortir prendre l'air.

Mon corps se croit encore � bord du Mariah.

Je suis pas lav�e !

Le soir de la temp�te, j'ai cru ne jamais vous revoir.

Ne perdons pas un instant de plus.

Plus un !

Les hommes ne resteront qu'une quinzaine.

James Whittaker, William, mon fils et moi-m�me partirons

� la recherche d'une terre sur l'Hudson pour nous y �tablir.

Avez-vous un batelier pour le voyage ?

En avez-vous un � nous sugg�rer ?

Je connais bien un Hollandais, un chasseur,

qui est au fait des macabres coutumes des peuplades sauvages.

Les peuplades sauvages ?

Les indig�nes du fleuve.

Pour rallier New York � Albany,

�a ne se compte pas en heures, mais en jours.

Par temps doux, on y va en bateau,

et lorsque l'Hudson est gel�, en diligence.

Dans les deux cas, il faut trois jours.

Et vous, Standerin ?

Vous partirez avec les autres ?

Je pensais rester ici et chercher du travail en ville,

pour financer notre mission.

Accompagnez-moi � la forge demain.

Nous verrons s'il y a du travail.

C'est un excellent mar�chal-ferrant.

O� est donc pass� mon fils ?

Excusez-moi.

Cette impolitesse ne lui ressemble pas.

Il semble avoir l'estomac bien remu�.

Richard !

Dieu du ciel !

Ils refusent de se s�parer.

Ils veulent se marier.

Qu'ils nous quittent, alors.

L'amour est-il un tel p�ch� ?

Non, c'est une chose magnifique.

Ils peuvent s'aimer profond�ment, comme je t'aime.

L'amour qu'ils ont choisi ne durera pas.

Il transforme le corps en une enveloppe vide, sans but et sans saveur.

Le d�sir charnel le fait pourrir, l'an�antit.

Ce d�sir est une b�te affreuse.

Une b�te qui d�truit tout ce qui est beau et pur.

Nous avons tous deux souffert sur notre chemin.

Nous avons fait d'immenses sacrifices

pour recevoir le plus bel amour qui puisse exister,

et le donner sans limite.

Je suis pein� qu'elle nous quitte.

Je voudrais la forcer � rester.

Elle nous a �t� confi�e.

C'est impossible, William.

Elle doit �tre libre de choisir sa vie.

Accabl�s de regrets et de honte,

le fils de Hocknell, Richard, et la ni�ce d'Ann, Nancy,

furent somm�s de quitter au plus vite leurs proches

sans m�me un semblant d'adieu.

De huit, ils pass�rent � six.

Alors, on a bien roupill�, hein ?

Autant que possible sur un radeau.

Il n'est pas hollandais.

Mais si.

Une belle matin�e, moi, je dis.

Mais je suis p't-�tre optimiste.

Au grand dam de leur batelier... irlandais,

les hommes voyageaient

sans itin�raire clair ou carte quelconque,

s'en remettant exclusivement au flair de M. Hocknell.

�a fait deux jours, monsieur.

Il y a rien qui titille votre imagination ?

Ce n'est pas mon imagination,

mais l'inspiration divine qui nous guide.

La nuit pr�c�dant l'exp�dition,

le fr�re Hocknell avait fait part aux hommes d'un r�ve

dans lequel il avait vu un grand champ d'herbes hautes

bord� par douze grands ch�nes.

Tous �taient convaincus que c'�tait le lieu id�al pour s'y installer.

C'est de ces peuplades sauvages-l�

que nous vous payons pour nous prot�ger ?

Les femmes et les enfants, oui.

Pas encore les virils peaux-rouges.

Des brutes sanguinaires.

Il est toqu�, votre ami, non ? Il n'aide pas du tout au camp.

Je ne suis pas toqu�,

mais je suis peut-�tre devenu indolent avec l'�ge.

Mais j'ai les moyens,

alors je paie pour le luxe de ne rien faire.

Puis-je � pr�sent prier le Seigneur en paix ?

Pardonne-moi, Seigneur, je n'ai pas su me ma�triser.

C'est une chose � laquelle je travaille.

Je n'aurais pas d� m'emporter contre cet homme

qui ne comprend pas le chemin que nous suivons,

et qui est loin de pouvoir imaginer

l'endurance qui est n�cessaire pour accomplir ce voyage.

J'ai faibli � un moment o� j'aurais d� me montrer fort,

et pour �a, j'implore Ton pardon.

Je demanderai pardon � cet homme, m�me s'il m'horripile

avec sa mesquinerie et son �troitesse d'esprit.

Je saurai passer outre, je ne devrais pas m'y laisser prendre.

Je Te suis �ternellement reconnaissant

pour tous les cadeaux que Tu m'as faits.

Vous avez dormi ?

Et continues de me faire.

Selon la l�gende, au troisi�me jour des recherches,

une chose remarquable se produisit.

Fr�re Hocknell ?

Je cherche Je suis guid�

Il cherche Il est guid�

Ce qui � nos yeux para�t

Sera notre palais

Nos efforts r�compens�s

Fr�re Hocknell !

Mon Dieu, je l'ai vue

Comme � travers une surface vitr�e

Ma vision sera bient�t r�alit�

Un probl�me, Fr�re Abraham ?

Je veux lui parler seul � seule.

- Mon fr�re ? - Ma s�ur, prenez mon lit.

Les hommes sont partis.

Laissez-moi seul avec elle, je vous en prie.

Voil� six ans que j'endure votre abstinence.

- Restez exemplaire. - Ne m'interrompez pas !

Parlez moins fort.

Je vous donne l'occasion

de regagner mon estime.

Partagez ma couche, faites votre devoir comme promis.

On n'atteint pas Dieu en s'adonnant � la luxure.

Assez !

Je voudrais satisfaire mon �poux,

mais c'est impossible.

Mes instincts naturels ont p�ri par amour pour Dieu.

Renoncez � votre engagement

et ayez des relations sexuelles, comme tout le monde.

L'incroyable b�atitude de J�sus...

Plus vous �voquerez la b�atitude du rapport � Dieu,

plus je boirai,

et ce, jusqu'� ce que mort s'ensuive.

Ceux qui vous suivent

et boivent vos paroles,

savent-ils que M�re Ann est illettr�e ?

Dites-moi,

comment comptez-vous contribuer aux �critures

sans savoir tenir une plume ?

J'ai gard� votre secret, Ann Lee.

Vous garderez le mien.

Tu seras ma femme, d�sormais.

Si vous ne consentez pas � des relations sexuelles avec moi,

elle deviendra ma femme.

Je m'y refuse, m�me si vous deviez m'�ter la vie pour �a.

Pour mon �poux, je ferais tout,

tout ce que la justice, la raison et l'humanit� exigent,

mais je refuse de manquer � mon devoir envers Dieu.

Je m'efforcerai de vous convaincre de faire le v�tre et de me rester fid�le.

Taisez-vous !

Je promets de ne plus parler si vous baissez la voix.

Ne criez pas.

Je vous �coute.

Je te paie.

Tu seras ma femme.

Viens l�, voil�. Prends-moi dans ta bouche.

Te voil� ma femme.

Allez, ici.

Durant ce long et rigoureux hiver,

M�re Ann fut victime d'un profond chagrin de l'�me.

Ses enfants �taient morts.

Son �poux l'avait quitt�e.

Sa mission en Am�rique semblait vou�e � l'�chec.

Mais avec l'arriv�e du printemps,

les hommes lui annonc�rent

qu'il �tait temps que les femmes rejoignent leurs fr�res.

D'ici et � perte de vue, ma m�re,

c'est notre terre.

Tout est arrang�.

Fr�re Hocknell...

Parle, mon fr�re.

Comment nous trouvera-t-on, cach�s derri�re les pins ?

Mes chers enfants, tenez bon.

Ne vous d�couragez pas.

Dieu ne nous a pas envoy�s ici en vain.

Nous venons enseigner l'�vangile � cette nation

qui s'est fourvoy�e dans le p�ch�.

Nombreux sont ceux qui l'adopteront.

Le moment est tout proche.

Tu penses que l'�vangile fera des adeptes ici ?

Oui, mon fr�re.

J'en suis certaine.

Le moment approche o� ils viendront en masse.

Tu nous l'as souvent dit,

mais ils ne sont pas l�.

Nous sommes si peu, nous avons perdu tant de gens.

Tu seras charg� de pr�cher et de nous faire conna�tre.

Sois patient.

Soyez patients, mes chers enfants.

J'ai vu les masses qui nous rejoindront.

Vous les verrez vous aussi tr�s bient�t.

J'en suis s�re.

Apr�s avoir lou� la terre,

il restait juste assez au fr�re Hocknell

pour payer des paysans � la cultiver.

M�re Ann s'engagea � tous les accueillir dans la foi

et n'eut de cesse que lorsque le dernier fut converti.

Tr�s vite, M�re Ann envoya le fr�re William

en qu�te de nouveaux adeptes.

Le 19 mai de l'an 1780,

le ciel prit une teinte �trange.

William avait eut vent d'un petit groupe religieux

convaincu que le Jugement �tait proche.

Toute chose sera ramen�e � la vie devant Dieu.

Qu'Il soit lou�.

Ne craignez rien.

Le jour de la R�surrection est arriv�.

Tournez-vous vers Dieu d�s les premiers rayons du soleil.

Laissez-le caresser votre peau

comme la soie ou le feu.

Regardez !

Ne craignez rien !

Le voil�, il arrive !

Enfin ! Enfin !

Vous nous avez menti !

Plus un mot, je vous en prie !

Ne dites plus un mot.

Il y avait tant de signes, tout convergeait.

Qu'ai-je rat� ?

Mes calculs seraient-ils inexacts ?

Peut-�tre le Seigneur a-t-Il eu piti� de nous tous.

Mon p�re, se pourrait-il que le cataclysme...

Plus un mot, diacre Bishop.

Je vais consulter les paroisses avoisinantes.

Je dois partir sur-le-champ recueillir leur avis.

Ces paroisses ont mauvaise r�putation, mon p�re.

St Paul dit qu'il n'y a pas de p�ch� � ce qu'une femme pr�che � l'�glise.

M�me si je reste sceptique,

j'ai h�te de l'�couter.

Je dis vrai mais venez voir par vous-m�me

et rencontrez M�re Ann.

La libert� religieuse am�ricaine attira bien des sectes.

La plupart annon�aient l'apocalypse.

Mais la parole d'Ann, qui promettait le paradis

par le travail et la chastet�,

�tait bien plus simple � tenir.

Incline-toi, � Sion

Et prie le Ciel

Que Dieu, dans Sa mis�ricorde

Te revienne

Pour toi Pour, pour toi

Nous avons �uvr� durant des ann�es

et nous nous sommes �lev�s avec le Christ.

Nous avons voyag� � Ses c�t�s.

La lumi�re et le pouvoir de Dieu

ont �t� r�v�l�s � notre m�re Ann et � travers elle,

� ceux qui re�oivent son t�moignage.

Un tel effet leur donne le pouvoir

de surmonter tous les p�ch�s.

Que chacun tombe

Et se fracasse sur la roche

La d�votion de notre m�re

Nous lib�rera tous

Les r�v�lations et les cadeaux de Dieu qu'elle a re�us

la d�signent comme guide spirituel.

Nous sommes � tout juste 15 km au nord.

Je vous y conduirai moi-m�me.

LE TROISI�ME EST CELUI D'UNE M�RE

UN NOUVEAU MONDE

Le premier hiver s'av�ra �prouvant.

La terre encore vierge

lib�ra des marais les serpents et les insectes venimeux.

La maladie se propagea.

La fi�vre s'empara de tous.

Les Shakers se rapproch�rent de leurs voisins,

les sachant habiles menuisiers,

pour troquer contre des biens leurs enseignements.

"Travaillez comme si vous aviez mille ans � vivre

"et comme si vous alliez mourir demain", disait-elle.

Comme tous les vrais meneurs,

M�re Ann ne demandait rien qu'elle n'aurait fait elle-m�me.

Les Shakers savaient que pour atteindre Dieu,

le meilleur moyen �tait de travailler sans rel�che, en qu�te de perfection.

Anim�s d'une foi in�branlable,

ils �uvr�rent, c�te � c�te, pour b�tir un foyer durable.

Sans se pr�occuper de la guerre qui faisait rage non loin.

Enfin, elle avait trouv� un sanctuaire pour les siens.

Pour les nouveaux parmi vous

qui n'ont pas l'habitude d'une femme pr�tre.

"La femme enveloppe l'homme."

L'esprit du Christ est d'abord apparu sous forme masculine,

mais il a reparu pour tenir Sa promesse

d'un retour, sous forme f�minine.

Notre m�re Ann.

Puisque nous sommes tous cr��s � Son image,

Dieu doit �tre � la fois homme

et femme.

Pour ceux d'entre vous qui sont mari�s,

vous devez renoncer � l'union de la chair,

sans quoi vous ne pouvez �tre mari� � l'Agneau.

Nous avons re�u le pouvoir de Dieu

et nous avons souffert pour nos p�ch�s.

Nous avons ressenti la lib�ration et Son amour si grand,

nous pensant ainsi convertis.

N'�tait-ce pas l� J�sus ?

Oui, c'est mon fr�re

et mon �poux. C'est nous deux, voyez-vous.

Les cadeaux et l'appel

que Dieu fait aux �mes qui errent dans l'obscurit�,

non parce qu'elles sont repenties,

mais parce qu'elles doivent mener les �mes � la repentance.

Quelle repentance ?

Renoncer � tous les p�ch�s est la seule que Dieu accepte.

� moins de faire une confession sinc�re et fid�le

de tous les p�ch�s commis au cours de sa vie.

Seul Dieu peut pardonner les p�ch�s.

Pourquoi alors faut-il les confesser devant l'homme ?

Dieu a �tabli, pour toutes les �mes qui ont p�ch�,

l'obligation de confesser ses p�ch�s devant les T�moins qu'Il a choisis.

N'aie pas peur, ma fille.

Nous ne mordons pas.

Le fr�re William me dit

que tu as d�j� sept enfants � ton jeune �ge.

C'est exact.

Les as-tu tous re�us avec la m�me joie ?

Non.

Vraiment ?

Celle qui se confesse met fin � toute hypocrisie et se voit pour qui elle est.

Elle fait face � sa corruption.

Il �tait fr�quent, en allant chercher de l'eau,

qu'une affreuse pens�e me saisisse.

Alors que je portais notre petit gar�on,

une pulsion me submergeait totalement.

Le d�sir de l'abandonner dans les profondeurs du puits.

Et d'aller m'abriter de ses cris incessants

dans la for�t, derri�re le lavoir.

En ces moments, le d�sir de tranquillit� et de silence

�tait plus fort que mon envie de vivre.

Livre-toi � Dieu.

Aimez-vous davantage, mes fr�res !

Aimez-vous davantage, mes s�urs !

Ceci est notre autel

et notre autel, c'est l'amour.

Personne ne peut le b�tir

ou y faire des sacrifices, si ce n'est les c�urs purs,

et c'est ce que nous sommes.

Nous y ferons des sacrifices !

Nous nous aimerons les uns les autres.

Les trompettes de l'�vangile d'Ann commenc�rent � sonner.

Beaucoup d'adeptes afflu�rent � Niskayuna de toutes parts.

Les esp�rances de l'�glise d'Ann Lee

furent enfin r�compens�es.

William, l'A�n� ?

C'est moi, mon fr�re. Nous connaissons-nous ?

Une place pour chaque chose et chaque chose � sa place.

Il y a tant d'enfants.

Beaucoup d'entre eux manquent de soins ou n'en ont pas du tout.

Certains n'ont que leur m�re, d'autres ont aussi leur p�re.

Tous les enfants sont purs.

� eux de choisir plus tard s'ils souhaitent le rester ou non.

Alors, dis-nous, mon fr�re,

tu as toute notre attention.

Le diable est un �tre de chair.

Aussi vrai qu'un ours.

Je le sais car je l'ai vu, je l'ai combattu.

Mais j'ai aussi rencontr� de nombreux fr�res et s�urs de foi.

J'ai fait de nouveaux adeptes dans toute la r�gion.

Une communaut� qui r�ve d'�tre en pr�sence de M�re Ann.

Nous avons bien avanc� durant ton absence.

Je vois �a.

Quelle joie de voir la terre cultiv�e,

des b�timents construits, et de nouveaux visages partout.

Exactement comme tu le disais.

Ma m�re, j'ai eu une vision.

Un grand nuage qui montait, aussi noir que le tonnerre.

La guerre approche.

Tu n'as pas tort.

On m'a donn� une brochure

d'un certain Valentine Rathbun, pasteur de l'�vangile,

qui m'inqui�te. Puis-je te le lire ?

Vas-y.

"Pour recueillir la parole d'Ann Lee,

"je me suis rendu � Niskayuna o� je lui ai narr� ma vie.

"En retour, elle m'a fait bien des promesses.

"C'est une religion de faux-semblants dont les adeptes sont des fanatiques.

"Je le sais car j'ai assist� moi-m�me � leurs messes.

"Ils se retrouvent la nuit pour faire un bruit de tous les diables.

"Ils gesticulent dans la for�t

"en poussant des hululements et en dansant,

"dans un raffut tel qu'il ne sied qu'aux ali�n�s."

Oui, il �tait ici,

cet hiver.

Mais il ne s'int�grait pas et nous lui avons demand� de partir.

Mon fr�re, tout �a �tait � pr�voir.

Nous avons re�u tant de propos diffamants.

Cette fois, c'est diff�rent.

�coute �a.

"Les nouveaux adeptes

"sont pouss�s � s'�lever contre la d�fense militaire du pays,

"contre notre ennemi britannique commun.

"Non seulement cette fausse religion est tra�tre � son pays,

"elle a aussi pour but...

"de d�truire les fondements m�mes de la vie.

"Elle s�pare les maris et les femmes.

"Je suis convaincu que l'esprit � l'�uvre ici est celui de la sorcellerie.

"Ann Lee est Satan sous les traits d'un ange de lumi�re.

"Certaines Shakers se d�nudent dans les bois."

Les fr�res avaient retir� leurs v�tements d'ext�rieur

pour le travail, ce que le monde appelle "la danse".

Et par temps chaud, les s�urs �taient plus l�g�rement v�tues.

Et il affirme que nous dansons nues.

Vous savez combien les hommes ignorants et vulgaires

aiment tirer des conclusions h�tives.

D�s que l'un raconte que nous dansons l�g�rement v�tues,

un autre nous dit nues.

Ce ne sont pas ces vulgaires accusations qui m'inqui�tent,

ma s�ur.

Pour trahison, M�re pourrait �tre emprisonn�e.

Un g�n�ral est venu, avec deux magistrats � cheval,

pour nous dire que nous devions pr�ter all�geance � ce pays

et participer au combat pour son ind�pendance.

Qu'as-tu r�pondu ?

Que les membres de cette communaut� n'�taient pas une menace,

qu'ils soutenaient le pays et �uvreraient pour son bien

dans la mesure du possible.

Bien.

C'est tr�s bien.

Mais j'ai aussi clairement dit que nous refusions

et nous opposions � tuer le diable avec l'�p�e.

Nous devons te cacher.

William, assieds-toi. Du calme, voyons.

- �coute-moi, ils vont revenir. - Du calme.

Nous y verrons beaucoup plus clair demain matin.

La belle demeure de ma m�re

Douce comme un parfum dans l'air

J'aime sa parole

Ses principes de foi

J'aime notre m�re

Elle me montre la voie

Viens, amour, je t'attends, viens, viens

Bel amour, viens � moi, je t'attends

J'aime notre m�re

Elle me montre la voie

J'aime sa parole

Ses principes de foi

J'ai ajout� des ouvertures au sud � tous les logements.

Et des linteaux autour.

Deux de chaque c�t�.

Retirez les d�corations inutiles.

�a p�le la peau, tu vois ?

Une invention de nos fr�res � la forge.

Puis-je voir ma m�re bient�t ?

M�re Ann sera l� au souper.

Elle parle de notre m�re.

S�ur Martha sera aussi l� pour le souper.

Pour �tre sauv�,

vous devez prendre mod�le sur Lui.

Le roi peut bien avoir son tr�ne

L'avare, ses billets

Le monarque, son royaume La princesse, son palais

Je ne convoite rien de tout �a Car j'ai re�u la parole de Dieu

Et une m�re aimante

Qui vaut tellement mieux

Un mois plus tard, M�re Ann fut arr�t�e,

comme l'avait pr�dit le fr�re William.

L'A�n�, James Whittaker,

partit informer le gouverneur de New York

de son incarc�ration, de son mauvais traitement et de sa souffrance.

Le gouverneur, George Clinton,

se pronon�a contre l'arrestation de gens pour des motifs religieux.

N'ayant pas preuve d'une trahison,

il appuya sa lib�ration.

Ma m�re.

Doucement, mon fr�re.

Nous avons voyag� jour et nuit. Notre m�re est l�.

Il n'a rien mang� depuis hier.

Nous avons fait au plus vite.

Doucement, mon fr�re.

Le mois dernier, le don de Dieu...

a gu�ri ma m�chante toux.

Mais elle s'est chang�e en ampoules sur mes mains

pour me signifier que mon labeur ici-bas n'�tait pas termin�.

Il m'a parl� et m'a dit qu'Il avait un travail pour moi,

et que lorsqu'il serait termin�,

la m�me toux reviendrait

et je quitterais ce monde.

Alors, nous avons �uvr�

pour finir le second dortoir, ma m�re.

La maison est superbe, mon fr�re.

Ayant encore perdu six pr�cieux mois

de son existence derri�re les barreaux,

Ann se lan�a dans une croisade spirituelle

pour r�pandre la parole en Nouvelle-Angleterre.

Comment pourrais-je ne pas aimer

Mes chers enfants si fid�les

Qui sont pr�ts � tout endurer avec moi

Quand j'�tais dans un cachot humide

Deux ans de voyages, des centaines de lieues parcourues,

jalonn�s de terribles �preuves et de pers�cution.

LES VOYAGES DE M�RE ANN (MAI 1752-SEPT 1783)

J'ai implor� Dieu

De ne pas m'oublier, pauvre de moi

Vous avez veill� pour nous attendre.

C'est toujours bien de veiller.

Bienvenue, ma m�re. C'est un honneur de vous recevoir.

Vous serez ravie de voir que nos invit�s sont nombreux ce soir.

Bonsoir !

Faites de la place.

Approchez.

Puisque vous �tes si nombreux avec nous ce soir,

merci de faire preuve de patience

pour entrer vous asseoir en pr�sence de M�re Ann.

Un peu de patience, allons.

Nous avons fond� six nouvelles communaut�s

� New Lebanon, dans l'�tat de New York,

� Enfield dans le Connecticut,

ainsi qu'� Hancock, Harvard, Shirley

et Tyringham dans le Massachusetts.

Et d�sormais, � Petersham.

Pardon.

Il y aura de la place pour tous.

Pardon.

Laissez passer les enfants.

Attention.

- Ma m�re ? - M�re Ann.

C'est elle ?

- C'est bien vous ? - Oui, mon enfant.

N'ayez pas peur, mes filles.

Je me r�jouis de faire votre connaissance.

Approche. Je suis ta m�re.

Ne sois pas timide.

Elles doivent �tre d�rout�es.

Je suis votre m�re, ainsi que celle de votre m�re.

Vous allons b�tir ici, � Petersham.

J'en appelle � vous pour nous aider dans cette entreprise.

- Vous b�tirez pas ici ! - Coupez les lumi�res !

Entourez M�re, prot�gez-la.

Restez calme, mes enfants.

Dieu est avec nous.

Ne r�sistez pas, mes fr�res.

O� est-elle ?

Prot�gez M�re Ann !

Montrez-nous la sorci�re !

Ne r�sistez pas !

Prenez le fr�re.

Mon fr�re !

Ces terres ne sont pas � vous.

Vous vivrez jamais ici, vous construirez rien.

Laissez-moi rejoindre le fr�re William !

L�chez-moi !

- Ma m�re ! - Non, attendez !

William !

La voil�, arr�tez-la !

Attrapez la sorci�re !

Toi, descends, sale chien !

Ne r�sistez pas, mes fr�res !

Mary !

Ma m�re !

Bouge pas. Tenez-lui les bras.

�tez vos sales pattes de ma s�ur !

Mary !

Arr�tez !

Piti�, je vous en supplie !

Dieu, par piti� !

C'est pas une femme ! Il faut lui examiner le sexe.

D�chirez-lui le jupon.

Qu'est-ce que c'est ?

Un eunuque, je dirais.

Il y a pas de verge. Tu l'as coup�e, sorci�re ?

Je vous pardonne vos p�ch�s et prierai pour votre �me.

Prie pour eux, Mary !

Mon p�re, pardonne-les, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Elle a tout ce qu'il faut, mais c'est pas une femme !

Elle pue, en tout cas,

qui qu'elle soit !

Que se passe-t-il ?

J'ai ou� dire que des clans arm�s approchaient en nombre.

Laisse-la !

D�p�che-toi !

Non !

Mon fr�re, r�veillez-vous !

Fr�re James !

William. Fr�re James.

R�veillez-vous !

Mon Dieu.

Repose-toi, William.

Jusqu'aux eaux profondes

Du fleuve Jourdain

Je descendrai

Pour y �tre � nouveau baptis�e

Je n'y serai pas seule

Mon p�re, ma m�re, b�nissez-moi

Dites une pri�re pour moi tout bas

Anges du ciel, guidez mon esprit

Prenez-moi sous votre aile

Ma m�re.

S�ur Mary.

Cet arbre est devenu magnifique.

Certaines de ses pommes tomberont bient�t.

D'autres tiendront plus longtemps.

Certaines tiennent jusqu'� �tre � moiti� m�res

et puis, tombent.

D'autres m�rissent.

Il en va de m�me pour les �mes qui s'engagent sur le chemin de Dieu.

Beaucoup s'engagent tr�s vertes et tombent rapidement.

D'autres vont plus loin avant de tomber.

D'autres, encore plus loin avant de tomber.

Et certaines vont jusqu'au bout.

Ma m�re, j'ai d'excellentes nouvelles.

Le g�n�ral Cornwallis a �t� encercl�

et contraint de c�der Yorktown

� l'Am�ricain George Washington.

Cela date peut-�tre, mais nous venons de l'apprendre.

Voil� pourquoi les saisons ont �t� si paisibles ici � Niskayuna.

Dieu soit lou�.

Tout gouvernement tyrannique et oppressif doit �tre renvers� et d�truit.

L'humanit� doit b�n�ficier de droits �gaux et justes, religieux comme civils.

Je vais vous aider.

Ma s�ur.

Tu dois prendre bien soin de la terre.

La cultiver,

l'aider � donner ses produits,

d�velopper sa beaut�.

Tout �a doit �tre fait dans l'esprit du Seigneur.

La terre donne davantage � ceux qui l'aiment.

Oui, ma m�re.

Ma s�ur, le fr�re William est-il rentr� ?

Il n'est pas encore venu me voir.

Le fr�re William a rejoint l'au-del� l'hiver dernier, ma m�re.

Ah oui,

c'est vrai.

J'ai �t� confuse

parce qu'il y a un instant � peine,

j'ai vu mon fr�re William

arriver sur un char de lumi�re pour me ramener � la maison.

� l'�ge de 48 ans,

Ann Lee partit enfin rejoindre ses quatre enfants terrestres.

Si beaux sont les tr�sors

Pour ceux qui ont la foi

Tant de valeur r�unie

Une r�compense en soi

Plus �clatants que les diamants

Que portent les souverains

Plus pr�cieux que la couronne

Dont leur front est ceint

Une place pour chaque chose et chaque chose � sa place.

Adaptation : Virginie Clamens

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