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Original subtitles

O� penses-tu �tre ?

Je ne sais pas.

Et toi, o� penses-tu �tre ?

O� penses-tu �tre ?

Je penses que je suis l� o� tu vas mourir.

H�, le maboul.

Non.

Putain, non.

Vous croyez que c'est tout ?

Non, je ne crois pas.

Vous croyez pas quoi ?

Je ne crois pas que ce soit tout.

Sol en b�ton m�diocre.

J'imagine qu'on est dans un sous-sol.

Combien de temps �tes-vous rest� dans le van ?

19, 20 minutes.

Donc 22, 23 kilom�tres.

Votre m�tier, c'est chauffeur ?

Peut-�tre.

Comment je sais que vous n'�tes pas de m�che, comme quand ils mettent

des flics avec les prisonniers dans les films.

Merde, c'est �a.

- C'est �a quoi ? - Le film.

Les deux gars ligot�s dans une pi�ce avec une scie � m�taux.

Il nous arrive la m�me chose.

- Ligot�s comment ? - Vous l'avez pas vu ?

- Non. - Vous �tes chanceux,

parce que c'est un film super con.

Ils �taient encha�n�s, et ensuite, l'un d'eux comprend ce qu'il se passe,

et c'est l� que �a d�g�n�re.

J'ai dit � Grace que c'�tait un film stupide.

- Grace ? - Mon ex-femme.

Ma femme.

Je lui ai dit que personne ne ferait �a.

Ferait quoi ?

Se couper le pied avec une scie � m�taux.

- Vous �tes s�r pour les 22 km ? - Parce que �a pourrait

- nous arriver. - Vous avez compt�

ou vous avez seulement un sens inn� des distances ?

Je le sais, c'est tout. Pourquoi ?

Je sais qu'il m'a pris le premier, �a, j'en suis s�r.

Et ensuite, il a roul� sur environ la moiti� de votre distance,

ce qui fait 11 km.

Et ensuite, on a attendu pendant assez longtemps.

Et enfin, il a charg� ce qui devait �tre vous dans le van,

et on a roul� jusqu'ici. Donc �a fait 22

- plus 11, �a fait 33. - Vous voulez faire des additions

alors qu'il pourrait d�barquer avec une putain de scie � m�taux ?

H�.

H�, mec.

H�, mec.

Je ne le pensais pas, je ne veux pas te tuer.

C'�tait idiot, c'�tait pas moi.

Donc on est quittes, hein ?

Tu dois accepter mes excuses, car quand quelqu'un s'excuse,

on pardonne, non ? C'�tait des paroles en l'air.

H�, putain, quoi ? Qu'est-ce que tu fous ?

S'il te pla�t, non, allez.

Qu'est-ce que tu vas faire, putain ?

Putain, mais quoi ?

C'est quoi...

Qu'est-ce que tu...

Putain, quoi ?

Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais, mec, bordel ?

Oh, putain ! OK.

Qu'est-ce que je vous avais dit.

S'il vous pla�t, dites-nous vos intentions.

Pourquoi tu fais �a pour lui ? Pourquoi j'ai ce truc autour du cou,

et pourquoi pas lui ? Tu m'expliques ?

Et pourquoi il �tait pas b�illonn� ?

Esp�ce de tar�, qu'est-ce que tu fais ?

Vous pr�parez une �mission ?

Avec nous ?

Tu dois nous dire ce que tu fais ou je jure devant Dieu

que je te tuerai. Tu m'entends ?

On va �tre en direct.

Dans six, cinq, quatre,

trois, deux, un.

13 H 11

QUESTION : SALUT, ON A BESOIN D'AIDE.

R�PONSE : D'AIDE POUR QUOI ?

�A VIENT DE COMMENCER. ON SE DIT QUE T'ES LA SEULE

QUI PUISSE D�TERMINER SI C'EST R�EL...

Elles diffusent toutes simultan�ment ou � tour de r�le ?

� tour de r�le.

Elles sont activ�es par la voix et le mouvement,

mais vous ne saurez pas laquelle sera en train de diffuser.

Alors parlez � la cam�ra pilote.

Pour ne pas d�sorienter ceux qui regardent.

- Compris ? - "Ceux qui regardent" ?

Des gens regardent ?

- Parle-leur de toi. - Qui sont-ils ?

Ils auront besoin de te conna�tre autant que possible.

�a ne pourra que t'aider.

�a te fera para�tre plus r�el.

Je ne dirai � personne le moindre putain de mot.

Laisse-moi sortir d'ici, bordel. Tu veux voir si je suis r�el ?

Va te faire mettre ! C'est assez r�el pour toi ?

Vous pensez que je n'aurais pas d� dire �a ?

Il fait quoi � votre avis ?

Je pense qu'on le d�couvrira bient�t.

CONNECT�S - 415

Non. Non.

Qu'est-ce que tu fais ?

Que voulez-vous que je dise ?

Qui tu es, ce que tu fais.

Ce qui te rend r�el.

Eh bien, je suis retrait�.

- J'�tais un professionnel... - � eux, pas � moi.

Je... je suis retrait�.

J'a... j'avais une profession.

J'�tais magistrat.

Je vis en p�riph�rie de la ville.

J'�tais dans mon all�e

quand j'ai �t� enlev�. J'ai �t� enlev�.

Je ne sais pas ce que je peux ou ne peux pas dire,

ne connaissant pas le but de ma pr�sence ici.

Tu peux dire tout ce que tu veux.

J'ai �t� enlev�

alors que je d�chargeais les courses du coffre de ma voiture.

Ma femme et moi vivons dans cette maison depuis plus de 30 ans.

Elle ou un voisin verra les courses dans l'all�e.

Je ne sais pas si vous avez laiss� une demande de ran�on ou pas,

mais quelqu'un finira par appeler

- la police. - Arr�te.

Tout ceci perd son sens si tu ne dis pas la v�rit�.

Qu'ai-je dit qui n'�tait pas vrai ?

- Toi. - Va te faire foutre.

Non. S'il vous pla�t, non.

Je ne voulais pas dire �a. �a m'a �chapp�.

�a m'a �chapp�.

Je r�nove des maisons, je suis sp�cialis� dans la toiture.

Regarde la cam�ra. Dis-leur ton nom.

Je m'appelle Ron.

J'ai...

deux enfants qui attendent que je rentre � la maison ce soir

pour d�ner. Et j'�tais

juste en train de traverser un putain de drive-in, nom de Dieu.

Tu mens.

Quoi, tu veux dire le truc du parking ?

OK. J'allais au drive-in

et je me suis arr�t� au bord du parking

pour v�rifier mes pneus, comme d'habitude.

Et quand je suis sorti, je me suis pris un coup.

Je me suis retrouv� dans un sac.

C'est quoi ce bordel ?

JE N'ARRIVE PAS � TROUVER D'O� �A VIENT...

MAIS CELUI QUI DIFFUSE �A SAIT CE QU'IL FAIT.

Tiens �a.

- Non. - Tiens �a.

Non. Non.

Non, je sais ce que c'est. Le truc du prisonnier turc.

Et comme j'ai dit, j'ai deux enfants, alors, pas le truc du prisonnier turc.

Toi. Lis-moi ce qui est � la une.

Il y a eu une mar�e noire au large des c�tes de Floride.

- Toi. - Quoi ?

Ton journal.

Je n'ai pas �a, le truc avec le p�trole, je le vois pas.

Toi.

McClure, la soci�t� de Wall Street, a �t� accus�e

de fausses d�clarations � la SCC.

J'ai pas �a. C'est un probl�me ?

Qu'est-ce que tu as ?

La fille d'une �mission de t�l� va se marier.

Toi.

L'assassin de la fille Jeeter

- a �t� ex�cut� ce matin. - J'ai �a, je l'ai.

Il a kidnapp� et tu� la fille, j'ai �a.

Toi.

Dix mille v�hicules ont �t� rappel�s

pour freins d�fectueux.

J'ai pas �a, merde.

D'accord.

Quoi ?

Vous comprenez maintenant ?

Je comprends pas, je comprends rien.

Essayez de comprendre pourquoi vous �tes ici, quelle est la connexion.

- Vous avez cinq minutes. - Vous �tes s�rieux ?

Pour prouver que je le suis.

Qu'est-ce que vous allez faire ? N'approchez pas avec ces putains de trucs.

Je vais vous les faire avaler, ces putains de trucs.

Non. Non.

Tu vas avoir besoin de �a.

Oh, mon Dieu ! Qu'est-ce que vous foutez ?

Non. S'il vous pla�t, s'il vous pla�t !

Cinq minutes.

La serviette est pour le sang.

�a marche pas, �a se remet pas.

La serviette est pour le sang.

La serviette est pour le sang.

Comme �a, �a se rattachera, si je

le tiens comme �a assez longtemps...

Ron, arr�tez.

- �coutez-moi. - Quoi ?

Nous devons essayer d'�tre tr�s calmes.

Rien qui se fait en h�te ne se termine bien.

Ce qui vient de se passer �tait monstrueux,

mais �a nous apprend beaucoup

sur la situation dans laquelle nous sommes.

Ce qu'il a fait n'�tait pas un acte impulsif de sa part.

Le s�cateur, la serviette,

il avait tout pr�vu.

Il avait l'intention de faire �a depuis le d�but.

Et il avait l'intention de vous le faire � vous,

pas � moi.

J'ai compt� dix cam�ras.

Il a dit qu'elles diffusaient en direct,

qu'elles transmettaient des images de nous

en ce moment m�me.

Quand il nous a ordonn� de regarder la cam�ra pilote,

j'ai eu le sentiment qu'il pressentait

que beaucoup de gens nous regarderaient.

Et peut-�tre, effectivement, sont-ils en train de nous regarder en ce moment.

C'EST QUOI CE BORDEL ?

C'EST R�EL ?

- Le minuteur. - Je sais.

Il a dit qu'on avait cinq minutes pour trouver la connexion.

Et il fera quoi quand les cinq minutes seront �coul�es ?

Vous comprenez pas.

Vous comprenez pas parce que vous avez pas vu le film.

Je parlerai le premier.

Je vous dirai la v�rit�, � vous,

et � tous ceux qui nous regardent,

et je pr�sume que cela inclut notre ravisseur.

Il avait raison.

Je n'ai pas tout dit.

Ma femme est partie en voyage.

Elle et ma fille sont parties en vacances ce matin.

Je les ai conduites � l'a�roport avant d'aller faire des courses.

J'�tais dans mon all�e,

en train de d�charger les courses du coffre,

quand un van blanc s'est arr�t�.

Le conducteur, l'homme qui est notre ravisseur,

est sorti et s'est dirig� vers moi.

J'ai cru qu'il s'�tait perdu,

alors j'ai pos� les courses que je tenais � la main,

afin de pouvoir discuter avec lui.

Et il m'a mis un sac sur la t�te

et il a fait tomber les lunettes de mon nez.

Je pouvais les voir sur la chauss�e, des oranges roulaient

dans mon all�e.

Je ne pouvais pas bouger.

Il me ma�trisait compl�tement.

Et apr�s, il m'a forc� � monter dans le van.

Et quand il a d�marr�, j'ai commenc� � compter.

� vous.

Ron, cela ne marchera pas.

Il faut qu'on se barre d'ici.

Vous �tiez dans un drive-in.

Ou vous alliez dans un drive-in.

J'ai deux petites filles et j'ai besoin de les voir tout de suite.

Mais vous vous �tes arr�t� et vous �tes sorti,

pour quoi, v�rifier vos pneus ?

- Tout de suite. - C'est votre routine habituelle ?

Je n'avais pas pris de petit d�jeuner. J'�tais pas cens� �tre l�.

- C'est-�-dire ? - Je vais au Zoop's Chicken lundi, mardi,

mercredi. Jeudi et vendredi,

je vais � Steak 'n Shake, � 13 h ou 13 h 30 au plus tard,

- tout le monde le sait. - Mais on est samedi.

Ouais. Je devais rencontrer un gars sur Old Sheldon Road

pour parler des d�g�ts que sa maison a subies lors de la temp�te.

Le gars sur Old Sheldon Road �tait le seul

� savoir que vous alliez l�-bas ?

Il m'a coup� un doigt.

- Vous avez fait le plein avant ? - Le doigt avec lequel je suis n�.

Le doigt que j'ai eu toute ma vie, que ma m�re m'a donn�.

Est-ce l'un des drive-in que l'on peut voir depuis l'autoroute ?

- On parle de putains de hamburgers ? - Concentrez-vous...

Qu'avez-vous d�couvert ?

- On a d�couvert que vous �tiez p�d�. - Ron.

La r�ponse est �vidente.

Hormis le fait que, dans les deux journaux que vous nous avez donn�s,

nous avions un article en commun,

il n'existe pas le moindre lien entre nous deux.

Manifestement, je suis ici dans un but pr�cis.

Tout ce qui concerne mon enl�vement �tait planifi�.

Il a n�cessit� une certaine pr�paration.

D'un autre c�t�, l'enl�vement de Ron semble �tre le fruit d'un parfait hasard.

Personne, pas m�me Ron, n'aurait pu savoir o� il allait se trouver � ce moment-l�.

Je pense qu'il a �t� enlev� car il �tait visible depuis l'autoroute.

Ouais. Donc, qu'est-ce que je fous ici ?

Pour montrer jusqu'o� il est pr�t � aller en ce qui me concerne.

Notre soci�t� a un probl�me.

Plus rien de ce que nous disons n'a de valeur.

Ni de cr�dibilit�.

Je dis que je paierai mes factures, ce n'est pas suffisant.

Le pr�teur veut �tre s�r que je puisse le faire,

- une preuve que je l'ai... - Je vous donnerai de l'argent.

Nous devons apporter la preuve de ce que nous disons.

Donc si je dis que je vais tuer un homme, je dois prouver que je peux le faire.

Prouver mon intention.

- Il faut que vous arr�tiez maintenant. - Non, je peux vraiment pas.

Je vous croirai sur parole, cela devrait suffire.

Avec cette garantie, aucune autre preuve de votre sinc�rit� n'est n�cessaire.

C'est vrai.

Sauf que c'est pas toi que je dois convaincre.

C'est eux.

13 H 29

- Vas-y. - 142-820.

Quand on m'a dit que vous �tiez de garde aujourd'hui,

- j'ai cru que c'�tait une blague. - � mes d�pens.

Probablement parce que tout le monde est encore saoul d'hier.

Et quels d�g�ts un gratte-papier qui part � la retraite

peut-il causer un samedi, de toute fa�on ?

Lieutenant Roy, vous avez un appel.

Vous ne perdez pas de temps.

Le plan est de vider tout l'immeuble d'ici � vendredi.

Le nouveau commissariat est d�j� pleinement op�rationnel.

- Ils ont demand� l'agent de service ? - Non. Vous.

Directement.

Darnley, on n'avait pas conclu un accord l'ann�e derni�re ?

Fini de pirater les syst�mes informatiques municipaux,

- amendes ou pas... - C'est diff�rent.

Qu'est-ce que tu as encore fait ?

Je t'envoie un lien. Ouvre-le. Tout de suite.

- Darnley... - Un groupe de chat m'a envoy� �a.

Tu as d�j� entendu parler de Zoop's Chicken ?

C'est sur l'autoroute neuf.

�a veut dire que �a se passe dans le coin.

- Tu l'as ? Tu vois �a ? - C'est quoi ?

C'est en direct. Et je suis certaine que c'est vrai.

Vous n'avez pas � faire �a, ce n'est pas n�cessaire.

Ce n'est pas une question de volont�, mais de n�cessit�.

Nous devons donner du poids � la proc�dure � venir.

Quelle proc�dure ?

Vous �tes pr�ts ? Quand elle entre...

La serviette, vous l'avez vue ?

NON POUR L'INTERVIEW

Merde.

H�, c'est ce mec bizarre.

Slauson ne m'accorde pas d'interview. Il va parler � CBS.

Un parlementaire bouseux de Virginie-Occidentale m'a menti.

Le monde est rempli de mecs bizarres, Kaitlyn.

- Lequel ? - � la division 53.

Il s'appelle Eddie. Et oui, il est super bizarre,

mais sans les mecs de son genre, on avance pas.

Il m'est d�vou�.

Il dit que si �a ne t'int�resse pas, il appellera Channel 6

- dans quatre minutes. - Enfoir�.

Merci.

TU AS VU �A ? C'EST R�EL ?

- Vous savez que �a va trop loin. - Qu'est-ce qui te fait dire �a ?

Si on est vraiment honn�tes l'un envers l'autre,

et il va falloir qu'on le soit,

nous savons tous les deux que c'est absolument n�cessaire.

�a rendra tout ceci plus cr�dible. �a captivera leur attention.

Vous ne pensez pas que couper son doigt �tait suffisant ?

- C'est en direct ? - On dirait. On peut pas �tre s�rs.

Ce n'est pas toi qui d�cides.

Pas dans cette pi�ce.

Qu'entendez-vous par "cette pi�ce" ?

Je suis d�sol�.

Je suis d�sol�.

Que recherchez-vous ?

La justice.

Non.

Oh, putain.

Doux J�sus.

Merde.

J'ai votre attention maintenant ?

OK. Je veux l'�quipe technique l�-dessus. Je veux tout savoir

sur cette transmission et quand elle a commenc�.

- C'�tait en direct. �a en avait l'air. - Non. Oui, tout semble en direct.

Nous avons besoin de quelqu'un de l'�quipe technique, tout de suite.

Oui, je patiente.

Monsieur, ne devrions-nous pas appeler le lieutenant Lucas ?

- Quelqu'un... - De plus exp�riment� ?

On devrait, oui.

Je ne pense pas qu'on aura assez de temps.

Est-ce que quelqu'un sait...

CIA...

Oui, monsieur ? Merci. On y travaille.

Oui, monsieur. Nous le savons.

Nous le regardons en ce moment m�me.

Alors, maintenant que c'est fait,

que devrait-il se passer ?

Je ne comprends pas.

Que devrait-il m'arriver ? Que dit la loi ?

Je ne pense pas �tre comp�tent pour dire ce qu'il faudrait faire

- ou ne pas faire... - Bien s�r que si.

Je vous demande pardon ?

Tu as d�j� dit que tu �tais magistrat.

Un magistrat est cens� conna�tre les lois de son propre �tat.

Je vois o� vous voulez en venir.

Eh bien, vous devriez �tre arr�t�,

incarc�r�, inculp� et jug�.

Et ?

Et si vous �tes jug� coupable...

"Si" ? "Si je suis jug� coupable" ? Tu �tais l�,

tu as tout vu. Ceux qui nous regardent ont tout vu.

Si un jury vous juge coupable

et recommande la peine maximale,

alors, dans cet �tat,

vous seriez condamn� � payer le prix ultime.

- Qui est ? - Votre vie.

- Vous seriez ex�cut�. - Comme le type dans le journal ?

Oui, si vous �tiez jug� coupable d'un crime majeur,

mais ce n'est pas s�r.

- Aucune affaire n'est identique. - Mais la peine est la m�me

quelle que soit l'affaire, car un innocent a �t� tu�.

Clair et net. Il me semble que c'est l'id�e.

Je ne comprends pas bien o� vous voulez en venir.

J'ai enlev� un homme, je l'ai emmen� ici, je l'ai attach� et je l'ai tu�.

Autant qu'on sache, c'�tait un innocent qui n'avait jamais rien fait � personne.

Alors, c'est certain. C'est la peine de mort.

Voil�, deux journaux,

grande histoire.

L'affaire Jeeter ?

L'affaire Jeeter.

Lis-le, � haute voix, pour tout le monde.

En entier.

"Paul William Gager,

"l'homme qui a enlev� et assassin� Claudine Jeeter, �g�e de 14 ans,

"il y a six ans,

"a �t� ex�cut� ce matin � 00 h 01.

"Le d�tenu a re�u une injection l�tale

"au centre de d�tention de Six Rivers � Triborough.

"C'�tait l'application de la peine de mort la plus rapide

"de l'histoire de l'�tat."

Je soup�onne que l'article ne s'arr�te pas l�.

"Un appel de derni�re minute des avocats de Gager a �chou�.

"Gager avait �t� reconnu coupable de l'enl�vement et du meurtre de Jeeter

"apr�s une chasse � l'homme de deux ans.

"Jeeter avait disparu de son domicile

"le 10 f�vrier, il y a six ans."

Je ne m'ennuie pas.

"Il avait �t� d�couvert plus tard

"que Claudine avait �t� s�questr�e dans une installation rudimentaire

"destin�e � garder des lapins, sur la propri�t� de Gager,

"situ�e � 5 km de la maison des Jeeter.

"La recherche pour retrouver Claudine Jeeter fut �reintante

- "et charg�e d'�motion..." - Je le connais.

"... et a grandement suscit� l'int�r�t du public,

- "et la police locale et nationale..." - Nous le connaissons tous, non ?

"... ont travaill� d'arrache-pied

"jusqu'� ce que, finalement, ils puissent appr�hender Gager

"et le lier � la mort de la jeune fille."

L'article s'arr�te l�.

Il n'y a plus rien.

Peut-�tre pas dans le journal, mais dans les faits, il y a beaucoup plus.

Mais je veux �tre s�r d'avoir bien compris.

Donc, si cette condamnation �tait juste,

et que l'�tat a eu raison de tuer cet homme,

il s'ensuit, comme je l'ai clairement dit,

que je devrais �tre ex�cut�

pour avoir tu� notre ami Ron.

Non, vous ne pouvez pas en �tre s�r.

J'ai choisi un homme par hasard, je l'ai enlev�, je l'ai tu�.

Mais il y a d'autres choses � consid�rer. L'�tat mental de l'accus�, son QI.

Je l'ai amen� ici, je l'ai attach�, je l'ai tortur� et je l'ai tu�

pour des raisons �go�stes. Que reste-t-il � discuter ?

- Il faut un proc�s pour le d�terminer. - Pourquoi ?

Parce que sans proc�s, il ne peut pas y avoir de justice.

Et c'est quelque chose dont vous �tes expert, n'est-ce pas,

Monsieur le Juge ?

... DANS L'AFFAIRE JEETER

Le juge Oliver Straight,

l'homme qui a jug� l'affaire Jeeter.

Cet homme est coupable d'avoir pris la vie d'un autre homme.

S'il est jug� coupable, le coupable doit �tre ex�cut�.

Ce sont les r�gles que nous avons �tablies, non ?

Ne dis pas oui.

Dans cet �tat, oui.

Alors,

�a veut dire que la discussion peut avancer, non ?

J'ai Carl au t�l�phone pour toi.

Dis � Carl que nous devons en parler, on perd du terrain.

Ouais. Mais il n'est pas tr�s chaud pour un direct.

Fid�le � lui-m�me.

C'est pour �a qu'on est quatri�me.

Carl.

Je te l'assure, si c'est le cas,

les choses tourneront mal pour toi.

Parce qu'aussi s�rement que j'ai tu� l'innocent Ron,

tu as aussi tu� un innocent.

De quel homme s'agit-il ?

Tu viens de lire l'article, l'affaire Jeeter.

Paul William Gager.

Je peux prouver que tu as volontairement envoy�

un innocent � sa mort.

Je suis pr�t � juger cette affaire ici et maintenant,

devant ce juge en particulier et devant ce jury en particulier.

- Je ne comprends pas. - Tu comprends tr�s bien.

Ils sont ici. Ils sont partout.

Et je te l'assure, les rouages de cette justice tourneront tr�s vite.

Maintenant, Carl, maintenant !

Parce qu'ils nous devanceront !

Voil� pourquoi ! Ils ne sont pas cens�s nous devancer !

Pour ceux qui nous rejoignent maintenant,

je vais instruire le proc�s qui d�cidera de la vie du juge.

Et quelle que soit votre d�cision, je m'y conformerai,

mais soyons absolument clairs, nous appliquons les r�gles de l'�tat.

Les r�gles du juge. Ce qui signifie que, jug� coupable,

il sera mis � mort.

Ici m�me.

La s�ance est ouverte.

13 H 45

Isoler et trouver. Concentrons-nous sur ce que nous savons � propos de Straight,

pas sur ce que nous pensons savoir.

Bonjour. Harper Grant, avec un flash sp�cial de USCN.

Voici ce que l'on sait.

- Que Dieu nous aide. - Le juge

saisi de l'affaire Claudine Jeeter

a �t� enlev�

et est d�sormais s�questr� dans un lieu tenu secret.

L'enl�vement, cependant, est diffus� en direct sur les r�seaux sociaux.

Pour nous aider � compl�ter le puzzle, Jean Treblis, de USCN, est avec nous.

Il est encore trop t�t pour �tre s�r, mais il semblerait

- que... - Que la fa�on dont

le juge Straight a instruit le proc�s ait soulev� quelques objections ?

On peut voir les choses ainsi.

Est-ce que quelqu'un a jamais remis en cause le proc�s ?

Ils le feront maintenant.

Nous savons qu'un citoyen

a d�cid� de remettre en cause le proc�s.

Et peut-�tre m�me le verdict.

Darnley a parl�

de probl�mes d'�pargne et de factures impay�es,

c'est peut-�tre une piste.

D'o� ils sortent tout �a ?

- Qui est-ce ? - C'est l'�quipe informatique.

- Vous plaisantez ? - Ils sont tous au nouveau QG.

Que pouvez-vous me dire ?

Nous ne pouvons pas trouver l'origine d'un livestream passant par un r�seau social.

Pourquoi ? Il n'utilise pas leurs

serveurs ou je ne sais quoi ?

Voyez �a comme un appel, qui a �t� redirig� 15 fois.

- Il est rus� � ce point ? - Oui, plut�t.

Ils ne peuvent pas... le couper ?

On pourrait, bien s�r, tout arr�ter,

mais il pourrait toujours utiliser une autre plateforme.

De toute fa�on, c'�tait une mauvaise id�e.

On perdrait le seul moyen de savoir ce qu'il va faire.

On ne peut pas limiter son audience ? Ou comment vous appelez �a ?

- Peut-�tre. - Il s'en rendrait compte ?

- Probablement. - Comment en �tes-vous si s�r ?

Il a pirat� l'un des sites web les plus contr�l�s du monde,

son signal ne laisse pas de trace, il l'a brouill� une demi-douzaine de fois.

Il est assez intelligent pour savoir ce qui se passe sur son site.

OK. Merci.

OK. Donc le juge vit dans le comt� d'Aspen.

� une trentaine de kilom�tres du centre-ville.

On a deux patrouilles l�-bas en ce moment.

Ils ont trouv� une Volvo ouverte

et des sacs de courses renvers�s dans l'all�e.

Mais on ne sait pas quand c'est arriv�.

Donc on v�rifie toutes les cam�ras de surveillance

- et tous... - V�rifiez la facture.

- Quoi ? - Dans l'un des sacs dans l'all�e.

�a nous indiquera le magasin et l'heure d'achat.

S'il n'y pas de facture, regardez les sacs ou les �tiquettes

pour trouver le supermarch�.

Allez au plus proche et demandez l'heure de l'achat au g�rant.

Le re�u nous indiquera o� se trouve le juge.

Si le juge a fait ses courses � 10 h du matin,

- et si la diffusion a commenc� � ? - � 13 h 11.

� 13 h 11, et qu'il n'a pu conduire qu'� 105 km � l'heure

pour ne pas attirer l'attention,

alors la pi�ce dans laquelle ils sont est dans un rayon de 160 km

� partir de la maison du juge.

Si on tient compte du temps qu'il a fallu pour pr�parer la pi�ce

et enlever l'autre victime,

elle est probablement encore plus proche.

Que sait-on sur l'autre victime ?

On a revisionn� le d�but du livestream

et on a d�couvert qu'il est d'ici, Ron Price.

Il dirige et travaille � Price to Pleaze Us, avec un Z.

Son ex-femme s'occupe encore de son secr�tariat.

Elle a dit que son premier job ce matin �tait pr�s de Sheltingham.

Donc si notre homme a enlev� M. Price apr�s le juge,

�a veut dire que le lieu est tr�s proche.

Bon, il est manifestement clair que tu as

tout soigneusement et intelligemment pr�par�.

Ne sois pas condescendant.

Mais tu as commis des erreurs fondamentales

en ce qui concerne la proc�dure judiciaire.

Tu dis que tu vas instruire un proc�s.

Tu ne le peux pas.

- Un proc�s... - "Est l'examen des preuves

"et du droit applicable par un tribunal comp�tent,

"afin de d�terminer la relation entre

"accusations et faits."

D'accord.

Examinons le droit applicable

et le tribunal comp�tent.

Pas besoin.

Nous savons d�j� de quel crime nous parlons.

Meurtre pr�m�dit�.

Et pour ce qui est du tribunal comp�tent,

eh bien, j'ai choisis mon jury dans le m�me pot que toi.

Ce qui constitue un tribunal, ce sont les r�gles. Nous en aurons.

Et nous aurons une mod�ration.

Ce qui fait de ceci un proc�s.

Mais ce tribunal conna�tra quelque chose que ton tribunal

n'a pas beaucoup connu.

C'est-�-dire ?

La justice.

Je serai le procureur et tu assureras toi-m�me ta d�fense.

- Le juge et le jury si�geront ailleurs. - Mais le juge parle dans un proc�s.

Ce juge parlera.

ACCORD�E - REJET�E NOMBRE DE VOTES

JUG� PAR LES R�SEAUX SOCIAUX

Oh, merde.

D�s que Claudine Jeeter a �t� enlev�e,

elle a fait la une des journaux. Adolescente de 14 ans,

�l�ve brillante, poss�dant un petit terrier appel� Brownie,

arrach�e � son monde en rentrant de l'�cole.

Tout le monde �tait saisi, le public,

la police, le futur juge, tout le monde.

On a tous vu la grand-m�re, Mme Solje,

� la t�l�vision, presque tous les soirs.

Ainsi que le cousin, le porte-parole de la famille, Berdenand Solje.

Ils sont devenus des �l�ments de notre salon, une partie de l'actualit�.

Par cons�quent, le procureur soutiendra

que le verdict de l'affaire Jeeter a �t� fabriqu�,

plut�t que rendu par la Cour. Pas par malveillance intentionnelle,

mais par bonne volont� et d�sir sinc�re.

Un d�sir de voir quelqu'un payer pour le meurtre de la jeune Claudine.

Mais l'accusation d�montrera que le r�sultat de ce d�sir

fut une course � l'�chafaud.

Une course aliment�e par l'incomp�tence polici�re

et les raccourcis judiciaires, les fonctionnaires oubliant leur devoir.

Ainsi un homme innocent fut mis � mort.

Que l'�tat ait pens� que Paul Gager �tait coupable ou non n'est pas la question.

Est-ce g�nant si je pense que Ron, le couvreur, �tait coupable d'un crime

pour d�couvrir ensuite qu'il �tait innocent ?

Bien s�r que non.

Tout ce qui importe, c'est que je l'ai tu� quand je n'avais pas le droit de le tuer.

L'�tat a tu� Paul William Gager alors qu'il n'en avait pas le droit.

L'accusation en fera la d�monstration

en montrant que son arrestation et son proc�s

sont symptomatiques d'un syst�me judiciaire

qui est ignorant, corrompu et assoiff� de sang.

Ce n'est pas comme �a que les choses fonctionnent.

- Tu parles en qualit� de d�fendeur ? - Non.

Tu ne peux parler qu'en qualit� de d�fendeur.

Je ne peux parler que pour moi-m�me,

- pas comme d�fendeur. - Tu n'as pas le droit de parole,

sauf en tant que d�fendeur s'adressant � la Cour.

Parce que comme je l'ai d�j� dit, ceci n'est pas un tribunal.

Crois-moi quand je le dis,

tu es dou� pour �tudier le dictionnaire,

et tu imites brillamment les mimiques des magistrats,

mais �a ne veut pas dire que tu comprends le droit.

Tu dis que je ne comprends pas le droit ?

Je dis que tu ne comprends pas le droit.

Premier motif d'accusation, l'erreur du juge,

pr�somptions sans r�f�rence, jugements sans fondement.

Le modus operandi de l'homme en robe noire

pour rendre des jugements rapides.

- Ce n'est pas mon type de droit. - Si, c'est ton type de droit.

Et ce n'est pas mon type de Cour.

Si, c'est ton type de Cour.

L'affaire Jeeter requ�rait la peine de mort.

Oui, il y avait un juge,

mais le verdict a �t� rendu par un jury.

Et il a recommand� la peine.

Le r�le du juge est limit�.

Je pense que tu le sais.

Mais il y a quelque chose qui se passe ici qui m'inqui�te.

Tu vas probablement nous en parler.

Je ne crois pas que tu aies le droit d'instruire cette affaire.

En aucun cas.

Il y a un avocat ici ?

Un sp�cialiste de droit p�nal ?

Oui, moi.

De quoi parle-t-il ?

Je crois que nous sommes clairement confront�s � un conflit d'int�r�ts.

Par voie de cons�quence,

nous ne pourrons pas commencer

tant que je n'aurai pas d�terminer si c'est le cas ou pas.

- Sauf que �a ne marche pas comme �a. - Si.

S'il existe la moindre possibilit� d'un conflit d'int�r�ts,

je peux formuler une objection.

- Et j'objecte. - J'objecte � ton objection !

Et maintenant ?

Nous n'avons qu'� la rejeter.

Ouais.

J�sus, Marie.

Rebondissement surprenant, Harper,

mais comme les chiffres le montrent,

les gens sont clairement en train de soutenir l'objection du juge

et rejeter l'argument de l'homme qui le tient en otage.

Qu'est-ce que �a dit ?

Alors ?

On n'a jamais rien vu de tel, c'est �vident.

- Mon objection a �t� rejet�e. - Bon, tr�s bien.

Il appara�t que la voix du peuple...

Par un vote de 47 239 contre 19 640.

Pr�s de 70 000 personnes participent d�j�.

... plus de 10 % des gens qui regardent participent et votent.

�a me semble �tre un nombre important,

et je pr�sume que ce pourcentage ne fera que cro�tre.

Oh, merde.

Stokely ?

Asseyez-vous.

Quel �tait son nom ?

L'inspecteur qui a suivi l'affaire Jeeter ?

- Steptoe. - Vous le connaissez ?

Un peu, j'ai fait partie de son �quipe.

- Pas sur l'affaire Jeeter. - Appelez-le.

- Pourquoi ? - Et s'il avait raison

� propos du juge ?

Je crois que la question qui s'impose maintenant

est : est-ce que tu te conformes

� la d�cision de la Cour ?

Donc tu acceptes ceci comme un tribunal ?

Si tu dis des mots comme "conformer" et "Cour".

Non, ceci n'est pas un tribunal.

Mais si tu te conformes � leur d�cision,

cela indique quelque chose sur la mani�re dont tu vas consid�rer,

dont tu vas traiter tes propres jugements.

Ce qui pourrait faire de ceci un tribunal.

Tu as dit qu'il y avait 70 000 personnes maintenant,

et davantage � chaque seconde ?

Eh bien, il me semble

que tout ce que tu essaies de prouver serait compromis

si tu ne suivais pas tes propres r�gles.

- Continue. - Pardon ?

J'ai object�, mon objection a �t� rejet�e. Donc, continue.

Tu as dit "conflit d'int�r�ts".

Quel conflit d'int�r�ts ?

Eh bien, tu as fait un discours face � cette cam�ra.

Et tu l'as tr�s bien fait, avec �loquence.

Mais la fille �tait issue d'une communaut� ethnique.

Certains noms �taient tr�s difficiles � prononcer,

mais tu les as prononc�s sans probl�mes.

Il y a aussi la question du nom du chien.

Tous les m�dias ont mentionn� le chien.

- Et son nom ? - Et son nom.

Mais pas la race.

Je le sais, parce que c'�tait l'une des r�serves

de la police pour identifier le suspect.

Manifestement, tu sembles bien conna�tre la famille Jeeter.

Tu la connais, n'est-ce pas ?

Qui es-tu ?

J'�tais son oncle.

15 H 03

Ceci est un flash info USCN.

Un flash info sp�cial.

L'homme est son oncle. D'apr�s

la personne d�tenant le juge Straight en otage

dans un lieu inconnu

et essayant d'organiser ce qui semble �tre un proc�s fictif sur r�seau social.

Pour nous aider � y voir plus clair,

nous recevons Josh Harkridge, analyste de USCN. Josh.

Nous savons d�sormais que l'homme d�tenant le juge Straight en otage

semble avoir un int�r�t tr�s particulier dans cette affaire.

Et cela peut expliquer pourquoi il a choisi

- cette voie. - Serait-ce une sorte de rancoeur ?

Eh bien, c'est bien le probl�me, Harper, nous ne le savons pas.

Ce que nous savons, c'est que l'ex�cution

de Paul William Gager, l'assassin de Claudine,

a eu lieu ce matin.

Maintenant, s'il y a un grief particulier concernant la r�gularit� du proc�s...

Il est possible que la famille ait eu des doutes sur la culpabilit� de Gager.

Je ne le pense pas.

Josh, dites-moi, cela ne nous am�ne-t-il pas

� la question de l'instruction de l'affaire par le juge Straight ?

C'est possible.

Tu n'as pas le droit d'instruire cette affaire.

- Tout juge sens� te le dirait... - Non. Pas de sp�culation

sur ce qu'un juge sens� dirait, parce que nous avons un juge.

Et je pense pas que le juge dira que ma relation avec Claudine

m'emp�che d'instruire cette affaire,

parce que l'affaire en cause n'est pas l'enl�vement de Claudine.

Il s'agit de toi,

envoyant un innocent � sa mort.

C'est l'affaire en cause ici.

Donc, soumettons-la � la d�cision d'un juge.

�a ne tiendrait nulle part.

�a tiendra ici.

Ce n'est pas suffisant d'encercler la maison.

Quelqu'un doit parler � la famille.

C'est pour �a que j'ai parl� du cousin.

Alors laisse-moi lui parler.

Comment il s'appelle ? Berdenand, c'est �a ?

- Quel est le probl�me ? - Lieutenant Roy ?

Leonard Steptoe.

J'�tais charg� du dossier Jeeter.

On dirait que vous �tes dans un beau p�trin.

Je suis en plein cauchemar, Inspecteur.

Eh bien, je suis l� pour vous aider.

Je vais commencer par les informations sur la famille Jeeter

que vous devez conna�tre.

Allez, tu dois �tre l�.

Merde.

L'oncle... est mort.

Vous pouvez r�p�ter ?

Sa voiture est tomb�e du viaduc de Tremont.

Donc, quoi que ce maboul dit vouloir,

ce n'est pas parce qu'il est l'oncle de Claudine.

Et il semble une fois de plus que l'objection est rejet�e.

Ton objection a �t� rejet�e.

Dans cette affaire, l'argument selon lequel la famille...

J'aimerais conna�tre le raisonnement du juge.

Tu exposes toujours tes motifs quand tu statues ?

Tu as d�j� accept� l'une des d�cisions du juge,

�a implique que tu acceptes l'autorit� de ce tribunal.

Soyons tout � fait clairs.

Les gens qui ont enqu�t� et instruit l'affaire Jeeter,

voulaient et avaient besoin

d'un psychopathe solitaire.

Il leur en fallait un pour une raison tr�s simple.

Tu vois, tuer une jeune personne est le pire crime imaginable.

Pour supporter cette horreur dans nos esprits,

il nous faut, nous avons besoin de, et nous devons tuer,

un psychopathe solitaire.

Toute personne qui ne ressent pas ce d�sir est inhumaine.

Et �a irrigue cette affaire.

Les avocats, la police et presque tout le syst�me judiciaire.

Chaque d�cision prise �tait fond�e sur leur humanit�.

Et � cause de la mani�re dont ce syst�me de merde est �tabli,

ils ont pu prendre ces conclusions humaines imparfaites

et les marier � un pouvoir qui ne leur appartient pas vraiment.

Le pouvoir de donner et de retirer la vie.

Quelque chose � ajouter ?

Est-ce qu'on est vraiment en train de parler de �a ?

De la validit� de la peine de mort ?

Je suis d�sol�, mais pour une raison ou une autre,

je pensais qu'on allait discuter de quelque chose de plus original

- et substantiel. - Regarde autour de toi,

je ne te fais pas l'impression d'�tre quelqu'un d'original et de substantiel ?

Nous sommes ici pour parler justice.

Maintenant, je veux t'interroger

sur le travail de la police dans l'affaire.

J'ai peur de ne pas pouvoir t'aider, je ne suis pas policier.

Alors, je veux t'interroger sur ton interpr�tation

du travail de la police.

Dirais-tu qu'il �tait minutieux ?

Qu'il correspondait � ce que nous sommes en droit d'attendre de notre police ?

Bien s�r.

Sinon, il n'aurait pas �t� admis ou n'aurait pas r�sist� au proc�s.

Quel serait la r�alit� de ce travail ?

N'est-il pas vrai que les crimes les plus graves

dans ce pays restent non �lucid�s ?

Par non �lucid�s, tu entends ?

Pas de mythes � la con.

Pas de romans � deux balles, pas de s�ries dramatiques bidon.

N'est-il pas vrai que la plupart des affaires

sur lesquelles la police enqu�te

restent non r�solues ?

N'est-il pas vrai que seulement 18 % de tous les crimes non violents

dans ce pays sont r�solus ? Dix-huit pour cent.

- Enfoir�. - Et n'est-il pas �galement vrai

que plus de 50 % des crimes violents et pr�s du tiers

- de tous les meurtres restent irr�solus ? - Non pertinent...

Le meurtre le plus d�vastateur dans l'histoire de ce pays,

l'assassinat d'un pr�sident am�ricain en exercice,

sous les yeux du pays entier, n'est toujours pas �lucid�.

Le tueur du Zodiaque, le b�b� Lindbergh,

JonBen�t Ramsey, l'�trangleur de Boston,

la liste est longue.

Ne serait-ce pas un constat de dire que la norme est

la non-r�solution par la police des crimes dans ce pays ?

Le dossier Jeeter �tait solide.

Personne sur Terre ne peut prouver le contraire.

Peux-tu me dire ce que je te montre ?

LA CHASSE � L'HOMME S'INTENSIFIE CLAUDINE RETENUE DANS UN CLAPIER

Tu n'as pas besoin de l'entendre, c'est �vident.

R�ponds � la question.

Eh bien, les coupures de presse.

Les articles consacr�s � l'affaire Jeeter.

Tu les connais ?

Certains, oui.

Ils datent du proc�s ?

Je suppose, oui.

En fait,

ils sont tous ant�rieurs au proc�s, mais tu dis les conna�tre.

Peux-tu dire au jury ce qu'ils racontent ?

Je ne suis pas certain de comprendre la question.

Ce n'est pas grave, je vais r�pondre.

Ils racontent l'histoire.

L'histoire de Paul William Gager telle que racont�e apr�s son arrestation.

Le solitaire vivant seul � la campagne.

Renferm�.

Passionn� par le passe-temps �trange de la d�tection de m�tal.

Ce truc de construire des clapiers � lapins

avec des panneaux de chantiers.

La d�molition des murs int�rieurs, mais surtout,

cette photo, cette photo de lyc�e.

Y a-t-il une seule personne dans ce pays qui ne l'a pas trouv�e d�rangeante ?

- Tu l'as vue, non ? - Oui.

Avant le proc�s ?

Oui.

Tu ne l'as pas trouv�e d�rangeante ? Moi, si.

Oui.

Quoi ?

Oui, je l'ai trouv�e d�rangeante.

Je suis s�r que tu as vu cette photo.

Et tu l'as associ�e avec toutes ces histoires,

et toutes les preuves contre lui

ont pris tout leur sens.

Sans oublier la preuve la plus importante.

Qu'elle a �t� retrouv�e sur sa propri�t�. On ne peut pas l'oublier.

Et ce petit lien vers la remise accol�e � la maison.

Bon sang, c'�tait �vident.

Il l'avait tu�e.

C'�tait la conclusion du jury.

Statuant � partir des faits.

- Oui. - Les faits que la police

a apport�s � l'accusation.

- Oui. - Mais pas tous les faits, non ?

- Que veux-tu dire ? - N'est-il pas vrai

que le jury n'a pas �t� inform� de son casier judiciaire,

parce que toi, le juge, l'as jug� irrecevable ?

- C'est vrai, je ne l'ai pas admis. - Pourquoi ?

Pour sa protection.

Parce qu'il avait �t� pr�c�demment condamn� pour tentative de viol ?

�a aurait influenc� le jury.

Mais c'�tait l'agression sexuelle d'un homme.

Un homme de 36 ans qu'il a dragu� au relais routier Sapp Brothers.

D�TAILS DE L'AFFAIRE JEETER

N'est-il pas aussi vrai qu'une �valuation psychiatrique

avait �t� ordonn�e ?

- Pas par moi. - Mais les r�sultats

de cette �valuation

ont �galement �t� jug�s irrecevables par toi, n'est-ce pas ?

Alors, �claire-moi sur un point.

Est-ce qu'un homme homosexuel, extr�mement claustrophobe,

si claustrophobe qu'il avait abattu

les murs int�rieurs de sa maison,

aurait choisi de s�questrer une fille de 14 ans

dans une remise de deux m�tres sur un et demi d�pourvue de fen�tre ?

Parce qu'il a d� passer beaucoup de temps avec elle l�-dedans, non ?

REMISE AFFAIRE JEETER

� fabriquer ces poup�es et ces colliers,

- et ces bracelets... - La taille de la remise est importante ?

La taille de la remise n'est pas importante.

Non. Au contraire, je pense que la taille de la remise est importante.

Non ! La taille de la remise n'est pas importante.

Ce qui est important, c'est la suppression par la Cour de preuves m�dicales,

psychiatriques et p�nales

� cause de ses pr�jug�s personnels.

Ce sera impossible � prouver.

C'est peut-�tre impossible � prouver.

Mais il est possible que �a se soit pass�, non ?

Peut-�tre, oui.

C'est possible.

S'il y a autre chose qu'il peut dire ou d�voiler,

j'aimerais le savoir maintenant.

Permettez-moi d'�tre tout � fait clair,

j'ai consacr� deux ann�es de ma vie � Claudine Jeeter.

Je sais que je lui ai rendu justice.

Je n'ai pas � r�pondre aux questions de qui que ce soit.

- S�rement pas aux v�tres. - Pourquoi pas aux miennes ?

Vous �tes devenu inspecteur, et vous avez tout l�ch� pour un bureau.

Vous �tiez trop faible.

Maintenant, vous troquez votre bureau contre une retraite.

Ni vous ni personne n'avez le droit de mettre en question

le travail de terrain qu'on a fait sur l'affaire Jeeter.

On a bien boss�.

Oui.

Quand est-ce que la police ou les m�dias ont-ils parl�

de la taille de la remise ?

- C'est qui ? - C'est Darnley.

Et c'est quoi ce truc � propos des colliers et des bracelets ?

Il n'y a rien en ligne � ce sujet.

Et dans mon monde, si c'est pas sur Internet, �a n'existe pas.

Personne n'en a parl�.

Y avait-il autre chose

qui a �t� potentiellement supprim� afin de garantir

une inculpation dans ce proc�s ?

Tu ne serais pas plus apte � r�pondre � cette question que moi ?

Tu n'es pas son oncle.

Je sais qui tu es.

Tu devrais voir �a.

Si je suis celui que tu crois,

tu ne peux pas le dire, pas vrai ?

C'est le pi�ge.

Le juge ne peut pas le dire sans s'incriminer lui-m�me.

Question.

S'il conna�t des informations tenues secr�tes,

qui pourrait le savoir ?

La famille.

Qui d'autre ?

... LES FLICS

Nous.

Les victimes.

Et...

Le meurtrier.

LA POLICE LE TUEUR

La personne qui a r�ellement kidnapp� et tu� Claudine Jeeter.

Ont-ils �t� capables, indiscutablement et indubitablement,

de lier la fille � la remise de Gager ?

Vous devez demander � Steptoe.

Je vous le demande � vous.

J'ai entendu dire que le lien avec la remise �tait circonstanciel.

Mais ils ont pens� qu'il tenait la route parce qu'ils l'avaient coinc�

- sur presque tout le reste. - "Presque tout le reste" ?

15 H 51

Donc le juge ne peut pas en parler sans s'incriminer lui-m�me,

mais voil� comment �a a pu se passer.

CONNECT�S VOTANTS

Il aurait pu �tre proche d'elle.

Assez proche pour la voir, pas tous les jours,

mais assez pour savoir comment se passait sa vie.

Aller � l'�cole avec ses amis,

jouer avec le chien dans le parc,

quand elle �tait oblig�e d'emmener son fr�re � l'�picerie.

Elle d�testait �a, �a se voyait.

Ses bras et ses jambes l'�t�, la couleur de sa peau.

Elle �tait pure.

Peu � peu, il a r�alis� qu'il voulait poss�der cette puret�, la tenir.

La tenir dans sa main comme un flocon de neige.

La prot�ger de la souillure.

Et au final, il a r�alis� qu'il l'enl�verait.

Et il savait que c'�tait une chose terrible, un acte odieux.

Il a eu du mal � l'accepter.

Peux-tu imaginer ce que �a fait de penser � �a ?

Et ensuite, il l'a enlev�e,

un acte tr�s simple, qui a dur� une poign�e de secondes.

Et la vie qu'il avait men� jusque-l� s'est bris�e,

comme un miroir, en un million d'�clats.

Mais ensuite, il a vu la r�action de la t�l�vision,

et de la presse, et de la police.

Et il �tait si soulag�, parce qu'il a r�alis� qu'il serait arr�t�.

Ils allaient l'arr�ter, ils le devaient.

Il les voyait � la t�l�vision, dire tout le temps

qu'ils allaient y arriver, qu'ils y travaillaient jour et nuit.

Qu'ils n'auraient de cesse de trouver le tueur.

Mais les jours passaient,

et il n'�tait pas arr�t�, pas captur�.

Et il r�alisa qu'il ne serait pas arr�t�,

parce qu'ils...

ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.

Bien s�r, ils avaient l'air de policiers, mais ils n'en �taient pas vraiment.

Jour apr�s jour, ils le laissaient passer leurs barrages,

et jour apr�s jour, il respirait de moins

en moins.

Peut-�tre que le ravisseur a commenc� � leur faire passer des tests.

La premi�re fois qu'ils l'interrog�rent, il leur donna deux indices.

Ils n'�taient pas simples, mais ils n'�taient pas compliqu�s.

Rien n'en sortit. Donc, la fois d'apr�s, il les simplifia.

�vident, m�me. Pas d'importance. L� non plus, ils ne comprirent pas.

Alors finalement, il envoya une confession anonyme,

il y inclut m�me un �chantillon de son propre ADN,

mais la police le perdit.

Si tu peux le croire, ils sont venus dans la cour

o� elle �tait d�tenue. Ils �taient l�.

Ils n'avaient qu'� faire trois pas de plus.

Mais nom de Dieu, ils n'ont pas �t� capables de le faire.

S'ils avaient boug�, ils l'auraient trouv�e.

Et une fois qu'il comprit leur incomp�tence,

une conclusion s'est impos�e.

Il allait devoir la tuer. Il allait devoir tuer la fille.

Sinon il ne l'arr�terait jamais.

Une fois qu'ils auraient le corps, une fois qu'ils auraient les preuves,

ils seraient oblig�s de l'arr�ter. Et une fois arr�t�,

ils l'ex�cuteraient parce que c'est tout

ce que quelqu'un comme lui m�rite.

Quelqu'un comme lui qui fait �a � quelqu'un comme elle m�rite la mort.

Alors il la tua, et lorsqu'il commen�a � consid�rer

les implications morales de la situation,

il appela la police.

La police vint r�cup�rer le corps, rassembler les preuves

et apr�s �a, ils firent fausse route.

Ils accus�rent Paul William Gager.

Paul William Gager, juste parce qu'elle �tait chez lui.

Et � cause des clapiers � lapins fait maison.

Et bien s�r, cette fichue photo.

Et c'est sur �a que les cha�nes d'info en continu ce sont focalis�es.

Cette photo, pendant quatre jours, au centre du monde.

Le temps qu'ils en finissent avec lui, tout le pays savait qu'il l'avait fait.

Le proc�s, n'�tait qu'une formalit�, tu n'avais plus

qu'� pr�sider � son ex�cution.

Oui,

je suis la preuve finale

et la plus irr�futable

que tu as tu� un homme innocent.

J'ai tu� Claudine Jeeter.

Rien de ce que tu peux faire ne peut le changer.

- Stokely. - Oui.

Que tout le monde v�rifie ces informations sur le champ.

Vous savez ce qui nous reste � faire ?

Nous allons avoir besoin de la police scientifique.

Je comprends comment tu es parvenu � ces conclusions.

Mais rappelle-toi

que la justice est rendue par des gens.

Et les gens

ne sont pas parfaits.

Ce n'est pas la question.

On sait tous les deux que ce n'est pas la question.

La question est :

que doit-on faire de moi ?

S'il y avait un proc�s...

Je pense qu'on peut faire un proc�s assez rapidement.

J'ai avou� l'avoir fait.

Je peux le prouver, j'ai les preuves.

Je m'en sens continuellement coupable.

Il y a la question de l'intention.

Parlons de l'intention.

�tait-ce ton intention,

quand tu es rentr� dans ce tribunal le premier jour,

de soutenir l'ex�cution de l'assassin de Claudine Jeeter

si le jury le d�clarait coupable ?

J'ai cru en ce qu'ils m'ont dit.

Il n'y a personne qui ne votera pas pour son inculpation,

et quand �a arrivera, je serai sur l'histoire, d'une fa�on ou...

Carl.

Carl ! Merde.

Il faut que je te parle.

Harper ?

Pourquoi as-tu mis le juge en question ?

Et ces conneries � propos du verdict ?

Kaitlyn, �coute-moi,

cette histoire sera oubli�e demain,

mais pas celui qui l'aura racont�e.

Tu ne comprends pas l'urgence ? C'est en direct � la t�l�.

Montre-le au commissaire

- s'il faut, juste... - Que faites-vous ?

Je vais obtenir l'autorisation de prendre tout �a en main.

D'accord ? Techniquement, ce n'est pas qu'un homicide,

c'est li� � l'affaire Jeeter et...

Allez.

On sait tous les deux qu'ils vont vouloir que je prenne la t�te.

Oui. S�rement.

Vous savez que le nouvel immeuble est enfin pr�t ?

Et je n'y mettrai pas les pieds.

Trente-sept ans de service,

et je les aurais pass�s dans ce trou � rats.

Et ce commissariat �tait c�l�bre.

Saviez-vous que ce b�timent a 120 ans ?

Ils l'ont r�nov� en 1960,

mais c'�tait le QG original pour toute la ville.

- Vous vous souvenez de Frank Stoppard ? - Oui.

Chaque soir, il �tait � la t�l� et disait � la presse...

"On enqu�te sur ceci, on enqu�te sur cela."

Parce que, vous savez, les ann�es 70 �taient horribles.

- C'est s�r. - Elles �taient violentes.

Mais, violentes ou pas,

on se sentait mieux en regardant Frank.

Il avait l'air � sa place.

Une touche de gris, toujours le bon costume.

Tous les autres gars �taient d�braill�s.

Puis, j'ai compris qu'ils ressemblaient � �a

parce qu'ils passaient leur vie

� frapper aux portes,

� passer des appels

et � suivre des pistes.

Frank �tait juste une fa�ade.

Ils le savaient tous, y compris Frank.

Mais aujourd'hui,

tout le monde est un Frank.

Je n'ai pas opt� pour un bureau parce que j'avais peur.

J'ai choisi le bureau parce que j'ai vu ce qui se passait.

Je voulais avoir l'impression de faire un vrai travail de policier.

Mais �a,

aussi terrible que ce soit...

Commen�ons par une question simple.

Y avait-il des marques sur ses poignets et son cou ?

Oui.

Qu'a dit Stapleton l�-dessus ?

Stapleton n'a pas fait l'examen post-mortem.

C'est dans les rapports. Baker s'est occup� de l'examen.

- Stapleton avait 40 ans d'exp�rience. - Oui, je sais.

Un pathologiste exp�riment� en aurait tir� des conclusions.

- On en avait apr�s Gager. - Notre h�ros ici

vient de nous dire qu'ils avaient fait des bracelets et des colliers ensemble.

S'il existe des preuves de �a, il est notre homme, et il est tout pr�s.

C'est difficile � prouver, Lieutenant.

Il nous l'a dit.

Aller � l'�cole avec ses amis,

les visites � l'�picerie, au parc avec le chien.

Il a d� la voir faire les trois.

Vous pensez qu'on n'a pas pass� le voisinage au peigne fin ?

Parce que c'est la premi�re chose qu'on a faite.

Non.

Je ne crois pas que vous l'avez fait.

Je vous le dis.

On a pass� ce quartier au peigne fin.

Non.

Donc ce sont nos archives ?

J'ai d�cortiqu� tout ce qu'on avait.

J'ai entendu la radio, l'une des radios de la police,

et ils parlaient de la fille, ce qui est bizarre.

J'esp�re... j'esp�re que rien de grave n'est arriv�.

Tu as quoi d'autre ?

Il y a une rang�e de vieilles maisons au nord,

mais seulement quatre ont vue sur l'�cole, le parc ou l'�picerie.

Mais aucune sur la maison de Claudine.

Il n'a pas parl� de voir sa maison.

Il a parl� de la voir au parc et � l'�picerie.

Surtout � l'�picerie.

- L�. Reviens en arri�re. - Comprenez-moi bien.

Tout le monde ici se sent tr�s triste pour Claudine.

Et nous prions tous pour elle.

Mais assur�ment, nos libert�s fondamentales sont bafou�es.

Reviens en arri�re, le gars en gris en arri�re-plan.

Mais assur�ment, nos libert�s fondamentales sont bafou�es.

Que dit-il ?

�a pourrait �tre n'importe quoi.

Proc�dure judiciaire officielle.

"Proc�dure judiciaire officielle."

Qui as-tu entendu parler comme �a r�cemment ?

Tu peux l'isoler ?

- Tu peux le mettre en ligne ? - Pour quoi faire ?

Pour reprendre notre place, Tom.

D'une fa�on, cette affaire a d�j� �t� jug�e.

La conclusion a �t� atteinte, et la peine inscrite dans la pierre.

Ma vie contre celle de Claudine, ma vie contre celle de Ron.

Je suis s�r que vous n'y verrez aucune objection.

Mais avec les m�mes r�gles, qui r�pondra

pour la vie de Paul William Gager ?

En suivant la m�me logique, quelqu'un doit en r�pondre, sinon,

vous pouvez aussi bien me lib�rer,

mais ce n'est pas possible.

Il n'y a vraiment qu'une personne,

une seule personne qui a eu acc�s � tous les faits,

une seule personne qui pouvait contr�ler ce que verrait le jury,

et une seule personne qui avait le pouvoir de dire stop

si justice n'�tait pas rendue.

Mais surtout, une seule personne qui a dit :

"Paul William Gager, je vous condamne � mort."

Cette personne est ici.

Il rejette cette responsabilit�,

parce que pour la premi�re fois, cette autorit�

qu'il a toujours si naturellement assum�e est remise en question.

Jusqu'� pr�sent, il a toujours soutenu le syst�me.

Un syst�me qui l'a �lu,

un syst�me qui ne pouvait pas trouver Claudine Jeeter vivante,

et un syst�me qui ne pouvait pas trouver son meurtrier apr�s sa mort.

Et un syst�me qui a condamn� Paul William Gager,

un innocent, � mort.

En appuyant sur une touche,

vous pouvez le d�clarer coupable,

et ensemble, nous allons enfin faire correctement

ce que ce syst�me a toujours fait si mal.

Tout autre r�sultat serait injuste.

COUPABLE NON COUPABLE

16 H 33

Comme vous pouvez le voir sur nos �crans,

un grand nombre de personnes sont en train de voter pour condamner juge Straight.

Ce n'est peut-�tre pas un proc�s officiel,

mais cela semble avoir aiguis� l'imagination des spectateurs.

- Oui ? - Il y a un moyen d'interrompre le vote ?

Peux-tu le ralentir ou l'arr�ter ?

On se rapproche, mais il me faut plus de temps.

Peut-�tre, mais vous n'avez personne pour �a ?

Pas vraiment. Mais on sait tous les deux que tu peux le faire.

Et maintenant, j'ai besoin de quelqu'un qui se moque

- des r�gles. - Laisse-moi voir ce que je peux faire.

ALERTE INTRUS

COMPROMIS

Une esp�ce de cafouillage dans le processus de vote.

- Qu'est-ce que tu as fait ? - Je crois que j'ai mis le vote sur pause,

pour trois, quatre minutes, pas beaucoup plus.

OK. Et si tu pouvais...

- C'est quoi �a ? - Une source chez USCN l'a envoy�e.

C'est un voisin, ils l'ont trouv� dans un vieil enregistrement.

Notre gars a dit qu'il a �t� interview�.

V�rifie avec nos archives.

Bien s�r.

Je l'ai.

Henry David Cole, 43 Glenmount.

Six rues plus bas de l'autre c�t� de la rue

de la maison des Jeeter.

Je pr�sume que c'est le moment o� tu pr�vois

que je pr�sente le r�capitulatif de la d�fense.

J'ai d�j� dit

que ceci n'est pas un vrai tribunal.

Ce n'est pas un proc�s.

Aucune vraie preuve n'a �t� pr�sent�e.

La v�racit� des ou�-dire et des sp�culations

n'a pas �t� prouv�e.

Laisse-moi...

Il est important que nous acceptions tous

que quand un jury rend un verdict

et l'annonce � la Cour,

il le fait en qualit� de repr�sentants d�ment �lus

de la soci�t�, de l'�tat...

- Il perd tout le monde. - ... au-dessus de nous tous.

C'est... c'est tout � fait fondamental.

Et c'est... Et c'est tr�s important

que vous compreniez que le...

Je devrais recommencer. Puis-je recommencer ?

Vous n'avez pas le temps, Monsieur le Juge.

Mais c'est crucial pour moi.

Pour moi, il est crucial qu'ils comprennent

comment un jugement est pris.

Ce n'est pas mon choix.

C'est le droit.

Police ! Mandat de perquisition !

Allez !

Tous � terre !

Inspectez la pi�ce.

- Entrez. - Entrez.

Surveille mes arri�res.

Inspecte la cuisine.

Police m�tropolitaine !

On a un mandat de perquisition.

R�S.

- Ils doivent v�rifier la cave. - Il n'est pas dans la cave.

- Il est dans la cave. - Non.

On est manipul�s.

Ouvre la porte et recule.

�a ressemble � un g�n�rateur portable.

Quelqu'un a fait de la ma�onnerie.

C'est quoi �a ?

Un ventilateur ou un truc du genre.

�a semble s'�loigner de la propri�t�.

J'ai trouv� quelque chose.

Doucement.

Seigneur.

Trouvez o� �a m�ne.

Ce n'est pas un processus �motionnel.

C'est un ensemble de r�gles.

La cour m�ne � un ravin.

� l'arri�re.

Allez � l'arri�re.

L'id�e selon laquelle un homme pourrait contr�ler tout le code p�nal...

Dispersion.

... a disparu il y a 500 ans,

avec la monarchie de droit divin.

Il y a quelque chose par l�.

Et n'y a pas de juge de droit divin.

C'est quoi ce truc ?

Doucement. Doucement.

Couvrez-moi.

Couvrez-moi.

Soyez tr�s prudents.

Mon Dieu.

Elle avait quatorze ans, pas six.

17 H 29

Il y a peu, une force d'intervention est entr�e dans cette maison

situ�e � quelques m�tres de celle des Jeeter.

USCN IDENTIFIE LE KIDNAPPEUR HENRY DAVID COLE

La police utilisait des informations qu'elle avait re�ues de USCN.

Il est possible qu'elle recherche cet homme, Henry David Cole.

Avec des d�clarations finales touchant � leur fin,

le temps s'amenuise pour le juge Oliver Straight.

Cole a un casier pour mise en danger. Il s'en est sorti sur un d�tail technique.

Mais regardez �a. Il est informaticien.

On ne peut pas demander au droit d'�tre parfait.

Le maximum qu'on puisse demander au droit,

c'est un r�sultat.

Des fois, n'importe quel r�sultat.

N'importe quel r�sultat acceptable.

Les P�res p�lerins,

quand ils d�barqu�rent � Plymouth Rock,

penses-tu qu'ils l'avaient planifi� ? Non.

C'�tait une erreur.

Mais aujourd'hui, on appelle �a "leur projet".

Pourquoi ?

Parce que �a nous fait nous sentir mieux.

Tu veux des contes de f�es ?

Regarde dans les livres d'histoire.

Tu veux la v�rit� ?

Je vais te la dire.

Le but est de s'en rapprocher le plus possible.

Si Paul Gager n'�tait pas le coupable,

il en �tait suffisamment proche.

Un proc�s a eu lieu.

Un verdict a �t� prononc�.

Et il y a eu de la satisfaction.

Et si cela ne vous satisfait pas,

alors, condamnez

la femme qui a �crit ces articles.

Condamnez les voisins qui parlaient trop.

Condamnez le flic qui ne sait pas lire,

ou lire des preuves.

Condamnez l'inspecteur

qui �tait � trois pas

de l� o� elle se trouvait quand elle �tait vivante.

Et il n'a pas fait ces trois pas,

parce qu'il pensait

� s'envoyer en l'air ce soir-l�, qui sait ?

Condamnez-les tous.

Mais vous ne le pouvez pas,

alors vous vous rapprochez autant que vous le pouvez.

Vous tenez une c�r�monie.

Les torches sont allum�es.

Vous emmenez un homme en haut des escaliers en pierre

et vous le mettez � mort sur l'h�tel en pierre.

Peut-�tre que sa culpabilit� et son innocence

sont sans importance.

C'est suffisamment proche.

Parce que quelqu'un doit �tre sacrifi� pour la mort de cette fille.

La justice est

qu'elle ne soit pas morte.

La satisfaction,

que quelqu'un soit mort pour elle.

Et si cela te d�pla�t,

si cela te rappelle que nous sommes tous encore primitifs,

tant pis.

Le mieux que le droit pourra nous donner

est cet "assez proche"

aussi longtemps que nous sommes ce que nous sommes.

Nous sommes lui.

Nous sommes toi.

J'ai fini.

Attendez une minute.

On regarde ce truc depuis le d�but.

J'ai dit que ce lieu �tait ancien le jour o� je suis arriv�.

Ils avaient d�j� fait une grande r�novation en 1960.

- OK. Qu'est-ce que �a veut dire ? - Qu'ils ont scell�

une grande partie du sous-sol,

juste l�.

Quel meilleur endroit pour un proc�s

qu'un commissariat de police ?

... on va arriver � une conclusion tr�s bient�t.

Et comme USCN a travaill� pour cr�er ses propres projections,

fond�es sur nos sondages par t�l�phone et sur Internet,

nous pouvons vous dire que quelle que soit la cause

de ce grand embouteillage sur le site original

- du ravisseur, il semble que... - J'ai perdu la connexion.

Beaucoup de gens s'appr�tent � voter massivement.

... aussi rapidement qu'auparavant, des chiffres qui sugg�rent

que nous allons aboutir � un verdict tr�s rapidement,

bas� sur le pourcentage de personnes qui regardent

rapport� au nombre de personnes qui participent.

COUPABLE - 50 % NON COUPABLE - 50 %

Et maintenant, �galit� des chances

pour le juge d'�tre acquitt� ou d�clar� coupable.

Et,

j'imagine que tu voulais une majorit� absolue.

Quelque chose d'aussi pittoresque qu'un jury � �galit� serait...

serait ennuyeux, n'est-ce pas ?

Josh, on ne sait pas pourquoi,

mais manifestement les forces de police sont en train de quitter la maison de Cole

pour un lieu inconnu.

On ne sait pas vers o� ils se dirigent mais nous allons

les suivre, et vous tenir informer, en direct,

au fil des �v�nements.

D�sol�, je dois vous interrompre

pour vous informer, ainsi que nos spectateurs,

qu'en se basant sur les premiers r�sultats,

nos analystes de USCN pr�voient d�sormais que...

Il n'y a pas d'autre fa�on de le dire,

mais c'est une terrible nouvelle pour le juge, une grande d�ception.

COUPABLE - 60 % NON COUPABLE - 40 %

Tous les chiffres indiquent que la non-culpabilit� est impossible.

Je r�p�te, le juge sera assur�ment d�clar� coupable.

D�s que possible, nous vous montrerons comment ces chiffres ont bascul�.

C'est la fin de la route pour toi et moi.

Ils le disent sur les cha�nes d'info, ce doit �tre vrai.

Allez !

C'est bon.

Avancez !

Allez !

On y va !

Avancez !

Tu ne peux pas faire �a.

Si, je le peux.

Debout.

Le verdict a �t� rendu.

Le peuple a parl�.

Oliver Straight,

vous avez �t� reconnu coupable par un jury de vos pairs

d'avoir �t� la vie � un homme innocent.

La Cour a donc d�cid�

de prendre votre vie pour ce crime.

�tes-vous croyant, Monsieur le Juge ?

"Tu ne jetteras aucun regard de piti�."

- Avez-vous eu piti�, Monsieur le Juge ? - Non.

Plus fort.

Non, je n'ai pas eu piti�.

"Tu ne jetteras aucun regard de piti�."

R�p�te apr�s moi.

"La vie paiera pour la vie."

"La vie paiera pour la vie."

- "Oeil pour oeil." - "Oeil pour oeil."

"Dent pour dent."

"Dent pour dent."

"Main pour main."

"Main pour main."

"Pied pour pied."

"Pied pour pied."

- Allez ! - Ne tirez pas.

- � terre ! - Ne tirez pas.

Arme !

Arr�tez !

J'ai dit ne tirez pas ! Ne tirez pas !

- Ne tirez pas ! - Compris.

Merde. Pas d'arme.

Merde.

Merde.

Pourquoi avez-vous l'arme ?

- Il me l'a donn�e. - Appelez une ambulance !

Il savait,

il le savait.

Il savait quoi ?

Il savait que vous seriez

les bourreaux.

Putain.

Putain.

Lieutenant,

nous �tions confront�s � une menace mortelle.

Nous n'avions pas d'autre choix que de nous prot�ger.

V�rification des armes !

- C'est bon ? - C'est bon.

Il n'y a pas de mots pour parler de ce que nous venons d'�tre t�moins.

Il n'y en a pas.

Nous rejoignons maintenant notre reporter sur place,

qui a �t� t�moin des �v�nements d'aujourd'hui,

Harper Grant.

Josh, nous n'�tions que des spectateurs.

Mais il est incontestable

que nous avons �t� les t�moins d'une trag�die.

Voil� ce que nous savons pour le moment...

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