All language subtitles for The.Fire.Within.Requiem.for.Katia.and.Maurice.Krafft.2024.MULTI.VFF.1080p.BLURAY.x264-NOTAG

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Original subtitles

Ce film honore la mémoire de Katia et Maurice Krafft,

volcanologues originaires d'Alsace, en France.

Ils ont filmé la quasi-intégralité

des images que vous allez voir.

Elles offrent quelque chose de fascinant,

un caractère inédit qui m'ont attiré en tant que réalisateur.

Ils ont perdu la vie ensemble,

en voulant capturer la puissance des volcans.

C'est leur héritage.

Les vies et la mort de Katia et Maurice

sont documentées dans des films et des livres.

Ce film ne se veut pas être une énième biographie exhaustive.

♪ essaie simplement de rendre hommage

au merveilleux de leurs images.

Voici Katia Krafft

sur un volcan en Islande.

Et voici son mari, Maurice.

Alsace, dans l'est de la France.

Tous deux naissent dans des villages proches l'un de l'autre,

entourés de vignes,

au cœur de traditions bien ancrées dans une vie rurale immuable.

Bien que parcourant le monde a la recherche de volcans en éruption,

ils reviennent toujours sur les terres pittoresques

de leurs origines.

Katia étudie la géochimie a l'université de Strasbourg

dans le but de devenir volcanologue.

Peu après,

Maurice débute des études de géologie dans la même université.

Il a attrapé le virus des volcans

a l'âge de sept ans,

quand ses parents l'ont emmené sur le Stromboli italien.

Katia et Maurice se rencontrent à Strasbourg,

en 1966,

pour ne plus jamais se quitter.

C'est là qu'ils sont morts.

L'île méridionale de Kyushu, au Japon,

dans le ventre du mont Unzen.

Le 30 mai 1991.

Le jour même de leur arrivée.

Le volcan montre déjà des signes

d'une éruption imminente.

Quand ils arrivent au pied du volcan dans une voiture de location,

leur ami et collègue Harry Glicken

les accompagne.

Journalistes, photographes et télévisions japonais sont déjà là.

Voici l'emplacement attribué aux médias.

Les autorités ont défini un périmètre d'évacuation

de quatre kilomètres autour du cratère.

Sa délimitation et les déplacements des Krafft

donneront lieu, plus tard, à d'innombrables polémiques.

Ils seront accusés d'avoir attiré cameramen et journalistes

dans des zones dangereuses.

Zones qui avaient été délimitées bien avant l'arrivée des Krafft.

Là où il y a de la fumée.

Ici, ils font une première évaluation de la situation.

De petites coulées dites pyroclastiques

se sont produites récemment.

La presse parle de ces coulées pyroclastiques :

de très dangereux nuages de particules et de gaz brûlants.

Maurice installe sa caméra.

Il filme encore en 16 mm.

Les équipes de télévision locales filment désormais Katia,

qui prépare le trépied de son appareil photo.

Maurice rencontre quelques problèmes avec la batterie de son zoom.

Le volcan est calme.

Rien qui vaille la peine d'être filmé, pour le moment.

Katia, Maurice et Glicken semblent détendus.

Les représentants des médias japonais

sont eux-mêmes inconscients de la tragédie qui les guette.

Beaucoup de ceux que nous voyons à l'image

- cameramen, reporters, chauffeurs de taxi… -

seront morts d'ici quelques jours.

On entend des hélicoptères au loin.

Ils surveillent le cratère.

La police est là également,

pour veiller au respect de la zone d'évacuation.

Là, un événement important se déroule sous nos yeux.

Et si nous restons au sommet de cette colline, c'est jouable.

Maurice vient de suggérer qu'ils se déplacent sur une colline

plus proche du volcan.

L'idée semble faire son chemin.

Si une route y mène, Katia est d'accord.

Si tu sais comment y aller, allons-y.

Et là, soudain, une petite coulée pyroclastique

qui s'arrête à mi-course.

à cause de ces coulées pyroclastiques qui descendent.

Il y a beaucoup à apprendre.

Il faut prendre des photos pour ensuite les étudier.

Et aussi, parce que nous aimons beaucoup venir au Japon.

Il y a beaucoup de bons observatoires

et de bons volcanologues ici

avec qui nous apprenons beaucoup.

Vous pouvez voir.

Une coulée pyroclastique.

Elle est très petite.

Oui, vraiment très petite. ♪ espère en voir de plus conséquentes.

Elle est très, très petite.

C'est une des plus petites coulées pyroclastiques

que j'aie vues de ma vie.

Hier, la coulée pyroclastique était vraiment énorme.

C'était la plus grosse.

Le nuage couvrait toute la montagne.

Vraiment ? Oui, oui.

Ouais, c'est ce genre de coulées que j'aimerais voir.

Plus grosse. Oui, bien sûr.

Mais il est probable qu'un ancien dôme se soit écroulé.

Il va peut-être falloir des heures ou des jours

avant qu'un nouveau dôme se constitue

et qu'il s'écroule tout ou partie.

Bien sûr.

C'est exactement ce qui se passera quelques jours plus tard,

le 3 juin, jour de leur mort.

Nous espérons toujours, mais comment être sûrs ?

On n'en sait rien.

Il y a ces gros blocs au sommet et ils vont bien finir par s'écrouler.

Mais quand ?

Nous savons que Katia avait bien plus conscience du danger

qu'elle ne voulait l'admettre devant la caméra.

En fait, le couple traversait une crise.

Katia voulait partir pour les Philippines

où le volcan Pinatubo

était sur le point d'entrer en éruption.

Mais Maurice avait insisté pour qu'ils restent,

quoi qu'il arrive.

Et Katia était restée.

♪ ai vu tant d'éruptions ces 23 dernières années…

Que même si je dois mourir demain, je m'en moque.

Les Krafft l'ont échappé belle plus d'une fois.

De vrais coups de chance.

En 1983, ils affrètent un bateau

pour s'approcher du mont Colo

sur l'île indonésienne Una Una Una.

Le volcan est entré en éruption,

laissant la petite île complètement dévastée.

La situation se présente mal.

Malgré les progrès de la science,

les volcans restent imprévisibles.

Mais Katia part en exploration.

Maurice la suit avec sa caméra.

Ils tombent sur du bétail

abandonné lors de l'évacuation de l'île.

Les vaches,

assoiffées et affamées,

semblent pressentir un danger.

Les chèvres sont tout aussi inquiètes.

Puis une nouvelle éruption se produit,

suffisamment menaçante

pour que les Krafft se replient.

Mais ils n'ont aucune idée de ce qui les attend.

À voir Katia prendre son temps

et Maurice encore en train de filmer,

nous avons qu'une envie, c'est de les presser.

Ils se mettent en sécurité

et sont à présent hors de danger, quand soudain,

toute l'île explose.

Plus tard, dans son journal, Katia écrira :

"Nous aurions été cuits en une fraction de seconde."

Trois ans plus tard, en 1986,

la chance sourit à nouveau aux Krafft.

Un hélicoptère les emmène sur l'Augustine en Alaska.

Alors qu'ils sont tous deux près du cratère,

une explosion massive crache une gigantesque coulée pyroclastique.

À l'intérieur,

les températures peuvent largement dépasser

les 500 degrés Celsius

et le nuage peut avancer à une vitesse

de 640 kilomètres par heure.

Le plus étonnant est qu'elle attaque en silence.

La coulée pyroclastique passe à quelque 30 mètres de Maurice

sans qu'il bouge.

Imperturbable, il garde son objectif pointé sur elle

jusqu'à ce qu'il soit à court de pellicule.

Et Katia, qui a pris cette photo, n'a pas bougé non plus.

Il faudra du temps

avant que les Krafft deviennent les acteurs de leurs films.

Les voici en Islande, en 1968.

Ils ne manient pas la caméra eux-mêmes.

Leurs premiers films sont tous tournés par Roland Haas,

qui a créé une société avec Maurice.

Les rôles de Katia et Maurice ne sont pas encore définis.

Maurice, le visage encore poupon,

est mal à l'aise face caméra.

Katia semble désœuvrée,

comme si elle n'était là que pour embellir l'image.

La plupart du temps, elle sort rapidement du champ.

En 1970,

ils sont sur l'île italienne de Vulcano.

Le cratère est inactif,

à l'exception de quelques volutes de vapeurs.

Leur film ressemble à un vieux film de vacances.

Il ne montre rien d'exceptionnel.

Leurs moyens de locomotion sont on ne peut plus primitifs.

Mais ce qu'il y a d'intéressant,

c'est qu'on les voit réaliser des mesures scientifiques.

Maurice contrôle les activités sismiques

et Katia mesure la composition chimique des gaz.

Et pour la première fois,

Maurice s'essaye à faire quelque chose pour la caméra,

sans grand résultat.

Les volcans ont un pouvoir d'attraction naturel.

Les touristes escaladent les pentes du volcan.

Une jeune femme téméraire grimpe jusqu'au bord du cratère

en talons hauts et bikini.

Nous les voyons rejoindre leur camp de base au pied du volcan.

Le film les montre comme de simples touristes.

L'objectif s'attarde sur le pain, la confiture et le saucisson italien.

Un changement s'opère deux ans plus tard.

Sur le volcan Stromboli en Italie,

ils s'affichent dans un attirail sorti d'un carnaval.

Ils sont coiffés de casques faits sur mesure

qui touchent au grotesque.

L'idée étant de se protéger

des projections de grosses pierres.

Maintenant, ils se mettent en scène, surjouent devant la caméra.

Ils font plusieurs prises.

Regardez le type à l'arrière-plan :

son mauvais jeu d'acteur me fascine.

Katia semble mal à l'aise, sceptique.

Ces casques alourdissent leurs mouvements.

Aucun volcanologue sérieux n'en a jamais utilisé

et les Krafft les abandonneront rapidement.

Les Krafft attirent bientôt les sponsors.

Au volant d'une camionnette suivie de deux remorques,

ils entreprennent une grande expédition en Indonésie,

entièrement financée par la ville de Mulhouse en Alsace.

Maurice entre dans une phase où il adopte le style

du cinéaste sous-marin mondialement connu Jacques Cousteau,

arborant le même bonnet rouge et fumant la pipe.

Apparemment, aux yeux des Krafft,

ces fauteuils gonflables ridicules étaient cool.

Le rôle de Katia devant la caméra reste anecdotique.

Elle sert souvent d'échelle de mesure.

Ici, dans la vallée du Yosemite,

elle est éclaboussée par des gouttes d'eau chaude.

Ils ont répété plusieurs fois pour la caméra.

Tout est faux.

Ils se tournent de plus en plus vers la réalisation.

Dès lors, on les voit rarement s'adonner à la science.

Ils filment d'autres scientifiques.

Katia devient ingénieure du son,

maniant micros et magnétophones dernier cri.

Elle fait également office de photographe.

Ses photos sont publiées dans des magazines et des livres.

Leurs archives contiennent plus de 400 000 de ses clichés.

Assez pour remplir de nombreux autres volumes.

Et ici, comme sorti du brouillard,

la véritable personnalité de Maurice semble affleurer.

Le masque tombe.

Visage au naturel, vieilli.

À nu.

Dans le même temps, sans crier gare,

ses images deviennent grandioses.

Un grand réalisateur est né.

Nous sommes en Islande, en 1973.

La petite île méridionale de Heimaey a été surprise

par l'ouverture d'une tranchée recrachant un bouillonnement de lave.

Maurice capture ici une apocalypse jamais filmée auparavant.

À voir Maurice contempler l'éruption,

il semble que nous assistions à plus qu'un simple événement volcanique.

Un feu intérieur a pris possession de lui.

|| en est certainement de même pour Katia.

Comme elle l'exprimera très clairement dans une interview :

"Je ne peux pas vivre sans les volcans.”

1980, mont Saint Helens, État de Washington.

En fait, ces images ont été prises des années plus tôt.

Le sommet du volcan est encore couvert de neige.

Dès le mois de mars,

une série de tremblements de terre et d'épanchements de vapeur

ont annoncé un événement majeur.

Les enregistrements sismiques se sont emballés.

Le 18 mai, à 8h32,

un séisme d'une magnitude de 5,1

est enregistré.

|| provoque une explosion

et le glissement de terrain le plus important de l'histoire.

Le souffle horizontal dévale les pentes du volcan

à 1100 kilomètres par heure.

Dans un rayon de 13 kilomètres,

tout est rayé de la carte.

À 30 kilomètres à la ronde,

l'onde de choc arrache tous les arbres.

Katia et Maurice,

habitués à toujours être les premiers sur les lieux,

arrivent néanmoins avec quelques jours de retard.

À l'approche de la zone de destruction, tout semble normal.

Les forêts sont toujours debout.

Puis, à 30 kilomètres du volcan,

apparaissent les premiers signes de dévastation.

Milieu des années 1980, Hawaï.

Les Krafft sont de plus en plus attirés par la magnificence

et le mystère des entrailles terrestres

qui jaillissent à la surface.

Ils ne sont plus volcanologues.

Ce sont des artistes qui entraînent les spectateurs que nous sommes

dans un royaume d'une étrange beauté.

C'est une vision qui n'existe que dans les rêves.

Il n'y a rien à ajouter.

Nous ne pouvons qu'admirer.

La beauté des volcans fascine,

mais ils sont la cause de terribles catastrophes.

Voici le Nevado del Ruiz en Colombie.

Son sommet est couvert de glaciers

et de neige accumulée des années durant.

Le 13 novembre 1985, à 9h09,

une éruption se produit.

Elle ne représente que 3 % de celle du mont Saint Helens.

Mais la lave incandescente et les coulées pyroclastiques

font immédiatement fondre la glace.

Le sommet blanc vire au noir.

Ceci a été filmé par les Krafft, quelques jours plus tard.

Et voici le flanc du volcan d'où une coulée d'eau boueuse s'écoule,

de plus en plus large,

formant ainsi ce qu'on appelle un lahar.

Ici, nous voyons ce qu'ont filmé les Krafft des années plus tôt

dans les Alpes italiennes.

Sans comparaison aucune avec le Nevado del Ruiz,

cela donne une idée de ce qui s'est passé en Colombie.

Eau, sol emporté par l'érosion et éboulements de pierres

balayent tout sur leur passage.

Mais, en Colombie, le lahar est profond de 30 mètres.

Il lui faut plus d'une heure

pour atteindre la ville d'Armero,

distante de quelque 50 kilomètres.

Quand il rejoint la ville,

l'énorme torrent, désormais large d'un kilomètre,

balaye la ville.

Sur les 29 000 habitants que compte la ville,

plus de 20 000 périssent.

Seuls quelques bâtiments construits en hauteur sont encore debout.

Il s'agit de la quatrième catastrophe volcanique

la plus meurtrière de l'histoire.

Nous voyons ici ce qui fut le centre-ville.

La taille de ces énormes rochers

traduit la force du courant.

Ici, il y avait un pont.

Ces survivants ont eu de la chance,

car personne n'a été alerté.

Les signes avant-coureurs étaient pourtant si forts

que, plus tard, un volcanologue dira

que le volcan hurlait : "Je suis sur le point d'exploser !”

Après l'éruption,

le déluge a frappé la ville en un peu plus d'une heure.

Il aurait suffi à la plupart des habitants

de se déplacer de 200 mètres

pour atteindre des zones surélevées.

Imaginez que l'eau est montée plus haut que ces bulldozers.

La coulée de boue a presque recouvert les bâtiments en arrière-plan.

Et pourtant, on aperçoit des zones surélevées au loin.

Ici, voyez la marque indiquant le niveau du torrent de boue.

Plusieurs jours après l'inondation,

la boue meuble reste dangereuse.

Profonde de 4,5 mètres,

elle a avalé humains et bétail.

La traverser demande une certaine ingéniosité.

Sur les restes d'Armero

flotte une odeur de décomposition.

Le silence règne.

Ici, des vaches emprisonnées par la boue depuis plusieurs jours.

Impossible de les sauver.

Elles mourront là.

Et là, des corps humains.

Dans l'ampleur de la tragédie,

ils ont été laissés là où ils sont morts.

Les Krafft veulent voir la source de la catastrophe,

au sommet du Nevado del Ruiz,

à plus de 5 000 mètres d'altitude.

C'est de là que le lahar est parti.

Les marques dans la roche témoignent de ses proportions gigantesques.

Des paysans tentent de rejoindre des villages isolés

qui ont également subi de lourdes pertes humaines.

La mauvaise visibilité empêche Katia et Maurice

de monter plus haut.

Se détournant du volcan,

ils reportent leur attention sur la souffrance des survivants.

Cela marque un tournant majeur dans leur travail.

Ils sont horrifiés par la défaillance

à prévenir les populations locales.

Afin de sensibiliser aux dangers des volcans,

ils cherchent à attirer l'attention des médias,

et de ce fait, deviennent de plus en plus têtes brûlées.

Dans le même temps, leur regard se fait moins scientifique

et de plus en plus humaniste.

Ce changement ne s'est pas fait du jour au lendemain.

Comme en témoignent ces images des Krafft filmées en Indonésie,

un an avant la tragédie d'Armero.

Une éruption volcanique a obscurci le ciel.

Le jour s'est transformé en nuit.

Ces scènes de circulation urbaine ont été tournées en plein jour.

Il faudra des heures avant que la lumière ne revienne.

La poussière est partout.

Et une vision du futur me traverse soudain l'esprit :

une telle pollution est-elle possible sans volcan,

causée simplement par l'activité humaine ?

El Chichôn, dans le sud du Mexique.

Chaque volcan filmé par les Krafft

a semé la désolation sur son passage.

Destruction, poussière,

et l'agonie d'une terre abandonnée des dieux.

Plus grossièrement,

nous sommes dans un western spaghetti

qui a viré au cauchemar.

Et puis, il y a les images des Krafft

dans lesquelles il n'y a aucun volcan.

Ils s'abandonnent à leur curiosité.

Ils voient le monde comme personne ne l'a jamais vu.

Ils laissent derrière eux une collection

tout aussi mystérieuse qu'incroyablement originale.

Hawaï.

Les Krafft y sont allés à de multiples reprises.

C'est la terre d'une activité volcanique permanente.

C'est là que le feu rencontre l'eau.

♪ ai la sensation que les Krafft préparaient un grand film

sur la Création en action.

Ils n'ont juste pas eu le temps de le monter.

Une grande partie de ce qui a été découvert

dans les archives des Krafft

témoigne de véritables épreuves.

De nombreux spectateurs sont probablement heureux

de ne pas en avoir fait partie.

Moi, j'aurais donné beaucoup pour les accompagner.

C'est ce que les Mexicains appellent

la Pura Vida :

une vie brute,

intense et authentique.

Une vie pleine de sens.

Nous sommes témoins des difficultés de leurs voyages,

les véhicules, les chevaux,

et nous prions pour que les chevaux s'en sortent.

Retournons au Japon, sur le mont Unzen,

le 2 juin 1991.

La situation n'a pas changé.

Aucune éruption.

Pas de coulée pyroclastique majeure.

Les Krafft et Harry Glicken tiennent leur position,

en discutant des événements mineurs qui secouent le volcan.

Ces événements dont ils ont parlé…

Les 20 coulées pyroclastiques par jour.

Ils parlaient peut-être de l'activité sismique.

Ils ont peut-être compté les petites coulées.

Les très petites.

Il est possible qu'ils ne les aient pas vraiment vues.

Harry Glicken décide de faire un meilleur usage de son temps.

Il laisse les Krafft et leurs caméras

pour aller étudier les sédiments

dans la rivière qui s'écoule du volcan.

Son histoire est étrange.

Il a eu une chance incroyable

lors de l'éruption du mont Saint Helens 10 ans plus tôt.

Il tenait un poste d'observation près du volcan.

Après six jours de travail d'affilée,

il avait dû retourner à son université pour un entretien.

Son attaché de recherche, en dépit des problèmes de sécurité,

s'était porté volontaire

pour le remplacer.

|| mourra dans la catastrophe, plus tard, ce jour-là.

Mais à la grande loterie de l'univers,

cette fois, Harry Glicken a tiré le mauvais numéro.

Il rejoint les Krafft là où ils ont posé leurs caméras

et meurt avec eux.

La-haut, près du volcan, l'ennui s'est installé.

La plupart des cameramen dorment.

Bien que partiellement visible,

le volcan est calme.

Plus tard, on apprendra que cette zone,

en bordure de la zone d'évacuation,

n'était pas sûre.

Elle sera, elle aussi, balayée par la coulée pyroclastique.

Seuls quelques locaux se sauveront à temps.

Et maintenant, l'angle de prise de vue semble différent.

Le cameraman japonais qui filme ces images

a probablement suivi les Krafft jusqu'à leur position avancée.

Ils n'iront pas plus loin.

Leurs incroyables images sont tout ce qui reste des Krafft.

En fouillant dans leurs archives, nous découvrons

non seulement des images de volcans

mais aussi de paysages filmés comme personne avant eux.

Certains semblent des rêves.

Comme dans l'Apocalypse,

les pierres pleuvent du ciel.

Elles abandonnent le rôle qui leur a été assigné par la nature,

celui de rester ancrées solidement dans le sol.

Elles roulent.

Et le monde végétal et animal,

et la planète tout entière

semblent projetés quelque part dans l'espace.

À quelques minutes de la catastrophe,

le mont Unzen laisse s'échapper une énorme coulée pyroclastique.

La bande audio des échanges

entre le cameraman japonais et sa base nous est parvenue.

Ils lui ordonnent d'évacuer sur-le-champ.

Malgré la peur, il prend le temps d'essuyer son objectif.

Enfin, il s'enfuit.

Et tout en détalant, il continue de filmer.

Et quelques instants plus tard, le final.

Le mont Unzen entre en éruption,

une coulée pyroclastique gigantesque dévale ses pentes.

Elle ne laissera aucun survivant sur sa route.

Le cameraman qui s'est enfui

expliquera que les Krafft étaient tout près.

Nous décidons de revisionner ses images.

Et là, n'y a-t-il pas quelque chose ?

Regardons encore.

De plus près.

Il y a quelqu'un.

Des silhouettes.

Pourrait-ce être les Krafft et Glicken ?

Il y a de fortes chances.

La caméra a-t-elle capturé les tout derniers moments des Krafft ?

Quand ils seront retrouvés, la position de leur corps indiquera

qu'ils étaient les plus proches du volcan.

Seuls ont survécu ceux à peine effleurés par le souffle de la coulée.

Les restes de Katia et Maurice sont incinérés au Japon

et leurs cendres enterrées ensemble

dans le tombeau familial de Katia.

Ils sont désormais de retour en Alsace, chez eux.

Ils ont passé leur vie ensemble au bord d'un précipice.

Dans leur passion, ils n'ont fait qu'un.

Cette séquence a été filmée par Maurice

qui, caméra au poing, longe l'abîme.

De trop près.

Katia a dû le tenir pour qu'il ne tombe pas.

Cette harmonie et cette complicité

leur ont permis de descendre dans les enfers

et d'arracher des images des griffes même du diable.

Et c'est pourquoi je voulais leur rendre hommage en faisant ce film.

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