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Franck Péry a -t -il été frustré d 'un héritage ? Il pense que la clé du
se trouve chez les Talleyraques, étranges châtelains du Quercy.
Franck s 'ouvre leurs portes en sauvant l 'enfant unique de la famille, le jeune
Alain.
permettez, je vais vous laisser un moment.
Attendez -moi ici.
Sans bouger.
Je suis la dame en noir.
Je suis la dame en noir.
Judith Baudou, c 'est moi.
Je sais.
Vous l 'aviez vu, mais... Vous savez, le mystère a force.
Bref, je ne serai pas parti sans vous voir.
Eh bien, vous m 'avez vu.
Que voulez -vous savoir ? Votre rôle ? Pas de votre rôle ?
Naturellement.
Bien.
Je l 'ai soigné, comme je soigne aujourd 'hui mon père.
Pourquoi vous cachez -vous ? J 'aime la retraite.
Si je n 'étais pas retenue par mes devoirs, je serais entrée au couvent.
Est -ce tellement bizarre ? Le goût du couvent, non.
Mais le goût de se cacher.
Je déteste tout ce qui détourne de la vie intérieure.
La lumière, c 'est déjà pour moi comme un viol.
Comment un viol ? Oui.
Elle m 'oblige à ouvrir les yeux.
Et il y a si peu de choses qui méritent qu 'on les regarde.
J 'aime le silence.
J 'aime la solitude.
J 'aime la nuit.
On est quand même surpris.
Vous êtes très belle.
Vous êtes jeune.
Comment pouvez -vous vous contenter d 'une vie...
Aussi monotone.
Et où est la monotonie ? Mon père qui a servi au Sahara m 'a toujours dit qu 'il
n 'y avait rien de plus varié que le désert.
C 'est une débauche inouïe de couleurs.
Eh bien, la vie intérieure aussi.
C 'est une débauche d 'émotions et de vie.
Vous venez de parler de votre père.
Oui.
Excusez -moi, mais de qui s 'agit -il ? De M.
de Talleyrac.
Pourquoi vous faire appeler Baudu ? Parce que c 'est mon nom.
Je ne suis qu 'une enfant naturelle.
Votre père ne vous a pas reconnu ? Il n 'avait pas à le faire.
Parlons franchement, M. Perry.
Vous êtes décidé ce soir à tout trouver suspect.
Et parlons plus franchement encore.
Vous êtes mécontent du testament de votre oncle et vous êtes persuadé que j
suis pour quelque chose.
Avouez qu 'il y a de quoi s 'étonner.
Pourquoi ? Une taléraque soignant un jamin ?
Vous aimez la haine, monsieur Perry.
Vous croyez vraiment que c 'est une bonne chose ? Moi, c 'est un sentiment
'ai en horreur.
Aussi...
Quand j 'ai appris que le colonel était malade, je n 'ai pas hésité.
Je me suis engagé à l 'arrivée d 'hier.
Et vous avez été bien reçu ? Mon nom de beau doux a simplifié les choses.
Vous avez devant vous une femme qui a voulu rendre le bien pour le mal.
Voilà tout le mystère.
Et si le colonel a été pris de remords, s 'il a voulu rendre au talerac les
biens qui leur appartenaient, il l 'a fait de son propre mouvement.
Mais je n 'y suis pour rien.
Sinon, indirectement.
C 'est ainsi que je me suis trouvé lésé.
Si vous avez été lésé, ce n 'est pas par nous.
Je vous ferai observer que dans cet héritage, nous n 'avons récupéré que nos
propres biens.
Nous n 'aurions rien accepté d 'autre.
C 'est vrai.
Excusez -moi, mais ici, comme à la ribaudière...
La dame en noir sert d 'infirmière.
Je suis un peu comme ces fantômes dont vous parliez tout à l 'heure, M. Perry.
Moi, je parlais de fantômes ? Oui, avec mon frère.
Je ne tiens à la terre que par le poids de mes chaînes.
Vous ne me reverrez plus.
Adieu, M. Perry.
18 heures, 19 minutes, 10 secondes.
18 heures, 19 minutes, 20 secondes. Vous y croyez, vous, à cette histoire ? Vous
savez, vous m 'avez tellement répété que j 'étais dans un monde incompréhensible
pour moi, le monde de Balzac, que moi, à force, je ne m 'étonne plus de rien.
Ça ne vous étonne pas, même dans le monde de Balzac ?
Cette menteuse n 'est pas parue au dîner ? Ça ne vous étonne pas non plus que
lorsque vous avez demandé des renseignements sur elle, personne ne
répondu ? Vous devez pourtant bien la connaître, cette Judith Baudou.
On dirait que vous la détestez.
Elle m 'agace.
Eh bien, de la chance de vous avoir épaté avec un aussi mauvais numéro.
C 'est vrai qu 'elle est très belle.
18 heures,
20 minutes,
10 secondes.
18 heures, 20 minutes, 20
secondes. Vous tenez le bon bout.
Ne lâchez pas, Franck.
Elle est moindre.
Mais c 'est vous qui m 'aidez.
En quoi je vous ai ?
Les problèmes me font oublier les miens.
Alors on enquête ? On enquête.
18 heures.
20 secondes.
C 'est bon.
Tous nos renseignements se recoupent.
Elle n 'était pas tante, cette dame en noir.
Il n 'y a pas lieu de s 'en rejouer.
Son goût de la retraite, ses sentiments religieux, tout ce qu 'on fait.
Il m 'a un peu déçu.
Un bleu ? Qui vous a fait ça ? Walter ?
C 'est l 'autre soir en rentrant de Rudel.
Je lui ai désobéi en acceptant l 'invitation. Il était sérieux.
Il ne supportait pas.
Il faut le comprendre.
Depuis qu 'il a quitté les bruyères, elle n 'a jamais pu retrouver son
équilibre. Ne me faites pas rire.
C 'est un déraciné.
Écoutez, vous m 'avez démonté, Madame Annoir. Je vais vous démonter votre
Walter.
Sous ses grands airs, ce n 'est pas autre chose qu 'un voyou.
Qu 'est -ce qui vous fait dire ça ?
Ces réactions, est -ce que c 'est une raison parce qu 'on a eu un coup dur
s 'en prendre aux chevaux et à vous ? Allons, c 'est écœurant.
C 'était une crise.
Et si ce n 'est pas une crise ? Et si c 'est sa vraie nature qui nous est
révélée ? Alors je ne pourrai plus me pardonner ma conduite, envers ma sœur et
même envers lui.
Car s 'il est tombé dans ce ranch minable, lui, Walter, c 'est bien à
moi.
Il faudrait mettre un peu d 'ordre dans vos remords.
Remuer le fer dans la plaie quelquefois se soulage.
Dites -moi, vous qui êtes si sensible à chacun des autres, vous pourriez aussi
penser au mien ? Moi aussi, je suis un inconsolable.
Un inconsolable de quoi ?
Tu l 'as dit.
Entrez.
20 secondes. Oui.
On a téléphoné pour mademoiselle Béatrice.
Sa soeur vient d 'avoir un accident d 'avion. 18 heures, 25 minutes, 30
secondes.
Christine.
Elle est morte.
Oui. 18 heures, 25 minutes, 40 secondes.
Merci.
exactement 18 heures 26 minutes.
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