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Un film de Lav Diaz
Quand les vagues se retirent
"On doit chercher la vérité au-dedans et non au-dehors."
Détective Hercule Poirot
En allant dans la section des affaires non élucidées,
vous voyez tout de suite
une grande armoire remplie de dossiers empilés,
avec des preuves médico-légales, et autres infos.
Cette affaire a été trÚs en vue
car les médias et le public s'y sont beaucoup intéressés.
Bref,
voilĂ les faits.
Donc on a un couple,
ensemble depuis le lycée.
Ils sont jeunes, dynamiques.
La tĂȘte bien faite.
Ils sont studieux.
Mais ils sortent aussi, comme vous.
Et ils ont environ votre Ăąge.
Nos tourtereaux, comme vous,
partagent une vraie passion.
Ils adorent les courses hippiques.
On les aperçoit souvent à San Lazaro,
leur champ de courses préféré.
Un soir,
ils gagnent le gros lot.
Ils touchent une trĂšs grosse somme.
Naturellement,
quand on gagne le jackpot, on marque le coup.
C'est la fĂȘte.
Ils font une soirée, ils dansent, et ils s'amusent avec leurs amis.
Ils vont mĂȘme dans un hĂŽtel
et ils prévoient d'aller à Hong Kong.
Ils voulaient faire des affaires,
et se marier.
Voilà tous les faits rassemblés sur cette nuit-là .
Mais au petit matin,
il pleuvait beaucoup.
Pour partir de l'hÎtel, ils ont commandé un taxi.
Ils sont montés dedans pour quitter les lieux.
Mais quand le taxi est sorti, une Jeep bloquait le chemin.
Une Jeep.
Une Jeep...
La marque de voiture.
Ăa coĂ»te cher.
Pas nos bus Jeepneys.
C'est la derniÚre fois qu'ils ont été vus.
MĂȘme le chauffeur de taxi
n'a jamais été retrouvé.
Donc ça a donnĂ© lieu Ă de nombreuses enquĂȘtes,
des spéculations et des théories.
Le public s'en est mĂȘlĂ©, les mĂ©dias aussi...
C'est difficile à éviter, surtout...
quand la sécurité publique est en jeu.
Et quand les personnes concernées
sont deux jeunes gens
au destin trĂšs prometteur.
C'est quoi ?
Une idée ?
Personne ?
Oui ?
Une immatriculation.
Une immatriculation.
Des chiffres.
Des chiffres et des lettres.
Mais en fait, ce ne sont pas uniquement des chiffres et des lettres.
Durant mon enquĂȘte, je suis tombĂ© sur ça.
Je m'en suis souvenu.
C'était écrit sur un morceau de papier trouvé dans le taxi.
Ăa semblait Ă©crit Ă la hĂąte.
Jusqu'au jour oĂč...
il a été prouvé
que c'était l'écriture
de la fille,
sur le papier.
Mais...
aprĂšs plus d'un an d'enquĂȘte,
j'ai abandonné.
J'ai dit que j'arrĂȘtais.
Rideau.
Je suis parti sur autre chose.
J'ai enchaßné.
Mais un jour,
j'avais un problĂšme avec ma voiture
et je suis allé la faire réparer chez un garagiste.
Une fois lĂ -bas, en attendant ma voiture,
j'ai inspecté les environs
et j'ai fait un tour.
Et j'ai repéré un truc.
Une voiture.
Carbonisée.
Je l'ai fixée dans le vide.
Et puis...
J'ai vu ça.
ABC453E.
à l'une des extrémités de la voiture.
Affaire classée.
Coup de bol.
AllĂŽ ?
Que fais-tu ?
Toujours pareil.
Je suis une piste.
Mais j'y vois plus clair.
J'ai pigé le truc.
Cette affaire,
je vais enfin pouvoir la classer.
Tu verras.
Tant mieux.
Fais attention. Tu nous manques.
Les enfants t'attendent pour lire des histoires.
Comment vont-ils ?
Ils sont déjà couchés.
Je viens de leur lire une histoire
mais ils aimeraient que ce soit toi.
Mais tu es rarement lĂ , ces temps-ci.
Hermes ?
AllĂŽ, Hermes ?
Je serai bientĂŽt lĂ . Dis-le aux enfants.
D'accord.
C'est comment, Tacloban City ?
C'est bien ?
C'est comme Manille.
Beaucoup de rues J.P. Rizal.
Tu as du culot de plaisanter. Tu y es depuis des semaines.
Je ne plaisante pas.
J'ai déjà résolu huit affaires
oĂč il y avait une rue J.P. Rizal dans le pays.
Tu rentres quand ?
Je ne sais pas.
Mais je serai bientĂŽt lĂ .
Je vais y aller.
Je dois suivre ma piste.
Fais attention Ă toi. Tu me manques.
Hermes, pardon.
Ă poil.
Sinon,
on arrĂȘte lĂ , une bonne fois pour toutes.
Merde, Ă poil !
Mon pote, je t'en supplie...
- Je compte jusqu'Ă trois. - Pardon.
Pardon...
Un.
Deux...
Femme.
Ouvre la bouche.
- Pardon, Hermes. - Ouvre la bouche !
- Pardon. - DĂ©pĂȘche.
Les enfants...
Ouvre la bouche !
Je suis désolée.
Salope.
Salope.
Salope.
EspĂšce de salope.
Salope.
EspĂšce de salope.
Sale putain !
Salope.
EspĂšce de salope.
Je suis un revendeur de drogue. Ne faites pas comme moi.
M. Remy, un café ?
Merci.
Raf ?
Oui.
Je vais arrĂȘter.
Je jette l'éponge.
Je n'en peux plus.
Je n'ai jamais vécu un truc pareil.
C'est un holocauste.
Domeng !
Salut, Hermes !
L'église : tu ne tueras point
Tu ne manges pas ?
Tu aurais une veste ?
Pourquoi ?
J'ai froid.
J'y vais.
Salut.
Le grand Raffy Lerma.
C'est l'inverse.
On devrait dire le grand lieutenant Hermes Papauran.
- C'est Ă©cĆurant. - Entrez.
Ăa me rend malade.
Lieutenant, si vous vomissez, nettoyez derriĂšre vous.
Vous n'allez pas me tirer dessus ?
Je peux mitrailler ?
Une biĂšre ?
Vous voulez manger un bout ?
Du gin.
Gardez ça pour plus tard. Je ne veux rien manger.
Vous ĂȘtes un dur. Du gin ?
Je ne suis pas sûr d'en avoir, mais je peux aller en acheter.
Pas la peine.
Je ne boirai pas.
Vous ne boirez pas ?
J'ai de la fiĂšvre.
Ăa ne baisse pas.
J'ai la peau qui me démange.
Ăa fait combien de temps ?
Depuis que j'ai vu votre photo "La PietĂ " dans l'Inquirer.
J'en ai partout.
C'est pas beau !
Vous avez vu un médecin ?
Pas encore.
Je me souviens
qu'en allant au bureau de presse, on nous a avertis
que quelqu'un avait été abattu entre les rues Zamora et Protacio.
J'y suis allé direct.
C'est lui.
Redentor Manalang, conducteur de tricycle.
Il était environ 22h30.
Sur place,
les journalistes prenaient déjà des photos.
C'était une mort brutale.
Sous l'impact du coup, il est tombé comme ça.
On a appris que les criminels étaient à deux sur une moto.
Comme toujours, il y avait une pancarte qui disait :
"Je suis un revendeur de drogue.
"Ne faites pas comme moi."
Et tout de suite,
j'ai mitraillé.
On est retournés au poste de police du quartier nord.
Il était presque minuit.
On était dans le bureau de presse depuis 30 minutes
quand on a reçu un appel
disant que quelqu'un avait été abattu prÚs du Sénat,
sur le boulevard Diokno.
Un sans-abri.
Aucune info.
Hormis qu'il avait été abattu par un tandem à moto.
On venait de commencer Ă prendre des photos
quand on a reçu une info d'un journaliste radio.
Quelqu'un avait été abattu sur l'avenue E. Delos Santos.
C'était accablant.
Dans Pasay, c'est quasiment le mĂȘme scĂ©nario chaque soir.
La ville est surnommée "La cité de la mort."
Du coup,
on s'est précipités là -bas, comme une meute.
Quand on est arrivés,
il y avait déjà du monde.
Le périmÚtre était sécurisé.
L'équipe médico-légale n'était pas là .
On est arrivés là -bas vers 1h30.
De loin, j'ai su que c'était différent.
Pourquoi ?
C'est rare de voir un membre de la famille sur les lieux du crime.
C'est interdit.
MĂȘme pour les journalistes.
On doit rester à l'extérieur du périmÚtre.
Mais lĂ , il y avait Jennylyn. Jennylyn Olayres.
Elle a forcé le passage.
Elle tenait le corps de Michael Siaron dans ses bras.
J'ai pris plein de photos.
C'est toujours le premier réflexe.
Mitrailler Ă gogo.
On pose les questions aprĂšs.
On ne veut pas rater un moment,
ou un détail important.
Comme l'équipe médico-légale a tardé à arriver,
on a eu plein de temps pour prendre des photos.
Jennylyn criait.
Elle s'adressait Ă nous.
"ArrĂȘtez ! ArrĂȘtez !"
"Pitié, aidez-nous !"
"Ayez pitié de nous. Emmenez-le à l'hÎpital."
"Aidez-nous !"
Encore maintenant,
j'ai des frissons quand je repense Ă la scĂšne.
J'entends encore Jennylyn nous suppliant d'aider Michael.
Je me sentais coupable.
Encore maintenant.
Mais je n'avais pas le choix.
Lieutenant,
vous connaissez le livre, Le Royaume des Guerriers ?
Oui, je le connais.
C'est vrai ?
- Ăa vous arrive ? - Quoi ?
Dans le livre, il y a un passage qui dit
que si on est un vrai guerrier,
si on s'entraĂźne pour en devenir un,
ou si on est déjà formé,
pendant la bataille, en plein combat,
ou mĂȘme avant le dĂ©but de l'action,
on entre alors dans une dimension
semblable au royaume de la folie, ou des aliénés.
Comme si on devenait fou.
Les écrivains appellent ça
"le royaume de l'hystérie."
Avec votre expérience,
vous pensez que c'est vrai ?
Merde, Raffy.
C'est vrai ?
Je dirais que...
les mots "possédé" ou "possession"
sont plus appropriés.
C'est plutÎt ça. On est comme possédé.
On se transforme.
La psychĂ© orchestre une transformation extrĂȘme
qui s'étend à notre corps et à nos mouvements.
La psyché d'un homme marche comme ça.
On peut l'orienter comme on veut.
Pensez Ă ...
Pensez à la préparation d'un boxeur.
Ou aux gladiateurs, aux soldats, aux policiers,
aux rĂ©volutionnaires ou mĂȘme aux tueurs en sĂ©rie.
Ou aux artistes,
et aux journalistes, comme vous.
VoilĂ le problĂšme :
c'est risqué.
Le danger est imminent, la mort est imminente.
La mort est inévitable.
Donc psychologiquement, ça nĂ©cessite une Ă©nergie interne extrĂȘme.
Et naturellement, notre soi-disant instinct de survie
nous pousse toujours Ă l'extrĂȘme.
Mais en un mot, le but c'est la survie.
La survie, Raffy, c'est un euphémisme pour la peur.
Car on est tous des lĂąches.
Vous le savez bien.
Regardez vos photos.
Regardez vos photos de la police qui attaque les manifestants en lutte,
des criminels, des enquĂȘteurs, des morts.
On sent dans leurs mouvements, leurs gestes et leurs déclarations,
qu'ils ont le regard empli de peur.
Ăa s'appelle la psychologie cognitive, dans une enquĂȘte.
L'esprit traite toute l'information.
Il faut le vouloir pour surmonter la peur,
transcender le risque et atteindre ce royaume,
le soi-disant "royaume du guerrier".
La peur.
Je crois que vous avez raison.
La peur.
C'est de la peur.
Dans un sens,
c'est comme quelqu'un qui parle toujours
de buter des femmes dans leur vagin,
de tuer des gens,
de tuer les faibles,
de tuer ses ennemis, bref de tuer tout ce qui bouge.
Puis on utilise la rhétorique pour justifier les morts,
l'intimidation, les troubles,
le harcÚlement et l'impunité qui rÚgne dans notre vie.
Je pense
que ce sont les gens les plus lĂąches.
Car si on impose une culture fasciste,
on obtient quoi ?
Une culture de la peur, évidemment.
Donc on a un leader fasciste,
qu'on trouve assez macho,
courageux et sexiste,
mais en fait, c'est le plus lĂąche de tous.
N'est-ce pas ?
Je pense que c'est aussi une psychologie fondée sur...
Du fait de leur ignorance,
beaucoup sont impressionnés
par ces leaders fascistes et populistes.
Beaucoup les suivent aveuglément.
Ăa peut ĂȘtre liĂ© Ă l'ignorance,
Ă la peur,
ou peut-ĂȘtre
qu'ils sont attirés par cette situation de lùcheté.
En fin de compte, le conflit...
est en nous.
On est en guerre contre nous-mĂȘme, on est notre propre ennemi.
Tous les conflits sont liés au moi intérieur.
Avec cet état d'esprit...
Si ça ne vous gĂȘne pas...
Non.
Pourquoi ĂȘtes-vous policier ?
Pourquoi ĂȘtes-vous enquĂȘteur ?
C'est Ă cause de mon pĂšre.
Il est mort trop tĂŽt.
C'Ă©tait un policier et un enquĂȘteur.
Mes souvenirs de lui sont faits de livres.
Malgré son salaire modeste, il remplissait la maison de livres.
Et malgré le peu de temps qu'il passait à la maison,
il jouait avec nous,
et nous lisait des livres.
Que s'est-il passé ?
Une embuscade.
L'affaire n'a jamais été résolue.
Ă la peur, Raffy Lerma.
Ă la peur, Lieutenant Hermes Papauran.
Au courage.
Et au courage.
Un policier qui bat sa femme
Je ne sais pas qui a écrit ça,
mais je m'excuse.
C'est vrai.
J'ai battu ma femme.
Je vais démissionner pour calmer les esprits.
Vous pouvez disposer.
Un policier qui bat sa femme, lieutenant ?
Papa !
Une ambulance et du renfort. Au plus vite.
Un officier à terre, tabassé. C'est une urgence.
Rue Mauban.
Venez vite.
Je suis de la police.
Dégagez.
Je suis désolé. Les secours arrivent.
Poste de police
Poussez-vous.
Félicitations.
Le lieutenant a accepté l'accord.
- Merci, Maßtre. - Il est désolé d'avoir écrit ça.
Voici les papiers de l'accord.
En ce qui concerne votre femme et la garde des enfants,
on va sûrement perdre.
Vous savez pourquoi ?
C'est un acte grave.
Snack-bar délicieux
- Vous avez du sinigang ? - Oui.
Et ça ?
Un dinugan, oui.
Un pinakbet et un adobo.
Trois de chaque.
Et un Cokes.
- Quoi ? - Un Cokes.
Quoi ?
Ăa !
Parfait.
Encore un Cokes, s'il vous plaĂźt !
Mangez ça.
Prenez ça. C'est pour vous.
Mangez.
Donnez-lui de l'eau et un Cokes.
Entendu !
Ton argent.
Avec les plaques sur le visage, c'est lui.
C'est le boss.
Boss ?
Supremo Macabantay.
Boss.
Boss.
- Comment ça va ? - Je sors de prison.
Vous avez ce qu'il faut.
Si vous manquez de liquide, vous avez une carte bancaire.
Merci, boss.
Dites merci au président.
J'ai réussi à lui demander de vous gracier.
Alors, dites-lui
merci de ma part.
Désolé de ne pas pouvoir vous voir.
Mais vous savez...
On est surveillés de prÚs.
Soyons prudents pour pouvoir reprendre nos activités.
Oui, boss.
Je vous avais dit de prendre votre retraite.
On peut s'occuper de vous.
Allez sur une Ăźle lointaine
pour y vivre paisiblement.
Primo ?
Oui, boss ?
Vous m'avez entendu ?
Oui, boss.
Je veux dire
qu'on peut s'occuper du lieutenant Hermes.
MĂȘme quand vous Ă©tiez en prison,
j'ai dit qu'on pouvait le réduire au silence.
Boss, j'ai été clair.
Je veux m'en occuper.
Maintenant que je suis libre, c'est tout ce que je demande.
- Laissez-moi faire. - Entendu.
Mais faites attention.
Le lieutenant Hermes est une brute.
C'est le meilleur enquĂȘteur de Manille.
Quand vous aurez géré Hermes,
si vous voulez, vous aurez une nouvelle mission.
Mais Ă votre place, j'arrĂȘterais.
Profitez-en.
Merci, boss.
Bon...
Allez rattraper vos dix années de prison.
Ce n'est pas rien, dix ans.
Profitez-en, Primo.
Merci encore, boss.
Camarade.
C'est combien pour Halya ?
Il n'y a pas de bateau pour Halya.
C'est loin.
C'est pour ça que je te demande combien tu prends.
Tu piges ?
LĂšve-toi.
LĂšve-toi ! On va prier.
Ciel miséricordieux,
me voici, ton pauvre disciple,
que tu as élu pour répandre ta parole,
ta parole qui va permettre d'émanciper l'humanité.
Oh, Seigneur,
Mon Seigneur !
Jéhovah de ce monde,
j'ai avec moi
un autre disciple, perdu parmi les péchés du monde,
que tu as créé à ton image, mon Seigneur !
Accueille-le, s'il te plaĂźt.
Viens.
Viens.
Je vais te baptiser.
PĂšre,
accepte-le comme un fils né de nouveau,
sauvé des péchés du monde.
Il est né de nouveau !
NĂ© de nouveau.
Viens, mon enfant.
Je te félicite.
Tu es maintenant sauvé.
Tu es maintenant sauvé. Merci, Seigneur !
Merci.
Merci, mon Seigneur.
Merci.
Oh, mon Seigneur
Oh, mon Seigneur
Je te remercie
Remercie-Le, mon enfant. Allez.
Halya, ville des lumiĂšres
Espiridion Tamano,
souviens-toi :
tu es maintenant un disciple de Jéhovah.
Merci, mon enfant.
Monsieur, des baluts ?
Vous voulez des baluts ?
Des baluts !
- Merci. - De rien.
Monsieur ?
Bonjour, monsieur.
Une chambre, s'il vous plaĂźt, avec vue sur la rue.
Pour combien de jours ?
Je ne sais pas quand je repars.
Entendu. Je vais voir quelle chambre est disponible.
Je pourrais aussi avoir une bassine ?
Pourquoi ?
Tu viens avec moi ?
D'abord, suce ma bite.
Tu viens avec moi ?
Tout doux.
Oui ?
Monsieur, vous gĂȘnez les gens du dessous.
- Quelle chambre ? - La 219.
Dites-leur que je m'excuse.
Monsieur !
OĂč avez-vous achetĂ© votre pantalon ?
Trop drĂŽle !
Excellent.
J'aime bien ta question.
Pourquoi elle a dit ça ?
Désolée.
T'es mal.
T'as commencé.
T'es cuite, ma sĆur.
Trop bizarre.
Comment ça va, Hermes ?
La star de Manille.
Je suis Ă Halya.
Je t'attends ici.
Réponds-moi, merde !
T'as dit quoi ?
Toi. Viens avec moi.
Tu t'appelles comment ?
Rica.
Rica quoi ? Ton vrai nom, en entier.
Ricarda Lim.
Ricarda Lim.
- Viens. - Pourquoi ?
On va d'abord prier.
Ă genoux. Allez.
Pourquoi ?
EnlĂšve ce chewing-gum de ta bouche,
et ferme les yeux.
Ferme les yeux.
Ciel miséricordieux,
me voici, pauvre berger que tu as choisi
pour répandre ta parole,
ta parole qui va sauver l'humanité.
Oh, mon Seigneur,
mon Dieu,
Jéhovah de l'humanité,
voici une autre brebis perdue dans les péchés de l'humanité
que tu as créée à ton image.
Je veux t'en faire don, mon Seigneur.
La voilĂ .
Ricarda Lim.
Je te baptise,
Ricarda Lim.
Au nom du PĂšre,
du Fils,
et du Saint-Esprit.
Satan,
sors du corps de Ricarda Lim !
Sors de lĂ !
Mon Dieu, je te suis reconnaissant
De la chance que tu m'as donnée
Oh, mon Seigneur...
Je te félicite, Ricarda Lim.
Tu es maintenant une brebis de Jéhovah.
Ricarda Lim...
Mademoiselle ?
Mademoiselle ?
Ricarda.
Mais comment...
Pourquoi tu m'as fait ça ?
Je t'ai fait venir ici pour te sauver.
Je ne voulais pas coucher avec toi.
Je ne voulais pas te baiser.
J'ai changé !
Je suis maintenant un disciple de Jéhovah
et je sauve des gens comme toi.
Seigneur, que vais-je faire d'elle ?
Dis-moi ce que je dois faire.
Je ne peux pas retourner en prison Ă cause d'une pute.
Qu'est-ce...
Que vais-je faire ?
Je ne veux pas retourner en prison.
Je ne veux pas y retourner...
Je ne veux pas y retourner...
Ces fleurs te plaisent ?
Tu veux quelle couleur ? Je vais t'en donner une.
Celle-lĂ te va bien car elle est trĂšs belle.
Celle-lĂ .
Elle te va bien au teint.
J'en ai plein d'autres, lĂ -bas.
Viens avec moi. Il y a aussi une piscine.
Tu veux aller nager ?
C'est beau, il y a une piscine,
et on achĂštera un hamburger.
Et tu boiras du Cokes ?
Il y en a plein.
Viens avec moi, on va s'amuser.
Ce n'est pas loin.
On y est presque. Tu es déjà fatiguée ?
Viens.
Je vais te porter.
Viens.
Hep, vous !
Hep !
Que faites-vous ?
- Mademoiselle. - C'est pour quoi ?
Je voudrais dix seringues.
Et du fluide d'embaumement, grand format.
C'est pour quoi ?
Mon chien est mort.
Que s'est-il passé ?
Je n'ai pas envie d'en parler. C'est douloureux.
Mademoiselle, quel est votre parfum le plus embaumant ?
Ils le sont tous.
Oui, bien sûr.
Alors...
- Quel est votre parfum préféré ? - Il est cher.
Dans ce cas...
Dites-moi...
Quel est votre parfum le plus cher ?
- Je vais l'acheter. J'ai de l'argent. - Entendu.
Pardon.
Dieu miséricordieux,
voici
l'Ăąme...
d'un ĂȘtre perdu...
perdu dans les péchés du monde.
Je veux t'en faire don, mon Seigneur.
Accepte-la, s'il te plaĂźt
Accepte son Ăąme, s'il te plaĂźt
Et pardonne-nous
Renata !
Renata !
C'est maĂźtresse Nerissa !
Bonjour, maĂźtresse Nerissa !
- Il y en a combien ? - Vingt-deux.
Parfait. Jimboy ! Jackie !
Venez chercher les sacs de manioc.
Je vais prendre de l'argent.
Vous voulez manger ?
Non, merci.
Comment ça va ?
Je ne peux pas t'accueillir.
Je t'en supplie, ma sĆur aĂźnĂ©e.
Non !
Casse-toi d'ici !
Ăa a commencĂ© quand ?
Tu es sourd ?
Comment as-tu attrapé ça ?
Quand les tueries ont commencé.
Quand on a commencé à tuer les faibles.
Tu Ă©tais mĂȘlĂ© à ça ?
Tu l'as fait ?
On menait l'enquĂȘte.
On a suivi les procĂ©dures du Bureau des enquĂȘtes,
en faisant semblant de faire des vrais rapports,
pour calmer les médias, l'opinion publique,
et les groupes des droits de l'homme.
J'ai écrit mon rapport.
J'ai voulu ĂȘtre honnĂȘte.
J'ai été témoin d'une vraie opération.
Les policiers sont entrés chez des squatteurs.
La femme les suppliait.
Elle s'est accrochée à la jambe d'un policier.
En le suppliant.
Les gamins hurlaient.
Puis on a entendu des coups de feu.
Ils se sont défendus.
J'ai vu le regard d'un des gamins,
il me fixait.
Il m'a vu dans un coin.
Il me fixait du regard.
Je me suis enfui.
Je n'ai pas supporté.
Ce soir-lĂ ,
j'ai eu de la fiĂšvre.
Quelques jours aprĂšs, la photo de Raffy est sortie.
Celle avec la femme qui tient le corps ensanglanté de son mari.
Raffy est mon ami.
Il m'a dit ce qui s'était passé.
Il m'a raconté ce qu'il avait vu.
Et ensuite,
je suis allé voir la fosse commune
au cimetiĂšre public de Navotas,
avec les corps des gens soupçonnĂ©s d'ĂȘtre mĂȘlĂ©s Ă la drogue.
C'Ă©tait un cauchemar, ma sĆur.
à partir de là , j'ai eu des démangeaisons.
J'ai demandé un congé indéterminé.
Les vagues ont changé.
On dirait que leur colĂšre augmente.
Je sais ce que tu veux savoir depuis que tu es arrivé.
OĂč est mon mari, ton grand frĂšre Pedro ?
OĂč est mon grand frĂšre Pedro ?
Je ne sais pas.
Tu ne sais pas ?
Un jour, il n'est pas rentré.
Il a disparu.
Envolé.
C'est vrai ?
Oui.
MĂȘme sa famille ne sait pas oĂč il est.
Que s'est-il passé ?
Je ne sais pas.
J'ai cherché des réponses.
C'était un homme bon, sans vices,
qui ne jurait jamais.
Le matin, il s'occupait du petit-déjeuner.
Puis aprÚs avoir mangé, on se préparait pour le travail.
Il allait Ă l'Ă©cole oĂč il enseignait,
j'allais Ă l'Ă©cole oĂč je travaillais.
Je me suis dit qu'il avait une liaison,
car je ne pouvais pas lui donner d'enfant.
Mais Pedro n'était pas comme ça.
Il ne m'en a jamais voulu de ne pas lui donner d'enfant.
Il n'avait pas d'ennemis ?
Aucun.
Il était trop gentil pour qu'on lui en veuille.
Pedro est un saint.
Tu l'as cherché ?
J'ai sillonné les environs.
J'ai tout fait.
Je l'ai cherché pendant cinq ans.
Au bout de cinq ans, j'ai arrĂȘtĂ©.
Il lui est arrivé quelque chose ?
Il est encore en vie ?
Je ne sais pas.
Tu veux que je mĂšne l'enquĂȘte ?
Pourquoi chercher quelqu'un qui ne veut pas ĂȘtre trouvĂ© ?
Ton grand frĂšre Pedro
est comme Dieu, Hermes.
MĂȘme si tu me vois prier, ça ne veut pas dire que je crois.
Je dois encore me convaincre de croire.
Pendant mes longues années de solitude, je me suis tournée vers Lui.
C'est pourquoi Il est encore dans ma vie.
Mais...
avec tout ce qui nous est arrivé,
et ce qui m'est arrivé,
parfois je me dis :
"OĂč est Dieu ?
"Dieu est-il en vie ?"
Tu es un enquĂȘteur, l'un des meilleurs.
Ou mĂȘme peut-ĂȘtre
le meilleur enquĂȘteur des Philippines.
C'est ce que les gens disent de toi.
Comment peut-on enquĂȘter sur Dieu ?
Dans l'histoire du monde,
dans l'histoire de l'humanité,
c'est probablement Lui le plus doué pour rester caché.
Je vais me coucher.
Prends tes médicaments.
Oui.
Ma sĆur ?
Quoi ?
Allons voir notre maison, demain.
On verra ça demain.
Merci, ma sĆur.
Ne m'aide pas.
C'est mon travail.
J'ai de l'argent, ma sĆur.
J'ai accumulé des avantages avec mes années de service.
Je t'ai vue te faire une piqûre hier soir.
Mon diabÚte a empiré.
Mais je m'en sors.
Le sujet est clos.
Mais...
Laisse tomber.
Tu débarques aprÚs des années d'absence et tu veux jouer au bon samaritain ?
- Ma sĆur... - Hermes !
Je vis seule depuis des années.
Et quand maman est morte ?
Vous n'étiez pas là .
Mes frĂšres et sĆurs ingrats.
Mais à l'époque, j'étais à Lisbonne.
Je gérais une affaire délicate.
Je ne pouvais pas arrĂȘter. Je n'ai pas pu rentrer.
Ăa ne suffit pas !
Jusqu'à son dernier souffle, maman vous a cherchés.
OĂč est mon Dodong ?
OĂč est ma Melinda ?
OĂč est mon cher Hermes, mon petit dernier ?
Je ne savais pas quoi lui dire.
Je lui ai dit que vous étiez tous en enfer.
Ma sĆur...
Je te demande pardon.
Ne me demande pas pardon.
Je ne te pardonnerai pas. Je t'emmerde !
Demande pardon Ă maman et Ă papa !
Les vagues rongent la maison.
Elle ne tardera pas Ă ĂȘtre engloutie.
Quand c'est la tempĂȘte, l'eau rentre dans la maison.
Maman.
Je vais rester ici pour le moment.
Tu ne peux pas vivre seul.
Ăa s'empire et il n'y a personne pour s'occuper de toi.
Je peux m'occuper de moi.
Et les plaques dans ton dos ?
Et que vas-tu manger ?
Je dois pouvoir acheter Ă manger au barrio.
J'ai lu des articles sur ta maladie.
Tu dois faire attention Ă ce que tu manges.
C'est comme moi, tu dois éviter certaines choses.
Je t'amĂšnerai Ă manger.
C'est à cÎté.
Ce n'est pas la peine.
Je peux aussi cuisiner.
Commence par te rétablir.
Ăa va ĂȘtre une corvĂ©e pour toi.
Je t'amĂšnerai Ă manger.
J'ai le temps.
Nage dans la mer de temps Ă autre.
L'eau salée pourrait aider.
Ma sĆur, des gens veulent ma peau.
Ils savent que je suis ici, Ă San Isidro.
Je n'ai peur de personne, Hermes.
Bonjour, mesdames !
Monsieur !
Comment ça va ?
Pas trĂšs bien. TrĂšs peu de clients.
Proposez des numéros de danse.
Pour vous faire remarquer.
Quelque chose comme ça.
Le rythme dans la peau.
Vous voulez vivre une aventure ?
Il y a beaucoup d'argent à la clé.
Ăa ne se refuse pas !
Tant qu'il n'y a pas de crime.
On est sérieuses.
C'est pour s'amuser !
Suivez-moi.
En avant, mes sĆurs !
Vous ĂȘtes spĂ©cial.
Une tenue impeccable.
C'est trĂšs prometteur.
Venez.
Par ici !
LĂ .
Venez par ici.
Entrez. Venez.
N'oubliez pas. Vous ne touchez Ă rien.
Vous n'ouvrez rien.
Promis, on ne touchera Ă rien.
Ăa sent le parfum.
Des fleurs ! Trop beau. Il y en a plein.
Il y a des bougies et du parfum.
On ne savait pas qu'on entrait dans un temple.
Je veux mourir ici.
Vous commencez Ă loucher !
Il était une fois,
un policier
qui était trÚs doué.
Il n'avait peur de personne.
Il était célÚbre, respecté,
et c'Ă©tait un trĂšs bon enquĂȘteur.
Il était tellement bon
qu'on lui a demandé de former les policiers,
Ă l'Institut de criminologie.
Il a été chargé de gérer les affaires délicates.
Il n'était pas gourmand.
Il n'était pas ambitieux.
On lui a offert plusieurs promotions,
mais tout ce qu'il voulait
c'était rester brigadier.
Il voulait
un rang simple.
Il ne briguait pas un rang élevé.
Jusqu'au jour...
oĂč sa vie a chavirĂ©
aprĂšs avoir
participé à un massacre.
Par la suite,
il a trempé dans le kidnapping,
le braquage de banque...
et l'assassinat d'un homme politique.
Il s'agit
du brigadier Supremo Macabantay.
Il était une fois
un policier.
TrÚs doué, qui ne craignait personne.
Il était célÚbre, respecté,
et c'Ă©tait un enquĂȘteur trĂšs malin.
Comme il avait du talent,
on lui a demandé de former
les recrues de l'Institut de criminologie.
Et on lui a confié des affaires délicates.
Mais un jour,
il a commencé
Ă enquĂȘter sur les affaires
du brigadier Supremo Macabantay.
Et Ă cause
des preuves qu'il a rassemblées,
le brigadier Supremo Macabantay a été emprisonné.
Et Supremo a croupi en prison.
Mais un jour,
sa femme lui a intenté un procÚs,
pour coups et blessures.
Un jour, une plainte a été déposée contre lui
par un autre policier, pour coups et blessures.
Il s'agit
du lieutenant Hermes Papauran.
Le lieutenant Hermes Papauran
est l'un
des étudiants les plus brillants du brigadier Supremo Macabantay.
Un beau jour,
on a libéré
le brigadier Supremo
Macabantay.
Et maintenant, il est prĂȘt Ă affronter
le lieutenant Hermes Papauran.
Fin !
C'est une belle histoire.
C'est une histoire vraie.
On danse
On danse
On danse sur les tessons
Ceux qui marchent en dormant
Se blessent forcément
Pourquoi as-tu un tatouage de poussin ?
C'était mon coq quand il était bébé.
Mais il est mort dans un combat.
VoilĂ ce que je voudrais.
C'est un couteau de chasse.
Super.
Je n'ai jamais rien vu de tel.
Donc vous voyez, je voudrais que ça ressemble à ça.
Suivez bien le dessin.
Et respectez...
les dimensions.
Pas plus grand, pas plus petit. Compris ?
Je vous paierai.
Comment vous allez vous en servir ?
Je vais vous montrer.
Tenez bien son visage,
ou prenez-le Ă la gorge...
Je parle de votre ennemi.
Ăa lui coupe tout de suite le souffle.
Commencez par le poignarder dans l'épaule, comme ça.
D'un coup. Tournez le couteau dans la plaie.
Puis enlevez-le d'un coup sec !
Ensuite, passez aux hanches.
Un coup prĂšs des hanches, tournez bien
et enlevez la lame d'un coup sec.
Assenez le dernier coup au niveau de l'entrejambe.
Tournez.
Et voilĂ .
C'est l'une des plus anciennes tortures.
Votre ennemi s'effondre direct.
Et petit Ă petit,
son sang s'écoule.
Il peut encore tenir debout.
Il peut encore marcher.
Selon sa force.
Ăa devrait prendre
environ une heure et demie.
S'il tient le coup.
C'est une mort
trĂšs cruelle et trĂšs douloureuse pour la victime.
Surtout dans les derniers instants.
Vous invoquerez tous les saints,
les dieux, Satan, et vous jurerez.
Vous sentirez la douleur,
jusqu'au fond de votre Ăąme.
Il va servir Ă quoi ?
Je suis chasseur.
Si vous le faites vite,
vous aurez un supplément.
- Ma sĆur. - Oui ?
ArrĂȘte de balayer. D'ici peu, le sable sera revenu.
Si je ne le fais pas,
un jour, le sable s'amoncellera
et ce sera plus dur à déblayer.
N'ouvre pas trop souvent les portes et les fenĂȘtres.
Quand tu seras guéri,
tu reprendras du service ?
Si je guéris, oui.
Tu peux enseigner.
La situation est inquiétante.
La culture du meurtre est en train de devenir ton systĂšme.
Tu es bien placé pour le savoir.
On n'a pas besoin d'en parler
pendant cent sept ans pour aboutir à la vérité.
Maintenant,
elle sévit partout.
Tu as raison.
C'est toi.
C'est toi, le systĂšme.
Tu représentes ce systÚme
de mort et de tuerie.
Les victimes sont sans défense et c'est dégueulasse !
Et...
Le pire...
Le pire c'est que...
Vous suivez tous aveuglément.
MĂȘme si vous savez
que le systĂšme ne marche pas.
MĂȘme si
leurs ordres sont inhumains !
Je vais le faire.
- Je vais le faire. - Non, laisse.
- Rentre. - Je le fais !
- Rentre et je le fais. - Non !
Laisse-moi faire.
Tu ne dis rien. Et le pire c'est que...
Tu penses tout savoir ?
Quoi ?
- Ăa te va ! - Ăa leur va !
Mais pas Ă moi !
Ăa ne me va pas du tout !
Comment ça va, Hermes ?
La star de Manille. Je suis Ă Halya. Je t'attends ici.
Halya est Ă trois heures de San Isidro. Prends le bus. Viens.
Comme je te l'ai appris, passons le dossier au peigne fin
pour percer le mystÚre du crime et aboutir à la vérité.
Il est parti par lĂ .
Il a été abattu ici.
- Il a été abattu chez vous ? - Oui.
Mais il a réussi à s'enfuir.
Je vous ai vu sur Democracy Now! avec Amy Goodman, d'oĂč mon appel.
Je voulais vous féliciter.
On doit prendre la parole.
Vous me connaissez. Je ne suis pas comme ça.
Je laisse la parole Ă mes photos.
Mais aprÚs le discours sur l'état de la nation du président Duterte,
oĂč il a dit que mes photos Ă©taient mĂ©lodramatiques,
les attaques contre moi ont empiré.
Ils ont inventé un tas de mensonges.
Vous le savez.
Du genre... J'ai payé des acteurs
et que la scÚne avec Michael Siaron était un coup monté.
Ils ont voulu détruire ma crédibilité.
Je devais prendre la parole.
Heureusement, je n'ai pas Facebook.
Mais j'ai lu les articles et entendu les mensonges.
Il était temps que je parle.
C'est bien que vous ayez parlé.
Vous ĂȘtes un tĂ©moin.
Mais faites attention.
Je fais attention.
Que faites-vous, en ce moment ?
La routine.
J'enquĂȘte sur les abus des droits de l'homme.
Et vous, lieutenant ? Comment ça va ?
Je suis rentré à San Isidro, ma ville natale.
J'essaie de guérir. Vous savez, j'ai mon psoriasis.
Ah oui. Ăa en est oĂč ?
Ăa empire.
Je teste les bienfaits de l'eau salée.
Notre maison est au bord de la mer.
- Lieutenant ? - Oui ?
J'ai appris que Supremo Macabantay était sorti de prison.
Oui.
Il est entouré de gens puissants.
Des parrains.
Il est trĂšs influent.
Vous l'avez crucifié, lieutenant. Attention.
Oui.
Il est déjà entré en contact avec moi, par message.
Il a dit quoi ?
Classique.
Il m'a menacé et il veut que je me batte contre lui.
Vous avez dit quoi ?
J'ai dit :
"Je vous adore."
Mais il est vraiment dangereux. C'est Primo.
Je sais, il n'est pas humain. C'est mon professeur.
Au revoir, Raffy. Continuez sur votre lancée.
C'est courageux.
Prenez garde, M. Courageux.
Vous aussi, lieutenant.
Quand ce sera fini, retrouvons-nous. Ăa me manque.
Errer dans le poste de police, le bureau de presse, papoter.
Vous pensez que ça finira quand ?
Je ne sais pas, Raffy.
Les meurtres sont devenus la norme.
Les vies des Philippins sont comme celles des poulets.
Je vais y aller.
Ă plus, lieutenant.
C'est encore lĂ .
Tu étais le meilleur nageur du groupe.
Comment ça va, Peryong ?
Raconte-moi un peu.
Pourquoi as-tu l'air si effrayé ?
Peryong, ce n'est pas contagieux.
Ce n'est pas la lĂšpre.
C'est du psoriasis.
Ăa fait des plaques sur la peau.
Je suis venu te voir car Nerissa m'a parlé de ton état.
Et on est dans le mĂȘme cas.
Nos femmes nous ont quittés.
J'ai quelques économies.
Je peux t'aider.
Je ne veux pas ĂȘtre liĂ© à ça.
Lié à quoi ?
Qu'est-ce qu'ils te disent ?
Que c'est la lĂšpre ?
C'est pour ça que personne n'est venu me voir ?
Merci, Hermes.
Bonjour.
Je suis l'envoyé du ciel.
Je suis venu te sauver.
Viens, mon enfant.
Viens.
Viens.
Ciel miséricordieux,
je me tiens devant toi, en humble disciple,
que tu as élu,
l'un de ceux que tu as choisis pour répandre ta parole,
la parole qui émancipera l'humanité.
Oh, mon Seigneur
Jéhovah de l'humanité
Je suis là pour te présenter une autre brebis
perdue parmi les péchés de la terre, que tu as créée à ton image.
Je t'en fais don, mon Seigneur.
Je t'en fais don.
PĂšre, accepte-la comme ta nouvelle enfant.
Elle a quitté les péchés du monde,
pour renaĂźtre de nouveau.
Merci, mon Seigneur !
Je te félicite.
Tu es sauvée.
Tu es sauvée. Tu es libre.
J'accepte
ton offrande.
Dansons.
Dansons.
Mon Dieu,
merci.
Viens. Dansons.
Remue les hanches.
Dansons.
Dansons.
Comme ça.
Dansons.
Comme ça.
Dansons.
Merci, Seigneur.
Merci pour tout ce que tu as donné.
Dansons.
Vous auriez une chambre ?
Pour combien de temps ?
Une semaine.
C'est quoi ?
C'est mon dossier médical.
J'ai un psoriasis trÚs prononcé.
C'est une maladie de la peau qui n'est pas contagieuse.
Ce n'est pas du tout contagieux, n'ayez pas peur
quand vous me verrez.
Voilà ce que ça fait.
L'autre document est mon autorisation de congé.
Je suis officier de police.
Je suis en arrĂȘt maladie.
Vous pouvez appeler ce numéro pour vérifier.
Mademoiselle.
S'il vous plaßt, gardez ça pour vous.
C'est classé secret.
Bien, monsieur.
Tu viens ?
Vous cachez quoi ?
Oui, montrez-nous.
VoilĂ ce que je cache.
Venez.
Votre sac.
Ăa va ?
Primo.
Brigadier !
Bonsoir !
Brigadier Primo !
Bonsoir !
Brigadier ?
J'arrive !
- OĂč est passĂ© le fou ? - Par ici !
Pardon.
M. Primo, bonsoir.
J'espÚre qu'on pourra échanger tranquillement
dans la partie plus calme du port.
Tout au bout.
J'arrive.
Merci.
OK.
Bonjour !
Bonjour.
Comment ça va, Hermes ?
Ăa va bien.
Ăa me dĂ©mange partout. Je pourris.
C'est quoi ?
Du psoriasis.
Ce n'est pas contagieux.
- Tu n'as pas de traitement ? - Si.
Mais la maladie est en moi.
Dans mon Ăąme.
Hermes.
Lieutenant Hermes Papauran.
Finissons-en.
Notre vécu est pesant.
Cette croix est trop lourde Ă porter.
Faisons table rase.
Face Ă face.
Un combat Ă mort.
Il est temps que tu appliques mes enseignements sur le combat.
Ăa va mal finir.
On n'est pas dans un film Ă la con.
Je ne me défendrai pas.
Défends-toi !
Tu m'as trahi !
Attendez.
J'ai fait mon boulot.
Je t'en foutrais !
Je suis ton professeur ! Et tu m'as détruit, non ?
J'étais obligé. Je n'ai fait que mon devoir.
Tu m'as tout pris.
Et la descente chez moi ?
Tu as fait une descente chez moi.
Tu as tué ma famille !
Toute ma famille !
Mes enfants...
Ma femme...
Tu les as laissé brûler aprÚs avoir incendié ma maison !
Tu as brûlé ma vie.
Salopard !
Salopard !
C'était un accident.
Non ! Je ne peux pas l'accepter !
Finissons-en une bonne fois pour toutes.
- Je vous demande pardon. - Je ne peux pas l'accepter !
Bats-toi.
Bats-toi, merde. LĂšve-toi.
Si je ne peux pas vous parler, je ne peux rien faire d'autre.
Je devrais mĂȘme vous arrĂȘter
pour avoir tuĂ© ma sĆur.
Mais je l'accepte,
et nous sommes quittes.
Vous avez bien dit
que je vous avais détruit ?
Mais vous m'avez détruit aussi.
Encore une fois,
j'implore votre pardon.
Ăa va ?
Désolé.
Vraiment désolé.
Il fait plus clair, Hermes.
Voici le lever du jour.
En ce dernier moment, nous apercevrons
ton pays Ă la con.
J'emmerde les Philippines !
C'est un pays Ă la con
qui abrite des criminels comme nous !
Des criminels comme nous !
Adaptation : Tatiana Andonovski
Sous-titrage : Hiventy
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