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- Trop génial ! - Je suis frigorifiée !
- Tu es lĂ . - Je suis lĂ .
- Tu m'as manqué. - Toi aussi.
Quel froid, putain !
Ăa me sidĂšre que tu vives encore ici.
Tu dis ça à chaque fois.
J'ai les mains gelées.
- Je vais la prendre. - C'est lourd.
Ăa pĂšse une tonne. C'est des cadeaux ?
- Non, un stock de chaussettes. - J'ai des chaussettes.
Tes pieds sont gigantesques.
L'Année du Bébé
Ăa pĂšse vraiment une tonne. La vache !
Je t'explique ma pensée.
Quand on baise avec un mec,
parfois,
ils disent des trucs, genre :
"Tu aimes ça ?"
"Tu aimes ça ?"
- "Ăa" dĂ©signe quoi ? - Exactement.
C'est profond.
Ils veulent dire :
"Tu aimes..."
- Ăa. Sous-entendu "ma bite". - Ou bien, ça.
Mais dans un sens, leur bite les personnifie,
donc ils parlent d'eux tout entiers.
"Est-ce que tu m'aimes ?"
"Je te baise avec ma bite."
Parfois, c'est genre...
ArrĂȘte.
Genre...
Pitié !
Ou genre...
- Sans déconner. - Carrément.
Parfois, tu sors de ton esprit et tu vois ça de l'extérieur.
Dans leur cerveau.
Ton cul a l'air bizarre.
Tu vas me laisser lire ?
Pour l'instant, c'est encore un brouillon.
- C'est une ébauche. - Absolument.
Encore un truc gay new-yorkais ?
Avec un cÎté sombre, psychologique et humoristique.
Il faut que je lise ça.
Ohé !
Ce type nous parle ?
Je crois qu'il a dit "ohé".
Ohé, voisine !
Il squatte notre coin.
Fait chier.
J'aimerais que tu vives encore ici.
Ou plus prĂšs, au moins.
Moi aussi, j'aimerais que tu vives plus prĂšs.
Mais je suis bien ici.
Tu es sûre ?
Pourquoi ?
C'est lourd, non ?
D'ĂȘtre encore ici.
C'est lourd n'importe oĂč.
C'est vrai.
Le lycée, c'était l'horreur.
Et la fac...
Exactement.
Je te manque, mĂȘme si tu es mariĂ©e ?
Oui, tu me manques mĂȘme si je suis mariĂ©e !
Mariée.
Ăa fait adulte.
Hyper adulte.
Mariée.
Vous, lĂ -bas !
Je suis mariée !
Je me suis engagée devant la loi !
Mon pÚre est divorcé.
C'est trop triste.
C'est pas grave !
Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Vous ĂȘtes tout seul.
Ăa m'est Ă©gal d'ĂȘtre tout seul.
C'est mon droit.
C'est votre droit.
Qu'attendez-vous ? Je dis qu'il est coupable.
- Nous attendons vos arguments. - Je vous les ai...
Bonsoir.
Je peux vous aider ?
Pardon. Je me suis trompé de maison ?
Non, c'est bien ici.
- C'est bien ici. - Vous cherchez Agnes ?
Gavin !
Agnes.
Lydie.
Vous ĂȘtes Lydie. Quel idiot !
Désolé, c'est ce week-end.
Au temps pour moi.
Pas de problĂšme.
Gavin est mon voisin.
Gavin, tu habites lĂ -bas.
C'est vrai, j'habite lĂ -bas.
C'est pas grave. Fais de beaux rĂȘves.
Dieu bénisse ton ùme perdue. Bonne nuit.
- J'ai été enchanté. - Moi aussi.
Il est mignon.
- Qui ? - Tu te le tapes.
Pas du tout.
- Tu te tapes ton voisin. - Non.
Tu te tapes le voisin, Gavin.
Toi-mĂȘme.
Pas moi !
- Pas moi. - Ni moi.
Tu te le tapes !
Tu te tapes Gavin !
Agnes ?
J'ai un truc Ă te dire.
Ăa concerne mon corps.
Ton corps est parfait.
Merci, mais c'est pas le sujet.
Je porte
un bébé à l'intérieur de moi.
C'est vrai ?
Quoi ? LĂ , maintenant ?
LĂ , maintenant.
Quoi ?
Incroyable !
Ton corps est un miracle.
Incroyable !
Tu as peur ?
Mais tu es contente ?
Oui. C'est une bonne chose.
Je le voulais, on a essayé un million de fois.
Tu le voulais.
Lydie !
Tu vas l'appeler Agnes ?
Je sais pas.
Je sais pas.
Tu devrais y réfléchir.
Ăa devait ĂȘtre du bon sperme.
Oui, Dieu merci.
Du bon sperme d'un grand gaillard blanc aléatoire.
Je devrais avoir des bébés de lui.
Comme ça, ils seront frÚres.
C'est sur la base de l'anonymat.
On a sa photo, on peut faire une recherche.
Je peux toucher ?
Je sens rien du tout.
C'est pas encore un bébé.
Quel Ăąge il a ?
Dix semaines.
Il doit ĂȘtre riquiqui.
De la taille d'une souris ?
C'est gros comment ?
Encore plus petit.
Plus petit qu'une souris ?
Ne dis rien Ă personne ce soir Ă propos de...
T'inquiÚte. Je suis trÚs sélective sur les secrets que je balance.
C'est pas franchement rassurant.
Je veux pas y aller.
Pas le choix, ou Natasha me tuera.
Je la trouve...
Je la trouve brutale quand elle parle.
Elle est clairement brutale.
Pas vrai ? Elle est super brutale.
Tu as peur ?
D'avoir mal ?
Mais aussi parce que c'est une personne.
Je veux mettre au monde quelqu'un de bien.
Ce sera forcément quelqu'un de bien.
Je vais douiller.
Apparemment, ça fait un mal atroce.
Ne dis pas ça !
J'ai le droit de le dire, pas toi.
Blablabla.
Pour faire court, on a eu la maison,
mais on l'a payée beaucoup plus que prévu.
Et ma maison, elle vous plaĂźt ?
Beaucoup.
Les boiseries sont superbes.
C'est chaud et foncé.
- Vous allez y mettre quoi ? - Chez nous ?
Notre canapé, notre lit, le buffet des parents de Benny.
Toutes vos affaires.
Exactement.
C'est logique.
Te voilĂ devenu un adulte accompli.
Depuis quand on s'était pas vus ?
Je me sens tout timide.
Trois ans depuis le doctorat ?
- Quatre, je crois. - Tant que ça ?
Le temps passe vite.
Ă une vitesse folle.
Pas pour moi ni pour Agnes,
puisqu'on est restées dans l'université.
Tu n'as pas bougé
de ta petite maison.
C'est différent quand on est parti.
New York.
Oui, New York.
C'est génial.
C'est bizarre de revenir.
Je suis passée devant le campus en allant chez Agnes.
J'ai eu des sueurs froides Ă la vue de la bibliothĂšque.
Pas la bibliothÚque, par pitié !
Cet endroit déclenche un stress post-traumatique.
On en a bavé.
J'ai l'impression d'avoir passé dix ans sur ma thÚse.
Un jour, dans une des salles du 3e étage,
j'ai failli me taillader avec mon Dickens
pour ĂȘtre hospitalisĂ©e et pouvoir enfin me reposer.
Je l'ai pas fait, mais j'y ai pensé.
Parfois, je rĂȘve que ma thĂšse n'a que des pages blanches
et que je mange les pages.
C'est trop triste !
Oui, c'est vraiment triste.
Agnes, c'était si cool pour toi ?
Tu n'as pas d'anecdote Ă partager ?
Elle y peut rien si le prof l'adorait.
Peut-ĂȘtre, mais c'Ă©tait gonflant.
Ce poisson
est délicieux.
Il est Ă quoi ?
Le poisson ?
Ăa se passe bien, le professorat ?
Je suis Ă temps partiel, mais on va me confier un cours.
Ce n'est pas officiel, mais je le sens.
- C'est possible. - C'est sûr.
Oui, c'est sûr.
Ăa bouge au dĂ©partement d'anglais. Agnes ?
Agnes a une grande nouvelle.
Toilettes. Pardon.
Agnes a pris le temps plein de Wilkinson.
Le poste était vacant.
Elle est super jeune pour ĂȘtre Ă temps plein.
C'est la plus jeune en 50 ans, la garce.
Je plaisante.
Il y a une arĂȘte.
Quoi ?
Dans le poisson.
Il y a une arĂȘte dans le poisson que tu m'as servi.
Désolée.
C'est pas grave, mais tu devrais
faire attention Ă ce que tu sers aux gens.
Bonjour, mon bébé.
Tu es un bébé.
Je t'aime. Tu veux descendre ?
D'accord, je te repose.
Tu sors parfois, hein ?
Oui, je sors.
Je vais bosser. J'ai un travail.
Mais...
tu as toujours le mĂȘme bureau.
Tu devais demander Ă en changer.
J'ai pas envie d'expliquer pourquoi il y a un malaise.
Tu n'as qu'Ă dire qu'il y a de la moisissure.
Pourquoi pas.
Et si je disais qu'il y a une bĂȘte crevĂ©e dans la cloison ?
Tu es un ange tombé du ciel, mais non.
Je suis mĂȘme pas sĂ»re d'avoir mĂ©ritĂ© ce poste.
Je veux pas me plaindre de mon bureau,
d'autant qu'il est immense
et super lumineux.
Je comprends pourquoi il l'appréciait.
Mais oui, je sors de la maison.
Ne...
meurs pas.
Je ne vais pas mourir.
Si j'avais dĂ» me suicider,
je l'aurais fait l'année derniÚre.
Ou l'année d'avant.
L'année d'avant, sans hésiter.
Je ne vais pas mourir.
Ăa vaut aussi pour toi.
S'il te plaĂźt, ne meurs pas.
Lydie,
tu vas avoir un bébé.
Je sais.
Tu vas ĂȘtre gĂ©niale avec ton bĂ©bĂ©.
- Je vais pas mourir. - S'il te plaĂźt.
Toi non plus, s'il te plaĂźt.
Tu veux lui dire bonjour ?
Salut.
Je suis Agnes.
Je suis ta maman.
Lydie et Fran diront le contraire, mais crois-moi...
Agnes ! Fais ça bien.
D'accord.
Salut.
Je suis Agnes.
Je ne suis pas ta maman.
Je suis ta maman.
T'es pas possible.
Il a bougé !
N'importe quoi.
Tu comptes le...
Merci.
Ne pars pas.
- On se voit bientĂŽt. - Quand ?
Viens Ă New York. J'ai un lit d'ami.
Dis Ă Fran que je l'exĂšcre.
C'est pas vrai.
Je sais, ma puce.
Je t'aime.
Reviens vite.
Pas parce que je vais me tuer, mais parce que...
N'attends pas trop longtemps.
L'Année du Truc Grave
Putain !
Putain !
Qu'est-ce qui se passe ?
Je déteste les études !
Sérieux, mon cerveau va exploser.
Je vais mourir, putain !
Ăa vient de me frapper, ma puce.
Personne en a rien Ă foutre de Ted Hughes.
Ăa intĂ©resse tout le monde.
C'est pas croyable. J'ai passé deux ans à écrire sur un mec.
Je baise mĂȘme plus avec des mecs sans penser Ă des femmes.
Tu veux en parler ?
De quoi ?
De rien.
Me voilĂ . Excusez-moi.
Vous avez fini ?
Tout juste.
- Devin ? - Absolument.
Désolé, je ne procrastine jamais, donc c'était simple pour moi.
Vous ĂȘtes tout excusĂ©.
Cette suffisance vous mĂšnera loin.
Lydie ?
C'est moi.
Vous avez terminé ?
Oui.
Mais... Ne vous fùchez pas, j'ai terminé.
La derniĂšre page
est un copier-coller d'un extrait de Slouching Towards Bethlehem
que je n'ai pas écrit.
Yeats ou Didion ?
Didion.
Toujours Didion.
Je suis lĂ pour vous guider et vous aider
et m'assurer que votre thĂšse avance.
J'ai fini la mienne.
TrĂšs bien. C'est super, Natasha.
Lydie,
vous pouvez finir pour mercredi ?
Un premier jet, sans l'extrait de Didion ?
Je suis vraiment désolée.
Vous allez lire la mienne ?
C'est mon travail.
Vous allez demander la sienne Ă Agnes ?
Agnes.
Ăa s'est bien passĂ© ?
TrÚs bien. J'ai terminé.
Je suis impatient.
Vous allez lire la mienne aussi ?
Pourquoi je bosse encore ?
Parce que tu n'as pas fini, sans te vexer.
ArrĂȘte de crĂąner.
Je ne crĂąne pas.
Tu te prélasses.
Et aprĂšs ?
Si j'avais fini, je me prélasserais aussi.
Mais c'est pas le cas, donc...
je me prélasse pas.
Si ça peut te faire plaisir.
C'est extraordinaire.
Quoi ?
Tu devrais le sauter.
J'en ai pas envie.
Vraiment ?
Dans ce cas, ne le saute pas.
Je le sauterai pas.
Lui, il en a envie.
Tu crois ?
Oui.
C'est nul.
Pourquoi ?
Il m'encense pour me sauter ?
Non, parce que tu le mérites.
Mais qu'est-ce que tu dirais
s'il te proposait de coucher ?
Je dirais non.
Je serais offensée.
Je comprends.
Je comprends.
Je dirais non,
mais merci.
DĂPARTEMENT D'ANGLAIS
Entrez.
Bonjour.
Bonjour, Agnes.
- Merci de me recevoir. - Merci d'ĂȘtre venue.
Un projet en cours ?
Disons...
Non, pas...
Pas vraiment.
Maintenant, vous devez tout me dire.
Pourquoi ?
J'en sais déjà trop.
J'écris un roman.
Un roman ?
Un long roman ?
Moyen.
C'est bien.
Pourquoi ?
Trop long, ça finit par ĂȘtre barbant.
Et trop court ?
à quoi bon l'avoir écrit ?
MĂȘme s'il est de taille moyenne...
La longueur parfaite.
Je dois avouer
qu'il est mauvais au point que j'ai envie de me tuer.
Il faut des romans médiocres
pour qu'on puisse distinguer ceux qui sont bons.
Je rends service à l'humanité en écrivant une bouse.
Pour ce que ça vaut,
j'ai aimé votre premier roman, avec son cÎté déglingué.
Il m'a montré qu'il y avait une raison, malgré les apparences,
Ă ce que je sois en vie.
Ăa ne ressemblait pas Ă de la fiction. Dans ce cas, c'est un compliment.
J'y pense tout le temps au quotidien,
quand je mange de la glace ou quand je regarde par la fenĂȘtre.
Merci.
Merci Ă vous.
Assez parlé de moi.
J'ai lu votre thĂšse.
Vous avez fait vite.
En toute franchise, je ne pouvais pas la lĂącher.
Vous aviez de la colle sur les mains ?
Comment ?
Pardon, ça n'a aucun sens.
Si, complĂštement.
Quoi qu'il en soit...
Cette partie,
de la page trois Ă la page sept,
est tout simplement
extraordinaire.
Vraiment.
Excusez-moi.
Pardon.
Mon ex est procureure.
Une femme de loi !
Mon ex-femme
adore la loi.
Elle plaide et mon enfant est malade. Je dois...
Je dois y aller.
- Désolé. - Ce n'est rien.
Vous méritez ma pleine attention. Ce texte le mérite.
- On peut reporter ? - Pas de problĂšme.
Je vous recontacte.
- Je suis vraiment confus. - Ce n'est rien.
Attendez.
Vous devez voir ça.
Je viens de l'acquérir.
La Promenade au phare, édition originale.
Merci.
Je peux le toucher ?
On nous demande de réfléchir à l'idée que s'Îter la vie,
se libérer de son existence corporelle,
est peut-ĂȘtre,
pour Milkman,
une transcendance et non une tragédie.
C'est un moyen de retourner Ă sa terre ancestrale.
- Agnes. - Bonjour.
Formidable.
Merci d'avoir accepté au débotté.
Désolé de faire ça chez moi.
Aucun problĂšme.
Rassurez-vous, mon enfant est chez mon ex.
Tout va bien.
Entrez.
Vous pouvez enlever vos chaussures ?
- Pardon. - Ne vous excusez pas.
Vous avez ma thĂšse ?
Vos lacets sont défaits.
Salut !
J'étais littéralement en apnée. Raconte.
Agnes, ça va ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
J'en sais rien.
Mon pantalon est déchiré.
On a commencé à s'embrasser
et j'ai pensé : "On s'embrasse."
La pensée qu'on s'embrassait était désagréable,
comme quand tu te forces,
que c'est juste une bouche étrangÚre.
J'ai dit : "Je crois que je suis pas prĂȘte.
"Je sors tout juste d'une histoire."
C'était un mensonge.
Il n'y a rien de mal à ça.
Il m'a dit : "C'est pas grave.
"On peut regarder un film sur le canapé."
Il a mis un film.
Un dessin animé. J'ai trouvé ça bizarre.
Je me suis souvenue qu'il avait un enfant,
donc c'était moins bizarre.
Il a mis sa main sur mon pantalon.
J'ai repoussé sa main,
mais il la remettait Ă chaque fois.
Et puis, il a glissé sa main entre mon pantalon et ma culotte.
Je me tortillais dans tous les sens pendant qu'il...
Ses doigts étaient forts et durs.
C'était pas bon, c'était trop brutal.
Peut-ĂȘtre que si j'en avais eu envie...
- Mais tu voulais pas. - Non, je voulais pas.
J'ai retiré sa main, parce que...
c'était pas agréable.
Ăa me faisait mal.
J'ai commencé à l'embrasser.
Je me suis dit :
"Si on doit faire quelque chose,
"je préfÚre l'embrasser que d'avoir ses doigts là ."
Ensuite, j'ai un blanc.
à un moment, sa main était à nouveau là ,
dans ma culotte, cette fois.
J'essayais encore de la retirer.
Tu as dĂ» beaucoup le repousser.
Je ne pensais qu'à ça.
Il allait finir par arrĂȘter puisque je le repoussais.
Mais il recommençait.
Ensuite,
il s'est mis Ă essayer de baisser mon pantalon.
Mais il y a un bouton.
Il arrĂȘtait pas de tirer,
et moi, je le remontais.
Il était à moitié baissé
et j'ai senti quelque chose qui me pénétrait.
Mon dos est devenu glacé.
J'ai tendu la main pour toucher, et...
c'était...
C'était son... Tu sais.
J'ai bondi du canapé et...
je me suis assise sur l'accoudoir,
je sais pas combien de temps.
J'ai regardé son visage, à un moment,
et il avait l'air
effrayé.
Son visage était effrayé ?
Je me suis levée lentement,
j'ai attrapé mes boots
et j'ai repris ma voiture.
Et je suis rentrée.
Ăa ressemble Ă ...
ça.
Clairement.
C'était ça.
Je suis vraiment désolée.
Je sais jamais s'il faut ĂȘtre nue.
- Sous la chemise ? - Oui.
- Tu es nue, lĂ ? - Oui.
Tu débloques, ma vieille !
Bonjour. Vous ĂȘtes Agnes ?
Oui. Bonjour.
Je suis le Dr Evans.
Agression sexuelle ?
Ce lieu vous sécurise ?
Pardon. Avant qu'on commence, je dois vous dire que je suis nue.
- Pardon ? - En dessous. Ăa va aller ?
Aucun problĂšme.
Vous permettez ?
Je vous en prie.
C'est arrivé quand ?
La chose ?
- L'agression. - Cette nuit.
La nuit derniÚre. Dans la soirée d'hier.
- Vous vous ĂȘtes lavĂ©e ? - J'ai pris un bain.
Il vaut mieux venir aux Urgences juste aprĂšs les faits.
Je m'en souviendrai pour la prochaine fois.
C'est indispensable
pour récolter les preuves de l'agression.
Je pense que vous devriez changer de ton.
Si ce n'est pas trop demander.
Je veux juste ĂȘtre sĂ»re qu'il ne m'a pas transmis une maladie.
Votre assaillant a-t-il éjaculé en vous ?
Je ne parlerais pas d'assaillant. Il n'a pas fait "Bouh !"
Mais il y a eu viol.
Oui, et bravo pour le tact.
Je sais que c'est dur d'en parler.
- On ne dirait pas. - Je dois poser ces questions.
Votre façon de les poser est flippante.
Restez calme, madame.
- Elle l'est. - Je le suis.
Finissez vos questions.
A-t-il éjaculé en vous ?
Ce mot est horrible.
Non, il n'a pas été en moi assez longtemps.
Ăa a durĂ©...
Pas plus.
On va faire un test de grossesse
et d'infections sexuellement transmissibles.
On fera aussi un prélÚvement vaginal.
Miam !
Pardon ?
Elle a dit "miam".
Je reviens avec ce qu'il faut.
Agnes ?
Il s'en va.
Qui ?
Decker est transféré.
Il a eu un poste dans l'Ătat de New York.
Il s'en va.
Putain.
Je le crois pas !
C'est bien ?
Non.
Peut-ĂȘtre. J'en sais rien.
Il t'en a parlé ?
Non.
Hier, son bureau était plein d'affaires.
Il n'avait rien mis en carton.
Donc il s'enfuit.
Putain !
- Bonjour. Je suis... - Agnes ?
Je suis Elizabeth, et voici Claire.
Bonjour, je suis Claire.
Vous voulez bien nous suivre ?
Bien sûr.
Nous sommes navrées de ce qui vous est arrivé.
Nous prenons cette affaire
trÚs au sérieux.
Vous comptez agir ?
Il y aurait lieu d'enquĂȘter,
mais, comme vous le savez,
il a notifié sa démission hier, à ...
16h18.
Et vous avez rapporté l'incident aujourd'hui, à 8h42.
Malheureusement, il ne fait plus partie de nos employés.
Nous ne pouvons donc pas prendre de mesures
telles qu'une suspension, un licenciement,
des choses de cet ordre.
Ces situations sont extrĂȘmement pĂ©nibles.
L'université ne peut malheureusement pas assumer
quelque responsabilité que ce soit.
C'était mon directeur de thÚse.
Ex-directeur de thĂšse.
Vous pouvez porter plainte au commissariat
et demander un mandat d'arrĂȘt.
Nous savons ce que vous traversez.
Nous sommes des femmes.
Quoi ?
Nous sommes des femmes.
Bonsoir.
Vous ĂȘtes mon voisin.
Oui, j'habite ici.
Vous vous appelez comment ?
Gavin.
- EnchantĂ©e. - De mĂȘme.
Agnes.
L'Agneau de Dieu.
Quoi ?
C'est rien, oubliez. Je suis...
Que faites-vous par cette belle soirée ?
Ă tout hasard, vous auriez de quoi allumer un feu ?
Des allumettes ?
Non. Il y a pas un genre de liquide ?
Oui.
- De l'allume-feu. - Oui. Vous en avez ?
Oui.
C'est pour quoi faire ?
Avec des amis, on fait des hotdogs.
Super idée.
Désolée, on n'en a que pour deux.
Ne vous en faites pas, j'ai prévu de dßner avec ma mÚre.
C'est faux, pardon.
J'ai dit ça pour m'éviter un hypothétique rejet.
Pas de problĂšme.
Je vais chercher l'allume-feu.
Vous voulez entrer un instant ?
Non, merci. Je peux attendre ici ?
Aucun souci.
Je reviens vite.
Ăa devrait faire l'affaire.
Génial, merci.
Je dois verser ça sur ce que je veux brûler ?
Vous voulez dire, le barbecue ?
Oui.
N'en mettez pas trop.
Vous voulez un coup de main ?
Merci...
Gavin.
Merci infiniment, Gavin.
C'est pas par lĂ , chez vous ?
Bien vu.
Pourquoi tu as ça ?
Je l'ai emprunté au voisin.
Pourquoi ?
C'est la suite d'un raisonnement tout sauf normal.
J'allais mettre le feu au bureau de Decker.
Tu veux toujours le faire ?
Je ne sais pas.
Je vais le faire.
C'est adorable,
mais non.
Je suis sérieuse.
Si tu as besoin de quelqu'un pour cramer son bureau Ă ta place,
je m'en charge.
Je souhaite mĂȘme pas sa mort.
Moi, si.
Je souhaite pas sa mort.
Si tu changes d'avis...
Merci.
On pourrait cramer un truc plus petit.
Ses cheveux, ses stylos ou autre chose.
Je vais y réfléchir.
Je dois faire des hotdogs.
Pourquoi ?
Ă cause du voisin. Je me suis empĂȘtrĂ©e dans un mensonge.
Je m'en occupe.
Désolée.
Ăa me gĂȘne pas. C'est plus simple que de tuer un mec.
On a des saucisses ?
J'en sais rien.
Salut.
Je vais acheter du café.
Tu veux venir dans mes bras ?
La vache !
Ăa fait un bien fou.
Je crois que...
Oui, je t'aime.
Tu viens acheter du café ?
Saumon.
Tu es difficile, c'est une grande qualité.
Thon.
Tu sens juste la boßte. Il y a du thon à l'intérieur.
Une de chaque.
Ce sera tout ?
Oui, merci.
Vous avez fait entrer un chat ?
Non.
Si.
Pardon ?
Vous mentez.
Absolument pas.
Vos boĂźtes pour chat.
- On n'a plus de café. - J'en ai racheté.
J'ai pris un chat.
Si ça peut t'aider.
L'Année des Questions
Merci d'ĂȘtre ici
et d'avoir répondu à votre convocation.
Si vous n'avez jamais été juré
et ignorez tout de cette procédure,
veuillez vous approcher
et prenez un questionnaire.
Remplissez-le
et rendez-le-nous complété.
Nous avons des petits crayons
si vous en avez besoin.
Genre
Les jurés suivants
sont récusés.
Jurés un, trois, cinq,
sept, huit,
trente,
trente-deux,
trente-neuf,
vingt-cinq,
quarante-deux,
quarante-trois,
quarante-neuf,
cinquante-neuf,
vous ĂȘtes rĂ©cusĂ©s.
Merci. Vous pouvez partir.
Pensez-vous, en vous fondant sur cette définition,
comprendre la notion d'intime conviction ?
Oui.
Pour ĂȘtre convaincu sans aucun doute, il faut avoir Ă©tĂ© tĂ©moin du crime.
Oui, je comprends.
Pensez-vous tous
pouvoir juger cette affaire dans votre intime conviction ?
Qui parmi vous a des enfants ?
M. Wogard, vous avez un enfant ?
Oui.
Sophie a quatre ans.
Imaginons qu'elle joue sur le portique, au parc,
vous tournez la tĂȘte un instant et elle revient avec un bras cassĂ©.
Qu'en déduisez-vous ?
Qu'elle est tombée du portique.
Oui. C'est ce qu'on appelle une présomption,
une déduction raisonnable d'aprÚs les faits qu'on a.
Vous comprenez, M. Wogard ?
Oui.
Si un autre enfant vient vers vous
et vous dit qu'il l'a vue tomber du portique,
c'est un témoignage direct, car quelqu'un a vu l'accident.
Tout le monde saisit la différence
entre présomption et témoignage direct ?
Sans témoignage direct,
on ne peut pas ĂȘtre certain qu'un crime a Ă©tĂ© commis.
Mon rÎle est de prouver la culpabilité de l'accusé
au-delĂ de tout doute,
sans qu'aucune autre explication raisonnable
ne puisse ĂȘtre Ă©tayĂ©e par des preuves.
Si l'un d'entre vous
a été victime d'un crime, qu'il lÚve la main.
M. Faber, quel était le crime ?
Vol à main armée.
Cette expérience peut-elle
vous empĂȘcher d'ĂȘtre un jurĂ© impartial dans ce procĂšs ?
Non.
Mlle Ward.
Quoi ?
Quand j'ai posé la question, avez-vous levé la main ?
Je préfÚre ne pas en parler, donc...
Vous ne pouvez pas parler du crime ?
C'est mon pire cauchemar
de devoir raconter à des inconnus ce qui m'est arrivé.
Ce raisonnement m'a conduite
à ne pas garder ma main levée.
Merci.
Ce crime pourrait-il vous empĂȘcher
d'ĂȘtre un jurĂ© impartial dans ce procĂšs ?
C'est une bonne question
et j'y ai beaucoup réfléchi.
Ătes-vous parvenue Ă une conclusion ?
Ce serait mieux que je ne sois pas dans le jury
et que j'accomplisse un autre type de devoir civique.
Ă quel type de devoir civique pensez-vous ?
Merci de me le demander.
Je suis professeure.
Ă temps partiel, mais bientĂŽt Ă temps plein.
L'enseignement est important.
Enfin, c'est mon avis.
On peut penser qu'un enseignant constitue un juré idéal.
Absolument pas.
Sur votre questionnaire...
Je ne savais pas que ce serait lu tout haut.
"Un adjectif vous décrivant : intelligente."
Vous avez barré et mis "grande".
Si ce crime vous rend partiale,
vous serez récusée.
Ăa peut me nuire d'en parler ?
Pourquoi, si vous étiez la victime ?
Je ne sais pas. La loi est absurde Ă mes yeux.
Je ne l'ai jamais dit tout haut.
Ce n'est pas grave.
Vous ĂȘtes allĂ©e voir la police ?
Non.
Je n'avais qu'un bouton
et je ne veux pas qu'il aille en prison.
Pourquoi ça ?
Il a un enfant.
Je veux qu'il arrĂȘte d'ĂȘtre quelqu'un qui fait ça.
S'il allait en prison, il resterait le mĂȘme, mais en prison.
M. le président, puis-je m'entretenir avec vous ?
Agnes Ward, vous pouvez partir.
Désolée.
Vous pouvez appeler le juré suivant.
Nous appelons...
Rex Haberman.
Rex ?
L'Année du Bon Sandwich
Ăa t'a plu ?
Quoi ?
Tu as aimé le sexe avec moi ?
Bien.
Merci.
Merci.
Agnes,
nous avons des retours enthousiastes de vos étudiants de TD
concernant votre contribution à notre université.
Tous nos enseignants, anciens et actuels,
chantent vos louanges.
D'anciens enseignants ?
Voici les qualificatifs Ă votre sujet.
Attentionnée.
Encourageante.
Extraordinaire.
Le poste laissé par Preston est toujours vacant.
Nous attendions de trouver la personne idéale.
Nous sommes heureux de vous proposer
un poste Ă temps plein ici, Ă Fairport.
- Vraiment ? - Oui.
Le département vous a choisie à l'unanimité.
J'accepte.
Formidable !
Vous dirigerez le cours d'introduction au roman du XXe siĂšcle,
que vous connaissez bien,
et vous créerez votre propre option.
Nous aimerions que vous envisagiez un cours sur l'art de la nouvelle
car nous sommes tous de grands admirateurs de votre thĂšse.
Préférez-vous un autre sujet ?
Je n'ai pas relu ma thĂšse depuis sa publication,
mais je vais me pencher dessus
et je vous soumettrai un programme.
Merveilleux. Nous sommes ravis de vous avoir.
Merci.
Agnes, j'ai un truc Ă te dire.
Je suis amoureuse.
Quoi ?
En mode super, super gay,
encore plus qu'on ne pensait.
- De la personne dont tu m'as parlé ? - Oui. Fran.
Tu es heureuse d'ĂȘtre gay et amoureuse ?
Je suis super heureuse d'ĂȘtre gay et amoureuse !
Vous devez vous rencontrer !
C'est clair. Carrément.
Lydie, tu mĂ©rites d'ĂȘtre amoureuse
pour toujours et Ă jamais.
Merci, ma puce.
- J'ai eu le poste. - Quoi ?
Je suis prof Ă temps plein.
Trop bien !
C'est moins chouette que d'ĂȘtre amoureuse.
Bien sûr que si. C'est génial !
Oui, c'est chouette.
Tu l'as vraiment mérité.
EXTRAORDINAIRE
Voici votre bureau.
Dites-moi s'il vous faut quoi que ce soit,
changer une ampoule ou autre.
Merci, Sophie.
"Je compris tout Ă coup,
"tandis que mes genoux allaient et venaient mécaniquement,
"que j'ignorais tout des pensées de mon adorée
"et que, peut-ĂȘtre,
"derriÚre la pauvreté des clichés puérils,
"il y avait en elle un jardin, des crépuscules
"et la grille d'un palais,
"régions diaphanes et merveilleuses dont l'accÚs m'était interdit..."
Mme Ward ?
Désolé, mais je trouve ce livre répugnant.
Jeremy, quelque part, c'est un soulagement de l'entendre.
Qu'avez-vous pensé de l'écriture ?
C'est ça qui m'a foutu les boules.
Je détestais ce que ça raconte,
mais j'aimais bien sa façon de le dire.
J'avais les boules.
Qui d'autre était partagé,
pris dans un dilemme entre la forme
et le contenu en lui-mĂȘme ?
Professeure.
C'est encore la dame.
Elle regarde à travers le machin vitré.
Elle est tenace.
Comme le désir de Humbert de figer Lolita dans le temps.
Joli.
Reprenons.
"Car je l'avais souvent constaté,
"dans l'univers oĂč nous vivions, elle et moi,
"dans le péché intégral..."
Alors...
Salut.
Lydie s'est fiancée.
Elle se marie quand ?
Cet été.
Tu apprécies Fran ?
Oui, Fran est sympa.
C'est quelqu'un de réservé et grand.
Un problĂšme ?
Tu as eu le poste.
Je voulais le poste.
- Tu te sens coupable ? - Oui.
Mais pour d'autres raisons que celle-lĂ .
Tout est facile pour toi, mais c'est nul de flouer les autres.
- Rien n'est facile pour moi. - Si.
Tout le monde te trouve brillante et sexy.
- Merci. - Ne t'emballe pas.
Logan t'apprécie, Devin aussi, Lydie aussi.
Decker aussi.
Toi, tu m'apprécies pas.
C'est vrai.
C'est vrai.
Quand j'y réfléchis,
je pense que Decker me détestait.
Tu étais sa chouchoute, c'est absurde.
Non.
Quand tu apprécies quelqu'un,
quand tu respectes quelqu'un,
les gens peuvent te traiter d'une certaine façon.
Avec respect,
comme une personne
qui vit, qui respire
et qui pense par elle-mĂȘme.
Parfois, les gens te traitent d'une autre façon
qui est mauvaise.
En tout cas, j'ai couché avec lui
et il a mĂȘme pas pris la peine de me faire un retour sur ma thĂšse.
Tu as couché avec lui ?
Il te l'a demandé ?
Quoi ?
C'était volontaire ?
Oui, c'était volontaire.
Ăa a durĂ© cinq minutes. Pas le meilleur coup de ma vie.
C'est fermé, ne restez pas là .
Bon sang !
Pardon d'avoir crié.
Mon fils fait des crises comme ça, parfois trÚs fortes.
Vous ĂȘtes terrifiĂ©e,
mais vous ĂȘtes garĂ©e et en sĂ©curitĂ©.
Tout va bien.
Vous allez respirer avec moi.
PrĂȘte ? Inspirez.
Expirez,
deux, trois, quatre, cinq.
Inspirez.
Expirez, deux, trois, quatre, cinq.
Inspirez.
Expirez.
Inspirez.
Expirez.
Je respire pas comme ça au naturel, mais ça fait du bien.
Ăa va mieux ?
Impeccable.
Vous voulez un sandwich ?
Je voulais mettre des tables
pour que les gens n'aient pas Ă s'asseoir par terre.
C'est un bon sandwich.
C'est malheureux de le manger au milieu des chiures de pigeon.
Enfin, bref.
Mais comme je partage le parking avec les gars de la décharge,
il me faut leur accord.
PlutĂŽt crever que de leur demander !
Sales trouducs.
C'est bon.
Oui, pardi.
Sans ça, je tiendrais pas une sandwicherie.
C'est épicé.
Piment calabrais. TrĂšs cher.
Agnes.
Agnes ?
On dirait un méchant de la décharge.
Je suis pas d'accord. C'est des trouducs.
Moi, je suis franc du collier.
Vous avez un fils ?
C'est un trouduc.
Hank.
Hank ?
Ne m'en parlez pas.
On dirait un bruit de klaxon.
Vous avez des gosses ?
Non.
Vous en voulez ?
J'ai du mal Ă m'imaginer vieille.
Vous croyez que j'imaginais devenir comme ça ?
Croyez-le ou non,
je pensais pas ressembler un jour Ă une patate avec une bouche.
Et pourtant.
Ăa vous arrivera.
Sans crier gare.
Il m'est arrivé un truc grave.
C'est pour ça que j'agis bizarrement.
Grave comment ?
Vraiment grave, je crois.
Vous en ĂȘtes pas sĂ»re ?
Je sais que c'est grave.
Surtout parce que quand j'en parle aux gens,
ils flippent pour moi.
à part mon amie, mais elle a déménagé.
Parfois, je me sens mal quand j'y pense,
parce que...
j'ai des bribes qui me reviennent.
Je sens dans mon corps
que c'était vraiment grave.
Et parfois, j'y pense pas, ce qui est bizarre.
Je me sens coupable quand j'y pense pas.
C'est tout rĂ©cent, d'oĂč la crise d'angoisse ?
Non.
C'était il y a un peu plus de trois ans.
C'est pas si loin.
Enfin, c'est loin, mais...
pas tant que ça.
Vous ĂȘtes...
bien chez vous ?
J'ai un chat.
Olga.
Tu fais chier.
Va te coucher.
Tu as chié dans mon lit ?
Putain, Olga !
C'est pas vrai !
Si tu voulais la tuer, il fallait la tuer !
Je reviens. Ce sera bientĂŽt fini.
Qu'est-ce que je peux prendre ?
J'ai un sac ! J'arrive !
Je suis là . Désolée.
Ăa va ? Non, tu es en train de mourir.
Va dans le sac, s'il te plaĂźt.
Je suis désolée.
Je suis vraiment désolée.
Bon sang !
Gavin !
Gavin !
Agnes ? Ăa va ?
Ăa va ?
Tu veux bien me baiser ?
Oui.
Attends. Des chaussures.
Il me faut des chaussures.
Une seconde !
- Je peux pisser ? - Oui, je t'en prie.
Je peux venir ?
Dans le bain ?
Oui.
Je vais me retourner. Ne t'occupe pas de moi.
Inutile de le cacher.
Il est petit, lĂ .
Les hommes sont bizarres.
Merci.
C'est agréable.
La température idéale.
Merci.
Je me sens bĂȘte d'avoir cachĂ© ma bite.
Ne t'en fais pas.
Moi, je planque mes seins.
C'est vrai.
Désolée, la baignoire est petite.
Cette baignoire ?
Tout va bien.
Je peux venir derriĂšre toi ?
Pourquoi ?
Pour te prendre dans mes bras.
Attends. Je peux la regarder ?
Ma bite ?
J'en ai jamais vu d'aussi molle.
J'ai de quoi cauchemarder pendant dix ans.
Je veux dire, on les voit jamais dans cet état.
C'est mieux comme ça.
J'ai fini.
Tu penses vouloir la mĂȘme chose que tout le monde ?
Comme quoi ?
Comme...
une famille, tout ça. J'en sais rien.
Toi, tu veux tout ça ?
Avec toi ?
Non.
C'est toi qui as demandé.
Oui, je veux tout ça.
C'est chouette.
Et toi ?
Ăa pourrait me rapprocher de Lydie,
mais je le vois pas.
OĂč ça ?
Dans ma tĂȘte.
Je me vois pas vieillir et avoir des enfants.
Je me visualise pas.
Tu serais une mÚre géniale.
Pourquoi ?
Tu es super gentille.
Pas tant que ça.
On dit qu'on ne veut pas d'enfant,
et puis les choses changent.
Je crois que nos attentes
changent dans la vie.
C'est trop froid.
Je trouve ça parfait.
L'Année du Bébé
Tu m'as manqué !
Toi aussi, tu m'as grave manqué.
- Le bébé est là ? - Oui, le bébé est là .
- Salut, Agnes. - Salut, Fran.
Fran ! Tu te souviens ?
C'était un grand jour.
Tu l'as dit.
Tu regrettes pas ?
C'Ă©tait gĂ©nial d'ĂȘtre lĂ .
Et instructif de voir un vagin explosé.
Sois franche.
Tu l'aimes ?
Mon bébé ?
- Je l'adore. - C'est super.
Tu m'aimes encore ?
Oui, je t'aime aussi.
Cool.
- Tu la prends ? - J'arrive.
Tu veux un coup de main ?
Salut.
Salut.
C'est sympa.
Donne-moi un sac.
J'aime les porter.
Alors...
Salut.
Elle commence Ă ressembler Ă quelque chose.
Petite Janie mimi-jolie.
Jane tout court, on préfÚre.
Je suis contente de te revoir.
C'est rien.
- Ăa arrive tout le temps. - Ah oui ?
C'est ma tĂȘte ?
RĂ©pondez. C'est ma tĂȘte ?
On va au phare !
Fran...
On va au phare !
Janie ! On va au phare !
Elle a pas super bien dormi.
On est décalquées.
Elle va pas pouvoir faire une grande promenade.
Le bébé ?
C'est un bébé, elle fait ce qu'on veut.
Pas vraiment.
Allez-y. Je vais rester.
Sérieux ? D'accord.
Je voulais t'y emmener.
On ira une autre fois.
Allez-y, vous deux.
Quelqu'un doit rester avec Jane.
Je m'en occupe.
Sérieux ?
Jane est assez difficile.
Je m'en occupe.
Trop bien ! Merci, Agnes.
Fran, on est libres.
Le phare est romantique.
Profitez de ce moment Ă deux.
Faites un autre bébé, par exemple.
On en a pour 20 minutes max.
Question. Et si elle me tue ?
Elle va pas te tuer.
Ne la fais pas tomber.
Je la ferai pas tomber.
Ăa va aller ?
Merci.
Merci.
Tiens, chérie.
Lydie ?
Je lui dis quoi ?
Tu n'es pas obligée de lui parler.
20 minutes.
Salut.
Je suis Agnes.
C'est fou de penser que tu deviendras une personne.
Pardon, mais tu as l'air d'une folle.
Que de la peau et trois poils sur le caillou.
Ne t'inquiĂšte pas,
ça va vite s'arranger.
Je peux ?
Je te repose.
Je te reprends.
C'est bon.
Tu es trop mignonne.
Quand tu seras grande,
tu pourras me parler de tout.
Si tu as une pensée
qui te semble mauvaise,
dis-toi que j'aurai eu la mĂȘme,
en dix fois pire.
Tu pourras m'en parler.
Ăa ne m'effraiera pas.
Si quelqu'un te fait du mal
ou te dit quelque chose d'effrayant,
si tu as envie de te tuer
avec un crayon, un couteau, que sais-je,
tu pourras m'en parler.
Je ne te reprocherai pas de m'effrayer.
Je te dirai : "Oui, je sais.
"La vie est comme ça, parfois."
Je suis désolée
que des choses graves puissent t'arriver.
J'espĂšre que non.
Si je peux l'empĂȘcher, dis-le-moi.
Mais parfois, des choses graves arrivent.
Je suis triste pour toi,
d'une certaine façon.
Tu es en vie
et tu ne sais rien de tout ça.
Mais je pourrai t'écouter
sans avoir peur.
Donc c'est bien.
C'est déjà ça, en tout cas.
Adaptation : Emmanuelle Boillot
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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