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Depuis son arrivée en France, Franck Péry ne connaît que des déceptions.
Il espérait faire un riche héritage, il n 'a reçu qu 'un cheval.
Il était amoureux d 'une jeune fille, elle lui a préféré un homme plus âgé.
Exaspéré par tous ses échecs, Franck décide de réagir.
Il paraît qu 'on l 'aurait vu débarquer au train de 9 heures.
C 'est pas possible.
Ils ont vu la perlue. Mais non, Gobel a vu comme je te vois.
Je tiendrai fiche.
J 'ai l 'impression que tu vas pas tarder à le savoir.
Monsieur Perry.
Eh ben, si je m 'attendais.
Eh bien, entrez, entrez.
Vous nous faites une visite ? C 'est gentil, ça.
N 'oubliez pas les amis.
Du diable, si je vous croyais encore en Europe.
Et Cyrus ? Comment va -t -il, ce cher vieux Cyrus ? Toujours aussi cabochard ?
Qu 'est -ce que c 'est cette histoire ? Quelle histoire ? Tous ces bruits qui
courent sur mon compte.
On dit que j 'ai été filouté, spolié.
Comment ? À quel sujet ? L 'héritage ! Qui a pu vous dire ça ? Vous savez bien
quelque chose.
Mais moi, rien que voulez -vous que je sache.
Je vous jure que vous allez parler. I promise you.
C 'est vous ! C 'est vous ! Monsieur Franck !
Suis -vous. Ok, baby, on peut continuer comme ça jusqu 'à ce soir.
Il y a quatre murs.
Parlez ou je vous fais faire le parcours complet.
Que voulez -vous que je vous dise ? C 'est vrai, je ne le nie pas. J 'ai eu en
partie ce qui devait vous revenir.
Mais quoi ? Mettez -vous à ma place.
Je n 'ai pas refusé un cadeau qui me tombait du ciel.
Pourquoi mon oncle m 'a -t -il déshérité ?
Ça, c 'est pas tellement mystérieux.
Expliquez.
C 'est la mort, surtout, qui lui faisait peur.
Vois -tu, Coudroit, me disait -il parfois, la mort est une chose trop
pour être affronté par un malade.
C 'est une chose que les militaires ont bien comprise. La seule, peut -être.
Faut être en bonne santé pour mourir.
Et tenez -vous après ça qu 'il est sombré dans la dévotion ? Le curé des
bien sûr, avait beau jeu.
Il a moins fait que la dame en noir.
Quelle dame en noir ? C 'est moi qui l 'appelle comme ça, son infirmière, si
vous préférez.
Qui est -ce ? Ça.
Un jour elle est venue, un jour elle est partie.
Elle passait ses journées avec lui.
Finalement, c 'est elle qui l 'a ramenée à Dieu.
Si vous connaissiez le pays, vous sauriez qu 'il y a des exemples
Louis XIV et Madame de Maintenon.
Vous cherchez à m 'amuser, M. Coudrin ? Pas du tout.
C 'est la clé de votre affaire.
Madame de Maintenon.
Elle a tellement dû lui bourrer le crâne de ses bonnes paroles que le pauvre
colonel un jour a jugé utile de réviser entièrement son testament.
Sa sœur, autrefois, avait tout sacrifié à l 'amour.
Péché.
Vous étiez vous un enfant de l 'amour, péché encore.
D 'un trait de plume, on vous a barré. Et voilà.
Les dernières volontés du colonel n 'ont jamais été que celles de cette femme.
Vous avez eu affaire à elle ? Deux ou trois fois pour plus.
C 'est bien assez.
Pourquoi ? Elle m 'impressionnait.
Elle avait un air si sévère qu 'en face d 'elle, on se sentait toujours un peu
coupable.
Tenez !
Si vous voulez bien me suivre, je vais vous montrer quelque chose qui vous fera
mieux comprendre ce qu 'a été la situation.
Dans ce lit qu 'il est mort, et lui qui, sa vie durant, avait pour ainsi dire
promis les pieds à l 'église, il avait fait aménager juste à côté de sa chambre
une chapelle pour y faire ses prières.
Tenez, c 'est là.
C 'est ici, dans cette cellule, que couchait l 'infirmière.
À toute heure du jour ou de la nuit, elle pouvait répondre aux appels de son
malade.
J 'en ai avec la chapelle à traverser.
C 'est curieux que M. Jamin ne l 'ait pas couché sur son testament.
Un dévouement aussi total méritait une récompense. Mais par la loi, il est
interdit à un malade de tester en faveur de ceux qui l 'ont soigné dans ses
derniers jours.
Quel était son nom ? On ne l 'a jamais su.
Nous, du moins, on l 'appelait mademoiselle.
Le médecin traitant du colonel pourrait peut -être me renseigner.
Ça m 'étonnerait de rester enfermé pendant ses visites.
C 'est incroyable.
Ce ne sont pas des choses qu 'on peut inventer.
Ça se passait toujours ainsi.
Le docteur Mercer édigeait ses ordonnances. C 'est moi ou Louis Hick
chercher les médicaments chez le pharmacien.
Jamais elle.
Pendant tout son séjour ici, elle n 'est sortie, je crois, qu 'une seule fois.
Tout ce que vous me racontez est si étrange, si fabuleux, si
que j 'en arrive à me demander si cette femme, cette dame en noir, existe
vraiment.
Je n 'ai malheureusement pas d 'autres preuves à vous fournir.
Héloïse de Loire.
Vous me disiez à l 'instant qu 'elle avait eu des contacts avec elle.
C 'est exact, elle pourra vous en parler.
Peut -être mieux que moi.
J 'irai la voir en Bretagne.
Rien que pour en avoir le cœur net.
À votre aise, mais moi, à votre place, je ne chercherai pas à remuer le passé.
Mais rien à gagner à fouiller dans ces vieilles histoires.
Ni rien à perdre.
Adieu, M. Coudroie.
Vous vous rappelez son nom ? Non, je pense bien.
Elle s 'appelait Judith.
Judith Baudou.
Elle était originaire du Kersi, je crois.
Parlez -moi d 'elle.
J 'ai toujours vu, revêtue de sa même robe noire.
Elle prenait ses repas toute seule, dans sa chambre.
Je lui préparais un plateau que je déposais deux fois par jour sur une
table dans le couloir.
Ce besoin forcené de solitude ne vous a pas paru bizarre ?
du moment qu 'elle faisait bien son travail.
Vous savez, elle a été avec M.
Votronc dans des mouvements admirables.
Les dernières semaines, elle n 'a pas quitté son chevet.
C 'est sans doute à cette époque que mon oncle a décidé de nous déshériter, ma
mère et moi.
Qui peut savoir ? Ce qui est incompréhensible, c 'est que cette dame
qui a si largement contribué à ce revirement n 'ait rien sollicité pour
-même. Pour moi, c 'est une personne qui a vu du renoncement au monde depuis
longtemps.
Je peux vous dire qu 'elle était d 'une honnêteté scrupuleuse.
Un exemple, tenez.
Après une de ses crises, pour lui prouver sa reconnaissance, M. Jamin lui
donné un bijou de famille, une broche ancienne, rehaussée de brillant.
Pour ne pas faire de peine à son patient, elle l 'avait acceptée.
Mais après son départ, j 'ai retrouvé la broche dans son écrin sur la table de
nuit.
Elle ne l 'avait pas emportée.
Si cette femme n 'est pour rien dans ces détournements, qui a bien pu maligancer
tout ça ? En général, ceux à qui ça profite.
Mais là encore, ça ne colle pas.
Écoutez, Yars, qui a hérité de la plus grosse somme, est le meilleur homme de
Terre. Tout ce qu 'il possède va aux bonnes heures.
Ça, c 'est pas une raison.
Le droit, lui, c 'est un rusto. J 'ai jamais eu beaucoup de sympathie pour
mais il ferait pas de mal à une mouche.
Quant au talerac, alors là, ils sont au -dessus de tout soupçon.
Et pourtant, je sais maintenant que j 'ai été spolié.
Légalement spolié.
À un moment, je me suis en effet demandé... Demandé quoi ? Si le
de ce pauvre monsieur Jamin n 'avait pas été falsifié.
Mais comment ?
Je veux dire, si le vrai testament n 'avait pas été remplacé par un faux.
C 'est impossible.
Le document qui a été ouvert devant moi chez le notaire était authentique.
Authentique ? Oui, il avait été signé huit mois auparavant par le colonel
en présence de maître Bordier et de deux témoins.
C 'est ailleurs qu 'il faut chercher.
La personne qui vous a mis sur la voie.
Pourrez -vous donner d 'autres renseignements, peut -être ? Vous savez
'est ? Non.
Mademoiselle Foucault.
Mademoiselle Béatrice.
Comment va -t -elle ? Elle est partie.
Comment partie ? Partie, envolée.
Sa sœur a essayé de la retenir, et moi aussi, mais il n 'y a rien eu à faire.
Il y avait un autre homme.
Elle a été rejointe.
Vous l 'aimez.
Bien sûr.
Parce que je pense encore à elle quand je n 'ai que des raisons de l 'oublier.
Je commençais à m 'inquiéter.
Il ne faut pas renoncer.
En suivant le fleuve, on finit toujours par arriver à la mer.
Sous -titrage Société
Radio -Canada
D 'un chant de neige, faisais -tu de gloire.
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