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- Et tu vas l'appeler comment ? - Poupée.
C'est pas un nom, ça.
- Et elle, elle s'appelle comment ? - Poupée.
Elles peuvent pas s'appeler pareil. ça va semer la confusion.
Je m'en fous.
Vilaine.
- AllĂ´. - Victor, c'est Martine.
- Salut ! - Ça va ?
- Oui, bien. Et toi ? - Très bien.
- C'est gentil d'appeler. - C'est normal.
- Tu me passes Pamela ? - C'est Martine.
- AllĂ´, Martine. - Bon anniversaire.
- Merci. - T'as que! âge ?
- 6 ans. - T'es une grande fille.
Ben oui !
On a mangé du Tafelspitz et des gâteaux.
Des poupées.
Mais je crois que je vais avoir d'autres cadeaux.
Si t'es sage.
- Au revoir, Martine. - Bisous, mon amour.
Prends ta veste et tes raquettes. On va sortir.
Rends-moi la balle.
Allez.
Oh mince !
Méchant.
C'est toi, la méchante. Tourne-toi.
- Non ! - Tourne-toi.
ArrĂŞte ! Sinon...
Non !
Allez.
Je vous ai cherchés partout.
Tu t'occuper. de la petite belette ?
On rentre ?
ArrĂŞte !
Attendez-moi.
- Tu vas pas commencer à boire. - c'est l'heure de l'apéritif.
Il est 11 h. T'avais dit : pas avant 18 h.
Oui, mais c'est l'anniversaire de Pamela. Ça se fête.
N'est-ce pas, chérie ?
C'est ta fête, je voudrais que tu goûtes.
-Ça va, oui ! -Non !
Elle t'a rien fait !
ArrĂŞte !
T'es pas drĂ´le.
Philipp nous invite Ă son spectacle.
Il joue une semaine.
Cette fois, on ne peut pas le manquer.
Tu m'entends ?
Encore un truc d'amateur. Non, sans moi.
Pourquoi ce préjugé ? T'es ouvertà rien.
Tu es tellement sûr de t'ennuyer. Forcément, tu t'ennuies.
- Tu sais que j'adore pas le théâtre. - Mais c'est comme le reste.
- Tu prends mes amis de haut. - Tu te trompes.
Alors pourquoi t'as été désagréable avec Alex ?
T'as tout fait pour te rendre antipathique.
Mais non.
Si. Je suis sûre qu'il t'a trouvé arrogant.
Quand il t'a demandé ton métier,
t'as ricané bêtement, au lieu de lui répondre simplement.
Répondre quoi ?
- Que tu écris. - C'est pas un métier.
T'avais qu'à lui dire que tu enseignes le français.
Je donne plus de cours.
Qu'est-ce que ça peut faire ? Tu vas reprendre.
Pourquoi tu veux que tout le monde te prenne pour un raté ?
Je suis prĂŞte, allons-y. Zou !
Zou !
T'es jolie dans cette robe.
- Merci. - Tu pourrais la faire plus courte ?
- Non. Je crois pas. - Vous m'attendez, je me change.
Oui. Mais dépêche-toi.
- Oui ? - C'est nous !
J'étais à côté d'une fille
qui travaillait pour le spectacle.
Je demande : "Les costumes, les décors, la musique ?"
Et lĂ , elle me dit: "Mais enfin, je suis la reine !"
Tu as répondu quoi ?
Je ne vous ai pas reconnue. Ça doit être la perruque, le maquillage.
Salut !
- Bonjour, Karine. - Bonjour.
- Je prends vos vestes. - Oui.
- T'es élégant. - Tu trouves ?
Lorenz et Thomas, moins de bruit ! Venez voir qui est arrivé.
- Salut. - Salut.
- Salut. - Salut.
Salut, toi.
- Eh lĂ ! - "Eh lĂ ..."
- Bonjour, Maman. - Mes enfants ! Bonjour.
Va dire humour Ă Papi.
Bonjour.
- Léo. - Merci.
- Tu vas bien ? - Oui.
Tant mieux.
- Nektar ? - Non merci.
Il lisait déjà le journal ?
Pas à trois ans ! Mais il était fasciné par le papier journal.
- Papa ? - Non merci.
Il le découpait méticuleusement
en petites lamelles.
On se demande d'où lui vient ce goût de l'ordre.
Ça l'occupait toute une soirée.
C'était un drame de le lui reprendre.
Il avait les doigts tout noirs et il les suçait.
Et puis quand Marthe est partie,
tout le monde a pleuré, sauf toi.
Tu ne t'es pas plaint.
Comme si tu craignais la tristesse des autres.
Il ne voulait pas faire de peine Ă Marthe.
Annette s'inquiète. Tu as disparu hier soir.
Ça va?
J'étais malade. Je n'étais pas beau à voir.
Alors j'ai dormi chez un copain.
C'est tout.
Tu devrais faire attention Ă toi.
Ă€ ton avis, qui compte le plus pour une enfant ?
- Le père ou la mère ? - La mère, évidemment.
Alors, où en sont tes poèmes ? On pourra bientôt les lire ?
Peut-ĂŞtre...
A table !
On va se mettre lĂ -bas ?
Là , c'est bien comme ça.
Les deux mains sur la table. Tes deux mains.
Victor, j'ai rêvé de toi.
Tu te mariais avec Karine, sans quitter Annette.
On allait à la cérémonie.
Il y avait des amis à toi. Ils étaient dans la mafia.
- Tu leur vendais Nektar. - C'est terrible !
Quelle image tu as de moi !
Attends, c'est pas fini.
Vous buviez comme des trous.
Au retour, on avait un accident à cause de toi. Tu étais ivre.
Quelle aventure, ce rĂŞve !
J'ai cru que j'étais morte.
J'ai touché mon bras.
J'étais si heureuse d'être en vie.
- Quand partez-vous Ă Paris ? - Dans 1 mois.
- Alors, vous ĂŞtes enfin prĂŞts ? - Oui.
On est prĂŞts, papa.
Tiens.
Je ne t'ai rien offert à Noël.
Merci.
Trakl ! Très bien.
"Sous la voûte étoilée, un solitaire traverse le silence de minuit.
"L'enfant est sorti de ses rĂŞves. Gris, son visage sombre dans la lune.
- Merci. - "La folle pleure, cheveux défaits."
Merci, Fritz. Allez, on y va.
Annette, j'ai une petite course Ă faire.
On se retrouve un peu plus tard, au Liliputbahn. A 17 h 30 ?
On y va.
Bonjour.
Je reviens tout de suite.
LĂ aussi, il y a des canards.
Et la fontaine, elle est oĂą ? LĂ !
Il en manque. Je te donne le reste demain.
C'est bon.
- Mon amour... - Qu'est-ce que t'as fabriqué ?
Si elle ne t'avait pas défendu, on serait parties.
- C'est vrai, tu m'as attendu ? - Oui.
- Qu'est-ce que t'as fait ? - J'ai pris 2 fois le train fantĂ´me.
- Deux fois ? - Oui.
- Avec maman ? - Non. Elle n'aime pas ça.
Elle a attendu dans un restaurant avec Karine.
- Et t'as pas eu peur? - Non.
Mon amour... Viens.
- Tu vois le pont? - Oui
Avant, il y avait un autre pont. Un autre ReichsbrĂĽcke.
Et puis un jour, en 1976, t'étais pas née, il s'est effondré.
Il avait tout juste 100 ans.
Et Ă la place, ils ont construit celui-lĂ .
Pourquoi il s'est cassé ?
On n'a jamais su.
Il y a plusieurs raisons, mais aucune de très convaincante.
- Les gens sont morts ? - Plein.
Non. Un seul. C'étaità une heure où les gens dorment.
- Tous les ponts peuvent tomber ? - Bien sûr.
Maman !
Quoi ?
Papa dit que les ponts peuvent tomber tout Ă coup.
- Ne l'écoute pas. - Mais le pont, il s'est cassé.
Tu sais, ma chérie...
Hop!
On construit les ponts avec des matériaux solides.
Les ponts sont indestructibles.
Je peux pas rester.
Je ne peux me concentrer que le matin. J'ai toutes mes forces.
Mais je décline avec la journée.
Et la nuit, je pose le stylo. Je deviens une autre personne.
C'est ma vie : travailler le matin, et l'après-midi, lire, me promener.
Et le soir...
je me drogue.
Ça peut pas marcher comme ça.
La régularité, la persévérance, c'est ce qui me manque. Je sais.
Parfois, l'angoisse me paralyse.
Au lieu de rêver d'une vie d'ascète, sois pragmatique.
Fixe-toi des buts concrets, que tu peux atteindre.
Tu pourras pas changer du jour au lendemain.
Parfois, j'aimerais ĂŞtre quelqu'un d'autre.
S'il te plaît...
fais pas peser tout ça sur Annette.
Elle est très généreuse avec toi. Tu as de la chance.
- L'amour, ça peut s'user, Victor. - Je sais.
Te laisse pas aller devant elle.
Quand tu le sens mal, va chez un ami ou viens ici.
Vous ĂŞtes jeunes.
Si tu gâches pas tout, vous aurez une vie magnifique.
Annette râle. Elle aimerait que je gag ne plus.
C'est normal. Mais j'ai pas d'idées.
- T'es toujours lecteur ? - Ça rapporte rien, ça.
Tu n'envisages plus d'enseigner devant une classe, Ă la fac ?
Faudrait passer l'Agrég. C'est loin de moi.
Je sais pas parler aux gamins et ça m'intéresse pas.
Merci.
T'exagères. Ça marchait bien avec ton élève, le petit Sicard.
Je ne veux plus entendre parler du petit Sicard.
Non. Pour moi, c'est l'aliénation.
Mange un peu. "L'aliénation"... Rien que ça !
Tu sais, tu gagnerais beaucoup Ă surmonter cette phobie du travail.
C'est pas bon de flotter comme ça, d'être absorbé que par soi.
Ça serait bien que tu sois en contact avec des gens, que tu sois bousculé.
Pamela s'est adaptée à l'école ?
Oui. Elle a déjà des amies.
Ils sont allés à Vincennes. Elle était ravie.
- Bonjour. - Dis donc, t'es toute barbouillée !
On a fait de la peinture.
- Salut. - ça va ?
Très bien. Et toi ?
Qu'est-ce que c'est que ça ?
- On a fait de la peinture. - On dirait une Indienne, une squaw !
- C'est quoi une squaw ? - Une Indienne qui vit dans un tipi.
- C'est quoi ? - La maison des Indiens.
- Vous avez mangé ? - Oui. Chacune dans sa cantine.
Allez, rince-toi.
Pas si près, Pamela.
Ça te dit d'aller voir le Clint Eastwood ?
- Quand, ce soir? - Oui, maintenant.
Et Pamela ?
Pamela... Si seulement on pouvait se débarrasser de Pamela !
Au revoir.
Victor, viens.
Assieds-toi.
- Alors ? - J'ai besoin d'une ordonnance.
À quand remonte la dernière ?
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - J'ai aidé un ami.
Ah oui, mais... Ça, c'est pas possible.
Je suis pas un distributeur automatique.
Et sinon, d'autres problèmes ?
- Fièvre, infections, douleurs ? - Non, non.
Je vais quand mĂŞme fexaminer. Allez.
- Victor. Ouvre, s'il te plaît. - J'arrive !
J'ai vu un reportage aujourd'hui avec Pamela sur les singes du Japon.
Ils vivent dans les sources chaudes, en haut des montagnes.
Ils sont groupés avec la tête couverte de neige qui dépasse.
Ils sont juste bien, ils ne bougent pas.
Tu peux pas savoir comme ça m'a donné envie.
Il fait tellement froid chez nous et on peut mĂŞme pas prendre de bain.
Je sais pas comment tu arrives à écrire ici toute la journée.
Ils sont tout glacés.
Non.
Il faut que je mette le radiateur Ă fond dans la chambre de Pamela.
Ça lui donne mal à la tête.
Ça. je veux pas.
Tu me déshabilles ?
Embrasse-moi.
Zoltan !
C'est Victor ?
Attends, je descends.
Salut, je suis Gisèle. Zoltan est pas là . Il m'a prévenue.
T'as l'argent ?
Tiens. Je file.
Ă€ bientĂ´t.
Tu m'as pris ma chaise!
Ça pue, ici.
J'éteins.
Pour toi.
T'es sorti aujourd'hui ?
Quoi ? C'est parce que je regarde la télé ?
- Non, c'est pas ça. - Qu'est-ce que c'est alors ?
ArrĂŞte, c'est tout.
Je sais plus comment m'y prendre.
Qu'est-ce que tu fais depuis un mois ?
Tu traînes dans les cafés à longueur de journée, tu bois.
Le soir, tu sors. Je sais pas oĂą ni avec qui.
Et c'est pas grave, mais...
Tout ce que tu fais en ce moment, c'est te défoncer.
Hier, tu piques de l'argent dans mon portefeuille.
Est-ce que tu crois que je ne remarque rien ?
Je craque!
J'ai cru qu'Ă Paris, il y aurait une trĂŞve.
Tu n'imagines pas à quel point tu m'énerves.
Ce soir, je dîne avec François. Tu viens ?
Non.
Très bien.
T'as vu l'heure ?
Tu foutais quoi ?
Pamela, va dans ta chambre.
- N'emmène pas Pamela chez ces cons ! - Arrête !
- Dis Ă tes parents que je te frappe. - ArrĂŞte !
Que je suis une brute, un enragé, un brigand et le roi des fainéants !
Elle pleure, la pauvre petite poule. Cot, cot, cot.
Arrête ! Je le déteste !
Moi, je le méprise, espèce de Strohblonde, Scheissteutonin !
Tu m'as humilié !
Je suis vraiment désolé, Annette.
Je vais aller à Vienne pour Noël.
Avec Pamela.
Je ne veux pas que tu viennes.
- Tu me punis ? - Non.
J'ai besoin de calme.
Au moins quelques jours de tranquillité.
Je suis pas capable d'affronter ça.
Ça va trop loin. Je ne peux plus.
Zoltan.
C'est Victor.
- Bonsoir. - Salut.
- C'est ta chambre ? - Oui.
Mais c'est temporaire. Mon immeuble a brûlé.
- "Brûlé" ? - Oui.
L'appartement deux étages au-dessus a pris feu.
Mais j'étais pas là .
Par contre, mes affaires sont carbonisées.
Enfin, j'ai pu en sauver quelques-unes.
Ça me va bien d'être ici, je ne supporte pas la solitude.
T'as des enfants ?
J'ai une fille qui s'appelle Pamela.
- C'est marrant comme nom, Pamela. - Sa mère est autrichienne.
Vous êtes séparés ?
On est plutĂ´t en froid.
Elle habite en Autriche ?
Non. Elle estĂ Paris.
Tu me passes de ce truc.
Tu sais comment on l'appelle, "ce truc" ?
Le pumpernickel.
- Tu sais pourquoi? - Non.
C'est le pain que Napoléon donnait à son cheval.
"Bon pour Nickel."
Et comment tu sais que le cheval de Napoléon s'appelait Nickel ?
On le sait. Tout le monde le savait, ça.
Et tu manges le pain du cheval de Napoléon !
Ben, oui. J'aime ça.
Le pain de Napoléon n'avait pas de nom, avant?
Amour de ma vie !
- Ça va, ma chérie ? - Oui.
Ma belle Autrichienne...
Maman...
Maman...
Tu t'ennuies ?
Oui.
Non, reste...
Viens.
Alors, t'es Ă la rue ?
Gisèle sera là dans 10 minutes.
J'ai envie de partir en Inde cet été.
- Tu voudrais pas m'accompagner? - En Inde ? Quelle idée saugrenue.
- Pourquoi pas ? - J'ai pas d'argent.
La vie coûte rien, là -bas.
Je ne suis pas un aventurier. Je suis pas baba cool, comme toi.
AllĂ´.
C'est moi. Je peux parler Ă Pamela ?
- Et moi, tu ne me parles pas ? - Si.
Je t'aime.
Victor, j'ai besoin de toi.
Reviens.
Si je reviens, je repars pas.
Non, tu vas rester. Je vais m'occuper de toi.
J'ai réfléchi, il faut qu'on recommence à zéro
et qu'on retourne Ă Vienne.
C'est possible.
Je veux avoir d'autres enfants avec toi.
ArrĂŞte...
Je voudrais que tu me prennes dans tes bras,
que tu sois gentil.
Moi aussi, je vais très mal. Ça t'est bien égal.
Je fous ta vie en l'air. Tu crois que ça m'est égal ?
Ça me donne envie de mourir.
Depuis qu'on vit ensemble, je t'ai fait que du mal.
Pourquoi tu parles des choses
comme si tu n'avais aucune prise sur elles ?
Annette, j'en peux plus. Je suis Ă bout.
Qu'est-ce que tu fais, en ce moment?
- Tu travailles pas ? - Non.
- Ta came, tu l'achètes comment ? - Des combines...
Annette te donne de l'argent ?
On s'est disputés. J'habite chez un copain.
- Et ce copain, il te dépanne ? - Parfois.
Victor, j'ai toujours été clair avec toi.
Je ne peux pas te guérir.
Je pouvais juste t'aider un petit peu avec la substitution.
Mais tu n'as pas respecté notre contrat.
Ça devient trop dangereux.
Pour toi et pour moi aussi.
Tout ce que je peux faire maintenant, c'est atténuer ta douleur
et diminuer ton anxiété avec des tranquillisants.
Salut.
- Salut. - Salut.
T'étais où ?
- Je me suis baladée. - Toute la journée ?
Ben, ouais.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me suis acheté une robe. - Ah oui ?
- Tu veux la voir? - Oui.
Dis-moi...
D'oĂą tu sors l'argent pour la dope ?
Hein ?
Et ta robe, tu l'as payée comment ?
- Tu l'as volée ? - Pas du tout.
Elle était à 500 balles.
Mais j'ai négocié avec le vendeur et il l'a descendue à 350.
Elle le plaît?
Beaucoup.
Je t'aime.
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'en ai marre.
Je suis lasse, je me trouve moche.
Ça va pas !
J'ai mauvaise mine, je suis affreuse.
Mais pas du tout !
- T'as juste besoin de vacances. - Je suis tout le temps en vacances.
Ă€ Paris, ce sont pas des vraies vacances.
Tu dis ça alors que tu veux pas m'emmener.
C'est pas vrai.
J'ai dit non pour l'inde, parce que je te connais.
Si on va en Inde, on reviendra jamais.
Gisèle ?
Gisèle ! Gisèle !
Gisèle !
Zoltan !
- C'est ici. - Merci.
Bonjour.
J'ai essayé de vous appeler plusieurs fois.
On n'habite pas Ă la maison en ce moment.
Je sais.
On peut parler ailleurs ?
Tu es bien soigné ?
Ils me donnent des médicaments.
Qu'est-ce qu'on va faire maintenant?
Est-ce que tu peux me pardonner?
Je crois pas.
Je crois pas...
Je pars Ă Caracas avec Pamela.
Il y a un poste qui s'est libéré là -bas.
Victor, je veux plus jamais le voir.
Tu viens ?
-Vous allez à la bibliothèque ? - Au café.
- Alors, la version ? - J'ai sauvé les meubles.
- Et toi ? - Bof...
Pamela.
Alors, tu as réussi la version ?
- J'avais pas de dico. - On t'en a pas prêté ?
Non, mais j'étais pas motivée.
On va à la bibliothèque ?
- Non, je peux pas. - T'es relou.
- Et Erwan ? - Il a cours.
- Ah bon ? - J'ai l'option cinéma.
Bonjour, Pam.
Bonjour.
J'ai essayé de t'appeler. T'es aussi injoignable que Ben Laden.
J'ai plus de batteries.
- Au fait, t'es au courant? - De quoi ?
Un nouveau virus circule. Très dangereux.
- Un virus ? - Informatique.
1 ordinateur sur 3 serait concerné. Alors avise.
Tu disposes sans doute d'un programme anti-virus ?
Oui, j'en ai un.
Les virus sont conçus pour déjouer les systèmes de défense.
Si j'étais toi, j'appellerais un conseiller technique.
Oui. Je vais le faire.
Bonjour, Lou.
Viens sur mes genoux.
Ta mère dîne en ville ce soir.
- Moi aussi, je sors. - Ah bon ? Très bien.
Tu peux enlever tes chaussures quand tu es sur le canapé ?
- C'est des chaussons. - Chirac, avec des belles lunettes !
- T'as vu la grimace qu'il fait ? - Ah...
Comment ?
Pas mal.
Pamela, tu m'accordes encore une minute ?
Quoi ?
En fait, j'ai quelque chose d'autre Ă te dire.
J'ai reçu un coup de fil important pour toi.
De Martine.
- Martine ? - Oui.
- La sœur de ton père. - Ah bon ?
On a longuement discuté. Elle aimerait boire un verre avec toi.
Ça fait 12 ans qu'elle t'a pas vue.
J'ai essayé d'en parler avec la mère, mais tu sais comme elle est avec ça.
Alors, qu'est-ce que t'en penses ?
Je sais pas.
Si maman veut pas que je la voie, elle a ses raisons.
Je veux pas lui faire de peine.
Pourquoi elle veut me rencontrer ?
Elle a des choses Ă te raconter, j'imagine.
Je crois que tu devrais la rappeler, la voir et juger par toi-mĂŞme.
Hein ?
Au moins, la rappeler.
Tiens.
- Quelle barbe... - Personne t'oblige. T'es maso.
Si je veux la chambre, je dois la payer.
C'est quand mĂŞme pas urgent.
- Bonsoir. - Ça va ?
Merci.
Pamela !
- Qu'est-ce que je vous sers ? - Une noisette, s'il vous plaît.
Je suis contente que tu aies accepté.
Au téléphone, je t'ai sentie réticente.
Ma mère ne voulait pas que je vous rappelle.
- Tu peux me tutoyer. - Elle m'a menacée.
Ça m'étonne pas. J'avais déjà essayé de te contacter.
- Je t'ai écrit. - Ah bon ? Je n'ai rien reçu.
C'est parce que j'ai déménagé.
Non, c'était avant ça. Peu importe.
- Tu as des frères ? - Oui. Lou et Gaspard.
Tu t'entends bien avec eux ?
Le plus jeune, Lou, mon demi-frère,
il est très mal élevé, mais je l'aime beaucoup.
Je suis en conflit ouvert avec Gaspard, mon frère par alliance.
On a le même âge, ça n'arrange rien.
Mon beau-père est gentil.
Mais c'est pas simple, maman trouve qu'il me gâte.
C'est avec Paul, mon grand-père,
enfin le père de mon beau-père, que je m'entends le mieux.
Il habite en Corrèze.
- Comment va Annette ? - Bien.
Ses soucis de santé sont réglés.
- Elle enseigne l'histoire de l'art ? - Elle travaille Ă Orsay.
Elle est spécialisée dans les arts décoratifs du XIXème siècle.
Elle s'occupe un peu d'édition aussi, parfois.
- Tu as des enfants ? - Non. Et je ne suis pas mariée.
Tu vis seule ?
En général, oui. Avec mon vieux chat.
Merci.
- Et tu travailles ? - J'ai une boutique de vĂŞtements.
C'est fou comme tu es grande.
Je ne réalise que maintenant le temps qui a passé.
- Victor ne me reconnaîtrait pas ? - Ah si. Sûrement que si.
- Tu sais, il habite tout près d'ici. -Ah bon ?
- Je croyais qu'il habitait en Chine. - "En Chine" ? Quelle drôle d'idée.
Il n'a jamais quitté Paris.
C'est Annette qui t'a raconté ça ?
Elle est gonflée, quand même...
Pamela, qu'est-ce que tu sais de Victor ?
Pas grand-chose, juste ce que maman m'a dit.
Qu'il était très malade,
qu'ils se sont séparés et qu'il a disparu de la circulation.
C'est elle qui est partie. C'est vous qui avez disparu.
Au Venezuela, on a essayé de vous trouver. Impossible.
Annette s'est bien planquée en Amérique du Sud, avec toi.
Quand vous êtes rentrées à Vienne, j'ai retrouvé votre trace.
Et lĂ , Victor ne voulait plus entendre parler de vous.
Et il y a 3 ans, j'apprends que vous ĂŞtes Ă Paris.
Victor était horriblement chiant.
Il s'est mal comporté avec Annette.
Mais ton père n'a jamais voulu se séparer de vous.
C'est Annette qui a pris la décision.
Pourquoi il ne l'a pas empêchée de partir?
Pourquoi il a pas tout fait pour me revoir ?
Comment te dire ?
À cette époque, il n'arrivait pas à vivre.
Il était très malade.
Il était dans un état de détresse...
Et toutes les années après ?
Pamela, c'est incompréhensible. Je suis désolée.
Quand Annette lui a annoncé votre départ...
C'est vrai, il a pas tout de suite réagi.
Il aurait pu la retenir, mais...
Je sais pas...
Il s'en voulait trop.
Il a fait la seule chose dont il était capable : se soigner.
Plus tard, il y a quand mĂŞme eu quelques tentatives.
Vaines.
Je suis allée à Caracas, car Victor pouvait pas voyager.
Mais vous aviez Ă nouveau foutu le camp.
Qu'a-t-il fait pour qu'elle le déteste à ce point ?
Un peu avant leur séparation, Annette a eu besoin de prendre l'air.
Elle a demandé à Victor de partir de la maison.
Victor a habité chez des amis à lui.
Lui, il se droguait à cette époque.
Eux aussi.
Là -bas, il a rencontré une fille avec laquelle il a eu une histoire.
Un jour, cette fille a fait une overdose. Elle est morte.
Victor était avec elle quand c'est arrivé.
Je te parle pas des problèmes qu'il a eus avec la police.
- Et maintenant, comment il va ? - Mieux.
Il a pas refondé une famille.
Il est resté, je dois dire, assez seul,
mais il s'est progressivement réconcilié avec lui-même.
C'est du moins ce qu'il dit.
Et il serait prĂŞt Ă me revoir?
C'est son rĂŞve.
- AllĂ´ ? - AllĂ´, bonjour.
-Bonjour. - Pamela est lĂ ?
Non. Elle n'est pas lĂ .
Vous pourrez dire que Martine a appelé ?
- OK. - Merci. Au revoir.
Au revoir.
C'était pour toi.
- Qui ? - Martine Machin.
- AllĂ´ ? - AllĂ´, bonjour.
Ah, c'est toi.
T'es pas venue. Victor était déçu.
- Désolée. Vous êtes fâchés ? - Non, bien sûr que non.
Alors on peut se voir un de ces jours ?
- Évidemment. Quand es-tu libre ? - Ce week-end, samedi.
Dimanche, je peux pas. J'ai un repas de famille
Tu veux venir Ă 16 h Ă la maison ?
C'est ici.
Courage, allez.
- Bonjour. - Bonjour.
- Je suis avec une amie, Judith. - Très bien. Entrez.
Pamela.
- Bonjour. - Bonjour.
Elles sont deux.
Je me suis incrustée.
Asseyez-vous. Je vous sers un café ?
- Oui, merci. - Oui, merci.
Merci.
Vous êtes à l'école ensemble ?
Oui, en terminale S.
- S, c'est scientifique ? - Oui.
Nos parents nous ont encouragé. Il y a plus de débouchés.
Ah, de fait...
Vous ferez quoi, l'année prochaine ?
C'est le flou total.
On sait ce qu'on veut pas, mais pas ce qu'on veut.
Qu'est-ce que vous voulez pas faire alors ?
- HEC. - C'est quoi, ça ?
C'est des études de commerce. c'est l'horreur.
On voulait faire médecine, mais on n'est pas bosseuses.
J'essaie de la convaincre d'aller en Lettres modernes.
Carrément ! Ça serait une sacrée bifurcation.
Et vous, vous avez fait des études ?
Oui. Justement, j'étais en fac de lettres.
J'ai écrit un mémoire sur Jack London.
Et j'ai été lecteur dans l'édition.
Ah oui ? Ca doit ĂŞtre passionnant.
La plupart des choses qu'on reçoit sont pas très bonnes.
C'est intéressant quand on est jeune, pour gagner de l'argent de poche.
C'est instructif de connaître la production littéraire
quand tu écris.
Mais on s'en lasse.
Il fait beau. On pourrait aller se promener.
- Oh oui. On sort. - Bonne idée. Allez-y.
- Tu viens pas ? - Moi, non.
Il est impeccable, ce bâtiment.
Autrefois, les rues, les églises, tout était sombre, crasseux.
Vous imaginez vivre dans une ville toute noire ?
Les vieux immeubles sont nettoyés.
Notre-Dame est toujours en rénovation.
Je ne l'ai jamais vue entièrement nue.
Avec la pollution, il faut recommencer dès que c'est fini.
Oui, bien sûr.
Je peux avoir une cigarette ?
Merci.
- On continue la balade ? - Oui.
- Au revoir. - Salut.
Au revoir.
- Tu veux bien qu'on se revoie ? - Oui.
Tu es sûre que tu ne dînes pas ?
Merci, papa.
Comment ça va là -haut ?
- AllĂ´ ? - Oui. C'est maman. T'as le temps
de déjeuner avec moi ? - Non, maman. J'ai qu'une heure.
Je peux venir te chercher ?
Non, j'ai rendez-vous avec des amis.
Je rentre en classe, je suis en retard.
Je te rappelle. Bisous.
Bonsoir.
T'es belle.
On habitait oĂą ?
Dans le 13e, près de la Place d'Italie.
J'ai quelques images de quand j'étais petite.
Je crois que ça s'inspire des photos que maman avait cachées.
Ă€ Paris, je vois un appartement dans un immeuble en briques.
Je me souviens d'un salon très lumineux,
de murs bleus, de cendriers pleins de cigarettes, bien sûr...
Non. Ça ressemble à l'appartement de Vienne.
L'immeuble était une ancienne usine réaménagée dans la banlieue.
On louait un appartement au troisième étage.
À Paris, on habitait un deux pièces plutôt sombre, au premier étage.
Ah bon ? J'imaginais un endroit très grand.
C'est drôle, la mémoire fausse les dimensions.
Quand je reviens de vacances, la taille de ma chambre me surprend.
Ma mère m'a pas très bien expliqué. J'aimerais bien comprendre
- Mais je suis pas pressée. - Je peux tout le dire.
Annette et moi avons été heureux pendant assez longtemps.
Vous vous êtes rencontrés comment ?
Elle étudiaità Paris. On était voisins.
Je la croisais tous les jours.
Je la trouvais très belle. Je lui ai proposé d'aller dîner.
Au début, elle a refusé. Mais j'ai insisté jusqu'à ce qu'elle cède.
Elle avait 20 ans et sortait avec un Russe.
Un sale mec plus vieux qu'elle, con, laid, poussiéreux.
- Que faisait-elle avec lui ? - Il faut lui demander.
J'envoyais des poèmes, je la poursuivais avec des fleurs.
J'étais son Rosenkavalier.
Elle est tombée amoureuse de moi et a laissé tomber son Russe.
Ta mère aimait les types ratés, comme moi.
On aurait dit qu'elle puisait sa force dans mon inertie.
Peut-être que j'exagère. J'en sais rien.
À l'époque, j'étais un peu perturbe'.
Et un jour, tu devais avoir 3-4 ans, Annette m'a dit :
"Je rentre Ă Vienne avec Pamela. Tu me suis ou je te quitte."
J'ai pas hésité. Mais j'étais pas dans mon élément.
Annette travaillait et s'occupait de toi.
Je faisais la gueule.
Je méprisais les questions matérielles.
Je ne mîntéressais plus qu'à ma propre tristesse.
Quand vous êtes parties, ça m'a sauvé.
Comment ça ?
L'intensité de ma tristesse m'a permis d'écrire.
Pas beaucoup, mais juste assez pour vivre, pour donner du sens.
Je ne t'ai pas réclamé ?
Si, sûrement que si. Enfin, j'en sais rien. Mais j'espère.
Je n'étais pas nul avec toi. Je t'aimais.
Je n'étais pas un père indigne.
Ta mère a brossé un portrait injuste de moi.
Mais je la respecte. Je n'ai pas de rancoeur.
Mais je lui en veux de t'avoir dit que j'étais parti.
Je trouve ça un peu dégueulasse.
Je ne comprends pas qu'elle continue
à me détester après toutes ces années.
Et après ?
Il y a un long tunnel de plusieurs années.
Je vois ça comme une sorte d'hibernation morale.
J'ai travaillé comme VRP. Je vendais de l'électroménager.
Je ne voyais personne. Je vivais dans un trou Ă rat.
- ArrĂŞte. - Si, si.
J'ai rencontré des gens bien
et je suis parti quelques temps en région parisienne.
Il fallait effacer les mauvais souvenirs pour te revoir.
Maman et toi pouvez vous flatter d'ĂŞtre parvenus Ă tout effacer.
Maintenant, je suis un homme nouveau.
J'espère que quand tu sauras tout, on ne parlera plus du passe'.
On devrait aller au cinéma ensemble ou à Eurodisney.
Ou au Louvre. Ils ont restauré les galeries de peinture française.
- Tu dois le connaître par coeur. - Non.
Non. La cathédrale de Saint-Denis.
- Je suis sûr que tu la connais pas. - Non.
- Eh bien, on ira. - D'accord.
- À mon retour. - Oui.
Avant de rentrer, je peux passer chez toi ?
Bien sûr.
Si tu veux.
Ah, mais c'est moi !
Je peux voir le reste ?
Oui, évidemment. Mais tu auras vite fait le tour.
Attends, j'allume.
VoilĂ . Mon lit, ma chambre.
On a attrapé des poissons !
Fais voir!
On a même attrapé une grenouille !
- Non ? - Si.
- On a pêché des grenouilles ! - Des grenouilles ?
On a des cuisses de grenouilles !
Attention !
Pamela, attends.
Attention. Allez, vas-y.
Je fais tout pour ĂŞtre gentil avec vous.
C'est ça... Tu accuses notre cousine, tu dis que c'est pas la reine.
- Vous m'accuse: toujours ! - Oh, c'est bon.
Tu vas pas pleurer...
Y en a marre, c'est ça ?
Tu vas te reposer après manger.
- Ah, voilĂ ! - Coucou.
- C'était bien ? - Très bien.
- Vous n'avez pas eu chaud ? - Non.
- Pas eu froid non plus ? - C'était très bien.
Les poissons ne vous ont pas mordu les orteils ?
- Tu as nagé sous l'eau ? - Tu avais la crème ?
Oui, on en a mis.
Avec le temps qu'il fait, vous allez rôtir. Toi aussi, sur les épaules.
- Tiens. - Passe-moi le jus d'orange.
- Elle est pas jolie, cette salade. - Attends, va pas trop vite.
- Moche. - Ça va bien ?
- Oui. T'as faim ? - Un peu.
- Un peu ? - Moi, j'ai surtout soif.
Pourtant, il y a des bonnes choses. Dommage.
- Tu vas faire quoi ? - Des tomates ?
- Devine. Regarde autour de toi. - De la salade.
Oui, de la salade. Et puis ?
- Des tomates. - Bravo, oui !
"Pamela, ma chérie,
"pendant deux jours après ton départ, je me suis senti las de ma solitude.
"Mais je ne suis pas inquiet.
“Je pense à ton retour sereinement.
"Je travaille, je fais des exercices et j'écoute même de la musique.
"Peu Ă peu, je remonte la pente, et tu m'aides, de loin.
"Comment te dire ce que j'ai ressenti en te retrouvant ?
"C'est une joie sl grande qu'elle m'effrale car elle ranime la douleur.
"Tu es telle que je fimaginais, gaie, vive, transparente.
“Je suis fier
“et reconnaissant à Annette de s'être si bien occupe de toi.
"Malgré la tristesse qu'elles m'ont coûtées,
"ces années furent sans doute salutaires pour vous et pour moi.
"C'est une chance de nous rencontrer aujourd'hui,
“et peut-être de redevenir proches, comme nous avons pu l'être autrefois.
"Sans ton courage, je n'aurais pas su affronter pareilles retrouvailles.
"Je n'aurais vraiment pas su,
"si tu ne m'avais aidé en m'écoutant, en me souriant gentiment.
"Que c'est bien que tu sois lĂ ! J'attends une lettre de toi.
"J'espère que tu ne travailles pas trop, que tu profites des vacances.
"Tendrement, Victor."
"Cher Victor, j'ai reçu ta lettre ce matin,
"mais je n'ai pu la lire que cet après-midi.
"Ici, je suis sollicitée par mes cousins pour jouer,
"et par mes tantes, que j'aide aux courses et a' la cuisine.
“Avant de te répondre,
'j'ai dû écouter une leçon de morale et jouer aux échecs avec grand-père.
"Ha gagné, mais je prendrai ma revanche.
“Ma fenêtre donne sur une pelouse et sur deux arbres, comme deux tours.
“Un chemin part de là .
"De l'autre côté, il y a les champs et le sentier qui mène à la rivière.
"C'est magique. On se baigne. L'eau est froide, j'adore.
'J'essaie de travailler 2-3 heures, mais j'ai du mal.
"Je ne retiens rien, ma tĂŞte est une passoire.
"Je fais des rêves étranges, parfois effrayants.
"Ă€ la campagne les nuits sont tellement plus profondes.
"Des souvenirs reviennent.
“Quand je rentrerai, je fappeüeraî. Mais peut-être pas tout de suite.
"Ne m'en veux pas.
"Il me faudra du temps pour me faire à l'idée que nous allons nous revoir.
"Je pense très fort à toi. A bientôt, Pamela.“
Ils ne savent pas exactement.
Il ne répondait plus au téléphone. Sa soeur s'est inquiétée.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Victor est mort.
Oh non...
Maman.
On vous rejoint.
Je vais te montrer quelque chose.
Il avait ma lettre froissée dans sa main.
Voilà celle qu'il voulait m'envoyer. Tu vois, il a déjà mis le timbre.
Tiens.
- T'es sûre ? - Oui.
Je vais t'en montrer un que j'aime beaucoup.
Il est pas de mon père, mais d'un poète allemand.
C'est celui-lĂ .
Je te le traduis.
En gros, ça veut dire:
Ce qui décline aujourd'hui...
se lèvera...
demain.
Se lèvera dans une renaissance.
Des choses...
Certaines choses restent perdues dans la nuit.
Prends garde, reste alerte et plein d'entrain.
Je recommence.
Ce qui décline aujourd'hui
se lèvera dans une renaissance.
Certaines choses restent perdues dans la nuit.
Prends garde, reste alerte et plein d'entrain.
Des documents aux archives
que personne n'avait vus.
Des documents concernant cette mĂŞme famille
Lafarge, mais vingt ans plus tĂ´t.
Avant... Merci.
Avant l'accusation.
Et ça renouvelle complètement l'idée qu'on peut se faire
sur cette famille un peu tragique.
Je ne sais pas ce que ça deviendra, mais...
C'est une histoire, 160 ans après, à rebondissements.
- Ça, c'est le côté passionnant. - Bonjour.
Bonjour.
C'est quoi, ton animal préféré ?
Mon animal préféré ? Le chien. Et toi ?
J'ai un labrador, Suivre. Il nous suit partout.
- Ah oui ? - Et la couleur préférée ?
Ma couleur préférée ? Le bleu. Et toi ?
Moi, c'est le rouge.
Et tu t'appelles comment ?
- Pamela. Toi, c'est Alix, c'est ça ? - Oui.
- Alix, laisse-la tranquille.
Mais non. C'est rien.
Tant pis.
- Je peux sortir de table ? - Tu ne veux plus rien ?
Non.
Vas-y alors.
- Je vais me promener. - A tout Ă l'heure, Pamela.
Ă€ plus tard.
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