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[musique mélodramatique au piano]
Official YIFY movies site: YTS.BZ
[respiration haletante étouffée]
[choc mat]
[la musique s'estompe]
[chant sénégalais festif]
[chant et applaudissements en rythme]
[Fodié] Elle me fait penser à votre mère.
[le chant s'estompe]
[applaudissements]
[homme] Demba !
[encouragements de la foule]
[homme] Ouais, Demba !
[Soulaymaan] Félicitations.
[musique rythmée aux percussions]
[chante]
Laisse-moi tranquille, toi. [rit]
- [la musique cesse] - [éclats de voix d'enfants]
Quand ma mère est partie,
elle a laissé un vide.
Et c'est Djenaba qui...
C'est Djenaba qui l'a comblé.
Il y a ceux qui parlent et ceux qui prouvent.
Je serai toujours là pour toi.
[musique touchante et joyeuse]
[femme] Bravo ! Félicitations !
- [homme] Félicitations ! - Merci.
- [la musique s'intensifie] - [cris de joie de la foule]
[rit] Félicitations, mon frère.
- [discussion indistincte] - [rires]
- [cris de joie de la foule] - [homme] Aux mariés !
[homme 2] Aux mariés !
Merci, madame.
[ami] Arrête de parler, on dirait un facteur comme t'es habillé...
Soulaymaan le facteur. Au facteur !
[tous] Ouais !
[rit] 24, 24 ! Oui !
[Noumouké] ♪ Y a d'la ségué dans la sacoche ♪
♪ Les condés veulent péter la sepu Champigny dans la pestu ♪
♪ Oh oui, tu connais la réput' ♪
♪ C'est NMK qui sort le AK Tu sais déjà y a quoi sous le parka ♪
♪ Un coup de fusil dans les bejam ♪
♪ Gros qui va bouger ? On a la guitare, on te fait zouker ♪
♪ Renoi du Bois-l'Abbé Toujours soin, toujours bien habillé ♪
♪ Lamine, ça peut vriller ♪
♪ Le canon est scié On t'éteint pour quelques billets ♪
♪ Ils croivent qu'on va béton Mais jamais ♪
♪ Ils croivent qu'on va béton... ♪
Coupe ! DJ, coupe, s'te plaît, coupe.
- [la musique cesse] - "Ils croivent" ?
[Noumouké] T'es un enfant.
- "Ils croivent" ? - [Noumouké] Laisse-moi.
Sérieux ? Tu nous fais quoi, MC Chalghoumi ?
- [musique rap rythmée] - [foule] ♪ Assassins de la police ! ♪
♪ Assassins de la police ! Assassins de la police ! ♪
♪ Assassins de la police ! ♪
♪ Assassins de la police ! ♪
- Tu veux qu'on se la donne ? - Tu vas partir les pieds devant !
- T'impressionnes personne. - Dégage. Casse-toi de là.
[homme] Bouge.
Tu me fous la honte devant toute la famille ?
- C'est ton pote flic, il joue le nerveux. - [la musique reprend]
Comment t'as fini chez les condés, toi ?
Petit, t'as jamais rêvé de stopper les méchants ?
- Non, je voulais être le méchant. - [Benaribi rit]
Ah ouais ?
Tu te rappelles dans les années 90 ?
De la marron tournait partout.
J'ai un grand frère qui est tombé là-dedans.
- J'ai pas trafiqué cette merde. - Arrête.
Aucun trafiquant a le cul propre. Tu le sais.
Je te jure.
Reste loin du trafic de stupéfiants.
Parce que si on se croisait sur ce terrain...
je ferai pas d'exception.
J'ai plus peur d'elle que de toi.
[parle wolof]
T'es allé les chercher au Maroc ?
[Noumouké] Je suis passé par l'Algérie.
Eh, Demba ?
Comment on sait que c'est la bonne ?
Déjà, toi, est-ce que t'es la bonne personne ?
T'en dis quoi, toi ?
- Il connaît quoi, lui ? - Laisse-le parler.
Je sais pas, pourquoi vous me demandez ?
Quand tu te sens bien quand t'es avec elle et...
quand tu te sens seul quand elle est pas là.
[Soulaymaan] C'est un poète, lui, quand il veut.
Par contre, tu fais trop le voyou dans tes sons.
- T'écoutes ce qu'il fait ? - Je le calcule même pas.
Tu devrais lui dire que la rue, c'est la mort ou la prison.
Pas obligé.
Faut juste s'arrêter au bon moment.
Quoi ?
Tu t'en es sorti, non ?
[musique soul sombre]
[la musique cesse]
Rends pas fou. 45 minutes que je t'attends.
- Ils se sont trompés sur ta commande. - Donne.
- Ils ont coupé les pizzas ? Sûr ? - Oui. Oui.
Tiens.
Tu vas où ? Rends-moi ma monnaie, gros.
- Tu me laisses rien ? - Tu crois quoi ?
- Donne. - Tiens.
T'as pris, hein ? T'es balèze. Tu vas à la salle ?
T'es devenu golri. Reste comme ça.
- Fais belek, y a du vent. T'envole pas. - Toi aussi.
Eh, il manque un euro.
- Je sais ! - Quand je vais t'attraper...
♪ Condés dans le secteur ♪
♪ Voulaient m'avoir dans le blaxon Sans façon ♪
♪ J'ai commencé tout en bas ♪
- J'ai les pizzas, là, les gars ! - [tous] Ouais !
Tu casses les couilles ! J'enregistre.
- T'es anxieux. Tranquille. - [Noumouké] Tu casses les couilles.
- Je veux celle au thon. - On va voir.
Je vais le monter en l'air, ils les ont pas coupées.
Bien fait...
T'es une galère. Kattri, ramène un couteau pour couper les pizzas.
- Va toi-même. - Eh, écoute et va te laver les mains.
[rire moqueur]
Je vais te niquer, tu fais quoi ?
[Kattri] Il me cherche et il se plaint !
[Lamine] Fais le mec mature, toi.
- J'ai rien fait. - Arrête de tchiper.
Tiens, regarde. Tu le connais ?
[Adil] Mais non !
Tu fous quoi avec 9millimètres ?
Montre, fais voir ? Ah ouais, dinguerie. Noumouké !
On l'a croisé à l'aéroport en revenant de Dakar.
J'avoue, Lamine, téma.
- J'ai pris la photo. - T'en as pris une avec lui ?
Je m'en bats les couilles. T'es sérieux ?
Et tu lui as parlé ?
C'est un bon. J'ai dit que je rappais, il m'a dit de lui envoyer des sons.
- [Adil] T'as envoyé ? - Bien sûr.
Si tu fais un feat avec lui, tu peux tout niquer. Sors cash.
[Samba] NMK et 9millimètres...
Arrêtez. Y aura jamais de feat. Ce mec vous donnera jamais l'heure.
[Adil] Ah ouais ?
Gros, dans le game, c'est comme ça. Pas d'oseille, pas de feat. T'as compris ?
Kattri, viens voir. Tu le reconnais, lui ?
Oui, il chante "Sicario".
Ouais, c'est lui. Attends, on va la mettre.
[musique rap]
♪ J'ai cassé trop de cœurs J'vais pas réparer ♪
♪ Jamais ♪
♪ C'est le nine au cro-mi Ils sont pas préparés ♪
♪ Eux, c'est des acteurs ♪
Hé, arrêtez de le chambrer !
♪ Quand je vais les choper Faudra pas séparer ♪
♪ Je suis comme un sicario ♪
♪ Je suis comme un sicario ♪
[Noumouké] Ouais !
♪ Un T-MAX, un 9 milli Tu connais le scénario ♪
- [la musique s'amplifie] - ♪ Je suis comme un sicario ♪
♪ UN T-MAX, un 9 milli Tu connais le scénario ♪
♪ Je veux beaucoup d'espèces J'ai le neuf donc laissez l'espace ♪
♪ La racli est fraîche Tout le monde la connaît ♪
♪ J'sais pas ce qui s'est passé ♪
♪ 9milli pense qu'à brasser ♪
♪ Je compte et je recompte les billets ♪
[la musique s'atténue]
Merci.
C'est comment, Demba ?
- Quoi, Demba ? - Tu lui as demandé pour les affaires ?
- Quelles affaires ? - Qui t'a parlé ?
- Quelles affaires ? - [se moque]
Ta gueule !
Tu parles comment ? Prends mon téléphone, assieds-toi.
- [Noumouké] Il fait plus rien. - [Lamine] T'y crois ?
Il fait plus rien, frère.
Depuis qu'il est avec Djenaba, il est en mode bureau, dodo.
Et ton zinc Doums ? Tu fais le mec qui a une grande famille.
T'es pressé.
- Tu veux pas lui parler, j'y vais, moi. - Décale. T'es trop pressé.
Vous pensez que Sofyan va vous laisser le terrain ?
Tu crois qu'on va lui laisser le choix ?
Eh, le zinc, on s'en bat les couilles.
S'il le faut, on va lui baiser sa mère. Hein ?
C'est mon frère Demba qui a ouvert le four. Oublie pas.
Mais tu parles, t'es avec nous ou pas ?
Vos histoires, c'est pas pour moi, les reufs.
[Lamine] C'est bien. Au moins, tu parles français.
- Ça veut dire quoi ? - Ce que ça veut dire.
[Noumouké] T'es chaud ?
[musique inquiétante]
[Djenaba chuchote] Demba...
[chuchote] Qu'est-ce qu'il y a ?
[Demba] Chut.
[Djenaba] Qu'est-ce qu'il y a ?
Demba ?
- [inspiration paniquée] - [fracas]
Qu'est-ce qui se passe ?
- [fracas] - [respiration saccadée]
- [policier 1] Go ! Police ! - [choc métallique]
[policier 2] Mains sur la tête !
Tes mains ! Je veux voir tes mains ! À genoux !
À genoux, je te dis !
[conversations indistinctes]
[policier 3] Rien en cuisine.
[conversations indistinctes à la radio]
- [policier 3] RAS. - [policier 1] Dans la chambre.
[policier 1] Allez. Avance.
[respiration saccadée]
[éclats de voix et vrombissement de voiture au loin]
- [vibreur de téléphone] - [la musique inquiétante cesse]
Bonjour, Djenaba.
Ils ont emmené Demba.
- Quoi ? - Ils ont défoncé la porte.
Comment ça ? T'es sûre que c'est la police ?
Ils avaient des cagoules. Idrissa, il a eu peur et...
Ils ont pris l'ordinateur, retourné la maison et l'ont embarqué.
Tu sais où ils l'ont emmené ?
À Nanterre, je crois.
Quelle brigade ?
Ils ont rien dit.
[policière] Ça fait des mois qu'on vous écoute.
- On a vos comptes bancaires, tout. - [un téléphone sonne]
[policier] On est la brigade financière. Si on vient vous chercher, on a tout.
[choc métallique]
[la porte grince et se ferme avec fracas]
- [cliquetis de la serrure] - [tintement de clés]
- [musique sombre] - [conversations indistinctes au loin]
- [tintement de clés] - [cliquetis de la serrure]
Maître Ayadi, du cabinet Ayadi & Jouve.
Il est où, mon frère ?
Asseyez-vous.
[juge] Affaire Roger Perras.
[la musique sombre continue]
[tic-tac crescendo d'une horloge]
- [le tic-tac cesse] - [cliquetis d'une serrure]
[la musique cesse]
Je suis dans la merde ?
Blanchiment d'argent, évasion fiscale.
[soupir agacé]
- Pourquoi ils étaient sur moi ? - Ils étaient pas sur toi.
C'est ton gérant. Il a fait de la décaisse pour des mecs cramés à l'os.
C'est sur eux qu'ils étaient.
Ils l'ont emmené à lui qui les a ramenés à toi.
Putain, j'en étais sûr !
[soupire]
T'as vu, j'ai essayé.
Ça fait deux ans que je fais plus rien. Plus rien, même pas un gramme.
Et ils viennent me chercher pour la TVA ?
C'est pas parce que tu joues plus que la partie s'arrête. Tu le sais.
Faut pas taper dans les poches de l'État.
Ni dans les miennes. Je bosse pas pour eux !
Écoute.
Comme j'ai dit à ton frère le baveux, je peux pas faire grand-chose.
- Je devrais même pas être là. - [soupir agacé]
Je te demande rien.
[cliquetis de la serrure]
- [une porte se ferme] - [vrombissement de moteur du jeu vidéo]
C'est bon ou quoi, petit fou ? Fais voir la manette, je vais te déchirer.
Il se passe quoi ?
Pourquoi tu m'as rien dit ?
- Tu dormais. - Fallait me réveiller.
Et ça aurait changé quoi ? T'es avocat ?
T'es fou. Monsieur dort toute la journée, il sait que taper dans le frigo.
Pas de taf, pas d'école. Le rappeur du coin. Reste à ta place.
- Attends, pourquoi tu racontes ta vie ? - Ça va, tous les deux.
Il va aller en prison ?
[Djenaba] Soulaymaan ?
En détention provisoire.
- Donc, en prison. - Tu le fais sortir quand ?
C'est pas mon dossier. J'ai quelqu'un sur le coup.
Comment ça, pas ton dossier ?
Parce que. Maître Ayadi est plus expérimentée.
- C'est un dossier de plus pour elle. - Elle sait quoi faire.
T'es avocat, mais quand ton frère a des problèmes, tu bouges pas ton cul ?
Comment ça ?
- Ouais, tu bouges pas. - Ferme ta bouche ! Tu parles à qui ?
Ça va !
Je vais me barrer d'ici.
Casse-toi ! On s'en bat les couilles ! Personne a besoin de toi, ici.
- On y va. Dépêche-toi. - J'ai pas fini.
Pose la manette.
Allez, on y va, dépêche.
[la porte se ferme]
Si les condés prononcent mon nom une seule fois, tu me préviens direct.
Voilà pourquoi je veux pas m'en occuper.
Donne ça à Djenaba.
Dis pas que ça vient de moi.
[soupire]
- [bas] "Dis pas que ça vient de moi." - [porte se ferme]
Si tu reparles à ton frère comme ça, je te pète tes dents.
- C'est lui... - [criant] Rien à foutre !
[calmement] Tu lui parles pas comme ça.
Et encore moins devant moi.
T'as compris ?
[éclats de voix au loin]
[la porte de voiture se ferme]
[le moteur démarre]
Il veut quoi, celui-là encore ?
Wesh, tu veux quoi ?
Passe-moi des affaires.
Mais t'es pas culotté, toi.
Avec Samba et Lamine, on va reprendre le four.
Tu veux foutre le bordel entre moi et Demba ?
Il le saura jamais que c'est toi.
Tu sais quoi ? Dans la vie, si tu veux pas qu'un truc se sache, faut pas le faire.
Doums.
Vas-y, bouge.
- Vas-y, Doums... - Bouge !
- Doums... - Y a pas de Doums.
- [le moteur vrombit] - Wesh !
[musique rap dans les écouteurs]
[conversations indistinctes au loin]
[la musique cesse]
Quoi ?
Si je défends Demba et que je peux pas le faire sortir, qu'est-ce qui se passe ?
Rien du tout. Jamais il va t'en vouloir.
Ça, c'est ta façon de penser, Noumouké.
T'es pas dans la tête de Demba.
J'étais sérieux, je veux me barrer.
Bah, ce sera sans moi.
Tout me rappelle maman à la maison.
Les meubles. Les odeurs.
C'est justement pour ça que j'ai envie de rester.
Tiens, viens, on va marcher.
Vas-y, viens.
- [Soulaymaan] Tu lis quoi en ce moment ? - 1984 de George Orwell.
Je l'ai fini, faut que j'en trouve un autre.
Lis la biographie de Malcolm X. Tu vois qui c'est ?
[se moque] Ouais... Qui connaît pas Malcolm X ?
C'était un vrai thug à l'époque, Malcolm. Il a commencé à lire en prison.
C'est devenu un intellectuel. Un intellectuel et...
et un de ces orateurs...
Lui, par exemple, on peut dire qu'il avait des punchlines.
- T'es obligé d'envoyer des piques ? - C'est bon, je rigole.
[une voiture approche]
[la voiture s'éloigne]
Malcolm, il détestait les babtous.
À la Mecque, il a compris qu'en Islam, y a pas de différence entre blanc et noir.
Qu'on avait tous les mêmes droits et devoirs. Tu vois ?
Logique.
C'est là qu'il a changé son discours. Et c'est pour ça qu'il s'est fait tuer.
- C'est qui qui l'a fumé ? - [se moque] "C'est qui qui" ?
- J'arrête de parler avec toi. - À ton avis ?
Les condés ?
Zarma, tu fais du suspense, là.
Tu fais du suspense, c'est bon.
[cris d'enfants au loin]
"Ce livre t'apprendra beaucoup de choses sur toi-même."
[soupire]
Slm, c'est 9millimètres.
Je vous prépare un album, il va être dangereux. Restez concentrés.
Ouais, 9milli, ça dit quoi ?
T'as pu écouter ce que je t'ai envoyé ?
[grognements d'effort]
Traoré, à ce train-là, tu tiendras pas trois rounds. Moi, je te le dis.
[Estelle] Droite... Un, deux, trois. OK. Baisse pas ta main droite.
Un, deux, trois. C'est bien.
[Sofia grogne d'effort]
Monte ta droite quand tu mets ton direct. Là, tu te prends un KO.
- [Estelle] Bouge. Un, deux, trois. - [Sofia grogne d'effort]
[Estelle] C'est bien, continue.
[rires et propos indistincts au loin]
[Noumouké] Téma, faut que je te montre un truc.
Ils viennent dans le 94.
♪ C'est Raptastreet en direct du 12 Avec mon gars BK ♪
Ils l'ont posté y a que deux jours. T'as vu le nombre de vues ?
- [Sofia] Les chiffres... - Une dinguerie.
♪ ... la musique ♪
- Tu vas le faire ? - Bien sûr.
- Tu viens avec moi, j'espère ? - Bien sûr.
- Tu viendras à mon combat ? - Bien sûr.
Tu vas la défoncer, cette poufiasse.
Fitoussi... Crochet du droit de Fitoussi... Uppercut, l'adversaire est au sol !
Fitoussi, championne de France ! Fitoussi, championne del mundo !
[rit]
[vibreur de téléphone]
Allô.
[mère de Sofia] Tu comptes remonter quand ?
[Sofia] J'arrive.
Bon. Faut que j'y aille.
Tu feras une maraude avec nous ?
Avec les mecs des Aviateurs ?
Jamais de la vie. T'as oublié ou quoi ?
J'ai pas oublié. J'ai juste grandi.
[éclats de voix au loin]
[la portière se ferme]
Hé. T'inquiète pas pour Demba, hein.
Ça va aller. C'est Demba, wesh.
[inspire profondément, puis soupire]
[conversations indistinctes et encouragements au loin]
[rires]
C'est un rêve. La vie de ma mère, je suis dans un rêve.
J'aurais jamais cru me retrouver en cellule avec toi. [rit]
Demba Traoré, el survivor ! [rit]
- Pourquoi tu m'appelles comme ça ? - C'est ça dans le 94.
T'es le seul qui a pris 4 bastos et s'en est sorti.
- T'es notre 50 Cent à nous. - Qui t'a raconté ces conneries ?
Hé, l'ancien, moi, j'ai mes sources.
Je suis en train d'écrire un livre. Et y aura un gros chapitre sur toi. [rit]
El Traoré.
[la porte s'ouvre brusquement]
[tintement de clés]
Quand j'ouvre pour la promenade, si t'es pas prêt, je referme.
Joue pas avec lui.
- Tu sais pas c'est qui. - Vous êtes tous pareils pour moi.
[gardien] On descend dans le silence !
[Silima] Avance plus vite, zinc.
- [conversations indistinctes] - [gardien] On avance !
T'as pas capté, l'ancien ?
Dans mon livre, je vais parler des mecs du 94 qui ont fait notre réputation.
Youssef Gros Yeux, Marc Gillas, Ferrara, Momo Amimer, Brahim Zinzin, Rud Lion.
Ça va être une dinguerie. Walla, ils sont pas prêts. [rit]
Rud Lion et Marc Gillas, c'est la même personne.
Ouais, je sais.
Momo Amimer, il est pas du 94, il est du 93, tu savais ?
J'ai capté. Toi, en fait, t'es un peu pointilleux sur les détails.
[rit]
Tu serais pas d'accord pour une interview ?
Quoi ?
Mets même pas mon nom, j'ai plus rien à voir avec ça.
- Alors pourquoi t'es là ? - Traoré, Diara, on avance.
[Silima rit]
Surveillant, il fait des trucs bizarres, mon co.
Ça fait deux semaines, il est pas sorti.
C'est pas en prison qu'il faut le mettre, c'est en psychiatrie. Il parle pas, rien.
Il est pas fou. C'est toi qui parles trop.
Change-moi de cellule, en vrai.
Tu veux changer de cellule, suis la procédure. Fais un courrier.
[Silima rit]
Je vais marcher.
Vas-y, je viens avec toi.
Je veux marcher tout seul.
Demba Traoré. El solitarios.
Si quelqu'un te pose problème, bouge pas.
Je suis là avec les microbes.
J'ai des problèmes avec personne, moi.
Les problèmes viennent même quand tu veux pas, l'ancien.
Demba, incroyable !
Farouk.
T'es là pour quoi ?
La financière. Et toi ?
Trafic inter.
T'as pas changé.
Demba Traoré et Farouk Yayaoui. Las hyenas.
Ouah !
- [détenu] Quand je veux, on a dit. Oh ! - [rires]
[Farouk] Moi, je suis cuit.
Écoute, témoins, ADN, ils ont tout.
Faut que je m'arrache d'ici. T'as capté ?
Je veux pas en savoir plus, Farouk.
Tu t'es rangé ? C'est ça ?
Si t'as besoin d'un truc ici, hésite pas, c'est chez moi.
Ah, tranquille.
Je suis en cellule avec le renoi là-bas.
- Avec le truc sur la tête ? - Ouais.
Silima, le p'tit sicario ?
Ah, il me rend fou. Il parle, il parle, il me fait mal à la tête.
Il t'appelle "l'ancien" ou "l'ancêtre" ?
Comment ça ?
"L'ancien", c'est qu'il te respecte.
"L'ancêtre", c'est que t'es dépassé.
C'est comme ça qu'il fonctionne.
Regarde-le, 30K, il t'éteint direct, hein.
- Il est là pour trois cadavres. Ouais. - Lui ?
Tu le vois, on dirait un clown.
Faut être un clown pour dégager quelqu'un pour de l'oseille.
Ah... T'as pas fumé Abdel pour de l'oseille, toi ?
J'ai fumé personne moi. Qui t'a dit ça ?
Ton cousin, Doums.
- [Demba inspire] - Il parle beaucoup, fais gaffe.
[inspire, puis soupire]
Tu peux me trouver un téléphone ?
[voix d'enfants]
- Répète. - Ça fait deux fois que je te dis.
Répète une troisième fois.
- Une troisième fois ? - Ouais.
Demba a dit : "Dis à Doums de fermer sa gueule."
[moteur de scooter au loin]
Wesh, c'est... [bafouille]
Tu m'as dit de répéter.
- Non ? - Bah, tu sais quoi ?
Quand il sortira du placard, qu'il vienne me le dire en face.
Je lui dis pas ça.
Mais à moi, oui ?
[criant] C'est pas moi, c'est Demba ! J'ai juste répété. J'ai rien à voir.
[calmement] Rien à voir.
- Dégage. - Wesh.
Doums. Pour ce qu'on s'est dit la dernière fois ?
C'est carré ou pas ?
Doums !
C'est carré ou pas ?
[le moteur vrombit]
♪ Devant mon passé, mon futur a fui ♪
♪ Visage de maman qui revient dans la nuit La rue, c'est une folle ♪
[chantonne]
♪ Devant mon passé, mon futur a fui Visage de maman qui revient dans la nuit ♪
♪ La rue, c'est une folle Elle a niqué ma vie ♪
♪ Je sens plus mon cœur Ni celui de mes amis ♪
♪ Mais je suis trop débordé La cité et toutes ses histoires ♪
♪ Embrouille, j'arrive en noir ♪
♪ J'compte la kichta J'mets tout sur moi ♪
♪ Maman, j'suis dans le sale, moi ♪
♪ Je passe mon temps à zoner Dans toutes les cités, c'est la même ♪
- ♪Tu peux pas m'impressionner ♪ - [notification]
[la musique cesse]
"Ils veulent des feats sans l'oseille." Il parle de toi.
Je t'ai dit, cousin. L'oseille, Noumouké.
♪ Pour la daronne J'veux construire un palais ♪
♪ J'veux la villa au bled Par rapport à l'herbe ♪
♪ J'en ai pas l'air Mais je suis prêt à te faire une folie ♪
♪ Ils veulent des feats Sans l'oseille ♪
♪ Tu m'harcèles de DMs Faut doser ♪
- ♪ Je suis boosté au kérosène ♪ - [la musique cesse]
T'as cru que j'étais un BDH ? Je t'envoie des messages, tu réponds pas ?
C'est toi qui m'as dit de t'envoyer mes sons.
Fallait fermer tes fesses. Va niquer ta mère.
Fils de pute.
[klaxon au loin]
[vibreur de téléphone]
Allô ?
[chuchote] C'est moi.
Demba ?
Comment tu vas ?
Je suis en prison. Comment tu crois que ça va ?
Tu sais que j'ai obtenu un permis de visite ?
OK, mais viens pas avec Idrissa.
Il demande toujours après toi.
Dis-lui que je vais revenir bientôt.
T'as appelé Soulaymaan ?
Je l'appellerai pas.
- Lui et moi, c'est fini. - Demba...
- Comment tu t'en sors avec la société ? - [Djenaba soupire]
- Ils ont gelé les comptes de la boîte. - C'est normal, le temps de l'enquête.
Faut parler aux employés, aux fournisseurs, demander un délai.
C'est fait.
[inspire] Je savais que t'étais une patronne.
Ils ont aussi bloqué tes comptes personnels.
Quand j'ai été faire les courses, la carte est pas passée.
J'ai dû reposer la moitié des articles.
J'ai jamais eu aussi honte de toute ma vie.
Je vais t'envoyer Majid, il va te ramener du liquide.
Il vient d'où, tout cet argent ?
Majid, il a deux boutiques. Il est pas dans les trucs bizarres.
Je vais nous sortir de là, d'accord ?
D'accord ?
D'accord.
- [une porte se ferme] - [tintement de clés]
Y a du bruit dans le couloir. Va falloir que je raccroche.
- [une porte se ferme] - Tu me manques.
[des pas approchent dans le couloir]
Toi aussi, tu me manques.
[conversations indistinctes]
[klaxon]
[voix d'enfants au loin]
[Sofia] Bonjour ! Tiens.
- Les invendus du boulot. - Merci.
[Swouil] Tu t'es inscrite sur les listes électorales ?
- Euh, la semaine prochaine. - T'as dit ça la semaine dernière.
C'est pour ça qu'on a des fachos au deuxième tour.
- On se fait niquer à chaque élection. - Ta bouche, Rayan.
C'est vrai. On se fait toujours avoir. Ils font monter les fachos,
et au 2e tour, ils nous demandent de faire barrage.
Ça veut dire quoi ? Une, deux, trois fois ?
Et ouais, quatre, cinq, dix fois, s'il faut, Rayan.
C'est comme ça, on est dans un système démocratique en France.
Bah, tu sais quoi ?
Jamais ils laisseront un rebeu au contrôle d'une mairie.
Pourquoi ça ?
Pourquoi ça ?
Swouil Ben Saada, sahbi, tu t'appelles.
[rit]
Tu sais comment s'appelle le maire de Trappes ?
Ali Rabeh.
[articulant] Rabeh.
[accent arabe] Tu crois qu'il descend de Vercingétorix ?
[sans accent] Regarde Amal Bentounsi.
Combien elle a fini aux législatives ? Deuxième de sa circonscription.
C'était sa première expérience politique.
Passe-moi les gobelets.
Et franchement, Rayan, Sofia, si j'ai réussi à vous réconcilier,
je pourrais devenir président.
[rires]
[Soulaymaan] Bonjour.
- [Swouil] M. l'avocat. - Bonjour, madame.
Bonjour, Soulaymaan.
- Ça va ? - Et toi ?
Tu dis pas bonjour, toi ?
- Tu dis pas bonjour ? - Bonjour, Soulaymaan.
"Bonjour, Soulaymaan." Il a de bonnes notes ?
Oui, celui-là, il travaille bien. Mais le comportement...
Ah ouais, le comportement, c'est pas ça ? Comment ça, c'est...
- Arrête ! - Faut avoir de bonnes notes.
Ou je te tire les oreilles. Compris ?
Swouil, je peux te parler vite fait ?
- [Swouil] Inès, tu me remplaces ? - Merci.
[cliquetis mécanique régulier]
Ouais, dis-moi.
Plus de messages sur les réseaux sur le maire avant le procès.
Quoi, j'ai fait quoi ?
T'es sérieux, Swouil ?
Aujourd'hui, 15h40.
"Le seul budget en augmentation, c'est la police municipale."
C'est vrai, non ?
C'est vrai, mais le procès est demain. C'est pas malin.
Et le maire, tu le connais. Tu sais qu'il va l'utiliser contre toi.
C'est bon, j'ai compris.
- T'es sûr ? - Ouais.
Silence radio jusqu'à demain.
- Ouais. - OK ? Ça marche.
Dis-moi...
Et ma proposition de devenir maire adjoint ?
Mais non, je te l'ai déjà dit.
La politique, c'est pas pour moi. OK ?
- On se voit au tribunal ? - Ouais.
[raclement de pot de yaourt]
- [une porte s'ouvre] - [musique rap forte]
Hé, la porte !
[Noumouké soupire]
- [la porte se ferme] - [la musique s'estompe]
Wesh. Zarma, y a pas de yaourts sucrés ?
Pourquoi, t'en as acheté ?
- T'es grave marrant. - Ouais, c'est comme ça.
Pas de taf, pas d'oseille, pas d'oseille, pas de yaourt sucré.
Hé, doucement, tu vas choper le diabète.
T'inquiète pas pour moi.
C'est ce qui a tué maman.
Y a le procès de Swouil demain. Tu viens me voir plaider ?
Je peux pas. Je dois trouver un taf.
Pas de taf, pas d'oseille, pas d'oseille, pas de yaourt sucré.
[chuchote] Petit con.
[Ayadi] Il doit être prêt à répondre aux questions.
Il risque des pénalités sévères.
Oui, Soulaymaan ?
Des nouvelles sur le dossier de mon frère ?
Je fais tout ce que je peux, mais on est débordés.
On fait un point plus tard ?
Vous avez les relevés de banque et contrats ?
[associé] On me les envoie par mail.
- [vacarme de la circulation] - [sirènes au loin]
- Le baveux, ça dit quoi ? - T'es venu ? Soso.
- Swouil. - Eh mec...
Pardon, je suis désolé, excuse-moi.
Bonjour. Vous allez bien ?
Eh... [siffle]
- On y va ? - Ouais, on y va, on y va.
[conversations indistinctes]
[Swouil] Y a quoi avec la proc' ?
Y a rien, t'inquiète pas. Laisse-moi faire.
"Qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu et pour plus suivre les règles du jeu ?"
Ces propos, M. Swouil Ben Saada les a publiés
alors que le pays traversait les émeutes les plus dévastatrices depuis 2005.
C'est une chanson.
Il s'agit d'une simple citation, nous dira l'avocat de la défense.
En effet, ces propos figurent dans l'album du groupe à trois lettres NTM.
Cependant,
rien dans la publication de M. Ben Saada n'indique qu'il désapprouvait ces propos.
En tant qu'élu municipal,
nous attendions de lui une condamnation ferme et sans ambiguïté
des incivilités répétées en bandes organisées,
c'est le cas de le dire, dont notre pays a été le théâtre.
Mais non. Il a plutôt choisi des propos incendiaires.
Car il est à noter que M. Swouil Ben Saada
brigue la mairie de Champigny-sur-Marne,
et semble prêt à se faire élire sur des cendres.
[murmures indistincts]
Alors l'avocat de la défense vous fera certes
une description enjolivée de son client.
Il est payé pour ça.
Mais lorsque M. Swouil Ben Saada s'impatiente
et se demande ce que la jeunesse campinoise attend pour foutre le feu,
vous devez le prendre pour ce que c'est. Une incitation à l'émeute.
[indignation]
[Lisa] C'est pourquoi je requiers une peine de trois mois d'emprisonnement
assortie intégralement du sursis simple à l'encontre de monsieur Swouil Ben Saada.
Je requiers également que soit, à titre exceptionnel,
prononcée la peine complémentaire d'inéligibilité pendant deux années.
- C'est pas possible. - [huée]
- [juge] Silence ! Silence ! - [la huée continue]
- Silence. - Calmez-vous.
- [propos indistincts] - [juge] Ou je fais évacuer la salle.
[les discussions s'atténuent]
La parole est à l'avocat de la défense.
"Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ?
"Qu'est-ce qu'on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ?"
Comme l'a si bien dit madame la substitut du Procureur
en faisant étalage de ses connaissances en matière de rap français,
ces propos ne sont pas de monsieur Swouil Ben Saada.
S'il a placé ces phrases entre guillemets lors de la publication en question,
c'est précisément pour indiquer que ces propos ne lui appartenaient pas.
C'est l'usage que les Français font des guillemets.
En d'autres termes, citer, ce n'est pas plébisciter.
Si vous interrogez les habitants du Bois-l'Abbé
qui ont fait le déplacement aujourd'hui,
ils vous décriraient un Swouil Ben Saada soucieux du bien-être des autres.
[le public acquiesce]
Un homme aimant et engagé malgré lui en politique.
Je le revois donner des cours de français à ma mère.
Avec toute la patience et l'indulgence que l'enseignement nécessite.
Entre deux ménages, ma mère tenait absolument à améliorer son verbe.
"Celui qui maîtrise la langue d'un peuple évite son mal",
aimait-elle répéter.
Je sais qu'il est devenu systématique dans le débat médiatico-politique,
si on peut encore appeler ça un débat,
d'ignorer les causes et de pointer du doigt les conséquences.
Mais ce n'est pas le plateau d'un talk-show
où la négation de toute complexité et la recherche du buzz sont reines.
Nous sommes dans un tribunal.
Ici, on ne s'intéresse pas seulement aux effets
en les dénudant de tout contexte
et en ignorant volontairement leur origine.
Alors, madame la substitut du Procureur
pointe du doigt monsieur Swouil Ben Saada
en lui attribuant un pouvoir d'embrasement qu'il n'a pas.
Mais quid de la politique antisociale
déployée par le maire actuel de Champigny-sur-Marne ?
Quid de la fermeture de la plupart des lieux de vie
au Bois-l'Abbé et le désintérêt assumé de la mairie
envers la population considérée comme inexistante,
car elle ne vote pas ?
Quid de la volonté quasi obsessionnelle du maire actuel
de détruire les quartiers prolétaires ?
On détruit en promettant aux habitants qu'ils pourront revenir,
puis quand on a reconstruit, que tout est plus beau,
tout est plus neuf, on augmente les loyers.
On pousse les habitants à s'exiler de leur plein gré,
toujours plus loin, encore plus loin qu'au banc des lieux.
Mais cela porte un nom. La gentrification.
[femme] Oui ! Bravo !
[juge] Silence !
[Soulaymaan] C'est ça qui met le feu à Champigny-sur-Marne,
et pas une simple phrase de M. Swouil Ben Saada.
[inspire] Monsieur le Président,
je vous demande la relaxe.
[cris de joie]
J'ai jamais douté de toi.
- J'espère bien. - Parce que t'es un cador.
- [Swouil] Merci, merci. - [Soulaymaan] Merci beaucoup.
- [femme] Bravo ! Ouais ! - [Soulaymaan] Merci d'être venu.
On a gagné une bataille, maintenant, faut la mairie ! Allez, on fait la fête !
Ta mère serait très fière.
Merci beaucoup. Merci.
[musique sombre]
[femme] Allez voter !
[sons environnants étouffés]
[la musique sombre continue]
♪ Minimum 100K ♪
♪ Minimum, minimum 100K ♪
♪ 94500, je suis venu pour manger Donnez-moi juste minimum 100K ♪
♪ Si t'es pas chaud, on le fera sans toi J'te l'ai dit 100 fois ♪
[la musique de rap sombre continue]
♪ Minimum 100K ♪
♪ Minimum, minimum 100K ♪
♪ Minimum 100K ♪
♪ Minimum, minimum 100K ♪
♪ 94500, je suis venu pour manger Donnez-moi juste minimum 100K ♪
♪ Si t'es pas chaud, on le fera sans toi Je te l'ai dit 100 fois ♪
♪ Tu connais le gang On déboule sur toi ♪
♪ Musique et gang On a du sang-froid ♪
♪ Elle fait la folle, il s'affole Mais je cogne, minimum 100 fois ♪
♪ Violence me-ar On est dans ça ♪
♪ Toujours foncer dans le tas Scameur, braqueur, posés dans le sas ♪
♪ Plavons, billets, on est dans le sale Calmement, calmement ♪
♪ On m'appelle, c'est pas l'moment Elle veut mon cœur, c'est pas l'moment ♪
♪ Je peux tous les ouet ♪
[animateur] On descend...
♪ Je baraude dans la ville ♪
♪ Les poches pleines d'oseille Ils demandent ce que j'fais dans la vie ♪
[animateur] Encore, encore !
♪ Je baraude dans la ville ♪
- ♪ Les poches pleines ♪ - [animateur] Un, deux, un, deux, trois !
♪ Minimum 100K ♪
♪ Minimum, minimum 100K ♪
♪ Minimum 100K ♪
- ♪ Minimum 100K ♪ - [animateur] Oui !
- [foule chante] - ♪ Minimum, minimum 100K ♪
- [Noumouké] Ensemble ! - ♪ Minimum 100K ♪
♪ Minimum, minimum 100K Minimum 100K ♪
♪ Minimum 100K Minimum, minimum 100K ♪
- Ouais ! - [la foule s'exclame]
[homme] Il est en feu, ça explose dans tous les sens !
94, sans payer, c'est donnant-donnant !
Alors !
- Y a un message chelou. - [animateur] Attends !
- Champigny, y a du monde ou quoi ? - Hé, 9millimètres est sur le live.
- Il dit quoi, ce fils de pute ? - Je te promets.
"NMK, petit bandeur d'hommes, t'insultes les gens et tu les bloques ?"
Noumouké, calcule pas.
T'inquiète ! Il est où, le caméraman, tiens, viens !
Petit fils de pute, t'as vu quand je vais t'attraper,
le 9 mm, je vais le mettre dans ta bouche !
- Fils de pute, on va te niquer ! - [foule] Ouais !
[la foule scande] 9millimètres, nique ta mère !
[tous scandent] Eh, nique ta mère ! Eh, nique ta mère !
[la foule s'exclame]
[cris gutturaux de la foule]
[sifflement]
[les cris cessent]
[Noumouké] Téma...
[homme] Pour commencer l'actualité,
le rappeur NMK était en live du camion Raptastreet
pour représenter Champigny.
Perso, je le connaissais pas avant,
mais son freestyle a mis le feu.
- Il a mis le feu ou pas ? - [cris de joie et rires]
Il a mis le feu !
Incroyable, walla !
Des rumeurs disent que c'est un faux clash
et qu'en fait, 9millimètres et NMK,
c'est des potes, et que ça serait un coup monté pour lancer la carrière de NMK.
Dites-moi ce que vous en pensez.
Ils ont aussi annoncé que NMK
représentera le 94 cette année au concert Raptastreet au Zénith.
[Samba] Ah, Zénith, dis !
... et d'autres, et j'ai hâte de voir ça.
[Adil] Ça tue.
Les gens racontent quoi, là ?
Je vais pas laisser m'insulter pour du buzz.
T'as pas compris. 9millimètres, faut le baiser.
Si tu fais rien, ils vont te casser les couilles.
- Personne va me casser les couilles. - [Samba] Noumouké...
Faut que tu fasses clips, concerts, que tu sois partout !
NMK partout ! Là, là, là, partout.
Faut une maison de disques.
Nique sa mère. Il va tout faire tout seul.
Ah ouais ? Avec quel argent ?
[conversations indistinctes et rires dans le restaurant]
Tss.
De toute façon, vous allez comprendre que dans la douleur. Continuez.
Bon, alors ?
Trop bon.
Et encore, t'as pas goûté celui de mon grand frère.
Comment il va, d'ailleurs ?
Il continue ses allers-retours.
Les mauvaises habitudes, c'est plus facile à prendre qu'à perdre.
À qui le dis-tu ?
Je pensais pas que t'allais venir.
Moi non plus.
Surtout après le KO que je t'ai mis à l'audience. [rit]
[riant] N'importe quoi, mais arrête.
J'ai pas eu assez de temps pour préparer le dossier.
- Ouais, si tu veux. - [Lisa rit]
Et toi, tu photographies toujours tout ce qui bouge, ou...
[rit]
- [choqué] Arrête. - Quoi ?
- Tu l'as conservée ? - Bah si !
Je sais pas, je me trouve pas top là-dessus.
- Elle est bien. Une nouvelle, alors. - Pas convaincu.
- Tu veux pas qu'on la supprime ? - Surtout pas. Tu... C'est mon ordinateur.
Non, tu sais que j'aime pas les photos.
- C'est pas mon... - Mais...
- Vas-y, souris. - [Soulaymaan inspire, puis expire]
[déclic de l'appareil photo]
[musique rythmée à la guitare]
- J'aime bien cette musique. - Elle est bien.
- T'aimes bien ? Ouais ? - Ouais.
- T'aimes bien ? - Ouais.
[fredonne]
[Soulaymaan] Wouh !
[Lisa rit]
- Petite danse ? - Non. Je sais pas danser.
Je sais pas poser, je suis pas modèle, et je l'ai fait.
Laisse-toi juste entraîner, c'est tout.
- Tu te moques pas. - Non, je te promets.
[tous deux rient]
[la musique rythmée continue]
Non, je suis désolée, je peux pas.
Il faut que j'y aille, OK ? Pardon.
[la musique s'adoucit et devient mélancolique]
[Swouil] Là, donc tu poses huit, tu retiens...
Vas-y, prends.
Tu retiens...
[la musique mélancolique continue]
[propos indistincts]
[la musique mélancolique continue]
[renifle]
[la musique cesse]
[Silima] Je vous montre comment c'est dans les prisons de France.
- Voilà, téma. - Hé ! Me filme pas.
J'ai capté, l'ancien veut pas que je montre sa tête.
C'est le grand banditisme, c'est le 94, poto !
Pose le tél et coupe les pommes de terre.
OK.
C'est trop gros, ça.
Coupe plus fin.
Si tu veux des oignons caramélisés, comment tu fais ?
Tu rajoutes un peu de sucre ou du miel, si t'en as.
Qu'est-ce qu'il y a ?
T'as vu, l'ancien ?
S'il y a des gens qui te dérangent dehors, moi, je peux m'en occuper, hein.
Les gens qui t'envoient tuer pour 30 000 euros,
c'est pas tes amis.
Si vous vous prenez la tête ou s'ils ont peur que tu les balances,
ils trouveront un autre pour te charcler, gratuitement.
Juste pour faire ses preuves.
Faudra pas qu'ils me loupent, alors.
[soupire]
Attends, l'ancien.
Tu vas me dire, toi,
zarma, t'as jamais fumé personne ?
Jamais.
Passe-moi le lait.
- Le lait, Silima, le lait. - [Silima soupire]
Passe-moi le fromage, maintenant.
Maintenant, tu couvres.
Il te faut une deuxième source de chaleur.
Et voilà.
- Zarma, t'as fait un four ? - [rit]
[propos indistincts des détenus au loin]
[Demba] T'as des frères et sœurs ?
[mastication]
J'avais un grand frère, il s'est fait fumer.
J'avais 14 ans.
Il est mort dans mes bras.
T'as été voir un psy ?
Hein ?
Wesh, t'es sérieux ?
Bien sûr, je suis sérieux.
[soupir moqueur]
T'as vu, moi... [inspire]
Avant, je faisais des crises d'angoisse.
Ouais, laisse tomber.
[soupire]
[musique pesante]
[les couverts et la vaisselle s'entrechoquent]
- [la musique pesante continue] - [rires d'enfants]
[la musique pesante s'intensifie]
[déclics d'un appareil photo]
Ça bouge, regarde.
[bip de l'appareil photo]
[la musique cesse]
Trois kils, cousin, t'as pas compris ? On reprend le four direct avec ça.
- Vas-y, range ça. Range ça. - Arrête de stresser. [ricane]
[Lamine] La ville est à nous, cousin.
[la musique pesante reprend]
[Lamine] Putain...
[musique angoissante]
[Noumouké respire nerveusement]
[homme à la radio] TN-92 pour AQ-150, vol par infraction en cours.
AQ-150 pour TN-92, on arrive.
- [sirène de police] - [la musique angoissante cesse]
[Noumouké soupire]
- [Lamine rit] - [la musique reprend]
[propos indistincts]
[Noumouké] Cassez-vous d'ici, fils de pute !
Tu bouges pas ?
[cris et propos indistincts]
J'vais te faire payer, moi.
Tiens ça ! Tiens !
[cris et propos indistincts]
[criant] Hé, c'est chez moi, ici ! C'est chez moi ici, c'est comment ?
- [gangster 1] Cours ta mère ! - Vas-y ! Hé, je t'ai dit ou pas, là ?
[musique électro rythmée]
[propos indistincts]
J'aime beaucoup. Ouais, mignon.
J'aime beaucoup.
[cris d'encouragements]
[musique rap enjouée]
[tintement de machine à sous]
[Lamine] Kattri, envoie la cannette.
[Noumouké] ♪ On a le buzz, les tubes On a les meufs, on a les thunes ♪
♪ Fuck les keufs, les ops On est les boss ♪
[Noumouké] Lamine ?
♪ T'as voulu me faire Je t'ai ficha ♪
[Noumouké] Téma, regarde.
♪ Téma la taille de la kichta ♪
♪ Les haters qui s'abonnent ♪
Fils de pu...
[propos indistincts]
[Lamine] Attrape-le ! Allumette !
Rends-moi mes euros, toi !
[rires et conversations indistinctes]
[Noumouké] ♪ Money, money, money Money, money, money ♪
♪ Money, money, money ♪
♪ Money, money, money ♪
[tous] ♪ Money, money, money Money, money, money ♪
- ♪ Money, money, money ♪ - [tintement de machine à sous]
♪ Money, money, money ♪
♪ Money, money, money, money ♪
[Samba] Johnny, va chercher une nouvelle recharge. On envoie !
[Lamine] Ça débite ! Eh, oui !
[rit] L'oseille, cousin !
[Lamine, en rythme] Ouais, ouais, ouais !
- ♪ Money, money, money ♪ - [tintement de machine à sous]
♪ Money, money, money, money ♪
♪ Money, money, money ♪
♪ Money, money, money, money ♪
♪ Money, money, money, money ♪
[voisine] Oh ! Vous allez arrêter de me faire chier, là !
[le rythme de la musique ralentit]
♪ Beaucoup de mélanine ♪
♪ Mélanine en Richard Mille ♪
- Yo. - [amie] Ça va ?
♪ Beaucoup de mélanine On veut la Richard Mille ♪
- [Lamine] Attends, je t'aide. - [Mme Cissoko] Merci, Lamine.
- [Lamine] Vas-y, décale. - [Samba] Ouais, c'est bon.
Ouais !
[propos indistincts]
[Lamine] Voilà !
[la musique rap continue]
Espèce de fils de pute !
[musique dans les écouteurs]
♪ Money, money, money ♪
- [Samba] 9milli, mes couilles ! - C'est à nous !
Les sicarios, c'est nous.
♪ J'amasse comme un griot Dans Champigny, on est grillés ♪
♪ On débite, on débite en kilos, ouais ♪
♪ J'encaisse, je dilapide Mon blaze est connu dans la ville ♪
♪ Je suis même reconnu Par les vilsci ♪
♪ Le premier qui bouge On le kill ♪
♪ Premier qui bouge On le kill ♪
[la musique rap continue]
- [la musique cesse] - [une porte se ferme]
[conversation étouffée de la pièce adjacente]
[inspire profondément]
[long soupir]
- Ça a rien à voir, ça ! - [Demba] Ta gueule !
[pleurs d'un bébé]
[une porte se ferme]
Tu veux finir ici comme moi ?
Réponds !
Tu m'as dit de fermer ma gueule.
C'est parce que je suis con que je suis ici ?
Et toi, petit malin, tu passeras entre les mailles du filet ?
[inspire] Quand ça va partir en vrille, viens pas pleurer.
Tu crois que j'ai besoin de toi ?
Je peux me débrouiller tout seul.
La dernière fois que t'as dit ça, je me suis fait tirer dessus.
Tu peux me regarder.
[rire moqueur]
Si je lui avais pas passé les affaires, il aurait été voir un autre.
- Ça aurait pu mal se terminer. - [ricane]
Donc, t'as fait ça pour le protéger ?
Crois ce que tu veux.
Je sais pas ce que t'as foutu, mais ça parle ici.
Les frères Sidibé veulent te faire.
Mais t'as la mémoire courte !
Quand les autres voulaient te fumer, je t'ai pas demandé pourquoi.
Je t'ai pas demandé de rentrer dans mes histoires.
- C'est comme ça ? - Ouais !
- Va te faire enculer ! - Va te faire foutre !
Et t'approche plus du petit !
Surveillant !
[soupir agacé]
[respiration lourde]
Ça pue, là !
Je t'ai dit d'ouvrir la fenêtre quand tu vas aux chiottes.
Tranquille, l'ancêtre, je pensais pas que t'allais revenir tout de suite.
Comment tu m'as appelé ?
Y a rien, l'ancêtre, tranquille.
- L'ancêtre, hein ? - [grognements]
- Viens là ! [grogne d'effort] - [musique sombre]
- Regarde ! - Ah !
Regarde ! Regarde ce qu'il te fait, l'ancêtre !
[grogne d'effort]
Regarde ce qu'il te fait !
[gémit de douleur et s'étouffe]
[respiration saccadée]
[voix lointaine] Non ! Non !
[halète]
T'as failli me tuer.
[respiration saccadée]
[chuchote] C'était toi ou moi.
[propos indistincts]
[gémit]
- [halète] - [la musique sombre continue]
[la musique devient plus douce]
[musique mélancolique]
[la musique mélancolique s'intensifie]
- [tintement de clés] - [cliquetis de serrure]
- [soupire] - [la musique s'atténue]
[grésillement de la fusée de détresse]
[vrombissement du moteur]
[chante du rap] ♪ Calmement, calmement ♪
♪ On m'appelle, c'est pas l'moment Elle veut mon cœur, c'est pas l'moment ♪
♪ J'peux les ouet Mais les balles me manquent ♪
♪ Je baraude dans la ville Les poches pleines d'oseille ♪
Chaud, chaud, chaud ! On y va !
♪ Minimum 100K Minimum ♪
- [homme] Barrez-vous, ça tire ! - [coups de feu]
C'est chez moi ici, bande de fils de putes !
Vas-y, taille !
[le moteur vrombit, puis s'éloigne]
[chuchote] Fils de pute.
[Samba crie] Tu vas voir, Sofyan, fils de pute !
Ouais, Sofyan, t'es auch !
[moteurs de voiture au loin]
Non, c'est pas lui.
[un ventre gargouille]
- Il t'arrive quoi ? - Quoi ?
- T'as la chiasse ? - T'es fou ou quoi ?
J'ai pas mangé avant de sortir.
C'est pour ça que mon ventre fait du bruit.
Après, on va se taper un petit Grec chez Yo-Yo.
Noumouké, chicken rouge ?
Le cheddar, c'est...
Ferme ta gueule !
[sifflement d'un train au loin]
[respiration nerveuse]
C'est Sofyan.
Bouge pas d'ici, attends qu'on revienne.
[musique sombre et inquiétante]
[Lamine] Hé, fils de pute !
Chope-le ! Fais le tour, chope-le !
[Noumouké] Arrête-toi ! Arrête-toi, fils de pute !
[respirations saccadées]
[la musique s'intensifie]
Lève-toi, ta mère !
Je t'ai dit, lève-toi, ta mère, t'entends pas ?
- C'est comment, fils de pute ? - Tire ! Moi, je vais pas te louper !
T'as grandi, hein ? T'as grandi, maintenant !
- T'as peur ? - Ta gueule !
- [la musique cesse] - [alarmes de voitures au loin]
Vas-y, casse-toi !
Si je te revois chez moi, je t'allume ta mère !
- [Sofyan] On va se revoir. - Ferme-la, casse-toi !
[respiration saccadée]
- [Lamine] Il est où ? Comment ça ? - Il s'est vésau.
Je l'ai loupé de peu !
On se casse, les condés vont arriver !
- [aboiements] - [alarmes de voitures au loin]
[le téléphone vibre]
[le téléphone continue de vibrer]
[soupire]
Tu vas plus me parler parce que je suis pas venu au combat ?
Je te l'ai dit, j'étais en GAV !
Ils allaient pas me laisser sortir pour ton combat. Arrête d'être bête !
Je te laisse, la meuf occupée.
Si tu veux tout savoir, je me suis fait tirer dessus, hier.
Tss.
[marmonne] Putain.
[soupire lourdement]
[musique mélancolique]
[rires et conversations au loin]
[crissement de pneus au loin]
[la musique mélancolique continue]
[musique rap dans les écouteurs]
[conversation indistincte dans la pièce adjacente]
[buzzer de porte]
Allez, avance.
[buzzer de porte]
- [détenu] Lâchez-moi ! - [gardien] Calme-toi.
- [gardien] Arrête. - Lâchez-moi !
- Calme-toi ! - [le détenu balbutie]
Qu'est-ce tu veux ?
- [conversation indistincte à la radio] - [cris de détenus au loin]
[buzzer de porte]
[la porte s'ouvre]
[la porte se ferme]
[soupire]
- [tintement de clés] - [conversations indistinctes des détenus]
Traoré, promenade !
- Yayaoui, parloir, deuxième tour. - Merci.
Vas-y, hein, fais attention à toi.
Ils vont faire quoi ?
[conversations indistinctes des détenus]
Ah, ah !
C'est comment, l'ancêtre ? Hein ?
[les détenus crient]
[Silima] Baisez-le ! Baisez-le !
- Baisez-le ! - [les cris continuent]
[Silima] Hé, tuez-le ! Tuez-le ! Tuez-le !
[criant] Y a pas de Demba, pas de Traoré, y a rien pour toi, ici ! C'est chez moi !
[Silima rit]
[inspire, puis crie]
[musique sombre]
[la musique sombre continue]
[inspire]
[la musique sombre cesse]
[soupire]
Ah... [soupire]
[propos indistincts d'un journaliste à la télévision]
[Soulaymaan soupire]
[vibreur de téléphone]
[propos indistincts du journaliste]
Allô, Djenaba ?
[Djenaba pleure au téléphone]
J'ai vu Demba. [sanglote]
Faut vraiment que tu le sortes de là. [sanglote]
Il a rien à faire en prison.
Oui, mais maître Ayadi a tout tenté. C'est pas n'importe quelle avocate.
Soulaymaan...
[Soulaymaan soupire]
Je suis enceinte.
[Djenaba sanglote]
[journaliste] ... le ministre Sanchez accuse la mafia d'être responsable.
- [tintement de couverts] - [mastication]
[soupir appréciatif]
Putain, tu devrais ouvrir un restau.
[petit rire]
[Demba inspire, puis expire]
Qu'est-ce que t'as ?
- [Demba soupire] - T'inquiète pas. Silima, on va le faire.
[inspire, puis expire]
Je suis tapis. Voilà ce que j'ai.
Y a un gosse qui arrive...
J'ai plus un euro, ils m'ont tout pris.
40 balais, je me retrouve au placard avec des petits de 20 piges.
Et je dois me battre pour pas qu'ils me manquent de respect.
Ouais, mais l'argent ? Tu vas en refaire, frérot.
Je suis sur une peine à deux chiffres.
Et ils vont me ramener une autre affaire pendant que je suis là.
[soupir moqueur]
On a chacun nos problèmes, alors.
On a chacun un problème.
Toi, il te faut de l'oseille. Moi, faut que je sorte d'ici.
[la fourchette tombe dans l'assiette]
[des pas s'éloignent]
[une porte se ferme]
[musique inquiétante et rythmée]
[chuchote] ... procède à la perquisition du domicile de M. Traoré.
[propos indistincts]
[soupire lourdement]
[la musique continue]
[rires d'enfants]
[cliquetis de clavier d'ordinateur]
[la musique cesse]
[musique rap]
- [Noumouké] Regarde-moi. - C'est comment, le cuistot ?
- Ça va, le baveux ? - Regarde-moi.
El Chapo !
Ramène la viande.
[invité] Oh ! Le taboulé que t'as acheté !
[Soulaymaan] Non, fait maison.
[invité] Oh la la, monsieur, on te respecte.
Ramène de la sauce. Ça, c'est important.
- [Idrissa gémit d'effort] - [Noumouké] Lâche la balle.
[Soulaymaan] Hé ! Ouais. [rit]
- [Soulaymaan] Vu... - [Noumouké] Olé !
Allô ?
[Idrissa rit]
[Farouk] C'est moi.
- [exclamations et rires] - Je sais, y a que toi qui as ce numéro.
Ça dit quoi ?
Je reprends mes repères.
Tu connais, hein ?
- Ils t'ont mis un nouveau codétenu ? - T'es fou, toi.
- Je veux personne dans ma cellule. - [rit]
Je te manque, hein ?
Ah... Y a que ta cuisine qui me manque.
[Demba] Arrête de faire le dur avec moi.
Mes amis veulent te voir.
- Dis-leur de passer ce soir. - Ouais, non, frérot.
Reste avec ta famille un peu, détends-toi.
Je suis plus à un mois près.
Toi, t'as changé d'avis ?
[inspire] Quand je dis que je vais faire un truc, je le fais.
[musique rap en fond]
[des pas approchent]
Ça va ?
T'inquiète.
Tu m'as sorti de là.
Je comprends pas comment Ayadi a pu passer à côté de l'erreur de procédure.
Elle a regardé le dossier avec ses yeux.
Pas avec son cœur.
Comme quoi, l'amour rend pas toujours aveugle.
[conversations indistinctes en fond]
T'as trouvé un autre cabinet ?
- J'ai envie d'ouvrir le mien. - Qu'est-ce qui t'en empêche ?
Fonce !
Ouais.
[rires des convives au loin]
Bon, reste pas là seul.
Tu leur as manqué.
[petit rire]
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Arrête.
Je te connais.
Je reviendrai pas te voir en prison.
Chut !
Tu vas lui transmettre ton stress.
Je préfère vivre dans un HLM le cœur en paix
que dans une grande maison.
Pourquoi pas la grande maison et le cœur en paix ?
[Demba rit]
T'étais avec qui au téléphone ?
Je viens de sortir de prison ou d'y entrer ?
[éclats de voix et klaxons au loin]
[musique rap en fond]
[enfant] Ouais, Kattri...
[Noumouké] Tu dis quoi ? Ça va ?
T'étais où ? Je t'ai appelé 100 fois.
En répète pour le concert. Y a le Zénith bientôt.
Tu casses les couilles. Le four va pas tourner tout seul.
Il t'arrive quoi ? Y a pas Samba avec toi ?
Quoi, il est pas avec toi ?
Kattri, rentre.
- Y a rien à faire à la maison. - Ici aussi. Rentre.
Alors, pourquoi t'es là ?
Regarde.
Prends 10 euros.
Va à la boulangerie, prends des bonbons. OK ?
- Je vais m'acheter des bons Malabars... - C'est carré ?
Tu devrais pas laisser ton frère traîner ici.
- Il veut pas me lâcher. - Alors ?
Je vais te montrer un truc.
- Y a quoi ? - T'inquiète, viens.
- [cris au loin] - Comment ça, viens ? Y a quoi ?
- Ouais, viens. - C'est quoi, ton délire ?
Viens.
On va où, là ?
Hé, je te parle.
[musique inquiétante]
Wesh, t'es bizarre, toi.
[Samba, au loin] Lamine !
[Samba] Lamine, s'te plaît !
[voix brisée] T'es mon frère !
[suppliant] J'ai rien fait, s'te plaît ! S'te plaît, Lamine !
Noumouké, Noumouké, s'te plaît ! Ah !
[Noumouké] Tu fais quoi ? Wesh, tu fais quoi ?
Noumouké, détache-moi, Noumouké !
- [Lamine] Casse-toi ! - Tu fais quoi ?
Il manque 800 euros dans la caisse !
- Qui te dit que c'est lui ? - Quoi ? Si c'est pas lui, c'est toi.
- Si c'est pas lui, c'est toi. - Ou toi !
Je t'ai dit que c'est lui, enculé !
Pour 800 euros, tu fais ça à Samba, toi ?
T'as pas capté. Pour 10 euros, je fais ça à n'importe qui. C'est bon ?
[crissement de pneus]
- [impact violent] - [cris]
[vrombissement d'un moteur]
[Soulaymaan] Appelez les pompiers !
[passant] Je les appelle !
[musique tragique au piano]
[Soulaymaan] Qui appelle les pompiers ? S'il vous plaît !
[passant] À Champigny, Bois-l'Abbé !
Un enfant s'est fait renverser. Il est en sang, vite !
Pousse-toi ! Kattri ! Soulaymaan, il s'est passé quoi ?
- Il s'est fait renverser. - [Lamine] Réveille-toi, Kattri.
[criant] Kattri !
[Noumouké] Il s'est passé quoi, gros ?
- [passante] La voiture l'a traîné... - Appelez les pompiers !
- Appelez l'ambulance ! - [Soulaymaan] Kattri, s'te plaît...
Réveille-toi, je suis là. Ton frère, il est là. Kattri...
- Kattri. S'te plaît. - [passante] Ils font quoi, les pompiers ?
[passant] Ils arrivent.
[propos indistincts]
[la musique continue]
[murmure] Kattri, s'te plaît...
- [hurle] - [la musique s'intensifie]
[la musique s'atténue]
[renifle]
[homme] Il était si jeune.
- Mes condoléances, ma sœur... - Merci.
[reniflements]
[Noumouké tousse]
- Toutes mes condoléances. - [Noumouké tousse]
[Mme Cissoko] Merci.
Qu'ils fassent quelque chose.
Le problème, c'est pas nous.
[Mme Cissoko] Ma chérie. Merci.
Merci.
[la musique cesse]
[Mme Cissoko sanglote]
[brouhaha]
[le silence s'installe]
Madame, j'ai tenu à me déplacer pour vous présenter mes condoléances.
En tant que père, je peux imaginer la douleur qui est la vôtre.
La mairie et moi-même tenons...
Casse-toi d'ici, là !
Lamine ! Lamine !
[M. le maire] Je comprends votre douleur.
- [Swouil] Vous n'êtes pas le bienvenu. - C'est pas à vous d'en décider.
Ça fait des années qu'on vous dit qu'il faut un stop.
On en a parlé en conseil municipal, mais rien n'a été fait.
Vos enfants prennent pas cette route.
Ne transformez pas ce tragique événement en meeting politique.
Vous ne répondez pas sur le fond.
Et c'est vous qui faites de la politique en venant nous voir ici.
Il vient juste présenter ses condoléances.
- Ferme-la ! - [Kader] Parle pas comme ça !
Qu'est-ce que tu comprends pas, Kader ?
Prends ton patron et dégage !
On y va, monsieur le maire.
[la porte s'ouvre]
[musique sombre et mélancolique]
[la musique s'intensifie]
[éclats de voix au loin]
[respiration saccadée]
[éclats de voix au loin]
Arrête ! Noumouké, arrête.
- Lâche-moi ! - Viens, Noumouké ! Arrête !
- Attends ! - Viens, on y va !
[Noumouké] Lamine !
- Lamine ! - [Sofia] Vas-y, on y va !
[Noumouké] Lamine !
[la musique continue]
- [explosions] - [propos indistincts des policiers]
- [Soulaymaan] Il répond toujours pas ? - J'ai appelé cinq fois.
Il répond pas.
[la musique sombre et rythmée continue]
[cris et explosions]
[sirènes de police]
[la musique s'atténue, puis cesse]
[sirènes de police]
J'ai envie de me barrer d'ici.
[sirènes et explosions]
[le moteur vrombit]
[musique sombre et mélancolique]
[gazouillis d'oiseaux]
[la musique cesse]
[soupire]
[brusque inspiration]
[vacarme de la circulation au loin]
Hé, tu faisais quoi ?
[Noumouké grogne]
Vas-y, arrête. Vas-y, supprime.
- Supprime quoi ? - Supprime.
- Je viens de me réveiller, là. - Tu mens.
- Supprime quoi ? C'est dans ton rêve. - Vas-y, supprime !
- Tu mens. - Je mens de quoi ?
- Je t'ai déjà menti, moi ? - Oui !
[musique légère et rythmée]
[gazouillis d'oiseaux]
[vibreur de téléphone]
Tu réponds pas ?
Laisse tomber, c'est ma mère.
[propos indistincts]
- [Noumouké] Tu te vois mariée ? - Pourquoi tu demandes ça ?
Wesh, réponds à la question. C'est une question.
[Sofia] Bah, je sais pas. À la base, oui. Mais...
[Noumouké] Mais quoi ?
[Sofia] Si je me marie, c'est jusqu'à la mort.
[Noumouké] Ceux qui se marient se disent ça, non ? [rit]
Moi, si je me marie, je veux que des gros gamos dans le cortège.
Le cortège, ça dure une journée et le mariage, c'est toute la vie.
Ça va, toi... C'est bon.
[la musique continue]
- [Sofia] Tu veux des enfants ? - Là tout de suite, là ?
[Sofia] Mais pas là tout de suite, imbécile. Après.
Quand tu seras un homme.
[Noumouké] Ça veut dire quoi, ça ?
Qui veut pas d'enfants ?
[Sofia] Certains font des enfants et n'assument pas.
- Merci. - Pas de souci.
- [la musique cesse] - Merci beaucoup.
Bon, alors...
Pourquoi t'as choisi Annecy ?
Parce que ton père habite ici.
T'es pas marrant, Noumouké.
Je suis sérieux.
J'ai fait des recherches, je l'ai trouvé.
Ça fait un moment. Je savais pas comment te le dire.
Je t'ai demandé quelque chose ?
- Tu me parles souvent de lui, Sofia. - Et alors ?
[émue] C'est pas pour ça que je veux le connaître.
Il m'a laissée crever.
- C'était peut-être compliqué. - T'es psy maintenant ?
Écoute, je te force à rien.
Mais moi, j'ai plus mon père.
J'ai plus ma mère. Et Lamine, il a plus son frère.
On donnerait beaucoup pour parler avec eux. Mais c'est trop tard.
Occupe-toi de ta famille.
[sirène de bateau]
[musique douce]
[Soulaymaan] Je le sais aujourd'hui.
Accorder sa confiance à quelqu'un, c'est prendre un risque.
C'est faire un saut sans parachute.
À l'aveugle.
Un investissement sans retour potentiel.
[infirmière] Son petit cœur...
C'est accepter de ne plus tout contrôler.
[battements de cœur du bébé]
De perdre pied.
Cette lettre, je l'avais écrite après notre rendez-vous manqué.
J'ai jamais osé te la donner.
Tout y est.
[la musique continue]
Vas-y.
Laisse-moi te regarder.
[la musique cesse]
[rires d'enfants au loin]
[éclats de voix d'enfants au loin]
[homme] Ça dit quoi, mon gars ? De retour dans la calle ?
[Soulaymaan] T'étais où ? Ça fait deux jours qu'on te cherche.
- Et alors ? Enlève ta main ! - Viens. Avance. Dépêche-toi.
Avance vite ! Dépêche-toi !
Avance. Vas-y, avance. Dépêche-toi.
- [criant] Lâche-moi ! - Arrête. Qui a fait ça ?
- Je sais pas, frère ! - C'est Lamine ?
Tu crois qu'il est assez con pour faire ça ?
C'est toi qui as fait ça ?
- On a rien fait. - C'est toi ?
- Non. - C'est toi ?
- Ça va, calme-toi. - Me demande pas, je vais pas me calmer !
Vous savez pas faire autre chose que saboter vos structures ?
Que cramer les écoles de vos frères et de vos sœurs ?
Vos bibliothèques ?
La voiture des voisins qui sont dans la même merde ?
Ce mec, il a toujours été là pour nous. Il a toujours été là pour nos parents.
Et la seule chose que vous trouvez à faire,
c'est de lui cramer son local.
Après, les médias et les politiques vont vous traiter de sauvageons.
Nique sa mère, ils font rien pour nous.
[moqueur] "Nique sa mère, ils font rien pour nous."
Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Ça te fait rire ? Ça fait rire qui ?
[éclats de voix au loin]
C'est vrai qu'ils font rien pour nous.
Mais toi, tu fais quoi pour toi-même ?
Tu fais quoi pour ton quartier ?
T'as fait quoi pour Kattri ?
Swouil, ma parole, c'est pas eux.
"Ma parole, c'est pas eux." À vous écouter, c'est jamais vous.
OK, c'est bon, c'est bon.
- Sortez, deux secondes. - C'est jamais vous.
Viens avec moi, Soulaymaan.
- Faut que tu redescendes. - C'est mort.
- Si ça se trouve, c'est pas eux. - Alors qui ?
Des sbires de la mairie. Ils ont tout intérêt à faire ça.
On va faire sauter la mairie. Je te jure.
Au sens propre ?
T'es pas drôle, arrête. Je suis sérieux.
[musique : "Qu'est-ce qu'on attend" par NTM]
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Les années passent Pourtant tout est toujours à sa place ♪
♪ Plus de bitume Donc encore moins d'espace ♪
♪ Vital et nécessaire À l'équilibre de l'homme ♪
♪ Personne n'est séquestré Mais c'est tout comme ♪
♪ C'est nous dire que la France Avance alors qu'elle pense ♪
♪ Par la répression Stopper net la délinquance ♪
♪ S'il vous plaît Un peu de bon sens ♪
♪ Les coups ne régleront pas L'état d'urgence ♪
♪ À coup sûr Ce qui m'amène à me demander ♪
♪ Combien de temps Tout ceci va encore durer ♪
♪ Ça fait déjà des années Que tout aurait dû péter ♪
♪ Dommage que l'unité N'ait été de notre côté ♪
♪ Mais vous savez que ça va finir mal Tout ça ♪
♪ La guerre des mondes Vous l'avez voulue, la voilà ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce... ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce... ♪
♪ Mais qu'est-ce qu'on attend Pour foutre le feu ♪
♪ Mais qu'est-ce... ♪
[la musique cesse]
[musique sombre et inquiétante]
- [crissement de pneus] - Ah !
[le moteur vrombit]
- [gangster 1] Bouge pas ! Bouge pas ! - Ah !
- [gangster 2] Lève les mains ! - [Demba] À genoux !
[gangster 2] Lève tes mains, j'ai dit ! En évidence ! Bouge pas ! Lève les mains !
- [voix étouffée] Putain ! - [sifflement]
[Demba] Bouge pas !
Jette ton arme !
[Farouk gémit]
Bouge !
Enlève-lui les menottes !
[Farouk tousse et gémit]
- Dépêche-toi ! Ta gueule ! Recule ! - [policier] Fais pas le con.
[Farouk gémit]
Tes mains !
[gémit d'effort]
[Demba] Allez, accroche-toi !
Accroche-toi, on y est.
Allez, monte !
[gangster 3] Allez ! Allez !
[la musique cesse]
[vrombissement du moteur]
[soupire]
[soupire lourdement]
[Djenaba chuchote] Donne ton assiette.
- Tu veux des frites ? - Oui, beaucoup.
- [fracas] - [eau qui coule]
Maman, ça va ?
Appelle Demba, vite !
- Où est ton téléphone ? - Là, dépêche-toi.
- [Djenaba halète] - [musique sombre et inquiétante]
- Il est sur répondeur. - Rappelle.
[Djenaba halète et gémit]
[vrombissement du moteur]
[crissement de pneus]
[vrombissement du moteur]
Merci.
[la musique inquiétante continue]
Deux millions d'euros. Avec ça, t'es refait.
- Tu vas faire quoi maintenant ? - Me coffrer en Espagne.
J'ai des affaires là-bas. Après, c'est le Maroc.
- T'es gourmand. Disparais. - Tant qu'il y a de l'oseille, je prends.
Mon père, 30 ans à l'usine. Il s'est cassé le dos.
Un euro, il les a pas volés. C'est quoi sa retraite aujourd'hui ? 600 euros ?
Je les baise, frérot.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Viens.
T'en es où avec ton zinc, Doums ?
Il fait sa vie, je fais la mienne.
Ce soir, il va voir des mecs, il va leur donner des affaires.
Ça me concerne pas.
C'est les Sidibé, ils veulent le faire.
C'est un piège.
Je te mets mes gars si tu veux, des vaillants.
Je m'en mêlerai pas.
Mon frère.
[la musique inquiétante continue]
[expire]
[on frappe à la porte]
NMK, ça va être à toi.
[conversations indistinctes]
[ami] Wesh, y a LDB.
[LDB] Oh, NMK, t'es là. Ouah, le délire.
- [LDB] Ça dit quoi ? - Tranquillou.
- Tranquille ? - [rappeur] Tranquillement.
Faut faire le feat.
- Vous êtes chauds ? - C'est filmé.
On est pas comme cette salope de 9millimètres.
Jamais de la vie.
- Arrache tout. - Mets-toi à l'aise.
On est connectés.
Tu sais qu'on est avec toi, mon frère.
- ISK. Ça dit quoi, mon gars ? - Tranquillou ?
Tranquille ? Vas-y, l'équipe, force.
On s'attrape. Vas-y, les mecs. Vas-y.
[musique inquiétante]
- [Sidibé] Où est la coke ? - [Doums crie]
- Tu vas le tuer. - Rien à foutre, je veux qu'il crève !
Donne-moi cinq minutes. S'il crache pas, je te le laisse.
Fais-moi confiance.
Y a qu'à mon frère que je fais confiance.
Tiens.
[Doums gémit de douleur]
[Doums hurle]
[hurlant] Ah ! Arrête, c'est bon !
[Doums gémit de douleur]
La coke est à deux minutes. [gémit]
Prends mon téléphone.
[musique sombre]
Fais le dernier numéro.
Je te préviens. Joue pas avec moi.
Il tente un truc, mets-lui une balle.
[tonalité d'appel]
[respiration laborieuse]
[tonalité d'appel]
- [femme] Allô ? - [hurle] Sauve-toi !
- [Demba] Au sol ! Bougez pas ! - Recule ! Recule encore. Recule.
- [Demba] Allez. - [Doums] Ah !
Tu bouges, je t'allume. Tu piges ? Premier qui bouge, je l'allume.
[Doums gémit]
[Sidibé] Mon frère !
[hurle]
Je vais les crever !
- [Doums gémit] - Tiens le coup, on y presque !
[musique sombre et dramatique]
Jackpot, les gars.
[homme] J'ai reconnu Demba dans le hangar.
Ils ont fait un carnage, là-dedans.
Chef ?
Ouais, je suis là.
T'es sûr que c'était lui ?
Affirmatif.
[cris et sifflements de la foule au loin]
[la foule scande] NMK ! NMK ! NMK !
Ouais, NMK, regarde-moi, sale bâtard !
[9millimètres, voix étouffée] Écartez-vous !
[musique mélancolique à la guitare]
[infirmière 1] La contraction arrive, on va pousser.
- [infirmière 2] Poussez fort. Encore. - [infirmière 1] Soufflez.
[infirmière 2] Il est là !
[Noumouké] À ce qu'il paraît, en France,
il y a entre une et deux naissances par minute.
Et un mort.
[agitation et cris]
Appelez les pompiers !
Sofia.
[Noumouké] On n'échappe pas à la mort. Je le sais.
Mais je suis pas prêt à la perdre.
Pas elle.
Pas maintenant.
- Sofia. - Pas ce soir.
Reste avec moi, Sofia.
Parfois,
faut être à deux doigts de perdre quelqu'un
pour se rendre compte qu'on y tient.
Et arrêter de se croiser sans se parler.
De s'entendre sans s'écouter.
Parce que demain...
Demain n'est pas une promesse.
Et même la seconde suivante,
on n'est pas sûr de pouvoir la vivre.
[Soulaymaan] Khadijah.
[le bébé pleure]
[la musique mélancolique continue]
Prends-la.
J'ai trop peur de lui faire mal.
[Noumouké] Khadijah.
Ils l'ont appelée Khadijah.
Comme maman.
Mais pas sûr que Demba la voie grandir.
[Noumouké] Demba.
Demba, y a les condés qui arrivent là.
[le bébé pleure]
- [Noumouké] Putain. - Que faites-vous ?
C'est pas parce que t'as plus envie de jouer que la partie s'arrête.
C'est vrai.
[réceptionniste] Il est parti par là !
[Noumouké] La mort ou la prison.
La rue t'offre que deux issues.
Dégage !
[martèlement musical]
[musique mélancolique]
L'escalier.
[soupire lourdement]
[bip régulier du moniteur cardiaque]
[Noumouké] Sofia est sortie de l'hôpital.
Elle et moi, on est ensemble, ça y est.
On s'est dit les choses.
Il y a longtemps qu'on avait dépassé le stade de l'amitié.
On avait juste peur de se l'avouer.
Peur du grand saut.
[la musique continue]
On a tous été voter.
Même moi.
Soulaymaan et Swouil nous ont traînés dans l'isoloir par la peau des fesses.
Y a jamais eu autant d'Arabes et de noirs dans les bureaux de vote.
[cris de joie]
Swouil Ben Saada, maire de Champigny, qui l'aurait dit ?
Soulaymaan Traoré, maire adjoint.
[petit rire] Qui l'aurait cru ?
- La daronne, elle dit quoi ? - Tu connais le discours, frère.
[Noumouké] J'avais pas revu Lamine depuis longtemps.
Depuis l'enterrement de Kattri.
Trop occupé à gérer le four.
[coup de feu]
[halète]
J'avais encore tant de choses à dire à Lamine.
J'ai pas eu le temps.
Soulaymaan,
je sais maintenant qui a tué Malcolm X.
Un autre noir comme lui.
Les fils de pauvres tuent les fils de pauvres.
Et ça date pas d'hier.
[musique inquiétante]
[inaudible]
[Noumouké] Vous savez quoi ?
La vie est toujours une question de choix.
Là, j'en ai que deux.
Soit je marche sur les pas de Demba. Je retrouve 9millimètres, je le fume.
Je reprends le four et je fais beaucoup d'oseille.
Et ça va se terminer comme ça.
[la musique inquiétante cesse]
[choc mat]
Soit je marche sur les pas de Soulaymaan.
Je reprends mes études. Et je pousse jusqu'à la licence.
Comme ça, si je pète pas dans le rap, j'aurai une porte de sortie.
Et j'emmerde ceux qui disent que je peux pas y arriver.
Demba m'a parlé d'un mec qui a passé sa licence de langue au placard.
Si lui y est arrivé, pourquoi pas moi ?
[musique mélancolique au piano]
♪ Putain, la rue m'a bluffé ♪
♪ J'ai toujours voulu faire Comme mon grand reufrè ♪
♪ Je voulais pas que les gens Me prennent pour un blefai ♪
♪ On m'avait averti Pourtant je l'ai refait ♪
♪ Refait, refait ♪
[Noumouké] Ouais, j'ai longtemps hésité.
Mais maintenant, je sais. Je sais ce que je veux pas être.
Je veux pas être un simple numéro d'écrou. Une statistique. Un Africain avec des TN.
Ça, c'est ce que eux veulent pour moi. C'est qui, eux ?
Ceux qui veulent nous voir parqués entre pauvres aux bancs des lieux.
Puis, ils viennent raconter qu'on veut pas s'assimiler à eux.
Eux, je les emmerde.
Au passage,
j'emmerde ces rappeurs qui glorifient la rue comme je l'ai fait
et qui veulent la même vie que Demba sans savoir ce que ça coûte.
[Demba soupire]
Vous êtes sur le répondeur de Djenaba. Laissez-moi un message après le bip.
[la musique mélancolique continue]
[Noumouké] Je suis prêt à partir.
Maman sera toujours dans mon cœur.
Où que je sois.
Si je pars pas d'ici,
y aura quelqu'un pour me tirer vers le bas.
Me ramener à mes mauvaises habitudes.
Difficile de faire pousser une rose sur du béton.
Maman.
Tu me manques.
T'es plus là pour m'engueuler.
Me demander des comptes.
Me montrer le chemin.
Prendre les coups à ma place.
J'ai encore mes frères, mais...
des fois, je me sens seul.
Seul face au monde.
Vide comme cet appartement.
Je vous jure, si vous avez encore votre mère, prenez soin d'elle.
Passez du temps avec elle.
Parce qu'il y a un avant et un après.
Comme l'a dit le poète : "Perdre sa mère, c'est dur.
"C'est comme enlever la mer de la Côte d'Azur."
[musique : "Je peux" par Kery James et Noumouké]
[Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪
♪ Devenir ce que je veux ♪
♪ Astronaute ou baveux ♪
♪ Ou médecin, si je le veux ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
- [Noumouké] ♪ Ou médecin, si je le veux ♪ - [Kery] ♪ Médecin, si tu le veux ♪
[la musique s'intensifie]
[la musique s'atténue]
[Kery] ♪ Je le pense Au plus profond de moi-même ♪
♪ Appelle pas ça une disquette ♪
♪ Je te jure, si t'en as envie Tu pourras devenir ce que tu souhaites ♪
♪ Tu pourras devenir Ce que tu veux être ♪
♪ Vivre, si tu veux naître Y a du soleil à l'horizon ♪
♪ Suffit d'ouvrir les bonnes fenêtres ♪
♪ Tu peux accomplir tout grand projet ♪
♪ Si tu vises haut Y a pas d'avenir dans le hall ♪
♪ Dans la téci ou dans les bistros N'écoute jamais ce qu'ils diront ♪
♪ Que la réussite, c'est pour les autres ♪
♪ Encore moins ceux qui affirmeront Que l'illicite, c'est pour les nôtres ♪
♪ Toi aussi, tu pourras changer le monde ♪
♪ Devenir un modèle Sans rien leur demander ♪
♪ Faire ton propre oseille ♪
♪ Grandir dans l'ombre Finir au soleil ♪
♪ Je sais que la route est longue Jusqu'au bout du tunnel ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
- [Noumouké] ♪ Ou médecin, si je le veux ♪ - [Kery] ♪ Ou médecin, si tu veux ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
[Noumouké] ♪ Ou médecin si je le veux ♪
♪ C'est toi qui me fais la morale Regarde ce que tu as fait ♪
♪ Tu me parles de mon avenir, Demba Mais regarde ton passé ♪
♪ Je suis devenu ton miroir Et je crois que c'est ça qui t'irrite ♪
♪ Les petits n'écoutent pas toujours Mais à ce qu'il paraît, ils imitent ♪
♪ Je fermerai jamais ma gueule Devant quiconque dépasse les limites ♪
♪ Le sang, ça me fait pas peur J'en ai déjà vu couler des litres ♪
♪ Si t'es contre-cité Tu dis que tu trouves ça dérisoire ♪
♪ J'ai pourtant réalisé Je mourrai pour mon territoire ♪
♪ Je vais pas changer le monde Ni devenir un modèle ♪
♪ Mais sans rien leur demander Je vais faire mon propre oseille ♪
♪ Grandir dans l'ombre Puis finir au soleil ♪
♪ Je sais que la route est longue Jusqu'au bout du tunnel ♪
♪ Je vais pas changer le monde Ni devenir un modèle ♪
♪ Mais sans rien leur demander Je vais faire mon propre oseille ♪
♪ Grandir dans l'ombre Puis finir au soleil ♪
♪ Je sais que la route est longue Jusqu'au bout du tunnel ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
- [Noumouké] ♪ Ou médecin si je le veux ♪ - [Kery] ♪ Ou médecin si tu veux ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
[Noumouké] ♪ Ou médecin si je le veux ♪
- [Noumouké] ♪ J'me vois dans ton reflet ♪ - [Kery] ♪ Reflet ♪
- [Noumouké] ♪ Ouais, grand reufré ♪ - [Kery] ♪ Ti reufré ♪
- [Noumouké] ♪ J'me vois dans ton reflet ♪ - [Kery] ♪ Reflet ♪
- [Noumouké] ♪ Ouais, grand reufré ♪ - [Kery] ♪ Ti reufré ♪
[Demba] Tu sais la dernière chose que maman m'a demandée ?
[Noumouké] Quoi ?
[Demba] Te dire d'arrêter tes conneries.
- [Noumouké] Quelles conneries ? - [Demba] Tes conneries de cité.
[Noumouké] Genre tu faisais pas la même chose à mon âge.
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
- [Noumouké] ♪ Ou médecin si je le veux ♪ - [Kery] ♪ Ou médecin si je le veux ♪
- [Noumouké] ♪ Je sais que je peux ♪ - [Kery] ♪ Je sais que je peux ♪
- [Noumouké] ♪ Devenir ce que je veux ♪ - [Kery] ♪ Devenir ce que je veux ♪
- [Noumouké] ♪ Astronaute ou baveux ♪ - [Kery] ♪ Astronaute ou baveux ♪
[Noumouké] ♪ Ou médecin si je le veux ♪
♪ Ouais, je sais que je peux ♪
♪ Devenir ce que je veux ♪
♪ Astronaute ou baveux ♪
♪ Ouais, je sais que je peux ♪
♪ Devenir ce que je veux ♪
♪ Astronaute ou baveux ♪
- ♪ Ou médecin si je le veux ♪ - [la musique cesse]
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