All language subtitles for Innocent Lies 1995.f

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Original subtitles

Septembre 1938

Sur la côte française

Inspecteur Cross - PJ

- Vous parlez anglais ? - Je fais de mon mieux.

Alors j'ai besoin de vous.

La mobilisation a commencé il y a deux jours.

Ils distribuent des masques Ă  gaz.

C'est pareil, dans votre pays ?

Oui. Mais la Manche nous sépare de vous.

Vous le connaissiez ?

Oui. Je lui servais d'interprète.

Il parlait souvent de vous et d'Angela.

Mais il était à la retraite depuis trois ans.

Selon mon père, il était sur une enquête.

Je le croyais au pays de Galles, chez sa sœur.

Repose ça.

Papa, est-ce qu'on pourra aller Ă  la plage ?

- Vous repartez quand ? - Dès demain.

C'est cette femme qui est au cœur de son enquête ?

Officiellement, non.

Je ne comprends pas.

Si Joe était sur une affaire, pourquoi se serait-il suicidé ?

Elle est jolie. J'aimerais la rencontrer.

- Elle est dangereuse. - Vraiment ?

- Oui, croyez-moi. - Alors, elle est faite pour moi.

Je ne serai pas long.

Je peux vous aider, inspecteur ?

Je ne suis pas en service. Je viens en tant qu'ami de Joe Green.

Je vois.

Vous le connaissiez bien ?

Très bien.

Je suis orphelin, voyez-vous, et...

il était...

Il était presque comme mon père.

Depuis sa mort, je me sens mal, j'ai comme une boule dans l'estomac.

C'est votre cœur, inspecteur.

Pourquoi a-t-il souhaité être enterré ici ?

Vous a-t-il jamais parlé de moi ?

Sa chambre était pleine de photos de vous et votre famille.

Je vais vous confier un secret.

Il était amoureux de moi.

Mon défunt mari me touchait à peine.

Un jour, j'ai eu désespérément besoin de quelqu'un,

et Joe était là.

Il n'était bien sûr pas question d'avoir une relation sérieuse, mais...

j'aimais ses mains, son visage,

son odeur.

Vous pensez qu'il était là à cause de mon fils, n'est-ce pas ?

Vous vous trompez.

Mon fils n'est pas un assassin.

Votre défunt patron semblait penser que

Jérémy avait tué son frère jumeau de sang froid.

C'est idiot. C'était un accident.

Avez-vous vu notre jardin d'hiver en arrivant ?

C'est là que s'est déroulé le drame, il y a bien longtemps.

Les enfants jouaient dans le noir avec leurs arcs.

Personne n'aurait pu empĂŞcher cet accident. Personne.

Être responsable de la mort de son propre frère jumeau,

si jeune.

Imaginez comme ce doit ĂŞtre horrible.

Portez-moi.

Vous ĂŞtes encore jeune, inspecteur.

Un jour, vous comprendrez que la vérité et la justice vont bien au-delà de la raison.

L'être humain, cet animal, et le cœur humain

obéissent à des pulsions et engendrent le chaos.

Je le sais. Cela fait partie de mon travail.

C'est ce qui vous rend si impassible.

Voici la future mariée, ma fille, Célia.

De retour des États-Unis.

Célia, je te présente l'inspecteur Cross, de Londres.

Il est venu pour l'enterrement d'un ami proche.

Je suis désolée. Ravie de vous rencontrer.

Vous pouvez me poser.

Et voici M. Christopher Wood, du Winsconsin.

Le nouveau fiancé de Célia.

Nouveau ?

- Ce n'est que moi. - Je te croyais Ă  Oxford.

Je voyage pour mes recherches. J'ouvre le Dom Pérignon ?

Inspecteur Cross, voici mon fils Jérémy et...

Sa femme. Maud. Enchantée.

- Ravi. - Tout le plaisir est pour moi.

Je suppose que tu es le nouveau fiancé.

Pas si nouveau que ça.

Ta présence est une sacrée surprise.

Je peux en dire autant.

- Bienvenu au club. - Ne partez pas.

Bonjour, Jérémy.

Ma sœur chérie.

On ne se lassera jamais de jouer Ă  cache-cache.

Quand aura lieu la cérémonie ?

- La semaine prochaine. - Très bien.

Nous devons rentrer à Oxford après-demain, n'est-ce pas chérie ?

Ah bon ?

Papa...

On doit s'arrĂŞter. C'est possible ?

Joe ne s'est pas suicidé.

Comment le savez-vous ?

Il n'était pas fou, vous savez.

Cette famille l'obsédait.

Le fiancé de la fille s'est tué sur la route il y a trois ans.

Joe était convaincu que c'était un meurtre

mais ce n'est pas pour cela qu'il s'entĂŞtait Ă  rester.

Vous ĂŞtes de la police ?

Pas officiellement.

J'aide parfois mon père.

Pardon pour mon retard.

M. Montfort, le préfet, qui est également mon père.

- Voici l'inspecteur Cross. - Enchanté.

Enchanté. Bien.

Comment Joe Green est-il mort ?

C'est indubitablement un suicide. Avec son propre pistolet.

Il n'y a aucune raison d'en douter,

mais si vous voulez vérifier par vous-même, n'hésitez pas.

Parfait.

Que dit-il ?

Il aimerait vous inviter à dîner avant votre départ.

D'accord. Merci beaucoup. Viens.

Serre-moi, Jérémy, j'ai froid.

Je ne sais pas comment je réagirais si ma sœur m'avait trompée ainsi.

Ça ne vient pas de Célia, mais de mère.

Diviser pour mieux régner, c'est son credo.

Tu lui as parlé de notre divorce ?

- Mais j'ai besoin de toi. Tu le sais. - Pourquoi ?

Pour donner le change face aux autres, mais pas pour toi.

Tu as épousé une putain pour achever ta mère.

Je t'aime beaucoup, Jérémy, mais trois années, cela suffit.

15/A.

15-30.

30/A.

30-40.

Égalité.

M. Graves déclare forfait.

M. Wood l'emporte par forfait, trois jeux Ă  deux.

- Vous cherchez quelque chose ? - Les toilettes.

Puisque je suis là, ça vous dérange de répondre à quelques questions ?

Allez-y.

Cela concerne l'ancien fiancé de votre sœur, Alistair Jennings.

Mon meilleur ami. Que voulez-vous savoir ?

Vous étiez là quand il est mort ?

J'ai déjà répondu à ces questions.

J'ai tout dit à un policier fouineur nommé Green.

Mort, lui aussi.

Passez-moi ça, s'il vous plaît.

Merci.

Inspecteur, quand j'avais 11 ans, j'ai tué mon frère jumeau.

J'en suis entièrement responsable.

Un jeu dans le noir, idiot et dangereux. Mais j'assume.

Sept ans plus tard, mon meilleur ami s'est tué en voiture.

Vous savez ce que c'est, la véritable amitié ?

J'aurais peut-ĂŞtre pu empĂŞcher ce drame. Mais j'ai assez souffert, inspecteur.

Profitez bien de votre séjour.

Je loge à l'Hôtel du Phare, chambre 17. C'était celle de Joe.

Vous vous rappelez ? La propriétaire vous a vu en sortir.

C'est un très bon témoin. Réfléchissez bien avant de répondre.

Vous collectionnez les questions sadiques ?

Tout Ă  fait. Encore une ou deux et je monte en grade.

Inspecteur.

Le devoir m'appelle.

Nous reprendrons cette conversation plus tard. Bientôt, j'espère.

Je vous ai cherché toute la matinée.

- Qu'y a-t-il ? - Rien de particulier.

- Un garçon était là quand Joe est mort. - Il fallait le dire tout de suite.

Reposez-lui la question.

Ça ne sert à rien. Il a dit tout ce qu'il savait.

Ça ne fait que le perturber.

Mère est folle de rage.

Elle voudrait se débarrasser de moi.

Et moi donc.

- Sortez de cette maison. - Appelez la police.

Vous n'avez pas le droit...

Vous m'avez demandé de rester, vous vous en souvenez ?

Je ne vous ai rien demandé.

Vous mentez.

Vous reconnaissez ceci ?

Vous deviez voir Joe Green le jour de sa mort. Qu'est-il arrivé ?

Je ne l'ai pas vu.

Je l'ai attendu, mais il n'est pas venu.

Je vous le jure.

Vous deviez vous marier, il y a trois ans. Que s'est-il passé ?

Mon fiancé est mort.

- Un accident simulé par votre frère. - Non !

Joe le pensait. Et si c'était vrai ? Ça expliquerait votre terreur.

C'est insensé. Mon frère n'est pas un tueur.

Pourquoi ne pas l'inviter aux noces ? Que vouliez-vous de Green ?

Il enquĂŞtait sur ma famille.

Je voulais lui demander de démasquer le vrai coupable.

Ai-je eu tort ?

D'accord, alors écoutez-moi. Écoutez-moi bien.

Je reprends l'enquĂŞte de Joe pour trouver un assassin.

Le choix est simple. Vous ĂŞtes avec moi, ou contre moi.

C'est une proposition honnĂŞte, non ?

La route était parfaitement droite.

La voiture a fait une embardée et a percuté un arbre.

Il faisait beau.

Alistair avait 24 ans.

Une semaine avant notre mariage.

Célia, je dois rentrer à Londres demain.

Voulez-vous que je reste ?

D'accord.

Je reste.

Ils sont tous dingues dans cette famille.

Vous saviez que Lady Helena fréquentait les nazis ?

Ce n'est pas la seule.

Leurs idées sont à la mode, vous savez.

Joe savait quelque chose.

Je ne crois pas Ă  cette histoire d'amour.

Il était devenu trop dangereux pour elle.

Écoutez, mon ami.

Lady Helena a porté plainte contre vous auprès de Scotland Yard,

et ils m'ont appelé.

Ils veulent que vous laissiez tomber.

Il n'y a pas d'enquĂŞte officielle. Quelles sont vos preuves ?

Je trouverai des preuves.

Vous avez un avion Ă  8 heures demain matin.

Solange s'occupera des réservations.

- Je dois vous dire quelque chose. - Allez-y.

J'ai trouvé une liste dans la chambre de Joe mentionnant certains noms.

Solange et vous y figurez.

C'est gentil de votre part, mais c'est trop tard.

Malheureusement, ce n'est pas la première liste de ce type que je vois.

Au revoir, inspecteur.

Solange, qu'est-ce qu'il y a ?

Rien. Tout va bien.

Tout va merveilleusement bien.

Papa, pourquoi pleure-t-elle ?

C'est le privilège des femmes. Ça ne t'arrive jamais ?

Non.

Je ne peux plus rester ici.

Je partirai dès que je le pourrai.

- Pour aller oĂą ? - N'importe oĂą.

Ce sera toujours mieux qu'ici.

Je suis si content pour vous.

Que votre union soit aussi heureuse et paisible que la nĂ´tre.

- Aux jeunes mariés. - Aux jeunes mariés.

Mon seul regret, c'est qu'il n'y aura pas de chocolat chaud pour le petit déjeuner.

Quel dommage que vos parents ne viennent pas, Maud.

OĂą sont-ils, exactement ?

Je n'en suis pas sûre.

Pas sûre ? Cela semble bien insouciant.

Ils se sont beaucoup déplacés, ces derniers temps.

Comme les gitans ?

- Quelle en est la raison ? - Ça n'a pas d'importance.

Ça en a pour vous, en tout cas.

Changeons de sujet, je vous prie.

Vous ne m'aimez pas beaucoup, n'est-ce pas, ma chère ?

Effectivement.

Je peux vous demander pourquoi ?

Mère, vous êtes méchante.

Vous vivez dans votre petit monde, comme un poisson dans son bocal.

Comprenez-vous la signification du mot "Nazi" ?

Plus que vous ne le pensez.

Mère veut gouverner le monde

comme elle a dirigé sa famille. Ignore-la.

Nous aurons peut-ĂŞtre l'occasion

d'en discuter plus amplement, puisque vous ĂŞtes lĂ .

Peut-ĂŞtre.

Mais nous partons demain.

- N'est-ce pas ? - Oh, non.

Vous ne pouvez pas déjà nous quitter, n'est-ce pas, chérie ?

Tu as l'air si distante parfois.

- Tu veux toujours te marier ? - Bien sûr.

Tu me fais penser à un petit garçon.

Plus que cinq courtes nuits, c'est tout.

Douce agonie.

Jérémy, tu m'as fait peur.

C'est mon cadeau de mariage.

Maintenant, tu es parfaite.

Il est magnifique.

Merci.

Pour que tu te rappelles de moi.

Jérémy, nous ne sommes plus des enfants.

Pourquoi pas ?

Ma petite bouilloire.

Tu te sens mieux ?

Un peu.

Qui est lĂ  ?

Christopher. Laisse-moi entrer.

Ça porte malheur de voir la robe avant le grand jour.

Je resterai éveillé, si tu veux me parler.

Ne me touche pas.

Je ne veux plus.

J'épouse Christopher dans six jours.

Nous partirons directement pour New York.

Je ne te laisserai pas faire.

Je ne veux plus jamais te revoir, Jérémy. Jamais.

Je ne te laisserai pas faire.

Elle m'appartient.

Entrez.

Donnez-moi votre manteau. Il est trempé.

Donnez-moi votre manteau.

- Restez en France. - Impossible.

J'ai été rappelé à Londres par mon patron.

Je n'ai ni preuve, ni enquĂŞte.

Désolé, je ne peux pas vous aider.

Jérémy pourrait me tuer.

Ma fille dort juste à côté.

Si vous voulez de l'aide, Célia,

il suffit de suivre la procédure classique.

Vous déposez une plainte contre votre frère.

C'est à vous de décider.

Vous me donnez des informations précises, ou vous me laissez partir.

Restez, je vous en prie.

Angela, que fais-tu lĂ  ?

- Retourne te coucher. - Mais je n'arrive pas Ă  dormir.

Tu devrais dormir Ă  cette heure-ci. Allez, ferme les yeux.

Ta femme t'a épousé sous un faux nom.

C'est une Juive arriviste.

Et alors ? Cela lui a permis d'avoir beaucoup d'amis Ă  Oxford.

Ne soyez pas si impertinent.

Comme si ça ne suffisait pas que ce soit une putain.

- Il faut aussi qu'elle fasse partie des Élus. - Oui.

Helena Graves, ĂĽber alles.

- Vous ĂŞtes ridicule. - Tais-toi.

Cette Juive dans notre famille compromet mon statut.

Votre statut ?

Plus de soirées au champagne avec vos amis fascistes, Mosely,

le duc et la duchesse de Windsor.

- Si vous saviez comme je m'en fiche. - Tu ne devrais pas.

Notre famille a besoin...

Mais ce n'est pas une famille, bon Dieu.

Vous et père ne vous adressiez jamais la parole.

Vous avez tout fait pour me séparer de Célia.

Vous l'avez fait partir en Amérique.

Elle devait quitter l'Europe pour s'éloigner de toi.

Tu lui as rendu la vie impossible après la mort d'Alistair.

- Elle avait besoin de moi. - J'en ai assez entendu.

Tu n'as rien Ă  faire ici.

Tu rentres en Angleterre demain soir.

Et si ce mariage échoue comme le dernier,

je t'étrangle de mes propres mains. C'est compris ?

Je t'ordonne de quitter ma maison.

J'ai le droit d'assister au mariage de ma sœur.

Si toi et ta putain juive n'ĂŞtes pas partis demain midi,

j'appellerai la police.

D'autres policiers ! Quelle bonne idée !

- Ne joue pas avec moi, Jérémy. - Je ne joue pas, Mère.

- Ça fait des années que je ne joue plus. - Jérémy.

Jérémy, ne crois pas que je te protègerai toute ta vie

parce que tu es mon fils.

Vous ignorez tout de l'amour, Mère.

Tout.

Tu penses que vous reviendrez en France ?

Je n'en sais rien. Tu pourrais venir en Angleterre.

Tu pourrais m'apprendre le français.

C'est votre comportement habituel avec les femmes, ou avec moi seulement ?

Quel gâchis ! Je commençais enfin à vous comprendre.

Solange.

On aurait fait une bonne équipe, vous et moi.

Vous êtes sur une base aérienne militaire, sous la protection de l'armée française.

Elle a été étranglée entre 22 heures et minuit.

Pas de trace d'effraction.

Il y a des empreintes digitales sur la porte.

Probablement celles du valet qui a découvert le corps.

- Les autres doivent ĂŞtre... - Les siennes.

- Celles du meurtrier. - Ou de la meurtrière.

Ça pourrait être une femme. Non ?

Judith Sarah Sonnenberg. Née le 17 octobre 1912 à Berlin.

C'est à vous ? Mauvais moment pour égarer votre passeport.

- Où l'avez-vous trouvé ? - Dans la chambre d'Helena.

- La garce. - Vous utilisiez un faux nom. Pourquoi ?

Parce que je suis juive.

La bru idéale, surtout pour une Nazie.

Elle me faisait suivre par des détectives privés.

Ils ont même dévalisé par deux fois la maison de mes parents.

En plus du chantage. Je vous ai vue hier avec Louis Bernard.

Ça doit coûter une fortune de faire taire cet escroc.

Je le paie pour qu'il fasse sortir mes parents d'Allemagne.

Ça n'a rien à voir avec votre enquête.

- Quand êtes-vous arrivée en France ? - Quelle importance ?

- Répondez à ma question ! - Rendez-moi mon passeport !

Où avez-vous rencontré votre mari ?

Il m'a abordée à Nice, dans un hôtel. Il m'a aidée à obtenir de faux papiers.

S'il vous plaît, je voudrais rester seule.

OĂą sont vos parents, Mme Graves ?

Je n'ai plus de nouvelles depuis trois semaines.

Détruisez-le. J'espère qu'ils s'en sortiront.

Personne ici n'a pu assassiner ma mère.

Vous êtes sûre ? Il n'y a pas eu d'effraction.

Les domestiques étaient sortis. Il ne reste plus que...

C'est intolérable !

Vous devez être sous le choc. Je suis sincèrement désolé.

Merci, inspecteur.

Asseyez-vous.

Le valet, Albert, dit avoir entendu une violente dispute après le dîner

entre Lady Helena et son fils.

- Mlle Graves a peut-ĂŞtre entendu ? - Oui ?

Non.

Où étiez-vous hier soir ?

Dans mon lit. Je lisais.

- Vous vous êtes couchée après le dîner ? - Après le dîner,

l'intendante a amené ma robe de mariée dans ma chambre.

Et ?

Et je me suis couchée.

Inspecteur.

OĂą est l'intendante ?

- Je l'ignore. - Bien. C'est tout pour le moment.

- Sauf si... - Je n'ai rien Ă  ajouter.

Je suis lĂ , si vous changez d'avis.

Vous saviez que votre mère côtoyait des Nazis ?

Évidemment. Ça vous surprend ?

Comment ça, si elle change d'avis ?

Je ne sais pas. C'est juste une phrase banale.

- Oubliez ça. - Oubliez quoi ?

Vous n'osez mĂŞme plus me regarder en face depuis ce matin.

Dîtes-moi ce qu'il en est. Je suis forte. Je peux tout entendre.

Laissez-moi ! Je ne peux pas régler le problème des Juifs,

des réfugiés, la guerre civile espagnole, Hitler, Mussolini,

je ne suis qu'un ĂŞtre humain !

Vous m'avez mis dans de beaux draps.

Vous regrettez de m'avoir embrassée, inspecteur ?

Qui vous a appris ces petits jeux ? Votre mère ?

Charmant.

Je peux ?

Merci.

Où étiez-vous hier soir ?

Sorti jouer. Pourquoi ?

C'est moi qui pose les questions. OĂą ?

Au bordel de l'autre côté de la rivière. Vous connaissez ?

- L'HĂ´tel du Porte ? - Du Port.

Vous devriez essayer. Il y a des filles, des danses,

des combats de coqs. Tout le monde y trouve son compte.

- Il y a des témoins ? - Une pute. Quelques soûlards.

Et Louis Bernard, un ami de ma femme. Un homme courtois et distingué.

Voilà un alibi en béton.

Apparemment, il n'est pas suffisant.

Votre mère a été étranglée avec une corde de votre raquette.

Vous avez quelque chose Ă  dire ?

Ă€ vous ? Non, rien de particulier.

Non.

- Non ! - Célia !

- Angela, arrête ça. Arrête ça. - Célia !

Il confirme la version de Jérémy.

Hé ! Arrêtez ça.

Jérémy a dû le soudoyer pour qu'il lui serve d'alibi.

Dans ce cas, il a aussi soudoyé le propriétaire, le barman et les filles.

J'ai vérifié auprès d'eux.

Demandez confirmation au passeur. D'accord ?

Alors ?

Jérémy Graves a bien effectué la traversée à l'heure dite.

Mais il y a mieux.

Célia a pris le ferry avant lui, et est revenue vers 22 h 30.

- Elle nous mentait donc. - Je sais.

- Quoi ? - Elle est venue me voir.

Pourquoi me l'avoir caché ?

Parce que... Je ne sais pas, parce que ce n'est pas important, si ?

Ça veut dire que vous avez menti pour la couvrir.

Je fais les choses à ma manière. C'est moi le détective, pas vous.

Jamais je ne couvrirai vos agissements avec cette prostituée.

Personne ne vous le demande. Calmez-vous.

- Vous vous énervez pour rien. - Vous croyez ?

Je vous rappelle, au cas où vous l'auriez oublié,

qu'elle était à la maison au moment du meurtre de sa mère.

Pourquoi ne faites-vous pas votre travail ?

Vous devez avoir une bonne raison pour me mentir ainsi.

Bon Dieu ! Mais on n'est pas mariés !

C'est quoi cette scène que vous me faites ?

Vous voulez savoir la vérité à propos de Célia Graves.

Je lui fais confiance. Elle a besoin de ma protection, compris ? Autre chose ?

Quoi ?

Anna, je n'arrive plus Ă  m'en sortir.

Oui, je sais, mais ce n'est pas le problème.

Bon Dieu !

Bon Dieu, essaie de comprendre !

Il y a eu un autre meurtre ici.

Je ne peux pas garder Angela avec moi, elle est trop jeune pour être mêlée à ça.

Anna...

Merci mille fois.

Pense Ă  tous ces gens qui meurent de faim et qui tueraient pour ton plat.

Angie, qu'y a-t-il ?

Tu n'as pas décroché un mot depuis notre arrivée. Ça ne va pas ?

Ta mère te manque ?

Je suis navré. Je suis surchargé et en retard. La mauvaise nouvelle d'abord.

Pour la voiture d'Alistair Jennings.

Les hommes de Talmi n'ont trouvé aucune trace d'un quelconque sabotage.

Trois ans après les faits, c'est logique.

- C'est la mauvaise nouvelle ? - Non, il y a pire.

Ça revient du laboratoire.

Ce sont les cheveux et le sang de Lady Helena.

Mais ce n'est pas l'arme du crime. C'est trop fragile.

Vous pensez que c'est une mise en scène pour incriminer Jérémy ?

On cherche à se débarrasser de lui.

Et quelqu'un se fiche de moi. Mais qui ?

Une seule nuit en prison ? Vous n'aimiez pas la nourriture ?

Inspecteur, je sais rester tolérant. Mais vous gâchez ma promenade,

et ça m'importune.

Quelqu'un veut se débarrasser de vous.

Je n'ai aucun ennemi. À part vous, bien sûr.

Et votre sœur ? A-t-elle des raisons de vous en vouloir ?

C'est plutĂ´t l'inverse.

- Je ne vous comprends pas. - Ce n'est pas votre travail, inspecteur.

Révisez vos notions de boxe, inspecteur. Laissez ma sœur tranquille.

Je me suis servi du papier de la prison pour écrire à vos patrons.

Vous pouvez dire adieu à votre carrière en Angleterre.

J'appuierai votre candidature pour un emploi dans les égouts.

On s'y retrouvera.

Parlez-moi de ça.

Racontez-moi.

Dites quelque chose. Célia.

Rien ne sera retenu contre vous. Je suis fini.

Votre frère a tout raconté aux autorités anglaises.

Alors, nom de Dieu, arrĂŞtez de me rendre fou.

- Je croyais que vous me protègeriez. - Je l'espérais.

- Je n'ai pas d'importance Ă  vos yeux. - Vous savez bien que si.

Ce n'est pas suffisant.

Tu n'es pas près pour moi. Va au diable !

OĂą allez-vous ?

Je n'en sais rien encore.

Nous devons trouver un bateau cet après-midi.

Aidez-moi Ă  monter.

Je suis d'accord pour le mariage. Christopher est un homme bien.

Mais ne repars pas en Amérique. Reste en Europe avec moi, s'il te plaît.

C'est fini, Jérémy. Toi et moi, c'est fini.

Mais je ne peux pas disparaître, cesser d'exister.

Mère est morte. Morte.

Elle te manque ?

Et Ă  toi ?

Ă€ cause de toi, je me fais peur.

Il n'y a pas d'échappatoire.

Est-ce que tu sais ce que tu représentes à mes yeux ?

- Tu es ma vie. - Je ne veux plus de toi.

Ton amour, ta voix...

- tes yeux qui me fixent. - Tu m'assassines.

Tu ne peux pas faire ça.

Rien ne peut nous séparer.

Pas même toi, Célia.

Tu m'appartiens. Pour toujours. Tu te souviens ?

Tu te souviens ?

Elle m'appartient.

Elle m'appartient.

Vise le jaune.

Réponds-moi, c'est tout.

D'accord.

Je rentre en Amérique.

Tu n'as pas besoin de moi.

Tu veux vraiment savoir ?

Oui.

Tout.

Ça t'excite ?

Dis-moi.

Pas maintenant.

Je ne suis pas prĂŞte.

Tu sais que tu peux tout me dire à présent.

Tu sais que tu peux tout me dire.

Tous les deux,

nous avons poussé Alistair au suicide

trois jours avant le mariage.

Nous nous sommes arrangés pour qu'il nous voit faire l'amour.

Je l'ai observé...

nous observant.

Ça n'a jamais été meilleur...

un peu comme tenter le diable.

Dis-moi le reste. Allez.

Pose-moi des questions.

Demande, et je te dirai tout ce que tu veux savoir.

Qu'as-tu fait d'autre ?

Tout.

Tu as tué ta mère ?

- Tout. - Vous l'avez tuée tous les deux.

Oui.

Que fais-tu ?

Elle essayait de passer la frontière quand ils l'ont rattrapée.

Je m'en charge.

Laissez-nous. Je m'en occupe.

Ils ont assez de preuves pour te pendre.

Tu laves tes bas, tu les sèches,

tu les laisses dans la chambre de l'intendante,

mais l'un d'eux est couvert de sang et de cheveux de ta mère.

Tu crois que je peux te protéger ?

Qui crois-tu que je suis, bon Dieu ?

Qu'est-ce que je peux faire ? C'est trop tard.

Sauf si tu me mens.

Si tu n'y étais pas.

Si ton frère était seul pour tuer Helena.

Dis-le, et tu es libre.

Dis-le.

Ne me laisse pas mourir.

Tu viens avec moi.

Allez !

Voilà. Débrouille-toi seule maintenant.

Pars.

Tu prends le train pour Le Havre dans 10 min et de lĂ , le bateau pour New York.

Allez. Pars !

Célia.

Je suis perdue.

J'ai besoin de toi.

Nos vies touchent Ă  leur fin.

Nous ne sommes qu'un.

Comme des jumeaux.

Silence !

Reculez ! Reculez !

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