Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Pouvez-vous souhaiter voir quelqu'un de plus fou?
Que non, sur ma vie!
Elle faussait la versification!
Pardieu, oui ! J'ai donc supputé qu'elle avait perdu l'esprit.
Et que va-t-il donc lui arriver?
Elle est partie se jeter dans la mer.
Cela me conduit sur la scène du drame,
de mon dénouement, de mon combat naval.
Vous produisez cela sur la scène, à la fin ?
Mais oui, ma pièce s'appelle L'Armada d'Espagne.
Sans quoi, je me serais bien passé de bataille !
Et maintenant, en avant ! Mon drame, mon geste !
Mon dénouement, ma magnificence !
Ma procession ! Tout le monde est prêt ?
La Tamise est-elle habillée ?
Me voici, monsieur.
Qui sont ces messieurs vêtus de vert ?
Ceux-là ? Ce sont ses rives.
Ses rives ?
L'une couronnée d'aulnes, l'autre d'une demeure.
Vous voyez les allusions ?
Que diantre, vous avez vos deux rives du même côté !
Monsieur, passez donc de ce côté.
Tant que vous vivrez, Tamise, marchez entre vos rives.
Maintenant, disparaissez, Tamise !
Allons !
Ecartez-vous, mes amis !
Votre Altesse, les acteurs sont arrivés.
Parfait. Très bien.
Qu'ils ne manquent de rien.
Buckingham est votre nom ou vous l'avez adopté ?
Les Acteurs de Buckingham ! La filiation est des plus nobles.
Un choix pertinent, si j'ose dire.
J'étais à Londres, au couronnement de la reine Elizabeth,
et comme de juste, c'était du théâtre, de la magie.
De la magie à tout point de vue.
Mais si vous le permettez,
la cérémonie à Westminster était un rien longue.
Ou c'est ce qu'il m'a semblé,
car j'étais debout derrière un pilier, figurez-vous.
Comme je le disais, lorsque j'étais à Londres,
je m'éclipsais dès que possible des banquets successifs
pour des soirées instructives au théâtre.
- Ce n'est pas trop épicé ? - Non.
A la bonne heure.
Etrangement...
Je dois mes premières amours avec Shakespeare à Mlle Haming.
Mlle Hamlyn. Vous la connaissez ?
Du tout.
Quel dommage.
Une actrice accomplie.
Je l'ai vue à Simla, où elle jouait Portia.
J'ai pensé à elle en voyant votre charmante fille.
J'avais treize ans, peut-être quatorze à l'époque.
Et je fus subjugué, littéralement,
et comme l'a défini Aristote,
purgé par la pitié et la terreur.
"La clémence ne se commande pas.
"Elle tombe du ciel comme une pluie douce sur le lieu qu'elle domine.
"Double bienfaisance,
"elle fait du bien à celui qui donne et à celui qui reçoit."
Vous me flattez...
On aime Shakespeare pour sa poésie mais aussi pour sa sagesse.
Il a si bellement exprimé les turbulences du cœur.
Qui d'autre aurait si bien parlé des soucis de la royauté ?
"La tête repose mal qui porte une couronne."
C'est vrai. Très vrai.
Autrefois, du temps de mon père,
lors de cérémonies, il passait en éléphant dans la rue,
dans un palanquin d'argent incrusté de perles.
L'avez-vous vu ? Il est au musée.
Les gens l'acclamaient,
et il les saluait comme ça.
Tout le long de la rue.
Vous avez vu, mon palais est transformé en bureaux.
J'en ai d'autres, mais ils sont affreux.
Remplis de lances et de trophées de chasse.
Je pense en faire des hôtels pour touristes.
"Asseyons-nous
"et faisons de tristes récits sur la mort des rois."
"Comment ils furent les uns déposés, les autres tués au combat,
"ou hantés par le spectre de ceux qu'ils déposèrent."
J'ai hâte d'assister à votre représentation.
Nous sommes très privilégiés.
J'espère que mon choix ne vous gêne pas.
Du tout. On fera notre possible avec nos moyens limités.
On a l'habitude de faire des compromis, comme vous dites.
Naturellement.
Tôt ou tard, on doit tous accepter la réalité.
On doit tous réécrire le texte que le destin nous écrit.
Cléopâtre ? Je vais vous dire.
L'âge ne peut la flétrir, ni l'accoutumance l'épuiser.
D'autres rassasient les appétits.
Mais elle affame là où elle satisfait le plus.
Son navire, tel un trône étincelant, flamboyait sur les eaux.
La poupe était d'or martelé,
de pourpre les voiles, si parfumées que les vents se pâmaient d'amour.
Les rames étaient d'argent,
et battaient en cadence au son des flûtes,
forçant l'eau qu'elles frappaient à refluer plus vite,
c0mme am0ureuse de leurs rudes caresses.
Sa personne, elle, rend toute description indigente.
Elle reposait sous un pavillon de soie tissée d'or.
A ses côtés, de jolis enfants potelés,
tels de rieurs Cupidons, le souffle de leurs éventails bariolés...
On croyait voir une sirène tenir la barre.
Le gréement de soie s'enfle au toucher de ses mains,
douces fleurs.
Cette folle passion de notre général déborde la mesure.
Ses yeux altiers qui sur les troupes en ordre de bataille
rayonnaient comme Mars tout armé, voici qu'ils courbent
et tournent le zèle et la ferveur de leurs regards
sur un front basané...
Regardez-les qui viennent.
Observez-les de vos yeux et vous allez le voir.
Un des trois piliers du monde,
changé en marotte de pute.
Voyez vous-même.
S'il s'agit bien d'amour, dites-moi jusqu'où il va.
Avarice est amour qui se laisse mesurer.
C'est à moi de fixer jusqu'où va cet amour.
Des nouvelles, mon bon seigneur, de Rome.
Que Rome sombre dans le Tibre
et que l'arche immense de l'Empire s'écroule.
Lci est mon monde.
Les royaumes ne sont qu'argile, mon ami.
Je peux avoir deux roupies ?
Je peux avoir deux dollars ?
N'as-tu pas souci de moi ?
Dois-je demeurer dans ce triste monde,
qui, toi absent, ne vaut pas mieux qu'une porcherie ?
Voyez, mes femmes,
la couronne de la terre se dénoue.
Mon seigneur...
Flétri est le laurier de la guerre,
l'étoile polaire du soldat est tombée :
jeunes garçons et jeunes filles sont de plain-pied avec l'homme mûr.
Tout s'égalise,
et il ne reste plus rien de prodigieux
sous la lune errante.
Monsieur Buckingham,
j'ai infiniment apprécié ce spectacle.
Madame Buckingham,
vous avez été très émouvante.
Mademoiselle Buckingham, "charmante".
Aslam, donne-lui la pièce.
Qu'est-ce qu'il dit ?
Qu'il gagne mal sa vie aujourd'hui.
Les gens ne s'intéressent plus à son art.
Exactement comme nous.
Non, ça va pas.
- Comment ça ? - Trop petit.
Ils n'ont que ça.
Sinon il faut aller à Jaipur ce qui prendra la journée.
Voilà quelqu'un, on est sauvés.
Fais-leur signe, Sharma.
Ils ne ralentissent pas.
Allons, arrête-les !
Moi qui nous croyais sauvés...
Ils reviennent !
- On peut vous aider ? - Notre voiture est en panne.
Ils sont armés.
On peut vous aider ?
Je l'espère.
- On a quelques ennuis. - Je vois.
On est une troupe d'acteurs en tournée.
Des acteurs shakespeariens.
Je me présente, je m'appelle Anthony Buckingham.
Ma femme Carla et ma fille Lizzie.
Je m'appelle Sanju Rai.
Lizzie, il est l'heure de dormir.
Bonne nuit, Lizzie.
Vous voulez le journal ?
Un ange qui songeait à changer son visage pour donner le change...
se vit si changé que loin de louanger ce changement
jugea que les autres anges jugeraient qu'ange
ainsi changé ne rechangerait jamais.
Bonjour !
Ce n'était pas trop inconfortable ?
Non, c'était très bien.
Vous dites ça par politesse.
Vous devez être habituée à bien mieux.
Bien mieux que ce que je peux vous offrir.
Il nous arrive de dormir sur un quai de gare.
La fatigue fait tout oublier.
On n'entend même pas le sifflet quand le train arrive.
Quand on n'a pas nos matelas,
on dort à même le sol.
Les vaches, les gens
et les chiens nous piétinent.
Vous ne me croyez pas ?
C'est chouette ici.
Vous y vivez toute l'année ?
Mon père habite New Delhi, et mon oncle ici.
Je viens pour chasser.
Vous chassez quoi ?
Le sanglier sauvage.
J'ai tué quatre tigres.
Le plus gros faisait 3 m 50.
Trois jours, j'ai attendu. Il ne venait pas.
Puis un jour, à l'aube,
le soleil à peine levé, la nature humide de rosée,
les oiseaux étaient comme fous !
Les singes hurlaient.
Soudain, il est apparu dans une clairière,
fixant le soleil, et j'ai tiré !
Vous avez déjà chassé ?
Etre actrice vous plaît ?
Bien sûr.
En fait, je n'ai connu que ça.
Parfois, ça me déprime.
Quand on joue devant une salle vide.
"O Roméo, Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?"
Je ne me rappelle que ça.
Une véritable actrice, comme ma mère,
joue de toutes ses forces, jusqu'au bout.
J'aimerais bien être comme ça.
Quand on est comme ça, on est dans le vrai.
J'aimerais vous voir jouer.
- Du bétel ! - Volontiers.
L'Angleterre ne vous manque pas ?
Moi ?
Je n'y suis jamais allée, je suis née en Inde.
Je me demande s'ils ont réparé la voiture.
Quelle vieille guimbarde...
On l'a louée à Delhi
et on n'a eu que des ennuis depuis.
Que peut-on attendre d'une antiquité ?
Il faudra qu'elle nous emmène à Kalikhet avant mercredi.
Vous connaissez ? On y joue tous les ans.
J'ai... un ami là-bas.
On loge toujours dans une pension appelée Gleneagles.
Mon ami m'a écrit : "Viens nous rendre visite."
Je crois que j'irai samedi.
Absolument, samedi.
Vous ne ressemblez pas à une actrice.
Bien sûr que si !
Les actrices indiennes, on les repère tout de suite.
Vous...
vous ressemblez à une gentille petite Anglaise.
Sanju, ne me laissez pas ! Revenez !
Les Weatheralls sont rentrés en octobre.
Ils ont un joli cottage dans le Surrey.
Tu te souviens de Mlle Quennell,
la rousse avec cette voix fabuleuse ?
A la mort de son mari, elle est devenue bizarre.
Elle s'est claquemurée des semaines chez elle.
Un jour, elle a pris sa voiture et a disparu sans laisser d'adresse.
Carla, je commence par la tasse de Tony.
Tu te souviens du vieux Buckle ?
De Snowview ?
Il est mort ! Une mauvaise chute, il ne s'en est jamais remis.
Cela dit, il avait 87 ans.
Snowview a été vendu à une famille punjabi.
Vous jouez où cette fois ? C'est décidé ?
Trois dates au Club et une au sanatorium.
Et à l'école, bien sûr. Je vois le directeur demain.
Il est absent.
Il est toujours parti Dieu sait où.
Son frère le remplace.
Celui qui ressemble à un chanteur.
Il ne sait plus où donner de la tête.
Deux sucres, Carla ?
Un seulement.
Tu sais que j'ai un nouveau padre ? Un gentleman d'Inde du sud,
très sympathique mais quel accent bizarre,
on ne comprend pas un traître mot.
Je suis ravie que Vous soyez revenus.
Nous comptions sur trois ou quatre dates.
Je ne peux rien décider, attendez le retour de mon frère.
Dans un mois ?
Oui, il fait le tour des lycées allemands.
Les "Gymnasium" en allemand. Très intéressant.
L'an dernier on avait quatre dates.
Autrefois M.Buckingham,
on vous aurait volontiers pris pour sept ou huit dates,
aujourd'hui il y a trop d'activités.
Shakespeare reste au programme scolaire.
Nos spectacles ont du succès dans les écoles.
On propose un programme d'ensemble.
Comédie, tragédie, un bout de La nuit des rois.
M.Buckingham, on n'a pas le temps !
Il y a les championnats, le cricket.
L'an dernier, les garçons ont encore gagné un trophée.
Ils ont battu l'autre école à plate couture.
Je ne veux pas mettre l'accent sur le sport de façon exagérée
mais il nous prend beaucoup de temps en cette saison.
La fête annuelle a très bien marché.
Je l'ai ratée.
L'invité d'honneur était le ministre des mines.
Son discours vous aurait beaucoup plu.
Truffé de fausses citations de Shakespeare ?
Non, des bribes de sanskrit.
Charmant, non ?
On compte sur cette école et nos projets en dépendent.
Vous m'en voyez navré, mon vieux.
Tablons sur deux représentations :
une, samedi en matinée, l'autre, dimanche soir.
J'en parle au professeur d'anglais et on en discute.
Vous me passez un petit coup de fil ?
Quel programme ?
Je vous laisse juge.
Bien, au revoir.
Mais ça tient pour samedi !
Oui, bien sûr.
On a hâte de vous voir jouer.
Pourquoi tu fais ça ?
Lizzie !
Enlève tes cheveux de ta bouche !
Quelle drôle de manie.
Et n'oublie pas ton chapeau.
Hier, ton nez pelait.
Tu m'écoutes ?
Tu as la peau très délicate.
Comment allez-vous ?
Très bien, merci.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je t'avais dit samedi.
C'est demain, notre spectacle à l'école.
Tu viens ? C'est l'occasion ou jamais.
Bien sûr.
Je ne vois pas ton soupirant.
Ce lourdaud ? Aucune importance.
Fini pour aujourd'hui !
Fini ? Mais on a 17 jours de retard !
Je dois ménager ma santé, tu le sais.
Tu n'es pas venue hier. Ça veut dire quoi ?
Remballez !
Sanju, je suis épuisée...
On a beau dire, ils ont la belle vie.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Tu n'es pas contente ?
Les loges sont interdites pendant le maquillage.
Une demi-heure !
Va-t'en. Il ne faut pas que mes parents te voient ici.
Allez, ris un peu !
Pourquoi tu n'es pas venu samedi ?
- Tu n'as pas eu mon mot ? - Ne mens pas.
Excusez-moi !
Je lui ai dit.
Les loges d'acteurs sont tout à fait privées,
voire sacrées l'heure qui précède la représentation.
Je dois vous demander de sortir.
Tu sais que je voulais te voir.
Tu le sais.
Regarde-moi.
Tu crois que je mens, c'est ça ?
Il va venir tout de suite, osez lui dire son fait.
Que ses farces débridées, on ne les supporte plus
et que Votre Grâce s'est interposée entre un feu de colère et lui.
Je me tais à présent.
De grâce parlez-lui rondement.
Je vous le garantis, ne craignez rien.
Retirez-vous, je l'entends qui vient.
Mère, qu'est-ce qu'il y a ?
Hamlet, tu as gravement offensé ton père.
Mère, vous avez offensé mon père.
Vous répondez d'une langue niaise.
Vous questionnez d'une langue mauvaise.
Qu'est-ce donc Hamlet ?
Oubliez-vous qui je suis ?
Non, par la Croix ! Vous êtes la reine,
la femme du frère de votre mari
et à mon dam,
vous êtes ma mère.
Je vous opposerai des contradicteurs.
Asseyez-vous, ne bougez point.
Dans un miroir, vous verrez votre âme.
Qu'est-ce que tu veux ? Tu ne veux pas m'assassiner ?
Sans linceul ils l'ont porté en bière.
Sur sa tombe des pluies de larmes coulèrent.
Adieu ma colombe.
Vous devez chanter "En terre !"
et vous "Descendez-le en terre."
Comme le refrain vient à propos !
C'est l'intendant perfide qui a volé la fille de son maître.
Voici du romarin, c'est pour le souvenir.
De grâce, mon amour, s0uVenez-vous.
Et voici des pensées.
C'est pour la pensée.
Leçons de la folie,
pensées et souvenirs associés.
Voici pour vous du fenouil, et des colombines.
Et pour vous, voici du souci.
Et en voici pour moi.
Le dimanche, on l'appelle l'herbe de grâce.
Il vous faut porter votre souci de façon différente.
Voici une pâquerette.
J'aurais voulu vous donner des violettes,
mais elles se sont toutes fanées quand mon père est mort.
On dit qu'il a fait une bonne fin.
Car mon doux Robin est toute ma joie.
Pensée et deuil, souffrance, l'enfer lui-même,
elle tourne tout en grâce et en beauté.
Et il ne reviendra plus ?
Et il ne reviendra plus ?
Non, il est mort.
Va à ton lit de mort.
Il ne reviendra jamais plus.
Sa barbe était blanche comme neige.
De chanvre était sa tête.
Il est parti, il s'en est allé.
A quoi sert de pleurer sur lui ?
De son âme Dieu ait merci.
On a attendu. Le repas refroidissait alors j'ai mangé.
Mange quelque chose.
Je n'ai pas faim.
Je me suis dit : "Il viendra un jour ?"
J'étais triste.
Demande à Didiji.
Pourquoi tu arrives si tard ?
Je suis allé voir Hamlet.
Qui ?
Tu sais, le Prince du Danemark.
Oui, Hamlet. Je sais.
Quelle pièce ! Quelle troupe !
Si tu l'avais vu ce M.Buckingham...
Tout en noir
avec une chaîne en or ici.
Grand, majestueux.
Le visage dans un halo de lumière.
Et quelles répliques magnifiques !
J'aimerais tant m'en souvenir.
Une philosophie profonde,
beaucoup de poésie.
Mais pourquoi il a mis si longtemps à tuer le roi ?
Ça, je ne comprends pas. Il aurait dû le faire au début.
Si un fantôme venait me dire :
"Tue quelqu'un",
tu crois que j'attendrais ?
Ce serait immédiat. Clac !
Mon héros !
J'aimerais qu'un fantôme me dise de faire quelque chose.
Quelque chose de difficile, de dangereux.
Un fantôme va venir te dire
"Aime Manjula,
"sois gentil avec elle."
Il s'est battu comme un lion.
Ce saut dans la tombe et la bagarre
et quel as en escrime !
Sa fille habillée tout en blanc
avait de l'herbe et des fleurs dans les cheveux.
Quel air tragique...
- La fille de qui ? - De M.Buckingham.
Elle s'appelle Lizzie, une excellente actrice.
Ces gens-là méritent le plus grand respect.
Tu n'en as pas assez du cinéma ? C'est toujours pareil.
Chansons, danse, amour, larmes...
J'ai joué de grands rôles au théâtre à une époque.
On a beaucoup apprécié la pièce.
Comme autrefois. J'en parlais à ma femme.
C'est une excellente scène, une des meilleures d'Inde.
On s'y sent toujours chez nous.
J'espère que notre tradition annuelle
ne sera pas rompue cette année.
Vous avez parlé au professeur d'anglais monsieur...
Son nom m'échappe.
M.Lall, oui.
L'an prochain, vous serez encore des nôtres.
Vous avez vu à quel point ça leur a plu samedi.
Vous les avez entendus.
On n'a pas le temps mon ami.
Au revoir M.Buckingham. Ravi de vous avoir entendu.
Ça vient de chez moi.
Tout va bien j'espère.
Oui. La femme de mon frère vient d'avoir un enfant.
Formidable !
- Le troisième. - Bravo.
Ils sont très contents.
Ils vous saluent et vous bénissent.
Merci beaucoup.
Ils parlent de vous dans chaque lettre.
Ma plus jeune sœur a 16 ans maintenant.
Mon père dit qu'ils ont trouvé quelqu'un.
Un garçon très gentil,
un licencié avec un bon emploi qui gagne 275 roupies par mois.
Mon père dit...
Mon père dit que vous...
J'ai honte.
Les temps sont durs pour vous.
C'est ridicule.
Ils veulent que j'envoie 200 roupies.
On fera notre possible.
Au mariage de ma sœur, il y avait 174 invités.
Meilleur traiteur du coin, cornemuses...
Mon frère aîné crée une société dans la volaille.
Intéressant.
On y gagne beaucoup.
Imaginez un peu : une poule donne 50 œufs.
On en mange la moitié,
l'autre moitié devient des poussins.
On se retrouve donc avec 20 poules
qui donneront 50 œufs chacune.
50 multipliés par 20...
Vous imaginez s'il y en a 100 ?
Fabuleux !
Une très bonne affaire.
Bien sûr M.Buckingham,
mon frère aura besoin d'aide.
Seul c'est impossible.
Il m'a écrit.
Je vois.
J'espère que ce n'est pas gênant pour vous.
Dites-moi ce que je dois faire.
Ils m'écrivent sans arrêt pour me dire
"Pourquoi tu n'envoies pas d'argent ?"
Je peux répondre quoi ?
Je suis marié avec trois enfants. Il faut les nourrir.
Rester avec vous me plaît, être avec vous aussi...
Santé.
Quoi ? Tu veux dormir ? Je termine ça.
Je n'arrive pas à me sortir ça de la tête.
On a joué ici année après année,
cinq, six, sept fois par an.
Ils en redemandaient.
Peu importe.
C'est un tel rejet ! Un rejet de moi,
de tout ce que je suis, de ce que j'ai fait.
Ne dis pas de bêtises.
Aujourd'hui...
Pourquoi ils s'en soucieraient ?
Notre travail était reconnu.
Je ne parle pas de reconnaissance Carla.
Pourquoi on est là et pas à Sheffield ou Bristol
ou un endroit comme ça ?
J'ai fini en Inde parce que je ne les méritais pas ?
Ne fais pas cette tête Carla,
ne prends pas cet air affligé.
Non, il ne s'agit pas de ça.
On était idéalistes toi et moi.
Tous les deux.
Je t'ai toujours suivi.
Et ça s'est toujours merveilleusement passé.
Tous ces artistes venant d'Angleterre,
les foules faisant la queue pour acheter des places,
l'argent coulant à flots...
puis ces dernières années tout a changé.
Je ne sais pas pourquoi. Ça me dépasse, vraiment...
Je ne sais pas pourquoi.
Vraiment pas.
On aurait dû rentrer en 47 avec les autres
mais on était si sûrs de nous, de notre public.
Et les Indiens...
On pensait que les Indiens nous apprécieraient toujours.
C'était le cas.
C'est toujours le cas.
Ils ont toujours ri à nos plaisanteries,
pleuré quand il le fallait.
Le meilleur public du monde.
Ce sont toujours les mêmes.
Non Carla, ils ont changé.
On a aussi changé.
Je suis devenu vieux et aigre.
On a pour habitude de prendre le thé à 6 heures
dès le réveil.
D'accord Mme Puri.
Chaque matin je le dis mais ça ne change rien.
J'y veillerai Mme Puri.
- Tu es occupée ? - Non Carla.
Désolée de t'interrompre.
Il y en a certains...
Manifestement.
Beryl,
tu peux attendre jusqu'à la semaine prochaine ?
Les temps sont durs.
L'école nous a fait faux bond.
Si on joue au Club une semaine de plus
on sera tirés d'affaire.
C'est embêtant...
Fin de semaine prochaine.
Promis, Beryl. Nous pourrons payer.
Ce n'est pas notre faute, c'est l'école.
Je sais que tu comprends.
Nous sommes amies depuis toujours, non ?
Vos affaires ne vont pas fort.
C'est provisoire, à cause de l'école.
Le mois dernier on a très bien marché à Assan.
Ce n'est plus comme avant.
Qu'est-ce qu'ils comprennent à notre théâtre,
Shakespeare et tout le reste ?
John et moi on envisage de rentrer.
Vous allez vendre Gleneagles ? Je suis navrée.
On est venus tous les ans.
On s'en faisait une joie.
Ça marchait bien, du temps de mes parents.
Aujourd'hui les gens préfèrent l'hôtel en face, et son clinquant.
Vous devriez commencer à y penser aussi.
On n'est jamais mieux que chez soi
même si on a toujours cru qu'on était ici chez nous.
Personnellement, ça m'est égal.
C'est pour Lizzie.
Je peux la mettre là ? C'est pour notre spectacle.
"Prolongé à la demande générale" ?
Ça sent bizarre ici.
C'est l'odeur de la décomposition.
Pourquoi tu es toujours sinistre quand on vient ici ?
Le fait d'être assis seul ici dans cet endroit,
de boire cette chose infâme...
Enlevez-moi ça !
Vous voulez voir quelque chose ?
Je vais vous montrer un témoignage silencieux.
Vous savez ce que c'est un témoignage silencieux ?
Vous savez ce que c'est ?
Il y avait des bouteilles partout.
A l'époque on trouvait encore des bouteilles.
Regardez, le mur entier, la pièce entière.
Bourgogne, madère, champagne, de tout.
Il fallait voir ça. De haut en bas !
Les soirs de fête, c'était deux ou trois bouteilles par tête.
A l'époque c'était fête chaque soir.
Des myriades de jolies Anglaises aux joues roses.
Avec des bas de soie. Un groupe fantastique.
Les officiers en tenue de cérémonie.
On faisait valser nos partenaires.
Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va aller ?
Rien de grave, c'est l'altitude.
Tu ne devrais pas être là !
Il n'y a plus rien pour nous ici.
Tu n'en as pas assez de voyager ?
Pas du tout
mais si on reste longtemps quelque part je m'ennuie
et je me dis "En route !"
C'est pareil pour moi.
Si je traîne à la maison
j'ai envie de casser les murs, de démolir les meubles.
J'ai envie de faire tellement de choses.
J'ai plein d'idées.
Je t'ai dit que je voulais produire un film ?
Un film sur l'histoire du rythme.
Le rythme dans la musique, comment tout a commencé.
Il est prêt. Des amis vont m'aider.
"Prêts pour la prise ? Ça tourne !"
Tu as l'air dubitative. Je le ferai !
Je ne suis pas dubitative. Continue.
Ça commencera au commencement, par les bruits de la nature.
On voit de la glace dans une grotte de l'Himalaya.
Tout doucement, les gouttes tombent.
On verra les gouttes.
Puis vient le printemps. La glace fond.
Et les gouttes tombent plus vite.
Toute la glace fond dans les grottes.
Les gouttes tombent par à-coups. C'est ça le rythme !
Ensuite ?
Ensuite on voit une rivière.
L'eau des glaces rejoint la mer à toute vitesse.
Maintenant le rythme est différent,
lent, majestueux.
Les vagues déferlent sur le rivage. Tu en penses quoi ?
J'aime beaucoup. Qu'est-ce qui se passe ensuite ?
On voit des oiseaux.
Ces grands oiseaux blancs, comment ils s'appellent déjà ?
Pas les pélicans. Ça s'appelle...
- Des hérons ? - Oui !
Dans un étang près de la mer.
C'est l'aube, l'heure pour eux de s'envoler.
Debout dans l'eau ils s'ébrouent.
- Encore du rythme ! - Et ?
Et plein d'autres choses. Je n'ai pas encore choisi.
Tout conduit au premier battement de tambour.
Le premier battement de tambour c'est le cœur.
Cet endroit s'appelle "La tombe de la dame,"
une dame anglaise y est enterrée.
Une triste histoire. Elle était abattue,
son mari l'avait quittée.
C'est très triste...
Elle sort à cheval en sanglots en pleine nuit dans la tempête.
Son cheval galope si vite dans la pluie et le vent
qu'il finit par tomber, et elle meurt.
Je suis allé dans un pensionnat dans les collines.
On avait un professeur d'anglais, M.Pinkerton.
On jouait beaucoup au cricket, c'était bien
mais les cours ils ne me plaisaient pas.
Dis-moi quelque chose en sanskrit.
J'ai tout oublié.
Allez !
Je ne sais pas.
Allez !
Ça veut dire quoi ?
C'est philosophique.
Allez, dis-moi !
Shakespeare aussi est très philosophique.
Sanju ?
Qu'est-ce qu'il faisait ?
Il embrassait quelqu'un ?
Qui ?
Qui ?
Qui c'est ?
L'Anglaise ?
Je vais marcher.
Je viens avec toi ?
Et ton chapeau ?
Garde-le-moi.
Il m'a tellement parlé de vous.
En vous couvrant de compliments.
Sucre ?
Deux, trois ?
Pas de sucre.
Vous n'êtes pas très sucre ? Moi si.
Un, deux...
Trois.
Un de plus pour porter chance.
Nous avons tant de choses à nous dire.
Deux artistes ensemble... On a beaucoup en commun.
Vous faites du cinéma aussi ?
Ce n'est pas grave.
Le théâtre doit être très intéressant aussi.
Vous avez beaucoup d'admirateurs ?
Allons, ne soyez pas modeste.
Moi j'ai six fans-clubs et 500 lettres par jour.
Des fois on s'en lasse drôlement de ses admirateurs.
Dès que je vous ai vue je savais qu'on serait amies,
je l'ai dit à Didiji.
Et vu tous ces compliments de Sanju à votre sujet...
"Quelle artiste exceptionnelle !
"Une fille si gentille, si simple.
"Comme une petite sœur au village."
Ma tête...
Vous le connaissez depuis quand ?
Je le connais depuis très longtemps.
Aucune femme ne le connaît depuis aussi longtemps
ou aussi bien que moi
et il en a eu beaucoup.
Beaucoup.
C'est un enfant,
il s'emballe à la moindre nouveauté
et il s'en lasse très vite.
Puis il vient me voir
"Manjula, je suis fatigué.
"Laisse-moi être près de toi."
Alors je le saisis, je le prends dans mes bras.
"Repose-toi maintenant.
"Repose-toi."
Prenez !
Je suis furieuse quand d'autres lui courent après.
Vraiment furieuse.
Lizzie !
Retourne auprès de ta reine de beauté !
Pourquoi tu es si pressé aujourd'hui ?
Je me disais qu'on pourrait parler de choses et d'autres.
Merci beaucoup, une fois de plus.
Au revoir et merci, c'était très sympathique.
Bon voyage. On reste en contact.
Ecoutez-moi ça.
"Deux sœurs coupables d'avoir assassiné 80 filles.
"De notre correspondant à Mexico.
"Deux sœurs coupables d'avoir assassiné 80 filles
"dans le cadre d'un réseau de prostitution en plein Mexico.
"Les sœurs Delfina Gonzalez quelque chose, 56 ans,
"et Maria de Jesus Gonzalez quelque chose,
"39 ans,
"ont écopé de la peine maximale, 40 ans de prison.
"Selon l'accusation, le réseau opérait depuis dix ans.
"21 corps ont été découverts
"avant le début du procès."
Quelle surprise !
Drôle de coïncidence...
Monsieur, j'ai beaucoup apprécié votre représentation d'Hamlet.
Voilà qui est doux à mon oreille, continuez.
C'était du bon, du grand théâtre.
Ravi de l'entendre.
Je pensais que les jeunes n'aimaient que les stars de cinéma.
Non monsieur, c'est loin d'être mon cas.
Je l'ai toujours cru.
Quelle symbolique !
Il faudra que nous discutions un de ces jours.
Vous allez aussi à Simla ?
Tu es au régime ?
Bobby ?
Tu es au régime ?
Ne t'en fais pas pour moi.
Va voir ton petit ami, il est bien plus gentil que moi.
Tu es une chic fille, Lizzie.
J'étais assis ici et je vous regardais tous.
Je pensais à toi.
Quand on est jeune, 0n ne pense pas,
et quand on est vieux
on est trop fatigué pour penser.
Lizzie, viens dans ma voiture.
Allez, les jeunes ensemble et les vieux ensemble.
Et sauve-qui-peut.
Tu ne veux vraiment pas de thé ?
Autre chose ?
Comment tu as su où on allait ?
Je te l'ai dit, j'ai des espions partout.
Je te crois sur parole
et tu as aussi des maîtresses partout.
Des maîtresses ?
Manjula ? C'est une cousine.
Tu parles !
Il faut l'envoyer en Angleterre et vite,
elle n'a pas d'avenir ici.
Ni en tant qu'actrice ni... aucun avenir.
Tu t'es bien débrouillée.
C'était très différent.
Aujourd'hui... Non, il faut qu'elle parte.
Elle ne serait pas contre, je le sais.
Elle ne ressent pas la même chose que n0us pour ce pays,
elle n'a pas les mêmes souvenirs.
Qu'est-ce qui se passe ?
Tony, arrête la voiture !
Puisqu'il a plu à Dieu dans Sa miséricorde
de recueillir l'âme du frère défunt,
nous remettons maintenant son corps à la poussière.
La terre à la terre.
Les cendres aux cendres, la poudre à la poudre.
Le spectacle est commencé !
Laissez-moi entrer !
Vous vous croyez tout permis ?
Vous êtes qui, une star ?
Et vous donc ?
Je m'appelle Sharma, je décide de qui entre ou non !
Eh bien Malvolio ?
Douce dame !
Tu souris ?
C'est là une triste affaire.
C'est moi qui pourrais m'attrister,
ça obstrue le sang ces jarretières croisées.
Si ça plaît à certaine personne,
me concernant "Plaire à l'une c'est plaire à toutes."
Comment tu te sens l'ami ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
Pas de noir à l'âme
mais du jaune à mes jambes.
Elle est arrivée à son destinataire
et les ordres seront exécutés.
Nous avons reconnu cette charmante écriture romaine.
Tu veux te mettre au lit Malvolio ?
Au lit madame ?
Bien sûr, je t'y rejoins.
Dieu te protège !
Pourquoi tu envoies si souvent des baisers de la main ?
Certains naissent grands, d'autres parviennent à la grandeur.
Tu entends quoi par là Malvolio ?
D'autres voient la grandeur s'imposer à eux.
Que le Ciel te guérisse !
Qui te fait compliment de tes bas jaunes
et souhaita te voir en jarretières croisées ?
Va, ta fortune est faite, si tel est ton désir
sinon tu resteras toujours un intendant.
C'est une vraie folie de la Saint-Jean.
Madame,
le jeune gentilhomme du comte Orsino est revenu.
J'ai eu grand peine à le ramener.
Il attend le bon plaisir de Votre Seigneurie.
Je viens.
Ma bonne Maria,
qu'on s'occupe de ce personnage.
Où est mon cousin Toby ?
Que mes gens veillent spécialement sur lui,
je ne voudrais pas qu'il lui arrive malheur.
Vous commencez à me considérer désormais ?
Rien de moins que Sir Toby pour s'occuper de moi !
Et quand elle est sortie
"Qu'on s'occupe de ce personnage !"
Ni Malvolio, ni mon titre
mais "personnage".
C'est Jupiter qui a fait cela et c'est lui qu'il faut remercier.
Jupiter,
je te remercie !
Quel talent !
Qu'est-ce que tu fais là ?
J'ai quitté le tournage.
J'avais besoin de repos, j'étais fatiguée.
Tu ferais mieux d'y retourner.
Je voulais te voir.
Comment tu as su que j'étais là ?
Mon petit doigt.
Lequel ?
Ne reste pas là, viens t'asseoir.
Assieds-toi !
Les nuits doivent être fraîches ici.
Tu sais que tu es une femme stupide et vicieuse ?
Un jour Stella et moi on canotait sur la rivière à Bedford.
Il y a eu un gros orage et on s'est fait saucer.
Nos robes toutes neuves étaient en crêpe
et elles ont rétréci.
Nos bonnets étaient couverts de boutons de rose.
Ce qu'on a ri ! Quelle pluie torrentielle !
Pauvres robes, pauvres boutons de rose !
Une vraie mousson.
Non, rien à voir aVec une m0uss0n.
La pluie est différente chez nous.
Tu sais Lizzie,
tante Stella dans sa lettre a encore demandé
qu'on t'envoie là-bas.
Ce serait une bonne idée que tu y ailles un peu.
C'est l'occasion rêvée.
C'est près de Stratford.
Tu pourrais voir toutes les pièces,
et qui sait, peut-être...
Pourquoi pas ? Tu pourrais y travailler.
Je suis bien ici.
Tu en sais quoi ? Tu n'es jamais allée en Angleterre.
Et alors ?
Avec ton père on allait dans un endroit
où il y avait un lac avec des cygnes.
Tu te rends compte ?
Et il y avait un vieux presbytère
où plus personne n'habitait.
On allait dans le jardin en douce pour cueillir des cerises.
Je veux vivre ici.
Tu ne sais pas comment c'est là-bas.
Tout est différent
quand on est à sa place, chez soi.
Lizzie, vas-y.
Je ne peux pas.
A cause de ce garçon, n'est-ce pas ?
Tu es bête.
Tu en rencontreras plein de gentils en Angleterre, tu verras.
Et puis les gens de notre métier ne font pas forcément
les meilleurs partenaires dans la vraie vie.
Tu ne comptes pas l'épouser
dis-moi ?
S'il me le demandait je ne saurais pas quoi répondre.
A ton avis,
laquelle pour Filmfare et laquelle pour Screen ?
Envoie l'une et l'autre, qu'ils choisissent.
Et si jamais ils choisissent la même ?
Envoie la première à Filmfare.
Celle-là ?
Elle me fait une tête énorme !
A quoi ça sert que Didiji soudoie ton photographe
si maintenant, ta tête énorme t'inquiète ?
Voilà toute la différence entre toi
et une véritable artiste comme Lizzie.
Si tu la voyais sur scène...
J'aimerais tant.
Moi aussi, j'aimerais bien.
Les gens s'intéressent si peu au théâtre aujourd'hui.
Seul le cinéma compte.
Emmène-moi la voir.
Vraiment ? Tu viendrais ?
Ce serait formidable pour eux.
Si tu viens, d'autres viendront. Ce sera une grande occasion.
Je prends celles-là. Elles ne se ressemblent pas trop ?
Laisse-les ou je jette tout par la fenêtre.
Et viens là...
Telle est la cause,
telle est la cause, mon âme.
Je n'ose pas la nommer devant vous,
chastes étoiles !
Telle est la cause...
Pourtant je ne veux pas Verser s0n sang.
Ni déchirer cette peau plus blanche que la neige,
et lisse comme l'albâtre des tombeaux.
Pourtant elle doit mourir,
sinon elle trahira d'autres hommes.
Eteindre cette lumière,
et puis
éteindre cette lumière.
Si je souffle sur toi, ministre de flamme,
je peux restaurer ta lumière première...
Silence et on continuera !
Eteindre cette lumière
et puis éteindre cette lumière.
O souffle embaumé,
qui pourrait persuader la Justice de briser son glaive.
Sois comme ça quand tu seras morte, je vais te tuer
et je t'aimerai après. Encore un baiser
et c'est le dernier !
Jamais chose si douce ne fut aussi fatale :
il faut que je pleure.
Ce sont des larmes cruelles.
Ce chagrin est céleste, il frappe quand il aime.
Elle s'éveille.
Qui est là ?
Othello ?
Oui Desdemone.
Vous venez au lit, mon seigneur ?
Vous avez prié cette nuit, Desdemone ?
Oui mon seigneur.
Si vous avez souvenir de quelque crime non encore absous
par la grâce du Ciel, demandez vite pardon.
Hélas ! Mon seigneur, que voulez-vous dire par là ?
Faites-le et soyez brève, je vais marcher en attendant.
Je ne tuerais pas ton esprit sans qu'il soit préparé.
Le ciel m'en préserve ! Je ne voudrais pas tuer ton âme.
Vous parlez de tuer ?
Oui, je le fais.
Que le Ciel ait pitié de moi !
Amen, de tout mon cœur.
Si vous dites cela j'espère que vous ne me tuerez pas.
Ce mouchoir que j'aimais tant et que je t'ai donné
tu l'as donné à Cassio.
Non, sur ma vie et sur mon âme, demandez-lui.
Chère âme, prends garde au parjure, tu es sur ton lit de mort.
Pas encore pour y mourir.
Si, tout de suite. Aussi confesse ton péché
parce qu'en nier sous serment chaque article
ne peut étouffer la forte conviction qui me fait gémir :
tu dois mourir.
Que Dieu ait pitié de moi !
Je dis "Amen."
Vous aussi, ayez pitié ! Je ne vous ai jamais offensé.
Ni aimé Cassio
sinon avec la caution du Ciel et avec réserve.
Arrière traînée !
Tu oses le pleurer devant moi ?
Arrière traînée !
Foin de soupirs ! Cesse donc !
Il est trop tard !
Pas morte ?
Pas encore... tout à fait morte ?
Moi qui suis cruel j'ai pourtant de la pitié,
je ne voudrais pas prolonger ta souffrance. Là !
Je voudrais vous dire un mot.
Holà ! Mon seigneur !
Qui est là ?
Oui, c'est Emilia, tout à l'heure.
Le bruit venait d'ici.
Elle ne bouge plus, calme comme la tombe.
Insupportable ! O heure lourde !
On s'en va ?
Je peux avoir un autographe ?
Je suis navré de ce qui est arrivé.
Vraiment navré.
Appelons ça la victoire du cinéma sur le théâtre.
C'est triste, ça n'aurait pas dû arriver.
Mille choses arrivent dans la vie.
Ce n'est pas votre faute, vous n'y pouvez rien.
Il faut seulement l'accepter, s'y habituer.
Vous avez admirablement joué.
A quoi bon ? Si le public nous échappe
c'est notre faute, pas la sienne !
Je n'aurais pas dû m'énerver
ni parler comme ça d'ailleurs, j'ai eu tort.
Je devrais m'excuser.
Les gens ne mesurent pas
la pression qu'on subit en jouant Othello.
Vous étiez brillant, les autres aussi.
Je devrais m'excuser.
Je n'aurais pas dû parler comme ça, quel amateurisme.
Il y a des années David Garrick a fait pareil,
le lendemain il a dû s'agenouiller sur scène
devant des cornichons soûls et s'excuser publiquement.
David Garrick s'il vous plaît !
Vous savez qui c'était ?
Tel est le lot du mime.
Je vous prie de me pardonner pour ce tapage.
Excusez-moi.
Comment tu as pu faire ça ?
Parader comme ça et sortir avant la fin.
On devait approcher de la fin, il avait tué l'héroïne.
Et puis quel spectacle !
Comment tu peux aimer ça ? Ces gémissements, ces grognements...
Quelle cruauté !
C'était mal joué en plus.
J'aurais dû me douter que ça te dépasserait.
Dis-moi une chose,
pourquoi tu as invité ce photographe de presse ?
Tu avais tout prévu !
Ce n'est pas moi, ça doit être le directeur du théâtre.
Qu'est-ce que je dois faire si on me prend en photo,
refuser ?
Tu crois t'en tirer comme ça ?
Tu sais ce que j'ai ressenti à tes côtés ?
Ce que M.Buckingham a ressenti ?
C'est un honneur pour eux, même si je reste 5 minutes !
Tout est si sale, si miteux.
Dès mon retour j'ai dit à Didiji de faire couler un bain.
Le fauteuil qu'ils m'ont donné était cassé et sûrement pouilleux.
Tu es stupide, stupide
et eux sont très intelligents, avec leurs costumes crasseux
dans cette salle minable devant leur public minable !
Seuls tes films t'intéressent.
Dieu merci ! Tu m'imagines comme eux ?
Comme ta pauvresse anglaise ?
Va la voir, tiens ! Dans sa chemise de nuit...
Ces femmes n'ont aucune fierté.
Pardon ?
On les connaît ces Anglaises !
Et aujourd'hui, je l'ai vu de mes yeux vu.
Sur scène, devant tout le monde, en nuisette comme celle-ci.
Et toi, tu es qui ?
Une chanteuse !
Tu n'es pas digne de prononcer son nom !
Je suis Manjula !
Quand je sors des centaines, des milliers de gens me suivent.
Cher Sanju,
Après ce qui est arrivé
au théâtre ce soir...
Qui est là ?
C'est moi, Sanju.
Ouvre-moi.
Eloigne-toi de cette porte !
S'il te plaît, ouvre.
Ce n'est pas ma faute.
J'ai honte de ce qu'elle a fait.
Viens, mes parents vont nous entendre.
Je ne la reverrai plus jamais.
J'ai déjà entendu ça.
Non, c'est la vérité.
Je me fiche d'elle. Ce n'est qu'une actrice.
J'en suis une aussi.
Quoi donc ?
Une actrice.
Tu es différente.
Tu es Lizzie.
Tu arrives toujours à tes fins.
Pourquoi je n'arrive pas à t'en vouloir ?
Parce que tu m'aimes bien.
Je t'aime.
Tu l'aimes beaucoup ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Mes parents.
C'est quoi ?
Une fraise.
Une fraise !
Il te faut une moustache.
Je n'en ai pas.
Reste tranquille.
Viens, ma reine !
On t'attend pour la répétition.
Je suppose que vous mesurez
à quel point on est occupés.
Lizzie n'a pas le temps de s'amuser, pas du tout,
et personne ne doit l'entraver dans son travail.
Quand vous aurez terminé, n'oubliez pas de ranger.
Qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi maman est si odieuse avec Sanju ?
Elle le gronde sans arrêt, comme un écolier.
Elle veut que tu ailles en Angleterre.
Pour m'éloigner de Sanju.
Pas seulement.
Elle veut que tu aies ce qui lui manque tant.
Elle a beau le cacher, elle a le mal du pays,
je l'ai vue fondre en larmes devant des timbres anglais.
Quelles vieilleries !
Il en faudrait des neufs.
A quoi bon...
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je pense qu'on devrait faire davantage de récitals,
présenter les perles de Shakespeare, ta mère et moi.
Tu te plairais en Angleterre.
Tu ne veux pas voir le monde ?
Une fille intelligente y a toutes ses chances.
Tu n'as pas l'esprit d'aventure.
Si tu m'avais vu à ton âge...
Allez,
ce n'est pas la fin du monde.
Navrée qu'elle ait été odieuse.
Peu importe.
Elle s'inquiète toujours pour moi.
Elle pense que je vais être en danger,
fuguer, attraper une pneumonie,
rester sans voix sur scène.
Mon père dit que je serai comme elle en vieillissant,
tu devrais te méfier.
Tu devrais aller chez le coiffeur.
Je pensais que tu partirais et que tu ne reviendrais jamais.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Il y a trop de monde.
Ce n'est rien.
Je vais y aller.
Pourquoi ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien.
Alors pourquoi tu es comme ça ?
Je n'aime pas être en public.
Tu ne seras jamais acteur.
On n'est jamais seuls, on se déshabille même en public.
Mieux vaut ne pas en parler.
Ne sois pas si guindé.
On croirait que j'ai fait une bêtise.
- Je te vois ce soir ? - Peut-être.
"Peut-être" ? Franchement, ça veut dire quoi ?
Je peux avoir un autographe ?
Je n'ai rien pour écrire.
Merci.
Ça ira ?
Silence !
Qu'est-ce qui se passe ?
Ils veulent un autographe !
Allez-vous-en !
Je ne te comprends pas.
Dommage !
Lizzie, ton père hurle après toi.
Veuillent les cieux sourire à cet acte sacré,
qu'avenir ne rime pas avec chagrin.
Amen, amen,
mais aucun chagrin n'égalera la joie
qu'une petite minute me donne quand je la vois.
Joins nos mains par des mots consacrés,
que la mort fasse ce qu'elle ose,
et je pourrai dire : elle est à moi.
Ces plaisirs finissent mal. Ils meurent dans leur triomphe
comme le feu et la poudre en s'embrasant.
Le miel écœure par sa suavité,
et son goût détruit l'appétit.
Aime donc modérément,
et l'amour perdurera.
Trop prompt arrive aussi tard que trop lent.
Voici venir la dame :
un pied si léger n'usera pas l'immortel silex.
Un amant peut chevaucher la toile d'araignée
qui folâtre dans l'air espiègle. Sans tomber,
si légère est la vanité de l'amour.
Bonsoir à mon saint confesseur.
Roméo te remerciera pour nous deux.
Qu'il en reçoive autant sinon ses mercis seraient immérités.
Juliette, si la mesure de ta joie est comble comme la mienne,
et si tu es plus habile à l'armorier...
Et si tu es plus habile à l'armorier,
embaume de ton souffle l'air environnant
et que la riche musique de ta langue révèle...
Mon amour sincère a grandi jusqu'à un tel excès
que je ne puis calculer la moitié même de ma fortune.
Alors embaume de ton souffle l'air environnant
et que la riche musique de ta langue
révèle le bonheur imaginé que tous deux recevons
pour cette précieuse rencontre.
Venez, venez avec moi...
Vous ne resterez pas seuls
tant que la sainte Eglise n'a pas uni deux êtres en un seul.
Je m'en moque, je recommencerai !
Tu m'entends ? Autant de fois qu'il le faudra !
Je ne peux pas rester là
à regarder ces imbéciles te siffler !
Laisse ça, peu importe !
Je suis actrice, je dois être vue.
Par ces gens-là ?
J'aurais pu le tuer !
Tu sais ce qu'un arrière-grand-oncle
a osé faire un jour ?
Un vendeur de châles passe chez nous.
Un étranger qui ne connaissait pas nos coutumes.
Par erreur il pénètre dans le salon des femmes,
mon grand-oncle l'a pris à la gorge
et l'a étranglé !
C'était il y a un siècle
mais dans la région, les gens en parlent encore.
On a un mot chez nous, "izzat".
Ça veut dire "honneur".
Quand un type pareil siffle
ça va à l'encontre de mon izzat !
Tu comprends ?
A l'encontre de mon honneur !
Je déteste tout ça !
Je hais ton mode de vie.
Tu ne le connais pas !
Je suis fière d'être actrice et de notre compagnie !
On ne peut pas comprendre sans être monté sur scène !
C'est une vie merveilleuse.
Je ne voudrais pas faire autre chose.
Jouer c'est toute ma vie.
Sans ça je ne serais rien.
Désolé d'avoir fait ça.
Je ne pourrais pas y renoncer.
Pour toi je renoncerais à tout.
Tu n'as qu'à me le demander.
Ton col est déchiré.
A demain.
Avant d'oublier, une lettre de Sharmaji.
Il demande de tes nouvelles.
Ecris-nous souvent Lizzie.
Promis.
C'est l'heure ?
Ton passeport, ne le perds pas.
Courage !
Au revoir Lizzie, Dieu te bénisse.
Veillez sur elle. Elle peut être très vilaine.
Viens Carla.
Fais attention.
Ecris-nous, d'accord ?
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.