All language subtitles for Nino 2025 FRENCH 1080p WEB x264-FW.fr

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Original subtitles

- Clavel, C-L-A-V-E-L.

- Vous pouvez parler plus fort ?

(légèrement plus fort) - C-L-A-V-E-L.

- Clavel ? - Ouais.

Le téléphone sonne.

Le téléphone sonne.

- Nino, c'est ça ? - Oui.

- Donc... vous avez un rendez-vous de PPS,

ce sera...

- De quoi ?

- PPS. Oui, pardon.

On va vous détailler vos soins.

- J'ai pas de rendez-vous, je viens chercher des résultats.

J'en ai besoin pour renouveler un arrêt de travail.

- OK. Le mieux, c'est que vous voyiez avec les docteurs.

Rez-de-chaussée, porte F.

Je vous le note ?

- Non.

Mais...

OK.

Vrombissement de machines de travaux

- Alors...

Nino Clavel, 28 ans, pas d'antécédent familial.

Nino Clavel, 28 ans, pas d'antécédent familial.

Un père décédé en 2008

à 44 ans

à la suite d'un accident, c'est bien ça ?

- Ouais, il est tombé dans l'escalier.

- D'accord, la chute a été précédée

d'un AVC, d'un infarctus ?

- Non.

C'était un escalier en colimaçon.

- D'accord, très bien.

Hop.

Alors...

On va revoir les images ensemble

et ensuite, je vous expliquerai le protocole.

Donc voilà. Là, on voit clairement la masse

sur la paroi latérale de l'oropharynx.

On appelle ça un carcinome épidermoïde.

Il a pris la forme d'une lésion ulcéro-bourgeonnante

sur la loge amygdalienne droite.

Ca déborde sur le voile, mais sans passer la ligne médiane,

c'est plutôt rassurant pour nous.

Ca va, je vais pas trop vite ?

Vous êtes pas obligé de retenir.

- Pardon, je crois qu'il y a une erreur.

- Pardon, je crois qu'il y a une erreur.

- Comment ça ?

- Je sais pas, une sorte de confusion de dossier.

- Vous avez passé des examens médicaux ?

- Ouais, pour de la fatigue.

- Et on vous a prescrit des examens

pour une douleur persistante à la gorge ?

- Oui, mais c'est léger, c'est quand j'avale.

- En début de semaine,

vous avez bien eu un rendez-vous de diagnostic ?

- Non.

- Vous avez pas eu de rendez-vous ? - Non.

- Alors, attendez...

parce qu'on a un nouveau logiciel.

- J'ai pas eu de rendez-vous.

- Ah oui,

effectivement, je vois pas le compte rendu du diagnostic.

Bon.

- C'est pas un...

- C'est pas un...

- Alors, si.

On va reprendre depuis le début.

La bonne nouvelle, c'est que ça a pas eu le temps de se répandre.

Vos analyses ont révélé

qu'un papillomavirus a engendré ce cancer.

- De quoi ?

- Un papillomavirus.

C'est une infection sexuellement transmissible très fréquente.

Ca passe souvent inaperçu.

- Pardon, mais je...

je suis célibataire, là.

- Vous l'avez sans doute contracté au début de votre vie d'adulte,

au sortir de l'adolescence.

Est-ce que vous avez changé de voix récemment ?

Le voile, vous l'avez toujours eu ?

- C'est quoi, les chances de mourir ?

- Parlons de chances de survie.

Hein ? Vous êtes jeune, donc prioritaire.

Hein ? Vous êtes jeune, donc prioritaire.

Vous pouvez commencer dès lundi.

On vous propose un programme

de six chimiothérapies.

Ensuite,

12 séances de radiothérapie.

D'accord ? La première session sera en IV,

en intraveineuse, et on posera le cathéter

plus tard.

Venez lundi 9h, pas besoin d'être à jeun.

Et si ça peut vous rassurer,

vous n'allez pas perdre vos cheveux.

Est-ce que quelqu'un peut vous accompagner ?

- Comment ça ?

- Quelqu'un à qui vous avez parlé de vos symptômes.

Ce serait mieux de... - J'ai pas de symptômes.

- De venir avec quelqu'un de confiance, de solide.

D'accord ?

- D'accord.

- Ca va aller ?

Ah oui, M. Clavel.

Pardonnez-moi.

Une dernière chose.

Ce traitement

va affecter vos capacités naturelles de reproduction.

Il se peut que votre corps ne produise plus de spermatozoïdes.

Il se peut que votre corps ne produise plus de spermatozoïdes.

Avant de commencer, on peut prélever une quantité de spermatozoïdes,

les congeler,

comme ça, dans quelques années, vous pourrez vous en servir.

Autant que vous voudrez.

Enfin, vous voyez l'idée.

- D'accord.

- Prenez l'ascenseur et montez au 5e, au service procréation.

- Tout de suite ? - Ils sont au courant.

On se voit lundi.

- Merci. - Au revoir.

Musique mélancolique

...

- Vous attendez depuis longtemps ?

- Oui, quatre ans, à peu près.

On doit tout recommencer, il y a eu un problème avec le congélateur.

- Ah ouais...

- M. Cavillon, s'il vous plaît.

Bonjour.

Musique intrigante

...

- Ca peut être une boule au cou,

des douleurs dans la bouche ou la gorge.

Les cancers ORL touchent de plus en plus

une population jeune et en bonne santé.

- Ces cancers touchent 15 000 patients par an en France.

Dans trois-quarts des cas, on les diagnostique tardivement,

ce qui signifie une prise en charge plus complexe et difficile,

avec des séquelles à long terme.

...

...

Sonnette

- M. Gache.

Bonjour.

- Pardon.

J'ai perdu mes clés, j'étais assis là. Je me demandais...

- Non, j'ai rien vu. - Non ?

Je peux ? - Je vous en prie.

- M. Clavel.

Toujours pas de M. Clavel ?

Ah.

Bonjour.

Je suis désolée, je vous la fais courte.

Entre la grève et les travaux, on a plus de salle.

- OK, pas grave. - Du coup, je vous donne ça.

Une fois rempli, vous avez une heure pour nous le rapporter.

Vous éloignez pas trop, parce qu'avec les transports...

Vous le prenez ? - D'accord.

- A tout à l'heure.

M. Youssfi.

- Bonjour.

Vous avez des toilettes ? - Oui, vous prenez quelque chose ?

- Ouais. Vous faites à emporter ? - Bien sûr.

- Je vais prendre un cookie. - Quel café avec ça ?

- Pas de café. - Vous êtes sûr ?

Cliquetis de la poignée

- Tiens, allez.

- Pardon.

Quelque chose tombe. Pardon.

- On se connaît, non ?

- Ah ouais ? - Nino ?

- J'y vais pas tout seul. - Si. Nino comment ?

- Clavel. - Ferme pas à clé.

Si, on était au collège ensemble. T'étais à Antony.

- Ouais, ouais. - Ouais.

Zoé Champenois. C'est mon nom.

- OK.

- C'est pas grave si tu te souviens pas.

- Non, non, mais si. Ouais, Zoé.

C'est ton fils ? - Ouais, je l'ai eu jeune.

Toi, ça va ? - Ouais.

- Tu fais quoi maintenant ?

- Je... Ca va, je...

- Maman...

- Je vais être papa aussi.

- Ah, cool. Super. - Ouais.

- Tu vas voir, c'est merveilleux. - Ouais.

Toi, tu fais quoi sinon ?

- Je suis entre deux petits boulots.

- OK. - Maman, y a pas de papier.

- Vous voulez pas aller le voir ? - Je dois filer.

- C'était cool de te croiser. - Carrément.

- Tu veux des habits ?

- Tu veux des habits ?

- Des habits ? - De bébé.

Je fais un vide-grenier dimanche. - S'il vous plaît.

- Ca évite d'acheter neuf.

- Ouais, OK. - Place d'Aligre.

- Maman ! - Oui, je suis là !

Bip long de fermeture des portes du métro

- Hello. Euh...

Je voulais te demander si lundi, tu pouvais pas...

Je voulais te demander si lundi, tu pouvais pas...

si tu pouvais pas m'accompagner à un rendez-vous médical.

On m'a demandé de...

C'est en fait...

Faut que je te parle d'un truc

parce que lundi, j'aurai peut-être besoin que...

que tu m'accompagnes...

Et puis, je voulais te... Jingle d'annonce de la RATP

- Oh, regarde-moi ça, c'est pas décongelé.

Je remets au four. - On peut manger comme ça.

- Non, on peut pas les manger comme ça.

Alors... 180. Allez, hop.

Hé. C'est pas normal que ton cadeau soit pas arrivé.

Franchement, c'est pas normal. Notification

T'es allé voir le gardien ? - Oui.

Il était pas là ce matin,

mais c'est pas grave. Il va arriver.

- T'as prévu quoi, ce week-end ?

Tu fais pas rien ?

- Je vais voir un match chez Sofian.

- Je suis pas là, prends la maison si tu veux.

- C'est gentil, mais je vais pas... C'est pas grave.

Pas besoin.

Je vais peut-être dormir ici ce soir.

- C'est vrai ?

T'as encore paumé tes clés ?

- Non.

- Alors...

29 on a dit, n'est-ce pas ?

- Ouais, on a dit ça.

- 1, 2, 3,

4, 5, 6, 7, 8, 9, 10,

11,

12.

Donc ça fera 12.

Tu te souviens de ma fête pour mes 30 ans ?

- Ta fête de 30 ans ? Quand j'avais 3 ans ?

Je me souviens pas trop, non.

- Le costume de ton père, ce soir-là,

ça me fera rire toute ma vie. - C'était quoi ?

- Je sais pas trop comment décrire, en fait.

C'était...

un genre de carpe.

- Pourquoi t'allumes maintenant ?

- Pourquoi j'allume ? - Ouais.

- Oui, pourquoi j'allume ? - Je sais pas.

- Pour allumer une clope.

- Tu devrais arrêter de fumer. - Hum...

- Faut que je te parle d'un truc.

- Ouais.

- Je dois commencer quelque chose. - Ah, c'est bien ça.

- Pour moi.

Pour...

Voilà, pour être bien.

- Ouais.

- Ouais.

- C'est pour être mieux dans mon corps.

- C'est important.

- Pour être bien. Ouais.

Et donc...

Ca va prendre du temps, mais c'est que pour être mieux.

- Tu veux faire une transition ?

- Quoi ?

- Tu veux faire une transition ?

- Non, c'est pas ça.

- Pardon, mais...

c'est arrivé à Gabrielle avec sa fille.

Et je me suis... Enfin...

Je m'étais dit que... On fait comme...

- Non, ça va.

- Moi, je t'aime et tout, mais j'aurais eu un...

Il aurait fallu que je m'habitue. - Je comprends.

C'est pas... C'est pas ça.

- Alors, c'est quoi ?

- Non, c'est que j'ai fait...

j'ai fait des examens.

Et euh... j'ai...

une dépression.

- T'as une dépression ? - Voilà.

- T'as une dépression ? - Voilà.

- Bon.

Et qu'est-ce qu'on passe comme examen

qui arrive à la conclusion qu'on a une dépression ?

C'est des examens psy ?

Qu'est-ce que tu vas commencer ? Une thérapie ?

Une activité sportive ? De l'escalade ?

Il rit.

- Je me sens un peu vide, c'est tout.

C'est rien.

- Bah oui,

mais t'as un boulot chiant. Bips du four

C'est peut-être ça aussi, le...

- Ca va pas être prêt.

- Si, si, c'est bon, je pense.

Ca peut pas être les crevettes.

Ou alors le congélo a déconné ?

- Arrête de me parler de bouffe. - Pardon, pardon.

Soupir

Alors, c'est quoi, ces angoisses ?

- Je sais pas.

Je sais pas, je pense à plein de trucs.

L'autre jour, je me demandais

comment il était mort.

- Ben, tu le sais.

- Oui.

Mais...

il est mort sur le coup ?

Tu sais pas ? - Ben, pas vraiment.

- Mais tu crois

qu'il a compris qu'il allait mourir ?

Qu'il l'a senti ?

- Qu'est-ce que ça changerait ?

- J'ai toujours eu cette voix ?

- Quelle voix ?

- Ma voix.

Elle réfléchit.

- Je me souviens, à la maternité,

la sage-femme trouvait que t'avais un très beau pleur.

"Un pleur de rockeur", elle a dit.

- Tu t'es dit quoi, quand je suis né ?

- La première fois que je t'ai vu ? - Mmh.

- Quand je t'ai eu dans les bras, j'ai été très étonnée.

Parce que...

je m'attendais à ce que tes yeux...

à ce qu'ils soient tout fermés,

tout plissés,

que tu sois ébloui par la lumière.

En fait, pas du tout.

Ils étaient très ouverts, très grands.

Ils parcouraient la pièce, mais sans s'accrocher à rien.

Et puis, bah voilà.

On aurait dit que tu voyais tout, mais que tu regardais rien.

Oh bah, qu'est-ce qui me prend ?

Allez.

Dors, maintenant.

"To Disappear" (YOU !)

...

...

...

Sonnette

- Monsieur ?

Je vais vous prendre ça.

Musique intrigante

...

Déverrouillage de la porte

...

...

Une porte s'ouvre.

- C'est quoi ?

- Une carte postale.

Tu veux que je t'aide avec ça ?

- Non, c'est pas lourd.

Je les donne, je les mets dehors.

Tu peux m'appuyer sur le bouton ?

Déverrouillage

T'es venu déposer une carte ?

- Ouais.

- OK.

T'étais parti en vacances et t'as oublié de la poster ?

- Non.

Non.

- Je peux la lire maintenant ? - Non.

S'il te plaît, pas maintenant.

- OK.

- OK.

On fait quoi ?

Tu veux monter ?

Je vais me laver les mains.

J'arrive.

- Tu déménages ? - Ouais.

T'as vu comme ça a l'air immense ?

- Et tu changes de...

Tu changes de quartier ou tu t'installes...

avec quelqu'un ?

- Non, je m'installe seule.

- OK. Elle rit.

Ca te va, du thé glacé ?

- Très bien. - Tant mieux, j'ai que ça.

Je pars à Montréal.

- A Montréal ?

- Ouais. - D'accord.

Pour vivre ?

Pour vivre ?

- Ouais.

Je me fous par terre.

J'ai eu un poste à la mairie. Au service social.

C'est pas hyper bien payé,

mais ce boulot a du sens.

Les gens sont simples là-bas.

Plus légers.

Ca fait du bien.

- C'est bien. C'est courageux.

T'as pas peur d'avoir froid ?

- J'aime bien avoir un peu froid.

- C'est vrai. La fenêtre ouverte toute la nuit.

- Et toi, ça va ? Quoi de neuf ?

- Rien.

- C'était ton anniversaire hier.

Nino acquiesce.

Quand même.

Je te l'ai pas souhaité.

Mais j'ai pas oublié. - Non ?

- Non.

J'ai pas besoin de me justifier.

J'ai pas besoin de me justifier.

J'y ai pensé en me réveillant.

Et d'un coup, je me suis dit que c'était con,

ce truc de s'écrire que pour les anniversaires.

Tu vois ce que je veux dire ?

Soit on a réussi à être amis,

à aller au-delà de tout ça,

et on prend des nouvelles de l'autre,

on fait l'effort de...

Enfin, non, on a envie de savoir comment l'autre va,

on va boire des cafés, on se parle de nos vies.

Ou on fait rien de tout ça et tant pis,

on se souhaite pas nos anniversaires.

- Peut-être, ouais.

- Bon, OK.

Bref.

J'ai croisé Sofian, il t'a dit ?

- Non. - Il t'a pas dit ?

OK, oui.

Il a les cheveux qui ont énormément poussé. Paf.

Grosse touffe.

Et il avait une chaîne en argent au cou, c'était marrant.

- C'est son nouveau style.

- C'est son nouveau style.

- Ca lui va bien.

Il avait l'air très bien.

Il a changé, mais c'est bien de changer, des fois.

- J'ai changé, moi ?

- Euh... Tu m'as écrit ça sur la lettre ?

- C'est pas une lettre. C'est vraiment une carte.

On sonne. - C'est le proprio.

La carte, OK.

Elle ouvre la porte.

Discussion lointaine

Musique intrigante

...

Une porte s'ouvre.

...

- Salut. - Salut.

Excuse-moi,

tu sais s'il est parti en week-end ?

- Qui ?

- Le gardien.

- Je sais pas du tout. Je le connais pas bien.

Désolé.

- Moi non plus, je le connais pas bien.

...

- Merde, tu voulais t'y mettre ?

- Je l'avais vu de là-bas... - Pardon.

Si je l'enlève, ça me fait des frais.

- T'inquiète. - Il doit y avoir d'autres places.

Ah non, peut-être pas.

Je suis désolé, sinon, c'est des sous.

Je suis désolé, sinon, c'est des sous.

- T'inquiète.

- Bonne soirée.

Ah.

Toi aussi, tu vas chez Sofian ?

- Euh... Ouais.

- Enorme. Je suis Raph.

Je suis son stagiaire.

- Ah OK. Enchanté. - Enchanté.

C'est où, c'est là ? - Ouais.

- Cette porte ? - Ouais.

Sonnette

- J'espère qu'ils ont pas fait la surprise.

- La surprise ?

La porte s'ouvre.

(- Putain, c'est toi. (Vas-y, rentre.)

(Allez, allez.)

- Je suis pas tout seul.

Je suis pas tout seul.

- Ah.

Merde. Petit rire

Bah, vas-y, rentre.

Joyeux anniversaire. - Merci.

- Non, mais sortez. - C'est malin...

Rires

- Ca va ? - Ca fait plaisir de te voir.

- Ca va ? - Ouais, nickel.

Musique en fond Brouhaha festif

- Je laisse allumé ou je l'éteins totalement ?

Je sais pas quoi faire.

- On se fait la bise. Nino.

- Ca fait plus soirée.

Ca va, la lumière comme ça ? Au milieu.

- Ouais, c'est super.

Ca va ? - Ca va et toi ?

- Joyeux anniversaire. - Merci.

- Ca va, toi ? - Ouais, très bien.

Je... Je vais aller mettre ça au frais.

- Par contre,

si tu peux les mettre dans le compartiment du bas,

parce que celui du haut est cassé.

Tu... Tu me remets ?

- Ouais. - Mounir.

- Ouais, ouais.

- Vide-toi la tête, amuse-toi. C'est ça qui est le plus important.

- Vide-toi la tête, amuse-toi. C'est ça qui est le plus important.

- Pas besoin d'un métier passion pour prendre du plaisir

et avoir le sourire quand tu vas au taf.

Quand j'étais petit, j'étais hyper introverti.

Ma mère me disait toujours : "Dis ce que tu penses,

"dis les choses."

J'ai pris cette habitude.

- Coucou, mon chéri !

Bon anniversaire ! - Merci.

- Je suis super en retard. - C'est pas grave.

- Il est beau, hein ? - Très.

- C'est un aigle royal. Regarde ses ailes.

Alors, il est grand, maintenant.

Pardon, je vous ai interrompus. - Pas du tout.

Raphaël, Lina.

C'est le stagiaire de ton frère.

- Tu dois te faire chier, non ? - Non.

- Je vais boire un coup.

Bon anniversaire !

- Elle a l'air sympa.

- Ouais. - Elle est énergique.

Je disais quoi ?

- Tu veux un verre ? T'as rien.

C'est ton anniversaire.

- Ca va, là.

- "Ca va, là" ?

OK, bah "ça va, là".

Ca consiste en quoi, la certification de produit ?

- C'est pas passionnant. Je sais pas si t'as envie de...

- C'est pas passionnant. Je sais pas si t'as envie de...

- Bah si !

Si je te demande, c'est que ça m'intéresse.

Tout m'intéresse.

- Ouais ? - Ouais, je te jure.

- Bah en gros, c'est...

c'est s'assurer qu'un ensemble de produits

réponde à des spécifications techniques.

- D'accord.

Mais concrètement, ça veut dire quoi ?

- Bah concrètement, c'est...

ça consiste à faire en sorte qu'un produit réponde

à ce qu'on appelle les 4 S :

santé, sécurité, service et satisfaction.

C'est très...

- C'est technique. - Voilà.

- Mais ça te plaît ?

- Ouais. - Ouais ?

J'ai une question. C'est quoi, ton signe ?

- Mon signe ? - Mais...

Balance. Je suis con ! C'est aujourd'hui.

Ca m'étonne pas. - C'est vrai ?

- Ouais, y a un truc dans l'air.

Ce que tu dégages.

- Et toi, tu... - Je suis Bélier.

- OK.

- Ouais, Bélier. Tu vois ce que c'est ?

- Je connais pas trop les signes, les trucs...

- Je connais pas trop les signes, les trucs...

- Les Béliers, c'est signe de feu. Ca...

Ca fonce, ouais.

- Ca va, t'es content ?

- Ouais.

Je vais pas rester très longtemps.

- Ah bon ? Pourquoi ? - Je me sens pas très bien.

- T'as quoi ?

- Je sais pas, j'ai vomi chez ma mère.

- Y a un truc que je me dis depuis un moment,

parfois, faut pas trop s'écouter.

J'écoutais un podcast l'autre jour,

il citait Alain,

il avait une très bonne phrase qui m'a marqué.

C'est tout simple, t'attends pas à un truc délirant.

Le mec disait :

"Le secret de l'action, c'est de s'y mettre."

Ca peut paraître être une blague,

mais je trouve ça profond. - Ouais.

- Tu vois ? - Alain qui ?

- Alain. Alain. C'est un philosophe.

En gros, il faut faire les choses,

ça sert à rien de se prendre la tête.

C'est inutile.

Pour la fête, je me suis pris la tête

Pour la fête, je me suis pris la tête

avant de savoir si j'allais la faire ou pas.

Je me disais, si jamais tu viens pas

ou si jamais tu m'annules au dernier moment,

ou je sais pas, s'il pleut et que tout le monde se déchauffe...

Bref, je me suis posé mille questions.

Et au final, fallait juste que je me lance.

C'est tout.

C'est comme ça.

Musique de la fête en fond

Mais bois un verre, prends-toi un truc à boire.

- Ouais, mais ouais, je vais me prendre un verre.

Je voulais te demander un truc. - Ouais ?

- Un service, pour...

- Un service, pour...

pour lundi.

Je dois...

Je dois aller...

- Attends, bouge.

- Quoi ?

- La meuf du taf, faut pas qu'elle me voie.

- Qui ça ? - Je t'en ai parlé, Chloé.

- Non. - Bah, elle arrive.

- OK.

- Et si jamais tu parles avec elle,

essaie d'être léger, festif,

elle me charrie sur mon côté sombre.

Donc tu vois, léger quoi.

- OK.

Brouhaha de la fête

- Bouge pas.

- J'adore ton T-shirt. Il est très beau.

- Merci.

Tu sais...

faire un compliment à une femme, c'est comme une validation.

Ca a toujours à voir avec une forme de domination masculine.

- C'est vrai, je me rendais pas compte.

- C'est vrai, je me rendais pas compte.

T'as raison, désolé.

- J'ai une idée depuis un moment.

Les hommes devraient organiser une nuit du 4 août,

où les mecs renonceraient

à leurs privilèges, comme avec les droits féodaux.

- Le 4 août ?

- Et après, dans une manifestation, ils brûleraient des billets

qui représenteraient l'écart salarial à poste égal

alors que vous bossez pas plus !

- C'est une très bonne idée. Je suis très chaud pour le faire.

- C'est vrai ? - Ouais.

- Et toi ?

- Ouais, je suis chaud. Mais c'est bizarre de les brûler.

- Pourquoi ?

- On peut pas les donner à une asso ?

- C'est un peu pour le symbole. - C'est symbolique.

C'est comme un acte révolutionnaire. Un acte violent

qui est percutant.

C'est une espèce de geste romantique.

C'est pas en filant

de l'argent à des assos que tu vas changer la société.

Mais bon, faut l'excuser,

il est pas du genre passionné. Il rit.

- Et toi, tu l'es ?

- Ouais.

- Ca va ?

- Ouais. - Ouais.

- Voilà. Magnifique.

- Merci.

- Tu peux fumer dehors ?

Y a une terrasse gigantesque, et là, t'es dans la cuisine.

- Je finis celle-là et la prochaine, je sors.

- Oh, t'es bouché ?

Je t'ai demandé de sortir.

- Il est sérieux ?

Il est sérieux ou il déconne ? - Non, je déconne.

- Ah, j'ai cru que... - Ah, il a flippé.

Sofian rit.

Faut se détendre, c'est la légèreté.

- C'est bien, la révolution. Ca te va bien.

Il a décidé de se mettre une caisse.

- Faut dire avec plus de passion.

Hé, tu sors !

Comme ça.

"Cassius"(Foals)

- T'es content ? - Ouais.

Oui !

Il tousse.

On toque.

- Non !

- Y a quelqu'un ? C'est une urgence.

Il ouvre la porte.

Ah, c'est toi, Nino.

Tu prenais un bain ?

C'est de l'héroïne.

Lina rit.

Non, je rigole.

- C'est quoi ? - Stimulation ovarienne.

Je suis censée le faire à heure fixe, j'ai un peu déconné.

- Je te laisse peut-être. - Non, reste.

Ca me fout le cafard.

- T'es sûre ? - Ouais.

En fait...

je vais congeler mes ovocytes.

Tu sais ce que c'est ? C'est un ovule.

(Comme ça, dans un an ou deux,

(je les décongèle et je fais un bébé.)

(Dis rien à Sofian, sinon, il va tout balancer à ma mère.)

(- Non, je dirai rien.) (- Merci.)

Ca te dérange pas ?

- Non.

(Lina, tu veux que je le fasse ?)

- Ouais. - C'est vrai ?

- Ouais.

T'as déjà piqué quelqu'un ? - Non.

- C'est simple.

Faut piquer net, et là, tu...

t'appuies jusqu'au clac. - OK.

- Très grand chirurgien avant son opération.

- Très grand chirurgien avant son opération.

Ma petite dose d'héroïne.

- Tu me dis.

- Tu vois, l'utérus,

c'est comme un petit triangle renversé.

Comme un verre de vin. - Le quoi ?

- L'utérus. Il est con.

Et là, les ovaires. Donc...

- OK, tu me dis. Ici ?

- Ouais, genre là.

- OK. - Genre là.

- OK, attends.

J'y vais. - Vas-y.

Elle prend une inspiration.

En fait, il y a un truc qui me fait du souci, Nino.

Je fais une psychanalyse, je règle des choses,

beaucoup de névrose,

et je me demande...

- Ca va ? - Ouais.

Je me demande juste, quand on va décongeler mes ovocytes...

Je serai plus légère dans quelques années.

Mais mes ovocytes seront congelés avec la névrose ?

T'en penses quoi ?

J'aimerais que ces ovocytes soient légers.

J'aimerais que ces ovocytes soient légers.

- Voilà.

- Tu l'as bien fait. - C'est vrai ?

Ca va ? - J'ai même pas eu mal.

Juste un peu quand le produit rentre, mais ça va.

Ca va, Nino ?

T'es tout pâle.

- Non, ça va.

Je vais te mettre de l'eau.

T'as trop bu ? Raclement de gorge

Elle pouffe.

- Excuse-moi. - Je t'en prie.

Ils rient.

Va boire de l'eau.

- Ca va ?

- Ouais, moi aussi, je me sens un peu...

Mais ça va.

Je suis contente qu'on l'ait fait ensemble.

- Et encore joyeux anniversaire. - Merci.

- C'était hyper sympa, merci.

- On te revoit au bureau lundi ?

- Euh...

Normalement, ouais.

- Moi aussi, j'ai fait un burn-out en 2017.

Y a pas à avoir honte.

Ca m'a appris, j'ai acquis des réflexes.

- Moi, c'est pas...

- Si tu l'acceptes, c'est la première étape.

- Je fais des pauses de 5 minutes devant mon ordinateur,

histoire de me reconnecter à mon corps.

- C'est vrai que ça a changé.

- C'est la cigarette, ça.

Je sens aussi que ça m'a irrité, je déteste ça.

- C'est pas ça. Moi, c'est un cancer.

Bonne soirée.

Ambiance festive

- Attends, j'arrive.

Qu'est-ce qu'il y a ?

T'as revomi ?

- Non, je...

je suis malade. Malade.

- Attends, t'as pris des trucs ?

- J'ai un cancer.

- Mais non, t'as pas de cancer.

- Mais si. - Un cancer de quoi ?

- De la gorge.

- Bah, va voir un médecin.

- J'ai vu un médecin.

- Et il a dit quoi ?

- Elle a dit que j'avais un cancer...

et que je devais commencer un traitement lundi,

que j'étais prioritaire.

- On arrête la fête, non ?

- Hein ?

- On va pas faire comme si

tout allait bien.

- Mais on fait déjà tous ça.

- T'es prioritaire pourquoi ? Faut aller vite ?

C'est ça ? Faut être rapide ?

Parce que c'est grave ?

- Je sais pas.

- Va falloir se battre.

C'est comme ça. Les cancers, c'est hyper bien pris en charge.

Et on est à Paris, t'as les meilleurs spécialistes,

donc t'as toutes les chances de ton côté.

Et puis...

maintenant, c'est plutôt commun.

J'écoutais un truc, c'était un professeur qui disait

que la question aujourd'hui,

c'était pas de savoir si on allait avoir un cancer,

c'était pas de savoir si on allait avoir un cancer,

mais quand on allait en avoir un.

- Bah moi, c'est maintenant.

- Comment tu t'en es rendu compte ?

Ca va ?

Tu vas où ? - A la salle de bains.

- Je viens ? - Non, je reviens.

- Je t'attends là.

Brouhaha festif

Il toque.

- Excusez-moi.

Emission à la télévision

Désolé.

Monsieur ?

Sirènes - Le masque sur le visage, monsieur.

- Pour vous tenir chaud. Attention à votre bras.

C'est bon. Hop.

Sirènes

On a eu la régul' ou pas ?

Attention à la marche.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Je prends...

C'est un colis qui est... Je prends juste ça.

- Sortez. - Mais c'est à moi.

J'habite ici.

- Vous connaissez son âge ?

- Vous connaissez son âge ?

- Pardon ? - Son âge.

- Non... Je sais pas.

- Quelqu'un de la famille qu'on peut contacter ?

- Je sais pas, je suis désolé.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Pourquoi tu m'appelles à 3h du matin ?

- Parce que j'ai...

j'ai reçu le cadeau.

- Ah, bah tant mieux. Ca te plaît ? - Mmh.

(- Tu m'enverras une photo ?)

(- Pourquoi tu chuchotes ?)

(- Parce que je suis pas seule, Nino.)

(- C'est bien.)

(C'est bien.)

(- Je te rappelle demain.)

(- Attends, attends.)

(Je voulais te demander...)

(- Quoi ?)

(- Papa a dit quelque chose ?)

- Mmh ?

(- Quand je suis né ?)

(Tu te souviens s'il a dit quelque chose ?)

(- Je crois qu'il a dit :

"(Il va être grand.")

Une porte se ferme.

Soupir

- Tenez. - Merci.

- Attendez.

Du gel douche,

et du dentifrice.

Chantonnement lointain

Un objet tombe.

- C'est à toi ?

- Oui.

- Faut pas laisser traîner une chose pareille.

- Il m'a échappé. - Et l'eau enlève l'étiquette.

- Ouais.

- J'ai un sèche-cheveux si tu veux.

- OK.

- T'en veux ?

- Pardon ? - T'en veux ?

Approche.

Elle pousse, la barbe ?

- Pas trop. - C'est pas ça qui fait un homme.

- C'est quoi ?

- Oh, tu sais bien ça.

Ce qui fait un homme,

c'est la même chose que ce qui fait une femme.

Tu veux voir ma femme ?

- Oui, elle est ici ?

- Non, elle est morte.

Tu as fini avec le sèche-cheveux ?

- Oui.

Merci.

- Voilà.

- Voilà.

Merci.

- Au revoir.

Musique intrigante

...

- Salut. - Salut.

- Salut. - Salut.

- Dis bonjour.

Désolée, je savais pas si tu...

si tu passerais, alors j'ai vendu tous les habits pour bébé.

- OK.

- C'est parti hyper vite, désolée.

- C'est pas grave.

Je vais prendre autre chose.

- T'es pas obligé.

- Non, mais...

- Bah, j'ai ça. Tu veux ?

- Des talkies-walkies ?

- C'est un babyphone. - Babyphone, OK.

- C'est pratique si vous avez un grand appart.

Même s'il est pas grand, c'est bien d'en avoir.

- Non, j'ai pas un grand appart, mais...

C'est combien ?

- 4 euros.

- 4 euros ?

Salut. - Salut.

- Alors...

J'ai que 2.

- C'est 4.

- C'est bon, on lui laisse à 2.

- T'as pas des billets ?

- Solal, c'est un copain.

- Tu peux payer avec ta carte.

- Tu prends la carte ? - Mets ça dans la boîte.

- Tu prends la carte ? - Mets ça dans la boîte.

- Merci, c'est gentil. - Voilà, c'est à toi.

- Y a des piles, je crois.

- Ouais, il s'allume. Merci.

- J'ai encore un Babycook.

Pour cuisiner, c'est hyper pratique. Tu veux ?

Alors...

- S'il faut le chercher...

- Prends ça.

Bizarre, je suis sûre qu'il était là.

Trop bizarre.

- Ouh là.

- Non, pas là.

Ou alors, je l'ai donné. - Si c'est galère, c'est rien.

- Il est là, regarde !

Juste là, derrière.

Ca va ?

- Putain...

C'est de la vaisselle, ça...

C'est cher, non ?

- Mets ça là.

- En fait, je...

je vais pas avoir d'enfant.

- D'accord.

- Pardon, je savais pas...

Je savais pas quoi te dire de...

d'intéressant sur moi, sur ma vie, donc...

- Ouais, d'accord.

Oui, parce qu'avoir des enfants, c'est intéressant...

- Je sais pas.

Je suis désolé.

Je vais y aller.

- Pas grave, laisse.

Un morceau retombe.

Laisse, vraiment.

- En fait, j'ai claqué la porte de mon appartement

avec les clés à l'intérieur ou je les ai perdues.

Je sais pas, je les trouve pas.

Je croyais que mon gardien les avait,

mais il répondait pas et après, je...

je crois qu'il a fait une crise cardiaque.

Elle rit.

Elle rit.

Mais c'est vrai. - Ouais ?

OK.

Tiens, prends la balayette.

Solal, va pas dans la cuisine pieds nus.

- D'accord.

- Du coup, tu veux le Babycook ? - Quoi ?

- Le Babycook. - Je sais pas ce que c'est.

- Tu sais pas ?

- Tu peins quoi ?

- De la neige. - De la neige ?

C'est beau.

- Je vais chercher des ciseaux.

- Solal, va pas dans la cuisine.

- Solal, les petits points comme ça, blancs,

les tout petits, je les remplis ?

- Efface-les. - D'accord.

- Ferme les yeux, allez.

Solal rit.

Solal et Zoé discutent au loin.

- T'en veux encore ?

- Mmh... Ouais.

Merci. - Comme ça ?

Santé. - Santé.

Grincement

Il a le sommeil léger ? - Il fait des cauchemars.

- T'aimes bien avoir un enfant ?

- J'aime bien, ouais.

- Mais c'est...

c'est pas un peu dur ?

- C'est pas dur.

Je dirais que c'est éprouvant.

Dans le sens d'éprouver des choses, tu vois ?

- Je crois, ouais.

- Y a un truc hyper pratique avec les enfants.

- C'est quoi ?

- Ca t'aime.

Nino rit. - Ca t'aime ?

- Ouais.

Peu importe ce que tu dis, ce que tu fais,

peu importe ce que tu aimes, ça t'aime.

Une porte grince.

Pardon.

Je reviens.

Tu fais quoi, ici ? - Je veux rester avec vous.

- Il est tard, va te recoucher.

Allez, viens. On y va.

Solal et Zoé continuent de discuter au loin.

Des pas approchent.

Tu connais ?

- Non.

- C'est une artiste contemporaine.

Elle fait des sortes de performances.

Elle est restée 700 heures assise sur une chaise dans un musée.

- Sur une chaise ? - Ouais.

Les gens faisaient la queue

pour s'asseoir en face d'elle et la regarder dans les yeux.

- Pour faire quoi ?

- Pour rien.

Pour ressentir.

Certains sont restés 30 secondes, d'autres 30 minutes.

Certains sont restés 30 secondes, d'autres 30 minutes.

T'en veux une ?

- J'ai arrêté.

- C'est bien, moi aussi.

- L'autre jour, j'étais chez ma mère et elle s'est mise à...

à sortir les photos de moi enfant, les photos de classe.

C'est bizarre, mais sur celles du collège,

je t'ai pas retrouvée.

- Je m'arrangeais toujours pour rater le jour de la photo.

- Pourquoi ?

- Ca me faisait peur.

Surtout le truc en face

du photographe, sur le caisson en bois.

- Ah ouais. - Je détestais.

Je me souviens quand ton père est mort.

- Ah ouais ?

- Mmh.

Le prof de maths nous l'avait dit.

Il avait dit que tu serais absent quelque temps.

En fait, le lendemain, t'es revenu.

- Je me souviens pas.

- Ca m'avait impressionnée.

Je t'avais trouvé...

fort.

- Maman ?

(- Putain.)

Tiens.

Rumeur de la pluie

Nino ?

(- Oui ?)

- Tu peux y aller, s'il te plaît ?

- Pardon, oui. Il est hyper tard.

Désolé.

- Non, tu peux aller le voir ?

- Le voir ?

- Mon coeur, il est là, mais on fait pas long.

Dis bonne nuit.

- Mais j'aime pas dormir.

- Viens, mets ta tête ici.

- Je suis bien comme ça.

- Mets-toi dans l'autre sens. - Non.

- Mets-toi dans l'autre sens. - Non.

- Allez, sérieux. Solal, vraiment.

Solal chuchote.

Nino chuchote.

Solal rit.

- C'est vrai.

- Allez, mon coeur.

Bébé, t'as école demain.

Les gars, c'est bon, c'est plus drôle.

Voilà, ferme les yeux.

Je te raconte une histoire ? - Non.

- Tu veux que je lise, moi ?

- Je préfère quand on invente les histoires.

Maman, elle fait ça. - Ah ouais ?

- Solal, tous les adultes ne le font pas.

- Je peux, bien sûr. - Si, il peut.

- Oui, il peut, c'est vrai.

Raclement de gorge - Alors...

C'est l'histoire

d'un petit garçon

d'un petit garçon

qui...

- Qui dormait pas ?

- Qui dormait pas.

Un petit garçon qui adore chasser les papillons.

- C'est un poème ?

- Chut.

- Maman, chut !

- Et donc...

il part tous les jours chasser les papillons,

mais de toutes les couleurs.

Des bleus,

des verts, des violets...

Après, il les ramène chez lui.

Il les laisse voler dans sa chambre.

Une chambre qui ressemble beaucoup à la tienne.

Mais un soir,

alors que le petit garçon allait s'endormir,

un des papillons vient et se pose sur son nez.

Ouais.

Et il le regarde, comme ça, dans les yeux,

et il lui dit

qu'il en a marre.

Il veut voir le ciel,

il veut sentir les plantes, il veut sentir l'air.

Et le petit garçon est triste, il avait pas réalisé

Et le petit garçon est triste, il avait pas réalisé

qu'il empêchait le papillon de...

de vivre.

Et donc il se lève,

il va ouvrir la fenêtre,

et tous les papillons

qui sont dans sa chambre sortent.

Ca fait un bruit énorme !

Il imite une bourrasque.

(- Là aussi, y en a.)

Fermeture éclair

(- Un petit pied ?) (- Oui.)

(Tu dois pas pousser.)

(Tu dois tirer jusqu'au clac.)

(Et après, tu soulèves.)

Claquement

(Attends.)

(Pousse bien fort. Non, pas trop.)

Nino rit.

(- Je l'ai cassé ?)

(- Non, je crois pas. Attends.)

(Oh, putain !)

(- Merci encore pour le petit verre d'eau.)

Elle rit.

(- Avec plaisir, vraiment.)

(- Tu fais quoi ?)

(- C'est juste que j'essaie comme ça,

(je crois que c'est mieux.)

(- Je peux venir avec toi ?)

(- Bah oui.)

On est mieux là, non ? - On est bien.

Ils rient.

Ils parlent en même temps.

(Pardon.)

(- Je suis pas sûre qu'on puisse.)

(On pourrait le réveiller, ce serait bizarre.)

Ils rient.

(J'ai pas envie de le traumatiser.)

- Non ? - Non.

(- Ca m'arrange.)

(- D'accord, sympa.)

(- Non, j'allais dire que...)

(C'est une longue histoire.)

(- Vas-y, résume.)

(T'as le droit à...

(trois phrases.)

(1, 2, 3.)

(- J'ai...

j'ai chopé une infection transmissible sexuellement...

Raclement de gorge

(Il y a longtemps.)

(Ca s'est transformé en cancer de la gorge.)

(Je dois commencer un traitement tout à l'heure.)

(Je dois amener un pot avec mon sperme dedans,

sinon...

(je pourrai pas avoir d'enfants.)

(J'y arrive pas.)

(- J'ai une idée.)

(- T'as une idée ?)

(C'est quoi ?)

Elle chuchote.

(- Tu m'entends ?) (- Oui.)

(- Tu peux le poser.)

"'Comment me voit-il ?',

"'Comment me voit-il ?',

"se demandait-elle.

"Elle se leva et alla chercher un grand miroir

"qu'elle posa face à la fenêtre par terre.

"Puis elle s'assit sur un tapis, se regardant,

"et écarta doucement les jambes.

"Cela lui fit penser à la feuille d'un caoutchouc

dont il sort un lait sucré

"lorsqu'on la presse avec les doigts,

"une sécrétion à l'odeur particulière

comme celle des coquillages.

"Ainsi de la mer était née Vénus,

"portant en elle ce petit noyau de miel salé,

"que seules les caresses pouvaient extraire des profondeurs du corps.

"Elle ouvrit de ses doigts les petites lèvres,

"et se mit à les caresser avec une douceur de chat.

"D'avant en arrière,

elle se caressait comme il le faisait

"avec ses doigts sombres,

"plus nerveux.

"Mais avec quelle délicatesse il la touchait,

"Mais avec quelle délicatesse il la touchait,

"pensait-elle,

"frottant les petites lèvres entre ses doigts

"comme du velours.

"Maintenant,

"elle les massait comme lui,

"entre le pouce et l'index,

Respiration haletante

"tandis que de sa main libre, elle continuait les caresses."

Gémissement

Toux

Respiration haletante

Il faut que t'y ailles là.

- Ouais, t'as raison.

Faut que je me dépêche.

Merci.

- Tu sais où j'habite si jamais ça va pas.

- OK.

- Ouais ?

- Ouais, je vais pas perdre mes cheveux.

- D'accord.

Musique intrigante

...

...

Pleurs d'un bébé

...

- Pardon, excusez-moi.

J'ai essayé de rentrer de l'autre côté,

mais c'était fermé. - On attend son tour.

- Je dois juste déposer un truc au service procréation,

mais c'était fermé. - A cette heure-ci, c'est fermé.

- C'est fermé ? - C'est fermé.

- Repassez plus tard.

- OK.

Pardon, en fait...

- Vous faites quoi ? - Je dois amener ça...

Je dois amener ça au service procréation,

maintenant.

Pardon, mais je sais pas s'il y a moyen

Pardon, mais je sais pas s'il y a moyen

d'appeler le service, voir s'il y a pas quelqu'un

qui pourrait

demander qu'ils le prennent.

Parce que si je l'amène pas dans les 10 minutes,

je pourrai pas avoir d'enfants.

- Je vais voir.

- Merci.

Merci, pardon.

- Laissez ça dans votre poche,

y a des enfants.

- Pardon.

Musique intrigante

...

- Bonjour.

- Bonjour.

- Oui ?

- J'ai rendez-vous.

- Oui, entrez.

Votre nom, s'il vous plaît ? - Clavel Nino.

- Je vais prendre votre carte Vitale.

Merci.

En sortant,

vous irez au fond à droite. - D'accord.

- La personne qui vous accompagne est déjà arrivée.

A tout à l'heure.

(- Putain.)

J'ai cru que tu viendrais pas.

T'es sur répondeur, t'es pas chez toi,

tu m'as pas dit quel hôpital c'était.

- T'as fait comment ?

- Je les ai tous appelés.

Je suis désolé.

T'as peur ?

- Oui.

- M. Clavel ?

C'est lequel des deux ?

- C'est moi.

"In The Modern World" (Fontaines D.C.)

...

- Je peux ?

...

Comme les nouveau-nés.

...

Musique douceintrigante

Musique douceintrigante

...

Sous-titrage TITRAFILM

Sous-titrage TITRAFILM

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