All language subtitles for La.cour.des.miracles.2022.FRENCH.1080p.WEB.x264-FW

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Original subtitles

- Savez-vous planter les choux, à la mode, à la mode

Savez-vous planter les choux, à la mode de chez nous

- Pomme de reinette et pomme d'api D'api d'api gris

- Dans sa maison, un grand cerf, qui regarde par la fenêtre

un lapin venir à lui

Dans sa maison, un grand cerf,

qui...

Je la refais.

- Parlez de vous. - J'ai fait une école de commerce.

- Je fais du hand depuis 20 ans.

- Vous arrivez du Puy-de-Dôme ? - J'étais dans une ferme collective.

J'ai envie de transmettre.

- Mes parents étaient instit', mes grands-parents aussi.

- J'ai 4 filles, je les gère. Je vais forcément gérer 20 élèves.

- Qu'est-ce qui vous attire dans l'enseignement ?

- J'ai envie de transmettre... aux enfants,

de leur apporter de l'amour, de la joie.

- Pourquoi dans cette académie ?

- Pourquoi... pas.

Musique gaie

- Je sais pas du tout où est l'école.

Je sais pas du tout où est l'école.

Oui, bah, oui.

C'est des tours.

OK.

- Je cherche

l'école. T'es nouveau ? - Oui.

- Marion.

- Fabrice. - C'est galère

pour se repérer sans nom de rue.

Oh, putain.

- Les vrais Français, les blonds, ils sont où ?

- Avec le nouveau quartier, des blonds, vous en verrez plein.

Où vous allez ? - Voir le directeur.

- C'est moi la directrice. - Bonjour.

- Fabrice ? - Oui.

- Désolé, on a galéré avec... - On est là.

- Ca commence bien. Allez-y.

On en reparlera, Mme Nedjar.

- Vous m'écoutez pas, en fait. Attendez.

Ma belle-soeur dit que les enfants de la résidence

viendront jamais ici. - Bonne journée, j'ai du travail.

Va falloir s'activer un peu.

- Zahia ? Des nouvelles

de Steph ?

- Elle est enceinte.

- Je me taperai ses élèves. - Non, Ingrid.

Vous me suivez ?

- Ouais.

- T'avais dit 5 minutes.

Je peux y aller ? - Merci, Mickaël.

Les enfants, c'est votre maîtresse, Marion.

- BONJOUR. - C'est petit,

les chaises. - On en reparlera.

- Bonjour, les enfants. - BONJOUR.

- Vous allez prendre une feuille et écrire votre prénom dessus.

Ca vous va ?

- OUI.

- Je fais la même chose, j'écris mon prénom au tableau.

Rires

- Tu joues ? - Yes.

J'envoie un crachat vénéneux sur les tentacules parasites.

- Encore ? Mais non.

- Oui, et j'ionise avec un rayon réducteur.

- T'as plus de fioul. - Si, pour 1 Tokyo City.

- Comment ça marche ?

- Tape le code. - C'est quoi ?

- Chacun le sien.

C'est 25 copies par jour.

- Envoie ton code, abuse pas.

- Donne le tien. - Elle t'a demandé.

- A tous. - Je prends

les parents des bureaux. Ils t'en font.

- Les employés de bureaux, c'est rare, déjà si ils bossent.

- Si t'as un Indien qui tient un taxiphone, jackpot.

Tu peux avoir la couleur.

- Ca va, Thierry ?

Impeccable ?

- Oui. - Tu viendras

chaque jour ?

- Ah, très drôle. Je programme pas ma dépression.

Coup

- Thierry, ça fait 5 ans qu'il travaille, 5 ans qu'il doit mourir.

- Des chaises et un tableau,

je demande pas la lune.

- 3 + 4, 7.

- Vous faites rien.

Très bien.

- On les aura ?

- Y a pas le budget.

- Super. Je peux avoir le code ?

- Il suit celui

de Jérôme. - Et voilà.

Ton code.

- C'est personnel.

- T'es un crevard,

ma parole.

- C'est bon.

- Merci. - De rien.

Non, non.

C'est direct la gastro.

- A DEMAIN. - Au revoir.

Salimata, t'as encore mal ? - Non.

- Bien.

- Au revoir. - Au revoir, Kylian.

Brouhaha

Téléphone

- Salut, Marion, regarde qui est là.

Elle est contente de te voir.

- Comment ça va ? - Ca va.

- Ca va ? Tu m'inquiètes.

- L'ambiance est cool. - Et tes collègues ?

- Ils ont l'air sympa, on verra. - Tu nous manques.

T'as le bonjour de tout le monde. Dédel', Tom, Alex...

- On t'embrasse. - Moi aussi.

- Gros bisous. - Ciao, ciao.

- On fait quoi ? - Les enfants,

ici, c'est notre base. C'est là où on se regroupe.

On va définir un périmètre. Vous dépassez pas de cet arbre,

tout le long du chemin, là derrière, jusqu'à

cet arbre, d'accord ?

Faites ce que vous voulez.

Vous pouvez courir, vous amuser, observer les insectes,

jouer avec des pommes de pin, avec des bâtons.

On se fait pas mal, on fait pas mal aux copains.

Allez-y.

Allez vous amuser, allez.

Vous voulez lire ?

Y a de la peinture. Tu veux

faire quoi, Luc ? Tu veux lire ?

Bon.

- C'est quoi ? - C'est un petit jeu,

l'awalé.

- Il reste des F3 plein sud, très joli balcon.

- Bonjour. - Je suis à vous dans 2 minutes.

N'hésitez pas à appeler, j'ai laissé mon numéro.

Si vous avez des questions, on est là.

Bonne journée.

Je peux vous renseigner ? - Oui,

sur la Villa Harmonie. - Bien sûr.

C'est un investissement ? - Pour vivre avec mes enfants.

- OK, je vois. Le quartier Harmonie

a son école publique, juste au milieu.

- D'accord.

Comment être sûre

qu'ils iront là et pas là.

- Jacques Prévert ? - Oui.

La mixité, mais à petite dose.

- Je comprends. Je devrais pas vous dire ça.

La mairie a redessiné

la carte scolaire, les enfants iront à la nouvelle école.

- D'accord. - Bah, oui.

Les parents veulent les mêmes valeurs.

Matériaux durables, énergie verte. - Je comprends.

- Ils cherchent un confort social. - Merci.

- Je vous laisse ça, il y a les informations.

N'hésitez pas. Ca part vite.

Musique douce

- Marion !

Où vous étiez ? - On était au parc.

- On fait ce qu'on veut ?

- Je t'ai pas trouvée.

- Tu sors jamais sans autorisation.

- Oui, c'est clair.

- Et ça, là ?

- C'est de la terre. - T'expliqueras

aux parents.

- J'ai gravé mon prénom

avec un couteau. - Moi aussi, regarde.

- T'es inconsciente. C'est pas Koh-Lanta.

- Me parle pas comme ça.

Moi, je faisais pire.

- Mais pas ici.

- Venez,

on y va.

Klaxons

- Vous parlez de quoi ? - Sa nouvelle acquisition.

- D'accord. - Tu vas où, Thierry ?

- Banlieue sud. - Je suis super impressionnée.

- Non, à vélo, c'est dangereux. A la gare, je le mets dans le RER.

- Ah, OK.

- T'as dit direct. - Attends 2 minutes.

- C'est tout le temps comme ça.

- Monte, j'arrive. Je peux vous parler ?

- Thierry

s'est encore désapé ?

- Tu me lâches !

- La mairie

a redessiné la carte scolaire. Pas en notre faveur.

- Tes technocrates veulent nous la mettre à l'envers.

- Mille réunions pour rien.

- Et concrètement ?

- On va s'enfoncer. On verra jamais les nouveaux.

- Des problèmes de pauvres.

- Ce qui compte, c'est nos mômes.

- Je cherche une solution.

Faut pas que ça se sache. Je compte sur vous.

Brouhaha

- Bonjour, Zahia. - BONJOUR.

- Quoi ? - On veut parler

de la nouvelle école.

- 2 minutes. - Prends ton temps.

Zahia,

le ghetto, ça va.

Je veux que ma fille aille à l'école avec la France d'en haut.

Ne joue pas avec l'avenir de ma fille.

- C'est pour vous.

- Merci, Mme Diabaté. - Ma mère

s'occupe de mes enfants, de l'autre côté

de la résidence. - A 100 mètres.

- Elle s'est fait opérer. - Zahia, Nahim fait de l'asthme.

Sur les chantiers, je le vois,

les écomatériaux, c'est parfait pour lui.

- Soit ils vont dans la nouvelle école, soit dans le privé.

Je t'ai facilité la tâche. J'ai préparé la dérogation.

T'as qu'à signer et on est tranquilles.

- Mon problème est simple. Je ferai le ménage là-bas.

Je dois prendre mes enfants.

Je peux pas être ici et là-bas. Comment je fais ?

- Mme Nedjar, si les meilleurs s'en vont,

on sera une poubelle. - C'est

une poubelle. L'an dernier, combien Mehdi a eu

de remplaçants ? 5.

- Youcef sera avec Ingrid. - S'ils étaient tous comme ça.

Kaïs, pas d'instituteur depuis la rentrée, et c'est l'année du CP.

Chez les riches, ils auront

autant d'absences ? Ici, personne se bouge.

- Pardon ? Je peux pas vous laisser dire ça. Moi, je me bouge !

Mon fils, il est dans cette école.

- On n'est pas dans le même bateau.

Vous êtes directrice, et moi, mère au foyer.

La nouvelle école, c'est ma seule solution.

- Il y aura aucune dérogation.

Que ça vous plaise ou pas. Je lâcherai pas

cette école. - Je me bats pour mes enfants.

Avec ou sans vous, je les sors d'ici.

- M. Legros ?

Les parents veulent changer d'école.

- Bonjour. - La mairie soutient pas ?

- Evitez les vagues à la mairie, les budgets sont revus à la baisse.

- Il faut rien dire ? A l'inspection, pas de problème ?

- Je suis désolé, mais les temps changent, j'y suis pour rien, moi.

- Mais si, vous avez baissé les bras.

On se fait flinguer par le public. C'est hallucinant !

- Je dirais pas ça, mais je suis content d'arrêter.

C'est bien, le public attire ceux qui iraient vers le privé.

- Bah, non. Je suis pas du tout d'accord.

Vous savez comment ça se passe. J'ai pas d'enseignants, je galère.

- J'ai une solution.

Vous avez carte blanche pour recruter.

- C'est une blague ?

Vous me proposez Pôle emploi ?

Donc, c'est la cour des miracles.

- C'est pas à vous que je vais expliquer la Seine-Saint-Denis.

- A demain. - En japonais

J'en peux plus de l'animation. Je remplace Steph', non ?

- Seid, recommence pas. - Qui connaît mieux les enfants ?

- Franchement ? - Quoi ?

Bah, quoi ?

Musique douce

- Dans leur Harmonie, ils ont des ruches.

Trop de la chance.

- Tu t'intéresses aux abeilles ? - Bientôt, y en aura plus.

Sonnerie - Bonne journée, chéri.

- Bonne journée.

- Zahia ?

Ca va ? - Salut, Hama.

- C'est qui la campagnarde que vous avez embauchée ?

- Un problème ? - Aby parle de râteau.

C'est les espaces verts ?

- Abuse pas. La petite dit quoi ?

- Elle kiffe, c'est le pire.

Ca m'agace. - Oui.

Je vais m'en occuper.

- OK. - Salut.

- Salut. Un coup de main ? - Ca va aller, merci.

- OK.

- Vous sortez avec ce froid ?

- Vous voulez sortir dans le froid ? - OUI !

- Vous voulez décorer le sapin ?

- C'est pas un sapin, c'est du plastique.

- Allez les enfants, on se dépêche.

- Maîtresse, Zahia vient avec nous !

- OUAIS ! - Vous êtes contents ?

- OUAIS ! - Hé, tu vas où ?

- Lutins de la forêt, on peut rentrer ?

(Ils ont dit oui.) - Oui ?

Ils ont dit oui. - OUAIS !

- On met 2 points devant "pommes de pin" et on compte.

- J'ai fini. - Combien ?

T'as pas fini, alors. A toi.

- 11. - Y en a 11 ? T'es sûre ?

- Oui, 11. - Vous en avez

oublié une. - Dans ma main.

- Non, tu fais...

Je te montre et tu fais tout seul.

- Ah, ensemble ? - T'as compris ?

Vas-y. - Y a une noix qui est toute seule.

- Tu la mets dans un groupe. Il y en aura 4.

Par 2, pas par 1.

- 4, 6, 8, 10, 11.

- Par 2.

10.

- 12.

- Toi ? - Non.

- Il reste une chance.

- Ma soeur a 5 gosses. J'ai 100 balles

pour les enfants, alors Noël... - Noël,

c'est la ruine. Je déteste.

- Ta femme, tu mets 20 euros aussi ? - Je suis célibataire.

- Oui, c'est des économies.

- J'ai 10 neveux et nièces.

- C'est bon ? - Oui.

- Tu vas au ski ? - Je skie pas.

- J'ai un truc à dire.

- Je vais à Chamonix. - Oh, oh, vous m'écoutez ?

- Tu sais skier ? - Les gars ?

- On peut laisser les vacances ? C'est hyper important.

Je parle, Mickaël !

Ca fait un moment que j'y pense, que je cherche une solution.

J'ai trouvé. Je sais

comment sauver l'école. On la rend attractive.

Il pouffe. Ca te fait marrer ?

- Pas du tout.

- OK, alors l'idée, la voilà.

Tu peux arrêter ?

On est d'accord,

nos meilleurs élèves veulent filer à Harmonie avec les Parisiens.

On peut pas laisser faire. A nous d'attirer les Parisiens

dans cette école. - Super, comment tu fais ?

- On crée une école verte. - On fait venir la nature.

- Super idée. - Merci, Thierry.

- Je comprends pas.

Tu vas imaginer une jungle dans la cour ?

- Non. - Hé, Zahia ?

Je me plie pas en 4 pour tes bobos.

- C'est pas bobo. - Si.

On fait pas des courbettes

pour qu'ils daignent scolariser leurs enfants ici.

- C'est quoi, ces clichés sur les bobos ?

C'est quoi un bobo ?

- C'est toi. - Stop, là.

On peut laisser Marion exposer son projet ?

- Elle vient d'arriver. C'est sa 1re année.

- Justement, je propose des choses.

- Je débute. Le programme est compliqué.

- T'as peur de taffer ?

- Pardon ? - Laisse tomber.

- Fais ta maline.

-"4 enfants sur 10 ne jouent jamais à l'extérieur."

- Ici, c'est plutôt 10/10. C'est leur seule bonne note.

Rires

- Ca a pas l'air de vous toucher.

- C'est un cours ? On prend

des notes ? - Oh, Jérôme.

- Ca donne une idée. - "Problèmes d'apprentissage,

obésité..." On s'occupe de leur poids ?

- Ca expose une réalité.

- "Dépression."

- C'est la vérité. - Minute, papillon.

Thierry, faut pas afficher son carnet de santé.

C'est pas cool.

- La vidéo,

c'est une école en forêt au Canada. - Et on écoute.

- Anthéa...

Anthéa ?

- C'est joli.

- Ecoutez un peu. - Les gars.

- Un lac,

immense. - Chut.

- Fais moins de bruit.

- Ils mangent pas à leur faim. Ils sont rachitiques.

- Non... - Des biches.

- On a des rats devant l'école.

- Pire que les mômes. - Il y a des décennies,

les adultes d'aujourd'hui avaient accès

à la nature et à la connexion à la nature.

Nos enfants n'ont pas de connexion à la nature.

- Je trouve ça bien.

- Vous me chambrez avec le bio, mais j'ai de l'avance.

- Le déo bio, c'est pas de l'avance. - Ah, ah.

- T'as vu où on est ? Des biches, des forêts,

des étangs... - On va pas

faire ça. - On s'inspire.

- Si, justement.

Ils différencient pas un rhododendron et une tulipe.

C'est chaud, non ?

Non ? - Si.

- Y a trop de goudron dans la ville, dans le quartier, dans l'école.

Ils ont besoin de sentir la nature.

- Je suis d'accord, mais le délire écologiste...

- Je parle pas d'écologie, mais bien-être et santé.

Les effets sont oufs. La France est en retard.

- L'inspecteur dit quoi ?

- Il est déjà en retraite.

- On fait quoi ?

- Quelque chose qui vous fait vibrer.

Je vais faire un poulailler. - Et si rien nous fait vibrer ?

- Y a quelque chose. Tout est vibration.

- Comment tu vas prévenir

tes bobos ? - Croyez-moi, on en reparle.

Essayez d'y penser.

On fait ça vite.

Alimata ? - Oh, salut.

- Tu chausses

du 45, maintenant. - Vous aimez trop me vanner.

- Tu fais plus de crises comme en CM2 ?

- J'ai 13 de moyenne, ça va, non ?

- Et tes profs ? - "Peut mieux faire."

Ils sont relou.

- Mme Nedjar !

Je peux

vous parler ? - Oui.

- Bonjour. - Bonjour.

- J'y vais. - Salut.

J'ai besoin du listing des propriétaires de l'Harmonie.

- S'ils viennent ici, ils vont partir en courant.

- Vous voulez des blonds ?

Alors ?

- Je vous promets rien. - Je compte sur vous.

- C'est chouette ton idée. - T'aimes ?

- C'est culotté. Comment tu feras ?

- Bah... - J'avais aussi plein d'idées.

J'étais à fond, mais à force de prendre un mur, un mur, un mur,

c'est difficile. - Je comprends.

- Tout est laborieux, compliqué. Tu sers le système, pas les gamins.

- Ca dépend...

- Je pouvais plus accepter. J'ai envoyé ma démission.

Refusée : nécessité de service.

"L'école républicaine a besoin de vous, surtout ici.

Tout le monde veut partir." Bah, tu m'étonnes.

- Ouais.

- Les 3 autres fois : "Vous êtes en danger financier."

Il demande un business plan. Je peux plus le voir.

"On va pas vous abandonner." Qu'est-ce que ça leur fout ?

On peut parler avec toi.

- Ouais. - Marion ?

Tu veux quoi, toi ? - Quoi ?

- Pourquoi tu nous saoules ? - T'es agressif.

- J'y vais. - Tu veux quoi ?

- Je fais mon travail. - Reste tranquille.

- Parle pas comme ça. - J'ai une vie.

- Moi aussi, t'insinues quoi ? Je me planque pas !

- OK, Sarah Connor.

Vas-y, putain !

-"Durée indéterminée." Mais c'est dingue !

L'autre dépressif est absent. Ca va s'arrêter quand ?

- Mme Hammaoui ?

- Mme Nedjar.

- Les listing, c'est d'accord. - Vous voyez.

- Faudra attendre. A la mairie, ça parle.

- J'attendrai.

- J'ai une condition.

- Je me disais bien. - Mes enfants,

dans la nouvelle école.

Bonne journée.

- On se couvre bien, on met les écharpes autour du cou.

- Marion ? - Quoi ?

- Je te les laisse. - J'ai 4 élèves de Thierry.

- Je suis là pour me planquer. Ils sont où vos manteaux ?

- Derrière. - Vous allez en forêt. Merci.

- Excusez-moi, un problème de cantine.

Alors, Guillaume.

vous avez enseigné ? - Oui.

Après mes études d'ingénieur, j'ai pas trouvé de travail.

A la fac, j'ai encadré les travaux dirigés.

- Travailler, travailler, travailler, et encore travailler.

Nul ne va aller, ni comme ça ni comme ça, tout droit.

En arabe

- Je vous arrête, on va continuer en français.

- A la boulangerie, les enfants venaient prendre leur goûter,

toujours "Eric, ça va ?",

et tout.

Je pense que j'ai un bon contact.

- Jean-Pierre Defautreau. Vous étiez responsable RH.

- Oui.

Je suis devenu trop vieux, ils m'ont incité à partir.

- Pourquoi l'école ?

J'ai déjà refusé 2 offres de Pôle Emploi.

J'étais obligé de me présenter. Je n'ai pas le profil.

- Jusqu'à ce que ça rentre.

Si ça rentre pas, on fait quoi ?

Un coup sur la tête. Mais un petit coup.

- Et la nature ?

- J'ai des plantes aromatiques sur ma fenêtre.

- Comme tout le monde.

- Vous commencez demain.

- Demain ? - Oui. Y a un souci ?

- Ah non, non, je serai là.

- Je vous attends à 8 h.

C'est Guillaume, votre nouveau maître.

- Bonjour, les enfants. - BONJOUR !

- Vous allez sortir une feuille,

la plier et mettre votre prénom dessus.

- Y a plus grand ? - C'est pas à la carte.

- Ils parlent français ? - Ils sont tous français.

Les enfants ? - OUI ?

- Votre nouveau maître,

Jean-Pierre. - BONJOUR, JEAN-PIERRE !

- Bonjour, les enfants.

- J'y vais. - Je dois faire quoi ?

- Eh ben, enseigner.

Chants d'oiseaux

- On entend combien d'oiseaux ?

Luc ?

Non ?

Bon, ben, Sylvie. - La bécasse, le pivert.

Et... - Ouais ?

- Une grive. - Bravo. Tu l'épelles, Aby ?

- G-R-I

V-E. - Très bien.

C'est ça, la grive.

Brouhaha

- Tu montes une secte ?

- C'est chez toi, le boxon, là ?

- Vous voyez que non.

- Oh ! Rentrez en classe ! Qu'est-ce que vous faites là ?

Il est où votre maître ? A vos places et vous vous calmez.

Il est parti sans prévenir !

- Le jeune ou le vieux ? - Qu'est-ce qui se passe ?

Y a un boucan d'enfer.

- Je compte sur tes talents d'artiste, faut la transformer,

cette école. Tu vas écrire tout ce que je dis ?

- Sinon, j'oublie.

- Surveille l'orthographe.

- Sachez que je m'entraîne avec une application.

- Seid, arrête de me vouvoyer. - Vous êtes directrice,

je dois de vous vouvoyer. - Si tu surveilles tes fautes.

- Surveiller... ses fautes.

Je compte pas abandonner les enfants.

- Tiens, c'est la régularité

qui compte.

- Truc de ouf, j'avais le même à l'époque.

- T'as pas dû l'ouvrir souvent. - Non.

Du coup, j'oublie l'application ? - Tu fais tout.

- Tout ? - Oui, tout.

- C'est beaucoup.

- Tu veux enseigner ? - Oui.

- Voilà. File.

- Tout de suite ? - Oui.

- OK.

Merci. - Dépêche-toi, avant que je change

d'avis. - Je suis dosé.

Soupir - Je suis dosé...

- Bonne soirée. - M. Haimech, et ce bébé ?

- Pas encore, on attend.

- Allez.

Il souffle.

Bonne soirée. Travaillez bien.

Faites vos devoirs.

- Je suis la maman de Kaïs.

Vous êtes un professeur

à l'ancienne, professionnel.

- Je suis pas instituteur. - Ca va,

Jean-Pierre.

Tu es professeur des écoles. - Professeur des écoles.

- Ca fait plaisir. - Mme Nedjar, ça va ? Mehdi,

rien à dire. Faut continuer comme ça.

- Qu'est-ce qu'il fait là ? - C'est provisoire.

- Provisoire...

Allez, on y va.

- Je suis rincé, moi, rincé.

- On court pas !

Ca a été, quand même ? - Je suis exténué.

C'est dur. - C'est que le début.

Bah non, écoute, on fera sans.

Repose-toi. Ciao.

Ingrid se sent pas bien.

- Quelle surprise !

- Seid et Jean-Pierre sont avec nous.

Scooter

C'est maintenant que t'arrives ?

- J'ai l'idée.

- Qu'est-ce que tu vas sortir ?

- Tu vois, t'as trouvé.

- Je ferai du taï-chi.

Pour libérer les corps, réaligner un peu les énergies.

- Tu sais faire ça ? - J'ai fait 10 ans de kung-fu.

- Quel rapport ? - C'est la même chose.

- C'est raciste. - Tu nous présentes ?

- Noah, mon fils.

- Coucou.

- La garde alternée,

c'est compliqué.

- Ah, mon dos.

- Ce sera long ?

- Ici ou à la maison, c'est pareil. Va m'attendre à l'intérieur.

- Ah ! - Bof.

- T'as fait ça ? - Oui.

- Chapeau. T'as fait un CAP de dessin ?

- Après la prison. - Non, c'est pas ça.

- Seid, c'est bon. - Moi, je prop'... Excuse-moi.

- Merci. Mickaël, gère ton activité.

- C'est pas une activité,

c'est une philosophie, un état d'esprit d'un ordre supérieur.

- Ca veut dire quoi ? - Concrètement,

je vais me faire un petit rond. Que personne ne vienne là.

- Seid, fabrique les bacs. Compost, jardinières, tout ça.

Tu fais ça beau.

Jérôme, tes croquis. - Je maîtrise.

- Appuie-toi sur lui. - L'Algérie française, c'est ça ?

- Y a prescription. - Pardon ?

- C'était y a longtemps.

- OK, voilà.

Ca va, c'est pas un Rembrandt. C'est pour t'inspirer.

- Ca dés-inspire. - Je fais le poulailler.

- Fabrice, tu l'accompagnes. Inspire-toi du dessin.

- Qu'est-ce que je fais ? - Tu t'occupes des bacs.

- Noah, tu peux me passer les clous qui sont juste là ?

Merci.

Cherche comment on fait un pondoir. - Quoi ?

- Le lit des poules. Merci.

On va mettre un peu de paille.

Quand les poules se sentent bien, elles font un oeuf par jour.

- Un par jour ? - Tu savais pas ?

- Non. - Incroyable.

Et en plus... - Vous avez vu mon niveau ?

- Bah, non. - Vous me répondez pas.

- Il est nerveux. - Maman l'appelle la cocotte-minute.

- Elle est cool. - Ouais.

- Non.

Oh, merde, mais non,

ça...

- Je vais le faire.

Va chercher les pizzas.

- C'est dans mes cordes. - File tes clés.

- Maintenant ? - Non, cet été. Oui, maintenant.

- T'as le permis ? - On va manquer de bois.

Arrête, vas-y.

- Fais gaffe, j'ai tous mes points.

C'est une automatique, pas une 404.

- Faut participer. - C'est pas tout le monde.

- C'est pas toujours les mêmes.

Je suis allé chercher le café.

Tu fais quoi ?

Quoi ? - Rien ne te choque ?

- Bah, euh... non.

C'est joli. - Putain.

- Non, c'est pas joli ?

Ouais,

c'est des têtes de Suédois.

Fabrice ?

Les poules, faut les nourrir le week-end.

- On se relaye. - Ca me dérange pas.

Tu me laisses les clés, je viens.

- Tu vas pas t'en occuper seul. - Y a des systèmes.

Tu mets des réserves. - Voilà.

- Ca me dérange pas. - Prends une pizza.

- Un coin biblio, à l'extérieur, sous une forme de serre, tu vois ?

- On mettrait des néons, on ferait pousser de la bonne, bio, bien-sûr.

- Jérôme. - Pardon.

- Non, mais je connais. Mon père fume, ça le calme.

- Mon Dieu...

Musique gaie

- Carrément ? - C'est cool.

- Les petits s'approchent pas. - Je maîtrise.

- Le plastique, c'est écolo ?

- Marion a dit "la récup'". - Si Marion le dit...

- Je fais ce qu'on me dit. - Continue, t'es l'artiste.

- On me dit A, je dois faire B, et quoi, après ?

- Vas-y. - Vas-y.

- OK. Bah...

La voiture, c'est pas le mieux. T'es directrice,

montre l'exemple. - Tu chambres ?

Tu t'intègres.

Tu peux pas faire des fautes pareilles.

A 50 ans, tu seras toujours chez tes parents.

A 32, c'est limite.

- Alors là, ça me dégoûte. Je trouve ça injuste.

J'ai vraiment envie de faire ça. Tu comprends ?

Je m'y vois, en fait.

Dans 20 ans, les mômes vont te remercier

d'avoir appris à lire, à écrire.

- Tu veux me faire pleurer ?

- Mais non. On frappe.

- Tu fais les SEGPA ?

- Kamel, ça va ? - Ca va. Tu sais pourquoi

je suis là.

T'as mon trousseau. - Les laisse pas traîner.

- Mauvaise foi. - Mauvaise foi ?

- Après

20 ans de mariage, tu sors ça ?

- Vous êtes trop mignons. - Ca va, Seid ?

- Et tes parents ? - Ils sont au bled.

- Et les frangines ? - Sabrina taffe.

Leïla continue son CDD et Nadia

est embauchée. - Je vous dérange

pas trop ? - Je peux prendre Nahil ?

Je rentre. - Oui, j'en ai pour un moment.

Reprends. "Que j'aie écrit."

- Que j'ai... - Que j'aie...

- S ? - Non.

- Tu vois, mon fils ? Un âne

n'est pas un cheval. Je t'attends pas pour dîner.

- A plus. - Ciao.

Ai ai. - Ai ai.

- Ca se passe ici.

Ca fait 20 fois que je le dis. "Que j'aie écrit."

"Que j'aie." - "Que j'ai..."

C'est pas S, pas T.

Tu vas faire tout l'alphabet ? AIE.

- E ? - E.

T'es surpris ? - Je l'entends pas.

- Youcef, assis.

Vous rigolez ? Vous avez quoi, là ?

Je comprends pas. Elle frappe.

- On a besoin d'aide pour le tipi.

- OUI !

- Lutins de la forêt, est-ce qu'on peut rentrer ?

Ils ont pas envie,

aujourd'hui. - Attends.

Ils sont très contents. Ils sont contents de nous voir.

- OUAIS ! - On va s'installer.

- Si, on retire une ?

- Non, tu peux la remettre, si tu veux.

- Tes parents ?

- Non, c'est mes potes de la ferme, la ferme collective où je vivais.

- Collectif, en communauté, on porte des sarouels, on écoute du reggae.

- Le cliché ! - Je sais pas.

- On cultivait tous ensemble,

on avait du fromage, des bêtes, des légumes,

une épicerie.

- On va goûter.

- Ca se mange, c'est des pétales.

- Ah, ouais ? - Ouais.

C'est trop bon.

- Voilà, magnifique ! Ah, merde, c'est quoi ça ?

Ah, ça se sauve, putain.

Ah, putain, merde.

Putain, merde.

- En position du cavalier. On commence, respirez par le nez.

Soufflez par la bouche en descendant.

Inspirez par le nez, on expire. On se sent comme flotter.

On va commencer à explorer les mondes parallèles.

En allant sur le côté, voir dans les autres univers

si y a quelque chose à puiser. On inspire.

On expire et on ressent

une petite épaisseur. On descend et on inspire.

- Ca vous plaît ?

- On faisait ça avec le papa de Luc. Mais maintenant, il est mort.

On peut plus le faire.

- On se sent

dans une suspension magique.

Et on va venir

implorer le ciel.

- En chinois

- Son mari est mort l'été dernier dans le canal.

On sait pas comment.

La police dit suicide.

- Je suis vraiment désolée. -

- Luc, comment il vit ça ?

Luc parle à la maison ?

- Il est vraiment important que Luc voit un psychologue.

- Si, si, il voit le docteur

tous les mercredis mais parle pas.

- OK.

J'ai mis mon téléphone.

Appelez à n'importe quel moment.

- Merci. - Merci.

- Je vous en prie. - AU REVOIR.

- Merci, Zahia.

- Ca va ?

- Non, ça va pas.

Je suis nulle.

- Carrément ? - Je parle

de forêt, je parle de nature.

Je vois pas qu'il vit un truc de ouf.

Il parle pas, il dit rien.

Comme une conne, je croyais que c'était à cause de la langue.

Je sais pas.

J'ai honte. Je me suis même pas

posé la question. C'est super grave.

C'est non-assistance à personne en danger.

- N'abuse pas, OK ?

- T'as raison, je suis chiante.

Normalement, je suis drôle, sympa. Les gens m'apprécient.

J'ai pas de problème.

- Tu peux pas être Sarah Connor et Florence Foresti.

C'est dégueulasse, putain. - Oui, c'est affreux.

Musique gaie

Quelqu'un siffle.

- T'as l'air content. - J'ai parlé à la mère chinoise,

Catherine. Elle parle peu français.

Elle a tout compris.

Ils ont acheté une chambre dans le 5e

pour scolariser leurs enfants. Comme quoi...

- Quoi ? - Quand on veut, on peut.

Klaxons

Je comprends pas. - Je me disais aussi.

- Les Chinois ont des brasseries, les Antillais sont fonctionnaires.

- Et les Arabes ? - On se demande.

- Ils préparent les attentats. - N'importe quoi.

- A droite.

- C'est pas forcément réac'. - Fallait tourner à droite, JP.

- Fallait dire plus tôt. - C'est pas grave.

- On fait quoi ?

- T'inquiète.

Ca va ?

Viens m'aider. - Qu'est-ce que c'est ?

Tu veux mettre ça où ?

- Tu vas kiffer, mon gars.

- Ca va jamais tenir. Je l'ai nettoyée hier.

- T'inquiète.

Oh, putain. - C'est dégueulasse, ton truc.

- Bougez, on va se faire griller.

L'homme frappe.

T'as rien oublié ?

- C'est de la drogue.

C'est de la drogue.

Putain.

Sérieux, Seid.

Je suis grand-père, moi. Je suis clean, moi.

J'ai pas envie de finir en prison.

Je devrais être chez moi.

On risque le pénal avec tes conneries.

- Tu donnes aux banlieues, un don humanitaire.

- Super ! Pourquoi tu fais ça ?

- C'est mon quartier, c'est normal.

Vas-y, speede, JP !

Aïe !

Merde.

- Tu vas faire quoi ? - C'est pour toi.

Une serre pour tes bouquins.

- Ca va où, ça ?

Impeccable, vas-y, ma grande.

Le papier, ça va où ? Très bien.

Parfait.

- C'est mon caca de ce matin. Il faut économiser l'eau.

- Des épluchures, super. Ca va aussi au compost.

- Voila. Maintenant, poussez.

- J'ai une surprise pour vous. Venez me voir.

Vous avez une idée ? - NON !

- Regardez. Cris de joie

Des poules.

- Trop mignonnes. - Luc, tu veux la caresser ?

Tu demandes ?

Vas-y, caresse-la.

- On peut vous montrer ?

- C'est notre pause. - C'est vous ?

- Ouais. - C'est toi, là ?

- 9 000 vues, la honte.

- Calme-toi. - Montre.

Rap

C'est toi, ma parole. - Monte le son.

- Je t'avais pas reconnu. Dans la rue, c'est des hyènes

Y a des noirs, des rabouzes

- Tu connais bien. - Bien sûr.

Je suis ému. Pourquoi tu caches ?

- Je cache pas.

C'est là, hein.

- T'es un rappeur. Qu'est-ce que tu fous là ?

- Avec ton orthographe, qu'est-ce que

tu fous là ?

- Toujours la bonne répartie. Ca fait plaisir.

- Les téléphones, c'est interdit. Tu veux que je le dise à ta mère ?

Allez, c'est bon.

- Je te l'avais dit ! Vas-y je m'en fous.

Rap

Caquètements

- T'es contente ?

- Quoi ? - Je me fais inspecter dans 3 jours.

Je peux pas faire sport, vu le bordel.

- L'école

évolue. - Ouvre les yeux.

Où on est, les mômes partent

avec zéro chance. - Euh...

- Je veux qu'ils sachent lire, écrire et compter.

- Et réfléchir.

- Tu comptes les glands, les autres avancent.

Les maths, le français, y a que ça de vrai. Les tiens

feront CAP jardinage !

Caquètements

- Hallucinant.

Oh...

- Alors, Mr Legros, on se promène ?

- Me faire ça à moi, à 2 ans de la retraite ?

- Oh...

- Et les allergies. La grippe aviaire.

Et demain, c'est barbecue ?

Vous me laissez pas le choix. Je vous colle un rapport.

Je cautionne pas ça.

Franchement. Ouais, je l'aurai prévenue.

- Oh ! Faut tout vous dire

5 fois, le matin ! T'espionnes,

maintenant ? - Marion va pas à la ferme ?

- Elle a pas le temps. Jean-Pierre part à sa place.

Tu fais quoi ?

- Ca va ?

- Ca part pas. - Faut frotter plus, Djibril.

- Je mets ça ? - Un petit peu.

- Ca sent mauvais. - Pas trop.

Voilà, c'est bon.

Super.

Vous avez bien avancé, bravo.

- Y a une mouche.

- Ils vont plus tarder. - Je suis désolé.

Le car nous a laissés à l'autre bout.

Voilà.

Bonjour, madame. - Ca s'est bien passé ?

- Oui, une bonne journée. Je suis assez heureux.

- Excusez-moi, il est où Kaïs ?

- Kaïs, Kaïs, il est...

- Il est où ? - J'en sais rien.

Quelque part ! - Vous en savez rien ?

- Tu as compté ?

- Bien sûr ! 3 fois ! Ils étaient 12, 12 !

- OK, on va le retrouver.

- Vous êtes instituteur ! Il est où ?

- Je suis pas

instituteur. - Quoi ?

Inadmissible.

- C'est elle ! - Pas maintenant.

- C'est elle qui a insisté ! C'est pas mon travail !

C'est pas mon travail !

- J'appelle la ferme.

On va le retrouver. - A 6 ans, il est

tout seul avec des pédophiles et des drogués,

des malades ! - Avec le scooter,

je vais chercher votre fils. - La compagnie des cars

a un môme qui dort au dépôt.

- Mickaël, reste là.

- Pardon. - Seid et JP,

récupérez-le. - Moi ?

- Fais ce qu'on te demande.

- Ca va pas se passer comme ça !

C'est très grave. - Mais on l'a retrouvé.

- C'est quoi ça ? Nos enfants, c'est des sacs ?

- On a le droit. - Vas-y, vas-y.

- Non, ça, c'est les règles.

- Ca craint.

- Bac + 13 et tu fais de la grosse merde.

- Ils se ressemblent tous.

- Les gars ou les cars ? - A ton avis.

- Salam.

- Salam, Seid. - Ca va ?

- Vous abusez.

- C'est lui.

- Venez.

Je vous ai balancé au chef.

- Faut compter, surtout une classe de 12 !

- Tu m'étonnes.

- Ca servait à quoi de les compter après ?

Ils allaient pas sauter. - La preuve.

- Il est au fond à gauche. Monte. Il dort.

Je l'ai pas touché, moi.

- Kaïs ?

Kaïs ?

- Tu l'as ramené d'où ? - Ah, laisse tomber.

- Ca va, mon fils ? Ca va ? Tu vas bien.

Un qui perd les enfants,

un analphabète. - Moi ?

- Je fais moins de fautes. - On l'a retrouvé.

- Les listing, vous oubliez. Je vais mettre mes enfants à côté.

- Les listings ? - C'est quoi, ça ?

- T'as promis quoi ? - 3 dérogations.

- Vous aviez une solution ?

- Jardiland, faut arrêter.

- Jardiland ? De quoi tu parles ? Tu la joues perso. T'as fait quoi ?

- Ca fait 15 ans que je bosse ici ! On a jamais perdu un môme !

C'est de ta faute.

Tu devais faire la sortie scolaire !

Touche pas !

- C'est bon.

Ingrid a raison, on arrête.

- L'école verte, tu la veux pas pour tes mômes !

- On y va,

Nahil ? - Wouah !

La montée d'hormones !

- Ta gueule !

- OK.

Musique lente

- J'ai envie d'aller à Georges Valbon, comme Youcef.

- Tu vas pas t'y mettre. C'est vraiment pas le moment.

- C'est jamais le moment. Tu penses qu'à ton école.

- Marion, fouille pas. - Tu caches des trucs ?

- Si tu savais...

- Waouh.

Pourquoi arrêter ?

- Pour faire ce dont j'avais pas envie.

- Ca te manque ?

- J'ai changé.

- On va voir ça.

- Non, non. - Un petit peu.

- Non. - Quelques secondes.

- Oh, là. - Comment ça marche ?

- Débrouille-toi.

Vas-y.

C'est la misère ici Si tu t'en sors, je te félicite

- Ah, ouais.

- C'est vieux. - Non, c'est bien.

OK.

Caquètements

- Pch, pch, pch.

Ne m'aide surtout pas.

Non, Luc.

- Elle va retourner

à la campagne. - C'est ici, sa maison.

- T'as raison.

Tu veux nous priver de ça ?

Ils s'éclatent, là.

Je comprends pas.

C'est toi. - Ouais.

Cathy,

fille de médecin, Thomas, des parents musiciens,

Benjamin, fils d'ingénieur.

Et moi, fille de routier.

Tu remarques rien ?

- Moi,

ça me donne envie de continuer.

- Tu rentres,

tu prends le disque dur, et voilà.

- Et voilà, et voilà. C'est pas si simple.

- Tu veux pas le faire ?

Il souffle.

- T'as raison.

On va la sauver, cette école. On va faire acte de résistance.

- On va se faire griller.

Je vais le faire. - C'est à moi de le faire.

Alarme - Putain.

- Ca va ?

- Merci.

- SALUT.

- Salut, Ingrid. - Exceptionnel !

- Waouh. - Bonjour, tout le monde.

- Ca va ? - Ca va. Bonjour.

- Ca va ?

C'est fête.

- Y a

des pains au raisin ?

Des pains au raisin ? - BONJOUR.

- Des chaussons aux pommes ? C'est trop bon.

- Ca va ? - Ca va.

- Seid sourit comme un idiot.

Il a chopé ?

- Arrête.

- J'ai chopé.

Pas ce que tu crois.

- Antoine Rinault, Flore Castaldi... C'est quoi, ces noms ?

- Ils se sont perdus.

- C'est la résidence ?

- Le listing des proprio. - Tu l'as fait ?

- T'étais au courant ? - De mieux en mieux.

Je dis plus rien.

- C'est carrément

no limit. C'est un état de non-droit.

- Zahia voulait le faire. Directrice, mère, on s'en occupe.

- Comment ça "on" ?

- JP, l'artiste,

a sévi ?

- Non ? Jean-Pierre ? T'as pas fait ça ?

Pas toi ? - Je te devais bien ça.

- Je suis touchée.

Merci, Jean-Pierre.

- Joli !

JP, président ! JP, président !

- Et Seid, alors ?

- C'est pas pareil.

- Comment ça ? Il a déclenché l'alarme, je l'ai récupéré.

- Je veux pas savoir. Je veux pas être complice.

- Comment il était flippé avec l'alarme, comme ça.

- Normal, j'étais flippé.

- Moi, j'étais pas flippé, j'étais cool, mon canard.

Ma petite belette.

- C'est bon,

on compte sur vous ? - Georges Valbon ?

- Mais non, Jacques Prévert.

- Ca m'intéresse pas.

- Comment ça ? - Au revoir.

- Je le crois pas.

- Tu vas les mordre ?

- J'avoue.

- Faites-moi voir ça. Tiens.

- Madame Rivière ? - Oui.

- Heureux de vous compter parmi nos futurs habitants.

- Vous êtes ?

- Jean-Pierre Defautereau, professeur à Jacques Prévert,

près de la résidence.

- Et alors ? - Je vous l'annonce,

Jacques Prévert est une école verte. Ca vous parle ?

- Vaguement.

- Normalement, c'est 800 E par mois. Nous, c'est gratuit.

C'est les portes ouvertes

le mercredi 17 mai. Pouvons-nous compter sur vous ?

- C'est jouable. - Evidemment,

la présence des enfants est recommandée.

- J'ai pas d'enfant. Je peux venir

quand même ? Allô ? Rires

Caquètements

Bêlements

- Regarde les moutons. - Bonjour, ça va ?

- Il est bien celui-là. Zahia, ça va ?

- Salut, Hama. - Je te laisse Aby.

- Ca marche. - Elle voulait venir.

- Vas-y, Marion t'attend.

- Vous avez des moutons ? - C'est Seid.

- Merci, Zahia.

- Salut. Bonjour, bienvenue.

Au fond du couloir, c'est fléché.

A tout à l'heure.

N'ayez pas peur, venez.

Ils vont pas vous manger. Les Nedjar au complet.

Ca fait plaisir. - On vient voir.

- Vous connaissez le chemin. - Merci.

- Bonjour, bienvenue. - Merci.

- Bonjour, bienvenue. A l'intérieur, c'est fléché.

- Bonjour. - Bonjour, mademoiselle.

Eau

- Ca marche. Applaudissements

On a construit ça avec les enfants, avec du matériel de récup'.

Le but, c'est de ramasser l'eau.

Une fois les bassines remplies, on peut arroser les plantes.

Musique gaie

- Excusez-moi. Une bibliothèque en plein air, c'est pas écolo.

- Comment ? - Vous chauffez ?

- Pas du tout. - Faut s'attendre à des bronchites.

-"Il n'y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements."

- On embrasse le ciel, on va puiser l'énergie dans la terre.

On ramène à soi et on déplace les montagnes.

- Vous me suivez ?

C'est un bac à carottes.

- Elle est belle. - Vous voulez la caresser ?

- Plus tard, peut-être. - Elle va pas mordre.

- Vous avez insufflé une énergie incroyable.

- Merci.

Tu la prends ?

- Excusez-moi, je pourrais avoir un peu d'attention ?

S'il vous plaît. Vous m'entendez ?

Oui ? Bonjour.

Je vous redis bonjour.

Merci d'être venus aussi nombreux

à ces portes ouvertes.

C'est très important.

J'invite toute l'équipe à me rejoindre : Mickaël,

Seid, Jérôme, Jean-Pierre, Marion, Fabrice.

Applaudissements

Merci pour eux.

Vous avez vu à travers les différents ateliers,

l'esprit de cette école, l'esprit qu'on a insufflé.

Sachez que nous en sommes très fiers. Et je remercie celle

qui est à l'initiative de ce projet fou, et je lui donne la parole.

- Oui !

- Je peux dire que j'ai vraiment l'habitude des projets collectifs.

J'en ai fait beaucoup.

C'est la 1re fois avec des enfants.

Et j'ai beaucoup appris.

- On passe à la suite.

Juste pour vous dire qu'on a une star ici, pour moi en tout cas.

- Vas-y, arrête. - Un rappeur mythique.

On va relancer sa carrière.

- Je suis passé à autre chose. Il y a la relève : Nahil et Youcef.

Ils ont préparé un truc stylé.

Allez, encouragez-les vraiment.

- On a écrit

un texte, avec notre prof Fabrice.

Dédicace à toi.

Je commence.

Certains disent : c'est trop tard. Moi, je dis que j'ai de l'espoir

L'espoir d'une réparation pour notre génération

Comme un vol de Mère Nature Comme un vol à l'état pur

Ma mère qui m'a porté

Je la laisserai jamais tomber

- Merci, mon chéri.

- Mais dis-moi ce que t'as fait

Raconte-moi tes méfaits

Des arbres coupés, des animaux flingués,

de l'eau gâchée et des vies en danger

Brouhaha

- Bravo.

C'est impressionnant ce que vous avez déployé.

Ca donne à réfléchir. - Ah, chouette.

- On vous sent hyper impliqués. Ca fait plaisir à voir.

- C'est le cas. A l'an prochain. - Avec joie.

- On se prend quoi ? Du rouge ?

Rires

Quoi ? - Tu te crois à Paname ?

- Quoi ? Y a pas d'alcool, c'est ça ?

C'est pas possible.

- En tamoul

- Tu parles indien ?

- Tamoul, un peu. Avec les parents tamouls, fallait m'y mettre.

- Bien joué.

Tu peux aller en acheter. - C'est ma tournée.

- Hé !

Au concours du 93, ça recrute à 5/20. Je peux.

- 5/20 ? Oh, ouais, c'est l'élite.

- Y a pas que ça. - Toi, tu viens ici par choix.

C'est beau,

les cités ? - T'es allé à Roubaix ?

A Roubaix, c'est très précaire. - Seid,

à St Etienne, on a des téci aussi.

- Des téci. - Et pas des jolies jolies.

Vous n'êtes pas le nombril de la France.

- Ni la France.

Marion, tu vas pas

retourner dans ta campagne ?

- Ma campagne, c'est pas le paradis. Et je suis bien ici.

- HOU... - Si on dérange,

vous nous le dites. Faut pas retenir des pulsions.

- Arrête. - Je viens d'ailleurs.

J'ai trouvé ma place, ici. - Oui.

- Normal, tu viens de Moselle.

Rires

- Et alors ? - Personne veut y revenir.

C'est les faits divers sales en forêt.

- Ma tante vit là-bas, c'est compliqué.

Elle s'est faite violer des fois au cours de joggings.

- C'est pas drôle. - Petit con.

- Petit con.

- Tu délires. - C'est pas faux.

- A St Etienne, y a pas tous ces trucs-là.

- Tu saoules avec tes corons.

- C'est pas à St Etienne, revois ta géo.

- Je vais retourner à Grenoble. - On va te manquer,

arrête. - Toi, le reste, pas certain.

- Ici, je suis très bien. Mais vous venez

gratter mon taf. Sans vous, je serais titulaire.

- D'un carton au supermarché.

Rires - Enfoiré, va.

Musique rythmée

- Fais comme je t'ai montré.

On se salit pas avec la terre. On se salit jamais.

- Avant d'en faire une autre, faut faire ça bien.

Mettez vos mains dans la terre. Tu peux, tu peux.

Faut donner beaucoup d'amour. Les plantes ont besoin d'amour.

- C'est vrai. - Oui.

On tapote, on tapote. Voilà.

- C'est une vraie passion.

- Plus que jamais. On a fait un carton.

- J'ai entendu ça, oui.

- Combien vont venir ?

- Et c'est pas tout.

Le rectorat vous colle

un blâme.

Vous ne m'écoutez jamais.

- Y a qu'une seule plante. On a fait n'importe quoi.

- Non, t'as pas fait n'importe quoi.

- Voilà nos plantes. 2 plantes en même temps.

- Regardez, c'est pas assez profond.

- Merci, au revoir.

- Suivant.

Je vais faire ta lettre.

- Merci.

C'est pas contre vous.

Vous êtes une bonne directrice. Vous avez fait

au mieux, mais ça change rien.

C'est comme ça.

Merci pour tout.

Elle soupire.

- Suivant.

Musique douce

- Waouh ! C'est beau.

- Ca va, n'exagère pas.

- Entrez, entrez.

Bonjour.

- Bonjour.

- J'ai rien dit

avant d'être sûre. - Je vois ça.

- Alors, Nahil...

Voilà, j'ai besoin d'une signature.

Merci.

On en est tous à faire des compromis.

- Peut-être, oui.

- Je préfère la montagne à la mer. - Non.

En été ? - Bah, oui.

Tu nages dans des lacs.

Tu as des paysages de ouf, tu fais de la rando.

- Vous êtes encore là ?

Vous me kiffez trop ?

- On vous a battu sur YouTube.

- 16 000 vues, c'est ouf.

- 16 137, exactement.

Eh ouais, on vous a battu.

- On a percé. - On est des stars.

- T'es pas une star des notes, Youcef.

- Tu vas me manquer, enfoiré.

- Toi aussi.

Bon, allez.

Tu prends soin de toi. - Bien sûr.

- Dès que tu as un plan pas catholique, appelle.

- Avec plaisir. - Dacodac ?

Musique douce

Musique rythmée

- Va voir ta maîtresse.

- Bonjour.

- Oh, merci, ma chérie. Mais c'est pas grave.

- Merci.

- Oh ! T'as passé de bonnes vacances ?

- T'as mal aux pieds ? T'as les pieds qui traînent.

Cri guerrier

Sous-titrage : Polyson

- Bonjour à toutes et tous. Bon, je tenais à vous féliciter.

Vous avez réussi le concours.

Bravo. Bienvenue en Seine-Saint-Denis.

Je suis votre prof principal. - T'inquiète.

Tu viens d'où ? - De Moselle.

Quoi ?

- C'est chaud, la Moselle, c'est sinistré.

- Pas plus que ça. Tu viens d'où, toi ?

- Moi, je viens d'ici.

- S'il vous plaît !

Parlez pas en même temps que moi.

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