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Sacha ?
Sacha ?
Il
y a quelqu 'un ?
Si ça le fait pas avec la famille d 'accueil ? Eh ben tu t 'en dégotteras
autre.
Et s 'ils me trouvent toutes super nazes au lycée ? Qui ? Toi, super naze ? C
'est pas possible.
Et si jamais au bout d 'un mois ça me saoule et que j 'ai envie de rentrer ?
Luna, si c 'était ça, je viendrais te chercher à Paris en personne.
Tu sais que t 'es le meilleur papa du monde, non ? Bon écoute, tu
me téléphones quand tu veux, d 'accord ? Quelle que soit l 'ampleur du problème.
Donc si la tour Eiffel est plus moche que ce que tu croyais, je veux le
Ou si les croissants te sortent très vite par les yeux.
Ça, je crois qu 'il n 'y a aucune chance.
On en reparlera.
Ça va aller, ma chérie.
Tu me fais signe dès que t 'es arrivée.
T 'as oublié quelque chose, ma pute ? Hoffman ? Oui, pardon.
Qu 'est -ce qui se passe ? Oui, d 'accord, je préviens comme la tchèque.
Oui.
Comme la tchèque.
Quoi ? La Villa Berg, le pavillon de chasse.
Oui, on se retrouve sur place.
Comme la Tchèque ? Comment vous avez fait pour arriver si vite ? Il se trouve
que j 'habite tout près d 'ici.
Et la victime, c 'est Sacha Fetcher.
Sacha Fetcher ? Quoi, le type des enquêtes de la commissaire Alberti ?
même.
Si quelqu 'un veut bien m 'éclairer... Eh bien, Sacha Fetcher est un auteur de
polars qui s 'est fait un nom en écrivant des romans basés sur de vraies
affaires criminelles.
Une année, on m 'a offert un de ses bouquins à Noël.
J 'ai d 'abord cru que l 'auteur était une femme.
Ce qui est sûr, c 'est que tous ses livres sont très bien écrits. Et il y a
vrai travail de recherche.
Et beaucoup de suspense jusqu 'à la fin. C 'est clair.
Ok, les groupies, on peut enfin aller voir le corps ? Où il est ?
Bonjour.
Bonjour, Aya.
Ah, bonjour.
Alors, ça dit quoi ?
Eh bien, température du corps, 31 ,4 degrés. Donc ce monsieur est mort depuis
heures, grosso modo.
Sur les minuites, donc.
L 'heure du crime.
C 'est une circonstance.
Cause du décès ? Un coup de couteau, pile dans le cœur.
Mais il y a un truc bizarre.
Habituellement, ce genre de blessure occasionne une perte de sang bien plus
importante que ce qu 'on peut observer ici.
Ce qui veut dire ? Faut voir, peut -être des troubles de la coagulation.
Et pour ce qui est de l 'arme du crime ?
Retrouvée par terre, elle traînait sous le lit.
Qui est -ce qui a trouvé le corps ? C 'est sa femme.
Elle est au rez -de -chaussée dans le salon.
Elle est énorme, cette braque. Elle est faite surhabiter seule ? Presque. Il y a
l 'intendante et sa fille qui vivent également dans la maison.
Madame Fletcher ? Commandant Hoffman, police criminelle.
Vous voulez bien me décrire dans quelles circonstances vous avez trouvé le corps
de votre mari ? J 'ai...
Je me suis réveillée parce que j 'ai entendu un bruit.
Je me suis levée pour voir d 'où ça venait.
Vous ne dormiez pas dans la même chambre, votre mari et vous ? Sacha
Surtout quand il avait bu.
Est -ce que vous avez touché le corps ? Il était encore chaud. J 'ai même...
J 'ai même cru que... Peut -être, mais...
Vous aviez de la visite hier soir ? Oui.
C 'est ce qui reste de la lecture.
C 'était quoi cette lecture ? Un événement de bienfaisance réunissant des
amoureux des belles lettres.
Sacha a lu des passages de son dernier roman.
Il y avait combien de personnes ? Juste quelques invités, tous triés sur le
volet.
J 'ai aidé Mme Fetcher à organiser la lecture qui a eu lieu hier soir, à
installer le buffet, ce genre de choses.
Vous avez eu affaire aux invités ? Non, pas vraiment.
J 'avais proposé mon aide au débarrassage, mais Mme Fetcher a dit que
pourrait attendre le lendemain.
Vous vous êtes retirée à quelle heure ? Je me suis couchée à 22h30.
Vous aussi, vous étiez dans votre chambre ? J 'entends encore les cris de
Fetcher.
Il était quelle heure ?
Je dirais minuit, un truc comme ça.
On s 'est toutes les deux précipitées en bas pour voir ce qui se passait.
La situation paraissait totalement irréelle, comme dans un film d 'horreur
presque. Comment ça ? Il faisait nuit noire, la lumière marchait pas.
Les plombs avaient sauté.
Ça arrive souvent ? Non, l 'installation électrique est un pas qui j 'ai
éveillé. J 'ai vu trop de chalets partir en fumée.
Chaque participant devait faire un don à une organisation qui s 'engage pour l
'aide aux victimes de violences.
Et en échange, ils avaient droit à une soirée en compagnie de Sacha Fletcher, c
'est ça ? Lecture puis discussion conviviale, là où il travaillait à l
de son prochain livre.
Les gens aiment bien ça.
Vous la louez, cette demeure ?
Sacha a acheté la ville à Berg il y a environ un an.
Il a toujours été fasciné par son histoire trouble.
Hier soir, il s 'est passé quelque chose ? Quoi que ce soit d 'inhabituel ?
Pas de dispute ou d 'admirateur envahissant ?
Sacha a toujours su contrôler la meute de ses
fidèles adorateurs. Ce sont ses termes, Palémia.
Il avait un charisme incroyable.
C 'était quelqu 'un de solaire.
Tout le monde l 'aimait.
Vous savez à quelle heure la soirée s 'est terminée ? Peut -être 22h ou 22h30.
J 'avais l 'intention de ranger une fois tout le monde parti, mais en fait, j
'étais trop fatiguée. Je suis rapidement allée me coucher.
Il était quelle heure ? 23h.
Je vous remercie.
Votre robe de chambre, il faudra la remettre à mes collègues.
Ça se passait bien entre vous et les Fetcher ? Quand ils ont racheté la Villa
Berg qui appartenait à la commune... Je sais que maman a eu peur qu 'ils la
mettent à la porte.
Mais ils l 'ont gardée. Je pensais qu 'ils allaient faire rénover la villa de
fond en comble et qu 'après, ils n 'auraient plus besoin de personne.
Mais M.
Fetcher voulait que tout reste tel quel.
Il manquait d 'argent pour les travaux ? Il a dit que pour pouvoir arracher ses
secrets les plus sombres à la maison, il fallait y toucher le moins possible.
Mais quels secrets les plus sombres ? Un tas d 'occupants sont morts dans des
circonstances assez mystérieuses au cours des 200 dernières années.
C 'est sûrement vrai pour toute maison qui a quelques siècles au compteur.
Sûrement. Il n 'empêche que bon nombre d 'anciens habitants ont évoqué d
'inquiétantes apparitions.
À en croire leur témoignage, un esprit frappeur entre ces lieux.
Oui, enfin, il est plus discret que le glouglou des vieilles canalisations.
Je pars travailler, si vous n 'avez plus besoin de moi.
Non, si on a d 'autres questions, on vous fera signe. Merci. D 'accord.
Il y a une caméra à l 'entrée.
Qui enregistre les va -et -vient ? Il y a une caméra. Je vais vous copier les
images. Ça, ce serait super.
Une maison hantée.
Le labo a analysé le couteau et rendu son verdict.
Aucune empreinte digitale exploitable.
Mais, petite précision, Sacha Fetcher s 'appelle en réalité Sigmund Fetcher.
Sacha, c 'était son nom de plume.
Sigismund, c 'était moyennement vendeur. Il n 'a pas seulement changé de prénom,
il a aussi changé de look.
Monsieur est passé de journaliste hipster à auteur adepte des vestes en
Il a acheté cette baraque sinistre juste pour son image, je suis sûr.
Ou peut -être qu 'il en est tombé amoureux, parce qu 'il aimait vivre dans
nature. Et que c 'est une demeure de charme. Possible. En tout cas, chez les
spirites du lac de Constance, ce prestigieux pavillon figure en tête de
des sites et des lieux maudits.
Ah oui, j 'ai appris ça. À cause de l 'esprit frappeur. Et des jeunes vierges
qui se sont jetées dans le vide, et des cochers qui ont été retrouvés couverts
de sang, et aussi des jardiniers mystérieusement disparus.
Il y avait de quoi alimenter le prochain polar de Fetcher.
Et surtout booster les ventes avec des victoires d 'épouvante à deux balles.
Ah, et la scientifique a trouvé qui était responsable de la coupure de
Et une souris morte dans le tableau électrique.
Et du côté des invités ? J 'ai rentré tous les noms dans l 'ordi, il n 'y a
qui sort. À part un libraire réfractaire.
28 contraventions à payer.
Pour stationnement gênant.
Les invités sont partis entre 22h et 22h30.
Sauf ces trois -là, qui sont restés plus longtemps.
Il y a d 'abord ce monsieur.
Un certain Hansen Tsibros, le patron de Tsibros Pharma.
Cette dame, Oksana Domrose, l 'éditrice de Fetcher.
Adieu la souris.
Marlène Raider.
Qui était donc toujours sur les lieux à minuit moins le quart.
C 'est la directrice adjointe de la bibliothèque de Bregen.
Bonjour, mesdames.
Oberlander, police criminelle, et le commandant Hoffman. Où est Mme Rainer ?
Dans la salle du Dôme.
Merci. De rien.
Je me demande bien ce qu 'elle veut.
Mme Rainer ?
En quoi puis -je vous aider ? Pardon, mais vous êtes Marlène Renner ? Ça en
étonne plus d 'un. On a le prénom qu 'on a.
Ma mère était une grande admiratrice de Marlène Dietrich.
Vous étiez à la Villa Baird hier soir pour la lecture de Sacha Fetcher ? L
'auteur de romans policiers, c 'est ça ? Non, je n 'aime pas les polars.
C 'est trop sanglant à mon goût.
Hier soir j 'étais chez moi, j 'ai fait la cuisine avec ma femme, après quoi on
a planifié nos vacances de Noël.
On va aller danser le tango en Finlande. Ça fait rêver.
Dites -nous, vous avez déjà croisé cette femme ? Non,
Navré.
Désolé, il faut que je décroche.
Luna, tu es bien arrivée ? Pourquoi me posez -vous toutes ces questions ?
C 'est top, ça.
Et ça donne quoi, la famille d 'accueil ?
Je te l 'avais bien dit.
Écoutons.
Quoi, là, direct ? On pourra peut -être se rappeler plus tard, non ? Oui, moi
aussi, je t 'aime très fort.
Votre fille est bien arrivée à Paris ? Oui.
Alors, ce fameux don pour assister à la lecture ? Il s 'avère qu 'elle n 'a pas
fait de don.
Alors, tout repose sur la photo.
Avec un peu de chance, on va découvrir qu 'elle est fichée.
On peut toujours l 'espérer, ça ne coûte rien.
Je vais tout de suite télécharger sa photo dans l 'ordi.
Ou pas.
Je sais où elle loge, cette dame. En tout cas, elle y était jusqu 'à ce
Vous la connaissez ? Disons que j 'ai croisé sa route à plusieurs reprises au
camping.
Quel camping ? Eh bien, le camping où j 'habite.
Comme la Tchèque habite dans un camping ? Vous le saviez ? Non, sérieux ?
Va pour l 'adresse.
24 Bodensevec à Lauterach.
Un vrai camping ?
Notre soi -disant
bibliothécaire s 'appelle Henriette Krautschke.
Elle a loué un emplacement pour son camping -car, rangé 23 -7.
J 'ai passé un paquet de nuits dans mon combi.
Mais comme la Tchèque.
Un moctolet chimique et ravioli en boîte.
C 'est ce qu 'il a dit.
Je n 'aurais jamais cru voir ça.
23 -4, c 'est bien ça ? Ça devrait être là.
Madame Trautschke ? Police ?
Il n
'y a personne.
Madame Trautke, vous tombez bien.
C 'est pas vrai.
Hé ! Arrêtez -vous, Madame Trautke !
Pourquoi vous vous êtes enfuie ? Vous étiez là à brandir un truc ensanglanté.
l 'ai paniqué.
J 'ai rien fait, ok ? Je vous jure que c 'est vrai.
Notre labo a analysé le sang sur le chemisier.
C 'est celui de M. Fletcher.
Qu 'est -ce qui vous amène à Briggins ? Pourquoi être allée à la lecture sous un
faux nom ? Ça vous regarde pas ce que je suis venue faire ici. C 'est ma vie
privée, ça. Vous êtes sérieuse, là ? J 'y suis pour rien, je vous assure.
Il était déjà mort quand je me suis réveillée.
Je ne sais pas comment ce couteau a atterri dans ma main.
C 'est étrange, mais c 'est la vérité.
Vous avez des voisins surprenants.
C 'est pour ça que je dors toujours avec mon âme chargée sous l 'oreiller.
Sacha et moi, on avait une liaison.
D 'accord.
Et donc le faux nom, c 'était pour... Pour éviter que sa femme sache qui je
vraiment. Elle est tombée sur un de mes mails il y a trois semaines et elle
finit dans tous ses détails.
Elle a formellement interdit à Sacha de me voir.
Mais on s 'est même tué, moi.
Comme si ça empêchait les gens de tuer.
On sait bien que la frontière est assez mince entre l 'amour et la haine.
C 'est pour ça que vous habitez au camping ? Très gros souci de liquidité.
Ma femme a vidé tous nos comptes communs.
En prétextant que c 'est essentiellement son argent.
Difficile de lui donner tort.
Pourquoi il n 'a pas quitté sa femme, alors ? C 'est ce qu 'il voulait faire.
Mais sa femme était une vraie manipulatrice. Cette pouf l 'a
est allée jusqu 'à lui dire qu 'elle avait dû renoncer à ses ambitions d
'écrivaine pour lui. Elle rabâchait qu 'elle n 'avait que lui, qu 'elle ne
pouvait pas vivre sans lui, etc.
Vous êtes allée à la lecture sous un faux nom.
Et contrairement aux autres invités, vous êtes restée sur place, secrètement.
Comment vous vous y êtes prise ? Je suis montée dans la chambre de Sacha et j
'ai attendu.
Et ensuite ? Une fois tout le monde parti, il est venu me retrouver.
Avec deux verres et une bouteille de vin. On a commencé à la siroter en
discutant. Et ensuite... Oui ? Et ensuite, plus rien. C 'est le blackout.
tout oublié. Parce que vous étiez ivre morte. Non, j 'avais bu juste une ou
gorgées. C 'est du délire.
Quand j 'ai retrouvé mes esprits, j 'étais par terre, près du lit, avec un
couteau à la main.
Il était quelle heure ? J 'en ai aucune idée.
J 'avais un mal de crâne.
Pourquoi vous n 'êtes pas allée à la police ? J 'étais en panique. Je me suis
dit que la police allait croire que c 'était moi qui l 'avais tuée.
J 'appelle Heger pour savoir s 'il a les analyses de sang de la victime.
Oui, et il nous en faudra aussi pour Madame Trautschke.
Si elle a été droguée, on peut peut -être encore le prouver.
Les analyses sanguines de la victime, tout comme celles de Madame Trauchke,
révèlent des traces de mondotoxines. De mondotoxines ? Une neurotoxine
développée pour la fabrication de la mort au rat dans les années 70.
Madame Trauchke a eu de la chance, elle en a absorbé très peu, ce qui n 'est pas
le cas de notre victime.
Chez lui, la toxine a entraîné une paralysie des muscles respiratoires, il
'est asphyxié.
Mais donc il était déjà mort quand on lui a planté le couteau dans le cœur ?
Exactement. C 'est pour ça que la plaine a que peu saigné. Le cœur était déjà
arrêté.
De la mondotoxine dans du vin, ça peut passer inaperçu ? Sans problème, ça n 'a
absolument aucun goût.
Il n 'y a pas 50 000 raisons d 'empoisonner quelqu 'un. Et en plus de
poignarder, une vraie envie de tuer ? Ou une haine profonde ? Ou alors... L
'envie de faire porter le chapeau à quelqu 'un d 'autre.
D 'après nos investigations, votre mari avait toujours une liaison.
Tasha a juré qu 'il avait mis fin à cette relation.
Alors il semble qu 'il vous ait menti.
Il semble bien, oui.
Vous ne vous doutiez de rien ? Non.
Ça m 'a un peu étonnée qu 'une si jeune femme soit des arts.
Directrice adjointe d 'une bibliothèque régionale aussi prestigieuse, mais... De
là à imaginer que c 'était la poule de Sacha, ça, non.
Vous ne saviez pas à quoi elle ressemblait ? Je connaissais que son
Henriette. Je l 'ai lue dans un mail. Et moi, comme une débile, je discute
gentiment avec elle.
Mais alors, c 'est elle ? C 'est elle qui a tué mon mari ? Est -ce que c 'est
vous qui avez donné à votre mari la bouteille de vin qu 'il a montée dans sa
chambre ? Pourquoi j 'aurais fait ça ? Chacun pouvait se servir.
Donc quoi, il a bu le même vin que les autres ? J 'y ai pas prêté attention,
mais vous pouvez demander à Madame Lorenzi. C 'est elle qui s 'est occupée
ravitaillement en boisson.
Pourquoi c 'est important ? Votre mari n 'est pas mort poignardé.
Il a été empoisonné.
Pourquoi vous les jetez ? Oh, moins je vois de fleurs, mieux je me porte. Mon
mari était un passionné de jardinage.
Ah, d 'accord.
Vous saviez que M. Fletcher avait une liaison ? Non.
Ça doit être l 'altitude. Pour mon mari non plus, j 'ai rien vu venir.
Voilà ce qu 'il reste d 'hier soir.
Oui.
Huit bouteilles ? Oui, c 'est bien ça.
Elles viennent toutes du même domaine.
À part celle -là.
Cuvée royale du château de Koutra. Un vin de prestige.
De prestige ? Oui, mille euros la bouteille.
Je vous demande pardon.
Oui, monsieur Fetcher les gardait pour lui d 'habitude.
Les bouteilles étaient à la disposition des invités, non ? Pour le vin normal,
oui.
Avant que je me retire, monsieur Fetcher m 'a envoyé à la cage chercher une
bouteille de cuvée royale.
Est -ce qu 'il vous a dit pourquoi ? Je ne lui ai pas demandé.
Sa femme était où à ce moment -là ? Elle accompagnait certains invités.
Donc elle n 'a pas touché à cette bouteille.
Je dois les emporter.
Avec plaisir. Ça m 'évitera d 'aller au conteneur.
Merci.
Vous saviez qu 'on trouve du vin à 1000 euros la bouteille ? Je dépose la caisse
au labo. Vous pouvez rentrer chez vous.
Moi, personne ne m 'attend.
Je cherche les avantages.
Je vais manger mes burgers tranquilles, sans que ma fille me jette mon pitoyable
bilan carbone à la figure.
Dans le cas, bon appétit.
Merci.
Salut. Liv est déjà couchée.
Vu la nuit qu 'elle a passée, elle était épuisée.
Elle a refait des cauchemars.
Avec le monsieur.
Mais elle ne comprend pas ce qu 'il lui voulait.
Qu 'est -ce que tu lui as dit ? Rien.
Qu 'elle n 'a pas besoin de s 'inquiéter.
Que je suis son papa, mais que je la protège.
C 'est bien.
Il va falloir lui dire, Louisa.
Non, hors de question.
Tu vois une autre solution ? Elle est beaucoup trop jeune, elle ne peut pas
comprendre.
Elle ne sera plus trop jeune quand ? À 12 ans ? À 14 ? À 16 ? T 'imagines le
choc si elle découvre à 20 ans que toute sa vie, on lui a menti sur son père.
Elle ne nous fera plus jamais confiance.
Eh bien, il ne faut jamais qu 'elle l 'apprenne.
Liv n 'est pas idiote.
Elle sent qu 'il y a un truc qui cloche.
Comment tu as pu aller aussi loin avec un truc pareil ?
Est -ce que tu l 'aimais ?
Est -ce que tu l 'aimes encore ?
Non,
André.
Je t 'aime, toi.
En fait, ça m 'est égal qui tu as pu aimer avant.
Ce qui me gêne, c 'est que tu crois que c 'est uniquement ton problème.
Non, Louisa, c 'est pas que ton problème. On est tous concernés.
Imagine s 'il avait enlevé Liv.
Et il aurait très bien pu me tuer.
Et tu veux continuer comme ça ? Que je fasse et la protéger.
Oui.
Et ça a drôlement bien marché.
Je ne demande pas mieux que de te faire confiance.
Mais je ne vois pas comment.
Si tu ne me parles jamais à cœur ouvert.
Et que tu nous laisses toujours hors jeu, Liv et moi.
Coucou ma chérie.
Alors, c 'est ta première journée ? Sérieux ? Comme quoi je ne t 'avais pas
menti.
Ah oui, oui, je mange un burger.
Oui, je sais.
Mais dis -moi quand... Il faut déjà que tu me laisses ? Ok.
D 'accord, à plus tard.
Ça roule.
Salut mon ange.
Vous ne trouvez pas le sommeil ? Mon
mari était une ordure.
Il avait une maîtresse.
Bienvenue au club.
Il y avait huit ans quand mon mari m 'a plaqué sans se retourner.
On s 'autorise une bouteille de cuvée royale pour la peine ? Volontiers.
Ce qu 'on ne finit pas, on le versera dans l 'évier.
Ça chasserait hors de lui.
Ben tant mieux.
Maman ! J 'ai failli faire une crise cardiaque ! Qu 'est -ce que tu fais là,
milieu de la nuit ? J 'ai vu quelque chose. Une forme humaine.
Avec des yeux luisants. Toi aussi, t 'as les yeux luisants.
Je me suis peut -être trompée.
Qu 'est -ce que tu fais là, toi ? J 'arrivais pas à dormir.
Viens, je vais nous faire du thé.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour.
On a mal dormi ? Moins mal que vous, on dirait.
Merci. Des jeunes m 'ont imposé une troisième soirée techno en une semaine.
160 battements par minute, jusqu 'à 4 heures du matin.
Et vous ne leur avez pas dit de se calmer ? Bien sûr que si. Je les ai même
menacés de faire intervenir une patrouille.
Ça n 'a pas eu d 'effet.
Ces abdos n 'ont aucun respect et les collègues en patrouille ont d 'autres
chats à fouetter.
Ah oui, on a reçu le rapport pour les bouteilles.
Non, non, ça m 'aide, je vous remercie.
C 'est ça, au revoir.
Il y avait bien des traces de mondotoxines dans une des bouteilles.
Dans la cuvée royale du château de Kutra.
Nous aussi, on en a dans... Enfin, ma femme, on a dans sa cave. On parle d 'un
vin à 1000 euros.
Fetcher le dégustait tout seul, d 'habitude.
Reste à savoir qui a pu introduire la toxine dans la bouteille à l 'insu de
tous.
Je vais en parler à la maîtresse de Fetcher. Et avec l 'intendante. Et nous,
appelle les invités.
Quelqu 'un a peut -être remarqué un truc ? Oui, merci quand même.
Au revoir.
Madame Fetcher ne se souvient pas si son mari a partagé la cuvée royale avec
quelqu 'un.
D 'après le libraire, Fetcher s 'est éclipsé avec un invité dans une pièce
adjacente.
Apparemment avec une bouteille de vin rouge à la main.
Ma voisine de camping m 'a raconté la même histoire.
On sait avec qui il s 'est éclipsé ? Avec ce monsieur.
Anselm Tsibros.
Le propriétaire de Tsibros Pharma.
Bonjour, police criminelle, commandant Oberlander et monsieur le commandant
Hoffman. On souhaiterait voir monsieur Tsibros.
Commandant Oberlander ? Madame Lorenzi ? Vous travaillez ici ? Ma collègue, le
commandant Hoffman.
Je suis l 'assistante de monsieur Tsibros.
Ça tombe bien, c 'est à lui qu 'on veut parler.
Il est dans le laboratoire.
Vous me suivez ? Assistante de direction d 'une telle boîte ? Ça doit être
passionnant. Je vous le confirme.
J 'ai eu le poste tout à fait par hasard, mais j 'en suis ravie.
L 'an dernier, je l 'ai fait visiter le pavillon de chasse à M.
Tsibros et à sa conseillère immobilière. On s 'est bien entendu, il a dit qu 'il
était toujours à la recherche de gens sympas pour son équipe.
M. Tsibros voulait acheter la Villa Berg ? Ouais.
Mais bon, la commune a pensé qu 'un écrivain renommé, ça en jetait plus
acheteur. Vous voyez, l 'art, la culture, tout ça.
Ça a forcément meilleur presse qu 'un entrepreneur pharmaceutique. Bien sûr.
M. Tsibros n 'a donc pas eu son pavillon.
Mais vous avez eu ce poste. Ouais, et heureusement.
Vu mes notes au bac, je n 'étais pas prête à trouver quelque chose.
Monsieur Tsibros ? Oui ? Ces messieurs -dames sont de la police criminelle et
ils aimeraient vous parler.
J 'ai un rendez -vous là.
Si vous voulez plus d 'informations, je vous invite à vous adresser à notre
service de presse, d 'accord ? Hoffman et mon collègue Oberländer.
Monsieur Tsibros.
Merci, Mia.
On vient au sujet de la soirée à la ville d 'Aberg. Oui, j 'ai appris la
nouvelle, c 'est la trompe. En quoi puis -je vous être utile ?
Une fois la lecture terminée, vous et M. Fetcher avez discuté entre quatre yeux,
non ? Oui, je voulais lui faire une proposition d 'achat pour le pavillon.
vouliez, donc ça ne s 'est pas fait.
Eh bien, avant que j 'aie eu le temps de lui annoncer une somme, son éditrice a
débarqué pour lui parler.
Vous sauriez nous dire quel était l 'objet de leur conversation ? Je sais
qu 'elle affichait un sourire forcé.
Veuillez m 'excuser.
Vendredi, on présente un nouveau médicament.
Je vous rappelle plus tard, je suis en rendez -vous.
Et ensuite, qu 'est -ce qui s 'est passé ? Rien du tout.
Fetcher n 'avait plus envie de discuter avec moi. Il avait l 'air chamboulé. Il
a sifflé son verre de vin et il allait retrouver les autres invités.
Vous aussi, vous avez bu du vin ? Je suis un ancien alcoolique. Depuis cinq
je ne bois plus que de l 'eau.
Pourquoi ? Fetcher a été empoisonné.
Ah bon ? Je croyais qu 'on l 'avait poignardé. D 'après les dires de Madame
Lorenzi. Vous utilisez de la mondotoxine dans vos produits ? Non, ni de la
mondotoxine, ni aucune autre substance toxique.
Juste une idée en passant comme ça. Maintenant que Fetcher est mort, vous
pouvoir acheter la Villa Berg à sa veuve, non ?
Je ferai une proposition à Madame Fletcher si elle souhaite vendre.
Mais ça ne veut pas dire que j 'ai assassiné son mari.
Et puis de nos jours, on trouve tout sur le net. Des armes, du poison, de la
drogue, il suffit de deux ou trois clics. C 'est très juste.
Je dois vraiment vous laisser maintenant.
Je vous remercie pour votre patience.
C 'est sympa, un pavillon de chasse.
Une grande demeure de charme au milieu de la nature.
Ouais, mais bon.
De là à commettre un meurtre, ça n 'a aucun sens.
Il aurait pu s 'en offrir un autre de pavillon de chasse avec tous ces
Ça manque pas dans le coin.
Il faut qu 'on trouve ce qui a plombé le moral de Fetcher avant tire -soir.
Allons voir l 'éditrice.
Ouais.
Déby, je t 'envoie les deux versions. Et toi, tu choisis celle que tu préfères.
Mais pourquoi tu dis ça ? Je dois te laisser, ok ? Ciao, ciao, ciao, ciao,
Commandant Hoffman, de la police criminelle. Et le commandant Oberlander.
'est -ce que je peux faire pour vous ? Désolée, messieurs, dames, je n 'ai pas
eu une seconde à moi.
En ce moment, ça donne un peu la folie.
Vous n 'avez qu 'à m 'accompagner.
Oh, excusez -moi.
C 'est un gros succès, les enquêtes de la commissaire Alberti. Oh, oui.
Rien que pour le dernier repuce, on a franchi la barre des 150 000 exemplaires
vendus. Juste la version papier, sans compter les e -books. Et on a déjà plus
10 000 précommandes pour le prochain livre de la série.
Mais ce prochain livre ne verra pas le jour. Oui, je me demande comment tout ça
va se régler. Dire que les lectures publiques affichées complets, aussi bien
Allemagne qu 'en Autriche.
Ça fait chœur et c 'est important pour vous.
Nous ne sommes qu 'une petite maison d 'édition indépendante. Les romans de la
commissaire Alberti représentent les trois quarts de notre chiffre d
Avant -hier, vous vous êtes entretenu avec M. Fetcher après la lecture. À quel
sujet ? On s 'est laissé dire qu 'après, il était assermenté.
Sacha m 'avait fait suivre les vingt premières pages de son prochain roman en
début de semaine.
Et alors ? C 'est pas génial ? C 'est rien de le dire.
Ça manquait cruellement d 'inspiration. J 'avoue que j 'étais limite choquée.
Vous le lui avez dit avant -hier soir ? Je me faisais du souci, bien sûr.
Pour votre chiffre d 'affaires ? Pour Sacha.
J 'ai déjà vu plusieurs auteurs sombrer à cause du syndrome de la page blanche.
C 'était vraiment très mauvais.
Comment il a réagi ? Il a dit que j 'étais hystérique, que ce n 'était qu
premier jet et qu 'il allait retravailler l 'histoire une bonne
comme à l 'accoutumée.
Mais ça n 'a pas suffi à vous apaiser.
Même retravailler, on serait resté loin du compte.
Les personnages, le style, tout ça sentait le vieux mal blanc à plein nez.
'est un coup à se faire tailler en pièces sur les réseaux sociaux aujourd
Ça nous aurait fait une publicité désastreuse.
Bonjour. Mettez -moi un paquet, comme d 'habitude, s 'il vous plaît. Ça aurait
nuit à toute la série de la commissaire Alberti.
Vous deviez à tout prix éviter que ce roman voit le jour, non ? Quand j 'ai
quitté la villa pour rentrer à la maison, Sacha était encore en vie. Ça
pour longtemps.
Et il trouve qu 'il a été empoisonné.
Madame d 'Homreuse.
Avez -vous bu du vin avec M.
Fetcher ? Non, je n 'ai pas bu de vin.
Et non,
je ne l 'ai pas non plus empoisonné. Bon, alors tout baigne.
Plus de pubs désastreuses en vue, un auteur assassiné, la presse va adorer.
les ventes vont grimper comme jamais. Mais vous le savez mieux que moi, ça,
doute. C 'est sûr, oui.
L 'ensemble de son catalogue va bien se vendre une dernière fois.
Et ensuite... Non, je vous assure, pour nous, c 'est une catastrophe.
Les 20 pages que M. Fetcher vous a soumises. J 'aimerais beaucoup les lire.
Je vous les fais suivre par mail.
Je confirme.
Ça n 'a rien à voir avec le roman que j 'ai lu de lui.
Les personnages étaient super vivants et complexes.
Et ça, c 'est... Soporifique.
Votre impression était peut -être bonne.
Vous pensiez que ça avait été écrit par une femme.
Quelle femme accepterait de jouer les prêtres plumes au lieu de récolter elle
-même les lauriers ? Une femme qui aurait renoncé à ses ambitions d
Comme la Tchèque.
Vous pourriez m 'en rendre un service ?
Le buffet est ouvert.
Doucement, il y en aura pour tout le monde.
Oberlander !
Qu
'est -ce qu 'il y a ? Ça m 'a pris un peu de temps, mais votre pressentiment
était le bon.
Rien ne se perd dans le cyberespace.
Là. Madame Fetcher ? Madame Fetcher,
il va falloir qu 'on parle.
Il a disparu. Le carnet de sacs a disparu.
Quel carnet ? Dans lequel il consigna ses recherches pour son prochain roman.
Il était toujours posé là, sur le bureau.
Pourquoi est -ce que vous en avez tant besoin ? Pour rien, je voulais juste
faire du rangement.
Ce n 'est pas plutôt pour finir le roman qu 'il vous faut ce carnet de notes ?
Quoi ? Non ? La commissaire Alberti connaissait cette
odeur. C 'était un mélange très particulier de suie froide, d 'agrumes
bergamote, comme à l 'époque dans la maison de sa grand -mère, où petite, sa
sœur et elle passaient toujours leurs vacances d 'été.
Ça vous rappelle quelque chose ? C 'est issu du troisième roman de la
commissaire Alberti, Le dandier au dents longues.
Et ce texte aussi vous parle ?
La commissaire connaissait cette odeur.
C 'était un mélange très particulier de suie froide, d 'agrumes et de bergamote.
Comme à l 'époque, dans la maison de sa grand -mère, ou enfant avec sa petite
sœur, elle passait toujours les grandes vacances.
Il y a une petite ressemblance, non ? C 'est extrait d 'une nouvelle exhumée de
votre blog.
Écrite il y a dix ans. Pas évidente à retrouver.
C 'est vous l 'auteur de la commissaire Alberti.
Madame Fletcher.
Sacha faisait les recherches, tout le travail préparatoire.
C 'est lui qui trouvait les affaires criminelles.
Il épluchait des archives pendant des mois et des mois.
Il cherchait des cadavres enterrés à l 'aide de son radar géologique.
C 'est lui qui interviewait les témoins clés.
C 'était son grand truc. Mais c 'est vous qui avez créé tous ces univers et
personnages et qui avez imaginé ces histoires qui ont fasciné un si grand
de lecteurs, qui ont rapporté des prix et beaucoup d 'argent à votre mari.
Pourquoi il n 'y avait pas votre nom sur les couvertures ? Sacha disait que son
éditrice détestait les gens qui écrivent à quatre mains.
Pour elle, ça ne collerait pas à l 'image que le public se fait d 'un
roman policier.
Quelle image ? Veste en tweed, foulard et vin rouge ?
Tout le monde voyait votre mari comme un génie.
Mais personne ne connaissait votre nom. Pas même son édifice.
Ça ne vous faisait ni soin ni froid ? Il y avait plusieurs années que je disais
que je voulais que ça change, que je lui demandais d 'être citée comme auteur.
C 'est qu 'il vous refusait ? Non, il comptait le faire.
Il me l 'a promis.
Je ne sais pas combien de fois.
Et ensuite, il n 'a jamais tenu parole.
Trouver encore et toujours de nouvelles excuses pour justifier que le moment
était mal choisi.
Et moi, comme une imbécile, à chaque fois, je me suis... Je me suis laissée
avoir sans rien dire.
Mais le prochain roman à paraître, vous ne l 'avez pas décrit.
Pourquoi ? Ça faisait longtemps que je soupçonnais Sacha d 'avoir des aventures
avec ses admiratrices.
Mais...
Il l 'avait toujours nié.
Puis vous avez su pour Madame Trauchka.
Oui, ça a été la goutte d 'eau.
Je lui ai dit que j 'écrirais plus un mot. Comment il a réagi ? Ça l 'a mis
de lui.
Il a hurlé qu 'il n 'avait pas besoin de moi, que c 'était lui le génie. Mais il
n 'avait pas votre talent.
Non.
Et il a fini par revenir la queue entre les jambes.
Il a prétendu avoir mis un terme à sa liaison avec Henriette et... Il a dit
tout allait changer.
C 'est toi l 'auteur et bientôt tout le monde va l 'apprendre.
Y compris l 'éditrice. Et vous avez encore marché. Il a juré que dorénavant
me citerait comme auteur.
Puis est venu le jour de la lecture.
En présence de lui.
Bonsoir. La sixième enquête de la commissaire Alberti.
Le roi des rats.
Un roman de...
Sacha Fetcher
J 'aurais dû me faire respecter depuis longtemps.
Et avant hier soir, vous êtes passée à l 'action.
Vous avez pris le grand cru de votre mari et vous l 'avez empoisonné.
En espérant que Mme Trauchke servirait de bouc émissaire.
Je ne savais même pas que Mme Trauchke assisterait à la lecture.
En plus, Sacha m 'avait dit qu 'il avait mis un terme à leur liaison. Je n 'ai
pas empoisonné mon mari, même s 'il l 'aurait mérité.
C 'est bon ça, c 'est bon.
Oh, alors c 'est elle notre empoisonneuse ? Non.
Les victimes de pervers narcissiques peuvent se nuire à elles -mêmes, mais
s 'en prennent rarement à leurs persécuteurs. Elle s 'est rebellée
mari. Ça aussi, c 'est rare chez les victimes de pervers narcissiques. Et
tout un tas de mobiles.
Peut -être, mais pour moi, ça colle pas.
Jusqu 'à la lecture, Mme Fetcher avait espoir que son mari la cite comme
Pourquoi elle aurait acheté du poison ? Pour parer à toute éventualité ? Ok.
Admettons qu 'elle dise la vérité. Ce serait aussi le cas pour l 'histoire de
Cardenote disparue.
Oui.
Mais pourquoi est -ce que l 'assassin aurait volé ce carnet ? Eh bien, allez
savoir.
Peut -être qu 'en faisant des recherches pour son nouveau livre, Fetcher est
tombé sur quelque chose qui dérangeait quelqu 'un.
Vous avez découvert un truc ? Non, si ce n 'est que son éditrice a vraiment
raison.
Le début est lamentable.
Mais peut -être que quelque chose vous fera tilt.
Bon courage.
Sur ce, mes petites protégées ont eu leur dîner, et moi, j 'ai une faim de
Bon appétit.
Alors, Nadie, le point de départ, c 'était quelle affaire criminelle ? Tout
premier chapitre est consacré à un long flashback.
On suit une jeune femme totalement déboussolée, voire hallucinée, courant
milieu de vieilles ruines super glauques.
Et bien sûr, elle est à moitié nue.
Ouais.
De quoi tenir en haleine un vieux mâle blanc. Vous êtes bien placé pour le
savoir.
Vous êtes sérieuse ? Je trie mes déchets.
Je me chauffe avec du gaz vert.
En fait, il y a deux personnes à qui Fetcher a pu faire des confidences sur l
'affaire au cœur de son prochain livre.
Oui, commandant Hoffman.
Je me fais des spaghettis al pomodoro.
Votre repas va devoir attendre. Il faudrait me rendre un service urgent. C
pour l 'enquête. Je crois que je n 'ai pas trop le choix.
J 'écoute. De quoi s 'agit -il ?
Bonsoir,
commissaire Komnacek. Je suis un collègue du commandant Oberlander.
Vous voulez quoi ? Est -ce que M.
Fetcher vous a dit de quoi allait traiter le livre sur lequel il
Je ne sais pas qui a été tué dans le pavillon de chasse.
Encore une histoire palpitante à souhait d 'après Sacha.
Il ne vous a donné aucun détail concernant l 'affaire, le nom de la
le mobile du crime, la période à laquelle ça a eu lieu ? Non, j 'ai juste
comprendre qu 'il avait trouvé des notes.
Et il s 'intéressait à une ancienne vue aérienne apparemment.
Il avait repéré un truc quelque part sur ton terrain.
Sorti de ça, c 'était le grand mystère.
Et ça le sera à jamais.
Merci. Je suis désolé de vous avoir dérangé. C 'est pas vous qui me
Demain matin, je me barre.
Si j 'ai le droit.
Vous avez le droit. J 'aimerais tellement en faire autant.
Vous pouvez me croire.
Si je comprends bien, Sacha n 'est pas l 'auteur.
C 'est bien ça. Mon Dieu. Mais si un journaliste ou un influenceur balance
on court à la catastrophe.
Monsieur Fetcher vous a dit sur quoi allait porter le prochain livre ? Vu la
platitude de son premier chapitre, j 'ai voulu en savoir plus sur le fond de l
'affaire criminelle pour m 'assurer qu 'au moins le thème était vendeur. Mais
m 'a juste lâché que le jardinier n 'était pas le meurtrier pour une fois,
la victime.
Le jardinier et la victime, il a dit ça ? C 'est ce qu 'il a dit avant de
tourner les talons et de partir comme un prince avec sa bouteille à mille euros.
Dix ans.
J 'ai passé dix ans à construire son image. C 'est moi qui ai fait de lui un
auteur à succès.
Et donc tout ça, c 'est son épouse qui l 'a écrit ? Oui, elle a tout écrit.
À part ce premier chapitre insipide qu 'il vous a soumis.
En tout cas, je vous remercie, vous m 'avez bien aidé.
Hoffman, rendez -vous au pavillon de chasse.
Non, mon mari n 'était pas le jardinier, c 'était qu 'un hobby.
Il travaillait comme intendant, jusqu 'à ce qu 'il s 'en aille il y a douze ans
avec sa maîtresse.
Il vous a recontacté après son départ ? Non, il a disparu du jour au lendemain.
Vous avez cherché à le retrouver ? Non.
Je voulais engager quelqu 'un pour la pension alimentaire, mais c 'était au
-dessus de mes moyens.
Le principal, c 'est que j 'ai hérité de son poste. Au moins, on a pu rester
vivre ici.
Pourquoi M. Fetcher aurait pu vouloir écrire sur votre mari ? Vous avez une
? Sur papa ? Non, sérieusement ? Il trempait dans des affaires louches ? Il
traversait jamais hors des cloutres. Ça n 'a aucun sens.
Mais donc...
Papa nous aurait pas abandonné, mais quelqu 'un l 'aurait tué.
Ça, on n 'en sait rien encore.
Mais on pense que le prochain roman de M. Fetcher allait revenir sur la
disparition de votre père.
Cette nuit, au bout du terrain, j 'ai vu une silhouette.
Il y avait quelqu 'un près de l 'ancienne abri de jardin. J 'ai vu un
qui brillait.
Ok.
Man, quelqu 'un a creusé ici récemment.
Oui, c 'est Hoffman.
Envoyez la scientifique à la ville d 'Aberg.
Merci.
Bonjour tout le monde.
Salut Heger.
Ah, salut.
Un grand café au lait sucré. Je suis plus café noir, mais ça ira.
J 'ai jamais eu droit à un café, moi.
C 'est réservé à ceux qui font du bon travail.
Alors, on a du nouveau ? Oui, un lunatome.
Donc un oscarpien humain.
Enterré depuis combien de temps ? Vu l 'état de la coloration, 10, maximum 12
ans.
On a trouvé quelque chose.
Une vague.
Une alliance.
N et K.
Nadia et Karkana.
Oui, oui.
C 'est bien l 'alliance de mon mari.
Papa et...
Attendez, ça veut dire que depuis le début, il était enterré là ? Oui, c 'est
qu 'on pense.
Et dire que pendant tout ce temps, j 'ai cru... Quelqu 'un a déterré les restes
de votre mari récemment.
La silhouette dans le jardin.
Vous l 'avez vue à quelle heure ? Il devait être 23h.
J 'étais déjà au lit.
Vous avez remarqué autre chose ? Non. Le moindre détail peut avoir son
importance. Non, vraiment, ce que je comprends pas, c 'est pourquoi toi t 'as
rien vu ? Toi aussi t 'étais dans le jardin ce soir -là, parce que tu fermais
pas l 'œil.
Mais j 'ai rien remarqué, je t 'assure.
Faut que j 'aille travailler.
Nia, on le voit tout à l 'heure ? Je suis navré, mais je vais vous demander
nous accompagner.
Ouais.
Avant de disparaître, Carsten n 'arrêtait pas de me raconter qu 'il
à la bibliothèque se documenter sur une plante.
Alors qu 'il n 'ouvrait un livre pour rien au monde.
Et vous en avez conclu qu 'il avait une liaison ? Un matin, j 'ai surpris une
conversation téléphonique.
Il était question d 'une certaine Solana.
J 'entends encore de quelle manière il a prononcé son nom.
Solana.
J 'ai tout de suite pensé que c 'était sa maîtresse.
Je lui en ai tellement voulu.
Il y a eu des disputes ?
Comme dans tous les couples.
On était toujours ric -rac financièrement.
Mais bon, ça finissait toujours par s 'arranger.
Il fallait bien, on avait une fille.
Et vos soupçons au sujet de sa maîtresse ? Il m 'a juré qu 'il ne voyait
personne. Vous n 'avez pas voulu le croire. Oui, je pensais que c 'était un
menteur, c 'est vrai. Mais je ne m 'en suis pas prise à lui.
Monsieur Fletcher découvre que votre mari a été tué et peu après, il subit le
même sort.
Vous croyez que c 'est moi aussi ? C 'est totalement délirant. Vous avez un
mobile pour les deux meurtres. Et vous étiez sur les lieux. Pas à l 'époque.
Vous n 'étiez pas à Bregen quand votre mari a disparu.
On s 'était encore disputé avec Carton et je suis partie quelques jours à Kiel
chez ma soeur.
J 'avais besoin de réfléchir. Votre fille est venue avec vous ? Non, Mia
en voyage scolaire.
Quand je suis partie, j 'avais rien remarqué.
C 'était seulement quand je suis rentrée du voyage scolaire le 1er mai.
Papa n 'était pas là.
J 'ai paniqué, j 'ai appelé ma mère, Akil.
Elle a sauté dans sa voiture et elle était là le lendemain matin.
Ok, oui, au revoir.
Mia, c 'est réglé la réunion à Paris ? Oui, je crois que oui, je vais vérifier.
Qu 'est -ce qui se passe ? Mon père est mort.
Votre père est mort ? Il semble que quelqu 'un l 'a assassiné il y a 12 ans
'a enterré dans notre jardin. Oh, quelle horreur.
Je suis vraiment désolé. Ça va, votre mère ? Écoutez, vous n 'êtes pas tenue
rester ? Mais, et vos rendez -vous ? Oui, ne vous en faites pas, je m 'en
sortirai tout seul. Venez, je vous ramène chez vous.
La fille et la sœur confirment que Mme Lorenzi était à Kiel quand son mari a
disparu. Mais quand est -ce qu 'on l 'a assassiné précisément ? Vous le savez ?
Il a passé un dernier coup de fil le 30 avril.
Après quoi, silence radio.
Le 30 avril, sa femme était encore à Kiel.
Selon sa sœur et sa fille.
Vous l 'aimez comment, votre café ? Très chaud.
Mme Lorenzi est libre de s 'en aller.
Mais qu 'elle reste dans le coin, au cas où on aura encore des questions.
Je vais aller lui dire. Merci.
Pourquoi est -ce que la police vous a emmené au poste ? J 'avais des questions
sur mon mari.
C 'est vous qui avez empoisonné Sacha.
Parce qu 'il a compris que vous aviez assassiné votre mari.
Mais nous, voyons, je n 'ai empoisonné personne.
Sinon, lâchez -moi, s 'il vous plaît.
Lâchez -moi, au moins.
Madame Fetcher, je vous en prie. Avouez, allez.
Je vous en prie, venez. Lâchez -moi, je vous le répète, je n 'ai plus fait ça.
Venez, rentrons.
C 'est elle qui a assassiné mon mari. Allez, venez.
Ça va ? Elle croit que j 'ai empoisonné son mari.
Tu penses ça, toi aussi ? Non, bien sûr que non.
J 'ai pas fait de mal à papa non plus, je t 'assure.
Je t 'aime.
Peut -être que Fetcher est mort parce qu 'il a découvert les ossements de
Lorenzi. Puis grâce à ses recherches, le mobile du meurtre.
Il faut se repencher sur les invités de la lecture.
Si ces deux meurtres sont bel et bien liés, ça veut dire que l 'assassin de
Sacha Fetcher était aussi à Bregenz il y a douze ans.
J 'ai été gentil, j 'ai déjà tout préparé. Merci comme la tchèque.
Je pense qu 'on peut déjà exclure Madame Lorenzi.
Et la maîtresse de Fetcher aussi.
Il y a 12 ans, elle étudiait à Singapour.
Cursus Management et Marketing International.
Le propriétaire de la librairie de la gare n 'avait que 11 ans à l 'époque. Il
vivait encore chez papa et maman ensemble.
Reste donc le mania du médoc.
Lui, il était majeur, il vivait à Briggans. Voyons si on peut établir un
entre lui et Carsten Lorenzi.
Madame Lorenzi ?
Madame Lorenzi ? Oui ?
Ma
mère est allée s 'allonger.
C 'est dur à encaisser tout ça pour elle. Qu 'est -ce que vous lui voulez
? Elle vous a dit tout ce qu 'elle savait.
On voudrait savoir si votre père et M. Tsibros avaient un lien.
Professionnel ou privé.
Avec Monsieur Tsibros ? Non, j 'en aurais entendu parler.
Mon père avait très peu d 'amis.
Je crois que ses frères humains l 'intéressaient moins que les plantes.
Vous l 'avez vu quand pour la dernière fois ? La veille au soir de mon départ
voyage scolaire.
Voyage dont je me serais bien passée.
Pourquoi ? Les autres filles se moquaient de moi parce que j 'avais pas
fringues de marque hyper chères.
Papa a essayé de me consoler.
Il m 'a dit que bientôt on serait riches et que je pourrais m 'acheter tout ce
que je voudrais.
Est -ce qu 'il vous a dit pourquoi vous alliez devenir riche ? Je sais que ça
avait un rapport avec une fleur du jardin que j 'avais mangée, petite.
Je m 'étais sentie toute bizarre après.
Cette fleur qui pousse partout dehors ? Oui.
Je ne sais pas ce qui m 'avait pris de mettre ça à la bouche.
Ça devait sans doute avoir l 'air délicieux.
Sûrement, oui.
J 'ai eu la tête qui tournait après et le lendemain matin, j 'ai trouvé ce
dessin à côté de mon oreiller.
Mon père me faisait souvent des dessins de plantes.
J 'ai... J 'ai jamais compris qu 'il nous abandonne sans rien dire.
Pendant des années, je me suis demandé si c 'était moi la responsable.
Mais c 'était pas du tout ça.
Seulement, j 'avais su la vérité.
C 'est une fiche de prêt de la bibliothèque régionale.
Je peux la prendre ? Je vous la rapporterai.
Bien sûr.
Il dit à sa fille qu 'il va bientôt être riche, il emprunte des livres à la
bibliothèque.
Je pense que c 'est lié.
Et vous ? Ouais.
Si seulement sa fille avait eu la vérité.
Donc rendez -vous demain matin à la bibliothèque.
Elle voulait regarder un dernier Captain Megamujo.
André, c 'est toi qui as raison.
Il faut que je le dise.
Et tu sais déjà comment ? J 'ai beau m 'y trimaginer, je sais pas combien de
versions, elles sont toutes horribles.
On va y arriver.
Ensemble.
Oui, c 'est bien une de nos anciennes fiches de prêt.
Maintenant, tout est informatisé depuis dix ans. D 'accord.
Mais on peut quand même savoir quel livre a emprunté M. Lorenzi ? C 'est une
question qu 'on m 'a déjà posée.
Qui d 'autre voulait savoir ça ? L 'auteur de Polar, récemment assassiné.
Fetcher ? Exactement.
La bonne nouvelle, c 'est que nous gardons une trace de l 'ensemble des
Je vous demande cinq minutes de patience.
Merci.
Ça vous va bien, le travail intellectuel ? Ah oui ? Si vous le dites.
C 'est tout en latin.
Il nous faudrait Luna, là.
Vous avez des nouvelles ? Oh oui, oui.
Paris est magnifique. Les gens qui l 'accueillent, super cool. L 'appart très
petit, mais sympa. Papa, je dois te laisser.
Et voilà les autres ouvrages que M.
Lorenzi a empruntés à l 'époque.
L 'édition imprimée.
Du livre des propriétés des choses, du scolastique Bartholoméus Anglicus.
Le manuel pharmacologique Promptuarium Medicinae.
Jardin de santé de Johann von Necke von Karb. Et le grand ouvrage de botanique d
'Otto Brunfels, paru en l 'an 1530.
Qu 'est -ce qu 'il pouvait bien chercher ? Ma prédécesseur a fait un grand
nombre de photocopies pour M.
Lorenzi.
Les ouvrages et les pages concernées ont été scrupuleusement listées.
Vous êtes encore plus rigoureux qu 'en Allemagne.
Bonjour, Madame Fetcher.
Je suis désolée de vous déranger. Comment allez -vous ? Oh, je suis ravie
'entendre. Et justement, je voulais vous faire une proposition.
Oui, c 'était une idée à moi.
J 'ai longtemps voulu écrire sur cette affaire, mais...
Ah, oui.
Bien sûr.
Merci.
Oui, à bientôt.
La morelle.
C 'est une plante médicinale qui fait des fleurs rouges noires.
Oui. Et aussi des fleurs violettes.
C 'est avec ça que la fille de Lorenzi confectionnait un bouquet hier.
Oui.
Et c 'est ce qui pousse aux abords de la ville d 'Aberg.
Mais du temps de ce Johan, il n 'y avait que des rouges et des noirs.
Oui.
Ce que Sacha Fletcher a découvert au cours de ses recherches pour son nouveau
livre. Et ce qui l 'a conduit à la bibliothèque. Mais pourquoi ça lui a été
fatal ?
M. Heger, ça vous connaît, les plantes médicinales ? Fantastique.
On arrive tout de suite.
Solana nigrum, un hybride né du croisement de deux formes sauvages de
noir. Et cette plante a des vertus ? Ah oui, oui, et pas qu 'un peu.
Il y a eu plusieurs articles ces dernières années sur les succès
d 'une substance active, issue de cet hybride.
Succès dans quel domaine ? Les maladies coronariennes, principalement.
Lorenzi a découvert une plante médicinale ?
C 'est pour ça qu 'il a dit à sa fille qu 'il serait bientôt riche. Une
substance active ne suffit pas à vous rendre riche. Il faut développer un
médicament, le tester, le commercialiser. Ça prend des années et
max. Il faut s 'allier à un pont de la pharmacologie.
Un pont de Jean -Anselme Sibros.
Monsieur Sibros sera à Paris dans deux semaines.
Au revoir.
Ouvre le véhicule.
Madame Lorenzi ! Qu 'est -ce qui se passe ? Oui, monsieur Tsibros.
Il a un rendez -vous commercial.
Un rendez -vous où ? À l 'auberge, sur les quais. C 'est moi qui ai réservé la
table. On a aussi trouvé ça.
Des lunettes de vision nocturne.
C 'est ça, le truc rouge qui brillait. Vu que sa voiture est là, comment il y
est allé ? Notre attaché de presse l 'a accompagné.
Oui, ça aussi.
Et le reste part au labo.
Ok.
S 'il brosse des jeunes sur le port, c 'est pour ça qu 'il voulait acheter la
ville de la Bergue.
Un autre proprio risquait de raser l 'abri et de trouver des ossements.
Allez, on y va.
Oui ? Allô, ma chérie, c 'est maman.
Je voulais m 'assurer que tu allais bien. Comme on ne s 'est pas croisés ce
matin, la police a retrouvé les ossements.
Quoi ? Où ça ? Dans la voiture de Tsipros. Il les trimballait dans
un sac.
Mais ça n 'a aucun sens.
Tsipros ? C 'est ce pourri qui a tué papa.
Je te rejoins.
Mia, ne fais pas de bêtises, surtout, d 'accord ?
Mia ? Mia ?
Bonjour,
la table de M. Tsibros, s 'il vous plaît.
Il y a une réservation au nom de Tsibros Pharma. L 'assistante de M. Tsibros a
réservé une table.
Je suis désolée.
Je n 'ai rien à te dire.
Et au nom de Mia Lorenzi ? Non, non plus.
Il faut que je parle à M.
Tibros, seul à seul.
De toute façon, on avait fini.
Oh, vous êtes un ange.
Je n 'ai même pas eu le temps de prendre un petit déjeuner aujourd 'hui.
Dites -moi tout, Mia.
La police vient de passer. Qu 'est -ce qu 'il voulait ? Vous parler.
Pas à nouveau du meurtre de Fetcher.
Ça commence à bien faire.
Non.
Du meurtre de mon père.
De votre père ? Comment ça... Je les ai renvoyés. J 'ai dit que vous étiez
sortis. Ce n 'était pas nécessaire.
J 'aurais pu les recevoir.
Mon père, pourquoi vous l 'avez tué ? Et qui vous prend ? Ce n 'est pas moi qui
ai tué votre père. D 'où vous sortez ça ? La police a retrouvé ses ossements
dans le coffre de votre voiture.
Mia, c 'est...
C 'était un accident, vous devez me croire. C 'est pas ce que je voulais, je
suis sûr.
Et Sacha Fetcher aussi, c 'était un accident ? Je n 'avais pas le choix.
Il menaçait de tout détruire.
Tout ce que j 'ai réussi à mettre sur pied.
Où est ma fille ? Mia Lorenzi. Où est -elle ? Je n 'en ai aucune idée, mais...
Où est M.
Tsipros ? Dans le laboratoire, d 'après mes informations.
Mais, madame, attendez, s 'il vous plaît. Vous ne pouvez pas y aller sans
autorisation.
Pourquoi vous avez assassiné mon père ? Ton père...
L 'hybride qu 'il a découvert dans votre jardin.
Notre... Nouveau traitement pour le cœur va sauver des milliers de filles. Bien
sûr, oui. Comme si ça t 'importait, la vie des gens, espèce d 'enfoiré.
Elle décroche pas. Bah non.
Elle a tout fait pour se débarrasser de nous.
J 'ai mis un appel à un médecin, je t 'en supplie. Pourquoi tu as tué mon père
Je t 'écoute.
Il réclamait une part toujours plus grande.
50%, 60%, 70%, c 'était de la folie. Et donc c 'est pour ça que tu l 'as éliminé
et enterré ? Pour qu 'on s 'imagine qu 'il s 'était tiré avec sa maîtresse ?
Mia
! Pitié, ouvre cette porte ! Maman ! Aidez -moi. Pitié, Mia, il a besoin d
médecin !
Mais c 'est lui qui a tué papa.
C 'est à cause de cette ordure qu 'on a galéré comme ça.
Faites quelque chose. Ce serait trop dur de perdre aussi ma fille.
Madame Lorenzi, vous devez m 'écouter. Ouvrez la porte.
Monsieur Tsibros sera puni par la justice. Je vous en prie. C 'est pas
Man, j 'essaie de nous procurer un badge. Il m 'a engagé histoire de donner
bonne conscience à peu de frères.
Il fallait l 'aider, cette pauvre gosse qui s 'est retrouvée sans père.
C 'est juste pour ça qu 'il a joué les mentorats.
Non seulement il a tué mon père, mais à cause de lui, tout ce temps -là, on a
vécu dans le mensonge ! Allez, bois ! Je vais la boire, cette bouteille !
Dépêche -toi, allez !
Merde
! C 'est bon, j 'ai un badge.
Crève, maman !
Allez, allez. Cet outil -là, en voiture maintenant. Il est temps. Allez.
Le médecin dit qu 'il va s 'en sortir.
D 'accord.
C 'est quand même assez délirant de tuer deux personnes pour développer un
traitement censé sauver des vies. Eh oui.
Et vous alors ? Vous allez survivre ? Dans votre camping ?
Les soirées techno, les toilettes chimiques, les raviolis.
Pas le choix.
Vous pourriez venir chez moi, vu que Luna est à Paris.
Vous vous sentez trop seul quand vous rentrez.
Je vous laisse réfléchir.
Merci.
Je vous offre une bière ?
Tout va bien ? Mia Lorenzi a vécu des années
dans un univers de mensonge.
Ça affiche lui sa vie en l 'air.
Je crois que le pire, c 'est l 'incertitude.
Maintenant, elle sait.
Elle va repartir de zéro.
C 'est bien comme ça.
Oui.
C 'est bien comme ça.
I'm here again.
I'm here again.
I'm here again.
Sous -titrage ST' 501
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